Vous devez écouter Elon Musk et laisser tomber WhatsApp pour Signal

L’homme le plus riche du monde et l’une des voix les plus influentes du monde de l’entrepreneuriat technologique, a incité jeudi matin ses 41,5 millions de followers sur Twitter d’utiliser Signal. Depuis, l’application de messagerie est saturée par les nouvelles inscriptions.

L’appel d’Elon Musk sur Twitter d’utiliser Signal a créé une déferlante d’inscriptions à l’application de messagerie réputée pour être la plus sure du marché. A tel point que la société basée à San Francisco a publié un communiqué demandant à ses utilisateurs de patienter pour la réception de la confirmation de leur inscriptions en raison de la forte demande.

«Les codes de vérification sont actuellement retardés chez plusieurs providers car beaucoup de nouvelles personnes essaient de s’inscrire sur Signal en ce moment. Nous travaillons avec nos partenaires pour résoudre ce problème le plus rapidement possible. Accrochez-vous.» a publié Signal sur twitter.

Une heure plus tard, la société a publié un nouveau tweet annonçant le rétablissement de l’inscription.

«Tout le monde devrait pouvoir s’inscrire à nouveau sans délai. Merci à tous les opérateurs qui ont inversé les bons commutateurs pour que les gens puissent continuer à basculer (vers la Signal)».

Elon Musk vs Mark Zuckerberg

Elon Musk, le patron du constructeur de véhicules électriques haut de gamme Tesla, qui s’est hissé, jeudi 7 janvier, au rang d’homme le plus riche du monde grâce à l’envolée des actions en Bourse, a tweeté ce jeudi une phrase en deux mots «Utilisez Signal», juste après que des changements aient été apportés à la politique de confidentialité de WhatsApp qui conduirait à davantage de partage de données avec sa société mère Facebook.

Plus tôt dans la journée, Musk a également tweeté un mème «effet domino», dans lequel il a laissé entendre que le début de Facebook était responsable du chaos et de la violence qui ont eu lieu au Capitole américain à Washington.

Ce jeudi soir, Musk a publié un autre mème sur twitter avec la photo de «Q Chaman», l’homme déguisé au milieu des partisans de Trump qui ont dévasté le Congrès à Washington mercredi soir, avec l’inscription : «C’est ce qui se passe quand on annule Burning Man».

Burning Man est un festival de sable et de feu, qui se tient chaque année dans le désert de Black Rock au Nevada pendant neuf jours.

La charge de Musk contre WhatsApp n’ont surpris personne. Ces antécédents de désaccords avec le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, sont souvent partagés sur Twitter. D’ailleurs, il a été la tête de file de la campagne #DeleteFacebook de 2018, après la révélation du scandale Cambridge Analytica. Le patron de Tesla n’avait pas seulement supprimé sa propre page personnelle, mais aussi celles de Tesla et SpaceX.

iMessage et Signal alternatives à WhatsApp

Cette semaine, WhatsApp a mis à jour sa politique de confidentialité informant les utilisateurs que l’application partagera leurs données personnelles avec sa société mère, Facebook, et qu’il n’y aura plus d’option de désinscription.

Depuis cette annonce, les utilisateurs de Twitter se sont passés le mot pour basculer vers iMessage d’Apple. Pour ceux qui sont sur Android, c’est Signal qui est désormais l’application de messagerie de prédilection.

Signal est une application de messagerie connue pour être axée sur la confidentialité, largement utilisée par les experts en sécurité, les chercheurs en confidentialité, les universitaires et les journalistes du monde entier. Le protocole Signal sous-tend également le cryptage de bout en bout de WhatsApp, bien qu’une différence essentielle soit que Signal est open source, alors que WhatsApp ne l’est pas.

En février 2020, la Commission européenne a recommandée Signal à ses équipes, en particulier pour sécuriser les échanges avec des personnes extérieures à l’organisation. Les journalistes de l’AFP témoignent également d’installations massives chez les politiques, et – dans une moindre mesure – parmi leurs sources judiciaires ou policières, rapportait Ouest-France en février de l’année écoulée.

L’application concurrente Telegram est considérée comme risquée car leur code source reste propriétaire, alors que Signal est libre et ne peut être taxé de partisanisme vis-à-vis de tel ou tel État. L’image de l’application russe, qui avait séduit les partis politiques de tous bords, a été entachée par sa large utilisation par des djihadistes et ses relations troubles avec le pouvoir russe.

Les origines de Signal remontent à 2010, elle était baptisée RedPhone, une appli développée par Whisper System qui sera racheté plus tard par Twitter. L’un de ces chercheurs, Matthew Rosenfeld (un hackeur-navigateur aux dreadlocks blondes plus connu sous le pseudonyme de Moxie Marlinspike) fonde à San Francisco en Californie l’organisation Open Whisper Systems pour continuer le développement d’une messagerie libre.

Il va lancer Signal en 2015, financée totalement par des dons, sans campagne marketing ni budget de communication.

Gratuite, l’application devient populaire parmi les lanceurs d’alertes et les journalistes, notamment grâce au soutien public d’Edward Snowden, à l’origine des révélations sur les procédés des services secrets américains pour surveiller les télécommunications.

Snowden qui a déclaré utiliser Signal chaque jour grâce au chiffrement de bout en bout proposé par cette application qui est selon lui, le meilleur moyen de contrer les programmes de surveillance massive dont il a révélé l’existence en 2013.

Mark Zuckerberg bloque indéfiniment les comptes Facebook et Instagram de Donald Trump

Mark Zuckerberg, a déclaré jeudi que que les comptes Facebook et Instagram de Donald Trump ont été bloqués pour une durée indéterminée, au lendemain des violences au Capitole.

Avec agences

«Nous pensons que permettre au président de continuer à utiliser nos services pendant cette période pose des risques trop grands», a affirmé Mark Zuckerberg sur son compte Facebook, après une suspension temporaire annoncée mercredi soir.

«Par conséquent, nous prolongeons le blocage de ses comptes Facebook et Instagram pour une durée indéterminée et pendant au moins les deux prochaines semaines jusqu’à ce que la transition pacifique du pouvoir soit terminée», a précisé le fondateur et PDG de Facebook.

Cette décision de Facebook est la sanction la plus agressive jamais infligée au président sortant au cours de son mandat de quatre ans.

Citant des “violations graves et répétées” de ses règlements, Twitter a verrouillé pour une durée de 12 heures le compte de l’actuel locataire de la Maison blanche. Le réseau social a masqué trois publications dont il a demandé le retrait, sous peine de voir ce “gel” qui empêche Donald Trump de tweeter être maintenu indéfiniment.

Twitter a justifié ces mesures par “la situation de violence sans précédent en cours” dans la capitale américaine Washington.

L’interdiction de Twitter a été levée jeudi matin, toutefois le président n’a pas encore publié de tweet.

Les géants du numérique ont fait face avant l’élection présidentielle américaine de novembre à des pressions croissantes pour lutter davantage contre la désinformation sur leurs plateformes.

Chaos au Capitole : Vidéo de la femme abattue par la police

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Les partisans de Donald Trump qui ont envahi le Capitole ce mercredi ont filmé la mort d’Ashli Babbitt, abattue par la police alors qu’elle tentait d’enjamber une porte de l’édifice. Trois autres personnes ont trouvé la mort dans l’enceinte du Capitole à Washington et 52 personnes ont été arrêtées.

Elle s’appelait Ashli Babbitt, elle a reçu une balle dans la cou alors que des centaines de partisans de Donald Trump envahissaient l’enceinte du Capitole pour empêcher le Congrès de certifier la victoire de Joe Biden lors de l’élection présidentielle.

Au milieu de l’agitation et du chaos, des séquences vidéos ont capturé le moment où un agent de la police du Capitole a pointé son pistolet vers la jeune femme qui tentait de passer une porte aux vitres cassées et barricadée par des chaises, avant de tirer un coup de feu suite auquel, Ashli Babbitt s’est effondrée au sol. Elle succombera à ses blessures avant l’arrivée des secours.

Trois autres personnes – une femme et deux hommes – sont mortes aux alentours du Capitole «d’urgence médicale distincte», a déclaré le chef de la police de Washington Robert Contee.

La police a, selon lui, également procédé à 52 interpellations mercredi, dont 26 dans l’enceinte du Capitole.

Pour parer à d’éventuelles nouvelles manifestations, la maire de Washington Muriel Bowser a étendu l’état d’urgence dans la capitale fédérale pour 15 jours, soit jusqu’à la fin du mandat de Donald Trump. Cela lui permettra, si nécessaire, de renouveler le couvre-feu décrété pour la nuit de mercredi à jeudi, ou de réquisitionner des moyens supplémentaires.

Ancienne militaire libertarienne

Vétéran de l’armée de l’air de 14 ans, Ashli Babbitt a effectué quatre déploiements avec l’armée de l’air américaine.

Sur son compte Twitter, elle se présentait comme «ancienne combattante» et «libertarienne», affichant son amour pour son pays. Elle avait récemment retweeté de nombreux messages de personnes se rendant à Washington pour manifester à l’appel de Donald Trump.

Mardi, Ashli Babbitt avait répondu à l’une d’entre elles qui se plaignait de l’annulation de son vol: «Rien ne nous arrêtera… Ils peuvent essayer, essayer et essayer mais la tempête est là et elle descend sur (Washington) DC dans moins de 24 heures… Du noir vers la lumière!»

Après le chaos à Washington, le Congrès valide l’élection de Joe Biden

Le Congrès a certifié l’élection de Joe Biden à la Maison Blanche après une journée d’une violence inimaginable mercredi à Washington, où des partisans de Donald Trump ont semé le chaos au sein même du Capitole, temple de la démocratie américaine.

Avec AFP

Au milieu de la nuit, et après le rejet d’objections émises par des élus républicains, le vice-président Mike Pence a confirmé jeudi la victoire du démocrate, avec 306 grands électeurs contre 232 pour le président sortant, devant les deux chambres réunies pour une session extraordinaire.

Censée être une simple formalité, cette certification a tourné à «l’insurrection», «presque à la sédition» selon les termes de Joe Biden, quand une foule de supporteurs du président sortant a envahi le Capitole, interrompant les débats.

Les images prises de l’intérieur du majestueux bâtiment situé au coeur de la capitale fédérale américaine marqueront l’Histoire: élus portant des masques à gaz, agents de la police en civil arme au poing, manifestants installés dans les bureaux des parlementaires.

Elles resteront à jamais associées à la fin de mandat tumultueux de Donald Trump, dont le jusqu’au boutisme a aliéné une partie de son propre camp.

Après une journée qui pourrait s’avérer désastreuse pour son avenir politique, Donald Trump a promis qu’il quitterait la Maison Blanche le 20 janvier. Réaffirmant son «complet désaccord» avec le résultat, il s’est engagé à un transfert du pouvoir «ordonné».

Depuis plus de deux mois, il refuse d’accepter sa défaite et souffle sur les braises de la division en brandissant des théories du complot. Sa croisade a culminé mercredi avec la prise d’assaut sur le siège du pouvoir législatif.

Des militaires de la Garde nationale ont été envoyés à Washington pour rétablir le calme après plusieurs heures d’extrême tension. Un couvre-feu est entré en vigueur en fin d’après-midi dans la ville, où l’état d’urgence sera prolongé durant deux semaines.

Au milieu de la confusion, une femme a été mortellement blessée dans le Capitole par un tir de la police. Cette Californienne s’appelait Ashli Babbitt et était une ardente partisane du milliardaire républicain.

Trois autres personnes ont perdu la vie dans le secteur de la colline du Capitole mercredi, mais la police s’abstient pour l’instant de lier directement ces décès aux violences.

Biden dénonce une attaque sans précédent contre la démocratie américaine

Lors d’une allocution au ton grave prononcée au plus fort de la crise, Joe Biden, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, a dénoncé une attaque “sans précédent” contre la démocratie américaine.

Il a appelé Donald Trump à s’exprimer «immédiatement» à la télévision pour réclamer «la fin du siège» du Capitole.

En guise d’adresse solennelle, le président américain s’est contenté de quelques tweets et d’une brève vidéo mise en ligne sur internet dans laquelle il a demandé à ses partisans de se tenir à l’écart de la violence et de «rentrer chez eux».

«Je vous aime (…). Je comprends votre douleur», a-t-il cependant ajouté, voquant une nouvelle fois une élection «volée».

La vidéo a été retirée peu après par Facebook qui a jugé qu’elle «contribuait aux risques de violence». Le réseau social a par la même occasion décidé de bloquer le président américain pendant 24 heures. De son côté, Twitter a également supprimé la vidéo, a bloqué le compte @realDonaldTrump pour douze heures et l’a menacé de suspension permanente, des mesures sans précédent.

Le seul des prédécesseurs républicains de Donald Trump encore en vie, George W. Bush, a dénoncé des scènes de chaos dignes d’une «république bananière».

Pour Barack Obama, ces violences sont «un moment de déshonneur et de honte» pour l’Amérique. «Mais pas une surprise».

Scènes honteuses

Ces images ont également suscité l’indignation à travers le monde.

La chancelière allemande Angela Merkel s’est dite «triste» et «en colère». Londres a dénoncé des «scènes honteuses». Le président français Emmanuel Macron a exhorté à ne rien céder face à «la violence de quelques-uns» contre les démocraties.

Du côté des ennemis des Etats-Unis, le président iranien Hassan Rohani a estimé que ces évènements montraient que la démocratie occidentale est «fragile et vulnérable».

Selon la US Capitol Historical Society, c’est la première fois que le Capitole a été envahi depuis que le bâtiment avait été incendié par les troupes britanniques en 1814.

Nous ne concéderons jamais

Après l’échec de sa croisade post-électorale devant les tribunaux, Donald Trump avait choisi dans un geste extraordinaire de défier le Congrès en réunissant des dizaines de milliers de ses supporteurs à Washington, au moment même où il devait graver dans le marbre la victoire de son rival.

A cette occasion, il s’en est pris avec un extrême virulence à son propre camp. Les ténors républicains sont «faibles» et «pathétiques», a-t-il lancé sous un ciel chargé de lourds nuages, à des dizaines de milliers de partisans.

«Nous n’abandonnerons jamais. Nous ne concéderons jamais» la défaite, a-t-il martelé, mettant la pression sur son vice-président Mike Pence pour qu’il «fasse ce qu’il faut».

Avant que les débats ne sombrent dans la confusion, Mike Pence avait bien commencé à présider la session conjointe de la Chambre des représentants et du Sénat .

Certains élus républicains avaient émis des objections aux résultats de l’élection dans certains Etats, mais plusieurs d’entre eux ont indiqué, après les incidents violents, qu’ils ne s’associaient plus à la démarche.

Le chef des républicains au Sénat, Mitch McConnell, a martelé à la reprise que le Congrès ne se laisserait pas «intimider».

Le sénateur républicain Lindsey Graham, un proche allié de Donald Trump, a de son côté annoncé qu’il cessait d’emboîter le pas du président. «Ne comptez plus sur moi. Trop c’est trop», a-t-il dit.

Et, selon certains médias américains, des ministres du milliardaire républicain ont discuté de la possibilité d’invoquer le 25ème amendement de la Constitution, qui autorise le vice-président et une majorité du cabinet à déclarer le président «inapte» à exercer ses fonctions.

Le Sénat désormais démocrate

Les violents incidents sont intervenus au lendemain de deux élections partielles en Géorgie remportées par les démocrates, qui ont ainsi repris le contrôle du Sénat aux républicains.

Le candidat démocrate Raphael Warnock a battu la sénatrice républicaine Kelly Loeffler et est entré dans l’Histoire en devenant le premier sénateur noir élu dans cet Etat du Sud traditionnellement conservateur.

Et Jon Ossoff a remporté la deuxième sénatoriale cruciale en Géorgie. A 33 ans, il va devenir le plus jeune sénateur démocrate depuis… Joe Biden en 1973.

Les démocrates auront 50 sièges au Sénat, comme les républicains. Mais comme le prévoit la Constitution, la future vice-présidente Kamala Harris aura le pouvoir de départager les votes, et donc de faire pencher la balance du côté démocrate.

La disparation de Jack Ma fait chuter de 3% l’action Alibaba

L’action Alibaba a perdu ce lundi 3% de sa valeur sur les marchés boursiers suite aux inquiétudes que suscitent la mystérieuse absence prolongée de son fondateur Jack Ma. Le milliardaire chinois est en effet porté disparu depuis fin octobre. Son nom a même été retiré du jury de sa propre émission télévisée sur l’entrepreneuriat africain «Africa’s Business Heroes». La disparition de Jack Ma intervient alors que ses sociétés Alibaba et Ant Group font face à une pression réglementaire accrue de la part du gouvernement chinois.

Jack Ma, roi incontesté du e-commerce chinois et 25ème homme plus riche de la planète est porté disparu depuis qu’il a prononcé un discours critique à l’égard du gouvernement chinois, le 24 octobre dernier, alerte le Financial Times.

La Chine repense le modèle Jack Ma

Lorsqu’en 2015, le régulateur chinois des affaires a accusé dans un rapport, Alibaba Group Holding de vendre des produits contrefaits sur Internet, le géant du commerce électronique n’a pas hésité à riposter. Alibaba avait alors ouvertement contesté les résultats de l’enquête et a réussi à gagner son bras de fer avec le gouvernement qui s’est finalement résigné à retirer son rapport incriminant le géant chinois.

Mais depuis, et grâce aux années de croissance continue, les plus grands conglomérats Internet de Chine se sont étendus dans la plupart des secteurs de l’économie de la Chine, du transport, de la logistique à la finance. Mais alors qu’ils jouissaient autrefois d’un sauf-conduit gratuit sur les problématiques de réglementation, ils font désormais l’objet d’un suivi et d’un contrôle sans précédent par lesquels l’État réaffirme sa domination.

Une domination que le gouvernement central de Xi Jingping mettra en application après des déclarations du fondateur d’Alibaba à l’encontre du système bancaire chinois.

Jack Ma va en effet faire les frais de son franc-parler en comparant les banques traditionnelles à des prêteurs sur gages et en qualifiant le cadre réglementaire financier existant de «club des personnes âgées». La réaction sera immédiate, les régulateurs ont subitement suspendu l’introduction en bourse de 34 milliards de dollars de Ant Group, une spin-off d’Alibaba spécialisée dans le payement en ligne, dans laquelle Jack Ma est l’actionnaire majoritaire.

Selon le Nikkei Asia, la décision de bloquer l’IPO d’Ant group est venue du plus haut niveau possible en Chine, du président chinois, Xi Jinping, en personne.

Un mois plus tard, Daniel Zhang, le successeur de Jack Ma à la tête d’Alibaba, fera des déclarations surprenantes. Il va s’engager publiquement au nom du groupe, à l’occasion d’une conférence organisée par le gouvernement dans le Zhejiang, à faire preuve de fidélité aux autorités.

M. Zhang a qualifié les nouvelles directives sur les sociétés Internet d’«opportunes et nécessaires». Il a également souligné l’importance du soutien du gouvernement dans le développement d’Alibaba.

Jack Ma disparaît de sa propre émission de talents africains

La disgrâce de Jack Ma va être poussée au bout en lui interdisant toute apparition publique notamment de son émission «Africa’s Business Heroes». Le milliardaire qui voulait faire de ce concours télévisé destiné aux entrepreneurs africains en herbe, un outil de soft power et de relations publiques, s’est vu retirer sa photo du site web de l’émission et a été exclu d’une vidéo promotionnelle.

La finale de concours, à laquelle il n’a pas participé, a eu lieu en novembre, peu de temps après les fameuses déclarations du milliardaire critiquant les régulateurs chinois et ses banques publiques.

Nouvelle enquête

Le 24 décembre dernier, l’Administration d’Etat a annoncé ouvrir une enquête pour la régulation des marchés contre Alibaba, ce qui a provoqué un plongeon des actions du champion du commerce en ligne.

Pas un cas unique

La disparition de Jack Ma confirme une pratique qui est entrain d’être systématisée par le pouvoir central. En effet, le milliardaire chinois vient s’ajouter à une liste de plusieurs responsables et entrepreneurs chinois ayant subi les foudres de Pékin après qu’ils aient critiqué le pouvoir.

C’est le cas du magnat de l’immobilier Ren Zhiquiang qui a été condamné à 18 mois de prison ou encore Sun Dawu et sa femme, à la tête de Dawu Group qui ont été arrêtés après avoir dénoncé l’intervention de la police sur le réseau social Weibo.

La police chinoise avait même enlevé Xiao Jianhua, un ancien gestionnaire d’actifs, dans un hôtel de Hong Kong en janvier 2017, selon Reuters. Xiao a depuis disparu et le gouvernement a saisi des parties de son entreprise Tomorrow Group/

La colère de Pékin s’est également abattue sur Meng Hongwei, l’ancien chef d’Interpol, en subissant le même procédé, disparition en septembre 2018 lors d’un voyage en Chine depuis la France, puis inculpation de 13 ans et demi de prison pour corruption en janvier 2020.

https://twitter.com/amyyqin/status/1281014162739494912

Enfin, durant la crise sanitaire, le pays a arrêté tous les voix qui avaient critiqué la réponse de la Chine à la pandémie, notamment le professeur de droit Xu Zhangrun et l’avocat des droits humains Zhang Xuezhong.

L’Arabie saoudite met fin à l’embargo contre le Qatar

L’Arabie saoudite met fin à plus de trois ans d’une crise sans précédent, qui a disloqué le Conseil de Coopération du Golfe, en annonçant l’ouverture dès ce lundi ses frontières terrestres, maritimes et aériennes avec le Qatar.

Avec agences

Les frontières terrestres et aériennes entre l’Arabie saoudite et le Qatar, fermées depuis trois ans et demi, seront rouvertes à partir de ce lundi 4 janvier, ont annoncé Riyad et Doha.

L’émir du Qatar Tamim ben Hamad Al Thani et le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane ont convenu de signer un accord à l’issue du sommet du Conseil de coopération du Golfe, qui se tiendra le 5 janvier à Al-Ula, dans le nord-ouest de l’Arabie saoudite, a précisé le ministre koweïtien des Affaires étrangères Ahmad Nasser Al-Mohammad Al-Sabah.

Selon un haut responsable de l’administration américaine, cité par Reuters, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Égypte se joindront à cet accord visant à normaliser les relations et lever le blocus du Qatar qui devrait pour sa part abandonner les poursuites contre les autres pays signataires du document.

L’Arabie et plusieurs autres pays arabes, dont le Koweït, avaient imposé en 2017 un embargo commercial et diplomatique au Qatar en accusant cet émirat de soutenir le «terrorisme», ce que ce dernier dément.

Coronavirus : Les chinois bientôt tous vaccinés au Sinopharm

Des milliers de Pékinois faisaient la queue lundi par un froid glacial pour être vaccinés contre le Covid-19 avant la grande migration du Nouvel an chinois, les autorités cherchant à tout prix à éviter une nouvelle vague épidémique.

AFP

Dans la seule capitale, plus de 73.000 personnes ont reçu une première dose de vaccin entre vendredi et dimanche, a rapporté la presse, précisant que des employés municipaux et des chauffeurs d’autobus étaient parmi les premiers à recevoir l’injection.

Les autorités médicales ont annoncé jeudi avoir donné un feu vert «conditionnel» à la généralisation d’un premier vaccin de fabrication chinoise, dont le producteur, Sinopharm, revendique un taux d’efficacité de 79%.

Dans un vaste parc de l’est de Pékin, des candidats à la vaccination devaient remplir lundi un formulaire électronique à l’aide de leur téléphone portable, spécifiant qu’ils n’ont pas de contre-indications à l’inoculation.

Ils devaient ensuite monter dans un bus à destination d’un centre de vaccination temporaire installé à l’intérieur du parc. Certains portaient deux masques chirurgicaux sur le visage.

Un employé de restauration, Gu, a expliqué à l’AFP que son entreprise avait pris le rendez-vous pour lui et qu’il souhaitait se faire vacciner «pour être tranquille».

«Je pense que les effets indésirables, s’il y en a, seront supportables», a ajouté cet homme d’un trentaine d’années.

Sans attendre le feu vert officiel des autorités médicales, la Chine a déjà commencé à vacciner des millions de personnes dès l’été dernier, notamment des soignants, des étudiants en partance pour l’étranger ou des diplomates.

Pas moins de 4,5 millions de doses ont déjà été administrées, ont indiqué les autorités la semaine dernière.

Le pays, où le Covid-19 a fait son apparition il y a tout juste un an, prévoit d’accélérer la vaccination à l’approche du Nouvel an chinois, qui tombe cette année le 12 février.

Ces festivités donnent habituellement lieu à la plus grande migration du monde, lorsque des millions de travailleurs quittent les grandes villes pour rentrer dans leur famille.

Les chemins de fer s’attendent à assurer 407 millions de trajets lors de la période des congés du Nouvel an, du 28 janvier au 8 mars.

Afin d’éviter un engorgement, des trains supplémentaires vont être mis en circulation et certaines universités ont déjà fermé leurs portes pour permettre aux étudiants de rentrer chez eux en avance. Certains vont ainsi profiter de plus de deux mois de vacances.

Si le pays a largement éradiqué l’épidémie, il a encore signalé lundi 33 nouveaux cas de contamination au cours des dernières 24 heures, soit le chiffre le plus élevé depuis près de deux mois.