Ahmed Charaï : Biden devrait prendre les devants pour relancer le processus de paix israélo-palestinien

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Depuis sa prise de fonction en janvier 2021, le président américain Joe Biden a montré peu d’engagement et beaucoup de prudence dans la poursuite de la mise en œuvre des accords de paix israélo-palestiniens enclenchés par son prédécesseur. Contrairement au dossier iranien pour lequel la nouvelle administration a affiché une forte détermination, Biden a choisi une approche «Stand Back» au sujet des «Accords d’Abrahams». Laquelle posture est devenue insoutenable avec l’éclatement du conflit armé entre israéliens et palestiniens. En effet, alors que les roquettes du Hamas pleuvaient sur les villes israéliennes, et que l’artillerie israélienne ripostait en bombardant et détruisant des bâtiments dans la bande de Gaza tuant femmes et enfants, le président Biden est resté longtemps muet face à l’escalade de la crise. «Le prolongement des combats armés à Gaza menace les fondations des accords de paix et de réconciliations naissants qui n’ont pas encore été fermement enracinés» alerte Ahmed Charaï dans son édito dans The Jerusalem Post. «Le président Biden devrait prendre les devants et chercher à mobiliser toutes les parties prenantes afin de créer une nouvelle initiative multilatérale pour relancer les efforts de paix israélo-palestiniens», recommande l’éditorialiste. Dans son autre «paper analysis» paru sur The National Interest, M. Charai, estime que le conflit armé qui se déroule actuellement en Israël est le résultat de l’impasse politique de Netanyahu, incapable de former une coalition gouvernementale solide et de la guerre par procuration que mène l’Iran via «son proxy», le Hamas.

Ahmed Charai a été l’un des premiers analystes à alerter sur la gravité de l’escalade armée entre palestiniens et israéliens et à noter la politique de retrait de Joe Biden dans sa gestion du conflit israélo-palestinien, et ce dès les premiers signes avant- coureurs de la crise qui enflamme aujourd’hui la région.

C’est dans un éditorial paru sur The Jerusalem Post et d’un «paper analysis» publié sur The National Interest le 13 mai dernier, que l’analyste a plaidé pour l’urgence d’un rôle plus activiste de Joe Biden et de son administration pour mettre fin aux affrontements meurtriers et pour préserver les accords de paix signés par son prédécesseur, ainsi que la réconciliation entre Tel-Aviv et les capitales arabes, avancée remarquable et décisive pour une coexistence pacifique entre palestiniens et israéliens.

«Le monde regarde avec détresse la souffrance des Palestiniens et des Israéliens victimes d’une autre série de conflits qui, selon toute vraisemblance, changera peu mais nuira à beaucoup» a écrit M. Charai.

«Cette fois-ci, l’affrontement est plus laid et peut s’avérer plus meurtrier que n’importe quelle conflagration précédente entre l’État hébreux et les factions armées palestiniennes», prédisait l’analyste.

Biden, la tête ailleurs

Dans des déclarations publiques, le président américain, son secrétaire d’État Antony Blinken ainsi que son ministre de défense ont répété avec force la formule américaine standard concernant le droit d’Israël à la légitime défense face aux tirs de roquettes palestiniennes.

Tout en se déclarant préoccupé par le nombre croissant de Palestiniens tués dans les frappes aériennes israéliennes, ils ont établi une «distinction claire et absolue» entre «une organisation terroriste ciblant des civils et Israël ciblant les terroristes».

Joe Biden n’a vu aucune «réaction excessive significative» dans la réponse israélienne à la pluie de missiles du Hamas, un jugement qui pourrait être compris comme un feu vert implicite pour que l’opération se poursuive, malgré les appels au calme de la communauté internationale.

Par ces déclarations ainsi que par trois vétos en une semaine contre un texte du Conseil de sécurité condamnant l’Etat hébreux, Washington donne à Israël une «carte blanche» pour répondre aux attaques des factions armées palestiniennes jusqu’au moment où il sera jugé qu’Israël aurait réussi de détruire l’infrastructure militaire du Hamas.

Mais en même temps, la nouvelle administration américaine indique clairement que ses priorités diplomatiques se situaient ailleurs. Elle continue d’imposer une approche minimaliste discrète, naviguant dans un cimetière d’initiatives de paix qu’elle a dirigée, essayant de faire le tout contraire de l’administration Trump.

Une pression ferme de Joe Biden pour empêcher une escalade majeure à Gaza

Joe Biden et son administration ont utilisé jusqu’à aujourd’hui un ton bienveillant, appelant à la désescalade de la violence et à la nécessité pour les Israéliens et les Palestiniens «d’être en mesure de vivre en sécurité» et de «jouir dans la même mesure de la liberté, de la sécurité, de la prospérité et de la démocratie», souligne M Charaï.

Toutefois, estime l’éditorialiste, l’administration Biden gagnerait à s’investir davantage pour mettre fin à cette vague d’escalade, la plus intense depuis sept ans.

Reconnaissant que les priorités de l’administration américaine en matière de politique étrangère se trouvent ailleurs, Ahmed Charaï considère qu’une posture plus «militante» pourrait commencer par «une série de petits pas qui signaleraient une volonté d’impliquer les parties locales» à savoir :

1.L’administration américaine devrait agir rapidement pour pourvoir le poste vacant d’ambassadeur américain à Jérusalem; «un tel déménagement ne coûte rien d’autre que des cables diplomatiques», précise notre analyste.
2.Biden qui avait tardé à parler avec Mahmoud Abbas, devrait donner une plus forte influence internationale au président palestinien. Un tel coup de pouce est indispensable pour que le dirigeant modéré ne soit pas éclipsé par les extrémistes du Hamas. «Même si l’éclat de l’Autorité palestinienne s’est estompé ces dernières années, elle reste néanmoins le représentant internationalement reconnu du peuple palestinien. Qui de surcroit affirme toujours l’engagement en faveur d’une solution à deux États».
3.Une pression ferme de l’administration américaine pour empêcher une escalade majeure à Gaza pourrait servir le double objectif de réaffirmer le leadership américain dans la région et de sauvegarder une nouvelle tête de pont pour la coexistence arabo-israélienne.

Un engagement volontariste de Joe Biden servira un objectif immédiat et urgent, affirme M. Charaï. Car une fois un état de calme serait rétabli, une nouvelle initiative multilatérale pour relancer les efforts de paix israélo-palestiniens s’impose. Le président américain devrait prendre les devants et chercher à mobiliser les parties prenantes à même d’assurer des résultats fructueux. Lesquelles parties prenantes devraient être constituées «des Émirats arabes unis, du Bahreïn, du Maroc, de la Jordanie, de l’Égypte et de l’Union européenne».

Guerre par procuration entre l’Iran et Israël

Avec le déplacement de la politique étrangère américaine vers la Chine, la mise en veille des «Accords d’Abraham» et la baisse considérable de la pression de la communauté internationale sur l’Iran, le régime des mollahs a profité de l’impasse électorale israélienne et des manœuvres de l’extrême droite du pays pour déplacer la guerre qui fait rage entre Tel-Aviv et Téhéran depuis l’assassinat de Qassem Soleimani, numéro 2 du régime, au cœur des territoires palestiniens.

Dans une interview diffusée sur la chaine de télévision irakienne Al-Ahd TV en date du 7 mai 2021, un haut responsable du Jihad Islamique Palestinien, Ramez Al-Halabi, a déclaré que les roquettes utilisées par la faction pour cibler Tel Aviv portent la signature de l’Iran et de Quassem Soleimani, commandant de la Force Qods du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) tué en janvier 2020 lors d’une frappe aérienne américaine à Bagdad.

Il a affirmé que les membres des factions étaient formés par le CGRI et que l’argent iranien était utilisé pour acheter des armes pour les factions armées à Gaza et au Liban. Al-Halabi a ajouté que chaque maison de Gaza a le portrait de Soleimani et que «ce sont eux [l’Iran] qui nous soutiennent avec des armes, de l’argent et de la nourriture».

L’Iran fournit nos missiles, armes, fonds et nourriture, nos hommes armés «ont été formés par nos frères dans le GRI»; Sans l’aide de l’Iran, nous ne serions pas en mesure de tirer des roquettes sur Tel Aviv. Qassem Soleimani a personnellement supervisé le transfert de roquettes vers Gaza.

Entre l’axe Jérusalem et Beyrouth, l’axe Jérusalem et Bagdad, l’axe Jérusalem et Damas, l’axe Jérusalem et Sanaa, l’axe entre Jérusalem Téhéran, est l’axe victorieux.

Ramez Al-Halabi Haut responsable du Jihad Islamique palestinien

Dans une interview du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, en date du 27 décembre 2020, ce dernier a révélé que les avions israéliens avaient bombardé des usines d’armes au Soudan, car ils disposaient d’entrepôts d’armes, de munitions et de missiles qui seront envoyés plus tard, par des moyens divers, dans la bande de Gaza.»

Dans une autre déclaration cette fois-ci de Mahmoud Al-Zahar, en date du 28 décembre 2020, le haut responsable du Hamas a remercié l’Iran sur la fourniture du missile antichar russe le Kornet. Al-Zahar a affirmé que ce missile est devenu nécessaire à la lutte contre l’Etat d’occupation car il lui sera difficile de s’approcher des frontières de Gaza.

Aujourd’hui, il y a donc plus aucun doute sur les responsabilités de Téhéran dans l’approvisionnement continu en matériel de guerre en faveur à la fois des milices armée palestiniens et également au profit des rebelles chiites houthis du Yémen. D’ailleurs, la stratégie des «attaques en essaim» avec des batteries mobiles activées simultanément afin d’atteindre la saturation des batteries israéliennes du système d’interception «Iron Dome» est la même qui a été utilisée contre l’Arabie Saoudite et son système de défense antiaérien Patriot, endommageant entre autres une installation stratégique d’Aramco.

Le Hamas a réussi à lancer plus de 3000 missiles et roquettes en une semaine atteignant des fois une portée de plus de 250 km. Une artillerie en quantité et en qualité incroyables à travers laquelle Téhéran a réussi à mener une guerre par procuration au cœur d’Israël.

«Comme dans chaque cycle de conflit israélo-palestinien, le combat entre les deux parties est transmis et amplifié à travers la région, alimentant encore plus d’animosité envers les Israéliens dans le monde arabe», indique Ahmed Charaï.

L’Iran profite de cette dynamique négative et de cet environnement empoisonné. Le recours à la violence aveugle est assimilé à du courage, donnant l’illusion aux yeux de nombreux Palestiniens, que le Hamas était la seule force disposée à «tenir tête à Israël» et à «défendre al-Aqsa» contre l’empiétement israélien.

Ce machiavélisme iranien isole jour après jour les Palestiniens et autres Arabes sympathisants de la paix et de la réconciliation. Ils sont confrontés à la marginalisation ou sont qualifiés de traîtres. Cela s’étend même à ceux, comme le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, avec de longs antécédents d’opposition à la politique israélienne, s’indigne M. Charaï.

Et d’ajouter, une confrontation prolongée menacerait sûrement la stabilité sociale en Cisjordanie, qui jusqu’à présent a été une oasis de calme.

Une sévère crise politique en toile de fond

Quatre élections en moins de deux ans et toujours pas de majorité claire pouvant constituer le gouvernement israélien. Après l’échec de Benjamin Netanyahu à former une coalition, le président israélien Reuven Rivlin a donné, mercredi 5 mai jusqu’au 2 juin, mandat au chef de l’opposition, Yaïr Lapid, de former un gouvernement.

Quelques jours après, Itamar Ben-Gvir, chef du parti extrémiste Otzma Yehudit (Force juive), allié de Netanyahu, va mettre un coup de pression en participant aux affrontements à Cheikh Jarrah et autour du mont du Temple. Deux évènements déclencheurs de l’actuel escalade meurtrière.

Ces évènements vont certainement peser sur la gauche qui a suspendu ses négociations pour former un gouvernement. Son échec donnerait à Netanyahu, en procès pour corruption, une nouvelle chance à travers une cinquième élection. Mais à quel prix. Le Hamas financé par le Qatar et armé par l’Iran se positionne en défenseur de Gaza avec 2 millions de Palestiniens pris en otage. L’organisation islamo-nationaliste réussi à fédérer une large frange des musulmans de par le monde ainsi que le mouvement palestinien en mal de leadership et sans horizon politique, en prétendant incarner la défense de Jérusalem et plus particulièrement de la mosquée al-Aqsa.

«Il est à peine besoin de dire que la paralysie politique en Israël au cours des deux dernières années a largement contribué à cette impasse» écrit Ahmed Charai dans son analyse parue sur The National Interest.

«La plupart des dirigeants du pays s’attachent étroitement à survivre aux épreuves politiques de l’époque, ne laissant aucune place à l’empathie stratégique à long terme sans laquelle Israël ne peut établir des relations amicales et pacifiques avec ses voisins palestiniens. Pour le bien de l’avenir de leur pays, ils doivent travailler pour transcender ces deux épreuves – et leurs propres ego conflictuels – pour parvenir à un cessez-le-feu.» conclut-il.


M. Ahmed Charai est éditorialiste et éditeur de presse, Administrateur de Plusieurs Think tank à Washington – Membre du Conseil d’Administration du “Center for Strategic and International Studies” à Washington, – – Membre du Directoire de l’ONG “Search for Common Ground” à Washington, – Membre du Conseil du Directoire de ” The Atlantic Council of United States” à Washington – Membre du Conseil Editorial Consultatif de “The National Interest’s Magazine” à Washington. – Membre du Conseil d’Administration du “The Foreign Policy Research Institute” à Philadelphia– Membre du Conseil d’Administration du International Crisis Group. Mr Charai est aussi membre du conseil Consultatif de Gatestone Institute à New York. Mr Charai, s’exprime souvent dans de grands journaux et médias américains dont le Wall Street Journal, New York Times, Le Monde, Fox News, National Interest Magazine, Huffington Post.

Ahmed Charai : la néo-opposition numérique bafoue les intérêts supérieurs de la Nation

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Une nouvelle forme d’opposition s’est installée dans le paysage numérique marocain qui transcende les codes des mouvements de protestation politique et sociale qu’a connu le pays depuis son indépendance. La nature du véhicule de l’expression de l’opposition, à savoir les réseaux sociaux, complique l’analyse de ce phénomène et favorise les dépassements en terme de valeurs, d’éthique et des coutumes de la société marocaine. Le diktat de l’audience pousse les créateurs de contenu (texte, images ou vidéos) à aller encore plus loin et encore plus bas. «Même dans l’adversité absolue, l’opposition politique post indépendance, intense et parfois violente, était attachée aux intérêts supérieurs de la Nation» souligne Ahmed Charai dans un édito paru sur L’Observateur du Maroc et d’Afrique. «Ni Abderrahim Bouabid, ni Ali Yata, ni Bensaïd Aït Idder, unanimes sur la marocanité du Sahara, n’ont abandonné pour autant la lutte pour la démocratie et les droits de l’homme», rappelle-t-il. Et d’ajouter : «Aujourd’hui, les réseaux sociaux nous offrent un spectacle affligeant. Les néo-opposants sont désormais d’un autre genre. Il y a un flot d’inepties, de contre-vérités, d’ignorance qui circule et qui est piteux». A qui incombe la responsabilité ? M. Charai pointe du doigt «l’inertie des Oulemas, l’inconscience des politiques et le silence des intellectuels».

Quand est-ce que s’arrête l’opposition constructive et quand est-ce que commence l’adversité destructive ? Quand est est-ce que un Youtubeur passe du statut de créateur de contenu, à activiste puis à opposant politique rémunéré par Adsense ? Un Rubicon qu’on peut aisément franchir depuis l’avènement des réseaux sociaux.

Dans un édito publié sur L’Observateur du Maroc et d’Afrique en date du 07 mai 2021 au titre : «Opposition low-cost», Ahmed Charai analyse les dérives de cette nouvelle opposition numérique.

«Le Maroc est un pays où la vie politique post indépendance a été intense et parfois violente. Mais nous avions une opposition qui avait un projet sociétal, politique», écrit M. Charai.

Même dans l’adversité absolue, cette opposition était attachée aux intérêts supérieurs de la Nation. La question du Sahara qui a enclenché une unanimité qui a permis la récupération des territoires du Sud est le fruit de cette osmose patriotique. Mais ni Abderrahim Bouabid, ni Ali Yata, ni Bensaïd Aït Idder n’ont abandonné la lutte pour la démocratie et les droits de l’homme, atteste M. Charai.

Aujourd’hui, poursuit-il, les réseaux sociaux, mais pas uniquement, nous offrent un spectacle affligeant. Les opposants d’aujourd’hui sont désormais d’un autre genre. Il y a un flot d’inepties, de contre-vérités, d’ignorance qui circule et qui est affligeant.

L’autre problématique devenue persistante est celle relative aux accointances que peuvent développer ces néo-opposants avec des puissances étrangères. Dans le vacarme des attaques et des contrattaques, des accusations qui fusent de part et d’autre, il est devenu difficile de démêler le vrai du faux, le patriote du traitre.

«Certains cherchent l’appui de l’étranger, du statut de réfugié, se mettant au service de volontés d’influence externe. C’est juste désolant. Ces épiphénomènes cachent un environnement plus important, celui de l’intolérance, y compris chez les pseudo-opposants» s’indigne Ahmed Charai.

Terrorisme intellectuel

La néo-opposition numérique n’est pas seulement des prises de positions politiques contre les institutions du pays mais surtout un référentiel sémantique violent, et un étiquetage destructeur.

«Cela pourrit le débat public» se désole M. Charai. «Des gens craignent de prendre la parole et de se voir livrés à cette vindicte fascisante. Du coup, les débats fondamentaux disparaissent, qu’ils soient politiques, sociaux, ou sociétaux, par peur des campagnes haineuses, construites autour du vide» alerte-t-il.

«Le drame est endogène. Dès qu’un Alem s’émancipe de leurs théories ignares, il est l’objet de fatwas takfiristes; dès qu’un journaliste défend des positions rationnelles, il est accusé de travailler pour les services secrets, « l’horrible » Makhzen. Les partis politiques ne sont pas mieux traités, même dans leur diversité.» affirme l’éditorialiste.

«C’est un véritable terrorisme intellectuel qui agit sur la toile. Mais il n’aurait aucune chance, s’il y avait une réaction pour défendre le débat public, les vrais idéaux démocratiques», soutient-il.

Responsabilité historique des oulémas, partis politiques et intellectuels

«Les oulémas, y compris ceux grassement payés par le contribuable, ne réagissent qu’à la demande. Les partis politiques préfèrent ignorer ces phénomènes qu’ils considèrent marginaux. Quant aux intellectuels, ils sont aux abonnés absents» fustige l’analyste.

M. Charai insiste sur l’obligation de défendre de la liberté d’expression : « Il y a bien évidemment des youtubeurs et des youtubeuses qui sont attachés à leur pays, dont on peut ne pas toujours partager la pertinence des points de vue, mais dont il faut absolument défendre la liberté d’expression».

«Les élites marocaines ont le choix entre défendre un projet sociétal, bâti autour de consensus nécessaires et de divergences clairement identifiées, ou se soumettre aux diktats d’incultes qui font du bruit sur la toile». a-t-il conclut.

Ahmed Charaï : Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez «a échoué sur tous les plans»

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Rien ne va plus au sommet de l’Etat espagnol, au point de menacer le fragile équilibre politique et social, difficilement trouvé après les tensions entre Madrid et les séparatistes au pouvoir en Catalogne qui ont plongé le pays durant plusieurs mois dans sa plus grave crise politique depuis son retour à la démocratie en 1977. Tous les doigts pointent vers le premier ministre, Pedro Sánchez, pour l’inertie pathologique qui caractérise son action gouvernementale. Les médias espagnols n’hésitent plus à qualifier ses échecs à répétition «d’humiliation» de toute l’Espagne. Dans son édition du 15 avril, le journal espagnol ABC a fustigé la communication triomphaliste de Pedro Sánchez dans un édito au titre sans équivoque : “Un échec dramatique”. «Cette exaltation exagérée du premier ministre sur la IIe république est une fumisterie», a écrit le journal. Et de rajouter « Une fois de plus Pedro Sánchez revendique comme un succès une expérience politique qui s’est malheureusement soldée par un échec dramatique, la droite comme la gauche ayant violé les lois-mêmes de la République». Le premier ministre espagnol a aussi failli à maitriser sa coalition gouvernementale. A ce titre, il a été incapable de gérer la crise des scandales liés à la fortune cachée de l’ex roi Juan Carlos. Donnant ainsi l’occasion au leader de Podemos et ses proches de ressortir le drapeau républicain et d’attaquer la royauté, ravivant les ambitions des mouvements séparatistes. La contre-performance de Pedro Sánchez a également touché les relations maroco-espagnoles. «Le Premier ministre espagnol a plusieurs fois rappelé la profondeur des relations entre le Maroc et l’Espagne, et pourtant il a échoué sur tous les plans», analyse Ahmed Charai dans un article publié sur le journal espagnol La Razón ce mardi 27 avril. L’éditorialiste marocain, a mis le doigt sur le mal qui ronge l’action du Pedro Sanchèz : «l’immobilisme». M. Charai décrit une forme de torpeur qui caractérise l’action du responsable espagnol vis-à-vis le Maroc et qui s’étend à tous les niveaux, diplomatiques, économiques et sécuritaires. «Une déception», s’est-il désolé.

Premier partenaire commercial du Royaume, partenaire privilégié en matière de contrôle de sécurité et de l’immigration clandestine, l’Espagne a su entretenir durant des années une confiance mutuelle et installer une coopération multidimensionnelle avec son voisin du sud. Un modèle dans tout le pourtour méditerranéen.

Toutefois cette dynamique positive et créatrice de valeur semble s’estomper jour après jour, et ce depuis la montée au pouvoir de Pedro Sánchez.

En effet, dans un article paru ce mardi 27 avril sur le journal espagnol La Razon, Ahmed Charai a décortiqué l’action du premier ministre ibérique en ce qui concerne les relations bilatérales entre le Maroc et l’Espagne. D’emblée, il plante le décor : «Le Premier ministre espagnol a plusieurs fois rappelé la profondeur des relations entre le Maroc et l’Espagne, et pourtant il a échoué sur tous les plans. La relation entre les deux pays est arrivée à une situation de tension, qui finira certainement par s’apaiser, parce que les intérêts des deux peuples l’imposent».

Il faut dire que les dossiers brulants s’accumulent sur le bureau du premier ministre espagnol, suscitant agacement et colère de son partenaire du sud : 1) Gèle des réunions de haut niveau entre les deux pays; 2) Mutisme sur les développements historiques du dossier du Sahara; 3) Silence radio sur le lancement du chantier des applications industrielles et pharmaceutiques du cannabis; 4) Indifférence sur la coopération sécuritaire et la coordination sur les sujets communs des mouvements séparatistes.

Reconnaissance US de la souveraineté du Royaume sur son Sahara : une inertie incompréhensible et un manque de courage politique manifeste

Le gouvernement Sanchez brille par son immobilisme sur l’affaire du Sahara, affirme Ahmed Charai.

«Après la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine, les diplomaties européennes font, discrètement, pression pour aller vers la solution d’une autonomie large, dans le cadre de la souveraineté marocaine. Mais l’Espagne, on ne l’entend pas» révèle M. Charaï.

Et de poursuivre : «en sa qualité d’ancienne puissance colonisatrice, elle connaît l’histoire, elle sait que le Maroc s’est soulevé contre le projet franquiste de créer un Etat croupion au Sahara, et qu’il n’y avait pas de Polisario à l’époque. Madrid sait qu’elle n’a pas colonisé une terra nullius mais un territoire dont la population avait une allégeance à la monarchie marocaine».

M. Charai a tenu également à rappeler au lectorat initié du journal La Razon, des vérités historiques sur la marocanité du Sahara que le gouvernement et le peuple espagnol ne peuvent nier.

«Le Sahara faisait partie du territoire marocain avant la colonisation française et espagnole. Même pendant la période du protectorat espagnol, Tétouan était la véritable capitale du Sahara» a-t-il affirmé.

Cela est compréhensible car les Khalifas, précise M. Charai, les Caïds et les juges qui étaient à Tanger et à Tétouan avaient leurs adjoints respectifs à Tarfaya et à Laâyoune et toutes ces nominations dépendaient du Sultan du Maroc. Ils dépendaient du sultan parce que le territoire du Sahara faisait partie du Maroc.

En dépit de cette réalité factuelle, M. Charai, déplore l’immobilisme du premier ministre espagnol.

«Mais monsieur Sanchez a préféré l’immobilisme, parce qu’il a un allié encombrant, le parti Podemos, et qu’il préfère mettre la poussière sous le tapis», s’est-il indigné.

Traiter en catimini avec un criminel de guerre

Le criminel de guerre en question n’est autre que le dénommé Brahim Ghali, chef des séparatistes du Polisario, reçu et hospitalisé en catimini en Espagne après une négociation au plus haut niveau avec l’Algérie. Une information confirmée par La Razon dans son édition du lundi 26 avril.

«L’histoire de Brahim Ghali est controversée. Ce monsieur a certes le droit à des soins. Mais le fait que les autorités espagnoles acceptent un faux passeport, pour éviter que justice soit faite est une violation de l’Etat de droit», déplore Ahmed Charai.

«Les crimes dont Ghali et d’autres sont accusés sont le génocide, le meurtre, les blessures, le terrorisme, la détention illégale, la torture et les disparitions. Il a été convoqué à témoigner le 19 novembre 2016 mais ne s’était jamais présenté» a-t-il souligné.

Ce sont des faits graves qui ébranlent la crédibilité du gouvernement, poursuit M. Charai. «Il s’agit d’une atteinte à l’institution judiciaire espagnole et Sanchez devra en répondre devant ses concitoyens» assure-t-il.

M. Charaï rappelle que depuis 2012, il y a eu des actions contre une vingtaine de membres du Front Polisario devant la Cour nationale espagnole.

Sur les réseaux sociaux, la gestion de l’hospitalisation du chef des séparatistes a ridiculisé l’Espagne. «Ben Battouche», le nom d’emprunt utilisé par ce dernier est l’objet de toutes les moqueries. De plus les hashtags #Spain_Protect_Criminal et #GhaliGate ont touché pas moins de 2 millions de personnes sur Twitter et Facebook. Un badbuzz inédit dans l’histoire du pays.

Incapable de maintenir la tenue des réunions de haut niveau avec le Maroc

«Sur le plan économique, rien ne bouge non plus» souligne Ahmed Charai. Certes la crise sanitaire est passée par là mais la déficience politique est claire et son effet sur les échanges économiques se ressent déjà par la communauté des affaires.

D’ailleurs, Le premier ministre espagnol a été incapable de fixer un calendrier de l’un des rendez-vous clés pour dynamiser les relations entre les deux pays, à savoir la réunion de haut niveau entre les deux pays.

«Ce dangereux immobilisme est tel que le Groupe parlementaire du Parti populaire (PP) s’en inquiète et vient de demander aux autorités espagnoles de convenir, en urgence, avec le Maroc d’une date pour la tenue de la réunion de haut niveau entre les deux pays.» note M. Charaî.

Les parlementaires espagnols, poursuit-il, rappellent au président Sánchez le rôle qu’il pourrait jouer dans la question du Sahara. Ils regrettent aussi qu’il n’ait pas encore échangé avec Joe Biden. Depuis son élection, le président américain s’est déjà entretenu avec 23 dirigeants étrangers, mais pas avec le président espagnol. Le Groupe parlementaire se demande alors si l’Espagne n’a pas déjà perdu son influence sur la scène internationale.

Selon Ahmed Charaï, l’immobilisme décrié fait également le lit des mouvements terroristes en nuisant considérablement à l’excellente relation liant les services espagnols à leurs homologues marocains.

«C’est d’ailleurs grâce à cette relation exemplaire que des actes terroristes ont pu être évités sur le sol espagnol, mais Pedro Sánchez semble l’oublier», s’alarme-t-il.

Légalisation du cannabis, Pedro Sánchez tourne le dos à une révolution économique et sociale

Alors que le Maroc s’est engagé sur la voie du cannabis médical, une révolution sociale, culturelle et économique dans le pays, le premier ministre espagnol est aux abonés absents.

«Même sur des questions plus terre à terre, le président espagnol n’est pas au rendez-vous. Le Maroc autorise les applications industrielles et pharmaceutiques du cannabis, cela résout le problème des agriculteurs du Rif et contribue à éloigner les trafiquants de la ressource.», souligne Ahmed Charai.

«On aurait pu imaginer un enthousiasme de Madrid en faveur des entreprises espagnoles. Nada !»

Soutenir l’émiettement du Maroc m’est insupportable!

Ahmed Charai

Combattre le séparatisme à la catalogne et encourager le séparatisme au Rif et au Sahara, une aberration espagnole

Alors que la crise catalane continue de miner l’unité espagnole et tout son équilibre politique, le gouvernement Sanchez semble garder un relent du passé colonisateur de son pays en encourageant ou en laissant faire ce qu’il craint et combat quotidiennement sur son territoire. Une attitude qui ne passe plus au Maroc ni ailleurs.

A ce sujet, Ahmed Charaï, a troqué sa casquette d’observateur et d’analyste politique pour celle de patriote et de citoyen marocain, défenseur des intérêts et de l’unité de son pays.

M. Charaï fera le parallèle entre le mouvement séparatiste de la catalogne qui assoit sa légitimité sur une volonté populaire manifeste et celui du Rif marocain.

«Le Rif qui a certes connu des mouvements de protestations, mais ont été d’ordre socio-économiques. C’est un cas avéré de mauvaise gestion et de l’échec de la régionalisation sans ressources humaines adéquates. Quatre ministres ont été limogés par le Roi Mohammed VI parce que leur département n’a pas suivi les objectifs annoncé», a-t-il rappelé.

«Mais, dans ce magma il y a aussi des mouvements séparatistes, loin d’être majoritaires mais qui existent», reconnait Ahmed Charaï, avant de conclure : «J’ai défendu l’unité de l’Espagne contre le séparatisme catalan, qui bénéficie, lui, d’un vrai soutien des électeurs, voire des médias espagnols. Soutenir l’émiettement du Maroc m’est insupportable».

Votre Briefing du Jeudi

#1 – Couvre-feu Ramadanien : les marocains résignés à moitié

La communication déplorable du gouvernement a mis les marocains en émoi à l’annonce du couvre-feu nocturne durant le Ramadan. Le vide laissé par le Chef de gouvernement Saad Dine El Otmani et le ministres des affaires religieuses, Ahmed Toufiq, a créé une grande confusion profitant à des mouvements répertoriés extrémistes. Du pain béni pour Hassan al-Kettani, qui entre deux posts sur les tarawih, glisse une menace de déstabilisation à la Jordanienne. Cette troisième vague semble mal supportée par les populations, de par le monde, lassées et épuisée des mesures de restriction sanitaires et les contradictions générées par le grand écarts des gouvernements impuissants devant l’ampleur de la menace économique, sociale et sécuritaire.

Au Maroc, la campagne de vaccination et une grande flexibilité des autorités acquise au fil du temps, ont certes amélioré les libertés de circulation et la vie sociale en comparaison avec les pays européens, mais la menace économique est très importante. Dans l’absence d’aides directes, de plan volontariste et puissant de relance Saad Dine El Otmani, a fini par grippé à la machine de production au risque de mettre en équation la paix sociale du pays.

Fait insolite en relation avec le couvre-feu Ramadanien, le président de la Commune de Louta, près d’Al Hoceïma, Mekki El Hannoudi, a annoncé sur sa page Facebook, qu’il allait permettre aux habitants de sa commune qu’il allait les laisser sortir jusqu’à onze heure du soir et qu’il en assumerait les conséquences. A des fins purement électoralistes, cet usfpéiste prend le risque de créer un mouvement de désobéissance au niveau national.

#2 – Les images des arrestations violentes des jeunes manifestantes émeuvent les femmes au Maroc

Les autorités publiques perdent pour la seconde fois la bataille de l’image face à un mouvement des enseignants contractuels, de plus en plus organisé et de plus en plus imprévisible. Les vidéos de l’arrestation ciblée de deux jeunes femmes , identifiées comme leaders du mouvement ont choqué de par leur violence. Des scènes que les féministes n’ont pas voulu laisser passer. Elles rappellent que trop les violences quotidiennes dont sont victimes les femmes marocaines. Militantes de gauche, actrices ou collectif Masaktach ont exprimé sur les réseaux sociaux leur colère et ont demandé la libération immédiate de ces jeunes femmes dont Nezha Majdi qui avait dénoncé le harcèlement et les agressions sexuelles des forces de l’ordre dans une précédente manifestation.

20 manifestants sont tours en état d’arrestation.

#3 – Cryptomonnaie : Benchaaboun calme les ardeurs de Jouahri

Le Benkirane de l’économie et des finance, Abdellatif Jouahri, qui à force de vouloir vulgariser Keynes, sa langue a fourché le mardi 24 mars en traduisant «Souverain» par «Moul Chi» créant une dangereuse confusion sur un dossier aussi sensible que celui des ententes des pétroliers, s’est fait corriger par Mohammed Benchaaboun sur les cryptomonnaies.

«La crise a démontré que le digital et le numérique vont prendre de plus en plus d’importance, pas uniquement dans les domaines du commerce et des échanges, mais également sur le plan monétaire. J’ai dis à mes équipes que nous devons absolument être agiles et proactifs», avait déclaré tout sourire le gouverneur de la banque centrale.

Notre Binebine de l’économie avait également assuré les médias qu’il avait mis sur pied un comité, «en bonne et du forme, dont les membres se dédient à cette problématique, avec pour mission d’identifier et d’analyser les avantages».

Mais, comme les transformations consomment beaucoup de bande passante, un luxe que le Ministre de l’Economie et de Finance semble ne pas en disposer pour le moment, vu les montagne de problèmes plus urgentes à traiter, Benchaaboun décide de mettre fin au débat par une vidéo postée sur les réseaux sociaux.

Une vidéo sur laquelle les logos du Ministère et celui de BAM ont bien été mis en évidence, une voix off nous explique la dangerosité de l’investissement dans la cryptomonnaie.

«Intaha Al Kalam».

#4 – Le Maroc dézingue, Moul El Bendir, le Chef de la gendarmerie des séparatistes … par le biais d’un drone de combat chinois

Le héros national s’appelle désormais, Wing Loong 1, un drone de combat d’altitude de croisière moyenne et de longue autonomie (MALE), construit par l’entreprise chinoise China Aviation Industry Corporation.

Dah El Bendir, le chef du corps de la «gendarmerie» du groupe séparatiste du Polisario, qui tentait une incursion dans la région de Touizgui en territoire marocain, en tête d’une milice armée, a été abattue mardi 7 avril par les Forces Armées Royales par le drone Wing Loong 1.

Il s’agit de la première opération du genre à être médiatisée en raison du grade de la cible.

La presse officielle a pleuré Dah El Bendir, le qualifiant de martyre.

#5 – La séduction à la française, salie par #MeToo

Depuis le début de l’année, rappel The New York Times, un certain nombre d’hommes puissants dans certains des domaines les plus importants de la France ont fait l’objet d’accusations directes et publiques d’abus sexuels et d’insecte. La plupart de ces accusations ont surgi après des années de silence. L’effet a été immédiat, des enquêtes officielles lancées, des accusés ont perdu leur poste et d’autres ont été purement et simplement bannis de la vie publique.

La liste des noms est déjà longue et s’allonge : Gérard Depardieu, la plus grande star de cinéma française, Gérald Darmanin, le puissant ministre de l’Intérieur, Olivier Duhamel, un intellectuel éminent, Richard Berry, un acteur célèbre et PPDA, ancien roi des JT.

Ces accusations ont également conduit à repenser la masculinité française, y compris l’archétype des Français en tant que séducteurs irrésistibles, souligne Natasha Frost, journaliste au NYT.

#6 – Une large campagne appelant au boycott des E.A.U trouve son échos en Arabie Saoudite

Le hashtag مقاطعه_الامارات# ( Boycott des Emirats ) est un trending twitter dans plusieurs arabes depuis mardi 6 avril. Il s’agit de la première campagne digitale de boycott d’un pays arabes jamais lancée sur les réseaux sociaux. Israël et la France ont souvent fais les frais de mobilisations de ce genre.

Les lanceurs de cette campagne ont trouvé le liant idéal : la Palestine et le rapprochement entre MBZ et Netanyahu. Mais les véritables raisons sont d’ordre géopolitique et économique.

Le plus surprenant et que l’analyse de cette campagne révèle que plus de 60% des utilisateurs avaient des adresses IP saoudiennes. Le Yémen, la Libye, l’Algérie et le Koweït viennent après.

La crise en Jordanie, les difficultés dans lesquels est confronté Sissi en Egypte, la reconsidération du dossier iranien sont des signaux d’une reconfiguration en cour de la géopolitique de la région MENA.

Qui est Roy Shaposhnik, l’israélien qui a compromis le demi-frère du roi Abdallah II

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C’est l’homme le plus googlé de la soirée du dimanche de Pâques. Roy Shaposhnik, est l’israélien qui a été accusé par le gouvernement jordanien d’être impliqué dans l’affaire de déstabilisation de la sécurité du Royaume Hachémite. Amman a fait fuiter plus tôt dans la journée, l’identité et la fonction de celui qui a proposé une opération de l’exfiltration de la famille du demi-frère dissident du Roi, Hamza ben Hussein. C’est agent du Mossad écrit le journal proche des services de renseignement jordanien, Ammon. Roy Shaposhnik, décide de sortir de l’ombre et répond à ces accusations en publiant un communiqué sur Associated Press et en répondant aux questions de son compatriote le journaliste Ravid Barak. «Oui j’ai contacté mon amie la Princesse Basmah Bani Ahmad. Non je ne suis pas un agent du Mossad», a-t-il déclaré. Mais qui est ce fameux Roy Shaposhnik dont l’appel téléphonique a compromis davantage Hamza ben Hussein?

Roy Shaposhnik, un soldat de Tsahal, qui pilonnait avec sa Merkava les positions du Hezbollah durant la deuxième guerre du Liban en juillet 2006

Parmi les rares traces sur la toile de Roy Shapshnik figure un interview qu’il avait donné à la presse le 14 août 2006, commentant la «défaite» israélienne face au Hezbollah dans la guerre de Juillet de la même année. Il était soldat réserviste et était âgé de 27 ans.

« “Nous sommes un peu confus car nous n’avons rien obtenu du tout du cessez-le-feu“, a déclaré le lieutenant de l’armée israélienne Roy Shaposhnik, 27 ans, réserviste, appelé la semaine dernière avec son ancienne unité de chars. “Je pense que c’est la première fois qu’Israël perd une guerre.” », peut-on encore lire sur des journaux américains du 14 août 2016 tels que The Miami Herald ou The Sacraento Bee.

Le journal local américain MCCLATCHY WASHINGTON BUREAU publiera pour sa part l’intégralité de son témoignage au sujet de cette guerre :

« Les Israéliens interrogés le long de la frontière nord ont offert un mélange de perplexité et de colère face à ce que le pays avait tiré d’un mois de guerre déclenché le 12 juillet par la capture par le Hezbollah de deux soldats en Israël.

Nous sommes un peu confus parce que nous n’avons rien obtenu du tout du cessez-le-feu“, a déclaré le lieutenant de l’armée israélienne Roy Shaposhnik, 27 ans, réserviste appelé dans la semaine dernière avec son ancienne unité de chars. “Je pense que c’est la première fois qu’Israël perd une guerre.”

(…) Shaposhnik a déclaré qu’Israël n’aurait pas dû accepter un accord qui n’incluait pas le retour des deux soldats, qui ont été arrachés lors d’une audacieuse incursion du Hezbollah lors de leur dernier jour de service de réserve.

Personne ne veut entrer au Liban, mais si vous y réfléchissez, nous avons eu plus de 30 jours de combats et je ne peux pas vraiment comprendre ce que nous avons accompli“, a-t-il déclaré. »

Le témoignage du soldat Roy Shaposhnik qui exprimait les fractures au sein de l’armée israélienne après la décision du cessez le feu, ne figure nul part sur la presse israélienne.

Après la guerre, le dialogue avec les palestiniens

Roy Shaposhnik reparait dans la presse deux années plus tard. Il a laissé tombé son treillis et a rejoint Kadima, le parti d’Ariel Sharon, de Tzipi Livni et d’Ehud Olmert alors premier ministre.

Shaposhnik participait en 2008 à une réunion de jeunes dirigeants politiques européens, israéliens et palestiniens qui ont travaillé ensemble au Parlement européen du 25 au 28 mai 2008. Il représentait de la délégation israélienne et donnera la déclaration suivante à l’issue de ce meeting : « des questions normalement non soulevées ont été débattues, telles que les options pour Jérusalem

Sur son compte Linkedin, on apprend qu’à cette période il occupait le poste de Conseiller principal au bureau du Premier ministre Ehud Olmert. Il était en charge entre autres de l’élaboration d’initiatives de coopération internationale avec les pays voisins «dans la poursuite du développement économique en tant que moteur de la stabilité régionale». C’est dire que les Abrahams Accords sont le fruits d’une stratégie qui ne datait pas d’hier!


Lire aussi : Gouvernement jordanien : des puissances étrangères manipulaient le demi-frère du Roi Abdallah II


Retour sur le terrain de la guerre en tant Conseiller stratégique d’Erik Prince, fondateur de la controversée armée privée Black Waters

Sentant la fin d’Ehud Olmert, le jeune Roy Shaposhnik, probablement initié, se décide de se focaliser à 100% sur l’Afrique. Il crée alors une société de relations publiques «Faith Based Endeavours», littéralement «Efforts basés sur la foi».

Selon sa présentation sur Linkedin, FBE Ltd. est un « cabinet de conseil international dont l’objectif est de permettre un développement commercial de qualité dans le monde avec un accent sur l’Afrique, tout en adhérant à des normes morales élevées». Depuis 2008, FBE aide les clients de divers secteurs à naviguer dans les environnements politiques, commerciaux et médiatiques souvent difficiles de l’Afrique subsaharienne.

En 2011, il crée une deuxième société RS Logistical Solutions Ltd. (RSLS) qui opère dans les domaines de l’assistance vie et mission, de la logistique, de l’aviation et de l’assistance en escale, des relations gouvernementales et de l’intelligence d’affaires. RSLS intervient dans divers territoires, notamment en Afrique de l’Ouest, en Israël, en Palestine et aux États-Unis.

Derrière ces activités affichées sur Linkedin, les digital footprints de Roy Shaposhnik révèlent une autre discrète activité, que l’intéressé n’a pas caché dans sa déclaration de ce dimanche au journaliste Ravid Barak. Shaposhnik est un proche collaborateur d’Erik Prince, fondateur de l’armée privée Black Waters, accusés de crimes contre l’humanité durant la guerre du Golfe.

Erik Prince, ancien membre de la Navy SEALs, la principale force spéciale de la marine de guerre des États-Unis, a fondé en 1997 une société militaire privée américaine qui portera le nom de Blackwater. Empêtrée dans le meurtre de civils iraquiens elle sera rebaptisée XE Services en 2009.

Aujourd’hui la société a plusieurs visages et plusieurs noms, Academi, Constellis Group et Oliv group.

Olive Group, vaisseau amiral d’Erik Prince a installé son siège social à Abu Dhabi. Ami intime de Mohammed ben Zayed, l’ancien marine est considéré comme le véritable ministre de Guerre du prince héritier émirati.

Conseiller de l’ombre de Donald Trump, il a été associé entre autres par le FBI au piratage des comptes d’Hillary Clinton et aux contacts secrets entre le président sortant et Vladimir Poutine. D’ailleurs, les anciens collaborateurs de Blackwater, impliqués dans les meurtres d’Irakiens en 2007 ont été gracié fin décembre par Trump. L’un de ces gardes de sécurité, Nicholas Slatten, a été condamné à une peine de prison à vie.

C’est chez Constellis Group, société mère d’Oliv Group, que Shaposhnik a trouvé sa place en tant que Conseiller stratégique. Son terrain d’action était essentiellement en Irak.

Dans le cadre d’un effort américain pour promouvoir le développement économique en Irak et obtenir une influence dans le pays après la fin de la lutte contre l’État islamique, le gouvernement américain a aidé à négocier un accord entre l’Irak et Oliv Group d’Erik Prince, pour établir et sécuriser la première autoroute à péage du pays.
Des soldats Constellis Group devant l’ambassade américaine, à Bagdad, en Irak, le mercredi 1er janvier 2020, sécurisant le bâtiment assiégé par des manifestants pro-iraniens. (Photo AP / Nasser Nasser)

Fournisseurs de services au département d’Etat américain et à Erik Prince

Sous la casquette RS Logistical Solutions, Roy Shaposhnik a fourni durant des années des services au Département d’État américain et à d’autres gouvernements du monde entier.

Il ne cache pas d’ailleurs avoir eu comme client Olive Group d’Erik Prince qui formait des soldats irakiens en Jordanie.

«C’est à ce moment-là qu’il a rencontré le prince Hamzah par l’intermédiaire d’un ami commun. Le couple et leurs familles sont devenus des amis proches.», révèle en exclusivité Ravid Barak.

Et parait-il c’est dans ce cadre qu’il a noué son amitié avec l’ancien prince héritier de Jordanie, Hamza ben Hussein.

Après la logistique dans les territoires de guerre, la cybersécurité dans les Balkans

Le 15 septembre 2020, Roy Shaposhnik se laisse prendre en photo dans le bureau du Ministre du développement scientifique et technologique, de l’enseignement supérieur de Bosnie-Herzégovine, le serbe Milorad Dodik.

Shaposhnik représentait la société israélienne «ELTA Systems» à l’occasion de la signature d’une convention avec la république serbe de Bosnie visant à la création d’une académie de Cybersécurité à la capitale Banja Luka.

ELTA Systems, l’un des plus grands fabricants israéliens de radars, de systèmes basés sur des capteurs électromagnétiques, d’autres types d’équipements militaires et des fournisseurs de services de surveillance électronique et de cybersécurité et de défense, s’est engagée à former des profils de cybersécurité et de défense.

ELTA est une branche du groupe Israel Aerospace Industries (IAI), leader mondial dans le développement et la mise en œuvre de cyber-systèmes nationaux. Chef de file d’IC3, le consortium israélien des entreprises cybernétiques, et d’IAC3, le consortium israélien des cyberentreprises aéronautiques, tous deux créés sous les auspices du ministère israélien de l’Économie.

Sur la photo (de droite à gauche): Roy Shaposhnik, Elta, Milorad Dodik, président de la Bosnie-Herzégovine, et Srdan Rajcevic, ministre du Développement scientifique et technologique.

Par instruction du Mossad ou par pure amitié, l’appel téléphonique Shaposhnik a enfoncé davantage le prince dissident

Après la lecture de ce CV particulièrement fourni, il serait naïf de croire que M. Roy Shaposhnik est une personnalité ordinaire. Ancien soldat, ancien homme politique et homme de contacts et de logistique opérant dans les endroits les plus dangereux du monde sait très bien ce qu’il fait.

Qu’il soit agent du célèbre Mossad ou pas n’est pas important. Lieutenant réserviste, il répondra toujours présent aux sollicitations de son pays.

L’appel téléphonique, qu’il a reconnu, à l’épouse du prince jordanien accusé de comploter contre son pays a davantage compromis son ami. Une communication présentée comme preuve de trahison suprême et d’intelligence avec «l’ennemie» dans un pays peuplé à 75% de palestiniens.

Un appel qui a également impliqué l’Etat hébreux et ses services de renseignement, mettant en équation les avancées enregistrées durant l’année écoulée sur le plan de la confiance entre les pays arabes et Israël.

Gouvernement jordanien : des puissances étrangères manipulaient le demi-frère du Roi Abdallah II

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Le vice-Premier ministre jordanien Ayman Al-Safadi, a déclaré dans une conférence de presse tenue ce dimanche à Amman que les services de renseignement ont intercepté des communications entre le prince Hamza et des parties étrangères qui annonçaient «l’heure zéro». Un ancien haut responsable jordanien pointe du doigt Israël.

Que se passe-t-il ?

Le gouvernement jordanien a organisé une conférence de presse à Amman, vingt-quatre heures après l’opération sécuritaire menée sur le territoire du Royaume Hachémite qui s’est soldée par l’arrestation de seize personnes en plus de deux membres de la famille royale, le demi-frère du roi Abdallah II et ancien prince héritier, Hamza ben Hussein et son cousin par alliance, Charif Hassan ben Zaid.

C’est le ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre jordanien Ayman Al-Safadi qui a été désigné pour mettre fin à la cacophonie qui a secoué toute la région suite aux rumeurs de coup d’Etat contre le Roi Abdallah II.

Les deux vidéos publiées dans la soirée du samedi par le principal protagoniste dans cette affaire, l’ancien prince héritier, Hamza ben Hussein, dénonçant la corruption et la mauvaise gestion du pays et réfutant toute tentative de déstabilisation du Royaume, ont compliqué davantage la lecture de la situation politique et sécuritaire du pays.

Ce que nous devons retenir de la version officielle de la Jordanie :

  1. Le demi-frère du roi Abdallah II et ancien prince héritier, Hamza ben Hussein est bel et bien impliqué dans un complot de déstabilisation du Royaume hachémite.
  2. Il n’y a pas eu de coup d’Etat mais une préparation de complot de déstabilisation qui a été tué dans l’œuf.
  3. En raison de la sensibilité de la position du prince Hamza ben Hussein, le Roi Abdallah II souhaite régler cette affaire en famille mais n’exclue pas d’appliquer la loi à son encontre.
  4. La mouvement présidé par Hamza ben Hussein comprenait également, un autre membre de la famille royal, Charif Hassan ben Zaid et l’ancien chef de la cour royale jordanienne, Bassem Awadallah.
  5. Les protagonistes étaient sous surveillance depuis longtemps par les services de sécurité et les renseignement du pays.
  6. Informé des activités suspectes de son demi-frère, le roi Abdallah II a décidé de parler directement avec le prince Hamzah afin que l’affaire soit réglée au sein de la famille hachémite pour tenter de le décourager.
  7. Les services de renseignement ont intercepté des messages audios envoyés par l’ancien prince héritier à Bassem Awadallah qui s’apprêtait à quitter la Jordanie à bord d’un avion privé. Des messages envoyés à 2h:22.
  8. Les enquêtes auraient prouvé que des personnes proches du prince Hamza ont transmis des informations à des parties externes et à l’opposition basée à l’étranger. L’enquête a également noté des activités sociales du princes durant lesquels il incitait des membres des tribus jordaniennes à proférer des actes déstabilisant la sécurité et la stabilité du pays.
  9. Bassem Awadallah a noué des relations avec l’opposition installée à l’étranger et complotait pour affaiblir la stabilité de la Jordanie.
  10. Un agent du Mossad aurait contacté samedi soir l’épouse du prince héritier Hamzah ben Hussein.

La situation aujourd’hui en Jordanie et la suivante :

  1. L’ancien prince héritier Hamza ben Hussein est sous résidence surveillée avec sa femme et ses enfants. Il est privé de tout moyen de communication.
  2. Les deux principaux protagonistes et proches du prince Hamza, Sharif Hassan bin Zaid et Bassem Awadallah sont en prison ainsi que 14 à 16 autres personnes.
  3. Des rumeurs évoquent l’implication de généraux de l’armée.
  4. Le roi Abdallah II a eu un large soutien des États-Unis en premier lieu puis des principales capitales arabes.
  5. Le roi Mohammed VI a été le premier dirigeant à appeler son homologue Jordanie au téléphone.
  6. La Jordanie a informé Israël samedi soir que la situation sécuritaire était sous contrôle.

The Big Picture

Des médias israéliens avaient été les premiers a parlé d’un coup d’Etat avorté en Jordanie. Sur les réseaux sociaux, le disruptif influenceur israélien Edy Cohen, qui ne porte pas particulièrement le Roi Abdallah II dans son cœur, a influencé une grande partie des conversations en accentuant ses critiques envers le monarque.

https://twitter.com/EdyCohen/status/1378405383652392960
https://twitter.com/EdyCohen/status/1378684346622705664

Avant la conférence de presse tenue par Ayman Al-Safadi, l’opinion publique arabe qui s’est exprimée sur l’ensemble des réseaux, Twitter, YouTube ou Facebook, s’orientait vers une théorie complotiste qui voyait la main invisible des Emirats arabes unis et de l’Arabie Saoudite. Une théorie qui se base sur la proximité de l’état-major du complot mené par le prince Hamza, à savoir Charif Hassan bin Zaid et Bassem Awadallah avec l’entourage de MBS et MBZ.

Il est donc important d’en savoir un peu plus des deux acolytes du prince qui convoite le trône du Roi Abdallah II.

A gauche, Sharif Hassan bin Zaid et à droite, Bassem Awadallah deux personnalités jordaniennes accusées de tentatives de déstabilisation de l’Etat jordanien

Qui est Charif Hassan ben Zaid :

Sharif Hassan bin Zaid est l’un des «chorfas» de Hachémites. Descendant de la famille royale, Il est le fils de Sharif Hasan Ibn Zayd Al Nasser et réside en Arabie Saoudite dont il détient la nationalité en plus de sa nationalité jordanienne.

Charif Hassan occupait auparavant le poste d’envoyé du roi Abdallah II en Arabie saoudite.

Il est également le frère du capitaine Sharif Ali bin Zaid, tué en 2010 alors qu’il participait aux missions des forces armées jordaniennes en Afghanistan.

Qui est Bassem Awadallah

Bassem Awadallah, formé aux États-Unis, confident de longue date du roi, était un acteur clé dans l’élaboration de la politique économique du pays et a été chef de la Cour royale hachémite jusqu’à sa démission en 2008.

Banquier d’investissement de profession, il était considéré comme un économiste compétent, qui a accédé au poste de conseiller économique du Premier ministre dans les années 1990, après avoir obtenu un doctorat de la London School of Economics.

Il briguera rapidement des postes clés au sien du gouvernement jordanien, notamment celui de ministre du Plan et de la Coopération internationale en 2001 et celui de ministre des Finances en 2005, avant d’assumer des fonctions consultatives auprès de la cour royale.

Partisan des réformes économiques, Awadallah a longtemps été confronté à la résistance farouche d’une vieille garde et d’une bureaucratie enracinée qui a prospéré pendant des années grâce aux avantages du gouvernement.

Bassem Awadallah est également membre du conseil d’administration d’un certain nombre de sociétés ayant pignon sur rue aux Émirats arabes unis, au Bahreïn, en plus d’être le PDG de Tomoh Advisory, un cabinet conseil en finance et en stratégie basé à Dubaï. Ces dernières années, Awadallah est devenu un conseiller personnel du prince héritier saoudien Mohammad ben Salman.

Sur les réseaux sociaux de vieilles vidéos et de liens d’articles ont resurgis ces dernières vingt quatre heures dans lesquels Bassem Awadallah a été accusé d’avoir adopté des politiques financières qui ont nui à l’économie jordanienne au cours des 20 dernières années, y compris la privatisation d’un certain nombre d’entreprises publiques.

De plus, une vidéo est devenue virale depuis samedi du journaliste jordanien Nahed Hattar, assassiné en 2016, dans laquelle il accusait Awadallah d’être corrompu et d’être un agent d’Israël en Jordanie.

Netanyahu, Abdallah II : inimitié au grand jour

Les relations tendues entre Netanyahu et Abdallah II on éclaté au grand jour, quand le roi Hachémite a fait capoter LA visite historique sur laquelle comptait fortement le premier israélien pour sceller le résultat des quatrième élections législatives d’Israël. Après tous les efforts consentis et les risques pris par Bibi, quoique plus juste que de se prendre en photo aux cotés de MBZ brandissant aux israéliens le chèque de 10 milliards de dollars d’investissement émirati dans l’économie de l’Etat hébreux. C’était sans compter sur le volteface du Roi Abdallah II.

En effet, au moment du décollage du jet privé appartenant au «pote à Bibi», le milliardaire Udi Angel, les autorités jordaniennes lui refusent l’autorisation de survol de l’espace aérien du royaume hachémite. Un épisode qui suscité un tollé en Israël accusant le candidat Netanyahu de dilapider les succès géopolitiques des accords d’Abraham et d’utiliser le chef du Mossad sortant, Yossi Cohen, dépêché secrètement à Abu Dhabi pour organiser la rencontre, sans en informer le marocain Meir Ben-Shabbat, pour relancer sa campagne électorale.

Suite à cet incident diplomatique, la presse jordanienne se félicite ouvertement que le pays lui ait mis des bâtons dans les roues.

Dans la tête de Netanyahu, le Roi Abdallah II serait en partie responsable des difficultés dont il fait face aujourd’hui Netanyahu à former un gouvernement.

D’ailleurs, les israéliens se seraient impliqués dans cette affaire. En effet, selon les révélations du site jordanien d’intelligence Ammon de ce dimanche, un agent des renseignements israélien portant le nom de Roy Shaposhnik aurait proposé à l’épouse du prince Hamzah ben Hussein de l’exfiltrer de Jordanie vers Israël par voie aérienne.

Ce prétend agent aurait pris contact avec Princess Basmah Bani Ahmad, seconde épouse du Prince Hamza et lui aurait proposé de l’évacuer elle, ses enfant et son mari. L’information a été donnée au journal par une source jordanienne de haut rang.

Le même site web d’information, Ammon, citant un ancien Chef de cabinet royal jordanien, Jawad Anani, pointe du doigt Israël l’accusant d’être derrière le groupe Hamza ben Hussein.

Biden, Abdallah II : lune de miel

Un évènement majeur s’est produit ces dernières semaines en Jordanie et qui a soulevé des controverses dans le pays ce début de mois d’avril.

Le gouvernement jordanien a court-circuité le Parlement et approuvé un accord controversé signé entre la Jordanie et les États-Unis qui réglemente le statut des forces américaines présentes dans le royaume Hachémite.

En effet, le 31 janvier, la Jordanie et les États-Unis ont signé un accord de coopération en matière de défense. Il a été approuvé par le gouvernement jordanien le 17 février puis par un décret royal publié le 16 mars au Journal officiel, avec effet immédiat, sans être présenté au parlement ou à l’Assemblée nationale, qui est composée de la Chambre des représentants et le Sénat.

Les Jordaniens ont été choqués qu’un tel accord ait été approuvé quelques jours seulement après que le département d’État américain et l’ambassade américaine en Jordanie aient émis une alerte de niveau 3 le 10 mars, mettant en garde les citoyens américains contre les déplacements dans plusieurs endroits du royaume en raison du COVID-19. pandémie et les dangers de ce qu’elle a appelé «terrorisme et crime».

«L’accord vise à encadrer la coopération dans le domaine de la défense et à renforcer le soutien des Etats-Unis aux programmes de défense et à la sécurité et la stabilité du royaume grâce à l’obtention de formations et d’équipements militaires», avait déclaré à l’AFP le ministre des Affaires étrangères Ayman Safadi. Ce dernier a révélé également que les Etats-Unis fournissaient une aide militaire annuelle de 425 millions de dollars au royaume.

Les termes de l’accord publiés sur le site d’information jordanien Ammon, stipulent que «les forces américaines peuvent posséder et circuler avec des armes sur le territoire jordanien dans l’exercice de leurs fonctions».

L’accord précise que «les forces et le personnel américains, ainsi que leurs avions et navires sont autorisés à entrer et sortir librement sur le territoire jordanien et transporter et stocker leur équipement et matériel de défense».

The Bottom line

Clé de voute de la sécurité dans la région, la Jordanie sera-t-elle la clé de la nouvelle stratégie de Biden pour le Moyen-Orient.

Si on compile les éléments que nous avons à date d’aujourd’hui à savoir 1) distance assumée de Biden vis-vis Netanyahu et MBS; 2) nouveau pacte militaire avec la Jordanie; 3) Durcissement du langage avec la Russie; 4) Dialogue avec l’Iran, l’équipe diplomatique et de renseignement de Biden semble vouloir rebalancer les équilibres de force pour pouvoir négocier à armes égales avec l’écosystème Trump enraciné dans la région.

Il est possible que Biden ait remercié le Roi Abdallah II d’avoir assurer le passage en force au Parlement de la nouvelle loi favorisant la liberté de mouvement des forces américaines, en lui livrant sur un plateau d’or, son demi-frère qui aurait très probablement confié à Washington ses visées sur le trône de la Jordanie.

D’une pierre milles coups, Abdallah II s’est débarrassé également des deux personnalités devenues trop proches des régimes saoudien et émirati et qui pourraient se proposer comme alternative à une succession du pourvoir. Surtout que la Jordanie passe depuis 10 ans par des une multitudes de crises qui fragilisent mois après mois la position du Roi Abdallah II. De la crise syrienne, passant par le boycott du Qatar, l’impact des Accords d’Abraham sur les communautés palestiniennes et la terrible crise économique due au Covid.

Probité et lutte contre la Corruption : Saad Dine El Otmani s’auto-attribue la vision et les décisions du Roi Mohammed VI

Les dernières nominations royales touchant des organes juridictionnels vitaux, annonciatrices de l’avènement du «Big Shift» tant attendu, ont donné espoir aux marocains et des insomnies à Saad Dine El Otmani, le Chef de Gouvernement le plus décrié et le plus faible de l’histoire du Royaume.

Ce lundi 29 mars au petit matin, le secrétaire général en sursis du PJD, s’est réveillé en sursaut par les notifications WhatsApp et la peur d’avoir raté le S’hour de la journée du jeûne de la mi-Cha’abane. Premier reflexe il prend son téléphone et découvre un message de Benkirane : « Journée Bénite, tout de même 💔». «Qu’Allah accepte 😭 🙏» lui a-t-il répondu.

Le nœud eu ventre, répétant sans cesse «Bakkoury en disgrâce, Bakkoury!!» et ne pouvant pas attendre jusqu’au levée du soleil, il envoie un WhatsApp à son conseiller de lui trouver une idée de communication pour marquer le coup ce début de semaine et profiter des «awacher», moment propice aux sermons des fquihs.

Il avale trois date et boit d’un trait son verre de thé et se précipite pour faire ses ablutions, qu’il doit refaire plus de trois fois. Sa tête est ailleurs. Perturbé par les notifications des Ikhwane et des akhawates qui envoient leurs prières matinales, il expédie rapidement la prière d’Al Fajr et se précipite sur son téléphone.

« Excellence, M. le Chef de Gouvernement, nous avons constaté que la campagne de simplification des procédures administratives #tabsite, a très bien fonctionné sur les réseaux sociaux et Benchaaboun nous a passé la loi loi n°19.46. Pourquoi, ne pas en profiter est récupérer rapidement LE message qui fait mouche auprès de nos électeurs : la probité et la lutte contre la corruption ?».

«Très bien. Les partisans du PJD avant même nos électeurs doivent être convaincus que nous avons réussi à combattre l’impunité. Je veux un draft sur mon bureau avant 11h».

«Tenez, M. le Chef de Gouvernement a corrigé le texte du communiqué lui-même. Ces instruction sont claires, il faut l’envoyer immédiatement à la MAP et le publier sur notre site web dans 30 minutes tapantes».

«Pardon Madame, Ssi Saad vous a-t-il expliqué pourquoi il retiré toute référence à Sa Majesté e roi que Dieu L’Assiste du communiqué ?».

«Il dit qu’il sait ce qu’il fait et que dans tous les cas il n’a plus aucune chance d’être reconduit ni au gouvernement ni au parti. Entre nous il m’a dit texto : Je me sacrifie pour le PJD».

Que s’est-il passé ?

Si la scène ci-dessus, est de la pure imagination, il n’en demeure pas moins vrai que Saad Dine El Otmani a bel et bien publié sur le site de la chefferie de gouvernement un communiqué écrit de manière journalistique, repris par la MAP. Lequel article dresse un bilan élogieux de «ses efforts concrets et ses résultats probants en faveur de la bonne gouvernance, la probité et la lutte contre la corruption».

La particularité de ce texte et qu’il est, sans aucun doute, le premier document officiel gouvernemental de l’histoire du Maroc moderne qui ignore les action et les directives royaux. C’est simple il n’y a aucune mention du roi Mohammed VI dans tous le document.

Une omission qui ne peut être qu’intentionnelle et délibérée.

En quoi est-ce significatif ?

28 Octobre 1999 Discours royal : «La moralisation de la vie publique et surtout de l’administration a toujours été une question essentielle à laquelle Nous sommes particulièrement intéressé et qui occupe une grande partie de notre pensée.»

09 Mars 2011Discours royal : « Nous avons décidé d’entreprendre une réforme constitutionnelle globale, sur la base de sept fondements majeurs : (…) Sixièmement : La consolidation des mécanismes de moralisation de la vie publique et la nécessité de lier l’exercice de l’autorité et de toute responsabilité ou mandat publics aux impératifs de contrôle et de reddition des comptes. Septièmement : La constitutionnalisation des instances en charge de la bonne gouvernance, des droits de l’Homme et de la protection des libertés. »

24 Octobre 2011Message royal à l’ONU : « … Pour faire face aux effets néfastes de la corruption, qui constitue l’entrave la plus dangereuse au progrès, surtout dans les pays en développement, il est impératif de conjuguer les efforts au niveau international afin de relever les défis que pose le fléau de la corruption dans ses manifestations les plus détestables, notamment les entraves qu’elle dresse devant la réalisation des Objectifs de Développement du Millénaire.»

29 Juillet 2016Discours royal : « Notre concept d’autorité se fonde aussi sur la lutte contre toutes les formes de corruption: dans les élections, l’Administration, la justice, etc. Le manquement au devoir est aussi une forme de corruption.»

1er Juillet 2018Message royal au sommet de l’UA à Nouakchott : « La lutte contre la corruption doit être érigée en priorité, car il s’agit du plus grand obstacle au développement économique et social et à l’épanouissement de la jeunesse ».

Ceci n’est qu’un échantillon des passages des discours et des directives du Roi Mohammed VI concernant la lutte contre la corruption et la réforme de l’administration depuis son ascension au trône. Si Saad Dine El Otmani a la mémoire courte, il n’a qu’à se rappeler des changements constitutionnels entrepris par le roi Mohammed VI, en réponse aux appels des marocains pour de nouvelles réformes démocratiques. Lesquels changements ont été consacrés dans la nouvelle Constitution, approuvée par référendum le 1er juillet 2011 et qui ont permis :

  • Le développement de l’Instance centrale pour la prévention de la corruption grâce à l’adoption d’une loi relative à l’Autorité nationale pour l’intégrité, la prévention et la lutte contre la corruption, en application des dispositions de la Constitution;
  • La création du Conseil de la concurrence pour assurer une concurrence libre et équitable et améliorer le climat des affaires et des investissements en le transformant en institution constitutionnelle;
  • La création de la Cour des comptes et des conseils régionaux des comptes;
  • Le développement de Diwan Al Madhalim par la création de l’institution du Médiateur;
  • La création du Conseil national des droits de l’homme en lieu du Conseil consultatif des droits de l’homme (dahir n ° 1.11.19 du 1er mars 2011);
  • La Création de l’Unité de Traitement du Renseignement Financier (UTRF)
  • La Création de départements spécialisés dans la lutte contre les crimes financiers;
  • La Mise en place du comité national des marchés publics;
  • La Mise en place de l’instance nationale de lutte contre la corruption.

Vingt années d’efforts et de combat du Roi Mohammed VI, effacées par un fonctionnaire qui n’a de haut que le salaire.

Le programme gouvernemental 2016-2021 requiert également une action collective et une large implication de l’ensemble des parties prenantes avec un engagement citoyen conscient et responsable pour mener à bien ces grands chantiers. – Saad Dine ElotmaniTétouan, Juillet 2016 – Le Roi Mohammed VI a souligné, dans le discours adressé à la Nation à l’occasion du 17è anniversaire de l’accession du Souverain au Trône, que la lutte contre la corruption est “l’affaire de l’Etat et de la société”. – MAP
Le gouvernement a également lancé des réformes de grande envergure telles que l’adoption de la charte de la déconcentration et sa mise en œuvre effective qui est appelée à se traduire dans les faits par une transformation profonde de la structure de l’administration et à consolider le chantier de la régionalisation avancée. -Saad Dine ElotmaniFès, Aout 2019 – Sa Majesté le Roi Mohammed VI a exhorté le gouvernement à donner la priorité à la mise en œuvre de la régionalisation avancée et de la Charte de déconcentration administrative afin de relever les défis qu’impose la nouvelle étape.
Plagiat et usurpation avérée de Saad Dine Elotmani

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Nous invitons le Chef de gouvernement à relire les déclarations de la cheville ouvrière du gouvernement, le ministre qui est sur tous les fronts, Mohamed Benchaâboun, le 19 Mars dernier, suite à l’approbation par la Chambre des conseillers en séance plénière et à l’unanimité du projet de loi n°19.46 relative à l’Autorité nationale pour l’intégrité, la prévention et la lutte contre la corruption.

«Le Roi Mohammed VI a souvent insisté dans ses discours sur la nécessité de renforcer l’intégrité, de créer la vie publique et de lutter contre la corruption. Le Roi avait également incité le gouvernement à faire de ce dossier une des priorités législatives afin d’établir l’intégrité et de combattre toutes les manifestations de corruption dans la vie publique.» C’est par cette reconnaissance juste et honnête que Benchaâboun avait célébré cette réalisation.

Ce réquisitoire, n’est en aucun cas un procès de crime de lèse-majesté ou d’entorse aux normes, au protocole et aux us et les coutumes de l’administration marocaine. Ceci est une indignation contre les pratiques d’un homme politique déchu et d’un parti politique agonisant.

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