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Etats-unis

Rencontre confirmée entre Biden et MBS en juillet en Arabie saoudite

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Le président américain Joe Biden rencontrera le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et des dirigeants de près d’une douzaine de pays lors d’un voyage au Moyen-Orient le mois prochain. L’information a été confirmée ce mardi par des sources officielles saoudiennes et américaines.

Le président américain Joe Biden se rendra en Arabie saoudite le mois prochain pour des entretiens bilatéraux et rencontrera le dirigeant de facto du pays, le prince héritier Mohammed ben Salmane, dans le cadre d’un itinéraire qui comprendra Israël et la Cisjordanie, a déclaré de hauts responsables de l’administration américaine.

«À l’invitation du Gardien des deux saintes mosquées… Le président des États-Unis d’Amérique se rendra au Royaume d’Arabie saoudite les 15 et 16 juillet 2022, au cours de laquelle il rencontrera le Gardien des deux saintes mosquées et SAR le prince héritier», a déclaré l’agence de presse officielle saoudienne.

«Au programme de la visite, le président Biden participera à un sommet conjoint, convoqué par le gardien des deux saintes mosquées, avec les dirigeants du Conseil de coopération du Golfe, le roi de Jordanie, le président égyptien et le premier ministre irakien», poursuit la même source.

Rétropédalage de Joe Biden

Cette annonce de la rencontre entre Biden et MBS officialise la volte-face de président américain vis-à-vis de l’Arabie saoudite, qu’il considérait comme «un État paria» alors qu’il faisait campagne pour la présidence, après le meurtre en 2018 du journaliste Jamal Khashoggi.

Biden va enfoncer le clou en déclarant après son entrée à la Maison-Blanche, «qu’il s’engagerait auprès du roi Salman, et non du prince Mohammed, contrairement à l’ancien président Donald Trump».

Cependant, la hausse des prix du pétrole, l’inflation élevée et le désir de Washington de voir l’Arabie saoudite s’aligner sur sa position envers la Russie et la Chine ont contribué à alimenter des mois d’efforts diplomatiques visant à recadrer les liens.

«Alors que nous recalibrons les relations, nous ne cherchons pas à les rompre, car l’Arabie saoudite est un partenaire stratégique des États-Unis depuis huit décennies», a déclaré un haut responsable de l’administration Biden. «Nous partageons une multitude d’intérêts avec l’Arabie saoudite, qu’il s’agisse de contenir l’Iran, de lutter contre le terrorisme ou d’aider à protéger son territoire.» souligne la même source.

Neuf chefs d’États arabes à Djeddah

À Djeddah, Joe Biden rencontrera les chefs d’État des six membres du Conseil de coopération du Golfe – Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Oman, Koweït, Qatar et Bahreïn – ainsi que les dirigeants de l’Égypte, de l’Irak et de la Jordanie.

Avant la visite, les pays de l’OPEP+ ont accepté d’accélérer la production de pétrole et l’Arabie saoudite a contribué à prolonger la trêve au Yémen. Ils ont promis davantage de développements dans les semaines à venir.

Israël-E.A.U-Inde : nouveau groupement diplomatique

Biden s’arrêtera en Israël, en Cisjordanie occupée et en Arabie saoudite au cours de sa visite du 13 au 16 juillet, où il se concentrera notamment sur la sécurité régionale et énergétique et sur le développement de l’intégration d’Israël dans la région, a déclaré Karine Jean-Pierre, porte-parole de la Maison Blanche.

Le président rencontrera des dirigeants israéliens et palestiniens et réitérera son soutien à une solution à deux États au conflit israélo-palestinien.

Biden tiendra également un sommet virtuel en Israël avec les dirigeants d’Israël, de l’Inde et des Émirats arabes unis dans ce que le haut fonctionnaire de l’administration a décrit comme un nouveau groupement diplomatique. Les Émirats arabes unis sont devenus le premier pays du Golfe à officialiser ses relations avec Israël lorsqu’ils ont accepté d’établir des liens diplomatiques complets avec l’État juif en 2020.

L’USAID prône une nouvelle révolution mondiale de la dignité

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A l’occasion d’un événement co-organisé par le National Press Club et Freedom House, le 7 juin dernier à Washington, Samantha Power, administratrice de l’USAID, a appelé a étendre «une révolution de la dignité dans le monde entier». Il est à rappelé que cette ancienne ambassadrice américaine aux Nations unies, milite depuis plus de vingt ans pour le droit d’ingérence dans les pays dits autocratiques.

Ci-après, les cinq points saillants de ce discours qui annoncent la volonté des États-unis à réimaginer l’approche de l’USAID en matière de soutien à la démocratie dans le monde.

L’administratrice de l’USAID, Samantha Power, a prononcé le 7 juin dernier, au Ballroom du National Press Club à Washington, un discours de politique générale d’une importance majeure.

L’ex-ambassadrice à l’ONU Samantha Power et militante de la diplomatie humanitaire, nommée par Biden à la tête de l’agence chargée de l’aide publique au développement USAID, a déroulé une feuille de route en cinq points pour le renouveau démocratique dans le monde.

L’administratrice de l’USAID a expliqué que, malgré les tendances au recul de la démocratie et à la montée des autocraties, le moment est venu pour les États-Unis et les autres partisans de la démocratie de s’unir dans la poursuite d’un monde plus libre et plus prospère.

«Pour étendre une révolution de la dignité dans le monde entier, nous devons réimaginer notre approche pour renforcer la démocratie mondiale» a-t-elle souligné.

Samantha Power, annonce également que dans le cadre de l’Initiative présidentielle pour le renouveau démocratique, l’USAID a lancé une série d’efforts en matière de politique et d’assistance étrangère afin «d’étendre et de moderniser la manière dont les États-Unis soutiennent la démocratie, défendent les droits de l’homme et combattent la corruption à l’étranger».

«En dépit de 16 années de déclin démocratique et de la montée de l’autoritarisme dans le monde, le moment présent offre une occasion cruciale d’inverser ces tendances et de créer un avenir plus démocratique, pacifique et prospère» a-t-elle poursuivit.

Power a expliqué comment les «nations libres» du monde, les institutions multilatérales, les partenaires du secteur privé et les sociétés civiles peuvent démontrer que les démocraties sont à la hauteur de ce que «les autocraties ne pourront jamais faire», et relever les défis auxquels nous sommes confrontés, de l’insécurité alimentaire au changement climatique en passant par le COVID-19.

Voici cinq points saillants tirés de son discours sur la façon dont l’USAID compte soutenir les pays du monde entier en réinventant les règles du jeux standards de la démocratie.

1. Prouver que les démocraties sont efficaces

Nous avons là une importante opportunité à saisir. Les preuves que nous recherchons, qui attestent que les autocraties sont plus faibles et moins capables que les démocraties, ne figurent pas seulement dans les publications universitaires sur lesquelles nous travaillons… elles se déroulent sous nos yeux.

– Samantha Power

Dans son discours, l’administratrice de l’USAIF Samantha Power a cité des exemples tels que la guerre brutale de Poutine contre l’Ukraine et la réponse de la République populaire de Chine à la pandémie de COVID-19 pour souligner qu’aujourd’hui, l’histoire révèle que les autocraties sont plus faibles, moins capables et moins aptes à servir leur peuple que les démocraties.

Mme Power a assuré que les partenariats pour le développement démocratique de l’USAID iront au-delà de l’aide traditionnelle à la démocratie, en s’associant à des gouvernements «réformistes» pour intégrer les pratiques démocratiques dans les efforts de développement et répondre aux besoins matériels les plus pressants de la population locale afin de contribuer à démontrer que la démocratie peut apporter des avantages tangibles.

2. Mettre en évidence les «points forts» de la démocratie

Nous devons cimenter les progrès dans les points lumineux démocratiques qui existent en ce moment, aider les gens à lutter contre l’autoritarisme numérique, et mettre en lumière les oligarques et les autocrates qui cachent leurs biens mal acquis dans des coins sombres, et ce avec une grande sophistication.

– Samantha Power

«En Afrique du Sud, des élections démocratiques ont permis de surmonter des décennies d’apartheid écrasant. En Corée du Sud, une guerre beaucoup plus courte mais tout aussi dévastatrice a laissé place à des réformes modernes et démocratiques» a affirmé Samantha Power. Et plus récemment, les citoyens moldaves ont élu leur première femme présidente en 2020 et se sont attachés à élire des dirigeants pro-démocratie et anti-corruption au sein de leur parlement.

«Au lieu de voir les démocraties naissantes s’élever puis vaciller – pensez au Soudan ou à de nombreux pays du printemps arabe de 2011 – l’USAID prévoit de soutenir ces démocraties naissantes par des actions qui aideront les réformateurs à agir rapidement et à montrer des résultats concrets» affirme l’administratrice.

«Il s’agit notamment d’alléger la dette, d’intervenir d’urgence dans le domaine de la santé, de mettre en place un solide filet de sécurité sociale et d’injecter des compétences bureaucratiques» explique-t-elle.

Et d’ajouter : «L’USAID a l’intention d’attirer l’attention sur ces démocraties et, avec ses partenaires, de soutenir ces réussites et de partager les stratégies avec d’autres pays qui cherchent à suivre la même voie».

3. Combattre la désinformation par la démocratie numérique

Nous devons aider les gens à lutter contre la propagande numérique et les systèmes de surveillance que les autocraties et les démocraties moins bien établies utilisent pour agresser les citoyens à l’intérieur et à l’extérieur de leurs frontières.

– Samantha Power

L’USAID et la New America Foundation vont réunir des technologues, des universitaires, des experts de la société civile et d’autres personnes pour élaborer un code d’éthique qui donne des instructions sur le respect des valeurs démocratiques et des droits de l’homme, et que devraient suivre ceux qui promeuvent la démocratie dans la sphère numérique.

«De la même manière que les médecins s’engagent à ne pas nuire, les technologues doivent développer un ensemble d’idéaux communs qui leur sont chers», a-t-elle déclaré.

La nouvelle initiative «Advancing Digital Democracy» de l’USAID et la Coalition for Securing Election Integrity auront pour objectif d’aborder cette question, alors que les autoritaires font de la technologie et des données un champ de bataille dans la lutte pour la démocratie.

4. Soutenir les journalistes d’investigation

L’automne dernier, nous avons annoncé la création d’un fonds d’assurance pour les journalistes d’investigation, «Reporters Mutual». Ce que nous avons appris par une étude actuarielle depuis le lancement, c’est que les choses étaient pires que nous le soupçonnions.

– Samantha Power

Les journalistes d’investigation sont trois fois plus souvent poursuivis en justice que les autres journalistes, ce qui les rend inassurables sur le marché commercial. L’USAID apporte son expertise et des fonds de démarrage pour lancer «Reporters Mutual», un fonds mondial destiné à protéger les journalistes d’investigation contre les poursuites pour diffamation. Le fonds, qui sera opérationnel l’année prochaine, fournira une assurance pour couvrir le coût de la défense des journalistes contre les poursuites visant à réduire au silence leurs reportages.

5. Réinventer les règles du jeu

Nous devons faire la lumière sur les coins sombres où la corruption prospère et où les oligarques cachent leurs richesses volées. …Cette nouvelle réalité exige que l’USAID transforme son travail de lutte contre la corruption pour être plus avisé et moins cloisonné par pays. Nous construisons des coalitions de réformateurs au-delà des frontières, des secteurs et des idéologies.

– Samantha Power

Dans le cadre de l’initiative présidentielle pour le renouveau démocratique du Sommet 2021 pour la démocratie, l’USAID a lancé une série d’efforts en matière de politique et d’assistance à l’étranger pour étendre et moderniser la manière dont les États-Unis soutiennent la démocratie, défendent les droits de l’homme et combattent la corruption à l’étranger.

L’Agence élabore actuellement un guide de dékleptification – un manuel destiné à aider les pays à effectuer la difficile transition de la kleptocratie (définie comme un gouvernement qui utilise la corruption pour obtenir et exercer le pouvoir politique) vers la démocratie. S’inspirant des exemples de la Roumanie, de la République dominicaine et de l’Afrique du Sud, le guide fournira des conseils aux réformateurs sur la manière d’éradiquer la corruption et de mettre en œuvre des mesures radicales de transparence et de responsabilité dans des fenêtres d’opportunité historiques, rendant ces réformes plus difficiles à inverser.

Samantha Power : la théoricienne d’Obama du droit d’ingérence et de l’interventionnisme armé

Samantha Power est considérée comme le leader des « faucons libéraux », ces démocrates favorables à des interventions militaires tous azimuts afin d’affirmer la suprématie des États-Unis sur le reste du monde. Une sorte d’alter-égo des « néo-conservateurs » dans la promotion de l’interventionnisme de « l’Empire américain ». Durant une audition devant le Sénat américain, en juillet 2013, elle fait une déclaration qui marquera à jamais sa doctrine. Après avoir dénoncé «la discrimination dont Israël fait l’objet à l’ONU» et en promettant de «travailler sans relâche pour le défendre», elle dit : «Ce pays est le plus grand pays du monde. Je ne m’excuserai jamais pour l’Amérique». ( Lire article The Samantha Power Doctrine par sur The New Yorker, le 15 décembre 2014).

Diplômée de droit à Yale, elle entame sa carrière en tant que journaliste sportif à CNN. Elle intègre plus trad Carnegie Endowment for International Peace comme assistante de Morton Abramowitz, qui siégeait en tant qu’administrateur de la National Endowment for Democracy, la face légale de la CIA.

Durant la guerre de Bosnie-Herzégovine elle devient reporter bénévole pour le Boston Globe, The Economist, New Republic et U.S. News and World Report.

Après la guerre, elle reprend ses études à Harvard, à l’École Kennedy de Gouvernement, où elle crée, en 1998, le Centre Carr pour la politique des Droits de l’homme.

Elle remporte le prestigieux Prix Pulitzer pour son livre de 2002 Un problème de l’enfer : l’Amérique et l’âge du génocide (A problem from Hell : America and the Age of Genocide), dans lequel elle critique la timidité américaine face aux génocides dans le monde et théorise le droit d’ingérence.

Samantha Power a rejoint l’équipe de transition du département d’État de Barack Obama à la fin du mois de novembre 2008. Elle a été assistante spéciale du président et directrice principale des affaires multilatérales et des droits de l’homme au Conseil de sécurité nationale de janvier 2009 à février 2013.

En avril 2012, Obama l’a choisie pour présider un conseil de prévention des atrocités nouvellement créé.

En tant qu’ambassadrice des Nations unies, Power s’est concentrée sur des questions telles que la réforme des Nations unies, les droits des femmes et les droits des LGBT, la liberté de religion et les minorités religieuses, les réfugiés, la traite des êtres humains, les droits de l’homme et la démocratie, notamment au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, au Soudan et au Myanmar.

On considère qu’elle a été une figure clé de l’administration Obama en persuadant le président d’intervenir militairement en Libye.

En 2016, elle a été classée par Forbes comme la 41e femme la plus puissante du monde.

En janvier 2021, Joe Biden l’a nomme à la tête de l’USAID. Sa nomination a été confirmée par le Sénat américain le 28 avril 2021.

New York : État d’urgence en raison de la pénurie nationale de lait infantile

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Le maire de la ville de New York, Eric Adams, a signé aujourd’hui un décret déclarant l’état d’urgence lié à la pénurie d’approvisionnement en lait infantile. Ce décret habilite le département de la protection des consommateurs et des travailleurs de la ville de New York à empêcher les pratiques frauduleuses en matière de prix des préparations pour nourrissons.

Cette initiative intervient alors que les États-Unis sont aux prises avec une pénurie nationale de lait en poudre pour nourrissons, qui résulte du rappel volontaire et de la fermeture temporaire d’une usine d’Abbott Nutrition, l’un des plus grands fournisseurs de lait en poudre du pays.

«La pénurie de lait maternisé à l’échelle nationale a causé une douleur et une anxiété inimaginables aux familles de New York – et nous devons agir de toute urgence», a déclaré le maire Adams.

«Ce décret d’urgence nous aidera à sévir contre tout détaillant cherchant à tirer profit de cette crise en augmentant les prix de ce produit essentiel. Notre message aux mères et aux familles en difficulté est simple : Notre ville fera tout ce qui est en son pouvoir pour vous aider pendant cette période difficile.»

«La pénurie nationale de lait infantile fait du mal aux parents et aux familles de notre ville à un moment où nous sommes tous encore sous le choc de la crise de ces deux dernières années», a déclaré Anne Williams-Isom, maire adjointe chargée de la santé et des services sociaux.

«Ce décret permettra à toutes nos agences d’utiliser tous les outils dont elles disposent pour fournir des préparations pour nourrissons à ceux qui en ont besoin et veiller à ce que nos plus jeunes New-Yorkais restent dans la ville.»

«Alors que la pénurie nationale de lait infantile se joue au niveau local, nous utilisons les outils à notre disposition pour protéger les consommateurs et les familles qui travaillent», a déclaré l’adjointe au maire chargée du développement économique et de la main-d’œuvre, Maria Torres-Springer.

«Les mesures que nous prenons avec cette déclaration d’urgence et cet ordre exécutif envoient un message clair à tous les acteurs sans scrupules qui pourraient essayer de profiter de cette situation : pas dans la ville de New York.»

40% des détaillants en rupture de stock

À l’échelle nationale, plus de 40 % des grands détaillants sont en rupture de stock de lait pour nourrissons, dont 43 % des détaillants de la région des trois États, selon les estimations les plus récentes.

Au début de la semaine, le président américain Joe Biden a invoqué la loi sur la production de défense pour demander aux fournisseurs d’ingrédients de lait infantile de donner la priorité aux livraisons aux fabricants de lait infantile.

Le président Biden a également annoncé la création de l’opération Fly Formula, qui ordonne au ministère américain de la Santé et des Services sociaux et au ministère américain de l’Agriculture d’importer des préparations pour nourrissons de l’étranger, à condition qu’elles répondent aux normes de santé et de sécurité américaines.

La Russie va payer sa dette extérieure en roubles

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La Russie envisage de rembourser sa dette extérieure en roubles après que les États-Unis ont bloqué les dernières tentatives de Moscou de régler en dollars.

Avec Agences

Au lendemain de la décision de Washington de mettre fin à une exemption permettant à Moscou de payer ses dettes en dollars, le président de la Douma annonce ce mercredi que la Russie effectuera les paiements aux détenteurs d’obligations du pays en roubles.

«Les États-Unis veulent créer des problèmes pour Moscou en interdisant artificiellement les paiements en dollars pour le service de la dette extérieure de la Russie, mais le pays effectuera des paiements en roubles», a déclaré mercredi le président de la Douma d’État Viatcheslav Volodine, ajoutant que la Russie dispose de tous les fonds nécessaires.

«Premièrement, il y a tous les fonds nécessaires pour les paiements. Deuxièmement, les paiements seront effectués en roubles. Il s’agit d’un choix calculé par les États-Unis, qui ont eux-mêmes interdit les paiements en dollars. Le rouble s’est notablement renforcé aujourd’hui, et en ce sens, l’environnement de marché est bon pour nous», a-t-il écrit sur sa chaîne Telegram.

«Nous avons l’expérience des règlements mutuels en roubles. Les contrats gaziers l’ont montré, alors que les États-Unis et leurs satellites soutenant de telles décisions devraient s’habituer au rouble», a souligné M. Volodin.

Pousser la Russie au défaut de payement

La licence générale du département du Trésor américain autorisant la Russie à effectuer des paiements sur le service de sa dette souveraine a expiré mercredi. L’agence fédérale a déclaré mardi qu’elle ne prolongerait pas la dérogation accordée en mars, qui avait permis à Moscou de continuer à payer les intérêts et le principal et d’éviter un défaut sur sa dette publique.

En place depuis le début des sanctions occidentales contre la Russie, en représailles à la guerre en Ukraine, cette exemption avait permis à Moscou d’échapper au défaut de paiement.

Elle avait été décidée par Washington pour « permettre une transition ordonnée et aux investisseurs de vendre leurs titres », avait expliqué la secrétaire américaine au Trésor Janet Yellen la semaine dernière. La ministre de Joe Biden avait alors indiqué que cette exemption prendrait « probablement » fin.

La Russie ne pouvait déjà plus plus rembourser sa dette avec des dollars détenus dans des banques américaines, dans le cadre des sanctions renforcées prises par les Etats-Unis le 5 avril.

La gouverneure de la banque centrale russe, Elvira Nabioullina, avait reconnu le 29 avril que Moscou était confrontée à des « difficultés de paiements » mais elle s’était refusée à parler de défaut de paiement potentiel.

La dette extérieure de la Russie représente, selon son ministère des Finances, environ 4 500 à 4 700 milliards de roubles (quelque 78 à 81 milliards de dollars au taux actuel), soit 20 % de la dette publique totale.

Ahmed Charaï : Les États-unis doivent chercher à comprendre pourquoi 100 nations n’ont pas soutenu l’Ukraine à l’ONU

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L’Assemblée générale des Nations unies s’est réunie le 7 avril dernier, pour la troisième fois depuis le début de la guerre en Ukraine, pour adopter une nouvelle résolution qui suspend la Russie du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Si le monde occidental a largement condamné l’invasion russe, voire a pris de sévères sanctions contre Moscou, Vladimir Poutine n’est pas pour autant totalement isolé dans le conflit. En effet, 100 États sur 193 ont préféré ne pas soutenir le dernier vote onusien. Un phénomène peu commenté par la communauté internationale, probablement du fait que les pays concernés sont africains, arabes et asiatiques.

Dans le vacarme des bruits de bottes qui sature l’atmosphère fébrile de la guerre, une voix marocaine s’est levée pour attirer l’attention sur le déni occidental face à cette unité de l’ONU qui se fissure. Dans une tribune publiée sur la plateforme de réflexion et d’analyse américaine «The Jerusalem Strategic Tribune», Ahmed Charaï estime que la stratégie adoptée par les dirigeants occidentaux dans le conflit ukrainien favorise davantage l’émergence d’un désordre mondial. L’éditorialiste fustige le réflexe de vouloir condamner systématiquement les nations qui se sont abstenues de voter contre la Russie. «Les États-unis doivent chercher à comprendre pourquoi ces nations ont pensé que s’abstenir de voter était leur meilleure option» a-t-il souligné.

«Dans le siège emblématique de l’ONU à New York, le monde a voté au sujet de la plus grande invasion de la Russie depuis la Seconde Guerre mondiale – révélant les fractures et les fissures du soutien mondial à la démocratie», ainsi qa entamé Ahmed Charaï sa tribune publiée sur le journal américain «The Jerusalem Strategic Tribune», pour laquelle il a choisi le titre : «Nouveau désordre mondial : Ce que le vote de l’ONU sur la Russie révèle réellement sur la politique mondiale».

La suspension de la Russie du Conseil des droits de l’homme des Nations unies était techniquement la question soumise aux délégués. Mais chaque diplomate savait qu’il s’agissait en réalité d’un vote contre l’agression russe en Ukraine, nuance l’éditorialiste.

M. Charaï affirme que le résultat du vote a révélé la fragilité du consensus en faveur de la démocratie et de l’autodétermination. Car seuls 93 États (sur 193) ont voté en faveur du retrait de la Russie du comité des droits de l’homme, et donc de la condamnation de ses actions contre son voisin plus petit et plus faible

«Vingt-quatre autres pays (dont la Chine) ont voté en faveur de la Russie», précise-il. Et d’ajouter : «Plus inquiétant encore, 58 pays se sont abstenus, refusant de prendre parti dans ce que beaucoup considèrent comme un duel entre les grandes puissances».

M. Charaï souligne que le reste des pays craignent que les prix de l’énergie, des denrées alimentaires et des engrais ne continuent à grimper si le conflit s’intensifie. La Russie et l’Ukraine étant d’importants producteurs de pétrole, de gaz, de blé et de fertilisants, des produits vitaux pour les pays en développement.

«C’est une question de vie ou de mort. La peur et la nourriture sont plus importantes pour de nombreux pays en développement que les idéaux démocratiques», insiste l’éditorialiste, avant de faire le constat suivant : «Les décideurs américains et européens devront faire face à une dure vérité : si la Russie est isolée sur le plan diplomatique, elle n’est pas totalement seule, et de nombreux pays ne sont pas du côté de l’Ukraine et de ses espoirs démocratiques».

M. Charaï, souligne le fait que ce n’est pas par ignorance que les délégués de l’ONU se sont abstenus, mais que les grands idéaux et le désespoir des ukrainiens n’ont rien pu faire face la dure réalité économique et politique de ces pays.

«La vue depuis les décombres de la banlieue de Kiev n’est pas pleine d’espoir. Les dirigeants démocratiquement élus de l’Ukraine savent qu’ils peuvent être capturés, blessés ou tués. Et ils savent aussi que l’histoire des sanctions, l’arme de prédilection de la coalition occidentale, montre qu’elles échouent presque toujours à dompter les envahisseurs. Tous ces faits étaient connus des délégués de l’ONU. En effet, ils les auraient entendus directement de la bouche des diplomates ukrainiens. Mais les grands idéaux et le désespoir réel ne les ont pas fait bouger», constate-t-il.

Les raisons pour lesquelles 100 nations ont décidé de ne pas soutenir l’Ukraine lors du vote des Nations unies

Ahmed Charaï a regroupé les 100 nations qui ont décidé de ne pas soutenir l’Ukraine lors du vote des Nations unies en cinq groupes : 1) Afrique; 2) Amérique latine; 3) Chine; 4) Inde; 5) Pays arabes et Israël.

Pour chaque groupe, l’éditorialiste a apporté avec précision les considérations endogènes et exogènes qui ont poussé à cette prise de distance vis-à-vis le conflit ukrainien.

1. Afrique

En Afrique, la Russie a noué des relations de longue date avec la Libye, la République démocratique du Congo et le Mali, et déploie souvent un schéma postcolonial, qui suggère que la Russie soutient les nations indépendantes et émergentes par rapport à leurs anciens colonisateurs. Cette ligne rhétorique est une continuation du thème promu à l’époque de l’Union soviétique, en particulier à partir des années 1950.

2. Amérique latine

En Amérique latine, une forme d’antiaméricanisme parmi les classes instruites s’est traduite par une réticence à critiquer ouvertement Poutine. Ce phénomène est amplifié par les messages propagés ouvertement par Cuba et le Venezuela.

3. Chine

L’abstention initiale de la Chine est davantage perçue comme un signe d’embarras face aux visées belliqueuses de son partenaire russe, que comme une preuve de son intérêt pour un rapprochement avec l’Occident.

Dans les capitales occidentales, beaucoup veulent croire que Pékin a tout intérêt à ce que le cessez-le-feu intervienne rapidement, afin de ne pas entraver sa croissance économique. En réalité, la Chine ne voit aucune raison de mettre en colère la Russie, un important fournisseur de pétrole, de gaz et de charbon, d’autant plus que les nations occidentales découragent la production des combustibles fossiles dont la Chine a précisément besoin. Les cercles d’élaboration des politiques à Pékin ne sont pas peuplés d’idéalistes, et ses décisions sont invariablement intéressées et pragmatiques.

4. Inde

L’Inde, pour sa part, est un allié de longue date de la Russie, l’un de ses principaux fournisseurs d’armes. New Delhi estime qu’elle aura besoin de ces armes face au renforcement militaire chinois dans la région, ainsi que face aux problèmes non résolus avec le Pakistan.

5. Pays arabes & Israël

Les nations arabes n’ont pas l’intention d’abandonner leurs relations avec la Russie, qui s’est imposée comme une force avec laquelle il faut compter lorsqu’elle a sauvé le président syrien Bachar el-Assad par son intervention militaire, ni avec la Chine, le plus gros acheteur de pétrole et de gaz de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis.

En effet, les dirigeants arabes sont mécontents de l’administration Biden pour son retrait précipité d’Afghanistan l’année dernière, ses négociations en cours avec le régime menaçant de l’Iran, et son laxisme face aux attaques terroristes et aux tirs de roquettes des Houthis au Yémen. Pour la première fois, les dirigeants arabes s’interrogent, publiquement, sur la viabilité du système politique américain et sur la cohérence de la politique étrangère américaine.

Sur le dossier nucléaire iranien, Israël, l’un des plus fermes alliés des Etats-Unis dans la région, craint que l’administration Biden ne veuille à tout prix conclure un accord avec le régime iranien sans tenir compte de l’impact possible sur l’agression régionale de Téhéran. Le ministre israélien de la défense a même appelé à la mise en place d’un «plan B solide» pour faire face au programme nucléaire iranien.

En conséquence, ni les Arabes ni les Israéliens n’étaient enthousiastes à l’idée de soutenir les États-Unis à l’ONU – même s’ils ont fini par s’aligner.

Pour la première fois, les dirigeants arabes s’interrogent, publiquement, sur la viabilité du système politique américain et sur la cohérence de la politique étrangère américaine.

Ahmed Charaï , The Jerusalem Strategic Tribune

Érosion de la défense de l’ordre mondial

Faute de pouvoir s’en prendre à l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, les pays occidentaux ont déportés les votes en Assemblée générale. Deux scrutins sans conséquence pratique sur la Russie ont pourtant révélé la fragilité de l’unité de l’ONU. Une fragilité à laquelle s’ajoute un autre constat qu’Ahmed Charaï a pointé du doigt : l’érosion de l’engagement des États-unis à défendre, maintenir et faire progresser l’ordre international .

«Ce qui s’érode depuis quelques années, c’est l’engagement des dirigeants américains à défendre, maintenir et faire progresser un ordre international dans lequel les États observent des règles et des normes communes, adoptent des systèmes économiques libéraux, renoncent aux conquêtes territoriales, respectent la souveraineté des gouvernements nationaux et adoptent des réformes démocratiques» a-t-il souligné.

Dans l’environnement mondial de plus en plus complexe d’aujourd’hui, poursuit le Directeur de publication, les États-Unis ne peuvent atteindre leurs objectifs qu’en «tirant parti de leur force grâce à une politique étrangère cohérente qui répond aux défis posés par la Russie et la Chine». Pour ce faire, les États-Unis doivent délibérément renforcer et cultiver des relations productives avec leurs alliés, partenaires et autres nations ayant des intérêts communs.

Dans son analyse M. Charaï, s’attarde sur le cas de la Chine, que Biden a érigé en priorité de son administration et que tous les observateurs s’accordent à dire qu’il s’agit du plus grand défi du siècle pour les américains. L’éditorialiste appelle à un dialogue stratégique constructif et à l’étude d’alternatives à l’influence de la Chine dans l’indo-pacifique.

«Les États-Unis doivent proposer des alternatives politiques, économiques et sécuritaires attrayantes à l’influence de la Chine dans la région indo-pacifique, en Afrique et au-delà. Parallèlement, Washington doit maintenir un dialogue stratégique productif avec Pékin, en communiquant clairement les préoccupations américaines et en s’efforçant de comprendre les intérêts et les objectifs chinois.» recommande-t-il.

Les États-unis doivent revoir leur copie

Les principes universels doivent être combinés à la réalité des perspectives des autres régions. Les dirigeants occidentaux doivent reconnaître que les dirigeants non occidentaux ne vivent pas seulement dans un autre endroit, mais qu’ils viennent d’un autre endroit intellectuellement, affirme M. Charaï.

Pour conforter ses propos, l’éditorialiste cite une déclaration de l’ancien ministre des Affaires étrangères américain Henry Kissinger qui s’était exprimé avec franchise à l’intention de Barack Obama, dans un billet publié sur les colonnes du Wall Street Journal en 2014, la veille d’un voyage de l’ancien président américain pour l’Europe.

Kissinger a écrit : « De vastes régions du monde n’ont jamais partagé la conception occidentale de cet ordre ( ordre mondial, ndlr) et n’y ont seulement consenti. Ces réserves deviennent à présent explicites, par exemple, dans la crise en Ukraine et le sud de la Mer de Chine. L’ordre établi et proclamé par l’Ouest [après la Seconde Guerre mondiale] se trouve à un tournant [.] La célébration des principes universels ont besoin d’aller de paire avec la reconnaissance de la réalité des histoires et des cultures des autres régions, ainsi que leurs points de vue en matière de sécurité».

Le vote de l’ONU a montré que les principes universels ne sont pas encore tout à fait universels. Plutôt que de condamner les nations qui se sont abstenues de voter contre la Russie, l’Amérique doit chercher à comprendre pourquoi elles ont pensé que s’abstenir de voter était leur meilleure option. Ensuite, l’Amérique doit indiquer clairement qu’elle soutient toujours l’État de droit et l’idéal de la démocratie et de blinder ses idéaux, conclut Ahmed Charaï sa tribune.


M. Ahmed Charai est le président-directeur général d’un groupe de médias et conseiller pour le Moyen-Orient aux États-Unis et à l’étranger. Il siège au conseil d’administration de nombreux groupes de réflexion et ONG, dont Atlantic Council, the International Center for Journalists, International Crisis Group, et le Jerusalem Institute for Strategy and Security. Ses articles sont parus dans des publications américaines et israéliennes de premier plan.

The Jerusalem Strategic Tribune (JST) est une plateforme de réflexion et d’analyse américaine co-fondée par Ahmed Charai en Aout 2021. Une plateforme qui se veut cosmopolite et et inclusive. Son conseil d’administration réuni républicains et démocrates américains, gauche et droite israélienne se côtoient aussi bien dans le conseil d’administration.

JST se veut une plateforme médiatique ouverte au grand public pouvant permettant la compréhension des relations américano-israéliennes.

JST parvient à attirer des contributeurs prestigieux à l’image de l’ancien Conseiller à la sécurité nationale d’Israël, Yaakov Amidror ; les anciens Sous-Secrétaires d’Etat américains à la Défense, Dov Zakheim et John Hamre ; l’ancien conseiller d’Obama sur les questions chinoises, Ryan Hass ; l’ancien directeur général du ministère singapourien des Affaires étrangères, Bilahari Kausikan…

L’inflation américaine atteint 8,5 % son plus haut niveau depuis plus de 40 ans.

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L’inflation aux États-Unis a atteint un niveau jamais vu depuis plus de 40 ans, à savoir 8,5 % en mars par rapport au même mois de l’année précédente, en raison de la montée en flèche des coûts de l’énergie et des denrées alimentaires, des contraintes d’approvisionnement et de la forte demande des consommateurs.

Le département du travail américain a indiqué mardi que l’indice des prix à la consommation aux États-unis – qui mesure ce que les consommateurs paient pour les biens et les services – a augmenté le mois dernier à son rythme annuel le plus rapide depuis décembre 1981, contre un taux annuel de 7,9 % en février. La hausse des prix a été implacable, avec six mois consécutifs d’inflation supérieure à 6 %, ce qui dépasse largement l’objectif de 2 % de la Réserve fédérale.

L’invasion de l’Ukraine par la Russie a entraîné une flambée des prix du pétrole et de l’essence en mars. Les prix de l’énergie ont augmenté de 11 % en mars par rapport au mois précédent, selon le ministère. Les prix des produits alimentaires se sont accélérés en mars, augmentant de 1,5 % par rapport au mois précédent, tandis que la hausse des coûts des repas au restaurant s’est modérée.

Approvisionnement, Ukraine et Covid en Chine

«Nous observons une forte dynamique d’inflation dans tous les domaines, tant pour les biens que pour les services», a déclaré au Wall Street Journal Blerina Uruci, économiste américaine chez T. Rowe Price Group Inc. Uruci a souligné que les contraintes de la chaîne d’approvisionnement continuent de pousser les prix à la hausse, à l’exception d’un allègement des coûts pour les voitures d’occasion.

«Pour moi, c’est un voyant rouge», affirme l’économiste. «L’autre voyant rouge est l’invasion de l’Ukraine par la Russie et la montée du Covid en Chine. Ceux-ci posent des risques que la soi-disant normalisation des chaînes d’approvisionnement prenne plus de temps à se concrétiser.»

Le voyage et l’automobile en constante hausse

Les tarifs des compagnies aériennes ont bondi de 10,7 % en mars par rapport à février, s’accélérant au fur et à mesure que la demande de voyages se rétablissait après la dernière vague de Covid-19. Les prix des voyages aériens étaient 23,6 % plus élevés qu’il y a un an.

Le rebond de la demande de voyages, de restaurants et d’autres services à la suite de la diminution des cas de Covid-19 est également à l’origine de la hausse des prix, et pourrait s’amplifier à mesure que les vacances d’été stimulent les dépenses de loisirs. Une hausse constante des coûts du logement, qui représentent près d’un tiers de l’IPC, ajoute également à la pression inflationniste.

Les prix de l’automobile, qui ont alimenté une grande partie de la poussée inflationniste, ont diminué en mars. Les prix des véhicules d’occasion ont baissé de 3,8 % le mois dernier par rapport à février, mais ils étaient encore en hausse de 35,3 % par rapport à l’année précédente. Les prix des véhicules neufs ont ralenti sur une base mensuelle, augmentant de 0,2 % en mars par rapport au mois précédent. Toutefois, l’augmentation de 12,5 % sur 12 mois a été la plus forte depuis 1975.

Tensions sur le marché du travail

La persistance de la hausse des prix intervient alors que l’économie américaine est forte et que le marché du travail reste tendu. Les employeurs américains ont créé 431 000 emplois en mars, soit le 11e mois consécutif où les gains sont supérieurs à 400 000, ce qui constitue la plus longue période depuis le début des statistiques en 1939.

Les taux d’inflation élevés et en hausse ont accru la pression sur la Fed pour qu’elle continue à relever les taux d’intérêt cette année afin de réduire les pressions sur les prix. La banque centrale a relevé son taux de référence en mars pour la première fois depuis 2018.

Avec une forte croissance de l’emploi et une inflation bien supérieure à l’objectif de la Fed, de nombreux responsables de la Fed ont indiqué qu’ils pourraient soutenir une hausse des taux d’un demi-point de pourcentage – au lieu du traditionnel quart de point – lors de leur prochaine réunion début mai.

Énergie et denrées alimentaires

Les prix de l’énergie ont grimpé en flèche début mars, l’invasion de l’Ukraine par la Russie ayant fait grimper les prix du pétrole brut. Bien que les prix de l’essence aient légèrement baissé ces dernières semaines, ils restent proches des records.

L’inflation des denrées alimentaires fait également grimper la facture d’épicerie des consommateurs. En mars, les prix de la viande aux États-unis ont augmenté de 14,8 % par rapport à l’année précédente, les hot-dogs et les viandes à déjeuner ayant connu la hausse la plus rapide depuis 1979. Les prix des céréales pour petit-déjeuner ont augmenté de 9,2 % l’année dernière, soit la plus forte hausse depuis 1989. La crise ukrainienne risque d’accentuer la pression au cours des prochains mois en raison des perturbations de la production mondiale de blé et d’engrais.

Le poids de la hausse des prix pourrait déclencher un repli de la consommation, a déclaré Richard F. Moody, économiste en chef de Regions Financial Corp. Les dépenses de consommation ont ralenti en février, augmentant de 0,2 % par rapport à janvier, mais elles restent fortes, avec une hausse de 13,7 % par rapport au même mois en 2021.

«Il y a un élément de choc des prix lorsque les gens font le plein ou vont à l’épicerie. Les ménages à revenus faibles et moyens doivent déjà faire des choix sur ce qu’ils achètent parce qu’ils doivent payer beaucoup plus pour la nourriture et l’énergie», a déclaré Richard Moody.

Source WJS

Vacciné et boosté, le directeur de la CIA testé positif au Covid-19

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Le directeur de la CIA, William Burns, 65 ans, a été testé positif au COVID-19 lors d’un test PCR de routine, a annoncé l’agence de renseignement américaine ce jeudi dans un communiqué. Burns a vu pour la dernière fois le président Joe Biden mercredi matin «lors d’une réunion où l’on a respecté la distanciation sociale, et il portait un masque N-95. Leur interaction n’est pas considérée comme un contact étroit tel que défini par les directives du CDC» rassure la CIA.

Le directeur de la CIA, William Burns, rejoint un nombre croissant de personnes dans les hautes sphères du gouvernement américain à avoir été testées positives récemment, écrit Axios. L’attachée de presse de la Maison Blanche, Jen Psaki, a été testée positive la semaine dernière, et sa principale adjointe, Karine Jean-Pierre, l’a été dimanche.

Dans son communiqué l’agence de renseignement indique que Burns, qui est «entièrement vacciné et ayant reçu les boosts complémentaires» contre le virus, a présenté des «symptômes légers». Il «continuera à exercer ses fonctions» depuis son domicile et «prévoit de retourner au bureau après avoir été isolé pendant cinq jours et avoir été testé négatif».

Burns a tout récemment vu le président Joe Biden lors d’une réunion socialement distante mercredi matin, au cours de laquelle Burns portait un masque N-95, selon la CIA.

«Leur interaction n’est pas considérée comme un contact étroit tel que défini par les directives du CDC, et le directeur Burns partage la nouvelle de son test positif par souci de transparence», a déclaré la CIA.

«J’ai hâte de retourner au bureau dès que possible», a déclaré M. Burns dans ce communiqué.

William Burns, âgé de 65 ans, est un diplomate chevronné qui a fait carrière pendant plus de trois décennies dans la politique étrangère des États-Unis. Il a occupé divers postes de haut niveau au département d’État sous plusieurs administrations, le plus récent étant celui de secrétaire d’État adjoint de l’ancien président Barack Obama.

Burns est le dernier haut fonctionnaire de l’administration à avoir été testé positif au Covid-19 ces derniers jours.

Puneet Talwar, diplomate de guerre d’Obama, candidat au poste d’ambassadeur de Washington à Rabat

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La Maison Blanche s’est enfin décidée de nommer un ambassadeur au Maroc, depuis le départ de Dwight L. Bush la veille de l’investiture de Donald Trump. En effet, le Président Joe Biden a annoncé ce vendredi son intention de nommer Puneet Talwar au poste d’Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire des Etats-Unis auprès du Royaume du Maroc. Un diplomate chevronné connu pour être le diplomate de guerre de Barack Obama et qui avait collaboré avec Biden alors qu’il était vice-président des États-unis. Dans la foulée le président américain a choisi un ancien des «Marines», spécialiste de l’Irak et de lutte contre le terrorisme.

Le Président américain Joseph R. Biden Jr. a annoncé vendredi son intention de nommer Puneet Talwar au poste d’Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire des Etats-Unis auprès du Royaume du Maroc.

Dans un communiqué, la Maison Blanche a déclaré que Puneet Talwar a occupé des postes de haut niveau en matière de sécurité nationale et de politique étrangère au Département d’Etat, à la Maison Blanche et au Sénat des Etats-Unis.

Puneet Talwar est actuellement conseiller principal au département d’État. Auparavant, il a occupé les fonctions de secrétaire d’État adjoint aux affaires politico-militaires, d’assistant spécial du président et de directeur principal au Conseil national de sécurité, ainsi que de membre du personnel professionnel principal de la commission des relations extérieures du Sénat des États-Unis.

Talwar a également occupé des postes clés à la Chambre des représentants des États-Unis et au Policy Planning Staff du département d’État.

Le diplomate de guerre d’Obama

Puneet Talwar a été nommé secrétaire d’État adjoint pour le Bureau des affaires politico-militaires le 9 avril 2014, sous le président Barak Obama. Sa nomination est survenue deux mois avant l’annonce de Daech du « rétablissement du califat » dans les territoires sous le contrôle en Irak et en Syrie, de l’adoption de nom d’« État islamique » et de la proclamation de son chef, Abou Bakr al-Baghdadi, « calife et successeur du prophète de l’Islam.

Durant le mandat Obama, le secrétaire adjoint Talwar a géré plusieurs composantes essentielles de la politique étrangère des États-Unis, notamment le maintien des relations du département d’État en matière de sécurité mondiale, la fourniture d’une assistance internationale en matière de sécurité, la négociation d’accords internationaux en matière de sécurité et la mise en œuvre de l’initiative d’Obama de réforme du contrôle des exportations.

Le future ambassadeur de Washington à Rabat a été également le principal agent de liaison du département d’État avec le département de la défense. De 2009 à 2014, Talwar a occupé le poste d’assistant spécial du président et de directeur principal pour l’Irak, l’Iran et les États du Golfe au Conseil national de sécurité de la Maison Blanche.

De 1995 à 1999 et de 2001 à 2008, Talwar a été le conseiller principal pour le Moyen-Orient du vice-président Biden au sein de la commission des affaires étrangères du Sénat. Il a également fait partie du personnel de planification politique du département d’État de 1999 à 2001 et a été conseiller en politique étrangère à la Chambre des représentants.

En dehors du gouvernement, il a été Senior Fellow à l’Asia Society Policy Institute, chercheur invité au Penn Biden Center de l’Université de Pennsylvanie, conseiller de l’ONG de résolution des conflits Inter Mediate et chercheur non résident au Center for Security Studies de l’Université de Georgetown.

Talwar a obtenu un B.S. en ingénierie de l’université Cornell et un M.A. en affaires internationales de l’université Columbia. Il est membre du Council on Foreign Relations et est originaire de Washington, DC.

Dans la foulée, Biden propose Timmy Davis au poste d’ambassadeur auprès du Qatar

Joe Biden a également annoncé son intention de nommer Timmy Davis, au poste d’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire auprès de l’État du Qatar.

Timmy T. Davis, membre de carrière du Senior Foreign Service avec le grade de conseiller, a récemment occupé le poste d’assistant exécutif du secrétaire d’État. Avant cela, Davis a été consul général des États-Unis à Basrah et dans le sud de l’Irak. Ses missions à l’étranger incluent Guatemala City au Guatemala ; Najaf en Irak ; Canberra en Australie ; et Bogota en Colombie.

Ses affectations nationales comprennent un poste d’officier de surveillance principal au centre d’opérations du département d’État, un poste d’assistant spécial du secrétaire d’État, un poste de directeur pour l’Irak au Conseil national de sécurité, un poste de chef de cabinet adjoint de l’envoyé présidentiel spécial pour la lutte contre le terrorisme, un poste de conseiller principal du conseiller du département, un poste de chef de cabinet du sous-secrétaire aux affaires politiques et un poste de chef de cabinet par intérim du département d’État.

Timmy T. Davis, est titulaire d’un Distinguished Honor Award et de plusieurs Superior and Meritorious Honor Awards, a également reçu le Ryan C. Crocker Award for Outstanding Leadership in Expeditionary Diplomacy du département d’État, ainsi que le William R. Rivkin Award for Constructive Dissent de l’American Foreign Service Association.

Originaire de Virginie, Davis est lauréat de l’université de l’Alabama. Il a servi dans le corps des Marines des États-Unis pendant près de dix ans, notamment lors d’opérations dans la Corne de l’Afrique et en Irak, avant de rejoindre le service extérieur. Il parle espagnol et arabe.

Le Venezuela est l’allié de la Russie, mais est prêt à vendre du pétrole aux États-Unis

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Alors que de hauts responsables américains se sont rendus au Venezuela le week-end dernier pour discuter de la production pétrolière, le ministre vénézuélien des affaires étrangères, Felix Plasencia, a déclaré que de telles visites n’avaient «rien de nouveau», tout en exhortant les États-Unis à lever les «mesures unilatérales» prises contre son pays. Le ministre vénézuélien a affirmé également que Caracas était prête à vendre à nouveau du pétrole aux États-Unis, tout en restant «loyale» envers Moscou.

S’adressant à l’agence Anadolu en marge du forum diplomatique d’Antalya, le ministre vénézuélien des affaires étrangères Felix Plasencia a déclaré : «Le fait que des responsables américains se rendent au Venezuela pour parler de la production pétrolière est important. Toutefois, ce n’est rien d’absolument inédit ou nouveau, car nous faisons des affaires avec les Américains depuis longtemps.»

Soulignant que le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole et de gaz de la planète, Plasencia a déclaré que les exportations pétrolières de son pays avec les États-Unis sont «historiques».

«Nous n’avons jamais demandé aux entreprises américaines de quitter le pays», a-t-il ajouté. «Le président Nicolas Maduro a déclaré à plusieurs reprises que le Venezuela était prêt à accueillir les compagnies des hydrocarbures américaines pour qu’elles y investissent et développent des activités pétrolières.»

Plasencia a déclaré qu’il espère que les États-Unis respecteront la souveraineté et la légitimité du gouvernement vénézuélien et lèveront les sanctions contre le Venezuela.

«Le président Nicolas Maduro est le seul président légitime du Venezuela, et s’ils respectent cela, nous pouvons faire beaucoup de choses ensemble en ce qui concerne le commerce du pétrole», a-t-il souligné.

Les États-Unis ont rompu toutes les relations avec le Venezuela en 2019 et ont reconnu le chef de l’opposition pro-américaine Juan Guaido comme «président par intérim» à la place de Maduro.

Loyauté à la Russie ?

Sur la question de l’invasion russe contre l’Ukraine, Plasencia a déclaré que « le Venezuela est toujours pour la paix. Le Venezuela est membre d’un groupe qui vise à protéger la Charte des Nations Unies, et nous visons toujours à mettre la Charte des Nations Unies au premier plan, sur laquelle il y a est un grand consensus. Nous protégeons toujours le droit international, respectons les règles du droit international et les principes de l’opinion publique internationale ».

Soulignant qu’il considère la paix comme la seule voie à suivre, Plasencia a déclaré : « Nous sommes des alliés fidèles du gouvernement russe. Nous considérons Poutine comme un chef de gouvernement responsable, nous le respectons en tant que membre de la communauté internationale. . Nous croyons qu’il fera de son mieux pour son peuple».

«Nous devrions travailler pacifiquement avec la diplomatie au lieu des sanctions» a-t-il affirmé.

De hauts responsables américains se sont rendus au Venezuela la semaine dernière pour rencontrer le gouvernement de Maduro suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Le gouvernement américain a sanctionné l’industrie pétrolière russe en réponse au conflit, provoquant une hausse des prix du gaz aux États-Unis. Washington explore depuis les possibilités de se tourner vers le Venezuela comme fournisseur alternatif de pétrole brut pour agir sur la flambée des prix des hydrocarbures.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salman et le dirigeant de facto des Émirats arabes unis Mohamed ben Zayed auraient rejeté des appels téléphoniques avec le président américain Joe Biden qui souhaitait leur demander d’augmenter la production du pétrole pour agir sur la flambée des cours.

Flambée des prix du pétrole : Biden dos au mur, MBS et MBZ font la sourde oreille

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CNN a levé le voile ce vendredi, sur d’intenses et très discrètes manoeuvres diplomatiques d’une task force de l’administration Biden visant à contourner les relations exécrables entre le président américain et les princes héritiers, d’Arabie Saoudite et des E.A.U, dans le but de contenir la flambée des prix du pétrole suite à la guerre en Ukraine. Étant donné que les hydrocarbures représentent le talent d’Achille de l’alliance anti-russe, Joe Biden s’est retrouvé dos au mur quand Mohammed Ben Salmane a refusé de lui parler tout en se gardant d’influer sur l’OPEP pour augmenter la production mondiale. Au point que le locataire de la Maison Blanche s’est mis dans la tête de réhabiliter le régime de Maduro au Venezuela pour augmenter l’offre mondiale en énergie. Comme le président démocrate n’a pas encore montré de volonté à traiter «convenablement» MBS et MBZ, il n’est pas sur qu’il puisse compter sur leur soutien face à sa guerre personnelle en Ukraine.

CNN a publié un rapport ce vendredi où il est expliqué comment l’administration Biden s’intéresse discrètement aux relations avec l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis pour compenser la flambée des prix du pétrole.

Joe Biden a annoncé dés les premiers jours de sa nomination qu’il ne reconnaissait en Arabie saoudite que le roi Salmane. Assumant tout le MBS bashing des démocrates au sujet de l’affaire Khashoggi entre autres. Idem pour MBZ, dirigeant de facto des E.A.U, Biden le considère comme l’allié de Donald Trump. Il a d’ailleurs tout fait pour le mettre sur la touche au profit de son ennemi juré, Tamim Ben Hamad, l’émir du Qatar.

Mais l’évolution de la guerre en Ukraine a replacé ces deux pays au centre de l’échiquier mondial. Bien que les sanctions visant les hydrocarbures aient été délibérément écartées par Biden dans le but de protéger ses alliés occidentaux, en particulier ceux de l’Union européenne, contre les chocs déstabilisants des prix, les sanctions financières et logistiques ont ébranlé un marché où la Russie en est le deuxième exportateur mondial.

«Les producteurs russes, dans le sillage des sanctions, ont eu du mal à conclure de nouvelles commandes de pétrole, les acheteurs se rebiffent en raison de leur méfiance quant à l’étendue et à la portée des sanctions visant la banque centrale du pays et ses principales institutions financières» écrit CNN.

L’appel de Poutine à MBS vs l’appel de Biden au roi Salmane

Parmi les révélations de CNN, le refus de Mohammed ben Salmane de parler à Joe Biden. Le prince héritier a dit à la Maison Blanche : « Comment votre président ne reconnait que le roi Salmane, alors il n’a qu’à parler à mon père ». 

«Lorsque les responsables américains ont finalement abordé la possibilité d’un appel entre Biden et MBS fin janvier, les responsables saoudiens ont proposé à la place de mettre Biden au téléphone avec son père de 86 ans, le roi Salman, le dirigeant officiel du royaume – et la personne que Biden avait identifiée au début de sa première année comme son homologue direct» affirme CNN.

«Ce serait leur première conversation en 12 mois», souligne la même source.

Toujours, selon la chaine américaine, MBS, qui devait se rendre à Pékin pour les cérémonies d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver, a annulé son voyage pour pouvoir assister à l’appel téléphonique entre son père et Biden.

«Bien qu’il ne soit pas clair s’il était dans la pièce, MBS a écouté l’appel, mais n’a pas parlé» souligne CNN.

Le ministère chinois des affaires étrangères avait justifié l’absence du prince héritier saoudien à la cérémonie d’ouverture des JO  par des «raisons de calendrier».

CNN, citant les responsables de ces négociations, considère que cette prise de contact avec le roi Salmane a ouvert une fenêtre «sur une relation qui, tout en restant complexe, a montré des signes de stabilisation à un moment critique». 

Selon un responsable américain, la conversation du 9 février a porté sur la nécessité de garantir la stabilité de l’approvisionnement mondial en pétrole et a déclenché un voyage en Arabie saoudite de deux hauts responsables de Biden.

Trois jours plus tard, Brett McGurk et Amos Hochstein, les principaux émissaires de Biden pour la sécurité nationale et l’énergie dans la région, se sont rendus à Riyad, la capitale saoudienne, pour une réunion en tête-à-tête de plusieurs heures avec MBS et de hauts responsables saoudiens, dont le frère de MBS, le prince Abdel Aziz ben Salman, ministre de l’énergie du royaume.

«Nous n’avons pas demandé explicitement l’augmentation de la production du pétrole lors de cette réunion» ont précisé les deux responsables.

Contrairement à l’optimisme de ces négociateurs, d’autres responsables américains reconnaissent que les relations sont loin d’être aussi solides qu’elles l’étaient autrefois et qu’elles nécessiteront une attention plus soutenue de la part de l’administration Biden, écrit CNN.

Par ailleurs, le président russe Vladimir Poutine s’est entretenu par téléphone avec MBS et le cheikh Mohammed bin Zayed al Nahyan des Émirats arabes unis.

Poutine a clairement indiqué qu’il ne serait pas favorable à une augmentation de la production, qui se ferait en grande partie aux dépens de son pays.

Les membres de l’OPEP+ ont choisi de s’en tenir au calendrier d’approvisionnement convenu lors de leur réunion du 2 mars, une décision qui n’a pas surpris les responsables américains à l’époque.

Pourtant, les retombées économiques qui ont suivi ont entraîné une rupture d’approvisionnement tangible. Les entreprises mondiales du secteur de l’énergie ayant boudé la Russie, même si sa production de pétrole s’est maintenue, une grande partie de ces barils russes n’a pas été commercialisée.

L’administration Biden sous pression

Au début de la semaine, les États-Unis ont pris l’initiative d’interdire les importations de pétrole russe aux États-Unis, ce qui ne représente qu’une petite partie des exportations totales de la Russie, mais constitue une autre mesure qui a jeté un froid sur le marché et contribué à faire monter les prix.

Il s’agit d’une réalité douloureuse qui a mis en lumière des mois d’efforts discrets, mais urgents, des responsables américains pour obtenir une augmentation de la production d’énergie de la part de l’industrie et des pays du monde entier.

Dirigée par Hochstein, l’envoyé du département d’État pour l’énergie, et McGurk, cette action a consisté en des contacts au Moyen-Orient, en Asie et en Afrique du Nord, ainsi qu’en des discussions intensives avec les producteurs américains.

Au fur et à mesure que la hausse des prix se poursuivait, la nature discrète de ces efforts a fait place à une communication publique directe.

«Nous voulons davantage d’approvisionnement en pétrole dans le monde», a déclaré Daleep Singh, conseiller adjoint de Joe Biden pour la sécurité nationale, chargé de l’économie internationale.

«Nous voulons que cela vienne des producteurs qui ont des capacités de constituer des réserves». Singh a explicitement noté que l’Arabie saoudite était l’un de ces producteurs.

Par ailleurs, des responsables de Biden ont eu, ce mois ci, des entretiens diplomatiques au Venezuela, pays riche en pétrole, bien que l’administration ait depuis minimisé l’idée d’une augmentation de la production de ce pays lourdement sanctionné.

De plus, l’éventualité d’un accord nucléaire imminent avec l’Iran pourrait éventuellement relancer une vague de pétrole iranien sanctionné sur le marché, mais cela n’est pas considéré comme une solution à court terme par la Maison Blanche.

En réalité, la majeure partie de la capacité pétrolière de réserve envisagée par les responsables américains de l’énergie provient du Moyen-Orient. Les responsables et les acteurs du marché estiment que le moyen le plus rapide de mettre le plus de pétrole sur le marché est d’augmenter la production de l’Arabie saoudite en particulier.

Pour cela, les responsables américains sont conscients qu’ils doivent s’attaquer aux relations très tendues entre le président Joe Biden et le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane, le dirigeant de facto du royaume. Depuis les premiers jours de l’administration Biden, les Saoudiens se sont sentis personnellement lésés par ce qu’ils disent avoir été la décision du président de calibrer toute la relation autour du meurtre en 2018 du journaliste du Washington Post Jamal Khashoggi.

«Il est difficile d’arriver à une bon résultat sans traiter avec MBS», a expliqué un responsable américain à CNN. «Il n’y a pas d’autre moyen de le faire».

Test de résistance de MBZ

«Les Émirats arabes unis font partie de ces producteurs qui disposent de capacités pétrolières inutilisées. Mais c’est aussi un allié traditionnel qui entretient des relations de plus en plus tendues avec les États-Unis depuis l’entrée en fonction de Biden» affirme CNN.

Le pays s’est senti particulièrement lésé par les États-Unis lorsqu’il n’a pas bénéficié d’un soutien massif après l’attaque meurtrière par drone perpétrée en janvier aux Émirats arabes unis par les Houthis soutenus par l’Iran, a expliqué un responsable américain.

Ils craignent également qu’un éventuel nouvel accord sur le nucléaire iranien soit trop faible renforçant la nuisibilité du Corps des gardiens de la révolution islamique.

Quand Biden a envoyé ses principaux collaborateurs en Arabie saoudite, son coordinateur pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord au Conseil de sécurité nationale a fait une halte aux Émirats arabes unis. McGurk a mis l’accent sur le Yémen, notamment en soulignant le soutien des États-Unis à la défense territoriale du pays contre les attaques de missiles et de drones menées par l’Iran, indique CNN.

Il est à rappeler que les Émirats arabes unis se sont abstenus lors de l’adoption d’une résolution par les États-Unis visant à condamner l’invasion de l’Ukraine par la Russie au Conseil de sécurité des Nations unies, en grande partie en raison de la frustration suscitée par le Yémen.

L’ambassadeur émirati à Washington Yousef Al Otaiba s’est plaint de la dynamique instable dans les déclarations publiques de la Maison Blanche, notant que la relation entre son pays et l’administration Biden «connait des jours où la relation est très saine et des jours où la relation est remise en question».

«Aujourd’hui, nous traversons un test de résistance, mais je suis convaincu que nous nous en sortirons et que nous arriverons à un meilleur endroit», a-t-il ajouté.

Les déclarations du diplomate sur le volonté des E.A.U d’augmenter la production du pétrole, nuancées dans la foulée par son ministre de l’énergie ont eu un effet de yoyo sur les marchés.

«Les Émirats arabes unis sont attachés à l’accord OPEP+ et à son mécanisme d’ajustement mensuel de la production», a déclaré Suhail Al Mazrouei sur Twitter dans ce qui semble être un effort pour rassurer les autres membres.

La prochaine réunion de l’OPEP+ est prévue pour le 31 mars.

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