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Violences au L’Boulevard : Une jeunesse sacrifiée sur l’autel de la politique

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Bien-pensants, politiques, nantis, bobos.

Taisez-vous ! Honte à vous !

On vous a démasqué.

Ni guerres, ni inflation, ni cherté du carburant, ni crise de l’eau, ni détournement des deniers publics, ni enfants dans la rue ne vous émeuvent.

Mais, on vous entend criailler après le refus d’un visa Schengen, les petites phrases trash d’un rappeur…. et les photos des festivaliers en transe de L’Boulevard.

Les délits et incivilités commis par une minorité de jeunes, amplifiés par une presse racoleuse, vous ont-ils à ce point terrorisé? Vous, qui êtes barricadés dans vos villas et Compounds, Khoudenjal dans le sang, Ch’wa entre les dents, verre de vin blanc à la main, traits de coke dans le nez et passeports rouges dans la poche.

Votre premier réflexe est de vouloir chercher à se protéger à tout prix des fauteurs de troubles et de se replier sur votre groupe d’appartenance, votre famille idéologique, votre parti politique, votre clan, votre smala.

La violence destructrice, c’est celle que vous faites subir à des pans entiers de la population marocaine. Violence de votre hypocrisie, de votre mépris, de votre lâcheté. Violence à l’origine des inégalités, du chômage en masse et de la précarisation généralisée.

A défaut de politiques publiques fortes, le foot et les festivals dont L’boulevard restent les maigres et rares occasions pour notre jeunesse de s’évader du désespoir dans lequel vous les avez contraints de vivre.

Bien-pensants, politiques, nantis, bobos.

Betweenatna…

Vous aves surfé et survécu à la vague «Nayda» durant vingt ans.

Allez-vous survivre au Tsunami «Li Nayde» ?

Il était 18h15 quand on est arrivé ce vendredi devant les portes du stade R.U.C Rugby où se tenait, depuis une semaine, le Festival L’Boulevard. La file d’attente formée à l’extérieur du bâtiment était immense, longue de plus de 600 m.

Nous avons emprunté l’entrée presse. Double contrôle d’agents de sécurité. Badges et bracelets étaient obligatoires.

D’un coup, nous nous sommes senti vieux.

Jeunes filles et jeunes hommes de 13 à 25 ans, propres, calmes, sereins et heureux. Pas de hippies, pas de punks, pas de déguisements voyants ni de hordes de fumeurs avachis sur le sol.

Un jeune rappeur était sur scène. C’était sa première. 2000 à 3000 jeunes étaient captivés sur son flow.

Les 10.000 jeunes restants, étaient des promeneurs. Tels des figurants d’une brochure de l’éden dont rêve tout jeune urbain du 21ème siècle.

Plusieurs couples de jeunes gens s’entrelaçaient. Des mamans portant le foulard, accompagnaient leurs ados, courraient après leurs plus petits. De temps à autre, quelques souffles de la fleur de Ketama titillaient les narines. A gauche de la scène, des tentes de vendeurs de sodas et de sandwich servaient les plus affamés.

Je me retourne vers mon accompagnateur et je lui lance:

«C’est la première fois que j’assiste à L’Boulevard. Comment se fait-il que je ne sente aucune agressivité? Je ne vois aucun harcèlement de filles, souvent mineurs? Pourquoi sommes nous transparents, nous les vieux ?»

«Ils ne se sentent pas jugés» m’a-t-il répondu sans hésitation aucune.

C’était la liberté, ce coin. Un havre de paix… puis les footeux ont débarqué.

Des centaines de jeunes submergeaient le terrain en courant. Du déjà-vu ?

Oui, comme au stade d’Honneur quand les portes s’ouvraient subitement.

En une fraction de seconde, l’atmosphère a changé, devenant menaçant. Instinct de vieillards, nous quittâmes les lieux pour découvrir une foule encore plus grande. Une file qui s’étendait désormais à plus d’1 km.

Les agents de police sentaient la pression et devaient réagir à cet afflux inattendu. La pression était palpable sur le visages des pauvres agents.

Mon accompagnateur s’est inquiété. « Il est 19h10, Plus de 15.000 personnes sont à l’intérieur et le double attendent leur tour !».

Nous allons apprendre, moins de 2 heures après, que L’Boulevard qui fêtait ses vingts années, sera pour la première fois de son histoire, ce vendredi 30 septembre, le théâtre de violences, de vols et de dégradations.

«Je n’ai jamais vu ça» nous a confié Momo, cofondateur de L’Boulevard, que nous avons rencontré le lendemain dans les backstages du Festival.

« Ils n’étaient pas normaux ces fauteurs de troubles qui ont commis ces violences » nous a-t-il dit.

«Pour monter sur les structures de la scène, pour attaquer tout le monde avec des bars de fer qu’ils ont récupérer en démontant des tentes, il faut avaler quelque chose avant !» s’est-il indigné.

Il faut dire que les organisateurs, les artistes, la presse et les festivaliers ont vécu des moments d’horreur absolue.

Aux premiers mouvement des foules, les propriétaires du R.U.C vont verrouiller l’accès des artistes. Des dizaines de jeunes surexcités sont montés en haut des structures de la scène et ont tenté d’envahir les loges des artistes et l’espace presse.

D’autres ont pillé et agressé les festivaliers. Bilan final, pas moins de trente personnes blessées ont été transportées à l’hôpital.

Sur les réseaux sociaux une campagne anti-festival s’est mise en marche. Des allégations non fondées sur le viol d’une mineure est relayée par la presse. La DGSN publiera, lundi 2 octobre un démenti formel.

Les coupables sont tous trouvés : Toto le rappeur qui fait l’éloge du cannabis et L’Boulevard le festival des sataniques.

Du pain béni pour certains politiques qui veulent régler leur compte avec le ministre de la Jeunesse et de la Culture Mehdi Bensaid.

Du pain béni pour la bien-pensance et l’hypocrisie de leur discours sur la vertu.

Du pain béni pour les nantis et les bobos qui étaient en route pour un autre festival, l’aseptisé Moga Festival.

«L’Morphin», «Dollypran», ces opioïdes du Rap qui réveillent les consciences

Pour vous francophones. Pour vous qui n’avez pas eu le temps de lire la presse poubelle, les milliers de publications Facebook et les Fhamators de YouTube. Ce qui s’est passé ce vendredi est de l’ordre de la prise de conscience de la problématique jeune au Maroc.

1. Le Rap n’est plus une niche

Nous l’avons nous même constaté de visu. Comme par ailleurs dans le monde, le Rap/Hip-Hop est désormais le genre musical le plus écouté par les jeunes au Maroc. C’est le résultat de plusieurs facteurs.

Il faut reconnaitre le travail incroyable du L’Boulevard et ses promoteurs qui ont, grâce au programme «Tremplin», pu former et révéler des centaines de talents dans les musiques actuelles.

Les mouvements politiques nés avec le printemps arabes ont également fait du Rap le moyen d’expression privilégié d’un pan entier de la jeunesse. En raison de : son accessibilité (de par la faiblesse des barrières à l’entrée); la liberté de parole et du poids des tabous qu’il offre; l’évolution croissante de l’utilisation du digital, des réseaux sociaux et du streaming.

Le public marocain du Rap / Hip-Hop se compte par millions. C’est une faute de croire le contenir dans un stade fermé d’une capacité de 20.000 personnes. Il ne fallait que voir les scènes de Rabat, Tanger et Agadir de ce mois de septembre. Chacune a réuni pas moins de 100.000 jeunes survoltés.

2. Toto, L’Morphin, Dollypran, Mobydick : la Champions League du RAP

Ce que la presse racoleuse a omis de signaler, c’est que la programmation de ce vendredi 30 Octobre est équivalente à une programmation d’un tournois de football de très haut niveau. Aligner ElGrande Toto, Dollypran, Mobydick, L’Morphin, c’est comme si on réunissait dans la même soirée, le Wydad, le Raja, le MAS et l’AS FAR.

ElGrande Toto : 426 501 686 vues sur YouTube

Dollypran : 43 844 249 vues sur YouTube

Mobydick : 42 777 822 vues sur YouTube

L’Morphin : 27 541 417 vues sur YouTube

ElGrande Toto et Dollypran ont la réputation de ratisser large et d’avoir un public «Khasser», fougueux et écorché vif. Le premier, l’artiste le plus écouté au Maroc et dans le monde arabe sur Spotify, puise beaucoup dans le foot et les supporters du WAC.

Le second, s’adresse dans ces «tracks» à une population de jeunes urbains qui se retrouvent dans ses lyrics crus et trash décrivant la misère de leur quotidien entre chômage, hogra, drogue et cruauté de la société.

Mais celui qui a attiré le plus d’intention de la galaxie Rap marocaine est «L’Morphine». l’Ex M-Psy qui a fait sa première scène L’Boulevard, alors qu’il rappe depuis 1998. Lui qui a préféré une carrière artistique «Underground» s’est exposé pour la première à la vingtième du célèbre festival.

«L’Morphine jouit d’une aura particulière auprès de ses pairs. Comme s’il incarnait, à lui seul, un pan majeur de l’histoire du rap marocain.» ainsi l’ont décrit les organisateur de L’Boulevard.

L’Morphine fait partie des lyricistes les plus pointus et les plus prolifiques du pays (187 morceaux en tout à travers ses différents projets).

Enfin, Mobydick, le rappeur qui a suscité le débat en 2016 en acceptant d’être le visage du parti du PAM en réalisant un clip « Ana Bghit Teghyir ». Lequel clip visait le parti islamiste du PJD.

La présence de Mobydick a participé à l’envenimement de l’atmosphère de la fameuse soirée du L’Boulevard. Tout était prétexte ce vendredi à la violence, le rappeur a été hué et aurait reçu des projectiles du fait qu’il soit de Rabat.

L’hypocrisie de la bien-pensance, le machiavélisme des politiques, la couardise des nantis

La bien-pensance au Maroc est partout. Les discours hypocrites, culpabilisants et moralisateurs inondent les médias classiques et sociaux.

«L’Boulevard» a, depuis vingt-ans, été le punching-ball, le prétexte, le souffre douleur d’une société malade, d’un paysage politique stérile et d’une bourgeoisie affairiste, cupide et étouffante.

Le festival est l’occasion annuelle des politiques et médias de viser soit le plus large électorat, soit le plus vaste audimat. Les maitres mots sont décadence, comportement licencieux et dévergondage.

Cette année, après deux années d’absence en raison du Covid, ElGrande Toto leur a offert le meilleur prétexte sur un plateau d’or en parlant de la consommation du cannabis dans une conférence de presse à quelques jours du festival.

Les déclarations du rappeur ont valu au jeune ministre Mehdi Bensaid une campagne de lynchage en règle. La bien-pensance s’est mise en ordre de bataille pour dénoncer les propos «les propos décadents» de Toto.

Une semaine après, l’Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis (ANRAC) a procédé à la délivrance de dix autorisations d’exercice des activités de transformation et de fabrication du cannabis.

Loin de nous d’encenser les fauteurs de troubles ou de justifier leur violence. Car cela pourrait provoquer une réaction générant de la haine et de l’incompréhension. Toutefois, pour pouvoir vivre ensemble, pour pouvoir sauver notre jeunesse, il est primordial de faire connaître les logiques réciproques et contradictoires et d’écouter les émotions de nos jeunes et dépasser les jugements péremptoires, définitifs et généralisants.

Contrairement à ce que peut faire entendre quelques voix des deux camps, les institutions sécuritaires sont beaucoup plus ouvertes à l’évolution de notre société. Au moment nous souffrons d’une absence de prise de conscience collective, l’école n’apporte pas à cette jeunesse confiance en elle et en l’avenir et le gouvernement n’apporte pas non plus les réponses adaptées à un public en grande difficulté matérielle et psychologique.

La violence est un révélateur de nos dysfonctionnements sociaux et institutionnels. Ce qui s’est passé à L’Boulevard est une opportunité pour écouter ce que nous ont dit nos jeunes, sur leurs besoins insatisfaits et sur notre difficulté à prendre responsabilité.

Maroc-Israël : Le «Faklore» c’est fini !

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David Govrin is done ! A l’ère #MeToo, encore plus qu’hier, on se relève rarement d’une accusation de harcèlement sexuel. Le diplomate clame pourtant son innocence et se morfond dans le déni, refusant la réalité d’être lui-même responsable, à coups de maladresses, de sa propre fin. On le voit presque marmonner et écrire avec son doigt ensanglanté «Chama, m’a tuer».

Si Govrin a été mis au chômage technique, les relations maroco-israéliennes, les vraies, se sont au contraire davantage affirmées, décomplexées et assumées. La présence de l’Inspecteur général des FAR, Belkhir El Farouk, à Tel Aviv concomitamment avec la «désactivation» de Govrin est forte de symboles mais loin d’être une rupture. La coopération militaire et de renseignement entre le Maroc et Israël, datant des années cinquante a toujours été la règle, au moment où la coopération diplomatique n’a été qu’exception. Dans un monde au bord de l’implosion, il n’y a plus de place au folklore, encore moins au «fake folklore» dont David Govrin en a été l’illustre ambassadeur.

Attribuer la chute fracassante de David Govrin à l’inclassable Chama Darchoul, c’est lui conférer un pouvoir qu’elle n’a pas. L’ancienne et la première «PR» du chef de la mission diplomatique israélienne au Maroc a pourtant menacé, décembre 2021 dans une série de publications sur Facebook, de «tuer l’ambassadeur», son ancien client. Un précédent dans l’histoire de la diplomatie marocaine que nous avons révélé sur les colonnes de le1.ma (Gossip et crêpage de chignon éclaboussent David Govrin).

Si la sulfureuse Mme Darchoul a supprimé depuis, ses publications menaçantes, elle n’a pas pour autant arrêté ses attaques contre le diplomate israélien et contre son véritable adversaire, celui qu’elle qualifie de «lobby des hommes d’affaires».

Ses discours doctrinaux abrupts et ses prises de position tranchées au sujet de la portée stratégique de l’alliance maroco-israélienne, ne sont que l’expression d’une guerre d’influence que se sont livrés une pléthore de protagonistes au lendemain de l’audience accordée par le Roi Mohammed VI à Jared Kushner, durant le ramadan 2019.

En effet, contrairement à l’analyse réductrice de notre influenceuse politique, ce n’est pas une affaire de lutte entre ceux qui sont pour et ceux qui sont contre les «Abraham Accords». C’est une affaire d’Etat, avec des intérêts immédiats à court terme et des intérêts stratégiques à long terme. Ce sont également des acteurs multiples connus et d’autres invisibles jouant leurs partitions sous la conduite d’un seul, unique et intemporel chef d’orchestre.

Dans le camp des favorables aux «Abraham Accords», Mme Darchoul met dans le même panier, Nasser Bourita, Abu Dhabi et le «lobby des hommes d’affaire». Un axe de mal qui, selon elle, agit contre les intérêts du Maroc.

En réalité, Rabat a toujours gardé la main sur le tempo de sa relation diplomatique avec Tel Aviv. Rappelons-nous comment le Roi Mohammed VI a résisté aux pressions de Benjamin Netanyahu, qui a tout essayé pour décrocher une audience. Comment le souverain a fait en sorte à ce que Jared Kushner fasse de Rabat, le point de chute des négociations de paix. Et avec quelle retenue a-t-il géré les sollicitations du très fragile gouvernement Bennett-Lapid.

Et à l’image de sa stratégie avec les américains en 2014, le souverain a imposé à Israël une relation imperméable à son jeu politique interne. Mais également, hors de portée des empoignades entre les juifs marocains installés au Maroc, les juifs marocains du monde et autres israéliens séfarades et ashkénazes.

Clap de fin royal au «Faklore» de la mission israélienne au Maroc

Le discours du Roi Mohammed VI, du 20 août dernier, est tombé comme un couperet sur la tête des membres de la mission israélienne à Rabat.

En effet, ce discours a été qualifié par l’ensemble des observateurs nationaux et internationaux de «rupture diplomatique» concernant la clarification des relations entre le Maroc et ses alliés.

Le Souverain a appelé les pays partenaires du Maroc à «clarifier» leur position sur la question du Sahara et à le soutenir «sans aucune équivoque».

«Je voudrais adresser un message clair à tout le monde : le dossier du Sahara est le prisme à travers lequel le Maroc considère son environnement international. C’est aussi clairement et simplement l’aune qui mesure la sincérité des amitiés et l’efficacité des partenariats qu’il établit», a-t-il déclaré dans son discours à l’occasion de la fête dite de la Révolution du roi et du peuple.

«S’agissant de certains pays comptant parmi nos partenaires, traditionnels ou nouveaux, dont les positions sur l’affaire du Sahara sont ambiguës, nous attendons qu’ils clarifient et revoient le fond de leur positionnement, d’une manière qui ne prête à aucune équivoque», a averti le souverain.

Plus place donc aux diplomates de parade à l’image de David Govrin et Hélène Le Gal. D’aucuns n’oublierait les déclarations du Chef de mission israélien à l’agence espagnole EFE, affirmant que «les séparatistes du Polisario seraient une partie concernée par le dossier du Sahara avec laquelle le Royaume devait négocier».

David Govrin n’a finalement rien compris de la particularité du Royaume et de la portée de l’affluent hébraïque dans l’identité et de la culture marocaine. Ces errements à répétition ont toujours donné l’impression que le diplomate sort directement d’un épisode du célèbre feuilleton égyptien, Raafat Al-Haggan.

Emberlificoté par le passif de ses expériences jordanienne et égyptienne, submergé par les opportunistes et les intermédiaires, déboussolé par la fragilité de son gouvernement, David Govrin, n’a réussi aucune action palpable, aucun réel rapprochement économique, ni assumé aucune prise de position courageuse.

Il a investit son temps dans le folklore diplomatique, sans vraiment y croire. Instituant ainsi une nouvelle pratique dans la gestion des relations étrangères le « Fake folklore», le «Faklore».

Imbroglio sur la représentativité des israéliens au Maroc

En dehors de quelques formations politiques d’extrême gauche et autres d’obédience islamiste, les marocains ont bien assimilé le pragmatisme de la décision du Chef de l’Etat de la normalisation des relations avec Israël. Si la majorité y voient un gage supplémentaire pour la stabilité du pays, d’autres une opportunité de faire des affaires et de gagner de l’argent.

Ainsi, au lendemain de la signature de l’Accord tripartite Maroc-USA-Israël, plusieurs centaines de courriers de tout genre (évènements, voyages, business plan, partenariat,…) ont submergé les bureaux d’ordres des ministères notamment celui de Nasser Bourita.

Malheureusement, les initiatives sérieuses ont vite été noyées sous le flot des vagues de sollicitations d’intermédiaires opportunistes. En quelques semaines seulement, les critiques et les déceptions se sont enchainées, révélant au grand jour la stérilité de la mission israélienne, l’impéritie de la CGEM, l’hébétude de nos hommes d’affaires et la flétrissure de la vielle garde du judaïsme marocain.

L’exemple de la Chambre de Commerce et d’Industrie Maroc-Israël, CCIM, est édifiant. En presque une année d’existence, aucune seule action concrète n’a vu le jour. Pire, les membres de la Chambre vont découvrir que l’ambition de leur président Saïd Benryane, s’est arrêtée à un salaire mensuel de 30.000 dh.

«Un véritable scandal» nous a confié un proche du dossier. «De plus, Benryane ne rate aucune occasion pour « descendre » Nasser Bourita en public», a-t-il renchérit.

Un ancien ambassadeur qui dénigre le Chef de diplomatie de son pays, bravo la crédibilité.

Par ailleurs, face aux tergiversations de David Govrin, à sa diplomatie folklorique et la disqualification des organisations telles la CGEM et la CCIM, la prudence a vite gagné l’action des institutions officielles marocaines.

Au moment où la communication entre les organisations de défense et de renseignement s’est fluidifiée et intensifiée, celle entre les acteurs économiques s’est presque arrêtée. D’une part, les israéliens ne trouvent presque plus d’interlocuteur marocain disponible ou crédible. D’autre part, le couple Azoulay/Berdugo ont décidé de fermer la porte à tous les nouveaux venus, surtout ceux d’origine marocaine.

Aujourd’hui, la question de la représentativité des israéliens au Maroc est devenue un frein pour le processus de normalisation. A-t-on toujours besoin du tutorat d’André Azoulay et de Serge Berdugo ? Devons-nous privilégier les israéliens d’origine marocaine ? N’avons-nous pas à gagner en s’ouvrant aux autres décideurs et hommes d’affaires israéliens non marocains et non séfarades ?

Outre les enjeux politiques et d’influence évidents, les enjeux économiques sont aussi importants dans cette guéguerre fratricide. Rien que le business de la Cacheroute aiguise les appétits et suscite les velléités bouillonnantes d’une nouvelle génération d’israéliens ambitieux, fortunés et très pressés.

N’en déplaise aux sceptiques, cette situation semble être traitée avec discernement et clairvoyance au plus haut niveau de l’état.

Le 13 juillet dernier, le Roi Mohammed VI a décidé lors d’un Conseil des ministres, le renforcement du dispositif légal encadrant les institutions organisant la communauté juive marocaine par le biais de trois instances :

  1. Le Conseil national de la communauté juive marocaine
  2. La Commission des Juifs marocains de l’étranger
  3. La Fondation du judaïsme marocain.

Les FAR et la galaxie OCP : Coopération militaire et scientifique

La coopération militaire entre le Maroc et Israël a connu son apogée ce mois de septembre avec la participation, sur instructions du roi Mohammed VI, de l’Inspecteur général des Forces Armées Royales, Belkhir El Farouk, à la 1re Conférence internationale sur l’innovation de Défense «CII» à Tel Aviv.

https://twitter.com/ItayBlumental/status/1569561876765483009

Une visite sans précédent qui survient quelques semaines après le déplacement au Maroc du ministre de la Défense israélien Benny Gantz, suivi par la visite officielle du chef de Tsahal, Aviv Kochavi.

Quelques jours après le déplacement du Général El Farouk en Israël, les médias de l’Etat hébreu ont révélé les détails de l’acquisition par le Maroc d’au moins 150 drones à la société israélienne BlueBird Aero Systems. L’objectif est de soutenir diverses missions militaires et de renforcer les capacités de défense aérienne du Maroc.

Il s’agit des drones à décollage et atterrissage verticaux (VTOL) WanderB et ThunderB qui effectueront des missions de reconnaissance, de surveillance, de défense aérienne et d’urgence.

Bien que la valeur totale de l’accord n’ait pas été divulguée, des sources médiatiques ont déclaré qu’elle atteignait «des dizaines de millions de dollars».

L’intérêt de ce «deal» est qu’une partie des systèmes sans pilote serait construite au Maroc.

Par ailleurs, l’Université Mohammed VI Polytechnique et son bras d’investissement UM6P Ventures sont à ce jour les seuls organisations marocaines non militaires à avoir concrétisé des affaires avec Israël.

Lors de la 5ème édition de «Les Impériales», Yasser Biaz, président de UM6P Ventures a déclaré que son fonds a investit dans une startup israélienne spécialisée dan l’Agritech.

Alors que ce jeudi, Hicham El Habti, Président de l’UM6P était à Tel-Aviv pour signer un accord bilatéral de coopération énergétique entre Israël et le Maroc.

Dans le cadre de cet accord, des recherches bilatérales conjointes seront menées dans des domaines tels que les batteries rechargeables, le recyclage, l’énergie solaire et l’économie de l’hydrogène, ainsi que la résolution du défi majeur que représente pour le Maroc le stockage et le transport de son énergie vers les pays voisins tels que l’Espagne.

Ahmed Charaï : La démocratie est le legs le plus précieux de la reine Elizabeth II à notre civilisation

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La reine Elizabeth II s’est éteinte jeudi 8 septembre en Écosse, à l’âge de 96 ans. Les hommages se sont succédés depuis, pour saluer la mémoire de cette reine qui aura marqué l’histoire. Chez nous, rares sont les personnalités marocaines qui se sont attelées à cet exercice sans tomber dans l’emphase ou la réthorique plébéienne.

Ahmed Charaï sort du lot avec une tribune publiée sur The National Interest, sous le prisme, de la géopolitique, la souveraineté et la démocratie. L’éditorialiste explique comment le legs le plus précieux de la reine Elizabeth à notre civilisation a été la démocratie. Une démocratie qui n’a jamais été autant menacée, l’ordre et le droit internationaux jamais autant mis en péril.

«La démocratie est le cadeau exceptionnel et unique de la Grande-Bretagne à notre monde. Elle mérite d’être préservée» a écrit M. Charaï.

Ci-après le texte intégral de cette analyse publié ce prestigieux magazine américain, sous le titre : « En mémoire de la dernière leçon de la reine Elizabeth II ».

Le cercueil du plus ancien monarque du Royaume-Uni a quitté aujourd’hui son château bien-aimé de Balmoral et a entamé son long voyage vers Londres. Tout au long du trajet, des milliers de personnes assisteront à la dernière procession de la reine Elizabeth II.

Leur chagrin spontané est réel, tout comme la douleur de la fin d’une ère.

Comme le monde entier le constate aujourd’hui, le peuple britannique est émotionnellement lié à sa reine, qui était une constante en des temps turbulents. Elle était la seule chose qui n’a pas bougé des années 1950 à aujourd’hui, et des millions de personnes ont trouvé cette constance réconfortante.

La mort de la reine n’est pas seulement importante pour les Britanniques, mais pour le monde entier.

Ahmed charaï – the national interest

La mort de la reine n’est pas seulement importante pour les Britanniques, mais pour le monde entier. Elle a supervisé la transition pacifique de l’empire au Commonwealth, libérant près d’un quart de la planète de la domination britannique. Aucun autre empire dans l’histoire ne s’est jamais dissous sans guerre civile, invasion ou effondrement financier. Plus d’un tiers de la population mondiale doit sa liberté à une femme qui a relevé l’un des plus grands défis de l’histoire.

À sa naissance, elle n’était même pas en lice pour la couronne, qui était portée par le frère de son père et devait revenir à ses enfants. Pourtant, une série d’événements improbables, dont une abdication historique, la propulse sur le trône en 1952. Elle aurait pu se contenter de présider des événements ritualisés et de profiter de ses châteaux et de ses pavillons de chasse. Mais elle ne l’a pas fait. Elle est devenue la plus grande ambassadrice de la Grande-Bretagne, gagnant la sympathie des côtes africaines et des îles du Pacifique. Elle a apporté la constance qui a rendu le changement possible, pour mettre fin à l’Empire britannique d’une manière différente de celle des empires français, néerlandais ou espagnol – avec la paix, le libre-échange et le maintien (dans de nombreux endroits) de la common law anglaise ( Jurisprudence anglaise ).

Aucun autre empire dans l’histoire ne s’est jamais dissous sans guerre civile, invasion ou effondrement financier

Ahmed charaï – the national interest

Son héritage comprend également un triomphe qui semblait impossible dans les années 1960 et 1970, le sauvetage de l’institution de la monarchie elle-même. À l’époque, les classes instruites considéraient la couronne comme une relique médiévale et débattaient ouvertement de sa disparition. Elles ont été étonnées, en juin 1977, lors du jubilé d’argent de la reine, par les grandes foules et les défilés qui ont été spontanément organisés dans toute la Grande-Bretagne et, plus surprenant, dans tout le Commonwealth. La reine bénéficiait d’un énorme soutien émotionnel, ont-ils appris. Finalement, toutes les discussions sur la fin de la monarchie se sont estompées.

La Grande-Bretagne est la plus ancienne démocratie du monde à fonctionner sans interruption. Elle n’a pas de constitution écrite mais des règles immuables qui ont peu changé au cours des siècles. La monarchie n’a pas de pouvoir exécutif, mais le Souverain incarne la Nation. Ce pouvoir symbolique peut avoir des répercussions sur le monde réel.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le soutien affiché du roi George au Premier ministre Winston Churchill et ses appels répétés à la résistance contre le nazisme ont façonné l’image indélébile de ce peuple vaillant, qui a affronté la barbarie seul et pendant des années. La reine Élisabeth II a fait preuve de la même constance et de la même efficacité.

L’héritage de la reine Elizabeth comprend également un triomphe qui semblait impossible dans les années 1960 et 1970, le sauvetage de l’institution de la monarchie elle-même

Ahmed Charaï – the national interest

Ces règles immuables reposent sur des traditions fortes qui, loin d’être folkloriques, donnent un sens à la monarchie. Ainsi, lorsque le Conseil du Trône proclame Charles III, roi d’Angleterre, c’est plus qu’un cérémonial. C’est la signature d’un contrat entre le souverain et le gouverné. Le souverain prête serment sur les engagements, qui sont les siens par tradition. Il protégera l’Église en tant que chef de la Communion anglicane, une union mondiale de croyants qui constitue le deuxième groupe le plus important du christianisme. Il maintiendra l’unité de la nation et, par-dessus tout, il s’engage à la servir toute sa vie. Il ne fait aucun doute qu’Elizabeth II a pris son serment au sérieux et son héritage repose sur cette simple vérité.

Elizabeth II a chéri la démocratie et rappelé à ses sujets sa valeur incomparable

Ahmed Charaï – The national interest

La reine avait également des leçons essentielles à donner. Élisabeth II est le dernier chef d’État à avoir connu la Seconde Guerre mondiale et ses atrocités. Lorsqu’Elizabeth est montée sur le trône, l’Union soviétique était sous la férule de Joseph Staline et la Chine était dirigée par Mao Zedong. Tout cela lui a appris où mène toujours la dictature, à la misère pour la majorité. Elle l’a vu de ses propres yeux.

Elle a donc chéri la démocratie et rappelé à ses sujets sa valeur incomparable.

La démocratie doit être constamment défendue, comme le montre l’invasion russe en Ukraine. Elle est fragile et, pour ses ennemis, elle semble souvent divisée, faible et peu sûre d’elle-même.

Et c’est là la dernière leçon d’Elizabeth II, la plus universelle : l’Occident doit retrouver sa foi en lui-même, comme la reine n’a jamais manqué de le faire, et en la démocratie elle-même. C’est pour cela que les Ukrainiens se battent et meurent. La démocratie est le cadeau unique de la Grande-Bretagne à notre monde. Elle mérite d’être préservée.


M. Ahmed Charai est le président-directeur général d’un groupe de médias et conseiller pour le Moyen-Orient aux États-Unis et à l’étranger. Il siège au conseil d’administration de nombreux groupes de réflexion et ONG, dont Atlantic Council, the International Center for Journalists, International Crisis Group, et le Jerusalem Institute for Strategy and Security. Ses articles sont parus dans des publications américaines et israéliennes de premier plan.

Ahmed Charaï : L’Espagne devrait s’impliquer davantage dans le rapprochement entre le Maroc et l’Algérie

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La position constante du Roi Mohammed VI quant à de relations fraternelles avec le voisin algérien est une leçon de realpolitik infligée au régime militaire sur place et à ses sponsors. Malgré toutes les attaques ignobles proférées contre le Maroc et la personne du Roi, le souverain n’a pas fait bouger d’un iota sa posture. Sans faillir, il a relevé et gagné les défis militaires, sécuritaires, économiques et diplomatiques de la relation exécrable que nourrie le palais d’El Mouradia, avec une détermination à toute épreuve tout en conservant une hauteur royale et toute la dignité des marocains.

Afin d’éclairer le lectorat espagnol, un des publics concernés par le discours du Roi Mohammed VI, prononcé, ce 30 juillet 2022, à l’occasion la fête du trône, l’éditorialiste marocain Ahmed Charaï a signé une tribune sur le quotidien madrilène La Razón, sous le titre «Supprimer les obstacles». M. Charaï démontre avec gravité que des relations fraternelles entre le Maroc et l’Algérie, souhaitées par le Roi, sont vitales pour l’avenir de l’Espagne et de toute l’Europe.

Une fois de plus, le roi du Maroc Mohammed VI, dans un discours prononcé à l’occasion de la fête du trône, a évoqué la nécessité de relations fraternelles entre le Maroc et l’Algérie et a rejeté toute tentative de créer des passions destructrices entre les deux peuples, écrit Ahmed Charaï dans une tribune publiée sur le journal espagnol La Razón.

Relations désastreuses et mauvaise fois algérienne

Ahmed Charaï brosse un tableau noir des relations Maroc-Algérie : « Aujourd’hui, les relations entre les deux pays sont bloquées, désastreuses, mettant en cause les intérêts des deux peuples. Les frontières sont fermées depuis un quart de siècle, les déclarations fracassantes sont monnaie courante et le choc des deux nationalismes est important».

Une dégradation nourrie essentiellement par l’animosité de la partie algérienne. «Dès que le Maroc prend une initiative dans le sens de l’apaisement, Alger répond par une virulence accrue et un rejet tonitruant», se désole l’éditorialiste.

Coût économique très élevé

«Cette situation de tension permanente est coûteuse et empêche l’émergence d’un marché fluide entre les deux grands pays de la région» affirme M. Charaï.

Le Maroc et l’Algérie ont des populations très jeunes. Les taux de croissance actuels ne permettent pas de réduire significativement le chômage. Dans ces conditions, les investissements étrangers ne sont pas un luxe mais sont absolument nécessaires et permettent la création de richesses, d’emplois et, en définitive, de bien-être pour les deux nations, souligne-t-il.

Alors que la Chine et la Russie envahissent l’Afrique, l’Europe a besoin d’un plan compact pour le sud de la Méditerranée.

Amhed Charaï – La Razón, 02/08/2022

La situation économique n’a jamais été aussi favorable. L’Europe, Espagne en tête, assure que le vieillissement de sa population limite les perspectives de croissance. Les possibilités résident dans le continent africain, dont l’Afrique du Nord est la porte d’entrée. Dans tous les secteurs – agriculture, industrie, tourisme – cette région est attractive.

«Mais les relations entre le Maroc et l’Algérie constituent un véritable obstacle» affirme M. Charaï.

Les économistes s’accordent à dire que les deux pays perdent 2 à 3 points de croissance chaque année, ce qui est énorme et semble suicidaire quand on sait que chaque point de croissance équivaut à des centaines de milliers d’emplois, poursuit l’éditorialiste.

La normalisation des relations Maroc-Algérie, un enjeu géostratégique

«Une normalisation entre Rabat et Alger permettrait un partenariat plus poussé avec la Tunisie et la Mauritanie et faciliterait la stabilisation de la Libye. Cela ne peut que renforcer le poids de ce groupe sur la scène internationale», analyse M. Charaï.

Le gouvernement Sánchez en Espagne s’inscrit dans cette vision qui ambitionne d’instaurer des relations pacifiques, réalistes et bénéfiques avec ses deux voisins, affirme-t-il.

M. Charaï rappelle l’importance du sud de la Méditerranée que le gouvernement espagnol considère comme une région vitale pour son pays. Toutefois, il appelle ce même gouvernement à s’engager de manière plus soutenue à apaiser les tensions.

«Il faut espérer que la diplomatie de Madrid s’implique davantage dans le processus de normalisation entre ses deux voisins, qu’elle considère comme des partenaires indispensables», insiste-t-il.

Il est dans l’intérêt de toutes les parties de s’orienter vers une coopération plus étroite entre les deux rives de la Méditerranée, poursuit M. Charaï.

Les dirigeants algériens viendront, plus ils seront nombreux, mieux ce sera, a-t-il renchéri.

Et de conclure : «Les enjeux géostratégiques dans cette région sont élevés. Alors que la Chine et la Russie envahissent l’Afrique, l’Europe a besoin d’un plan compact pour le sud de la Méditerranée. C’est une évidence qui s’applique à tous».

Les publications de Soufiane El Bahri sonnent-elles le glas pour Aziz Akhannouch ?

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Comme attendu, le déni, la calomnie et la stratégie ignoble de diabolisation des cris de détresse des marocains, ont eu un effet boomerang, que Aziz Akhannouch et sa bande n’ont pas anticipé. C’est précisément l’article de la MAP qui a mis le feu au poudre, déclenchant une levée de bouclier générale contre l’instrumentalisation de l’agence gouvernementale. Favorisant également un léger glissement de la manifestation de la colère populaire vers de nouvelles formes autre que la campagne des hashtags.

La mobilisation populaire contre la cherté du gasoil entame à peine sa deuxième semaine et Aziz Akhannouch est d’ores et déjà totalement «carbonisé», pour reprendre le terme utilisé par l’éditorialiste de TelQuel.

Depuis la publication de la fameuse dépêche anonyme sur la MAP, les évènements se sont accélérés et l’étau s’est resserré davantage sur le Chef de gouvernement, Aziz Akhannouch. Ses tentatives désespérées de faire jouer les résultats des élections partielles, Al Hoceima, Meknès et Mediouna ou de faire appel à la plume de Mustapha Sehimi se sont écrasées lamentablement contre la vague de colère populaire.

Le journaliste Mustafa Elfanne fustige le billet du journaliste Mustapha Sehimi

Cinq évènements majeurs ont compliqué davantage la position du Chef du Gouvernement :

1. Obédience maçonnique et cadavres dans les placards londoniens d’Akhannouch

Une vidéo d’un ressortissant marocain résidant aux État-unis, dénommé Hicham Solhi, est partagée à grand échelle sur WhatsApp, auprès de l’élite Casablancaise et Rbatie. Dans cet enregistrement, M. Solhi attaque Aziz Akhannouch sur son obédience à la Loge maçonnique du Grand Orient et menace de divulguer des supposées «sales affaires» du Chef du Gouvernement à Londres.

M. Solhi fait référence à la participation de Aziz Akhannouch, en 2008, en tant qu’invité d’honneur et en sa qualité de ministre de l’agriculture, au 2ème Rassemblement Maçonnique International d’Athènes. Le colloque, organisé par l’ordre Maçonnique International «Delphi», avait pour thématique : «Construire l’Europe, Construire le Monde».

Quatorze années plus tard, nous sommes témoins de la déconstruction de l’Europe mais également de la déconstruction de la galaxie Akhannouch.

La vidéo de Hicham Solhi vidéo connait une deuxième et devient virale, dès lors qu’elle est uploadée sur YouTube puis titrée en arabe: «Un Juif Marocain menace de divulguer des secrets compromettants sur Akhannouch».

Face au «succès» de son podcast, le MRE se voit obliger de réagir, affirmant qu’il était de confession musulmane et qui n’avait jamais travaillé à la BMCE.

La confusion sur la religion de ce MRE vient du fait qu’il entame ses vidéo par le salut hébreu «Shalom». Quand à la BMCE, les internautes se sont mélangés les pinceaux avec une autre vidéo publiée par un ancien cadre de la banque de Othman Benjelloun, l’Économiste Adnane El Kadiri. Ce dernier, s’est fait une spécialité : expliquer les faiblesses et le copinage qui gangrènent le gouvernement Akhannouch.

2. Le public de la finale de la CAN féminine scande à tue-tête : «Dégage Akhannouch»

Trois jours avant la finale de la CAN féminine, et à l’annonce de la présence de Aziz Akhannouch, plusieurs groupes de supporters de l’équipe nationale féminine de football ont lancé des appels sur les réseaux sociaux pour accueillir le Chef de Gouvernement avec des slogans hostiles.

Aziz Akhannouch avait une occasion en or pour récupérer l’image extrêmement positive de l’exploit des Lionnes de l’Atlas durant la CAN féminine organisée par le Maroc.

Les appels des ultras sur les réseaux sociaux ont pris une proportion telle, que les organisateurs ont décidé d’annuler la présence de Aziz Akhannouch et de confier la présidence de l’évènement sportif à M. Chakib Benmoussa, ministre de l’Education nationale, du Préscolaire et des Sports.

Chakib Benmoussa Préside la finale de la CAN au lieu du Chef du Gouvernement

Chouf TV et d’autres site d’information dites de proximités, ont pu vérifier par eux même et malgré eux, la colère de la rue contre le Chef du Gouvernement. Plusieurs supporters, principalement des jeunes, interrogés à l’entrée du complexe Moulay Abdellah de Rabat le jour du match, ont profité du micro qui leur été tendu pour critiquer ouvertement Aziz Akhannouch et demander son départ.

Ce phénomène révèle la profondeur de la crise de confiance qui s’est installée entre les jeunes, les populations les plus démunies et Aziz Akhannouch. Aussi, a-t-elle met en exergue l’absence de relais médiatiques autres que les réseaux sociaux pour faire entendre la détresse des marocains, malmenés par la crise économique.

3. Badria de Barlamane.com fait perdre le sommeil à Aziz Akhannouch

Il y a très probablement un avant et un après la vidéo publiée le vendredi 22 juillet par Barlamane.com, le site d’information qui fait trembler les responsables véreux.

Dans son rendez-vous hebdomadaire «Dirha Gha Zwina», Badria Atallah, a littéralement étrillé Aziz Akhannouch, allant jusqu’à s’interroger s’il n’était pas partie-prenante d’une conspiration contre l’État.

En vingt minutes, la vedette de Barlamane.com a énuméré tout le mal qu’elle pense ainsi que sa rédaction de Aziz Akhannouch :

  1. Les marocains ont fait un vote sanction RNI pour un refus total du PJD.
  2. Les marocains et Barlamane.com espéraient qu’une personne autre que Aziz Akhannouch soit Chef du Gouvernement.
  3. Aziz Akhannouch ne connait que dalle à la politique.
  4. Aziz Akhannouch fait dans le commerce des hydrocarbures et le commerçant ne pense qu’à son profit.
  5. Aziz Akhannouch n’est pas apte pour être un Chef de Gouvernement. Quand les marocains se sont appauvris durant le Covid, lui il s’est davantage enrichi.
  6. Même quand les températures augmentent, Aziz Akhannouche s’enrichit en vendant du gaz des climatisations.
  7. Au lieu de soutenir les prix des carburants à la pompe, Aziz Akhannouch a distribué du budget de l’Etat, 180 millions de dirhams aux transporteurs, qui ont acheté du carburant plein pot. Sa marge, celle d’Afriquia, a donc été préservée par de l’argent public.
  8. L’arrêt de la Samir a constitué un coup très dur au pouvoir d’achat des marocains. Une affaire puante en perspective.
  9. Avec Akhannouch comme chef de gouvernement, le Maroc va droit dans le mur.
  10. Nous avons le sentiment qu’il y a conspiration contre le pays. Les gouvernements qui n’écoutent pas la rue et la méprise, peuvent être considérés comme une menace pour la stabilité du pays.
  11. La justice doit ouvrir rapidement des enquêtes sur 1) le rapport du Conseil de la concurrence au sujet de l’entente sur les prix des hydrocarbures; 2) l’arrêt de la Samir; 3) les graves déclarations de Abdelilah Benkirane sur la Caisse de compensation; 4) les 60 millions de dirhams, coût de l’assurance sur les produits pétroliers décidée par Aziz Akhannouch à l’époque de son intérim au ministère de l’Économie et des Finances; 5) les 5 milliards de dirhams en devises, que Aziz Akhannouch aurait fait perdre au budget de l’état dont une affaire où est mêlé ses acolytes : Es-Said Choufani, Mohamed Boussaid et Hassen Derhem.
  12. «Aziz Akhannouch, dégage ou reprend tes esprits. Ton entourage ne t’aidera pas quand l’heure de la vérité sonnera. Jouer avec le feu, peut te mener, toi et le pays aux abysses».
  13. Nos experts sont affirmatifs : la situation est alarmante.
  14. Alors que le nord du Maroc est touché par des incendies, Akhannouch préfère aller se dandiner à son festival Timitar.
  15. «Akhannouch ! on ne joue pas avec le peuple. Regardez ce qui s’est passé au Sri Lanka et avec Ehud Olmert».
  16. Plus de 4 millions de marocains ont demandé la baisse des carburants, 1 million ont demandé le départ de Aziz Akhannouch et de milliers de marocains ont manifesté dans la rue.
  17. Le Maroc mérite-t-il un Chef de Gouvernement qui ne sait parler aucune langue ?

4. Les posts énigmatiques de Soufiane El Bahri

Le vendredi 22 juillet, au lendemain de la scandaleuse dépêche de la MAP, Soufiane El Bahri, celui qui ce présente toujours comme étant le Directeur des Pages du Roi Mohammed VI sur les réseaux sociaux, publie coup sur coup, deux posts sur Instagram et sur Facebook, suggérant une colère royal contre Aziz Akhannouch.

En effet, Soufiane El Bahri a partagé le très célèbre extrait du discours du Roi Mohammed VI prononcé le 29 juillet 2017 : «Si le Roi du Maroc n’est pas convaincu par certaines pratiques politiques, s’il ne fait pas confiance à nombre de politiciens, que reste-t-il, donc, au peuple ?»

«A tous ceux qui déçoivent les attentes du peuple, Je dis :  » Assez ! Ayez crainte de Dieu pour ce qui touche à votre patrie… Acquittez-vous pleinement des missions qui sont les vôtres, ou bien éclipsez-vous ! Car le Maroc compte des femmes et des hommes honnêtes et sincères envers leur pays. »»

Un discours historique qui a été suivi par un séisme politique et qui a couté la place à quatre ministres et a banni à vie cinq autres hauts anciens responsables.

Le glas a-t-il sonné pour Aziz Akhannouch ?

5. #Dégage_Akhannouch : du digital à l’IRL

La provocation de la communication Akhannouch accusant le mouvement #Dégage_Akhannouch d’imaginaire et fallacieux a poussé un bon nombre d’internaute d’exprimer leur mobilisation en dehors des réseaux sociaux.

En effet, Youtube s’est remplit de vidéos de personnes connues ou anonymes exprimant leur soutien à la campagne digitale anti cherté des carburants. D’autres, ont choisi de manifester leur mobilisation en collant les trois hashtags sur le par-brises de leurs véhicules.

Tandis que certains ont opté pour la parodie et la chanson à l’image de ce groupe de Dakka Marrakchia.

Timeline de la campagne #Dégage_Akhannouch

Mercredi 13 juillet 2022

Déclenchement de violents feux de forêts au Nord du Maroc

Cinq feux de forêt ont éclatés dans les régions boisées reculées du nord du Maroc

Jeudi 14 Juillet 2022

fb

Massive et soudaine «contestation digitale» contre la cherté de l’essence

Trois hashtags #7dh_Gazoil, #8dh_Essence, #Dégage_Akhannouch envahissant les réseaux sociaux

Vendredi 15 Juillet 2022

Aziz Akhannouch hué au Festival Timitar

A la 17e édition du Festival Timitar d’Agadir, clôturée hier samedi, des festivaliers ont repris des slogans appelant au départ du chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, en protestation contre les prix élevés du carburant et des produits de consommation de base.

Samedi 16 Juillet 2022

Timitar : Le RNIste Rachid Boukhanfer en état d’ébriété arrêté après avoir blessé 2 policiers

Les forces de l’ordre ont appréhendé, le 17 juillet, le vice-président RNIste du Conseil de la région d’Agadir, Rachid Boukhanfer, pour ivresse publique manifeste et provocation de troubles sur la voie publique. Refusant d’obtempérer, le protégé de Aziz Akhannouch a résisté à son arrestation, puis s’en est pris et blessé deux agents de la police.

Dimanche 17 Juillet 2022

Un thread d’un «exert» proche d’Al Jazeera sème le doute sur la campagne des hashtags

Marc Owen affirme avoir analysé près de 19.000 tweets entre le 14 et le 16 juillet 2022 et souligne que derrière la plupart d’entre eux se cachent de 522 faux comptes.

Dimanche 17 Juillet 2022

Anis Birou donne le la, et lance la diabolisation du mouvement

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Dimanche 17 Juillet 2022

Aziz Akhannouch confirme le départ de son responsable de communication

La conseillère presse et communication du chef du gouvernement quitte la Primature pour lancer son propre cabinet d’influence.

Mardi 19 Juillet 2022

LA SAMIR : RÉTROPÉDALAGE DE LEILA BENALI

La ministre de la Transition énergétique et du développement durable, Leila Benali, a affirmé, lundi à la Chambre des représentants, que son département examine les scénarios techniques et économiques pour aboutir aux solutions appropriées au dossier de la société de raffinage du pétrole “Samir”.

Mercredi 20 Juillet 2022

Les supporters de l’équipe nationale féminine s’organisent pour huer Aziz Akhannouch durant la finale de la CAN

Plusieurs appels sur les réseaux sociaux pour accueillir le Chef de gouvernement en scandant #Dégage_Akhannouch

Mercredi 20 Juillet 2022

Une vidéo d’un MRE aux USA crée le buzz

Hicham Solhi, marocain résidant aux États-Unis, menace Aziz Akhannouch de dévoiler des dossiers compromettant qui ont une relation avec Londres.

Jeudi 21 Juillet 2022

La MAP au secours de Aziz Akhannouch

L’agence de presse officielle publie une dépêche non signée qui énumère les éléments de langages défendant la société du Chef du gouvernement Afriquia et diabolisant les critiques populaires.

Jeudi 21 Juillet 2022

Chakib Benmoussa préside la finale CAN féminine à la place Aziz Akhannouch

Décision de confier la présidence de la finale de la CAN féminine au ministre du sport Chakib Benmoussa.

Vendredi 22 juillet

Les hashtags font leur apparition sur les pare-brises des voitures

Les internautes se sont donnés le mot et ont commencé à accrocher les hashtags #7dh_Gazoil,#8dh_Essence, #Dégage_Akhannouch sur les pare-brises de leurs véhicules.

Vendredi 22 Juillet 2022

Govern reçoit Khalil Hachimi Idrissi

Le chef du bureau de liaison israélien David Govrin s’affiche avec Khalil Hachimi Idrissi

Samedi 23 Juillet 2022

«L’expert» d’Al Jazeera revient sur ses déclarations

Obligé de réagir aux fortes interpellations des marocains, Marc Owen Jones a modéré ses analyses en affirmant que les faux comptes dont il a fait allusion ne sont pas derrière la campagne #Dégage_Akhannouch

Samedi 23 Juillet 2022

Le public de la finale CAN feminine remonté contre Akhannouch

A l’entrée du stade accueillant la finale CAN féminine le public a exprimé sa colère contre le Chef du Gouvernement

Lundi 25 Juillet 2022

L’USFP interpelle la MAP au parlement

Le Groupe parlementaire de l’USFP demande à la MAP de rendre des comptes au Parlement, suite à la publication de son article défendant Afriquia.

Aziz Akhannouch se déleste d’Ichrak Moubsit, l’attaché de presse qui lui a ruiné sa réputation

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C’est la fin d’une idylle. Il y a treize ans, Ichrak Moubsit, 3 ans et demi de journalisme dans le compteur, rejoignait le ministre de l’agriculture Aziz Akhannouch en tant que conseillère en communication et relations presse. En 2021, c’est la consécration. Elle est propulsée «Strategic Communication & PR» du nouveau et victorieux Chef du Gouvernement. Elle est même considérée comme sa DirCab defacto. (lire A Glasgow, Ichrak Moubsit s’impose à la tête de l’équipe Akhannouch – Africa Intelligence). Le compte de fée ne va durer que deux mois. Elle sera tenue responsable du naufrage télévisé de son patron, tourné au ridicule devant le monde entier.

Le premier milliardaire du Maroc, s’est subitement rendu compte qu’il se devait de professionnaliser sa communication et de tourner la page à l’amateurisme de sa conseillère. Akhannouch, a réalisé, après 14 ans de pratique politique et au prix le plus fort, que gérer l’organisation du SIAM, ou le lancement de Yan & One n’avait absolument rien à voir avec la gestion de la communication de la Chefferie d’un gouvernement en plus de celle d’un parti politique.

Fait aggravant, Ichrak Moubsit a installé la pratique de la relation de presse dite de «l’enveloppe». Une pratique amplifiée par les budgets pharaoniques qu’Akhannouch avait mis à sa disposition pour les élections de 2021. La multiplication des situations de crise et le contexte socio-économique tendu que traverse le Maroc à l’image de toute la planète, met en échec ce modèle, menaçant même l’écroulement de tout le gouvernement.

La décision est donc prise, Akhannouch renforce son équipe de Com’ par une professionnelle de la Communication Institutionnelle et des Relations Publiques, Meriem Alaoui, débauchée de Centrale Danone, puis d’une chargé des Affaires Publiques & E-réputation, Lamia Bouzbouz, débauchée quant à elle de Inwi.

Ichrak Moubsit est poussée à la porte. La version officielle est qu’elle se mettait à son compte en lançant son cabinet de relations publiques avec l’aide de Aziz Akhannouch. En effet, en juin elle créé «P.A Bridge», une SARL à associé unique, enregistrée à Casablanca et pourvue d’un capital de 100.000 dhs.

Annonce légale de la création de P.A Brigde

S’agit-il d’une prise de conscience tardive ou bien du fameux phénomène des rats qui quittent le navire quand le bateau commence à couler ?

La galaxie d’Aziz Akhannouch, une hécatombe

Le 26 septembre 2021, Jeune Afrique, publiait un article, ou plutôt un publi-reportage signé par toute l’équipe de rédacteurs de la campagne électorale prêtée par le journal panafricain, au titre élogieux : «Maroc : communicants, stratèges, éminences grises… La galaxie d’Aziz Akhannouch».

Neuf mois après, la galaxie d’Aziz Akhannouch s’est effondrée en un trou noir.

MHE, la politique… plus jamais !

MHE, étiqueté «Business Angel», divorce publiquement de la politique et son legs politique et ministériel se fait dilapidé au vu d’oeil par les guerres et les querelles de Mohcine Jazouli et Ryad Mezzour.

Moulay Hafid constituait un véritable danger politique pour Aziz Akhannouch. S’il était «Business Angel» pour plusieurs entrepreneurs marocains, pour l’actuel Chef de gouvernement, c’était le «Death Angel». C’est pour cela, qu’Akhannouch a tout fait pour l’éliminer du paysage politique.

Mbarka Bouaida, quel gâchis cette fille!

Mbarka Bouaida, qualifiée par Jeune Afrique de «la patronne du Sud», a été sacrifiée avant même qu’elle puisse exercer ses fonctions. La responsabilité incombe entièrement à Akhannouch et au du SG du PAM Abdellatif Ouahbi, qui ont géré de manière calamiteuse le drame «Abdelouahed Belfkih». Mbarka, un HiPo gâché par Mezouar, va ternir davantage son image en cédant aux pressions de son parti et accorde un marché d’une valeur de 14 millions de dirhams, en pleine crise économique, au cabinet conseil SouthBridge. Lequel cabinet est détenu par un ancien membre du bureau politique du RNI, Hassan Belkhayat.

Mustapha Baïtas, zéro pointé !

«Mustapha Baïtas, l’avenir», titrait Jeune Afrique. Une blague qui s’est vérifiée dès les premiers points de presse du gouvernement. De l’avis général, le porte-parole du gouvernement n’arrive pas au niveau du dernier chef de service de son département.

Wafaa Jamali, secrétaire générale du gouvernement, une hérésie !

Wafaa Jamali, secrétaire particulière d’Akhannouch et sa femme de confiance, se retrouve subitement Secrétaire Générale du Gouvernement. Une hérésie totale, au vu des profils qui se sont succédés à ce poste depuis l’indépendance du Royaume. Sa seule qualité pour ce poste, sa discrétion et sa loyauté totale à son bienfaiteur.

Mohamed Aujjar, «Smer Ya Nmer» !

Jeune Afrique estimait que le seul ami sur qui Aziz Akhannouch pouvait compter au sein du parti du RNI était Mohamed Aujjar. L’ancien ministre de la justice, un fin politique, a vite désenchanté. La horde d’opportunistes, d’affairistes et de lèche-culs qui entourent en permanence Akhannouch, l’a dissuadé ainsi que son clan bien constitué au sein du parti, de se mouiller pour son «ami». La politique d’Aujjar depuis les premiers mois de l’investiture est «Wait & See».

Youssef Aït Akdim, le team leader des rigolos

Youssef Aït Akdim était sensé être le stratège de la communication politique d’Akhannouch. Il a d’ailleurs été le team leader de la «Journalist & content squad» de la campagne.

Le problème est que ce journaliste n’a jamais assumé son rôle. Son personnal branding bâti, durant le printemps arabe, autour du mythe de la plume libre qui lui ouvrait les colonnes de quelques supports français notamment LeMonde, était en danger.

L’offre d’Akhannouch était tellement alléchante, qu’il a décidé de troquer sa pensée «dite libre» et critique contre le cigare du directeur de communication du premier milliardaire marocain.

C’est le jackpot de sa vie.

Youssef Aï Akdim, s’est fait tellement de tunes qu’il n’aurait pu amasser durant toutes sa carrière de journaliste. De plus, le job était tellement facile, il était entouré de rigolos, prêts à le suivre au casse-pipe. Et ça na pas raté.

Les scandales vont se succéder, jusqu’à ce qu’il va être pris la main dans le sac suite à la publication d’une tribune signée par Aziz Akhannouch, mais écrite par un Think-tank constitué de petits rigolos et d’imposteurs.

Complètement cramé au Maroc et en France après les dénonciations de l’islamologue Rachid Benzine et du célèbre sociologue Edgar Morin, Youssef Aït Akdim panique et cherche à tout prix de se racheter une virginité auprès de LeMonde. Le cahier de charge est clair, s’attaquer aux institutions du Royaume.

Aït Akdim s’exécute et publie un tweet dans ce sens. Akhannouch se précipite de faire disparaître son protégé des radars. Officiellement, Ait Akdim quitte la Com’ de la campagne d’Akhannouch et s’exile en France. Officieusement, il perçoit toujours sa rémunération et travail en distanciel pour le Chef du Gouvernement.

Ali Bedar, #MeToo

Ali Bedar, est membre de la galaxie Akhannouch, que Jeune Afrique a choisi de taire le nom. Et pour cause, le jeune homme si fière de sa moustache bien taillée, a été accusé de viol d’une journaliste française. Akhannouch et Aït Akdim ont essayé d’étouffer l’affaire. Une gestion de crise chaotique, qui leur a pété à la gueule. Décidément, Ssi Aziz a le don de choisir ses collaborateurs.

Amina Benkhadra, omerta sur l’autre plus grand scandal de conflit d’intérêt de la carrière d’Akhannouch

Une autre personne clé de la galaxie Akhannouch, que Jeune Afrique a «oublié» de mentionner dans son «publié-reportage» est Amina Benkhadra. Cet «oubli» est volontaire, car il mettrait à nu la triste vérité. Celle de l’autre plus grand scandal de conflit d’intérêt dont lequel Aziz Akhannouch est empêtré jusqu’au cou. Au même titre sinon plus grave que l’entente sur les prix du carburant.

Amina Benkhadra, membre du bureau politique du RNI et présidente de l’organisation des femmes du RNI, n’est autre que la DG de l’ONHYM. L’unique personne qui délivre les permis d’exploration et d’exploitation des gisements d’hydrocarbures du pays. Alors que l’un des principaux bénéficiaires de ces permis est Sound Energy, la société dont laquelle est actionnaire, Aziz Akhannouch à hauteur de 10% et à laquelle il vient d’octroyer à travers Afriquia un prêt de 18 millions de dollars.

Que fait-on également du délit d’initié ? Que penserait les sociétés opérant des recherches au Maroc, s’ils se rendent compte du risque de fuite d’information vers leur concurrent, Sound Energy ?

Hégémonique, Akhannouch ne se contente pas de s’assurer des services d’Amina Benkhadra, il recrute l’ex DRH de la Samir, Mohamed Ghiat, et le propulse président du groupe parlementaire du RNI. Une date morale et politique qui alimente la polémique et les soupçons d’interférence d’Akhannouch dans l’affaire «La Samir».

Amina Benkhadra participe aux côté d’akhennouch en sa qualité du SG du RNI au congrès du Parti populaire européen à Rotterdam -Juin 2022

Ichrak Moubsit, une deepfake

Quand les journalistes d’Africa Intelligence et de Jeune Afrique, louent «le rôle central» de Ichrak Moubsit dans la victoire du RNI aux élections du 8 septembre, c’est ou bien ils ont été payés pour l’écrire ou bien ils ignorent complètement la vérité. Le fait est que cette jeune femme sans aucune expérience autre que le doux cocon aseptisé de l’univers Akhannouch, a sous-traité l’intégralité de la communication aussi bien du ministère de l’agriculture que du RNI à Fatim Zohra Outaghani, l’agence PR Média.

Nos lecteurs doivent savoir que l’entourage proche de Aziz Akhannouch, est un véritable panier à crabes. Des individus souvent faibles en compétence qui se haïssent et cherchent systématiquement à se nuire les uns les autres. Ils sont grassement payés, souvent mieux que des ministres et vivent dans le faste de leur bienfaiteur, le milliardaire Akhannouch.

Au premier vol dans le Jet privé personnel du patron, la perversion s’installe, poussant progressivement ces individus à la transgression des limites de la loi morale, juridique et symbolique.

Exemple concret de l’état d’esprit des membres de l’équipe Akhannouch, est ce message laissé par Ichrak Moubsit sur le mur de la compagnie aérienne Air France. Outre le fait qu’une simple conseillère dans un cabinet ministériel, dont le salaire officiel ne dépasserait pas 10.000 dh, puisse se payer un billet aller-retour, Casa-Paris-New York- San Francisco, cette interaction avec la compagnie française est la parfaire illustration de cette perversion qui gangrène la galaxie Akhannouch.

Cette ambiance de faste, de paillette, de gabegie, de luxe et de jets privés, contrastait avec le sérieux de l’agence d’image historique d’Akhannouch, Arietis. Ichrak Moubsit ne pouvait supporter le gap intellectuel et métier manifeste de la fondatrice de cabinet, Mouna Yacoubi. Un sentiment d’infériorité, qui a donné lieu au recrutement de PR Média, l’agence de Yan & One et d’Afriquia. L’agence de la copine à Mme Akhannouch.

L’entrée en scène de PR Média, va chambouler la communication du ministre Akhannouch. Progressivement, Fatim Zohra Outaghani va installer une machine de propagande et d’événementiel. Exit la stratégie, la politique et la retenue, welcome aux paillettes et aux influenceurs.

C’est ainsi, que nous avons assister à des aberrations de communication, quand des bimbos d’Instagram alternaient une story sur le dernier arrivage mascara Yan & One, un «3acha Aziz Akhannouch» et la vente privée de l’étage luxe du Morocco Mall.

PR Média a gagné beaucoup d’argent grâce à Aziz Akhannouch et à Ichrak Moubsit. Rien que pour le contenu du site web du ministère de l’agriculture, le contribuable marocain a décaissé pas moins de 4 millions de dhs. Sic!

Quand au déploiement terrain de la campagne électorale, c’est Amine Faris, le numéro 2 de PR Média qui va gérer toute la campagne d’Akhannouch. Laissant Ichrak Moubsit vaquer à ses occupations personnelles, notamment le dépôt de la marque «Morocco Heritage» avec le co-fondateur d’Africa Advisors, Belrhiti Talal, pour la commercialisation de tous les produits qui rentrent sous tutelle du Ministère de l’agriculture.

D’ailleurs, tout l’engagement électoral de Moubsit se résume en ces orphelins posts Facebook.

L’euphorie de l’action et la proximité quotidienne avec les équipes d’Akhannouch ont fini par pervertir davantage PR Média.

Être l’agence officielle du parti du futur Chef de Gouvernement, de son ministère et de tous ses business, ça monte vite à la tête.

En effet, en plein crise sanitaire, Amine Fares, gonflé à mort par les réunions avec Akhannouch, l’ami du Roi, s’est mis dans la tête de mener une campagne médiatique hostile contre les forces de l’ordre et les autorités de Casablanca. Un propriétaire de l’un bars huppés de la ville, a mandaté PR Média pour dénoncer dans la presse les descentes des autorités qui contrôlaient le respect des règles sanitaires dans les endroits fermés.

On marche sur la tête. PR Média, l’agence du futur Chef du gouvernement appel à l’insurrection et au non respect de l’urgence sanitaire !

Chouf TV se charge d’adresser le carton jaune à l’agence d’Akhannouch et signifie clairement à Fatim Zahra Outagani et à Amine Fares le terrain glissant sur lequel ils se sont engagés.

PR Média réagit à cette alerte avec le même esprit d’indifférence et de suffisance d’Aziz Akhannouch dans sa gestion des affaires de l’Etat.

Quelques semaines plus tard, toujours grâce à la proximité d’Akhannouch, PR Média décroche, dans des conditions encore confuses, le marché de la campagne nationale de sensibilisation à la vaccination contre le Covid-19 .

Amine Fares prend le téléphone et appelle les supports de presse concernés par la campagne. La condescendance et le ton hautin du numéro deux de PR Média vont finir par irriter les directeurs de publication des journaux les plus influents de la place.

Ainsi, pour la première fois de l’histoire du Royaume, la presse se met en ordre de bataille et annonce son refus catégorique d’adhérer à une campagne nationale de l’Etat. «Il faut d’abord combattre PR Média avant de combattre le Covid» écrit Driss Chahtane dans un édito assassin sur Chouf TV.

La réaction saine de la presse a eu son effet immédiat. Le marché est officiellement retiré à PR Média.

Ichrak Moubsit n’a pas seulement pervertit PR Média et Amine Faris mais également la pratique journaliste dans le pays. Des montants astronomiques ont été déversés dans la presse tout le long des quatre années de la campagne d’Akhannouch. On parle d’une enveloppe de 500 millions de dirhams qui aurait été mise sur la table. L’effet anesthésiant de cette montagne d’argent a atténué la critique et a saturé le paysage avec du contenu pro-Akhannouch.

La stratégie de l’enveloppe est devenue la règle.

Pour avoir une idée sur les budgets dont disposaient Ichrak Moubsit et PR Média durant la campagne électorale, nous vous invitons à revenir à l’un des vidéos de Mayssa Salama Naji. La virulente opposante au Chef du Gouvernement, déclare avoir été contactée par Amine Fares qui lui a proposé 1 millions de dirhams uniquement pour qu’elle se taise!!

Mais le premier test qui va révéler au grand jour la supercherie Ichraq Moubsit est l’organisation de la première sortie médiatique du Chef du Gouvernement, sommé par l’opinion publique de sortir de son terreau et de présenter son bilan des 100 jours. Le résultat est un naufrage médiatique et politique monumental.

Pire, Ichrak Moubsit va ruiner la réputation de Aziz Akhannouch. Elle va tellement l’exposer aux journalistes, payés au prix fort pour l’aider à préparer l’interview, qu’une fois l’entretien est diffusé, les langues vont se délier. Ce qui nous a été remonté est scandaleux. «Trois jours qu’on répète, il n’a rien retenu. Il est vraiment …» a confié l’un des coachs.

Ichrak Moubsit a également été l’architecte de la plus grande humiliation d’un parti politique dans l’histoire du pays. Elle a eu l’ingénieuse idée de regrouper l’ensemble des parlementaires du RNI après la fin de la 1ère session parlementaire pour des ateliers de formation et de média training.

Sauf que, ces parlementaires souvent transfuges d’autres partis, se sont retrouvés face à des journalistes qui leur apprenaient le béaba de la pratique politique et leur tirer les oreilles sur leur manque d’engagement pour le parti. Puis face au directeur stratégie de PR Média, un gamin reconverti en donneur de leçon et de marketing politique.

Au bout de trois journées logés, nourris, et insultés, dans de grands palaces, ils ont eu droit à la question fatidique «Pourquoi vous ne défendez pas notre Président? », puis à la consigne et l’objectif premier de cette rencontre «Il faut désormais défendre Aziz Akhannouch».

Morale de l’histoire, Aziz Akhannouch n’est pas apte à gérer le pays. Il doit présenter sa démission et doit surtout rendre des comptes.

INSS : La visite de Joe Biden au Moyen-Orient, une occasion en or!

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Il aura fallu près de dix-huit mois au président Joe Biden, qui arrive ce mercredi à Jérusalem au début d’un court voyage régional au Moyen-Orient, pour programmer une visite dans la ville sainte d’Al Qods. Il se rendra ensuite en Arabie saoudite. Son prédécesseur, Donald Trump, avait fait de Jérusalem l’une de ses premières destinations étrangères, s’y rendant quatre mois après son installation à la Maison Blanche. Pour se différencier de Trump, Biden s’est efforcé d’atténuer l’intensité de l’attitude de l’administration précédente à l’égard d’Israël et de rééquilibrer les relations avec les Palestiniens. Dans ce contexte, les chercheurs de l’Institute for National Security Studies (INSS) de l’université de Tel-Aviv, ont publié un rapport sur cette importante visite. Selon l’étude, le voyage du président Biden en Israël, qui vise à souligner l’engagement des États-Unis en faveur de la sécurité d’Israël, offre «une occasion en or pour Jérusalem» sur des questions telles que l’Iran, la campagne de l’entre-deux-guerres et l’Arabie saoudite. Le plus riche pays arabe figure également sur l’itinéraire de Joe Biden durant lequel le président tentera d’obtenir des gains économiques immédiats.

The Institute for National Security Studies (INSS) est classé premier groupe de réflexion en Israël, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Dirigé par l’ancien chef de la direction du renseignement militaire de l’armé israélienne (Tsahal), le général de division Tamir Hayman, l’INSS concentre ses recherches et ses travaux sur la sécurité et les affaires militaires et stratégiques au Moyen-Orient, ainsi que sur la cyberguerre.

Le général de division, Tamir Hayman, Directeur Général de l’INSS.

Dans l’un de ses derniers rapports rendus publics, le centre de recherche explique dans le détail les enjeux de la visite tant attendue du président américain au Moyen-Orient. Joe Biden ayant programmé deux escales importantes, la première en Israël et la seconde en Arabie saoudite, INSS analyse avec beaucoup de pragmatisme l’objectif de chacune de ces escales.

«La prochaine visite du président Biden en Israël reflète son désir de démontrer une fois de plus son engagement exceptionnel envers Israël, tandis que sa visite en Arabie saoudite vise à faire avancer les intérêts américains immédiats : influencer les prix du pétrole, restaurer la position des États-Unis au Moyen-Orient et étendre la coordination militaire régionale vis-à-vis de l’Iran», explique d’emblée le tank tank.

Lors de ses rencontres avec les dirigeants palestiniens, le président réitérera son engagement en faveur d’une solution à deux États, mais on ne s’attend pas à une percée politique, affirme l’INSS. Dans le changement d’approche de l’administration vis-à-vis de l’Arabie saoudite, il existe une opportunité pour Israël de démontrer son potentiel en tant qu’atout et de bénéficier des possibilités qui en découlent.

L’Iran sera au centre de la visite du président dans la région, souligne le rapport. L’avenir de l’accord nucléaire n’est toujours pas clair, et l’administration est consciente de la nécessité de se préparer à une réalité où il n’y aurait pas d’accord et où l’Iran poursuivrait un programme nucléaire actif.

Une coordination étroite entre Israël et les États-Unis est impérative, alertent les rédacteurs du rapport. Israël devrait s’efforcer avec l’administration Biden de définir des lignes rouges, et des réponses politiques, économiques et militaires si elles sont franchies. En outre, Israël devrait s’assurer du soutien continu des États-Unis à la «campagne entre les guerres» et, en coordination avec les États arabes, souligner la valeur de la présence américaine en Irak et en Syrie.

INSS ne croit à aucun développement de la question palestinienne

Le président américain Joe Biden s’envole ce mercredi au Moyen-Orient pour une visite de trois jours du 13 au 16 juillet 2022. Il se rendra en Israël et sur le territoire de l’Autorité palestinienne, puis s’envolera directement pour Djeddah, en Arabie saoudite, où il rencontrera les dirigeants saoudiens et assistera à un sommet du CCG+3, composé des dirigeants du Conseil de coopération du Golfe, auxquels se joindront les chefs d’états égyptiens, jordaniens et irakiens.

INSS estime qu’au vu de la conjoncture internationale et de la fragilité du paysage politique israélien, Biden ne compte pas à arracher une quelconque avancée sur le dossier palestinien.

La décision de Biden de se rendre en Israël, prise il y a quelques mois et avant que l’Arabie saoudite ne soit ajoutée à l’itinéraire, reflète avant tout son désir de souligner une fois de plus son engagement personnel exceptionnel envers Israël, et sa volonté de «renforcer l’engagement inébranlable des États-Unis envers la sécurité et la prospérité d’Israël», écrit INSS.

«L’importance de la visite réside dans son occurrence même, d’où son intention de faire le voyage malgré les développements politiques en Israël» analyse le rapport.

Lors des réunions avec les dirigeants palestiniens, l’administration réitérera son engagement en faveur d’une solution à deux États, mais il n’y a aucune attente d’une percée politique.

Visiter Israël, une importance personnelle de Biden. Visiter l’Arabie saoudite, une priorité pour son administration

Si la visite en Israël est importante pour Biden sur le plan personnel, souligne le rapport de l’INSS, l’administration américaine, attache par contre beaucoup d’importance à la réussite de la visite en Arabie saoudite.

Le président a accepté cette visite après de longues délibérations et conscient des critiques considérables qu’elle suscite, principalement sur la scène intérieure américaine, compte tenu de la position ferme de Joe Biden concernant l’implication du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane dans le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi.

Cependant, la réalité géostratégique émergente pousse l’administration à privilégier une approche réaliste plutôt que «l’attachement aux valeurs». La crise économique mondiale, causée en partie par la guerre en cours en Ukraine, affecte directement les États-Unis, faisant atteindre de nouveaux sommets à l’inflation et renforçant les craintes d’une grave récession.

Les élections de mi-mandat au Congrès en novembre 2022 et le risque palpable de perdre la majorité démocrate ont fait comprendre à l’administration Biden qu’un changement d’approche est nécessaire, notamment dans la stratégie concernant le Moyen-Orient, afin d’avoir un impact positif sur les prix du pétrole. Néanmoins, il est encore trop tôt pour évaluer si cela représente un renversement des priorités de l’administration et une nouvelle volonté et capacité à investir des ressources dans la région.

Objectifs de la rencontre Biden-MBS

De nombreuses questions figurent à l’ordre du jour américano-saoudien et il est peu probable qu’il soit possible de toutes les résoudre au cours de la visite, estime l’INSS.

Toujours selon le Think tank, les objectifs de la visite sont les suivants :

Baisse des prix du pétrole

Joe Biden cherche à obtenir une baisse des prix du pétrole grâce à un engagement clair de l’Arabie saoudite à augmenter sa production au fil du temps.

Selon l’administration Biden, un tel engagement, même s’il n’a pas d’impact immédiat sur les prix, véhiculera une stabilité qui aura un impact positif à long terme.

Restaurer la position des États-Unis au Moyen-Orient

L’administration Biden veut restaurer la position des États-Unis au Moyen-Orient et faire comprendre aux pays arabes, et en particulier aux pays du Golfe, qu’ils peuvent compter sur les États-Unis comme principal allié. Cela remettrait en cause l’idée qui s’est développée au cours de l’année écoulée selon laquelle les États-Unis se déconnectent du Moyen-Orient, et l’intention consécutive des pays de la région de se tourner vers l’Est, notamment vers la Chine.

Alignement sur le dossier iranien

Biden souhaite établir un plan pour étendre la coopération avec les pays du Golfe et d’autres pays arabes sur la question de l’Iran, autant que possible en coordination avec Israël.

«Il est clair pour l’administration Biden que dans un contexte où les perspectives de renouvellement de l’accord nucléaire sont minces et où l’Iran continue de progresser dans son programme nucléaire – et même si un accord est conclu – les pays de la région attendent des États-Unis qu’ils présentent un plan d’action qui préservera leurs intérêts», souligne le rapport de l’INSS.

Et d’ajouter : «Il semble que l’administration ait également intérêt à partager la charge du traitement de l’Iran avec les États de la région et à les empêcher de prendre des directions qui ne correspondent pas aux intérêts américains».

Normalisation entre l’Arabie saoudite et Israël

Selon l’INSS, l’administration américaine voudrait faire progresser les mesures de normalisation régionale, notamment entre l’Arabie saoudite et Israël.

À ce sujet, le think tank rapporte les déclarations de personnalités américaines faisant état d’une feuille de route pour la normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite, qu’aurait préparer l’administration Biden.

De hauts responsables de la défense d’Israël et d’Arabie saoudite se seraient récemment rencontrés en Égypte sous les auspices des États-Unis, révèle l’INSS.

«Il a également été rapporté que, lors de sa visite, le président Biden discuterait avec ses hôtes d’une vision pour une défense antimissile et navale intégrée» affirme la même source.

Une dossier que les rédacteurs de l’INSS croient être d’une grande importance pour le président Biden. Il est primordial qu’avant les élections de mi-mandat, il soit crédité de l’avancement de cette mesure politique réussie, ont-ils écrit.

Recommandations pour Israël

  1. Faire comprendre à la région que les États-Unis ne se désengagent pas de la sécurité d’Israël

La visite du président Biden en Israël est une étape importante qui devrait contribuer de manière significative à faire comprendre dans la région et au-delà que les États-Unis continuent de soutenir Israël et que les dirigeants américains sont engagés dans la sécurité et le bien-être d’Israël.

Ce message revêt une importance particulière à l’heure actuelle, étant donné le sentiment dominant que l’administration est désireuse de se déconnecter de la région. Même si la visite est principalement symbolique, elle s’inscrit dans une longue série d’entretiens tenus au cours de l’année écoulée qui symbolisent la direction que l’administration esquisse et l’importance qu’elle accorde au dialogue permanent à tous les niveaux avec le gouvernement israélien.

  1. Garder de bonnes relations avec l’administration Biden

Israël a un intérêt évident à maintenir le pragmatisme et l’intimité qui caractérisent les relations actuelles, d’autant plus que l’administration Biden a pris soin de ne pas utiliser les désaccords comme un moyen de pression. Pour sa part, Israël doit veiller à ce que sa conduite se poursuive dans cet esprit.

«Le dialogue discret engagé entre Israël et les Etats-Unis depuis un an a permis une présentation franche des positions, même contrastées».

Sans faire référence à la méthode de Benjamin Netanyahu dans la conduite des relations avec Washington, INSS recommande au gouvernement israélien de maintenir le dialogue avec l’administration Biden tout adoptant des positions fermes quand à l’intérêt suprême d’Israël.

«Les deux pays (Israël et les Etats-unis, ndlr) doivent comprendre clairement les intérêts partagés et divergents. Ils doivent se doter de la capacité de surmonter les désaccords et de formuler une politique commune est dans l’intérêt suprême d’Israël» souligne le rapport du Think tank.

Dans ce contexte, il est recommandé que les décideurs en Israël aient une image claire des intérêts et des priorités de l’administration américaine, notamment dans le contexte de la concurrence avec la Chine et de la guerre en Ukraine, et que la politique israélienne tienne compte de ces intérêts autant que possible.

«L’objectif est de renforcer la compréhension de l’administration, et du Congrès, qu’Israël est un allié des États-Unis tout comme les États-Unis sont un allié d’Israël», précise la même source.

  1. Imposer ses lignes rouge à Biden vis-à-vis l’Iran

La question de l’Iran sera au centre de la visite du président dans la région. Malgré la reprise des négociations sur l’accord nucléaire, il est loin d’être certain qu’un accord sera conclu.

L’administration Biden est consciente qu’elle doit se préparer à une réalité où il n’y aurait pas d’accord, alors qu’un programme nucléaire actif se poursuit en Iran.

Une coordination étroite entre Israël et les États-Unis est impérative, et avec l’administration, Israël devrait s’efforcer de définir des lignes rouges ainsi que de convenir à l’avance de réponses politiques, économiques et militaires si elles sont franchies.

En parallèle, il est essentiel d’analyser les risques et les opportunités si l’accord est renouvelé. En même temps, la visite de Joe Biden devrait refléter la poursuite de la planification conjointe concernant une campagne contre l’Iran.

Même si Israël peut développer la capacité d’agir de manière indépendante, il est très important de renforcer la coordination avec les États-Unis dans la sphère opérationnelle et le soutien américain aux actions israéliennes, en partie comme levier sur l’Iran.

La guerre en Ukraine a prouvé qu’il existe sur la scène internationale une intolérance à l’égard des agressions militaires unilatérales (et c’est ainsi que toute opération militaire en Iran sera perçue par ceux qui la regardent depuis les coulisses).

INSS

Que l’accord nucléaire soit renouvelé ou non, la visite du président Biden vise également à renforcer la coordination régionale face aux efforts continus de l’Iran pour s’implanter dans toute la région et pour étendre son utilisation de missiles et de drones. Sur cette question, il est important d’assurer le maintien du soutien américain à la «campagne d’entre-deux-guerres» d’Israël et, en coordination avec les pays arabes, de souligner au président l’intérêt de maintenir la présence américaine en Irak et en Syrie.

Priorité pour la normalisation avec l’Arabie saoudite. L’Otan Moyen-oriental peut attendre

«La visite de Joe Biden a le potentiel d’approfondir la tendance à la normalisation entre Israël et les pays arabes en général, et l’Arabie saoudite en particulier» affirme le rapport de l’INSS.

Même si les chances d’établir une alliance régionale de l’OTAN sont faibles, la formulation d’une feuille de route pour des relations plus étroites entre Israël et l’Arabie saoudite est stratégiquement importante pour toutes les parties.

Pour sa part, Israël ferait bien de s’attacher à trouver des idées de mesures secrètes et publiques qui permettraient aux Saoudiens de franchir plus facilement le Rubicon et de faire progresser les relations bilatérales à un rythme qui leur convient. Une percée dans les relations israélo-saoudiennes serait considérée comme un juste retour des choses pour les efforts du président Biden, recommande l’INSS.

«La visite du président Biden en Israël et dans la région est l’occasion de renforcer la sécurité nationale d’Israël sur la base d’une démonstration claire et prononcée de l’engagement des États-Unis à son égard. Le changement d’approche de l’administration à l’égard de l’Arabie saoudite – bien qu’il soit le résultat de nouvelles circonstances internationales – comprend une opportunité pour Israël de démontrer son potentiel en tant qu’atout et de bénéficier des possibilités que ce changement implique» conclut le rapport.

Les six commandements d’Ahmed Charaï pour forcer Poutine à quitter l’Ukraine

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Comment faudrait-il mettre fin à la guerre qui s’éternise ? Fissuré, le front atlantiste peut-il forcer la Russie de Poutine à quitter l’Ukraine sans escalade aucune ? Des questions qui nous taraudent l’esprit et auxquelles, le directeur de publication du The Jerusalem Strategic Tribune, M. Ahmed Charaï propose une batterie de recommandations. Articulée autour de six axes, la vision de M. Charaï défend le principe d’unité internationale pour soutenir une Ukraine indépendante, souveraine et démocratique. Il plaide également pour un rôle plus engagé et une politique étrangère cohérente des États-unis pour maintenir et promouvoir un ordre international juste et durable.

Lorsque la Russie de Poutine a envahi l’Ukraine le 24 février dernier, elle espérait s’emparer du pays en une attaque éclair qui ne durerait que quelques jours ou quelques semaines. De nombreux analystes occidentaux le pensaient aussi.

Il n’y a pas eu de victoire rapide pour les puissantes forces du président russe Vladimir Poutine, pas de déroute qui permettrait au Kremlin de contrôler la majeure partie de l’Ukraine et d’établir un gouvernement.

Au lieu de cela, les troupes russes se sont enlisées dans les faubourgs de Kiev et d’autres grandes villes, au milieu de défenses ukrainiennes très solides. Les convois de blindés russes semblaient bloqués sur de longs tronçons d’autoroute. Les troupes se sont retrouvées à court de fournitures et d’essence, devenant des cibles faciles.

Un peu plus d’un mois après l’invasion, la Russie a effectivement reconnu l’échec de son blitz et a retiré ses troupes des zones proches de Kiev, déclarant un changement d’orientation vers la région industrielle orientale du Donbas, où les séparatistes soutenus par Moscou combattent les forces ukrainiennes depuis 2014.

«La guerre a commencé, dans l’esprit du président russe Vladimir Poutine, par deux grandes idées fausses. La paix ne viendra que lorsque le dirigeant russe admettra qu’il s’est trompé à leur sujet» entame Ahmed Charaï son analyse parue ce jeudi sur la revue américaine The National Interest.

«Poutine pensait pouvoir s’emparer de Kiev en deux jours. Il croyait que l’Ukraine était essentiellement une grande Biélorussie, où le nationalisme est tiède et désorganisé, et où l’incursion armée de Poutine, en faveur d’une marionnette russe impopulaire, était plus courte que la plupart des vacances européennes», poursuit l’éditorialiste.

M. Charaï affirme que le président russe s’attendait à ce que ses forces allait rencontrer une résistance symbolique en Ukraine et que son commandement total allait prendre peu de temps à s’établir.

«Si la résistance de l’Ukraine était farouche, il s’attendait à une répétition de la prise de la Crimée en 2014 – une guerre sanglante mais brève où l’Occident n’a tiré que des démarches diplomatiques, plutôt que d’expédier des roquettes et des obus d’artillerie à la tonne», souligne-t-il.

Les paris ratés de Poutine

Poutine imaginait également que son impressionnant et terrible déploiement de force intimiderait ou disperserait l’Union européenne et, par extension, l’OTAN. Les exportations de gaz de la Russie, il le savait, étaient vitales pour certains membres de l’UE, en particulier l’Allemagne, la plus grande économie d’Europe continentale et son bloc le plus important au Parlement européen.

La maître du Kremlin, écrit M. Charaï, a bâti sa stratégie d’invasion sur des paris qui se sont tous avérés perdants:

  • Enérgie

Poutine a parié sur le fait que les Européens ne reviendraient jamais sur la fermeture de leurs centrales nucléaires et à charbon, qu’ils n’augmenteraient pas leurs importations de gaz naturel en provenance des États-Unis et du Qatar et qu’ils ne prévoiraient pas de nouveaux pipelines en provenance d’Afrique du Nord ou du Proche-Orient.

«Il pensait que les sentiments pro-environnementaux de l’Europe rendaient ces changements impensables», affirme M. Charaï.

  • Militarisation de l’Allemagne et du Japon

Le plus choquant pour la pensée d’avant-guerre de Poutine a dû être le renversement abrupt de plus de soixante-dix ans de consensus sur les dépenses militaires en Allemagne et dans le lointain Japon. Longtemps soucieux de montrer au monde qu’ils ne seraient jamais des puissances militaires du type de celles de la Seconde Guerre mondiale, ces deux pays ont soudainement annoncé des budgets plus importants pour leurs forces armées, notamment les augmentations les plus fortes observées depuis la fin de la guerre froide.

Alors, comment le monde peut-il influencer Poutine pour qu’il se retire et non pour qu’il y ait une escalade ?

Les six commandments d’Ahmed Charaï

  1. Unité Internationale

La stratégie occidentale au début de l’invasion russe était essentiellement axée sur le fait de faire payer cher à Poutine sa guerre, car on le croyait pouvoir arracher rapidement une victoire. Cependant la résistance ukrainienne, fortement soutenue médiatiquement, financièrement et militairement par les États-Unis, le Royaume-Unis et d’autres pays de l’OTAN, a changé la donne. Poutine a été obligé de procéder à un retrait humiliant pour concentrer ses frappes dans l’Est et le sud du pays.

La guerre se prolonge et les crises alimentaires et énergétiques éclatent. C’est à ce moment là que les fissures dans le « bloc occidental » ont commencé à apparaître.

Deux groupes de pays au sein de l’UE vont émergés. La « nouvelle Europe », nom donné par Donald Rumsfeld, ancien secrétaire d’Etat nord-américain, au groupe de la Pologne et des pays baltes et la « vielle Europe » composée de la France, de l’Italie et de l’Allemagne.

Les États de la « nouvelle Europe » qui comptent sur le soutien de Washington ont adopté une posture très dure à l’égard de Poutine et voient dans l’invasion de l’Ukraine une menace directe pour leur sécurité. Les États-Unis utilisent, d’ailleurs, cette position pour poursuivre ses objectifs propres.

Si ce premier groupe fait de la défaite de Poutine un objectif, l’autre bloc européen estime que la Russie russe ne devrait pas être humiliée. l’axe Paris-Berlin-Rome, souhaite la victoire de l’Ukraine mais ne conçoit pas Moscou en dehors de tout nouvel ordre de sécurité construit en Europe.

C’est précisément cette désunion de l’Europe et d’autres pays de la planète que M. Ahmed Charaï estime être l’un des freins à la fin de la guerre.

« Le monde doit s’unir pour soutenir l’Ukraine en tant que pays indépendant, souverain et démocratique. L’annonce récente par l’Allemagne de son soutien à l’intégrité territoriale de l’Ukraine, y compris la Crimée, devrait mettre un terme à toute discussion sur l’échange de territoires contre la paix » écrit l’éditorialiste.

  1. Un plan Marshall pour la reconstruction de l’Ukraine

M. Charaï affirme que la croissance militaire et économique de l’Ukraine doit être encouragée et renforcée.

«Une Ukraine faible et vulnérable ne fera qu’inviter à une nouvelle agression russe. La reconstruction de l’Ukraine nécessitera des investissements considérables de la part du secteur privé. Mais les investissements du secteur privé dépendent d’un environnement généralement sûr» souligne-t-il.

Les États-Unis, poursuit M. Charaï, ont une occasion historique de construire avec leurs alliés la meilleure dissuasion contre une future agression russe et de contribuer à lutter contre la culture endémique de la corruption en Ukraine grâce à un mini plan Marshall bien conçu.

  1. Une politique étrangère américaine cohérente

C’est d’une constante du plaidoyer de M. Ahmed Charaï dans ses différentes interventions et analyses. Il s’agit de l’impact négatif sur l’ordre mondial de l’érosion de l’engagement des dirigeants américains en matière de politique étrangère.

«Ce qui s’érode depuis quelques années, c’est l’engagement des dirigeants américains à défendre, maintenir et promouvoir un ordre international dans lequel les nations observent des règles et des normes communes, adoptent des systèmes économiques libéraux, renoncent à la conquête territoriale, respectent la souveraineté nationale et adoptent des systèmes de gouvernement participatifs et démocratiques» insiste-t-il.

Et de poursuivre : «Dans un environnement mondial de plus en plus complexe, les États-Unis ne peuvent atteindre cet objectif qu’en tirant parti de leur force grâce à une politique étrangère cohérente qui répond aux défis posés par la Russie et la Chine. Pour ce faire, ils doivent délibérément renforcer et cultiver des relations productives avec leurs alliés, partenaires et autres nations ayant des intérêts communs».

  1. Adresser une offre attrayante pour contenir l’influence de la Chine

Les décideurs américains, toutes tendances politiques confondues, n’ont pas donné la priorité aux pays africains et de l’espace indopacifique, dans les plans de politique étrangère des États-Unis. Au contraire, l’intérêt limité de Washington pour l’Afrique principalement a manqué de coordination et est maintenant souvent perturbé par un concept mal défini «d’influence chinoise».

A ce titre, Washington a tout intérêt à s’attacher à développer une vision positive de l’avenir de leur rôle en Afrique et de l’espace indopacifique plutôt que de s’en tenir à critiquer l’engagement de la Chine sur ces régions du monde.

«Les États-Unis doivent offrir des alternatives politiques, économiques et sécuritaires attrayantes à l’influence de la Chine dans la région indo-pacifique, en Afrique et au-delà», recommande Ahmed Charaï.

  1. Maintenir le dialogue stratégique avec la Chine

Dans son dernier rapport sur Dialogue stratégique et économique entre les États-Unis et la Chine, le Comité national pour la politique étrangère américaine (NCAFP) révèle que que les processus de dialogue officiels ont permis d’atteindre bien plus de résultats qu’on ne le pense souvent et qu’ils constituent un moyen peu coûteux de faire progresser les intérêts américains de manière pacifique.

«Les États-Unis et la Chine continueront d’être en désaccord sur des questions fondamentales, mais devraient utiliser le dialogue direct pour exprimer ces préoccupations et réduire les malentendus et les perceptions erronées qui freinent la coopération sur le changement climatique mondial et le traitement et le rétablissement des pandémies», souligne le document.

Un an après, les relations entre les États-Unis et la Chine restent très tendues, malgré une politique moins ferme de la part de l’administration Biden. Une situation qui selon M. Charaï n’arrange pas le contexte international.

« L’administration américaine doit maintenir un dialogue stratégique productif avec la Chine permettant une communication claire des préoccupations essentielles des États-Unis tout en aidant les dirigeants américains à comprendre les intérêts et les objectifs de la Chine», affirme-t-il.

  1. Equilibrer entre les principes universels et les particularités régionales

Ce qui a toujours fait l’exception américaine, c’est cette politique chère à Henry Kissinger, celle d’aligner les stratégies des États-Unis sur les principes universels, au moment le reste de la planète se contentait à la promotion des intérêts nationaux.

«Les principes universels peuvent être combinés avec la reconnaissance de la réalité des histoires, des cultures et des perspectives des autres régions sur leur sécurité», recommande Ahmed Charaï.

Kissinger en avait d’ailleurs fait le fer de lance de sa vision de l’ordre mondial dans son livre publié en 2014 (World Order). « La célébration des principes universels doit aller de pair avec la reconnaissance de la réalité des histoires, des cultures et des points de vue d’autres régions sur leur sécurité.» a-t-il écrit.

« Nous devrions tirer les leçons de ces sages paroles et éviter de nous méprendre sur nos propres grandes fausses idées.» conclut M. Charaï son analyse parue sur The National Interest.

Ahmed Charai est l’éditeur de The Jerusalem Strategic Tribune. Il est membre du conseil d’administration de nombreux groupes de réflexion, dont l’Atlantic Council, l’International Crisis Group, le Center for Strategic and International Studies, le Foreign Policy Research Institute et le Center for the National Interest.

Les risques d’utilisation de l’arme nucléaire dans la crise ukrainienne

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La bataille autour de l’Ukraine s’éternise. Des armes neuves et d’autres équipements provenant de l’Union européenne et des États-Unis continuent affluent en Ukraine permettant aux forces ukrainiennes de continuer à se battre contre les russes. La bataille atteint ce que l’expert en résolution de conflits William Zartman appelle une situation «d’impasse douloureuse». L’équilibre des forces sur le terrain n’est pas complètement ou parfaitement symétrique, mais ce qui était autrefois considéré comme une asymétrie des forces complètement disproportionnée s’est progressivement rééquilibré, en faveur des forces ukrainiennes.

Analyse de Francesca Giovannini publiée par Bulletin of The Atomic Scientists -TheBulletin.org

La crise en Ukraine devient une guerre d’endurance

Les théories des relations internationales nous enseignent que les défenseurs ont un avantage stratégique. Ils connaissent le terrain sur lequel ils se battent, et surtout ils ont la volonté absolue de repousser l’attaquant.

Ce que les médias rapportent du terrain d’affrontement en Ukraine confirme largement ces thèses  théoriques. La compétence des militaires ukrainiens est encore renforcée par un niveau sans précédent de mobilisation et de résistance des civils.

Pendant ce temps, les forces russes rencontrent des difficultés considérables pour réapprovisionner leurs troupes déployées à l’avant. Les performances de l’armée sont visiblement insuffisantes. Aucun objectif stratégique n’a été atteint. Et pour la première fois depuis le début du conflit, les médias russes reconnaissent les premières victimes du pays. À mesure que la situation perdure, le moral des troupes russes s’effrite. Les combats se relâchent, les pertes continuent à augmenter du côté russe.

En règle générale, dans les situations d’impasse, selon Zartman, les coûts de la poursuite de la guerre dépassent (souvent de beaucoup) les avantages à en tirer. Pourtant, il est raisonnable de supposer que pour Poutine, perdre la guerre avec l’Ukraine n’est pas une option. Il a affirmé que l’Ukraine est une partie indivisible de l’identité et du territoire russes. En outre, avec deux tiers de l’ensemble des forces militaires russes sur le terrain, perdre une guerre contre ce qui est perçu comme une armée beaucoup plus faible entraînerait des coûts de réputation importants pour la Fédération de Russie et pour Poutine.

Ce dernier ne serait pas non plus disposé à accepter une solution négociée qui laisserait le régime actuel au pouvoir. Les coûts que Poutine a déjà été prêt à payer pour son invasion de l’Ukraine sont faramineux. Se contenter d’une victoire en demi-teinte semble très improbable. Pour que les coûts de l’invasion en valent la peine, Poutine a besoin d’une victoire décisive..

La question de savoir ce que «gagner» signifie pour Poutine entre en jeu

Les options de Poutine

Quelles sont les options dont dispose Poutine ? Une décision de Poutine d’utiliser des armes nucléaires tactiques ne semble peut-être plus complètement farfelue. En fait, il a ordonné dimanche aux forces nucléaires russes de passer à un état d’alerte plus élevé, bien que l’on ne sache pas très bien ce que cet ordre signifiait en termes pratiques. On pense généralement que les missiles nucléaires terrestres et sous-marins de la Russie et des États-Unis sont maintenus en état d’alerte élevé à tout moment.

Aujourd’hui, à l’heure où j’écris cet article, un scénario qui conduirait la Russie à utiliser des armes nucléaires en Ukraine semble improbable. Comme beaucoup d’autres, je fais trois hypothèses : la Russie a tout intérêt à ne pas détruire l’Ukraine, car Poutine veut l’occuper ; même si Poutine est un «voyou», il n’est pas assez fou pour briser le tabou de l’utilisation d’armes nucléaires en temps de guerre, tabou qui dure depuis 75 ans ; et les Russes disposent de nombreuses autres options pour soumettre l’Ukraine.

Mais ces hypothèses devraient peut-être être remises en question

Hypothèse 1 : Ne pas détruite l’Ukraine

Premièrement, l’hypothèse selon laquelle Poutine veut éviter de détruire l’Ukraine ne résiste guère à l’épreuve de la réalité. S’il est vrai que dans la première phase du conflit, les Russes ont pris des mesures pour réduire les coûts civils et la destruction des infrastructures, au cours des dernières 24 heures, les tactiques russes ont clairement changé de ciblage et de rythme. Le ciblage de bâtiments résidentiels, de gazoducs et de stations énergétiques montre à quel point les Russes ressentent désormais l’urgence du temps et la crainte de voir la résistance ukrainienne se coaliser. Plus le conflit s’éternise, plus les Russes devront s’intensifier pour briser la «détermination» des Ukrainiens. En fin de compte, une victoire décisive pourrait être plus importante pour Poutine que la préservation des infrastructures. Et si l’objectif de Poutine est de faire de l’Ukraine une zone tampon entre la Russie et l’Occident, limiter les dégâts sur le sol ukrainien pourrait finalement compter peu dans l’esprit de Poutine.

Hypothèse 2 : Poutine n’est pas assez fou pour utiliser l’arme nucléaire

En ce qui concerne la deuxième hypothèse : Jusqu’à quel point Poutine devrait-il être plus fou pour briser le soi-disant « tabou nucléaire » ? Il me semble qu’il a été prêt à briser le tabou de la souveraineté nationale plus d’une fois. Si je ne pense pas qu’il prendra la décision d’utiliser des armes nucléaires tactiques à la légère, je ne crois pas non plus que la crainte de briser un précédent (réel ou imaginaire) soit une contrainte pour lui. Il est également intéressant de noter que Poutine a fait référence à plusieurs reprises aux armes nucléaires au cours de cette crise. Dimanche, il a ordonné la mise en état d’alerte des forces nucléaires de son pays, en réponse, selon lui, aux déclarations agressives des pays occidentaux. Dans le discours qui a annoncé l’invasion de l’Ukraine, Poutine a affirmé que « l’Ukraine était sur la voie de l’acquisition d’armes nucléaires. » Il n’existe bien sûr aucune preuve pour étayer une telle affirmation, mais il est intéressant de noter la prééminence de l’argument nucléaire dans la pensée de Poutine. Plus important encore, les Russes envisagent apparemment une mesure de représailles pour contrer le soutien de l’Occident à l’Ukraine ; il s’agirait notamment pour la Russie de quitter le nouvel accord de contrôle des armes nucléaires START, qui plafonne les arsenaux nucléaires déployés des États-Unis et de la Russie – un geste sous-entendu samedi par l’ancien président russe Dmitri Medvedev, actuellement chef adjoint du Conseil de sécurité de la Russie.

Hypothèse 3 : Les Russes disposent de nombreuses autres options pour soumettre l’Ukraine

Enfin, nous savons que les Russes disposent encore de nombreuses options stratégiques conventionnelles et non nucléaires. Ils n’ont pas déployé toutes leurs capacités cybernétiques. Ils envoient davantage de chars. L’utilisation de drones en essaim et d’autres armes « exotiques » pourrait également être en phase de planification. Et plusieurs de mes collègues du Belfer Center l’ont souligné, la Russie dispose d’une puissance de feu suffisante pour détruire les villes ukrainiennes sans avoir à recourir aux armes nucléaires.

En outre, alors que cette guerre folle fait rage, des fenêtres pour la diplomatie et les négociations pourraient apparaître en cours de route. L’une d’entre elles s’est ouverte ce lundi, avec les pourparlers entre les délégations russe et ukrainienne qui se sont tenus en Biélorussie.

Arme nucléaire

Ce qui rend l’utilisation d’armes nucléaires tactiques plausible (bien que peu probable) à mes yeux, c’est leur valeur sans équivoque du message de Poutine. L’utilisation d’une ou de plusieurs armes nucléaires tactiques serait une tentative incontournable de Poutine de briser l’unité de l’Occident et de tester la détermination de certains pays de l’OTAN. Il signalerait également une fois pour toutes sa volonté de faire tout ce qui est nécessaire pour atteindre ses objectifs politiques et stratégiques.

Je ne prétends pas que ce soit un scénario probable, mais je m’inquiète.

J’ai célébré les victoires militaires des féroces et fiers Ukrainiens. J’ai pleuré devant les images diffusées à la télévision. J’ai haleté en lisant les messages du président Zelensky confirmant encore et encore sa volonté inébranlable de rester et de se battre avec le peuple ukrainien jusqu’à la fin. Mais un scénario plus inquiétant est en train d’émerger et avec lui un dilemme catastrophique pour le président Zelensky et l’Occident. Plus il résiste et plus l’Occident résiste, plus il risque de pousser involontairement Poutine à envisager de nouvelles escalades, y compris jusqu’au seuil nucléaire.

Zelensky doit-il se rendre et partir, dans l’espoir d’apaiser la Russie ? Ou doit-il continuer à se battre avec son peuple, avec l’aide croissante de l’Occident, pour défendre leur droit de vivre librement ? Le combat pour la liberté vaut-il le prix d’une éventuelle attaque nucléaire ?

C’est un dilemme existentiel sans solution parfaite, auquel personne ne devrait jamais être confronté. C’est un dilemme qui pourrait bientôt nous hanter tous, à moins que la raison ne soit restaurée par une diplomatie renouvelée.

Francesca Giovannini

Francesca Giovannini est la directrice exécutive du Project on Managing the Atom au Belfer Center for Science & International Affairs de la Harvard Kennedy School.
Elle est également chargée de cours au Centre for International Security and Cooperation de l’université de Stanford. Mme Giovannini a occupé le poste de responsable de la stratégie et de la politique auprès du secrétaire exécutif de l’Organisation du traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICEN), basé à Vienne. Avant d’être nommée à l’étranger, Mme Giovannini a travaillé pendant cinq ans à l’American Academy of Arts and Sciences de Boston en tant que directrice du programme de recherche sur la sécurité mondiale et les affaires internationales.

Irina et Touhfa attisent «les feux du désamour» entre Biden et MBZ devant notre porte

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Le 17 janvier dernier, Abu Dhabi fut le théâtre d’une attaque par drones des rebelles houthis du Yémen faisant trois victimes civiles. Un coup très dur, porté aux Émirats Arabes Unis qui puisent leur puissance du dynamisme de leur place financière et de la sécurité de leurs terres. Inattendue et spectaculaire cette agression a fait couler beaucoup d’encre. Pour plusieurs analystes, cet évènement est la confirmation du désamour chronique entre Joe Biden et Mohammed Ben Zayed. Ce dernier, se retrouve pour la première fois menacé et son pays non protégé. MBZ ne se faisait pas d’illusion sur la politique de la nouvelle administration américaine envers son régime. Avant même son investiture, Biden a déclenché les hostilités en arrêtant son lobbyeur Thomas Barrack et son conseiller George Nader, en bloquant le contrat de vente des F35 et en supportant le Qatar.

Il n’était que question de temps pour que ces vives tensions deviennent publiques et que leurs répliques arrivent jusqu’à notre pays. Aujourd’hui, tout porte à croire que nous y sommes.

Après des rumeurs sur l’échec de la dernière visite de Aziz Akhannouch à Abu Dhabi, deux phénomènes des réseaux sociaux se sont subitement mis à parler. Il s’agit de l’israélienne Irina Tsukerman et du YouTubeur marocain «Touhfa». Appartenant à deux mondes parallèles, rien ne semble les lier. Pourtant la semaine écoulée, ils se sont synchronisés pour que chacun de son côté tire à l’arme lourde sur les relations entre le Maroc et Israël d’une part et le Maroc et les Émirats Arabes Unis d’autre part. Irina Tsukerman s’en est pris à Nasser Bourita et Jared Kushner, tandis que Touhfa s’est chargé de Mansour ben Zayed et Tahnoun ben Zayed, deux hauts responsables émiratis. Une double-campagne lancée le jour même de part et d’autre, soit le 24 janvier 2022, et neuf jours avant l’annonce de la visite officielle d’une délégation ministérielle menée par le Chef de Gouvernement marocain à Doha.

Ces épiphénomènes sont ce qu’on appelle dans le jargon de la communication, des signaux faibles d’une crise en devenir. Ils peuvent être également des escarmouches de gens bien informés sur les orientations stratégiques du Royaume. Seule certitude est que le monde, assiégé par la pandémie, s’engage davantage dans la voie de la guerre que celle de la paix où plus rien n’est acquis et où plus rien n’est permanent.

Comme Donald Trump, Mohammed Ben Zayed doit se demander nuit et jour, pourquoi est-il traité de la sorte par l’administration américaine et d’une partie du gouvernement israélien. Lui qu’il a fait pour l’Etat hébreu ce que jamais un autre émir de son pays ou de tout le Golfe n’a réalisé.

Après avoir sauvé la face à Netanyahu et Trump, qui ont échoué à mettre sur pied un accord de paix définitif entre palestiniens et israéliens, en soutenant les accords d’Abraham, MBZ n’a reçu en retour que des déceptions.

George Nader, conseiller de MBZ, arrêté pour pédophilie puis accusé de complot contre les États-unis

Avant même son ascension au pouvoir, Joe Biden, dans sa guerre contre Donald Trump, a fait tomber l’un des principaux conseillers et lobbyeurs de MBZ auprès de la Maison Blanche, l’homme d’affaires américano-libanais George Nader.

Interrogé une première fois par le procureur spécial Robert Mueller en sa qualité de témoin sur l’ingérence de la Russie dans l’élection de présidentielle américaine de 2016, George Nader s’est enfui à Abu Dhabi, avant d’être arrêté le 4 juin 2018 à l’aéroport JFK de New York pour possession d’images pédopornographiques. Il sera condamné fin juin 2020 à 10 ans de prison ferme pour trafic de sexe et de pornographie enfantine.

La pression sur l’ancien conseiller de MBZ ne va baisser avec l’arrivée de Biden. Le 16 janvier 2022, George Nader, plaide coupable pour le rôle qu’il a joué en aidant les Émirats arabes unis à donner des millions de dollars de contributions de campagne illégales dans le système politique américain pendant l’élection présidentielle de 2016.

Tom Barrack, le milliardaire et ami de Trump arrêté pour avoir travaillé secrètement pour MBZ

Le milliardaire américain et ami de Donald Trump a été arrêté en juillet 2021 pour «avoir tenté d’influencer la politique étrangère lors de la campagne présidentielle de Trump en 2016 et pendant les premières années de l’administration Trump».

Sept chefs d’inculpation ont été retenus contre Thomas Barrack, accusé de s’être servi de son accès à Trump pour promouvoir les objectifs de politique étrangère des Émirats arabes unis.

L’acte d’inculpation stipule que Barrack et deux autres individus agissaient et conspiraient en vue d’agir comme des agents des Émirats entre avril 2016 et avril 2018.

Les investigation ont également révélé que la société d’investissement immobilier et privé de Tom Barrack a reçu environ 1,5 milliard de dollars de la part de l’Arabie saoudite et des EAU juste entre la période allant de l’investiture de Trump à Juin 2021.

Biden et Bennett bloquent la vente des F35, MBZ dépité, claque 19 milliards de dollars dans le plus grand deal d’achat de Rafales de l’histoire de la France

MBZ tenait à ses F35. Ces avions dernière génération que les alliés des États-unis s’arrachent, tellement ils apporteraient une suprématie aérienne manifeste. L’acquisition de ces appareils, était d’ailleurs une des conditions que le prince héritier des E.A.U avait imposé à Donald Trump pour signer les accords d’Abraham. Netanyahu avait signifié clairement son désaccord mais l’ancien président américain avait réussi à décrocher le feu vert du Congress.

Arrivé au pouvoir, Biden ne dira pas non à la vente des F35 à MBZ mais pose de nouvelles conditions: Les Émirats n’en auront qu’une version sous-équipée tout en se soumettant à l’obligation systématique d’un accord du Pentagone avant toute utilisation.

MBZ rejète l’offre et signifie son irritation pour non respect d’engagement de l’accord ratifié par l’administration Trump. La riposte du dirigeant émirien sera à la hauteur de sa colère. Le 3 décembre 2021, à l’occasion de la visite d’Emmanuel Macron à Abu Dhabi, MBZ offre au président-candidat le plus grand bon de commande de l’histoire du constructeur français Dassault. «80 avions de chasse pour Abu Dhabi, soit une commande d’environ 19 milliards de dollars sans les armements, c’est du jamais-vu pour Dassault et une somme exceptionnelle pour l’industrie française. » avait titré LesEchos.

Avec cet accord, MBZ n’a pas réussi qu’à faire perdre au Pentagone 19 milliards de dollars mais à faire gagner Emmanuel Macron le double de la marge nette qu’il allait constaté en vendant ses sous-marins à l’Australie. Ce fameux «deal du siècle» de la marine française, capoté à la dernière minute par l’alliance AUKUS, l’alliance militaire entre l’Australie, les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

Le Qatar, l’allié préféré des démocrates au Moyen-Orient, propulsé nouvel allié majeur de l’OTAN

Les démocrates ont cultivé depuis l’ère Obama une affinité particulière avec le Qatar. La puissante influence médiatique de la péninsule a joué un rôle décisif durant le printemps arabe et a constitué un relais efficace aux médias pro-démocrates dans la guerre du Yemen et les affaires Khashoggi et Pagasus.

C’est aussi au régime du Qatar que Biden a confié le rôle d’intermédiation et de gestion du retour des Taliban au pouvoir, excluant de facto le parrain historique du mouvement l’Arabie Saoudite ainsi que les Émirats arabes unis.

L’avènement du conflit en Ukraine va positionner davantage Doha sur la scène internationale en sa qualité d’allié indéfectible de Washington. D’ailleurs pour rassurer l’Allemagne, Biden a demandé au Qatar de se préparer à fournir du gaz naturel à l’Europe en cas de déclenchement de guerre avec la Russie. La concurrence entre Tamim et MBZ n’en a fait que s’amplifier.

En effet, au moment où le président israélien visitait Dubaï, l’Émir du Qatar Tamim ben Hamad était reçu par Joe Biden à la Maison Blanche. Le président démocrate le couvre d’éloges, le qualifie de «bon ami» et le désigne officiellement «allié majeur de l’OTAN». Une désignation qui a été refusée auparavant à l’Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis.

Pour enfoncer le clou et montrer une autre preuve de son désamour pour MBZ, Biden annonce en présence de Tamim et devant les caméras la signature d’un contrat de vente de 50 Boeing 737 MAX au Qatar. Et comme dans la politique la vengeance est toujours un plat qui se mange froid, le montant de ce juteux «deal» annoncé par le président américain s’élève à 20 milliards de dollars. Soit 1 milliard de dollars de plus que la contrat des Rafales signé entre Mohammed Ben Zayed et Emmanuel Macron, deux mois plus tôt.

«Abu-Dhabi n’est plus protégée»

Pour la troisième fois depuis le début du mois de janvier et en deux semaines seulement, les Émirats arabes unis ont été la cible d’attaques de drones et de missiles lancés par les rebelles houthis du Yémen. Ce lundi 31 janvier, un missile balistique visant Abu Dhabi a certes été intercepté par le système de défense aérien du pays, sans faire aucune victime humaine ni de dégât matériel, mais le timing de son lancement est crucial. L’agression a coïncidé avec la visite «historique» du président israélien, Isaac Herzog, aux Émirats.

Longtemps épargné, le régime MBZ se sent pour la première fois menacé et son territoire «non protégé». Rappelons que la première attaque en date du 17 janvier 2022, revendiquée par les Houthis, a fait trois morts, des travailleurs asiatiques, un Pakistanais et deux Indiens.

La réaction officielle des États-unis, outre la condamnation de l’attaque, a été de mettre en garde ses citoyens contre les risques liés aux voyages aux Émirats arabes unis.

«Reconsidérez votre voyage en raison de la menace d’attaques de missiles ou de drones», a publié le département d’État américain sur son site Web.

La pire chose qu’on pourrait faire à MBZ. Qui pour éviter que son pays soit touché par les guerres en Syrie et au Yémen entretenait des relations directe avec l’Iran en dépit de sa position officielle anti-mollahs. Parait-il, le sujet iranien a été un des points traités lors de la visite non annoncée de Naftali Bennett à Abu Dhabi le 13 décembre 2021.

Dommages collatéraux en Egypte et crispation au Maroc

Egypte : al-Sissi met fin à la rébellion des hommes de paille d’Abu Dhabi

Le désamour entre Biden et MBZ a eu des répercussions immédiates en Egypte. Abdelfattah al-Sissi, se préparant à s’émanciper de l’emprise des pays du Golfe sur son pays, a du gérer la pression des démocrates sur la question des droits de l’homme et faire face à une rébellion synchronisée des hommes de paille des Émirats arabes unis dans son pays.

Au sujet des revendications des ONG américaines, al-Sissi a mené une grande campagne de «cosmétique» sur les prisonniers politiques et leurs conditions d’incarcération. Quand à la montée au créneau d’homme d’affaires critiquant l’hégémonie économique des militaires, le «Raiss» a réglé le sujet en direct devant les caméras puis a disqualifié les meneurs, notamment le promoteur milliardaire Naguib Sawiris et le magnat des médias Mohamed Al-Amin. Ce dernier sera même inculpé d’agression sexuelle sur jeunes filles mineurs de son orphelinat.

Les relations entre Biden et al-Sissi restent fortes, en dépit de la pression qu’exercent quelques sénateurs démocrates au sujet des droits de l’homme en Égypte. L’administration américaine vient d’approuver la vente de radars de défense aérienne et d’avions C-130 Super Hercules au Caire pour une valeur combinée de plus de 2,5 milliards de dollars. Al-Sissi a su gagner la confiance de Biden grâce à sa gestion de sa bonne distance avec MBZ et à sa médiation, en avril de l’an dernier, pour aider à mettre fin aux hostilités entre Israël et les militants du Hamas.

Maroc : Les relations avec Israël battent de l’aile, volte-face d’Irina Tsukerman et Touhfa accuse les Émirats d’espionnage

Les répliques des tensions entre les États-unis et les Émirats arabes unis commencent à se faire ressentir au Maroc. Une secousse aurait à ce titre touché le Chef de Gouvernement, Aziz Akhannouch, lors de sa dernière visite à Abu Dhabi. «Elle se serait mal passée» croit savoir un observateur. «D’ailleurs depuis son retour, il semble être en disgrâce» poursuit notre source.

Si c’est le cas, Akhannouch devrait se rattraper lors de son voyage prévu ce weekend au Qatar à la tête d’une délégation ministérielle. Cette visite qui survient au lendemain de la rencontre entre Biden et Tamim, verra la signature de plusieurs conventions bilatérales avec le gouvernement qatari.

L’autre dommage collatéral des tensions USA/E.A.U sont les accords d’Abraham. Mohammed Ben Zayed étant l’un des initiateurs du deal, s’est retrouvé du jour au lendemain sans relais à la Maison Blanche et face à un gouvernement Naftali Bennett, qui tient plus à regagner la confiance de l’administration américaine, que de faire plaisir à son allié arabe.

Les accords d’Abraham se retrouvent ainsi au point mort. Le processus de normalisation entre le Maroc et Israël également.

D’ailleurs, mis à part l’accueil chaleureux réservé au ministre de la défense israélienne, le Général Benny Gantz, Rabat n’a fait aucun pas vers le renforcement des relations diplomatiques avec Tel-Aviv. Le chargé d’affaires israélien David Govrin, dont les sorties médiatiques désastreuses l’ont rendu peu fréquentable, a beaucoup de peine à faire bouger les lignes. Govrin fonctionne avec un logiciel déformé de par les contextes jordaniens et égyptiens dans lesquelles il a évolué depuis le début de sa carrière. De plus, il se retrouve désarmé face à la condition sine qua non du Royaume pour des relations «normales» avec l’Etat hébreu: «la reconnaissance da la marocanité du Sahara».

Ce contexte particulièrement tendu est resté une affaire de coulisses et de diplomates, jusqu’à ce que deux «influenceurs» s’emmêlent. Ils appartiennent certes à deux mondes parallèles mais partagent par contre la même mission celle de propagandistes.

Irina Tsukerman se lâche sur notre «héros national», Nasser Bourita

Depuis le 24 janvier 2022, c’est l’incompréhension totale et la stupéfaction générale sur le Twitter marocain. Irina Tsukerman, fervente défenseur de la cause nationale et des relations maroco-israéliennes s’est mise subitement à s’en prendre à «l’héros national» Nasser Bourita.

Ce n’est pas moins de 114 tweets assassins que l’avocate et propagandiste israélienne a posté en rafale et en 4 salves sur 7 jours.

Méthodique, elle prenait en cible une personnalité et un sujet et disait systématiquement tout le mal qu’elle pensait de Bourita et du Qatar.

Irina Tsukerman : Ses principaux sujets de prédilection

Les 114 tweets s’articulent tous autour de trois principaux «topics» :

  1. Pegassus
  2. Les Houthis
  3. Le Qatar

Irina Tsukerman : Ses cibles à abattre

  1. Jamal Benomar : Elle l’accuse d’espionnage pour le Qatar et d’être pro-Houthis,
  2. Nasser Bourita : Elle l’accuse d’avoir couvert Jamal Benomar et d’avoir mal défendu le Maroc des attaques de l’administration américaine et de l’Elysée,
  3. Jared Kushner : Elle l’accuse d’avoir saboter les Accords d’Abraham en imposant aux E.A.U l’accord d’Al-Ula,
  4. Yariv El Baz : Elle l’accuse de n’avoir d’autres objectifs que de s’enrichir sur le dos des Accords d’Abraham,
  5. Richard Attias : Elle l’accuse d’avoir profiter du Maroc, de l’Arabie saoudite et des E.A.U tout en fermant les yeux sur la campagne de diffamation du journal Le Monde contre ces mêmes pays.

Irina Tsukerman : Ses lignes rouges

  1. Le Roi Mohammed VI
  2. Israël

Irina Tsukerman : Son plaidoyer

L’avocate et propagandiste israélienne affirme que les Accords d’Abraham se désagrégaient et que les relations entre le Maroc et les Etat-unis et Israël allaient dans le mauvais sens. Alarmiste jusqu’au bout, elle prédit une prise de position négative de Joe Biden au sujet du Sahara.

Irina Tsukerman blâme en premier lieu le ministre des Affaires étrangères marocain Nasser Bourita pour :

  1. avoir subit la pression des États-unis sur les droits de l’homme sans montrer aucune résistance ni déployer une stratégie de défense,
  2. n’avoir pas bien exploité les liens prouvés liant le Hezbollah, les Houthis et les séparatistes du Polisario,
  3. avoir été sous l’influence de l’ancien envoyé spécial de l’ONU au Yémen, le marocain Jamal Benomar, accusé d’espionnage pour le Qatar et d’acquaintance avec les Houthis. Une influence qui aurait poussé Bourita à ne pas s’engager dans une campagne anti-yéménite,
  4. avoir laissé faire Richard Attias en faisant appel à son agence de communication Publicis sans lui demander des comptes sur la campagne de diffamation contre le Maroc lancée par le journal LeMonde. Notamment au sujet de l’affaire Pegasus. Une information basée sur un fait qu’elle rapporte affirmant l’existence d’un lien d’actionnariat entre Lagardère, Publicis et LeMonde. Ce qui est faux.

L’influenceuse israélienne s’est également lâchée sur le groupe composé de Jared Kushner, Yariv El Baz et Richard Attias en les accusant «d’escroquerie». Pour elle, cette «clique» aurait vidé les accords d’Abrahams de tout leur sens en cherchent uniquement à s’enrichir.

Pour le gendre de Donald Trump, les accusations de Tsukerman vont plus loin. Elle estime que Kushner a torpillé les Accords d’Abraham le jour même où il a fait pression sur MBZ et MBS au nom de Trump pour lever l’embargo sur Tamim.

«Le Sommet d’Al-Ula qui a débouché sur une reprise complète des relations diplomatiques entre l’Arabie saoudite, l’Égypte, les Émirats, le Bahreïn et le Qatar, a donné l’occasion à ce dernier de mener une opération de sabotage des accords de normalisation entre Israël et les pays arabes», affirme-t-elle.

Irina Tsukerman va consacrer autant de tweets injurieux contre le Qatar que contre Nasser Bourita. Un pays qu’elle tient pour responsable de la campagne mondiale contre Pegasus dans le but de «ruiner un pan entier de l’industrie israélienne» et tuer dans l’oeuf les Accords d’Abraham. Elle accuse également Doha d’encourager les Houthis dans leurs attaques contre les Emirats arabes unis.

Le YouTubeur Touhfa : «Les émiratis espionnent les marocains à travers Hespress»

Un autre influenceur, un autre environnement et d’autres éléments de langages. Ce YouTubeur installé en Floride aux Etat-unis qui brasse dans son sillage une large frange des marocains résidents à l’étranger avec une forte audience féminine, s’est engagé dans une campagne anti-émirats. Curieusement, sa première vidéo sur le sujet a été postée exactement le même jour que la première salve de tweets d’Irina Tsukerman, le 24 janvier 2022.

Le plaidoyer de Touhfa est plus simple. Le ministre des Affaires Étrangères des E.A.U, Mansour ben Zayed et le maître-espion d’Abou Dhabi, Tahnoon ben Zayed utilisent des proxies notamment le site web d’information Hespress, racheté en 2019 par les Emirats, pour «espionner et attaquer le Maroc».

Ce sont pratiquement les mêmes accusations portées contre le site d’information quatre années plus tôt. En cette période, les relations entre Rabat et Abu Dhabi étaient au plus bas et Hespress avait adopté une ligne éditoriale anti-Qatar.

Sauf que cette fois-ci, Touhfa va impliquer les cheikhs sus-cités, deux des plus hauts responsables émiratis après MBZ et Ben Rachid. Pour le YouTubeur, Mansour ben Zayed, ministre des Affaires étrangères serait aigri de ne pas avoir accès au Roi Mohammed VI. Cela l’aurait poussé à manoeuvrer contre les intérêts du Maroc en soutenant entre autres l’Algérie et en «espionnant les hauts responsables du pays», notamment à travers Hespress.

Rapprochement avec le Qatar en marche !

L’annonce ce mardi de la visite officielle d’une délégation ministérielle menée par Aziz Akhannouch, au lendemain de la rencontre importante entre Joe Biden et Tamim ben Hamad est un signal fort donné par le Maroc sur sa nouvelle orientation stratégique de sa diplomatie. C’est aussi sans aucun doute une conséquence de l’isolement de MBZ sur la scène internationale suite à son bras de fer avec Biden.

Rappelons que le Prince hériter émirati avait réussi à froisser son ancien ami, Mohammed ben Salmane qui s’est mis dans la tête de mener une guerre économique avec les E.A.U afin de réaliser les objectifs de sa vision 2030.

Concernant ce nouveau rapprochement avec le Qatar, Akhannouch qui entretient de bonnes relations avec le père de Tamim, aura sans aucun doute plus de facilité à mener à bien cette mission.

Un monde de tous les dangers

Depuis la crise financière de 2008, la planète est entrée dans une zone de turbulence avec des cycles de crises relativement longs. Les pays se doivent de piloter leur économie et leur sécurité avec peu de visibilité en prenant beaucoup de risques.

Les grandes démocraties vacillent. On l’a vu durant l’assaut du Capitole et on le voit aujourd’hui avec ce spectacle dramatique que nous offrent les présidentielles françaises ainsi qu’avec cet émerveillement prononcé de l’intelligentsia allemande et française devant la montée en puissance du nouveau Tsar russe Vladimir Poutine.

La fragilité et la versatilité sont devenues l’une des principales caractéristiques des relations internationales de notre époque. Nos dirigeants s’y adaptent, les citoyens les subissent.

Seul remède à ses gueules de bois à répétition est de rester unis autour d’un projet de société et autour de notre leader.

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