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Etats-unis

Ahmed Charaï : Les États-unis doivent chercher à comprendre pourquoi 100 nations n’ont pas soutenu l’Ukraine à l’ONU

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L’Assemblée générale des Nations unies s’est réunie le 7 avril dernier, pour la troisième fois depuis le début de la guerre en Ukraine, pour adopter une nouvelle résolution qui suspend la Russie du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Si le monde occidental a largement condamné l’invasion russe, voire a pris de sévères sanctions contre Moscou, Vladimir Poutine n’est pas pour autant totalement isolé dans le conflit. En effet, 100 États sur 193 ont préféré ne pas soutenir le dernier vote onusien. Un phénomène peu commenté par la communauté internationale, probablement du fait que les pays concernés sont africains, arabes et asiatiques.

Dans le vacarme des bruits de bottes qui sature l’atmosphère fébrile de la guerre, une voix marocaine s’est levée pour attirer l’attention sur le déni occidental face à cette unité de l’ONU qui se fissure. Dans une tribune publiée sur la plateforme de réflexion et d’analyse américaine «The Jerusalem Strategic Tribune», Ahmed Charaï estime que la stratégie adoptée par les dirigeants occidentaux dans le conflit ukrainien favorise davantage l’émergence d’un désordre mondial. L’éditorialiste fustige le réflexe de vouloir condamner systématiquement les nations qui se sont abstenues de voter contre la Russie. «Les États-unis doivent chercher à comprendre pourquoi ces nations ont pensé que s’abstenir de voter était leur meilleure option» a-t-il souligné.

«Dans le siège emblématique de l’ONU à New York, le monde a voté au sujet de la plus grande invasion de la Russie depuis la Seconde Guerre mondiale – révélant les fractures et les fissures du soutien mondial à la démocratie», ainsi qa entamé Ahmed Charaï sa tribune publiée sur le journal américain «The Jerusalem Strategic Tribune», pour laquelle il a choisi le titre : «Nouveau désordre mondial : Ce que le vote de l’ONU sur la Russie révèle réellement sur la politique mondiale».

La suspension de la Russie du Conseil des droits de l’homme des Nations unies était techniquement la question soumise aux délégués. Mais chaque diplomate savait qu’il s’agissait en réalité d’un vote contre l’agression russe en Ukraine, nuance l’éditorialiste.

M. Charaï affirme que le résultat du vote a révélé la fragilité du consensus en faveur de la démocratie et de l’autodétermination. Car seuls 93 États (sur 193) ont voté en faveur du retrait de la Russie du comité des droits de l’homme, et donc de la condamnation de ses actions contre son voisin plus petit et plus faible

«Vingt-quatre autres pays (dont la Chine) ont voté en faveur de la Russie», précise-il. Et d’ajouter : «Plus inquiétant encore, 58 pays se sont abstenus, refusant de prendre parti dans ce que beaucoup considèrent comme un duel entre les grandes puissances».

M. Charaï souligne que le reste des pays craignent que les prix de l’énergie, des denrées alimentaires et des engrais ne continuent à grimper si le conflit s’intensifie. La Russie et l’Ukraine étant d’importants producteurs de pétrole, de gaz, de blé et de fertilisants, des produits vitaux pour les pays en développement.

«C’est une question de vie ou de mort. La peur et la nourriture sont plus importantes pour de nombreux pays en développement que les idéaux démocratiques», insiste l’éditorialiste, avant de faire le constat suivant : «Les décideurs américains et européens devront faire face à une dure vérité : si la Russie est isolée sur le plan diplomatique, elle n’est pas totalement seule, et de nombreux pays ne sont pas du côté de l’Ukraine et de ses espoirs démocratiques».

M. Charaï, souligne le fait que ce n’est pas par ignorance que les délégués de l’ONU se sont abstenus, mais que les grands idéaux et le désespoir des ukrainiens n’ont rien pu faire face la dure réalité économique et politique de ces pays.

«La vue depuis les décombres de la banlieue de Kiev n’est pas pleine d’espoir. Les dirigeants démocratiquement élus de l’Ukraine savent qu’ils peuvent être capturés, blessés ou tués. Et ils savent aussi que l’histoire des sanctions, l’arme de prédilection de la coalition occidentale, montre qu’elles échouent presque toujours à dompter les envahisseurs. Tous ces faits étaient connus des délégués de l’ONU. En effet, ils les auraient entendus directement de la bouche des diplomates ukrainiens. Mais les grands idéaux et le désespoir réel ne les ont pas fait bouger», constate-t-il.

Les raisons pour lesquelles 100 nations ont décidé de ne pas soutenir l’Ukraine lors du vote des Nations unies

Ahmed Charaï a regroupé les 100 nations qui ont décidé de ne pas soutenir l’Ukraine lors du vote des Nations unies en cinq groupes : 1) Afrique; 2) Amérique latine; 3) Chine; 4) Inde; 5) Pays arabes et Israël.

Pour chaque groupe, l’éditorialiste a apporté avec précision les considérations endogènes et exogènes qui ont poussé à cette prise de distance vis-à-vis le conflit ukrainien.

1. Afrique

En Afrique, la Russie a noué des relations de longue date avec la Libye, la République démocratique du Congo et le Mali, et déploie souvent un schéma postcolonial, qui suggère que la Russie soutient les nations indépendantes et émergentes par rapport à leurs anciens colonisateurs. Cette ligne rhétorique est une continuation du thème promu à l’époque de l’Union soviétique, en particulier à partir des années 1950.

2. Amérique latine

En Amérique latine, une forme d’antiaméricanisme parmi les classes instruites s’est traduite par une réticence à critiquer ouvertement Poutine. Ce phénomène est amplifié par les messages propagés ouvertement par Cuba et le Venezuela.

3. Chine

L’abstention initiale de la Chine est davantage perçue comme un signe d’embarras face aux visées belliqueuses de son partenaire russe, que comme une preuve de son intérêt pour un rapprochement avec l’Occident.

Dans les capitales occidentales, beaucoup veulent croire que Pékin a tout intérêt à ce que le cessez-le-feu intervienne rapidement, afin de ne pas entraver sa croissance économique. En réalité, la Chine ne voit aucune raison de mettre en colère la Russie, un important fournisseur de pétrole, de gaz et de charbon, d’autant plus que les nations occidentales découragent la production des combustibles fossiles dont la Chine a précisément besoin. Les cercles d’élaboration des politiques à Pékin ne sont pas peuplés d’idéalistes, et ses décisions sont invariablement intéressées et pragmatiques.

4. Inde

L’Inde, pour sa part, est un allié de longue date de la Russie, l’un de ses principaux fournisseurs d’armes. New Delhi estime qu’elle aura besoin de ces armes face au renforcement militaire chinois dans la région, ainsi que face aux problèmes non résolus avec le Pakistan.

5. Pays arabes & Israël

Les nations arabes n’ont pas l’intention d’abandonner leurs relations avec la Russie, qui s’est imposée comme une force avec laquelle il faut compter lorsqu’elle a sauvé le président syrien Bachar el-Assad par son intervention militaire, ni avec la Chine, le plus gros acheteur de pétrole et de gaz de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis.

En effet, les dirigeants arabes sont mécontents de l’administration Biden pour son retrait précipité d’Afghanistan l’année dernière, ses négociations en cours avec le régime menaçant de l’Iran, et son laxisme face aux attaques terroristes et aux tirs de roquettes des Houthis au Yémen. Pour la première fois, les dirigeants arabes s’interrogent, publiquement, sur la viabilité du système politique américain et sur la cohérence de la politique étrangère américaine.

Sur le dossier nucléaire iranien, Israël, l’un des plus fermes alliés des Etats-Unis dans la région, craint que l’administration Biden ne veuille à tout prix conclure un accord avec le régime iranien sans tenir compte de l’impact possible sur l’agression régionale de Téhéran. Le ministre israélien de la défense a même appelé à la mise en place d’un «plan B solide» pour faire face au programme nucléaire iranien.

En conséquence, ni les Arabes ni les Israéliens n’étaient enthousiastes à l’idée de soutenir les États-Unis à l’ONU – même s’ils ont fini par s’aligner.

Pour la première fois, les dirigeants arabes s’interrogent, publiquement, sur la viabilité du système politique américain et sur la cohérence de la politique étrangère américaine.

Ahmed Charaï , The Jerusalem Strategic Tribune

Érosion de la défense de l’ordre mondial

Faute de pouvoir s’en prendre à l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, les pays occidentaux ont déportés les votes en Assemblée générale. Deux scrutins sans conséquence pratique sur la Russie ont pourtant révélé la fragilité de l’unité de l’ONU. Une fragilité à laquelle s’ajoute un autre constat qu’Ahmed Charaï a pointé du doigt : l’érosion de l’engagement des États-unis à défendre, maintenir et faire progresser l’ordre international .

«Ce qui s’érode depuis quelques années, c’est l’engagement des dirigeants américains à défendre, maintenir et faire progresser un ordre international dans lequel les États observent des règles et des normes communes, adoptent des systèmes économiques libéraux, renoncent aux conquêtes territoriales, respectent la souveraineté des gouvernements nationaux et adoptent des réformes démocratiques» a-t-il souligné.

Dans l’environnement mondial de plus en plus complexe d’aujourd’hui, poursuit le Directeur de publication, les États-Unis ne peuvent atteindre leurs objectifs qu’en «tirant parti de leur force grâce à une politique étrangère cohérente qui répond aux défis posés par la Russie et la Chine». Pour ce faire, les États-Unis doivent délibérément renforcer et cultiver des relations productives avec leurs alliés, partenaires et autres nations ayant des intérêts communs.

Dans son analyse M. Charaï, s’attarde sur le cas de la Chine, que Biden a érigé en priorité de son administration et que tous les observateurs s’accordent à dire qu’il s’agit du plus grand défi du siècle pour les américains. L’éditorialiste appelle à un dialogue stratégique constructif et à l’étude d’alternatives à l’influence de la Chine dans l’indo-pacifique.

«Les États-Unis doivent proposer des alternatives politiques, économiques et sécuritaires attrayantes à l’influence de la Chine dans la région indo-pacifique, en Afrique et au-delà. Parallèlement, Washington doit maintenir un dialogue stratégique productif avec Pékin, en communiquant clairement les préoccupations américaines et en s’efforçant de comprendre les intérêts et les objectifs chinois.» recommande-t-il.

Les États-unis doivent revoir leur copie

Les principes universels doivent être combinés à la réalité des perspectives des autres régions. Les dirigeants occidentaux doivent reconnaître que les dirigeants non occidentaux ne vivent pas seulement dans un autre endroit, mais qu’ils viennent d’un autre endroit intellectuellement, affirme M. Charaï.

Pour conforter ses propos, l’éditorialiste cite une déclaration de l’ancien ministre des Affaires étrangères américain Henry Kissinger qui s’était exprimé avec franchise à l’intention de Barack Obama, dans un billet publié sur les colonnes du Wall Street Journal en 2014, la veille d’un voyage de l’ancien président américain pour l’Europe.

Kissinger a écrit : « De vastes régions du monde n’ont jamais partagé la conception occidentale de cet ordre ( ordre mondial, ndlr) et n’y ont seulement consenti. Ces réserves deviennent à présent explicites, par exemple, dans la crise en Ukraine et le sud de la Mer de Chine. L’ordre établi et proclamé par l’Ouest [après la Seconde Guerre mondiale] se trouve à un tournant [.] La célébration des principes universels ont besoin d’aller de paire avec la reconnaissance de la réalité des histoires et des cultures des autres régions, ainsi que leurs points de vue en matière de sécurité».

Le vote de l’ONU a montré que les principes universels ne sont pas encore tout à fait universels. Plutôt que de condamner les nations qui se sont abstenues de voter contre la Russie, l’Amérique doit chercher à comprendre pourquoi elles ont pensé que s’abstenir de voter était leur meilleure option. Ensuite, l’Amérique doit indiquer clairement qu’elle soutient toujours l’État de droit et l’idéal de la démocratie et de blinder ses idéaux, conclut Ahmed Charaï sa tribune.


M. Ahmed Charai est le président-directeur général d’un groupe de médias et conseiller pour le Moyen-Orient aux États-Unis et à l’étranger. Il siège au conseil d’administration de nombreux groupes de réflexion et ONG, dont Atlantic Council, the International Center for Journalists, International Crisis Group, et le Jerusalem Institute for Strategy and Security. Ses articles sont parus dans des publications américaines et israéliennes de premier plan.

The Jerusalem Strategic Tribune (JST) est une plateforme de réflexion et d’analyse américaine co-fondée par Ahmed Charai en Aout 2021. Une plateforme qui se veut cosmopolite et et inclusive. Son conseil d’administration réuni républicains et démocrates américains, gauche et droite israélienne se côtoient aussi bien dans le conseil d’administration.

JST se veut une plateforme médiatique ouverte au grand public pouvant permettant la compréhension des relations américano-israéliennes.

JST parvient à attirer des contributeurs prestigieux à l’image de l’ancien Conseiller à la sécurité nationale d’Israël, Yaakov Amidror ; les anciens Sous-Secrétaires d’Etat américains à la Défense, Dov Zakheim et John Hamre ; l’ancien conseiller d’Obama sur les questions chinoises, Ryan Hass ; l’ancien directeur général du ministère singapourien des Affaires étrangères, Bilahari Kausikan…

L’inflation américaine atteint 8,5 % son plus haut niveau depuis plus de 40 ans.

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L’inflation aux États-Unis a atteint un niveau jamais vu depuis plus de 40 ans, à savoir 8,5 % en mars par rapport au même mois de l’année précédente, en raison de la montée en flèche des coûts de l’énergie et des denrées alimentaires, des contraintes d’approvisionnement et de la forte demande des consommateurs.

Le département du travail américain a indiqué mardi que l’indice des prix à la consommation aux États-unis – qui mesure ce que les consommateurs paient pour les biens et les services – a augmenté le mois dernier à son rythme annuel le plus rapide depuis décembre 1981, contre un taux annuel de 7,9 % en février. La hausse des prix a été implacable, avec six mois consécutifs d’inflation supérieure à 6 %, ce qui dépasse largement l’objectif de 2 % de la Réserve fédérale.

L’invasion de l’Ukraine par la Russie a entraîné une flambée des prix du pétrole et de l’essence en mars. Les prix de l’énergie ont augmenté de 11 % en mars par rapport au mois précédent, selon le ministère. Les prix des produits alimentaires se sont accélérés en mars, augmentant de 1,5 % par rapport au mois précédent, tandis que la hausse des coûts des repas au restaurant s’est modérée.

Approvisionnement, Ukraine et Covid en Chine

«Nous observons une forte dynamique d’inflation dans tous les domaines, tant pour les biens que pour les services», a déclaré au Wall Street Journal Blerina Uruci, économiste américaine chez T. Rowe Price Group Inc. Uruci a souligné que les contraintes de la chaîne d’approvisionnement continuent de pousser les prix à la hausse, à l’exception d’un allègement des coûts pour les voitures d’occasion.

«Pour moi, c’est un voyant rouge», affirme l’économiste. «L’autre voyant rouge est l’invasion de l’Ukraine par la Russie et la montée du Covid en Chine. Ceux-ci posent des risques que la soi-disant normalisation des chaînes d’approvisionnement prenne plus de temps à se concrétiser.»

Le voyage et l’automobile en constante hausse

Les tarifs des compagnies aériennes ont bondi de 10,7 % en mars par rapport à février, s’accélérant au fur et à mesure que la demande de voyages se rétablissait après la dernière vague de Covid-19. Les prix des voyages aériens étaient 23,6 % plus élevés qu’il y a un an.

Le rebond de la demande de voyages, de restaurants et d’autres services à la suite de la diminution des cas de Covid-19 est également à l’origine de la hausse des prix, et pourrait s’amplifier à mesure que les vacances d’été stimulent les dépenses de loisirs. Une hausse constante des coûts du logement, qui représentent près d’un tiers de l’IPC, ajoute également à la pression inflationniste.

Les prix de l’automobile, qui ont alimenté une grande partie de la poussée inflationniste, ont diminué en mars. Les prix des véhicules d’occasion ont baissé de 3,8 % le mois dernier par rapport à février, mais ils étaient encore en hausse de 35,3 % par rapport à l’année précédente. Les prix des véhicules neufs ont ralenti sur une base mensuelle, augmentant de 0,2 % en mars par rapport au mois précédent. Toutefois, l’augmentation de 12,5 % sur 12 mois a été la plus forte depuis 1975.

Tensions sur le marché du travail

La persistance de la hausse des prix intervient alors que l’économie américaine est forte et que le marché du travail reste tendu. Les employeurs américains ont créé 431 000 emplois en mars, soit le 11e mois consécutif où les gains sont supérieurs à 400 000, ce qui constitue la plus longue période depuis le début des statistiques en 1939.

Les taux d’inflation élevés et en hausse ont accru la pression sur la Fed pour qu’elle continue à relever les taux d’intérêt cette année afin de réduire les pressions sur les prix. La banque centrale a relevé son taux de référence en mars pour la première fois depuis 2018.

Avec une forte croissance de l’emploi et une inflation bien supérieure à l’objectif de la Fed, de nombreux responsables de la Fed ont indiqué qu’ils pourraient soutenir une hausse des taux d’un demi-point de pourcentage – au lieu du traditionnel quart de point – lors de leur prochaine réunion début mai.

Énergie et denrées alimentaires

Les prix de l’énergie ont grimpé en flèche début mars, l’invasion de l’Ukraine par la Russie ayant fait grimper les prix du pétrole brut. Bien que les prix de l’essence aient légèrement baissé ces dernières semaines, ils restent proches des records.

L’inflation des denrées alimentaires fait également grimper la facture d’épicerie des consommateurs. En mars, les prix de la viande aux États-unis ont augmenté de 14,8 % par rapport à l’année précédente, les hot-dogs et les viandes à déjeuner ayant connu la hausse la plus rapide depuis 1979. Les prix des céréales pour petit-déjeuner ont augmenté de 9,2 % l’année dernière, soit la plus forte hausse depuis 1989. La crise ukrainienne risque d’accentuer la pression au cours des prochains mois en raison des perturbations de la production mondiale de blé et d’engrais.

Le poids de la hausse des prix pourrait déclencher un repli de la consommation, a déclaré Richard F. Moody, économiste en chef de Regions Financial Corp. Les dépenses de consommation ont ralenti en février, augmentant de 0,2 % par rapport à janvier, mais elles restent fortes, avec une hausse de 13,7 % par rapport au même mois en 2021.

«Il y a un élément de choc des prix lorsque les gens font le plein ou vont à l’épicerie. Les ménages à revenus faibles et moyens doivent déjà faire des choix sur ce qu’ils achètent parce qu’ils doivent payer beaucoup plus pour la nourriture et l’énergie», a déclaré Richard Moody.

Source WJS

Vacciné et boosté, le directeur de la CIA testé positif au Covid-19

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Le directeur de la CIA, William Burns, 65 ans, a été testé positif au COVID-19 lors d’un test PCR de routine, a annoncé l’agence de renseignement américaine ce jeudi dans un communiqué. Burns a vu pour la dernière fois le président Joe Biden mercredi matin «lors d’une réunion où l’on a respecté la distanciation sociale, et il portait un masque N-95. Leur interaction n’est pas considérée comme un contact étroit tel que défini par les directives du CDC» rassure la CIA.

Le directeur de la CIA, William Burns, rejoint un nombre croissant de personnes dans les hautes sphères du gouvernement américain à avoir été testées positives récemment, écrit Axios. L’attachée de presse de la Maison Blanche, Jen Psaki, a été testée positive la semaine dernière, et sa principale adjointe, Karine Jean-Pierre, l’a été dimanche.

Dans son communiqué l’agence de renseignement indique que Burns, qui est «entièrement vacciné et ayant reçu les boosts complémentaires» contre le virus, a présenté des «symptômes légers». Il «continuera à exercer ses fonctions» depuis son domicile et «prévoit de retourner au bureau après avoir été isolé pendant cinq jours et avoir été testé négatif».

Burns a tout récemment vu le président Joe Biden lors d’une réunion socialement distante mercredi matin, au cours de laquelle Burns portait un masque N-95, selon la CIA.

«Leur interaction n’est pas considérée comme un contact étroit tel que défini par les directives du CDC, et le directeur Burns partage la nouvelle de son test positif par souci de transparence», a déclaré la CIA.

«J’ai hâte de retourner au bureau dès que possible», a déclaré M. Burns dans ce communiqué.

William Burns, âgé de 65 ans, est un diplomate chevronné qui a fait carrière pendant plus de trois décennies dans la politique étrangère des États-Unis. Il a occupé divers postes de haut niveau au département d’État sous plusieurs administrations, le plus récent étant celui de secrétaire d’État adjoint de l’ancien président Barack Obama.

Burns est le dernier haut fonctionnaire de l’administration à avoir été testé positif au Covid-19 ces derniers jours.

Puneet Talwar, diplomate de guerre d’Obama, candidat au poste d’ambassadeur de Washington à Rabat

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La Maison Blanche s’est enfin décidée de nommer un ambassadeur au Maroc, depuis le départ de Dwight L. Bush la veille de l’investiture de Donald Trump. En effet, le Président Joe Biden a annoncé ce vendredi son intention de nommer Puneet Talwar au poste d’Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire des Etats-Unis auprès du Royaume du Maroc. Un diplomate chevronné connu pour être le diplomate de guerre de Barack Obama et qui avait collaboré avec Biden alors qu’il était vice-président des États-unis. Dans la foulée le président américain a choisi un ancien des «Marines», spécialiste de l’Irak et de lutte contre le terrorisme.

Le Président américain Joseph R. Biden Jr. a annoncé vendredi son intention de nommer Puneet Talwar au poste d’Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire des Etats-Unis auprès du Royaume du Maroc.

Dans un communiqué, la Maison Blanche a déclaré que Puneet Talwar a occupé des postes de haut niveau en matière de sécurité nationale et de politique étrangère au Département d’Etat, à la Maison Blanche et au Sénat des Etats-Unis.

Puneet Talwar est actuellement conseiller principal au département d’État. Auparavant, il a occupé les fonctions de secrétaire d’État adjoint aux affaires politico-militaires, d’assistant spécial du président et de directeur principal au Conseil national de sécurité, ainsi que de membre du personnel professionnel principal de la commission des relations extérieures du Sénat des États-Unis.

Talwar a également occupé des postes clés à la Chambre des représentants des États-Unis et au Policy Planning Staff du département d’État.

Le diplomate de guerre d’Obama

Puneet Talwar a été nommé secrétaire d’État adjoint pour le Bureau des affaires politico-militaires le 9 avril 2014, sous le président Barak Obama. Sa nomination est survenue deux mois avant l’annonce de Daech du « rétablissement du califat » dans les territoires sous le contrôle en Irak et en Syrie, de l’adoption de nom d’« État islamique » et de la proclamation de son chef, Abou Bakr al-Baghdadi, « calife et successeur du prophète de l’Islam.

Durant le mandat Obama, le secrétaire adjoint Talwar a géré plusieurs composantes essentielles de la politique étrangère des États-Unis, notamment le maintien des relations du département d’État en matière de sécurité mondiale, la fourniture d’une assistance internationale en matière de sécurité, la négociation d’accords internationaux en matière de sécurité et la mise en œuvre de l’initiative d’Obama de réforme du contrôle des exportations.

Le future ambassadeur de Washington à Rabat a été également le principal agent de liaison du département d’État avec le département de la défense. De 2009 à 2014, Talwar a occupé le poste d’assistant spécial du président et de directeur principal pour l’Irak, l’Iran et les États du Golfe au Conseil national de sécurité de la Maison Blanche.

De 1995 à 1999 et de 2001 à 2008, Talwar a été le conseiller principal pour le Moyen-Orient du vice-président Biden au sein de la commission des affaires étrangères du Sénat. Il a également fait partie du personnel de planification politique du département d’État de 1999 à 2001 et a été conseiller en politique étrangère à la Chambre des représentants.

En dehors du gouvernement, il a été Senior Fellow à l’Asia Society Policy Institute, chercheur invité au Penn Biden Center de l’Université de Pennsylvanie, conseiller de l’ONG de résolution des conflits Inter Mediate et chercheur non résident au Center for Security Studies de l’Université de Georgetown.

Talwar a obtenu un B.S. en ingénierie de l’université Cornell et un M.A. en affaires internationales de l’université Columbia. Il est membre du Council on Foreign Relations et est originaire de Washington, DC.

Dans la foulée, Biden propose Timmy Davis au poste d’ambassadeur auprès du Qatar

Joe Biden a également annoncé son intention de nommer Timmy Davis, au poste d’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire auprès de l’État du Qatar.

Timmy T. Davis, membre de carrière du Senior Foreign Service avec le grade de conseiller, a récemment occupé le poste d’assistant exécutif du secrétaire d’État. Avant cela, Davis a été consul général des États-Unis à Basrah et dans le sud de l’Irak. Ses missions à l’étranger incluent Guatemala City au Guatemala ; Najaf en Irak ; Canberra en Australie ; et Bogota en Colombie.

Ses affectations nationales comprennent un poste d’officier de surveillance principal au centre d’opérations du département d’État, un poste d’assistant spécial du secrétaire d’État, un poste de directeur pour l’Irak au Conseil national de sécurité, un poste de chef de cabinet adjoint de l’envoyé présidentiel spécial pour la lutte contre le terrorisme, un poste de conseiller principal du conseiller du département, un poste de chef de cabinet du sous-secrétaire aux affaires politiques et un poste de chef de cabinet par intérim du département d’État.

Timmy T. Davis, est titulaire d’un Distinguished Honor Award et de plusieurs Superior and Meritorious Honor Awards, a également reçu le Ryan C. Crocker Award for Outstanding Leadership in Expeditionary Diplomacy du département d’État, ainsi que le William R. Rivkin Award for Constructive Dissent de l’American Foreign Service Association.

Originaire de Virginie, Davis est lauréat de l’université de l’Alabama. Il a servi dans le corps des Marines des États-Unis pendant près de dix ans, notamment lors d’opérations dans la Corne de l’Afrique et en Irak, avant de rejoindre le service extérieur. Il parle espagnol et arabe.

Le Venezuela est l’allié de la Russie, mais est prêt à vendre du pétrole aux États-Unis

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Alors que de hauts responsables américains se sont rendus au Venezuela le week-end dernier pour discuter de la production pétrolière, le ministre vénézuélien des affaires étrangères, Felix Plasencia, a déclaré que de telles visites n’avaient «rien de nouveau», tout en exhortant les États-Unis à lever les «mesures unilatérales» prises contre son pays. Le ministre vénézuélien a affirmé également que Caracas était prête à vendre à nouveau du pétrole aux États-Unis, tout en restant «loyale» envers Moscou.

S’adressant à l’agence Anadolu en marge du forum diplomatique d’Antalya, le ministre vénézuélien des affaires étrangères Felix Plasencia a déclaré : «Le fait que des responsables américains se rendent au Venezuela pour parler de la production pétrolière est important. Toutefois, ce n’est rien d’absolument inédit ou nouveau, car nous faisons des affaires avec les Américains depuis longtemps.»

Soulignant que le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole et de gaz de la planète, Plasencia a déclaré que les exportations pétrolières de son pays avec les États-Unis sont «historiques».

«Nous n’avons jamais demandé aux entreprises américaines de quitter le pays», a-t-il ajouté. «Le président Nicolas Maduro a déclaré à plusieurs reprises que le Venezuela était prêt à accueillir les compagnies des hydrocarbures américaines pour qu’elles y investissent et développent des activités pétrolières.»

Plasencia a déclaré qu’il espère que les États-Unis respecteront la souveraineté et la légitimité du gouvernement vénézuélien et lèveront les sanctions contre le Venezuela.

«Le président Nicolas Maduro est le seul président légitime du Venezuela, et s’ils respectent cela, nous pouvons faire beaucoup de choses ensemble en ce qui concerne le commerce du pétrole», a-t-il souligné.

Les États-Unis ont rompu toutes les relations avec le Venezuela en 2019 et ont reconnu le chef de l’opposition pro-américaine Juan Guaido comme «président par intérim» à la place de Maduro.

Loyauté à la Russie ?

Sur la question de l’invasion russe contre l’Ukraine, Plasencia a déclaré que « le Venezuela est toujours pour la paix. Le Venezuela est membre d’un groupe qui vise à protéger la Charte des Nations Unies, et nous visons toujours à mettre la Charte des Nations Unies au premier plan, sur laquelle il y a est un grand consensus. Nous protégeons toujours le droit international, respectons les règles du droit international et les principes de l’opinion publique internationale ».

Soulignant qu’il considère la paix comme la seule voie à suivre, Plasencia a déclaré : « Nous sommes des alliés fidèles du gouvernement russe. Nous considérons Poutine comme un chef de gouvernement responsable, nous le respectons en tant que membre de la communauté internationale. . Nous croyons qu’il fera de son mieux pour son peuple».

«Nous devrions travailler pacifiquement avec la diplomatie au lieu des sanctions» a-t-il affirmé.

De hauts responsables américains se sont rendus au Venezuela la semaine dernière pour rencontrer le gouvernement de Maduro suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Le gouvernement américain a sanctionné l’industrie pétrolière russe en réponse au conflit, provoquant une hausse des prix du gaz aux États-Unis. Washington explore depuis les possibilités de se tourner vers le Venezuela comme fournisseur alternatif de pétrole brut pour agir sur la flambée des prix des hydrocarbures.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salman et le dirigeant de facto des Émirats arabes unis Mohamed ben Zayed auraient rejeté des appels téléphoniques avec le président américain Joe Biden qui souhaitait leur demander d’augmenter la production du pétrole pour agir sur la flambée des cours.

Flambée des prix du pétrole : Biden dos au mur, MBS et MBZ font la sourde oreille

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CNN a levé le voile ce vendredi, sur d’intenses et très discrètes manoeuvres diplomatiques d’une task force de l’administration Biden visant à contourner les relations exécrables entre le président américain et les princes héritiers, d’Arabie Saoudite et des E.A.U, dans le but de contenir la flambée des prix du pétrole suite à la guerre en Ukraine. Étant donné que les hydrocarbures représentent le talent d’Achille de l’alliance anti-russe, Joe Biden s’est retrouvé dos au mur quand Mohammed Ben Salmane a refusé de lui parler tout en se gardant d’influer sur l’OPEP pour augmenter la production mondiale. Au point que le locataire de la Maison Blanche s’est mis dans la tête de réhabiliter le régime de Maduro au Venezuela pour augmenter l’offre mondiale en énergie. Comme le président démocrate n’a pas encore montré de volonté à traiter «convenablement» MBS et MBZ, il n’est pas sur qu’il puisse compter sur leur soutien face à sa guerre personnelle en Ukraine.

CNN a publié un rapport ce vendredi où il est expliqué comment l’administration Biden s’intéresse discrètement aux relations avec l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis pour compenser la flambée des prix du pétrole.

Joe Biden a annoncé dés les premiers jours de sa nomination qu’il ne reconnaissait en Arabie saoudite que le roi Salmane. Assumant tout le MBS bashing des démocrates au sujet de l’affaire Khashoggi entre autres. Idem pour MBZ, dirigeant de facto des E.A.U, Biden le considère comme l’allié de Donald Trump. Il a d’ailleurs tout fait pour le mettre sur la touche au profit de son ennemi juré, Tamim Ben Hamad, l’émir du Qatar.

Mais l’évolution de la guerre en Ukraine a replacé ces deux pays au centre de l’échiquier mondial. Bien que les sanctions visant les hydrocarbures aient été délibérément écartées par Biden dans le but de protéger ses alliés occidentaux, en particulier ceux de l’Union européenne, contre les chocs déstabilisants des prix, les sanctions financières et logistiques ont ébranlé un marché où la Russie en est le deuxième exportateur mondial.

«Les producteurs russes, dans le sillage des sanctions, ont eu du mal à conclure de nouvelles commandes de pétrole, les acheteurs se rebiffent en raison de leur méfiance quant à l’étendue et à la portée des sanctions visant la banque centrale du pays et ses principales institutions financières» écrit CNN.

L’appel de Poutine à MBS vs l’appel de Biden au roi Salmane

Parmi les révélations de CNN, le refus de Mohammed ben Salmane de parler à Joe Biden. Le prince héritier a dit à la Maison Blanche : « Comment votre président ne reconnait que le roi Salmane, alors il n’a qu’à parler à mon père ». 

«Lorsque les responsables américains ont finalement abordé la possibilité d’un appel entre Biden et MBS fin janvier, les responsables saoudiens ont proposé à la place de mettre Biden au téléphone avec son père de 86 ans, le roi Salman, le dirigeant officiel du royaume – et la personne que Biden avait identifiée au début de sa première année comme son homologue direct» affirme CNN.

«Ce serait leur première conversation en 12 mois», souligne la même source.

Toujours, selon la chaine américaine, MBS, qui devait se rendre à Pékin pour les cérémonies d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver, a annulé son voyage pour pouvoir assister à l’appel téléphonique entre son père et Biden.

«Bien qu’il ne soit pas clair s’il était dans la pièce, MBS a écouté l’appel, mais n’a pas parlé» souligne CNN.

Le ministère chinois des affaires étrangères avait justifié l’absence du prince héritier saoudien à la cérémonie d’ouverture des JO  par des «raisons de calendrier».

CNN, citant les responsables de ces négociations, considère que cette prise de contact avec le roi Salmane a ouvert une fenêtre «sur une relation qui, tout en restant complexe, a montré des signes de stabilisation à un moment critique». 

Selon un responsable américain, la conversation du 9 février a porté sur la nécessité de garantir la stabilité de l’approvisionnement mondial en pétrole et a déclenché un voyage en Arabie saoudite de deux hauts responsables de Biden.

Trois jours plus tard, Brett McGurk et Amos Hochstein, les principaux émissaires de Biden pour la sécurité nationale et l’énergie dans la région, se sont rendus à Riyad, la capitale saoudienne, pour une réunion en tête-à-tête de plusieurs heures avec MBS et de hauts responsables saoudiens, dont le frère de MBS, le prince Abdel Aziz ben Salman, ministre de l’énergie du royaume.

«Nous n’avons pas demandé explicitement l’augmentation de la production du pétrole lors de cette réunion» ont précisé les deux responsables.

Contrairement à l’optimisme de ces négociateurs, d’autres responsables américains reconnaissent que les relations sont loin d’être aussi solides qu’elles l’étaient autrefois et qu’elles nécessiteront une attention plus soutenue de la part de l’administration Biden, écrit CNN.

Par ailleurs, le président russe Vladimir Poutine s’est entretenu par téléphone avec MBS et le cheikh Mohammed bin Zayed al Nahyan des Émirats arabes unis.

Poutine a clairement indiqué qu’il ne serait pas favorable à une augmentation de la production, qui se ferait en grande partie aux dépens de son pays.

Les membres de l’OPEP+ ont choisi de s’en tenir au calendrier d’approvisionnement convenu lors de leur réunion du 2 mars, une décision qui n’a pas surpris les responsables américains à l’époque.

Pourtant, les retombées économiques qui ont suivi ont entraîné une rupture d’approvisionnement tangible. Les entreprises mondiales du secteur de l’énergie ayant boudé la Russie, même si sa production de pétrole s’est maintenue, une grande partie de ces barils russes n’a pas été commercialisée.

L’administration Biden sous pression

Au début de la semaine, les États-Unis ont pris l’initiative d’interdire les importations de pétrole russe aux États-Unis, ce qui ne représente qu’une petite partie des exportations totales de la Russie, mais constitue une autre mesure qui a jeté un froid sur le marché et contribué à faire monter les prix.

Il s’agit d’une réalité douloureuse qui a mis en lumière des mois d’efforts discrets, mais urgents, des responsables américains pour obtenir une augmentation de la production d’énergie de la part de l’industrie et des pays du monde entier.

Dirigée par Hochstein, l’envoyé du département d’État pour l’énergie, et McGurk, cette action a consisté en des contacts au Moyen-Orient, en Asie et en Afrique du Nord, ainsi qu’en des discussions intensives avec les producteurs américains.

Au fur et à mesure que la hausse des prix se poursuivait, la nature discrète de ces efforts a fait place à une communication publique directe.

«Nous voulons davantage d’approvisionnement en pétrole dans le monde», a déclaré Daleep Singh, conseiller adjoint de Joe Biden pour la sécurité nationale, chargé de l’économie internationale.

«Nous voulons que cela vienne des producteurs qui ont des capacités de constituer des réserves». Singh a explicitement noté que l’Arabie saoudite était l’un de ces producteurs.

Par ailleurs, des responsables de Biden ont eu, ce mois ci, des entretiens diplomatiques au Venezuela, pays riche en pétrole, bien que l’administration ait depuis minimisé l’idée d’une augmentation de la production de ce pays lourdement sanctionné.

De plus, l’éventualité d’un accord nucléaire imminent avec l’Iran pourrait éventuellement relancer une vague de pétrole iranien sanctionné sur le marché, mais cela n’est pas considéré comme une solution à court terme par la Maison Blanche.

En réalité, la majeure partie de la capacité pétrolière de réserve envisagée par les responsables américains de l’énergie provient du Moyen-Orient. Les responsables et les acteurs du marché estiment que le moyen le plus rapide de mettre le plus de pétrole sur le marché est d’augmenter la production de l’Arabie saoudite en particulier.

Pour cela, les responsables américains sont conscients qu’ils doivent s’attaquer aux relations très tendues entre le président Joe Biden et le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane, le dirigeant de facto du royaume. Depuis les premiers jours de l’administration Biden, les Saoudiens se sont sentis personnellement lésés par ce qu’ils disent avoir été la décision du président de calibrer toute la relation autour du meurtre en 2018 du journaliste du Washington Post Jamal Khashoggi.

«Il est difficile d’arriver à une bon résultat sans traiter avec MBS», a expliqué un responsable américain à CNN. «Il n’y a pas d’autre moyen de le faire».

Test de résistance de MBZ

«Les Émirats arabes unis font partie de ces producteurs qui disposent de capacités pétrolières inutilisées. Mais c’est aussi un allié traditionnel qui entretient des relations de plus en plus tendues avec les États-Unis depuis l’entrée en fonction de Biden» affirme CNN.

Le pays s’est senti particulièrement lésé par les États-Unis lorsqu’il n’a pas bénéficié d’un soutien massif après l’attaque meurtrière par drone perpétrée en janvier aux Émirats arabes unis par les Houthis soutenus par l’Iran, a expliqué un responsable américain.

Ils craignent également qu’un éventuel nouvel accord sur le nucléaire iranien soit trop faible renforçant la nuisibilité du Corps des gardiens de la révolution islamique.

Quand Biden a envoyé ses principaux collaborateurs en Arabie saoudite, son coordinateur pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord au Conseil de sécurité nationale a fait une halte aux Émirats arabes unis. McGurk a mis l’accent sur le Yémen, notamment en soulignant le soutien des États-Unis à la défense territoriale du pays contre les attaques de missiles et de drones menées par l’Iran, indique CNN.

Il est à rappeler que les Émirats arabes unis se sont abstenus lors de l’adoption d’une résolution par les États-Unis visant à condamner l’invasion de l’Ukraine par la Russie au Conseil de sécurité des Nations unies, en grande partie en raison de la frustration suscitée par le Yémen.

L’ambassadeur émirati à Washington Yousef Al Otaiba s’est plaint de la dynamique instable dans les déclarations publiques de la Maison Blanche, notant que la relation entre son pays et l’administration Biden «connait des jours où la relation est très saine et des jours où la relation est remise en question».

«Aujourd’hui, nous traversons un test de résistance, mais je suis convaincu que nous nous en sortirons et que nous arriverons à un meilleur endroit», a-t-il ajouté.

Les déclarations du diplomate sur le volonté des E.A.U d’augmenter la production du pétrole, nuancées dans la foulée par son ministre de l’énergie ont eu un effet de yoyo sur les marchés.

«Les Émirats arabes unis sont attachés à l’accord OPEP+ et à son mécanisme d’ajustement mensuel de la production», a déclaré Suhail Al Mazrouei sur Twitter dans ce qui semble être un effort pour rassurer les autres membres.

La prochaine réunion de l’OPEP+ est prévue pour le 31 mars.

Ukraine : La Pologne se dit prête de déployer tous ses jets MIG-29 en Allemagne et à les mettre à la disposition des États-Unis

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La Pologne a accepté de remettre tous ses avions de chasse MIG-29 à une base aérienne américaine «immédiatement» dans le cadre d’un plan visant à fournir des avions aux Ukrainiens.

Les autorités de la République de Pologne ont annoncé dans un communiqué après consultations entre le président et le gouvernement, elles étaient prêtes à déployer – immédiatement et sans contrepartie financière – tous leurs jets MIG-29 sur la base aérienne de Ramstein en Allemagne et à les mettre à la disposition du gouvernement des États-Unis d’Amérique. En compensation, Washington devrait leur fournir des F-16 américains.

La Pologne demande aux Etats-Unis de lui fournir des avions d’occasion avec les capacités opérationnelles correspondantes. La Pologne est prête à établir immédiatement les conditions d’achat de ces avions, poursuit le communiqué.

Le gouvernement polonais demande également aux autres Alliés de l’OTAN – disposant de jets MIG-29 – d’agir dans le même sens.

McDonald’s ferme temporairement ses 850 magasins en Russie

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McDonald’s a annoncé mardi qu’elle fermait temporairement ses 850 restaurants en Russie en réponse à l’invasion de l’Ukraine par ce pays.

Le géant du fast-food a précisé qu’il continuerait à payer ses 62 000 employés en Russie «qui se sont investis corps et âme dans notre marque McDonald’s».

McDonald’s a également fermé temporairement 100 restaurants en Ukraine et continue de payer ces employés.

McDonald’s pourrait subir un coup financier important en raison de ces fermetures. Dans un récent document réglementaire, la société basée à Chicago a déclaré que ses restaurants en Russie et en Ukraine représentaient 9 % de ses revenus annuels, soit environ 2 milliards de dollars.

Contrairement à d’autres grandes marques de restauration rapide en Russie qui sont détenues par des franchisés – notamment KFC, Pizza Hut et Burger King – McDonald’s possède 84 % de ses établissements russes.

La pression est de plus en plus forte pour que McDonald’s et d’autres entreprises comme Coca-Cola et PepsiCo qui restent en Russie se retirent.

De nombreuses sociétés ont cessé leurs activités dans le pays pour protester contre l’invasion de l’Ukraine.

Urgent – Biden interdit toute importation de pétrole et de gaz russes aux États-Unis

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S’exprimant depuis la salle Roosevelt de la Maison Blanche mardi matin, le président américain Joe Biden a finalement annoncé l’interdiction des importations de pétrole russe aux États-Unis. Depuis des semaines, le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy et les législateurs du Capitole, démocrates et républicains, réclamaient cette mesure.

«Aujourd’hui, je vous annonce que les États-Unis ciblent une artère principale de l’économie russe. Nous interdisons toutes les importations de pétrole et de gaz russes.» a déclaré Joe Biden.

Biden a également déclaré que les États-Unis continuaient d’envoyer des armes et de l’aide humanitaire à l’Ukraine alors que la Russie poursuit son attaque contre les civils. Les États-Unis collaborent avec le Royaume-Uni, la France, la Pologne et d’autres pays de l’OTAN pour gérer la crise des réfugiés, qui s’aggrave de jour en jour.

https://twitter.com/le1info/status/1501238229206511621?s=21

«L’Ukraine ne sera jamais une victoire pour Poutine. Poutine peut être capable de prendre une ville, mais il ne sera jamais capable de tenir un pays et si nous ne répondons pas à l’assaut de Poutine contre la paix et la stabilité mondiales aujourd’hui, le coût de la liberté et du peuple américain, sera encore plus grand demain», a déclaré Biden. «Nous allons donc continuer à soutenir le courageux peuple ukrainien qui se bat pour son pays».

La compagnie pétrolière britannique Shell s’excuse pour avoir acheté du pétrole russe

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Le géant britannique des hydrocarbures Shell s’est excusé dans un communiqué pour sa décision d’acheter du pétrole brut russe malgré l’invasion et le bombardement de l’Ukraine. Vivement critiqué par le ministre ukrainien des affaires étrangères, Dmytro Kuleba, Shell a annoncé son intention de reverser les bénéfices de cette transaction à un fonds d’aide aux réfugiés ukrainiens. Ce lundi, l’exportateur américain du GNL, Venture Global LNG, annonce la signature d’un contrat de vente de gaz à Shell.

Les pays occidentaux se sont bien préservés de ne pas inclure le pétrole et le gaz russe dans les sanctions contre Moscou suite à son invasion de l’Ukraine. Si les navires russes ont été cibles des sévères restrictions européennes et d’Amérique du nord, le gaz pouvait toujours être exporté partout dans le monde, craignant que cela ne fasse grimper les prix déjà records de l’énergie dans le monde. Surtout que la Russie est le deuxième producteur mondial de pétrole brut après l’Arabie saoudite, et fournit environ un tiers des besoins de l’Europe.

Encouragée par les déclarations des ministères des affaires étrangères britannique et américain, Shell a décidé d’acheter, ce jeudi 4 mars, du pétrole provenant de Russie à un prix très bas et ce malgré l’aggravation de la situation militaire et humanitaire en Ukraine.

L’affaire est rendue publique. Shell se voit obliger publier un communiqué dans lequel elle justifie sa décision, tout en présentant des excuses.

Shell a déclaré qu’elle n’avait «pas d’autre choix», qu’elle était «obligée d’acheter du pétrole à la Russie» afin de «maintenir un approvisionnement régulier en carburant pour l’Europe».

«La décision d’acheter le carburant à un prix réduit à la Russie était difficile» s’est justifiée Shell.

La société a déclaré qu’elle restait «consternée par la guerre en Ukraine» et qu’elle avait arrêté la plupart des activités impliquant du pétrole russe, mais elle a ajouté que la situation en matière d’approvisionnement était «très complexe».

Le pétrole russe représente actuellement environ 8 % de l’approvisionnement opérationnel de Shell. L’une des raffineries de la société, qui produit du diesel, de l’essence et d’autres produits, est également l’une des plus grandes d’Europe.

Pour être clair, sans un approvisionnement ininterrompu de pétrole brut aux raffineries, l’industrie de l’énergie ne peut pas assurer la fourniture continue de produits essentiels aux personnes à travers l’Europe au cours des semaines à venir, a déclaré le porte-parole de Shell.

«Les cargaisons provenant de sources alternatives ne seraient pas arrivées à temps pour éviter les perturbations de l’approvisionnement du marché. Nous n’avons pas pris cette décision à la légère et nous comprenons la force du sentiment qui l’entoure.» a-t-il poursuivit.

Le ministre ukrainien des affaires étrangères, Dmytro Kuleba, s’en est pris à Shell, s’interrogeant sur Twitter si «Le pétrole russe ne sent-il pas le sang ukrainien pour vous ?».

Occasion inespérée pou Washington de vendre davantage son GNL en Europe

Dimanche, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a déclaré que les États-Unis menaient désormais des «discussions actives» avec leurs partenaires européens pour les interdire tout en maintenant un «approvisionnement mondial stable».

Une déclaration qui sera suivie moins de 24 heures plus tard par celle de l’exportateur américain de gaz naturel liquéfié, Venture Global, annonçant que Shell avait accepté d’acheter du GNL qui lui sera livré à partir de l’installation de Plaquemines située dans la paroisse de Plaquemines, pendant les vingts prochaines années.

Le contrat entre Shell et Venture Global porte sur deux millions de tonnes (MTPA) par an de GNL pendant 20 ans, a précisé Venture Global dans un communiqué. Shell double ainsi son approvisionnement auprès de la société américaine qui lui fournit déjà 2 MTPA, depuis son usine de Calcasieu Pass, également située en Louisiane.

«Nous nous réjouissons de travailler avec Shell pendant de nombreuses années afin de fournir du GNL américain propre et à faible coût aux marchés qui en ont le plus besoin», a déclaré Mike Sabel, directeur général de Venture Global.

Dans une analyse d’avant la guerre en Ukraine et d’avant la propagande anti-russe, Le Figaro expliquait comment le GNL s’est imposé comme une arme géopolitique et d’influence sur l’Europe entre le États-unis et la Russie

«La crise énergétique européenne a permis aux Etats-Unis de devenir le premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL) devant le Qatar et l’Australie. Avec pour enjeu sur le long terme de réduire la dépendance de l’Europe à l’égard du gaz russe et d’accroître leur part de marché. C’est à la lumière de cette dépendance qui transforme le gaz naturel en arme géopolitique qu’il faut voir les mises en garde réitérées de Washington contre Berlin et le projet Nord Stream 2, un gazoduc acheminant directement du gaz de la Russie à l’Allemagne, et géré par le géant russe de l’énergie, Gazprom» a écrit Le Figaro. 

La crise en Ukraine permet donc aux pétroliers britanniques de forcer le divorce avec le gaz russe. Shell et BP ont annoncé concomitamment mettre fin à toutes leurs coentreprises avec les sociétés d’hydrocarbures russes, à savoir Gazprom Rosneft.

Shell à l’intention de céder sa participation de 27,5 % dans une importante usine de gaz naturel liquéfié et sa participation de 50 % dans deux projets de champs pétrolifères en Sibérie. Elle dit vouloir mettre également fin à sa participation au gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie et l’Allemagne.

Shell a déclaré qu’elle s’attendait à ce que cette décision, qui s’appliquera également à toutes les «entités liées» à Gazprom, allait représenter environ 3 milliards de dollars.

Shell a suivi l’exemple de BP, qui avait déjà annoncé qu’elle se débarrasserait de sa participation dans Rosneft, le géant pétrolier public russe, ce qui représente une perte potentielle de 25 milliards de dollars.

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