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Conjoncture

Les Pays-Bas se déclarent officiellement en «pénurie d’eau»

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Les Pays-Bas entrent dans une troisième semaine de pénurie d’eau officielle, à la suite d’un été exceptionnellement sec et des températures dépassant à nouveau les 30 degrés. Pour y faire face, le gouvernement néerlandais travaille sur une gestion intelligente de l’eau et la sauvegarde des digues.

Le 2 août, le gouvernement néerlandais a officiellement déclaré le pays en « pénurie d’eau ». De violentes vagues de chaleur ont frappé une grande partie de l’Europe le mois dernier, suscitant des appels à redoubler d’efforts pour lutter contre le réchauffement climatique, qui, selon les scientifiques, rend les périodes de chaleur extrême plus fréquentes et plus meurtrières.

L’annonce du gouvernement néerlandais ne s’est pas accompagnée pas d’interdictions majeures, car les stocks d’eau potable ne sont pas menacés. Toutefois, comme les deux tiers de la population néerlandaise vivant sous le niveau de la mer, les sécheresses peuvent rapidement devenir un problème aigu aux Pays-Bas, entraînant l’envasement des rivières et entravant la circulation de l’eau.

L’Etat compte sur la prise de conscience des habitants pour éviter les gaspillages. Toutefois, au niveau local, les interdictions d’utiliser les eaux de surface à des fins agricoles se multiplient. Car l’eau diminue à vue d’œil.

Les grands utilisateurs d’eau, tels que les industries sidérurgique et chimique et les fabricants de produits alimentaires, n’ont pas encore dû interrompre leur production, mais ils pourraient bientôt rejoindre les secteurs de la navigation et de l’agriculture et subir les conséquences de la sécheresse, a déclaré à l’AD Roy Tummers, porte-parole de l’institut des eaux industrielles VEMW.

Assèchement des voies navigables

L’assèchement des digues pose un autre problème, car beaucoup d’entre elles ont besoin du poids de l’eau elle-même pour rester solides.

«Depuis plusieurs semaines, nous constatons que les Pays-Bas sont de plus en plus secs en raison de l’évaporation dans notre propre pays et du très faible débit des rivières en provenance de l’étranger», a déclaré Michele Blom, de l’agence nationale des travaux publics et de la gestion de l’eau, chargée de superviser un groupe de travail sur la sécheresse.

En ce moment, les barges sur le Rhin inférieur – une voie importante pour le transport du charbon de Rotterdam vers les aciéries et les producteurs d’électricité allemands – fonctionnent à moins de la moitié de leur capacité.

Le ministère néerlandais des infrastructures et des transports a déclaré qu’à partir de mardi, l’eau s’écoulait dans le Rhin à 850 mètres cubes par seconde à Lobith, la ville orientale où il entre aux Pays-Bas, «exceptionnellement bas pour la période de l’année».

L’IJselmeer, un grand lac artificiel d’eau douce situé dans le nord du pays qui a été creusé dans la mer du Nord au 20e siècle, est raisonnablement rempli et peut fournir de l’eau à la province de Groningue.

Cependant, les niveaux des eaux souterraines baissent et «sont très bas dans certains endroits du sud», a déclaré le ministère, ce qui entraîne la prolifération d’algues et la mort de poissons.

Appels à la vigilance pour l’utilisation de l’eau potable

Les districts de distribution d’eau néerlandais appellent la population à l’économie d’eau potable. Les provinces méridionales de Zeeland et de Limburg demandant à la population de ne pas utiliser les eaux de surface pour l’arrosage.

La baisse des niveaux d’eau augmente la température et la teneur en sel de l’eau, ce qui peut entraîner la corrosion et l’usure des installations, en particulier dans les provinces occidentales où la salinisation devient un problème.

La température de l’eau est un autre problème potentiel. Si l’eau est trop chaude, les entreprises peuvent ne pas être autorisées à libérer l’eau qu’elles ont utilisée pour le refroidissement, ce qui peut également entraîner des pertes de production.

Bloomberg : L’Europe se dirige droit vers une pénurie de diesel

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Malgré une nette détente du prix du pétrole ces derniers jours, l’Europe se dirige droit vers une pénurie de diesel et de ses dérivés, notamment le fioul, alerte Bloomberg. L’hiver commence déjà à pointer le bout de ses froides menaces dans les esprits des européens.

Les expéditions de carburant de type diesel en provenance des pays de l’ex-Union soviétique devraient diminuer ce mois-ci, ce qui pourrait compliquer une situation d’approvisionnement déjà chaotique en Europe, rapporte Bloomberg.

Les exportations de gasoil et de diesel de la région devraient baisser de 4 % en août par rapport au mois précédent, selon la société d’analyse du commerce pétrolier maritime Petro-Logistics SA. Une grande partie – sinon la totalité – de l’offre proviendra de Russie, un important fournisseur de ces carburants, en particulier pour l’Europe.

Faiblesse des niveaux d’eau des voies navigables

Les faibles niveaux d’eau sur la voie fluviale cruciale du Rhin entravent les flux de diesel et d’autres produits de base vers l’Europe intérieure. Le continent a récemment connu plusieurs pannes de raffineries, planifiées ou non, et les gouvernements ont récemment déclaré qu’ils allaient libérer du pétrole des réserves stratégiques pour soutenir l’offre.

En novembre prochain, les stocks de carburant de type diesel dans le nord-ouest de l’Europe devraient atteindre leur niveau le plus bas depuis au moins le début de 2011. Cela se passera quelques mois avant l’entrée en vigueur de l’interdiction par l’Union européenne des importations maritimes en provenance de Russie, qui est actuellement le principal fournisseur extérieur du continent. Les stocks dans les entrepôts indépendants de la plateforme pétrolière Amsterdam-Rotterdam-Anvers sont actuellement à leur plus bas niveau saisonnier depuis au moins 2008.

Les exportations prévues ce mois-ci en provenance des pays de l’ex-Union soviétique font suite à un mois de juillet «fort» et sont en hausse de 8 % par rapport à l’année précédente, a déclaré à Bloomberg Daniel Gerber, directeur général de Petro-Logistics.

La société estime les flux de Primorsk – le principal port russe pour l’expédition de diesel à l’étranger – à 1,15 million de tonnes ce mois-ci. Cela représente environ 280 000 barils par jour, soit peu de changement par rapport aux prévisions de juillet.

Le diesel, pillier des économies de l’Europe du Nord-Ouest

Le diesel est capital pour le fonctionnement des économies de l’Europe du Nord-Ouest. Pour une partie de son parc automobile, bien sûr, mais également pour le chauffage (fioul) ou pour alimenter nombre d’industries et d’usines en énergie, rappelle Thomas Burgel.

Or, le stock sur lequel le continent est assis est dangereusement bas, alors même que les fournitures d’électricité, de gaz, de charbon et de pétrole ne sont pas garanties, dans un contexte de tensions internationales sur l’énergie, de difficultés techniques du nucléaire, en France notamment, de guerre de la Russie en Ukraine et des sanctions et embargos qui en découlent.

«Le stress énergétique européen est tel que Londres commence à se préparer à des black-outs et coupures au creux de l’hiver et –exemple curieux parmi d’autres angoisses plus classiques– que les crématoriums allemands s’inquiètent» écrit le journaliste.

Les spéculations découragent le stockage

L’essor du Trading en ligne de ces dernières années, a poussé le marché à se tourner vers les marchés à terme. Relativement faciles d’accès, entièrement négociables en ligne et ne nécessitent pas de capital conséquent.

Le volume sur ces marchés sont devenus tellement importants qu’ils influent sur le comportement des investisseurs et des stockeurs des hydrocarbures. Aujourd’hui, ces marchés connaissent un phénomène nommé «backwardation», ou «déport», lors duquel le prix d’un contrat à terme est inférieur au prix au comptant.

Les traders se voient ainsi découragés de constituer des stocks, puisque le bien qu’ils échangent perdra de la valeur dans les mois qui viennent. L’hiver arrive, et il risque donc d’être particulièrement rude pour l’Europe.

L’effondrement de l’immobilier en Chine risque d’aggraver le choc économique

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L’effondrement de l’immobilier en Chine est une réalité. S&P Global Ratings estime qu’environ 20 % des promoteurs chinois risquent l’insolvabilité. La construction étant à l’arrêt, les propriétaires ne voient pas d’autre solution que de ne plus payer leurs emprunts. Une crise inédite qui entraîne dans son sillage à la fois les banques et les gouvernements provinciaux, ce qui risque d’avoir un impact plus important sur la deuxième plus grande économie du monde.

Les défauts de paiement se sont multipliés au cours des 12 derniers mois dans le secteur immobilier chinois, après que le modèle de croissance des promoteurs, basé par l’endettement, se soit effondré.

La crise trouve son origine dans la décision du gouvernement chinois d’imposer en 2021 des restrictions drastiques sur les prêts hypothécaires et l’accès des promoteurs au financement. Sachant que le secteur était sous la pression des fermetures liées à la politique chinoise du zéro COVID.

Les ventes de logements neufs se sont contractées de 27 % sur l’année en volume au cours du semestre janvier-juin 2022. Selon la société de recherche immobilière China Index Academy, les ventes de juillet ont chuté de 13 % par rapport à juin et de 27 % par rapport à l’année précédente dans 100 grandes villes chinoises.

L’effet de cette crise commencent à se faire sentir auprès des banques. Les prêts au secteur immobilier représentent 26 % de l’encours total des prêts en Chine, contre 21 à 22 % au Japon au plus fort de la bulle immobilière dans ce pays. Le pourcentage de prêts non productifs détenus par les quatre grandes banques d’État chinoises a augmenté de plus d’un point de pourcentage en 2021 pour atteindre 3,8 %.

De nombreux propriétaires cessent de rembourser leur prêt immobilier

Les promoteurs immobilier en Chine n’ont pour l’instant livré qu’environ 60% des logements pré-vendus entre 2013 et 2020, rapporte l’AFP, citant la banque Nomura. Incapables d’obtenir des liquidités, de nombreux promoteurs ont ainsi interrompu leurs projets de construction.

«Près de 4 % des nouvelles constructions vendues au cours des quatre années précédant juin 2022 ont connu des problèmes», a estimé Yan Yuejin, de l’institut de R&D E-house China, basé à Shanghai.

Ce qui complique davantage les affaires des professionnels du secteur, est cette tendance générale des acheteurs d’arrêter le paiement des prêts et par la pression venue du gouvernement – soucieux de stabilité sociale – afin de livrer au plus vite les appartements aux acheteurs.

En Chine, les appartements neufs sont le plus souvent vendus avant leur construction. Alors quand un promoteur est incapable d’achever les travaux, c’est l’acheteur qui se retrouve lésé. Cela a conduit à une véritable «crise de confiance» dans le marché immobilier, estime dans un récent rapport Andrew Batson, analyste du cabinet Gavekal Dragonomics.

La Chine est aujourd’hui sous le coup d’une grève des prêts hypothécaires, les acheteurs de plus de 300 projets inachevés refusent désormais d’effectuer leurs paiements. Cela aura un impact sur 900 milliards de yuans (133 milliards de dollars), soit 1,7 % de l’encours de la dette immobilière.

Afin d’éviter l’instabilité du secteur financier, la Chine devrait injecter 320 milliards de yuans dans le système bancaire cette année. Une partie de ces fonds provient des émissions d’obligations d’infrastructure des gouvernements locaux qui ont été redirigées vers les banques.

Les gouvernements locaux n’ont pas une assise financière solide.

Alors que les allègements fiscaux grugent leurs recettes, les autorités locales en sont venues à dépendre fortement des revenus tirés de la vente de droits d’utilisation de terrains appartenant à l’État à des promoteurs. Les recettes des ventes de terrains ont dépassé les recettes fiscales en 2020 pour la première fois dans les données remontant à 2010.

Mais les promoteurs à court d’argent ne peuvent pas se permettre d’acheter des terrains pour de nouvelles propriétés résidentielles. Les revenus fonciers des gouvernements locaux ont chuté de 31 % sur l’année au premier semestre 2022, et devraient baisser sur l’ensemble de l’année pour la première fois en sept ans. La pression exercée sur le secteur a également touché les revenus des taxes foncières.

Cette perte de revenus a fait des ravages. S&P Global estime que jusqu’à 30 % des collectivités locales pourraient se trouver dans une situation financière suffisamment grave à la fin de l’année pour nécessiter des mesures correctives telles que des réductions de dépenses.

Un fonds immobilier pour recapitaliser le secteur

Selon Reuters, le gouvernement chinois envisage de créer un fonds immobilier de 300 milliards de yuans (45 milliards de dollars) pour aider les promoteurs à accéder aux capitaux. Mais «c’est clairement trop peu», a déclaré une source du Parti communiste.

L’immobilier a été un moteur essentiel de l’économie chinoise au cours des deux dernières décennies. Selon Kenneth Rogoff, professeur à l’université Harvard, l’immobilier et les activités connexes représentent aujourd’hui environ 29 % du produit intérieur brut, contre moins de 10 % à la fin des années 1990. Ce chiffre est à comparer aux niveaux de 20 % ou moins aux États-Unis, en Europe et au Japon.

L’économiste estime qu’une diminution de 20 % des investissements liés à l’immobilier, au sens large, pourrait réduire le PIB de la Chine de 5 à 10 %. L’immobilier et la construction représentent plus de 15 % des emplois urbains, ce qui constitue une source potentielle d’instabilité du marché du travail.

Lorsque la Chine a subi un krach boursier en 2015, la robustesse des dépenses de consommation a permis de relancer l’économie. Mais les consommateurs semblent aujourd’hui davantage axés sur l’épargne en réponse à une longue frilosité sur le marché du travail. Les dirigeants chinois étant concentrés sur le congrès du Parti communiste qui se tiendra deux fois par décennie cet automne, une intervention politique majeure semble peu probable à court terme.

Les perspectives d’inflation aux États-Unis s’améliorent grâce à la baisse des prix à l’importation et à la hausse du moral des consommateurs

Les prix des importations américaines ont baissé pour la première fois en sept mois en juillet, aidés par la vigueur du dollar et la baisse des coûts du carburant. Les perspectives d’inflation à un an se sont améliorées en août. Les pressions sur les prix pourraient bien être parvenues à leur maximum.

Reuters

Aux États-unis, les prix à l’importation, qui excluent les droits de douane, ont baissé de 1,4 % le mois dernier après avoir augmenté de 0,3 % en juin, selon le département américain du travail vendredi.

Il s’agit de la plus forte baisse mensuelle depuis avril 2020 et elle dépasse la baisse de 1,0 % attendue par les économistes dans un sondage Reuters. Sur les 12 mois jusqu’en juillet, les prix à l’importation ont gagné 8,8% après une hausse de 10,7% en juin, marquant la quatrième baisse mensuelle consécutive du taux annuel.

Ce rapport fait suite à d’autres indications timides, en début de semaine, qui ont montré que l’inflation a finalement cessé de croître. Les prix à la consommation aux États-Unis sont restés inchangés en juillet en raison d’une forte baisse du coût de l’essence, après avoir augmenté de 1,3 % en juin, bien que les pressions sous-jacentes sur les prix soient restées élevées. Les prix à la production ont également diminué le mois dernier en raison de la baisse des coûts de l’énergie.

«La baisse des prix à l’importation et des prix à la production confirme la thèse selon laquelle l’économie a dépassé le pic d’inflation », a déclaré Jeffrey Roach, économiste en chef de LPL Financial.

La Réserve fédérale étudie la possibilité de relever son taux directeur de 50 ou 75 points de base lors de sa prochaine réunion des 20 et 21 septembre, alors que la banque centrale américaine s’efforce de contenir la demande dans l’ensemble de l’économie et de ramener l’inflation à son objectif de 2 %. La Fed a augmenté son taux directeur de 225 points de base depuis mars.

Forte baisse des prix des importations et des exportations américaines

Les prix des carburants importés ont chuté de 7,5 % le mois dernier, après une hausse de 6,2 % en juin. Les prix du pétrole ont diminué de 6,8 %, tandis que le coût des denrées alimentaires importées a baissé de 0,9 %, soit la plus forte baisse sur un mois depuis novembre 2020 et la troisième baisse mensuelle consécutive.

En excluant les carburants et les denrées alimentaires, les prix à l’importation ont baissé de 0,5 %. Ces prix à l’importation dits de base ont diminué de 0,6 % en juin. Ils ont augmenté de 3,8 % en glissement annuel en juillet. La force du dollar américain contribue à contenir les prix des importations de base.

Le dollar a gagné environ 10 % par rapport aux monnaies des principaux partenaires commerciaux des États-Unis depuis le début de l’année.

Les prix à l’exportation ont baissé de 3,3 % en juillet après une accélération de 0,7 % en juin. Les prix des exportations agricoles ont diminué de 3,0 %, la baisse étant due à la diminution des prix du soja, du blé et du coton.

Les prix des exportations non agricoles ont baissé de 3,3 %. Les prix à l’exportation ont augmenté de 13,1% sur une base annuelle en juillet, après avoir augmenté de 18,1% en juin.

Semaine baissière pour le pétrole

Selon ZoneBourse, les prix de l’or noir s’établissent aux alentours des 95 USD le baril pour le Brent (97 USD) mais également pour le WTI (92 USD). Soit une chute de l’ordre de 30 USD depuis les pics de juin. Cette baisse, souligne l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE), s’explique principalement par une augmentation de l’offre. Avec une moyenne de 100,5 millions de barils par jour en juillet, nous atteignons les plus hauts niveaux depuis janvier 2020, soit juste avant le début de la pandémie. Pourtant la demande reste soutenue. L’agence ayant révisé à la hausse son estimation pour 2022, de 380.000 barils par jour, pour la porter à 99,7 mb/j.

Amélioration du moral des consommateurs.

Selon une enquête de l’Université du Michigan, le moral des consommateurs américains s’est encore amélioré en août, après avoir atteint son plus bas niveau au début de l’été, et les perspectives d’inflation à court terme des ménages américains se sont de nouveau assouplies en raison de la forte baisse des prix de l’essence.

La lecture préliminaire de l’indice global du sentiment des consommateurs pour le mois d’août s’est établie à 55,1, contre 51,5 le mois précédent. Il avait atteint un niveau record de 50 en juin.

Le résultat préliminaire d’août est supérieur à la prévision médiane de 52,5 des économistes interrogés par Reuters.

Les prévisions d’inflation à un an de l’enquête sont tombées de 5,2 % à 5,0 %, leur niveau le plus bas depuis six mois, tandis que les perspectives d’inflation à cinq ans de l’enquête ont légèrement augmenté de 2,9 % à 3 %, restant dans la fourchette qui a prévalu l’année dernière.

Roi Mohammed VI : «Il faut combattre, ceux qui n’oeuvrent qu’à la réalisation de leurs profits personnels»

Il était très attendu ce discours royal de la fête du trône de cette année. Dans le strict respect de la Constitution et des prérogatives dévouées au Gouvernement et aux institutions, le Souverain a choisi ce rendez-vous annuel, pour appeler à la lutte contre l’avidité de certains acteurs économiques du pays. Il faut dire que les marocains attendaient avec impatience l’arbitrage du Roi Mohammed VI au sujet de toute cette polémique qui entoure les prix du carburant.

Dans son discours prononcé ce samedi 30 juillet 2022, le Roi Mohammed VI s’est attardé sur le sujet qui occupe la planète entière et les marocains en particulier : la cherté des denrées alimentaires et la hausse vertigineuse des prix des carburants.

Après avoir rappelé les décisions que sa Majesté a prises pour atténuer l’impact de cette vague mondiale de hausse des prix sur les marocains, à savoir :

  • le lancement programme national pour atténuer l’impact de la sécheresse sur les agriculteurs et sur la population rurale,
  • l’allocation des crédits importants à la subvention de certains produits de base,
  • le dédoublement du budget alloué en 2022 à la Caisse de compensation.

le Roi Mohammed VI a appelé «à la consolidation des mécanismes de solidarité nationale, à la lutte déterminée et responsable contre les spéculations et la manipulation des prix».

Nous appelons à la consolidation des mécanismes de solidarité nationale, à la lutte déterminée et responsable contre les spéculations et la manipulation des prix.

Roi Mohammed VI – 30 juillet 2022

Toujours concernant la conjoncture socio-économique, le Roi Mohammed VI a engagé le gouvernement, les acteurs politiques et économiques à oeuvrer davantage pour drainer plus d’investissements, stimuler les exportations et promouvoir le produit national.

Toutefois, le souverain a mis en garde contre «l’avidité et la recherche du profit personnel», un phénomène qui met dans le plus grand péril le développement du pays.

«De fait, le plus grand péril pour le développement du pays et pour la promotion des investissements réside dans les entraves dressées à dessein par certains pour préserver leurs propres intérêts et réaliser des profits personnels», a signifié le Roi Mohammed VI dans son discours.

«Ces agissements doivent être combattus» a-t-il ordonné.

Massive et soudaine «contestation digitale» contre la cherté de l’essence

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En quelques heures, alors que le feu ravageait plusieurs hectares de forêts au nord du pays, les réseaux sociaux se sont embrasés, jeudi soir, par un mouvement de contestation aussi soudain qu’inédit par son ampleur. Le buzz s’est manifesté par trois hashtags : #7dh_Gazoil, #8dh_Essence et … #Dégage_Akhannouch. C’est la deuxième fois en cette année, que le Chef du Gouvernement et propriétaire de la plus grande société d’hydrocarbures du Maroc est cible d’une campagne exigeant son départ. La particularité de ce dernier mouvement est l’utilisation exclusive de la langue française et la raison du #Dégage_Akhannouch est plus explicite: la baisse du prix à la pompe.

Les cours du pétrole ont conclu en forte baisse jeudi 14 juillet 2022, lestés par les craintes de récession alimentée par les récentes données et prévisions sur les taux d’inflation dans les pays occidentaux, toujours à des niveaux historiques. Une tendance baissière des hydrocarbure entamée depuis le mois de juin et qui ne cesse de se confirmer.

Dans la matinée, le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, perdait 2,21% à 97,37 dollars. Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain, pour livraison en août, glissait quant à lui de 2,76% à 93,64 dollars.

La Commission européenne a abaissé jeudi ses prévisions de croissance dans la zone euro pour 2022 et 2023, à respectivement 2,6% et 1,4%, contre 2,7% et 2,3% anticipés jusqu’ici. L’inflation a atteint des plus hauts historiques. La hausse des prix à la consommation étant estimée à 7,6% en 2022 et 4% en 2023, contre 6,1% et 2,7% précédemment, selon les prévisions de l’UE.

Mercredi 13 juillet, la publication de l’indice des prix à la consommation (CPI) aux États-Unis en juin a renforcé la perspective d’une hausse agressive des taux d’intérêt par la banques centrale américaine pour ralentir l’économie américaine, affirment des analystes.

Cette baisse significative des cours du pétrole se fait ressentir dans tous les pays du monde sauf au Maroc. Et pour cause, le gouvernement du pays est dirigé par le magnat des hydrocarbures local, Aziz Akhannouch. Ce dernier, est sous le coup d’un rapport alarmant du Conseil de la concurrence accusant son conglomérat Afriquia SMDC et le français TotalEnergies, entre autres, d’avoir participé à une entente portant sur la fixation des prix et le partage de marché dans le secteur.

Le Chef du gouvernement est également accusé par son prédécesseur, Abdelilah Benkirane, de faute morale. Akhannouch aurait profité de la réforme de la Caisse de compensation pour quadrupler ses marges dans les hydrocarbures, en puisant directement des poches des citoyens.

Empêtré jusqu’au coup, Akhannouch ne trouve rien d’autre à faire que de s’en prendre au Ministère de l’intérieur

Depuis son installation à l’automne 2021, Aziz Akhannouch et son gouvernement est empêtré dans un immobilisme ridicule, qui commence à nuire à l’image du pays et à sa stabilité.

Akhannouch et beaucoup de ses ministres transparents ont créé de l’incertitude, du flottement et un attentisme fatal. Car l’incertitude devant nombre de défis nationaux et internationaux génère tergiversations, scepticisme et précarité.

Sans l’exceptionnelle vision stratégique du Souverain et les actions diplomatiques déployés, depuis 2013, par Nasser Bourita sous l’oeil vigilant de Fouad Ali El Himma, propulsant le Maroc au centre de la géostratégie mondiale, sans l’exceptionnel bouclier sécuritaire établit par Abdellatif Hammouchi, qui a mis fin à toute les convoitises des prédateurs européens et algériens, sans l’exceptionnelle réussite sportive de Fouzi Lekjaa et de la mécanique puissante de l’Etat, canalisant l’énergie des jeunes et moins jeunes et enfin sans les exceptionnelles rigueur, solidité, sérieux, discipline et compétence des équipes du ministère de l’Intérieur et à leur tête Abdelouafi Laftit, Aziz Akhannouch n’aurait pas tenu une semaine à la tête du gouvernement.

Malgré cet état de fait, Aziz Akhannouch, un milliardaire aux pieds d’argile, n’a pas trouvé mieux que de focaliser toute sa frustration de ses échecs à répétions et de son impopularité sur le Ministère de l’Intérieur.

Selon les indiscrétions qui filtrent depuis des mois, Abdelouafi Laftit et l’ensemble de ses équipes se sont vite rendus compte de l’incompétence de certains ministres et l’avidité et l’inutilité des élus du parti du Chef du Gouvernement.

Paraît-il, devant l’incompétence ahurissante d’une ministre du gouvernement Akhannouch, M. Laftit excédé, n’aurait pas mâché ses mots. En pleur, elle se serait plainte au Chef du Gouvernement. Ce dernier, n’a pas hésité un moment pour appeler le ministre de l’intérieur pour le «sommer» sèchement de ne plus s’adresser à ses ministres.

Quand aux élus du RNI, le plus grand scandal de gestion communal est à chercher du côté de Casablanca. Mohamed Boussaïd, ex-wali de la même ville et ex-ministre des Finances limogé par le Roi Mohammed VI, s’est érigé, sans aucune attribution officielle comme le véritable patron de la capitale économique. Nabila Rmili, la mairesse ne fait que de la figuration. Quant à son mari, promoteur immobilier, faisait la pluie et le beau temps dans le Conseil de la ville, jusqu’au moment où un ancien élu de l’ancienne garde du parti du Chef du Gouvernement, s’insurge contre la «mafia de ses néo-collègues du RNI». Dans une vidéo postée sur Facebook, Mohammed Hadadi a appelé les élus de son parti de «dégager leurs entreprises de la ville de Casablanca».

Massive et soudaine «contestation digitale» contre la cherté de l’essence et Aziz Akhannouch

Trois hashtags, #7dh_Gazoil, #8dh_Essence et #Dégage_Akhannouch, ont soudainement et massivement envahit ce jeudi, les murs Facebook et les timelines Twitter des marocains.

Les internautes ne comprenant toujours pas pourquoi le gouvernement n’impactait pas les baisses successives des cours du pétrole sur les prix à la pompe, se sont insurgés en grand nombre. La «demande populaire digitale» a été plus explicite que celle du mouvement de février dernier : rétablissement du prix de sept dirham le litre pour le gasoil et de huit dirham le litre pour l’essence.

Les statistiques de la campagne font état de plus de 220.000 publications sur Facebook et de 11.000 publications sur Twitter. Le reach, le nombre de personnes ayant reçu des impressions d’une publication, se compte en plusieurs millions.

Analytics Facebook : 220.000 publications au vendredi 15 juillet au matin

Analytics Twitter : 50% des tweets ne mentionnent pas #Dégage_Akhannouch

Analytics Twitter : 88% des tweets proviennent de jeunes de moins de 34 ans

Analytics Twitter : Un wording très virulent

Les leaders d’opinion poussés à se joindre au mouvement

Tard dans la soirée du jeudi, les leaders d’opinion sur les réseaux sociaux n’ont pas le choix que se joindre au mouvement. Les plus visibles ont été Mayssa Salama Naji, Hamid El Mahdaouy et Khalid El Bekkari, en plus de quelques formations politique comme le PSU. Il faut dire que la vague était massive.

Forbes : Protestations contre l’inflation au Sri Lanka, en Albanie, en Argentine, au Panama, au Kenya, au Ghana – Combien de temps avant qu’elles ne touchent les États-Unis ?

Forbes a publié, ce lundi 11 juillet, un article alarmant sur le mouvement massif de protestation populaires qui ont émergé ces derniers jours sur presque tous les continents du globe. La baisse du pouvoir d’achat est arrivé à un point où les ménages n’arrivent plus à suivre la hausse brutale des prix de l’énergie et des denrées alimentaires. Le journal s’interroge sur le temps qui reste aux États-unis avant d’être gagné par le même phénomène.

Le Sri Lanka n’est pas le seul pays où les budgets des ménages sont tendus jusqu’au point de rupture. Dans de nombreux pays, l’inflation élevée a augmenté le coût de la vie, et les protestations éclatent à un rythme rapide.

Sri Lanka

Au Sri Lanka, l’inflation a atteint 54,6 % en juin, tandis que la banque centrale a relevé ses taux d’intérêt à 15,5 %. Cela signifie que les travailleurs sri-lankais perdent leurs économies à la seconde, tandis que les remboursements de dettes ont augmenté, mettant à mal le budget des ménages. Le gouvernement n’a pas honoré sa dette extérieure et le FMI a exigé qu’il augmente les impôts et combatte la corruption comme condition pour recevoir un prêt de sauvetage.

Albanie

Des milliers d’Albanais ont défilé à Tirana la semaine dernière, exigeant la démission du gouvernement en raison de la corruption présumée et d’une augmentation massive des prix à la consommation. La banque centrale albanaise a annoncé une augmentation de 1,25 % des taux d’intérêt, alors que l’inflation officielle de juin était de 6,7 %.

Argentine

Des milliers d’Argentins ont défilé à Buenos Aires la semaine dernière pour protester contre la hausse du coût de la vie. Avec des taux d’intérêt directeurs de 52 % et une inflation de 60,7 % en mai, les manifestants ont exhorté le gouvernement à démissionner tout en rejetant les prêts du FMI qui s’accompagnent de conditions toujours plus dures pour les citoyens.

Panama

Les manifestations contre le gouvernement du Panama ont commencé le 1er juillet, exigeant du gouvernement de résoudre le problème du coût élevé de la vie dans le pays. Les manifestants réclament une hausse des salaires, une baisse des prix des produits de base et la suppression des goulets d’étranglement dans la chaîne d’approvisionnement. Alors que l’inflation reste faible dans ce pays fortement monétaire, les problèmes de la chaîne d’approvisionnement mondiale ont eu un impact sur les recettes du canal de Panama, réduisant les recettes et les projections du gouvernement.

Kenya

Le coût des denrées alimentaires de base est monté en flèche au Kenya et des centaines de manifestants ont défilé samedi à Nairobi, exhortant le gouvernement à réduire les prix des denrées alimentaires. Les manifestants ont affirmé que le coût élevé de la vie était dû aux emprunts excessifs de l’État et à la corruption endémique. Le taux d’inflation officiel du Kenya est de 7,91 %, tandis que les taux d’intérêt sont de 7,50 %.

Ghana

Les Ghanéens sont descendus dans la rue en juin pour protester contre le coût élevé de la vie. Le gouvernement a pu négocier un renflouement par le FMI après que l’inflation ait atteint 27,6 % et que l’augmentation des taux d’intérêt à 19 % n’ait pas semblé fonctionner. L’économie ghanéenne a flirté avec une crise de la dette en raison d’emprunts excessifs.

La guerre en Ukraine alimente une crise alimentaire mondiale

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La Russie et l’Ukraine représentent ensemble environ un quart de la production mondiale de blé. Il n’est donc pas surprenant que la guerre qu’elles mènent actuellement bouleverse l’offre mondiale.

Alors que la demande mondiale post-pandémique, les conditions météorologiques extrêmes, le resserrement des stocks alimentaires, les prix élevés de l’énergie, les goulets d’étranglement de la chaîne d’approvisionnement et les restrictions et taxes à l’exportation mettent le marché alimentaire à rude épreuve depuis deux ans, la convergence récente de tous ces facteurs à la suite de l’invasion de la Russie est sans précédent et a fait monter en flèche les taux d’inflation alimentaire dans le monde entier.

En Europe, l’indice des prix à la consommation des denrées alimentaires a fortement augmenté dans toutes les grandes économies du continent, tandis qu’aux États-Unis, l’IPC a grimpé de plus de 14 points de pourcentage depuis janvier 2020.

Dans les pays en développement et les marchés émergents, l’évolution de l’indice est encore plus dramatique, laissant les consommateurs face à des prix beaucoup plus élevés pour les denrées alimentaires de base essentielles.

Les exemples les plus extrêmes ont vu l’inflation alimentaire augmenter de plusieurs centaines de points. Le Liban, un pays qui dépend fortement des importations alimentaires, y compris la plupart de son blé en provenance d’Ukraine, a vu l’indice des prix augmenter de plus de 3 000 points de pourcentage depuis 2020.

La dynamique est assez simple du côté ukrainien : avec de larges pans de la partie orientale du pays occupés par les forces russes et une grave pénurie de main-d’œuvre qualifiée alors que les Ukrainiens partent au front, quelque 20 à 30 % des terres agricoles ukrainiennes ne seront pas plantées ou récoltées cette année, selon les estimations de la FAO. Par exemple, on estime qu’environ 50 % des terres où l’on plante normalement du blé d’hiver sont désormais occupées par la Russie, de même qu’environ 40 % des terres à seigle.

Les retombées ne se limitent pas aux exportations de blé. L’Ukraine est également un grand producteur d’huile de tournesol, qui représente environ 50 % du marché mondial, la Russie étant également un acteur important avec une part de marché de 25 %. L’huile de tournesol représente environ 13 % du marché mondial des huiles végétales, et certains États africains sont très dépendants des huiles importées, à savoir la Namibie (100 % de l’approvisionnement importé), le Botswana (100 %), Madagascar (90,9 %), le Gabon (88,6 %), l’Algérie (84,7 %) et l’Éthiopie (81,7 %).

Younes Sekkouri chef de file d’un «Manifeste politique» nord africain de l’emploi

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Younes Sekkouri, ministre de l’Inclusion économique est l’hôte d’une conférence régionale sur « le futur de l’emploi et le rôle de l’entrepreneuriat et des TPME » en Afrique du Nord. Ministres égyptiens, marocains et tunisiens, experts nationaux et internationaux et ambassadeurs se réunissent durant deux jours, le 7 et 8 juin, à Rabat pour analyser les changements structurels du marché du travail en Afrique du Nord, accélérés ces derniers temps par la révolution numérique et la pandémie de Covid-19.

Initié par Younes Sekkouri et en partenariat avec le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), une conférence régionale de grande envergure a démarré ce mardi 7 juin à Rabat. La conférence, à laquelle participent plusieurs experts et ministres de l’Égypte, du Maroc et de la Tunisie a pour thématique: « Le futur de l’emploi et le rôle de l’entrepreneuriat et des TPME ». Dans un contexte international de crise et après deux années de pandémie, l’employabilité et l’autonomisation des jeunes et la relance des activités des petites entreprises sont au coeur des préoccupation des gouvernements et des politiques publiques aussi bien pour les économies émergentes que les économies matures.

Le coup d’envoi des travaux de la conférence a été fait ce matin par une plénière conduite par Younes Sekkouri, Ministre de l’Inclusion économique, des Petites entreprises, de l’Emploi et des Compétences, Nadia Fettah Alaoui, Ministre de l’Économie et des Finances et Achraf Tarsim, Représentant Résident Maroc (BAD).

Plusieurs invités de marques ont répondu présents à cette rencontre :

  • Myriam Dossou-D’Almeida, Ministère du développement local, de la jeunesse et de l’emploi, Togo,
  • Dr Nivine Gamea, Ministre du Commerce et de l’Industrie et directeur exécutif de l’Agence des micro, petites et moyennes entreprises (MSMEDA), Égypte,
  • Dr Rania El Mashaat, Ministre de la Coopération Internationale, Égypte,
  • Toyin Adeniji, Directrice exécutive Micro-entreprises, Bank of Industry, Nigeria,
  • Férihane Korbi Boussofara, Directrice générale de l’Agence nationale pour l’emploi et le travail indépendant (ANETI), Tunisie,
  • Tarek Shash, Directeur exécutif adjoint, Agence pour les micro, petites et moyennes entreprises (MSMEDA), Égypte,
  • Anouar Gaddour, Membre du bureau exécutif, Union générale tunisienne du travail (UGTT), Tunisie,
  • Salim M. AlMalik, Directeur général de l’Organisation islamique mondiale pour l’éducation, les sciences et la culture (ICESCO),
  • Jesper Kammersgaard, Ambassadeur du Danemark, Maroc,
  • Edward A. Cristow, Représentant Résident, Programme des Nations unies pour le développement (PNUD)

Tous les hauts responsables de l’écosystème de l’inclusion financière marocain ont également pris part à cet événement :

  • Mohamed Dardouri, Wali – Coordinateur de l’Initiative nationale de développement humain (INDH),
  • Mohamed Achiq, Directeur général de l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC),
  • Hicham Zanati Serghini, Directeur général de Tamwilcom,
  • Mohamed Idrissi, Chef de la Division du financement sectoriel et de l’inclusion financière, Direction du Trésor et des Finances extérieures (DTFE) du ministère de l’Économie et des Finances (MEF),
  • Ait El Habti Fatima Ezzahra, Chef de division, Plateformes technologiques et clusters, ministère du Commerce et de l’Industrie.

Un « Manifeste politique » à la clé

La conférence aboutira à la signature d’un « Manifeste politique » pour définir les contours des
politiques publiques qui permettront aux trois pays d’Afrique du Nord, le Maroc, l’Égypte et la Tunisie de créer un nombre suffisant d’emplois décents dans les années à venir.

Il s’agit d’une déclaration politique de haut niveau pour la région, décrivant les éléments clés d’une stratégie générale visant à créer des emplois de qualité en facilitant l’émergence d’opportunités entrepreneuriales et en mobilisant les investissements privés pour soutenir l’expansion des TPME. Le document sera rédigé avant la conférence en consultation avec les homologues gouvernementaux et les principaux partenaires au développement.

La préparation de cette conférence et du « Manifeste politique » a été conduite de concert avec
les différents partenaires au développement : l’Agence de coopération internationale allemande
pour le développement (GIZ), l’Agence française de développement (AFD), la Banque mondiale, la Banque européenne de reconstruction et de développement (BERD) et l’Organisation internationale du travail (OIT).


Ahmed Charaï : Face à la crise, Akhannouch doit s’engager «plus personnellement» dans la recherche d’investisseurs

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L’économie mondiale est en crise. La plus grave du genre depuis la Seconde Guerre mondiale. Elle a trouvé naissance avec la crise financière de 2008, pour s’amplifier avec le Covid et s’intensifier avec le choc de la guerre en Ukraine. Face à cette conjoncture exceptionnelle qui fait vaciller les économies les plus stables, l’action de l’exécutif marocain est jugée par bon nombre d’observateurs «d’improductive». Dans son dernier éditorial, Ahmed Charaï s’est préoccupé du fait que le gouvernement reste davantage sous l’emprise de la politique politicienne que mobilisé pour résorber le chômage et améliorer le quotidien des gens.

L’économie mondiale est désormais sur le pied de guerre. Exacerbée par un militarisme croissant, la crise économique ne ressemble pas à une autre depuis la Seconde Guerre mondiale. Tous les voyants sont au rouge écarlate: inflation record, crises alimentaires et énergétiques mondiales, perturbations de la chaîne d’approvisionnement…

Une situation que rappelle Ahmed Charaï dans son dernier édito paru sur «L’Observateur du Maroc & d’Afrique» : «La pandémie a déstructuré les circuits d’approvisionnement ; le cycle inflationniste, très violent, fait vaciller les économies réputées les plus stables. La peur d’une récession n’est pas un fantasme, la conjonction de plusieurs phénomènes, chute de la consommation, renchérissement des matières premières etc…peuvent impacter négativement l’économie mondiale».

Alors que les défis colossaux de cette conjoncture inédite pèsent sur toute la planète, M. Charaï constate que la réponse des États démocratiques a été des choix claires et assumés de politiques économiques.

Pour illustrer ses propos, l’éditorialiste cite les choix économiques qui se sont imposés comme le principal déterminant du jeu politique dans deux grands pays du G20, la France et l’Australie.

«Alors que des observateurs mettaient en avant des sujets comme l’émigration, l’insécurité, c’est sur la question du pouvoir d’achat que se sont jouées les élections en France», souligne M. Charaï. Quand aux travaillistes australiens, pour conquérir le pouvoir de l’ile-continent, «ils ont proposé une relance par le soutien de la demande et le renforcement des services publics» a-t-il poursuivit.

L’analyse de l’éditorialiste aboutit à la conclusion que «l’économie s’impose désormais comme le sujet principal de l’action politique et élague la politique politicienne qui paraît de plus en plus éloignée des préoccupations des citoyens, d’une jeunesse de plus en plus exigeante et bien informée».

La transition est toute faite par l’analyste pour aborder le cas Maroc.

Appel du pied au «capitaine d’industrie» Aziz Akhannouch

M. Charaï n’a pas caché sa préoccupation quand à la fragilité de la situation socio-économique des «couches populaires» et la posture improductive du gouvernement Akhannouch, affichée jusqu’à ce jour.

«L’inflation, même maîtrisée, érode le pouvoir d’achat, surtout des couches populaires.» s’est-il alarmé.

Et d’ajouter : «L’exécutif a des atouts. Il devrait les jouer pleinement pour renforcer l’attractivité du pays au lieu de s’enfermer dans les schémas de basse politique et se soustraire à ces méandres médiocres et improductifs».

M. Charaï estime que l’économie doit primer sur le reste. A ce propos, il fustige les mesures courtermistes prises par le gouvernement, dépouillées de toute stratégie d’investissement.

«Les réponses conjoncturelles, bien que nécessaires, ne peuvent être l’alpha et l’oméga des politiques publiques. C’est l’investissement qui est la clé de l’émergence, de la création d’emplois et donc de l’amélioration du niveau de vie.» a-t-il écrit.

Et de poursuivre : « le Chef du Gouvernement, fort de sa stature de capitaine d’industrie, ce qui est une force et non une tare, doit s’engager plus personnellement dans la recherche d’investisseurs. Il serait utile au pays dans cette posture ».

La conclusion du plaidoyer d’Ahmed Charaï sonne comme une piqûre de rappel sur les conséquences politiques de l’inefficacité économique du gouvernement Akhannouch : «Au final, ce gouvernement sera jugé sur sa capacité à résorber le chômage et améliorer le quotidien des gens. Le reste n’est que palabre sans intérêt réel pour les citoyens.»

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