Joe Biden

Après le chaos à Washington, le Congrès valide l’élection de Joe Biden

Le Congrès a certifié l’élection de Joe Biden à la Maison Blanche après une journée d’une violence inimaginable mercredi à Washington, où des partisans de Donald Trump ont semé le chaos au sein même du Capitole, temple de la démocratie américaine.

Avec AFP

Au milieu de la nuit, et après le rejet d’objections émises par des élus républicains, le vice-président Mike Pence a confirmé jeudi la victoire du démocrate, avec 306 grands électeurs contre 232 pour le président sortant, devant les deux chambres réunies pour une session extraordinaire.

Censée être une simple formalité, cette certification a tourné à «l’insurrection», «presque à la sédition» selon les termes de Joe Biden, quand une foule de supporteurs du président sortant a envahi le Capitole, interrompant les débats.

Les images prises de l’intérieur du majestueux bâtiment situé au coeur de la capitale fédérale américaine marqueront l’Histoire: élus portant des masques à gaz, agents de la police en civil arme au poing, manifestants installés dans les bureaux des parlementaires.

Elles resteront à jamais associées à la fin de mandat tumultueux de Donald Trump, dont le jusqu’au boutisme a aliéné une partie de son propre camp.

Après une journée qui pourrait s’avérer désastreuse pour son avenir politique, Donald Trump a promis qu’il quitterait la Maison Blanche le 20 janvier. Réaffirmant son «complet désaccord» avec le résultat, il s’est engagé à un transfert du pouvoir «ordonné».

Depuis plus de deux mois, il refuse d’accepter sa défaite et souffle sur les braises de la division en brandissant des théories du complot. Sa croisade a culminé mercredi avec la prise d’assaut sur le siège du pouvoir législatif.

Des militaires de la Garde nationale ont été envoyés à Washington pour rétablir le calme après plusieurs heures d’extrême tension. Un couvre-feu est entré en vigueur en fin d’après-midi dans la ville, où l’état d’urgence sera prolongé durant deux semaines.

Au milieu de la confusion, une femme a été mortellement blessée dans le Capitole par un tir de la police. Cette Californienne s’appelait Ashli Babbitt et était une ardente partisane du milliardaire républicain.

Trois autres personnes ont perdu la vie dans le secteur de la colline du Capitole mercredi, mais la police s’abstient pour l’instant de lier directement ces décès aux violences.

Biden dénonce une attaque sans précédent contre la démocratie américaine

Lors d’une allocution au ton grave prononcée au plus fort de la crise, Joe Biden, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, a dénoncé une attaque “sans précédent” contre la démocratie américaine.

Il a appelé Donald Trump à s’exprimer «immédiatement» à la télévision pour réclamer «la fin du siège» du Capitole.

En guise d’adresse solennelle, le président américain s’est contenté de quelques tweets et d’une brève vidéo mise en ligne sur internet dans laquelle il a demandé à ses partisans de se tenir à l’écart de la violence et de «rentrer chez eux».

«Je vous aime (…). Je comprends votre douleur», a-t-il cependant ajouté, voquant une nouvelle fois une élection «volée».

La vidéo a été retirée peu après par Facebook qui a jugé qu’elle «contribuait aux risques de violence». Le réseau social a par la même occasion décidé de bloquer le président américain pendant 24 heures. De son côté, Twitter a également supprimé la vidéo, a bloqué le compte @realDonaldTrump pour douze heures et l’a menacé de suspension permanente, des mesures sans précédent.

Le seul des prédécesseurs républicains de Donald Trump encore en vie, George W. Bush, a dénoncé des scènes de chaos dignes d’une «république bananière».

Pour Barack Obama, ces violences sont «un moment de déshonneur et de honte» pour l’Amérique. «Mais pas une surprise».

Scènes honteuses

Ces images ont également suscité l’indignation à travers le monde.

La chancelière allemande Angela Merkel s’est dite «triste» et «en colère». Londres a dénoncé des «scènes honteuses». Le président français Emmanuel Macron a exhorté à ne rien céder face à «la violence de quelques-uns» contre les démocraties.

Du côté des ennemis des Etats-Unis, le président iranien Hassan Rohani a estimé que ces évènements montraient que la démocratie occidentale est «fragile et vulnérable».

Selon la US Capitol Historical Society, c’est la première fois que le Capitole a été envahi depuis que le bâtiment avait été incendié par les troupes britanniques en 1814.

Nous ne concéderons jamais

Après l’échec de sa croisade post-électorale devant les tribunaux, Donald Trump avait choisi dans un geste extraordinaire de défier le Congrès en réunissant des dizaines de milliers de ses supporteurs à Washington, au moment même où il devait graver dans le marbre la victoire de son rival.

A cette occasion, il s’en est pris avec un extrême virulence à son propre camp. Les ténors républicains sont «faibles» et «pathétiques», a-t-il lancé sous un ciel chargé de lourds nuages, à des dizaines de milliers de partisans.

«Nous n’abandonnerons jamais. Nous ne concéderons jamais» la défaite, a-t-il martelé, mettant la pression sur son vice-président Mike Pence pour qu’il «fasse ce qu’il faut».

Avant que les débats ne sombrent dans la confusion, Mike Pence avait bien commencé à présider la session conjointe de la Chambre des représentants et du Sénat .

Certains élus républicains avaient émis des objections aux résultats de l’élection dans certains Etats, mais plusieurs d’entre eux ont indiqué, après les incidents violents, qu’ils ne s’associaient plus à la démarche.

Le chef des républicains au Sénat, Mitch McConnell, a martelé à la reprise que le Congrès ne se laisserait pas «intimider».

Le sénateur républicain Lindsey Graham, un proche allié de Donald Trump, a de son côté annoncé qu’il cessait d’emboîter le pas du président. «Ne comptez plus sur moi. Trop c’est trop», a-t-il dit.

Et, selon certains médias américains, des ministres du milliardaire républicain ont discuté de la possibilité d’invoquer le 25ème amendement de la Constitution, qui autorise le vice-président et une majorité du cabinet à déclarer le président «inapte» à exercer ses fonctions.

Le Sénat désormais démocrate

Les violents incidents sont intervenus au lendemain de deux élections partielles en Géorgie remportées par les démocrates, qui ont ainsi repris le contrôle du Sénat aux républicains.

Le candidat démocrate Raphael Warnock a battu la sénatrice républicaine Kelly Loeffler et est entré dans l’Histoire en devenant le premier sénateur noir élu dans cet Etat du Sud traditionnellement conservateur.

Et Jon Ossoff a remporté la deuxième sénatoriale cruciale en Géorgie. A 33 ans, il va devenir le plus jeune sénateur démocrate depuis… Joe Biden en 1973.

Les démocrates auront 50 sièges au Sénat, comme les républicains. Mais comme le prévoit la Constitution, la future vice-présidente Kamala Harris aura le pouvoir de départager les votes, et donc de faire pencher la balance du côté démocrate.

Pandémie: Trump rejette le plan de relance du Congrès et le qualifie de «honte»

Le président américain Donald Trump a rejeté mardi soir le plan de relance de quelque 900 milliards de dollars adopté la veille par le Congrès après des mois de blocage, en le qualifiant de «honte» et en réclamant une augmentation du montant des chèques envoyés aux familles.

AFP

«Je demande au Congrès d’amender ce projet de loi et d’augmenter les ridiculement faibles 600 dollars à 2.000 dollars ou 4.000 dollars pour un couple. Je demande également au Congrès de se débarrasser des éléments inutiles et coûteux de cette loi», a exigé Donald Trump dans une vidéo publiée sur Twitter.

Jugé essentiel pour remettre sur les rails la première économie mondiale, le plan adopté par les parlementaires américains lundi soir afin de soutenir les ménages et entreprises affectés par la pandémie de Covid-19 ne peut entrer en vigueur sans la signature du président.

Or ce dernier laisse entendre dans la vidéo qu’il n’est pas prêt à le parapher sans les changements demandés.

Le milliardaire républicain demande en effet que lui soit envoyée une proposition de loi amendée «convenable», sans quoi il pourrait revenir à “la prochaine administration” d’adopter un plan de relance. «Et cette administration, ce sera peut-être moi», a glissé M. Trump, qui ne reconnaît toujours pas sa défaite face à Joe Biden le 3 novembre.

«C’est vraiment une honte», a-t-il lâché, alors que la Maison Blanche a été impliquée dans les négociations sur le texte par le biais du secrétaire au Trésor Steven Mnuchin.

«Elle s’appelle loi d’aide au Covid mais elle n’a presque rien à voir avec le Covid», a ajouté le président, citant pêle-mêle les aides contenues dans le texte pour le Cambodge ou la Birmanie et les financements destinés à l’armée égyptienne alors que cette dernière, dit-il, «va aller acheter de l’équipement militaire quasi exclusivement russe».

La présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi, a semblé mettre le président républicain et son camp au défi de concrétiser l’appel lancé par vidéo.

«Les républicains ont de manière répétée refusé de dire quel montant le président voulait pour les chèques directs. Enfin, le président est d’accord pour 2.000 dollars – les démocrates sont prêts à amener cela dans l’hémicycle cette semaine à l’unanimité. Faisons-le!», a-t-elle réagi dans un tweet.

Le sénateur républicain Lindsey Graham a de son côté jugé nécessaire que le plan d’aide, même s’il est «imparfait», entre en vigueur. «Le plus tôt sera le mieux», a-t-il écrit sur Twitter.

Biden demandera un autre plan

C’est dimanche, après des mois de blocage, que démocrates et républicains ont annoncé être parvenus à un accord de principe sur des mesures comprenant notamment des chèques aux familles les plus fragilisées, des aides aux petites entreprises et aux écoles, des allocations chômage supplémentaires de 300 dollars par semaine ou encore une enveloppe pour la distribution équitable de vaccins contre le Covid-19.

La première économie du monde est tombée dans une profonde récession au printemps, la pire depuis celle des années 1930, en raison de l’arrêt de l’activité, destiné à endiguer le nouveau coronavirus et qui a provoqué un chômage massif.

La pandémie est repartie de plus belle à l’automne, mettant un coup d’arrêt aux créations d’emplois et à la reprise de l’activité enclenchée à l’été.

Le premier plan, d’un montant gigantesque de 2.200 milliards de dollars, avait été voté en urgence fin mars, lors de la première vague de la pandémie.

Il comprenait des allocations chômage exceptionnelles de 600 dollars par semaine et l’envoi de chèques de 1.200 dollars par adulte.

Le président élu des Etats-Unis, Joe Biden, a quant à lui estimé mardi que le plan d’aide de 900 milliards était «un premier pas» mais qu’il ne serait pas suffisant, et a annoncé qu’il demanderait l’an prochain au Congrès de voter un nouveau plan de soutien à l’économie américaine.

«Nous devons travailler en impliquant les deux partis (républicain et démocrate). C’est seulement ainsi que nous nous en sortirons», a ajouté celui qui est un habitué des allées du pouvoir à Washington après plus de 35 ans passés sur les bancs du Sénat et huit ans comme vice-président.

Moscou qualifie l’administration Biden de russophobe

/

A un mois de l’entrée en fonction de Joe Biden, Moscou s’en est pris mercredi à la future administration américaine qualifiée de «russophobe», après des propos combatifs du locataire à venir de la Maison Blanche.

AFP

«Nous n’attendons rien de bon» du futur président américain, a lâché dans un entretien à l’agence de presse Interfax le vice-ministre russe des Affaires étrangères chargé notamment des relations avec les Etats-Unis, Sergueï Riabkov.

«Ce serait étrange d’attendre du bien de gens qui, pour beaucoup d’entre eux, ont fait leur carrière sur la russophobie, en déversant du fiel sur mon pays», a-t-il poursuivi.

Quelques heures plutôt, le président élu Joe Biden avait promis mardi de répondre à la gigantesque cyberattaque attribuée à la Russie qui a visé son pays.

«Quand j’aurai été informé de l’étendue des dégâts et de l’identité des responsables, ils peuvent être sûrs que nous répondrons», a-t-il menacé.

Il a aussi reproché à Donald Trump de minimiser le rôle supposé de la Russie, alors que des membres de son administration dénonçaient la responsabilité de Moscou dans les attaques ayant visé des services fédéraux aux Etats-Unis.

Washington a adopté de multiples trains de sanctions contre la Russie, notamment du fait de piratages informatiques et d’accusations d’ingérence dans la présidentielle de 2016.

Les démocrates n’ont pas oublié le soutien Moscou à Trump

Le camp démocrate de Joe Biden estime que Moscou a tout fait pour faire élire Donald Trump à l’époque et accusé son entourage de collusion avec les Russes.

Ces derniers échanges d’amabilités interviennent alors que diplomates russes et américains ont moult dossiers à régler dès la prise de fonction de Joe Biden le 20 janvier.

En haut de la liste, le renouvellement ou non du traité de désarmement New Start qui expire en février, dernier grand accord bilatéral régissant une partie des arsenaux nucléaires des deux adversaires géopolitiques.

Autre sujet, le sauvetage de l’accord sur le nucléaire iranien. Les signataires comptent sur Joe Biden pour revenir à ce texte comme il l’a promis, après tous les efforts de l’administration Trump pour y mettre fin.

Et il s’agit de faire vite, à l’heure ou Téhéran s’éloigne de plus en plus de ses engagements.

Pour M. Riabkov, la Russie doit avoir un «dialogue sélectif» avec les Etats-Unis, en ciblant uniquement les “sujets qui nous intéressent”. Et l’Iran et New Start font partie des priorités affichées des Russes.

«Agressivité des américains et douceur des russes»

Pour le reste, le diplomate a jugé nécessaire une politique «d’endiguement total des Etats-Unis» et exclu que la Russie initie le contact «avec l’équipe de transition de Biden».

Le président russe Vladimir Poutine avait déjà laissé entendre que le changement de locataire de la Maison Blanche ne laissait pas présager de détente.

Il a été l’un des rares dirigeants au monde à avoir attendu le vote du collège électoral américain du 14 décembre pour féliciter le président élu, soit six semaines après le scrutin, arguant du refus de Donald Trump de reconnaître sa défaite.

Si la semaine passée, lors de sa grande conférence de presse annuelle, Poutine a dit espérer pouvoir résoudre avec la nouvelle administration «au moins une partie des problèmes» entre les deux pays, il a rapidement repris sa rhétorique habituelle.

Il a ainsi vilipendé ses rivaux occidentaux, Américains en tête, fustigeant leur «agressivité» à l’égard d’une Russie «câline» en comparaison.

«Qui est doux et câlin et qui est agressif?» a-t-il martelé, reprenant les mots d’une question d’un journaliste, «par rapport à vous (les Occidentaux, NDLR), oui, nous sommes doux et câlins».

USA: Buttigieg, révélation démocrate, sera le premier ministre ouvertement homosexuel

L’ex-candidat à la Maison Blanche Pete Buttigieg, révélation des primaires démocrates, a été choisi par Joe Biden comme futur ministre des Transports, ce qui en fera le premier membre ouvertement homosexuel d’un cabinet présidentiel américain.

AFP

Sa nomination, qui avait d’abord été annoncée par les médias américains, a été confirmée mardi soir par l’équipe du président élu. «Je fais confiance à Pete pour effectuer ce travail avec concentration, sens moral, et une vision audacieuse», a déclaré Joe Biden, cité dans un communiqué.

Ce choix devra être validé par un vote du Sénat.

Après avoir choisi Kamala Harris pour se présenter à ses côtés pour la vice-présidence, c’est le deuxième ancien rival de la primaire que Joe Biden décide d’intégrer dans son équipe.

A 38 ans, l’ancien maire de South Bend, une ville moyenne de l’Etat de l’Indiana, est l’un des seuls ténors politiques à avoir été jusqu’ici choisis par le septuagénaire démocrate Biden pour entrer dans son gouvernement, par ailleurs composé de spécialistes ou technocrates.

C’est aussi l’une des rares personnalités à n’avoir pas été membre de l’équipe de l’ancien président Barack Obama, lorsque Joe Biden était vice-président, de 2009 à 2017.

Décision historique

Si le Sénat entérine sa nomination, «Mayor Pete» deviendrait «la première personne ouvertement LGBT nommée à une position permanente au sein du cabinet présidentiel», s’est réjouie dans un communiqué l’organisation Victory Institute, qui milite pour que des personnalités issues des minorités sexuelles accèdent à des postes exécutifs.

L’association Human Rights Campaign a aussi salué une décision «historique». Joe Biden et Kamala Harris «tiennent leur promesse» en «formant un gouvernement à l’image de la diversité» de l’Amérique, a-t-elle estimé.

Quasiment inconnu du grand public lorsqu’il a présenté en avril 2019 sa candidature aux primaires démocrates pour la présidentielle de novembre dernier, Pete Buttigieg, ancien militaire passé par l’Afghanistan, a eu un parcours fulgurant.

Candidat modéré, il avait enregistré des succès spectaculaires lors des premières étapes des primaires, au moment où Joe Biden, politique chevronné positionné sur le même créneau centriste, essuyait déconvenue sur déconvenue malgré son statut de favori.

L’ancien vice-président avait finalement réussi à rebondir et Pete Buttigieg s’était retiré à son profit début mars, contribuant à donner un élan décisif à celui qui est de quarante ans son aîné.

«Il me fait penser à mon fils, Beau», décédé des suites d’un cancer au cerveau, avait alors déclaré Joe Biden. «C’est le plus beau compliment que je puisse faire à un homme», avait-il ajouté aux côtés de l’étoile montante du parti démocrate, passée par Harvard, Oxford et le cabinet de conseil McKinsey.

L’ex-candidat polyglotte — il parle sept langues –, marié à l’église à son époux Chasten Buttigieg, avait ensuite participé activement dans les médias à la campagne victorieuse de Joe Biden.

Celui à qui les stratèges démocrates prêtent toujours des vues sur la Maison Blanche, peut-être dès l’élection de 2024 si Joe Biden ne fait qu’un seul mandat, sera en tout cas au coeur de l’effort du président démocrate pour rénover les infrastructures du pays.

Ce poste est «à l’intersection» de plusieurs «défis», a rappelé Joe Biden dans son communiqué: “emplois, infrastructures, équité et climat se rejoignent tous au ministère des Transports”.

M. Buttigieg aura aussi la lourde tâche de se porter au chevet du secteur aérien, sinistré par la pandémie de Covid-19 qui a drastiquement réduit les vols commerciaux.

Biden prêt à se faire vacciner «en public» contre le Covid-19

Le président élu américain Joe Biden s’est dit mardi prêt à se faire vacciner «en public» contre le Covid-19 dès qu’il le pourra, au lendemain du lancement par les Etats-Unis d’une vaste campagne nationale de vaccination.

AFP

L’immunologiste Anthony Fauci, un scientifique très respecté désigné par M. Biden comme conseiller principal pour la lutte contre le virus, «a recommandé que je sois vacciné le plus tôt possible», a expliqué le futur président à des journalistes dans le Delaware.

«Je veux m’assurer que ce soit fait selon la procédure et quand je le ferai, vous serez prévenus et je le ferai en public», a affirmé M. Biden, qui à 78 ans fait partie des personnes à risque.

Lors de la campagne présidentielle, qui s’est déroulée en pleine pandémie, il s’est largement limité à des meetings virtuels ou au public très limité, et a toujours respecté scrupuleusement les gestes barrière, au contraire de Donald Trump.

Il a ainsi affirmé qu’une fois investi comme 46e président le 20 janvier, il demanderait aux Américains de porter un masque pendant 100 jours afin de juguler la pandémie qui a fait plus de 300.000 morts aux Etats-Unis.

Les autorités américaines prévoient de vacciner quelque 20 millions de personnes avant fin décembre, 100 millions avant fin mars et l’intégralité de la population à l’été.

Mais une partie de la population a exprimé sa réticence à utiliser un vaccin totalement nouveau et son inquiétude face à ses effets secondaires.

Les personnels de santé en première ligne dans les soins aux malades du coronavirus et les personnes âgées, l’un des groupes les plus à risque face au Covid-19, doivent être vaccinés en priorité.

Les anciens présidents américains Barack Obama, George W. Bush et Bill Clinton se sont également dits prêts à se faire vacciner publiquement contre le Covid-19 afin d’encourager leurs concitoyens à en faire de même.

Joe Biden est officiellement «président élu»

Le collège électoral a entériné lundi la victoire à la présidentielle de Joe Biden, qui dans un réquisitoire sévère contre Donald Trump a dénoncé son refus obstiné de reconnaître sa défaite et invité l’Amérique à «tourner la page». D’ici à son inauguration officielle comme 46e président des Etats-Unis, le président sortant entend bien poursuivre sa stratégie.

Le collège électoral américain a, ce 14 décembre, accordé sans surprise une majorité de votes à Joe Biden, qui obtiendrait (sous réserve de validation par le congrès le 6 janvier) 306 votes contre 232 pour le président sortant Donald Trump. Tandis que ce dernier entend bien poursuivre ses recours contre de présumées fraudes jusqu’au bout, le démocrate ne deviendra officiellement le 46e président que le 20 janvier, jour de la cérémonie d’inauguration.

C’est le vote des grands électeurs de Californie, Etat remporté très largement par Joe Biden avec plus de 63% des voix, qui a permis au démocrate de franchir la barre des 270 suffrages, synonyme de victoire.

Si l’étape du vote des grands électeurs est traditionnellement une formalité, Donald Trump lui a donné un relief particulier en refusant d’admettre le verdict des urnes et donnant de l’écho à des théories du complot sur d’éventuelles tricheries électorales. «Ce n’est pas fini», avait déclaré à Fox news le 13 décembre.

«C’est une position extrême que nous n’avons jamais vue auparavant», a dénoncé Joe Biden lors d’un discours depuis son fief de Wilmington (Delaware), à propos des nombreux recours en justice engagés sans succès par le républicain pour faire invalider les résultats dans certains Etats.

«Une position qui a refusé de respecter la volonté du peuple, de respecter l’Etat de droit, et refusé d’honorer notre constitution», a tancé le démocrate.

Joe Biden s’était pour le moment gardé d’attaquer si frontalement Donald Trump sur le sujet.

«L’intégrité de nos élections a été préservée. Maintenant, il est temps de tourner la page. De nous rassembler», a invité le futur président des Etats-Unis. «La flamme de la démocratie a été allumée il y a longtemps dans ce pays. Et nous savons désormais que rien – ni même une pandémie ou un abus de pouvoir – ne peut éteindre cette flamme

Les résultats du scrutin du 3 novembre ont déjà été certifiés par chacun des 50 Etats américains: le démocrate a remporté le nombre record de 81,28 millions de voix, soit 51,3% des suffrages, contre 74,22 millions (46,8%) au président républicain sortant.

Mais aux Etats-Unis, le locataire de la Maison Blanche est choisi au suffrage universel indirect, et le vote lundi de ce «collège électoral» a entériné la victoire de Joe Biden.

Trump continue de dénoncer l’élection la plus truquée de l’histoire américaine

Depuis la Maison Blanche, Donald Trump dénonce depuis bientôt un mois et demi, sans preuves mais théories du complot à l’appui, «l’élection la plus truquée de l’histoire américaine».

Ses recours en justice ont quasiment tous été rejetés. Humiliation ultime, la Cour suprême, qu’il a pourtant profondément remaniée en y nommant trois juges et en y confortant ainsi la majorité conservatrice désormais forte de six membres sur neuf, a rejeté la semaine dernière deux recours républicains sans même s’en saisir sur le fond.

L’étape solennelle de lundi désormais franchie, un plus grand nombre d’élus républicains accepteront-ils de reconnaître enfin la victoire de Joe Biden? C’est possible.

L’un d’entre eux, le sénateur républicain Rob Portman, a fait le pas lundi: «Bien que j’aie soutenu le président Trump, le vote du collège électoral aujourd’hui fait qu’il est clair maintenant que Joe Biden est le président élu».

Mais il est peu probable que Donald Trump rentre, lui, dans le rang, d’autant que selon les sondages, une large majorité de ses électeurs ne considèrent pas le démocrate comme un vainqueur légitime.

Il pourrait tenter de profiter de la complexité d’un processus institutionnel qui s’étire en longueur pour un dernier baroud d’honneur: certains élus proches de lui envisagent de contester les résultats lorsque le Congrès sera appelé à apporter une dernière validation le 6 janvier.

La démarche n’a cependant pratiquement aucune chance d’aboutir.

Poutine félicite Joe Biden pour sa victoire à la présidentielle

/

Le président russe Vladimir Poutine a félicité mardi Joe Biden pour son élection à la présidence américaine et affirmé vouloir collaborer avec lui, malgré les relations délétères entre les deux pays.

Avec AFP

Dans un communiqué de presse diffusé le 15 décembre 2020, le Kremlin a fait savoir que Vladimir Poutine avait envoyé un télégramme à Joe Biden pour souhaiter «un plein succès au président élu».

«Je suis pour ma part prêt à une collaboration et à des contacts avec vous», a-t-il écrit dans un télégramme, selon le communiqué du Kremlin.

Le président russe est un des rares dirigeants à avoir attendu le vote du collège électoral américain en faveur de Biden pour le féliciter, expliquant ce refus par l’incertitude pesant sur le résultat du scrutin du 4 novembre compte-tenu du refus de Donald Trump de reconnaître sa défaite et ses multiples recours en justice.

«Vladimir Poutine a souhaité au président élu le succès et exprimé sa conviction que la Russie et les États-Unis (…) peuvent, malgré leurs désaccords, résoudre de nombreux problèmes et défis» dans le monde, a ajouté le Kremlin dans son communiqué.

Joe Biden a promis de se montrer ferme face à la Russie, accusée notamment d’ingérence dans le système électoral américain pour favoriser en 2016 l’élection de Donald Trump. Ce dernier a toujours nié avoir bénéficié des efforts russes, tout comme Poutine, malgré les conclusions des enquêteurs américains qui ont conduit à de lourdes sanctions contre la Russie.

Le candidat démocrate a été désigné président élu par les grands électeurs le 14 décembre, par 306 vote contre 232, face au président sortant Donald Trump qui maintient ses allégations de «fraudes».

1 2 3 8
WP2Social Auto Publish Powered By : XYZScripts.com