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Médias

«MEDI 1» : Hassan Khiyar a loupé le coche pour construire un groupe audiovisuel digne de ce nom

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Douze ans après sa nomination à la tête de Medi 1, le bilan de Hassan Khiyar est décevant. En plus des audiences en constante dégringolade, l’ancien administrateur d’Alstom Maroc n’a pas préservé la valeur et l’aura de la marque qui, naguère dominait l’information et l’influence dans tout le Maghreb.

Rien ne va plus dans le groupe audiovisuel dirigé depuis 2010 par Hassan Khyar. Les chiffres des audiences parlent d’eux-mêmes : 2,9 % pour la chaine télé Medi1 TV et moins de 6,5% pour l’emblématique radio «Medi 1».

La première radio du Maghreb est devenue l’ombre d’elle même et le projet de chaine de télévision panafricaine est un cuisant échec. Pourtant, Hassan Khiyar, un dirigeant rompu à la culture du résultat et à la valeur du travail avait tout pour réussir. En plus d’un appui institutionnel prestigieux, il avait entre les mains une marque historiquement influente et forte et tenait les rênes de la régie publicitaire, Régie 3.

Les quatre péchés capitaux de Hassan Khyar

La bonne volonté, la capacité de travail et la discrétion dont fait preuve M. Khyar ne lui ont pas suffit pour réussir sa mission de transformer le groupe Medi 1. Ses choix éditoriaux marketing et sa gestion des ressources humaines ont plombé tous ses efforts. Si à la radio, le lobby français a réussi à prendre le dessus, se laissant grignoter jour après jour ses parts de marchés par ses concurrentes locales, la télé quand à elle se retrouve à date d’aujourd’hui sans identité et sans âme.

1. Stratégie multimarques défaillante

Hassan Khyar a probablement été influencé par son confrère Khalil Hachimi Idrissi quand à sa stratégie de marque. Pourtant, contrairement au patron de la MAP qui avait hérité d’un branding désuet, le PDG de Medi 1 se reposait sur une marque puissante qu’il devait la porter encore plus haut.

M. Khyar ne s’est contenté de la marque Medi 1 TV, il en a ajouté M Télévision, M Afrique, M Maghreb, M Arabic, Medi1news, Medi1podcast. En six années, la valeur de la marque s’est effritée et le stock de l’audience hérité de Abbas Azzouzi s’est fondu. D’aucuns aujourd’hui ne peut définir l’audience de la chaine.

2. Digital abandonné en cours de route

Du temps de Azzouzi et durant les premières années du règne de Khyar, Medi1 TV s’est distinguée par une stratégie et une présence digitales agressives au point de faire trembler Soread 2M.

Du jour au lendemain, la chaine décide de lever le pied et de tourner le dos à ce qui constituait sa particularité et sa différenciation vis-à-vis sa concurrence locale.

3. Ligne éditoriale : incolore et indolore

Hassan Khyar a finit par rendre la ligne éditorial de Medi 1 à son image : pas de vague, pas de prise risque et pas de coups d’éclats. Le PDG vit avec cette hantise de recevoir des coups de fils inquisiteurs concernant une phrase ou un sujet traité par ses journalistes. Résultat, point de coup de fils, point d’identité et encore moins d’audience.

4. Gestion des ressources humaines : le talent d’Achille de M. Khyar

De part le fait qu’elle soit née d’une JV entre Rabat et Paris et d’avoir été longtemps sous l’emprise d’un seul homme, feu Pierre Casalta , Medi 1 est une organisation complexe. Son dirigeant se voit donc dans l’obligation de cultiver la coopération entre les divers fonctions et corps de métiers du groupe audiovisuel pour atteindre l’excellence opérationnelle.

Cette dynamique attendue de la part de Hassan Khyar n’a pas été au rendez-vous, principalement en raison de ses difficultés relationnelles. Lesquelles difficultés ont fait émerger d’autres problématiques : le manque d’innovation et de créativité et l’impact négatif renvoyé sur le collectif, avec des conséquences directes en termes de confiance, de satisfaction et d’engagement.

«En manque d’idées novatrices et surtout de sens journalistique, le PDG a fait le vide autour de lui» écrit Maghreb Intelligence.

La même source rappelle également le triste bilan RH de M. Khyar : «une série de licenciements de journalistes et de techniciens de la chaîne et de multiples bras de fer avec les syndicats».

Fin de mandat

«D’après plusieurs observateurs le mandat de Hassan Khiyar à la tête de Medi 1 TV arriverait bientôt à son terme», révèle Maghreb Intelligence.

Un départ prévisible depuis l’annonce en mai 2021 par le ministre de la communication de l’époque Othman El Ferdaous de la prise du contrôle par la SNRT de la Soread et de Medi1TV, donnant naissance à un pôle audiovisuel public.

Une décision salvatrice qui devrait permettre au Maroc de mutualiser les ressources et les efforts pour faire émerger un paysage audiovisuel que mérite tous les marocains.

FC Media rafle à Mediarep l’Appel d’offre d’affichage urbain de la SNRT

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Finalement, c’est sur les panneaux de FC Media, que la SNRT diffusera ses publicités pour l’année en cours. Le leader national de l’affichage a remporté ce marché à l’issue d’un appel d’offre auquel a soumissionné un concurrent unique, Mediarep, une régie publicitaire fondée par l’actuelle ambassadrice du Royaume en Norvège, Nabila Freidji. L’offre financière du soumissionnaire retenu s’élève à 14.447.400 dhs, alors que le marché était estimé à 15.600.000 dhs TTC.

Dans le cadre du renforcement du lien entre sa marque et son audience et de sa relation de proximité avec celle-ci, la SNRT a lancé, le 8 décembre 2021, un appel d’offre pour choisir son partenaire pour l’affichage urbain 4X3 pour l’année 2022 dont le coût des prestations a été estimé à 15.600.000,00 dhs TTC.

L’avis de cet appel d’offre publié sur les quotidiens, Assahra Almaghribiya et Le Matin, a suscité l’intérêt de deux sociétés spécialisées de la place, FC Media, détenue par Mohamed Mounir Majidi, et Mediarep cofondée par l’actuelle ambassadrice du Royaume en Norvège, Nabila Freidji.

A l’examen des offres techniques et financières, le maître d’ouvrage de la SNRT représentée par la Direction Marketing et Programmation TV, a éliminé la soumission de Mediarep et a retenu celle de FC Media qui en plus d’une offre technique plus étoffée a présenté la meilleure offre financière arrêtée à 14.447.400,00 dhs.

Extrait du PV de l’AO 51AOM/SNRT/2021

Grâce à une présence sur tout le territoire marocain, FC Media est devenu un acteur national incontournable de l’affichage et le mobilier urbains. La société couvre également les univers aéroportuaire, ferroviaire, autoroutes ainsi que les centres commerciaux et centres de loisirs.

FC Media a étoffé son offre avec de nouveaux panneaux numériques de grande qualité qui lui ont permis de se démarquer davantage de ses concurrents. En effet, en plus de la diffusion d’un contenu plus attractif, plus agréable et plus riche, ces nouveaux supports digitaux ont permis à FC Media de proposer à ses clients une offre premium unique sur le marché. Une offre qui de surcroît permet une meilleure facturation. Un panneau numérique serait facturé, au prix facial de 1 à 1,5 millions de dirhams, soit 3 à 4 fois le tarif d’un panneau classique.

Ce marché de la SNRT remporté par FC Media, est un événement majeur du secteur publicitaire. Après deux années de vaches maigres durant lesquelles les annonceurs ont drastiquement réduit et souvent annulé leurs budgets de communication et de publicité, cet investissement de presque 15 millions de dirhams représente l’espoir d’un appel d’air que pourrait suivre d’autres opérateurs publics et privés.

L’attente est très forte des sociétés d’affichages et régies publicitaires, des agences de communications mais également des médias, sauvagement concurrencés par les GAFA. Une attente qui est entrain de muer à de la panique avec les perspectives économiques désastreuses qui se dessinent, résultat de la conjugaison de facteurs aggravants qui sont la sécheresse, la pandémie, l’inflation et l’instabilité géopolitique.

La guerre de tranchées continue entre Youness Moujahid et Khalil Hachimi Idrissi

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La nouvelle est tombée ce mercredi et c’est une première. Le Conseil National de la Presse présidé par Youness Moujahid retire la carte de presse à Khalil Hachimi Idrissi, directeur général de l’agence officielle MAP, pour une durée d’une année. Maghreb Intelligence qui a rapporté l’information en exclusivité, qualifie cette décision de «séisme dans le milieu médiatique et de la presse au Maroc». Si la motivation officielle de ce verdict inédit du CNP est le contenu jugé diffamatoire d’un livre édité par la MAP, la réalité des faits est plus complexe. Il s’agit d’un nouvel épisode d’une «guerre de tranchées» entre les deux rivaux de la presse nationale, Youness Moujahid et Khalil Hachimi Idrissi.

Préparez votre bol de popcorn, le récit est autant croustillant que désolant!

Juin 2018, à l’occasion de la constitution du Conseil National de la Presse, une lutte d’influence entre le clan Youness Moujahid et celui de Khalil Hachimi Idrissi éclate au grand jour.

Acte 1 : Constitution du CNP

Le DG de la MAP soutenu par la majorité de ses journalistes, par Nourredine Miftah, Président de la FMEJ et par Ali Bouzerda et Abdessamad Bencherif, respectivement têtes de listes candidates «Le Changement» et «Fidélité et responsabilité», a vigoureusement accusé le SNPM, représenté par le duo Abdallah Bakkali et Youness Moujahid, de verrouiller les élections du CNP en faveur de la liste que soutient le syndicat, à savoir celle de Hamid Saâdni «Liberté, probité et professionnalisme».

Khalil Hachimi Idrissi va pousser ses journalistes de la MAP à déposer plainte en référé auprès du tribunal administratif de Rabat afin d’invalider l’opération d’élection des membres du Conseil national de la presse. Une plainte qui sera rejeté par le tribunal qui s’est déclaré incompétent. Débouté également en appel, le clan MAP décide de boycotter ces élections.

Les protagonistes vont continuer à se harponner par communiqués interposés, même après l’annonce des résultats en faveur de la seule liste en course, celle de Hamid Saâdni qui comprend tous les ténors du Syndicat de la presse.

Acte 2 : Élections des instances du CNP

Le jeudi 4 octobre 2018, la veille des élections des instances du CNP, Khalil Hachimi Idrissi publie l’un de ses communiqués les plus virulents contre des confrères. Il décrit le binôme Younes Moujahid et Abdallah Bekkali «d’individus disqualifiés moralement et discrédités sur le plan déontologique». Encore plus grave, il les met dans le même sac que les membres de la Fédération Internationale des Journalistes en les accusant d’être «au service d’un agenda «étranger» !

«Ces individus ont toujours été au service d’un agenda étranger» a écrit le DG de la MAP dans son communiqué. 

L’offensive à l’arme lourde de Khalil Hachimi Idrissi n’a pas eu l’effet escompté. Le lendemain, soit le vendredi 05 octobre 2018, les membres du CNP élus en juin, se sont réunis au siège du ministère de la Culture et de la Communication, en présence du ministre Mohamed Laaraj, et ont élu Youness Moujahid président du Conseil National de la Presse pour un mandat de quatre ans, renouvelable une fois.

https://twitter.com/IFJGlobal/status/1048238266443599872

Acte 3 : Abdellah Bekkali accuse Khalil Ahchimi Idrissi de dilapidation de deniers publics

Le 9 mai 2019, lors d’une conférence de presse donnée à Tanger, Abdellah Bekkali, président du SNPM aurait accusé Khalil Hachimi Idrissi de dilapidation de deniers publics, entre autres. Le journaliste d’Assabah, rapporte ces propos dans un article publié sur les colonnes du quotidien arabophone. Il n’en fallait pas plus pour que le patron de la MAP porte plainte. D’abord devant le tribunal de première instance de Rabat contre Bekkali et Ramchi, le 27 juin 2019. Six mois plus tard, le tribunal donne son verdit et décide, le 14 janvier 2020, de rejeter la plainte pour vices de forme. Khalil Hachimi Idrissi dépose une deuxième plainte à Casablanca contre le président du SNPM, le journaliste et le directeur de publication du groupe Eco Media, Abdelmounaïm Dilami. Ce n’est que le 5 juillet 2021, soit dix-huit mois plus tard que le verdict est tombé: Abdellah Bekkali est innocenté alors que Dilami et Ramchi sont condamnés pour diffamation à une amende de 10.000 dirhams chacun et 1.000 dirhams chacun au titre des dommages profit du plaignant. Abdellah Bekkali s’en sort miraculeusement.

Acte 4 : Cartes de presse professionnelles «made» par la MAP

Ne s’avouant pas vaincu, le patron de la MAP va tenter en mars 2020, un «forcing» pour s’émanciper du CNP. Dès les premières semaines de l’avénement de la pandémie et peu content de la délivrance des cartes de presse à ses journalistes par le Conseil de Moujahid, il annonce dans une dépêche officielle qu’il allait lancé sa propre carte de presse professionnelle. Encore une fois il ne va pas y aller de main morte. Il va justifier sa démarche inédite par le fait que le CNP est «une association non constitutionnelle, et dans laquelle la MAP n’a le statut ni d’électeur ni d’éligible».

«Les conditions exigées par le Conseil national de la presse (CNP) , — une association non constitutionnelle, et dans laquelle la MAP n’a le statut ni d’électeur ni d’éligible— pour délivrer la carte de presse, ne sont pas opposables à des journalistes du service public qui demeurent régis par le code de la fonction publique et du statut de la MAP conformément à l’art. 3 de la loi 13-89 du journaliste professionnel.» souligne la dépêche.

«(..) c’est la carte de presse professionnelle de la MAP qui prévaut pour les journalistes de l’Agence marocaine de presse à l’exclusion de tout autre carte» s’insurge le DG de l’agence.

Le lendemain, mardi 24 mars, Youness Moujahid répond à cette décision de Khalil Hachimi Idrissi avec autant de virulence. Le président du CNP affirme que «la MAP n’a le statut ni d’électeur ni d’éligible dans le CNP pour délivrer la carte de presse aux journalistes du service public».

Il estime que cette décision constitue une « violation flagrante de la loi 90.13, portant création du CNP, et en particulier de son article 2, qui stipule que l’octroi de la carte de presse professionnelle est du ressort exclusif du Conseil».

«Il est donc faux de prétendre que les journalistes de l’agence ont été privés de leur carte de presse, un paralogisme avancé par la direction de l’agence pour « justifier » sa décision de produire une carte de presse alternative, en violation flagrante de la loi» fustige le communique du CNP.

Acte 5 : Suspension de l’édition et de la distribution des journaux en raison de la pandémie

Le 25 mars, le jour où le CNP s’est réuni pour adopté en plénière le règlement intérieur du régulateur de la profession, Khalil Hachimi Idrissi va attaquer le Conseil encore une fois pour remettre en cause son appel à la suspension de l’édition et de la distribution des journaux en raison du coronavirus.

L’attaque n’a pas réussi à faire couler le CNP, puisque deux mois plus tard, le 11 mai 2020, le règlement intérieur du Conseil sera entériné par décret du Chef du Gouvernement avant d’être publié au dernier Bulletin officiel (numéro 6885 du 25 mai 2020).

Le décret publié, Youness Moujahid se met enfin sur selle pour traiter les affaires relatives à la déontologie ou concernant la médiation et l’arbitrage dont il est saisi. Il ne manquera pas d’ailleurs, sept mois plus tard d’appliquer ses prérogatives sur celui qui voulait sa peau, Khalil Hachimi Idrissi.

Acte 6 : Le Syndicat national de la presse marocaine étrille la MAP

Juin 2021, Le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) dirigé par Abdellah Bakkali, allié de Youness Moujahid au sein du CNP, publie un rapport cinglant sur le travail syndical au sein de la MAP durant la période 2019-2021.

Khalil Hachimi Idrissi réplique par une dépêche officielle violente. «Le SNPM n’est pas présent à la MAP car ce syndicat a été incapable de faire élire des délégués. Pas un seul. Nous le mettons au défi de produire un quelconque récépissé légal de constitution. La direction ne peut pas recevoir un syndicat fantôme qui n’a pas une existence légale et formelle en son sein», a-t-il écrit.

Pour le patron de la MAP, le SNPM et ses dirigeants actuels ( Bakkali et Moujahid, ndlr) sont «des hommes du passé pour ne pas dire du passif. Ils ont transformé ce syndicat en rente personnalisée et en officine politique misérabiliste gérée dans l’opacité la plus complète».

Et d’ajouter, «Les syndicalistes honnêtes et authentiques ont été marginalisés. Les responsables actuels, et à leur tête Abdellah Bakkali, que le DG de la MAP a trainé devant la justice pour diffamation, ont conduit ce syndicat au naufrage et à la perte de ses positions, autrefois solides, dans de nombreuses institutions médiatiques».

Acte 7 : Youness Moujahid retire la carte de presse à Khalil Hachimi Idrissi

Youness Moujahid attendra le moment opportun pour enclencher une nouvelle salve contre le patron de la MAP.

Les remous suscités suite à l’édition du livre « Figures de la presse marocaine » par l’agence de presse ont été du pain béni pour le Président du CNP. Tous les griefs du duo Moujahid/ Bekkali y sont rassemblés : mal utilisation des derniers publics, copinage et soupçons de diffamation.

Youness Moujahid va oser l’impensable. Il décide de retirer la carte de presse au DG de l’agence de presse officielle du Royaume, nommé par le Souverain. Du jamais vu!

Techniquement, Khalil Hachimi Idrissi n’a plus le droit d’exercer sa profession de journaliste durant une année entière. La sanction notifiée à Khalil Hachimi Idrissi ce mercredi 9 février 2022 comprend en plus du retrait de la carte de presse, une amende de 50.000 dirhams.

Dès sa publication, le livre incriminé par le CNP a suscité beaucoup de réactions passionnées. Et pour cause, l’auteur a signé un ouvrage où il a autant distribué d’hommage que de coups de chicotte (Expression empruntée de Jeune Afrique).

En décalage avec sa mission de médiateur de la MAP où il est sensé favoriser le débat et la réflexion sur l’éthique et les bonnes pratiques de la profession, Driss Ajbali assume le fait d’avoir «écarter la méthode scientifique pour laisser libre cours à une subjectivité assumée tout au long de son travail de rédaction du livre».

Feu Fahd Yata : « Figures de la presse marocaine » ou les élucubrations subjectives d’un pâle biographe…

Feu Fahd Yata, n’a pas été particulièrement amusé par le récit de Driss Ajbali financé par son ami Khalil Hachimi Idrissi. Le 13/08/2021, il publie un article pour lequel il a choisi un titre qui résume tout le mal qu’il pensait du livre : « Figures de la presse marocaine » ou les élucubrations subjectives d’un pâle biographe

Fahd Yata s’est demandé si l’objectif de l’auteur n’était autre que «de faire la part entre « les copains et les coquins », au gré de ses amitiés, de ses préférences idéologiques, de ses partis-pris et de sa subjectivité».

«Bien évidemment, tous ceux affublés de qualificatifs laudateurs, d’une titraille bassement racoleuse, y trouveront leur compte, tandis que les autres n’y comprendront que bassesse et insignifiance, voyant dans cet ouvrage une machine à régler des comptes, parfois anciens…» s’est-il indigné.

Anis Hajjam : La MAP et la mémoire broyée

L’ancien animateur télé Anis Hajjam, n’a pas manqué d’exprimer lui aussi son étonnement à la lecture du livre de la MAP.

Dans un article publié sur les colonnes de L’Opinion, Anis Hajjam corrige les erreurs et approximations de sa propre biographie parue sur l’ouvrage de Driss Ajbali. «– moi qui ne suis pas né en 1961, moi qui n’ai pas démarré ma carrière à la RTM, moi qui n’ai jamais été membre du jury de Studio 2M, moi qui ne «trainais» pas dans toutes les manifestations et festivals de cinéma, moi qui ne me consacre pas à l’écriture journalistique que récemment, moi qui ne traite pas que de musique…» s’est-il offusqué.

Et d’ajouter «Dommage pour une publication, validée par la MAP, censée servir de référence pour de futures générations amenées à faire des recherches sur le journalisme marocain d’avant et d’hier». 

Anis Hajjam estime que l’ami Khalil Hachimi Idrissi (Driss Ajbali, ndlr) qui qualifie cette belle oeuvre ratée de «travail herculéen» a dû s’arrêter au dénombrement (non exhaustif et parfois insensé) des personnes, pas en fonction de ce qu’ils sont, de ce qu’ils ont donné ou à quoi ressemblait leur parcours.

«Dommage pour un spécialiste du ton que j’ai connu à Paris, dans une autre vie, comme producteur et manager des Frères Bouchnak» a-t-il lancé.

Mustafa Elfanne : Les décisions du CNP comportent une menace pour l’État

Inattendue et choquante, la décision du CNP de retirer la carte au Patron de la MAP a tétanisé les commentateurs. Si Ridouane Erramdani s’est contenté d’écrire la phrase suivante sur son sa page Facebook : «Conseil militaire de la presse…», son confrère Mustafa Elfanne va s’insurger contre le Conseil de Youness Moujahid.

Sur sa page Facebook, Elfanne va se lancer dans une tirade pour laquelle il choisira la chute suivante : «Les décisions rendues par le Conseil menacent l’Etat…».

«Je ne dirai pas que ces décisions ont été rendues en dehors de la loi, hors de la constitution, hors de l’histoire et hors de la géographie. Je dirai plutôt qu’il faut remercier Dieu tout puissant car ce Conseil « souverain » n’a pas assorti ces lourdes peines contre ces journalistes d’une autre peine qui les priverait de liberté» a-t-il écrit.

«Nos collègues de ce Conseil « souverain » (CNP, ndlr) empêchent un haut fonctionnaire nommé par arrêté royal d’exercer sa profession» a-t-il ajouter.

Pour Mustafa Elfanne, cette décision de Youness Moujahid ne serait que «vengeance, règlement de comptes et surtout une manoeuvre préparant les conditions d’un second mandat à la tête du CNP».

En plus de Khalil Hachimi Idrissi, quatre autres journalistes sont sanctionnés par le CNP notamment Ahmed Najim de Goud

Ahmed Najim est l’autre journaliste dont le nom a fuité de la dernière fournée de journalistes sanctionnés par le CNP. Le directeur de publication de Goud a été incriminé pour diffamation à l’encontre d’une «influenceuse politique», Chama Darchoul.

Dans un article diffamatoire il a entre autres sous-entendu que cette jeune dame aurait utilisé son frère travaillant au Cabinet Royal pour accéder à de l’information sensible.

Najim s’est vu retirer sa carte de presse pour une durée de six mois.

Acte 8 : Said Ida Hassan avance que Khalil Hachimi Idrissi remplacerait Nasser Bourita

A la lecture des articles que publie l’ancien directeur du bureau de la MAP à Madrid, Said Ida Hassan sur son site web Andaluspress, on ne peut pas dire qu’il porte Khalil Hachimi Idrissi dans son coeur.

Dans un papier en date du 09 février 2022, soit le jour même de la décision du CNP de retirer la carte de presse au DG de la MAP, Said Ida Hassan avance que les jours de Nasser Bourita étaient comptés à la tête du ministère des Affaires étrangères et que Khalil Hachimi Idrissi serait candidat à sa succession.

L’ancien agencier de la MAP à Madrid et ami de Youness Moujahid, évoque des rumeurs de salons à Rabat sur une éventuelle volonté royale de remplacer Bourita et les lie avec les activités diplomatiques, qu’il qualifie d’intenses, récemment entreprises par Khalil Hachimi Idrissi.

Said Ida Hassan fait allusion à deux rencontres en une semaine du patron de la MAP avec l’ambassadrice de Jordanie et celui de l’Inde.

Ce sont les expressions utilisées dans les dépêches résumant ces rencontres qui ont poussé entre autres le fondateur d’Andaluspress, de penser que Khalil Hachimi Idrissi pourrait succéder à Nasser Bourita.

En effet, la dépêche parle de l’entrevue du DG de la MAP avec l’ambassadeur indien comme «occasion pour les deux parties de passer en revue les moyens d’approfondir la coopération entre les deux pays et de hisser les relations bilatérales à des niveaux supérieurs, particulièrement dans le domaine des médias, en vue de permettre aux peuples des deux pays de mieux se connaître». Une expression usuellement utilisée entre chefs d’Etats ou chefs de diplomatie.

Khalil Hachimi Idrissi rêve de faire de la MAP l’axe central du «pôle audiovisuel public»

Nommé le 27 juin 2011 par le Roi Mohammed VI à la tête de la MAP, Khalil Hachimi Idrissi a hérité d’une institution qui battait de l’aile.

On se rappelle tous de l’image qu’avaient l’agence de presse officielle durant le printemps arabe, surtout auprès des jeunes qui ont investit les réseaux sociaux.

Il faut reconnaitre à Khalil Hachimi Idrissi d’avoir réussi le pari du web, d’avoir améliorer significativement le «Brand Content» de la marque MAP et d’avoir ouvert l’agence sur le monde.

Nul ne peut nier aujourd’hui le fait que la MAP est devenue la principale sinon l’unique source fiable de l’information au Maroc, dans un monde infesté par les fake-news. Khalil Hachimi Idrissi a également réussi à trouver un mix entre l’info gratuite et payante ainsi qu’à saturer les moteurs de recherches en multipliant les portails notamment les régionaux.

Fort de ce succès, il décide de s’attaquer au pôle audiovisuel public que représente désormais la SNRT. Pour cela, il va enrichir l’arsenal juridique de l’agence en lobbyant, notamment avec le soutien de son ami Mustapha El Khalfi, pour l’entrée en vigueur du projet de loi 02.15 relatif à la réorganisation de la MAP.

La loi n° 02.15 a permis à Khalil Hachimi Idrissi à afficher son objectif de faire sortir l’Agence de la logique du produit unique « la dépêche » et de lancer un service de diffusion audiovisuelle par satellite.

Le 14 octobre 2021, le patron de la MAP lance un signal aux pouvoirs publiques en faisant dire à un «professeur chercheur» tout haut ce qu’il pense tout bas. Dans une dépêche signée par le professeur chercheur, Saïd Tammame, Khalil Hachimi Idrissi affiche son ambition : «La loi 02-15 relative à la réorganisation de l’Agence Maghreb Arabe Presse (MAP) a conféré à l’Agence de nouvelles missions qui la prédisposent à devenir l’axe central du « pôle public », qui se compose également de la Société Nationale de Radiodiffusion et de Télévision (SNRT) et de la SOERAD-2M».

Particulièrement pressé, il va s’aventurer dans deux expériences audiovisuelles dont l’impact et l’utilité restent encore à démontrer : La radio et la télé de la MAP. Au vu des ressources humaines et moyens financiers dont dispose l’agence, les projets RIM et M24 se sont retrouvés plus en concurrence avec les médias privés qu’avec le trio SNRT, SOREAD et Medi1. Le modèle Khalil Hachimi Idrissi arrive à son plafond de verre.

L’autre perversion du modèle KHI, est le déséquilibre de sa stratégie d’ouverture commerciale de la MAP. Au fil du temps, le portail de l’agence et ses réseaux sociaux sont devenus des espaces publicitaires de marques internationales. Encore plus inquiétant, la MAP a mis à sa crédibilité et son statut en jeu en se laissant utilisée comme outil d’influence sur les politiques publiques, à l’image des campagnes PR du constructeur chinois Huawei, en guerre commerciale pour se placer au Maroc. Encore plus problématique, Khalil Hachimi Idrissi a rendu la MAP plus difficile d’accès aux entreprises marocaines au moment où il déroule le tapis rouges aux marques étrangères.

Notant qu’aucune agence de presse officielle au Monde ne fait de publicité pour une téléphone où une boisson gazeuse., sauf celle de Khalil Hachimi Idrissi.


Références

Abdelmounaim Dilami démissionne de la présidence de l’ANME, Rachid Niny lui succède

Suite à la démission de son président, Abdelmounaim Dilami, l’Association nationale des médias et des éditeurs, ANME, choisi pour sa succession son premier vice-président et fondateur du groupe média AWAL, Rachid Niny.

Avec MAP

«En réponse à la volonté de Abdelmounaim Dilami de démissionner de son poste de président de l’ANME pour des raisons personnelles, les membres du bureau exécutif ont examiné et approuvé cette demande», annonce un communiqué de l’Association nationale des médias et des éditeurs publié ce mardi 8 février 2022.

Conformément aux statuts de l’Association et à l’article 14 régissant le cas de vacance du poste de président et qui confie cette mission au premier vice-président jusqu’à la fin du mandat du bureau actuel fixée à trois ans, les membres du bureau exécutif ont décidé d’appliquer les dispositions de cet article et de confier à Rachid Niny la présidence de l’Association, souligne la même source.

Tout en remerciant Abdelmounaim Dilami pour sa bonne gestion de l’ANME depuis sa création en juin 2020, son professionnalisme et son expérience pour donner un meilleur élan à la profession, les membres du bureau exécutif de l’Association lui expriment leur gratitude pour avoir accepté la présidence d’honneur de ladite Association, conclut-on.

Cyabra, Startup israélienne en cyber sécurité, première invitée de « Morocco 21 » le nouveau Cycle de conférences & Forum de NCA Holding

News Com Africa Holding (NCA Holding) annonce le lancement d’un cycle de conférences et un forum baptisé « Morocco 21 ». Le groupe média dirigé par Omar Dahbi a choisi pour le premier rendez-vous de cette nouvelle plateforme de partage et d’échange un sujet d’actualité, la Cybersécurité et les fake news.

Après le lancement de Ni9ach21, plateforme digitale de débat politique, social et économique, NCA Holding, acteur 100% africain de développement des médias et de la communication, dévoile son nouveau produit « Morocco 21 ». Il s’agit d’un cycle de conférences et d’un forum annuel qui seront axés principalement sur le nouveau modèle de développement.

«Au cœur de «Morocco 21», se trouve le nouveau modèle de développement, lancé par le Roi Mohammed VI et dont l’objectif est de permettre à la société marocaine de réaliser son plein potentiel face aux défis et aux opportunités de ce 21ème siècle. Ce nouveau rendez-vous permettra d’enrichir le débat avec une expertise internationale de haut niveau dans la perspective de mettre en œuvre les recommandations proposées dans le rapport de la Commission Spéciale sur le Modèle de Développement (CSMD)» souligne un communiqué de NCA Holding.

Un site web dédié à cette plateforme est accessible depuis cette adresse : www.morocco21.com.

Le Forum «Morocco 21»

L’évènement phare de « Morocco 21 » de NCA Holding est un forum annuel dont la première édition est prévue pour le mois de juillet 2022. Il sera l’aboutissement d’un cycle de conférences couvrant neuf axes stratégiques et thématiques sectorielles, à partir du mois de novembre 2021 jusqu’à début juillet 2022.

«Chaque mois, un expert international sera invité à partager son expertise sur l’un des chantiers essentiels soulevés par la CSMD. Une cinquantaine d’invités – experts, décideurs, dirigeants d’entreprises et acteurs de la société civile – viendront enrichir les échanges» précise le communiqué.

Le « Morocco 21 » Forum présentera ainsi en juillet 2022, la synthèse des travaux et des échanges de chaque conférence ainsi que le livre blanc et ses recommandations, avec la participation d’experts internationaux et de représentants marocains des institutions privées et publiques. Lequel livre blanc sera partagé avec tous les acteurs clés de la vie publique marocaine.

Trophée du Nouveau Modèle de Développement

Les organisateurs annoncent également le lancement du Trophée du Nouveau Modèle de Développement qui sera remis durant la soirée de gala qui clôturera le «Morocco 21» Forum .

#SaveTheDate : 25 Novembre à Casa, l’expertise israélienne dans la cyber sécurité et les deep fakes

Pour le premier rendez-vous du cycle de conférences « Morocco 21 »,  Dan Brahmy, CEO de Cyabra, une startup israélienne de premier plan dans la cyber sécurité et les deep fakes, partagera son expertise et ses best practices le 25 novembre prochain sur le thème « Le Tout-digital en toute sécurité : comment protéger les organisations des cyber attaques et des fake news ? ». 

Basée en Israël avec des bureaux à New York, Cyabra permet aux clients du secteur privé et aux agences gouvernementales, grâce au développement de solution de visualisation de données, de lutter contre la désinformation sur internet et les réseaux sociaux en prévenant et en surveillant entre autres les interférences dans les élections, les campagnes gouvernementales, les crises de santé publique.

Medi 1 lance un contenu d’analyses géostratégiques du monde arabe 100% numérique

Consciente que la révolution digitale a façonné la consommation de l’information, Medi 1 lance des séries d’analyses des enjeux politiques, socio-économiques et culturels des pays de l’Afrique du Nord, du Moyen-Orient et du bassin méditerranéen qui seront diffusées sur les plateformes numériques Medi1News et Medi1podcast.

«2 minutes pour comprendre» est le nouveau produit 100% numérique, fruit d’un partenariat entre Medi 1 et l’Institut de Recherche et d’Etudes Méditerranée Moyen-Orient (iReMMO). Des capsules qui offrent des analyses géostratégiques du monde arabe diffusées sur les plateformes numériques Medi1News et Medi1podcast. Un contenu de haute qualité qui s’articule autour de quatre séries thématiques composées de trois épisodes chacune couvriront des sujets qui ont fait la une de l’actualité :

  • les accords d’Abraham,
  • la crise libanaise,
  • les enjeux de la transition énergétique dans le monde arabe,
  • la crise du Covid-19 dans la zone MENA

Dans son communiqué de presse, Medi 1 rappelle que l’iReMMO est un partenaire de longue date de Radio Méditerranée Internationale. L’Institut accompagne cette saison la Radio dans le cadre de deux rendez-vous bimensuels pour décortiquer des sujets d’actualité et donner une lecture des enjeux politiques, socioéconomiques de la région, à travers les interventions, dans les carrefours d’information sur les ondes de Medi 1, du Président de l’iReMMO Jean-Paul Chagnollaud en tant qu’invité de la rédaction , et de la Vice-présidente Agnès Levallois dans le magazine du Moyen-Orient. Des productions publiées également sur la plateforme numérique Medi1News.

[Médias] Jeune Afrique, prête à payer 80€ pour acquérir un abonné payant

A l’image de la presse mondiale, Jeune Afrique Media Group a subi de plein fouet la crise sanitaire. Si les revenus des éditions papier ont fondu comme neige au soleil, ceux générés par l’événementiel sont partis en fumée. L’année 2020 s’est soldée par 8 millions d’euros de pertes ainsi que par le premier plan de départs de son histoire.

Que se passe-t-il ?

Lesechos.fr a rapporté vendredi que « Jeune Afrique », groupe média panafricain, a levé le voile sur un plan de financement qui nécessitera 8 millions d’euros sur cinq ans. Lequel plan associera capital et dettes, et dont le montage sera bouclé fin 2021.

Jeune Afrique a connu une année difficile en raison de la crise sanitaire qui a réduit considérablement les revenues de la vente des versions papiers, notamment en raison d’un taux d’abonnement « papier » faible.

Dès les premiers mois de la pandémie, « Jeune Afrique » a pris la décision de devenir un quotidien numérique et un mensuel papier. Son support anglophone « Africa Report » a également été doté d’un version numérique quotidienne et a changé de périodicité – de mensuel à trimestriel – et propose un quotidien numérique.

L’arrêt brutal des évènements publics a creusé les pertes du groupe, à 8 millions au total pour 2020. « Jeune Afrique » réalisait un quart de ses revenus de 28 millions d’euros dans l’événementiel avec l’Africa CEO Forum et l’Africa Financial Industry Summit.

Face à cette crise sans précédent, Jeune Afrique Media Group, propriété de la famille franco-tunisienne Ben Yahmed a décidé d’accélérer son virage numérique et de faire appel à un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Une vingtaine de départs sur les 134 salariés que compte le groupe (Jeune Afrique, la lettre Jeune Afrique Business, le trimestriel anglophone Africa Report) ont été programmés. Le premier plan de départs de son histoire.

En quoi est-ce significatif ?

La gestion de la crise par Jeune Afrique Media Group est un cas d’école qui illustre les défis dont font face les médias dit traditionnels en raison de la mutation accélérée de la production et de la consommation de l’information.

Si Jeune Afrique a très vite réagi dès les premières semaines de la crise du Covid-19, le groupe n’avait malheureusement, suffisamment pas remédié à ses faiblesses : l’offre numérique et ses taux d’abonnements.

L’autre élément significatif, Jeune Afrique, à l’image de son confrère Africa Intelligence, s’est vu contraint de passer à une version numérique quotidienne. Une transformation qui constitue un changement de fond dans l’ADN «du temps long» qui les caractérise.

Big Picture

Le chiffre 8 millions d’euros est revenu dans la communication de Jeune Afrique Media Group à deux reprises. Une première fois vers fin 2020 à l’annonce du plan social et la semaine passé à celle du plan de financement.

Si le déficit de 2020 correspond au même montant du plan de financement, il n’en reste pas moins que la stratégie d’Amir Ben Yahmed, directeur général du groupe, d’atteindre les 100.000 abonnés est claire et assumée. Un objectif que le fils du fondateur annonçait pour 2024 en novembre avant de revoir ses calculs en la repoussant à 2025.

80€ est un autre chiffre clé est à analyser. Celui du résultat de la division des 8 millions d’euros de levée de fonds par les 100.000 abonnées. Un chiffre qui correspond donc au montant que le média est prêt à payer – hors intérêts financiers – pour acquérir un abonné.

Par ailleurs, si on tient compte de la valeur de l’abonnement actuel fixé à 79,99 € / an ( hors promotions actuellement à -50% ), Jeune Afrique estimerait que la valeur vie client -customer lifetime value (CLV)- serait égale au coût de l’abonnement annuel. Cela voudrait dire qu’il est difficile de fidéliser les clients africains plus d’une année.

Malgré la complexité de la conjoncture et du secteur, Ben Yahmed fils reste optimiste en envisageant de revenir au même nombre de salariés d’ici deux ans, en étoffant nos équipes dans le digital et la data. « Africa Report » devrait représenter 30 % des abonnés numériques d’ici cinq ans. En 2025, le numérique devrait représenter 85 % des revenus de l’activité presse, contre 15 % aujourd’hui, a-t*il déclaré. Rassurant, il avait affirmé à l’AFP que son group bénéficiait d’un prêt garanti par l’Etat (PGE) et que sa famille a prévu d’investir dans le groupe.

La famille Ben Yahmed, lâcherait-elle du leste en ouvrant le capital de Jeune Afrique dont elle détient 80% ? L’avenir nous le dira.

Deuxième Fausse mort de Abdallah Laroui : Les réseaux sociaux emballent les médias

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En moins de deux mois, une des figures emblématiques de la scène littéraire et philosophique marocaine, Abdallah Laroui, est annoncé mort par les réseaux sociaux puis par les médias électroniques nationaux. Et pour la deuxième fois, il a fallu une déclaration des proches de l’écrivain pour tenter d’arrêter un emballement devenu pesant.

Il est 21h00 quand les réseaux sociaux ont commencé à crépiter. Abdallah Laroui est mort. Il n’a pas fallu longtemps pour que l’information soit reprise par les médias électroniques. «Intellectuel reconnu, à la renommée mondiale, Abdallah Laroui décède à l’âge de 88 an» titre Le360 un article publié à 21h40 tapante.

Alors que les condoléances et les témoignages d’affection affluent sur Facebook, Twitter et Instagram, une voix tente de calmer la surchauffe des médias sociaux en mal de «trending topic». Il s’agit du journaliste et animateur télé, Abdellah Tourabi. «Encore une fois, en nom de Dieu, c’est honteux ce que vous faites avec cette information sur la mort de Laroui.» a-t-il publié sur son compte Facebook à 21h50.

Il faut dire que Tourabi a été à l’origine du démenti de la première fausse mort de l’historien marocain le 5 févier dernier, en prenant la peine de contacter la famille de l’intéressé.

Ce lundi 15 mars 2021, c’est encore l’animateur de l’émission phare de la chaine télé 2M, Confidence de presse, qui transmettra à ses followers le message d’un membre de la famille Laroui excédé : «Cette rumeur est devenue insupportable, Ssi Abdellah n’est même pas au courant, il est en train de regarder une vidéo tranquillement à la maison».

L’éditeur de M. Laroui, Cenre Culturel du Livre, a également réagit à cette rumeur en publiant sur sa page officielle un message à l’encontre des colporteurs des fausses informations : « Que Dieu vous pardonne, Dr Abdallah Laroui est en
bonne santé, que Dieu prolonge sa vie. Arrêtez vos allégations»

Quand Zola s’inquiétait de la surexcitation nerveuse du journalisme

En 1888, Emile Zola a choisi pour la préface de «La Morasse, nouvelles», un ouvrage publié par les secrétaires de rédaction des principaux journaux de Paris, une étude sur le journalisme contemporain. Un sujet plus que jamais d’actualité.

Mon inquiétude unique devant le journalisme actuel, écrivait Emile Zola, «c’est l’état de surexcitation nerveuse dans lequel il tient la nation. Et ici je sors un instant du domaine littéraire, il s’agit d’un fait social. Aujourd’hui, remarquez quelle importance démesurée prend le moindre fait. Des centaines de journaux le publient à la fois, le commentent, l’amplifient».

Si l’écrivain avait vécu dans l’ère des réseaux sociaux, il n’aurait, sans aucun doute, pas hésiter à dégainer une seconde fois son célèbre «J’accuse» à l’endroit des tweets et des posts.

La deuxième fausse mort d’Abdallah Laroui vient nous rappeler la nécessité des professionnels de l’information mais également de tout citoyen, de tourner ses dix doigts, au moins sept fois avant d’interagir avec les feeds d’actualité qui ne cesseront de s’accélérer.

Pour le moment, il nous reste la MAP, source ultime de l’information officielle vérifiée.

Maroc-Israël : Medi1TV programme mercredi une émission exceptionnelle sur les expressions culturelles de la composante juive de l’identité marocaine

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La reprise des relations entre le Maroc et Israël va bon train. Après la réouverture du bureau de liaison israélien avenue Mehdi Ben Barka à Rabat, la programmation d’un échange de visites de délégations à Tel-Aviv, ce mois de février, Nasser Bourita s’est entretenu aujourd’hui avec le ministre israélien des affaires étrangères, Gabi Ashkenazi. Dans ce contexte favorable au dialogue et aux échanges, MEDI1TV diffusera demain mercredi 03 février 2021 à partir de 21h00 GMT+1 sur ses canaux linéaires et numériques, une émission exceptionnelle sur les expressions culturelles de la composante juive de l’identité marocaine.

Intitulée «Tamaghrabit», cette initiative relève du projet culturel de MEDI1TV pour revisiter la diversité et la richesse culturelles du patrimoine marocain, et refléter l’esprit de tolérance qui caractérise et rassemble la société marocaine dans sa diversité culturelle, précise un communiqué de la chaine tangéroise annonçant la programmation de ce mercredi.

MEDI1TV prévoit un plateau de deux heures de direct avec des invités prestigieux : artistes, universitaires, historien, personnalités publiques et citoyens du monde, avec des témoignages exclusifs, des reportages et images inédites, symboles de la présence juive millénaire au Maroc.

«Tamaghrabit permettra aux téléspectateurs et internautes au Maroc et ailleurs, de redécouvrir l’apport de la culture juive dans l’identité marocaine», indique le communiqué de MEDI1TV.

Dans la bande d’annonce de l’émission dévoilée ce lundi, on voit des marocains de confession juive, témoigner de leurs relations toujours fortes avec leur pays d’origine et évoquer avec tendresse leurs souvenirs personnels dans les rues, les synagogues et les écoles marocaines.

L’émission sera diffusée en arabe à 21h00 simultanément sur les canaux Maghreb et Arabic, et en version française à la même heure sur le canal Afrique et à 23h00 sur le canal Maghreb.