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Les risques d’utilisation de l’arme nucléaire dans la crise ukrainienne

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La bataille autour de l’Ukraine s’éternise. Des armes neuves et d’autres équipements provenant de l’Union européenne et des États-Unis continuent affluent en Ukraine permettant aux forces ukrainiennes de continuer à se battre contre les russes. La bataille atteint ce que l’expert en résolution de conflits William Zartman appelle une situation «d’impasse douloureuse». L’équilibre des forces sur le terrain n’est pas complètement ou parfaitement symétrique, mais ce qui était autrefois considéré comme une asymétrie des forces complètement disproportionnée s’est progressivement rééquilibré, en faveur des forces ukrainiennes.

Analyse de Francesca Giovannini publiée par Bulletin of The Atomic Scientists -TheBulletin.org

La crise en Ukraine devient une guerre d’endurance

Les théories des relations internationales nous enseignent que les défenseurs ont un avantage stratégique. Ils connaissent le terrain sur lequel ils se battent, et surtout ils ont la volonté absolue de repousser l’attaquant.

Ce que les médias rapportent du terrain d’affrontement en Ukraine confirme largement ces thèses  théoriques. La compétence des militaires ukrainiens est encore renforcée par un niveau sans précédent de mobilisation et de résistance des civils.

Pendant ce temps, les forces russes rencontrent des difficultés considérables pour réapprovisionner leurs troupes déployées à l’avant. Les performances de l’armée sont visiblement insuffisantes. Aucun objectif stratégique n’a été atteint. Et pour la première fois depuis le début du conflit, les médias russes reconnaissent les premières victimes du pays. À mesure que la situation perdure, le moral des troupes russes s’effrite. Les combats se relâchent, les pertes continuent à augmenter du côté russe.

En règle générale, dans les situations d’impasse, selon Zartman, les coûts de la poursuite de la guerre dépassent (souvent de beaucoup) les avantages à en tirer. Pourtant, il est raisonnable de supposer que pour Poutine, perdre la guerre avec l’Ukraine n’est pas une option. Il a affirmé que l’Ukraine est une partie indivisible de l’identité et du territoire russes. En outre, avec deux tiers de l’ensemble des forces militaires russes sur le terrain, perdre une guerre contre ce qui est perçu comme une armée beaucoup plus faible entraînerait des coûts de réputation importants pour la Fédération de Russie et pour Poutine.

Ce dernier ne serait pas non plus disposé à accepter une solution négociée qui laisserait le régime actuel au pouvoir. Les coûts que Poutine a déjà été prêt à payer pour son invasion de l’Ukraine sont faramineux. Se contenter d’une victoire en demi-teinte semble très improbable. Pour que les coûts de l’invasion en valent la peine, Poutine a besoin d’une victoire décisive..

La question de savoir ce que «gagner» signifie pour Poutine entre en jeu

Les options de Poutine

Quelles sont les options dont dispose Poutine ? Une décision de Poutine d’utiliser des armes nucléaires tactiques ne semble peut-être plus complètement farfelue. En fait, il a ordonné dimanche aux forces nucléaires russes de passer à un état d’alerte plus élevé, bien que l’on ne sache pas très bien ce que cet ordre signifiait en termes pratiques. On pense généralement que les missiles nucléaires terrestres et sous-marins de la Russie et des États-Unis sont maintenus en état d’alerte élevé à tout moment.

Aujourd’hui, à l’heure où j’écris cet article, un scénario qui conduirait la Russie à utiliser des armes nucléaires en Ukraine semble improbable. Comme beaucoup d’autres, je fais trois hypothèses : la Russie a tout intérêt à ne pas détruire l’Ukraine, car Poutine veut l’occuper ; même si Poutine est un «voyou», il n’est pas assez fou pour briser le tabou de l’utilisation d’armes nucléaires en temps de guerre, tabou qui dure depuis 75 ans ; et les Russes disposent de nombreuses autres options pour soumettre l’Ukraine.

Mais ces hypothèses devraient peut-être être remises en question

Hypothèse 1 : Ne pas détruite l’Ukraine

Premièrement, l’hypothèse selon laquelle Poutine veut éviter de détruire l’Ukraine ne résiste guère à l’épreuve de la réalité. S’il est vrai que dans la première phase du conflit, les Russes ont pris des mesures pour réduire les coûts civils et la destruction des infrastructures, au cours des dernières 24 heures, les tactiques russes ont clairement changé de ciblage et de rythme. Le ciblage de bâtiments résidentiels, de gazoducs et de stations énergétiques montre à quel point les Russes ressentent désormais l’urgence du temps et la crainte de voir la résistance ukrainienne se coaliser. Plus le conflit s’éternise, plus les Russes devront s’intensifier pour briser la «détermination» des Ukrainiens. En fin de compte, une victoire décisive pourrait être plus importante pour Poutine que la préservation des infrastructures. Et si l’objectif de Poutine est de faire de l’Ukraine une zone tampon entre la Russie et l’Occident, limiter les dégâts sur le sol ukrainien pourrait finalement compter peu dans l’esprit de Poutine.

Hypothèse 2 : Poutine n’est pas assez fou pour utiliser l’arme nucléaire

En ce qui concerne la deuxième hypothèse : Jusqu’à quel point Poutine devrait-il être plus fou pour briser le soi-disant « tabou nucléaire » ? Il me semble qu’il a été prêt à briser le tabou de la souveraineté nationale plus d’une fois. Si je ne pense pas qu’il prendra la décision d’utiliser des armes nucléaires tactiques à la légère, je ne crois pas non plus que la crainte de briser un précédent (réel ou imaginaire) soit une contrainte pour lui. Il est également intéressant de noter que Poutine a fait référence à plusieurs reprises aux armes nucléaires au cours de cette crise. Dimanche, il a ordonné la mise en état d’alerte des forces nucléaires de son pays, en réponse, selon lui, aux déclarations agressives des pays occidentaux. Dans le discours qui a annoncé l’invasion de l’Ukraine, Poutine a affirmé que « l’Ukraine était sur la voie de l’acquisition d’armes nucléaires. » Il n’existe bien sûr aucune preuve pour étayer une telle affirmation, mais il est intéressant de noter la prééminence de l’argument nucléaire dans la pensée de Poutine. Plus important encore, les Russes envisagent apparemment une mesure de représailles pour contrer le soutien de l’Occident à l’Ukraine ; il s’agirait notamment pour la Russie de quitter le nouvel accord de contrôle des armes nucléaires START, qui plafonne les arsenaux nucléaires déployés des États-Unis et de la Russie – un geste sous-entendu samedi par l’ancien président russe Dmitri Medvedev, actuellement chef adjoint du Conseil de sécurité de la Russie.

Hypothèse 3 : Les Russes disposent de nombreuses autres options pour soumettre l’Ukraine

Enfin, nous savons que les Russes disposent encore de nombreuses options stratégiques conventionnelles et non nucléaires. Ils n’ont pas déployé toutes leurs capacités cybernétiques. Ils envoient davantage de chars. L’utilisation de drones en essaim et d’autres armes « exotiques » pourrait également être en phase de planification. Et plusieurs de mes collègues du Belfer Center l’ont souligné, la Russie dispose d’une puissance de feu suffisante pour détruire les villes ukrainiennes sans avoir à recourir aux armes nucléaires.

En outre, alors que cette guerre folle fait rage, des fenêtres pour la diplomatie et les négociations pourraient apparaître en cours de route. L’une d’entre elles s’est ouverte ce lundi, avec les pourparlers entre les délégations russe et ukrainienne qui se sont tenus en Biélorussie.

Arme nucléaire

Ce qui rend l’utilisation d’armes nucléaires tactiques plausible (bien que peu probable) à mes yeux, c’est leur valeur sans équivoque du message de Poutine. L’utilisation d’une ou de plusieurs armes nucléaires tactiques serait une tentative incontournable de Poutine de briser l’unité de l’Occident et de tester la détermination de certains pays de l’OTAN. Il signalerait également une fois pour toutes sa volonté de faire tout ce qui est nécessaire pour atteindre ses objectifs politiques et stratégiques.

Je ne prétends pas que ce soit un scénario probable, mais je m’inquiète.

J’ai célébré les victoires militaires des féroces et fiers Ukrainiens. J’ai pleuré devant les images diffusées à la télévision. J’ai haleté en lisant les messages du président Zelensky confirmant encore et encore sa volonté inébranlable de rester et de se battre avec le peuple ukrainien jusqu’à la fin. Mais un scénario plus inquiétant est en train d’émerger et avec lui un dilemme catastrophique pour le président Zelensky et l’Occident. Plus il résiste et plus l’Occident résiste, plus il risque de pousser involontairement Poutine à envisager de nouvelles escalades, y compris jusqu’au seuil nucléaire.

Zelensky doit-il se rendre et partir, dans l’espoir d’apaiser la Russie ? Ou doit-il continuer à se battre avec son peuple, avec l’aide croissante de l’Occident, pour défendre leur droit de vivre librement ? Le combat pour la liberté vaut-il le prix d’une éventuelle attaque nucléaire ?

C’est un dilemme existentiel sans solution parfaite, auquel personne ne devrait jamais être confronté. C’est un dilemme qui pourrait bientôt nous hanter tous, à moins que la raison ne soit restaurée par une diplomatie renouvelée.

Francesca Giovannini

Francesca Giovannini est la directrice exécutive du Project on Managing the Atom au Belfer Center for Science & International Affairs de la Harvard Kennedy School.
Elle est également chargée de cours au Centre for International Security and Cooperation de l’université de Stanford. Mme Giovannini a occupé le poste de responsable de la stratégie et de la politique auprès du secrétaire exécutif de l’Organisation du traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICEN), basé à Vienne. Avant d’être nommée à l’étranger, Mme Giovannini a travaillé pendant cinq ans à l’American Academy of Arts and Sciences de Boston en tant que directrice du programme de recherche sur la sécurité mondiale et les affaires internationales.

Irina et Touhfa attisent «les feux du désamour» entre Biden et MBZ devant notre porte

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Le 17 janvier dernier, Abu Dhabi fut le théâtre d’une attaque par drones des rebelles houthis du Yémen faisant trois victimes civiles. Un coup très dur, porté aux Émirats Arabes Unis qui puisent leur puissance du dynamisme de leur place financière et de la sécurité de leurs terres. Inattendue et spectaculaire cette agression a fait couler beaucoup d’encre. Pour plusieurs analystes, cet évènement est la confirmation du désamour chronique entre Joe Biden et Mohammed Ben Zayed. Ce dernier, se retrouve pour la première fois menacé et son pays non protégé. MBZ ne se faisait pas d’illusion sur la politique de la nouvelle administration américaine envers son régime. Avant même son investiture, Biden a déclenché les hostilités en arrêtant son lobbyeur Thomas Barrack et son conseiller George Nader, en bloquant le contrat de vente des F35 et en supportant le Qatar.

Il n’était que question de temps pour que ces vives tensions deviennent publiques et que leurs répliques arrivent jusqu’à notre pays. Aujourd’hui, tout porte à croire que nous y sommes.

Après des rumeurs sur l’échec de la dernière visite de Aziz Akhannouch à Abu Dhabi, deux phénomènes des réseaux sociaux se sont subitement mis à parler. Il s’agit de l’israélienne Irina Tsukerman et du YouTubeur marocain «Touhfa». Appartenant à deux mondes parallèles, rien ne semble les lier. Pourtant la semaine écoulée, ils se sont synchronisés pour que chacun de son côté tire à l’arme lourde sur les relations entre le Maroc et Israël d’une part et le Maroc et les Émirats Arabes Unis d’autre part. Irina Tsukerman s’en est pris à Nasser Bourita et Jared Kushner, tandis que Touhfa s’est chargé de Mansour ben Zayed et Tahnoun ben Zayed, deux hauts responsables émiratis. Une double-campagne lancée le jour même de part et d’autre, soit le 24 janvier 2022, et neuf jours avant l’annonce de la visite officielle d’une délégation ministérielle menée par le Chef de Gouvernement marocain à Doha.

Ces épiphénomènes sont ce qu’on appelle dans le jargon de la communication, des signaux faibles d’une crise en devenir. Ils peuvent être également des escarmouches de gens bien informés sur les orientations stratégiques du Royaume. Seule certitude est que le monde, assiégé par la pandémie, s’engage davantage dans la voie de la guerre que celle de la paix où plus rien n’est acquis et où plus rien n’est permanent.

Comme Donald Trump, Mohammed Ben Zayed doit se demander nuit et jour, pourquoi est-il traité de la sorte par l’administration américaine et d’une partie du gouvernement israélien. Lui qu’il a fait pour l’Etat hébreu ce que jamais un autre émir de son pays ou de tout le Golfe n’a réalisé.

Après avoir sauvé la face à Netanyahu et Trump, qui ont échoué à mettre sur pied un accord de paix définitif entre palestiniens et israéliens, en soutenant les accords d’Abraham, MBZ n’a reçu en retour que des déceptions.

George Nader, conseiller de MBZ, arrêté pour pédophilie puis accusé de complot contre les États-unis

Avant même son ascension au pouvoir, Joe Biden, dans sa guerre contre Donald Trump, a fait tomber l’un des principaux conseillers et lobbyeurs de MBZ auprès de la Maison Blanche, l’homme d’affaires américano-libanais George Nader.

Interrogé une première fois par le procureur spécial Robert Mueller en sa qualité de témoin sur l’ingérence de la Russie dans l’élection de présidentielle américaine de 2016, George Nader s’est enfui à Abu Dhabi, avant d’être arrêté le 4 juin 2018 à l’aéroport JFK de New York pour possession d’images pédopornographiques. Il sera condamné fin juin 2020 à 10 ans de prison ferme pour trafic de sexe et de pornographie enfantine.

La pression sur l’ancien conseiller de MBZ ne va baisser avec l’arrivée de Biden. Le 16 janvier 2022, George Nader, plaide coupable pour le rôle qu’il a joué en aidant les Émirats arabes unis à donner des millions de dollars de contributions de campagne illégales dans le système politique américain pendant l’élection présidentielle de 2016.

Tom Barrack, le milliardaire et ami de Trump arrêté pour avoir travaillé secrètement pour MBZ

Le milliardaire américain et ami de Donald Trump a été arrêté en juillet 2021 pour «avoir tenté d’influencer la politique étrangère lors de la campagne présidentielle de Trump en 2016 et pendant les premières années de l’administration Trump».

Sept chefs d’inculpation ont été retenus contre Thomas Barrack, accusé de s’être servi de son accès à Trump pour promouvoir les objectifs de politique étrangère des Émirats arabes unis.

L’acte d’inculpation stipule que Barrack et deux autres individus agissaient et conspiraient en vue d’agir comme des agents des Émirats entre avril 2016 et avril 2018.

Les investigation ont également révélé que la société d’investissement immobilier et privé de Tom Barrack a reçu environ 1,5 milliard de dollars de la part de l’Arabie saoudite et des EAU juste entre la période allant de l’investiture de Trump à Juin 2021.

Biden et Bennett bloquent la vente des F35, MBZ dépité, claque 19 milliards de dollars dans le plus grand deal d’achat de Rafales de l’histoire de la France

MBZ tenait à ses F35. Ces avions dernière génération que les alliés des États-unis s’arrachent, tellement ils apporteraient une suprématie aérienne manifeste. L’acquisition de ces appareils, était d’ailleurs une des conditions que le prince héritier des E.A.U avait imposé à Donald Trump pour signer les accords d’Abraham. Netanyahu avait signifié clairement son désaccord mais l’ancien président américain avait réussi à décrocher le feu vert du Congress.

Arrivé au pouvoir, Biden ne dira pas non à la vente des F35 à MBZ mais pose de nouvelles conditions: Les Émirats n’en auront qu’une version sous-équipée tout en se soumettant à l’obligation systématique d’un accord du Pentagone avant toute utilisation.

MBZ rejète l’offre et signifie son irritation pour non respect d’engagement de l’accord ratifié par l’administration Trump. La riposte du dirigeant émirien sera à la hauteur de sa colère. Le 3 décembre 2021, à l’occasion de la visite d’Emmanuel Macron à Abu Dhabi, MBZ offre au président-candidat le plus grand bon de commande de l’histoire du constructeur français Dassault. «80 avions de chasse pour Abu Dhabi, soit une commande d’environ 19 milliards de dollars sans les armements, c’est du jamais-vu pour Dassault et une somme exceptionnelle pour l’industrie française. » avait titré LesEchos.

Avec cet accord, MBZ n’a pas réussi qu’à faire perdre au Pentagone 19 milliards de dollars mais à faire gagner Emmanuel Macron le double de la marge nette qu’il allait constaté en vendant ses sous-marins à l’Australie. Ce fameux «deal du siècle» de la marine française, capoté à la dernière minute par l’alliance AUKUS, l’alliance militaire entre l’Australie, les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

Le Qatar, l’allié préféré des démocrates au Moyen-Orient, propulsé nouvel allié majeur de l’OTAN

Les démocrates ont cultivé depuis l’ère Obama une affinité particulière avec le Qatar. La puissante influence médiatique de la péninsule a joué un rôle décisif durant le printemps arabe et a constitué un relais efficace aux médias pro-démocrates dans la guerre du Yemen et les affaires Khashoggi et Pagasus.

C’est aussi au régime du Qatar que Biden a confié le rôle d’intermédiation et de gestion du retour des Taliban au pouvoir, excluant de facto le parrain historique du mouvement l’Arabie Saoudite ainsi que les Émirats arabes unis.

L’avènement du conflit en Ukraine va positionner davantage Doha sur la scène internationale en sa qualité d’allié indéfectible de Washington. D’ailleurs pour rassurer l’Allemagne, Biden a demandé au Qatar de se préparer à fournir du gaz naturel à l’Europe en cas de déclenchement de guerre avec la Russie. La concurrence entre Tamim et MBZ n’en a fait que s’amplifier.

En effet, au moment où le président israélien visitait Dubaï, l’Émir du Qatar Tamim ben Hamad était reçu par Joe Biden à la Maison Blanche. Le président démocrate le couvre d’éloges, le qualifie de «bon ami» et le désigne officiellement «allié majeur de l’OTAN». Une désignation qui a été refusée auparavant à l’Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis.

Pour enfoncer le clou et montrer une autre preuve de son désamour pour MBZ, Biden annonce en présence de Tamim et devant les caméras la signature d’un contrat de vente de 50 Boeing 737 MAX au Qatar. Et comme dans la politique la vengeance est toujours un plat qui se mange froid, le montant de ce juteux «deal» annoncé par le président américain s’élève à 20 milliards de dollars. Soit 1 milliard de dollars de plus que la contrat des Rafales signé entre Mohammed Ben Zayed et Emmanuel Macron, deux mois plus tôt.

«Abu-Dhabi n’est plus protégée»

Pour la troisième fois depuis le début du mois de janvier et en deux semaines seulement, les Émirats arabes unis ont été la cible d’attaques de drones et de missiles lancés par les rebelles houthis du Yémen. Ce lundi 31 janvier, un missile balistique visant Abu Dhabi a certes été intercepté par le système de défense aérien du pays, sans faire aucune victime humaine ni de dégât matériel, mais le timing de son lancement est crucial. L’agression a coïncidé avec la visite «historique» du président israélien, Isaac Herzog, aux Émirats.

Longtemps épargné, le régime MBZ se sent pour la première fois menacé et son territoire «non protégé». Rappelons que la première attaque en date du 17 janvier 2022, revendiquée par les Houthis, a fait trois morts, des travailleurs asiatiques, un Pakistanais et deux Indiens.

La réaction officielle des États-unis, outre la condamnation de l’attaque, a été de mettre en garde ses citoyens contre les risques liés aux voyages aux Émirats arabes unis.

«Reconsidérez votre voyage en raison de la menace d’attaques de missiles ou de drones», a publié le département d’État américain sur son site Web.

La pire chose qu’on pourrait faire à MBZ. Qui pour éviter que son pays soit touché par les guerres en Syrie et au Yémen entretenait des relations directe avec l’Iran en dépit de sa position officielle anti-mollahs. Parait-il, le sujet iranien a été un des points traités lors de la visite non annoncée de Naftali Bennett à Abu Dhabi le 13 décembre 2021.

Dommages collatéraux en Egypte et crispation au Maroc

Egypte : al-Sissi met fin à la rébellion des hommes de paille d’Abu Dhabi

Le désamour entre Biden et MBZ a eu des répercussions immédiates en Egypte. Abdelfattah al-Sissi, se préparant à s’émanciper de l’emprise des pays du Golfe sur son pays, a du gérer la pression des démocrates sur la question des droits de l’homme et faire face à une rébellion synchronisée des hommes de paille des Émirats arabes unis dans son pays.

Au sujet des revendications des ONG américaines, al-Sissi a mené une grande campagne de «cosmétique» sur les prisonniers politiques et leurs conditions d’incarcération. Quand à la montée au créneau d’homme d’affaires critiquant l’hégémonie économique des militaires, le «Raiss» a réglé le sujet en direct devant les caméras puis a disqualifié les meneurs, notamment le promoteur milliardaire Naguib Sawiris et le magnat des médias Mohamed Al-Amin. Ce dernier sera même inculpé d’agression sexuelle sur jeunes filles mineurs de son orphelinat.

Les relations entre Biden et al-Sissi restent fortes, en dépit de la pression qu’exercent quelques sénateurs démocrates au sujet des droits de l’homme en Égypte. L’administration américaine vient d’approuver la vente de radars de défense aérienne et d’avions C-130 Super Hercules au Caire pour une valeur combinée de plus de 2,5 milliards de dollars. Al-Sissi a su gagner la confiance de Biden grâce à sa gestion de sa bonne distance avec MBZ et à sa médiation, en avril de l’an dernier, pour aider à mettre fin aux hostilités entre Israël et les militants du Hamas.

Maroc : Les relations avec Israël battent de l’aile, volte-face d’Irina Tsukerman et Touhfa accuse les Émirats d’espionnage

Les répliques des tensions entre les États-unis et les Émirats arabes unis commencent à se faire ressentir au Maroc. Une secousse aurait à ce titre touché le Chef de Gouvernement, Aziz Akhannouch, lors de sa dernière visite à Abu Dhabi. «Elle se serait mal passée» croit savoir un observateur. «D’ailleurs depuis son retour, il semble être en disgrâce» poursuit notre source.

Si c’est le cas, Akhannouch devrait se rattraper lors de son voyage prévu ce weekend au Qatar à la tête d’une délégation ministérielle. Cette visite qui survient au lendemain de la rencontre entre Biden et Tamim, verra la signature de plusieurs conventions bilatérales avec le gouvernement qatari.

L’autre dommage collatéral des tensions USA/E.A.U sont les accords d’Abraham. Mohammed Ben Zayed étant l’un des initiateurs du deal, s’est retrouvé du jour au lendemain sans relais à la Maison Blanche et face à un gouvernement Naftali Bennett, qui tient plus à regagner la confiance de l’administration américaine, que de faire plaisir à son allié arabe.

Les accords d’Abraham se retrouvent ainsi au point mort. Le processus de normalisation entre le Maroc et Israël également.

D’ailleurs, mis à part l’accueil chaleureux réservé au ministre de la défense israélienne, le Général Benny Gantz, Rabat n’a fait aucun pas vers le renforcement des relations diplomatiques avec Tel-Aviv. Le chargé d’affaires israélien David Govrin, dont les sorties médiatiques désastreuses l’ont rendu peu fréquentable, a beaucoup de peine à faire bouger les lignes. Govrin fonctionne avec un logiciel déformé de par les contextes jordaniens et égyptiens dans lesquelles il a évolué depuis le début de sa carrière. De plus, il se retrouve désarmé face à la condition sine qua non du Royaume pour des relations «normales» avec l’Etat hébreu: «la reconnaissance da la marocanité du Sahara».

Ce contexte particulièrement tendu est resté une affaire de coulisses et de diplomates, jusqu’à ce que deux «influenceurs» s’emmêlent. Ils appartiennent certes à deux mondes parallèles mais partagent par contre la même mission celle de propagandistes.

Irina Tsukerman se lâche sur notre «héros national», Nasser Bourita

Depuis le 24 janvier 2022, c’est l’incompréhension totale et la stupéfaction générale sur le Twitter marocain. Irina Tsukerman, fervente défenseur de la cause nationale et des relations maroco-israéliennes s’est mise subitement à s’en prendre à «l’héros national» Nasser Bourita.

Ce n’est pas moins de 114 tweets assassins que l’avocate et propagandiste israélienne a posté en rafale et en 4 salves sur 7 jours.

Méthodique, elle prenait en cible une personnalité et un sujet et disait systématiquement tout le mal qu’elle pensait de Bourita et du Qatar.

Irina Tsukerman : Ses principaux sujets de prédilection

Les 114 tweets s’articulent tous autour de trois principaux «topics» :

  1. Pegassus
  2. Les Houthis
  3. Le Qatar

Irina Tsukerman : Ses cibles à abattre

  1. Jamal Benomar : Elle l’accuse d’espionnage pour le Qatar et d’être pro-Houthis,
  2. Nasser Bourita : Elle l’accuse d’avoir couvert Jamal Benomar et d’avoir mal défendu le Maroc des attaques de l’administration américaine et de l’Elysée,
  3. Jared Kushner : Elle l’accuse d’avoir saboter les Accords d’Abraham en imposant aux E.A.U l’accord d’Al-Ula,
  4. Yariv El Baz : Elle l’accuse de n’avoir d’autres objectifs que de s’enrichir sur le dos des Accords d’Abraham,
  5. Richard Attias : Elle l’accuse d’avoir profiter du Maroc, de l’Arabie saoudite et des E.A.U tout en fermant les yeux sur la campagne de diffamation du journal Le Monde contre ces mêmes pays.

Irina Tsukerman : Ses lignes rouges

  1. Le Roi Mohammed VI
  2. Israël

Irina Tsukerman : Son plaidoyer

L’avocate et propagandiste israélienne affirme que les Accords d’Abraham se désagrégaient et que les relations entre le Maroc et les Etat-unis et Israël allaient dans le mauvais sens. Alarmiste jusqu’au bout, elle prédit une prise de position négative de Joe Biden au sujet du Sahara.

Irina Tsukerman blâme en premier lieu le ministre des Affaires étrangères marocain Nasser Bourita pour :

  1. avoir subit la pression des États-unis sur les droits de l’homme sans montrer aucune résistance ni déployer une stratégie de défense,
  2. n’avoir pas bien exploité les liens prouvés liant le Hezbollah, les Houthis et les séparatistes du Polisario,
  3. avoir été sous l’influence de l’ancien envoyé spécial de l’ONU au Yémen, le marocain Jamal Benomar, accusé d’espionnage pour le Qatar et d’acquaintance avec les Houthis. Une influence qui aurait poussé Bourita à ne pas s’engager dans une campagne anti-yéménite,
  4. avoir laissé faire Richard Attias en faisant appel à son agence de communication Publicis sans lui demander des comptes sur la campagne de diffamation contre le Maroc lancée par le journal LeMonde. Notamment au sujet de l’affaire Pegasus. Une information basée sur un fait qu’elle rapporte affirmant l’existence d’un lien d’actionnariat entre Lagardère, Publicis et LeMonde. Ce qui est faux.

L’influenceuse israélienne s’est également lâchée sur le groupe composé de Jared Kushner, Yariv El Baz et Richard Attias en les accusant «d’escroquerie». Pour elle, cette «clique» aurait vidé les accords d’Abrahams de tout leur sens en cherchent uniquement à s’enrichir.

Pour le gendre de Donald Trump, les accusations de Tsukerman vont plus loin. Elle estime que Kushner a torpillé les Accords d’Abraham le jour même où il a fait pression sur MBZ et MBS au nom de Trump pour lever l’embargo sur Tamim.

«Le Sommet d’Al-Ula qui a débouché sur une reprise complète des relations diplomatiques entre l’Arabie saoudite, l’Égypte, les Émirats, le Bahreïn et le Qatar, a donné l’occasion à ce dernier de mener une opération de sabotage des accords de normalisation entre Israël et les pays arabes», affirme-t-elle.

Irina Tsukerman va consacrer autant de tweets injurieux contre le Qatar que contre Nasser Bourita. Un pays qu’elle tient pour responsable de la campagne mondiale contre Pegasus dans le but de «ruiner un pan entier de l’industrie israélienne» et tuer dans l’oeuf les Accords d’Abraham. Elle accuse également Doha d’encourager les Houthis dans leurs attaques contre les Emirats arabes unis.

Le YouTubeur Touhfa : «Les émiratis espionnent les marocains à travers Hespress»

Un autre influenceur, un autre environnement et d’autres éléments de langages. Ce YouTubeur installé en Floride aux Etat-unis qui brasse dans son sillage une large frange des marocains résidents à l’étranger avec une forte audience féminine, s’est engagé dans une campagne anti-émirats. Curieusement, sa première vidéo sur le sujet a été postée exactement le même jour que la première salve de tweets d’Irina Tsukerman, le 24 janvier 2022.

Le plaidoyer de Touhfa est plus simple. Le ministre des Affaires Étrangères des E.A.U, Mansour ben Zayed et le maître-espion d’Abou Dhabi, Tahnoon ben Zayed utilisent des proxies notamment le site web d’information Hespress, racheté en 2019 par les Emirats, pour «espionner et attaquer le Maroc».

Ce sont pratiquement les mêmes accusations portées contre le site d’information quatre années plus tôt. En cette période, les relations entre Rabat et Abu Dhabi étaient au plus bas et Hespress avait adopté une ligne éditoriale anti-Qatar.

Sauf que cette fois-ci, Touhfa va impliquer les cheikhs sus-cités, deux des plus hauts responsables émiratis après MBZ et Ben Rachid. Pour le YouTubeur, Mansour ben Zayed, ministre des Affaires étrangères serait aigri de ne pas avoir accès au Roi Mohammed VI. Cela l’aurait poussé à manoeuvrer contre les intérêts du Maroc en soutenant entre autres l’Algérie et en «espionnant les hauts responsables du pays», notamment à travers Hespress.

Rapprochement avec le Qatar en marche !

L’annonce ce mardi de la visite officielle d’une délégation ministérielle menée par Aziz Akhannouch, au lendemain de la rencontre importante entre Joe Biden et Tamim ben Hamad est un signal fort donné par le Maroc sur sa nouvelle orientation stratégique de sa diplomatie. C’est aussi sans aucun doute une conséquence de l’isolement de MBZ sur la scène internationale suite à son bras de fer avec Biden.

Rappelons que le Prince hériter émirati avait réussi à froisser son ancien ami, Mohammed ben Salmane qui s’est mis dans la tête de mener une guerre économique avec les E.A.U afin de réaliser les objectifs de sa vision 2030.

Concernant ce nouveau rapprochement avec le Qatar, Akhannouch qui entretient de bonnes relations avec le père de Tamim, aura sans aucun doute plus de facilité à mener à bien cette mission.

Un monde de tous les dangers

Depuis la crise financière de 2008, la planète est entrée dans une zone de turbulence avec des cycles de crises relativement longs. Les pays se doivent de piloter leur économie et leur sécurité avec peu de visibilité en prenant beaucoup de risques.

Les grandes démocraties vacillent. On l’a vu durant l’assaut du Capitole et on le voit aujourd’hui avec ce spectacle dramatique que nous offrent les présidentielles françaises ainsi qu’avec cet émerveillement prononcé de l’intelligentsia allemande et française devant la montée en puissance du nouveau Tsar russe Vladimir Poutine.

La fragilité et la versatilité sont devenues l’une des principales caractéristiques des relations internationales de notre époque. Nos dirigeants s’y adaptent, les citoyens les subissent.

Seul remède à ses gueules de bois à répétition est de rester unis autour d’un projet de société et autour de notre leader.

Othman Benjelloun canalise l’investissement chinois en Afrique

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Othman Benjelloun, l’homme d’affaire, d’influence et de soft power, fait partie de ceux qui ont vu de très prés la naissance de l’hyperpuissance chinoise. Il fut d’ailleurs le premier marocain à être reçu par le fondateur du Parti communiste chinois, Mao Tsé-Toung. Une visite qui s’inscrivait dans la stratégie américaine pensée et déroulée par son ami Henry Kissinger. Laquelle stratégie consistait à contenir par une muraille de feu, d’alliances mais aussi de business, une Chine, hyperpuissance en devenir. Kissinger estimait qu’un monde bipolaire peut être dangereux, et qu’une pluralité des pôles de puissance donnait davantage de jeu. Alors que les démons de la guerre totale sont de retour, Sir Othman Benjelloun, de haut de ses 90 ans, remet ses gants de velours pour offrir au Royaume, un levier économique et diplomatique d’influence, d’innovation et d’action porteur de paix et d’espoir dans un continent, objet de de toutes les convoitises.

«Le mot retraite n’existe pas dans mon vocabulaire. Dans notre famille, on travaille tant qu’on a la capacité de le faire». Cette devise est celle de Othman Benjelloun, reprise sur les colonnes de notre confrère Médias24 cette semaine. Une déclaration que le «Gentleman de la finance marocaine» a fait suivre aussitôt par des faits. Il a eu l’honneur d’accompagner le Souverain pour le lancement du projet qui fait intégrer et propulser le Royaume dans le cercle très fermé de la BioTech mondiale. Ensuite, il mobilise, le jour même, la filiale de sa banque à Shanghai pour canaliser les investissements chinois en Afrique.

« Ma succession ? Je n’y ai jamais pensé », nous avait-il lancé. « Les gens me disent que je devrais prendre ma retraite et passer le relais depuis 15 ans déjà et on me le dit encore aujourd’hui. A chaque fois, je réponds que le mot retraite n’existe pas dans mon vocabulaire. Dans notre famille, on travaille tant qu’on a la capacité de le faire ».

Othman Benjelloun, Médias24 – 26/01/2022

SENSYO Pharmatech, un coup de maître du Roi Mohammed VI, une mise en oeuvre de Othman Benjelloun

SENSYO Pharmatech concentre toute la vision et l’ambition du Roi Mohammed VI pour son pays :

  1. UN MAROC SOUVERAIN

La pandémie a joué un rôle de révélateur, en mettant en évidence la dépendance aux approvisionnements de produits essentiels tels que les denrées alimentaires, les médicaments, l’énergie et les matières première. Le Roi Mohammed VI a été l’un des premiers dirigeants du monde à annoncer publiquement la nouvelle réorientation stratégique de son pays sur la voie de la souveraineté «sanitaire, énergétique, industrielle, alimentaire». Une prise de conscience motivée par la bonne lecture royale de ce mouvement structurel de montée des tensions géopolitiques.

De fait, la crise pandémique a révélé le retour en force du thème de la Souveraineté. Qu’elle soit sanitaire, énergétique, industrielle, alimentaire ou autre, sa préservation est devenue l’enjeu d’une véritable compétition qui suscite des réactions fébriles chez certains.

Roi Mohammed VI, Discours du 08/10/2021
  1. UN MAROC DANS LA COUR DES GRANDS

Depuis le début de son règne, le Roi Mohammed VI voyait très grand pour son pays. Un projet comme Tanger Med a transformé le poids stratégique mondial du Royaume, corrigeant le déséquilibre historique au fil des années qui s’était installé entre les deux rives nord et sud de la Méditerranée.

SENSYO Pharmatech s’inscrit dans cette catégorie de projets de rupture, aussi bien par la taille, les investissements consentis que par l’appui et l’ambition royaux. Un projet vise non seulement à ce que le Maroc maintienne sa trajectoire ascendante mais à s’imposer à la cour des grands.

Les chiffres du projets sont éloquents et les ambitions sont grandes :

  • 500 millions d’euros, d’investissements;
  • 16 millions d’unités de capacité combinée de production en 2024;
  • 20 vaccins et produits bio-thérapeutiques, dont 3 anti Covid-19;
  • 2 milliards de doses de vaccins Siinopharm à horizon 2025
  • 70% des besoins du Royaume et plus de 60% de ceux du Continent
  • Création d’un Pôle africain d’innovation biopharmaceutique et vaccinale de facture mondiale
  • N°1 en Afrique et 5ème mondial dans le monde dans l’industrie du «Fill & Finish».
  • UN MAROC LIBÉRÉ DES EMPRISES DE SES PARTENAIRES HISTORIQUES

Avec un partenaire technologique suédois, un premier client chinois, un financement marocain et un expert de Corée du Sud, SENSYO Pharmatech est le «business case» qui démontre la ferme volonté du Roi Mohammed VI de s’ouvrir à de nouvelles alliances stratégiques.

D’ailleurs, c’est cet engagement irréversible et stratégique pris par le Souverain qui a déclenché autant de haine et d’attaques de la France envers le Maroc et la monarchie au point de faire circuler les rumeurs d’un plan de retrait de ses investissements dans le pays.

Ce partenariat multidimensionnel que représente SENSYO Pharmatech, peut être lu également de l’angle du soft power marocain pour solutionner définitivement le dossier du Sahara marocain. Si la Chine suit de très prés le dossier du Sahara en raison du cas de Taiwan, le renforcement des partenariats économiques et scientifiques avec la Suède, permettront aux deux partenaires de se mieux se connaître et au pays scandinave de libérer une partie de son intelligentsia du poison de l’emprise idéologique des protégés du régime militaire algériens.

Après SENSYO Pharmatech, Othman Benjelloun mobilise BOA Shangai pour canaliser l’investissement chinois en Afrique

Othman Benjelloun ne s’est pas contenté des images du lancement de la plateforme de Benslimane. Le même jour, et pour honorer l’engagement pris devant le souverain pour accompagner la réussite du projet SENSYO Pharmatech, il scelle à travers Bank Of Africa un partenariat avec l’AMDIE visant à canaliser les investissements chinois en Afrique.

En effet, dans une dépêche de l’Agence de presse officielle MAP, Bank Of Africa, le groupe financier panafricain contrôlé par Othman Benjelloun, annonce la signature avec l’Agence Marocaine de Développement des Investissements et des Exportations (AMDIE) d’une convention de coopération pour «encourager les investissements chinois en Afrique».

«Une convention de partenariat a été signée entre Khalid Nasr, directeur général exécutif de Bank Of Africa d’une part, et Youssef El Bari, directeur général de l’AMDIE d’autre part, ayant pour objet la définition des modalités de coopération entre l’AMDIE, Bank Of Africa et BOA Shanghai en matière de développement des investissements chinois au Maroc et en Afrique, et des relations d’affaires entre les opérateurs marocains et chinois de manière générale», indique le communiqué de la banque de Othman Benjelloun.

Les deux parties prévoient la mise en place d’un comité ayant pour rôle de fixer les orientations stratégiques de cette collaboration et de veiller à la mise en œuvre des actions inscrites dans le cadre de ce partenariat, précise la même source.

Ce partenariat, le premier du genre concernant la Chine, est d’une importance cruciale à plusieurs dimensions aussi bien sur le plan économique, que sur le plan diplomatique et géostratégique :

  1. institutionnaliser et formaliser les relations économiques avec la Chine, qui ont connu des hauts et des bas et plusieurs tentatives non abouties. En s’adossant de manière formelle à BAO Shangai, l’AMDIE peut dérouler sa machine de guerre pour accueillir, traiter et analyser toutes les opportunités d’investissement chinois au Maroc et en Afrique.
  2. mettre en pratique des recommandations du souverain quand à l’encouragement des PPP dans l’action due l’exécutif. L’AMDIE profitera de l’expertise de BOA Shangai mais également de l’Intelligence économique poussée du groupe bancaire, unique institution financière de la place y avoir consacré un département dédié.
  3. protéger et sécurisé l’action diplomatique du Royaume avec la Chine des parasites et des vendeurs de sable.

La feuille de route royale pour le Maroc de demain se précise de jour en jour avec des actions concrètes et visibles. Le Maroc de Mohammed VI sort de sa zone de confort au prix de coups bas et de lâches manoeuvres qui regardent encore le monde dans le rétroviseur et à travers du prisme du colonialisme et de l’impérialisme.

#MoroccoTechGate : Ghita Mezzour #BeBold et #Dégage

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Il est dur ce titre Madame la ministre déléguée, n’est-ce pas? Vous vous sentez insultée et vous le prenez personnellement sur vous, c’est ça ? Savez-vous que nous nous sommes aussi sentis insultés par votre attitude et votre marque à la noix ? Vous avez insulté, Madame la ministre déléguée notre intelligence, insulté notre patriotisme, insulté celles et ceux qui ont durement et avec coeur pensé et élaboré notre nouveau modèle de l’espoir.

Nous nous voulions pas en arriver à cela. Nous voulions vous laisser le bénéfice du doute. Vous laissez le temps pour y voir plus clair. Et vous avez tout ruiné par votre bêtise devenue chronique. Vous avez choisi la fuite en avant et la piste du mensonge. Votre prise de parole hier sur les colonnes de notre confrère Médias24 a confirmé nos doutes et nos craintes. Vous êtes officiellement complice de My El Mehdi Aalaoui Hasani, Vice-Président de l’APEBI et usurpateur de la marque «La Factory», qui a tenté d’influencer une politique publique à des fins mercantiles et de détourner une marque nationale.

Notre déception et notre colère sont immenses à la hauteur de notre amour pour notre pays et l’estime que nous portant pour notre Roi.

Nous avons cru en votre nomination, voulu le changement et espéré une dynamique nouvelle.

Qu’avons nous eu en retour : de l’incompétence, du copinage, du cosmétique, de la condescendance, de l’opportunisme et du mensonge.

Le serment que vous avez prêté devant Mohammed VI n’est pas seulement un simple rituel cérémonial, il est l’expression solennelle de votre engagement de servir avec honneur le pays. Vous avez trahi votre serment et par conséquent trahi notre Dieu, notre Roi et notre Patrie. Vous avez déshonoré votre fonction. Vous devez en assumez les conséquences.

C’est dit. On ne peut plus clair, direct et assumé.

L’Apebi est devenue aujourd’hui une mascarade, une association sans âme, tombée entre les mains d’un escroc notoire. Ses fondateurs n’y peuvent plus rien. Ils sont blasés et sont dépassés par l’ère digital. Ils sont d’un autre siècle où le Maroc avait besoin d’ordinateurs, de serveurs et de licences. Nous réitérons notre appel à dissoudre l’Apebi, mais cette fois-ci nous appelons à l’émergence d’une nouvelle alliance fédératrice qui regroupe les industriels du digital qui bâtissent avec humilité et dans la discrétion le Maroc numérique d’aujourd’hui et de Demain.

Ci-après Madame la Ministre le détail de vos méfaits :

  1. Vous avez été prises Madame la ministre la main dans le sac quand nous avons révélé que le manifeste de votre initiative #MoroccoDigital n’était pas le produit de votre génie mais un copier-coller du label français #FrenchTech lancé par François Hollande en 2013. Un manifeste rédigé par Hatim Benjelloun, le prestataire des relations presse de l’APEBI.
  2. Vous avez été prises la main dans le sac quand nous avons fustigé le fait que #MoroccoTech ne reprenait aucun point du nouveau modèle de développement.
  3. Vous avez été prises la main dans le sac quand nous avons révélé que vous n’avez pas pris la peine de vérifier le dépôt de la marque et la disponibilité de l’extension souveraine .ma et que MoroccoTech.ma était la propriété d’une société de droit publique marocaine.
  4. Vous avez été prises la mains dans le sac quand nous avons révélé que le nom de domaine MoroccoTech.org était la propriété de la société Media Mobility appartenant au Vice-Président de l’APEBI My El Mehdi Aaloui Hasani. Une société fantôme qui doit au fisc 585.211 dirhams.
  5. Vous avez été prises la main dans le sac quand nos confrères de LeDesk ont révélé que l‘APEBI a tenté de déposer la marque #MoroccoTech auprès de l’OMPIC. Laquelle demande a été refusée.
  6. Vous avez été prises la main dans le sac quand nous avons révélé qu’après l’éclatement de ce scandal, vous avez fait pression sur l’Ompic pour couvrir les traces de votre incompétence. Vous avez obligé l’Office à remplacer sa décision de refus, déposée par l’Apebi par une décision «En cours d’examen» et en remplaçant l’APEBI par votre ministère. Pour votre défense, vous avez opté pour le mensonge par omission, affirmant que la marque MoroccoTech était «bel est bien déposée au nom du ministère», que «vous n’allez pas utiliser le .ma» et que vous comptez héberger au Maroc un nouveau site en cours développement.
  7. Vous avez été prises la main dans le sac quand nous avons révélé que Mehdi Alaoui vous tenait en otage, vous-même et votre prétendue marque. Considérant que #MoroccoTech était son idée, que la «stratégie» était écrite par son ami qui le paye de la caisse de l’APEBI et que l’évènement qui vous a permis de «briller» n’aurait jamais eu lieu sans «lui» et que c’est «lui» qui a fait déplacer les invités qui sont venus pour «lui». Il vous tient en otage car jusqu’au jour d’aujourd’hui MoroccoTech.Org est la propriété de l’Apebi.
  8. Vous avez été prises la main dans le sac quand vous avez défendu ceux qui vous ont entrainé dans ce marécage boueux et nauséabond d’arnaques et de mensonges. Vous avez défendu un malfrat, condamné par la justice pour usurpation de la marque LaFactory.

Ce qui suit ne vous concerne pas madame la ministre. Ce qui suit est adressé à l’écosystème numérique marocain. Un écosystème qui bouillonne d’énergie, d’intelligence, d’innovation, d’espoir et de patriotisme. Tout ce qui vous manque.

Tout ce vacarme, ces polémiques et ses révélations ont du bon. Nous avons pu nous même nous rendre compte de par les divers réactions et interactions de nos révélations de l’écart abyssale entre ce que propose le gouvernement et ce que pense et réalise l’écosystème digital marocain.

Le scandal #MoroccoTech a eu le seul et unique mérite de grossir les handicaps qui freinent l’émergence d’une économie numérique efficiente et le rayonnement de nos compétences et nos talents.

Nous regroupons ces handicaps en trois axes :

1) Vision et feuille de route

2) Numérique et développement de l’entrepreneuriat-jeunes

3) Gouvernance.

1. Vision et feuille de route

Le gouvernement Aziz Akhannouch a donné de mauvais signaux quand à sa vision du numérique marocain. Il nous a démontré qu’il a tout sauf une vision claire, réfléchie, inclusive et souveraine sur le sujet.

Pourtant, le gouvernement dispose d’une base de travail remarquable qui s’appelle le nouveau modèle de développement. Et puis, il a à porté de main, des professionnels du numérique de facture internationale.

Pour expliquer à nos chers lecteurs peu familiers avec le mots savants et techniques du digital, que le monde a entamé depuis au moins cinq années sa révolution industrielle 4.0. C’est l’équivalent des révolutions industrielles du 19ème siècle. Hier nous avions besoin de routes, d’autoroutes, d’infrastructures portuaires, d’énergie, de systèmes d’assainissement, d’usines etc. Aujourd’hui, nous avons les mêmes besoins pour le nouveau monde digital.

Loin de nous, les discussions de café inutiles autour de l’intelligence artificielle du machine Learning, etc. A ce titre, l’exemple français est intéressant. Le gouvernement ne s’est investit dans ce qu’on appel communément le «DeepTeh» qu’après avoir mis en place, entre autres, tous les préalables cités ci-dessous.

Nous sommes certes bien dotés d’infrastructures de télécommunications très performantes mais nous restons très dépendants de l’international. Pour l’exemple, aucun data center marocain ne peut assurer un fonctionnement sans failles d’une super application mondiale. Les opérateurs qui traitent des millions de données par jours sont obligés de faire appel aux géants comme Amazon. Une situation qui se complique avec la démocratisation du Cloud. Rares sont les systèmes et applications cloud utilisées par nos entreprises et nos établissements publics, hébergés au Maroc.

La souveraineté de nos données ne concernent pas uniquement le soucis de les protéger mais surtout de les exploiter à notre profit. L’émergence du Big Data fait de nos données une ressource nationale. Tel le pétrole, il s’agit d’une ressource brute à affiner.

Une des décisions phares que le Maroc devrait prendre serait de bâtir le TangerMed du numérique, ce projet que le Roi Mohammed VI a eu le génie et la clairvoyance de lancer au bon moment. Avoir le plus grand service cloud d’Afrique est un chantier qui pourrait transformer notre pays et démultiplier son attractivité et son influence numérique.

Le Bahreïn l’a fait en 2019 et les E.A.U tentent de le rattraper. Le gouvernement de Manama a vu grand, très grand. Il sont fait appel au géant américain Amazon (AWS) pour fournir à la région, Arabie saoudite, Emirats, Qatar et Koweit des technologies cloud avancées avec une faible latence.

L’absence de l’expression «innovation» dans le lexique de l’offre actuelle du gouvernement est révélatrice de la complexité de la transformation de ce mot en actions. Le cas d’Israël est à suivre. Ce pays qui a été le premier dans le monde à inventer la notion de «Strat-up Nation » assimile le numérique à l’innovation.

Chez nous, le numérique est un outil que nous exploitons et des services que nous consommons. Dès qu’on touche à l’innovation, d’autres problèmes surgissent, l’éducation, la recherche, la R&D et le financement.

Le seul moyen d’y arriver est à notre sens la spécialisation. Trois secteurs dans lesquels nous sommes bien positionnés peuvent constituer le premier socle de nos signatures souveraines d’innovation technologique : l’AgriTech, la BioTech et la FinTech.

Nous sommes le premier exportateur mondiale des phosphates et leader africain des engrais le choix est évident.

Ismail Douiri, haut dirigeant d’Attijariwafa bank, l’un des plus grands groupes financiers panafricains, s’est exprimé à l’occasion du lancement du #MoroccoTech et a évoqué les menaces et les opportunités de la FinTech. Prendre le leadership africain sur le sujet trouve tout son sens, surtout avec la déférante des cryptomonnaies.

La très stratégique et opérationnelle décision du Roi Mohammed VI d’engager le Maroc dans la Biotech est un «Game Changer». La pandémie a accéléré la rupture avec la pharmacie chimique et l’émergence de la Biotech. Toute notre industrie pharmaceutique nationale, héritée du colonialisme français, est appelée à disparaitre. L’émergence d’un champion national dans la production de vaccins devrait être le noyau dur d’un écosystème d’innovation dans les métiers de santé.

Le dernier point important que nous traitons dans cet axe «Vision et feuille de route» est la cybersécurité et la cyberdéfense. Le sujet est pris très, très au sérieux, au niveau de nos Forces Armées et de nos divers agences souveraines de sécurités. A contrario, au niveau gouvernemental et au niveau des acteurs économiques il règne un tel niveau d’ignorance des risques, que d’après les spécialistes tous nos systèmes exposées à internet sont de véritables passoires. «Si les hackers chinois savaient qu’il y avait Internet au Maroc, nous n’aurions aucun système qui fonctionne» ironise un expert non sans dépit.

2. Numérique et développement de l’entrepreneuriat-jeunes

A la relecture des discours royaux depuis au moins six années, le conviction que le numérique ouvrait des portes à entrepreneuriat-jeunes était forte et le mot d’ordre était clair : « Aidez les jeunes auto-entrepreneurs et les TPE, ouvrez leur les vannes de financement».

Attijariwafa bank a été le premier établissement bancaire à répondre à l’appel du souverain. Rien qu’en 2016 la banque alloue 20 milliards de dirhams à la TPME. Depuis, on ne compte plus les milliards injectés annuellement dans le tissus de la toute petite entreprises.

En 2017, le CCG lance le fonds «Innovation Invest» et en 2019, le Roi lance la troisième phase de l’INDH. Un petit tour sur les réseaux sociaux, Facebook et Intsagram vous donnera une idée sur l’impact de la volonté royale, qui a mis en branle une machine qui s’investit dans l’autonomisation social-économique des jeunes.

Le gouvernement Aziz Akhannouch, contrairement à ses prédécesseur qui ont dû faire face au printemps arabe et aux mouvements sociaux d’Al Hoceima et de Jerrada, hérite sur un plateau d’or de mécanismes multiples qui ne faut que structurer, optimiser, contrôler et orienter.

Nous avons mis la lumière dans un autre article sur les graves pratiques qui se sont installées au fil des mois concernant l’accompagnement et le financement de l’entrepreneuriat-jeunes. Des pratiques que tout le monde savait et que personne ne pouvait ou ne voulait les décrier.

Le cas ci-après est interessant, car il met en lumière les difficultés qu’ont les structures publiques à éviter les éventuels écarts de leur démarche. Le caractère social et urgent de leur mission leur impose une forme d’agilité et de prise de risque que des esprits malveillants utilisent pour détourner les fonds publiques.

Nous avons dénoncé le cas de La Factory, que la Caisse Centrale de Garantie a labellisé en 2017 pour accompagner les jeunes porteurs de projet à bénéficier de financement de son fonds «Innov Invest».

Première inattention de la CCG est d’avoir participer sans qu’elle le sache à la volonté intentionnée de My El Mehdi Aalaoui Vice-Président de l’APEBI à l’usurpation de la marque «La Factory». Pourtant un jugement a été prononcé contre l’accusé. La CCG a même cofinancé une émission de télévision proposée par La Factory, lui donnant une audience nationale. Malheureusement, ma marque usurpée en question, trône toujours sur le site de la CCG.

Deuxième inattention de la Caisse est de n’avoir pas mis de garde-fous ni de procédures de contrôle pour qualifier et auditer ses partenaires. Une inattention qui a laissé s’installer une pratique mafieuse, une extorsion en règle : «le jeune qui souhaite que son dossier soit financer par la CCG doit verser une part conséquente de son finalement à La Factory ou lui donner 30% du capital».

Une témoignage reçu sur twitter affirme qu’une autre société labellisée CCG a installé un système tarifaire connu de tous. Pour 500 Kdh de financement, elle exigerait 180 Kdh de commissions !

Le gouvernement Akhannouch a démontré son ignorance totale de ce sui se passe sur le terrain du numérique. Il ne s’est pas rendu compte que sa précipitation et l’incompétence de sa ministre l’a conduit à tomber dans les filets d’un usurpateur et d’un escroc. Aziz Akhannouch allait donner davantage de puissance à une sangsue qui pompe, à dose homéopathique, le sang de la fine fleur de notre société.

Aujourd’hui, nous avons une volonté royale affichée, des mécanismes de financement multiples et des jeunes nés dans le «digital age» qui ne jurent et ne rêvent que du numérique et ne cherchent qu’à libérer leur potentiels.

3. La gouvernance

Le #MoroccoTechGate relance le débat sur la gouvernance du numérique au Maroc. Nous sommes tous d’accord que Aziz Akhannouch s’est trompé de manière magistrale sur le profil du responsable de la transition numérique de son gouvernement.

La décision de son remplacement dépend de qui est de droit, nous n’avons rien à y faire pour le moment.

Par contre, la transition numérique n’est pas l’apanage d’une femme ou d’un homme providentiels. C’est d’abord l’affaire de tous les acteurs de l’écosystème numérique qui doivent défendre leur bout de pain.

Les acteurs historiques du secteur des NTIC ont été le ministère de l’Industrie et du Commerce- MICNT, l’APEBI et l’AUSIM.

Avant l’ère digital, l’APEBI représentait les acteurs qui ont accompagné le Maroc dans la construction des premières infrastructures technologiques de télécommunications, équipé les administrations, les banques et les entreprises privés de réseaux informatiques et de logiciels de gestion. L’APEBI a toujours été discrète mais influente. Ses présidents l’étaient également.

Le digital déferle sans crier garde et les sages de l’APEBI se muent dans un silence total, au vu du droit de réserve que leur imposent leurs nouveaux statuts à chacun, laissant la porte ouverte au premier escroc venu.

Le 14 septembre 2017, le duo Moulay Hafid Elalamy et Othman El Ferdaous créent l’Agence de Développement du Digital (ADD). L’attente était forte et l’optimisme au rendez-vous :«enfin on va s’occuper du digital». L’écosystème va vite se désenchanter, de télescopage politique à un autre, il se décide de nommer un DG neutre et équidistant de toutes les influences. Puis il ne se passe plus rien.

Avec la nouvelle configuration gouvernementale, la gouvernance du numérique va se compliquer, l’ancien MICNT ce retrouve pour la première fois de son histoire sans département nouvelles technologies.

Résumons la situation : 1) Ministère de la transition numérique : déboussolé; 2) Ministère de l’industrie et du Commerce : hors jeu; 3) ADD : sans cap ni orientation stratégique ; 4)APEBI : dépassée et vidée; 5) AUSIM : observe et s’adapte.

Si la situation est tellement confuse, qui alors développe et commercialise tous ces systèmes numériques que nous consommons ? Ces applications mobiles que nous utilisons chaque jour pour consulter un compte bancaire ou payer une facture téléphonique ?

La réponse à cette interrogation nous ramène à notre appel à la dissolution de l’Apebi. Hormis les hackatons de Mehdi Alaoui et son émission sur 2M, rares sont les membres de la fédération qui arrivent encore à influencer notre quotidien.

Les chefs de chantiers de la transformation digitale du pays sont des acteurs peu connus du grand public. Il travaillent dans la discrétion la plus totale et se nomment Algo, Devoteam, Netopia et MedTech.

Si vous achetez un billet de train ou un ticket de tram, se sont eux. Si vous recevez vos SMS de vaccination, se sont eux. Si vous payez aussi agréablement et facilement vos factures Maroc Telecom, se sont eux.

S’ajoute à ces vaisseaux amiraux du digital, des acteurs insoupçonnés, qu’on croyait toujours occupés de pondre des powerpoint de stratégies sectorielles. Ils sont les grands cabinets conseils tel que McKinsey, BCG et EY. Et ils sont bien présents au Maroc et connaissent bien Aziz Akhannouch, car l’un de ces trois cabinets a travaillé sur la transformation numérique du groupe Akwa.

Quelques ESN multinationales sont également très actives sur le marché, il s’agit de Inetum (exGFI), Cap Gemini et Atos. Et pour compléter la cartographie du secteur, se sont des milliers d’autres entreprises marocaines qui survivent tant bien que mal dans un environnement très concurrentiel.

Tout ce beau monde n’est représenté nulle part. Et on se demande pourquoi la transition numérique du pays ne décolle pas.

Nous appelons à l’émergence d’une nouvelle alliance de la transformation numérique qui va porter la voix de tout cet écosystème encore éparpillé. Une alliance qui aura la légitimité, la capacité et l’influence nécessaire pour conseiller et aider les acteurs politiques à prendre les bons choix stratégique du pays.

Une alliance qui devrait aisément faire adhérer à sa structure des géants mondiaux comme Salesforce, Amazon, OVH, Ali Baba, Google et Meta qui préfèrent s’installer en Egypte ou à Dubaï.

L’autre niveau de la gouvernance du numérique au Maroc serait celui en charge de l’écosystème Start-up. Nous avons aujourd’hui de très belles signatures : Technopark et le 1337, auxquelles doivent s’arrimer l’INDH et la CCG.

Nés avec l’avènement de l’ère numérique et acteurs clés du changement, les jeunes marocains de moins de 35% représentent un tiers de la population. Le digital est une chance pour le pays, un accélérateur de l’histoire et un créateur de nouvelles opportunités de développement. Il n’est pas trop tard de s’arrimer au mouvement mondial et d’éviter la fracture numérique qui risque d’être lourde de conséquences.

Akhannouch sur la télé : un naufrage médiatique et politique

Pour son premier grand oral à la télévision publique depuis sa nomination, Aziz Akhannouch n’a pas réussi ni à rassurer les marocains ni à les convaincre du bilan de ses 100 jours à la tête du gouvernement. Coincé dans un décor exigu, inconfortable et vieillot, déstabilisé par un duo de journalistes hétérogène, le Chef de gouvernement a livré un discours titubant, hésitant, fragile et imprécis dans une langue non articulée, un débit haché et des phrases truffées de francisime. Un naufrage médiatique et politique en différé qui n’annonce rien de bon.

Ce qui était sensé être le grand oral du Chef du Gouvernement, 129 jours après sa nomination, s’est transformé en un naufrage médiatique. L’interview a en effet a suscité un sarcasme général sur les réseaux sociaux et dans les salons privés. Les réactions ont été unanimes, une prestation médiocre et un exercice de communication complaisant et un journalisme couché.

Le rendez-vous tant attendu était déjà mal parti, quand des fuites ont révélé que l’entretien n’allait pas être en direct et que l’enregistrement était prévu pour la veille de la diffusion. Un détail que les chaines concernées ont omis de mentionner.

D’ailleurs, dans un post Facebook du journaliste Abdellah Tourabi annonçant l’entretien qu’il allait mener avec son confère d’Al Aoula, les 143 commentaires qu’il a reçu donnaient un aperçu réel du pouls de la rue.

Lumière, montage, fauteuil, disposition, cadre, Akhanouch a eu tout faux

C’est un retour en arrière assez consternant. La lumière, l’espace et la disposition de l’interviwé et des journalistes ont installé une ambiance où il flottait comme un « petit parfum » des années soixantes. Quand à l’arrière plan, les murs, le fauteuil et la petite table ont formé une pâle et indécente copie du décor des audiences royales.

Le culte de la personne, la mégalomanie et l’incompétence des conseillers ont ruiné d’emblée l’image de celui qui veut réformer et modérniser le pays.

Par ailleurs, quand bien même l’émission était enregistrée, son montage a curieusement laissé passer des plans en défaveur du Chef de gouvernement et des journalistes. A plusieurs reprises la caméra montrait Akhannouch relire son anti-sèche et fixer les journalistes d’une drôle de manière et gardait un grand plan sur Abdellah Tourabi souvent agacé par l’immaturité de son confrère.

Yassine El Idrissi, une erreur de casting

Ce parachuté à la tête de la direction de l’information à Al Aoula, à la place de la journaliste chevronnée Fatima El Baroudi, a démontré hier qu’il n’a rien compris à sa mission et qu’il ne pigeait absolument rien en communication politique.

Son visage et sa posture de bisounours inoffensif, sa voix suave, sa bonne maitrise de la langue arabe et son débit fluide ont certainement dû jouer en sa faveur pour être choisi par un Akhannouch tétanisé. Et c’est là où a résidé le piège dans lequel est tombé le Chef du gouvernement et son équipe de communication.

Ssi Aziz n’avait pas besoin qu’on le caresse dans le sens du poile.

Ssi Aziz avait besoin de crédibilité, de puissance et d’assurance. Tout le contraire de ce que ne lui a apporté le journaliste d’Al Aoula.

Yassine El Idrissi a surtout manqué d’humilité. Il voulait briller face au Chef du gouvernement et imposer sa stature de directeur.

Ses moues approbateurs, l’abscence de contradiction, les perches tendues à répétition ont vidé l’exercice de toute crédibilité. Normal, il vient d’une école du journalisme de déférence où l’idée d’un questionnement incisif n’est pas du tout dans ses mœurs professionnelles. Tout le contraire de son ainé Abdellah Tourabi, un professionnel de la communication politique, qui sait gérer les distances, placer les curseurs et adopter un ton dynamique et crédible.

Dans une séquence embarrassante, El Idrissi, porté par son ambition et pensant détendre l’atmosphère, va s’aventurer dans un exercice qui va déstabiliser Akhannouch et lui faire perdre le fil de ses idée.

Voulant marquer son territoire et démontrer qui menait le jeu dans cet entretien et qui était le plus gradé des deux, il va se précipiter pour poser sa question de génie :«Que pensez-vous de la performance de l’équipe nationale à la CAN ?».

Ça n’a pas raté. Le Chef du gouvernement qui était entrain de relire une dernière fois son anti-sèche, répond certes mais rate son entrée dans le sujet de son bilan, en balbutiant la phrase que ses conseillers lui sont demandé de dire pour qualifier ses 100 premiers jours de son action gouvernementale.

Yassine El Idrissi a été contre-productif. Une erreur de casting qu’Akhannouch a payé au prix fort.

Du candidat conquérant au Chef de Gouvernement impuissant

Aziz Akhannouch a fait une campagne électorale presque sans faute. Fruit de quatre années de préparation, le candidat s’est montré surtout dans la dernière ligne droite avant le scrutin, confiant, conquérant et transformé.

Un état de fait vérifiable dans son intervention dans l’émission «Studio Intikhabate» de Ridouane Erramdani. Un passage qui a d’ailleurs pesé dans la course électorale.

Depuis, Aziz Akhannouch fuit les médias. Surtout après l’éclatement de plusieurs polémiques dès les premières semaines de l’installation de son gouvernement: la claque royale de la destitution de Nabila Rmili; népotisme des ministres et des élus; limitation d’âge de l’accès aux métiers d’enseignement; pass sanitaire; gabegie de son amie Fatim-Zahra Ammor en Espagne.. etc.

129 jours après, on s’attendait à ce que le Chef de Gouvernement fasse preuve de combativité, de résilience et de leadership à l’occasion de ce qu’on pensait aller être son grand oral. Il n’en est rien de tout cela.

L’intervention de Aziz Akhannouch avait pour but de rassurer les Marocains angoissés à l’idée de ne pas savoir où va le pays, dans un contexte d’accumulation de menaces exogènes et endogènes et ce depuis l’avènement de la pandémie. Mais également renouveler l’appel à la responsabilité de toutes les forces vives pour réussir la reprise économique.

Cet entretien a probablement contribué à l’exact l’inverse tant le Chef de Gouvernement est apparu titubant, hésitant, fragile et imprécis. Contrairement à son passage chez Erramdani il y a 4 mois et demi, il n’a à aucun moment imposé son rythme. Il s’est laissé enfermer dans le doux piège de l’impuissance, que lui a a tendu Yassine El Idrissi.

Qu’est donc t-il arrivé à Akhannouch ?

A-t-il perdu la foi ? Se sent-il menacé ? A-t-il été violemment secoué par le palais suite à ses contreperformances ? Ou tout simplement s’est-t-il rendu comte qu’il n’avait pas les épaules pour assumer ses responsabilités gouvernementales ?

Des interrogations légitimes au vu des énormités qu’il a formulé ce mercredi soir.

D’emblée, première question, première grosse bourde de communication et premier signe de l’état d’incertitude mentale du Chef du Gouvernement. Au sujet du bilan des 100 jours, il déclare «Nous avons donné le signal que nous allons être un gouvernement qui respecte ses engagements» Sic!

Un constat d’échec qui constituera le fil rouge de tout l’entretien.

Par ailleurs, alors que nous avons cru que le temps des mesquineries, de la victimisation et des messages empoisonnés à destination du palais était révolu avec le fin de l’ère Benkirane, voilà que Aziz Akhannouch s’y met lui aussi.

Moment le plus critique de plus d’une heure d’émission, et qui ne manquera pas d’alimenter les discussion des salons fermés, c’est quand il est interrogé par Abdellah Tourabi sur le sujet de la fermeture des frontières qui commence à peser sur l’économie, il répond par ceci : «Au gouvernement nous nous posons les mêmes questions que vous (pourquoi garder les frontières fermées, ndlr). Mais mois je reçois les directives de la commission scientifique et de la commission ministérielle que je suis obliger d’appliquer sans avoir d’explications».

Clairement, Aziz Akhannouch dit sur deux chaines nationales, qu’il ne fait qu’exécuter, sans être forcément d’accord et sans se poser de questions, les directives du palais.

Durant l’entretien, le Chef de Gouvernement a implicitement exprimé sa propre compréhension de sa mission en répétant à maintes reprises qu’il était là pour appliquer la loi.

Une conviction qui va lui interdire de répondre de manière positive et constructive sur une interpellation des journalistes au sujet de la crise des enseignants. En effet, alors qu’il venait de signer le jour même, un important accord avec les syndicats grâce au travail laborieux de Chakib Benmoussa, il a choisi la piste défensive : «Les gens ont le droit de manifester contre une décision gouvernementale. Ça se passe partout pareil dans le monde entier. Mais nous, nous sommes là pour applique la loi».

Primo, il a raté l’occasion de surfer sur sa réalisation phare de son gouvernement et qui touche le dialogue social après celle de l’adoption de la loi des finances dans les délais, et de driver l’entretien tout en gagnant de précieuses minutes sur un sujet positif.

Secundo, la mission principale de l’exécutif élu n’est pas de faire appliquer la loi, c’est d’agir sur la loi, créer la loi, améliorer la loi. Exercer le pouvoir n’est pas le bâton. Le pouvoir du mandat du Chef du Gouvernement est d’élaborer les politiques publiques et de les mettre en place. De collecter les impôts, construire des budgets et les administrer. Faire appliquer la loi est le métier de MM Hammouchi , Abdennabaoui et Daki.

Akhannouch arrivera-t-il au bout de son mandat ?

Interrogé par Abdellah Tourabi sur le déficit de communication du gouvernement durant ses 100 premiers jours, Akhannouch, sur la défensive, va sortir cette absurdité : « On sortait d’une campagne électorale lourde qui pour la première fois a concentré aussi bien les municipales que les législatives. Je devais de surcroît juste après ma nomination de former le gouvernement, travailler sur la loi des finances et sur la charte gouvernementale. Ça nous a pris 2 mois».

Le Chef de Gouvernement avoue que les élections l’ont épuisé et qu’il s’est consacré exclusivement durant deux mois à l’installation de son gouvernement. Sachant qu’à date d’aujourd’hui il n’a pas encore réussi à faire nommer ses ministres délégués.

Dans son argumentaire et sans se rendre compte, il va livrer des indices sur les raisons de l’échec de sa communication.

Akhannouch était convaincu, que les points de presse hebdomadaires du Conseil du gouvernement, ses interventions au parlement et ses activités partisanes suffisaient pour communiquer sur ses réalisations. Il ne voyait pas d’utilité de risquer de s’adresser aux médias en dehors de ces cadres de communications officiels.

Ce n’est qu’après la levée des boucliers médiatiques et la pression totale qu’il a eu pour communiquer sur son bilan, qu’il a poussé ses ministres à se montrer, a fait taire son porte-parole et a lancé une nouvelle stratégie de communication digitale.

Aziz Akhannouch a subit la pression au lieu de la gérer

Comme l’a écrit le journaliste Khalid Tritki sur son compte Twitter, les 100 jours est une bid3a occidentale que le Chef de gouvernement fallait aborder sans pression.

«Une vérité à ne pas oublier: les seules réalisations du gouvernement sont: la gestion de la pandémie et la loi des finances. Nous n’avons pas au Maroc les mêmes mécanismes de fonctionnement que les régimes démocratiques et surtout leur célérité d’exécution.» a-t-il écrit.

Et de poursuivre «le grand problème de ce gouvernement est son choix de communication. Il fait l’autruche quand il faut être visible et sort avec fracas pour ne rien dire. Et tout ce que je peux lui conseiller, pour le salut de mes concitoyens fragiles et naïfs, et surtout pour gagner la confiance des sceptiques et indécis, est de changer de stratégie, contenant et contenu.»

D’autres commentaires se sont focalisés notamment sur le bilan et les réalisations. Omar El Hyani élu FGD a posté une liste de huit mesures qu’il estime que le gouvernement aurait du prendre. Parmi elles, figurent entre autres la grâce pour les détenus dits politiques, annulation des agréments de transport et de pêche, et retour à l’Heure légale du Royaume (GMT).

https://twitter.com/Omar_H_/status/1484105604042039297

Entre la CAN, Omicron, le francisime d’Akhannouch et l’insipidité de Yassine El Idrissi, il est certain que l’entretien du Chef du Gouvernement constitue un non-évènement chez le Marocain moyen.

Toutefois, auprès des lettrés, des leaders d’opinion des chancelleries internationales, le doute sur la capacité de l’actuel gouvernement à mener à bien son mandat s’est confirmé.

Passé la période de grâce, le Roi Mohammed VI viendra-t-il au secours du Chef du Gouvernement par un énième coup de pouce ? La nomination des secrétaires d’Etat sera-t-elle l’occasion d’opérer un remaniement ministériel ? Aziz Akhannouch réussira-t-il à se relever après ce faux départ ?

L’avenir nous le dira.

Stratfor : Les sanctions de la CEDEAO contre le Mali risquent de renforcer sa dépendance à l’égard de la Russie

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La Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest, la CEDEAO, a décidé dimanche 9 janvier, d’imposer des sanctions sévères à l’encontre du Mali. Un acte inattendu qui intervient 10 jours après l’annonce des autorités maliennes de transition de la mise en place d’un nouveau calendrier électoral qui repousse l’organisation des élections à décembre 2025 au lieu de février 2022 comme initialement prévu. Cependant le fond de crise est essentiellement sécuritaire et géostratégique. La tension a émergé après l’annonce du retrait de l’armée française du Sahel ayant perdu tout contrôle sur la région. Un vide immédiatement remplacé par les mercenaires russes de Wagner qui assurent désormais la sécurité de la junte militaire malienne. Dans son «snapshot» du 10 janvier, la société d’intelligence économique et de renseignement, Stratfor, analyse les risques de l’opération d’asphyxie du Mali. Le rapport estime que les sanctions de la CEDEAO réduiraient davantage l’influence française au profit d’une influence russe. Du pain béni pour Moscou qui pourrait jouer la carte de la promotion d’une stabilité accrue indépendamment d’une transition démocratique du Mali.

Lundi 10 janvier, les autorités de transition maliennes étaient encore sous le choc de la décision surprise annoncée dimanche par les pays de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest, la CEDEAO, de fermer leurs frontières, de rompre leurs relations diplomatiques, d’imposer des sanctions économiques sévères, de suspendre les transactions financières non essentielles et de geler des avoirs de l’Etat malien dans les banques commerciales de l’organisation panafricaine.

Un porte-parole du président malien par intérim a déclaré que ces sanctions étaient illégales et illégitimes et que le report des élections était dû à la violence de l’insurrection islamiste. Et qu’en réponse, le Mali fermerait ses frontières terrestres avec les États voisins de la CEDEAO (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Niger et Sénégal).

De leur part, les responsables de la CEDEAO ont déclaré qu’ils ne lèveraient pas les sanctions à moins que les responsables maliens ne proposent un calendrier électoral acceptable.

Il s’agit de la deuxième vague de sanctions contre le Mali par la CEDEAO depuis le coup d’État de 2020. Elle avait suspendu l’adhésion du pays, gelé les actifs de l’autorité de transition, imposé des interdictions de voyager, fermé les frontières et interrompu les flux financiers vers le pays. Les importations du Mali en provenance de ses deux principaux partenaires commerciaux, le Sénégal et la Côte d’Ivoire, ont fortement diminué à la suite de ces mesures, entraînant des pénuries de carburant et de médicaments dans le pays.

Les principales importations du Mali sont les produits pétroliers raffinés, le coton et les médicaments conditionnés.

La nouvelle décision de la CEDEAO a été soutenue par les États-unis qui dans un communiqué publié moins de 24h plus tard «saluent les actions [l’organisation] pour défendre la démocratie et la stabilité au Mali à la suite de son Sommet extraordinaire du 9 janvier 2022».

Le «statement» du département d’Etat américain était clair et sans ambiguïté au sujet de la situation au Mali et la présence des militaires du groupe russe Wagner.

«Nous partageons la profonde déception de la CEDEAO face au manque d’action ou de progrès du gouvernement de transition du Mali dans l’organisation d’élections, comme il s’était engagé à le faire après le coup d’État d’août 2020. Nous soutenons la décision de la CEDEAO d’imposer des sanctions économiques et financières supplémentaires pour inciter le gouvernement de transition à tenir sa promesse au peuple malien de ramener son pays à la démocratie», déclare Ned Price porte-parole du département d’Etat.

Et d’alerter : «Nous nous faisons également l’écho des préoccupations de la CEDEAO quant à l’impact déstabilisant probable des forces du groupe Wagner soutenues par la Russie au Mali. Comme indiqué dans la déclaration du Département du 15 décembre 2021, ces forces n’apporteront pas la paix au Mali et détourneront des ressources de la lutte contre le terrorisme menée par les forces armées maliennes

Stratfor : l’isolement du Mali est profitable à la Russie

Quelques semaines après le retrait de la France de sa dernière base militaire au Mali, située à Tombouctou, un porte-parole militaire malien a confirmé la présence de troupes russes le 6 janvier. Les responsables n’ont pas donné de détails sur le nombre de forces de sécurité russes présentes sur la base de Tombouctou, mais ont déclaré qu’elles participaient à la formation sur place des équipements militaires russes récemment acquis. Cette présence militaire au Mali en plus de celle en Centre d’Afrique, est en passe de reconfigurer les équilibres géostratégiques au Sahel. Surtout avec une junte militaire aux abois.

«Les sanctions de la CEDEAO vont exacerber l’isolement du Mali vis-à-vis des États de la région et de la France, alors que les troupes françaises sont en train de se retirer du pays et que des troupes russes ont été récemment déployées à Tombouctou», écrit la société d’intelligence économique et de renseignement Stratfor dans un snapshot en date du 11 janvier 2022.

«L’isolement régional résultant des sanctions accélérera le passage du Mali d’une dépendance à l’égard de la France à une dépendance à l’égard de la Russie en matière de soutien militaire et de sécurité, car Moscou n’a pas les mêmes attentes en matière d’élections et de gouvernance démocratique que la CEDEAO ou Paris», analyse Stratfor.

La rupture du Mali avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) va probablement renforcer sa dépendance à l’égard de la Russie, ce qui réduira encore la probabilité d’élections démocratiques imminentes, augmentera les difficultés économiques et posera des risques pour les opérations antiterroristes en cours dans le pays.

Stratfor, 11 janvier 2022

Au Mali, souligne Startfor, la détresse économique supplémentaire provoquée par les sanctions de la CEDEAO aggravera le mécontentement populaire à l’égard du maintien de l’autorité de transition au-delà de son mandat initial, ce qui entraînera probablement une diminution des importations et des pénuries de produits de base.

N’étant plus contraint par les partenariats avec les démocraties régionales ou la France, le président malien Assimi Goita – qui s’est emparé du pouvoir pour la deuxième fois lors d’un coup d’État en mai 2021 – sera peu enclin à ne pas répondre aux troubles par des mesures de sécurité.

«Le recul politique et économique augmentera probablement aussi les risques pour les opérations antiterroristes au Mali. Si la présence militaire russe s’étend pour inclure l’introduction de groupes paramilitaires russes comme Wagner, et si ces groupes déploient une force aveugle contre les civils (ce que Wagner a la réputation de faire dans des pays comme la République centrafricaine), cela pourrait favoriser le recrutement de militants et saper les missions anti-insurrectionnelles existantes au Mali et dans l’ensemble de la région». écrit Stratfor.

L’influence russe visera très probablement à promouvoir une stabilité accrue indépendamment d’une transition démocratique, bien que les contraintes de capacité et les menaces d’insurrection de longue date empêcheront probablement le succès.

Stratfor, 11 janvier 2022

Aux Nations Unies, la Russie décrie les ingérences étrangères au Mali

Mardi 11 janvier, Représentant spécial du Secrétaire général pour le Mali et Chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali, El-Ghassim Wane a présenté devant le Conseil de sécurité le rapport trimestriel du Secrétaire général sur la situation au Mali. Seule la Russie a condamné les sanctions de la CEDEAO, décriant des ingérences étrangères excessives « qui ne font que compliquer la situation ».

En effet, la Chine a invité les deux parties à trouver un terrain d’entente et les trois pays africains membres du Conseil -les A3 (Ghana, Gabon et Kenya)- ont exhorté le Conseil de sécurité à accueillir favorablement le communiqué final du Sommet de la CEDEAO et à appuyer les sanctions prises.

De leurs parts, la France, l’Albanie et les États-Unis ont fustigé la présence des forces russes sur le sol malien y voyant même une menace pour la MINUSMA et le peuple malien.

La France a en effet déploré le fait que les autorités de transition utilisent des fonds publics déjà limités pour rétribuer des mercenaires étrangers au lieu de soutenir les forces nationales et les services publics au bénéfice du peuple malien.  Le représentant français a fermement condamné le déploiement sur le territoire malien de mercenaires du groupe Wagner, assurant qu’ils sont « connus pour menacer les civils, violer le droit international et la souveraineté des États ».  

La terre malienne mérite mieux qu’être un terrain de règlements de comptes politiques et d’affrontement des puissances mondiales

Mme ADAM DICKO,  (AJCAD)- Conseil de Sécurité 11/01/2022

Le gouvernement malien a confirmé pour la première fois la présence de troupes russes dans le pays le 25 décembre, mais le 6 janvier a marqué la première confirmation de la présence de ces troupes à Tombouctou. Des paramilitaires déployés par Wagner qui selon un rapport daté du e 27 octobre 2021 par le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme ont commis des abus en République centrafricaine, notamment les détentions arbitraires, la torture, les disparitions, les exécutions sommaires et les violences sexuelles.

https://twitter.com/UN_MINUSMA/status/1480894491007537154

Double jeu de l’Algérie

Alger par le biais de son président a publié un communiqué très ambiguë sur la situation malienne. Une ambiguïté qui semble être résultat d’une pression de l’Élysée qui s’est précipité à communiquer sur une «triple pression» de la France, les Etats-unis et l’Algérie sur la junte.

https://twitter.com/JTAtv5monde/status/1480999778611826690

Quand on lit le communiqué de Tebboune il n’en est absolument rien. L’Algérie propose sa médiation, qualifie les sanctions de la CEDEAO de porter des «risques graves et d’épreuve» pour le pays et exprime son «attachement indéfectible de l’Algérie à la souveraineté, à l’unité et l’intégrité territoriale de la République du Mali».

«Le Président de la République a réitéré l’attachement indéfectible de l’Algérie à la souveraineté, à l’unité et l’intégrité territoriale de la République du Mali, et a encouragé les dirigeants de la transition à l’adoption d’une attitude responsable et constructive», poursuit le communiqué de Tebboune.

«Devant les risques graves et les épreuves que portent en elle la panoplie de sanctions massives annoncées par le sommet extraordinaire des chefs d’Etat de la CEDEAO ce 9 janvier à Accra, ainsi que les contre-mesures annoncées par le gouvernement de la République du Mali, l’Algérie appelle toutes les parties à la retenue et au réengagement dans le dialogue en vue d’éviter à la région un engrenage de la tension et une exacerbation de la crise», précise la même source.

Pour comprendre la position de l’Algérie il faut regarder de plus prés sa longe relation ainsi que son son principal parti politique, le FLN, avec la Russie, qui remonte à l’époque soviétique.

Les bonnes relations entre les deux pays se traduisent notamment par la livraison à l’Algérie d’équipements militaires russes dans un contexte de tension entre Alger et Rabat. A la fin des années 1970, 90% du matériel militaire algérien était d’origine russe. Les relations algéro-soviétiques vont au-delà des livraisons d’armes. Moscou contribue au développement du secteur minier en Algérie et ouvre ses centres de formation et ses universités aux jeunes diplômés algériens. De nombreux cadres, ingénieurs et officiers de la jeune république algérienne bénéficient de la formation soviétique, qui s’accompagne de rapprochements matrimoniaux (mariages mixtes) et culturels (apprentissage des langues).

Si l’influence russe est peu palpable sur des secteurs comme l’énergie, et plus précisément du géant pétrolier Sonatrach fondé en 1963, sa présidence est régulièrement confiée à des ingénieurs formés aux Etats-Unis (Chakib Khelil, notamment), les cadres formés en Russie sont en revanche bien représentés dans l’état-major de l’armée. L’actuel chef d’état-major, Saïd Chengriha, a été formé à l’académie russe de Vorochilov dans les années 1970. Son prédécesseur, Ahmed Gaïd Salah (décédé fin 2019), homme fort du pouvoir algérien après les premiers mois du soulèvement populaire (Hirak) et artisan de l’éviction d’Abdelaziz Bouteflika, a également été formé en Union soviétique. De tous les centres du pouvoir algérien, l’armée – qui reste le premier d’entre eux – semble être celui où l’influence russe dure le plus longtemps.

Comme mentionné ci-dessus, l’Algérie est un client précieux de l’industrie militaire russe. Après l’Inde (25% des exportations russes) et la Chine (16%), l’Algérie est le troisième client de Moscou (14%). À elle seule, l’Algérie achète environ la moitié des armes russes exportées vers le continent africain. Avec 67% des importations algériennes, la Russie est de loin le principal fournisseur de l’Algérie.

Les ambitions russes en Afrique centrale et au Sahel et la présence de forces paramilitaires non conventionnelles offrent une opportunité inespérée à l’Algérie pour tirer profit du choc des hyperpuissances dans la région. Surtout que le retour d’expérience de la Libye a démontré comment la Turquie, membre de l’Otan, a mis fin aux ambitions russes mais également au rôle que souhaitait jouer l’Algérie dans le processus de paix libyen.

Les Unes qui signent la «rupture stratégique» de la géopolitique du Royaume

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Contrairement à la froideur qui a accompagné, en août dernier, la visite au Maroc du Chef de la diplomatie israélienne Yaïr Lapid, le déplacement de son collègue à la Défense Benny Gantz, 3 mois plus tard, a bénéficié d’une importante couverture médiatique nationale et internationale. Le plus marquant des traitements journalistiques de cet évènement a été celui réalisé par les supports du groupe Global Média Holding, notamment L’Observateur du Maroc et d’Afrique et Al Ahdath Al Maghribya. Si ce dernier s’est adressé à une large audience arabophone hétéroclite et souvent anti-normalisation, en arborant sur toute la longueur de sa «Une» la photo du ministre israélien devant le tombeau de feu le Roi Mohammed V, L’Obs M&A a réussi à décrocher la publication d’une tribune de Benny Gantz «himself» dont la photo a occupé toute la «Couv» du magazine, une première dans l’ensemble du monde arabo-musulman. Ces «Unes» disruptives du très influent groupe média marocain sont le reflet de la «rupture stratégique» dont laquelle s’est engagé le Royaume chérifien pour assurer sa paix et sa stabilité. Une réponse aux tendances géopolitiques lourdes qui se manifestent, surtout après la «surprise stratégique» de la sortie de la France du Sahel motivée entre autres par son adversité à la néo-alliance anglo-saxonne.

Finalement, l’annonce de l’ouverture de nouvelles routes aériennes entre le Maroc et Israël le 9 novembre dernier était bel bien un signe du réchauffement des relations entre Rabat et Tel-Aviv après une période de brouille silencieuse qui dure depuis l’été. Un froid qui s’est manifesté par l’«optimisation» de la visite du officielle du ministre des Affaires étrangères Yaïr Lapid en août dernier, le «ralentissement» de l’opérationnalisation du bureau de liaison israélien, la suspension des vols directs vers le Maroc de la compagnie El Al et les sorties médiatiques «hasardeuses» et «impatientes» de l’ambassadeur David Gorvin.

Dix mois après sa signature, la normalisation entre le Royaume du Maroc et l’État hébreu n’a pas été un fleuve tranquille. Rabat semble avoir imposé son propre tempo aux relations diplomatiques avec un gouvernement Bennett aussi pressé que celui de Netanyahu et aussi peu audacieux et peu regardant sur les équilibres géostratégiques régionaux et les intérêts immédiats et à long terme du Maroc.

Israël est à placer aux côtés de la France dans la case des «partenaires» interpellés par le Roi Mohammed VI le 6 novembre dernier dans un discours des plus déterminants du dossier du Sahara. Le souverain a en effet appelé  les partenaires du Maroc à formuler «des positions autrement plus audacieuses et plus nettes au sujet de l’intégrité territoriale du Royaume» à l’image de la position claire et assumée de l’administration américaine.

Bennett et Lapid subissent la complexité et l’inconfort de leur deal politique, à savoir une rotation sur le poste du premier ministre tous les deux ans. Cette forte pression temporelle, ne leur a pas permis de s’accorder avec l’intemporalité de la monarchie. Toutefois, Benny Gantz, émissaire de l’institution la plus stable d’Israël, semble détenir les codes historiques nécessaires à l’instauration d’une forme de confiance dans le processus de formalisation et de médiatisation des relations entre Rabat et Tel-Aviv.

Et ces codes minutieusement présentés par Benny Gantz ont été fidèlement rapportés par les supports de presse du groupe Global Média Holding couvrant la visite historique du ministre du Défense israélien.

Al Ahdath Al Maghribia : « La Nation juive rendra éternellement hommage aux Rois du Maroc»

Photo géante devant le tombeau de feu Mohammed V de la délégation Benny Gantz, un grand titre évoquant l’éternelle hommage de la «Oumma» Juive aux rois du Maroc, et un sous titre soulignant le courage du Roi Mohammed VI dans la préservation de l’Histoire des Juifs marocains, c’est ainsi comment Al Ahdath Al Maghribia a méthodiquement «marketé» la visite du ministre de la défense israélien au Maroc. Une mise en bouche qui sera suivie par un édito du rédacteur en Chef qui sur un ton offensif s’est adressé aux anti-normalisation les appelant à plus de pragmatisme.

Il est à rappeler que ce même quotidien arabophone s’était adressé avec des mots durs à Benjamin Netanyahu qui sous le feu de ses multiples échecs de formation de gouvernement avait maladroitement trop pressé le Royaume pour lui soutirer un soutien politique et diplomatique. Al Ahdath avait même menacé Bibi d’appeler les centaines de milliers de citoyens juifs marocains de voter pour son adversaire, un certain Benny Gantz.

Al Ahdath Al Maghribya – édition du 6 férvier 2020

L’Observateur du Maroc et d’Afrique : « Benny Gantz – La plus importante des batailles est celle pour la paix et la stabilité »

Si Al Ahdath Al Maghribia avait comme défi de répondre à l’incompréhension et la défiance d’une opinion publique qui s’acclimate tant bien que mal avec la normalisation des relations avec Israël matérialisée par l’accueil du Chef de la guerre de Gaza de 2014, L’Observateur du maroc et d’Afrique, le magazine hebdomadaire du même groupe s’est attelé à fournir les clés de lecture géopolitiques de cet évènement.

Grâce au dense réseau de son directeur de publication, Ahmed Charaï, le Magazine va taper fort en décrochant une tribune exclusive du ministre le défense israélien. Une première dans le monde arabo-musluman qui a suscité l’étonnement de la presse israélienne.

A ce titre, la chaîne d’information continue i24, s’adressant au directeur général de l’Observateur, Hakim Arif, s’est interrogée si la Couv’ Gantz avait choqué les marocains.

Quand à sa tribune publiée dans le magazine marocain, Benny Gantz a tout dit et dans le respect des « codes » historiques, émotionnels et pragmatiques cités ci-dessus.

Le ministre a entamé sa plaidoirie en faisant honneur aux rois du Maroc protecteurs de leurs sujets de confession juive. «Si le défunt roi Mohammed V a sauvé ses sujets juifs des affres du nazisme», son descendant continue à les protéger à l’image de Rabbin israélien Elhadad, «ayant rendu son dernier soupir lors d’une visite touristique au Maroc, sur lequel a veillé personnellement le Roi Mohammed VI» a écrit Benny Gantz.

Le storytelling du haut responsable israélien est parfait : « Un jour, dans un avenir pas si lointain, je m’assoirai dans mon salon avec mes petits-enfants et je leur raconterai l’histoire de ma visite au Maroc (…) Je leur dirai que même si les liens maroco-israéliens sont souvent liés aux accords révolutionnaires d’Abraham, notre Histoire a commencé il y a longtemps et s’est ancrée dans l’héritage de la communauté juive marocaine».

Si le reste de la tribune colle aux éléments de langage de l’esprit des Accords d’Abraham tels qu’ils sont été présentés par Jared Kushner à savoir paix, prospérité et relations économiques, aériennes et touristiques, Benny Gantz a ajoutée deux nouveaux éléments : «Stabilité de la région et du monde» et «menaces frontalières et aériennes».

L’édito du Directeur de Publication Ahmed Charaï va cadrer implicitement les enjeux et la position du Royaume qui se superposaient aux lots de messages confus véhiculés par cette visite, notamment ceux en lien avec la formalisation de la coopération militaire avec Israël.

Pour M. Charaï, la visite de Gantz au Maroc ne constitue pas de surprise mais le résultat d’une doctrine clairement énoncée qui cadre l’action du Royaume au niveau International.

«Rabat tient à avoir des relations équilibrées avec toutes les puissances. Si les liens avec les USA et l’Europe sont très anciens, le Maroc a aussi développé sa coopération avec la Chine, la Russie, l’Inde, Israël ainsi que d’autres puissances moyennes» a-t-il écrit.

Dans son analyse M. Charaï met en avant les atouts du Maroc en dehors des jeux d’influence avec les hyperpuissances mondiales à savoir son action sur son environnement continental notamment sa stratégie proactive et historique dans le co-développement avec l’Afrique subsaharienne et son rôle moteur dans plusieurs domaines tels que l’environnement ou la sécurité.

L’éditorialiste alerte ainsi les lecteurs et les observateurs sur le pragmatisme du Royaume quand aux risques des manoeuvres géopolitiques des superpuissances. «La sérénité de la vision Royale portée par la diplomatie marocaine est une exception dans le désordre actuel des relations internationales» a-t-il souligné.

Si le chaos est profitable aux pays nucléaires, «le Maroc pragmatique s’inscrit dans la sérénité et la durée», a-t-il insisté. Un pragmatisme assumé qui donne une clarté au positionnement géopolitique du Maroc : «le pays se veut être fiable dans ses partenariats sur les questions sécuritaires et migratoires. Il développe ses partenariats économiques et s’intégrant définitivement à l’économie mondiale globalisée».

«Rabat est considérée comme un facteur de stabilité et de paix dans le monde» a-t-il conclut. C’est justement ces mêmes éléments de langage qu’on retrouve dans la tribune de Benny Gantz.

Rupture stratégique

Il faut céder à la facilité pour juger la coopération militaire maroc-israélienne du prisme des dernières tensions qui ont éclaté avec le voisin algérien. En vérité, la menace algérienne est incomparable à la menace française ou espagnole et au tendance lourdes qui se dessinent au Mali et au détroit de Gibraltar.

L’alliance anglo-saxonne est passée à l’offensive pour reprendre le contrôle de l’ordre mondial. Si les Etats-unis s’occupent de la Chine, la Grande Bretagne pour sa part se charge de contenir l’influence russe grandissante en Europe, en Afrique et en Méditerranée et par la même occasion du parapluie nucléaire de l’Europe que représente la France.

Menacée, l’establishment français n’a plus le choix que de «jouer offensif» pour ne pas perdre définitivement son influence sur ses anciennes colonies, qui pourraient se transformer en cauchemar économique, social et migratoire si leur obédience mue vers une autre puissance.

Paris a vu l’alliance italo-américaine lui «voler» tout son investissement en Libye, a partagé avec amertume la Tunisie avec le Pentagone qui contrôle désormais son armée, a comptabilisé de lourdes pertes au Sahel et avale la couleuvre de la présence renforcée des britanniques et des israéliens dans l’ouest de la Méditerranée et au détroit de Gibraltar.

En réaction, la France joue les trouble-fête en gelant les processus démocratiques en Tunisie et en Libye, en se retirant du Sahel tout en remettant le flambeau aux suédois, ouvrant grande ouverte la porte aux russes et en laissant monter la tension entre le Maroc et l’Algérie.

Dans le corpus doctrinal officiel français en matière de sécurité et de défense, le comportement de Paris est une «Surprise Stratégique» ( événement majeur qui n’avait pas été prévu) et l’action de Rabat est une «Rupture Stratégique» ( qui se définit dans l’acception qui nous intéresse par ses effets majeurs, de nature à transformer profondément la sphère de sécurité et de défense).

C’est avec ce prisme de profonds et lourds changements dans la physionomie des pouvoirs et influences dans notre région du monde qu’on devrait observer et essayer de lire les décisions stratégiques du Royaume et de ses voisins.

Le Maroc ne veut pas de guerre mais doit imposer la paix de par une bonne lecture des menaces et le choix de ses alliances. Sa stabilité qui fait sa distinction dans la région n’est pas uniquement profitable qu’à ses citoyens mais à l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest et de l’Europe de l’Ouest. D’ailleurs, la seule route commerciale stable et sécurisée du continent est celle qui relie Tanger à Abuja. Un fait qui n’aurait eu lieu sans la souveraineté du Royaume sur son Sahara.

«Optimisme dans la Responsabilité» tel est le chemin tracé par le Roi Mohammed VI pour la nouvelle législature

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Key Points :

  • Ce vendredi 8 octobre le roi Mohammed VI a adressé un discours au Parlement à l’occasion de l’ouverture de l’année législative qui coïncide avec la nomination d’un nouveau gouvernement issu des élections du 8 septembre.
  • Le discours royal dénote par son ton optimiste et son appel au rassemblement et à la mutualisation des efforts autour des priorités stratégiques en ce qui concerne le développement et la souveraineté.
  • Le souverain a donné un diagnostic positif et encourageant concernant la gouvernance du pays et de sa résilience face à la pandémie tout en alertant les marocains sur la conjoncture internationale qui «charrie dans son sillage défis, risques et menaces».
  • Le roi a utilisé le terme «sécurité stratégique» pour qualifier les risques d’approvisionnement des produits alimentaires, sanitaires et énergétiques et a appelé à la création d’un dispositif national intégré pour s’en prémunir.
  • Alors que le nouveau Chef de gouvernement avait qualifié durant sa campagne le nouveau modèle de développement de projet sur le long-terme préférant mettre en avant son programme électoral, le roi Mohammed a tenu à recadrer le gouvernement Akhannouch en appelant l’actuelle législature «à marquer le départ d’une dynamique volontariste ambitieuse incarnant l’intelligence collective des Marocains, en relation avec l’opérationnalisation du NMD».
  • Le sujet du Haut-Commissariat au Plan a été mis sur la table par le souverain appelant à sa refonte substantielle et à sa modernisation. Serait-il un signal de la fin du règne de l’indéboulonnable Ahmed Lahlimi sur cet institution, source de querelles interminables avec le gouvernement et Bank Al-Maghrib.

L’évènement

Le Roi Mohammed VI accompagné du Prince Héritier Moulay El Hassan et du Prince Moulay Rachid, a adressé, vendredi, un discours au Parlement à l’occasion de l’ouverture de la 1ère session de la 1ère année législative de la 11ème législature. Un discours très attendu au lendemain de la nomination du nouveau gouvernement présidé par Aziz Akhannouch.

Le souverain va donner le ton en décidant le non port du masque durant le discours par les princes Moulay El Hassan et Moulay Rachid. Une première depuis le début de la pandémie en mars 2020 tout en choisissant des versets du Coran qui s’apparentent plus à des prières de succès et de réussite qu’à des paroles moralisatrices.

Le roi Mohammed VI va d’emblée se féliciter du succès des dernières élections que se soit en terme d’organisation, et cela concerne le travail d’Abdelouafi Laftit, qu’en terme de taux de participation et d’alternance politique. Le roi a qualifié ce scrutin de «victoire du choix démocratique fait par le Maroc, ainsi que la normalité des alternances dans la gestion des affaires publiques».

A cet égard, Nous tenons à saluer la bonne organisation des dernières élections : elles se sont déroulées dans un climat positif et ont été marquées par une large participation, notamment dans nos Provinces du Sud.

Roi Mohammed VI

A ce titre, le roi a tenu à souligner son équidistance des formations politiques et sa neutralité quand au jeu politique : «Nous, ce qui importe, ce n’est pas que telle formation ou telle autre remporte les élections : Nous accordons en effet un intérêt équivalent à tous les partis.» a-i-il insisté.

Point focal : Trois priorités stratégiques

Tout en gardant un ton positif, le roi Mohammed VI a néanmoins tenu, sans tomber dans l’alarmisme, à dessiner les contours des défis qui attendent le nouveau gouvernement et le nouveau parlement. Fait important, le souverain a évoqué une «phase nouvelle» dans laquelle le Maroc s’engage désormais en mettant en avant deux axes : le processus de développement et les défis extérieurs.

«Cette législature s’amorce à un moment où le Maroc entre dans une phase nouvelle qui requiert la mutualisation des efforts autour des priorités stratégiques. Ainsi, notre pays sera plus apte encore à poursuivre son processus de développement et à relever les défis extérieurs» a soutenu le roi.

Des défis que le souverain a structuré autour de trois priorités stratégiques :

  1. Consolidation de la place occupée par le Maroc et la défense impérieuse de ses intérêts supérieurs
  2. Gestion de la crise pandémique et la poursuite de la relance économique
  3. Opérationnalisation du modèle de développement et au lancement d’une nouvelle génération de projets et de réformes intégrés

1 – Défense impérieuse des intérêts supérieurs du Royaume

Le premier volet prioritaire cité par le roi Mohammed VI dans son discours est celui de la Souveraineté. Un thème qui revient en force, selon le souverain, dans le contexte de la crise pandémique.

«De fait, la crise pandémique a révélé le retour en force du thème de la Souveraineté. Qu’elle soit sanitaire, énergétique, industrielle, alimentaire ou autre, sa préservation est devenue l’enjeu d’une véritable compétition qui suscite des réactions fébriles chez certains», a noté le roi.

Toutefois, poursuit le souverain, le Maroc a réussi, lui, à gérer ses besoins en la matière et à assurer un approvisionnement normal et suffisant de ses marchés.

Face à cette situation, le roi a appelé à la création d’un dispositif national intégré dans le but de consolider la sécurité stratégique du Maroc.

«Afin de consolider la sécurité stratégique du pays, Nous appelons à la création d’un dispositif national intégré ayant pour objet la réserve stratégique de produits de première nécessité, notamment alimentaires, sanitaires et énergétiques et à la mise à jour continue des besoins nationaux en la matière» a dit le roi.

2 – Gestion de la crise pandémique et la poursuite de la relance économique

2.1 – Gestion de la pandémie : Acquis solides et responsabilité des citoyens

Le roi Mohammed VI s’est félicité des «acquis solidement engrangés» en termes de protection de la santé des citoyens et de soutien aux secteurs et aux catégories touchés par la pandémie.

Rappelant l’effort de l’État dans sa lutte contre le Covid en assurant la gratuité du vaccin, en dépit du coût qui se chiffre en milliards, le roi appelé la responsabilité des citoyens à se protéger et à prémunir leurs familles en se faisant vacciner et en se protégeant.

2.2 – Economie nationale : Réalisme, responsabilité et patriotisme

Le souverain a mis en exergue l’embellie significative de l’économie nationale, grâce aux mesures adoptées sous son impulsion, en dépit des effets inédits générés par la crise et le repli de l’économie mondiale. Une embellie qu’il a argumenté par des chiffres de croissance de l’année :

  • +5,5% de taux de croissance en 2021
  • +17% de croissance du secteur primaire
  • +16% des IDE à fin août
  • +46% des transferts des MRE
  • + 7 mois d’importation des réserves de change
  • 1% taux d’inflation

«Tous ces indicateurs, Dieu soit loué, portent à l’optimisme et à l’espoir, renforçant la confiance des citoyens et des ménages et stimulant l’esprit d’initiative chez les opérateurs économiques et les investisseurs» s’est-il félicité.

Le roi Mohammed VI a assuré à ce titre que l’État poursuivra l’effort national, notamment à travers l’investissement public, l’appui apporté aux entreprises et l’adoption de mesures incitatives en leur faveur.

Face à cet optimiste et ce contexte positif le roi a insisté sur le fait de garder le cap avec responsabilité et patriotisme sans tomber dans le négativisme.

Dans ce contexte positif, nous devons demeurer réalistes et poursuivre notre action avec responsabilité et patriotisme, loin de tout pessimisme et à l’écart d’une certaine rhétorique négativiste

Roi Mohammed VI

3 – Opérationnalisation du nouveau modèle de développement

Le roi Mohammed VI a réservé la dernière partie de son discours à l’opérationnalisation du nouveau modèle de développement (NMD). S’adressant au parlement et au gouvernement, il a rappelé l’esprit du NMD et le sens du «Pacte national pour le Développement» qui symbolise l’engagement national souscrit envers le roi et à l’égard des Marocains.

«L’actuelle législature devrait marquer le point de départ d’une dynamique volontariste ambitieuse incarnant l’intelligence collective des Marocains, en relation avec l’opérationnalisation du Nouveau modèle du développement (NMD) et le lancement d’une nouvelle génération de projets et de réformes intégrés» a-t-il souligné. 

Le roi a ensuite appelé le gouvernement à pousuivre la mise en oeuvre des grands projets encours, notamment celui de la généralisation de la protection sociale.

«Il incombe au gouvernement également de parachever les grands projets déjà lancés, au premier rang desquels le chantier de généralisation de la protection sociale auquel Nous accordons une sollicitude toute particulière», a-t-il dit.

Dans la liste des chantiers prioritaires, le roi a cité :

  • La Santé, appelant à une synergie entre le public et le privé,
  • La réforme des entreprises et établissements publics,
  • La réforme fiscale, qu’il convient de conforter, avec la plus grande célérité, par une nouvelle charte compétitive de l’investissement,
  • La refonte substantielle du HCP

Concernant ce dernier point, le roi s’est attardé sur sa volonté de faire du Haut-commissariat au plan un «mécanisme d’aide à la coordination stratégique des politiques de développement et d’accompagnement de la mise en œuvre du modèle de développement».

A ce titre, il a recommandé à ce que cette institution soit «adossée à des normes rigoureuses et à des outils modernes de suivi et d’évaluation».

Ce qu’on doit retenir : «Optimisme dans la Responsabilité»

Le discours royal de cette rentrée législative s’est achevé par le même optimisme avec lequel il a été entamé, en plus d’un appel solennel à la responsabilité collective et individuelle.

L’«optimisme» royal a été exprimé à l’endroit des parlementaires et des membres du gouvernement par ces mots : «Le début de la présente législature intervient dans une conjoncture qui s’annonce prometteuse pour l’essor de notre pays». Des mots qui seront suivies par le thème de la «responsabilité» qui occupera l’ensemble de la suite du discours

«Votre responsabilité, au gouvernement comme au Parlement, en tant que majorité et au sein de l’opposition, est d’œuvrer de concert avec toutes les institutions et les forces vives de la Nation pour le succès de cette étape.

À cette fin, vous devez faire preuve d’esprit d’initiative et d’engagement responsable.

Soyez donc, que Dieu vous garde, à la hauteur de la lourde responsabilité nationale qui est la vôtre, car la charge de représenter les citoyens et de gérer les affaires publiques, aux niveaux local, régional et national, nous incombe à tous.

“Et quiconque aura fait de bonnes œuvres tout en étant croyant, ne craindra ni injustice ni oppression”. Véridique est la parole de Dieu.» a conclut le roi.

En axant son discours sur l’optimisme et la responsabilité, le roi Mohammed VI s’est adressé en même temps à une nation qui est passée par l’épreuve de la pandémie, les tensions de la campagne électorale et la guerre médiatiques des adversaires du pays, mais également à une communauté internationale qui scrute les moindres faits et gestes d’un pays qui connait une dynamique exceptionnelle dans un contexte mondial mouvementé.

Contrairement à d’autres Chefs d’Etats qui dans leur démarche stérile font systématiquement recours à la victimisation, et à la recherche des boucs-émissaires, le roi Mohammed VI a choisi la responsabilité qui exige à d’abord prendre beaucoup sur soi, à ne pas se défausser sur les autres dans une posture d’exemplarité, de sérénité et d’optimisme qui fera sans aucun doute tâche sur l’ensemble du Maroc et des marocains.

Législatives au Maroc : frappe chirurgicale de haute précision dans un contexte régional explosif

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Du plus haut sommet de l’Etat en passant par de simples citoyens, le constat était unanime: «l’offre politique marocaine est faible». Le lancement du processus électoral a placé le Maroc durant des mois dans l’expectative et la crainte de l’incapacité des acteurs politiques de faire le job. Mais étonnamment, la victoire écrasante de Aziz Akhannouch dans le scrutin du 8 septembre a apporté soulagement et apaisement. De plus, la déconfiture inattendue du PJD a été accueillie avec une grande satisfaction par l’ensemble des marocains. Et pour cause, en plus d’avoir été pris en flagrant délit de mensonge et de manipulation, le parti dit islamiste, porté par le printemps arabe, avait fini par démanteler ce qui restait du fragile équilibre du paysage politique marocain, dans sa quête prédatrice du pouvoir.

Pendant ce temps là, la planète a accéléré le pas vers l’inconnu. L’hyperpuissance américaine a mis en branle sa grande artillerie pour reprendre le contrôle de l’ordre mondial : recadrage du Moyen-Orient, des relations américano-israéliennes et des accords d’Abraham, réhabilitation des talibans, marginalisation de l’Union Européenne, domination informationnelle et logistique de la crise du Covid et, last but not least, déclaration d’hostilité directe envers la Chine. Quand on superpose ces calques géopolitiques et sécuritaires et qu’on y rajoute l’état d’hystérie et de rage de la France après le plus grand affront jamais infligé à ce membre du conseil de sécurité par les États-unis, l’éjectant de tout influence militaire et d’intelligence du Pacifique, on ne peut que reconnaitre que la tenue des élections marocaines était en elle-même une grande prouesse. Le Maroc aurait pu réagir comme son voisin et mettre le pays sous cloche. Il ne l’a pas fait, sachant que tout le poussait à le faire. En effet, alors que le scrutin battait son plein, Paris était prête à incendier le Maghreb. «Vous m’avez éjecté du Pacifique, je vais vous éjecter de mon Maghreb !». En une semaine, la Tunisie s’enfonce dans l’inconnu, le processus démocratique libyen se gèle, des routiers marocains sont tués au Mali, les mercenaires de Wagner s’invitent au Sahel avec la bénédiction de l’Elysée, Alger et Paris se laissent couler des petites larmichettes sur les harkis et lancent conjointement une série d’attaques hostiles contre les intérêts économiques marocains visant entre autres l’OCP et la RAM.

Les législatives au Maroc ont été menées telle une frappe chirurgicale de haute precision. La hauteur de la monarchie a été déterminante pour ne pas précipiter le pays dans une hyperfebrilité improductive le préservant du scénario sanguinaire égyptien et de la dilettante suicidaire tunisienne. Il faut reconnaitre aussi, que Aziz Akhannouch a réussi tant bien que mal le pari de la constance durant cette campagne électorale à haut risque. Cela a été déterminant.

Les rangs resserrés, la cohérence retrouvée, le mélanome Benkirane extirpé, les marocains ont tout à gagner en faisant confiance à leurs institutions, car la guerre de survie ne fait que commencer.

Aziz Akhannouch a fait le job

Loin des commentaires puérils des bisounours et des herbivores de la politique, la Maroc à travers Aziz Akhannouch a réussi l’essentiel. Le personnage a finalement été capable de dérouler une campagne électorale dans la constance et sans écarts significatifs. Son poids dans l’appareil de l’Etat, son réseau de femmes et d’hommes et ses moyens financiers ont permis de mettre fin à toutes les tergiversations qui avaient altéré durant une décennie la construction d’une coalition gouvernementale cohérente et resserrée.

Akhannouch n’a pas eu que des cadeaux. Des medias outlets dits proches du deep state à l’image de Barlmane.com n’ont pas cessé de mettre en doute sa capacité à former un gouvernement. Abdellatif Ouahbi, Secrétaire général de la deuxième formation politique du Royaume a eu des mots très durs et parfois très graves à l’encontre de celui qui deviendra après son Chef de gouvernement.

De plus, Akhannouch est parti à la conquête de la chefferie du gouvernement avec un parti démembré. Mis à part les technocrates, Moulay Hafid Elalamy, Mohamed Benchaaboun et Nadia Fettah, tous les anciens ministres du RNI étaient complètement «cramés». Malgré cela, il les a impliqués dans la campagne à l’image de Rachid Talbi Alami et Mohamed Boussaid.

Aziz Akhannouch a réussi également à désactiver le roi du blocage et de l’incohérence des alliances politiques, à savoir Driss Lachgar, SG du parti de l’USFP. Le nuisible trouble fête et maître chanteur a capitulé après le dramatique suicide d’un de ses anciens lieutenants Abdelouahab Belfquih.

Le nouveau Chef de Gouvernement sera-t-il à la hauteur de la fonction ? Pourra-t-il naviguer dans les eaux troubles d’un monde devenu très dangereux ? Réussira-t-il à preserver la confiance de la monarchie ? Le temps nous le dira.

Bataille économique et bataille sécuritaire

La faillite des états est devenue la nouvelle manifestation de l’expression du malaise géopolitique mondial. Si, durant la vague du printemps arabe, le soulèvement de la rue était le point culminant des stratégies de ruptures ciblant des régimes en particulier, aujourd’hui c’est la banqueroute couplée à un vide institutionnel chronique qui placent une région du monde sous haute tension.

Deux pays sont actuellement en mode faillite dans le laboratoire du nouvel ordre mondial, le Liban et la Tunisie. Leur spectre plane sur l’ensemble des pays émergents dont les économies ont connu un arrêt brutal à cause du Covid. Le voisin algérien n’est pas mieux loti. La crise économique et institutionnelle est telle que le pays vit sous le risque d’une implosion imminente. D’ailleurs plusieurs rapports internes algériens prévoient un afflux massif de migrants algériens vers la frontière est marocaine en cas de la chute du régime.

Côté marocain, la tache reste très importante également. Au delà du renforcement de la sécurité alimentaire et énergétique, le gouvernement Aziz Akhannouch aura la lourde mission de relancer une économie très affaiblie par la crise sanitaire.

Une bataille économique qui s’inscrit dans un nouveau jeu d’alliance stratégique du Royaume. Repositionné dans l’échiquier international, le Maroc est passé à un mode dynamique de gestion de sa diplomatie et de sa souveraineté sur ses territoires.

Le rapprochement avec Israël est un fait indéniable. Un «Game Changer» qui n’est absolument pas au goût de l’Europe franco-allemande. Les fruits de cette dynamique ont été efficaces et immédiats: succès historique sur le dossier du Sahara, terrassement du polisario et du régime algérien, mise à niveau technologique et tactique décisive sur le plan militaire et de renseignement, négociation d’égal à égal avec se partenaires européens, etc.

D’ailleurs, il n’est pas anodin que la nouvelle ère Akhannouch soit synonyme de la nomination d’un nouvel inspecteur général des Force Armées Royales, en la personne du Général de Corps d’Armée, Belkhir El Farouk, en remplacement de Abdelfattah Louarak nommé après les élections de 2016.

Héros de la gestion de la crise de Guerguarat et architecte des manœuvres militaires avec les États-unis, «Africa lions 2021», Belkhir El Farouk incarne le marocain conquérant, intransigeant et décisif.

La déception française

Le pays qui se voit en 2050 le Liban de l’Europe et qui envisagerait de déporter 5 millions de musulmans s’ils ne changent pas de prénom n’a trouvé de bon durant les legislatives marocaines que de mettre en branle sa machine à salir. Même la chute du PJD ne semblait pas satisfaire le régime macronien, qui voit dans le succès du RNI un danger pour la stabilité du Maroc et dans le phosphate marocain un danger pour l’environnement mondial et dans l’accord de construction militaire avec Israël un danger sur ses intérêts en Algérie.

A sept mois des élections, Emmanuel Macron a pris l’affront anglo-saxon à l’encontre du poids de son pays dans l’échiquier international et le silence complice de la communauté internationale de manière très personnelle. Il ne cache plus qu’il utiliserait tous les moyens pour rétablir les rapports de forces, notamment en jouant les troubles fêtes au Maghreb et en Europe en attaquant les intérêts américains et britanniques dans notre région du monde.

Les américains ne semblent pas très pressés de calmer Emmanuel Macron. Ils tablent probablement sur sa défaite dans les présidentielles pour sceller les alliances occidentales en vue de l’affrontement imminent avec l’empire chinois.

«Nous reconnaissons que la réconciliation avec Paris prendra du temps et beaucoup de travail», a d’ailleurs déclaré le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken lors d’une conférence de presse en marge de l’Assemblée générale annuelle de l’ONU à New York tenue cette semaine.

Les marocains ne comprennent absolument pas la posture condescendante de la France et sa haine envers leur pays.

Les marocains ne supportent plus et n’acceptent plus ces chantages médiatiques sales et basses, pratiques désuètes d’un autre siècle.

Le régime algérien doit prendre au sérieux l’ultime main tendue du Roi Mohammed VI

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Le discours du trône de cette année a été très attendu. Libéré du complexe de «Vira Lata», le Maroc a imposé à la communauté internationale son propre agenda, priorisant ses intérêts souverains. Une stratégie de rupture qui a déchaîné les passions et a dévoilé au grand jour les relents colonialistes et impérialistes des premiers partenaires européens du Royaume. L’attente du discours a été récompensée. Le Roi Mohammed VI décide de prendre de la hauteur par rapport à tous les débats et les polémiques médiatiques et prône le pragmatisme et la bienveillance envers le régime algérien. Il ne fallait pas attendre la fin du discours pour que les commentaires affluent de tous bords. Les premières lectures précipitées ont fait état d’un rétropédalage du Maroc face à sa fermeté affichée vis-à-vis l’Algérie. C’est faux. Le Roi Mohammed VI n’a pas rompu avec le changement du paradigme dans la diplomatie marocaine. Le souverain a tenu à donner une dernière chance aux locataires du palais d’El Mouradia  en prenant à témoin les peuples marocains et algériens et la communauté internationale. Le régime algérien est devant ses choix, soit jouer propre et trouver une solution pérenne au dossier Sahara dans un esprit de fraternité et de bon voisinage, soit se renfermer dans sa posture suicidaire et replonger dans ses actes hostiles et malveillants, auquel cas il devra en assumer les conséquences.

Les régimes algériens qui se sont succédés ont priorisé l’obédience idéologique au communisme à l’esprit de bon voisinage et de fraternité. Sur plus de quarante années, ils ont mené une propagande nationale et internationale contre le Maroc dans le seul objectif de le diviser et de le déstabiliser. Ils ont fait du mal au Maroc en finançant, soutenant, accueillant  et armant un groupe de séparatistes. Gare à toute voix dissonante qui appelle à la réconciliation entre les deux pays, elle est systématiquement exécutée. À l’image du valeureux président Mohamed Boudiaf, assassiné en public pour qu’il serve d’exemple.

Face aux réussites économiques spectaculaires du Maroc, pays non pétrolier, diaboliser le voisin est devenu le cache misère des gouvernements et des militaires algériens. La propagande médiatique a assuré le service après vente mais sans résultats probants, il fallait fermer les frontières avec le Maroc et couper toute relation qui pouvait occasionner la comparaison.

Pour sa part, le Maroc n’a jamais souhaité du mal à son pays frère. Il a défendu durant 45 ans ses territoires libérés du colonialisme espagnol avec sagesse et retenue. Au moment où l’Algérie jouait le jeu de l’ancien colonisateur, qui n’a jamais oublié comment le défunt Hassan II lui a fait avaler la couleuvre avec l’organisation de la marche verte.

Une vérité historique qui s’exprime par la chaleur de l’accueil des algériens au Maroc, qu’ils soient artistes, politiques ou de simples citoyens.

D’ailleurs, le Roi Mohammed VI s’est appuyé sur cette réalité ancrée dans la croyance collective des peuples marocains et algériens dan son discours du trône de ce samedi.

«Je rassure Nos frères en Algérie : vous n’aurez jamais à craindre de la malveillance de la part du Maroc qui n’est nullement un danger ou une menace pour vous. En fait, ce qui vous affecte nous touche et ce qui vous atteint nous accable.» a assuré le souverain.

« Aussi, Nous considérons que la sécurité et la stabilité de l’Algérie, et la quiétude de son peuple sont organiquement liées à la sécurité et à la stabilité du Maroc. Corollairement, ce qui touche le Maroc affecte tout autant l’Algérie ; car les deux pays font indissolublement corps. » a-t-il affirmé.

Le Maroc n’est ni dupe, ni faible. Il a conscience de la légitimité du leadership royal et du consensus national au sujet du dossier du Sahara. Le monde entier le sait aujourd’hui : le Sahara est une ligne rouge pour les marocains. Demandez aux leaders d’opinion sur les réseaux sociaux de n’importe quel pays, il vous décriront comment ils se font lynchés quand le fameux trait s’affiche sur la carte du pays.

Dans un geste que seuls les Rois en connaissent le secret, Mohammed VI a exprimé toute sa bienveillance et sa fraternité, donnant encore une fois la chance au régime algérien, malgré son adversité maladive, repoussant le rubicon à ne pas franchir, tout en prenant à témoin l’ensemble du peuple algérien en premier lieu, son peuple et la communauté internationale.

Le Roi Mohammed VI a été clair et précis dans son appel à la raison envers le régime algérien : « Nous appelons à faire prévaloir la sagesse et les intérêts supérieurs de nos deux pays. Nous pourrons ainsi dépasser cette situation déplorable qui gâche les potentialités de nos deux pays, au grand dam de nos deux peuples et des liens d’affection et de fraternité qui les unissent ». Si après cette main tendue royale, le palais d’El Mouradia persiste dans sa stratégie de provocation et poursuit ses atteintes aux intérêts suprêmes du Royaume, d’aucun ne blâmera le Maroc de défendre bec et ongles le moindre millimètre carré de son territoire.

Le Maroc de Mohammed VI veut en finir avec «le grincement culturel» appelé sous d’autres cieux le complexe de «Vira Lata». Grace à des micros décisions, le pays a réussi à casser le plafond de verre de l’aliénation culturelle et s’investit à mettre fin à ce processus de dévalorisation systématique qui caractérise les pays émergents. Il s’agit là de l’unique façon de faire bouger les lignes et de sortir des schémas de cercles vicieux destructeurs.

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