fbpx

Analysis - Page 3

France au Sahel : Emmanuel Macron met fin à l’opération Barkhane

Lors d’une conférence de presse sur les questions internationales, tenue ce jeudi 10 juin, le président français Emmanuel Macron a évoqué la «transformation profonde» de la présence militaire française au Sahel.

Une semaine après l’annonce de l’arrêt de la coopération militaire bilatérale entre le France et le Mali, Emmanuel Macron a annoncé «la fin de l’opération Barkhane en tant qu’opération extérieure pour permettre une opération d’appui, de soutien et de coopération aux armées des pays de la région qui le souhaitent». Les modalités exactes et le calendrier de cette transformation seront présentés dans un premier temps lors d’un rassemblement de la coalition au Sahel, qui doit «se réunir très prochainement», selon le président français.

Emmanuel Macron devrait probablement communiquer à nouveau sur ce sujet avant la fin du mois de juin.

«La poursuite de notre engagement au Sahel ne se fera pas dans un cadre constant», a expliqué Macron en annonçant une «transformation profonde de la présence militaire de la France» dans la région.

«La présence durable dans le cadre d’opérations extérieures de la France ne peut pas se substituer au retour de l’Etat et des services de l’Etat à la stabilité politique et au choix des Etats souverains», a également déclaré le président français.

Opération Barkhane, une course était perdue d’avance

La fin de l’opération Barkhane était un secret de polichinelle. Une analyse publiée par l’Institut Montaigne en date du 17 novembre 2020, avait choisi comme l’intitulé, l’affirmation : Vers la fin de l’opération Barkhane. L’étude prospective ne cachait pas le goût amer de l’échec de l’opération militaire principal acte militaire du règne d’Emmanuel Macron.

«Le problème est qu’avec les faibles moyens déployés dès le début dans l’opération Barkhane, en concurrence avec ceux des autres opérations engagées au même moment, en particulier Sentinelle, et les problèmes structurels des États locaux, cette course était perdue d’avance.» souligne l’étude.

«Barkhane a bien cumulé les succès tactiques au cours des années, mais ceux-ci sont restés insuffisants en nombre pour, au niveau opérationnel, empêcher les organisations ennemies de se renforcer, s’étendre et se diversifier», affirme l’Institut.

Et de recommander : « Le moins que l’on puisse faire dans le nouveau contexte qui peut se dessiner est de défendre nos intérêts sécuritaires et diplomatiques au moindre coût dans la durée».

Brakhane est également un gouffre financier. Emmanuel Macron a essayé d’impliquer l’Europe dans sa conquête du Sahel en s’appuyant sur l’Allemagne, premier contributeur de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma).

Face à ses échecs à répétition, il utilisera la crise au sein des pays du Golfe pour monnayer son soutien à l’Arabie Saoudite contre un financement partiel de Barkhane. Il se mettra même l’Otan à dos, en lobbyant pour la création d’une armée européenne en pleine crise du Brexit.


Lire aussi : Macron, Chef de guerre


Macron a fait de l’opération Brakhane le moyen de prendre la contrôle de l’Etat-major des armées

12 jours seulement après la prise de ses fonctions en tant que président, Emmanuel Macron s’est rendu à Gao au Mali pour sa première visite à des troupes françaises à l’étranger.

Lors de cette visite, Emmanuel Macron a endossé son costume de chef des armées qui chérit tant et s’est adressé aux 1 600 soldats déployés dans le cadre de l’opération «Barkhane». Il va y passer près de 7 heures.

Premier chef des armées de la Ve République sans aucune expérience militaire, Emmanuel Macron sera obnubilé durant tout son mandat par son ascendant sur l’armée. Dès les premières semaines, il met dans le viseur le chef d’état-major des armées, le général Pierre de Villiers, qui va démissionné avec fracas le 19 juillet 2017. Une première dans la Ve République.

«Une querelle brève et violente s’est nouée entre deux hommes que tout oppose, un président neuf venu du monde des finances, Emmanuel Macron, et un général d’expérience issu de la pure tradition militaire» avait écrit Le Monde.

En 2021, le président français a dû faire face à une levée des boucliers des généraux de l’armée, qui lui ont adressé à semaines d’intervalles deux lettres ouvertes dans lesquelles ils dénoncent « le chaos et la violence » qui frappent le pays en délitement et appellent Macron, les ministres, parlementaires et officiers généraux à assurer la « survie du pays ».  

Les signataires de ces tribunes ont également alerté le président français du risque de l’éclatement d’une guerre civile.

« Si une guerre civile éclate, l’armée maintiendra l’ordre sur son propre sol, parce qu’on le lui demandera », ont écrit les généraux.

Jean-Paul Carteron : l’Espagne et l’Allemagne menacent gravement la Paix

/

Depuis un certain temps, le dogmatisme semble avoir envahi le paysage de la diplomatie internationale ; les ministères des affaires étrangères sont souvent devenus des ONG qui se contentent de gérer l’actualité du jour dans un cadre militant. Ils n’imaginent même plus que la politique étrangère existe !

La politique étrangère c’est d’abord une vision mais une vision structurée sur le long terme, mise en oeuvre dans un espace temps qui ne saurait se concilier avec le tumulte et la précipitation des réseaux sociaux et le désir omni présent d’être sans cesse visible partout et sur n’importe quel sujet.

La diplomatie c’est d’abord, avec courtoisie et respect, s’occuper de ses propres affaires, s’abstenir de se mêler de celles des autres et surtout de donner des leçons ! Respecter l’autre dans ses spécificités et ses sensibilités c’est la base d’une coexistence pacifique et constructive.

Il semblerait pourtant que certains pensent détenir la vérité en toutes choses, porter des valeurs définitives qu’ils seraient missionnés à exporter voire imposer. Il y aurait dans le monde ceux qui savent et ont toujours raison et les autres, méprisables car non alignés sur des valeurs qui leur sont pourtant étrangères ?

Quelle est la justification de Berlin pour s’agiter et tenter d’imposer – en vain d’ailleurs – jusqu’au Conseil de sécurité sa position autoritaire quant à la défense d’un prétendu statut quo ante d’une province marocaine qui ne la concerne en rien et lutter contre une décision américaine qui lui est totalement étrangère. Seul le chaos peut résulter du fait de se mêler systématiquement des affaires des autres – avant de s’occuper des siennes qui sont rarement brillantes – et le monde ne peut que s’en porter mal.

L’Espagne quant à elle est dans une position que l’on peine à comprendre. Lorsque les Espagnols ont débarqué au Rio de Oro, ils savaient très bien qu’ils colonisaient des terres marocaines. Quand ils en sont partis ces terres ne pouvaient revenir qu’à leur propriétaire historique, le Maroc, et ce fut le cas.

Quand on agite le fait que le « Sahara Occidental » serait encore inscrit sur la liste des Nations Unies des territoires à décoloniser, on oublie souvent que c’est le Roi Hassan II lui-même qui demanda cette inscription…dans le but de faire partir les Espagnols !

Aujourd’hui l’Espagne, qui a pourtant bien d’autres sujets urgents de préoccupation, a choisi d’accueillir le chef du Polisario, officine patentée antimarocaine de l’Algérie, pour recevoir des soins médicaux. Il s’agit, de notoriété
mondiale, de l’ennemi implacable du Royaume. Celui-ci est poursuivi, en Espagne même, pour des crimes très graves que l’on semble avoir mis entre parenthèses. Lui dérouler un tapis rouge, même sanitaire, est une offense pure et simple faite au Maroc alors qu’à Alger se trouvent des hôpitaux certainement très performants. De surcroît, il aurait été accepté qu’il utilisât un faux nom et un faux passeport ce qui légitimerait déjà une, arrestation, une poursuite pénale et une sérieuse peine de prison pour vous ou moi !

Voilà un bel exemple de très « mauvaise diplomatie » – si l’on peut encore parler de diplomatie – et de dysfonctionnement complet de la machine gouvernementale. Au mieux d’ailleurs, car si en plus cela était délibéré, il s’agirait d’une rupture violente et définitive des relations de confiance sans lesquelles notamment, la coopération sécuritaire ne pourrait plus exister entre les deux pays.

D’un côté l’Espagne a un besoin vital de sa coopération avec Maroc pour tout ce qui touche notamment à sa sécurité et de l’autre elle l’offense ouvertement. Alors où est la logique ? Espérons qu’il ne s’agit que d’incompétence…

Cet exemple n’est pas unique. Notre monde connait quotidiennement de telles situations et se trouve mis en danger par des « diplomates » qui sont en fait des militants de causes perdues. Ils s’amusent avec des allumettes, se rêvent en
bâtisseurs d’un monde à leur manière mais, en fait, ils menacent gravement la Paix.

Le ministre marocain des affaires étrangères, M. Nasser Bourita, a réagi avec force devant cette situation ubuesque mais gravissime. Il a raison. Aujourd’hui, on doit exiger avec vigueur le respect, le réalisme, l’honnêteté et la transparence dans les relations internationales. On appartient à un cercle d’amitié et de confiance ou pas.

C’est pour toutes ces raisons que le Forum de Crans Montana a créé la World Diplomatic Academy, soutenue par un nombre déjà impressionnant de personnalités internationales. Dans son objet et parmi d’autres buts il y a notamment celui de réinventer la diplomatie en y insufflant le concept de l’élégance…


Jean-Paul Carteron est l’Ambassadeur des Iles Salomon auprès de l’UNESCO et de la FAO et, depuis 2015, le Président du Cercle des Ambassadeurs à Paris qui rassemble le plus grand nombre des chefs de mission diplomatique en fonction dans la capitale française.
Fondateur du Forum de Crans Montana en 1989, à la chute du communisme, il s’impliqua notamment, à la demande de Itzaak Rabin, dans le processus de paix israélo-palestinien, puis à la demande de Richard Holbrooke dans les tentatives de règlement de la question chypriote et la dissolution de la Yougoslavie. Il travailla enfin durant de longues années à la stabilisation démocratique de l’Europe centrale et de l’est puis dès 1988 à l’intégration mondiale de l’Afrique.

Ahmed Charaï : Biden devrait prendre les devants pour relancer le processus de paix israélo-palestinien

//

Depuis sa prise de fonction en janvier 2021, le président américain Joe Biden a montré peu d’engagement et beaucoup de prudence dans la poursuite de la mise en œuvre des accords de paix israélo-palestiniens enclenchés par son prédécesseur. Contrairement au dossier iranien pour lequel la nouvelle administration a affiché une forte détermination, Biden a choisi une approche «Stand Back» au sujet des «Accords d’Abrahams». Laquelle posture est devenue insoutenable avec l’éclatement du conflit armé entre israéliens et palestiniens. En effet, alors que les roquettes du Hamas pleuvaient sur les villes israéliennes, et que l’artillerie israélienne ripostait en bombardant et détruisant des bâtiments dans la bande de Gaza tuant femmes et enfants, le président Biden est resté longtemps muet face à l’escalade de la crise. «Le prolongement des combats armés à Gaza menace les fondations des accords de paix et de réconciliations naissants qui n’ont pas encore été fermement enracinés» alerte Ahmed Charaï dans son édito dans The Jerusalem Post. «Le président Biden devrait prendre les devants et chercher à mobiliser toutes les parties prenantes afin de créer une nouvelle initiative multilatérale pour relancer les efforts de paix israélo-palestiniens», recommande l’éditorialiste. Dans son autre «paper analysis» paru sur The National Interest, M. Charai, estime que le conflit armé qui se déroule actuellement en Israël est le résultat de l’impasse politique de Netanyahu, incapable de former une coalition gouvernementale solide et de la guerre par procuration que mène l’Iran via «son proxy», le Hamas.

Ahmed Charai a été l’un des premiers analystes à alerter sur la gravité de l’escalade armée entre palestiniens et israéliens et à noter la politique de retrait de Joe Biden dans sa gestion du conflit israélo-palestinien, et ce dès les premiers signes avant- coureurs de la crise qui enflamme aujourd’hui la région.

C’est dans un éditorial paru sur The Jerusalem Post et d’un «paper analysis» publié sur The National Interest le 13 mai dernier, que l’analyste a plaidé pour l’urgence d’un rôle plus activiste de Joe Biden et de son administration pour mettre fin aux affrontements meurtriers et pour préserver les accords de paix signés par son prédécesseur, ainsi que la réconciliation entre Tel-Aviv et les capitales arabes, avancée remarquable et décisive pour une coexistence pacifique entre palestiniens et israéliens.

«Le monde regarde avec détresse la souffrance des Palestiniens et des Israéliens victimes d’une autre série de conflits qui, selon toute vraisemblance, changera peu mais nuira à beaucoup» a écrit M. Charai.

«Cette fois-ci, l’affrontement est plus laid et peut s’avérer plus meurtrier que n’importe quelle conflagration précédente entre l’État hébreux et les factions armées palestiniennes», prédisait l’analyste.

Biden, la tête ailleurs

Dans des déclarations publiques, le président américain, son secrétaire d’État Antony Blinken ainsi que son ministre de défense ont répété avec force la formule américaine standard concernant le droit d’Israël à la légitime défense face aux tirs de roquettes palestiniennes.

Tout en se déclarant préoccupé par le nombre croissant de Palestiniens tués dans les frappes aériennes israéliennes, ils ont établi une «distinction claire et absolue» entre «une organisation terroriste ciblant des civils et Israël ciblant les terroristes».

Joe Biden n’a vu aucune «réaction excessive significative» dans la réponse israélienne à la pluie de missiles du Hamas, un jugement qui pourrait être compris comme un feu vert implicite pour que l’opération se poursuive, malgré les appels au calme de la communauté internationale.

Par ces déclarations ainsi que par trois vétos en une semaine contre un texte du Conseil de sécurité condamnant l’Etat hébreux, Washington donne à Israël une «carte blanche» pour répondre aux attaques des factions armées palestiniennes jusqu’au moment où il sera jugé qu’Israël aurait réussi de détruire l’infrastructure militaire du Hamas.

Mais en même temps, la nouvelle administration américaine indique clairement que ses priorités diplomatiques se situaient ailleurs. Elle continue d’imposer une approche minimaliste discrète, naviguant dans un cimetière d’initiatives de paix qu’elle a dirigée, essayant de faire le tout contraire de l’administration Trump.

Une pression ferme de Joe Biden pour empêcher une escalade majeure à Gaza

Joe Biden et son administration ont utilisé jusqu’à aujourd’hui un ton bienveillant, appelant à la désescalade de la violence et à la nécessité pour les Israéliens et les Palestiniens «d’être en mesure de vivre en sécurité» et de «jouir dans la même mesure de la liberté, de la sécurité, de la prospérité et de la démocratie», souligne M Charaï.

Toutefois, estime l’éditorialiste, l’administration Biden gagnerait à s’investir davantage pour mettre fin à cette vague d’escalade, la plus intense depuis sept ans.

Reconnaissant que les priorités de l’administration américaine en matière de politique étrangère se trouvent ailleurs, Ahmed Charaï considère qu’une posture plus «militante» pourrait commencer par «une série de petits pas qui signaleraient une volonté d’impliquer les parties locales» à savoir :

1.L’administration américaine devrait agir rapidement pour pourvoir le poste vacant d’ambassadeur américain à Jérusalem; «un tel déménagement ne coûte rien d’autre que des cables diplomatiques», précise notre analyste.
2.Biden qui avait tardé à parler avec Mahmoud Abbas, devrait donner une plus forte influence internationale au président palestinien. Un tel coup de pouce est indispensable pour que le dirigeant modéré ne soit pas éclipsé par les extrémistes du Hamas. «Même si l’éclat de l’Autorité palestinienne s’est estompé ces dernières années, elle reste néanmoins le représentant internationalement reconnu du peuple palestinien. Qui de surcroit affirme toujours l’engagement en faveur d’une solution à deux États».
3.Une pression ferme de l’administration américaine pour empêcher une escalade majeure à Gaza pourrait servir le double objectif de réaffirmer le leadership américain dans la région et de sauvegarder une nouvelle tête de pont pour la coexistence arabo-israélienne.

Un engagement volontariste de Joe Biden servira un objectif immédiat et urgent, affirme M. Charaï. Car une fois un état de calme serait rétabli, une nouvelle initiative multilatérale pour relancer les efforts de paix israélo-palestiniens s’impose. Le président américain devrait prendre les devants et chercher à mobiliser les parties prenantes à même d’assurer des résultats fructueux. Lesquelles parties prenantes devraient être constituées «des Émirats arabes unis, du Bahreïn, du Maroc, de la Jordanie, de l’Égypte et de l’Union européenne».

Guerre par procuration entre l’Iran et Israël

Avec le déplacement de la politique étrangère américaine vers la Chine, la mise en veille des «Accords d’Abraham» et la baisse considérable de la pression de la communauté internationale sur l’Iran, le régime des mollahs a profité de l’impasse électorale israélienne et des manœuvres de l’extrême droite du pays pour déplacer la guerre qui fait rage entre Tel-Aviv et Téhéran depuis l’assassinat de Qassem Soleimani, numéro 2 du régime, au cœur des territoires palestiniens.

Dans une interview diffusée sur la chaine de télévision irakienne Al-Ahd TV en date du 7 mai 2021, un haut responsable du Jihad Islamique Palestinien, Ramez Al-Halabi, a déclaré que les roquettes utilisées par la faction pour cibler Tel Aviv portent la signature de l’Iran et de Quassem Soleimani, commandant de la Force Qods du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) tué en janvier 2020 lors d’une frappe aérienne américaine à Bagdad.

Il a affirmé que les membres des factions étaient formés par le CGRI et que l’argent iranien était utilisé pour acheter des armes pour les factions armées à Gaza et au Liban. Al-Halabi a ajouté que chaque maison de Gaza a le portrait de Soleimani et que «ce sont eux [l’Iran] qui nous soutiennent avec des armes, de l’argent et de la nourriture».

L’Iran fournit nos missiles, armes, fonds et nourriture, nos hommes armés «ont été formés par nos frères dans le GRI»; Sans l’aide de l’Iran, nous ne serions pas en mesure de tirer des roquettes sur Tel Aviv. Qassem Soleimani a personnellement supervisé le transfert de roquettes vers Gaza.

Entre l’axe Jérusalem et Beyrouth, l’axe Jérusalem et Bagdad, l’axe Jérusalem et Damas, l’axe Jérusalem et Sanaa, l’axe entre Jérusalem Téhéran, est l’axe victorieux.

Ramez Al-Halabi Haut responsable du Jihad Islamique palestinien

Dans une interview du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, en date du 27 décembre 2020, ce dernier a révélé que les avions israéliens avaient bombardé des usines d’armes au Soudan, car ils disposaient d’entrepôts d’armes, de munitions et de missiles qui seront envoyés plus tard, par des moyens divers, dans la bande de Gaza.»

Dans une autre déclaration cette fois-ci de Mahmoud Al-Zahar, en date du 28 décembre 2020, le haut responsable du Hamas a remercié l’Iran sur la fourniture du missile antichar russe le Kornet. Al-Zahar a affirmé que ce missile est devenu nécessaire à la lutte contre l’Etat d’occupation car il lui sera difficile de s’approcher des frontières de Gaza.

Aujourd’hui, il y a donc plus aucun doute sur les responsabilités de Téhéran dans l’approvisionnement continu en matériel de guerre en faveur à la fois des milices armée palestiniens et également au profit des rebelles chiites houthis du Yémen. D’ailleurs, la stratégie des «attaques en essaim» avec des batteries mobiles activées simultanément afin d’atteindre la saturation des batteries israéliennes du système d’interception «Iron Dome» est la même qui a été utilisée contre l’Arabie Saoudite et son système de défense antiaérien Patriot, endommageant entre autres une installation stratégique d’Aramco.

Le Hamas a réussi à lancer plus de 3000 missiles et roquettes en une semaine atteignant des fois une portée de plus de 250 km. Une artillerie en quantité et en qualité incroyables à travers laquelle Téhéran a réussi à mener une guerre par procuration au cœur d’Israël.

«Comme dans chaque cycle de conflit israélo-palestinien, le combat entre les deux parties est transmis et amplifié à travers la région, alimentant encore plus d’animosité envers les Israéliens dans le monde arabe», indique Ahmed Charaï.

L’Iran profite de cette dynamique négative et de cet environnement empoisonné. Le recours à la violence aveugle est assimilé à du courage, donnant l’illusion aux yeux de nombreux Palestiniens, que le Hamas était la seule force disposée à «tenir tête à Israël» et à «défendre al-Aqsa» contre l’empiétement israélien.

Ce machiavélisme iranien isole jour après jour les Palestiniens et autres Arabes sympathisants de la paix et de la réconciliation. Ils sont confrontés à la marginalisation ou sont qualifiés de traîtres. Cela s’étend même à ceux, comme le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, avec de longs antécédents d’opposition à la politique israélienne, s’indigne M. Charaï.

Et d’ajouter, une confrontation prolongée menacerait sûrement la stabilité sociale en Cisjordanie, qui jusqu’à présent a été une oasis de calme.

Une sévère crise politique en toile de fond

Quatre élections en moins de deux ans et toujours pas de majorité claire pouvant constituer le gouvernement israélien. Après l’échec de Benjamin Netanyahu à former une coalition, le président israélien Reuven Rivlin a donné, mercredi 5 mai jusqu’au 2 juin, mandat au chef de l’opposition, Yaïr Lapid, de former un gouvernement.

Quelques jours après, Itamar Ben-Gvir, chef du parti extrémiste Otzma Yehudit (Force juive), allié de Netanyahu, va mettre un coup de pression en participant aux affrontements à Cheikh Jarrah et autour du mont du Temple. Deux évènements déclencheurs de l’actuel escalade meurtrière.

Ces évènements vont certainement peser sur la gauche qui a suspendu ses négociations pour former un gouvernement. Son échec donnerait à Netanyahu, en procès pour corruption, une nouvelle chance à travers une cinquième élection. Mais à quel prix. Le Hamas financé par le Qatar et armé par l’Iran se positionne en défenseur de Gaza avec 2 millions de Palestiniens pris en otage. L’organisation islamo-nationaliste réussi à fédérer une large frange des musulmans de par le monde ainsi que le mouvement palestinien en mal de leadership et sans horizon politique, en prétendant incarner la défense de Jérusalem et plus particulièrement de la mosquée al-Aqsa.

«Il est à peine besoin de dire que la paralysie politique en Israël au cours des deux dernières années a largement contribué à cette impasse» écrit Ahmed Charai dans son analyse parue sur The National Interest.

«La plupart des dirigeants du pays s’attachent étroitement à survivre aux épreuves politiques de l’époque, ne laissant aucune place à l’empathie stratégique à long terme sans laquelle Israël ne peut établir des relations amicales et pacifiques avec ses voisins palestiniens. Pour le bien de l’avenir de leur pays, ils doivent travailler pour transcender ces deux épreuves – et leurs propres ego conflictuels – pour parvenir à un cessez-le-feu.» conclut-il.


M. Ahmed Charai est éditorialiste et éditeur de presse, Administrateur de Plusieurs Think tank à Washington – Membre du Conseil d’Administration du “Center for Strategic and International Studies” à Washington, – – Membre du Directoire de l’ONG “Search for Common Ground” à Washington, – Membre du Conseil du Directoire de ” The Atlantic Council of United States” à Washington – Membre du Conseil Editorial Consultatif de “The National Interest’s Magazine” à Washington. – Membre du Conseil d’Administration du “The Foreign Policy Research Institute” à Philadelphia– Membre du Conseil d’Administration du International Crisis Group. Mr Charai est aussi membre du conseil Consultatif de Gatestone Institute à New York. Mr Charai, s’exprime souvent dans de grands journaux et médias américains dont le Wall Street Journal, New York Times, Le Monde, Fox News, National Interest Magazine, Huffington Post.

Ahmed Charai : la néo-opposition numérique bafoue les intérêts supérieurs de la Nation

/

Une nouvelle forme d’opposition s’est installée dans le paysage numérique marocain qui transcende les codes des mouvements de protestation politique et sociale qu’a connu le pays depuis son indépendance. La nature du véhicule de l’expression de l’opposition, à savoir les réseaux sociaux, complique l’analyse de ce phénomène et favorise les dépassements en terme de valeurs, d’éthique et des coutumes de la société marocaine. Le diktat de l’audience pousse les créateurs de contenu (texte, images ou vidéos) à aller encore plus loin et encore plus bas. «Même dans l’adversité absolue, l’opposition politique post indépendance, intense et parfois violente, était attachée aux intérêts supérieurs de la Nation» souligne Ahmed Charai dans un édito paru sur L’Observateur du Maroc et d’Afrique. «Ni Abderrahim Bouabid, ni Ali Yata, ni Bensaïd Aït Idder, unanimes sur la marocanité du Sahara, n’ont abandonné pour autant la lutte pour la démocratie et les droits de l’homme», rappelle-t-il. Et d’ajouter : «Aujourd’hui, les réseaux sociaux nous offrent un spectacle affligeant. Les néo-opposants sont désormais d’un autre genre. Il y a un flot d’inepties, de contre-vérités, d’ignorance qui circule et qui est piteux». A qui incombe la responsabilité ? M. Charai pointe du doigt «l’inertie des Oulemas, l’inconscience des politiques et le silence des intellectuels».

Quand est-ce que s’arrête l’opposition constructive et quand est-ce que commence l’adversité destructive ? Quand est est-ce que un Youtubeur passe du statut de créateur de contenu, à activiste puis à opposant politique rémunéré par Adsense ? Un Rubicon qu’on peut aisément franchir depuis l’avènement des réseaux sociaux.

Dans un édito publié sur L’Observateur du Maroc et d’Afrique en date du 07 mai 2021 au titre : «Opposition low-cost», Ahmed Charai analyse les dérives de cette nouvelle opposition numérique.

«Le Maroc est un pays où la vie politique post indépendance a été intense et parfois violente. Mais nous avions une opposition qui avait un projet sociétal, politique», écrit M. Charai.

Même dans l’adversité absolue, cette opposition était attachée aux intérêts supérieurs de la Nation. La question du Sahara qui a enclenché une unanimité qui a permis la récupération des territoires du Sud est le fruit de cette osmose patriotique. Mais ni Abderrahim Bouabid, ni Ali Yata, ni Bensaïd Aït Idder n’ont abandonné la lutte pour la démocratie et les droits de l’homme, atteste M. Charai.

Aujourd’hui, poursuit-il, les réseaux sociaux, mais pas uniquement, nous offrent un spectacle affligeant. Les opposants d’aujourd’hui sont désormais d’un autre genre. Il y a un flot d’inepties, de contre-vérités, d’ignorance qui circule et qui est affligeant.

L’autre problématique devenue persistante est celle relative aux accointances que peuvent développer ces néo-opposants avec des puissances étrangères. Dans le vacarme des attaques et des contrattaques, des accusations qui fusent de part et d’autre, il est devenu difficile de démêler le vrai du faux, le patriote du traitre.

«Certains cherchent l’appui de l’étranger, du statut de réfugié, se mettant au service de volontés d’influence externe. C’est juste désolant. Ces épiphénomènes cachent un environnement plus important, celui de l’intolérance, y compris chez les pseudo-opposants» s’indigne Ahmed Charai.

Terrorisme intellectuel

La néo-opposition numérique n’est pas seulement des prises de positions politiques contre les institutions du pays mais surtout un référentiel sémantique violent, et un étiquetage destructeur.

«Cela pourrit le débat public» se désole M. Charai. «Des gens craignent de prendre la parole et de se voir livrés à cette vindicte fascisante. Du coup, les débats fondamentaux disparaissent, qu’ils soient politiques, sociaux, ou sociétaux, par peur des campagnes haineuses, construites autour du vide» alerte-t-il.

«Le drame est endogène. Dès qu’un Alem s’émancipe de leurs théories ignares, il est l’objet de fatwas takfiristes; dès qu’un journaliste défend des positions rationnelles, il est accusé de travailler pour les services secrets, « l’horrible » Makhzen. Les partis politiques ne sont pas mieux traités, même dans leur diversité.» affirme l’éditorialiste.

«C’est un véritable terrorisme intellectuel qui agit sur la toile. Mais il n’aurait aucune chance, s’il y avait une réaction pour défendre le débat public, les vrais idéaux démocratiques», soutient-il.

Responsabilité historique des oulémas, partis politiques et intellectuels

«Les oulémas, y compris ceux grassement payés par le contribuable, ne réagissent qu’à la demande. Les partis politiques préfèrent ignorer ces phénomènes qu’ils considèrent marginaux. Quant aux intellectuels, ils sont aux abonnés absents» fustige l’analyste.

M. Charai insiste sur l’obligation de défendre de la liberté d’expression : « Il y a bien évidemment des youtubeurs et des youtubeuses qui sont attachés à leur pays, dont on peut ne pas toujours partager la pertinence des points de vue, mais dont il faut absolument défendre la liberté d’expression».

«Les élites marocaines ont le choix entre défendre un projet sociétal, bâti autour de consensus nécessaires et de divergences clairement identifiées, ou se soumettre aux diktats d’incultes qui font du bruit sur la toile». a-t-il conclut.

Ahmed Charaï : Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez «a échoué sur tous les plans»

/

Rien ne va plus au sommet de l’Etat espagnol, au point de menacer le fragile équilibre politique et social, difficilement trouvé après les tensions entre Madrid et les séparatistes au pouvoir en Catalogne qui ont plongé le pays durant plusieurs mois dans sa plus grave crise politique depuis son retour à la démocratie en 1977. Tous les doigts pointent vers le premier ministre, Pedro Sánchez, pour l’inertie pathologique qui caractérise son action gouvernementale. Les médias espagnols n’hésitent plus à qualifier ses échecs à répétition «d’humiliation» de toute l’Espagne. Dans son édition du 15 avril, le journal espagnol ABC a fustigé la communication triomphaliste de Pedro Sánchez dans un édito au titre sans équivoque : « Un échec dramatique ». «Cette exaltation exagérée du premier ministre sur la IIe république est une fumisterie», a écrit le journal. Et de rajouter « Une fois de plus Pedro Sánchez revendique comme un succès une expérience politique qui s’est malheureusement soldée par un échec dramatique, la droite comme la gauche ayant violé les lois-mêmes de la République». Le premier ministre espagnol a aussi failli à maitriser sa coalition gouvernementale. A ce titre, il a été incapable de gérer la crise des scandales liés à la fortune cachée de l’ex roi Juan Carlos. Donnant ainsi l’occasion au leader de Podemos et ses proches de ressortir le drapeau républicain et d’attaquer la royauté, ravivant les ambitions des mouvements séparatistes. La contre-performance de Pedro Sánchez a également touché les relations maroco-espagnoles. «Le Premier ministre espagnol a plusieurs fois rappelé la profondeur des relations entre le Maroc et l’Espagne, et pourtant il a échoué sur tous les plans», analyse Ahmed Charai dans un article publié sur le journal espagnol La Razón ce mardi 27 avril. L’éditorialiste marocain, a mis le doigt sur le mal qui ronge l’action du Pedro Sanchèz : «l’immobilisme». M. Charai décrit une forme de torpeur qui caractérise l’action du responsable espagnol vis-à-vis le Maroc et qui s’étend à tous les niveaux, diplomatiques, économiques et sécuritaires. «Une déception», s’est-il désolé.

Premier partenaire commercial du Royaume, partenaire privilégié en matière de contrôle de sécurité et de l’immigration clandestine, l’Espagne a su entretenir durant des années une confiance mutuelle et installer une coopération multidimensionnelle avec son voisin du sud. Un modèle dans tout le pourtour méditerranéen.

Toutefois cette dynamique positive et créatrice de valeur semble s’estomper jour après jour, et ce depuis la montée au pouvoir de Pedro Sánchez.

En effet, dans un article paru ce mardi 27 avril sur le journal espagnol La Razon, Ahmed Charai a décortiqué l’action du premier ministre ibérique en ce qui concerne les relations bilatérales entre le Maroc et l’Espagne. D’emblée, il plante le décor : «Le Premier ministre espagnol a plusieurs fois rappelé la profondeur des relations entre le Maroc et l’Espagne, et pourtant il a échoué sur tous les plans. La relation entre les deux pays est arrivée à une situation de tension, qui finira certainement par s’apaiser, parce que les intérêts des deux peuples l’imposent».

Il faut dire que les dossiers brulants s’accumulent sur le bureau du premier ministre espagnol, suscitant agacement et colère de son partenaire du sud : 1) Gèle des réunions de haut niveau entre les deux pays; 2) Mutisme sur les développements historiques du dossier du Sahara; 3) Silence radio sur le lancement du chantier des applications industrielles et pharmaceutiques du cannabis; 4) Indifférence sur la coopération sécuritaire et la coordination sur les sujets communs des mouvements séparatistes.

Reconnaissance US de la souveraineté du Royaume sur son Sahara : une inertie incompréhensible et un manque de courage politique manifeste

Le gouvernement Sanchez brille par son immobilisme sur l’affaire du Sahara, affirme Ahmed Charai.

«Après la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine, les diplomaties européennes font, discrètement, pression pour aller vers la solution d’une autonomie large, dans le cadre de la souveraineté marocaine. Mais l’Espagne, on ne l’entend pas» révèle M. Charaï.

Et de poursuivre : «en sa qualité d’ancienne puissance colonisatrice, elle connaît l’histoire, elle sait que le Maroc s’est soulevé contre le projet franquiste de créer un Etat croupion au Sahara, et qu’il n’y avait pas de Polisario à l’époque. Madrid sait qu’elle n’a pas colonisé une terra nullius mais un territoire dont la population avait une allégeance à la monarchie marocaine».

M. Charai a tenu également à rappeler au lectorat initié du journal La Razon, des vérités historiques sur la marocanité du Sahara que le gouvernement et le peuple espagnol ne peuvent nier.

«Le Sahara faisait partie du territoire marocain avant la colonisation française et espagnole. Même pendant la période du protectorat espagnol, Tétouan était la véritable capitale du Sahara» a-t-il affirmé.

Cela est compréhensible car les Khalifas, précise M. Charai, les Caïds et les juges qui étaient à Tanger et à Tétouan avaient leurs adjoints respectifs à Tarfaya et à Laâyoune et toutes ces nominations dépendaient du Sultan du Maroc. Ils dépendaient du sultan parce que le territoire du Sahara faisait partie du Maroc.

En dépit de cette réalité factuelle, M. Charai, déplore l’immobilisme du premier ministre espagnol.

«Mais monsieur Sanchez a préféré l’immobilisme, parce qu’il a un allié encombrant, le parti Podemos, et qu’il préfère mettre la poussière sous le tapis», s’est-il indigné.

Traiter en catimini avec un criminel de guerre

Le criminel de guerre en question n’est autre que le dénommé Brahim Ghali, chef des séparatistes du Polisario, reçu et hospitalisé en catimini en Espagne après une négociation au plus haut niveau avec l’Algérie. Une information confirmée par La Razon dans son édition du lundi 26 avril.

«L’histoire de Brahim Ghali est controversée. Ce monsieur a certes le droit à des soins. Mais le fait que les autorités espagnoles acceptent un faux passeport, pour éviter que justice soit faite est une violation de l’Etat de droit», déplore Ahmed Charai.

«Les crimes dont Ghali et d’autres sont accusés sont le génocide, le meurtre, les blessures, le terrorisme, la détention illégale, la torture et les disparitions. Il a été convoqué à témoigner le 19 novembre 2016 mais ne s’était jamais présenté» a-t-il souligné.

Ce sont des faits graves qui ébranlent la crédibilité du gouvernement, poursuit M. Charai. «Il s’agit d’une atteinte à l’institution judiciaire espagnole et Sanchez devra en répondre devant ses concitoyens» assure-t-il.

M. Charaï rappelle que depuis 2012, il y a eu des actions contre une vingtaine de membres du Front Polisario devant la Cour nationale espagnole.

Sur les réseaux sociaux, la gestion de l’hospitalisation du chef des séparatistes a ridiculisé l’Espagne. «Ben Battouche», le nom d’emprunt utilisé par ce dernier est l’objet de toutes les moqueries. De plus les hashtags #Spain_Protect_Criminal et #GhaliGate ont touché pas moins de 2 millions de personnes sur Twitter et Facebook. Un badbuzz inédit dans l’histoire du pays.

Incapable de maintenir la tenue des réunions de haut niveau avec le Maroc

«Sur le plan économique, rien ne bouge non plus» souligne Ahmed Charai. Certes la crise sanitaire est passée par là mais la déficience politique est claire et son effet sur les échanges économiques se ressent déjà par la communauté des affaires.

D’ailleurs, Le premier ministre espagnol a été incapable de fixer un calendrier de l’un des rendez-vous clés pour dynamiser les relations entre les deux pays, à savoir la réunion de haut niveau entre les deux pays.

«Ce dangereux immobilisme est tel que le Groupe parlementaire du Parti populaire (PP) s’en inquiète et vient de demander aux autorités espagnoles de convenir, en urgence, avec le Maroc d’une date pour la tenue de la réunion de haut niveau entre les deux pays.» note M. Charaî.

Les parlementaires espagnols, poursuit-il, rappellent au président Sánchez le rôle qu’il pourrait jouer dans la question du Sahara. Ils regrettent aussi qu’il n’ait pas encore échangé avec Joe Biden. Depuis son élection, le président américain s’est déjà entretenu avec 23 dirigeants étrangers, mais pas avec le président espagnol. Le Groupe parlementaire se demande alors si l’Espagne n’a pas déjà perdu son influence sur la scène internationale.

Selon Ahmed Charaï, l’immobilisme décrié fait également le lit des mouvements terroristes en nuisant considérablement à l’excellente relation liant les services espagnols à leurs homologues marocains.

«C’est d’ailleurs grâce à cette relation exemplaire que des actes terroristes ont pu être évités sur le sol espagnol, mais Pedro Sánchez semble l’oublier», s’alarme-t-il.

Légalisation du cannabis, Pedro Sánchez tourne le dos à une révolution économique et sociale

Alors que le Maroc s’est engagé sur la voie du cannabis médical, une révolution sociale, culturelle et économique dans le pays, le premier ministre espagnol est aux abonés absents.

«Même sur des questions plus terre à terre, le président espagnol n’est pas au rendez-vous. Le Maroc autorise les applications industrielles et pharmaceutiques du cannabis, cela résout le problème des agriculteurs du Rif et contribue à éloigner les trafiquants de la ressource.», souligne Ahmed Charai.

«On aurait pu imaginer un enthousiasme de Madrid en faveur des entreprises espagnoles. Nada !»

Soutenir l’émiettement du Maroc m’est insupportable!

Ahmed Charai

Combattre le séparatisme à la catalogne et encourager le séparatisme au Rif et au Sahara, une aberration espagnole

Alors que la crise catalane continue de miner l’unité espagnole et tout son équilibre politique, le gouvernement Sanchez semble garder un relent du passé colonisateur de son pays en encourageant ou en laissant faire ce qu’il craint et combat quotidiennement sur son territoire. Une attitude qui ne passe plus au Maroc ni ailleurs.

A ce sujet, Ahmed Charaï, a troqué sa casquette d’observateur et d’analyste politique pour celle de patriote et de citoyen marocain, défenseur des intérêts et de l’unité de son pays.

M. Charaï fera le parallèle entre le mouvement séparatiste de la catalogne qui assoit sa légitimité sur une volonté populaire manifeste et celui du Rif marocain.

«Le Rif qui a certes connu des mouvements de protestations, mais ont été d’ordre socio-économiques. C’est un cas avéré de mauvaise gestion et de l’échec de la régionalisation sans ressources humaines adéquates. Quatre ministres ont été limogés par le Roi Mohammed VI parce que leur département n’a pas suivi les objectifs annoncé», a-t-il rappelé.

«Mais, dans ce magma il y a aussi des mouvements séparatistes, loin d’être majoritaires mais qui existent», reconnait Ahmed Charaï, avant de conclure : «J’ai défendu l’unité de l’Espagne contre le séparatisme catalan, qui bénéficie, lui, d’un vrai soutien des électeurs, voire des médias espagnols. Soutenir l’émiettement du Maroc m’est insupportable».

Qui est Roy Shaposhnik, l’israélien qui a compromis le demi-frère du roi Abdallah II

/

C’est l’homme le plus googlé de la soirée du dimanche de Pâques. Roy Shaposhnik, est l’israélien qui a été accusé par le gouvernement jordanien d’être impliqué dans l’affaire de déstabilisation de la sécurité du Royaume Hachémite. Amman a fait fuiter plus tôt dans la journée, l’identité et la fonction de celui qui a proposé une opération de l’exfiltration de la famille du demi-frère dissident du Roi, Hamza ben Hussein. C’est agent du Mossad écrit le journal proche des services de renseignement jordanien, Ammon. Roy Shaposhnik, décide de sortir de l’ombre et répond à ces accusations en publiant un communiqué sur Associated Press et en répondant aux questions de son compatriote le journaliste Ravid Barak. «Oui j’ai contacté mon amie la Princesse Basmah Bani Ahmad. Non je ne suis pas un agent du Mossad», a-t-il déclaré. Mais qui est ce fameux Roy Shaposhnik dont l’appel téléphonique a compromis davantage Hamza ben Hussein?

Roy Shaposhnik, un soldat de Tsahal, qui pilonnait avec sa Merkava les positions du Hezbollah durant la deuxième guerre du Liban en juillet 2006

Parmi les rares traces sur la toile de Roy Shapshnik figure un interview qu’il avait donné à la presse le 14 août 2006, commentant la «défaite» israélienne face au Hezbollah dans la guerre de Juillet de la même année. Il était soldat réserviste et était âgé de 27 ans.

« « Nous sommes un peu confus car nous n’avons rien obtenu du tout du cessez-le-feu« , a déclaré le lieutenant de l’armée israélienne Roy Shaposhnik, 27 ans, réserviste, appelé la semaine dernière avec son ancienne unité de chars. « Je pense que c’est la première fois qu’Israël perd une guerre. » », peut-on encore lire sur des journaux américains du 14 août 2016 tels que The Miami Herald ou The Sacraento Bee.

Le journal local américain MCCLATCHY WASHINGTON BUREAU publiera pour sa part l’intégralité de son témoignage au sujet de cette guerre :

« Les Israéliens interrogés le long de la frontière nord ont offert un mélange de perplexité et de colère face à ce que le pays avait tiré d’un mois de guerre déclenché le 12 juillet par la capture par le Hezbollah de deux soldats en Israël.

« Nous sommes un peu confus parce que nous n’avons rien obtenu du tout du cessez-le-feu« , a déclaré le lieutenant de l’armée israélienne Roy Shaposhnik, 27 ans, réserviste appelé dans la semaine dernière avec son ancienne unité de chars. « Je pense que c’est la première fois qu’Israël perd une guerre. »

(…) Shaposhnik a déclaré qu’Israël n’aurait pas dû accepter un accord qui n’incluait pas le retour des deux soldats, qui ont été arrachés lors d’une audacieuse incursion du Hezbollah lors de leur dernier jour de service de réserve.

« Personne ne veut entrer au Liban, mais si vous y réfléchissez, nous avons eu plus de 30 jours de combats et je ne peux pas vraiment comprendre ce que nous avons accompli« , a-t-il déclaré. »

Le témoignage du soldat Roy Shaposhnik qui exprimait les fractures au sein de l’armée israélienne après la décision du cessez le feu, ne figure nul part sur la presse israélienne.

Après la guerre, le dialogue avec les palestiniens

Roy Shaposhnik reparait dans la presse deux années plus tard. Il a laissé tombé son treillis et a rejoint Kadima, le parti d’Ariel Sharon, de Tzipi Livni et d’Ehud Olmert alors premier ministre.

Shaposhnik participait en 2008 à une réunion de jeunes dirigeants politiques européens, israéliens et palestiniens qui ont travaillé ensemble au Parlement européen du 25 au 28 mai 2008. Il représentait de la délégation israélienne et donnera la déclaration suivante à l’issue de ce meeting : « des questions normalement non soulevées ont été débattues, telles que les options pour Jérusalem

Sur son compte Linkedin, on apprend qu’à cette période il occupait le poste de Conseiller principal au bureau du Premier ministre Ehud Olmert. Il était en charge entre autres de l’élaboration d’initiatives de coopération internationale avec les pays voisins «dans la poursuite du développement économique en tant que moteur de la stabilité régionale». C’est dire que les Abrahams Accords sont le fruits d’une stratégie qui ne datait pas d’hier!


Lire aussi : Gouvernement jordanien : des puissances étrangères manipulaient le demi-frère du Roi Abdallah II


Retour sur le terrain de la guerre en tant Conseiller stratégique d’Erik Prince, fondateur de la controversée armée privée Black Waters

Sentant la fin d’Ehud Olmert, le jeune Roy Shaposhnik, probablement initié, se décide de se focaliser à 100% sur l’Afrique. Il crée alors une société de relations publiques «Faith Based Endeavours», littéralement «Efforts basés sur la foi».

Selon sa présentation sur Linkedin, FBE Ltd. est un « cabinet de conseil international dont l’objectif est de permettre un développement commercial de qualité dans le monde avec un accent sur l’Afrique, tout en adhérant à des normes morales élevées». Depuis 2008, FBE aide les clients de divers secteurs à naviguer dans les environnements politiques, commerciaux et médiatiques souvent difficiles de l’Afrique subsaharienne.

En 2011, il crée une deuxième société RS Logistical Solutions Ltd. (RSLS) qui opère dans les domaines de l’assistance vie et mission, de la logistique, de l’aviation et de l’assistance en escale, des relations gouvernementales et de l’intelligence d’affaires. RSLS intervient dans divers territoires, notamment en Afrique de l’Ouest, en Israël, en Palestine et aux États-Unis.

Derrière ces activités affichées sur Linkedin, les digital footprints de Roy Shaposhnik révèlent une autre discrète activité, que l’intéressé n’a pas caché dans sa déclaration de ce dimanche au journaliste Ravid Barak. Shaposhnik est un proche collaborateur d’Erik Prince, fondateur de l’armée privée Black Waters, accusés de crimes contre l’humanité durant la guerre du Golfe.

Erik Prince, ancien membre de la Navy SEALs, la principale force spéciale de la marine de guerre des États-Unis, a fondé en 1997 une société militaire privée américaine qui portera le nom de Blackwater. Empêtrée dans le meurtre de civils iraquiens elle sera rebaptisée XE Services en 2009.

Aujourd’hui la société a plusieurs visages et plusieurs noms, Academi, Constellis Group et Oliv group.

Olive Group, vaisseau amiral d’Erik Prince a installé son siège social à Abu Dhabi. Ami intime de Mohammed ben Zayed, l’ancien marine est considéré comme le véritable ministre de Guerre du prince héritier émirati.

Conseiller de l’ombre de Donald Trump, il a été associé entre autres par le FBI au piratage des comptes d’Hillary Clinton et aux contacts secrets entre le président sortant et Vladimir Poutine. D’ailleurs, les anciens collaborateurs de Blackwater, impliqués dans les meurtres d’Irakiens en 2007 ont été gracié fin décembre par Trump. L’un de ces gardes de sécurité, Nicholas Slatten, a été condamné à une peine de prison à vie.

C’est chez Constellis Group, société mère d’Oliv Group, que Shaposhnik a trouvé sa place en tant que Conseiller stratégique. Son terrain d’action était essentiellement en Irak.

Dans le cadre d’un effort américain pour promouvoir le développement économique en Irak et obtenir une influence dans le pays après la fin de la lutte contre l’État islamique, le gouvernement américain a aidé à négocier un accord entre l’Irak et Oliv Group d’Erik Prince, pour établir et sécuriser la première autoroute à péage du pays.
Des soldats Constellis Group devant l’ambassade américaine, à Bagdad, en Irak, le mercredi 1er janvier 2020, sécurisant le bâtiment assiégé par des manifestants pro-iraniens. (Photo AP / Nasser Nasser)

Fournisseurs de services au département d’Etat américain et à Erik Prince

Sous la casquette RS Logistical Solutions, Roy Shaposhnik a fourni durant des années des services au Département d’État américain et à d’autres gouvernements du monde entier.

Il ne cache pas d’ailleurs avoir eu comme client Olive Group d’Erik Prince qui formait des soldats irakiens en Jordanie.

«C’est à ce moment-là qu’il a rencontré le prince Hamzah par l’intermédiaire d’un ami commun. Le couple et leurs familles sont devenus des amis proches.», révèle en exclusivité Ravid Barak.

Et parait-il c’est dans ce cadre qu’il a noué son amitié avec l’ancien prince héritier de Jordanie, Hamza ben Hussein.

Après la logistique dans les territoires de guerre, la cybersécurité dans les Balkans

Le 15 septembre 2020, Roy Shaposhnik se laisse prendre en photo dans le bureau du Ministre du développement scientifique et technologique, de l’enseignement supérieur de Bosnie-Herzégovine, le serbe Milorad Dodik.

Shaposhnik représentait la société israélienne «ELTA Systems» à l’occasion de la signature d’une convention avec la république serbe de Bosnie visant à la création d’une académie de Cybersécurité à la capitale Banja Luka.

ELTA Systems, l’un des plus grands fabricants israéliens de radars, de systèmes basés sur des capteurs électromagnétiques, d’autres types d’équipements militaires et des fournisseurs de services de surveillance électronique et de cybersécurité et de défense, s’est engagée à former des profils de cybersécurité et de défense.

ELTA est une branche du groupe Israel Aerospace Industries (IAI), leader mondial dans le développement et la mise en œuvre de cyber-systèmes nationaux. Chef de file d’IC3, le consortium israélien des entreprises cybernétiques, et d’IAC3, le consortium israélien des cyberentreprises aéronautiques, tous deux créés sous les auspices du ministère israélien de l’Économie.

Sur la photo (de droite à gauche): Roy Shaposhnik, Elta, Milorad Dodik, président de la Bosnie-Herzégovine, et Srdan Rajcevic, ministre du Développement scientifique et technologique.

Par instruction du Mossad ou par pure amitié, l’appel téléphonique Shaposhnik a enfoncé davantage le prince dissident

Après la lecture de ce CV particulièrement fourni, il serait naïf de croire que M. Roy Shaposhnik est une personnalité ordinaire. Ancien soldat, ancien homme politique et homme de contacts et de logistique opérant dans les endroits les plus dangereux du monde sait très bien ce qu’il fait.

Qu’il soit agent du célèbre Mossad ou pas n’est pas important. Lieutenant réserviste, il répondra toujours présent aux sollicitations de son pays.

L’appel téléphonique, qu’il a reconnu, à l’épouse du prince jordanien accusé de comploter contre son pays a davantage compromis son ami. Une communication présentée comme preuve de trahison suprême et d’intelligence avec «l’ennemie» dans un pays peuplé à 75% de palestiniens.

Un appel qui a également impliqué l’Etat hébreux et ses services de renseignement, mettant en équation les avancées enregistrées durant l’année écoulée sur le plan de la confiance entre les pays arabes et Israël.

Gouvernement jordanien : des puissances étrangères manipulaient le demi-frère du Roi Abdallah II

/

Le vice-Premier ministre jordanien Ayman Al-Safadi, a déclaré dans une conférence de presse tenue ce dimanche à Amman que les services de renseignement ont intercepté des communications entre le prince Hamza et des parties étrangères qui annonçaient «l’heure zéro». Un ancien haut responsable jordanien pointe du doigt Israël.

Que se passe-t-il ?

Le gouvernement jordanien a organisé une conférence de presse à Amman, vingt-quatre heures après l’opération sécuritaire menée sur le territoire du Royaume Hachémite qui s’est soldée par l’arrestation de seize personnes en plus de deux membres de la famille royale, le demi-frère du roi Abdallah II et ancien prince héritier, Hamza ben Hussein et son cousin par alliance, Charif Hassan ben Zaid.

C’est le ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre jordanien Ayman Al-Safadi qui a été désigné pour mettre fin à la cacophonie qui a secoué toute la région suite aux rumeurs de coup d’Etat contre le Roi Abdallah II.

Les deux vidéos publiées dans la soirée du samedi par le principal protagoniste dans cette affaire, l’ancien prince héritier, Hamza ben Hussein, dénonçant la corruption et la mauvaise gestion du pays et réfutant toute tentative de déstabilisation du Royaume, ont compliqué davantage la lecture de la situation politique et sécuritaire du pays.

Ce que nous devons retenir de la version officielle de la Jordanie :

  1. Le demi-frère du roi Abdallah II et ancien prince héritier, Hamza ben Hussein est bel et bien impliqué dans un complot de déstabilisation du Royaume hachémite.
  2. Il n’y a pas eu de coup d’Etat mais une préparation de complot de déstabilisation qui a été tué dans l’œuf.
  3. En raison de la sensibilité de la position du prince Hamza ben Hussein, le Roi Abdallah II souhaite régler cette affaire en famille mais n’exclue pas d’appliquer la loi à son encontre.
  4. La mouvement présidé par Hamza ben Hussein comprenait également, un autre membre de la famille royal, Charif Hassan ben Zaid et l’ancien chef de la cour royale jordanienne, Bassem Awadallah.
  5. Les protagonistes étaient sous surveillance depuis longtemps par les services de sécurité et les renseignement du pays.
  6. Informé des activités suspectes de son demi-frère, le roi Abdallah II a décidé de parler directement avec le prince Hamzah afin que l’affaire soit réglée au sein de la famille hachémite pour tenter de le décourager.
  7. Les services de renseignement ont intercepté des messages audios envoyés par l’ancien prince héritier à Bassem Awadallah qui s’apprêtait à quitter la Jordanie à bord d’un avion privé. Des messages envoyés à 2h:22.
  8. Les enquêtes auraient prouvé que des personnes proches du prince Hamza ont transmis des informations à des parties externes et à l’opposition basée à l’étranger. L’enquête a également noté des activités sociales du princes durant lesquels il incitait des membres des tribus jordaniennes à proférer des actes déstabilisant la sécurité et la stabilité du pays.
  9. Bassem Awadallah a noué des relations avec l’opposition installée à l’étranger et complotait pour affaiblir la stabilité de la Jordanie.
  10. Un agent du Mossad aurait contacté samedi soir l’épouse du prince héritier Hamzah ben Hussein.

La situation aujourd’hui en Jordanie et la suivante :

  1. L’ancien prince héritier Hamza ben Hussein est sous résidence surveillée avec sa femme et ses enfants. Il est privé de tout moyen de communication.
  2. Les deux principaux protagonistes et proches du prince Hamza, Sharif Hassan bin Zaid et Bassem Awadallah sont en prison ainsi que 14 à 16 autres personnes.
  3. Des rumeurs évoquent l’implication de généraux de l’armée.
  4. Le roi Abdallah II a eu un large soutien des États-Unis en premier lieu puis des principales capitales arabes.
  5. Le roi Mohammed VI a été le premier dirigeant à appeler son homologue Jordanie au téléphone.
  6. La Jordanie a informé Israël samedi soir que la situation sécuritaire était sous contrôle.

The Big Picture

Des médias israéliens avaient été les premiers a parlé d’un coup d’Etat avorté en Jordanie. Sur les réseaux sociaux, le disruptif influenceur israélien Edy Cohen, qui ne porte pas particulièrement le Roi Abdallah II dans son cœur, a influencé une grande partie des conversations en accentuant ses critiques envers le monarque.

https://twitter.com/EdyCohen/status/1378405383652392960
https://twitter.com/EdyCohen/status/1378684346622705664

Avant la conférence de presse tenue par Ayman Al-Safadi, l’opinion publique arabe qui s’est exprimée sur l’ensemble des réseaux, Twitter, YouTube ou Facebook, s’orientait vers une théorie complotiste qui voyait la main invisible des Emirats arabes unis et de l’Arabie Saoudite. Une théorie qui se base sur la proximité de l’état-major du complot mené par le prince Hamza, à savoir Charif Hassan bin Zaid et Bassem Awadallah avec l’entourage de MBS et MBZ.

Il est donc important d’en savoir un peu plus des deux acolytes du prince qui convoite le trône du Roi Abdallah II.

A gauche, Sharif Hassan bin Zaid et à droite, Bassem Awadallah deux personnalités jordaniennes accusées de tentatives de déstabilisation de l’Etat jordanien

Qui est Charif Hassan ben Zaid :

Sharif Hassan bin Zaid est l’un des «chorfas» de Hachémites. Descendant de la famille royale, Il est le fils de Sharif Hasan Ibn Zayd Al Nasser et réside en Arabie Saoudite dont il détient la nationalité en plus de sa nationalité jordanienne.

Charif Hassan occupait auparavant le poste d’envoyé du roi Abdallah II en Arabie saoudite.

Il est également le frère du capitaine Sharif Ali bin Zaid, tué en 2010 alors qu’il participait aux missions des forces armées jordaniennes en Afghanistan.

Qui est Bassem Awadallah

Bassem Awadallah, formé aux États-Unis, confident de longue date du roi, était un acteur clé dans l’élaboration de la politique économique du pays et a été chef de la Cour royale hachémite jusqu’à sa démission en 2008.

Banquier d’investissement de profession, il était considéré comme un économiste compétent, qui a accédé au poste de conseiller économique du Premier ministre dans les années 1990, après avoir obtenu un doctorat de la London School of Economics.

Il briguera rapidement des postes clés au sien du gouvernement jordanien, notamment celui de ministre du Plan et de la Coopération internationale en 2001 et celui de ministre des Finances en 2005, avant d’assumer des fonctions consultatives auprès de la cour royale.

Partisan des réformes économiques, Awadallah a longtemps été confronté à la résistance farouche d’une vieille garde et d’une bureaucratie enracinée qui a prospéré pendant des années grâce aux avantages du gouvernement.

Bassem Awadallah est également membre du conseil d’administration d’un certain nombre de sociétés ayant pignon sur rue aux Émirats arabes unis, au Bahreïn, en plus d’être le PDG de Tomoh Advisory, un cabinet conseil en finance et en stratégie basé à Dubaï. Ces dernières années, Awadallah est devenu un conseiller personnel du prince héritier saoudien Mohammad ben Salman.

Sur les réseaux sociaux de vieilles vidéos et de liens d’articles ont resurgis ces dernières vingt quatre heures dans lesquels Bassem Awadallah a été accusé d’avoir adopté des politiques financières qui ont nui à l’économie jordanienne au cours des 20 dernières années, y compris la privatisation d’un certain nombre d’entreprises publiques.

De plus, une vidéo est devenue virale depuis samedi du journaliste jordanien Nahed Hattar, assassiné en 2016, dans laquelle il accusait Awadallah d’être corrompu et d’être un agent d’Israël en Jordanie.

Netanyahu, Abdallah II : inimitié au grand jour

Les relations tendues entre Netanyahu et Abdallah II on éclaté au grand jour, quand le roi Hachémite a fait capoter LA visite historique sur laquelle comptait fortement le premier israélien pour sceller le résultat des quatrième élections législatives d’Israël. Après tous les efforts consentis et les risques pris par Bibi, quoique plus juste que de se prendre en photo aux cotés de MBZ brandissant aux israéliens le chèque de 10 milliards de dollars d’investissement émirati dans l’économie de l’Etat hébreux. C’était sans compter sur le volteface du Roi Abdallah II.

En effet, au moment du décollage du jet privé appartenant au «pote à Bibi», le milliardaire Udi Angel, les autorités jordaniennes lui refusent l’autorisation de survol de l’espace aérien du royaume hachémite. Un épisode qui suscité un tollé en Israël accusant le candidat Netanyahu de dilapider les succès géopolitiques des accords d’Abraham et d’utiliser le chef du Mossad sortant, Yossi Cohen, dépêché secrètement à Abu Dhabi pour organiser la rencontre, sans en informer le marocain Meir Ben-Shabbat, pour relancer sa campagne électorale.

Suite à cet incident diplomatique, la presse jordanienne se félicite ouvertement que le pays lui ait mis des bâtons dans les roues.

Dans la tête de Netanyahu, le Roi Abdallah II serait en partie responsable des difficultés dont il fait face aujourd’hui Netanyahu à former un gouvernement.

D’ailleurs, les israéliens se seraient impliqués dans cette affaire. En effet, selon les révélations du site jordanien d’intelligence Ammon de ce dimanche, un agent des renseignements israélien portant le nom de Roy Shaposhnik aurait proposé à l’épouse du prince Hamzah ben Hussein de l’exfiltrer de Jordanie vers Israël par voie aérienne.

Ce prétend agent aurait pris contact avec Princess Basmah Bani Ahmad, seconde épouse du Prince Hamza et lui aurait proposé de l’évacuer elle, ses enfant et son mari. L’information a été donnée au journal par une source jordanienne de haut rang.

Le même site web d’information, Ammon, citant un ancien Chef de cabinet royal jordanien, Jawad Anani, pointe du doigt Israël l’accusant d’être derrière le groupe Hamza ben Hussein.

Biden, Abdallah II : lune de miel

Un évènement majeur s’est produit ces dernières semaines en Jordanie et qui a soulevé des controverses dans le pays ce début de mois d’avril.

Le gouvernement jordanien a court-circuité le Parlement et approuvé un accord controversé signé entre la Jordanie et les États-Unis qui réglemente le statut des forces américaines présentes dans le royaume Hachémite.

En effet, le 31 janvier, la Jordanie et les États-Unis ont signé un accord de coopération en matière de défense. Il a été approuvé par le gouvernement jordanien le 17 février puis par un décret royal publié le 16 mars au Journal officiel, avec effet immédiat, sans être présenté au parlement ou à l’Assemblée nationale, qui est composée de la Chambre des représentants et le Sénat.

Les Jordaniens ont été choqués qu’un tel accord ait été approuvé quelques jours seulement après que le département d’État américain et l’ambassade américaine en Jordanie aient émis une alerte de niveau 3 le 10 mars, mettant en garde les citoyens américains contre les déplacements dans plusieurs endroits du royaume en raison du COVID-19. pandémie et les dangers de ce qu’elle a appelé «terrorisme et crime».

«L’accord vise à encadrer la coopération dans le domaine de la défense et à renforcer le soutien des Etats-Unis aux programmes de défense et à la sécurité et la stabilité du royaume grâce à l’obtention de formations et d’équipements militaires», avait déclaré à l’AFP le ministre des Affaires étrangères Ayman Safadi. Ce dernier a révélé également que les Etats-Unis fournissaient une aide militaire annuelle de 425 millions de dollars au royaume.

Les termes de l’accord publiés sur le site d’information jordanien Ammon, stipulent que «les forces américaines peuvent posséder et circuler avec des armes sur le territoire jordanien dans l’exercice de leurs fonctions».

L’accord précise que «les forces et le personnel américains, ainsi que leurs avions et navires sont autorisés à entrer et sortir librement sur le territoire jordanien et transporter et stocker leur équipement et matériel de défense».

The Bottom line

Clé de voute de la sécurité dans la région, la Jordanie sera-t-elle la clé de la nouvelle stratégie de Biden pour le Moyen-Orient.

Si on compile les éléments que nous avons à date d’aujourd’hui à savoir 1) distance assumée de Biden vis-vis Netanyahu et MBS; 2) nouveau pacte militaire avec la Jordanie; 3) Durcissement du langage avec la Russie; 4) Dialogue avec l’Iran, l’équipe diplomatique et de renseignement de Biden semble vouloir rebalancer les équilibres de force pour pouvoir négocier à armes égales avec l’écosystème Trump enraciné dans la région.

Il est possible que Biden ait remercié le Roi Abdallah II d’avoir assurer le passage en force au Parlement de la nouvelle loi favorisant la liberté de mouvement des forces américaines, en lui livrant sur un plateau d’or, son demi-frère qui aurait très probablement confié à Washington ses visées sur le trône de la Jordanie.

D’une pierre milles coups, Abdallah II s’est débarrassé également des deux personnalités devenues trop proches des régimes saoudien et émirati et qui pourraient se proposer comme alternative à une succession du pourvoir. Surtout que la Jordanie passe depuis 10 ans par des une multitudes de crises qui fragilisent mois après mois la position du Roi Abdallah II. De la crise syrienne, passant par le boycott du Qatar, l’impact des Accords d’Abraham sur les communautés palestiniennes et la terrible crise économique due au Covid.

GlaxoSmithKline dit que le «tsar du vaccin de Trump» est accusé de harcèlement sexuel

/

KEY POINTS :

  • Moncef Slaoui a été licencié ce mercredi de son poste de président du conseil d’administration de sa filiale Galvani Bioelectronics, une joint-venture avec Alphabet’s Verily.
  • Il est accusé de harcèlement sexuel et de conduite inappropriée à l’égard d’un employé alors qu’il dirigeait auparavant la recherche et le développement chez GSK jusqu’en 2017.
  • Une enquête menée par un cabinet d’avocats aurait corroboré les allégations, qui concernaient des incidents survenus il y a plusieurs années.

Que se passe-t-il ?

«Moncef Slaoui, devenu le tsar des vaccins de l’administration Trump, a été accusé de harcèlement sexuel et de conduite inappropriée à l’égard d’un employé pendant son séjour chez un fabricant de médicaments britannique» a écrit le Financial Times ce mercredi.

Le fabricant britannique n’est autre que GlaxoSmithKline (GSK) multinationale britannique, l’un des dix géants de l’industrie pharmaceutique mondiale. Lequel laboratoire a publié un communiqué de presse, disponible sur son site internet, qui confirme l’information du FT et annonce le licenciement de Moncef Slaoui.

«Le conseil d’administration de GlaxoSmithKline plc («GSK»), l’actionnaire majoritaire de Galvani Bioelectronics («Galvani»), a annoncé aujourd’hui le licenciement de Moncef Slaoui en tant que président du conseil d’administration de Galvani, avec effet immédiat» affirme le communiqué.

«Le licenciement fait suite à la réception d’une lettre contenant des allégations de harcèlement sexuel et de conduite inappropriée envers un employé de GSK par le Dr Slaoui, survenue il y a plusieurs années alors qu’il était employé de GSK», précise la même source.

Dès réception de la lettre, le conseil d’administration de GSK a immédiatement ouvert une enquête auprès d’un cabinet d’avocats expérimenté pour enquêter sur les allégations. L’enquête sur la conduite du Dr Slaoui a corroboré les allégations et se poursuit toujours, révèle le communiqué.

Dans les coulisses :

Selon le Financial Times, Emma Walmsley, PDG de GSK, a écrit une lettre aux employés disant que la société avait reçu en février dernier, un courrier détaillant les allégations de harcèlement sexuel contre Moncef Slaoui. Elle a dit dans sa lettre qu’elle était «choquée» et «en colère».

«Depuis février, les plus hauts responsables de notre entreprise s’efforcent de comprendre et de résoudre ce qui s’est passé», a-t-elle écrit. «La protection de la femme qui s’est manifestée et de sa vie privée a été une priorité essentielle tout au long de cette période. Cela va continuer. Je respecte et admire son courage et sa force. Ces derniers temps, j’ai passé de nombreuses nuits à me mettre à sa place. Plus que tout, cela n’aurait tout simplement pas dû se produire.»

Moncef Slaoui avec la directrice générale de Glaxo, Emma Walmsley, lors de la cérémonie d’ouverture du Slaoui Center for Vaccines Research à Rockville, en 2016

En quoi est-ce significatif ?

Moncef Slaoui a été choisi par Donald Trump pour diriger le programme gouvernemental américain Operation Warp Speed et réaliser ce qu’on croyait impossible: le développement d’un vaccin contre le Covid-19, en moins d’un an.

Le chercheur biologiste d’origine marocaine et ancien chef de la Recherche et Développement de GSK, devient après la fameuse conférence de presse aux côtés de Trump et Fauci, l’avatar de la course mondiale au vaccin, dopée par une collaboration inédite entre le secteur pharmaceutique, les scientifiques et les institutions publiques, financée par un budget de pas moins de 14 milliards de dollars.

L’opération Warp Speed ​​a été saluée comme un point positif dans la réponse de l’administration Trump à la pandémie de coronavirus. Un projet qui sera mis à la trappe après la prise de contrôle de l’administration Biden.

Le divorce brutale entre Dr Slaoui et GSK survient au moment où la guerre des vaccins a atteint à son paroxysme. Alors qu’AstraZeneca subit une pression mondiale suite à la polémique sur ses effets secondaires et son efficacité contre les variants et que Pfizer et Moderna continuent de fournir les américains et les israéliens, GSK a annoncé, le 22 février 2021, sa collaboration avec le laboratoire français Sanofi Pasteur pour développer un candidat-vaccin anti-Covid-19 fondé sur la technique de fabrication à base de protéines recombinantes. Ce vaccin devrait être disponible au quatrième trimestre de 2021.

Moncef Slaoui dont le nom est lié à vie au vaccin Moderna est devenu récemment le directeur scientifique de Centessa, un roll-up biotech créé à partir de 10 entreprises soutenues par Medicxi, une société européenne de capital-risque dont il est associé. Ni Centessa ni Medicxi n’ont répondu à une demande de commentaire.

Cette nouvelle voie choisit par Slaoui l’éloigne de GSK, qui ne va pas hésiter de profiter de ces graves accusations d’harcèlement pour dissocier définitivement le nom du chercheur marocain de celui de la multinationale britannique.

En effet, en déclarant dans un communiqué que le comportement de Slaoui était «totalement inacceptable» et en faisant appel à Grace Speights, associée du cabinet d’avocats Morgan Lewis, basé à Washington, pour diriger l’enquête, GSK annonce la couleur. Speights est connue pour son travail de haut niveau dans les affaires d’inconduite en milieu professionnel, en particulier à l’ère de #MeToo. D’ailleurs, la machine est déjà lancée, la société a annoncé :

  1. d’ores est déjà, que son centre de R&D sur les vaccins, ne porterait plus le nom de Slaoui.
  2. qu’elle examine également les stocks options de Slaoui, qui, l’année dernière, valaient environ 10 millions de dollars. Il avait précédemment refusé de les abandonner en rejoignant l’opération Warp Speed, arguant qu’il s’agissait de ses économies de retraite.
  3. le remplacement de Slaoui par Christopher Corsico, vice-président senior chez GSK et membre actuel du conseil d’administration de Galvani.

[Analysis Paper] Ahmed Charaï plaide pour une «Biden’s own policy» libérée des poids du passé

Depuis l’installation de Joe Biden à la Maison Blanche, le monde entier suit avec attention et souvent avec appréhension, les moindres paroles, faits et gestes du président américain mais aussi de sa task-force diplomatique. Si la Chine constitue une priorité géostratégique pour les États-Unis, c’est sur le Moyen-Orient que les projecteurs sont braqués. Biden découvre une région transformée mais dont le processus de reconfiguration n’est pas totalement abouti. Les décisions se font attendre et les quelques actions entreprises souvent timides accentuent l’inquiétude de par le monde. «Biden est tiraillé par son positionnement électoral anti-Trump, par l’ombre persistante de Barack Obama et par le risque de reconduction de solutions peu adaptées au contexte actuel», analyse Ahmed Charaï dans deux éditoriaux publiés sur les prestigieuse revues américaines, National Interest et The Hill. Par ailleurs, International Crisis Group, ONG internationale à but non lucratif, dont la mission est de prévenir et d’aider à résoudre les conflits meurtriers grâce à un travail de recherche sur le terrain, des analyses et des recommandations indépendantes, et dans laquelle siège M. Charaï, a disséqué pour sa part les dernières évolutions du dossier du Sahara appelant un réengagement de l’administration Biden. Ces réflexions et productions intellectuelles «dépassionnées» est un apport important à la compréhension des enjeux géostratégiques dans notre région du monde.

  1. Ahmed Charai a publié un analysis paper sur la revue américaine «The Hill» dont laquelle il met en gade sur le risque d’une politique de Biden au Moyen-Orient marquée uniquement par de l’anti-trumpisme et/ou d’une répétition de celle d’Obama.
  2. Sur The National Interest, M. Charaï réalise une monographie de l’équipe diplomatique de Joe Biden, met en avant sa compétence incontestée et s’interroge sur le poids de son expérience passée dans ses décisions futurs concernant le Moyen-Orient.
  3. M. Charaï estime que se contenter uniquement de faire le contraire de l’administration Trump, risque de faire reculer certaines réalisations positives et d’affaiblir les États-Unis aux yeux du monde.
  4. L’éditorialiste note que la guerre au Yémen s’est nourrie des excès des deux administrations antérieures. Il s’interroge par ailleurs sur l’efficacité de la décision de retirer les Houthis de la liste des organisations terroristes du département d’État américain.
  5. Tout en reconnaissant une certaine témérité de MBS qui s’est manifestée tragiquement au Yémen ainsi que sur sa «responsabilité morale» concernant le meurtre de Khashoggi, M. Charai met en garde sur la volonté américaine de «réinitialisation» de l’Arabie Saoudite. Une pression excessive qui la pousserait à se tourner vers Moscou et Pékin.
  6. Au sujet des accords d’Abraham, l’éditorialiste présente le rapprochement entre Israël et les E.A.U comme une fusion de deux écosystèmes, donnant lieu à un modèle de modernité, d’économie diversifiée et de tolérance interreligieuse
  7. Sur le dossier du Sahara, les experts de l’International Crisis Group excluent tout revirement de Biden sur la reconnaissance de l’administration sortante de la souveraineté pleine et entière du Maroc sur le Sahara.

Le plus grand défi de l’équipe de politique étrangère de Biden: peuvent-ils adapter les solutions de leur expérience antérieure sans y être piégés?

Ahmed Charaï : «L’équipe de politique étrangère de Joe Biden est la plus expérimentée réunie par n’importe quel président»

«Les partisans de Joe Biden ont l’espoir que la nouvelle politique étrangère soit équivalente à une troisième administration d’Obama. La nomination d’anciens de l’équipe du prédécesseur de Trump semble répondre à cette aspiration.» écrit Ahmed Charaï dans The The National Interest.

En effet, à Washington il y a un courant qui pousse le candidat puis le président Biden à s’inscrire dans un projet global de revenir au statu quo ante pré-Trump, celui d’Obama.

«Un danger» selon M. Charaï qui y voit un gaspillage inutile d’énergie et de temps. «Le monde n’est pas resté immobile de 2016 à 2020, de nombreuses réalités fondamentales et vérités de terrain ont complètement changé» a-t-il écris sur «The National Interest».

L’éditorialiste marocain s’inscrit donc en faux à cette projection simpliste qui réduirait le Président Biden en un intendant de son ancien patron. « C’est oublier qu’Obama était la recrue politique et son vice-président le Washingtonien aguerri », rappelle M.Charaï.

Et d’ajouter « L’hypothèse selon laquelle les anciens piliers d’Obama qui ont été reconduit sous Biden, pousseraient à adopter les mêmes politiques, faisant fi des leçons du passé, est très peu envisageable. Des diplomates chevronnés comme Bill Burns et Tony Blinken et des professionnels de la sécurité et du renseignement comme Jake Sullivan et Avril Haines ont tous un point commun: une carrière d’ouverture et d’évolution».

«Biden dispose de l’équipe de politique étrangère la plus expérimentée jamais réunie par n’importe quel président», reconnait M. Charaï. Une dream team qui est désormais confrontée à plusieurs dossiers brûlants, notamment au Moyen-Orient : l’Iran, le Yémen, l’Arabie Saoudite et les accords d’Abrahams.

« Le monde a radicalement changé au cours des quatre dernières années, peut-être plus qu’au cours des trente dernières années. Le plus grand défi de l’équipe de politique étrangère de Biden: peuvent-ils adapter les solutions de leur expérience antérieure sans y être piégés? » s’interroge notre éditorialiste.

Homme d’état aguerri et pragmatique, Biden peut façonner sa propre politique étrangère libérée des poids du passé

«La plus grande source de préoccupation réside dans la question de savoir si le mépris pour l’héritage de Trump devient le propre guide de l’administration Biden» alerte Ahmed Charaï. « Faire le contraire de l’administration qu’elle a vaincu, risque de faire reculer certaines réalisations positives et d’affaiblir les États-Unis en montrant au monde que leurs politiques ne durent pas», poursuit-il dans son éditorial paru sur The Hill.

Selon notre analyste, au milieu des crises internationales en cascade, la nouvelle direction doit tenir compte de tous les précédents valables sans se soucier de qui les a créés, trouver des moyens d’en assurer la continuité lorsque cela est possible et tracer une voie parfaitement adaptée au moment.

M. Charai reconnait que cet exercice d’équilibriste est peu enviable. Certes, poursuit-il, les engagements envers les alliés étrangers et les promesses aux partisans américains peuvent parfois se heurter, mais d’innombrables amis des États-Unis à travers le monde pensent que Biden et son équipe sont à la hauteur du défi.

Hier comme aujourd’hui, Biden possède toute une vie d’expérience et de leadership. Le président américain a un esprit qui lui est propre, écrit M. Charaï.

Les chantiers brûlants qui attendent le président Biden au Moyen-Orient

Dans son argumentaire, le président du groupe média GMH a identifié et disséqué 4 dossiers brûlants sur le bureau de Joe Biden.

1. L’Iran : devrions-nous réduire les problèmes avec l’Iran au seul problème nucléaire ?

«Certes, l’Iran est un grand pays, une grande civilisation avec laquelle il faudrait négocier, mais devrions-nous réduire les problèmes avec l’Iran au seul problème nucléaire?», s’est interrogé Ahmed Charaï sur les colonnes de «The National Interest» au sujet de l’Iran, premier dossier traité par la nouvelle administration Biden.

L’Iran est un problème difficile, poursuit l’éditorialiste. Les responsables américains devront d’abord affronter l’avenir de l’accord nucléaire, mais tôt ou tard, Téhéran et Washington devront parler de la poussée expansionniste de l’Iran dans la région au sens large et de ses missiles balistiques.

Biden a la possibilité de tirer profit des deux politiques de ses prédécesseurs, «pression maximale» de Donald Trump et «l’accord sur le nucléaire» d’Obama.

«Si Washington renouvelle la diplomatie directe ou négociée par l’Europe avec Téhéran, les leçons de deux administrations appellent à une nouvelle approche holistique» écrit Ahmed Charaï.

«Les démocrates estiment que la politique de Trump n’a pas dissuadé les iraniens de construire leur bombe, n’empêche que celle d’Obama n’a fait qu’encourager les milices par procuration iraniennes disséminées dans toute la région créant une vive tension chez les alliés vitaux des États-Unis» analyse M. Charaï.

«Israël, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis restent méfiants à l’égard des intentions de l’Iran. Ils ont d’ailleurs signifié qu’ils ne seraient ouverts à un accord avec l’Iran que s’il allait bien au-delà du précédent – régulant son programme de missiles balistiques, son ingérence dans d’autres pays, et les milices qu’il soutient en Irak , au Liban, au Yémen et ailleurs, en plus de son programme nucléaire.» souligne M. Charaï.

«A ce titre, les États-Unis devraient faciliter et soutenir la maîtrise de l’Iran et ses proxys au Moyen-Orient en limitant leurs missiles grâce à un contrôle régional des armements et à la construction d’une architecture de sécurité régionale.» recommande M. Charaï.

2. Yémen : S’attendre à une solution facile, basée en grande partie sur les compromis américains et alliés, est une erreur

Biden a raison de vouloir mettre fin à la misère humaine au Yémen, reconnait M. Charaï. Plus d’un quart de la population nationale est déplacée. La maladie et la faim frappent les survivants de l’un des conflits les plus brutaux de la région depuis la guerre Iran-Irak des années 80.

«Mais en retirant les Houthis de la liste des organisations terroristes du département d’État américain, qu’ont-ils fait en réponse? Les rebelles houthis ont poursuivi leur offensive, mettant en péril plus d’un million de personnes, dont beaucoup étaient déjà déplacées ailleurs au Yémen, et menaçant de nouvelles catastrophes humanitaires.» s’est désolé l’éditorialiste.

S’attendre à une solution facile, basée en grande partie sur les compromis américains et alliés, est une erreur, estime M. Charaï. Ce que l’équipe chevronnée de Biden doit faire, c’est définir une position commune entre les alliés de l’Amérique et s’y tenir simplement, recommande-t-til. Finalement, l’Iran se lassera de financer sa coûteuse guerre au Yémen.

3. Arabie Saoudite : «Froideur» d’Obama, «Etreinte sans précédent» de Trump et «opération réinitialisation» de Biden

Le royaume pétrolier est un allié fidèle des États-Unis depuis près de cent ans, écrit Ahmed Charaï sur The National Interest. Ce n’est pas le pétrole qui a scellé cette alliance, mais le temps et des objectifs communs. Cependant, avoir des objectifs partagés ne veut pas nécessairement dire avoir des valeurs partagées.

«La témérité du prince héritier Mohammed ben Salmane s’est manifestée tragiquement à une échelle massive au Yémen et ailleurs dans la région, ce qui suscite de graves inquiétudes quant à ce que des décennies de son règne apporteront encore», souligne M. Charaï dans son éditorial du The Hill. Et de poursuivre, Biden a eu raison de réintroduire les principes des droits de l’homme dans la discussion de la politique saoudienne et d’envoyer un message dur à la monarchie sur le penchant de Mohammed ben Salmane pour la brutalité.

Toutefois, le réalisme oblige également les États-Unis à accepter certains faits saoudiens, affirme M. Charaï. Quel que soit le résultat d’une enquête, étrangère ou nationale, poursuit-il, le prince héritier continuera de régner et deviendra éventuellement roi lui-même. Soit l’Amérique a une relation de travail avec l’énergique jeune homme, soit elle l’évite et tente d’influencer, le poussant à se tourner vers la Chine et la Russie. Ce qui coûtera à l’Amérique un allié clé au cœur du Moyen-Orient.

«L’administration Biden doit penser à la réforme en Arabie saoudite» estime M. Charaï. Les réalités intérieures saoudiennes exigent une grande prudence de la part des États-Unis. L’administration américaine devrait à ce titre, se concentrer sur la défense de la cause des groupes saoudiens prônant la démocratie, les droits de l’homme et la tolérance religieuse.

«Riyad peut être pardonnée d’avoir été malmenée par les administrations américaines : la froideur de l’administration Obama envers le royaume a cédé la place à une étreinte sans précédent de celle Trump, puis à une nouvelle « réinitialisation saoudienne » sous Biden. Toutefois, le Royaume doit assumer sa part de responsabilité dans ces changements» synthétise M. Charaï.

4. Accord d’Abraham : Sans le soutien actif de l’administration Biden, il sera beaucoup plus difficile de forger les mêmes gains récoltés avec Abu-Dhabi dans les pays arabes les plus peuplés

«Israël et les Émirats arabes unis sont deux écosystèmes qui fusionnent» affirme M. Charaï. Cette ouverture est un élément clé de la stratégie de croissance des EAU pour ce millénaire. La pays envisage de devenir le modèle arabe de modernité, de tolérance intra-religieuse et d’une économie diversifiée.

La nouvelle administration Biden peut aider en adoptant une nouvelle approche du rétablissement de la paix qui tire les leçons de la nouvelle vague de résultats diplomatiques, considère-t-il. Il est temps de mettre à profit la promesse des nouveaux accords – pour tous leurs signataires, les Palestiniens et la région au sens large. Si la vague de rétablissement de la paix se traduit par un avantage tangible pour la jeunesse arabe, le soutien panarabe à la paix avec Israël ne fera que croître.

«Plus de 130.000 Israéliens ont visité les EAU depuis la signature des accords de paix. Les partenariats et le volume des échanges se développent à une échelle qui éclipse ceux des accords de «paix froide» ratifiés avec la Jordanie et l’Égypte le siècle dernier», recense M. Charaï.

«Il sera beaucoup plus difficile de forger les mêmes gains dans les pays arabes les plus peuplés – en particulier si l’administration Biden ne soutient pas activement le processus. Ne pas le faire, privera des millions de jeunes de la promesse d’un avenir meilleur que le partenariat avec Israël et ses alliés peut apporter» alerte-t-il.

Un appui de Biden à ces accords et à la réalisation des promesses économiques qui ont découlent, inspirera les jeunes Arabes du bassin de la mer Rouge et du Sahel, où les conditions sont mûres pour des relations diplomatiques israélo-arabe, d’exiger que leurs dirigeants rejoignent le cercle de la paix, considère M. Charaï.

Néanmoins, l’éditorialiste tire la sonnette d’alarme au cas où la Maison Blanche dédaignerait ou désavouerait les accords d’Abraham, comme le veulent certains partisans de Biden. Le retour en arrière pourrait annuler une percée historique et diminuer la crédibilité américaine dans la région.

Rapport de Crisis Group sur le Sahara : Biden ne reviendra pas sur la reconnaissance des États-Unis de la souveraineté pleine et entière du Maroc sur le Sahara.

«Réengager des efforts internationaux au Sahara occidental» est le titre d’un rapport de vingt et une pages élaboré par International Crisis Group (ICG), publié le 11 mars en trois langues. ICG est une ONG internationale à but non lucratif, dont la mission est de prévenir et d’aider à résoudre les conflits meurtriers grâce à un travail de recherche sur le terrain, des analyses et des recommandations indépendantes dont laquelle Ahmed Charaï siège depuis janvier 2019.

«Fidèle à sa vocation d’outil de réflexion pour la prévention et la résolution des conflits armés, l’International Crisis Group (ICG) a livré une analyse actualisée du conflit du Sahara, qu’il qualifie de «dormant» tout en le jugeant «menaçant». Ses experts préviennent d’une escalade entre le Maroc et le Polisario, qui aurait, selon eux, des conséquences désastreuses non seulement au Maghreb, mais dans toute la région du Sahel», résume l’Observateur du Maroc et d’Afrique la portée du rapport du très influent Think Tank américain dans son édition du 11 mars.

Le Briefing Moyen-Orient et Afrique du Nord de Crisis Group N°82 sur le Sahara a été construit autour de trois axes :

  1. Historique du conflit
  2. Menaces et opportunités
  3. Recommandations

En rapportant avec fidélité l’historique du conflit, les analystes de l’ICG ont bien identifié les parties prenantes du dossier du Sahara. A ce titre, on peut lire sur le rapport « L’administration Biden, en étroite collaboration avec la France, la Russie et l’Algérie, les principaux acteurs extérieurs du conflit, devraient inciter les deux parties à accepter une trêve et à reprendre les négociations».

Si le rôle de la Mauritanie a été reconsidéré par l’ICG après la démission soudaine à l’envoyer spécial de l’ONU de Horst Köhler en mai 2019, mettant fin aux tables de rondes de Genève, les experts du think tank ont bel et bien pointé du doigt l’ingérence militaire de l’Algérie qui risque d’intensifier la menace d’un conflit armée.

«Les combats pourraient s’intensifier au moindre incident militaire, tel qu’une ingérence algérienne – par exemple, des transferts d’armes plus importants entre Alger et le Polisario – ou un changement de tactique militaire au sein du mouvement indépendantiste», a mis en garde le rapport de Crisis Group.

«Le moment de se réengager» : l’appel de Crisis Group à l’attention de l’administration Biden et du Conseil de sécurité de l’ONU

«La faible intensité du conflit au Sahara occidental ne devrait pas justifier l’inaction. Le risque d’une forte escalade militaire entre le Maroc et le Front Polisario reste limité, mais il n’est pas négligeable pour autant», analyse le rapport.

Alors que l’administration Biden et le Conseil de sécurité semblent peu pressés à prendre en main le dossier, l’ICG met en garde la communauté internationale sur les menace du statut-quo.

«Le désintérêt de la communauté internationale pour ce conflit pourrait également avoir des conséquences à long terme pour la stabilité régionale. Sans solution diplomatique, les Sahraouis désabusés, surtout les jeunes, pourraient contraindre le Front Polisario à changer de tactique» alerte le rapport.

L’ICG revient également sur la reconnaissance des États-Unis de la souveraineté pleine et entière du Maroc sur le Sahara. Le think tank estime que l’administration Biden est réticente à Réengager des efforts internationaux au Sahara à l’idée de revenir sur la reconnaissance par l’administration Trump de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental.

Les experts de Criss Group ont évalué par ailleurs les réalisations diplomatiques du royaume. «Le Maroc a accéléré sa politique du fait accompli. La stratégie principale de Rabat était d’inviter des Etats amis d’Afrique et du Moyen-Orient à ouvrir des consulats au Sahara occidental», souligne le rapport.

Crisis Group juge cette offensive marocaine d’ouverture des consulats comme étant une résultante d’une stratégie marocaine ambitieuse visant à renforcer les liens politiques et économiques avec l’Afrique subsaharienne. Ces
dernières années, rappelle-t-il, Rabat a fortement intensifié ses investissements et ses relations commerciales avec le reste du continent, surtout avec l’Afrique de l’Ouest.

Le dossier du Sahara n’est pas moins important que d’autres sujets brûlants que la communauté internationale dirigée par le nouveau président est appelée à considérer sérieusement. A l’image de toute la stratégie américaine au Moyen-Orient, le retour au statu quo ante pré-Trump sur ce dossier, serait une erreur, pire un danger.

A la complexité politique et sécuritaire de la géopolitique mondiale s’ajoute les effets de la crise sanitaire. Biden dispose de tous les leviers et de toutes les compétences pour déployer sa propre politique étrangère. Une politique à son image, juste, éclairée et pragmatique.

«Mariage de raison», l’appel d’Ahmed Charai, sur El Mundo, pour des relations hispano-marocaines pragmatiques et sereines

//

C’est sur El Mundo, le deuxième quotidien le plus lu en Espagne, après le sportif Marca, qu’Ahmed Charai a publié une radioscopie des relations maroco-espagnoles dans un éditorial sous le titre «Mariage de raison». L’éditorialiste marocain s’est adressé à une opinion publique ibérique qui a subit durant plusieurs semaines une avalanche de fake-news et une stratégie de désinformation d’un groupuscule séparatiste qui terrorise le peuple sahraoui, viole les résolutions onusiennes et qui tente de saboter les relations économiques marocaines et espagnoles séculaires avec l’Afrique subsaharienne.

C’est une plaidoirie que tout patriote animé par la défense de la cause nationale et la promotion de l’image d’un Maroc moderne, responsable, fiable, ambitieux et respectueux du droits international et des accords bilatéraux devrait lire et en extraire les éléments de langages qui donnent à tout discours, sérénité, sagesse et puissance.

Il faut revenir au contexte dans lequel intervient l’éditorial d’Ahmed Charai, le patron de presse marocain actif dans plusieurs centres de réflexions notamment aux États-Unis.

Aujourd’hui, les marocains ne sont pas peu fiers de l’habilité, la fermeté, l’intelligence, la retenue avec laquelle le pays sous la direction du Roi Mohammed VI a réussi à mettre à nu devant l’opinion publique internationale «une alliance du mal», composée de mercenaires hors la lois et un régime militaire en décomposition. Le temps est désormais révolu où certains pays et certains groupe de pression refusaient de reconnaitre le développement économique et social des populations des provinces du sud marocaines, sous le roi Mohammed VI.

Les investissements dans les infrastructures depuis au moins 2015 et phénoménal et les projets économiques font pâlir d’envie l’alliance du mal et ne cessent d’attirer investisseurs, diplomates et compétences. Outre la présence symbolique de la franchise du fast-food américaine, McDonalds, au cœur de la ville de Laâyoune, la France a ouvert deux bureaux de sa Chambre d’Industrie et de Commerce, plusieurs entreprises européennes, turques, et chinoises veulent s’implanter dans les zones industrielles en cours de réalisation dans les 3 régions du sud et les bailleurs de fonds internationaux participent au financement des grands projets structurants notamment le port de Dakhla.

La réalité économique, politique et sociale sur le terrain a renforcé la position du royaume sur le Sahara dans le concert des nations éprises de paix et de démocratie. Un succès qui s’est matérialisé par l’ouverture de plusieurs représentations diplomatiques à Laayoune et à Dakhla. Les pays africains avec qui le Maroc entretient des relations fortes et durables, arrivent en tête avec pas moins de quinze consulats ouverts en moins de 12 mois.

L’Espagne qui n’est pas totalement remise du séisme provoqué par la crise sécessionniste catalane, a tenu une position ambiguë sur le sujet du passage frontalier de Guerguerat, en dépit de l’impact économique qu’ont subit les entreprises espagnoles à cause de l’obstruction du trafic commercial terrestre entre l’Europe et l’Afrique de l’Ouest par les mercenaires financés par l’armée algérienne.

Une position qui trouve son explication par l’instabilité politique qui est loin d’être réglée deux ans et demi après le référendum d’autodétermination de la catalogne du 1er octobre 2017.

Une ambiguïté qui donne peu de crédit au gouvernement de Madrid qui tout en qualifiant l’indépendantisme catalan d’illégal, laisse faire cette même mouvance séparatiste qui fait du dossier Sahara marocain, une caisse de résonnance au projet similaire du polisario au cœur du pays membre de l’Union Européenne.

Ahmed Charai sur El Mundo : «Les relations hispano-marocaines, essentielles pour la géostratégie mondiale»

«Le monde des émotions mettent en péril l’empire de la raison». Ces mots, ce sont ceux de l’éditorialiste marocain Ahmed Charaï, écrits dans les colonnes du quotidien centriste «El Mundo». Un appel à la raison et au pragmatisme dans un contexte international dangereux.

Une situation géopolitique dont il fait référence dès l’introduction de son article d’opinion : «L’Espagne et le monde entier traversent un moment délicat dans lequel il semble que des valeurs et des principes, inconditionnellement assumés jusqu’à présent, soient remis en question.»

Ce contexte, poursuit l’auteur, fait courir le risque d’une mauvaise lecture des enjeux géostratégiques, ce qui impacterait des relations hispano-marocaines, «essentielles pour les deux pays, bien sûr, mais aussi essentielles en termes géostratégiques mondiaux; essentielles pour l’Europe et essentielles pour l’Afrique».

Ahmed Charaï rappelle que les relations entre Rabat et Madrid ont la particularité d’être stables depuis des décennies et ceci quel que soit le détenteur de la majorité parlementaire en Espagne.

Cette stabilité a pour moteur de puissantes «raisons» objectives mais que la complexité du contexte géopolitique, économique et sanitaire dans le monde risque de mettre en équation à cause des relents du monde des émotions qu’occasionne la crise.

«Cependant, émanent des sentiments qui correspondent davantage au monde des émotions qui mettent en péril l’empire de la raison et qui continuent à empêcher l’extension de cette coopération à des domaines importants tels que le social et la culture, ce qui permettrait une humanisation de la relation.», souligne M. Charaï.

«Dans les années 1970, les économies du Maroc et de l’Espagne étaient à égalité. Aujourd’hui, cela est de l’Histoire» – Ahmed Charaï

Pour illustrer la nature des relations hispano-marocaines, l’éditorialiste va faire la part entre l’économique, le sécuritaire et le socio-culturel.

M. Charaï va étayer l’évolution de l’économie espagnole qui est passée d’une économie comparable à celle du Maroc à une position qui dispute la première place du principal partenaire économique du Royaume.

«Dans les années 1970, les deux économies étaient à égalité. Les productions industrielles apportaient très peu de valeur, tandis que l’agriculture et la pêche étaient très compétitives, notamment par rapport au marché européen.» a-t-il rappelé.

Mais entre temps le dialogue entre les deux pays est passé par des moments complexes surtout après l’entrée de l’Espagne en Europe, souligne l’article. Un dialogue qui se limitait à la pêche hauturière, car le Maroc s’est retrouvé en position désavantageuse face à une l’Espagne privilégiée par l’accord d’association avec l’UE.

«C’était une période très complexe où les deux pays, qui étaient à la recherche d’une voie vers la modernisation structurelle de leurs économies et du système politique, ont été submergés par la faiblesse de leurs économies respectives et la lutte contre la pauvreté, en particulier pour l’Espagne forcée d’atteindre les niveaux du marché européen.» affirme, M. Charaï.

«Mais tout cela est déjà de l’Histoire . Les mutations de l’économie marocaine ont été telles que l’Espagne est désormais en concurrence avec la France pour le rôle de principal partenaire économique.» constate-t-il.

«Le Maroc se montre comme un partenaire très fiable dans le domaine de la sécurité. Ce sont les dirigeants espagnols eux-mêmes qui l’affirment depuis le début de ce siècle» – Ahmed Charai

Même durant les périodes de froid diplomatique, la coopération sécuritaire entre Rabat et Madrid est resté constamment stable. Une fiabilité et une responsabilité que les responsables espagnols reconnaissent devant l’Union européenne où ils s’érigent en tant que défenseur du royaume.

«Les deux pays sont nécessairement préoccupés par la sécurité, la lutte contre le terrorisme, le trafic international de drogue et l’immigration clandestine. Le Maroc se montre comme un partenaire très fiable. Ce sont les dirigeants espagnols eux-mêmes qui l’affirment depuis le début de ce siècle.» rappelle M. Charaï.

La position géostratégique du Royaume s’est davantage renforcée grâce à l’incroyable dynamique enclenchée par le Roi Mohammed VI depuis au moins 2008. Le succès de la stratégie royale a imposé le Royaume comme un leader incontesté du continent.

«L’Espagne, le pays le plus proche de l’Afrique, en est très conscient et promeut par conséquent la coopération bilatérale dans ce sens» assure M. Charaï.

«La politique culturelle déployée depuis Madrid reste trop timide» – Ahmed Charaï

«Il est incompréhensible que les relations culturelles soient à un niveau aussi bas» s’indigne M. Charaï en évoquant le troisième volet de la coopération hispano-marocaine.

Une timidité qui se reflète sur le terrain avec des initiatives qui se comptent sur le bout des doigts et qui ne reflètent pas la hauteur de ce que représente le passé des deux nations, avec un patrimoine fortement basé sur la civilisation islamique et la renaissance européenne.

Pour palier à ce déficit, M. Charaï recommande: 1) le développent d’un système de bourses pour les étudiants marocains, 2) l’amélioration de l’image des émigrants marocains, 3) le renforcement de la présence linguistique, 4) la simplifications des échanges, 5) l’implications des universités, des partis politiques, des médias et des agences gouvernementales.

«Oublier et vouloir changer le fait que le Sahara fait partie de la nation marocaine serait un véritable cataclysme» – Ahmed Charai

Partenaire économique de premier plan; partenaire sécuritaire, fiable, responsable et indispensable; voisin avec des liens historiques et culturels séculaires; terre ferme la plus proche du continent «avenir de la planète», sont des fait qui font perdre à la question du Sahara beaucoup de sa pertinence, auprès de l’ancienne puissance coloniale qui connaît très bien la dossier.

«Madrid a rejoint le processus politique, a soutenu la proposition du Maroc pour une autonomie élargie, la qualifiant de sincère et crédible et le Maroc en a pris note. Que le parti Podemos puisse continuer avec ses positions idéologiques anciennes et usées n’est pas pertinent.» écrit M. Charaï.

«Oublier et vouloir changer le fait que le Sahara fait partie de la nation marocaine serait un véritable cataclysme.» poursuit-il. Car d’une part ceci annoncerait des troubles et des conflits sans fin dans une région du sud de la Méditerranée où le Maroc et l’Espagne sont deux nations très attachées à leur unité et à leur intégrité territoriale.

D’autres part, cette région ne peut se permettre aucun effondrement économique. Bien au contraire affirme M. Charaï : «elle a besoin de plus d’intégration, d’un marché plus profond, pour assurer son décollage et satisfaire les aspirations de sa population majoritairement jeune

Des arguments qui trouvent toute leur pertinence dans l’affaire El Guergarat qui a été un laboratoire de gestion de crise où ont été testés et approuvées, la retenue du Royaume du Maroc, son rôle de défenseur actif de la stabilité régionale, sa position névralgique pour le commerce Nord-Sud, ses efforts de lutte contre la banditisme et le terrorisme ainsi que son soft power»

« L’Espagne en convient et cela renforce la permanence et le renforcement de ce mariage de raison », conclut Ahmed Charaï une analyse et une plaidoirie qui restera sans aucun doute une référence dans la timeline des relations hispano-marocaines.


M. Ahmed Charai est éditorialiste et éditeur de presse, Administrateur de Plusieurs Think tank à Washington – Membre du Conseil d’Administration du “Center for Strategic and International Studies” à Washington, – – Membre du Directoire de l’ONG “Search for Common Ground” à Washington, – Membre du Conseil du Directoire de ” The Atlantic Council of United States” à Washington – Membre du Conseil Editorial Consultatif de “The National Interest’s Magazine” à Washington. – Membre du Conseil d’Administration du “The Foreign Policy Research Institute” à Philadelphia– Membre du Conseil d’Administration du International Crisis Group. Mr Charai est aussi membre du conseil Consultatif de Gatestone Institute à New York. Mr Charai, s’exprime souvent dans de grands journaux et médias américains dont le Wall Street Journal, New York Times, Le Monde, Fox News, National Interest Magazine, Huffington Post.