Câbles

L’Australie révoque à nouveau le visa de Djokovic, annulant la décision du tribunal

L’Australie a révoqué le visa de Novak Djokovic pour la deuxième fois, annulant une décision de justice qui avait temporairement contrecarré la tentative du gouvernement fédéral d’expulser la star du tennis non vaccinée.

Bloomberg & New York Times

Novak Djokovic, la star serbe du tennis, a vu son visa révoqué pour la deuxième fois par les autorités australiennes vendredi, quatre jours après avoir remporté une victoire juridique qui l’a libéré d’une détention par les services de l’immigration, ajoutant un nouvel épisode dans le feuilleton interminable de à son refus de se faire vacciner contre le Covid-19.

Le ministre australien de l’Immigration, Alex Hawke, a exercé ses pouvoirs personnels pour annuler la décision de justice, quelques jours avant que le numéro un mondial masculin ne se batte pour une 21e victoire en Grand Chelem, un record, à l’Open d’Australie. Le visa a été révoqué pour des raisons de « santé et de bon ordre» et parce qu’il était dans l’intérêt public de le faire, a-t-il déclaré dans un communiqué vendredi.

Une enquête fédérale menée par Hawke avait révélé que Djokovic avait fourni de fausses informations sur les documents qu’il avait remis aux agents frontaliers lorsqu’il avait tenté d’entrer dans le pays la semaine dernière.

Ces documents ne mentionnaient pas que Djokovic, qui vit à Monte Carlo, avait voyagé entre la Serbie et l’Espagne au cours des 14 jours précédant son arrivée en Australie.

Dans un message publié sur les médias sociaux mercredi, Djokovic a reconnu les erreurs commises et a répondu aux questions concernant ses déplacements dans les jours précédant et suivant son test positif au coronavirus le 16 décembre. Ce résultat lui a permis d’obtenir une exemption des autorités sanitaires de l’État de Victoria pour participer à l’Open d’Australie.

Légalement, le ministre de l’immigration australien, précise le New York Times, peut annuler un visa pour des motifs de moralité ou s’il constate que des documents sont faux, ou encore s’il estime que le bénéficiaire du visa présente un risque pour la santé ou la sécurité. Hawke a pris sa décision alors que l’Australie fait face à sa pire crise de coronavirus.

En décidant de révoquer le visa de Djokovic une deuxième fois, le gouvernement australien a montré qu’il considérait son expulsion comme une priorité nationale, au risque de s’attirer des critiques internationales pour ce qui ressemblera pour certains à de l’opportunisme politique avant une élection et à un refus d’accepter une défaite juridique.

Un infirmier arrêté en Italie pour avoir prétendu donner des vaccins à des patients en échange d’argent

Un infirmier italien a été arrêté pour avoir fait semblant d’injecter des vaccins COVID-19 à au moins 50 personnes en échange d’un pot-de-vin, selon la police italienne.

La police d’Ancône, sur la côte est italienne, a filmé un infirmier au travail dans l’immense centre de vaccination de la ville et affirme qu’il a jeté le contenu de l’aiguille avant de faire semblant d’injecter le bras du patient.

L’homme, dont le nom n’a pas été révélé, aurait prétendu faire des injections à au moins 45 personnes, mais aurait en fait jeté le vaccin dans la poubelle.

Quatre complices présumés ont également été assignés à résidence après que la police a révélé au grand jour un système qui permettait aux anti-vaxxers de payer pour recevoir leur pass vaccinal sans recevoir les vaccins.

Pour décrocher le pass vaccinal sans se faire piquer, il fallait payer environ 400 euros. Un artifice qui a permis à l’infirmier et ses complices de se faire un pactole de plus de 18 000 euros.

Les suspects sont accusés de corruption, de falsification d’informations et de détournement de fonds, et le gaspillage d’une «ressource publique fondamentale».

Cette affaire survient après que l’Italie a annoncé une série de nouvelles restrictions liées au coronavirus. Le pass sanitaire est devenu obligatoire aux italiens pour accéder aux transports publics, cafés, hôtels, salles de sport et d’autres activités quotidiennes.

L’Italie, où l’épidémie a fait son apparition en Europe en février 2020, a vacciné 86 % de sa population de plus de 12 ans et a administré des rappels à environ 60 % des personnes éligibles.

Fraudes au Pass sanitaire, une affaire de grand banditisme

L’obligation du pass vaccinale appliquée dans les pays d’Europe. a donné lieu à diverses escroqueries permettant aux anti-vaxxers de contourner le système. En effet, sur Internet on peut trouver des pass vaccinaux provenant de divers pays, dont le Portugal, la France et le Royaume-Uni.

Selon la police italienne, des groupes de criminalité organisée sont à l’origine de certaines de ces escroqueries qui affirment avoir des contacts au sein des systèmes de santé nationaux qui sont en mesure de modifier les bases de données.

Procès pour corruption : Netanyahu échoue de négocier une peine sans case prison

La presse israélienne révèle ce mercredi, que l’ancien premier ministre israélien empêtré dans plusieurs affaires de corruption, a entamé des négociations de peine avec le procureur général. Netanyahu ne veut ni emprisonnement, ni disgrâce. Selon le quotidien Maariv, les pourparlers ont échoué.

Ces dernières semaines, des contacts ont eu lieu entre Benjamin Netanyahu et le bureau du procureur de l’État au sujet d’un accord de négociation de peine dans le procès contre l’ancien Premier ministre, affirment plusieurs sources médiatiques israéliennes. Les discussions entre les représentants des deux parties se sont déroulées dans le plus grand secret et ont duré plusieurs semaines.

Le quotidien Maariv a affirmé que les pourparlers ont échoué en raison du refus de Netanyahu de céder sur ses conditions notamment retirer de la a condamnation la reconnaissance complète de la culpabilité et de la faute morale, ainsi que la peine de prison avec sursis assortie d’une amende substantielle, que le procureur général aurait exigé. Un tel aveu rendrait l’ancien Premier ministre inéligible à la fonction publique pendant plusieurs années, et pourrait mettre fin à sa carrière politique.

La même source indique que Netanyahu avait délibérément entamé ces négociations, pensant faire pression sur le procureur général Avichai Mandelblit. Netanyahu tablait sur le fait que Mandelblit, qui était disposé à l’écouter, souhaitait terminer son mandat avec un «casier vierge» et que le court délai avant son départ à la retraite pourrait exercer la pression nécessaire à la conclusion d’un accord.

Avichai Mandelblit part en effet en retraite le 1er février, après six ans dans le poste, et a exclu tout de prolongement de son mandat malgré l’absence de remplaçant, affirme The Time of Israël.

Suite à ces révélations, le bureau du procureur de l’État a déclaré qu’il ne ferait pas de commentaire spécifique sur cette affaire.

«Par principe, nous ne répondons pas aux questions concernant les conversations avec les avocats de la défense, qu’elles aient eu lieu ou non. Cela ne confirme ni ne dément rien de ce qui a été allégué», peut-on lire dans la déclaration.

Ce n’est pas la première fois que Netanyahu tente de conclure un accord pour empêcher ou mettre fin à son procès. En 2019, il aurait sollicité une grâce présidentielle en vertu de laquelle il se verrait accorder la clémence par le prochain Premier ministre s’il devait quitter son poste et la scène politique, souligne The Time of Israel.

De quoi Netanyahu est-il accusé ?

Affaire 1000 – Affaire dite des cadeaux :

Netanyahu est accusé d’avoir reçu de cadeaux des hommes d’affaires Arnon Milchen et James Packer pour une valeur d’environ 225.000 dollars, alors qu’il était Premier ministre. Les principaux cadeaux étaient des cigares, des caisses de champagne et des bijoux.

En contrepartie Netanyahu a agi en faveur de Milchen dans trois affaires, dans lesquelles l’homme d’affaires a demandé son intervention :

  • il a approché le secrétaire d’État américain John Kerry pour prolonger son visa,
  • il a approché le ministre des Finances Yair Lapid pour prolonger l’exemption d’une taxe pour les résidents de retour au pays,
  • il a œuvré à la promotion d’une fusion entre les chaînes de télévision «Keshet» et «Reshet» – ostensiblement à la demande de Milchen.

Selon l’action en justice, ces actes ont porté atteinte à l’image du service public et à la confiance de la population à son égard.

Dans cette affaire, Netanyahu est accusé de fraude et d’abus de confiance.

Affaire 2000 – Affaire dite Netanyahu-Mozes :

L’affaire porte sur les pourparlers entre Netanyahu et l’éditeur du Yedioth Ahronoth, Arnon « Noni » Mozes pour acheté le soutien du plus puissant quotidien de l’Etat hébreu. C’est Mozes qui aurait proposé le deal.

Le Parquet aurait proposé un compromis évitant au puissant patron du Yediot Aharonot d’écoper d’une peine de prison, tout en exigeant que le terme de corruption figure dans ce compromis, ce que Mozes a refusé. Le Parquet ne peut céder sur ce point, car cela viderait de leur contenu les accusations portées contre l’ex-Premier ministre dans ce dossier traitant des relations entre presse et pouvoir, a écrit l’Observateur en janvier 2017.

D’un autre côté, le médiateur serait convaincu que Netanyahu n’avait pas l’intention de conclure l’accord de corruption, mais qu’il a poursuivi les discussions avec Mozes pour améliorer sa couverture dans le groupe Yedioth.

Dans cette affaire, Netanyahu est accusé de fraude et d’abus de confiance.

Affaire 4000 – Affaire dite Bezeq-Walla :

L’affaire la plus grave pour le Premier ministre concerne des avantages réglementaires d’une valeur de plusieurs centaines de millions de shekels, que Netanyahu aurait accordés à Elowitz. En retour, selon l’acte d’accusation, Elovich a agi pour fausser la couverture du site Web Walla ! qui était sous son contrôle.

Dans cette affaire, Netanyahu est accusé de corruption.

On a travaillé pour la première fois le vendredi aux Émirats arabes unis

Ça n’a pas été simple pour les émiratis ce premier vendredi de la nouvelle année. Le passage au week-end à l’occidental du samedi au dimanche pour le secteur public a été accueilli par beaucoup avec exaspération surtout que plusieurs entreprises privées ont maintenu l’ancien calendrier.

Le jour de la prière hebdomadaire a toujours été un jour libre aux Émirats arabes unis, qui avaient auparavant observé un week-end du jeudi au vendredi jusqu’en 2006 pour passer depuis au vendredi-samedi.

Mais devant la concurrence directe et frontale de l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis ont décidé, le mois de décembre de l’année écoulée, de passer au week-end à l’occidental pour le secteur public. Laissant le choix au privé d’opter ou pas pour ce nouveau calendrier.

L’entrée en vigueur de cette décision a été prévue pour ce premier vendredi de l’année 2022. Les émiratis, salariés, écoliers et étudiants se sont donc réveillés aujourd’hui pour rejoindre leurs emplois ou leurs établissements universitaires et scolaires.

Si la matinée a démarré normalement et dans le calme, à l’appel de la prière de midi, la pression dans les grands artères du pays commençait à se faire sentir.

Les mosquées sont apparues très fréquentées, les fidèles portant des tapis de prière arrivant comme d’habitude, avant que beaucoup d’entre eux ne retournent ensuite au bureau.

«Je préférerais prendre [le vendredi] en congé», a déclaré au Guardian, la Britannique Rachel King, 22 ans, qui travaille dans l’industrie hôtelière et vit à Dubaï depuis six mois. «C’est ce que nous connaissons et aimons tous – avoir un vendredi de congé et aller dans certains endroits qui sont ouverts et où nous pourrions faire des choses. Mais maintenant, ce sera le samedi».

Les organismes publics et les écoles fonctionnent quatre jours et demi par semaine, et ferment à midi le vendredi pour une heure de prière.

Plus de 50% du secteur privé compte passer au week-end à l’occidental

Sur 195 entreprises interrogées par le cabinet de conseil en ressources humaines Mercer, seules 23 % s’apprêtaient à suivre la semaine de quatre jours et demi, mais plus de la moitié passeraient aux week-ends du samedi au dimanche.

«Heureusement, j’ai les mêmes jours de congé que mes enfants, mais ce n’est pas le cas de mon mari», a déclaré Fati, qui travaille dans une entreprise de distribution internationale. «Il travaille pour une multinationale qui n’a pas changé ses horaires pour le moment. J’espère qu’ils le feront rapidement, sinon notre vie de famille sera ruinée

Près d’un tiers des entreprises s’inquiètent de l’impact d’un décalage avec les autres pays de la région, selon le sondage Mercer.

«Nous travaillons beaucoup avec l’Égypte et l’Arabie saoudite», a déclaré Rana, employée d’une société d’événementiel, qui a précisé que certaines de ses équipes devraient travailler le dimanche.

L’heure de prière du vendredi a été fixée désormais à 13h15 toute l’année à Dubai et Abu Dhabi

Les prières du vendredi dans les mosquées d’Abu Dhabi et de Dubaï ont eu lieu à 13h15 aujourd’hui, conformément à la nouvelle semaine de travail. L’heure a été déplacée d’environ une heure.

Habituellement, les prières du vendredi commencent entre midi et 12h30 en fonction de la saison, mais l’horaire a été modifié récemment, précise le journal émirati The National. L’objectif de ce changement et de donner aux fonctionnaires le temps d’assister aux prières du vendredi dans une mosquée.

Un changement que l’émirat de Sharjah n’a pas adopté, préférant garder l’horaire des prières avant l’entrée en vigueur des changements du nouveau week-end.

Dubaï, inhabituellement calme

A Dubaï, le quartier financier était inhabituellement calme ce vendredi, un grand nombre de personnes travaillent à distance, surtout avec la résurgence du variant Omicron et de nombreux enfants suivent un enseignement en distanciel, rapporte The Guardian.

Cependant, au moment de la prière, des appels en été lancé sur Instagram pour conseiller les dubaïotes d’éviter les grandes artères en raison des bouchons occasionnés par les voitures des fidèles.

Journée bizzare

«Aujourd’hui, c’est le premier vendredi travaillé, ça fait un peu bizarre», a déclaré Ahmad Bilbisi, 34 ans, employé de banque. «Cela me semble logique, du moins pour le secteur bancaire. Nous travaillons désormais le même jour que tout le monde dans le monde.»

Le nouvel arrangement a été un point de discussion majeur sur les médias sociaux, avec un utilisateur de Twitter se plaignant : «C’est tellement injuste.»

«Mon corps et mon esprit se sont totalement acclimatés au fait d’avoir des vendredis de congé. Je pense qu’aujourd’hui va être une longue et dure lutte», ont-ils ajouté.

Sharjah, un émirat voisin de Dubaï, a trouvé une solution simple : rendre obligatoire le vendredi, le samedi et le dimanche comme un week-end de trois jours.

Israël abandonne la liste des pays rouges et autorise les voyages aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Turquie

Israël a mis fin aux restrictions sur les voyages internationaux, en vigueur depuis minuit entre jeudi et vendredi, ouvrant le ciel aux voyageurs des États-Unis et d’autres pays.

Le directeur général du ministère de la Santé israélien, Nachman Ash, a annoncé jeudi que la liste des pays « rouges » interdits de vol a été annulée dans la nuit du 6 au 7 janvier.

Avec la résurgence du variant Omicron et afin d’éviter un retour au confinement, Israël avait imposé à ses citoyens l’interdiction de voyager aux États-Unis, en Grande-Bretagne, aux Émirats arabes unis, au Maroc, en Turquie, en Suisse, en Éthiopie, en Tanzanie, au Mexique, au Danemark, en Espagne, en Finlande, en France, en Irlande, en Norvège et en Suède.

Toutefois, le responsable israélien annonce que les cas quotidiens continueront à battre les records précédents dans les jours à venir, atteignant 30 000 en trois jours et 50 000 en une semaine.

De son côté, le Premier ministre Naftali Bennett a averti les responsables de la santé qu’ils devaient se préparer à recevoir 4 000 patients dans un état grave, bien que les experts estiment que le chiffre probable se situe entre 1 000 et 2 500.

Par ailleurs, le gouvernement israélien a également décidé dimanche de mettre fin au système de restriction des écoles par feux tricolores afin d’alléger la charge des enseignants et des élèves. Désormais, même si cas contact, les enfants vaccinés avec test antigénique négatif continuent d’aller en classe, même s’ils sont cas contact. « Fermer les écoles est une catastrophe », affirme le ministère de la Santé israélien.

Israël est déjà un pays rouge

«Nous ne croyons pas en l’immunité collective, des personnes qui ont été infectées par le variant Delta ont été de nouveau infectées par Omicron. Nous n’avons aucune donnée qui nous permette de dire que l’immunité collective avec Omicron nous protégerait, personne n’a dit que ce serait le dernier variant ou la dernière vague» a déclaré le coordinateur de la lutte contre le coronavirus en Israël, le Pr Salman Zarka, sur i24NEWS.

«Israël est déjà un pays rouge donc nous ne pouvons pas interdire aux Israéliens de se rendre dans les pays rouges, c’est pour cette raison que nous avons décidé d’annuler la liste des pays rouges», a-t-il affirmé.

Test PCR que pour les plus de 65 ans

A partir de ce vendredi est entrée en vigueur une décision du gouvernement israélien de limiter l’accès automatique au PCR aux seuls personnes âgées de plus de 60 ans, non vaccinés et immunodeprimés. Une décision qui vient en réponse à la surcharge des centres de tests, qui ont vu cette semaine, des files d’attentes impressionnantes de plusieurs heures.

«Pour surmonter cette vague Omicron, nous avons besoin que les citoyens prennent les meilleures mesures pour préserver leur santé. Dans une situation de pandémie plus aiguë, nous ne pouvons pas permettre à toute la population d’avoir accès aux tests PCR», a déclaré le Pr Salman Zarka à i24News.

«Nous considérons que la population à risque et de plus de 60 ans devrait avoir accès aux tests PCR, les autres pourront faire des tests antigéniques ou à domicile,» a-t-il conclu, ajoutant que les personnes qui le nécessitent pourront ainsi bénéficier du traitement anti-viral de Pfizer.

Source : i24 et Times of Israel

Maître Gims s’invite à la campagne présidentielle française

Alors que la campagne présidentielle française s’articule autour du thème de «L’art de vivre français !» et ceux de l’identité, du grand remplacement, de l’islam et de l’immigration, le chanteur à succès «Maître Gims», grand ami du Maroc, se jette dans l’arène à sa manière, en poussant un coup de gueule inattendu sur son compte Snapchat ! L’interprète du tube «Bella» a demandé aux musulmans de ne plus lui souhaiter la bonne année. Les propos de Gims ont désarçonné les candidats à la présidentielle. Ils ont mesuré à juste de titre l’impact politique et l’influence du chanteur sur une large partie des français, surtout auprès des jeunes.

«Salafiste», «Tablighiste», «fondamentaliste à la carte», «communautariste», les critiques et les attaques contre le célèbre chanteur et rappeur d’origine congolaise fusent de tous les plateaux télés, les émissions de radios et les articles de presse en France. Maître Gims intentionnellement ou pas s’est immiscé, sans crié gare, dans le débat politique électrique du début d’année.

Dans une story Snapchat, sauvegardée et diffusée largement par la presse et les politiques, Maître Gims s’est adressé le 1er janvier 2022 à ses fans, en tenant les propos suivants :

«S’il vous plaît, avec les bonne année, Nouvel An, laissez-moi avec ça, vous savez bien que je n’ai jamais répondu à ça, mais vous continuez à m’envoyer des bonne année tout le mois de janvier, février (…) C’est les muslims la plupart qui m’envoient ça. Est-ce que les compagnons (du prophète) ont fêté le Nouvel An ? Non. Les gars, s’il vous plaît arrêtez». 

Puis, il a ajouté que cela valait aussi pour les anniversaires : «Je souffre avec ça. On ne fête pas ça parce que c’est comme ça. En plus, c’est un pas de plus vers la mort. Donc ça ne fait pas partie de nos convictions les muslims. Venez, on se concentre un petit peu sur nos trucs à nous. Ce n’est pas méchant. Mais restons quand même fort sur nos valeurs».

«Tous ceux qui font Thanksgiving etc, ils ne font pas l’Aïd. Noël etc, on respecte, mais ce ne sont pas nos fêtes» a-t-il conclut. 

Hormis les réactions de ses fans, les premiers politiques à réagir des propos de Maître Gims ont été le candidat Eric Zemmour et la ministre Marlène Schiappa. Les deux ont rappelé que l’artiste avait soutenu lors des régionales Valérie Pécresse.

Le candidat d’extrême droite Eric Zemmour a relevé la séquence et a écrit sur son compte Twitter : «Maître Gims, soutien de Valérie Pécresse, vous parle d’identité».

Lundi 3 janvier, invitée sur RMC, Marlène Schiappa n’a pas manqué l’occasion de tacler la candidate LR à la présidentielle, Valérie Pécresse. «Moi, je souhaite bonne année à tout le monde, y compris à Maître Gims, a-t-elle déclaré.

«Je suis ministre chargée de la Citoyenneté, je lutte contre la radicalisation, le séparatisme, une forme de communautarisme. On parle beaucoup de vivre ensemble (…) ça peut commencer par des formules de politesse, relativement anodines.» a-t-elle renchérit.

«J’ai appris dans une émission de télévision récemment que Maitre Gims était financé par la région Ile-de-France et qu’il avait apporté son soutien à Valérie Pécresse. Je demande aujourd’hui à Valérie Pécresse ce qu’elle pense de ces propos. Chacun sait ce que je pense de ce type de pratique. Je demande à Valérie Pécresse, qui est soutenue par Maitre Gims, de se prononcer.»

Schiappa a continué à marteler : «Maître Gims, c’est un artiste. Il est écouté, c’est un leader d’opinion. Il a donc une responsabilité sur ce qu’il dit (…) Ce n’est pas moi qui ai décidé de mettre Maitre Gims dans le débat politique.

C’est Valérie Pécresse qui s’est targuée de son soutien et qui a dit qu’elle le finançait via la région Ile-de-France, a poursuivi la ministre. La même Valérie Pécresse se vante d’avoir mis en place une charte de la laïcité. Je lui demande de s’expliquer, sur le soutien, sur le financement.

Sur Sud-radio qui émet depuis le nord de la France vers l’extrême droite, les condamnations sont encore plus virulentes : «Donc d’après l’imam Gims, pas de Noël, pas de bonne année mais des strings, des filles nues et du fric partout. Maitre Gims me rappelle ce petit imam auto-proclamé de Brest qui disait aux enfants qu’il ne fallait pas écouter de musique sous peine d’être transformé en cochon par Dieu. Ah que c’est dur d’être aimé par des cons pour citer une Une de Charlie Hebdo qui faisait parler Dieu» s’est amusée la chroniqueuse de Sud-radio.

Et de rajouter : «Cette déclaration sera récupérée par les faiseurs de divisions, ceux qui attisent la haine de la France pour faire germer les graines de la partition du pays. N’oublions pas que selon une étude de l’Ifop de septembre 2020, 74 % des Français de confession musulmane de moins de 25 ans, préfèrent l’islam à la République».

https://twitter.com/SudRadio/status/1478418449688788994

Marianne pour sa part fait appelle aux services de l’islamologue et auteure Kahina Bahloul et cite Rachid Benzine.

L’islamologue s’inquiète du fait que maître Gims fait partie de ces personnes qui ont une responsabilité : « il a des fans, c’est un artiste mondialement connu» a-t-elle affirmée. «Une inquiétude ravivée par la diffusion à très grande vitesse de cette vision ultra-rigoriste de l’islam en Europe ces quarante dernières années» poursuit-elle.

L’hebdomadaire revient sur le passé «tablighiste» du chanteur en déterrant une déclaration qu’il aurait donné à l’Express. Le chanteur avait expliqué avoir «appartenu, un temps, au mouvement du Tabligh, un courant islamique indo-pakistanais aux préceptes similaires aux salafistes» et qu’il avait même «suspendu sa carrière en 2005 dans le rap pour devenir prédicateur ambulant, sillonnant les routes de mosquée en mosquée, jusqu’en Italie».

La réaction de Gims : s’afficher pour la première fois sans lunettes

Face à ce flot incessant d’attaques, Maître Gims n’a fait aucune réaction ou presque. Sur son compte Instagram, il va créer le buzz en postant pour la première fois une photo de lui sans ses lunettes.

Un avant et un après Gims

Face à la puissance médiatique financée à coups de millions d’euros pour installer un climat nationaliste et haineux dans l’Hexagone en prévision des présidentielles d’avril prochain, seul un artiste influent comme Maître Gims a la capacité d’équilibrer le discours politique dominant.

Tétanisée et inaudible, la communauté maghrébine et arabo-muslumane subit non sans dommages psychologiques et morales, le tapage quotidien dont ils sont victimes depuis plusieurs mois.

On ne peut pas en vouloir au chanteur d’affirmer ses croyances au moment où un discours de haine s’installe dangereusement dans la société française et où toute une machine d’alienation, de suppression de l’identité et de droits est désormais en marche.

1 2 3 163