Sahara : L’Arabie Saoudite viole le pacte d’amitié qui lie Rabat et Riyadh

L’Arabie saoudite vient de franchir une des lignes rouges imposées par le Maroc concernant son intégrité territoriale. En préméditant un documentaire diffusé sur la chaîne Al-Arabiya, la télévision saoudienne a mis clairement en doute la souveraineté du royaume sur son Sahara. Un précédent d’une rare gravité dans les relations entre Rabat et Riyadh. Dans une de ses émissions, Al-Arabiya a parlé en long et en large du point de vue du Polisario concernant ce conflit aux dépens du Maroc, soulignant même la reconnaissance de la pseudo-RASD par de nombreux pays. Pis, Al-Arabiya, dont la ligne éditoriale est dictée par le Cabinet royal saoudien, s’est permis d’avancer que la communauté internationale reconnaissait le Polisario comme représentant du «peuple sahraoui ».


Mais quelle mouche a donc piqué les autorités saoudiennes pour autoriser un documentaire de commettre une attaque en règle contre les intérêts supérieurs du Maroc ? Historiquement, et depuis le roi Khalid au roi Salmane, en passant par les rois Fahd et Abdallah, l’Arabie saoudite a toujours été un soutien du Maroc dans sa cause nationale, a contribué, en partie, au financement de la guerre d’usure imposée au Maroc par l’Algérie par Polisario interposé, alors que Rabat assistait Riyadh sur le plan du renseignement, de la sécurité et de l’expertise dans plusieurs secteurs techniques et scientifiques. En somme, deux «pays frères» qui coordonnaient en bonne intelligence sur le plan international dans de nombreux domaines dans l’intérêt du monde arabo-musulman.

Est-ce l’interview donnée par le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, à la chaîne qatarie Al-Jazeera qui a déclenché cet «acte de guerre » de Riyadh contre le Maroc ? Tout semble le croire mais rien ne le justifie. Dans cet entretien, accordé à une des plus célèbres émissions de la chaîne qatarie, «belahodoud», Nasser Bourita avait répondu à un certain nombre de questions du journaliste concernant la position du Maroc au sujet du conflit qui déchire les pays du CCG, de la guerre au Yémen, des relations avec l’Iran mais également de la visite annulée au Maroc du prince héritier Mohamed Ben Salmane. Autant de sujets sensibles auxquels le ministre a répondu avec précision, sérénité et courage mettant en avant la neutralité du Maroc quand il s’agit des relations avec ses frères arabes mais sans jamais s’attaquer aux intérêts des uns et des autres ou de s’immiscer dans les affaires intérieures des pays concernés.

Même dans les périodes de «basse moisson » où les relations entre Rabat et Riyadh passaient par des zones de turbulences, jamais le Maroc n’a déployé son armada médiatique pour s’attaquer aux symboles saoudiens et aux intérêts de ce pays allié. Or, il a suffi que le chef de la diplomatie marocaine s’exprime souverainement et dans la plus stricte neutralité sur des sujets géostratégiques complexes qui secouent toute la région, que l’Arabie saoudite déclenche son arsenal et violer d’une manière caractérisée le pacte d’amitié qui lie les deux pays.

Le programme d’Al-Arabiya qui reflète la position officielle de l’Arabie saoudite est vécu par les marocains comme un coup de poignard dans leur dos. Le Maroc a toujours été du côté de Riyadh quand ses intérêts étaient menacés. Cela va de la Guerre du Golfe, à la guerre du Yémen, aux menaces iraniennes et sur d’autres dossiers relevant de sa sécurité nationale et classés secret-défense. Le Maroc, dont le roi est le président du Comité Al-Qods, n’a jamais lésiné sur aucun moyen, ni épargné aucun effort pour défendre, en toutes circonstances, le pays du Serviteur des Lieux Saints. Rabat a toujours estimé que les destins des deux pays étaient liés.

On se demande alors en quoi les propos de Nasser Bourita ont-ils pu embarrasser l’Arabie saoudite jusqu’à la pousser à attenter aux intérêts supérieurs du Maroc ? Les marocains ont besoin d’une réponse, et vite. Le ministre marocain des Affaires étrangères se doit de convoquer l’ambassadeur d’Arabie saoudite à Rabat, lui réclamer des clarifications et lui signifier la colère du royaume du Maroc suite à cette attitude inamicale inadmissible. Il appartient aussi à Nasser Bourita de donner instructions à l’ambassadeur du Maroc à Riyadh de demander audience au ministre saoudien des Affaires étrangères pour lui exprimer le refus catégorique de Rabat de cette politique hostile aux intérêts vitaux du royaume du Maroc.

Abdellah El Hattach

Abdellah El Hattach

Directeur de publication at LE1
Directeur de publication du www.le1.ma . Consultant en relations publiques . Editorialiste et analyste politique . Ancien journaliste au sein des publications arabophones Al-Massae et Al-Akhbar, et ancien Directeur de la Rédaction de l’hebdomadaire francophone PUCE MAGAZINE . Ancien correspondant de plusieurs agences de presse internationales
Abdellah El Hattach
Abdellah El Hattach

2 Comments

  1. Les marocains attachés à l’intégrité de la nation, devraient décréter le boycott du Haj et de la Omra, dont les tarifs ne cessent d’augmenter sans réelle contrepartie saoudienne.

  2. Nous devons reconnaître que l’Iran est le seul pays qui a le droit de servir et de gérer la Mecque et les autres lieux saints de l’islam . Les béni sayef (épée ) et béni menchar( scie) doivent être évacuer par force de ces lieux pour ne plus les salir.

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