Al Jazeera

Rabat Vs. Riyadh et Abu Dhabi : La vérité sur les turbulences qui secouent leurs relations

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Le Maroc a-t-il retiré son ambassadeur en poste en Arabie saoudite ? Bien sûr que non. Mais Mustapha Mansouri se trouve-t-il vraiment à Rabat ? Oui. Il a été convoqué par le MAECI pour «consultations». Donc, pour être précis dans le vocabulaire utilisé, notre ambassadeur a été «convoqué» mais pas «retiré». De même pour le chef de la mission diplomatique du Maroc à Abu Dhabi, Moha Aït ou Ali. Il se trouve également à Rabat où il a été convoqué pour consultations et non pas retiré des Émirats arabes unis. Lorsque le journaliste de l’agence russe Sputnik a contacté Nasser Bourita pour en savoir davantage sur le sujet, ce dernier a catégoriquement nié que les deux ambassadeurs aient été retirés respectivement de Riyadh et d’Abu Dhabi. Et le ministre avait raison sur la forme. Les deux diplomates n’ont pas été retirés mais «juste» convoqués. Un écart sémantique ou un abus de langage et bonjour la crise diplomatique. Ce qui est certain en revanche, c’est que le Maroc et ses 2 «alliés» du CCG passent réellement par une zone de turbulences au-delà de la terminologie usitée.

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Sahara : L’Arabie Saoudite viole le pacte d’amitié qui lie Rabat et Riyadh

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L’Arabie saoudite vient de franchir une des lignes rouges imposées par le Maroc concernant son intégrité territoriale. En préméditant un documentaire diffusé sur la chaîne Al-Arabiya, la télévision saoudienne a mis clairement en doute la souveraineté du royaume sur son Sahara. Un précédent d’une rare gravité dans les relations entre Rabat et Riyadh. Dans une de ses émissions, Al-Arabiya a parlé en long et en large du point de vue du Polisario concernant ce conflit aux dépens du Maroc, soulignant même la reconnaissance de la pseudo-RASD par de nombreux pays. Pis, Al-Arabiya, dont la ligne éditoriale est dictée par le Cabinet royal saoudien, s’est permis d’avancer que la communauté internationale reconnaissait le Polisario comme représentant du «peuple sahraoui ».

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Al Jazeera sous le feu d’une cyberattaque massive 

Al Jazeera vient d’annoncer qu’elle est la cible «d’une cyberattaque sur tous ses systèmes, ses sites Web et ses plateformes réseaux sociaux».

Sur son site web, Al Jazeera a tenu à préciser que ses plates-formes «n’ont pas été (encore) compromises», mais qu’elles se trouvaient sous des «cyberattaques» systématiques et continues et que les diverses tentatives de piratage «gagnaient en intensité».

Al Jazeera, basée à Doha, est le principal réseau médiatique au Qatar et est partiellement financé par la famille dirigeante du pays. L’Arabie saoudite, les Émirats arabes Unis et l’Égypte ont bloqué, fin mai, tous types de diffusion sur leur territoires respectifs, avant de rompre leurs relations diplomatiques avec le Qatar cette semaine, accusant le pays de soutenir le terrorisme.
LE1

Qatar, un choix cornélien

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En décidant, aujourd’hui, de maintenir ses vols vers Doha tels qu’ils sont opérés normalement, soit cinq vols directs par semaine entre Casablanca et la capitale du Qatar, la compagnie aérienne nationale Royal Air Maroc nous a, dans un sens, donné le cap de ce que sera l’avenir des relations entre Rabat et Doha depuis l’annonce de l’embargo sur le Qatar par l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Bahreïn et l’Egypte.

A l’arrivée au pouvoir du Cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani en 2013, les relations entre les deux pays ont évolué positivement, tant sur le plan politique qu’économique, avec une accélération à compter de 2015. En revanche, l’entrée du PJD au gouvernement avec à sa tête Abdelilah Benkirane, applaudi par Doha, n’était pas du goût de Ryadh, d’Abu Dhabi et du Caire. D’où le froid qui s’est abattu sur les relations entre le Maroc et ces trois pays, notamment après les élections législatives d’octobre 2016 qui ont vu le PJD rempiler pour un second mandat.

La crise qui secoue les pays du Golfe est suivie de très près par les autorités marocaines qui gèrent les contrecoups de ce véritable séisme en essayant d’en amortir l’impact. Le Maroc subit indubitablement des pressions de la part de Ryadh et Abu Dahbi en vue de s’aligner sur leur position vis-à-vis de Doha. Rabat n’est certainement pas contre l’idée de rejoindre cette «Nouvelle Alliance» mais le pays a ses spécificités et, surtout, ses conditions. Dans la terminologie usitée, on parle de l’Arabie saoudite et «ses alliés». Et le Maroc est tout sauf un pays satellite. Le Maroc, à travers son histoire contemporaine, a su garder une certaine équidistance avec les pays composant le Conseil de coopération du Golfe, en consacrant une diplomatie souveraine. Jamais le Maroc ne s’est immiscé dans les affaires intérieures d’un autre pays, frère de surcroît, et n’accepterait nullement que l’on s’ingère dans les siennes. Et surtout lorsqu’il s’agit des résultats des urnes, expression suprême de la souveraineté nationale.

Si, sur le plan politique, le Maroc a bien défini les règles du jeu, la réalité sur le plan des échanges économiques a subi les retentissements de ce «froid». Avec 70% d’investissements directs en moins, les pays du CCG boudent de plus en plus le Maroc comme destination privilégiée de leurs placements. Par contre, le Qatar est resté fidèle à ses engagements sur tous les projets socio-économiques décidés sur le Maroc ainsi que sur le partenariat stratégique en terme de sécurité énergétique. Par ailleurs, si la RAM a décidé aujourd’hui de maintenir ses vols vers Doha, c’est un gage de «bonne santé» dans les relations bilatérales entre les deux pays. Sachant que Qatar Airways cherche à entrer dans le capital de la compagnie aérienne nationale. Cela dit, avec le blocus imposé par Ryadh et ses alliés, et les répercussions sur la santé financière de la compagnie qatarie, tous ces plans pourraient être révisés, voire annulés en cas d’escalade ou de conflit armé.

Le cas échéant, le Maroc a des intérêts vitaux à défendre. Et ne pas agir pourrait avoir des conséquences fâcheuses sur le plan interne, en terme de paix sociale et des risques sécuritaires. Sans oublier l’importante diaspora marocaine au Qatar qui risque d’être menacée. Se mettre à dos le Qatar pourrait, éventuellement, mettre fin à la trêve de la chaîne Al Jazeera concernant certains sujets déplaisants. Il faut reconnaître que la gestion du dossier n’est pas aisée. D’où le rôle fondamental que doit jouer notre diplomatie en tentant de rapprocher les points de vue des «belligérants» et d’apaiser les velléités des uns et des autres. Rabat pourrait proposer ses bons offices, soit à sa propre initiative soit en partenariat avec la France qui partage des d’intérêts stratégiques avec le Qatar. La visite, la semaine prochaine, au Maroc, du président français Emmanuel Macron, permettra d’y voir plus clair.

Abdellah EL HATTACH

Al Jazeera : Erdogan fustige la politique expansionniste de l’Iran et dénonce l’hypocrisie européenne

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Le Président turc Recep Tayyip Erdogan, a dénoncé virulemment ce qui se passe actuellement en Syrie par l’amoncellement du pays, sa destruction totale, sa division, le transfert des populations civiles et la déstructuration sociale qui y est menée. Tout en fustigeant avec véhémence la politique expansionniste iranienne dans une région chaotique.

Lors d’un entretien accordé à l’émission “Bila houdoud” diffusée mercredi soir sur la chaîne qatariote Al-Jazeera, Erdogan a appelé le Président américain a déployer un embargo aérien en vue de protéger le peuple kurde en Syrie des attaques massives du régime de Bachar al-Assad, en dénonçant au passage la nonchalance de Barack Obama, espérant que cela changera avec la nouvelle administration américaine.

Concernant la situation en Irak, Erdogan a affirmé qu’on ne peut pas résoudre les problèmes profonds de ce pays sur la base du nationalisme, de la doctrine et de la démagogie : le Président turc a mis en garde l’Iran qui, selon ses termes, poursuit une politique impérialiste persane et expansionniste chiite au détriment des intérêts du peuple irakien, ce à quoi s’oppose Ankara.

Pour ce qui est des relations avec l’Europe, Erdogan a utilisé des termes très durs envers Bruxelles l’accusant de nazisme et de fascisme vis-à-vis de la Turquie, qualifiant cela comme une guerre contre son pays, interpellant au passage les européens d’avoir menti concernant les promesses avancées quant aux aides potentielles pour réguler et gérer le flux de réfugiés en provenance de Syrie.

Fort des résultats du référendum qui a vu la victoire du OUI aux reformes auxquelles il a appelées, Erdogan s’est moqué de ceux qui accusent le régime de s’autocratiser : “un dictateur ne sort pas des urnes” a clos Erdogan en référence aux multiples coups d’Etat militaires qu’a connus la Turquie dans le passé et dont le principal bénéficiaire étaient les partis laïques.

LE1

Le puissant patron du renseignement jordanien limogé

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Le Cabinet royal jordanien a publié jeudi un décret du Roi Abdallah II nommant le général de division Adnan al-Jundi, nouveau directeur général du Département des renseignements généraux GID (Direction du contre-espionnage), à compter du 30 mars 2017, et ce en remplacement du général Faisal Al Shoubaki limogé au lendemain de la clôture du 28ème Sommet de la Ligue Arabe qu’accueillait la Jordanie. Le général Al Shoubaki officiait également en qualité de conseiller du souverain hachémite pour les affaires de sécurité nationale.

Le roi Abdallah II de Jordanie a limogé le puissant chef des Renseignements le Général Faisal Al Shoubaki, considéré comme l’homme le plus important du régime après le Roi, et l’a immédiatement remplacé par le Général Adnan al Jundi parti à la retraite il y a à peine trois mois et réintégré dans l’appareil sécuritaire.

Officiellement, le Général Faisal Al Shoubaki, ancien ambassadeur de Jordanie à Rabat jusqu’en 2011, et qui cumulait ses fonctions de contre-espionnage avec celles de Conseiller du souverain hachémite pour les affaires de sécurité nationale, aurait démissionné de sa propre initiative.

Ces changements interviennent à quelques jours seulement de la “démission” du général Mashal Mohammad Al-Zaben, Conseiller du Roi pour les Affaires militaires, et ancien Chef d’Etat-major des Armées, qui a quitté ses fonctions la veille de l’ouverture du Sommet Arabe.

 

Ces profondes transformations s’inscrivent dans un contexte très particulier où le souverain hachémite procède à des aménagements substantiels de l’appareil sécuritaire et ce après l’attaque dont a été la cible la Château fort de Al-Karak, haut lieu du tourisme en Jordanie. Daech est soupçonnée d’être derrière cet attentat qui avait fait plus de dix morts en décembre dernier parmi lesquels de nombreux touristes étrangers. Le groupe terroriste avait également visé en 2016 des centres sécuritaires névralgiques, un bureau des services des renseignements à Amman ainsi que plusieurs postes frontières.

Le contre-espionnage jordanien, réputé être un des meilleurs au monde, est sous le feu des critiques depuis qu’un rapport conjoint d’Al Jazeera et du New York Times a révélé que des membres de cet important service de renseignement auraient détourné des armes destinées à l’opposition syrienne et revendues sur le marché noir. L’attaque d’Al-Karak a certainement fait accéléré les choses, surtout que certaines des armes volées ont été utilisées dans une attaque qui a tué deux Américains et blessé trois autres dans un établissement de formation de la police à Amman.

Plus tôt dans la journée du jeudi, Abdallah II de Jordanie, attendu bientôt à Washington pour une rencontre avec Donald Trump, avait reçu le Commandant des Opérations spéciales des États-Unis, le général Raymond Thomas, qui conduit une importante délégation militaire et diplomatique américaine en Jordanie. Les discussions ont porté sur les relations bilatérales entre la Jordanie et les États-Unis, principalement dans les domaines militaire et de formation, ainsi que sur les efforts de lutte contre le terrorisme.

Abdellah El Hattach