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Soutenir Gaza, c’est désormais «Woke», et c’est un problème !

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Le conflit israélo-palestinien a longtemps été un point de convergence pour diverses idéologies : des nationalistes arabes aux groupes religieux, en passant par les mouvements communistes, de libération nationale et anticolonialistes, notamment britanniques, ainsi que des alliances géopolitiques complexes.

Aujourd’hui, une nouvelle dynamique émerge, une lame de fond d’une rare intensité, provoquée par le mouvement «Woke» qui a embrassé la cause palestinienne, au vu et au su du monde arabo-musulmane. Parallèlement, les factions chiites ont pris la tête de la lutte armée contre l’occupant israélien, reléguant les sunnites au mieux au rôle de médiateurs.

Le «jour d’après» à Gaza ne concerne pas uniquement l’avenir du Hamas et du sanguinaire Natanyahu. Le «jour d’après» c’est aussi un piège implacable pour notre région du monde.

En l’espace de quelques mois, le « Wokisme » a conquis une partie du globe et des pans de la société auparavant improbables. L’Iran, comme après chaque conflit depuis l’invasion de l’Irak, et avec le soutien discret du «Permanent Washington», continue de gagner du terrain, fracturant encore et encore le monde musulman, à l’image de l’Algérie, devenue un énième proxy du régime des mollahs.

Soutenir Gaza est désormais «Woke» et c’est tant mieux pour la cause palestinienne. Le problème est que le «réveil» des sunnites, risque d’être difficile.

Quand elles posent à moitié nues pour soutenir Gaza, l’ancienne star pornograhique reconvertie en icône féministe Mia Khalifa et les soeurs Hadid expriment à leur manière leur humanité face aux atrocités de Netanyahu et leur affiliation à une région du monde qui a longtemps vécu sous l’oppression israélienne.

Toutefois, lorsque des célébrités comme Emily Ratajkowski, Cardi B, Dua Lipa, Victoria Pedretti ou The Weeknd soutiennent publiquement Gaza, lorsque qu’une photo générée par IA sur Rafah atteint plus de 60 millions de vues, lorsque les prestigieuses universités américaines s’embrasent en soutien de Gaza et lorsque les queers de Californie défilent dans les artères de Los Angeles en brandissant fièrement le drapeau palestinien, on réalise que nous sommes face à un phénomène planétaire, porté par le plus puissant mouvement de la décennie : le mouvement Woke.

Les célébrités qui ont exprimé leur soutien à la Palestine

NomNationalitéÂgeMétierOuvertement homosexuel
Annie LennoxÉcossaise69Chanteuse, auteur-compositrice
Amelia DimoldenbergBritannique29Journaliste, comédienne
America FerreraAméricaine40Actrice, productrice
Amir KhanBritannique37Boxeur professionnel
Ariana GrandeAméricaine30Chanteuse, actrice
Ava DuVernayAméricaine51Réalisatrice, productrice
Bella RamseyBritannique20ActriceNon binaire, orientation non spécifiée
Benedict WongBritannique53Acteur
Billie EilishAméricaine22Chanteuse, auteur-compositrice
FinneasAméricain26Chanteur, auteur-compositeur
Phoebe BoygeniusAméricaineVarieGroupe musicalBisexuelle
Cardi BAméricaine31Rappeuse, actriceBisexuelle
Cate BlanchettAustralienne55Actrice, productrice
Chance The RapperAméricain31Rappeur, producteur
Charles DanceBritannique77Acteur
Chloe SevignyAméricaine49Actrice, mannequin
Dave ChappelleAméricain50Humoriste, acteur
David BeckhamBritannique49Footballeur, homme d’affaires
Dua LipaBritannique28Chanteuse, mannequin
Emily RatajkowskiAméricaine32Mannequin, actriceBisexuelle
Emma D’ArcyBritannique31ActeurNon binaire, orientation non spécifiée
Emma WatsonBritannique33Actrice
Ethan SlaterAméricain31Acteur, chanteur
Frankie BoyleBritannique51Humoriste, écrivain
Freya AllanBritannique22Actrice
Gabrielle UnionAméricaine51Actrice, activiste
Gemma ChanBritannique41Actrice
HalseyAméricaine29Chanteuse, auteur-compositriceBisexuelle
Hari NefAméricaine31Actrice, mannequinTransgenre, ouvertement queer
HozierIrlandais34Chanteur, auteur-compositeur
Hugo WeavingAustralien-Britannique63Acteur
Hunter SchaferAméricaine25Actrice, mannequinTransgenre, ouvertement queer
Indya MooreAméricaine28Actrice, mannequinNon binaire, ouvertement queer
India AmarteifioBritannique22Actrice
Jade ThirlwallBritannique31Chanteuse
Jameela JamilBritannique38Actrice, présentatriceBisexuelle
Jenna OrtegaAméricaine21Actrice
Jesse WilliamsAméricain42Acteur, activiste
Joaquin PhoenixAméricain49Acteur
John CusackAméricain58Acteur, producteur
Jonathan GlazerBritannique58Réalisateur, scénariste
Julia FoxAméricaine34Actrice, réalisatrice
Juliet StevensonBritannique67Actrice
Karen GillanBritannique36Actrice
KehlaniAméricaine28Chanteuse, auteur-compositriceQueer
Kid CudiAméricain40Rappeur, acteur
Leigh Ann PinnockBritannique32Chanteuse
Lena HeadeyBritannique50Actrice
Lewis HamiltonBritannique39Pilote de F1
Liam NeesonIrlandais71Acteur
Lily JamesBritannique34Actrice
LizzoAméricaine35Chanteuse, rappeuse
Louis TomlinsonBritannique32Chanteur
MacklemoreAméricain40Rappeur
Mahershala AliAméricain50Acteur
Melanie MartinezAméricaine28Chanteuse, auteur-compositriceBisexuelle
Michael StipeAméricain64Chanteur, auteur-compositeurOuvertement gay
Michelle WolfAméricaine38Humoriste, écrivaine
Miriam MargolyesBritannique82ActriceOuvertement lesbienne
Ms RachelAméricaine40Éducatrice, chanteuse
Nelly FurtadoCanadienne45Chanteuse, auteur-compositrice
Patti SmithAméricaine77Chanteuse, poète
Pedro PascalChilien-Américain49Acteur
Penelope CruzEspagnole49Actrice
Perrie EdwardsBritannique30Chanteuse
ParamoreAméricaineVarieGroupe musical
Quannah ChasinghorseAmérindienne22Mannequin, activisteQueer
Rachel ZeglerAméricaine23Actrice, chanteuse
Ramy YoussefAméricain32Comédien, acteur
Renée RappAméricaine24Actrice, chanteuseQueer
Ricky MartinPortoricain52Chanteur, acteurOuvertement gay
Riz AhmadBritannique41Acteur, rappeur
Rosie O’DonnellAméricaine62Comédienne, actriceOuvertement lesbienne
Snoop DoggAméricain 52 Rappeur, acteur
Stanley Tucci Américain 63Acteur, écrivain
Susan Sarandon Américaine 77ActriceBisexuelle
SZA Américaine 33 Chanteuse, auteur-compositrice
Victoria PedrettiAméricaine29 Actrice Queer
The WeekndCanadien 34 Chanteur, auteur-compositeur
Zara LarssonSuédoise 26Chanteuse
Zayn MalikBritannique 31Chanteur

« No Pride in Genocide » : quand le drapeau palestinien flotte dans la Pride Parade LGBTQ+

Aux États-Unis, à l’occasion du « Pride Month » qui a démarré le 1er juin, une campagne nationale visant à mobiliser le soutien des personnes LGBTQ+ pour les Palestiniens a été lancée sous le slogan « No Pride in Genocide ».

À titre d’exemple, ce dimanche 9 juin, lors de la 54e parade annuelle de la Pride de Los Angeles, Code Pink Southeast Los Angeles, une branche du groupe féministe Code Pink, a défilé aux côtés des activistes de Queers For Palestine LA. Ensemble, ils ont brandi le slogan de la campagne : « No Pride in Genocide ».

Ces militants de Code Pink Southeast de Los Angeles venaient de participer, le week-end précédent ( 2 juin 2024), aux parades de la Pride de WeHo et de Long Beach, mettant en avant ce qu’ils appellent le génocide en cours du peuple palestinien à Gaza. Cette procession a eu un retentissement mondial grâce à la participation de la chanteuse lesbienne Kehlani.

La jeune star du R&B a fait coïncider la sortie de son clip vidéo pour son nouveau single “Next 2 U” avec le jour de la Pride Parade. Dans sa chanson, Kehlani, utilisant les pronoms elle/iel, se montre avec des danseurs en arrière-plan agitant des drapeaux palestiniens et portant des costumes incorporant des keffiehs.

Le clip de Kehlani commence par une citation de la poétesse américano-palestinienne Hala Alyan : « Garde ta lune – Nous avons la nôtre / Garde ton armée – Nous avons notre nom / Garde ton drapeau – Nous avons des fruits et dans – Toutes les bonnes couleurs. »

La citation est ensuite suivie par « Vive l’intifada », un slogan couramment scandé lors des manifestations pro-palestiniennes à travers le pays. La chanteuse fait ainsi référence aux deux révoltes palestiniennes contre l’occupation israélienne à Gaza et en Cisjordanie, lançant un appel à la libération.

«All Eyes on Rafah» : Une image vue par des millions de personnes

L’attaque sanglante de l’armée israélienne contre le camp de réfugiés palestiniens à Rafah et l’image du bébé décapité ont été le coup fatal pour la propagande du gouvernement Netanyahu. Politiques, célébrités et leaders d’opinion, y compris les pro-israéliens, ne pouvaient plus cautionner les actions sanguinaires du gouvernement de Tel-Aviv.

Le soir même de l’attaque, une image générée par IA, montrant des tentes formant la phrase « All Eyes on Rafah », a inondé Instagram de manière spectaculaire. Largement partagée par de nombreuses célébrités et influenceurs, l’image a été vue plus de 60 millions de fois.

Étonnamment, Meta, le réseau connu pour son soutien public à Israël, n’a pas supprimé cette image. Le crime était insoutenable.

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#Blockout, #NoBuyOut : La guérilla TikTok contre les célébrités pro-israéliennes

Quiconque a fait défiler TikTok ou Twitter ces dernières semaines a probablement aperçu des hashtags tendances comme #Blockout2024 et #NoBuyOut.

Il s’agit d’un mouvement massif et croissant parmi les militants pro-palestiniens, principalement jeunes, visant à infliger discrètement des dommages aux célébrités qui n’utilisent pas leurs plateformes pour dénoncer la guerre à Gaza.

Les tactiques vont du blocage massif d’une longue liste de célébrités, #Blockout, telles que Kim Kardashian, Jimmy Fallon, Selena Gomez, Drake, Justin Bieber et The Rock sur tous leurs comptes de réseaux sociaux — pour les priver d’attention promotionnelle et de revenus publicitaires — à l’encombrement des paniers d’achat numériques sur leurs sites de marchandises, puis à l’abandon du passage en caisse, #NoBuyOut, afin de toucher directement le porte-monnaie des célébrités.

Bien que l’efficacité du blocage massif des célébrités soit limitée — Taylor Swift, principale cible des militants, conserve encore 33,2 millions de followers sur TikTok —, l’approche #NoBuyOut marque un tournant innovant dans la protestation en ligne. Cette guérilla numérique ne ruine certes pas les célébrités, mais elle complique les affaires des marques associées à ces célébrités et offre un écho planétaire à la protestation contre les crimes de guerre de Netanyahu.

L’influence de l’éveil Woke sur la révolte des universités américaines contre la Guerre à Gaza

Les révoltes sur les campus universitaires américains contre la guerre à Gaza ont pris une ampleur considérable ces derniers mois, suscitant une variété de réactions et d’actions à travers le monde. Plus de 20 universités, y compris des institutions prestigieuses comme Columbia, Harvard et NYU, ont vu des manifestations étudiantes, souvent sous forme d’occupations et de camps de solidarité pro-palestinienne.

L’influence de la culture “woke” sur cet embrasement des campus américains est significative. Le wokisme, centré sur la conscience sociale et la justice, a intensifié la sensibilisation et la mobilisation des étudiants autour des questions de droits humains et d’inégalités globales.

Les principes “woke” prônent une critique active des structures de pouvoir oppressives et un soutien fervent aux mouvements de libération, comme celui des Palestiniens. Cette idéologie a catalysé des actions directes, telles que les manifestations et les campements de solidarité pro-palestinienne sur les campus universitaires, reflétant une nouvelle génération d’activistes engagés dans des luttes intersectionnelles. Les revendications de ces mouvements incluent souvent des appels au désinvestissement des universités des entreprises liées à l’occupation israélienne, soulignant l’importance de l’éthique dans les investissements institutionnels.

Sionisme, Franc-maçonnerie, des mouvements has-been ?

Le sionisme et la franc-maçonnerie, deux mouvements aux origines et objectifs distincts, ont suscité des débats intenses et ont souvent été entourés de mythes et de théories conspirationnistes. Le sionisme, un mouvement politique visant à l’établissement d’un foyer national juif, et la franc-maçonnerie, une organisation fraternelle ancienne prônant l’égalité et la fraternité, ont tous deux été accusés d’exercer une influence disproportionnée sur les affaires mondiales.

Les deux mouvements qui se croisent sur un certain nombres de dossiers et d’objectifs ont alimenté la culture du secret et du fantasme, avec une structure moyenâgeuse et patriarcale soutenant la finance mondiale et récompensant la soumission et l’obédience. Que des valeurs qui font hérissés les poiles de la Gen Z et combattues par le mouvement woke.

Dans une interview relayée par notre rédaction, Alain Juillet, ancien numéro deux de la DGSE et co-fondateur de la Grande Loge de l’Alliance maçonnique française, dont il est le premier grand-maître, a affirmé que « le réseau le plus puissant en France, ce n’est pas la franc-maçonnerie, c’est les LGBT».

Juillet a estimé que le pouvoir de la franc-maçonnerie a beaucoup diminué comparé à ce qu’il était durant la 3ème République, notamment face au mouvement des minorités sexuelles et de genre. Il explique que les groupes LGBT, par leur organisation et leur capacité à exercer une pression forte, sont devenus un lobby considérable.

Par ailleurs, depuis Black Lives Matter, le mouvement international qui a émergé en 2013, considéré comme la troisième manifestation de la vague woke après le LGBTQ et le #MeToo et qui s’est chevauché avec la guerre à Gaza de 2014, un débat sérieux a pris place en Israël sur le wokisme et son impact sur le projet sioniste en Palestine.

Par ailleurs, depuis l’émergence en 2013 de Black Lives Matter, un mouvement international considéré comme la troisième manifestation de la vague woke après le mouvement LGBTQ et #MeToo, et qui s’est chevauché avec la guerre à Gaza de 2014, un débat au plus haut niveau a pris place en Israël sur le wokisme et son impact sur le projet sioniste en Palestine.

Plusieurs articles et rapports ont abordé le sujet sous différents angles. Certains auteurs estiment que le sionisme, en tant que mouvement national juif, est menacé par les idéologies woke qui prônent une déconstruction des identités et des structures traditionnelles. La critique vient souvent du fait que le wokisme est perçu comme relativisant ou minimisant les expériences et les luttes spécifiques du peuple juif, en les diluant dans des discours plus larges sur l’oppression et l’injustice.

D’autres ont observé avec inquiétude la pénétration des théories critiques de la race et du genre dans les institutions académiques américaines, y compris les plus prestigieuses.

David Bernstein, auteur du livre « Woke Antisemitism: How a Progressive Ideology Harms Jews », met en garde, dans une analyse parue sur The Jerusalem Strategic Tribune un an avant les événements du 7 octobre, sur la manière dont l’idéologie “woke” aux États-Unis représente une menace pour la sécurité nationale d’Israël.

Il observe un changement brusque dans les attitudes politiques parmi une partie des Juifs américains et des élites, qui pourrait corroder les relations américano-israéliennes et affecter la sécurité d’Israël. L’idéologie “woke” soutient que les préjugés et l’oppression sont intégrés dans les structures de la société et que seules les personnes ayant vécu l’oppression peuvent définir cette oppression. Cette idéologie s’est propagée des universités aux institutions américaines, influençant la couverture médiatique du conflit israélo-palestinien et réduisant la sympathie envers Israël parmi les jeunes et les progressistes.

Bernstein met en évidence que l’influence de l’idéologie “woke” affecte également le soutien des jeunes Juifs et évangéliques américains à Israël, tout en diminuant l’enthousiasme général pour l’Amérique et sa mission mondiale. « Cette situation est exploitée par une alliance islamiste-progressiste pour influencer la politique étrangère américaine et affaiblir le soutien aux alliances pro-occidentales, notamment les Accords d’Abraham », soutient-il. Il recommande aux décideurs israéliens de se sensibiliser aux tendances idéologiques américaines, de dialoguer avec les leaders juifs américains et de recentrer les efforts d’influence vers les centristes politiques pour contrer cette influence.

Dans le même registre, un militant de gauche progressiste de confession juive installé à Oakland, aux États-Unis, a pressenti, quelques jours seulement après le 7 octobre, le danger que représente le wokisme pour l’image d’Israël dans cette guerre.

Le lanceur d’alerte a publié une mise en garde sous forme d’un article qu’il a intitulé : « Hamas a tué mon Woke ». Alex Olshonsky s’est heurté à la réaction du mouvement woke américain aux attaques du Hamas.

« L’antisémitisme a été minimisé au profit de la focalisation exclusive sur le racisme anti-noir », a-t-il écrit.

Olshonsky affirme également que l’idéologie woke est incapable de reconnaître la complexité du conflit israélo-palestinien et a tendance à diaboliser Israël tout en minimisant la menace du jihadisme radical.

L’auteur relate comment un incident lors d’une session de formation en psychothérapie en 2021, où l’antisémitisme a été minimisé au profit de la focalisation exclusive sur le racisme anti-noir, a marqué le début de son désenchantement avec l’approche de la gauche progressiste envers les questions juives.

Le point de rupture final est venu avec la réaction de certains groupes progressistes aux attaques du Hamas en octobre 2023 contre des civils israéliens. L’auteur a été consterné par la célébration des attaques en tant que résistance anticolonialiste et par l’antisémitisme flagrant affiché par certains segments de la gauche. Cela incluait des mèmes glorifiant la violence et des déclarations de groupes d’étudiants justifiant les attaques.

L’éveil Woke, le panarabisme, l’Islam sunnite et la cause palestinienne

Le soutien du wokisme à la cause palestinienne a créé des ressentis ambivalents parmi les mouvements traditionalistes panarabes et sunnites. D’une part, ces mouvements apprécient le soutien international et la visibilité accrue de la cause palestinienne. D’autre part, ils étouffent, pour le moment, une dissonance avec certaines des valeurs promues par le wokisme, telles que les droits LGBTQ+, le féminisme radical, et la Cancel Culture, qui sont souvent en nette contradiction avec les valeurs religieuses et culturelles traditionnelles.

Les traditionalistes peuvent voir ces mouvements comme une intrusion dans leur culture et leurs normes religieuses, tout en reconnaissant l’importance du soutien international. Les mouvements sunnites, en particulier, peuvent être ambivalents, accueillant le soutien pour la cause palestinienne tout en restant sceptiques ou opposés aux autres agendas des mouvements wokistes.

AspectsWokismeLGBTQ+Cancel CultureTranshumanisme
DivergencesPerçu comme une ingérence occidentaleConsidéré comme une importation occidentale menaçant les normes culturellesTactique locale d’ostracismePerçu comme néocolonialisme technologique
ProblématiquesManque de compréhension des réalités du Moyen-OrientTensions internes entre traditionalistes et progressistesConflit avec les autorités religieuses et politiquesContradictions avec les valeurs traditionnelles
Impact sur mouvements panarabesPerçu comme une menace aux normes culturelles et familialesTensions culturelles et socialesAdaptation locale de la culture de l’annulationMéfiance envers les innovations technologiques
Impact sur mouvements religieux sunnitesFortes oppositions aux pratiques non conformes aux enseignements islamiquesRéactions conservatrices face aux droits LGBTQ+Contestations religieuses contre la culture de l’annulationQuestions éthiques sur la nature humaine et la création divine
Ce tableau présente les divergences, problématiques, et impacts des concepts wokistes sur les mouvements panarabes et sunnites.

Le combo Wokisme et Chiisme, un piège implacable ?

L’implication du mouvement woke dans la question palestinienne est une manifestation importante de l’étendue de ce courant idéologique, né dans les années 2010. Ce mouvement se nourrit continuellement de nouveaux concepts et recrute de nouveaux adeptes. On retrouve dans l’idéologie woke les mouvements suivants :

  • LGBTQ+
  • Écologisme
  • MeToo
  • Black Lives Matter
  • Cancel Culture
  • Transhumanisme
  • Intersectionnalité
  • Appropriation culturelle
  • Déconstructivisme
  • Racisé / Trans-racialisme
  • Adelphité

Lorsque le soutien à Gaza devient woke, cela ajoute une nouvelle couche de complexité aux rivalités géopolitiques existantes. Les pays sunnites alliés des États-Unis, comme l’Arabie saoudite, et ceux ayant signé des accords de paix avec Israël, sont constamment en position d’équilibristes. Cet exercice est éprouvant et énergivore, surtout avec une contrepartie israélienne désunie et machiavélique.

Le mouvement woke adopte une approche intersectionnelle, laïque, voire critique envers les aspects religieux, englobant diverses luttes contre l’oppression. En revanche, le monde arabe-musulman se concentre davantage sur l’autodétermination nationale et la souveraineté, incluant la sacralité religieuse d’Al-Qods.

L’étau se resserre donc sur nos pays lorsque le «Permanent Washington» permet uniquement à l’Iran et à ses proxies chiites de mener une lutte armée dans le golfe, après avoir offert sur un plateau d’or à Téhéran la capitale du califat abbasside pour un équilibre des forces dans le « golfe persique ».

Ainsi, nous, sunnites pro-américains, devons naviguer entre notre alliance avec la Maison Blanche, les pressions internes et les mobilisations des wokes pour exprimer notre soutien à la Palestine et préserver nos intérêts stratégiques et notre sécurité nationale. L’Iran s’engouffre dans cette brèche et cherche à attiser la rue sunnite en se présentant comme un modèle de défense de l’Islam.

«Lorsque nous avons renversé le président irakien Saddam Hussein, nous avons également mis fin à mille ans de “domination sunnite”, depuis le califat abbasside, en passant par les Ottomans jusqu’au royaume hachémite. Nous devons éviter de renverser les Alaouites en Syrie.»

Paul Bremer, ancien administrateur général américain en Irak

C’est pourquoi le Hamas et l’Algérie se sont jetés dans les bras Mollahs. Le mouvement palestinien en guerre y est presque poussé par les événements. L’Algérie rêve de reprendre le rôle de la Tunisie, ancienne terre d’exil des leaders palestiniens, de voler la vedette à l’Afrique du Sud et de concurrencer le Maroc, qui bénéficie d’une place historique grâce au comité d’Al-Qods et à l’Agence Bayt Mal Al-Qods.

Le piège dans cette mise en scène réside dans le fait que l’Iran n’a aucun intérêt stratégique réel dans la cause palestinienne, si ce n’est un outil de pression sur l’Occident et les pays arabes. Les ambitions expansionnistes de l’Iran sont bien plus vastes et pragmatiques.

Les mollahs ne vont jamais mettre en équation leurs terrains sunnites conquis depuis l’invasion américain de l’Irak, contre un minuscule territoire au bord de l’implosion.

L’Iran qui disposerait de l’arme nucléaire et qui abrite la plus grande communauté juive du Moyen-Orient après Israël, a pris le contrôle de l’Irak, puis du Liban après l’assassinat de Hariri et le retrait des Israéliens du sud du pays. Il a mis la main sur la Syrie après le printemps arabe et sur le Yémen suite à l’ascension de MBZ et de MBS au pouvoir dans leurs pays.

Aujourd’hui, certains observateurs estiment que les Mollahs Batiniyyas se proposent de jouer le rôle d’Israël dans la région en devenant un carrefour économique et sécuritaire du «golfe-persique».

Nous devons prendre au sérieux ces tendances. Israël, avec tout son arsenal médiatique et ses nombreux alliés, a été sérieusement affecté par l’ascension du mouvement woke. Ce dernier a su imposer la cause palestinienne sur la scène internationale, détruisant tout le narrative de l’appareil sioniste.

Donald Trump, ancien président des États-Unis, a été l’un des premiers a directement affronté toutes les vagues de ce mouvement. Il a finalement été banni des médias et des réseaux sociaux, une mesure sans précédent pour un chef d’État américain. De plus, le mouvement MeToo a joué un rôle déterminant dans sa condamnation, faisant de lui le premier président à subir une telle humiliation publique.

En Europe, le nationalisme gagne du terrain en réponse entre autres à la montée en puissance du woke. Les partis nationalistes et les mouvements conservateurs mènent une guerre frontale contre ce qu’ils perçoivent comme une menace à leurs valeurs traditionnelles et à leur souveraineté nationale. Cette lutte idéologique polarise les sociétés et exacerbe les tensions politiques à travers le continent.

Le wokisme est aujourd’hui évalué par plusieurs pays, notamment Israël, la Russie et la Chine, comme une menace pour leur sécurité nationale. Il est à noter que Poutine a désigné le wokisme comme l’une des motivations de sa guerre et de sa lutte existentielle contre l’Occident.

Il est impératif que nous comprenions la profondeur et la portée de ces dynamiques afin de mieux anticiper leurs implications futures sur nos sociétés et notre intégrité territoriale.

Intelligence analyst. Reputation and influence Strategist
20 années d’expérience professionnelle au Maroc / Spécialisé dans l’accompagnement des organisations dans la mise en place de stratégies de communication d’influence.

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