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Joe Biden

Bras de fer entre MBS et Biden : MBS gagne et arrache l’immunité américaine dans l’affaire Khashoggi

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Revirement surprise de Joe Biden dans sa politique envers celui qu’il traitait de paria, le Prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane. En effet, tard dans la soirée du jeudi au vendredi, le département d’État américain a déclaré que le nouveau statut de Premier ministre de MBS, lui conférait l’immunité contre les poursuites judiciaires pour son rôle présumé dans l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi. « En accordant l’immunité diplomatique au prince héritier saoudien Mohammed ben Salman, Joe Biden a trahi sa propre rhétorique» a réagi la fiancée de nationalité turque de Khashoggi, Hatice Cengiz.

L’administration Biden a déclaré que le prince héritier Mohammed ben Salman d’Arabie saoudite devrait bénéficier de l’immunité dans le cadre d’une procédure judiciaire américaine concernant son rôle dans le meurtre du dissident saoudien Jamal Khashoggi, bloquant ainsi une tentative de tenir le dirigeant de facto du royaume pétrolier responsable de ce crime.

Khashoggi était un journaliste saoudien bien connu qui a fui l’Arabie saoudite pour les États-Unis et a publié des chroniques sur les colonnes du Washington Post critiquant les politiques du nouveau prince héritier MBS. En octobre 2018, il a été tué et démembré par une équipe d’agents saoudiens à l’intérieur du consulat du royaume à Istanbul, où il s’était rendu pour obtenir les papiers dont il avait besoin pour épouser sa fiancée turque. Les services de renseignement américains ont conclu que le prince Mohammed ben Salmane aurait ordonné l’opération.

Le département d’État américain a qualifié jeudi cette décision de protéger le prince héritier saoudien des tribunaux américains de «purement juridique». Toutefois, malgré sa recommandation à la cour, le département d’État a déclaré «ne pas prendre position sur le bien-fondé du présent procès et réitère sa condamnation sans équivoque du meurtre odieux de Jamal Khashoggi».

L’explication officielle de cet octroi d’immunité à un homme que la CIA soupçonne d’être complice du meurtre de Khashoggi est que le statut du prince héritier saoudien a officiellement changé en septembre lorsqu’il a été nommé premier ministre. Une explication qui convainc peu.

En effet, en Arabie saoudite, le pouvoir appartient au roi, au prince héritier et aux membres de la famille royale liés par le sang. MBS est le véritable dirigeant du pays dès sa nomination en tant que prince héritier en 2017.

D’aucuns ne pouvait imaginer un jour que les États-Unis, en tant que partenaire stratégique et fournisseur d’armes de l’Arabie saoudite, faciliteraient l’arrestation de MBS.

Par ailleurs, en lui accordant ainsi l’immunité, c’est toute la cour royale saoudienne en place qui est soulagée. En contrepartie, il faudrait s’attendre à une tempête de protestations de la part des groupes de défense des droits de l’homme ainsi que de la fiancée de Khashoggi.

A ce titre, la secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard, a réagi violemment sur Twitter en déclarant : «C’est une profonde trahison. Une autre. D’abord méprisé par le Président Trump. Puis le coup de poignard du président Biden. Il y a eu des accords tout au long. Aujourd’hui c’est l’immunité. Tout cela s’ajoute à l’impunité. A tout moment, ils avaient d’autres choix».

La fiancée de Khashoggi, Hatice Cengiz, a pour sa part multiplié les publications sur les réseaux sociaux et les déclarations aux médias contre la décision américaine.

«Biden a sauvé le meurtrier en lui accordant l’immunité. Il a sauvé le criminel et s’est impliqué dans le crime lui-même. Voyons voir qui vous sauvera dans l’au-delà ?» a-t-elle écrit sur Twitter s’adressant à Biden.

«Le département d’État américain a accordé l’immunité à #MBS. Ce n’était pas une décision que tout le monde attendait. Nous pensions qu’il y aurait peut-être une lueur d’espoir pour la justice des États-Unis, mais encore une fois, l’argent est passé en premier. C’est un monde que Jamal ne connaît pas et moi… !» a-t-elle martelé.

«Jamal est encore mort aujourd’hui #injustice #JamalKhashoggi», s’est désolée la fiancé de Khashoggi.

Rencontre Biden / Xi Jinping au G20 et les Midterms modèrent l’agressivité diplomatique de Washington

Le désir de Washington d’améliorer ses mauvaises relations avec les dirigeants saoudiens est sous-jacent à cette décision d’immunité.

Ce n’est un secret pour personne que MBS et le président Biden ne s’apprécient pas et le récent refus des Saoudiens de pomper davantage de pétrole pour faire baisser les prix des carburants aux États-Unis a été pris comme une énième affront à Washington. En outre, les Saoudiens entretiennent des relations de plus en plus chaleureuses avec la Russie et la Chine.

Pour rappel, durant toute sa campagne électorale et dès son installation, Joe Biden affichait sa distance avec MBS. Si la raison affichée de cette position et l’affaire Khashoggi, n’empêche que les démocrates n’ont jamais accepté l’accès au pouvoir du jeune prince sans leur bénédiction, ni avalé d’ailleurs la reconfiguration du Moyen-Orient autour d’une alliance arabo-israélienne mettant hors jeu l’Iran. Lequel état, a joué un rôle central dans la stratégie des démocrates visant à vaciller les monarchies du Golfe.

Mohammed ben Salmane de son côté, n’a pas baissé pour autant les bras face à la pression de Washington. Au paroxysme de la guerre ukrainienne, il va maintenir la pression sur les prix des hydrocarbures, en refusant d’augmenter la production des membres de l’Opep. Une situation qui a créé une inflation mondiale et plombé le bilan économique et social positif engrangé en 2021.

Aujourd’hui, Joe Biden semble réévaluer sa stratégie diplomatique à quelques semaines de l’anniversaire de l’éclatement de la guerre en Ukraine.

Sa rencontre en tête-à-tête de cette semaine avec son homologue chinois Xi Jinping a été le principal signal du changement de la politique américaine. La réunion de trois heures sur l’île balnéaire indonésienne de Bali en marge du G20 a été l’occasion pour un apaisement des tensions. Sans pour autant arrêter la lente érosion des liens financiers et économiques entre les États-Unis et la Chine.

Trois points essentiels à retenir du sommet Biden-Xi :

  1. Le retour à un engagement diplomatique régulier est un pas modeste mais significatif.
  2. Biden et Xi sont d’accord sur le fait qu’une « guerre nucléaire ne devrait jamais être menée et ne peut jamais être gagnée. »
  3. La rencontre Biden-Xi n’était qu’un élément d’une vaste campagne diplomatique alors que Xi revient sur la scène internationale pour entamer son troisième mandat.

Les d’entreprises et les hommes d’affaires ont été les premiers à applaudir Biden et Xi pour avoir pris du recul par rapport à une confrontation ouverte et d’avoir stopper la course vers la rupture de leur relation et rejeter l’idée d’un affrontement inévitable.

Le premier impact de cet apaisement serait un probable fin de la guerre en Ukraine. D’une part, la Chine s’est dite prête «d’approfondir» ses échanges avec la Russie «à tous les niveaux» et affirme son «soutient résolue» à Moscou dans les difficultés. D’autre part, l’administration Biden s’attend à avoir moins de liberté d’action au niveau de la Chambre des représentants et du Sénat pour financer la guerre. A tout cela s’ajoute, les signes inquiétants de grave crise économiques et sociale en Europe.

INSS : La visite de Joe Biden au Moyen-Orient, une occasion en or!

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Il aura fallu près de dix-huit mois au président Joe Biden, qui arrive ce mercredi à Jérusalem au début d’un court voyage régional au Moyen-Orient, pour programmer une visite dans la ville sainte d’Al Qods. Il se rendra ensuite en Arabie saoudite. Son prédécesseur, Donald Trump, avait fait de Jérusalem l’une de ses premières destinations étrangères, s’y rendant quatre mois après son installation à la Maison Blanche. Pour se différencier de Trump, Biden s’est efforcé d’atténuer l’intensité de l’attitude de l’administration précédente à l’égard d’Israël et de rééquilibrer les relations avec les Palestiniens. Dans ce contexte, les chercheurs de l’Institute for National Security Studies (INSS) de l’université de Tel-Aviv, ont publié un rapport sur cette importante visite. Selon l’étude, le voyage du président Biden en Israël, qui vise à souligner l’engagement des États-Unis en faveur de la sécurité d’Israël, offre «une occasion en or pour Jérusalem» sur des questions telles que l’Iran, la campagne de l’entre-deux-guerres et l’Arabie saoudite. Le plus riche pays arabe figure également sur l’itinéraire de Joe Biden durant lequel le président tentera d’obtenir des gains économiques immédiats.

The Institute for National Security Studies (INSS) est classé premier groupe de réflexion en Israël, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Dirigé par l’ancien chef de la direction du renseignement militaire de l’armé israélienne (Tsahal), le général de division Tamir Hayman, l’INSS concentre ses recherches et ses travaux sur la sécurité et les affaires militaires et stratégiques au Moyen-Orient, ainsi que sur la cyberguerre.

Le général de division, Tamir Hayman, Directeur Général de l’INSS.

Dans l’un de ses derniers rapports rendus publics, le centre de recherche explique dans le détail les enjeux de la visite tant attendue du président américain au Moyen-Orient. Joe Biden ayant programmé deux escales importantes, la première en Israël et la seconde en Arabie saoudite, INSS analyse avec beaucoup de pragmatisme l’objectif de chacune de ces escales.

«La prochaine visite du président Biden en Israël reflète son désir de démontrer une fois de plus son engagement exceptionnel envers Israël, tandis que sa visite en Arabie saoudite vise à faire avancer les intérêts américains immédiats : influencer les prix du pétrole, restaurer la position des États-Unis au Moyen-Orient et étendre la coordination militaire régionale vis-à-vis de l’Iran», explique d’emblée le tank tank.

Lors de ses rencontres avec les dirigeants palestiniens, le président réitérera son engagement en faveur d’une solution à deux États, mais on ne s’attend pas à une percée politique, affirme l’INSS. Dans le changement d’approche de l’administration vis-à-vis de l’Arabie saoudite, il existe une opportunité pour Israël de démontrer son potentiel en tant qu’atout et de bénéficier des possibilités qui en découlent.

L’Iran sera au centre de la visite du président dans la région, souligne le rapport. L’avenir de l’accord nucléaire n’est toujours pas clair, et l’administration est consciente de la nécessité de se préparer à une réalité où il n’y aurait pas d’accord et où l’Iran poursuivrait un programme nucléaire actif.

Une coordination étroite entre Israël et les États-Unis est impérative, alertent les rédacteurs du rapport. Israël devrait s’efforcer avec l’administration Biden de définir des lignes rouges, et des réponses politiques, économiques et militaires si elles sont franchies. En outre, Israël devrait s’assurer du soutien continu des États-Unis à la «campagne entre les guerres» et, en coordination avec les États arabes, souligner la valeur de la présence américaine en Irak et en Syrie.

INSS ne croit à aucun développement de la question palestinienne

Le président américain Joe Biden s’envole ce mercredi au Moyen-Orient pour une visite de trois jours du 13 au 16 juillet 2022. Il se rendra en Israël et sur le territoire de l’Autorité palestinienne, puis s’envolera directement pour Djeddah, en Arabie saoudite, où il rencontrera les dirigeants saoudiens et assistera à un sommet du CCG+3, composé des dirigeants du Conseil de coopération du Golfe, auxquels se joindront les chefs d’états égyptiens, jordaniens et irakiens.

INSS estime qu’au vu de la conjoncture internationale et de la fragilité du paysage politique israélien, Biden ne compte pas à arracher une quelconque avancée sur le dossier palestinien.

La décision de Biden de se rendre en Israël, prise il y a quelques mois et avant que l’Arabie saoudite ne soit ajoutée à l’itinéraire, reflète avant tout son désir de souligner une fois de plus son engagement personnel exceptionnel envers Israël, et sa volonté de «renforcer l’engagement inébranlable des États-Unis envers la sécurité et la prospérité d’Israël», écrit INSS.

«L’importance de la visite réside dans son occurrence même, d’où son intention de faire le voyage malgré les développements politiques en Israël» analyse le rapport.

Lors des réunions avec les dirigeants palestiniens, l’administration réitérera son engagement en faveur d’une solution à deux États, mais il n’y a aucune attente d’une percée politique.

Visiter Israël, une importance personnelle de Biden. Visiter l’Arabie saoudite, une priorité pour son administration

Si la visite en Israël est importante pour Biden sur le plan personnel, souligne le rapport de l’INSS, l’administration américaine, attache par contre beaucoup d’importance à la réussite de la visite en Arabie saoudite.

Le président a accepté cette visite après de longues délibérations et conscient des critiques considérables qu’elle suscite, principalement sur la scène intérieure américaine, compte tenu de la position ferme de Joe Biden concernant l’implication du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane dans le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi.

Cependant, la réalité géostratégique émergente pousse l’administration à privilégier une approche réaliste plutôt que «l’attachement aux valeurs». La crise économique mondiale, causée en partie par la guerre en cours en Ukraine, affecte directement les États-Unis, faisant atteindre de nouveaux sommets à l’inflation et renforçant les craintes d’une grave récession.

Les élections de mi-mandat au Congrès en novembre 2022 et le risque palpable de perdre la majorité démocrate ont fait comprendre à l’administration Biden qu’un changement d’approche est nécessaire, notamment dans la stratégie concernant le Moyen-Orient, afin d’avoir un impact positif sur les prix du pétrole. Néanmoins, il est encore trop tôt pour évaluer si cela représente un renversement des priorités de l’administration et une nouvelle volonté et capacité à investir des ressources dans la région.

Objectifs de la rencontre Biden-MBS

De nombreuses questions figurent à l’ordre du jour américano-saoudien et il est peu probable qu’il soit possible de toutes les résoudre au cours de la visite, estime l’INSS.

Toujours selon le Think tank, les objectifs de la visite sont les suivants :

Baisse des prix du pétrole

Joe Biden cherche à obtenir une baisse des prix du pétrole grâce à un engagement clair de l’Arabie saoudite à augmenter sa production au fil du temps.

Selon l’administration Biden, un tel engagement, même s’il n’a pas d’impact immédiat sur les prix, véhiculera une stabilité qui aura un impact positif à long terme.

Restaurer la position des États-Unis au Moyen-Orient

L’administration Biden veut restaurer la position des États-Unis au Moyen-Orient et faire comprendre aux pays arabes, et en particulier aux pays du Golfe, qu’ils peuvent compter sur les États-Unis comme principal allié. Cela remettrait en cause l’idée qui s’est développée au cours de l’année écoulée selon laquelle les États-Unis se déconnectent du Moyen-Orient, et l’intention consécutive des pays de la région de se tourner vers l’Est, notamment vers la Chine.

Alignement sur le dossier iranien

Biden souhaite établir un plan pour étendre la coopération avec les pays du Golfe et d’autres pays arabes sur la question de l’Iran, autant que possible en coordination avec Israël.

«Il est clair pour l’administration Biden que dans un contexte où les perspectives de renouvellement de l’accord nucléaire sont minces et où l’Iran continue de progresser dans son programme nucléaire – et même si un accord est conclu – les pays de la région attendent des États-Unis qu’ils présentent un plan d’action qui préservera leurs intérêts», souligne le rapport de l’INSS.

Et d’ajouter : «Il semble que l’administration ait également intérêt à partager la charge du traitement de l’Iran avec les États de la région et à les empêcher de prendre des directions qui ne correspondent pas aux intérêts américains».

Normalisation entre l’Arabie saoudite et Israël

Selon l’INSS, l’administration américaine voudrait faire progresser les mesures de normalisation régionale, notamment entre l’Arabie saoudite et Israël.

À ce sujet, le think tank rapporte les déclarations de personnalités américaines faisant état d’une feuille de route pour la normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite, qu’aurait préparer l’administration Biden.

De hauts responsables de la défense d’Israël et d’Arabie saoudite se seraient récemment rencontrés en Égypte sous les auspices des États-Unis, révèle l’INSS.

«Il a également été rapporté que, lors de sa visite, le président Biden discuterait avec ses hôtes d’une vision pour une défense antimissile et navale intégrée» affirme la même source.

Une dossier que les rédacteurs de l’INSS croient être d’une grande importance pour le président Biden. Il est primordial qu’avant les élections de mi-mandat, il soit crédité de l’avancement de cette mesure politique réussie, ont-ils écrit.

Recommandations pour Israël

  1. Faire comprendre à la région que les États-Unis ne se désengagent pas de la sécurité d’Israël

La visite du président Biden en Israël est une étape importante qui devrait contribuer de manière significative à faire comprendre dans la région et au-delà que les États-Unis continuent de soutenir Israël et que les dirigeants américains sont engagés dans la sécurité et le bien-être d’Israël.

Ce message revêt une importance particulière à l’heure actuelle, étant donné le sentiment dominant que l’administration est désireuse de se déconnecter de la région. Même si la visite est principalement symbolique, elle s’inscrit dans une longue série d’entretiens tenus au cours de l’année écoulée qui symbolisent la direction que l’administration esquisse et l’importance qu’elle accorde au dialogue permanent à tous les niveaux avec le gouvernement israélien.

  1. Garder de bonnes relations avec l’administration Biden

Israël a un intérêt évident à maintenir le pragmatisme et l’intimité qui caractérisent les relations actuelles, d’autant plus que l’administration Biden a pris soin de ne pas utiliser les désaccords comme un moyen de pression. Pour sa part, Israël doit veiller à ce que sa conduite se poursuive dans cet esprit.

«Le dialogue discret engagé entre Israël et les Etats-Unis depuis un an a permis une présentation franche des positions, même contrastées».

Sans faire référence à la méthode de Benjamin Netanyahu dans la conduite des relations avec Washington, INSS recommande au gouvernement israélien de maintenir le dialogue avec l’administration Biden tout adoptant des positions fermes quand à l’intérêt suprême d’Israël.

«Les deux pays (Israël et les Etats-unis, ndlr) doivent comprendre clairement les intérêts partagés et divergents. Ils doivent se doter de la capacité de surmonter les désaccords et de formuler une politique commune est dans l’intérêt suprême d’Israël» souligne le rapport du Think tank.

Dans ce contexte, il est recommandé que les décideurs en Israël aient une image claire des intérêts et des priorités de l’administration américaine, notamment dans le contexte de la concurrence avec la Chine et de la guerre en Ukraine, et que la politique israélienne tienne compte de ces intérêts autant que possible.

«L’objectif est de renforcer la compréhension de l’administration, et du Congrès, qu’Israël est un allié des États-Unis tout comme les États-Unis sont un allié d’Israël», précise la même source.

  1. Imposer ses lignes rouge à Biden vis-à-vis l’Iran

La question de l’Iran sera au centre de la visite du président dans la région. Malgré la reprise des négociations sur l’accord nucléaire, il est loin d’être certain qu’un accord sera conclu.

L’administration Biden est consciente qu’elle doit se préparer à une réalité où il n’y aurait pas d’accord, alors qu’un programme nucléaire actif se poursuit en Iran.

Une coordination étroite entre Israël et les États-Unis est impérative, et avec l’administration, Israël devrait s’efforcer de définir des lignes rouges ainsi que de convenir à l’avance de réponses politiques, économiques et militaires si elles sont franchies.

En parallèle, il est essentiel d’analyser les risques et les opportunités si l’accord est renouvelé. En même temps, la visite de Joe Biden devrait refléter la poursuite de la planification conjointe concernant une campagne contre l’Iran.

Même si Israël peut développer la capacité d’agir de manière indépendante, il est très important de renforcer la coordination avec les États-Unis dans la sphère opérationnelle et le soutien américain aux actions israéliennes, en partie comme levier sur l’Iran.

La guerre en Ukraine a prouvé qu’il existe sur la scène internationale une intolérance à l’égard des agressions militaires unilatérales (et c’est ainsi que toute opération militaire en Iran sera perçue par ceux qui la regardent depuis les coulisses).

INSS

Que l’accord nucléaire soit renouvelé ou non, la visite du président Biden vise également à renforcer la coordination régionale face aux efforts continus de l’Iran pour s’implanter dans toute la région et pour étendre son utilisation de missiles et de drones. Sur cette question, il est important d’assurer le maintien du soutien américain à la «campagne d’entre-deux-guerres» d’Israël et, en coordination avec les pays arabes, de souligner au président l’intérêt de maintenir la présence américaine en Irak et en Syrie.

Priorité pour la normalisation avec l’Arabie saoudite. L’Otan Moyen-oriental peut attendre

«La visite de Joe Biden a le potentiel d’approfondir la tendance à la normalisation entre Israël et les pays arabes en général, et l’Arabie saoudite en particulier» affirme le rapport de l’INSS.

Même si les chances d’établir une alliance régionale de l’OTAN sont faibles, la formulation d’une feuille de route pour des relations plus étroites entre Israël et l’Arabie saoudite est stratégiquement importante pour toutes les parties.

Pour sa part, Israël ferait bien de s’attacher à trouver des idées de mesures secrètes et publiques qui permettraient aux Saoudiens de franchir plus facilement le Rubicon et de faire progresser les relations bilatérales à un rythme qui leur convient. Une percée dans les relations israélo-saoudiennes serait considérée comme un juste retour des choses pour les efforts du président Biden, recommande l’INSS.

«La visite du président Biden en Israël et dans la région est l’occasion de renforcer la sécurité nationale d’Israël sur la base d’une démonstration claire et prononcée de l’engagement des États-Unis à son égard. Le changement d’approche de l’administration à l’égard de l’Arabie saoudite – bien qu’il soit le résultat de nouvelles circonstances internationales – comprend une opportunité pour Israël de démontrer son potentiel en tant qu’atout et de bénéficier des possibilités que ce changement implique» conclut le rapport.

Les six commandements d’Ahmed Charaï pour forcer Poutine à quitter l’Ukraine

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Comment faudrait-il mettre fin à la guerre qui s’éternise ? Fissuré, le front atlantiste peut-il forcer la Russie de Poutine à quitter l’Ukraine sans escalade aucune ? Des questions qui nous taraudent l’esprit et auxquelles, le directeur de publication du The Jerusalem Strategic Tribune, M. Ahmed Charaï propose une batterie de recommandations. Articulée autour de six axes, la vision de M. Charaï défend le principe d’unité internationale pour soutenir une Ukraine indépendante, souveraine et démocratique. Il plaide également pour un rôle plus engagé et une politique étrangère cohérente des États-unis pour maintenir et promouvoir un ordre international juste et durable.

Lorsque la Russie de Poutine a envahi l’Ukraine le 24 février dernier, elle espérait s’emparer du pays en une attaque éclair qui ne durerait que quelques jours ou quelques semaines. De nombreux analystes occidentaux le pensaient aussi.

Il n’y a pas eu de victoire rapide pour les puissantes forces du président russe Vladimir Poutine, pas de déroute qui permettrait au Kremlin de contrôler la majeure partie de l’Ukraine et d’établir un gouvernement.

Au lieu de cela, les troupes russes se sont enlisées dans les faubourgs de Kiev et d’autres grandes villes, au milieu de défenses ukrainiennes très solides. Les convois de blindés russes semblaient bloqués sur de longs tronçons d’autoroute. Les troupes se sont retrouvées à court de fournitures et d’essence, devenant des cibles faciles.

Un peu plus d’un mois après l’invasion, la Russie a effectivement reconnu l’échec de son blitz et a retiré ses troupes des zones proches de Kiev, déclarant un changement d’orientation vers la région industrielle orientale du Donbas, où les séparatistes soutenus par Moscou combattent les forces ukrainiennes depuis 2014.

«La guerre a commencé, dans l’esprit du président russe Vladimir Poutine, par deux grandes idées fausses. La paix ne viendra que lorsque le dirigeant russe admettra qu’il s’est trompé à leur sujet» entame Ahmed Charaï son analyse parue ce jeudi sur la revue américaine The National Interest.

«Poutine pensait pouvoir s’emparer de Kiev en deux jours. Il croyait que l’Ukraine était essentiellement une grande Biélorussie, où le nationalisme est tiède et désorganisé, et où l’incursion armée de Poutine, en faveur d’une marionnette russe impopulaire, était plus courte que la plupart des vacances européennes», poursuit l’éditorialiste.

M. Charaï affirme que le président russe s’attendait à ce que ses forces allait rencontrer une résistance symbolique en Ukraine et que son commandement total allait prendre peu de temps à s’établir.

«Si la résistance de l’Ukraine était farouche, il s’attendait à une répétition de la prise de la Crimée en 2014 – une guerre sanglante mais brève où l’Occident n’a tiré que des démarches diplomatiques, plutôt que d’expédier des roquettes et des obus d’artillerie à la tonne», souligne-t-il.

Les paris ratés de Poutine

Poutine imaginait également que son impressionnant et terrible déploiement de force intimiderait ou disperserait l’Union européenne et, par extension, l’OTAN. Les exportations de gaz de la Russie, il le savait, étaient vitales pour certains membres de l’UE, en particulier l’Allemagne, la plus grande économie d’Europe continentale et son bloc le plus important au Parlement européen.

La maître du Kremlin, écrit M. Charaï, a bâti sa stratégie d’invasion sur des paris qui se sont tous avérés perdants:

  • Enérgie

Poutine a parié sur le fait que les Européens ne reviendraient jamais sur la fermeture de leurs centrales nucléaires et à charbon, qu’ils n’augmenteraient pas leurs importations de gaz naturel en provenance des États-Unis et du Qatar et qu’ils ne prévoiraient pas de nouveaux pipelines en provenance d’Afrique du Nord ou du Proche-Orient.

«Il pensait que les sentiments pro-environnementaux de l’Europe rendaient ces changements impensables», affirme M. Charaï.

  • Militarisation de l’Allemagne et du Japon

Le plus choquant pour la pensée d’avant-guerre de Poutine a dû être le renversement abrupt de plus de soixante-dix ans de consensus sur les dépenses militaires en Allemagne et dans le lointain Japon. Longtemps soucieux de montrer au monde qu’ils ne seraient jamais des puissances militaires du type de celles de la Seconde Guerre mondiale, ces deux pays ont soudainement annoncé des budgets plus importants pour leurs forces armées, notamment les augmentations les plus fortes observées depuis la fin de la guerre froide.

Alors, comment le monde peut-il influencer Poutine pour qu’il se retire et non pour qu’il y ait une escalade ?

Les six commandments d’Ahmed Charaï

  1. Unité Internationale

La stratégie occidentale au début de l’invasion russe était essentiellement axée sur le fait de faire payer cher à Poutine sa guerre, car on le croyait pouvoir arracher rapidement une victoire. Cependant la résistance ukrainienne, fortement soutenue médiatiquement, financièrement et militairement par les États-Unis, le Royaume-Unis et d’autres pays de l’OTAN, a changé la donne. Poutine a été obligé de procéder à un retrait humiliant pour concentrer ses frappes dans l’Est et le sud du pays.

La guerre se prolonge et les crises alimentaires et énergétiques éclatent. C’est à ce moment là que les fissures dans le « bloc occidental » ont commencé à apparaître.

Deux groupes de pays au sein de l’UE vont émergés. La « nouvelle Europe », nom donné par Donald Rumsfeld, ancien secrétaire d’Etat nord-américain, au groupe de la Pologne et des pays baltes et la « vielle Europe » composée de la France, de l’Italie et de l’Allemagne.

Les États de la « nouvelle Europe » qui comptent sur le soutien de Washington ont adopté une posture très dure à l’égard de Poutine et voient dans l’invasion de l’Ukraine une menace directe pour leur sécurité. Les États-Unis utilisent, d’ailleurs, cette position pour poursuivre ses objectifs propres.

Si ce premier groupe fait de la défaite de Poutine un objectif, l’autre bloc européen estime que la Russie russe ne devrait pas être humiliée. l’axe Paris-Berlin-Rome, souhaite la victoire de l’Ukraine mais ne conçoit pas Moscou en dehors de tout nouvel ordre de sécurité construit en Europe.

C’est précisément cette désunion de l’Europe et d’autres pays de la planète que M. Ahmed Charaï estime être l’un des freins à la fin de la guerre.

« Le monde doit s’unir pour soutenir l’Ukraine en tant que pays indépendant, souverain et démocratique. L’annonce récente par l’Allemagne de son soutien à l’intégrité territoriale de l’Ukraine, y compris la Crimée, devrait mettre un terme à toute discussion sur l’échange de territoires contre la paix » écrit l’éditorialiste.

  1. Un plan Marshall pour la reconstruction de l’Ukraine

M. Charaï affirme que la croissance militaire et économique de l’Ukraine doit être encouragée et renforcée.

«Une Ukraine faible et vulnérable ne fera qu’inviter à une nouvelle agression russe. La reconstruction de l’Ukraine nécessitera des investissements considérables de la part du secteur privé. Mais les investissements du secteur privé dépendent d’un environnement généralement sûr» souligne-t-il.

Les États-Unis, poursuit M. Charaï, ont une occasion historique de construire avec leurs alliés la meilleure dissuasion contre une future agression russe et de contribuer à lutter contre la culture endémique de la corruption en Ukraine grâce à un mini plan Marshall bien conçu.

  1. Une politique étrangère américaine cohérente

C’est d’une constante du plaidoyer de M. Ahmed Charaï dans ses différentes interventions et analyses. Il s’agit de l’impact négatif sur l’ordre mondial de l’érosion de l’engagement des dirigeants américains en matière de politique étrangère.

«Ce qui s’érode depuis quelques années, c’est l’engagement des dirigeants américains à défendre, maintenir et promouvoir un ordre international dans lequel les nations observent des règles et des normes communes, adoptent des systèmes économiques libéraux, renoncent à la conquête territoriale, respectent la souveraineté nationale et adoptent des systèmes de gouvernement participatifs et démocratiques» insiste-t-il.

Et de poursuivre : «Dans un environnement mondial de plus en plus complexe, les États-Unis ne peuvent atteindre cet objectif qu’en tirant parti de leur force grâce à une politique étrangère cohérente qui répond aux défis posés par la Russie et la Chine. Pour ce faire, ils doivent délibérément renforcer et cultiver des relations productives avec leurs alliés, partenaires et autres nations ayant des intérêts communs».

  1. Adresser une offre attrayante pour contenir l’influence de la Chine

Les décideurs américains, toutes tendances politiques confondues, n’ont pas donné la priorité aux pays africains et de l’espace indopacifique, dans les plans de politique étrangère des États-Unis. Au contraire, l’intérêt limité de Washington pour l’Afrique principalement a manqué de coordination et est maintenant souvent perturbé par un concept mal défini «d’influence chinoise».

A ce titre, Washington a tout intérêt à s’attacher à développer une vision positive de l’avenir de leur rôle en Afrique et de l’espace indopacifique plutôt que de s’en tenir à critiquer l’engagement de la Chine sur ces régions du monde.

«Les États-Unis doivent offrir des alternatives politiques, économiques et sécuritaires attrayantes à l’influence de la Chine dans la région indo-pacifique, en Afrique et au-delà», recommande Ahmed Charaï.

  1. Maintenir le dialogue stratégique avec la Chine

Dans son dernier rapport sur Dialogue stratégique et économique entre les États-Unis et la Chine, le Comité national pour la politique étrangère américaine (NCAFP) révèle que que les processus de dialogue officiels ont permis d’atteindre bien plus de résultats qu’on ne le pense souvent et qu’ils constituent un moyen peu coûteux de faire progresser les intérêts américains de manière pacifique.

«Les États-Unis et la Chine continueront d’être en désaccord sur des questions fondamentales, mais devraient utiliser le dialogue direct pour exprimer ces préoccupations et réduire les malentendus et les perceptions erronées qui freinent la coopération sur le changement climatique mondial et le traitement et le rétablissement des pandémies», souligne le document.

Un an après, les relations entre les États-Unis et la Chine restent très tendues, malgré une politique moins ferme de la part de l’administration Biden. Une situation qui selon M. Charaï n’arrange pas le contexte international.

« L’administration américaine doit maintenir un dialogue stratégique productif avec la Chine permettant une communication claire des préoccupations essentielles des États-Unis tout en aidant les dirigeants américains à comprendre les intérêts et les objectifs de la Chine», affirme-t-il.

  1. Equilibrer entre les principes universels et les particularités régionales

Ce qui a toujours fait l’exception américaine, c’est cette politique chère à Henry Kissinger, celle d’aligner les stratégies des États-Unis sur les principes universels, au moment le reste de la planète se contentait à la promotion des intérêts nationaux.

«Les principes universels peuvent être combinés avec la reconnaissance de la réalité des histoires, des cultures et des perspectives des autres régions sur leur sécurité», recommande Ahmed Charaï.

Kissinger en avait d’ailleurs fait le fer de lance de sa vision de l’ordre mondial dans son livre publié en 2014 (World Order). « La célébration des principes universels doit aller de pair avec la reconnaissance de la réalité des histoires, des cultures et des points de vue d’autres régions sur leur sécurité.» a-t-il écrit.

« Nous devrions tirer les leçons de ces sages paroles et éviter de nous méprendre sur nos propres grandes fausses idées.» conclut M. Charaï son analyse parue sur The National Interest.

Ahmed Charai est l’éditeur de The Jerusalem Strategic Tribune. Il est membre du conseil d’administration de nombreux groupes de réflexion, dont l’Atlantic Council, l’International Crisis Group, le Center for Strategic and International Studies, le Foreign Policy Research Institute et le Center for the National Interest.

Le nouveau concept stratégique de l’OTAN cible la Russie et la Chine

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Les chefs d’État et de gouvernement des pays de l’OTAN réunis à Madrid ont approuvé mercredi un nouveau concept stratégique pour l’alliance, désignant comme principales priorités «l’agression de la Russie», «les défis systémiques posés par la République populaire de Chine» et «l’approfondissement du partenariat stratégique» entre les deux pays.

Les dirigeants des pays de l’OTAN réunis à Madrid, en Espagne, depuis ce mardi 28 juin ont approuvé hier un document qui fixe un nouveau concept stratégique pour l’alliance.

Dans ce document, l’alliance militaire occidentale qui s’est formée après la Seconde Guerre mondiale définit la Russie comme la «menace la plus importante et la plus directe» et aborde pour la première fois les défis que Pékin pose à la sécurité, aux intérêts et aux valeurs de l’OTAN.

Mercredi, le président Joe Biden a annoncé que les États-Unis renforçaient leur présence militaire en Europe, notamment en déployant des destroyers navals supplémentaires en Espagne et en positionnant davantage de troupes ailleurs, en réponse au «changement de l’environnement sécuritaire» et pour renforcer la «sécurité collective».

Joe Biden a indiqué que les États-Unis allaient établir un quartier général permanent pour le 5e corps d’armée américain en Pologne, ajouter une brigade de rotation de 3 000 soldats et 2 000 autres personnes dont le quartier général sera en Roumanie, et envoyer deux escadrons supplémentaires d’avions de combat F-35 en Grande-Bretagne.

«Au début de l’année, nous avons envoyé 20 000 soldats américains supplémentaires en Europe pour renforcer nos lignes en réponse à l’agressivité de la Russie, ce qui a porté le total de nos forces en Europe à 100 000 soldats», a-t-il déclaré, ajoutant que les États-Unis continueront d’ajuster leur position de défense «en fonction de la menace, en étroite consultation avec nos alliés».

Mercredi également, dans un discours virtuel à l’OTAN, le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a déclaré que son pays avait besoin d’armes plus avancées et d’environ 5 milliards de dollars par mois pour se défendre.

«Il ne s’agit pas d’une guerre menée par la Russie contre la seule Ukraine. C’est une guerre pour le droit de dicter les conditions en Europe – pour ce que sera le futur ordre mondial», a déclaré M. Zelenskiyy aux dirigeants du sommet.

Les alliés de l’OTAN prévoient de continuer à apporter un soutien militaire et d’autres types de soutien à l’Ukraine pour une durée indéterminée, a déclaré Charly Salonius-Pasternak, analyste de la sécurité à l’Institut finlandais des affaires internationales.

«Ce que j’ai entendu collectivement de la part de tout le monde, c’est l’idée qu’il est important que la Russie ne gagne pas, l’idée étant que si la Russie apprend la leçon que l’utilisation généralisée de la force militaire lui rapporte quelque chose, l’Europe ne sera pas stable ou sûre à l’avenir, et donc la Russie ne doit pas gagner, l’Ukraine doit gagner», a-t-il déclaré à la presse.

Un changement important de la réthorique de l’Otan face à la Chine

Selon Stacie Goddard, professeur de sciences politiques au Wellesley College, le langage du concept stratégique de l’OTAN suggère un changement significatif de son unité et de son sens de l’urgence en ce qui concerne la rivalité entre grandes puissances. Elle a souligné l’avertissement de l’alliance concernant l’approfondissement du partenariat entre la Russie et la Chine, qui constitue un défi pour l’ordre existant.

«Certes, ce ne sont que des mots, mais la nouveauté et la clarté de la rhétorique sont frappantes», a-t-elle déclaré.

Pékin ne soutient pas militairement la guerre de la Russie en Ukraine, mais le dirigeant chinois Xi Jinping a déclaré soutenir Moscou sur les questions de «souveraineté et de sécurité». Le pays continue d’acheter des quantités massives de pétrole, de gaz et de charbon russes.

«Cela est considéré comme extrêmement menaçant, non seulement pour les États-Unis, mais aussi pour l’Europe», a déclaré Robert Daly, directeur de l’Institut Kissinger sur la Chine et les États-Unis au Woodrow Wilson Center.

Le porte-parole du Conseil national de sécurité des États-Unis, John Kirby, a déclaré mardi aux journalistes que les alliés étaient «de plus en plus préoccupés par les pratiques commerciales déloyales de la Chine, le recours au travail forcé, le vol de propriété intellectuelle et ses activités d’intimidation et de coercition, non seulement dans la région indo-pacifique, mais dans le monde entier».

Le concept stratégique de l’OTAN est une évaluation des défis de sécurité et guide les activités politiques et militaires de l’alliance. Le dernier a été adopté lors du sommet de l’OTAN à Lisbonne en 2010, et comportait ironiquement les mots suivants : «L’OTAN ne constitue pas une menace pour la Russie. Au contraire : nous voulons voir un véritable partenariat stratégique entre l’OTAN et la Russie.»

La Suède, la Finlande, l’éloge de Biden à Erdogan et le climat

Le président américain Joe Biden a fait l’éloge du président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a renoncé mardi à ses objections aux candidatures de la Suède et de la Finlande à l’adhésion à l’alliance.

«Je tiens à vous remercier tout particulièrement pour ce que vous avez fait pour organiser la situation en ce qui concerne la Finlande et la Suède, et pour tout le travail incroyable que vous faites pour essayer de sortir le grain de l’Ukraine», a déclaré Biden à Erdogan lors d’un tête-à-tête en marge du sommet.

Ankara ayant levé son veto à l’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’OTAN, Washington a apporté concomitamment son soutien à la vente potentielle d’avions de combat F-16 américains à la Turquie.

L’OTAN s’apprêtant à augmenter le nombre de ses membres, le sommet a également porté sur le renforcement des partenariats avec les pays non membres de l’Alliance. Les dirigeants de l’Australie, du Japon, de la Corée du Sud et de la Nouvelle-Zélande participent à ce sommet.

«Le président Poutine n’a pas réussi à fermer la porte de l’OTAN», a déclaré M. Stoltenberg. «Il obtient le contraire de ce qu’il veut. Il veut moins d’OTAN. Le président Poutine obtient plus d’OTAN en faisant adhérer la Suède et la Finlande à notre alliance.»

Le concept stratégique de l’OTAN indique également que le changement climatique était «un défi déterminant de notre époque.»

Biden annonce la plus grande expansion militaire en Europe depuis la guerre froide

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Le président Biden a annoncé mercredi la création d’un quartier général permanent pour les forces américaines stationnées en Pologne, ainsi que de nouveaux déploiements de troupes et d’armes en Europe dans le contexte de la guerre que mène actuellement la Russie en Ukraine.

Les États-Unis vont procéder à leur plus grande expansion militaire en Europe depuis la guerre froide, avec notamment leur première présence permanente de troupes en Pologne, alors que l’OTAN se prépare à accueillir deux nouveaux membres en réponse à l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Cette annonce, qui fait suite à l’engagement pris par l’OTAN cette semaine de multiplier par sept ses forces à haut niveau de préparation, intervient malgré les efforts de Washington pour déplacer l’attention des États-Unis vers la Chine et offre une nouvelle preuve de la façon dont la guerre de la Russie bouleverse la sécurité internationale.

Une expansion militaire historique

«Les États-Unis ont réagi rapidement et efficacement, en étroite coopération avec leurs alliés de l’OTAN, à la crise de sécurité européenne provoquée par l’agression de la Russie contre l’Ukraine» a déclaré le département d’Etat américain à La Défense dans un communiqué publié ce mercredi.

«Les contributions des États-Unis à la réponse de l’Alliance ont été rendues possibles par les forces importantes que nous avions déjà stationnées et déployées en Europe, y compris de robustes équipements et stocks déployés d’avance, ainsi que par des investissements substantiels dans l’infrastructure et la mobilité militaire rendus possibles par le financement de l’Initiative européenne de dissuasion», poursuit le communiqué.

Preuve de cet engagement, le nombre de soldats américains déployés en Europe qui a grimpé à 100 000 hommes dans le sillage de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février, dont 10 500 membres des services américains stationnés en Pologne.

Ce mercredi 29 juin, le président Joe Biden a fait l’annonce au sommet de l’OTAN à Madrid d’engagements supplémentaires pour «renforcer la sécurité européenne» :

Pologne

«En Pologne, nous allons stationner en permanence le poste de commandement avancé du quartier général du Vème Corps, un quartier général de garnison de l’armée de terre et un bataillon de soutien sur le terrain», a déclaré le président américain.

«Ces forces – les premières forces américaines permanentes sur le flanc oriental de l’OTAN – amélioreront nos capacités de commandement et de contrôle, notre interopérabilité avec l’OTAN et la gestion des équipements prépositionnés. Cette action s’appuie sur le rôle central que la Pologne a joué dans le soutien à la dissuasion et à la posture de défense crédibles au combat de l’OTAN» a-t-il souligné.

Les États-Unis continueront également à maintenir, et chercheront à renforcer, leur importante présence de forces de rotation en Pologne, notamment une équipe de combat de brigade blindée, un élément de brigade d’aviation de combat et un élément de quartier général de division, ce qui permet au ministère de la Défense de déployer des forces de combat le long du flanc oriental.

Roumanie

En Roumanie, les États-Unis positionneront immédiatement une équipe de combat de brigade rotative, ainsi qu’une brigade supplémentaire sur le flanc oriental. Cette brigade supplémentaire, dont le quartier général se trouve en Roumanie, maintiendra la capacité de déployer des éléments subordonnés sur le flanc est. Cette brigade viendra compléter les autres Brigade Combat Teams stationnées et opérant en Europe.

Baltique

Dans la région de la Baltique, les États-Unis amélioreront leurs déploiements par rotation – qui comprennent des forces blindées, d’aviation, de défense aérienne et d’opérations spéciales – pour renforcer la sécurité de la Baltique, améliorer l’interopérabilité et démontrer la flexibilité et la préparation au combat des forces américaines.

Les États-Unis maintiendrons une présence persistante, talon-pointe, dans la région et intensifierons l’entraînement avec leurs alliés baltes pour maintenir des capacités crédibles au combat dans la région.

Espagne

En Espagne, les États-Unis collaborent avec le gouvernement pour faire passer de quatre à six le nombre de destroyers stationnés à Rota, dans la province de Cadix.

Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, les États-Unis renforceront leur présence par de chasseurs de cinquième génération et leur capacité à soutenir les Alliés dans toute l’Europe en postant à l’avant deux escadrons de F-35 à RAF Lakenheath.

Allemagne

En Allemagne, les États-Unis vont stationner à l’avant un quartier général de brigade d’artillerie de défense aérienne, un bataillon de défense aérienne à courte portée, un quartier général de bataillon de soutien au combat et un quartier général de brigade du génie, soit environ 625 militaires au total. Ces forces amélioreront les capacités de défense aérienne du ministère de la Défense et son soutien en matière de soutien en Europe, ce qui apportera un renforcement essentiel aux capacités de l’OTAN et permettra au ministère de la Défense de réagir plus efficacement aux menaces contre le flanc oriental de l’OTAN. Ces forces s’appuient sur le récent stationnement avancé de la Multi Domain Task Force et du Theater Fires Command en Allemagne, que le secrétaire Austin a annoncé en avril 2021.

Italie

En Italie, les États-Unis vont stationner à l’avant une batterie de défense aérienne à courte portée, soit environ 65 personnes. Cette batterie est une unité subordonnée au bataillon de défense aérienne à courte portée que le ministère de la Défense stationne en Allemagne.

https://twitter.com/deptofdefense/status/1542148163506782208?s=21&t=mlw2I-8ziaJ_NvNvA98MZQ

Dépenses américaines : 3,8 milliards en 2022, 4,2 milliards de dollars en 2023

«Toutes ces forces et facilitateurs crédibles au combat sont soutenus par des investissements importants dans la présence américaine à long terme en Europe» souligne le communiqué du département américain de défense (DoD).

Au cours de l’année fiscale 2022, le DoD continue d’exécuter 3,8 milliards de dollars de financement de l’initiative de dissuasion européenne (avec 4,2 milliards de dollars supplémentaires demandés pour l’année fiscale 23) consacrés aux :

  • forces de rotation,
  • exercices,
  • infrastructure (construction d’installations de stockage, modernisation des aérodromes et complexes d’entraînement)
  • équipements prépositionnés.

Des troupes supplémentaires seront également déployées en Roumanie sur une base rotative et des améliorations seront apportées aux déploiements de troupes stationnées dans les États baltes.

L’Europe ne peut pas se défendre sans les Etats-Unis

«Aujourd’hui, j’annonce que les États-Unis vont améliorer leur dispositif de forces en Europe pour répondre à l’évolution de l’environnement sécuritaire, ainsi que pour renforcer notre sécurité collective», a déclaré M. Biden.

«Ensemble, nos alliés, nous allons faire en sorte que l’OTAN soit prête à faire face aux menaces venant de toutes les directions, dans tous les domaines – terre, air et mer», a-t-il ajouté.

Lors du sommet, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a déclaré que l’alliance se trouvait «au milieu de la plus grave crise de sécurité à laquelle nous ayons été confrontés depuis la Seconde Guerre mondiale.»

Le ministre polonais des Affaires étrangères, Zbigniew Rau, a déclaré la semaine dernière que la crise sécuritaire actuelle illustrait le fait que l’Europe ne pouvait pas se défendre sans les Etats-Unis.

Pour la Pologne, l’engagement des États-Unis dans la sécurité européenne est une «condition fondamentale de la paix en Europe», a-t-il ajouté.

Israël : Bennett ouvre une autoroute électorale à Benny Gantz, l’ex-général que «personne ne déteste vraiment»

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Alors que le couple Bennett-Lapid annonçait l’effondrement de leur coalition et la dissolution du Knesset, le ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, était l’invité, ce lundi 20 juin, du Conseil d’Administration du «The Jerusalem Strategic Tribune», le média américain inédit fondé et présidé par le marocain Moulay Ahmed Charaï.

Ce n’est pas un hasard que Gantz a tenu à médiatiser «ce briefing» sur son compte Twitter. Cet ex-général que «personne ne déteste vraiment», s’érige désormais comme l’homme politique israélien suffisamment armé pour faire barrage à Netanyahu.

Et, ce qui devait arriver finalement arriva, le destin inéluctable, le couperet de la crise politique ouverte, l’effondrement de la coalition gouvernementale Bennett-Lapid et la dissolution du parlement, la Knesset.

Ce fut d’ailleurs la coalition la plus improbable de toute l’Histoire d’Israël réunie autour de même objectif: «le tout sauf Bibi» (Bibi, surnom de Benjamin Netanyahu). Elle (la coalition) a tenté, selon Bennett, «d’instaurer une gouvernance éclairée et de rétablir le sentiment de dignité nationale avec les huit partis qui la formaient», jusqu’à ce qu’il décide de la sacrifier sur l’autel de la vengeance.

La nuit des longs couteaux pour Bennett

La Société de radiodiffusion publique israélienne KAN a commenté la décision surprise de la dissolution de la Knesset dans un article au titre lapidaire : «La nuit des longs couteaux pour Bennett, l’opportunité inespérée pour Lapid».

«Bennett a sorti de longs couteaux aujourd’hui, tout a été arraché», écrit le journaliste de KAN, Michael Shemesh. «Tous les rebelles et tous ceux qui ont cligné un instant des yeux sur la possibilité de quitter le gouvernement, y sont passés».

Selon la même source, Naftali Bennett a visé en premier lieu celle qui avait donné le premier coup de semonce pour la coalition gouvernementale, la ministre de l’Intérieur et la numéro 2 de son parti, Ayelet Shaked.

«Le premier ministre a choisi le jour où cette dernière s’envolait pour le Maroc pour faire son annonce de dissolution du parlement» a-t-il affirmé.

«Elle ne savait pas quel accueil allait-on lui réserver dans ce pays chaud (Maroc, ndlr). Une telle cruauté n’existe qu’en politique» souligne le journaliste.

Et de poursuivre : «Bennett est furieux de la conduite de ses partenaires. Aujourd’hui, l’annonce de la dissolution du parlement a pris des tournures de vengeance froide et douce contre Ayelet Shaked, Abir Kara et Nir Orbach», écrit Shemesh.

Bennett a menée une bataille sanglante jusqu’à la dernière minute, révèle la même source. Il en est sorti meurtri et blessé. Bennett s’est senti trahi et humilié, et aucun des membres de son parti – à l’exception de Matan Kahana – n’a été mis au courant des manœuvres, révèle l’article de KAN. Bennett est furieux de la conduite de ses partenaires, de leurs négociations avec le Likoud, de leur discours sur la dissolution du gouvernement et surtout du fait qu’ils n’ont pas accepté un seul instant le fait qu’il soit Premier ministre.

«Un seul coup de fil, puis plus de gouvernement, plus d’élections, plus de parti, plus de contacts, plus de promesses, plus de premier ministre, tout le monde s’est retrouvé sans rien» dramatise le journaliste.

Opportunité inespérée pour Lapid

«Jamais Yair Lapid n’aurait été élu Premier ministre d’Israël», assure Michael Shemesh. Plus de dix ans et d’innombrables tours d’élections l’ont prouvé : l’électeur israélien ne s’intéresse pas à lui comme premier ministre.

Lapid ne s’est pas «porté candidat au poste de Premier ministre», c’est juste un concours de circonstance. Bennett qui s’est interdit toute entourloupe ou coup bas contre son partenaire, lui offre ainsi l’opportunité de sa vie on lui permettant d’assurer le poste de premier ministre.

En effet, selon l’accord de rotation entre Bennett et Lapid, dès que la Knesset sera dissoute et que des élections seront organisées, Lapid deviendra le Premier ministre par intérim.

Lapid continuera également à être ministre des affaires étrangères, tandis que Bennett deviendra le premier ministre suppléant et occupera le dossier de l’Iran dans le gouvernement intérimaire. Bien que des sources proches du Premier ministre affirment qu’il envisage de se retirer complètement de la politique.

Gantz invité spécial du Conseil d’administration du «The Jerusalem Strategic Tribune»

Le ministre de la Défense, Benny Gantz, était l’invité d’un «briefing» organisé avec le conseil d’administration de «The Jerusalem Strategic Tribune» à la Knesset, ce lundi 20 juin. Gantz était accompagné de la ministre de l’Innovation, des Sciences et de la Technologie, Orit Farkash-Hacohen, de son chef de cabinet et de plusieurs députés du parti Bleu et Blanc.

La séance était organisée pour marquer la sortie du quatrième numéro du «The Jerusalem Strategic Tribune», une publication indépendante fondée et publiée par Ahmed Charai, président et PDG de Global Media Holding, un groupe d’édition et de radiodiffusion, et conseiller pour le Moyen-Orient à Washington.

Immédiatement après la rencontre, Benny Gantz publie sur son compte twitter sa photo avec M. Charai et les membres du Conseil de JST.

«C’était un plaisir de rencontrer le conseil d’administration du The Jerusalem Strategic Tribune pour une discussion sur les défis stratégiques, avec en tête l’agression régionale de l’Iran, ainsi que sur les possibilités de renforcer les alliances régionales avant la visite prévue du président américain Biden au Moyen-Orient». s’est-il félicité.

Pour sa part, Ahmed Charaï, cité par The Jerusalem Post, a déclaré lors de ce briefing que « la prochaine visite du président Biden en Israël et en Arabie saoudite constituera un jalon dans la diplomatie américaine pour les années à venir. Une visite qui représente peut-être la plus grande opportunité de sa présidence de réaliser un accomplissement positif et historique ».

M. Charai a ajouté que les accords d’Abraham ont un grand potentiel pour faire évoluer le Moyen-Orient pour le mieux et a déclaré que «la dynamique de normalisation induite par les accords d’Abraham pourrait enfin conduire l’État juif à coexister pleinement avec les Arabes dans toutes les dimensions : culture, science, santé, sport, affaires, armée, religion et diplomatie. Il est dans l’intérêt d’Israël et des États-Unis de réaliser cette intégration

Malgré le soutien de longue date des partis ultra-orthodoxes au leader de l’opposition Benjamin Netanyahou, la faction du Judaïsme unifié de la Torah pourrait se retrouver à soutenir un accord avec le leader du Kahol Lavan et actuel ministre de la défense Benny Gantz.

Dans une interview accordée à la radio de l’armée mardi, Uri Maklev, un député du parti ultra-orthodoxe Yahadout HaTorah et législateur de la coalition anti-Netanyahu, a mis en doute la capacité de Netanyahu à former un gouvernement alors qu’Israël se dirige vers sa cinquième élection en trois ans.

«Je ne pense pas que Netanyahu réussira à établir un gouvernement. J’espère que ce ne sera pas le cas, je ne veux pas ouvrir la bouche. Ce n’est pas une bonne chose. Mais si c’est le cas, nous parlons dans quatre ou cinq mois encore, et qu’il ne réussit pas et que Gantz est capable de le mettre en place… Je pense qu’il peut aussi s’adapter aux partis de droite», a déclaré Maklev.

Par ailleurs, Benny Gantz compte maintenir son influence sur l’armée. En effet, il a annoncé qu’il ne laisserait pas la crise politique actuelle empêcher la nomination d’un chef militaire permanent.

Le ministre de la Défense Benny Gantz, rapporte i24News, a expliqué sa décision d’accélérer le processus de nomination du prochain commandant des Forces de défense israéliennes comme une tentative d’éviter que l’armée ne soit entraînée dans la tourmente politique du pays.

«Je ne permettrai pas que les forces de Tsahal deviennent prisonnières du système politique», a déclaré Benny Gantz lors d’une récente conversation privée, selon la chaine de télévision Channel 12.

Cette determination de Gantz de nommer le commandant de l’armée est de l’avis d’observateurs une manière de couper l’herbe sous les pieds de Netanyahu qui avait façonner les hauts responsables de la sécurité israélienne.

Enfin, dans le cadre de la visite de Joe Biden au Moyen Orient, qui donnerait le feu vert à l’intronisation de Mohammed ben Salmane et la création d’une nouvelle alliance régionale, Benny Gantz se positionne comme la personne clé à même d’accompagner l’inexorable bouleversement de la géostratégie mondiale.

Gantz prend de la hauteur et le fait savoir : « L’année dernière, avec mes collègues du Pentagone et de l’administration, nous avons promu un vaste programme visant à renforcer la coopération entre Israël et les pays de la région sous les auspices américains. Ce plan est déjà opérationnel et a contrecarré les tentatives iraniennes de défier Israël et d’autres pays du Moyen-Orient» s’est-il félicité sur Twitter.

Puis, il ne cache plus ses ambitions politiques en annonçant, ce mardi, dans une allocution devant les partisans de son parti «Bleu et blanc» sa volonté de gagner les élections.

«Nous irons aux urnes la tête haute. Nous maintiendrons la sécurité, nous préserverons la société israélienne et nous continuerons à gérer le pays pour tous ses citoyens – ceux qui voteront pour nous et ceux qui ne voteront jamais pour nous. Telle est notre voie» s’est-il exclamé.

«J’entends des voix de désespoir, et je cherche à faire entendre des voix d’espoir – on peut gagner et rester ensemble, et on doit gagner et rester ensemble», a scandé Benny Gantz.

Ayelet Shaked au Maroc, un évènement en Israël

Ayelet Shaked n’est pas uniquement la ministre de l’Intérieur d’Israël et figure de l’ultranationalisme israélien. Elle est celle par qui le processus de la dissolution du parlement de son pays s’est enclenché.

La femme de fer israélienne a fini par céder aux avances de Bibi et plaide désormais pour la constitution d’un gouvernement de droite alternatif dirigé par le Likoud de Netanyahu.

Ce contexte a fait de la visite de Shaked à Rabat, un évènement de taille à Tel-Aviv. Tous les yeux étaient rivés sur celle qui a fait sauter la coalition de son compagnon d’arme Naftali Bennett.

Interrogée sur les rebondissements de la décision du premier ministre de la dissolution de la Knesset, Ayelet Shaked a répondu dans un ton ironique depuis Rabat : «J’ai entendu dire que certaines choses se passent en Israël. Je continue cette visite comme si de rien n’était. J’ai une mission, celle de faire venir des travailleurs étrangers en Israël pour les domaines des soins infirmiers et de la construction

Shaked est arrivée lundi au Maroc, où elle a rencontré son homologue, ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit et le Chef de la diplomatie, Nasser Bourita.

Rencontre confirmée entre Biden et MBS en juillet en Arabie saoudite

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Le président américain Joe Biden rencontrera le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et des dirigeants de près d’une douzaine de pays lors d’un voyage au Moyen-Orient le mois prochain. L’information a été confirmée ce mardi par des sources officielles saoudiennes et américaines.

Le président américain Joe Biden se rendra en Arabie saoudite le mois prochain pour des entretiens bilatéraux et rencontrera le dirigeant de facto du pays, le prince héritier Mohammed ben Salmane, dans le cadre d’un itinéraire qui comprendra Israël et la Cisjordanie, a déclaré de hauts responsables de l’administration américaine.

«À l’invitation du Gardien des deux saintes mosquées… Le président des États-Unis d’Amérique se rendra au Royaume d’Arabie saoudite les 15 et 16 juillet 2022, au cours de laquelle il rencontrera le Gardien des deux saintes mosquées et SAR le prince héritier», a déclaré l’agence de presse officielle saoudienne.

«Au programme de la visite, le président Biden participera à un sommet conjoint, convoqué par le gardien des deux saintes mosquées, avec les dirigeants du Conseil de coopération du Golfe, le roi de Jordanie, le président égyptien et le premier ministre irakien», poursuit la même source.

Rétropédalage de Joe Biden

Cette annonce de la rencontre entre Biden et MBS officialise la volte-face de président américain vis-à-vis de l’Arabie saoudite, qu’il considérait comme «un État paria» alors qu’il faisait campagne pour la présidence, après le meurtre en 2018 du journaliste Jamal Khashoggi.

Biden va enfoncer le clou en déclarant après son entrée à la Maison-Blanche, «qu’il s’engagerait auprès du roi Salman, et non du prince Mohammed, contrairement à l’ancien président Donald Trump».

Cependant, la hausse des prix du pétrole, l’inflation élevée et le désir de Washington de voir l’Arabie saoudite s’aligner sur sa position envers la Russie et la Chine ont contribué à alimenter des mois d’efforts diplomatiques visant à recadrer les liens.

«Alors que nous recalibrons les relations, nous ne cherchons pas à les rompre, car l’Arabie saoudite est un partenaire stratégique des États-Unis depuis huit décennies», a déclaré un haut responsable de l’administration Biden. «Nous partageons une multitude d’intérêts avec l’Arabie saoudite, qu’il s’agisse de contenir l’Iran, de lutter contre le terrorisme ou d’aider à protéger son territoire.» souligne la même source.

Neuf chefs d’États arabes à Djeddah

À Djeddah, Joe Biden rencontrera les chefs d’État des six membres du Conseil de coopération du Golfe – Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Oman, Koweït, Qatar et Bahreïn – ainsi que les dirigeants de l’Égypte, de l’Irak et de la Jordanie.

Avant la visite, les pays de l’OPEP+ ont accepté d’accélérer la production de pétrole et l’Arabie saoudite a contribué à prolonger la trêve au Yémen. Ils ont promis davantage de développements dans les semaines à venir.

Israël-E.A.U-Inde : nouveau groupement diplomatique

Biden s’arrêtera en Israël, en Cisjordanie occupée et en Arabie saoudite au cours de sa visite du 13 au 16 juillet, où il se concentrera notamment sur la sécurité régionale et énergétique et sur le développement de l’intégration d’Israël dans la région, a déclaré Karine Jean-Pierre, porte-parole de la Maison Blanche.

Le président rencontrera des dirigeants israéliens et palestiniens et réitérera son soutien à une solution à deux États au conflit israélo-palestinien.

Biden tiendra également un sommet virtuel en Israël avec les dirigeants d’Israël, de l’Inde et des Émirats arabes unis dans ce que le haut fonctionnaire de l’administration a décrit comme un nouveau groupement diplomatique. Les Émirats arabes unis sont devenus le premier pays du Golfe à officialiser ses relations avec Israël lorsqu’ils ont accepté d’établir des liens diplomatiques complets avec l’État juif en 2020.

New York : État d’urgence en raison de la pénurie nationale de lait infantile

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Le maire de la ville de New York, Eric Adams, a signé aujourd’hui un décret déclarant l’état d’urgence lié à la pénurie d’approvisionnement en lait infantile. Ce décret habilite le département de la protection des consommateurs et des travailleurs de la ville de New York à empêcher les pratiques frauduleuses en matière de prix des préparations pour nourrissons.

Cette initiative intervient alors que les États-Unis sont aux prises avec une pénurie nationale de lait en poudre pour nourrissons, qui résulte du rappel volontaire et de la fermeture temporaire d’une usine d’Abbott Nutrition, l’un des plus grands fournisseurs de lait en poudre du pays.

«La pénurie de lait maternisé à l’échelle nationale a causé une douleur et une anxiété inimaginables aux familles de New York – et nous devons agir de toute urgence», a déclaré le maire Adams.

«Ce décret d’urgence nous aidera à sévir contre tout détaillant cherchant à tirer profit de cette crise en augmentant les prix de ce produit essentiel. Notre message aux mères et aux familles en difficulté est simple : Notre ville fera tout ce qui est en son pouvoir pour vous aider pendant cette période difficile.»

«La pénurie nationale de lait infantile fait du mal aux parents et aux familles de notre ville à un moment où nous sommes tous encore sous le choc de la crise de ces deux dernières années», a déclaré Anne Williams-Isom, maire adjointe chargée de la santé et des services sociaux.

«Ce décret permettra à toutes nos agences d’utiliser tous les outils dont elles disposent pour fournir des préparations pour nourrissons à ceux qui en ont besoin et veiller à ce que nos plus jeunes New-Yorkais restent dans la ville.»

«Alors que la pénurie nationale de lait infantile se joue au niveau local, nous utilisons les outils à notre disposition pour protéger les consommateurs et les familles qui travaillent», a déclaré l’adjointe au maire chargée du développement économique et de la main-d’œuvre, Maria Torres-Springer.

«Les mesures que nous prenons avec cette déclaration d’urgence et cet ordre exécutif envoient un message clair à tous les acteurs sans scrupules qui pourraient essayer de profiter de cette situation : pas dans la ville de New York.»

40% des détaillants en rupture de stock

À l’échelle nationale, plus de 40 % des grands détaillants sont en rupture de stock de lait pour nourrissons, dont 43 % des détaillants de la région des trois États, selon les estimations les plus récentes.

Au début de la semaine, le président américain Joe Biden a invoqué la loi sur la production de défense pour demander aux fournisseurs d’ingrédients de lait infantile de donner la priorité aux livraisons aux fabricants de lait infantile.

Le président Biden a également annoncé la création de l’opération Fly Formula, qui ordonne au ministère américain de la Santé et des Services sociaux et au ministère américain de l’Agriculture d’importer des préparations pour nourrissons de l’étranger, à condition qu’elles répondent aux normes de santé et de sécurité américaines.

La Russie va payer sa dette extérieure en roubles

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La Russie envisage de rembourser sa dette extérieure en roubles après que les États-Unis ont bloqué les dernières tentatives de Moscou de régler en dollars.

Avec Agences

Au lendemain de la décision de Washington de mettre fin à une exemption permettant à Moscou de payer ses dettes en dollars, le président de la Douma annonce ce mercredi que la Russie effectuera les paiements aux détenteurs d’obligations du pays en roubles.

«Les États-Unis veulent créer des problèmes pour Moscou en interdisant artificiellement les paiements en dollars pour le service de la dette extérieure de la Russie, mais le pays effectuera des paiements en roubles», a déclaré mercredi le président de la Douma d’État Viatcheslav Volodine, ajoutant que la Russie dispose de tous les fonds nécessaires.

«Premièrement, il y a tous les fonds nécessaires pour les paiements. Deuxièmement, les paiements seront effectués en roubles. Il s’agit d’un choix calculé par les États-Unis, qui ont eux-mêmes interdit les paiements en dollars. Le rouble s’est notablement renforcé aujourd’hui, et en ce sens, l’environnement de marché est bon pour nous», a-t-il écrit sur sa chaîne Telegram.

«Nous avons l’expérience des règlements mutuels en roubles. Les contrats gaziers l’ont montré, alors que les États-Unis et leurs satellites soutenant de telles décisions devraient s’habituer au rouble», a souligné M. Volodin.

Pousser la Russie au défaut de payement

La licence générale du département du Trésor américain autorisant la Russie à effectuer des paiements sur le service de sa dette souveraine a expiré mercredi. L’agence fédérale a déclaré mardi qu’elle ne prolongerait pas la dérogation accordée en mars, qui avait permis à Moscou de continuer à payer les intérêts et le principal et d’éviter un défaut sur sa dette publique.

En place depuis le début des sanctions occidentales contre la Russie, en représailles à la guerre en Ukraine, cette exemption avait permis à Moscou d’échapper au défaut de paiement.

Elle avait été décidée par Washington pour « permettre une transition ordonnée et aux investisseurs de vendre leurs titres », avait expliqué la secrétaire américaine au Trésor Janet Yellen la semaine dernière. La ministre de Joe Biden avait alors indiqué que cette exemption prendrait « probablement » fin.

La Russie ne pouvait déjà plus plus rembourser sa dette avec des dollars détenus dans des banques américaines, dans le cadre des sanctions renforcées prises par les Etats-Unis le 5 avril.

La gouverneure de la banque centrale russe, Elvira Nabioullina, avait reconnu le 29 avril que Moscou était confrontée à des « difficultés de paiements » mais elle s’était refusée à parler de défaut de paiement potentiel.

La dette extérieure de la Russie représente, selon son ministère des Finances, environ 4 500 à 4 700 milliards de roubles (quelque 78 à 81 milliards de dollars au taux actuel), soit 20 % de la dette publique totale.

Ahmed Charaï : Les États-unis doivent chercher à comprendre pourquoi 100 nations n’ont pas soutenu l’Ukraine à l’ONU

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L’Assemblée générale des Nations unies s’est réunie le 7 avril dernier, pour la troisième fois depuis le début de la guerre en Ukraine, pour adopter une nouvelle résolution qui suspend la Russie du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Si le monde occidental a largement condamné l’invasion russe, voire a pris de sévères sanctions contre Moscou, Vladimir Poutine n’est pas pour autant totalement isolé dans le conflit. En effet, 100 États sur 193 ont préféré ne pas soutenir le dernier vote onusien. Un phénomène peu commenté par la communauté internationale, probablement du fait que les pays concernés sont africains, arabes et asiatiques.

Dans le vacarme des bruits de bottes qui sature l’atmosphère fébrile de la guerre, une voix marocaine s’est levée pour attirer l’attention sur le déni occidental face à cette unité de l’ONU qui se fissure. Dans une tribune publiée sur la plateforme de réflexion et d’analyse américaine «The Jerusalem Strategic Tribune», Ahmed Charaï estime que la stratégie adoptée par les dirigeants occidentaux dans le conflit ukrainien favorise davantage l’émergence d’un désordre mondial. L’éditorialiste fustige le réflexe de vouloir condamner systématiquement les nations qui se sont abstenues de voter contre la Russie. «Les États-unis doivent chercher à comprendre pourquoi ces nations ont pensé que s’abstenir de voter était leur meilleure option» a-t-il souligné.

«Dans le siège emblématique de l’ONU à New York, le monde a voté au sujet de la plus grande invasion de la Russie depuis la Seconde Guerre mondiale – révélant les fractures et les fissures du soutien mondial à la démocratie», ainsi qa entamé Ahmed Charaï sa tribune publiée sur le journal américain «The Jerusalem Strategic Tribune», pour laquelle il a choisi le titre : «Nouveau désordre mondial : Ce que le vote de l’ONU sur la Russie révèle réellement sur la politique mondiale».

La suspension de la Russie du Conseil des droits de l’homme des Nations unies était techniquement la question soumise aux délégués. Mais chaque diplomate savait qu’il s’agissait en réalité d’un vote contre l’agression russe en Ukraine, nuance l’éditorialiste.

M. Charaï affirme que le résultat du vote a révélé la fragilité du consensus en faveur de la démocratie et de l’autodétermination. Car seuls 93 États (sur 193) ont voté en faveur du retrait de la Russie du comité des droits de l’homme, et donc de la condamnation de ses actions contre son voisin plus petit et plus faible

«Vingt-quatre autres pays (dont la Chine) ont voté en faveur de la Russie», précise-il. Et d’ajouter : «Plus inquiétant encore, 58 pays se sont abstenus, refusant de prendre parti dans ce que beaucoup considèrent comme un duel entre les grandes puissances».

M. Charaï souligne que le reste des pays craignent que les prix de l’énergie, des denrées alimentaires et des engrais ne continuent à grimper si le conflit s’intensifie. La Russie et l’Ukraine étant d’importants producteurs de pétrole, de gaz, de blé et de fertilisants, des produits vitaux pour les pays en développement.

«C’est une question de vie ou de mort. La peur et la nourriture sont plus importantes pour de nombreux pays en développement que les idéaux démocratiques», insiste l’éditorialiste, avant de faire le constat suivant : «Les décideurs américains et européens devront faire face à une dure vérité : si la Russie est isolée sur le plan diplomatique, elle n’est pas totalement seule, et de nombreux pays ne sont pas du côté de l’Ukraine et de ses espoirs démocratiques».

M. Charaï, souligne le fait que ce n’est pas par ignorance que les délégués de l’ONU se sont abstenus, mais que les grands idéaux et le désespoir des ukrainiens n’ont rien pu faire face la dure réalité économique et politique de ces pays.

«La vue depuis les décombres de la banlieue de Kiev n’est pas pleine d’espoir. Les dirigeants démocratiquement élus de l’Ukraine savent qu’ils peuvent être capturés, blessés ou tués. Et ils savent aussi que l’histoire des sanctions, l’arme de prédilection de la coalition occidentale, montre qu’elles échouent presque toujours à dompter les envahisseurs. Tous ces faits étaient connus des délégués de l’ONU. En effet, ils les auraient entendus directement de la bouche des diplomates ukrainiens. Mais les grands idéaux et le désespoir réel ne les ont pas fait bouger», constate-t-il.

Les raisons pour lesquelles 100 nations ont décidé de ne pas soutenir l’Ukraine lors du vote des Nations unies

Ahmed Charaï a regroupé les 100 nations qui ont décidé de ne pas soutenir l’Ukraine lors du vote des Nations unies en cinq groupes : 1) Afrique; 2) Amérique latine; 3) Chine; 4) Inde; 5) Pays arabes et Israël.

Pour chaque groupe, l’éditorialiste a apporté avec précision les considérations endogènes et exogènes qui ont poussé à cette prise de distance vis-à-vis le conflit ukrainien.

1. Afrique

En Afrique, la Russie a noué des relations de longue date avec la Libye, la République démocratique du Congo et le Mali, et déploie souvent un schéma postcolonial, qui suggère que la Russie soutient les nations indépendantes et émergentes par rapport à leurs anciens colonisateurs. Cette ligne rhétorique est une continuation du thème promu à l’époque de l’Union soviétique, en particulier à partir des années 1950.

2. Amérique latine

En Amérique latine, une forme d’antiaméricanisme parmi les classes instruites s’est traduite par une réticence à critiquer ouvertement Poutine. Ce phénomène est amplifié par les messages propagés ouvertement par Cuba et le Venezuela.

3. Chine

L’abstention initiale de la Chine est davantage perçue comme un signe d’embarras face aux visées belliqueuses de son partenaire russe, que comme une preuve de son intérêt pour un rapprochement avec l’Occident.

Dans les capitales occidentales, beaucoup veulent croire que Pékin a tout intérêt à ce que le cessez-le-feu intervienne rapidement, afin de ne pas entraver sa croissance économique. En réalité, la Chine ne voit aucune raison de mettre en colère la Russie, un important fournisseur de pétrole, de gaz et de charbon, d’autant plus que les nations occidentales découragent la production des combustibles fossiles dont la Chine a précisément besoin. Les cercles d’élaboration des politiques à Pékin ne sont pas peuplés d’idéalistes, et ses décisions sont invariablement intéressées et pragmatiques.

4. Inde

L’Inde, pour sa part, est un allié de longue date de la Russie, l’un de ses principaux fournisseurs d’armes. New Delhi estime qu’elle aura besoin de ces armes face au renforcement militaire chinois dans la région, ainsi que face aux problèmes non résolus avec le Pakistan.

5. Pays arabes & Israël

Les nations arabes n’ont pas l’intention d’abandonner leurs relations avec la Russie, qui s’est imposée comme une force avec laquelle il faut compter lorsqu’elle a sauvé le président syrien Bachar el-Assad par son intervention militaire, ni avec la Chine, le plus gros acheteur de pétrole et de gaz de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis.

En effet, les dirigeants arabes sont mécontents de l’administration Biden pour son retrait précipité d’Afghanistan l’année dernière, ses négociations en cours avec le régime menaçant de l’Iran, et son laxisme face aux attaques terroristes et aux tirs de roquettes des Houthis au Yémen. Pour la première fois, les dirigeants arabes s’interrogent, publiquement, sur la viabilité du système politique américain et sur la cohérence de la politique étrangère américaine.

Sur le dossier nucléaire iranien, Israël, l’un des plus fermes alliés des Etats-Unis dans la région, craint que l’administration Biden ne veuille à tout prix conclure un accord avec le régime iranien sans tenir compte de l’impact possible sur l’agression régionale de Téhéran. Le ministre israélien de la défense a même appelé à la mise en place d’un «plan B solide» pour faire face au programme nucléaire iranien.

En conséquence, ni les Arabes ni les Israéliens n’étaient enthousiastes à l’idée de soutenir les États-Unis à l’ONU – même s’ils ont fini par s’aligner.

Pour la première fois, les dirigeants arabes s’interrogent, publiquement, sur la viabilité du système politique américain et sur la cohérence de la politique étrangère américaine.

Ahmed Charaï , The Jerusalem Strategic Tribune

Érosion de la défense de l’ordre mondial

Faute de pouvoir s’en prendre à l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, les pays occidentaux ont déportés les votes en Assemblée générale. Deux scrutins sans conséquence pratique sur la Russie ont pourtant révélé la fragilité de l’unité de l’ONU. Une fragilité à laquelle s’ajoute un autre constat qu’Ahmed Charaï a pointé du doigt : l’érosion de l’engagement des États-unis à défendre, maintenir et faire progresser l’ordre international .

«Ce qui s’érode depuis quelques années, c’est l’engagement des dirigeants américains à défendre, maintenir et faire progresser un ordre international dans lequel les États observent des règles et des normes communes, adoptent des systèmes économiques libéraux, renoncent aux conquêtes territoriales, respectent la souveraineté des gouvernements nationaux et adoptent des réformes démocratiques» a-t-il souligné.

Dans l’environnement mondial de plus en plus complexe d’aujourd’hui, poursuit le Directeur de publication, les États-Unis ne peuvent atteindre leurs objectifs qu’en «tirant parti de leur force grâce à une politique étrangère cohérente qui répond aux défis posés par la Russie et la Chine». Pour ce faire, les États-Unis doivent délibérément renforcer et cultiver des relations productives avec leurs alliés, partenaires et autres nations ayant des intérêts communs.

Dans son analyse M. Charaï, s’attarde sur le cas de la Chine, que Biden a érigé en priorité de son administration et que tous les observateurs s’accordent à dire qu’il s’agit du plus grand défi du siècle pour les américains. L’éditorialiste appelle à un dialogue stratégique constructif et à l’étude d’alternatives à l’influence de la Chine dans l’indo-pacifique.

«Les États-Unis doivent proposer des alternatives politiques, économiques et sécuritaires attrayantes à l’influence de la Chine dans la région indo-pacifique, en Afrique et au-delà. Parallèlement, Washington doit maintenir un dialogue stratégique productif avec Pékin, en communiquant clairement les préoccupations américaines et en s’efforçant de comprendre les intérêts et les objectifs chinois.» recommande-t-il.

Les États-unis doivent revoir leur copie

Les principes universels doivent être combinés à la réalité des perspectives des autres régions. Les dirigeants occidentaux doivent reconnaître que les dirigeants non occidentaux ne vivent pas seulement dans un autre endroit, mais qu’ils viennent d’un autre endroit intellectuellement, affirme M. Charaï.

Pour conforter ses propos, l’éditorialiste cite une déclaration de l’ancien ministre des Affaires étrangères américain Henry Kissinger qui s’était exprimé avec franchise à l’intention de Barack Obama, dans un billet publié sur les colonnes du Wall Street Journal en 2014, la veille d’un voyage de l’ancien président américain pour l’Europe.

Kissinger a écrit : « De vastes régions du monde n’ont jamais partagé la conception occidentale de cet ordre ( ordre mondial, ndlr) et n’y ont seulement consenti. Ces réserves deviennent à présent explicites, par exemple, dans la crise en Ukraine et le sud de la Mer de Chine. L’ordre établi et proclamé par l’Ouest [après la Seconde Guerre mondiale] se trouve à un tournant [.] La célébration des principes universels ont besoin d’aller de paire avec la reconnaissance de la réalité des histoires et des cultures des autres régions, ainsi que leurs points de vue en matière de sécurité».

Le vote de l’ONU a montré que les principes universels ne sont pas encore tout à fait universels. Plutôt que de condamner les nations qui se sont abstenues de voter contre la Russie, l’Amérique doit chercher à comprendre pourquoi elles ont pensé que s’abstenir de voter était leur meilleure option. Ensuite, l’Amérique doit indiquer clairement qu’elle soutient toujours l’État de droit et l’idéal de la démocratie et de blinder ses idéaux, conclut Ahmed Charaï sa tribune.


M. Ahmed Charai est le président-directeur général d’un groupe de médias et conseiller pour le Moyen-Orient aux États-Unis et à l’étranger. Il siège au conseil d’administration de nombreux groupes de réflexion et ONG, dont Atlantic Council, the International Center for Journalists, International Crisis Group, et le Jerusalem Institute for Strategy and Security. Ses articles sont parus dans des publications américaines et israéliennes de premier plan.

The Jerusalem Strategic Tribune (JST) est une plateforme de réflexion et d’analyse américaine co-fondée par Ahmed Charai en Aout 2021. Une plateforme qui se veut cosmopolite et et inclusive. Son conseil d’administration réuni républicains et démocrates américains, gauche et droite israélienne se côtoient aussi bien dans le conseil d’administration.

JST se veut une plateforme médiatique ouverte au grand public pouvant permettant la compréhension des relations américano-israéliennes.

JST parvient à attirer des contributeurs prestigieux à l’image de l’ancien Conseiller à la sécurité nationale d’Israël, Yaakov Amidror ; les anciens Sous-Secrétaires d’Etat américains à la Défense, Dov Zakheim et John Hamre ; l’ancien conseiller d’Obama sur les questions chinoises, Ryan Hass ; l’ancien directeur général du ministère singapourien des Affaires étrangères, Bilahari Kausikan…

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