Le régime algérien doit prendre au sérieux l’ultime main tendue du Roi Mohammed VI

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Le discours du trône de cette année a été très attendu. Libéré du complexe de «Vira Lata», le Maroc a imposé à la communauté internationale son propre agenda, priorisant ses intérêts souverains. Une stratégie de rupture qui a déchaîné les passions et a dévoilé au grand jour les relents colonialistes et impérialistes des premiers partenaires européens du Royaume. L’attente du discours a été récompensée. Le Roi Mohammed VI décide de prendre de la hauteur par rapport à tous les débats et les polémiques médiatiques et prône le pragmatisme et la bienveillance envers le régime algérien. Il ne fallait pas attendre la fin du discours pour que les commentaires affluent de tous bords. Les premières lectures précipitées ont fait état d’un rétropédalage du Maroc face à sa fermeté affichée vis-à-vis l’Algérie. C’est faux. Le Roi Mohammed VI n’a pas rompu avec le changement du paradigme dans la diplomatie marocaine. Le souverain a tenu à donner une dernière chance aux locataires du palais d’El Mouradia  en prenant à témoin les peuples marocains et algériens et la communauté internationale. Le régime algérien est devant ses choix, soit jouer propre et trouver une solution pérenne au dossier Sahara dans un esprit de fraternité et de bon voisinage, soit se renfermer dans sa posture suicidaire et replonger dans ses actes hostiles et malveillants, auquel cas il devra en assumer les conséquences.

Les régimes algériens qui se sont succédés ont priorisé l’obédience idéologique au communisme à l’esprit de bon voisinage et de fraternité. Sur plus de quarante années, ils ont mené une propagande nationale et internationale contre le Maroc dans le seul objectif de le diviser et de le déstabiliser. Ils ont fait du mal au Maroc en finançant, soutenant, accueillant  et armant un groupe de séparatistes. Gare à toute voix dissonante qui appelle à la réconciliation entre les deux pays, elle est systématiquement exécutée. À l’image du valeureux président Mohamed Boudiaf, assassiné en public pour qu’il serve d’exemple.

Face aux réussites économiques spectaculaires du Maroc, pays non pétrolier, diaboliser le voisin est devenu le cache misère des gouvernements et des militaires algériens. La propagande médiatique a assuré le service après vente mais sans résultats probants, il fallait fermer les frontières avec le Maroc et couper toute relation qui pouvait occasionner la comparaison.

Pour sa part, le Maroc n’a jamais souhaité du mal à son pays frère. Il a défendu durant 45 ans ses territoires libérés du colonialisme espagnol avec sagesse et retenue. Au moment où l’Algérie jouait le jeu de l’ancien colonisateur, qui n’a jamais oublié comment le défunt Hassan II lui a fait avaler la couleuvre avec l’organisation de la marche verte.

Une vérité historique qui s’exprime par la chaleur de l’accueil des algériens au Maroc, qu’ils soient artistes, politiques ou de simples citoyens.

D’ailleurs, le Roi Mohammed VI s’est appuyé sur cette réalité ancrée dans la croyance collective des peuples marocains et algériens dan son discours du trône de ce samedi.

«Je rassure Nos frères en Algérie : vous n’aurez jamais à craindre de la malveillance de la part du Maroc qui n’est nullement un danger ou une menace pour vous. En fait, ce qui vous affecte nous touche et ce qui vous atteint nous accable.» a assuré le souverain.

« Aussi, Nous considérons que la sécurité et la stabilité de l’Algérie, et la quiétude de son peuple sont organiquement liées à la sécurité et à la stabilité du Maroc. Corollairement, ce qui touche le Maroc affecte tout autant l’Algérie ; car les deux pays font indissolublement corps. » a-t-il affirmé.

Le Maroc n’est ni dupe, ni faible. Il a conscience de la légitimité du leadership royal et du consensus national au sujet du dossier du Sahara. Le monde entier le sait aujourd’hui : le Sahara est une ligne rouge pour les marocains. Demandez aux leaders d’opinion sur les réseaux sociaux de n’importe quel pays, il vous décriront comment ils se font lynchés quand le fameux trait s’affiche sur la carte du pays.

Dans un geste que seuls les Rois en connaissent le secret, Mohammed VI a exprimé toute sa bienveillance et sa fraternité, donnant encore une fois la chance au régime algérien, malgré son adversité maladive, repoussant le rubicon à ne pas franchir, tout en prenant à témoin l’ensemble du peuple algérien en premier lieu, son peuple et la communauté internationale.

Le Roi Mohammed VI a été clair et précis dans son appel à la raison envers le régime algérien : « Nous appelons à faire prévaloir la sagesse et les intérêts supérieurs de nos deux pays. Nous pourrons ainsi dépasser cette situation déplorable qui gâche les potentialités de nos deux pays, au grand dam de nos deux peuples et des liens d’affection et de fraternité qui les unissent ». Si après cette main tendue royale, le palais d’El Mouradia persiste dans sa stratégie de provocation et poursuit ses atteintes aux intérêts suprêmes du Royaume, d’aucun ne blâmera le Maroc de défendre bec et ongles le moindre millimètre carré de son territoire.

Le Maroc de Mohammed VI veut en finir avec «le grincement culturel» appelé sous d’autres cieux le complexe de «Vira Lata». Grace à des micros décisions, le pays a réussi à casser le plafond de verre de l’aliénation culturelle et s’investit à mettre fin à ce processus de dévalorisation systématique qui caractérise les pays émergents. Il s’agit là de l’unique façon de faire bouger les lignes et de sortir des schémas de cercles vicieux destructeurs.

Israël – Les 7 défis immédiats du nouveau gouvernement Bennet-Lapid

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The Institute for Policy and Strategy (IPS), le think tank organisateur de la série de conférences annuelles Herzliya en Israël, le grand raout annuel des responsables militaires et économiques de l’Etat hébreu, vient de publier un Policy Paper sur les défis immédiats auxquels doit faire face le nouveau gouvernement israélien Bennett-Lapid. L’intérêt de cette note est qu’elle livre des clés de lecture de l’impact de la rupture occasionnée par l’éviction du couple Trump/Netanyahu sur les équilibres géopolitiques mondiaux. Sept défis ont été ainsi identifiés : 1) Gaza et Cisjordanie; 2) Gestion budgétaire; 3) Nucléaire iranien; 4) Relations juifs-arabes; 5) Rétablir le statut d’Israël aux États-Unis; 6) Covid-19; 7) Jordanie. Aucune allusion n’a été faite aux accords d’Abraham.

«Quelques semaines après l’investiture du nouveau gouvernement israélien, les défis immédiats auxquels il doit faire face de manière urgente et vigoureuse apparaissent clairement», indique le rapport de l’IPS.

1. Préparation à une nouvelle campagne militaire contre Gaza & gouvernance en Cisjordanie

Selon l’influent think tank israélien, la dernière opération à Gaza n’a pu réaliser aucune dissuasion significative vis-à-vis le Hamas. Pire, l’opération israélienne «Gardien des murailles» a eu l’effet inverse, un rebond spectaculaire de la popularité du Hamas auprès de l’opinion publique palestinienne aux dépens du Fatah et d’Abbas Abou Mazen. Les chefs de l’organisation, dirigée par Yahya Sinwar, s’en réjouissent et n’hésitent pas à menacer Israël à visage découvert.

IPS alerte également sur l’extrême fragilité de l’équilibre sécuritaire dans la bande de Gaza en raison des ballons incendiaires, ainsi que l’aggravation de la détresse intérieure.

2. Budget et plan pluriannuel

Face à l’éventualité qu’Israël soit contraint, dans un proche avenir, de lancer une autre offensive militaire contre Gaza, le gouvernement Bennett-Lapid est mains liées sur le plan budgétaire. Surtout que l’opération «Gardien des murailles» a révélé au grand jour les lacunes dans la préparation du front intérieur aux situations d’urgence.

3. Le choc du retour à l’Accord de Vienne sur le nucléaire iranien

Les négociations entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni, auxquels s’ajoute l’Allemagnes et l’Iran à Vienne entrent dans leur phase finale. A ce stade la capacité d’Israël d’influencer sur les clauses finales de l’accord est limitée, souligne l’IPS.

L’administration américaine est impatiente de revenir à l’accord nucléaire. A ce titre, elle est prête à faire des concessions de grande envergure dans le cadre d’un programme stratégique mondial qui cherche à «sécuriser ses flancs et à se tourner vers la lutte contre la Chine pour des considérations d’ordre mondial et de suprématie, qu’elle considère comme historiques».

IPS estime qu’Israël devrait se préparer au « lendemain » de l’accord nucléaire, ce qui lui fera gagner du temps, entre autres pour consolider ses forces afin d’empêcher une future percée iranienne vers des matières nucléaires de qualité militaire. Le think tank recommande au gouvernement israélien d’œuvrer pour restaurer la confiance vis-à-vis de l’administration Biden en passant d’une diplomatie d’opposition bruyante à un dialogue intime et discret.

4. Relations arabo-juives dans les territoires palestiniens

«Les violences qui ont éclaté dans le nord d’Israël (Deir el Assad en Galilée) et le conflit meurtrier de la famille Jarushi, qui continue de faire des victimes, ont démontré que le problème de gouvernance dans la société arabe et la profonde fracture dans les relations arabo-juives sont loin d’être résolus», indique le policy paper de l’IPS. C’est une bombe à retardement qui menace stratégiquement l’État d’Israël en tant qu’État fonctionnant sous la primauté du droit, alerte la même source.

L’IPS suggère au gouvernement Bennett d’adopter une ligne dure et sans compromis pour rétablir l’ordre (renseignements, arrestations, actions en justice, sanctions dissuasives). Au cœur de cet effort, les dirigeants locaux devrait être encouragés et soutenus, et les processus d’intégration avec la société juive et les institutions étatiques accélérés, recommande le think tank.

5. Rétablir le statut d’Israël aux États-Unis

L’escalade à Gaza a révélé la détérioration du statut d’Israël aux États-Unis et l’érosion continue inquiétante de son consensus bipartite, qui est l’un de ses atouts les plus importants aux États-Unis, constate l’IPS.

A ce titre, le think tank propose au gouvernement Bennett de mettre en place un plan national global pour le rétablissement de son statut bipartite aux États-Unis, ainsi que ses relations avec les Juifs américains et le Parti démocrate.

6. Menaces des variants du Covid

Le Covid-19 est toujours à écrit l’IPS, ses variants pourraient nuire à tout le travail fait concernant la pandémie et menaceraient l’efficacité du vaccin.

7. Les relations avec la Jordanie sont au niveau le plus bas

Les mesures prises par Israël ces dernières années, telles que le plan d’annexion, le différend sur les quotas d’eau, les conflits sur Jérusalem et la préoccupation (fondée) de la Jordanie concernant l’érosion de son statut dans les sites sacrés en faveur de l’Arabie saoudite ont eu un effet néfaste sur les relations d’Israël avec le royaume, sapant l’accord de paix avec lui. La stabilité du Royaume hachémite a également été mise à l’épreuve dans l’ombre de la pandémie et de la récente escalade à Gaza.

Selon l’IPS, la Jordanie est irremplaçable en tant que facteur de sécurité d’Israël. Le gouvernement israélien doit prendre en charge le rétablissement de ses relations avec la Jordanie comme un projet spécial. Il est nécessaire d’aider le Royaume hachémite de toute urgence avec les vaccinations et les quotas d’eau, de renouveler sa reconnaissance du statut spécial de la Jordanie dans les sites sacrés de Jérusalem et de l’aider à recueillir une aide régionale et internationale, recommande le think tank israélien.

Brahim Fassi-Fihri : le Maroc, pays souverain et indépendant, n’obéit à aucun diktat

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Les réactions se sont multipliées suite à l’adoption par le Parlement européen, ce jeudi 10 juin, d’une résolution condamnant le rôle du Maroc dans la crise migratoire à Sebta. Brahim Fassi-Fihri président du Think tank Institut Amadeus, a publié sur sa page Facebook, ses remarques sur cette résolution qu’il a qualifié d’une résolution bric-à-brac. Ci après le texte intégral de l’analyse.

Un texte à portée déclarative et non contraignant

Ce texte, qui n’a qu’une portée déclarative et qui n’est en rien contraignant, est avant toute chose le résultat d’une volonté espagnole d’européaniser une crise diplomatique bilatérale dans une tentative de l’instrumentaliser à des fins politiques.

La question migratoire est un prétexte utilisé par le gouvernement espagnol, mais aussi par les eurodéputés qui ont porté le projet de résolution, pour détourner la crise actuelle du véritable fond du problème, à savoir la rupture de confiance avec le Maroc, partenaire important de l’UE et de l’Espagne qui n’assume pas les conséquences d’une crise qu’elle a créé de toutes pièces et dont elle est la seule responsable.

Avec cette résolution, appuyée par des eurodéputés proches de la majorité au pouvoir en Espagne, le gouvernement de ce pays cherche à contraindre l’UE à choisir entre l’un de ses Etats membres et un partenaire privilégié membre de son voisinage immédiat ;

Manque de cohésion de l’UE en matière de politique étrangère

L’esprit de ce texte, qui a certes subi une série d’amendements par rapport à sa mouture initiale, est en totale contradiction avec les déclarations récentes d’apaisement de responsables européens (Commission et Service européen pour l’action extérieure) qui ont loué la qualité des relations stratégiques entre le Maroc et l’UE.

Le texte fait apparaitre une absence évidente de cohérence entre le bras exécutif de l’Union et son bras législatif, qui illustre, une fois encore, le manque de cohésion entre les différentes institutions de l’UE en matière de politique étrangère ;

Manifestation certaine d’un relent colonialiste

Le contenu de ce texte, qui lie « les frontières extérieures » de l’UE à la ville de Sebta et qui « rappelle que l’atteinte à la souveraineté territoriale des États membres ne saurait être tolérée », est à la fois une manifestation certaine d’un relent colonialiste, mais aussi un comble lorsqu’il s’agit d’une part de considérer que des présides occupés, enracinés au Maroc, relèveraient de l’intégrité territoriale de l’Europe et de l’autre de renier le droit au Royaume, partenaire stratégique de l’UE, de considérer que l’Espagne, en agissant dans son dos et en portant atteinte à sa propre souveraineté sur son Sahara, ait agi de manière déloyale et condamnable à son endroit.

Il est d’ailleurs nécessaire de rappeler que le Maroc a, de tout temps dans ses relations avec l’UE et dans chaque accord qui le lie à l’Europe, émis des réserves claires et sans équivoque sur le statut de Sebta et de Melilla, qui ne sont pas des territoires Schengen contrairement à l’Espagne ;

Une époque révolue

Sur la forme, une institution d’une organisation régionale, fût-elle le Parlement européen, ne saurait prendre parti unilatéralement pour l’un de ses Etats-membres en faisant fi des arguments d’un état indépendant et souverain, qui n’est ni membre de cette organisation ni contraint, au moyen d’un instrument juridique et/ou d’un quelconque mécanisme politique, d’être son supplétif en matière migratoire. Interpeller le Royaume de la sorte relève d’une époque révolue et démontre non seulement que les eurodéputés se sont laissé berner par un discours de victimisation loin de la réalité, mais surtout de leur profonde méconnaissance du rôle charnière joué par le Maroc dans la nouvelle dynamique euroafricaine, plus que jamais stratégique pour l’Europe ;

Le Royaume défend légitimement ses intérêts supérieurs

Le Maroc a aujourd’hui une relation totalement décomplexée avec l’UE. Le temps du paternalisme ou celui où l’Europe pouvait, debout sur son piédestal, délivrer des bons ou des mauvais points est, depuis longtemps, révolu. Le temps où l’Europe s’octroyait le droit de remettre des certificats de bonne conduite ou des mentions d’excellence à ses partenaires du Sud de la Méditerranée l’est tout autant.

Le Royaume défend légitimement ses intérêts supérieurs au moment où ils ont été sciemment bafoués par un État membre de l’UE, sans doute celui qui a le plus besoin du Maroc.

Ce n’est pas cette résolution du Parlement européen qui fera changer le Maroc d’un iota, le Royaume ne faisant pas de compromission lorsqu’il s’agit de ses intérêts supérieurs, et plus particulièrement de son intégrité territoriale. Par contre, ce texte voté par le Parlement européen illustre le jusqu’au-boutisme, mais surtout le manque de crédibilité du gouvernement espagnol qui, embourbé dans une crise diplomatique bilatérale, ne cherche en dernier ressort qu’à se réfugier sous le parapluie protecteur de l’UE.

Le Maroc, pays souverain et indépendant, n’obéit à aucun diktat, encore moins à celui du Parlement européen

Bien au-delà de ce texte voté aujourd’hui, dont le contenu est dépourvu d’une vision d’ensemble, pourtant indispensable en pareilles circonstances, et dont la nature est purement contextuelle, l’UE doit comprendre que ses propres intérêts et ceux du Royaume se confondent et convergent. Tout autre raisonnement de la part de l’Europe serait naïf et contre-productif, d’autant plus que le Maroc, pays souverain et indépendant, n’obéit à aucun diktat, encore moins à celui du Parlement européen, dont la logique, à travers cette résolution, est strictement politico-politicienne.

France au Sahel : Emmanuel Macron met fin à l’opération Barkhane

Lors d’une conférence de presse sur les questions internationales, tenue ce jeudi 10 juin, le président français Emmanuel Macron a évoqué la «transformation profonde» de la présence militaire française au Sahel.

Une semaine après l’annonce de l’arrêt de la coopération militaire bilatérale entre le France et le Mali, Emmanuel Macron a annoncé «la fin de l’opération Barkhane en tant qu’opération extérieure pour permettre une opération d’appui, de soutien et de coopération aux armées des pays de la région qui le souhaitent». Les modalités exactes et le calendrier de cette transformation seront présentés dans un premier temps lors d’un rassemblement de la coalition au Sahel, qui doit «se réunir très prochainement», selon le président français.

Emmanuel Macron devrait probablement communiquer à nouveau sur ce sujet avant la fin du mois de juin.

«La poursuite de notre engagement au Sahel ne se fera pas dans un cadre constant», a expliqué Macron en annonçant une «transformation profonde de la présence militaire de la France» dans la région.

«La présence durable dans le cadre d’opérations extérieures de la France ne peut pas se substituer au retour de l’Etat et des services de l’Etat à la stabilité politique et au choix des Etats souverains», a également déclaré le président français.

Opération Barkhane, une course était perdue d’avance

La fin de l’opération Barkhane était un secret de polichinelle. Une analyse publiée par l’Institut Montaigne en date du 17 novembre 2020, avait choisi comme l’intitulé, l’affirmation : Vers la fin de l’opération Barkhane. L’étude prospective ne cachait pas le goût amer de l’échec de l’opération militaire principal acte militaire du règne d’Emmanuel Macron.

«Le problème est qu’avec les faibles moyens déployés dès le début dans l’opération Barkhane, en concurrence avec ceux des autres opérations engagées au même moment, en particulier Sentinelle, et les problèmes structurels des États locaux, cette course était perdue d’avance.» souligne l’étude.

«Barkhane a bien cumulé les succès tactiques au cours des années, mais ceux-ci sont restés insuffisants en nombre pour, au niveau opérationnel, empêcher les organisations ennemies de se renforcer, s’étendre et se diversifier», affirme l’Institut.

Et de recommander : « Le moins que l’on puisse faire dans le nouveau contexte qui peut se dessiner est de défendre nos intérêts sécuritaires et diplomatiques au moindre coût dans la durée».

Brakhane est également un gouffre financier. Emmanuel Macron a essayé d’impliquer l’Europe dans sa conquête du Sahel en s’appuyant sur l’Allemagne, premier contributeur de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma).

Face à ses échecs à répétition, il utilisera la crise au sein des pays du Golfe pour monnayer son soutien à l’Arabie Saoudite contre un financement partiel de Barkhane. Il se mettra même l’Otan à dos, en lobbyant pour la création d’une armée européenne en pleine crise du Brexit.


Lire aussi : Macron, Chef de guerre


Macron a fait de l’opération Brakhane le moyen de prendre la contrôle de l’Etat-major des armées

12 jours seulement après la prise de ses fonctions en tant que président, Emmanuel Macron s’est rendu à Gao au Mali pour sa première visite à des troupes françaises à l’étranger.

Lors de cette visite, Emmanuel Macron a endossé son costume de chef des armées qui chérit tant et s’est adressé aux 1 600 soldats déployés dans le cadre de l’opération «Barkhane». Il va y passer près de 7 heures.

Premier chef des armées de la Ve République sans aucune expérience militaire, Emmanuel Macron sera obnubilé durant tout son mandat par son ascendant sur l’armée. Dès les premières semaines, il met dans le viseur le chef d’état-major des armées, le général Pierre de Villiers, qui va démissionné avec fracas le 19 juillet 2017. Une première dans la Ve République.

«Une querelle brève et violente s’est nouée entre deux hommes que tout oppose, un président neuf venu du monde des finances, Emmanuel Macron, et un général d’expérience issu de la pure tradition militaire» avait écrit Le Monde.

En 2021, le président français a dû faire face à une levée des boucliers des généraux de l’armée, qui lui ont adressé à semaines d’intervalles deux lettres ouvertes dans lesquelles ils dénoncent « le chaos et la violence » qui frappent le pays en délitement et appellent Macron, les ministres, parlementaires et officiers généraux à assurer la « survie du pays ».  

Les signataires de ces tribunes ont également alerté le président français du risque de l’éclatement d’une guerre civile.

« Si une guerre civile éclate, l’armée maintiendra l’ordre sur son propre sol, parce qu’on le lui demandera », ont écrit les généraux.

Jean-Paul Carteron : l’Espagne et l’Allemagne menacent gravement la Paix

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Depuis un certain temps, le dogmatisme semble avoir envahi le paysage de la diplomatie internationale ; les ministères des affaires étrangères sont souvent devenus des ONG qui se contentent de gérer l’actualité du jour dans un cadre militant. Ils n’imaginent même plus que la politique étrangère existe !

La politique étrangère c’est d’abord une vision mais une vision structurée sur le long terme, mise en oeuvre dans un espace temps qui ne saurait se concilier avec le tumulte et la précipitation des réseaux sociaux et le désir omni présent d’être sans cesse visible partout et sur n’importe quel sujet.

La diplomatie c’est d’abord, avec courtoisie et respect, s’occuper de ses propres affaires, s’abstenir de se mêler de celles des autres et surtout de donner des leçons ! Respecter l’autre dans ses spécificités et ses sensibilités c’est la base d’une coexistence pacifique et constructive.

Il semblerait pourtant que certains pensent détenir la vérité en toutes choses, porter des valeurs définitives qu’ils seraient missionnés à exporter voire imposer. Il y aurait dans le monde ceux qui savent et ont toujours raison et les autres, méprisables car non alignés sur des valeurs qui leur sont pourtant étrangères ?

Quelle est la justification de Berlin pour s’agiter et tenter d’imposer – en vain d’ailleurs – jusqu’au Conseil de sécurité sa position autoritaire quant à la défense d’un prétendu statut quo ante d’une province marocaine qui ne la concerne en rien et lutter contre une décision américaine qui lui est totalement étrangère. Seul le chaos peut résulter du fait de se mêler systématiquement des affaires des autres – avant de s’occuper des siennes qui sont rarement brillantes – et le monde ne peut que s’en porter mal.

L’Espagne quant à elle est dans une position que l’on peine à comprendre. Lorsque les Espagnols ont débarqué au Rio de Oro, ils savaient très bien qu’ils colonisaient des terres marocaines. Quand ils en sont partis ces terres ne pouvaient revenir qu’à leur propriétaire historique, le Maroc, et ce fut le cas.

Quand on agite le fait que le « Sahara Occidental » serait encore inscrit sur la liste des Nations Unies des territoires à décoloniser, on oublie souvent que c’est le Roi Hassan II lui-même qui demanda cette inscription…dans le but de faire partir les Espagnols !

Aujourd’hui l’Espagne, qui a pourtant bien d’autres sujets urgents de préoccupation, a choisi d’accueillir le chef du Polisario, officine patentée antimarocaine de l’Algérie, pour recevoir des soins médicaux. Il s’agit, de notoriété
mondiale, de l’ennemi implacable du Royaume. Celui-ci est poursuivi, en Espagne même, pour des crimes très graves que l’on semble avoir mis entre parenthèses. Lui dérouler un tapis rouge, même sanitaire, est une offense pure et simple faite au Maroc alors qu’à Alger se trouvent des hôpitaux certainement très performants. De surcroît, il aurait été accepté qu’il utilisât un faux nom et un faux passeport ce qui légitimerait déjà une, arrestation, une poursuite pénale et une sérieuse peine de prison pour vous ou moi !

Voilà un bel exemple de très « mauvaise diplomatie » – si l’on peut encore parler de diplomatie – et de dysfonctionnement complet de la machine gouvernementale. Au mieux d’ailleurs, car si en plus cela était délibéré, il s’agirait d’une rupture violente et définitive des relations de confiance sans lesquelles notamment, la coopération sécuritaire ne pourrait plus exister entre les deux pays.

D’un côté l’Espagne a un besoin vital de sa coopération avec Maroc pour tout ce qui touche notamment à sa sécurité et de l’autre elle l’offense ouvertement. Alors où est la logique ? Espérons qu’il ne s’agit que d’incompétence…

Cet exemple n’est pas unique. Notre monde connait quotidiennement de telles situations et se trouve mis en danger par des « diplomates » qui sont en fait des militants de causes perdues. Ils s’amusent avec des allumettes, se rêvent en
bâtisseurs d’un monde à leur manière mais, en fait, ils menacent gravement la Paix.

Le ministre marocain des affaires étrangères, M. Nasser Bourita, a réagi avec force devant cette situation ubuesque mais gravissime. Il a raison. Aujourd’hui, on doit exiger avec vigueur le respect, le réalisme, l’honnêteté et la transparence dans les relations internationales. On appartient à un cercle d’amitié et de confiance ou pas.

C’est pour toutes ces raisons que le Forum de Crans Montana a créé la World Diplomatic Academy, soutenue par un nombre déjà impressionnant de personnalités internationales. Dans son objet et parmi d’autres buts il y a notamment celui de réinventer la diplomatie en y insufflant le concept de l’élégance…


Jean-Paul Carteron est l’Ambassadeur des Iles Salomon auprès de l’UNESCO et de la FAO et, depuis 2015, le Président du Cercle des Ambassadeurs à Paris qui rassemble le plus grand nombre des chefs de mission diplomatique en fonction dans la capitale française.
Fondateur du Forum de Crans Montana en 1989, à la chute du communisme, il s’impliqua notamment, à la demande de Itzaak Rabin, dans le processus de paix israélo-palestinien, puis à la demande de Richard Holbrooke dans les tentatives de règlement de la question chypriote et la dissolution de la Yougoslavie. Il travailla enfin durant de longues années à la stabilisation démocratique de l’Europe centrale et de l’est puis dès 1988 à l’intégration mondiale de l’Afrique.

Ahmed Charaï : Biden devrait prendre les devants pour relancer le processus de paix israélo-palestinien

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Depuis sa prise de fonction en janvier 2021, le président américain Joe Biden a montré peu d’engagement et beaucoup de prudence dans la poursuite de la mise en œuvre des accords de paix israélo-palestiniens enclenchés par son prédécesseur. Contrairement au dossier iranien pour lequel la nouvelle administration a affiché une forte détermination, Biden a choisi une approche «Stand Back» au sujet des «Accords d’Abrahams». Laquelle posture est devenue insoutenable avec l’éclatement du conflit armé entre israéliens et palestiniens. En effet, alors que les roquettes du Hamas pleuvaient sur les villes israéliennes, et que l’artillerie israélienne ripostait en bombardant et détruisant des bâtiments dans la bande de Gaza tuant femmes et enfants, le président Biden est resté longtemps muet face à l’escalade de la crise. «Le prolongement des combats armés à Gaza menace les fondations des accords de paix et de réconciliations naissants qui n’ont pas encore été fermement enracinés» alerte Ahmed Charaï dans son édito dans The Jerusalem Post. «Le président Biden devrait prendre les devants et chercher à mobiliser toutes les parties prenantes afin de créer une nouvelle initiative multilatérale pour relancer les efforts de paix israélo-palestiniens», recommande l’éditorialiste. Dans son autre «paper analysis» paru sur The National Interest, M. Charai, estime que le conflit armé qui se déroule actuellement en Israël est le résultat de l’impasse politique de Netanyahu, incapable de former une coalition gouvernementale solide et de la guerre par procuration que mène l’Iran via «son proxy», le Hamas.

Ahmed Charai a été l’un des premiers analystes à alerter sur la gravité de l’escalade armée entre palestiniens et israéliens et à noter la politique de retrait de Joe Biden dans sa gestion du conflit israélo-palestinien, et ce dès les premiers signes avant- coureurs de la crise qui enflamme aujourd’hui la région.

C’est dans un éditorial paru sur The Jerusalem Post et d’un «paper analysis» publié sur The National Interest le 13 mai dernier, que l’analyste a plaidé pour l’urgence d’un rôle plus activiste de Joe Biden et de son administration pour mettre fin aux affrontements meurtriers et pour préserver les accords de paix signés par son prédécesseur, ainsi que la réconciliation entre Tel-Aviv et les capitales arabes, avancée remarquable et décisive pour une coexistence pacifique entre palestiniens et israéliens.

«Le monde regarde avec détresse la souffrance des Palestiniens et des Israéliens victimes d’une autre série de conflits qui, selon toute vraisemblance, changera peu mais nuira à beaucoup» a écrit M. Charai.

«Cette fois-ci, l’affrontement est plus laid et peut s’avérer plus meurtrier que n’importe quelle conflagration précédente entre l’État hébreux et les factions armées palestiniennes», prédisait l’analyste.

Biden, la tête ailleurs

Dans des déclarations publiques, le président américain, son secrétaire d’État Antony Blinken ainsi que son ministre de défense ont répété avec force la formule américaine standard concernant le droit d’Israël à la légitime défense face aux tirs de roquettes palestiniennes.

Tout en se déclarant préoccupé par le nombre croissant de Palestiniens tués dans les frappes aériennes israéliennes, ils ont établi une «distinction claire et absolue» entre «une organisation terroriste ciblant des civils et Israël ciblant les terroristes».

Joe Biden n’a vu aucune «réaction excessive significative» dans la réponse israélienne à la pluie de missiles du Hamas, un jugement qui pourrait être compris comme un feu vert implicite pour que l’opération se poursuive, malgré les appels au calme de la communauté internationale.

Par ces déclarations ainsi que par trois vétos en une semaine contre un texte du Conseil de sécurité condamnant l’Etat hébreux, Washington donne à Israël une «carte blanche» pour répondre aux attaques des factions armées palestiniennes jusqu’au moment où il sera jugé qu’Israël aurait réussi de détruire l’infrastructure militaire du Hamas.

Mais en même temps, la nouvelle administration américaine indique clairement que ses priorités diplomatiques se situaient ailleurs. Elle continue d’imposer une approche minimaliste discrète, naviguant dans un cimetière d’initiatives de paix qu’elle a dirigée, essayant de faire le tout contraire de l’administration Trump.

Une pression ferme de Joe Biden pour empêcher une escalade majeure à Gaza

Joe Biden et son administration ont utilisé jusqu’à aujourd’hui un ton bienveillant, appelant à la désescalade de la violence et à la nécessité pour les Israéliens et les Palestiniens «d’être en mesure de vivre en sécurité» et de «jouir dans la même mesure de la liberté, de la sécurité, de la prospérité et de la démocratie», souligne M Charaï.

Toutefois, estime l’éditorialiste, l’administration Biden gagnerait à s’investir davantage pour mettre fin à cette vague d’escalade, la plus intense depuis sept ans.

Reconnaissant que les priorités de l’administration américaine en matière de politique étrangère se trouvent ailleurs, Ahmed Charaï considère qu’une posture plus «militante» pourrait commencer par «une série de petits pas qui signaleraient une volonté d’impliquer les parties locales» à savoir :

1.L’administration américaine devrait agir rapidement pour pourvoir le poste vacant d’ambassadeur américain à Jérusalem; «un tel déménagement ne coûte rien d’autre que des cables diplomatiques», précise notre analyste.
2.Biden qui avait tardé à parler avec Mahmoud Abbas, devrait donner une plus forte influence internationale au président palestinien. Un tel coup de pouce est indispensable pour que le dirigeant modéré ne soit pas éclipsé par les extrémistes du Hamas. «Même si l’éclat de l’Autorité palestinienne s’est estompé ces dernières années, elle reste néanmoins le représentant internationalement reconnu du peuple palestinien. Qui de surcroit affirme toujours l’engagement en faveur d’une solution à deux États».
3.Une pression ferme de l’administration américaine pour empêcher une escalade majeure à Gaza pourrait servir le double objectif de réaffirmer le leadership américain dans la région et de sauvegarder une nouvelle tête de pont pour la coexistence arabo-israélienne.

Un engagement volontariste de Joe Biden servira un objectif immédiat et urgent, affirme M. Charaï. Car une fois un état de calme serait rétabli, une nouvelle initiative multilatérale pour relancer les efforts de paix israélo-palestiniens s’impose. Le président américain devrait prendre les devants et chercher à mobiliser les parties prenantes à même d’assurer des résultats fructueux. Lesquelles parties prenantes devraient être constituées «des Émirats arabes unis, du Bahreïn, du Maroc, de la Jordanie, de l’Égypte et de l’Union européenne».

Guerre par procuration entre l’Iran et Israël

Avec le déplacement de la politique étrangère américaine vers la Chine, la mise en veille des «Accords d’Abraham» et la baisse considérable de la pression de la communauté internationale sur l’Iran, le régime des mollahs a profité de l’impasse électorale israélienne et des manœuvres de l’extrême droite du pays pour déplacer la guerre qui fait rage entre Tel-Aviv et Téhéran depuis l’assassinat de Qassem Soleimani, numéro 2 du régime, au cœur des territoires palestiniens.

Dans une interview diffusée sur la chaine de télévision irakienne Al-Ahd TV en date du 7 mai 2021, un haut responsable du Jihad Islamique Palestinien, Ramez Al-Halabi, a déclaré que les roquettes utilisées par la faction pour cibler Tel Aviv portent la signature de l’Iran et de Quassem Soleimani, commandant de la Force Qods du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) tué en janvier 2020 lors d’une frappe aérienne américaine à Bagdad.

Il a affirmé que les membres des factions étaient formés par le CGRI et que l’argent iranien était utilisé pour acheter des armes pour les factions armées à Gaza et au Liban. Al-Halabi a ajouté que chaque maison de Gaza a le portrait de Soleimani et que «ce sont eux [l’Iran] qui nous soutiennent avec des armes, de l’argent et de la nourriture».

L’Iran fournit nos missiles, armes, fonds et nourriture, nos hommes armés «ont été formés par nos frères dans le GRI»; Sans l’aide de l’Iran, nous ne serions pas en mesure de tirer des roquettes sur Tel Aviv. Qassem Soleimani a personnellement supervisé le transfert de roquettes vers Gaza.

Entre l’axe Jérusalem et Beyrouth, l’axe Jérusalem et Bagdad, l’axe Jérusalem et Damas, l’axe Jérusalem et Sanaa, l’axe entre Jérusalem Téhéran, est l’axe victorieux.

Ramez Al-Halabi Haut responsable du Jihad Islamique palestinien

Dans une interview du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, en date du 27 décembre 2020, ce dernier a révélé que les avions israéliens avaient bombardé des usines d’armes au Soudan, car ils disposaient d’entrepôts d’armes, de munitions et de missiles qui seront envoyés plus tard, par des moyens divers, dans la bande de Gaza.»

Dans une autre déclaration cette fois-ci de Mahmoud Al-Zahar, en date du 28 décembre 2020, le haut responsable du Hamas a remercié l’Iran sur la fourniture du missile antichar russe le Kornet. Al-Zahar a affirmé que ce missile est devenu nécessaire à la lutte contre l’Etat d’occupation car il lui sera difficile de s’approcher des frontières de Gaza.

Aujourd’hui, il y a donc plus aucun doute sur les responsabilités de Téhéran dans l’approvisionnement continu en matériel de guerre en faveur à la fois des milices armée palestiniens et également au profit des rebelles chiites houthis du Yémen. D’ailleurs, la stratégie des «attaques en essaim» avec des batteries mobiles activées simultanément afin d’atteindre la saturation des batteries israéliennes du système d’interception «Iron Dome» est la même qui a été utilisée contre l’Arabie Saoudite et son système de défense antiaérien Patriot, endommageant entre autres une installation stratégique d’Aramco.

Le Hamas a réussi à lancer plus de 3000 missiles et roquettes en une semaine atteignant des fois une portée de plus de 250 km. Une artillerie en quantité et en qualité incroyables à travers laquelle Téhéran a réussi à mener une guerre par procuration au cœur d’Israël.

«Comme dans chaque cycle de conflit israélo-palestinien, le combat entre les deux parties est transmis et amplifié à travers la région, alimentant encore plus d’animosité envers les Israéliens dans le monde arabe», indique Ahmed Charaï.

L’Iran profite de cette dynamique négative et de cet environnement empoisonné. Le recours à la violence aveugle est assimilé à du courage, donnant l’illusion aux yeux de nombreux Palestiniens, que le Hamas était la seule force disposée à «tenir tête à Israël» et à «défendre al-Aqsa» contre l’empiétement israélien.

Ce machiavélisme iranien isole jour après jour les Palestiniens et autres Arabes sympathisants de la paix et de la réconciliation. Ils sont confrontés à la marginalisation ou sont qualifiés de traîtres. Cela s’étend même à ceux, comme le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, avec de longs antécédents d’opposition à la politique israélienne, s’indigne M. Charaï.

Et d’ajouter, une confrontation prolongée menacerait sûrement la stabilité sociale en Cisjordanie, qui jusqu’à présent a été une oasis de calme.

Une sévère crise politique en toile de fond

Quatre élections en moins de deux ans et toujours pas de majorité claire pouvant constituer le gouvernement israélien. Après l’échec de Benjamin Netanyahu à former une coalition, le président israélien Reuven Rivlin a donné, mercredi 5 mai jusqu’au 2 juin, mandat au chef de l’opposition, Yaïr Lapid, de former un gouvernement.

Quelques jours après, Itamar Ben-Gvir, chef du parti extrémiste Otzma Yehudit (Force juive), allié de Netanyahu, va mettre un coup de pression en participant aux affrontements à Cheikh Jarrah et autour du mont du Temple. Deux évènements déclencheurs de l’actuel escalade meurtrière.

Ces évènements vont certainement peser sur la gauche qui a suspendu ses négociations pour former un gouvernement. Son échec donnerait à Netanyahu, en procès pour corruption, une nouvelle chance à travers une cinquième élection. Mais à quel prix. Le Hamas financé par le Qatar et armé par l’Iran se positionne en défenseur de Gaza avec 2 millions de Palestiniens pris en otage. L’organisation islamo-nationaliste réussi à fédérer une large frange des musulmans de par le monde ainsi que le mouvement palestinien en mal de leadership et sans horizon politique, en prétendant incarner la défense de Jérusalem et plus particulièrement de la mosquée al-Aqsa.

«Il est à peine besoin de dire que la paralysie politique en Israël au cours des deux dernières années a largement contribué à cette impasse» écrit Ahmed Charai dans son analyse parue sur The National Interest.

«La plupart des dirigeants du pays s’attachent étroitement à survivre aux épreuves politiques de l’époque, ne laissant aucune place à l’empathie stratégique à long terme sans laquelle Israël ne peut établir des relations amicales et pacifiques avec ses voisins palestiniens. Pour le bien de l’avenir de leur pays, ils doivent travailler pour transcender ces deux épreuves – et leurs propres ego conflictuels – pour parvenir à un cessez-le-feu.» conclut-il.


M. Ahmed Charai est éditorialiste et éditeur de presse, Administrateur de Plusieurs Think tank à Washington – Membre du Conseil d’Administration du “Center for Strategic and International Studies” à Washington, – – Membre du Directoire de l’ONG “Search for Common Ground” à Washington, – Membre du Conseil du Directoire de ” The Atlantic Council of United States” à Washington – Membre du Conseil Editorial Consultatif de “The National Interest’s Magazine” à Washington. – Membre du Conseil d’Administration du “The Foreign Policy Research Institute” à Philadelphia– Membre du Conseil d’Administration du International Crisis Group. Mr Charai est aussi membre du conseil Consultatif de Gatestone Institute à New York. Mr Charai, s’exprime souvent dans de grands journaux et médias américains dont le Wall Street Journal, New York Times, Le Monde, Fox News, National Interest Magazine, Huffington Post.

Ahmed Charai : la néo-opposition numérique bafoue les intérêts supérieurs de la Nation

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Une nouvelle forme d’opposition s’est installée dans le paysage numérique marocain qui transcende les codes des mouvements de protestation politique et sociale qu’a connu le pays depuis son indépendance. La nature du véhicule de l’expression de l’opposition, à savoir les réseaux sociaux, complique l’analyse de ce phénomène et favorise les dépassements en terme de valeurs, d’éthique et des coutumes de la société marocaine. Le diktat de l’audience pousse les créateurs de contenu (texte, images ou vidéos) à aller encore plus loin et encore plus bas. «Même dans l’adversité absolue, l’opposition politique post indépendance, intense et parfois violente, était attachée aux intérêts supérieurs de la Nation» souligne Ahmed Charai dans un édito paru sur L’Observateur du Maroc et d’Afrique. «Ni Abderrahim Bouabid, ni Ali Yata, ni Bensaïd Aït Idder, unanimes sur la marocanité du Sahara, n’ont abandonné pour autant la lutte pour la démocratie et les droits de l’homme», rappelle-t-il. Et d’ajouter : «Aujourd’hui, les réseaux sociaux nous offrent un spectacle affligeant. Les néo-opposants sont désormais d’un autre genre. Il y a un flot d’inepties, de contre-vérités, d’ignorance qui circule et qui est piteux». A qui incombe la responsabilité ? M. Charai pointe du doigt «l’inertie des Oulemas, l’inconscience des politiques et le silence des intellectuels».

Quand est-ce que s’arrête l’opposition constructive et quand est-ce que commence l’adversité destructive ? Quand est est-ce que un Youtubeur passe du statut de créateur de contenu, à activiste puis à opposant politique rémunéré par Adsense ? Un Rubicon qu’on peut aisément franchir depuis l’avènement des réseaux sociaux.

Dans un édito publié sur L’Observateur du Maroc et d’Afrique en date du 07 mai 2021 au titre : «Opposition low-cost», Ahmed Charai analyse les dérives de cette nouvelle opposition numérique.

«Le Maroc est un pays où la vie politique post indépendance a été intense et parfois violente. Mais nous avions une opposition qui avait un projet sociétal, politique», écrit M. Charai.

Même dans l’adversité absolue, cette opposition était attachée aux intérêts supérieurs de la Nation. La question du Sahara qui a enclenché une unanimité qui a permis la récupération des territoires du Sud est le fruit de cette osmose patriotique. Mais ni Abderrahim Bouabid, ni Ali Yata, ni Bensaïd Aït Idder n’ont abandonné la lutte pour la démocratie et les droits de l’homme, atteste M. Charai.

Aujourd’hui, poursuit-il, les réseaux sociaux, mais pas uniquement, nous offrent un spectacle affligeant. Les opposants d’aujourd’hui sont désormais d’un autre genre. Il y a un flot d’inepties, de contre-vérités, d’ignorance qui circule et qui est affligeant.

L’autre problématique devenue persistante est celle relative aux accointances que peuvent développer ces néo-opposants avec des puissances étrangères. Dans le vacarme des attaques et des contrattaques, des accusations qui fusent de part et d’autre, il est devenu difficile de démêler le vrai du faux, le patriote du traitre.

«Certains cherchent l’appui de l’étranger, du statut de réfugié, se mettant au service de volontés d’influence externe. C’est juste désolant. Ces épiphénomènes cachent un environnement plus important, celui de l’intolérance, y compris chez les pseudo-opposants» s’indigne Ahmed Charai.

Terrorisme intellectuel

La néo-opposition numérique n’est pas seulement des prises de positions politiques contre les institutions du pays mais surtout un référentiel sémantique violent, et un étiquetage destructeur.

«Cela pourrit le débat public» se désole M. Charai. «Des gens craignent de prendre la parole et de se voir livrés à cette vindicte fascisante. Du coup, les débats fondamentaux disparaissent, qu’ils soient politiques, sociaux, ou sociétaux, par peur des campagnes haineuses, construites autour du vide» alerte-t-il.

«Le drame est endogène. Dès qu’un Alem s’émancipe de leurs théories ignares, il est l’objet de fatwas takfiristes; dès qu’un journaliste défend des positions rationnelles, il est accusé de travailler pour les services secrets, « l’horrible » Makhzen. Les partis politiques ne sont pas mieux traités, même dans leur diversité.» affirme l’éditorialiste.

«C’est un véritable terrorisme intellectuel qui agit sur la toile. Mais il n’aurait aucune chance, s’il y avait une réaction pour défendre le débat public, les vrais idéaux démocratiques», soutient-il.

Responsabilité historique des oulémas, partis politiques et intellectuels

«Les oulémas, y compris ceux grassement payés par le contribuable, ne réagissent qu’à la demande. Les partis politiques préfèrent ignorer ces phénomènes qu’ils considèrent marginaux. Quant aux intellectuels, ils sont aux abonnés absents» fustige l’analyste.

M. Charai insiste sur l’obligation de défendre de la liberté d’expression : « Il y a bien évidemment des youtubeurs et des youtubeuses qui sont attachés à leur pays, dont on peut ne pas toujours partager la pertinence des points de vue, mais dont il faut absolument défendre la liberté d’expression».

«Les élites marocaines ont le choix entre défendre un projet sociétal, bâti autour de consensus nécessaires et de divergences clairement identifiées, ou se soumettre aux diktats d’incultes qui font du bruit sur la toile». a-t-il conclut.

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