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Hydrocarbures : L’ambassade américaine fait le job de Aziz Akhannouch

Le quotidien arabophone Al Akhbar a révélé ce vendredi que l’ambassade américaine à Rabat aurait réuni des membres de la Fédération nationale des gérants et propriétaires des stations-service pour discuter de l’impact de la flambée des prix des hydrocarbures. Avant de condamner l’ingérence américaine dans les affaires intérieures du pays, ne faut-il pas blâmer la passivité dont a fait preuve le Chef de Gouvernement Aziz Akhannouch ?

L’ambassade américaine à Rabat aurait tenu une réunion ce mardi 19 avec les membres de la Fédération nationale des gérants et propriétaires des stations-service, la FGNPS, rapporte le quotidien arabophone Al Akhbar.

La délégation menée par le président de la fédération Jamal Zrikem a répondu aux questions des diplomates américains du service économique de l’ambassade au sujet de l’impact de la flambée des prix des hydrocarbures et les répercussions sur les stations d’essence.

Selon Al Akhbar, les responsables de l’ambassade américaine auraient également demandé des informations sur les activité de la FGNPS et se sont enquis de ses positions notamment celle de l’appel à une gréve nationale après la décision du gouvernement Akhannouch de fermer la porte du dialogue.

Ingérence américaine dans les affaires intérieures du pays ?

Une telle réunion d’une chancellerie étrangère sur un sujet aussi sensible avec une organisation non gouvernementale peut être considérée comme une ingérence dans les affaires intérieurs du pays.

On peut comprendre l’intérêt des américains à ce sujet, vu qu’ils sont en partie responsables de l’instabilité des cours du pétrole, comme on peut imaginer qu’ils ne font que combler le vide laissé par le gouvernement Akhannouch dans la gestion de cette crise. En effet, le Chef du gouvernement qui est en même temps principal acteur sur le marché des hydrocarbures au Maroc à travers sa société Afriquia Gaz, a joué à l’autruche depuis l’avénement de la guerre en Ukraine, se limitant à des communiqués de presse froids et souvent provocateurs.

Réagissant sur cette information d’Al Akhbar, Le journaliste Mustafa Elfanne a partagé une opinion particulièrement virulente contre l’ambassade américaine à Rabat. Il estime qu’il s’agit d’une acte «dangereux et périlleux» qui «porte atteinte à la souveraineté du pays».

«Au lieu que le gouvernement de M. Aziz Akhannouch convoque les propriétaires des compagnies de carburant, pour discuter des propositions possibles pour atténuer la flambée des prix dru Gasoil, c’est l’ambassade américaine à Rabat qui s’est chargée de les « convoquer » pour trouver des solutions à cette hausse vertigineuse des prix du gasoil» a-t-il écrit sur son compte Facebook.

«Mon avis est que ce qu’a fait l’ambassade américaine, soumise au devoir de réserve, est très dangereux et périlleux, et cela peut « porter atteinte » à la souveraineté de notre pays, à nos institutions et à nos symboles» a-t-il renchéri.

Et de rajouter : « Ce que je crains, c’est que cette « démarche provocatrice » soit une « protection » accordée au lobby des hydrocarbures, qui dispose de tentacules transnationales».

Le journaliste appelle les responsables et les propriétaires des compagnies des hydrocarbures à rompre leur silence «avant que la boule de neige ne grossisse dans un contexte national où subsistent beaucoup de tensions et de crispations».

Exclusif : Gaia Energy blacklistée par l’Algérie suite à son rapprochement avec l’israélien Gandyr

Le président Abdelmadjid Tebboune a saisi son ministre de l’Energie et des Mines et les responsables de la Sonatrach pour «proscrire» toute collaboration avec la filiale algérienne de la société marocaine GAIA Energy qui opère dans les énergies renouvelables. Le motif de cette missive du palais d’El Mouradia est l’entrée de la filiale du groupe israélien Gandyr dans le capital de Gaia Energy Maroc. L’information émane d’une source interne de la Sonatrach qui a fait fuiter la correspondance électronique.

Le va-t-en guerre américain en Ukraine est entrain de bouleverser toute la géostratégie au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Dans sa guerre d’usure contre le camp de l’Est, la Maison Blanche sacrifie ses alliances classiques et cherche à en créer de nouvelles dans le seul but d’isoler l’adversaire sino-russe.

En effet, depuis le mauvais signal de la réhabilitation des Talibans et la sortie chaotique des soldats américains d’Afghanistan, nous assistons à un regroupement hétéroclite de nations autour d’intérêts sécuritaires et économiques et contre les menaces de la nouvelle politique étrangère de l’hyperpuissance américaine qui occulte la géographie et l’histoire.

L’Algérie, la Tunisie, la Libye et l’Egypte constituent pour les stratèges de Joe Biden, à savoir Jake Sullivan, William Burns et Antony Blinken, le nouveau bloc d’Afrique du Nord dont la fonction stratégique est le contrôle du marché gazier mondial. Un bloc satellite à celui du Moyen-Orient composé quand à lui du Qatar, de l’Iran et de l’Irak que Washington espère stabiliser grâce à la signature d’un accord sur le nucléaire iranien.

Ce front que façonne l’administration Biden depuis son installation a suscité la formation d’une nouvelle alliance cimentée par les accords d’Abraham et les menaces de la politique américaine. Laquelle alliance réuni le Maroc, Israël, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite.

Algérie, pression intenable

Contrairement à l’Egypte, l’Algérie a du mal à gérer la pression internationale et les enjeux géostratégiques lourds objets de la guerre froide entre les camps de l’Est et de l’Ouest. Et pour cause, historiquement et depuis son indépendance, la coopération militaire est au cœur des relations entre Moscou et Alger. Tandis, que le secteur énergétique a toujours été contrôlé par Washington.

En effet, l’armée algérienne continue à être sous influence russe, à l’image de son chef d’état-major, Saïd Chengriha, formé à l’académie russe de Vorochilov, au moment où tous les dirigeants de la Sonatrach sont des ingénieurs formés aux États-Unis.

La guerre en Ukraine est un véritable cauchemar pour le régime militaire totalitaire algérien éreinté par les fronts internes et externes, de la déconfiture de l’économie du pays, au Hirak de 2019, passant par les succès diplomatiques éclatants du Royaume du Maroc.

D’autant plus que le régime se sent de plus en plus menacé par : 1) les énormes gisements gaziers découverts dans la Méditerranée de l’Est et dans le delta du Nil en Égypte, non encore exploitées; 2) les ambitions sérieuses du Maroc dans le secteur des hydrocarbures notamment avec le gazoduc Afrique atlantique; 3) la crise alimentaire mondiale; 4) la nouvelle alliance géopolitique entre Rabat et Madrid.

Dans ce contexte très complexe, l’Algérie manoeuvre dans la douleur, en usant tantôt du dossier du Sahara marocain, tantôt de la cause palestinienne et surtout de l’approvisionnement en gaz pour l’Europe. Si le pays réussi à arracher quelques victoires, il s’est trouvé par contre dos au mur face à l’Arabie saoudite, véritable centre d’influence arabo-musulman et «Market Maker» mondial des hydrocarbures fossiles.

Dans le deal proposé par l’administration Biden, Alger trouve son compte dans la reconnaissance d’un rôle par défaut dans la guerre du gaz russe, dans le rapprochement avec l’Iran, allié historique de Poutine et surtout dans l’alliance avec l’Egypte, un pays qui constitue une véritable menace sur le moyen et long terme pour son régime.

En effet, l’Egypte d’Al-Sissi est d’abord un futur géant du gaz qui de plus, à des intérêts stratégiques et de sécurité nationale en Libye. Le pays est autant important pour l’Arabie saoudite, que pour le États-unis et encore plus pour Israël.

Le dossier égyptien semble avoir été au menu des entretiens entre les responsables algériens et le secrétaire d’État américain Antony Blinken, à l’occasion de sa dernière visite le 30 Mars.

Pour preuve, au lendemain de la rencontre Tebboune-Blinken, le vice-Président Business Development & Marketing de la Sonatrach Fethi Arabi, considéré comme la boîte noire de son président Taoufik Hakkar, a demandé expressément aux membres du Comex, le Vice-Président Liquéfaction et Séparation, Nasreddine Fatouhi, le Vice-Président Transport Par Canalisation, Melaika Amine, le Vice-Président Raffinage et Pétrochimie, Batouche Boutouba, le Vice-Président Exploration – Production, Mohamed Slimani et à la Vice-Président Commercialisation Fatiha Neffah, de préparer avant le 05 avril 2022, un dossier détaillé sur les axes de coopérations avec LeCaire.

Dans le courrier électronique fuité par une source interne de la Sonatrach, Fethi Arabi évoque une importante «échéance bilatérale» dans les hydrocarbures entre l’Algérie et l’Egypte.

Gaia Energy blacklistée

Le revirement historique de l’Espagne en faveur du Maroc sur le dossier du Sahara a finit par détruire toute la doctrine du régime algérien qui en a fait son fonds de commerce de politique interne et étrangère depuis plus de quarante ans.

La neutralité négative de l’Espagne, ancien colonisateur, sur le dossier du Sahara n’était plus tenable surtout après la fermeture du gazoduc Maghreb Europe (GME). Une erreur de calcul d’Alger, car elle a poussé Madrid a diversifié son approvisionnement en hydrocarbures et se libérer de facto du chantage algérien.

En signe de représailles, Alger s’est attaqué à une entreprise marocaine, GAIA Energy opérant dans les énergies propres, depuis 2015 sur le sol algérien à travers une filiale détenue à 51% par un ressortissant local.

Dans un email envoyé le dimanche 27 mars 2022, dont nous détenons une copie, l’avocat du groupe Sonatrach, Bourbia Noureddine, a appelé l’ensemble des directeurs de la société pétrolière à arrêter toute relation avec la filiale algérienne de la société marocaine GAIA Energy.

«Nous vous informons que les services de la présidence de la République, ont saisi Monsieur le Ministre de l’Energie et des Mines au sujet de la société GAIA Energy, leader dans les énergies nouvelles et renouvelables (ENR), représentée en Algérie par son bureau de liaison créée en novembre 2015 et ayant siège sociale à Hydra» a-t-il écrit.

Et de poursuivre : «Le 24 février 2022, la société « israélienne » Marom Energy relevant du Groupe « israélien » Gandyr Energy a opéré une acquisition de (30%) du capital de la société GAIA Energy dont le président ZENIBER Mounir, actionnaire de GAIA Energy – Bureau de liaison -Algérie.»

«A cet effet, nous vous demandons de bien vouloir nous faire part, dans les plus brefs délais possibles, de tout contact où échange effectué par vos structures respectives avec la société Gaia Energy et/ou ses représentants et de proscrire à l’avenir toute relation de quelque nature qu’elle soit avec celle-ci»

«Il importe de vous informer que le délai de réponse qui nous est accordé, est fixé au plus tard le 29/03/2022» a-t-il conclu.

Ces directives ont été adressées aux responsables suivants :

  • Directeur de la Division Production, Taleb Saadi Messaoud,
  • Directeur de l’exploitation, Mourad Beldjehem,
  • Directeur de la division exploration, Badji Rabie,
  • Directeur de Division Promotion et Valorisation du Domaine Minier Hydrocarbures, Djidjeli Mahmoud,
  • Directeur des Opérations d’Exploration, Farid Belhamèche,
  • Directeur de la Division laboratoires/Activité Exploration et Production, Djamel Zeriri,
  • Directeur Finances, Mohamed Terra,
  • Chef Département Sécurité Industrielle, Ghrenoug Faouzi.

Il faut dire que l’annonce en grande pompe de l’opération de rapprochement entre les deux sociétés a eu un échos mondial. Il s’agit du plus gros investissement privé israélien au Maroc depuis la signature de l’accord tripartite entre les deux pays et les États-unis. Pas moins de 13 milliards de dirhams sont ainsi injectés dans GAIA Energy pour financer quatre projets liés aux énergies renouvelables notamment en matière d’autoproduction, d’agrivoltaïsme, d’hydrogène vert et d’export d’électricité verte en Afrique.

La réaction du régime algérien quand à la nationalité du nouvel associé de GAIA Energy n’a absolument rien avoir avec la cause palestinienne. Ce sont les appétits énergétiques d’Israël qui l’inquiètent sérieusement.

En 2018, Tel-Aviv a signé deux accords stratégiques et historiques autour du gaz de la Méditerranée orientale. Le premier avec Le Caire pour l’exportation du gaz israélien vers l’Égypte pendant plus de dix ans. Le deuxième avec Chypre, pour l’installation d’un câble sous-marin, permettant l’acheminement de gaz depuis Aphrodite jusqu’aux usines égyptiennes, avant d’être réexpédié vers l’Europe.

Ce qui fait d’Israël la première puissance régionale contrôlant le gaz de la Méditerranée orientale à destination de l’Europe, l’Égypte un véritable hub énergétique et le Maroc leader africain des énergies renouvelables.

Déclaration de Moundir Zniber Président de GAIA Energy sur son activité en Algérie – COP22 Marrakech 2016

Les employés de la Sonatrach endoctrinés par la propagande anti-Maroc du régime algérien

Les leaks de la messagerie électronique de la société pétrolière algérienne la Sonatrach, dont la source serait d’origine interne, révèlent également la culture de la haine installée par le régime militaire de Saïd Chengriha même au sein des entreprises publiques.

Dans un email envoyé par le Chef du Département Informatique et Telecom de TouatGaz, un groupement réunissant la Sonatrach et le britannique Neptune Energy exploitant l’usine de traitement de gaz naturel de Touat, nous avons découverts avec stupéfactions l’utilisation du mot Makhzen pour qualifier le Maroc dans un échange à caractère professionnel.

La fuite révèle en plus que la Sonatrach bloque tout accès à ses systèmes depuis les adresse IP marocaines.

«M’hamed (..) n’arrive pas à se connecter à Direct Access. Il se trouve en ce moment au Maroc. Les restrictions des adresses IP du Makhzen sont toujours en place ?(…)», peut-on lire dans cet échange entre responsables des Systèmes d’information d’un acteur économique affilié à une multinationale britannique.

«MEDI 1» : Hassan Khiyar a loupé le coche pour construire un groupe audiovisuel digne de ce nom

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Douze ans après sa nomination à la tête de Medi 1, le bilan de Hassan Khiyar est décevant. En plus des audiences en constante dégringolade, l’ancien administrateur d’Alstom Maroc n’a pas préservé la valeur et l’aura de la marque qui, naguère dominait l’information et l’influence dans tout le Maghreb.

Rien ne va plus dans le groupe audiovisuel dirigé depuis 2010 par Hassan Khyar. Les chiffres des audiences parlent d’eux-mêmes : 2,9 % pour la chaine télé Medi1 TV et moins de 6,5% pour l’emblématique radio «Medi 1».

La première radio du Maghreb est devenue l’ombre d’elle même et le projet de chaine de télévision panafricaine est un cuisant échec. Pourtant, Hassan Khiyar, un dirigeant rompu à la culture du résultat et à la valeur du travail avait tout pour réussir. En plus d’un appui institutionnel prestigieux, il avait entre les mains une marque historiquement influente et forte et tenait les rênes de la régie publicitaire, Régie 3.

Les quatre péchés capitaux de Hassan Khyar

La bonne volonté, la capacité de travail et la discrétion dont fait preuve M. Khyar ne lui ont pas suffit pour réussir sa mission de transformer le groupe Medi 1. Ses choix éditoriaux marketing et sa gestion des ressources humaines ont plombé tous ses efforts. Si à la radio, le lobby français a réussi à prendre le dessus, se laissant grignoter jour après jour ses parts de marchés par ses concurrentes locales, la télé quand à elle se retrouve à date d’aujourd’hui sans identité et sans âme.

1. Stratégie multimarques défaillante

Hassan Khyar a probablement été influencé par son confrère Khalil Hachimi Idrissi quand à sa stratégie de marque. Pourtant, contrairement au patron de la MAP qui avait hérité d’un branding désuet, le PDG de Medi 1 se reposait sur une marque puissante qu’il devait la porter encore plus haut.

M. Khyar ne s’est contenté de la marque Medi 1 TV, il en a ajouté M Télévision, M Afrique, M Maghreb, M Arabic, Medi1news, Medi1podcast. En six années, la valeur de la marque s’est effritée et le stock de l’audience hérité de Abbas Azzouzi s’est fondu. D’aucuns aujourd’hui ne peut définir l’audience de la chaine.

2. Digital abandonné en cours de route

Du temps de Azzouzi et durant les premières années du règne de Khyar, Medi1 TV s’est distinguée par une stratégie et une présence digitales agressives au point de faire trembler Soread 2M.

Du jour au lendemain, la chaine décide de lever le pied et de tourner le dos à ce qui constituait sa particularité et sa différenciation vis-à-vis sa concurrence locale.

3. Ligne éditoriale : incolore et indolore

Hassan Khyar a finit par rendre la ligne éditorial de Medi 1 à son image : pas de vague, pas de prise risque et pas de coups d’éclats. Le PDG vit avec cette hantise de recevoir des coups de fils inquisiteurs concernant une phrase ou un sujet traité par ses journalistes. Résultat, point de coup de fils, point d’identité et encore moins d’audience.

4. Gestion des ressources humaines : le talent d’Achille de M. Khyar

De part le fait qu’elle soit née d’une JV entre Rabat et Paris et d’avoir été longtemps sous l’emprise d’un seul homme, feu Pierre Casalta , Medi 1 est une organisation complexe. Son dirigeant se voit donc dans l’obligation de cultiver la coopération entre les divers fonctions et corps de métiers du groupe audiovisuel pour atteindre l’excellence opérationnelle.

Cette dynamique attendue de la part de Hassan Khyar n’a pas été au rendez-vous, principalement en raison de ses difficultés relationnelles. Lesquelles difficultés ont fait émerger d’autres problématiques : le manque d’innovation et de créativité et l’impact négatif renvoyé sur le collectif, avec des conséquences directes en termes de confiance, de satisfaction et d’engagement.

«En manque d’idées novatrices et surtout de sens journalistique, le PDG a fait le vide autour de lui» écrit Maghreb Intelligence.

La même source rappelle également le triste bilan RH de M. Khyar : «une série de licenciements de journalistes et de techniciens de la chaîne et de multiples bras de fer avec les syndicats».

Fin de mandat

«D’après plusieurs observateurs le mandat de Hassan Khiyar à la tête de Medi 1 TV arriverait bientôt à son terme», révèle Maghreb Intelligence.

Un départ prévisible depuis l’annonce en mai 2021 par le ministre de la communication de l’époque Othman El Ferdaous de la prise du contrôle par la SNRT de la Soread et de Medi1TV, donnant naissance à un pôle audiovisuel public.

Une décision salvatrice qui devrait permettre au Maroc de mutualiser les ressources et les efforts pour faire émerger un paysage audiovisuel que mérite tous les marocains.

Un parlementaire du RNI appelle à user de la baston contre les anti-Akhannouch

El Madani Oumlouk, coordinateur provincial du RNI à Tinghir, a appelé ses élus, réunis pour le congrès national du parti les 4 et 5 mars derniers, à soutenir Aziz Akhannouch «jusqu’à la mort» et à affronter ses détracteurs par la baston et le «Jihad».

El Madani Oumlouk, député à la Chambre des conseillers et président de la commune de Kelaat M’Gouna sous les couleurs du parti au pouvoir le RNI, a brillé encore une fois dans la défense de son président Aziz Akhannouch.

Oumlouk qui s’était prononcé contre la campagne de boycott qu’avait frappé la société d’hydrocarbures Afriquia, a créé l’évènement à l’occasion de la tenue du congrès national du RNI les 4 et 5 mars derniers.

Pour les lecteurs qui n’ont pas suivi les travaux de ce congrès, il faut savoir que Aziz Akhannouch sous les feux des critiques populaires a pris des précautions et des mesures drastiques pour que ce rendez-vous statutaire du parti ne se transforme pas en un théâtre d’un putsch.

En effet, en plus de fermer la porte à toute autre candidature, il a fait en sorte à interdire toute intervention, échange, débat ou déclaration qui pourraient faire émerger des voix dissonantes brisant l’unanimité et le consensus imposés par le milliardaire à coups de liasses de billets.

Pour la première fois de l’histoire du parti, et en prétextant la pandémie, chaque province a réuni ses congressistes dans des hôtels reliés via internet à la salle des conférence centrale où seul Aziz Akhannouch et ses proches lieutenants avaient le droit de s’exprimer. Chaque responsable d’antenne du parti était chargé de fliquer et de contrôler les congressistes.

Aziz Akhanouch a éliminé par cette organisation, tout mouvement et dynamique de foule et tout rassemblement hostile.

C’est dans ce contexte et dans une salle de l’hôtel Oasis à Errachidia où les congressistes de la province suivaient sur un écran via streaming les travaux du congrès national, qu’El Madani Oumlouk a pris la parole après l’allocution du président du parti Aziz Akhannouch.

«Les dossiers qui se sont empilés sur les étagères des années et des années, Aziz Akhnnouch les a pris pour travailler dessus. Ssi Aziz Akhannouch lui faut « une staff » pour l’aider, pour travailler et pour communiquer» a-t-il affirmé.

«Vous l’avez tous entendu nous demander de nous mobiliser contre les perturbateurs et les porteurs de la « Fitna ». Il faut qu’on use de la baston contre eux. Je n’ai pas de doute que nous résistons et que nous faisons tous le Jihad pour défendre notre parti et notre président. Nous n’allons pas l’abandonner même si nous mourrons» s’est-il enflammé.

Cette déclaration qu’il a publié sur sa page Facebook a suscité une vaguelette d’indignation et de condamnation très localisée. La machine de communication de Aziz Akhannouch et l’actualité internationale très intense à éclipser ce dérapage.

Elmahdaouy : Akhannouch et Ouahbi ont promis des portefeuilles ministérielles à Lachgar et Benabdallah

Dans une vidéo en date du vendredi 4 mars, Hamid Elmahdaouy a fait des révélations surprenantes et inquiétantes sur des supposées promesses de l’alliance gouvernementale faites à quelques partis de l’opposition, l’USFP et le PPS, en vue d’un imminent remaniement ministériel.

Selon le journaliste, ces promesses ont été faites à Driss Lachgar par Aziz Akhannouch et à Nabil Benabdallah par Abdellatif Ouahbi.

Le Chef de gouvernement doit à Lachgar l’épisode du blocage qui a fait tomber Abdelilah Benkirane. Quand au secrétaire général du PAM et connu pour ses liens d’amitiés historiques avec Benabdallah.

C’est cette carotte ministérielle qui expliquerait, selon Elmahdaouy, le surprenant et coupable silence de l’opposition face aux échecs et aux scandales à répétition de l’exécutif.

Le directeur de publication de Badil.info estime que Abdelilah Benkirane surfe également sur la vague, en répétant à qui veut l’entendre de ne pas attaquer Aziz Akhannouch et son gouvernement. Le SG du PJD, dans une réaction épidermique, refuse de se retrouver dans le même camp que l’USFP, le parti qui l’a fait couler, affirme Elmahdaouy.

Royal Air Maroc lance un 3ème vol hebdomadaire Casablanca-Moscou

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Dans la perspective de l’augmentation du volume des échanges entre le Maroc et la Russie, le Maroc décide d’augmenter ses dessertes Casablanca-Moscou, rapporte Maghreb Intelligence.

«Le Maroc va devenir l’une des principales destinations pour les russes» affirme le site d’information Maghreb Intelligence. La raison, selon la même source : «la neutralité souveraine et assumée du Royaume vis à vis le conflit en Ukraine».

En effet, au moment où de sévères sanctions se sont abattues sur la Russie, notamment la fermeture des espaces aériens des États-unis, de l’UE, du Canada et du Royaume-unis à tous ses avions, et l’interdiction de séjour dans ces mêmes pays à ses ressortissants, la neutralité du Royaume du Maroc constitue une réelle bouffée d’oxygène aux russes et une opportunité de désescalade des tensions. Surtout que les ressortissants russes sont exonérés de visa pour entrer au Maroc et y séjourner.

Les autorités marocaines ont donc décidé rapidement de saisir l’opportunité, en procédant au lancement d’un nouveau vol hebdomadaire entre Casablanca et la capitale russe, Moscou. Des équipages de la compagnie nationale Royal Air Maroc ont d’ores et déjà présenté, cette semaine, des demandes de visa au consulat général russe à Casablanca, révèle MI.

«L’objectif est de lancer dans les meilleurs délais un troisième vol hebdomadaire entre Casablanca et Moscou au lieu de deux actuellement. Ces fréquences pourraient augmenter dans un avenir proche et éventuellement assurer des liaisons avec Agadir et Essaouira » affirme une source diplomatique.

Pour renforcer ces dessertes, d’autres compagnies aériennes russes devraient être mises à contribution comme la plus grande compagnie aérienne de Russie, Aeroflot et S7 Airlines, troisième compagnie du pays.

Coupe du monde 2022 : Associated Press accuse le Qatar d’avoir engagé d’anciens espions pour faire taire l’ex-patron du football allemand

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L’agence de presse américaine Assosiated Press (AP) a publié dimanche soir une longue enquête sur le «Projet Riverbed» visant à atténuer les critiques de l’ancien président de la Fédération allemande, Theo Zwanziger au sujet de l’organisation de la coupe du Monde de football au Qatar. AP révèle que Doha a fait appel à une société américaine, Global Risk Advisors (GRA), fondée par un ancien agent de la CIA, Kevin Chalker, qui aurait usé de méthodes d’espionnage musclées sous couvert de mission de veille et de lobbying. «Projet Riverbed» aurait coûté à ce pays du Golfe 27 millions de dollars. Associated Press affirme  que la mission est un échec puisque l’allemand Theo Zwanziger continue à critiquer l’organisation de la Coupe du Monde au Qatar.

En sa qualité de responsable de la fédération allemande de football et membre du comité exécutif de la FIFA, Theo Zwanziger a fait partie des acteurs footballistiques les plus virulents contre la décision d’attribuer la Coupe du monde 2022 au Qatar. Les droits de l’homme et la chaleur torride du désert étaient ses principaux griefs contre cette décision.

«La richesse infinie de ce petit pays qu’est le Qatar se propage presque comme un cancer à travers le football et le sport», avait déclaré Zwanziger, exhortant l’instance dirigeante du football mondial, FIFA, à revenir sur sa décision de 2010.

Le gouvernement qatari était tellement accablé par les critiques de Zwanziger qu’il a décidé d’agir, écrit Associated Press dans son enquête. Il a ainsi fait appel à une société employant d’anciens agents de la CIA pour une opération d’influence secrète de plusieurs années, sous le nom de code «Project Riverbed», selon des documents internes de la société consultés par AP.

Faire taire Zwanziger en usant de pratiques d’espionnage

Les documents dont fait référence Associated Pres indiqueraient que le but de l’opération était d’utiliser l’espionnage pour faire taire Zwanziger. 

«Ce fut un échec», estime l’agence de presse américaine.

«C’est un sentiment très, très étrange lorsque vous êtes impliqué dans le sport et que vous êtes attaché aux valeurs du sport, d’être suivi et de subir toute une campagne d’influence», a déclaré Zwanziger à l’AP dans une interview réalisée la semaine dernière.

La Coupe du monde du Qatar, dont le coup d’envoi est maintenant prévu en novembre, est l’aboutissement de plus d’une douzaine d’années d’efforts et de milliards de dollars dépensés pour «aider à propulser la petite nation du désert sur la scène mondiale», ironise l’AP.

«Ce projet a longtemps été entaché d’allégations de corruption et de malversations» poursuit la même source. Des procureurs américains ont déclaré en 2020 que des pots-de-vin avaient été versés à des membres du comité exécutif de la FIFA pour obtenir leur vote.

Le Qatar a nié tout acte délictuel, écrit AP.

Des documents examinés par l’agence de presse révèlent de nouveaux détails sur les efforts déployés par le Qatar pour décrocher et conserver le tournoi, en particulier sur le contrat passé par le pays avec l’ancien officier de la CIA Kevin Chalker et sa société, Global Risk Advisors. Les documents s’appuient sur les rapports précédents d’AP concernant le travail de Chalker pour le Qatar.

Les responsables qataris n’ont pas répondu aux demandes de commentaires, souligne l’Associated Press (AP).

Chalker a admis dans une déclaration que Global Risk Advisors (GRA) a bel et bien travaillé sur le «Projet Riverbed», mais a précisé qu’il s’agissait uniquement «d’un projet de surveillance des médias mené par des stagiaires et supervisé par un employé à temps plein, qui étaient chargés de lire et de résumer les articles de presse».

«Le récit de l’AP pour cet article est basé sur de fausses informations provenant de sources non identifiées», indique la déclaration de l’ancien agent de la CIA.

Kevin Chalker fondateur de Global Risk Advisors

Le porte-parole de Chalker, David Wells, a déclaré qu’il n’était pas en mesure de dire qui était le client du «Projet Riverbed» ou de fournir d’autres détails, comme la durée du projet ou le nom des employés qui y ont travaillé. L’avocat de Chalker, Brian Ascher, a déclaré que Zwanziger n’avait jamais fait l’objet d’une campagne d’influence secrète de la part de Global Risk Advisors

«Les dossiers examinés par AP indiquent tout le contraire», écrit l’agence de presse.

«L’objectif principal du Projet Riverbed était de neutraliser les critiques de Theo Zwanziger concernant la Coupe du monde 2022 au Qatar et ses tentatives de contraindre la FIFA à retirer la Coupe du monde au Qatar», indique un document de la société GRA consulté par l’AP.

Associated Press affirme avoir examiné des centaines de pages de documents provenant des entreprises de Chalker, y compris un rapport final, des mémos et des documents budgétaires, que des sources ayant un accès autorisé lui ont fourni. Lesquels sources ont déclaré qu’elles étaient troublées par le travail de Chalker pour le Qatar et ont requis l’anonymat par crainte de représailles.

«AP a entrepris plusieurs démarches pour vérifier l’authenticité de ces documents», souligne L’Agence de presse américaine. Il s’agit notamment de confirmer les détails de divers documents auprès de différentes sources, comme d’anciens associés de Chalker, et d’examiner les métadonnées des documents électroniques, ou l’historique numérique, lorsqu’ils sont disponibles, pour vérifier qui a créé les documents et quand.

«Les documents du “Projet Riverbed” mettent en évidence les efforts d’espionnage musclés que des entrepreneurs privés comme Chalker peuvent fournir à des pays riches comme le Qatar, qui ne disposent pas de leur propre service de renseignement. Cette tendance a incité certains membres du Congrès à proposer de nouveaux contrôles sur le type de travail que les agents de renseignement américains peuvent effectuer après leur retraite» écrit Associated Press.

Kevin Chalker poursuivit pour piratage et espionnage

Elliott Broidy, un ancien responsable de levées de fonds pour le compte de l’ancien président américain Donald Trump, a intenté un procès à Kevin Chalker, l’accusant de monter une vaste campagne de piratage et d’espionnage à la demande du Qatar. 

Broidy reproche à Chalker et sa société GRA de cibler Zwanziger par une campagne d’influence occulte telle que celle décrite dans les documents examinés par l’AP. Pour sa défense, l’équipe juridique de Chalker estime que le procès n’est pas fondé, et que la plainte déposée par Broidy a été rejetée.

«Kevin Chalker ont utilisé des pirates informatiques ayant une expérience des forces spéciales et des services de renseignement américains pour promouvoir la politique étrangère de l’État du Golfe et ont même « intercepté des informations sensibles et privées de citoyens américains», d’après la plainte fédérale de Elliott Broidy .

Un «réseau d’influenceurs»

Le «Projet Riverbed a démarré en janvier 2012 et s’est terminé à la mi-2014. «Des techniques de renseignement traditionnelles complexes pour cibler des individus dans le cercle d’influence de Zwanziger et modifier le sentiment associé à la Coupe du monde du Qatar, ont été utilisées», avance l’AP cotant un document résumant la mission de Global Risk Advisors (GRA).

Cela revenait à créer un «réseau d’influenceurs» composé de personnes proches du responsable du football allemand qui lui transmettraient des opinions favorables concernant l’accueil de la Coupe du monde par le Qatar. La société GRA envoyait une «source» ou un «rabatteur» pour parler aux influenceurs de telle manière qu’ils ne soupçonneraient pas faire partie  d’une campagne de communication organisée.

«Ces diverses interactions ont duré quelques secondes, quelques minutes ou quelques heures», indique le rapport. «Quel que soit le temps investi, l’interaction véhiculait toujours un message cohérent : la Coupe du monde 2022 au Qatar était bonne pour les affaires, rapprochait le Moyen-Orient et l’Occident, et était bénéfique pour le monde entier.»

GRA a déclaré dans l’un des ses mémos que des milliers de ces interactions ont eu lieu avec le réseau de Zwanziger. 

La société a utilisé une «approche à volets multiples» axée sur quatre cibles qui transmettaient sans le savoir des messages pro-Qatar à Zwanziger : 

  1. la FIFA et ses associés,
  2. la fédération allemande de football et ses associés,
  3. la communauté internationale du football
  4. la propre famille de Zwanziger

«C’est certainement quelque chose qui va bien au-delà de tout lobbying auquel nous nous attendions», a déclaré à l’AP l’avocat de Zwanziger, Hans-Jörg Metz.

Theo Zwanziger, une cible toute désignée et pas la seule

«Compte tenu de son rôle clé au sein des instances dirigeantes du football, Zwanziger était une cible toute désignée. Avocat de profession, il était très respecté pour avoir dirigé les réformes de la fédération allemande de football, l’une des plus grandes associations sportives du monde» écrit Associated Press.

Lorsqu’il a été question de l’organisation de la Coupe du monde par le Qatar, il avait des opinions bien arrêtées et ne s’est pas privé de les partager, allant même jusqu’à remettre en question la moralité des responsables de la FIFA sur fond d’allégations d’achat de votes et de corruption.

«Je n’ai jamais pu comprendre cette décision. C’est l’une des plus grandes erreurs jamais commises dans le sport», a déclaré Zwanziger dans une interview de 2013.

Zwanziger n’est pas le seul haut fonctionnaire de la FIFA à avoir été la cible d’un espionnage financé par le Qatar, indique AP.

Chalker a également aidé à superviser l’espionnage de l’ancien membre du comité exécutif de la FIFA, Amos Adamu, pendant la Coupe du monde 2010 à Johannesburg, selon les nouveaux dossiers examinés par l’AP. 

Cette mission a consisté à utiliser plusieurs équipes de surveillance pour suivre et photographier secrètement Adamu et les personnes qu’il rencontrait pendant plusieurs jours, selon les nouveaux dossiers. Il s’agissait également d’obtenir les enregistrements du téléphone portable d’Adamu et de recruter un agent de sécurité de l’hôtel et un journaliste local comme sources, selon les documents.

Adamu, qui a été banni deux fois par la FIFA pour conduite contraire à l’éthique, a refusé de commenter ces informations. Tandis que Chalker a nié avoir été impliqué dans une mission d’espionnage d’Adamu, rapporte l’AP.

Le Nigérian Amos Adamu suspendu trois ans en 2010 et deux ans en 2017 pour corruption par la Fifa

Des méthodes sorties des films d’espionnage

Pour le «Projet Riverbed», Chalker a engagé des chargés de mission et des chefs de projet en Allemagne et à Londres, dont certains avaient déjà travaillé pour la CIA, affirme l’agence de presse américaine se basant les documents à sa disposition.

Les dossiers du GRA regorgent d’un langage opaque et fleuri qui semble tout droit sorti des pages d’un roman d’espionnage : GRA mettrait en place des entités «Cover for Action» qui pourraient être utilisées par le personnel de GRA pour travailler sous couverture, ainsi que des bureaux «Blancs» et «Noirs» – officiels et non officiels – pour gérer les tâches administratives. Broidy a également prétendu dans son procès que de tels efforts de dissimulation ont été utilisés contre Zwanziger.

Les cibles que le Qatar aurait espionné à travers la société Global Risk Advisors

«Projet Riverbed» un budget de 27 millions de dollars et peu de résultats

Les documents de la GRA indiquent que le «Projet Riverbed» avait été initialement approuvé pour un budget de 27 millions de dollars et que le Qatar avait pris du retard dans ses paiements et n’avait pas apporté tous les fonds. Le défaut de paiement a entraîné une rotation du personnel et des dépenses inutiles, telles que des frais juridiques et administratifs pour la création de bureaux qui n’ont jamais été utilisés, selon les documents.

Malgré les contraintes budgétaires, GRA a déclaré que le «Projet Riverbed» était un succès.

Le rapport de synthèse de GRA indique que le projet a « atténué les critiques de Zwanziger » et modifié le sentiment de l’avocat allemand «à un point tel qu’il ne constitue plus une menace pour le maintien du Qatar dans l’organisation de la Coupe du monde 2022.»

«Zwanziger pense désormais que le Qatar devrait conserver la Coupe du monde 2022 afin que la communauté internationale prenne davantage conscience des conditions des travailleurs migrants au Qatar et fasse pression pour une réforme en profondeur des droits de l’homme et des travailleurs qataris», indique la GRA dans sa note de synthèse.

«L’entreprise avait tort», écrit Associated Press.

Ancien président de la fédération allemande de football et ancien membre du comité exécutif de la FIFA

« La conclusion du rapport du «Projet Riverbed» a été : “nous avons désormais rallié Zwanziger à notre cause”. Dans le fond, bien sûr, je ne l’ai jamais été», a déclaré Zwanziger à AP.

Dans une interview avec une radio allemande en juin 2015 – un an après l’achèvement supposé du «Projet Riverbed» – Zwanziger a répété son affirmation selon laquelle le «Qatar était un cancer du football mondial.»

La Fédération qatarie de football a alors intenté une action civile contre Zwanziger afin de l’empêcher de tenir de tels propos à l’avenir. L’affaire a été rejetée par le tribunal régional de Düsseldorf, qui a décidé que Zwanziger était dans son droit à la liberté d’expression.

Zwanziger a connu d’autres difficultés juridiques plus tard, lorsque lui et des membres du comité d’organisation de la Coupe du monde 2006 en Allemagne ont fait face à des enquêtes de corruption à Francfort et en Suisse. Zwanziger a nié tout acte répréhensible et, en août 2019, a accusé les procureurs suisses d’avoir délibérément fait une mauvaise interprétation des éléments de preuve. Le procès suisse s’est terminé en avril 2020 sans jugement.

«Zwanziger a déclaré qu’il était tout à fait justifié d’apprendre à présent qu’il était la cible d’une campagne de manipulation avortée» conclut l’enquête de l’angce américaine Associated Press..

FC Media rafle à Mediarep l’Appel d’offre d’affichage urbain de la SNRT

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Finalement, c’est sur les panneaux de FC Media, que la SNRT diffusera ses publicités pour l’année en cours. Le leader national de l’affichage a remporté ce marché à l’issue d’un appel d’offre auquel a soumissionné un concurrent unique, Mediarep, une régie publicitaire fondée par l’actuelle ambassadrice du Royaume en Norvège, Nabila Freidji. L’offre financière du soumissionnaire retenu s’élève à 14.447.400 dhs, alors que le marché était estimé à 15.600.000 dhs TTC.

Dans le cadre du renforcement du lien entre sa marque et son audience et de sa relation de proximité avec celle-ci, la SNRT a lancé, le 8 décembre 2021, un appel d’offre pour choisir son partenaire pour l’affichage urbain 4X3 pour l’année 2022 dont le coût des prestations a été estimé à 15.600.000,00 dhs TTC.

L’avis de cet appel d’offre publié sur les quotidiens, Assahra Almaghribiya et Le Matin, a suscité l’intérêt de deux sociétés spécialisées de la place, FC Media, détenue par Mohamed Mounir Majidi, et Mediarep cofondée par l’actuelle ambassadrice du Royaume en Norvège, Nabila Freidji.

A l’examen des offres techniques et financières, le maître d’ouvrage de la SNRT représentée par la Direction Marketing et Programmation TV, a éliminé la soumission de Mediarep et a retenu celle de FC Media qui en plus d’une offre technique plus étoffée a présenté la meilleure offre financière arrêtée à 14.447.400,00 dhs.

Extrait du PV de l’AO 51AOM/SNRT/2021

Grâce à une présence sur tout le territoire marocain, FC Media est devenu un acteur national incontournable de l’affichage et le mobilier urbains. La société couvre également les univers aéroportuaire, ferroviaire, autoroutes ainsi que les centres commerciaux et centres de loisirs.

FC Media a étoffé son offre avec de nouveaux panneaux numériques de grande qualité qui lui ont permis de se démarquer davantage de ses concurrents. En effet, en plus de la diffusion d’un contenu plus attractif, plus agréable et plus riche, ces nouveaux supports digitaux ont permis à FC Media de proposer à ses clients une offre premium unique sur le marché. Une offre qui de surcroît permet une meilleure facturation. Un panneau numérique serait facturé, au prix facial de 1 à 1,5 millions de dirhams, soit 3 à 4 fois le tarif d’un panneau classique.

Ce marché de la SNRT remporté par FC Media, est un événement majeur du secteur publicitaire. Après deux années de vaches maigres durant lesquelles les annonceurs ont drastiquement réduit et souvent annulé leurs budgets de communication et de publicité, cet investissement de presque 15 millions de dirhams représente l’espoir d’un appel d’air que pourrait suivre d’autres opérateurs publics et privés.

L’attente est très forte des sociétés d’affichages et régies publicitaires, des agences de communications mais également des médias, sauvagement concurrencés par les GAFA. Une attente qui est entrain de muer à de la panique avec les perspectives économiques désastreuses qui se dessinent, résultat de la conjugaison de facteurs aggravants qui sont la sécheresse, la pandémie, l’inflation et l’instabilité géopolitique.

La guerre de tranchées continue entre Youness Moujahid et Khalil Hachimi Idrissi

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La nouvelle est tombée ce mercredi et c’est une première. Le Conseil National de la Presse présidé par Youness Moujahid retire la carte de presse à Khalil Hachimi Idrissi, directeur général de l’agence officielle MAP, pour une durée d’une année. Maghreb Intelligence qui a rapporté l’information en exclusivité, qualifie cette décision de «séisme dans le milieu médiatique et de la presse au Maroc». Si la motivation officielle de ce verdict inédit du CNP est le contenu jugé diffamatoire d’un livre édité par la MAP, la réalité des faits est plus complexe. Il s’agit d’un nouvel épisode d’une «guerre de tranchées» entre les deux rivaux de la presse nationale, Youness Moujahid et Khalil Hachimi Idrissi.

Préparez votre bol de popcorn, le récit est autant croustillant que désolant!

Juin 2018, à l’occasion de la constitution du Conseil National de la Presse, une lutte d’influence entre le clan Youness Moujahid et celui de Khalil Hachimi Idrissi éclate au grand jour.

Acte 1 : Constitution du CNP

Le DG de la MAP soutenu par la majorité de ses journalistes, par Nourredine Miftah, Président de la FMEJ et par Ali Bouzerda et Abdessamad Bencherif, respectivement têtes de listes candidates «Le Changement» et «Fidélité et responsabilité», a vigoureusement accusé le SNPM, représenté par le duo Abdallah Bakkali et Youness Moujahid, de verrouiller les élections du CNP en faveur de la liste que soutient le syndicat, à savoir celle de Hamid Saâdni «Liberté, probité et professionnalisme».

Khalil Hachimi Idrissi va pousser ses journalistes de la MAP à déposer plainte en référé auprès du tribunal administratif de Rabat afin d’invalider l’opération d’élection des membres du Conseil national de la presse. Une plainte qui sera rejeté par le tribunal qui s’est déclaré incompétent. Débouté également en appel, le clan MAP décide de boycotter ces élections.

Les protagonistes vont continuer à se harponner par communiqués interposés, même après l’annonce des résultats en faveur de la seule liste en course, celle de Hamid Saâdni qui comprend tous les ténors du Syndicat de la presse.

Acte 2 : Élections des instances du CNP

Le jeudi 4 octobre 2018, la veille des élections des instances du CNP, Khalil Hachimi Idrissi publie l’un de ses communiqués les plus virulents contre des confrères. Il décrit le binôme Younes Moujahid et Abdallah Bekkali «d’individus disqualifiés moralement et discrédités sur le plan déontologique». Encore plus grave, il les met dans le même sac que les membres de la Fédération Internationale des Journalistes en les accusant d’être «au service d’un agenda «étranger» !

«Ces individus ont toujours été au service d’un agenda étranger» a écrit le DG de la MAP dans son communiqué. 

L’offensive à l’arme lourde de Khalil Hachimi Idrissi n’a pas eu l’effet escompté. Le lendemain, soit le vendredi 05 octobre 2018, les membres du CNP élus en juin, se sont réunis au siège du ministère de la Culture et de la Communication, en présence du ministre Mohamed Laaraj, et ont élu Youness Moujahid président du Conseil National de la Presse pour un mandat de quatre ans, renouvelable une fois.

https://twitter.com/IFJGlobal/status/1048238266443599872

Acte 3 : Abdellah Bekkali accuse Khalil Ahchimi Idrissi de dilapidation de deniers publics

Le 9 mai 2019, lors d’une conférence de presse donnée à Tanger, Abdellah Bekkali, président du SNPM aurait accusé Khalil Hachimi Idrissi de dilapidation de deniers publics, entre autres. Le journaliste d’Assabah, rapporte ces propos dans un article publié sur les colonnes du quotidien arabophone. Il n’en fallait pas plus pour que le patron de la MAP porte plainte. D’abord devant le tribunal de première instance de Rabat contre Bekkali et Ramchi, le 27 juin 2019. Six mois plus tard, le tribunal donne son verdit et décide, le 14 janvier 2020, de rejeter la plainte pour vices de forme. Khalil Hachimi Idrissi dépose une deuxième plainte à Casablanca contre le président du SNPM, le journaliste et le directeur de publication du groupe Eco Media, Abdelmounaïm Dilami. Ce n’est que le 5 juillet 2021, soit dix-huit mois plus tard que le verdict est tombé: Abdellah Bekkali est innocenté alors que Dilami et Ramchi sont condamnés pour diffamation à une amende de 10.000 dirhams chacun et 1.000 dirhams chacun au titre des dommages profit du plaignant. Abdellah Bekkali s’en sort miraculeusement.

Acte 4 : Cartes de presse professionnelles «made» par la MAP

Ne s’avouant pas vaincu, le patron de la MAP va tenter en mars 2020, un «forcing» pour s’émanciper du CNP. Dès les premières semaines de l’avénement de la pandémie et peu content de la délivrance des cartes de presse à ses journalistes par le Conseil de Moujahid, il annonce dans une dépêche officielle qu’il allait lancé sa propre carte de presse professionnelle. Encore une fois il ne va pas y aller de main morte. Il va justifier sa démarche inédite par le fait que le CNP est «une association non constitutionnelle, et dans laquelle la MAP n’a le statut ni d’électeur ni d’éligible».

«Les conditions exigées par le Conseil national de la presse (CNP) , — une association non constitutionnelle, et dans laquelle la MAP n’a le statut ni d’électeur ni d’éligible— pour délivrer la carte de presse, ne sont pas opposables à des journalistes du service public qui demeurent régis par le code de la fonction publique et du statut de la MAP conformément à l’art. 3 de la loi 13-89 du journaliste professionnel.» souligne la dépêche.

«(..) c’est la carte de presse professionnelle de la MAP qui prévaut pour les journalistes de l’Agence marocaine de presse à l’exclusion de tout autre carte» s’insurge le DG de l’agence.

Le lendemain, mardi 24 mars, Youness Moujahid répond à cette décision de Khalil Hachimi Idrissi avec autant de virulence. Le président du CNP affirme que «la MAP n’a le statut ni d’électeur ni d’éligible dans le CNP pour délivrer la carte de presse aux journalistes du service public».

Il estime que cette décision constitue une « violation flagrante de la loi 90.13, portant création du CNP, et en particulier de son article 2, qui stipule que l’octroi de la carte de presse professionnelle est du ressort exclusif du Conseil».

«Il est donc faux de prétendre que les journalistes de l’agence ont été privés de leur carte de presse, un paralogisme avancé par la direction de l’agence pour « justifier » sa décision de produire une carte de presse alternative, en violation flagrante de la loi» fustige le communique du CNP.

Acte 5 : Suspension de l’édition et de la distribution des journaux en raison de la pandémie

Le 25 mars, le jour où le CNP s’est réuni pour adopté en plénière le règlement intérieur du régulateur de la profession, Khalil Hachimi Idrissi va attaquer le Conseil encore une fois pour remettre en cause son appel à la suspension de l’édition et de la distribution des journaux en raison du coronavirus.

L’attaque n’a pas réussi à faire couler le CNP, puisque deux mois plus tard, le 11 mai 2020, le règlement intérieur du Conseil sera entériné par décret du Chef du Gouvernement avant d’être publié au dernier Bulletin officiel (numéro 6885 du 25 mai 2020).

Le décret publié, Youness Moujahid se met enfin sur selle pour traiter les affaires relatives à la déontologie ou concernant la médiation et l’arbitrage dont il est saisi. Il ne manquera pas d’ailleurs, sept mois plus tard d’appliquer ses prérogatives sur celui qui voulait sa peau, Khalil Hachimi Idrissi.

Acte 6 : Le Syndicat national de la presse marocaine étrille la MAP

Juin 2021, Le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) dirigé par Abdellah Bakkali, allié de Youness Moujahid au sein du CNP, publie un rapport cinglant sur le travail syndical au sein de la MAP durant la période 2019-2021.

Khalil Hachimi Idrissi réplique par une dépêche officielle violente. «Le SNPM n’est pas présent à la MAP car ce syndicat a été incapable de faire élire des délégués. Pas un seul. Nous le mettons au défi de produire un quelconque récépissé légal de constitution. La direction ne peut pas recevoir un syndicat fantôme qui n’a pas une existence légale et formelle en son sein», a-t-il écrit.

Pour le patron de la MAP, le SNPM et ses dirigeants actuels ( Bakkali et Moujahid, ndlr) sont «des hommes du passé pour ne pas dire du passif. Ils ont transformé ce syndicat en rente personnalisée et en officine politique misérabiliste gérée dans l’opacité la plus complète».

Et d’ajouter, «Les syndicalistes honnêtes et authentiques ont été marginalisés. Les responsables actuels, et à leur tête Abdellah Bakkali, que le DG de la MAP a trainé devant la justice pour diffamation, ont conduit ce syndicat au naufrage et à la perte de ses positions, autrefois solides, dans de nombreuses institutions médiatiques».

Acte 7 : Youness Moujahid retire la carte de presse à Khalil Hachimi Idrissi

Youness Moujahid attendra le moment opportun pour enclencher une nouvelle salve contre le patron de la MAP.

Les remous suscités suite à l’édition du livre « Figures de la presse marocaine » par l’agence de presse ont été du pain béni pour le Président du CNP. Tous les griefs du duo Moujahid/ Bekkali y sont rassemblés : mal utilisation des derniers publics, copinage et soupçons de diffamation.

Youness Moujahid va oser l’impensable. Il décide de retirer la carte de presse au DG de l’agence de presse officielle du Royaume, nommé par le Souverain. Du jamais vu!

Techniquement, Khalil Hachimi Idrissi n’a plus le droit d’exercer sa profession de journaliste durant une année entière. La sanction notifiée à Khalil Hachimi Idrissi ce mercredi 9 février 2022 comprend en plus du retrait de la carte de presse, une amende de 50.000 dirhams.

Dès sa publication, le livre incriminé par le CNP a suscité beaucoup de réactions passionnées. Et pour cause, l’auteur a signé un ouvrage où il a autant distribué d’hommage que de coups de chicotte (Expression empruntée de Jeune Afrique).

En décalage avec sa mission de médiateur de la MAP où il est sensé favoriser le débat et la réflexion sur l’éthique et les bonnes pratiques de la profession, Driss Ajbali assume le fait d’avoir «écarter la méthode scientifique pour laisser libre cours à une subjectivité assumée tout au long de son travail de rédaction du livre».

Feu Fahd Yata : « Figures de la presse marocaine » ou les élucubrations subjectives d’un pâle biographe…

Feu Fahd Yata, n’a pas été particulièrement amusé par le récit de Driss Ajbali financé par son ami Khalil Hachimi Idrissi. Le 13/08/2021, il publie un article pour lequel il a choisi un titre qui résume tout le mal qu’il pensait du livre : « Figures de la presse marocaine » ou les élucubrations subjectives d’un pâle biographe

Fahd Yata s’est demandé si l’objectif de l’auteur n’était autre que «de faire la part entre « les copains et les coquins », au gré de ses amitiés, de ses préférences idéologiques, de ses partis-pris et de sa subjectivité».

«Bien évidemment, tous ceux affublés de qualificatifs laudateurs, d’une titraille bassement racoleuse, y trouveront leur compte, tandis que les autres n’y comprendront que bassesse et insignifiance, voyant dans cet ouvrage une machine à régler des comptes, parfois anciens…» s’est-il indigné.

Anis Hajjam : La MAP et la mémoire broyée

L’ancien animateur télé Anis Hajjam, n’a pas manqué d’exprimer lui aussi son étonnement à la lecture du livre de la MAP.

Dans un article publié sur les colonnes de L’Opinion, Anis Hajjam corrige les erreurs et approximations de sa propre biographie parue sur l’ouvrage de Driss Ajbali. «– moi qui ne suis pas né en 1961, moi qui n’ai pas démarré ma carrière à la RTM, moi qui n’ai jamais été membre du jury de Studio 2M, moi qui ne «trainais» pas dans toutes les manifestations et festivals de cinéma, moi qui ne me consacre pas à l’écriture journalistique que récemment, moi qui ne traite pas que de musique…» s’est-il offusqué.

Et d’ajouter «Dommage pour une publication, validée par la MAP, censée servir de référence pour de futures générations amenées à faire des recherches sur le journalisme marocain d’avant et d’hier». 

Anis Hajjam estime que l’ami Khalil Hachimi Idrissi (Driss Ajbali, ndlr) qui qualifie cette belle oeuvre ratée de «travail herculéen» a dû s’arrêter au dénombrement (non exhaustif et parfois insensé) des personnes, pas en fonction de ce qu’ils sont, de ce qu’ils ont donné ou à quoi ressemblait leur parcours.

«Dommage pour un spécialiste du ton que j’ai connu à Paris, dans une autre vie, comme producteur et manager des Frères Bouchnak» a-t-il lancé.

Mustafa Elfanne : Les décisions du CNP comportent une menace pour l’État

Inattendue et choquante, la décision du CNP de retirer la carte au Patron de la MAP a tétanisé les commentateurs. Si Ridouane Erramdani s’est contenté d’écrire la phrase suivante sur son sa page Facebook : «Conseil militaire de la presse…», son confrère Mustafa Elfanne va s’insurger contre le Conseil de Youness Moujahid.

Sur sa page Facebook, Elfanne va se lancer dans une tirade pour laquelle il choisira la chute suivante : «Les décisions rendues par le Conseil menacent l’Etat…».

«Je ne dirai pas que ces décisions ont été rendues en dehors de la loi, hors de la constitution, hors de l’histoire et hors de la géographie. Je dirai plutôt qu’il faut remercier Dieu tout puissant car ce Conseil « souverain » n’a pas assorti ces lourdes peines contre ces journalistes d’une autre peine qui les priverait de liberté» a-t-il écrit.

«Nos collègues de ce Conseil « souverain » (CNP, ndlr) empêchent un haut fonctionnaire nommé par arrêté royal d’exercer sa profession» a-t-il ajouter.

Pour Mustafa Elfanne, cette décision de Youness Moujahid ne serait que «vengeance, règlement de comptes et surtout une manoeuvre préparant les conditions d’un second mandat à la tête du CNP».

En plus de Khalil Hachimi Idrissi, quatre autres journalistes sont sanctionnés par le CNP notamment Ahmed Najim de Goud

Ahmed Najim est l’autre journaliste dont le nom a fuité de la dernière fournée de journalistes sanctionnés par le CNP. Le directeur de publication de Goud a été incriminé pour diffamation à l’encontre d’une «influenceuse politique», Chama Darchoul.

Dans un article diffamatoire il a entre autres sous-entendu que cette jeune dame aurait utilisé son frère travaillant au Cabinet Royal pour accéder à de l’information sensible.

Najim s’est vu retirer sa carte de presse pour une durée de six mois.

Acte 8 : Said Ida Hassan avance que Khalil Hachimi Idrissi remplacerait Nasser Bourita

A la lecture des articles que publie l’ancien directeur du bureau de la MAP à Madrid, Said Ida Hassan sur son site web Andaluspress, on ne peut pas dire qu’il porte Khalil Hachimi Idrissi dans son coeur.

Dans un papier en date du 09 février 2022, soit le jour même de la décision du CNP de retirer la carte de presse au DG de la MAP, Said Ida Hassan avance que les jours de Nasser Bourita étaient comptés à la tête du ministère des Affaires étrangères et que Khalil Hachimi Idrissi serait candidat à sa succession.

L’ancien agencier de la MAP à Madrid et ami de Youness Moujahid, évoque des rumeurs de salons à Rabat sur une éventuelle volonté royale de remplacer Bourita et les lie avec les activités diplomatiques, qu’il qualifie d’intenses, récemment entreprises par Khalil Hachimi Idrissi.

Said Ida Hassan fait allusion à deux rencontres en une semaine du patron de la MAP avec l’ambassadrice de Jordanie et celui de l’Inde.

Ce sont les expressions utilisées dans les dépêches résumant ces rencontres qui ont poussé entre autres le fondateur d’Andaluspress, de penser que Khalil Hachimi Idrissi pourrait succéder à Nasser Bourita.

En effet, la dépêche parle de l’entrevue du DG de la MAP avec l’ambassadeur indien comme «occasion pour les deux parties de passer en revue les moyens d’approfondir la coopération entre les deux pays et de hisser les relations bilatérales à des niveaux supérieurs, particulièrement dans le domaine des médias, en vue de permettre aux peuples des deux pays de mieux se connaître». Une expression usuellement utilisée entre chefs d’Etats ou chefs de diplomatie.

Khalil Hachimi Idrissi rêve de faire de la MAP l’axe central du «pôle audiovisuel public»

Nommé le 27 juin 2011 par le Roi Mohammed VI à la tête de la MAP, Khalil Hachimi Idrissi a hérité d’une institution qui battait de l’aile.

On se rappelle tous de l’image qu’avaient l’agence de presse officielle durant le printemps arabe, surtout auprès des jeunes qui ont investit les réseaux sociaux.

Il faut reconnaitre à Khalil Hachimi Idrissi d’avoir réussi le pari du web, d’avoir améliorer significativement le «Brand Content» de la marque MAP et d’avoir ouvert l’agence sur le monde.

Nul ne peut nier aujourd’hui le fait que la MAP est devenue la principale sinon l’unique source fiable de l’information au Maroc, dans un monde infesté par les fake-news. Khalil Hachimi Idrissi a également réussi à trouver un mix entre l’info gratuite et payante ainsi qu’à saturer les moteurs de recherches en multipliant les portails notamment les régionaux.

Fort de ce succès, il décide de s’attaquer au pôle audiovisuel public que représente désormais la SNRT. Pour cela, il va enrichir l’arsenal juridique de l’agence en lobbyant, notamment avec le soutien de son ami Mustapha El Khalfi, pour l’entrée en vigueur du projet de loi 02.15 relatif à la réorganisation de la MAP.

La loi n° 02.15 a permis à Khalil Hachimi Idrissi à afficher son objectif de faire sortir l’Agence de la logique du produit unique « la dépêche » et de lancer un service de diffusion audiovisuelle par satellite.

Le 14 octobre 2021, le patron de la MAP lance un signal aux pouvoirs publiques en faisant dire à un «professeur chercheur» tout haut ce qu’il pense tout bas. Dans une dépêche signée par le professeur chercheur, Saïd Tammame, Khalil Hachimi Idrissi affiche son ambition : «La loi 02-15 relative à la réorganisation de l’Agence Maghreb Arabe Presse (MAP) a conféré à l’Agence de nouvelles missions qui la prédisposent à devenir l’axe central du « pôle public », qui se compose également de la Société Nationale de Radiodiffusion et de Télévision (SNRT) et de la SOERAD-2M».

Particulièrement pressé, il va s’aventurer dans deux expériences audiovisuelles dont l’impact et l’utilité restent encore à démontrer : La radio et la télé de la MAP. Au vu des ressources humaines et moyens financiers dont dispose l’agence, les projets RIM et M24 se sont retrouvés plus en concurrence avec les médias privés qu’avec le trio SNRT, SOREAD et Medi1. Le modèle Khalil Hachimi Idrissi arrive à son plafond de verre.

L’autre perversion du modèle KHI, est le déséquilibre de sa stratégie d’ouverture commerciale de la MAP. Au fil du temps, le portail de l’agence et ses réseaux sociaux sont devenus des espaces publicitaires de marques internationales. Encore plus inquiétant, la MAP a mis à sa crédibilité et son statut en jeu en se laissant utilisée comme outil d’influence sur les politiques publiques, à l’image des campagnes PR du constructeur chinois Huawei, en guerre commerciale pour se placer au Maroc. Encore plus problématique, Khalil Hachimi Idrissi a rendu la MAP plus difficile d’accès aux entreprises marocaines au moment où il déroule le tapis rouges aux marques étrangères.

Notant qu’aucune agence de presse officielle au Monde ne fait de publicité pour une téléphone où une boisson gazeuse., sauf celle de Khalil Hachimi Idrissi.


Références

Scandale : L’Agence du Sud finance avec de l’argent public la construction de l’extension du lycée français OSUI de Dakhla

Pandémie, sécheresse, crise économique et sociale, crise chronique de l’enseignement, crises diplomatiques, autant de voyants rouge que tout haut responsable marocain patriote, intègre et compétent doit prendre en compte dans l’exercice de ses fonctions.

Cette situation alarmante semble échapper au Directeur Général de l’Agence pour la Promotion et le Développement Économique et Social des Provinces du Sud du Royaume, APDS, Jabrane Reklaoui. Ce haut responsable n’a trouvé mieux pour démarrer l’exercice 2022 que de lancer un marché public pour la construction de l’extension du lycée français de Dakhla, Odette du Puigaudeau. Un établissement géré par le très riche réseau privé OSUI, qui réalise un Chiffre d’Affaires annuel d’environ 616 millions de dirhams au Maroc, rien qu’en frais de scolarité. Un scandale !

Jabrane Reklaoui, Directeur Général de l’APDS vit sur une autre planète. Que le tourisme s’écroule, que l’école publique s’effondre, que la France diffame nos institutions, que les jeunes des provinces du sud restent au chômage rien n’est prioritaire pour lui que l’extension d’un lycée géré par le très riche programme français, OSUI.

Le 28 janvier 2022, l’APDS, connue communément par l’Agence du Sud, a lancé un appel d’offre pour des travaux d’extension de l’école Odette du Puigaudeau de l’OSUI à la ville de Dakhla. Un appel d’offre constitué en quatre lots, d’une valeur estimée à 6.328.748,00 de dirhams.

Tableau extrait des avis d’appels d’offres ouverts N°01/2022, N°2/2022, N°3/2022, N°6/2022

Priorité N°1 de Jabrane Reklaoui en 2022, l’extension du Lycée français

Comme mentionné sur le tableau ci-dessus, l’appel d’offre relatif à l’extension du Lycée français est le premier à être lancé cette année par l’APDS. Les numéros des AO ne mentent pas : 01/2022, 02/2022, 03/2022 et 06/2022.

Nos recherches nous ont également révélé qu’il s’agit du seul projet lancé cette année concernant la ville de Dakhla par l’Agence du Sud.

Pourquoi donc Jabrane Reklaoui s’est-il précipité à lancer les consultations sur ce projet dès le début de l’année? L’OSUI ou lui-même, ont-ils craint que les relations entre Rabat et Paris s’enveniment davantage et capotent leurs projets? A-t-il subit la pression de l’OSUI pour que les travaux soient achevés avant la rentrée prochaine pour ne pas perdre une année de chiffre d’affaires? Nous n’avons pas de réponse.

En 2020, l’OSUI a constaté un Chiffre d’Affaires de 58 millions d’euros

Pour éclairer nos lecteurs, l’OSUI, Office Scolaire et Universitaire International, est un réseau privé d’établissements scolaires affiliés à la mission laïque française. Installé au Maroc depuis 1996, il est venu en renfort du système AEFE ( Agence pour l’enseignement français à l’étranger), submergé par la forte demande marocaine.

Contrairement aux écoles AEFE, directement gérées par la France et le Ministère des Affaires Etrangères français et reçoivent des subventions publiques, les écoles OSUI sont auto-financées.

Le programme OSUI étant une association sans but lucratif, ne génère pas de bénéfices et se doit de réinvestir le chiffre d’affaire engrangé par les frais de scolarité des élèves, dans les locaux, les équipements et l’équipe pédagogique et administrative.

Le caractère privé de ce réseau, implique logiquement des tarifs bien plus élevés que ceux de l’AEFE. Un business qui a généré en 2020 un chiffre d’affaires de 57 934 873 d’euros, soit 613.581.928,00 de dirhams pour seulement 10 établissements.

Financer un lycée privé français avec de l’argent public, une hérésie

Si l’Etat français ne donne pas de subvention au programme OSUI au Maroc, pourquoi donc l’Agence du Sud va-t-elle le faire ? Même la carte de la cause nationale ne marche pas dans ce cas d’espèce. Ce n’est pas une école privée, gérée par une association française qui fera le poids.

Jabra Reklaoui, Directeur Général de l’Agence pour la Promotion et le Développement Economique et Social des Provinces du Sud du Royaume

En se faisant entrainer dans cette affaire, M. Jabrane Reklaoui ne rend pas service aux parents qui ont accepté de payer plus cher parce que l’OSUI leur a fait comprendre que c’est notamment pour investir dans le maintien d’une qualité constante d’enseignement.

Alors que toute la région Dakhla-Oued Eddahab a besoin du moindre dirham en ce contexte de crise socioéconomique et de tensions géostratégiques, Jabrane Reklaou veut mobiliser plus de 6,3 millions de dirhams ainsi que des ressources humaines et administratives de l’APDS, de la préfecture et des services centraux et plusieurs mois d’aller-retour au profit d’un privé français bien loti. Une hérésie.

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