fbpx

Al Ahdath Al Maghribia : Bourita et Akhannouch représenteront le Maroc au Sommet arabe d’Alger

Al Ahdath Al Maghribia met fin au suspens au sujet de la participation du Maroc au 31e sommet de la Ligue arabe, prévu les 1er et 2 novembre prochain à Alger. Citant une source autorisée ayant requis l’anonymat, le quotidien arabophone confirme la participation du Royaume avec une délégation de haut niveau présidée par le Chef du Gouvernement Aziz Akhannouch et le Chef de la diplomatie Nasser Bourita. Jeune Afrique avait annoncé ce lundi que le Roi Mohammed VI en personne prendrait part personnellement à ce sommet.

Mort d’Elizabeth II : le Roi Mohammed VI affirme que le Maroc a perdu une «grande amie spéciale»

Le Roi Mohammed VI a adressé un message de condoléances et de compassion à Charles III, nouveau Roi du Royaume Uni, suite au décès de la Reine Elizabeth II. Il a salué la mémoire de la Monarque qui tenait particulièrement à «renforcer l’amitié de longue date entre les deux monarchies séculaires».

Le Roi Mohammed VI a rendu hommage à la reine Elizabeth II qui vient de s’éteindre, à l’âge de 96 ans, ce jeudi 8 septembre. Dans un message diffusé par l’agence de presse officielle MAP, le souverain salue une «Monarque exceptionnelle», symbole de la grandeur du Royaume-Uni.

S’adressant au nouveau roi Charles III, Mohammed VI indique avoir appris avec une «profonde tristesse le décès de Votre mère, Sa Majesté la Reine Elizabeth II. Qu’elle repose en paix».

En cette triste circonstance, le Roi exprime, en son nom, et en celui de la Famille Royale et du peuple marocain, au Roi Charles III, à l’ensemble des membres de l’auguste famille royale et au peuple britannique ses sincères condoléances et sa profonde sympathie.

Le Roi Mohammed VI implore le Tout-Puissant de leur accorder force et réconfort face à cette perte tragique.

Dans ces circonstances les plus difficiles, le souverain se remémore, avec beaucoup d’estime, «les qualités et les mérites de cette illustre Reine qui se tenait, invariablement, comme un symbole de la grandeur du Royaume-Uni, consacrant Sa vie entière aux services de son pays».

«Sous le règne de cette Monarque exceptionnelle, le Royaume Uni a réalisé beaucoup de progrès et prospérité et acquis une grande stature aussi bien sur le plan régional qu’international», écrit SM le Roi dans ce message.

Avec la disparition de la Reine Elizabeth II, le Royaume du Maroc a perdu une «grande amie spéciale qui était profondément respectée», souligne Mohammed VI, ajoutant que la Reine «tenait particulièrement à renforcer l’amitié de longue date entre nos deux monarchies séculaires».

Après deux années de pandémie, Brahim Fassi Fihri relance le Forum MEDays

//

C’est officiel depuis le 13 juillet. Le Forum MEDays revient en novembre prochain, en présentiel, après deux années d’absence en raison de la pandémie. La thématique de cette 14ème édition ne s’éloigne pas du contexte international mouvementé par les crises à répétitions. En effet, Brahim Fassi Fihri et ses équipes ont fixé comme objet des discussions, débats et échanges le thème : « De Crises en Crises : Vers un Nouvel Ordre Mondial ? ».

Il reste exactement 100 jours avant le démarrage des travaux de la 14ème édition du Forum MEDays, qui se déroulera à Tanger du 2 au 5 novembre prochain. Un évènement particulièrement attendu après deux années d’arrêts en raison de la crise sanitaire. Il faut dire que la thématique choisie pour cette édition est au coeur des préoccupations des décideurs, économistes, médias mais également les citoyens du monde.

«Après deux années d’absence, le Forum MEDays revient, en présentiel, confirmant ainsi son positionnement parmi les plus importantes manifestations non gouvernementales rassemblant, sur une base pérenne, des leaders internationaux et des acteurs économiques de premier plan, faisant de lui l’un des principaux évènements géostratégiques internationaux en Afrique et dans le Monde Arabe», affirme un communiqué de l’Institut Amadeus organisateur du Forum.

Depuis plus de deux ans, le contexte international connaît des bouleversements sans précédent, notamment, à travers la pandémie de la Covid-19 et ses multiples conséquences, qui ont profondément remis en question la résilience des différents modèles de gouvernance sanitaire, économique et sociétale à long terme, ainsi que le conflit en Ukraine, qui a amplifié les séquelles causées par la pandémie et qui a accentué et aggravé les divisions sur le plan mondial.

Ces multiples crises consécutives, ayant bouleversé l’ordre mondial, ont imposé naturellement le choix de la thématique de cette année « De Crises en Crises : Vers un Nouvel Ordre Mondial ? », qui constituera le fil conducteur des différentes sessions programmées lors de cette 14ème édition du Forum MEDays.

MEDays 2022 : 4 jours de débats, 50 sessions et tables rondes, 250 intervenants, 100 pays représentés, 5000 participants

Les MEDays 2022 ce seront quatre jours de débats et d’interactions, à travers plus de 50 sessions et tables rondes, entre plus de 250 intervenants internationaux de renom, parmi lesquels des Chefs d’Etat et de Gouvernement, des ministres, des prix Nobel, des responsables d’organisations internationales, des chefs d’entreprises, des investisseurs et de nombreuses personnalités issues de plus de 100 pays, qui partageront leurs points de vue et leurs lectures des grandes évolutions et des multiples bouleversements actuels autour de plus de 5000 participants.

Bourita annonce la tenue à Dakhla d’un forum Maroc-Communauté des Caraïbes fin 2022

La ville de Dakhla abritera, avant la fin de l’année, le forum Maroc-Communauté des Caraïbes (CARICOM), a annoncé mercredi à Rabat, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita.

MAP

Ce forum, qui réunira le Maroc et les 14 pays de la CARICOM, devra constituer un cadre d’échange sur les domaines de la coopération régionale et le renforcement de la coordination entre ces pays, a affirmé Bourita lors d’un point de presse conjoint avec le ministre des Affaires étrangères, du Commerce et de la Coopération internationale du Suriname, Albert Ramdin.

Il a assuré que le Maroc est fier de voir la République du Suriname présider la CARICOM à partir de juillet prochain, émettant l’espoir de voir la présidence par le Suriname de ce forum marquer un nouveau palier dans la coopération entre le Royaume du Maroc et ce groupement régional.

Le ministre a souligné que l’ouverture jeudi à Dakhla d’un consulat général du Suriname, qui traduit la position constante de ce pays à l’égard de la question de l’intégrité territoriale du Royaume, s’inscrit dans le cadre de la dynamique importante que connaissent les relations entre le Maroc et les pays de la région des Caraïbes.

Bourita a rappelé que jusqu’en 2009 l’ensemble des 14 pays des Caraïbes reconnaissaient la république fantomatique, à l’exception des Bahamas qui soutenaient l’intégrité territoriale du Royaume, précisant que 12 des 14 pays de ce groupement ont aujourd’hui changé leur position en faveur de l’intégrité territoriale du Maroc et de sa souveraineté sur ses provinces du Sud, grâce aux hautes instructions du Roi Mohammed VI soulignant l’impératif de renforcer la coopération avec les Etats des Caraïbes et à la mobilisation de tous les mécanismes nationaux de la coopération Sud-Sud que le Souverain n’a cessé de réaffirmer.

Et de conclure que tous les éléments sont désormais réunis pour créer un partenariat fort entre le Maroc et l’ensemble des pays des Caraïbes dans le cadre de la CARICOM.

Le Roi Mohammed VI reçoit le Président du Gouvernement Espagnol Pedro Sanchez

/

Le Roi Mohammed VI a reçu ce jeudi, au Palais Royal de Rabat, Pedro Sanchez, Président du Gouvernement Espagnol, qui effectue, à l’invitation du Souverain, une visite au Maroc dans le cadre d’une nouvelle étape de partenariat entre les Royaumes du Maroc et d’Espagne, indique un communiqué du Cabinet royal.

Cette audience, qui s’inscrit dans le prolongement de l’entretien téléphonique intervenu le 31 mars entre le Roi Mohammed VI et le Président du Gouvernement Espagnol, vient en concrétisation de la lettre adressée le 14 mars par Monsieur Pedro Sanchez au Roi dans laquelle le Gouvernement espagnol s’engage à inaugurer une nouvelle phase dans les relations entre les deux Royaumes, basée sur la transparence et le respect mutuel.

Cette nouvelle dynamique se veut un écho à l’appel du Roi Mohammed VI lors du Discours du 20 août 2021 à inaugurer une étape inédite dans les relations entre les deux pays.

Au cours de cette audience, Pedro Sanchez, a tenu à réaffirmer la position de l’Espagne sur le dossier du Sahara, considérant l’initiative marocaine d’autonomie comme la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour la résolution du différend.

A cette occasion, le Roi Mohammed VI et le Président du Gouvernement Espagnol ont réitéré la volonté d’ouvrir une nouvelle étape dans les relations entre les deux pays, fondée sur le respect mutuel, la confiance réciproque, la concertation permanente et la coopération franche et loyale.

À cet égard, il a été notamment convenu la mise en œuvre d’actions concrètes dans le cadre d’une feuille de route couvrant l’ensemble des domaines du partenariat, intégrant toutes les questions d’intérêt commun.

Par ailleurs, l’audience accordée au Chef de l’exécutif espagnol a été l’occasion de passer en revue les différents volets d’intérêt commun dans leurs composantes politique, économique, sécuritaire et culturelle. Les questions régionales et internationales ont également été au menu de ces entretiens.

Ont assisté à cette audience du côté espagnol, le ministre des Affaires étrangères, de l’Union Européenne et de la Coopération, José Manuel Albares, l’ambassadeur d’Espagne à Rabat, M. Ricardo Diez-Hochleitner, et du côté marocain, le Conseiller du Roi, M. Fouad Ali El Himma, le Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, M. Nasser Bourita, et l’ambassadeur de SM le Roi à Madrid, Mme Karima Benyaich.

Puneet Talwar, diplomate de guerre d’Obama, candidat au poste d’ambassadeur de Washington à Rabat

/

La Maison Blanche s’est enfin décidée de nommer un ambassadeur au Maroc, depuis le départ de Dwight L. Bush la veille de l’investiture de Donald Trump. En effet, le Président Joe Biden a annoncé ce vendredi son intention de nommer Puneet Talwar au poste d’Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire des Etats-Unis auprès du Royaume du Maroc. Un diplomate chevronné connu pour être le diplomate de guerre de Barack Obama et qui avait collaboré avec Biden alors qu’il était vice-président des États-unis. Dans la foulée le président américain a choisi un ancien des «Marines», spécialiste de l’Irak et de lutte contre le terrorisme.

Le Président américain Joseph R. Biden Jr. a annoncé vendredi son intention de nommer Puneet Talwar au poste d’Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire des Etats-Unis auprès du Royaume du Maroc.

Dans un communiqué, la Maison Blanche a déclaré que Puneet Talwar a occupé des postes de haut niveau en matière de sécurité nationale et de politique étrangère au Département d’Etat, à la Maison Blanche et au Sénat des Etats-Unis.

Puneet Talwar est actuellement conseiller principal au département d’État. Auparavant, il a occupé les fonctions de secrétaire d’État adjoint aux affaires politico-militaires, d’assistant spécial du président et de directeur principal au Conseil national de sécurité, ainsi que de membre du personnel professionnel principal de la commission des relations extérieures du Sénat des États-Unis.

Talwar a également occupé des postes clés à la Chambre des représentants des États-Unis et au Policy Planning Staff du département d’État.

Le diplomate de guerre d’Obama

Puneet Talwar a été nommé secrétaire d’État adjoint pour le Bureau des affaires politico-militaires le 9 avril 2014, sous le président Barak Obama. Sa nomination est survenue deux mois avant l’annonce de Daech du « rétablissement du califat » dans les territoires sous le contrôle en Irak et en Syrie, de l’adoption de nom d’« État islamique » et de la proclamation de son chef, Abou Bakr al-Baghdadi, « calife et successeur du prophète de l’Islam.

Durant le mandat Obama, le secrétaire adjoint Talwar a géré plusieurs composantes essentielles de la politique étrangère des États-Unis, notamment le maintien des relations du département d’État en matière de sécurité mondiale, la fourniture d’une assistance internationale en matière de sécurité, la négociation d’accords internationaux en matière de sécurité et la mise en œuvre de l’initiative d’Obama de réforme du contrôle des exportations.

Le future ambassadeur de Washington à Rabat a été également le principal agent de liaison du département d’État avec le département de la défense. De 2009 à 2014, Talwar a occupé le poste d’assistant spécial du président et de directeur principal pour l’Irak, l’Iran et les États du Golfe au Conseil national de sécurité de la Maison Blanche.

De 1995 à 1999 et de 2001 à 2008, Talwar a été le conseiller principal pour le Moyen-Orient du vice-président Biden au sein de la commission des affaires étrangères du Sénat. Il a également fait partie du personnel de planification politique du département d’État de 1999 à 2001 et a été conseiller en politique étrangère à la Chambre des représentants.

En dehors du gouvernement, il a été Senior Fellow à l’Asia Society Policy Institute, chercheur invité au Penn Biden Center de l’Université de Pennsylvanie, conseiller de l’ONG de résolution des conflits Inter Mediate et chercheur non résident au Center for Security Studies de l’Université de Georgetown.

Talwar a obtenu un B.S. en ingénierie de l’université Cornell et un M.A. en affaires internationales de l’université Columbia. Il est membre du Council on Foreign Relations et est originaire de Washington, DC.

Dans la foulée, Biden propose Timmy Davis au poste d’ambassadeur auprès du Qatar

Joe Biden a également annoncé son intention de nommer Timmy Davis, au poste d’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire auprès de l’État du Qatar.

Timmy T. Davis, membre de carrière du Senior Foreign Service avec le grade de conseiller, a récemment occupé le poste d’assistant exécutif du secrétaire d’État. Avant cela, Davis a été consul général des États-Unis à Basrah et dans le sud de l’Irak. Ses missions à l’étranger incluent Guatemala City au Guatemala ; Najaf en Irak ; Canberra en Australie ; et Bogota en Colombie.

Ses affectations nationales comprennent un poste d’officier de surveillance principal au centre d’opérations du département d’État, un poste d’assistant spécial du secrétaire d’État, un poste de directeur pour l’Irak au Conseil national de sécurité, un poste de chef de cabinet adjoint de l’envoyé présidentiel spécial pour la lutte contre le terrorisme, un poste de conseiller principal du conseiller du département, un poste de chef de cabinet du sous-secrétaire aux affaires politiques et un poste de chef de cabinet par intérim du département d’État.

Timmy T. Davis, est titulaire d’un Distinguished Honor Award et de plusieurs Superior and Meritorious Honor Awards, a également reçu le Ryan C. Crocker Award for Outstanding Leadership in Expeditionary Diplomacy du département d’État, ainsi que le William R. Rivkin Award for Constructive Dissent de l’American Foreign Service Association.

Originaire de Virginie, Davis est lauréat de l’université de l’Alabama. Il a servi dans le corps des Marines des États-Unis pendant près de dix ans, notamment lors d’opérations dans la Corne de l’Afrique et en Irak, avant de rejoindre le service extérieur. Il parle espagnol et arabe.

Édito évènement de Khalil Hachimi Idrissi : «la guerre d’Ukraine est l’expression crue de l’incapacité de l’Occident à inclure la Russie dans leur schéma sécuritaire»

/

C’est la première fois depuis l’invasion russe en Ukraine, qu’un officiel explique en toute clarté la position du Royaume vis-à-vis ce conflit. C’est Khalil Hachimi Idrissi, patron de l’agence de presse nationale, qui s’est prêté à l’exercice dans un édito paru sur son mensuel «BAB». Sans détour, l’éditorialiste se prononce pour le dialogue. Une négociation globale et sérieuse qui inclurait entre autres la neutralité de l’Ukraine et l’étude de «l’autonomie de toutes les minorités». Et tout en prenant le soin de ne pas reprendre les mêmes mots du président français, Emmanuel Macron, Hachimi Idrissi qualifie l’OTAN d’«organisation d’un autre âge, voire quasi obsolète». Rien que ça!

Tous ceux qui connaissent Khalil Hachimi Idrissi savent pertinemment, que l’homme dispose d’une bonne maitrise de sa plume et de ses mots. Quand il s’agit du stratégique, il sait quoi écrire, comment et quand.

Connaissant l’impact du papier, KHI a choisi de prendre la parole au sujet du conflit en Ukraine sur son mensuel BAB, distribué à toutes les chancelleries et aux sièges de tous les décideurs politiques et économiques du pays. Le moment est grave, la situation est confuse et les mots et le ton de l’éditorialiste ne manqueront pas de solennité et de clarté.

Hachimi Idrissi fait le choix d’un tire consensuel : «Une paix immédiate». D’emblée, il ne veut pas éliminer les réfractaires des deux camps belligérants et de leurs «fans» respectifs. Puis, il décide de ce mouiller en se prononçant au nom de la position marocaine. «La seule solution possible au conflit ukrainien est comme la position marocaine l’a signifié par deux fois, dans la clarté, est dans le dialogue, la diplomatie, la négociation et le respect de l’intégrité territoriale des nations», a-t-il souligné.

Ensuite, avant d’attaquer le plat de résistance, il fait valoir l’horreur de la guerre, devenue malheureusement un contenu de propagande entre les mains de l’occident alimentant davantage les démons de la violence.

«Cette guerre doit s’arrêter impérativement. Trop de victimes innocentes. Trop de réfugiés. Trop de malheur. Trop de souffrance. Et trop de violence illégitime contre des civils démunis», s’est-il ému.

Ecouter les minorités du Donbass et considérer les besoins de sécurité de Poutine

Alors que Joe Biden et son administration s’acharnent à vouloir imposer une fragilité sécuritaire à la Russie en ne laissant aucun choix aux pays européens, Khalil Hachimi Idrissi s’y inscrit en faux en appelant à un dialogue ouvert aux doléances de Poutine pour éviter le danger d’une troisième guerre mondiale.

«Si le chemin de la paix immédiate passe par une meilleure prise en considération des besoins de sécurité de la Russie par les Européens et l’OTAN, il faut passer par là» a-t-il souligné. Et d’ajouter «Si le chemin de la paix immédiate passe par une neutralité – à inventer – de l’Ukraine dans ses frontières intègres et reconnues, il faut passer par là». Il s’agit de l’une des demandes qu’exige le président russe pour mettre la fin à son «opération spéciale».

«Si les chemins de la paix immédiate passent par un meilleur respect des droits culturels. Une autonomie, de toutes les minorités, il faut, aussi, passer par là», insiste-t-il en faisant allusion à l’autonomie des minorités du Donbass pro-russe, Donetsk et Louhansk.

Il faut se mettre autour d’une table et démarrer une vraie négociation globale et sérieuse sur la sécurité des uns et des autres qui éloignerait le danger d’une troisième guerre mondiale et le spectre d’un affrontement nucléaire généralisé, poursuit-il.

La mort cérébrale de l’OTAN

Par ailleurs, Khalil Hachimi Idrissi pointe du doigt l’impuissance de l’Union européenne à se mettre d’accord sur une politique de défense commune indépendante du diktat de l’OTAN qui inclurait la Russie.

«La guerre d’Ukraine est l’expression crue de l’incapacité des Occidentaux à trouver un nouveau paradigme sécuritaire en Europe qui inclurait la Russie et la rassurerait sur sa sécurité nationale», a-t-il affirmé.

Bien au contraire, explique-t-il, l’OTAN – une organisation d’un autre âge, voire quasi obsolète – a continué à justifier son existence en empêchant le Vieux Continent de se doter d’une défense indépendante, efficiente et autonome, et en antagonisant la Russie en absorbant avec gourmandise presque tous les ex-pays satellites de l’URSS.

L’Ukraine le «proxy» des «vrais» protagonistes

Khalil Hachimi Idrissi ne va pas y aller de main morte pour décrire les postures des occidentaux dans le conflit ukrainien.

«Ce qui devait arriver arriva. De reniements en impostures, de coups tordus en coups de Jarnac, l’Ours russe, quand il a repris quelques forces, s’est rebiffé», estime-t-il.

Pour le patron de la MAP, les européens sont des procrastinateurs chroniques, lents, hésitants et tatoueurs. L’OTAN quand à elle fanfaronne , bluffe et vantardise, tandis que à Joe Biden, il ne fait que pétitionner.

Dans sa lancée, Khalil Hachimi Idrissi fait allusion, à demi-mot, sur le fait que l’Europe n’est finalement que le terrain de guerre entre les «véritables» protagonistes : l’alliance anglo-saxonne et l’héritier de l’URSS.

«Si rien ne justifie l’invasion de l’Ukraine par la Russie, ni les atermoiements de l’Europe, ni les rodomontades de l’OTAN, ni les pétitions de principes de l’Américain Joe Biden, cette guerre, dont les vrais protagonistes utilisent un «proxie» – l’Ukraine en l’occurrence – pour en découdre, est condamnable, comme toute guerre par ailleurs», soutient-il.

Se battre jusqu’au dernier Ukrainien vivant

La folle escalade soutenue par l’alliance anglo-saxonne et porté par l’homme de spectacle, Volodymyr Zelensky, fait fi de l’avenir de l’Ukraine et de la vie des ukrainiens. L’opinion occidentale quand a elle se planque derrières TikTok, Instagram et Twitter sans aucune conscience des horreurs de la guerre dont la responsabilité est autant partagée entre les russes et les européens.

«Personne en Occident n’est capable de mourir pour les Ukrainiens. Ou plutôt, ils sont prêts à se battre jusqu’au dernier Ukrainien vivant. Mais cela ne le fait pas, comme on dit aujourd’hui», fait observer l’éditorialiste, assurant que «personne ne veut la destruction totale de ce pays et l’épuration cynique et criminelle de ses citoyens».

Pour M. Hachimi Idrissi, «tout le monde sait qu’une victoire russe serait fatalement une victoire à la Pyrrhus. Dramatique et dérisoire».

Les ambassadeurs de Suède et de Finlande au Maroc visitent l’Université Al Akhawayn à Ifrane

Une délégation d’ambassadeurs nordiques au Maroc, conduite par Anne Höglund, ambassadrice de la Suède et Pekka Hyvönen, ambassadeur de la Finlande ont visité, ce mercredi 16 mars, l’Université Al Akhawayn à Ifrane. Ils ont été reçus par le Président de l’Université, Amine Bensaid accompagné du Vice-Président des affaires académiques, Chris Taylor, du corps professoral, ainsi que d’étudiants.

Cette visite a été l’occasion de présenter à la délégation nordique le rôle de l’université dans les stratégies actuelles et futures du Maroc, les programmes d’échanges universitaires et les programmes linguistiques. Les discussions ont également porté sur des sujets d’actualité pour le Maroc et les pays nordiques comme l’innovation, la prospérité et la promotion de l’implantation d’entreprises nordiques au Maroc. Cette rencontre a été aussi marquée par des sessions d’échange avec les étudiants sur le modèle nordique de l’innovation.

Amine Bensaid, président de AUI, a souligné le rôle crucial que joue l’université, à travers les différentes actions prévues dans son plan stratégique, dans la préparation des étudiants de la génération Z aux défis du 21ème siècle tout en les encourageant à devenir de meilleures personnes capables d’impacter positivement leurs communautés.

En effet, l’expérience d’apprentissage transformationnelle de l’Université Al Akhawayn basée sur le modèle Nord-américain des arts libéraux, produit des lauréats dotés d’une haute intelligence sociale et de compétences en gestion de complexité. Les diplômés de l’Université occupent actuellement des postes de responsabilité dans de grandes entreprises nationales et internationales et créent de la valeur pour leurs communautés.

Aziz Akhannouch accueille lui-même à la descente d’avion le premier ministre mauritanien

/

Les relations entre le Maroc et la Mauritanie semblent retrouver leur sérénité. A l’occasion de la tenue de la 8e session de leur haute commission mixte, le Premier ministre mauritanien, Mohamed Ould Bilal a atterrit ce jeudi à Rabat où il a été accueilli à sa descente d’avion par le Chef du gouvernement marocain, Aziz Akhannouch.

Le Premier ministre mauritanien, Mohamed Ould Bilal, est arrivé jeudi à Rabat pour une visite de travail au Maroc, au cours de laquelle il co-présidera avec le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, les travaux de la huitième session de la haute commission mixte maroco-mauritaniènne. La dernière en date à été tenue en avril 2013, il y a neuf ans de cela.

A son arrivée à l’aéroport de Rabat-Salé, Ould Bilal, qui conduit une importante délégation gouvernementale, et dans un signe de volonté du Royaume de réchauffer ses relations avec son voisin du sud, a été accueilli à sa descente d’avion par Aziz Akhannouch.

L’invité du Royaume a été salué par des membres du gouvernement, notamment Mohammed Sadiki ministre de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement rural et des eaux et forêts et Ryad Mezzour Ministre du Commerce et de l’Industrie.

La huitième session de la haute commission mixte maroco-mauritanienne se tiendra, sous la présidence de Aziz Akhannouch et Mohamed Ould Bilal, vendredi à Rabat, rapporte la MAP.

Les travaux de cette session ont débuté, mercredi, au niveau des hauts responsables, avec la participation des représentants des différents départements ministériels des deux pays.

«Cette session ouvre de nouveaux horizons pour la consolidation des relations de coopération entre le Maroc et la Mauritanie, et offre l’opportunité d’établir des partenariats fructueux dans de nombreux domaines, conformément aux orientations des deux Chefs d’Etat, le Roi Mohammed VI et Son Excellence le Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani» souligne le communiqué officiel.

Ukraine, Sahara et Droits de l’homme : Wendy Sherman la «Renarde Argentée» confronte Nasser Bourita le «Lion de l’Atlas»

///

Wendy Sherman, alias «Silver Fox» (la renarde argentée), l’une des diplomates les plus puissantes du monde a rencontré ce mardi à Rabat le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita. Notre «Lion de l’Atlas» le bien nommé, savait que l’administration Biden a envoyé son négociateur le plus expérimenté pour démêler la position de neutralité assumée de Rabat au sujet de la crise en Ukraine. La «confrontation» s’est couronnée par un communiqué conjoint davantage favorable au Maroc. Sherman a imposé la question des droits de l’homme en haut du pavé et Bourita a arraché pour sa part, le rappel de la déclaration tripartite incluant Israël, signée le 22 décembre 2020. Le «Lion de l’Atlas» arrive même à reléguer la question ukrainienne à la toute dernière place, bien après celle du Sahel et de la Libye.

Wendy Sherman, 72 ans, est la deuxième diplomate d’importance des États-Unis. Son voyage au Maroc est considéré comme la visite officielle du plus haut niveau effectuée par un responsable américain à Rabat depuis plusieurs mois.

Connue à Washington pour ses manières acerbes, Mme. Sherman a traité à plusieurs reprises des sujets des plus difficiles. La diplomate a habilement géré des situations de crise pendant trois décennies. Elle a conclu des accords avec la Corée du Nord pendant l’ère Bill Clinton, et a dirigé les négociations nucléaires avec l’Iran sous la présidence de Barack Obama en 2011.

Surnommée la «Silver Fox» – Renarde Argentée-, en raison de sa chevelure grise acier et de sa capacité à arracher des concessions, Wendy Sherman a contribué à la conclusion d’un accord nucléaire historique en 2015 entre Téhéran et les États membres du P5 + 1, à savoir les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Chine, la Russie et l’Allemagne.

Et c’est elle que Joe Biden a chargé en janvier 2022 pour négocier avec les Russes dans l’objectif de dissuader Poutine de ne pas envahir l’Ukraine.

La «Renarde Argentée» : le Joker de la diplomatie américaine

Le surnom de Wendy Sherman lui vient des Iraniens avec qui elle a passé de longues heures de négociations. Ils ont commencé à l’appeler «la Renarde» en raison de son approche malicieuse durant les pourparlers.

Son teint pâle, ses cheveux gris acier coupés en brosse et son allure toujours soignée en dépit de la nature exténuante des négociations, ont fini par convaincre ses collègues du département d’État américain d’adopter le surnom des iraniens auquel ils ont ajouté «Argentée». Ils étaient tellement fascinée par elle qu’ils ont commencé à porter durant les réunions de négociation des tee-shirts sur lesquels était marqué le qualificatif : «Silver Fox».

«Ses collègues l’observent avec admiration, et parfois avec un peu de crainte, lorsqu’elle s’engage dans les discussions internationales», écrit la BBC.

«Elle est rapide et très intense », affirme l’ancien ambassadeur des États-Unis en Turquie, James Jeffrey.

La carrière de diplomate de Wendy Sherman n’était pas par choix. Au tout début de sa carrière professionnelle, elle a été militante, travaillant comme assistante sociale à Baltimore, oeuvrant à rendre les logements abordables aux moins aisés.

Quelques années plus tard, la secrétaire d’État Hilary Clinton, avec l’accord du président Barack Obama, l’a nomme sous-secrétaire d’État aux affaires politiques, devenant ainsi la première femme à occuper ce poste.

Ce parcours, combiné à sa forte implication dans le processus de négociation de l’accord nucléaire de 2015 avec l’Iran, a fait d’elle l’objet d’une forte suspicion de la part des républicains. Toutefois, son expérience et son sang-froid les ont suffisamment convaincu pour qu’elle soit confirmée par le Sénat au poste de secrétaire d’État adjointe, par 56 voix contre 42.

La «Silver Fox» face au «Lion de l’Atlas» : un combat sérré

Nasser Bourita peut désormais se targuer d’avoir eu affaire dans sa carrière de diplomate et dans un contexte de guerre mondiale à une légende : Wendy Sherman, la négociatrice américaine inflexible et sans état d’âme.

Le Chef de la diplomatie marocaine savait à quoi s’attendre mais contrairement aux apparences, il était loin d’être dans une position de faiblesse.

En effet, L’invasion de l’Ukraine par la Russie a apporté une certaine clarté aux réalignements régionaux et aux partenariats stratégiques en Afrique du Nord, en Europe et au Moyen-Orient.

La crise a en effet révélé au grand jour, l’évolution intéressante des relations entre les États-Unis, d’une part, et le Maroc, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Israël d’autre part.

«Après quatorze jours d’affrontements militaires en Ukraine, une chose est devenue claire : les partenaires de Washington en Afrique du Nord et au Moyen-Orient sont de plus en plus confiants dans leur volonté d’adopter une ligne de conduite indépendante, sans lien avec Washington – et sans doute en la défiant – et en coordination les uns avec les autres» affirme le politologue Thanassis Cambanis.

Cette divergence s’est manifestée surtout par le refus des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole Plus, OPEP+, d’augmenter rapidement leur production de pétrole dans un contexte de hausse des prix des carburants, malgré la pression exercée par l’administration sur l’Arabie saoudite. Ce grand pays arabe, premier producteur de pétrole dans le monde va faire encore mieux. Son dirigeant de facto Mohammed ben Salmane ira jusqu’à explicitement menacer de réduire les investissements de son pays aux États-unis au profit de la Chine.

Depuis son élection, Joe Biden a tout fait pour mettre sur la touche les princes héritiers MBS et MBZ. En contrepartie il n’a cessé de valoriser l’émir du Qatar en lui confiant la gestion du dossier des Talibans puis en le consacrant du statut d’«Allié majeur de l’OTAN». Le président américain l’a aussi désigné comme «backup» officiel de l’approvisionnement du gaz pour l’Europe en cas de guerre en Ukraine.

La même divergence s’est également manifestée par un double refus d’Israël de demandes persistantes de la Maison Blanche. Le premier refus a concerné le soutien du projet de résolution américain contre la Russie au Conseil de Sécurité de l’ONU. Le second est le refus catégorique de Tel Aviv de l’envoi des batteries du système de défense «Dôme de Fer» en Ukraine. Une décision justifiée par la crainte que ce transfert ne nuise aux relations d’Israël avec la Russie.

Il est à rappeler que les Russes d’Israël forment la plus grande communauté juive du pays, soit plus de 25% de la population.

Le Pakistan a brillé davantage dans sa défiance à Joe Biden avec la visite officielle qu’a entrepris au Kremlin son premier ministre Imran Khan, le jour même de l’invasion de l’Ukraine. Khan a rencontré simultanément, Vladimir Poutine et le leader tchétchène Ramzan Kadyrov.

Enfin, plusieurs États de la région y compris le Maroc se sont abstenus de voter la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies condamnant l’invasion russe, au grand dam de la Maison Blanche.

En parallèle de cette résistance contre le diktat américain, l’Arabie saoudite a voté en faveur de la résolution de l’ONU condamnant l’invasion russe, tandis qu’Israël s’est impliqué fortement dans un rôle de médiation entre l’Ukraine et la Russie. Au point que le très pratiquant Naftali Bennett a dû transgresser Shabbat pour s’envoler secrètement à Moscou, où il a passé trois heures avec Poutine, sans prendre l’avis des États-unis.

Ces démarches d’apparence incohérentes, soulignent le fait que les gouvernements du Moyen-Orient ne se considèrent plus comme des partenaires subalternes des États-Unis et ne se sentent plus obligés, comme ils l’ont peut-être fait par le passé, de suivre les directives de Washington dans une crise majeure de sécurité internationale.

L’indépendance d’Israël en matière de politique étrangère devenait palpable durant les dernières années de Benjamin Netanyahu. Par contre, la position du Maroc et certains membres du CCG par rapport à la guerre en Ukraine est un fait tout à fait nouveau. Cela suggère l’émergence d’un nouveau niveau de confiance et d’autonomie par rapport aux États-Unis, en dépit du fait que Washington reste la garante de la sécurité de la région.

La posture de ces pays est d’ailleurs compréhensible, compte tenu de la décision des administrations américaines, depuis Obama de se retirer du Moyen-Orient. Du coup, le Maroc, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Israël ont intérêt à maintenir de bonnes relations diplomatiques, économiques et militaires avec la Russie.

Rabat, à l’image de ses alliés dans la région ne cherche par à abandonner complètement les liens avec Washington, mais plutôt de les équilibrer en nouant des relations solides avec d’autres puissances qui exercent une influence considérable sur les questions économiques et de sécurité régionales, comme la Russie, mais aussi la Chine. Deux pays qui ont d’ailleurs massivement investi en présence économique et militaire en Afrique subsaharienne, prolongement naturel du Royaume.

A la lumière de ces éléments, on cerne mieux les raisons qui ont poussé l’administration américaine, qui refuse de nommer un ambassadeur au Maroc depuis le départ de Dwight Bush en 2017, à dépêcher une diplomate de la trempe de Wendy Sherman.

Trois communiqués, trois nuances !

Si le cadre officiel de la rencontre entre notre «Lion de l’Atlas» et la «Renarde Argentée» est le «Dialogue stratégique Maroc-USA», la déclaration du porte-parole du département d’Etat américain Ned Price nous fait prendre conscience que la machine diplomatique américaine n’a qu’une seule urgence en ce moment : «l’Ukraine».

Dans son point de presse qui a suivi la rencontre entre les diplomates des deux pays, Ned Price a hiérarchisé les points discutés entre les deux parties en fonction des priorités de son ministère :

  1. Les moyens de renforcer davantage les relations bilatérales de longue date entre les États-Unis et le Maroc, y compris les intérêts communs en matière de paix, de sécurité et de prospérité régionales;
  2. Les développements internationaux, y compris «la guerre préméditée, non provoquée et injustifiée» de Poutine contre l’Ukraine;
  3. Le ferme soutien des deux parties à l’envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies, Staffan de Mistura, qui cherche à redynamiser le processus politique pour le «Sahara occidental», dirigé par les Nations Unies;
  4. Le plan d’autonomie du Maroc est considéré comme sérieux, crédible et réaliste, et comme une approche potentielle pour satisfaire les aspirations du «peuple du Sahara occidental»;
  5. L’importance de la protection des droits de l’homme, y compris la liberté d’expression, en s’appuyant sur le dialogue productif entre les États-Unis et le Maroc sur les droits de l’homme de septembre 2021.

Notons que sur le communiqué conjoint approuvé par Bourita et Sherman, «la guerre en Ukraine» n’était cité qu’en fin du document et le qualificatif «la guerre préméditée, non provoquée et injustifiée» n’y figurait pas du tout.

De plus, l’appellation «Sahara Occidentale» que Price a répété deux fois, elle n’a été cité qu’une seule fois dans la version en anglais du communiqué, publié aussi bien sur le site du département d’Etat américain que celui du ministère des affaires étrangères marocain.

Sur les versions française et arabe du communiqué, l’appellation «Sahara Occidentale» y est absente et la précision «consacrant la reconnaissance américaine de la pleine souveraineté du Royaume sur son Sahara» a été ajoutée dans le paragraphe réservé au rappel de l’accord tripartite avec Israël.

Opération de charme de la «Silver Fox»

Faisant honneur à sa réputation de consacrer une attention méticuleuse aux détails, la «Silver Fox» a bien préparé son voyage au Maroc. Son arrivée, coïncidant avec la journée internationale de la femme, elle charge l’ambassade au Maroc de lui trouver une occasion de prise de parole sur le sujet.

David Green, Chargé d’Affaires à la mission diplomatique, sponsorise un évènement de l’Association des Femmes chefs d’Entreprises du Maroc, AFEM, célébrant la journée du 8 mars. Mme Sherman en sera l’invitée d’honneur.

Arrivée à la conférence au Hyatt Regency vers 17h30, Wendy Ruth Sherman a été accueillie par la Ministre de la Solidarité, de l’Insertion Sociale et de la Famille Awatif Hayar, puis s’est fondue dans la masse des invités en toute simplicité et sans un dispositif protocolaire lourd.

Assise entre David Green et de Leila Doukali, présidente de l’AFEM, M. Sherman a patiemment écouté le discours «plat» de Mme Hayar avant de monter sur scène.

Après avoir constaté l’absence de la première maire femme de la ville de Casablanca, Nabila Rmili (occupée au Lycée français Lyautey), la «Silver Fox» entame son allocution par l’inévitable sujet :«l’Ukraine». Les éléments de langage sont verrouillés et pour le storytelling elle n’avait qu’à répéter celui d’Antony Blinken prononcé le jour même en Estonie.

«Je veux me faire l’écho de ce que le secrétaire d’État Tony Blinken a dit plus tôt dans la journée en Estonie, à savoir qu’en cette Journée internationale de la femme, j’ai pour ma part, et je suis sûr que vous tous, une pensée pour les femmes d’Ukraine», a-t-elle dit.

Plus de 1,7 million d’Ukrainiens, poursuit-elle, principalement des femmes et des enfants, ont fui la guerre que Vladimir Poutine a déclenchée dans leur pays, laissant souvent leurs maris derrière eux pour combattre.

Puis elle enfonce le clou : «Les femmes ukrainiennes accouchent dans des stations de métro transformées en abris anti-bombes. Elles s’occupent d’enfants atteints de cancer dans les sous-sols d’hôpitaux pour se protéger des missiles. Elles prennent les armes aux côtés des hommes ukrainiens pour lutter pour leur démocratie et défendre leur patrie. Les femmes d’Ukraine, comme vous toutes, incarnent la force, la résilience et le courage intrépide des femmes du monde entier – et nos cœurs sont avec elles aujourd’hui et chaque jour».

Maniant le bâton et la carotte, Wendy Sherman ne va pas se montrer tendre avec la situation de la femme marocaine dans la vie active, avant de proposer l’aide de son pays.

«(…) Cependant, malgré ces progrès (la Moudawana, constitution 2011, législation contre la violence envers la femme, ndlr), le pourcentage de femmes marocaines dans la population active reste assez faible, l’un des plus bas au monde – et il est en fait plus bas qu’il y a vingt ans» a-t-elle souligné.

La responsable américaine s’appuiera sur les recommandations du NMD pour annoncer l’engagement de son pays à accompagner le Maroc dans ses objectifs d’autonomisation des femmes.

«Le Nouveau modèle de développement du Maroc – une priorité du roi Mohammed VI – a placé l’augmentation de la participation des femmes à l’économie au premier plan de la stratégie de croissance économique du Maroc. Les États-Unis veulent aider le Maroc à atteindre son objectif de porter la participation des femmes à la main-d’œuvre à 45 % en 2035, contre 22 % aujourd’hui. Nous sommes fiers d’être un partenaire du Maroc et des femmes marocaines en faisant progresser les opportunités économiques des femmes et en soutenant les femmes entrepreneurs, notamment par le biais du programme POWER du Département d’Etat». a-t-elle déclaré.

Un proche de Wendy Ruth Sherman l’a décrite sur les colonnes du Time, comme suit : «La rationalité règne dans le monde de Wendy Sherman. La secrétaire d’État adjointe examine le terrain et les acteurs, pèse le bâton et la carotte, les compromis et les conséquences, puis fait le meilleur choix dans son propre intérêt. Le sentimentalisme et la nostalgie ne sont pas pour elle».

1 2 3 40