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La compagnie pétrolière britannique Shell s’excuse pour avoir acheté du pétrole russe

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Le géant britannique des hydrocarbures Shell s’est excusé dans un communiqué pour sa décision d’acheter du pétrole brut russe malgré l’invasion et le bombardement de l’Ukraine. Vivement critiqué par le ministre ukrainien des affaires étrangères, Dmytro Kuleba, Shell a annoncé son intention de reverser les bénéfices de cette transaction à un fonds d’aide aux réfugiés ukrainiens. Ce lundi, l’exportateur américain du GNL, Venture Global LNG, annonce la signature d’un contrat de vente de gaz à Shell.

Les pays occidentaux se sont bien préservés de ne pas inclure le pétrole et le gaz russe dans les sanctions contre Moscou suite à son invasion de l’Ukraine. Si les navires russes ont été cibles des sévères restrictions européennes et d’Amérique du nord, le gaz pouvait toujours être exporté partout dans le monde, craignant que cela ne fasse grimper les prix déjà records de l’énergie dans le monde. Surtout que la Russie est le deuxième producteur mondial de pétrole brut après l’Arabie saoudite, et fournit environ un tiers des besoins de l’Europe.

Encouragée par les déclarations des ministères des affaires étrangères britannique et américain, Shell a décidé d’acheter, ce jeudi 4 mars, du pétrole provenant de Russie à un prix très bas et ce malgré l’aggravation de la situation militaire et humanitaire en Ukraine.

L’affaire est rendue publique. Shell se voit obliger publier un communiqué dans lequel elle justifie sa décision, tout en présentant des excuses.

Shell a déclaré qu’elle n’avait «pas d’autre choix», qu’elle était «obligée d’acheter du pétrole à la Russie» afin de «maintenir un approvisionnement régulier en carburant pour l’Europe».

«La décision d’acheter le carburant à un prix réduit à la Russie était difficile» s’est justifiée Shell.

La société a déclaré qu’elle restait «consternée par la guerre en Ukraine» et qu’elle avait arrêté la plupart des activités impliquant du pétrole russe, mais elle a ajouté que la situation en matière d’approvisionnement était «très complexe».

Le pétrole russe représente actuellement environ 8 % de l’approvisionnement opérationnel de Shell. L’une des raffineries de la société, qui produit du diesel, de l’essence et d’autres produits, est également l’une des plus grandes d’Europe.

Pour être clair, sans un approvisionnement ininterrompu de pétrole brut aux raffineries, l’industrie de l’énergie ne peut pas assurer la fourniture continue de produits essentiels aux personnes à travers l’Europe au cours des semaines à venir, a déclaré le porte-parole de Shell.

«Les cargaisons provenant de sources alternatives ne seraient pas arrivées à temps pour éviter les perturbations de l’approvisionnement du marché. Nous n’avons pas pris cette décision à la légère et nous comprenons la force du sentiment qui l’entoure.» a-t-il poursuivit.

Le ministre ukrainien des affaires étrangères, Dmytro Kuleba, s’en est pris à Shell, s’interrogeant sur Twitter si «Le pétrole russe ne sent-il pas le sang ukrainien pour vous ?».

Occasion inespérée pou Washington de vendre davantage son GNL en Europe

Dimanche, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a déclaré que les États-Unis menaient désormais des «discussions actives» avec leurs partenaires européens pour les interdire tout en maintenant un «approvisionnement mondial stable».

Une déclaration qui sera suivie moins de 24 heures plus tard par celle de l’exportateur américain de gaz naturel liquéfié, Venture Global, annonçant que Shell avait accepté d’acheter du GNL qui lui sera livré à partir de l’installation de Plaquemines située dans la paroisse de Plaquemines, pendant les vingts prochaines années.

Le contrat entre Shell et Venture Global porte sur deux millions de tonnes (MTPA) par an de GNL pendant 20 ans, a précisé Venture Global dans un communiqué. Shell double ainsi son approvisionnement auprès de la société américaine qui lui fournit déjà 2 MTPA, depuis son usine de Calcasieu Pass, également située en Louisiane.

«Nous nous réjouissons de travailler avec Shell pendant de nombreuses années afin de fournir du GNL américain propre et à faible coût aux marchés qui en ont le plus besoin», a déclaré Mike Sabel, directeur général de Venture Global.

Dans une analyse d’avant la guerre en Ukraine et d’avant la propagande anti-russe, Le Figaro expliquait comment le GNL s’est imposé comme une arme géopolitique et d’influence sur l’Europe entre le États-unis et la Russie

«La crise énergétique européenne a permis aux Etats-Unis de devenir le premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL) devant le Qatar et l’Australie. Avec pour enjeu sur le long terme de réduire la dépendance de l’Europe à l’égard du gaz russe et d’accroître leur part de marché. C’est à la lumière de cette dépendance qui transforme le gaz naturel en arme géopolitique qu’il faut voir les mises en garde réitérées de Washington contre Berlin et le projet Nord Stream 2, un gazoduc acheminant directement du gaz de la Russie à l’Allemagne, et géré par le géant russe de l’énergie, Gazprom» a écrit Le Figaro. 

La crise en Ukraine permet donc aux pétroliers britanniques de forcer le divorce avec le gaz russe. Shell et BP ont annoncé concomitamment mettre fin à toutes leurs coentreprises avec les sociétés d’hydrocarbures russes, à savoir Gazprom Rosneft.

Shell à l’intention de céder sa participation de 27,5 % dans une importante usine de gaz naturel liquéfié et sa participation de 50 % dans deux projets de champs pétrolifères en Sibérie. Elle dit vouloir mettre également fin à sa participation au gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie et l’Allemagne.

Shell a déclaré qu’elle s’attendait à ce que cette décision, qui s’appliquera également à toutes les «entités liées» à Gazprom, allait représenter environ 3 milliards de dollars.

Shell a suivi l’exemple de BP, qui avait déjà annoncé qu’elle se débarrasserait de sa participation dans Rosneft, le géant pétrolier public russe, ce qui représente une perte potentielle de 25 milliards de dollars.

Danone résiste aux pressions américaines et décide de rester en Russie

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Danone a confirmé ce dimanche sa décision de poursuivre ses activités de production et de distribution en Russie et ce malgré l’incroyable pression américaine. Le groupe agroalimentaire français se devait tout de même de lancer un os à mordiller à l’Oncle Sam et a annoncé la suspension de «tout projet d’investissement» dans le pays.

Le Figaro a révélé vendredi soir, que le chef de l’État français a discrètement reçu le matin même, une quinzaine de dirigeants de groupes tricolores particulièrement exposés à la Russie. Entouré de ses Ministres Bruno Le Maire (Économie et Finances), Agnès Pannier-Runacher (Industrie) et Julien Denormandie (agriculture), Emmanuel Macron s’est entretenu avec les grands patrons «de fleurons tricolores» de l’industrie, de la banque, de l’énergie, de la distribution et de l’agriculture.

Parmi ces dirigeants figuraient notamment Frédéric Oudéa (Société générale), Catherine McGregor (Engie), Guillaume Faury (Airbus), Ross McInness (Safran), Stéphane Israël (Arianespace), Patrice Caine (Thales), Cristel Bories (Eramet), Benoît Potier (Air Liquide) ou Yves Claude (Auchan) et Antoine de Saint-Affrique (Danone).

Le message du président français était des plus clairs : « Ne vous précipitez pas à quitter la Russie !».

«Chacun de vous peut déterminer sa propre stratégie sur le marché russe sans en avertir personne» a-t-il conseillé.

Un conseil que va prendre à la lettre Antoine de Saint-Affrique, le patron de Danone fraichement nommé.

En bon capitaine industriel, il annonce 48 heures après le «briefing» d’Emmanuel Macron sa décision de poursuivre les activités de production et de distribution de son groupe alimentaire en Russie. Pays où il réalise 5% de ses revenus et emploie 8.000 salariés.

Antoine de Saint-Affrique avait préparer le terrain médiatique. Interpellé par les journalistes le 23 février dernier à l’occasion de la conférence de presse de présentation des résultats annuels, il avait défendu les performances et le poids de son groupe en Russie.

«Le marché russe représente environ 5% de nos ventes. Il s’agit, de plus, d’une activité essentiellement locale, avec une production russe pour des consommateurs de la Communauté des États indépendants, CEI» a-t-il déclaré.

Danone était présent dans l’ex-URSS depuis le début des années 1990 quand le groupe a pris, en 2010, le contrôle d’Unimilk, deuxième producteur russe de produits laitiers frais qui avait été fusionné avec les activités locales du français.

L’acquisition des 57,5% du capital d’Unimilk avait coûté 1,3 milliard d’euros, portant sa part de marché à 21% en Russie. Le pays était devenu ainsi le premier marché de Danone, à égalité avec la France, pour environ 11% du chiffre d’affaires du groupe.

Aujourd’hui Danone, dispose en Russie de 25 usines où elle produit du lait et des yaourts sous marque Danone, Danissimo et Prostokvashino.

La méthode Danone : Don’t look up !

Aussi bien auprès de l’administration américain qu’auprès des médias mainstream, la Russie et Poutine sont devenus, par les temps qui courent, deux sujets aussi radioactifs que le plutonium. Sortir de la Russie représente aujourd’hui un acte obligatoire de résistance de tous ceux qui s’apparentent au «monde libre» dirigé par les États-unis.

Depuis les premières sanctions économiques décrétées par les Occidentaux contre la Russie, les multinationales ont pratiquement toutes quitté la Russie ou suspendu leurs activités. Aucun secteur n’a été épargné, l’aérien, le pétrole, l’automobile, Internet, le divertissement ou encore du luxe.

Toutefois, d’autres encore, comme Danone ou Renault, qui ont de lourds investissements en Russie, se sont montrés bien plus hésitants. En 2008, le groupe Renault avait acquis 25% du capital d’Avtovaz, le fabricant de la marque mythique Lada, avant d’en devenir actionnaire majoritaire en 2017.

Pour le cas de Danone, et au vu des perspectives économiques mondiales, le groupe agroalimentaire ne peut pas se permettre de tirer un trait, en une semaine, sur son premier marché mondial.

Encouragé par Emmanuel Macron, le groupe agroalimentaire décide alors de rester chez Poutine. Et pour sauver sa face auprès des médias, Danone justifie sa décision par son rôle dans «la nutrition infantile» et les «besoins alimentaires essentiels des populations civiles». Puis lance un os à mordiller à l’administration Biden en annonçant la suspension de tout investissement en Russie.

«Nous avons pris la décision de suspendre tout projet d’investissement en Russie. Nous maintenons pour l’instant notre activité de production et de distribution de produits laitiers frais et de nutrition infantile, afin de répondre aux besoins alimentaires essentiels des populations civiles», a déclaré le secrétaire général du groupe, Laurent Sacchi.

Et pour se couvrir, Danone fait savoir que sa décision était coordonnée avec l’Elysée.

«Nous suivons l’évolution de la situation en temps réel, et appliquerons, bien évidemment, les décisions des autorités françaises avec lesquelles nous restons étroitement coordonnées», a souligné Sacchi.

Cette opération de communication est un écran de fumée derrière lequel Paris dissimule à peine sa dépendance au marché russe et son inquiétude quant à la gestion de la crise par les États-unis.

En effet, l’annonce de suspension de tout projet d’investissement est un leurre. Car ce n’est pas un choix de Danone mais c’est tout simplement le fait de la guerre et de l’isolement de le Russie et des russes. Quel actionnaire étranger au monde mettrait un rouble de sa poche dans un investissement en Russie en cette période ? Par contre profiter de la crise pour devenir fournisseur unique, fera augmenter les profits économiques et diplomatiques également.

Et au sujet de la causse humanitaire avancée par Danone, quand Paris a appuyé l’isolement de la Russie et la fermeture de l’espace européenne pour les avions russes et les russes, n’a-t-elle pas mis en danger la «nutrition infantile» et les «besoins alimentaires essentiels des populations civiles» ?

Une usine fermée en Ukraine

Le 2 mars dernier, Danone a confirmé la mise à l’arrêt de ces sites en Ukraine.

« Les motifs sont différents. L’une des usines est à l’arrêt parce qu’elle se situe à proximité de la zone de conflit. L’autre ne fonctionne plus, car nous faisons face à des difficultés logistiques pour les livraisons», avait déclaré un porte-parole du groupe.

Les usines ukrainiennes servent exclusivement le marché local. Leur production, essentiellement des produits laitiers frais, représente 1% des 24,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires du groupe. Au total, Danone compte 1000 salariés dans le pays. «Notre priorité est bien entendu la sécurité de nos salariés», ajoute ce responsable.

Dans son communiqué annonçant le maintien de ses activités en Russie, Danone déclare que l’une de ces usines avait repris ses activités.

«En Ukraine, une des deux usines du groupe a fermé ses portes, mais l’activité vient de reprendre dans la deuxième», a signalé Danone.

Après la suspension de Visa et Mastercard, la Russie switch au système chinois UnionPay, le deuxième plus grand réseau mondial de cartes de crédit

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Après la suspension des activités de Visa et Mastercard, les banques russes ont déclaré qu’elles envisageaient désormais d’émettre des cartes utilisant le système chinois UnionPay, deuxième plus grand réseau mondial de cartes de crédit et celui qui connaît la plus forte croissance.

Plusieurs banques russes ont déclaré dimanche qu’elles commenceraient bientôt à émettre des cartes utilisant le système de l’opérateur de cartes chinois UnionPay couplé au réseau Mir propre à la Russie, après que Visa et MasterCard ont déclaré qu’ils suspendaient leurs opérations en Russie.

La Sberbank, première banque russe à tomber sous le coup des sanctions occidentales, a déclaré qu’elle étudiait la possibilité d’émettre des cartes co-brandées Mir-UnionPay. «Nous vous informerons ultérieurement du calendrier d’émission.» a souligné le communiqué.

Pendant ce temps, Alfa Bank, deuxième banque russe, a déclaré qu’elle «travaille déjà au lancement de cartes sur UnionPay, le système de paiement national chinois».

Selon les agences de presse russes, la Rosbank, la Tinkoff Bank et la Credit Bank of Moscow (MKB) travaillent également au lancement de cartes UnionPay.

Le réseau chinois UnionPay s’est récemment étendu à 180 pays, dont les États-Unis, le Canada et l’Union européenne.

Visa et Mastercard suspendent leurs activités en Russie

«Notant la nature sans précédent du conflit actuel et l’environnement économique incertain», Mastercard a déclaré avoir «décidé de suspendre les services de notre réseau en Russie».

De son côté, Visa a déclaré qu’à «compter d’aujourd’hui» (samedi), elle allait «travailler avec ses clients et partenaires en Russie pour cesser toutes les transactions Visa au cours des prochains jours.»

Selon la Maison Blanche, le président américain Joe Biden, lors d’une conversation avec Volodymyr Zelenskyy, a salué les décisions de Visa et Mastercard de suspendre leurs services en Russie.

«Le président Biden a souligné les actions en cours entreprises par les États-Unis, leurs alliés et partenaires, et le secteur privé pour augmenter les coûts de l’agression de Russie en Ukraine. Il a salué en particulier la décision prise par Visa et Mastercard de suspendre leurs services en Russie», a déclaré la Maison Blanche dans un communiqué.

Le chef d’État-major des armées françaises a appelé son homologue russe pour parler…«du Sahel»

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Quand les médias s’emballant, les politiques renchérissent et les tension s’exaspèrent, les chefs des armées se manifestent pour ramener tout ce beau monde à la réalité pragmatique. Si le Pentagone s’est empressé ouvertement à reprendre contact avec Moscou après l’ordre de Poutine d’activer son arsenal nucléaire, l’armée française sort de son mutisme et annonce au monde entier que les liens de communication avec Moscou ont été rétabli. Mais cette démarche révèle une surprise, celle de la priorité de l’Etat français dans sa relation avec le régime russe : le Sahel.

Le Chef d’État-major des armée françaises, le général Thierry Burkhard a publié vendredi soir un tweet annonçant un échange téléphonique avec son homologue russe, Valéri Guerassimov.

«Entretien téléphonique ce jour avec mon homologue russe, le général Valéri Guerassimov. Échanges sur la situation au Sahel et en Europe de l’Est, en particulier sur la guerre en Ukraine», a-t-il écrit.

A cette annonce, BFMTV a mis en pause sa propagande anti-russe le temps de commenter les déclarations du Chef des armées françaises.

«Maintenir le dialogue avec la Russie, pour tenter d’arriver à une désescalade en Ukraine, voilà donc la stratégie choisie par les responsables français. Et cette publication sur les réseaux sociaux rappelle que le conflit ukrainien se joue aussi sur le terrain de la communication» ont analysé les journalistes de la chaine française.

«C’est extrêmement important» commente le général Jérôme Pellistrandi, consultant défense de la chaine. Et d’ajouter : «En particulier du côté du chef d’État-major français, pour dire on sait exactement ce que vous faites. Il faut maintenir cette ligne de dialogue pour préparer une baisse éventuelle de la tension

Mais ce qu’ont oublié de mettre en exergue les journalistes et le consultant de BFM est la hiérarchie des priorités clairement affichées par la grande muette. En effet, le général Thierry Burkhard n’a pas fait uniquement savoir qu’il avait accès à Valéri Guérassimov, l’homme le plus important du monde en ce moment, mais que le conflit ukrainien ne passait pas avant les intérêts géostratégiques communs des deux pays.

En citant en premier lieu la situation au Sahel comme premier sujet échangé entre les deux chefs des armées, la France se projète déjà dans l’après «opération militaire spéciale de Poutine en Ukraine».

Thierry Burkhard aurait-il négocié un quelconque deal sur le Sahel contre un éventuel rôle de la France dans la désescalade de la tension? Ou bien serait-il convaincu que la guerre en Ukraine est d’ores et déjà pliée au profit des russes et qu’il se devait de discuter sur la suite des évènements en Ukraine? Ou tout simplement Thierry Burkhard cherche à éviter toute représaille de l’armée russe et du groupe paramilitaire privé qu’il lui est affilié, Wagner, au Sahel et ailleurs ?

La France savait pour l’Ukraine

Les militaires français avaient déjà mis en garde en 2017 contre la reprise des actions de politique de puissance de certains États, notamment la Russie. L’actuel chef d’état-major des armées françaises, le général Thierry Burkhard, avait déjà annoncé avant sa nomination que les forces armées françaises devaient se préparer au risque de conflits de haute intensité. Avec le recul, force est de constater qu’il avait raison. En effet, le budget de la défense française n’a cessé d’augmenter depuis 2017 sous l’impulsion du président Macron, qui est également le commandant en chef des forces armées en France.

De plus avec l’annonce de fin de l’opération Barkhane, Macron avait fait savoir qu’il envisageait de redéployer ses troupes du Sahel vers la Roumanie.

Le Sahel une contreperformance du président-candidat mais un enjeu géostratégique pour le France

En annonçant sa candidature en pleine crise ukrainienne, Emmanuel Macron semble vouloir surfé sur ce conflit européen pour faire oublier le fiasco de sa posture de «Chef de guerre» annoncée et assumés dès le premier jour de son élection en 2017.

Tous les analyses portent à croire que durant la campagne présidentielle, l’importance du Sahel sera probablement minimisée par l’Elysée. En termes de politique intérieure, alors que Macron entre dans la course à la réélection avant le vote présidentiel d’avril, ses conseillers tentent autant que possible d’éviter ce sujet qui fâche. Pendant ce temps, au niveau international, le président français consacrera sûrement une grande partie de son temps et de son capital politique à aborder les conséquences de l’invasion de l’Ukraine par la Russie pour l’Europe. Une crise qui allait éclipser naturellement les opérations françaises au Sahel avant que le Chef d’État-major des armées françaises Thierry Burkhard n’en fasse un sujet prioritaire dans ses discussions avec son homologue russe.

Début février, la visite du général Thierry Burkhard, à Abidjan a été comprise comme un indicateur d’une rupture de l’empreinte militaire française dans le golfe de Guinée, en déléguant à la Côte d’Ivoire son rôle dans la région. Sur le plan diplomatique, ceci est également révélé par la volonté du gouvernement français de désengager du Mali et de promouvoir, au même titre que le G5 Sahel, l’Initiative d’Accra, un autre cadre régional lancé par le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Togo en 2017.

Mais avec le tournant que prend la crise ukrainien et les sanctions sévères imposées par les pays occidentaux contre le régime de Vladimir Poutine, le schéma au Sahel se complique et pourrait se transformer en terrains de représailles de la Russie. Poussée dans ses retranchements, Moscou pourrait concentrer son énergie et ses moyens aussi bien vers l’Asie, au Moyen-Orient qu’en Afrique pour trouver des débouchés militaires et économiques et contrer l’isolement que l’administration américaine s’active à lui faire subir.

Ukraine : La panique s’empare de certaines villes alors que la Russie contrôle désormais 40% du territoire

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La Russie a accéléré ses efforts pour couper les Ukrainiens de la mer et a bloqué l’accès à Facebook et à Twitter dans le cadre d’une répression de la dissidence nationale et de représailles contre la censure en occident de ses médias RT et Sputnik. L’inquiétude suscitée par la prise de contrôle de plus grande centrale nucléaire d’Europe s’est apaisée lorsque l’incendie qui s’y était déclaré a été éteint et que les mesures des radiations ont donné des niveaux normaux.

Alors que l’invasion de l’Ukraine par la Russie entame sa deuxième semaine, les habitants de Kiev, paniqués, ont afflué vendredi dans la principale gare de la capitale pour fuir la ville avant que la fenêtre fruit des négociations de la veille, ne se referme, tandis que les forces russes s’attaquaient de plus en plus aux villes situées sur la côte de la mer Noire, stratégiquement importante, dans le sud.

Les forces russes tentent de progresser après avoir pris le contrôle de la ville de Kherson, dans le sud du pays, il y a deux jours. Dans la ville voisine de Mykolaiv, les habitants se préparent à une attaque imminente, ce qui renforce les craintes que la Russie puisse bientôt prendre le contrôle de la côte et couper le pays de la navigation internationale.

Signe évident de la gravité de la situation, la marine ukrainienne a délibérément coulé jeudi le navire amiral de sa propre flotte de la mer Noire afin d’éviter qu’il ne soit saisi lors d’un éventuel assaut militaire russe.

L’inquiétude mondiale suscitée par l’incendie d’une centrale nucléaire en Ukraine, la plus grande d’Europe, s’est atténuée après que des observateurs internationaux ont déclaré vendredi qu’il n’y avait aucun signe immédiat de fuite de radiations pendant la bataille pour la centrale. Vendredi, la centrale était aux mains des Russes. Moscou a d’ailleurs accusé les ukrainiens de provoquer l’incendie pour inciter une intervention internationale.

Les développements du jour :

La Russie a bloqué l’accès à Facebook et Twitter vendredi et a menacé de punir toute personne diffusant de «fausses informations» sur ses forces armées d’une peine pouvant aller jusqu’à 15 ans de prison, réprimant la liberté d’expression de manière plus agressive qu’à n’importe quel autre moment au cours des 22 années de pouvoir du président Vladimir Poutine.

https://twitter.com/le1info/status/1499854201157001220
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Alors que des milliers de personnes, principalement des femmes et des enfants, se précipitaient pour prendre le train à Kiev, plusieurs grosses explosions ont secoué la ville vendredi. La queue argentée et métallique de ce qui semblait être un missile de croisière a atterri dans un parking. L’armée ukrainienne a déclaré dans un communiqué que l’objectif principal de l’armée russe était désormais d’encercler la capitale.

L’OTAN a rejeté vendredi les demandes de l’Ukraine d’établir une zone d’exclusion aérienne au-dessus du pays, a déclaré le secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg, lors d’une conférence de presse après une réunion des ministres des Affaires étrangères.

Une décision qui n’a pas du tout plus au président ukrainien qui en a fait la demande et a consacré à ce propos une allocution télévisée où il s’est est pris aux pays de l’OTAN.

«Vous ne pouvez pas nous acheter avec des litres de carburant les litres de notre sang versés pour notre Europe commune, pour notre liberté commune, pour notre avenir commun» a-t-il sermonné.

Et de rajouter «Toutes les personnes qui vont mourir, à partir de ce jour, vont aussi mourir à cause de vous».

Les bombardements russes sur Kharkov, deuxième ville d’Ukraine, ont dévasté des zones résidentielles et des quartiers d’affaires, selon des vidéos vérifiées par l’équipe Visual Investigations du New York Times.

Les États-Unis imposent des sanctions à huit membres de l’élite russe et imposent des restrictions de visa à 19 oligarques et à leurs familles, a déclaré la Maison Blanche. L’administration Biden a également déclaré qu’elle autoriserait certains Ukrainiens à rester temporairement aux États-Unis, et l’Union européenne et le Canada ont annoncé des mesures similaires pour les Ukrainiens fuyant l’invasion.

Zelensky à l’OTAN : Toutes les personnes qui vont mourir, à partir de ce jour, vont mourir à cause de vous

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Dans une nouvelle allocution télévisée ce vendredi soir, le president ukrainien Volodymyr Zelensky s’est adressé aux citoyens européens avec beaucoup de gravité. «Si l’Ukraine tombe, l’Europe entière tombera» a-t-il martelé. Puis il s’en est pris à l’OTAN avec des termes dures : «Toutes les personnes qui vont mourir, à partir de ce jour, vont aussi mourir à cause de vous».

Le président ukrainien très inquiet a choisi ce soir de vendredi d’interpellé les européens dans une allocution en jouant sur le registre de la peur. Après deux minutes de silence à l’honneur des soldats puis des civiles ils s’est adressé aux «peuples d’Europe».

«Ne restez pas silencieux, sortez dans la rue, soutenez l’Ukraine, notre liberté» a-t-il déclaré avant d’ajouter : «si l’Ukraine tombe, toute l’Europe tombera.»

«Si on gagne, ce sera une grande victoire de la démocratie, la liberté, et à ce moment-là ces minutes de silence se transformeront en années d’épanouissement» a-t-il terminé. 

Zelensky va ensuite s’en prendre à l’OTAN : «Tout ce que l’alliance a pu faire aujourd’hui, c’est obtenir 50 tonnes de carburant diesel pour l’Ukraine par le biais de son système d’approvisionnement». «Probablement pour qu’on puisse brûler le mémorandum de Budapest» a-t-il ironisé.

«Vous ne pouvez pas nous acheter avec des litres de carburant les litres de notre sang versés pour notre Europe commune, pour notre liberté commune, pour notre avenir commun» a-t-il sermonné.

Le président ukrainien va ensuite enfoncer le clou : «Toutes les personnes qui vont mourir, à partir de ce jour, vont aussi mourir à cause de vous», a-t-il menacé les pays de l’OTAN.

Zelensky : «si l’Occident n’impose pas de zone d’exclusion aérienne, donnez-moi les avions»

Plus tôt dans la journée Zelensky a tenu une longue conférence de presse à Kiev réagissant à la décision de l’OTAN de ne pas imposer de zone d’exclusion aérienne.

«Je dis tous les jours que si vous ne pouvez pas fermer le ciel maintenant, alors donnez-nous le délai dans lequel vous le ferez ? Si vous ne pouvez pas nous donner le calendrier, dites-nous combien de personnes doivent mourir» s’est-il demandé demandé.

«Dites-moi combien. Je vais aller compter et attendre ce moment. J’espère que le ciel sera fermé. Si vous n’avez pas la force et le courage de le faire, alors donnez-moi les avions. Ne serait-ce pas juste ?» a martelé le président ukrainien visiblement irrité.

La Russie impose désormais sa supériorité dans les airs après la destruction des installations défensives ukrainiennes. Une supériorité palpable au vu de la facilité avec laquelle les convois russes traversent la frontière pour arriver aux portes des villes sans qu’ils soient particulièrement inquiétés.

Royal Air Maroc lance un 3ème vol hebdomadaire Casablanca-Moscou

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Dans la perspective de l’augmentation du volume des échanges entre le Maroc et la Russie, le Maroc décide d’augmenter ses dessertes Casablanca-Moscou, rapporte Maghreb Intelligence.

«Le Maroc va devenir l’une des principales destinations pour les russes» affirme le site d’information Maghreb Intelligence. La raison, selon la même source : «la neutralité souveraine et assumée du Royaume vis à vis le conflit en Ukraine».

En effet, au moment où de sévères sanctions se sont abattues sur la Russie, notamment la fermeture des espaces aériens des États-unis, de l’UE, du Canada et du Royaume-unis à tous ses avions, et l’interdiction de séjour dans ces mêmes pays à ses ressortissants, la neutralité du Royaume du Maroc constitue une réelle bouffée d’oxygène aux russes et une opportunité de désescalade des tensions. Surtout que les ressortissants russes sont exonérés de visa pour entrer au Maroc et y séjourner.

Les autorités marocaines ont donc décidé rapidement de saisir l’opportunité, en procédant au lancement d’un nouveau vol hebdomadaire entre Casablanca et la capitale russe, Moscou. Des équipages de la compagnie nationale Royal Air Maroc ont d’ores et déjà présenté, cette semaine, des demandes de visa au consulat général russe à Casablanca, révèle MI.

«L’objectif est de lancer dans les meilleurs délais un troisième vol hebdomadaire entre Casablanca et Moscou au lieu de deux actuellement. Ces fréquences pourraient augmenter dans un avenir proche et éventuellement assurer des liaisons avec Agadir et Essaouira » affirme une source diplomatique.

Pour renforcer ces dessertes, d’autres compagnies aériennes russes devraient être mises à contribution comme la plus grande compagnie aérienne de Russie, Aeroflot et S7 Airlines, troisième compagnie du pays.

Vue 3D du convoi militaire russe de 64 Km de long aux portes de Kiev

Qu’il s’agisse de l’énorme convoi militaire russe se dirigeant vers Kiev, de frappes de missiles ou de passages de réfugiés, l’imagerie satellitaire commerciale du conflit ukrainien contribue à lever le brouillard de la guerre et à éclairer le public sur ce qui était auparavant le domaine des agences de renseignement. Une vidéo 3D couvrant une zone de plus de 1 400 km², créée à partir d’images satellite haute résolution mélangées au modèle Precision3D, offre une expérience réelle de la grande colonne russe près de Kiev.

Une vidéo 3D couvrant plus de 1 400 km2, créée à partir d’images satellite haute résolution et du modèle Precision3D de l’entreprise spatiale américaine Maxar Technology, permet d’avoir une vision réelle de la grande colonne russe près de la capitale ukrainienne Kiev.

Toutefois, les évaluations des services de renseignement des États-Unis et du Royaume-Uni montrent que la colonne attend toujours à une certaine distance de la capitale. S’étendant sur près de 64 km, le convoi russe comprend des camions militaires, des véhicules blindés et des équipements militaires.

L’ère du renseignement privé et de la haute technologie

Cette guerre en Ukraine a levé le voile sur ces nouvelles technologies capables de percer la couverture nuageuse et de travailler de nuit. Au moment où une armée croissante d’analystes du renseignement «open-source» offre des évaluations en temps quasi réel de l’évolution du champ de bataille.

«Les gouvernements ne sont plus le seul endroit où s’adresser pour obtenir des données satellitaires de haute précision», explique à l’AFP Craig Nazareth, ancien officier du renseignement américain devenu chercheur à l’université d’Arizona.

Après trois tentatives d’assassinat ratés, Zelensky se serait envolé à l’ambassade américaine en Pologne

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Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a survécu à au moins trois tentatives d’assassinat de la part d’agents soutenus par la Russie au cours de la semaine écoulée, selon le Times of London.

Les tentatives d’assassinat rapportées par le quotidien londonien auraient été menées par des mercenaires du groupe Wagner ainsi que par des forces spéciales tchétchènes travaillant sous les ordres de Ramzan Kadyrov, chef de la République tchétchène de Russie et proche allié du président Vladimir Poutine. Le Groupe Wagner est une armée privée appartenant à Yevgeny Prigozhin, un autre allié de Poutine.

La Russie dispose depuis des années d’équipes d’assassins en Europe, liées à son agence d’espionnage militaire, le GRU. Mais aucune preuve de ces tentatives n’a été fournie, ni de leur proximité avec Zelensky, précise Times of London.

Vladimir Zelensky avait précédemment prévenu que des «groupes de sabotage ennemis» étaient actifs dans la capitale ukrainienne, Kiev, et qu’il était leur «cible numéro un».

Selon le Times, plusieurs tentatives d’assassinat ont été déjouées après que des agents de sécurité ukrainiens ont été informés par des agents du Service fédéral de sécurité russe (FSB) opposés à l’invasion.

Une tentative d’assassinat par un groupe d’assassins tchétchènes dans la banlieue de Kiev a été déjouée samedi, les agents ayant été «éliminés» avant d’avoir pu atteindre Zelensky, indique le rapport, sans donner plus de précisions.

Oleksiy Danilov, secrétaire du Conseil national de sécurité et de défense de l’Ukraine, a publié un rapport similaire sur la messagerie Telegram en début de semaine.

«Je peux dire que nous avons reçu des informations du FSB, qui ne veut pas prendre part à cette guerre sanglante», a-t-il déclaré. «Et grâce à cela, le groupe d’élite de Kadyrov a été détruit, qui est venu ici pour éliminer notre président».

Danilov n’a pas fourni de preuves des tentatives de meurtre ou de capture de Zelensky.

Une source proche du groupe Wagner a déclaré au Times qu’il était « étrange » de voir à quel point l’équipe de sécurité de Zelensky était au courant de l’échec de l’attentat.

Le Times of London a rapporté lundi qu’environ 400 agents du groupe Wagner ont été envoyés à Kiev et se sont vu offrir une prime financière par le Kremlin pour l’assassinat de plus de 20 hauts responsables ukrainiens, dont Zelensky.

Au début de l’invasion, Zelensky était régulièrement vu dans les rues de Kiev, mais il s’est de plus en plus confiné à l’intérieur et dans la clandestinité, délivrant des messages au public par le biais de messages vidéo filmés à l’intérieur.

L’invasion de la Russie ne montrant aucun signe de relâchement, le sénateur américain Lindsey Graham a semblé vendredi appeler l’élite russe à organiser un assassinat du président Vladimir Poutine dans le style de Jules César.

« Y a-t-il un Brutus en Russie ? Y a-t-il un colonel Stauffenberg plus performant dans l’armée russe ? » Graham a tweeté jeudi, faisant référence au plus célèbre des assassins de l’empereur romain et à l’officier de l’armée allemande qui a tenté, sans succès, d’assassiner le leader nazi Adolf Hitler en 1944.

Député ukrainien : «Zelensky se cache maintenant dans l’ambassade des États-Unis en Pologne»

Ilya Kiva, député Parti socialiste d’Ukraine, la Verkhovna Rada, a confirmé ce vendredi dans une vidéo posté sur sa chaine Telegram, les rumeurs faisant état du départ du président ukrainien et commandant suprême en chef des forces armées de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky, vers la Pologne.

Kiva a déclaré que Zelensky a traversé la frontière ukraino-polonaise vendredi et qu’il s’abritait actuellement dans l’ambassade des États-Unis à Varsovie.

Le malheureux candidat à la présidentielle de 2019 face à Zelensky n’a pas été rassurant durant ce message vidéo. «Depuis la Pologne, Zlznsky ne donnerait que des ordres insensés et détruira l’armée ukrainienne», a-t-il déclaré.

Kiva a souligné que pendant que les soldats ukrainiens «pourriront dans le sol», les hauts gradés ukrainiens dépenseront l’argent pillé pendant 8 ans. Au moment où les soldats devront encore «pourrir sur un sol, qui a déjà été vendu».

La vidéo de ce député ukrainien, survient quelques heures après la déclaration faite part le président de la Douma d’État russe, Vyacheslav Volodin, annonçant le départ d’Ukraine de Zelenskyy vers la Pologne.

Une annonce à prendre avec prudence

La déclaration du député Ukrainien Ilya Kiva est à prendre avec prudence, en raison de son obédience affichée et assumée au régime de Vladimir Poutine. Notons que le parlement ukrainien a réagit aux rumeurs en affirmant que le Président Zelensky était toujours à Kiev, mais sans donner de preuves.

Par ailleurs, la Russie à travers son ministère de défense affirme que le gouvernement ukrainien n’avait plus le contrôle d’un certains nombre de région du pays. Des sources parlent d’une perte de contrôle de 40% du territoire de l’Ukraine suite aux intenses bombardements de ces dernières 48 heures.

Un courrier attribué au ministre de la sécurité nationale et du conseil de défense de l’Ukraine affirme dit que 40% du territoire ukrainien était tombé sous le contrôle de Russes

MBS : l’Arabie Saoudite pourrait réduire ses investissements aux États-unis

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Dans une interview accordée au magazine américain The Atlantic, le prince héritier saoudien a menacé de réduire l’investissement de son pays aux États-unis et le renforcer en Chine. Dans cet entretien MBS s’est défendu sur l’affaire Khashoggi, a défendu sa vision 2030 et la solidité de son économie, a critiqué la politique de l’administration Biden concernas son pays, a qualifié Israël d’«allié potentiel» et l’Iran de «voisin» avec lequel il devrait cohabité tout revendiquant la légitimité de son régime basé sur la «monarchie absolue».

L’Arabie saoudite a la possibilité de réduire ses investissements aux États-Unis, a déclaré jeudi le prince héritier Mohammed Bin Salman, dans une longue interview paru ce jeudi 3 mars sur le magasin amarina The Atlantic.

Les propos de MBS ont également été rapportés par l’agence de presse officielle saoudienne SPA.

«De la même manière que nous avons la possibilité de renforcer nos intérêts, nous avons la possibilité de les réduire», a-t-il déclaré, en parlant des investissements saoudiens aux États-Unis qui, selon SPA, s’élèvent à 800 milliards de dollars.

Interrogé sur le fait Biden se méprenait sur un aspect de sa personne, MBS a répondu : «Tout simplement, cela m’est égal». S’aliéner la monarchie saoudienne, a-t-il suggéré, nuirait à la position de Biden. «C’est à lui de penser aux intérêts de l’Amérique». Puis il a haussé les épaules.

Mohamed Bin Salmane a également souligné que les investissements saoudiens en Chine ne dépassaient pas les 100 milliards de dollars. Toutefois ils se développent très rapidement.

«L’Arabie saoudite évolue au sein du G20 et notre ambition est de franchir la barre des 15 d’ici 2030» a-t-il affirmé.

L’Arabie saoudite fait partie des pays dont la croissance est la plus rapide au monde et notre économie connaîtra une croissance de 7 % l’année prochaine, a soutenu le prince héritier saoudien. «Nous disposons de deux des dix plus importants fonds du monde et d’un emplacement stratégique par lequel transite 27 % du commerce mondial» poursuit-il.

MBS a soutenu également sa vision 2030 dont les principaux axes sont le développement de la ville de Neom et la transformation culturelle de la société.

«Il y a ceux qui veulent faire échouer la Vision 2030… et nous leur adressons le message suivant : Notre projet n’échouera jamais.» a-t-il fermement déclaré.

Neom compte attirer des milliards de dollars d’investissements et des millions de résidents, saoudiens et étrangers, d’ici 10 à 20 ans, a confié MBS à Atlantic. «Dubaï s’est développé à un rythme similaire dans les années 1990 et 2000» a-t-il souligné.

A propos de la concurrence avec Dubaï Mohamed Bin Salmane a tenu à préciser que Neom n’est «pas une copie de quoi que ce soit d’autre», pas une photocopie de Dubaï. Mais il a plus en commun avec le grand courant mondialisé qu’avec n’importe quoi dans l’histoire d’un pays qui, jusqu’à récemment, a remarquablement réussi à protéger sa culture traditionnelle des flatteries de la modernité.

L’Arabie saoudite est basée sur une «monarchie absolue»

MBS a rejeté la suggestion du journaliste de «The Atlantic» selon laquelle ce système de gouvernance était dépassé et pourrait être remplacé par une monarchie constitutionnelle – où les citoyens ont des droits affranchis qui ne sont pas accordés par un monarque ou un demi-monarque. «Non», a-t-il répondu. «L’Arabie saoudite est fondée sur la monarchie absolue» et lui, en tant que prince héritier, préserverait le système. S’en retirer reviendrait à trahir toutes les monarchies et tous les Saoudiens qui lui sont assujettis. «Je ne peux pas organiser un coup d’État contre 14 millions de citoyens» a-t-il dit.

Israël un «allié potentiel» et pas un mot sur les Accords d’Abraham

Dans son interview avec The Atlantic MBS a fait passer subtilement la nature de ses relations avec Israël. Une première fois en critiquant l’attitude des États-unis envers sa politique et la seconde défendant son projet Neom.

«L’Amérique doit maintenant décider si cette vision vaut la peine d’être encouragée. Il y a vingt ans, si vous m’aviez dit qu’en 2022, le futur roi d’Arabie saoudite entretiendrait des relations avec Israël, traiterait les femmes comme des membres à part entière de la société, punirait la corruption, même dans sa propre famille, endiguerait le flux de djihadistes, diversifierait et libéraliserait son économie et sa société, et encouragerait le monde à voir son pays et son pays à voir le monde – que le wahhabisme soit maudit – je vous aurais répondu que votre machine à remonter le temps fonctionnait mal et que vous aviez visité 2052 au plus tôt. Maintenant que MBS est au pouvoir, toutes ces choses se produisent. Mais l’effet n’est pas aussi agréable que je l’avais espéré.» a-t-il martelé.

«Même l’emplacement de Neom est suggestif» écrit The Atlantic. Il est loin de l’endroit où vivent réellement les Saoudiens. Au lieu de cela, il est blotti dans un coin pratiquement vide, comme s’il cherchait sa subsistance et son inspiration en Jordanie et en Israël.

Conditions de l’interview

«Lors de nos rencontres, le prince héritier était charmant, chaleureux, informel et intelligent» écrit Graeme Wood, le journaliste qui a conduit les interview du prince héritier saoudien. «Mais même lorsqu’elle est la plus affable, la monarchie absolue ne peut échapper à la bizarrerie» poursuit-il.

Le journaliste raconte le périple de sa première rencontre : «Pour notre première rencontre, MBS nous a convoqués dans un palais isolé au bord de la mer Rouge, le bunker COVID de sa famille. Les protocoles étaient multiples : une succession de tests PCR par des infirmières des cliniques royales ; un jet Gulfstream au milieu de la nuit en provenance de Riyad ; un convoi à partir d’une piste d’atterrissage déserte ; une remise d’appareils électroniques ; une escale dans une mystérieuse maison d’hôtes visible sur les photos satellite mais non indiquée sur Google Maps. Il nous a invités dans son palais vers 1 h 30 du matin, et nous avons parlé pendant près de deux heures».

Pour la deuxième rencontre, dans son palais de Riyad, écrit Graeme Wood, on nous a demandé d’être prêts pour 10 heures. Les salles étaient en effervescence. Le prince héritier venait de rentrer après près de deux ans de travail à distance, et les assistants et les ministres arpentaient les tapis rouges à la recherche d’une rencontre, le première depuis des mois, avec le patron.

«Des paquets et des documents négligés s’étaient empilés sur les bureaux et les tables de son bureau, qui était vaste mais pas très luxueux. La concession la plus évidente au bon goût était un télescope démodé sur un trépied, dont l’altitude était suffisamment basse pour qu’il semble pointer non pas vers le ciel mais vers Riyad, la métropole désertique tentaculaire et inesthétique d’où la famille Saoud a régné pendant la majeure partie des trois derniers siècles», décrit-il.

«Au début des deux conversations, MBS s’est dit attristé que la pandémie l’empêche de nous embrasser» rapporte le journaliste. Il s’est excusé du fait que nous devions tous porter des masques. (Chaque réunion a été suivie par de multiples princes, principalement silencieux, portant des robes blanches et des masques identiques, ce qui nous laisse incertains, à ce jour, de savoir qui était exactement présent). Le prince héritier a laissé sa tunique déboutonnée au col, dans un style décontracté désormais privilégié par les jeunes hommes saoudiens, et il a donné des réponses détendues, non psychopathes, aux questions sur ses habitudes personnelles. Il essaie de limiter son utilisation de Twitter. Il prend son petit-déjeuner tous les jours avec ses enfants. Pour le plaisir, il regarde la télévision, en évitant les émissions, comme House of Cards, qui lui rappellent le travail. Au lieu de cela, a-t-il dit sans ironie apparente, il préfère regarder des séries qui l’aident à échapper à la réalité de son travail, comme Game of Thrones.

Avant les réunions, le journaliste de The Atlantic a demandé à l’un des conseillers de MBS s’il y avait des questions qu’il pouvait poser à son patron et que lui-même ne pouvait pas poser. «Aucune», a-t-il répondu, sans faire de pause – «et c’est ce qui le rend différent de tous les princes héritiers qui l’ont précédé». «On m’a dit qu’il tirait son énergie du fait d’être mis au défi» a écrit Graeme Wood, visiblement très impressionné.