Stratfor : Les sanctions de la CEDEAO contre le Mali risquent de renforcer sa dépendance à l’égard de la Russie

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La Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest, la CEDEAO, a décidé dimanche 9 janvier, d’imposer des sanctions sévères à l’encontre du Mali. Un acte inattendu qui intervient 10 jours après l’annonce des autorités maliennes de transition de la mise en place d’un nouveau calendrier électoral qui repousse l’organisation des élections à décembre 2025 au lieu de février 2022 comme initialement prévu. Cependant le fond de crise est essentiellement sécuritaire et géostratégique. La tension a émergé après l’annonce du retrait de l’armée française du Sahel ayant perdu tout contrôle sur la région. Un vide immédiatement remplacé par les mercenaires russes de Wagner qui assurent désormais la sécurité de la junte militaire malienne. Dans son «snapshot» du 10 janvier, la société d’intelligence économique et de renseignement, Stratfor, analyse les risques de l’opération d’asphyxie du Mali. Le rapport estime que les sanctions de la CEDEAO réduiraient davantage l’influence française au profit d’une influence russe. Du pain béni pour Moscou qui pourrait jouer la carte de la promotion d’une stabilité accrue indépendamment d’une transition démocratique du Mali.

Lundi 10 janvier, les autorités de transition maliennes étaient encore sous le choc de la décision surprise annoncée dimanche par les pays de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest, la CEDEAO, de fermer leurs frontières, de rompre leurs relations diplomatiques, d’imposer des sanctions économiques sévères, de suspendre les transactions financières non essentielles et de geler des avoirs de l’Etat malien dans les banques commerciales de l’organisation panafricaine.

Un porte-parole du président malien par intérim a déclaré que ces sanctions étaient illégales et illégitimes et que le report des élections était dû à la violence de l’insurrection islamiste. Et qu’en réponse, le Mali fermerait ses frontières terrestres avec les États voisins de la CEDEAO (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Niger et Sénégal).

De leur part, les responsables de la CEDEAO ont déclaré qu’ils ne lèveraient pas les sanctions à moins que les responsables maliens ne proposent un calendrier électoral acceptable.

Il s’agit de la deuxième vague de sanctions contre le Mali par la CEDEAO depuis le coup d’État de 2020. Elle avait suspendu l’adhésion du pays, gelé les actifs de l’autorité de transition, imposé des interdictions de voyager, fermé les frontières et interrompu les flux financiers vers le pays. Les importations du Mali en provenance de ses deux principaux partenaires commerciaux, le Sénégal et la Côte d’Ivoire, ont fortement diminué à la suite de ces mesures, entraînant des pénuries de carburant et de médicaments dans le pays.

Les principales importations du Mali sont les produits pétroliers raffinés, le coton et les médicaments conditionnés.

La nouvelle décision de la CEDEAO a été soutenue par les États-unis qui dans un communiqué publié moins de 24h plus tard «saluent les actions [l’organisation] pour défendre la démocratie et la stabilité au Mali à la suite de son Sommet extraordinaire du 9 janvier 2022».

Le «statement» du département d’Etat américain était clair et sans ambiguïté au sujet de la situation au Mali et la présence des militaires du groupe russe Wagner.

«Nous partageons la profonde déception de la CEDEAO face au manque d’action ou de progrès du gouvernement de transition du Mali dans l’organisation d’élections, comme il s’était engagé à le faire après le coup d’État d’août 2020. Nous soutenons la décision de la CEDEAO d’imposer des sanctions économiques et financières supplémentaires pour inciter le gouvernement de transition à tenir sa promesse au peuple malien de ramener son pays à la démocratie», déclare Ned Price porte-parole du département d’Etat.

Et d’alerter : «Nous nous faisons également l’écho des préoccupations de la CEDEAO quant à l’impact déstabilisant probable des forces du groupe Wagner soutenues par la Russie au Mali. Comme indiqué dans la déclaration du Département du 15 décembre 2021, ces forces n’apporteront pas la paix au Mali et détourneront des ressources de la lutte contre le terrorisme menée par les forces armées maliennes

Stratfor : l’isolement du Mali est profitable à la Russie

Quelques semaines après le retrait de la France de sa dernière base militaire au Mali, située à Tombouctou, un porte-parole militaire malien a confirmé la présence de troupes russes le 6 janvier. Les responsables n’ont pas donné de détails sur le nombre de forces de sécurité russes présentes sur la base de Tombouctou, mais ont déclaré qu’elles participaient à la formation sur place des équipements militaires russes récemment acquis. Cette présence militaire au Mali en plus de celle en Centre d’Afrique, est en passe de reconfigurer les équilibres géostratégiques au Sahel. Surtout avec une junte militaire aux abois.

«Les sanctions de la CEDEAO vont exacerber l’isolement du Mali vis-à-vis des États de la région et de la France, alors que les troupes françaises sont en train de se retirer du pays et que des troupes russes ont été récemment déployées à Tombouctou», écrit la société d’intelligence économique et de renseignement Stratfor dans un snapshot en date du 11 janvier 2022.

«L’isolement régional résultant des sanctions accélérera le passage du Mali d’une dépendance à l’égard de la France à une dépendance à l’égard de la Russie en matière de soutien militaire et de sécurité, car Moscou n’a pas les mêmes attentes en matière d’élections et de gouvernance démocratique que la CEDEAO ou Paris», analyse Stratfor.

La rupture du Mali avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) va probablement renforcer sa dépendance à l’égard de la Russie, ce qui réduira encore la probabilité d’élections démocratiques imminentes, augmentera les difficultés économiques et posera des risques pour les opérations antiterroristes en cours dans le pays.

Stratfor, 11 janvier 2022

Au Mali, souligne Startfor, la détresse économique supplémentaire provoquée par les sanctions de la CEDEAO aggravera le mécontentement populaire à l’égard du maintien de l’autorité de transition au-delà de son mandat initial, ce qui entraînera probablement une diminution des importations et des pénuries de produits de base.

N’étant plus contraint par les partenariats avec les démocraties régionales ou la France, le président malien Assimi Goita – qui s’est emparé du pouvoir pour la deuxième fois lors d’un coup d’État en mai 2021 – sera peu enclin à ne pas répondre aux troubles par des mesures de sécurité.

«Le recul politique et économique augmentera probablement aussi les risques pour les opérations antiterroristes au Mali. Si la présence militaire russe s’étend pour inclure l’introduction de groupes paramilitaires russes comme Wagner, et si ces groupes déploient une force aveugle contre les civils (ce que Wagner a la réputation de faire dans des pays comme la République centrafricaine), cela pourrait favoriser le recrutement de militants et saper les missions anti-insurrectionnelles existantes au Mali et dans l’ensemble de la région». écrit Stratfor.

L’influence russe visera très probablement à promouvoir une stabilité accrue indépendamment d’une transition démocratique, bien que les contraintes de capacité et les menaces d’insurrection de longue date empêcheront probablement le succès.

Stratfor, 11 janvier 2022

Aux Nations Unies, la Russie décrie les ingérences étrangères au Mali

Mardi 11 janvier, Représentant spécial du Secrétaire général pour le Mali et Chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali, El-Ghassim Wane a présenté devant le Conseil de sécurité le rapport trimestriel du Secrétaire général sur la situation au Mali. Seule la Russie a condamné les sanctions de la CEDEAO, décriant des ingérences étrangères excessives « qui ne font que compliquer la situation ».

En effet, la Chine a invité les deux parties à trouver un terrain d’entente et les trois pays africains membres du Conseil -les A3 (Ghana, Gabon et Kenya)- ont exhorté le Conseil de sécurité à accueillir favorablement le communiqué final du Sommet de la CEDEAO et à appuyer les sanctions prises.

De leurs parts, la France, l’Albanie et les États-Unis ont fustigé la présence des forces russes sur le sol malien y voyant même une menace pour la MINUSMA et le peuple malien.

La France a en effet déploré le fait que les autorités de transition utilisent des fonds publics déjà limités pour rétribuer des mercenaires étrangers au lieu de soutenir les forces nationales et les services publics au bénéfice du peuple malien.  Le représentant français a fermement condamné le déploiement sur le territoire malien de mercenaires du groupe Wagner, assurant qu’ils sont « connus pour menacer les civils, violer le droit international et la souveraineté des États ».  

La terre malienne mérite mieux qu’être un terrain de règlements de comptes politiques et d’affrontement des puissances mondiales

Mme ADAM DICKO,  (AJCAD)- Conseil de Sécurité 11/01/2022

Le gouvernement malien a confirmé pour la première fois la présence de troupes russes dans le pays le 25 décembre, mais le 6 janvier a marqué la première confirmation de la présence de ces troupes à Tombouctou. Des paramilitaires déployés par Wagner qui selon un rapport daté du e 27 octobre 2021 par le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme ont commis des abus en République centrafricaine, notamment les détentions arbitraires, la torture, les disparitions, les exécutions sommaires et les violences sexuelles.

Double jeu de l’Algérie

Alger par le biais de son président a publié un communiqué très ambiguë sur la situation malienne. Une ambiguïté qui semble être résultat d’une pression de l’Élysée qui s’est précipité à communiquer sur une «triple pression» de la France, les Etats-unis et l’Algérie sur la junte.

Quand on lit le communiqué de Tebboune il n’en est absolument rien. L’Algérie propose sa médiation, qualifie les sanctions de la CEDEAO de porter des «risques graves et d’épreuve» pour le pays et exprime son «attachement indéfectible de l’Algérie à la souveraineté, à l’unité et l’intégrité territoriale de la République du Mali».

«Le Président de la République a réitéré l’attachement indéfectible de l’Algérie à la souveraineté, à l’unité et l’intégrité territoriale de la République du Mali, et a encouragé les dirigeants de la transition à l’adoption d’une attitude responsable et constructive», poursuit le communiqué de Tebboune.

«Devant les risques graves et les épreuves que portent en elle la panoplie de sanctions massives annoncées par le sommet extraordinaire des chefs d’Etat de la CEDEAO ce 9 janvier à Accra, ainsi que les contre-mesures annoncées par le gouvernement de la République du Mali, l’Algérie appelle toutes les parties à la retenue et au réengagement dans le dialogue en vue d’éviter à la région un engrenage de la tension et une exacerbation de la crise», précise la même source.

Pour comprendre la position de l’Algérie il faut regarder de plus prés sa longe relation ainsi que son son principal parti politique, le FLN, avec la Russie, qui remonte à l’époque soviétique.

Les bonnes relations entre les deux pays se traduisent notamment par la livraison à l’Algérie d’équipements militaires russes dans un contexte de tension entre Alger et Rabat. A la fin des années 1970, 90% du matériel militaire algérien était d’origine russe. Les relations algéro-soviétiques vont au-delà des livraisons d’armes. Moscou contribue au développement du secteur minier en Algérie et ouvre ses centres de formation et ses universités aux jeunes diplômés algériens. De nombreux cadres, ingénieurs et officiers de la jeune république algérienne bénéficient de la formation soviétique, qui s’accompagne de rapprochements matrimoniaux (mariages mixtes) et culturels (apprentissage des langues).

Si l’influence russe est peu palpable sur des secteurs comme l’énergie, et plus précisément du géant pétrolier Sonatrach fondé en 1963, sa présidence est régulièrement confiée à des ingénieurs formés aux Etats-Unis (Chakib Khelil, notamment), les cadres formés en Russie sont en revanche bien représentés dans l’état-major de l’armée. L’actuel chef d’état-major, Saïd Chengriha, a été formé à l’académie russe de Vorochilov dans les années 1970. Son prédécesseur, Ahmed Gaïd Salah (décédé fin 2019), homme fort du pouvoir algérien après les premiers mois du soulèvement populaire (Hirak) et artisan de l’éviction d’Abdelaziz Bouteflika, a également été formé en Union soviétique. De tous les centres du pouvoir algérien, l’armée – qui reste le premier d’entre eux – semble être celui où l’influence russe dure le plus longtemps.

Comme mentionné ci-dessus, l’Algérie est un client précieux de l’industrie militaire russe. Après l’Inde (25% des exportations russes) et la Chine (16%), l’Algérie est le troisième client de Moscou (14%). À elle seule, l’Algérie achète environ la moitié des armes russes exportées vers le continent africain. Avec 67% des importations algériennes, la Russie est de loin le principal fournisseur de l’Algérie.

Les ambitions russes en Afrique centrale et au Sahel et la présence de forces paramilitaires non conventionnelles offrent une opportunité inespérée à l’Algérie pour tirer profit du choc des hyperpuissances dans la région. Surtout que le retour d’expérience de la Libye a démontré comment la Turquie, membre de l’Otan, a mis fin aux ambitions russes mais également au rôle que souhaitait jouer l’Algérie dans le processus de paix libyen.

«Truth Social» l’application de Donald Trump pour concurrencer Twitter, Facebook et YouTube et le Wokisme

Donald Trump lance en février 2022 «Truth Social», une plateforme de médias sociaux contrôlée par son nouveau groupe média «Trump Media & Technology Group». L’ancien président américain cherche à capitaliser sur sa popularité auprès d’une grande partie des républicains et préparer le terrain pour une nouvelle course à la présidence en 2024. Pour cela, Trump aurait levé 1,25 milliard de dollars de financement suscitant l’attention du gendarme boursier américain, la SEC, qui a diligenté une enquête.

Le lundi 21 février 2022 verra la naissance d’un nouveau réseau social très particulier. Celui de Donald Trump. L’ancien président américain a choisi de faire coïncider le lancement de sa plateforme «Truth Social» avec la fête américaine «President Day», un jour férié fédéral en l’honneur des différents présidents des États-Unis, officiellement désigné sous le nom de Washington’s Birthday.

Si l’annonce du lancement de «Truth Social» a été faite par Donald Trump le 20 octobre dernier, la date exacte de sa mise en ligne a été révélée par Apple Store dans lequel ont peut d’ors et déjà pré-commander l’application.

Un design proche de celui de l’application préférée de Trump, Twitter

Les captures d’écran ci-dessous prises sur l’App Store, montrent que Donald Trump a voulu absolument que son réseau social soit une copie conforme de Twitter, qui a été son porte-voix préféré durant des années bien avant son élection. La page de profil de Truth Social ressemble presque exactement à celle de Twitter, et les publications disposent des fonctionnalités de retweets, de favoris et de partage.

Exception faite que chaque publication ne s’appelle ni tweet ni post mais bel et bien «une vérité», « Truth» tandis que l’équivalent du retweet ou du repost s’appelle une «re-truth».

Il a été également rapporté que les termes «Truth Social», «truthing»,« retruth » et « post a truth » ont été déposés comme marques commerciales.

Une société dédiée et un investissement de $1,25 milliards

Après son bannissement de toutes les plateformes existantes, suite à l’insurrection du 6 janvier 2021 sur le Capitole américain, le 45e président a brièvement expérimenté un blog appelée «From the Desk of Donald J. Trump», qui lui a permis de publier des messages et des communiqués «lapidaires» pouvant être partagés sur Facebook, Twitter, Reddit et Pinterest.

Ne générant que 4.000 interactions quotidiennes, soit 100.000 fois moins que les retweets de son ancien compte Twitter, le blog a été fermé un mois après son lancement. Quelques jours après, l’ancien porte-parole de Trump, Jason Miller, lance GETTR, une plate-forme de médias sociaux qu’il a présentée comme un « défi direct aux oligarques des médias sociaux de la Silicon Valley » et un moyen de « déclarer l’indépendance de leur tyrannie Woke».

Miller fait courir la rumeur comme quoi Trump rejoindrait GETTR. Finalement il n’en rien et Miller est contraint de déclarer que lui et son ancien patron « ne pouvaient tout simplement pas s’entendre sur un accord ».

A l’issue de ces échecs et porté par sa frustration d’avoir été contraint au silence médiatique et dans la perspective d’une éventuelle course vers les présidentielles de 2024, l’ancien président décide de sortir l’artillerie lourde et déployer les grands moyens.

En février 2021, il crée Trump Media & Technology Group (TMTG), une société qui sera le véhicule financier et juridique de son propre réseau social. Pour lever de l’argent, Trump fait appel à une nouvelle technique très en vogue à Wall Street, via une Special Purpose Acquisition Company (SPAC), ou Blank Check Company et en français une société d’acquisition à vocation spécifique (SAVS).

Une SPAC (SAVS) est une société sans activité opérationnelle, une sorte de coffre rempli d’un argent dont on ignore encore à quoi il sera utilisé et dont les titres sont émis sur un marché boursier en vue d’une acquisition ou d’une fusion future dans un secteur particulier et avant une échéance déterminée.

En effet, le 20 octobre 2021 précisément, Donald Trump annonce dans un communiqué la fusion entre son entreprise Trump Media & Technology Group (TMTG) et la SPAC Digital World Acquisition Corp cotée au NASDAQ sous le ticker DWAC.

La Spac Digital World Acquisition Corp (DWAC) s’était introduite en Bourse un mois auparavant et avait réussi à lever en peu de temps près de 300 millions de dollars auprès d’investisseurs en leur promettant d’acquérir une pépite du digital.

Laquelle pépite s’est avérée être l’entreprise de Donald Trump qui souhaite concurrencer les géants du numérique qui l’ont censuré. La fusion a valorisé la «Trump Media & Technology Group» à 875 millions de dollars.

Samedi 4 décembre 2021, l’entreprise de Trump a déclaré dans un communiqué avoir obtenu 1,25 milliard de dollars auprès d’un «groupe diversifié d’investisseurs institutionnels», sans révéler leur identité. Selon les analystes, TMTG est désormais évaluée à près de 4 milliards de dollars. Une semaine plus tard, l’évaluation implicite était passée à 10 milliards de dollars, affirme le Financial Times.

Cette annonce semble souligner la capacité de l’ancien président américain à lever des fonds importants malgré sa mauvaise presse.

Les actions de DWAC ont augmenté de 400 %, passant de 10 à 45,50 dollars, après l’annonce de Truth Social. Le lendemain, le cours de l’action a encore été multiplié par deux puis sa cotation sera suspendue à plusieurs reprises en raison de sa volatilité.

TMTG pour les conversations et TMTG+ pour la V.O.D, podcasts et divertissements

C’est suite à ces annonces de fusion et de levée de fonds que l’on connait plus de détail sur le projet «TRUTH Social». Il ne s’agit finalement pas uniquement d’une application clone de Twitter mais de toute une plateforme qui inclue également de la vidéo.

En plus de l’application «Truth Social» qui serait disponible sur les terminaux Apple, la société de Donald Trump compte lancer un service de vidéo à la demande par abonnement, TMTG+, qui comprendrait « des programmes de divertissement, des actualités, des podcasts, etc».

Pour son service V.O.D, Donald Trump a annoncé un partenariat technologique et de services cloud avec la plateforme d’hébergement vidéo Rumble.

«Dans le cadre de notre mission, TMTG continue de s’aligner sur les fournisseurs de services qui ne font pas de discrimination en matière d’idéologie politique», a déclaré Trump dans un communiqué mardi.

«Par conséquent, j’ai choisi le Rumble Cloud pour servir de colonne vertébrale essentielle à l’infrastructure de TMTG. TMTG a déjà lancé Truth Social sur le Rumble Cloud pour les invités seulement, et le lancement initial de la bêta a été excellent. L’Amérique est prête pour TRUTH Social, et la fin de la Cancel Culture.»

Rumble fournira également des services de vidéo et de streaming pour Truth Social dans le cadre de l’accord, tandis que les sociétés sont toujours en négociations pour que Rumble fournisse une infrastructure supplémentaire et la diffusion vidéo pour le service d’abonnement de TMTG, TMTG+.

Cette décision intervient le jour même où Rumble a annoncé qu’il mettait fin à sa relation avec Unruly Group et Tremor International, alléguant que la société de publicité vidéo avait tenté de censurer les vidéos du commentateur conservateur et animateur de Fox News Dan Bongino.

Côté management, Trump a nommé le représentant républicain des États-Unis Devin Nunes, qui a démissionné du Congrès en début d’année, en tant que PDG du groupe Médias. Et pour la plateforme vidéo TMTG+ son choix est tombé sur un professionnel du divertissement, Scott St. John, le producteur exécutif de longue date d’émissions de téléréalité et de jeux télévisés, notamment « Deal or No Deal » et « America’s Got Talent ».

Truth Social : «Contre la Tyrannie» et «anti-Woke Culture»

Pour son réseau social alternatif, Trump promet que la liberté d’expression sera garantie «sans discrimination envers les idéologies politiques». et que les séries, films, documentaires et informations sont garantis «non woke».

«J’ai créé Truth Social et TMTG pour m’opposer à la tyrannie de la Big Tech», a déclaré Trump.

«Nous vivons dans un monde où les talibans sont très présents sur Twitter, mais où votre président américain préféré a été réduit au silence. C’est inacceptable. Je suis enthousiaste à l’idée d’envoyer très bientôt mon premier Truth on Truth Social» a-t-il poursuivit.

«TMTG a été fondé avec la mission de donner une voix à tous. Je suis enthousiaste à l’idée de commencer bientôt à partager mes pensées sur Truth Social et de me battre contre Big Tech. Tout le monde me demande pourquoi personne ne se dresse contre la Big Tech ? Eh bien, nous le ferons bientôt !».

L’accord de Trump sur les médias sociaux fait l’objet d’une enquête des autorités de régulation

Digital World Acquisition Corp. (DWAC), objet de la demande fusion avec TMTG de Trump a déclaré dans un document déposé la semaine dernière qu’elle fait l’objet de certaines enquêtes préliminaires des autorités réglementaires, avec lesquelles elle coopère, rapporte la radio, publique américaine NPR.

La société a précisé que les enquêtes sont menées par la Securities and Exchange Commission ( SEC) ainsi que par la Financial Industry Regulatory Authority, qui contribue à la surveillance des marchés des valeurs mobilières.

Six éminents experts et anciens conseillers de Biden fustigent la stratégie pandémique du président et prônent la «nouvelle normalité: vivre avec le virus»


Dans une critique virulente, six éminents experts de la santé qui ont conseillé l’équipe de transition du président Biden ont appelé à une stratégie pandémique nationale entièrement nouvelle consistant à vivre indéfiniment avec le virus, et non à l’éradiquer.

Le jour de l’investiture du président Biden, le conseil consultatif d’experts en santé qui l’avait conseillé pendant sa transition a officiellement cessé d’exister. Mais ses membres ont discrètement continué à se réunir régulièrement via Zoom, leurs conversations tournant souvent autour de la frustration suscitée par la réponse de Joe Biden au coronavirus, rapporte le New York Times.

Aujourd’hui, six de ces anciens conseillers ont rendu publique une critique surprenante. Dans trois articles d’opinion publiés jeudi dans le Journal of the American Medical Association, ils appellent le président américain Biden à adopter une toute nouvelle stratégie nationale de lutte contre la pandémie, adaptée à la «nouvelle normalité» consistant à vivre indéfiniment avec le virus, et non à l’éradiquer.

Les auteurs sont tous des grands noms de la médecine américaine. Plusieurs d’entre eux, dont le Dr Luciana Borio, ancienne responsable scientifique par intérim de la Food and Drug Administration, et le Dr David Michaels, ancien responsable de l’Occupational Safety and Health Administration, aujourd’hui à l’école de santé publique de l’université George Washington, ont occupé des postes gouvernementaux de haut niveau. Le Dr Ezekiel Emanuel, oncologue, éthicien médical et professeur à l’université de Pennsylvanie qui a conseillé l’ancien président Barack Obama, a organisé cette initiative.

Comme toute Maison-Blanche, celle de Joe Biden privilégie la loyauté et préfère taire ses divergences ; à cet égard, les articles constituent une démarche inhabituelle. Les auteurs disent qu’ils les ont écrits en partie parce qu’ils n’ont pas réussi à parler directement aux responsables de la Maison Blanche, écrit le New York Times.

«D’un point de vue macro, on a l’impression de toujours lutter contre la crise d’hier et de ne pas nécessairement penser à ce qui doit être fait aujourd’hui pour nous préparer à ce qui va suivre», a déclaré le Dr Borio.

Les auteurs ont partagé les articles avec des responsables de la Maison Blanche avant leur publication, mais il n’est pas certain que l’administration adopte l’une ou l’autre de leurs suggestions. Le Dr Anthony S. Fauci, principal conseiller médical de M. Biden pour la pandémie, a refusé de commenter les articles.

Ni la vaccination ni l’infection par le COVID-19 ne semblent conférer une immunité à vie, et les vaccins actuels n’offrent pas non plus de protection contre l’infection

Nouvelle normalité

Les auteurs ont précisé que le COVID-19 n’est pas encore endémique, et que les États-Unis sont loin d’en être là. Mais ils ont déclaré que l’administration doit communiquer clairement les objectifs et les stratégies actuels, au lieu de passer d’une crise à une autre.

Par exemple, ils ont déclaré qu’il était peu clairvoyant pour Biden de déclarer l’été dernier que les États-Unis avaient «pris le dessus sur ce virus».

«En septembre 2021, le variant Delta a prouvé que ces mesures étaient prématurées, et fin novembre, le variant Omicron a suscité des inquiétudes quant à un état d’urgence perpétuel, Dans la délimitation d’une stratégie nationale, l’humilité est essentielle», ont-il conseillé.

Ni la vaccination ni l’infection par le COVID-19 ne semblent conférer une immunité à vie, et les vaccins actuels n’offrent pas non plus de protection contre l’infection. L’objectif de la «nouvelle normalité» avec le COVID-19 ne comprend pas l’éradication ou l’élimination, ont-ils écrit.

Le seuil de risque approprié devrait refléter les pics hebdomadaires de décès, d’hospitalisations et de prévalence communautaire des maladies respiratoires virales au cours des années de forte gravité, comme en 2017-2018. Cette année-là, il y a eu environ 41 millions de cas symptomatiques de grippe, 710 000 hospitalisations et 52 000 décès.

«Aujourd’hui, les États-Unis sont loin de ces seuils», ont-ils déclaré, et atteindre ce point demandera des efforts.

Ils recommandent également que les États-Unis devaient investir dans une infrastructure de données de santé publique.

«Comme Omicron l’a montré de nouveau, les États-Unis fonctionnent avec des estimations imprécises de la propagation des maladies, une surveillance génomique limitée, des projections basées sur des sites de déclaration sélectionnés et des données provenant d’autres pays qui ne sont pas forcément généralisables. Ces lacunes menacent des vies et le fonctionnement de la société», alertent les anciens conseiller de Biden.

L’objectif de la «nouvelle normalité» avec le COVID-19 ne comprend pas l’éradication ou l’élimination

Ils ont également appelé à un meilleur investissement dans les tests.

«Chaque personne aux États-Unis devrait avoir accès à des tests peu coûteux pour déterminer si elle est infectée et contagieuse. Le projet de l’administration Biden de distribuer 500 millions de tests rapides à domicile et d’augmenter la production en utilisant le Defense Production Act est un pas important dans la bonne direction, mais il en faut beaucoup plus», ont-ils suggéré.

Par ailleurs, les auteurs recommadent que le pass vaccinal devrait être imposé plus largement, y compris pour les enfants dans les écoles, et que le gouvernement devrait mettre gratuitement à la disposition de tous les Américains des masques de haute qualité comme le N95.

«Il semble que le SRAS-CoV-2 va persister, et que la pandémie de COVID-19 va se poursuivre pendant un certain temps. Par conséquent, pour parvenir à une «nouvelle normalité» durable, avec une transmission du virus et une mortalité par COVID-19 considérablement réduites, les tests, la surveillance, le port du masque et la ventilation doivent tous être améliorés de manière significative», ont conclu les auteurs.

Zemmour : Le «J’emmerde les non-vaccinés» de Macron c’est pour faire du Covid le sujet de la présidentielle

Invité sur la matinale d’Europe 1, la radio de son principal soutien financier et médiatique, le candidat à l’élection présidentielle Eric Zemmour a commenté le «coup de buzz» d’Emmanuel Macron sur les non-vaccinés. «Le président-candidat instrumentalise cyniquement le Covid pour en faire le sujet de la campagne présidentielle (..) Je ne tombe pas dans son panneau !» s’est-il exclamé.

Éric Zemmour, candidat de son mouvement «Reconquête» à l’élection présidentielle, a répondu aux questions de Sonia Mabrouk, journaliste de la station de Vincent Bolloré, au sujet de l’épidémie de Covid-19, des derniers propos d’Emmanuel Macron sur les non-vaccinés, des parrainages pour l’élection présidentielle et de son programme pour la France rurale.

Interpellé d’emblée au sujet de la déclaration polémique du Président Français, Zemmour suggère qu’en lâchant la formule choc affirmant son désir d’« emmerder les non-vaccinés », Emmanuel Macron tente d’utiliser cyniquement le Covid pour imposer son propre tempo à la présidentielle

«Que fait Emmanuel Macron ? Il instrumentalise cyniquement le Covid pour deux raisons. La première, c’est parce qu’il veut faire du Covid le sujet de la présidentielle pour pouvoir être tranquille, qu’on ne parle pas de son bilan, et surtout qu’on ne parle pas de l’identité de la France que j’avais réussi à imposer comme thème majeur de la campagne présidentielle à l’automne. La deuxième, c’est parce qu’il voit les sondages, que 70% des Français considèrent qu’il vaut mieux sauver et protéger sa santé que défendre les libertés. Il voit que 90% des Français approuvent le pass sanitaire, donc il clive et fait de la politique», a-t-il jugé.

Bousculer «délicatement» par Sophia Mabrouk, Zemmour a reconnu que le président «a réussi à imposer son tempo pendant une semaine» mais que «ça ne durera pas. Ça ne durera pas autant que les impôts, comme disait mon père».

Emmanuel Macron fait de la politique, a-t-il poursuivit, il veut cliver, et avec moi ça ne marchera pas. Je me souviens d’Emmanuel Macron, en 2015 au moment du débat sur la déchéance de nationalité, qui disait des terroristes qu’on ne peut pas traiter le mal en expulsant les responsables du mal. «Et là, la phrase la plus grave est lorsqu’il dit que les non-vaccinés ne sont pas des citoyens. Donc les terroristes qui tuent au Bataclan ce sont ses enfants, et en revanche les non-vaccinés ne sont pas citoyens ?», s’est interrogé Eric Zemmour. 

Je ne vais tomber dans le panneau de Macron

Le candidat à la présidentielle ne voulant pas passer à un autre sujet après la bousculade de la journaliste a dit : «J’aimerais bien qu’il emmerde d’autres gens comme les caïds, les trafiquants de drogue, les gens qui ont brûlé les voitures à la Saint-Sylvestre. Je ne tombe pas dans son panneau. Je ne fais pas du Covid le sujet de la présidentielle. Le sujet de la présidentielle c’est l’identité de la France. Je continuerai à le dire inlassablement».

Et de conclure par une citation du conte d’Andersen « « L’enfant dit le roi est nu », permettez moi d’être cet enfant

Au lendemain de sa rencontre avec MBS, Macron autorise l’arrestation d’un suspect du meurtre de Khashoggi

L’un des suspects du meurtre du journaliste Jamal Khashoggi en 2018 a été arrêté en France mardi 7 décembre à l’aéroport Roissy Charles de Gaulle. Réagissant à cette arrestation, l’ambassade saoudienne à Paris a démenti l’implication de son ressortissant dans le meurtre du journaliste Khashoggi et demande sa libération.

Le suspect, un citoyen saoudien a présenté mardi un passeport au nom de Khalid Alotaibi, 33 ans. Il s’apprêtait à embarquer pour Riyad, quand il a été interpellé par la police aux frontières.

Cet ancien membre de la Garde royale d’Arabie Saoudite, qui était sous le coup d’un mandat d’arrêt international pour assassinat émis par la Turquie, a été placé en rétention judiciaire en attendant de savoir si le parquet général décide ou non de son extradition.

Il est soupçonné d’être un des membres présumé du commando qui a assassiné le journaliste saoudien au consulat d’Arabie saoudite en Turquie, à Istanbul.

Selon la presse française, des vérifications étaient toujours en cours pour s’assurer de l’identité de l’interpellé.

Passeport du supect Khalid Alotaibi

L’ambassade d’Arabie Saoudite s’insurge

L’ambassade saoudienne a réagi mardi soir en publiant sur Twitter un démenti de l’implication de son ressortissant dans l’affaire Khashoggi.

«Le citoyen en question qui a été arrêté n’a aucun lien avec l’affaire» a écrit ce mardi soir sur Twitter l’ambassade d’Arabie Saoudite.

«L’ambassade du Royaume d’Arabie Saoudite à Paris tient à préciser que les informations diffusées dans les médias, concernant l’arrestation d’un citoyen saoudien suspecté dans le cadre de l’affaire Khashoggi, sont inexactes», écrit l’ambassade, qui demande «sa libération immédiate.»

«L’ambassade souhaite également préciser que la justice saoudienne a rendu son verdict envers les coupables du meurtre du citoyen saoudien Jamal Kashoggi, que Dieu lui fasse miséricorde, et que ces derniers purgent actuellement leurs peines respectives», a-t-elle affirmé.

Macron-MBS, une rencontre très contestée en France

Trois ans après le meurtre du journaliste dissident Jamal Khashoggi, Emmanuel Macron est le premier dirigeant occidental à rencontrer le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane.

Fustigé par la presse de don pays, le président français a été obligé de se justifier en affirmant que sa rencontre avec MBS était pour aider le Liban et veiller à la stabilité dans le Golfe.

Macron a également assuré avoir « parlé de tout, absolument sans aucun tabou » avec son interlocuteur, lors d’un échange « direct » et « efficace » sur les questions de droits de l’homme, mais sans prononcer le nom de l’ancien chroniqueur du Washington Post assassiné dans l’ambassade saoudienne en Turquie.

Le 1er meeting de campagne de Zemmour en cinq actes

Une vidéo de Brut s’est attardée sur le discours de Zemmour prononcé lors de son 1er meeting de campagne du candidat de l’extrême droite, Eric Zemmour, qui a été émaillé d’affrontement et d’incidents violents. Cinq séquences ont été ainsi identifiées : 1) Mimétisme de Donald Trump; 2) Les «ils» : ceux qui sont contre le peuple, 3) Les «vous» et les «nous» et le «moi» : les persécutés; 4) Programme : immigration zéro; 4) Macron : l’adolescent.

Le candidat à l’élection présidentielle Éric Zemmour a tenu son premier meeting de campagne ce dimanche à Villepinte,  cinq jours après avoir officiellement déclaré qu’il briguait l’Élysée.

Selon les organisateurs, 13.000 militants avec de nombreux drapeaux bleu-blanc-rouge ont accueilli le candidat. Une foule surchauffée qui s’est prise aux journaliste de Quotidien, l’émission de TMC présenté par Yann Barthès ainsi qu’à un groupe de militants de SOS Racisme, qui était dissimulé dans le public.

Zemmour fait du Trump

Depuis la sortie du livre d’Eric Zemmour «La France n’a pas dit son dernier mot», la presse française n’a pas cessé de pointer du doigt les similitudes entre le polémiste et Donald Trump.

«Depuis le début de ses prises de parole, Éric Zemmour a fait usage d’excès et de fractures idéologiques. Un style qui n’est pas sans rappeler celui de Donald Trump» écrit FranceInfo le 20/11/2021.

Et de rajouter : «La couverture du dernier livre d’Éric Zemmour, La France n’a pas dit son dernier mot, s’inspire directement de celle de Donald Trump. Et ce n’est pas leur seul point commun. En effet, les deux hommes ont construit leur notoriété grâce à la télévision. Tous deux partagent également le goût de la provocation, sur le sujet de l’immigration d’abord. Le milliardaire américain s’en prenait à celle venue du Mexique, tandis que le polémiste tient des propos similaires contre les musulmans».

Au lendemain du derby meeting de Zemmour, le média 100% vidéo Brut notera les similitudes entre le discours du candidat et l’ancien président américain. Brut a en effet réalisé un montage dans lequel on entend Eric Zemmour attaquer les «système» et les «journalistes» en utilisant presque mot pour mot des déclarations de campagne de Donald Trump.

«Depuis des mois, il ne se passe pas une seule journée sans que le pouvoir et ses relais médiatiques ne m’attaquent: ils inventent des polémiques (…), ils fouillent dans ma vie privée, ils me traitent de tous les noms» s’exclamé Eric Zemmour.

«A chaque élection, le système exclut soigneusement les candidats qui lui déplaisent avec ses juges aux ordres et ses journalistes militants.» persiste et signe le polémiste.

«Ils» contre le peuple

«A chacun de mes déplacements, ils enragent, en voyant ce peuple qu’ils pensaient à jamais disparu. S’ils me détestent, c’est parce qu’ils vous détestent. S’ils me méprisent, c’est parce qu’ils vous méprisent. Vous êtes arrivés, nous sommes arrivés, et nous avons bouleversé les plans les mieux établis.» a scandé Zemmour devant un public enflammé.

«Ils veulent me rendre inéligible, ils veulent vous voler la démocratie. Ne les laissons pas faire.» s’est-il attaqué à ces ennemis qui persécutent le «peuple».

Dans son analyse de ce discours, le politologue et professeur en rhétorique, Clément Viktorovitch estime qu’Éric Zemmour se décrit «en seul représentant d’un peuple qui aurait été trahi par tous les pouvoirs, politiques, judiciaires et médiatiques». Cette opposition, souligne-t-il, c’est la définition exacte de ce qu’en science politique on a appelé le populisme.

Vous, nous et moi, contre les autres

«Vous êtes arrivés, nous sommes arrivés, et nous avons bouleversé les plans les mieux établis et rompu le pacte tacite entre tous les acteurs de cette farce», a clamé Éric Zemmour.

«Contre moi, tout est permis. Et la meute est désormais lancée à mes trousses : Mes adversaires veulent ma mort politique, les journalistes veulent ma mort sociale et les djihadistes veulent ma mort tout court».

Éric Zemmour a développé amplement le lien si particulier qui l’unirait au peuple français à savoir : « qu’en faisant partie du peuple, si ses adversaires le méprisent, c’est qu’ils méprisent aussi le peuple», écrit Clément Viktorovitch. Cela s’appelle du sophisme par division, poursuit-il, ce qui est vrai pour la partie serait vrai pour le tout, et inversement.

Dans le discours d’Éric Zemmour, les individus qui composent le système n’ont pas simplement échoué, failli, ni même trahi le peuple. Ils ont « juré sa perte » ; ils veulent le « faire disparaître » et menacent jusqu’à son « existence ». Autrement dit, ils auraient une intention maligne, voire perverse, affirme le politologue français.

Programme : Immigration, immigration, immigration

En tordant les chiffres et en faussant les additions., Eric Zemmour s’est saisi de la thèse sulfureuse du «grand remplacement» autour de laquelle il a construit tout un discours haineux sur l’immigration et l’islam. Le polémiste d’extrême droite a fait de cette vision ethniciste de la nation le point central de sa candidature aux présidentielles.

Sans surprise donc, Zemmour n’a pas oublié de faire appel à sa réthorique sur l’immigration lors de son allocution du meeting de Villepinte.

«Dès la rentrée prochaine, nous referons de l’école l’instrument de l’assimilation à la française et nous chasserons des classes de nos enfants le pédagogisme, l’islamo-gauchisme, et l’idéologie LGBT»

«Dès les premières semaines de mon mandat, l’immigration zéro deviendra un objectif clair de notre politique. Avant l’été prochain, je veux :

  • Limiter le droit d’asile à une poignée d’individus chaque année pour redonner son sens à ce droit dévoyé
  • Exiger que les demandes d’asile soient formulées dans nos consulats pour éviter l’installation des déboutés qui ne repartent jamais
  • Supprimer le droit au regroupement familial et réduire drastiquement l’immigration familiale.
  • Opérer une meilleure sélection des étudiants étrangers et poser le principe de leur retour à la fin de leurs études
  • Démanteler les filières d’immigration clandestine,
  • Mettre hors d’état de nuire les associations qui ramènent ces migrants en Europe.»

Macron, adolescent et mannequin de plastique

Le candidat d’extrême-droite à la présidentielle a violemment tancé le président français Emmanuel Macron, le qualifiant de «mannequin en plastique», d’«automate», de «masque sans visage» et d’«adolescent».

«Macron a vidé de leur substance notre économie, notre identité, notre culture, notre liberté, notre énergie, nos espoirs, nos existences. Il a tout vidé, parce qu’il est à lui tout seul le grand vide, le gouffre.» a lancé Eric Zemmour.

Et de rajouter : «En 2017, la France a élu le néant et elle est tombée dedans.

Mes amis, il est temps. Il est temps de sortir notre pays et notre peuple de ce puits sans fond.

Nous laissons dans sa vitrine ce mannequin de plastique, cet automate qui erre dans un labyrinthe de miroirs, ce masque sans visage qui défigure le nôtre.

Nous laissons cet adolescent se chercher éternellement. Nous le laissons avec son obsession pour lui-même.»

À la toute fin de son discours, Éric Zemmour a annoncé officiellement le nom de son parti : «Reconquête». 

Coopération militaire Maroc-Brésil approuvée par la Chambre des députés de Brasilia

La Commission des relations extérieures et de la défense nationale de la Chambre des députés brésilienne a approuvé, mercredi 1 décembre, un rapport du membre du Congrès Márcio Marinho sur l’accord-cadre entre le gouvernement de la République fédérative du Brésil et le gouvernement du Royaume du Maroc dans le domaine de la défense.

L’accord signé en juin 2019, lors de la visite au Brésil du ministre des Affaires étrangères du Royaume du Maroc, Nasser Bourita, détermine le partage des connaissances et des expériences entre les pays des opérations des forces armées, y compris les domaines de la recherche et du développement, de la science et de la technologie dans le domaine de la défense, rapporte un communiqué de la Chambre des députés brésilienne.

«L’approbation de ce rapport améliorera les relations bilatérales entre les deux pays qui démontrent leur volonté de travailler ensemble pour promouvoir la paix et la prospérité internationale entre les nations», a déclaré le parlementaire Márcio Marinho.

Selon le texte du rapport, les formes de coopération s’articulent autour de :

  • visites mutuelles de délégations de haut niveau ;
  • échange d’instructeurs et d’étudiants d’établissements d’enseignement militaire ;
  • participation à des cours théoriques et pratiques, à des séminaires, à des conférences, à des débats et à des symposiums dans des établissements des pays.

Lors de sa vite à Brasilia en juin 2019, Nasser Bourita avait signé sept accords de coopération entre le Maroc et le Brésil portant sur les domaines allant de l’investissement à la défense, en passant par l’entraide judiciaire et la non double imposition pour le transport maritime et aérien.

Il est à noter que le Brésil vient de signer un accord similaire, le 17 novembre dernier avec le Qatar.

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