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Energie

Le Roi Mohammed VI exhorte le gouvernement à lancer une offre Maroc de l’hydrogène vert

Les images de la réunion présidée par le Roi Mohammed VI, ce mardi au Palais Royal de Rabat, montrent le souverain interpellant la ministre Leila Benali sur l’état d’avancement des divers chantiers des énergies renouvelables. La jeune ministre, sur laquelle pesaient les regards du Conseiller Royal Fouad Ali El Himma et du ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit, a reçu les ordres pressants du Roi pour accélérer la réalisation du projet Noor Midelt et d’élaborer, dans les meilleurs délais, une «Offre Maroc» opérationnelle et incitative, de la filière de l’hydrogène vert.

Baptême de feu pour la jeune ministre de la transition énergétique et du développement durable, ce mardi 22 novembre. Leila Benali a dû assumer devant le Roi Mohammed VI, le retard pris par son gouvernement et son département dans la mise en oeuvre des différents projets des EnR.

Cela c’est passé lors d’une réunion présidée par le souverain au Palais Royal de Rabat, marquée par l’absence de l’un des premiers pollueurs du royaume, Aziz Akhannouch, propriétaire de la compagnie pétrolière Afriquia Gaz, contaminé par le Covid, et du président de Masen, Mustapha Bakkoury, apparement toujours en disgrâce.

Assise aux cotés du Conseiller royal Fouad Ali El Himma, Leila Benali avait à sa gauche, Abderrahim El Hafidi, Directeur général de l’ONEE, dernière personne qui la sauverait de la noyade. En face, outre le visage placide de la ministre l’économie Nadia Fettah, le regard inquisiteur du ministre de l’Intérieur, le gardien du temple et sentinelle contre tout risque de délestage, rajoutait davantage de pression sur les épaules de la ministre, visiblement intimidée par la présence du Roi.

Les caméras de la SNRT montrent des images où la ministre est interpelée par le souverain et celles où elle lisait studieusement son rapport, sans regarder l’assistance. Tout porte à croire que l’exercice n’était pas simple pour la ministre.

Noor Midelt

Selon le communiqué du Cabinet royal publiée sur la MAP, cette réunion de travail présidée par le Roi Mohammed VI a été consacrée au développement des énergies renouvelables et aux nouvelles perspectives dans ce domaine.

Elle s’inscrit dans le cadre du suivi régulier par le Souverain des objectifs stratégiques que le Royaume s’est fixés en matière de développement à grande échelle des énergies renouvelables, notamment celui de porter la part de ces énergies à plus de 52% du mix électrique national à l’horizon 2030.

Suite à l’exposé fait par Leila Benali, le Roi Mohammed VI a donné ses hautes directives en vue d’accélérer le développement des énergies renouvelables, notamment les énergies solaire et éolienne.

«En construisant sur ses avancées, le Maroc devrait accélérer le déploiement des énergies renouvelables afin de renforcer sa souveraineté énergétique, réduire les coûts de l’énergie et se positionner dans l’économie décarbonée dans les décennies à venir», souligne le communiqué.

A cet égard, le souverain a demandé d’accélérer la réalisation des trois projets d’énergie solaire Noor Midelt.

Pour rappel, les projets Noor Midelt ont été affecté par l’annonce des résultats décevants du bilan des centrales Noor I, II et III de Ouarzazate. Lesquels résultats ont été révélés par un rapport du CESE en juillet 2020, faisant état de pertes annuelles de MASEN dépassant les 800 millions de dirhams.

Alors que la première phase du projet Noor Midelt a été lancée en 2018 et devrait entrer en service cette année, Noor Midelt 2 accuse un retard de 3 ans.

L’appel d’offre de Noor Midelt II a été rendu public le 23 mai 2019. Il a été remporté par un consortium composé de EDF Renouvelables (France), Masdar (Emirats Arabes Unis) et Green of Africa (Maroc).

Les choix technologiques et les tarifs préférentiels pratiqués par Masen seraient la cause des déficits de l’agence. Les réajustements seront ainsi opérés sur les stations de Midelt notamment par la combination de l’énergie thermo-solaire (CSP) et photovoltaique (PV).

Instructions royales : élaborer une «Offre Maroc» opérationnelle et incitative de l’hydrogène vert

Le communiqué du Cabinet Royal précise par ailleurs, que le Roi Mohammed VI a également ordonné lors de cette réunion, l’élaboration dans les meilleurs délais d’une «Offre Maroc» opérationnelle et incitative, couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur de la filière de l’hydrogène vert au Maroc. Elle devrait comprendre, outre le cadre réglementaire et institutionnel, le schéma des infrastructures nécessaires.

Une offre qui aura pour objectif de placer le Maroc dans le club des pays à fort potentiel dans la filière émergente de l’hydrogène vert et de ses usages et répondre aux multiples projets portés par des investisseurs et leaders mondiaux.

La COP27 a mis à nu l’inertie du gouvernement Akhannouch

On l’a vu dans la diplomatie, on le voit aujourd’hui dans les EnR, sans la pression du Roi Mohammed VI le gouvernement Akhannouch ne bouge pas d’un iota.

Si on a perd jour après jour les points arrachés par le souverain sur le plan diplomatique, la COP27 de Charm el-Cheikh nous alerte des risques de perte du leadership du Royaume sur les énergies renouvelables.

Les chiffres d’investissement dans la transition énergétique annoncés par l’Egypte et l’Afrique du Sud lors de cette conférence sur le climat sont faramineux.

L’Afrique du Sud s’est fixé pour objectif d’attirer jusqu’à 250 milliards de dollars dans son industrie naissante de l’hydrogène vert d’ici 2050, afin de «tirer parti des abondantes sources d’énergie solaire et éolienne». Une industrie qui pourrait créer 1,4 million d’emplois et générer jusqu’à 30 milliards de dollars de revenus annuels d’ici 2050.

Pour sa part, la zone économique égyptienne du canal de Suez a signé des accords sur l’énergie verte d’une valeur de 83 milliards de dollars durant la Cop27. Ces accords ont dépassé les attentes de la zone économique, qui n’espérait que 25 milliards de dollars.

L’Égypte a en effet, signé neuf accords-cadres avec des compagnies d’électricité internationales pour des installations d’hydrogène vert et d’ammoniac dans la zone économique le long de la mer Rouge.

Ces installations produiraient collectivement jusqu’à 7,6 millions de tonnes d’ammoniac vert et 2,7 millions de tonnes d’hydrogène par an.

L’Afrique pourrait s’emparer de 10 % du marché mondial de l’hydrogène vert

Les Émirats arabes unis sont les premiers partenaires d’Al-Sissi pour mener ces projets. Masdar, société d’Abu Dhabi spécialisée dans les énergies propres, et AMEA Power, basée à Dubaï ont été mis à contribution.

Il faudra attendre 2035 pour que tous les projets soient opérationnels permettant à l’Égypte de réaliser son ambition de devenir un centre d’hydrogène vert.

Environ 20 % des 83 milliards de dollars sont des investissements «en espèces», tandis que 80 % seront sous forme de transfert de technologie.

L’Égypte souhaite que 42 % de son énergie provienne de sources renouvelables d’ici 2035, contre 11 % environ en 2019.

L’Afrique pourrait s’emparer de 10 % du marché mondial de l’hydrogène vert d’ici 2050, car la demande de carburant plus propre continue de croître dans le cadre des efforts de décarbonisation.

Hydrogène vert marocain : Plus 90 millards de dollars d’investissement à horizon 2030 selon les estimations du gouvernement Saad Dine El Otmani

Un rapport «Feuille de route de l’hydrogène vert», publié en janvier 2021 par le gouvernement Saad Dine El Othmani, estimait l’investissement cumulé nécessaire au développement de la filière de l’hydrogène vert au Maroc, entre 90 milliards de dirhams à l’horizon de 2030 et 760 milliards de dirhams à l’horizon de 2050.

«En raison de sa situation géographique optimale et de ses ressources exceptionnelles en énergies renouvelables, le Maroc peut devenir un acteur clé du développement de la filière de l’hydrogène vert au niveau régional et peut capter jusqu’à 4% de la demande mondiale en molécules vertes», citait le rapport..

«L’Objectif est de positionner le Maroc dès aujourd’hui sur l’hydrogène vert en tant que solution technologique de conversion et de stockage d’énergie, à l’instar du Japon, de l’Allemagne, de la France, du Danemark, de l’Espagne…» soulignait la même source.

Applications de l’hydrogène vert – Feuille de Route de l’Hydrogene Vert Janvier 2021

Une usine écossaise fabriquera le plus long câble sous-marin du monde transportant de l’énergie propre reliant le Maroc au Royaume-Uni

La nouvelle est tombée ce mois d’août. Une nouvelle usine sera construite à Hunterston, en Écosse, dans l’optique de fabriquer le plus long câble sous-marin du monde qui transportera de l’énergie propre du Maroc au Royaume-Uni. Le projet coûtera 21,9 milliards de dollars.

Le fabricant de câbles sous-marins XLCC va construire une usine à Hunterston, en Écosse, et sa première production sera destinée au projet Xlinks Morocco-UK Power. Il fournira quatre câbles sous-marins de 3 800 km de long, dont la première phase, entre 2025 et 2027, reliera l’énergie éolienne et solaire produite au Sahara Marocain à Alverdiscott, dans le North Devon, un district non-métropolitain situé dans le comté du Devon, en Angleterre.

Ces câbles se connecteront à un parc solaire et éolien de 10,5 gigawatts (GW) qui sera construit dans la région Guelmim-Oued Noun et qui alimentera le Royaume-Uni en énergie propre.

Deux des quatre câbles sous-marins de 1,8 GW en courant continu haute tension (CCHT) seront les plus longs du monde. Ils nécessiteront 90 000 tonnes d’acier, et XLCC a signé mi-août au Parlement la charte britannique de l’acier, dans laquelle elle s’engage à utiliser de l’acier britannique.

Cette initiative va pratiquement doubler la production mondiale actuelle de câbles CCHT.

Le câble Guelmim-Devon couvrira 8% des besoins en électricité de la Grande-Bretagne

Le projet Xlinks Maroc-UK Power couvrira une zone d’environ 1 500 kilomètres carrés au Maroc et sera connecté exclusivement au Royaume-Uni via 3 800 km de câbles sous-marins HVDC. Ils suivront la route en eaux peu profondes du Maroc au Royaume-Uni, en passant par l’Espagne, le Portugal et la France.

Xlinks affirme que le projet Maroc-Royaume-Uni sera capable d’alimenter en électricité 7 millions de foyers britanniques d’ici 2030. Une fois terminé, le projet sera capable de fournir 8% des besoins en électricité de la Grande-Bretagne.

Un investissement de 21,9 milliards de dollars

Le projet coûtera 21,9 milliards de dollars. Xlinks construira 7 GW d’énergie solaire et 3,5 GW d’énergie éolienne, ainsi que des batteries de stockage sur site de 20GWh/5GW, au Maroc. Le câble de transmission sera composé de quatre câbles. Le premier câble sera actif au début de 2027, et les trois autres devraient être lancés en 2029. Un accord a été conclu avec le National Grid pour deux connexions de 1,8GW à Alverdiscott dans le Devon.

Le site situé au Sahara marocain, accueillera également une installation de stockage par batterie de 20 GWh/5GW. Santosh Patel, directeur de la société de conseil en projet Pick Everard, a déclaré au médias britanniques : «Nous sommes enthousiastes et fiers de participer à la création d’une nouvelle industrie verte de haute technologie pour le Royaume-Uni et de soutenir l’effort en faveur d’une production nette zéro».

«Du point de vue de la fabrication, des câbles sous-marins seront créés à une longueur jamais vue auparavant, tandis que les consommateurs pourront bénéficier d’un coût unitaire beaucoup plus bas pour leur énergie une fois le projet pleinement mis en œuvre.»

L’Europe à court d’énergie

L’Europe est au cœur d’une crise énergétique. L’incertitude quant à l’acheminement du gaz naturel en raison de la guerre de la Russie en Ukraine a provoqué une flambée des prix. Le prix du gaz naturel a grimpé jusqu’à 500 dollars par baril d’équivalent pétrole, soit dix fois la moyenne normale, alimentant les craintes de pénuries hivernales et de maisons froides.

Par ailleurs, les gouvernements occidentaux se sont engagés à atteindre des objectifs de réduction nette des émissions de carbone et voici un moyen d’accélérer les progrès. Au lieu de dépendre du gaz russe, les pays occidentaux devraient développer leurs propres formes d’énergie, plus propres et plus vertes.

Ce processus est en cours. Le projet Guelmim-Devon en est l’exemple parfait.

L’Europe tente de se sevrer du gaz russe, mais elle n’y parviendra pas cet hiver. Les prix ont fortement augmenté la semaine dernière lorsque l’entreprise publique russe Gazprom a annoncé la fermeture imprévue pour maintenance de son gazoduc Nord Stream 1. La crainte est que l’approvisionnement en gaz pour répondre à la demande de l’Europe soit insuffisant.

80% d’augmentation des prix de l’électricité au Royaume-Uni

Les factures d’énergie au Royaume-Uni vont bondir de 80 % cet hiver, a annoncé vendredi l’Ofgem, le régulateur de l’énergie du pays, alors que la guerre en Ukraine continue de faire grimper les prix.

Cette hausse signifie que le ménage moyen devra débourser 4 182 euros chaque année pour chauffer et alimenter sa maison, ce qui a conduit les ONG à avertir que des millions de personnes seront plongées dans la pauvreté, à moins que le gouvernement n’intervienne.

Mais comment les prix de l’énergie au Royaume-Uni se comparent-ils à ceux de l’Europe ?

Ce tableau montre quels sont les ménages européens qui paient le plus pour leurs factures de gaz et d’électricité et ceux qui paient le moins.

Vilain pied de nez d’al-Sissi à Biden : la Russie lance la construction de la première centrale nucléaire d’Égypte

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Après le sommet Poutine, Erdogan et Raïssi à Téhéran, le président américain Joe Biden reçoit un autre affront au lendemain de sa tournée au Moyen-Orient. Cette fois-ci d’Abdelfatah al-Sissi. Ce dernier a donné, ce mercredi, le coup d’envoi de la construction du premiers réacteur nucléaire de son pays, confiée à Rosatom, une société contrôlée par l’État russe.

Avec Bloomberg

C’est un vilain pied de nez du président égyptien donné à la tournée de Joe Bien au Moyen-Orient. Les cause sont à chercher dans l’échec de la réconciliation avec Mohammed Ben Salmane; le choix d’une présence virtuelle de Mohammed Ben Zayed, marquant une forme distance avec la nouvelle administration américaine; les vives tensions économiques et sociales provoquées par le va-t-en-guerre contre la Russie et la mollesse de la réponse américaine au programme nucléaire iranien.

Les présidents iranien Ebrahim Raïssi (au centre), russe Vladimir Poutine (à gauche) et turc Recep Tayyip Erdogan posant pour une photo lors de leur sommet tripartite à Téhéran, en Iran, le 19 juillet 2022. Photo AFP

En effet, dans l’objectif d’apporter une forme d’équilibre avec le Kremlin et ses alliés occidentaux qui ont sanctionné Moscou pour sa guerre en Ukraine, Al-Sissi a donné le coup d’envoi des travaux de la première centrale nucléaire d’Egypte.

Il s’agit de la première des quatre unités de puissance de 1 200 mégawatts qui seront construites à El Dabaa, à 300 kilomètres au nord-ouest du Caire, selon un communiqué de la société publique Rosatom. Cette dernière est le plus grand fournisseur mondial de combustible nucléaire et de réacteurs. Elle n’a pas été visée par les sanctions américaines ou européennes contre Vladimir Poutine.

La Russie a l’habitude de mener des projets énergétiques à grande échelle en Égypte, souvent dans le cadre d’un effort plus large visant à contester l’influence politique, militaire et économique des États-Unis. Pour rappel, la défunte URSS avait participé à la construction du haut barrage d’Assouan dans les années 1960.

Le président russe Vladimir Poutine et son homologue égyptien Abdel-Fattah El-Sisi étaient présents lorsque les pays ont signé un accord pour la construction de ces quatre réacteurs en 2017.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi à droite, et son homologue russe Vladimir Poutine à gauche, applaudissent alors que le ministre égyptien de l’électricité et des énergies renouvelables, Mohamed Shaker, serre la main d’Alexei Likkhachev, le directeur général de la société russe de l’énergie atomique Rosatom, après avoir signé un accord bilatéral au Caire en 2017. AFP

Le coût du projet était estimé à 30 milliards de dollars, dont une grande partie devait être financée par un prêt de Moscou. Rosatom fournira quand à elle du combustible nucléaire à chacun des quatre réacteurs tout au long de la vie opérationnelle de la centrale. Tandis que trois entreprises égyptiennes présélectionnées participeront à la construction de la centrale située sur la côte méditerranéenne.

https://twitter.com/EgyProjects/status/1549747421462380544

L’Égypte a développé des liens économiques plus forts avec la Russie depuis qu’al-Sissi a arraché le pouvoir en 2014, tout en conservant des liens historiques avec des partenaires occidentaux. Cette année, Le Caire a participé au Forum économique international de Saint-Pétersbourg, a acheté des quantités substantielles de blé à la Russie, tout en signant un accord avec Israël pour stimuler les ventes de gaz à l’Union européenne, qui cherche à réduire sa dépendance aux importations énergétiques de Moscou.

Le projet Rosatom a été retardé après l’attentat à la bombe de 2015 contre un avion de ligne russe au-dessus de l’Égypte, qui a tué 224 touristes. Les vols entre les deux pays n’ont repris que l’année dernière, offrant une aubaine à l’industrie touristique égyptienne qui avait auparavant attiré un grand nombre de visiteurs russes.

L’invasion de l’Ukraine par la Russie et les sanctions américaines et européennes qui ont suivi n’ont guère contribué à décourager l’intérêt international pour la technologie de Rosatom. Outre l’Égypte, la société contrôlée par le Kremlin a fait avancer des projets en Hongrie et au Myanmar depuis le début du conflit.

La Russie coupe temporairement Nord Stream. L’Europe en état d’alerte

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Nord Stream 1, le plus grand gazoduc transportant du gaz russe vers l’Allemagne a commencé à faire l’objet d’une maintenance annuelle lundi. Les flux devraient s’arrêter pendant 10 jours, mais les gouvernements, les marchés et les entreprises craignent que la fermeture ne soit prolongée en raison de la guerre en Ukraine.

L’Europe se prépare à un arrêt prolongé de l’approvisionnement en gaz russe alors que des travaux de maintenance ont commencé ce lundi sur le gazoduc Nord Stream 1 qui achemine le gaz vers l’Allemagne via la mer Baltique.

L’opérateur Nord Stream AG a confirmé que les travaux, qui doivent se dérouler du lundi au 21 juillet, ont débuté comme prévu lundi matin. Les flux de gaz russe via le gazoduc devraient tomber à zéro plus tard dans la journée.

Le gazoduc Nord Stream 1 est le plus grand composant de l’infrastructure d’importation de gaz en Europe. Il transporte environ 55 milliards de mètres cubes de gaz par an de la Russie vers l’Allemagne.

L’Europe craint que la suspension des livraisons ne soit prolongée au-delà du délai de dix jours, ce qui ferait dérailler les préparatifs d’approvisionnement hivernal de la région et aggraverait la crise du gaz qui a entraîné une hausse vertigineuse des factures d’énergie des ménages et des mesures d’urgence de la part des décideurs politiques.

Cette crise survient alors que les gouvernements européens se démènent pour alimenter les stockages souterrains en gaz afin que les ménages disposent de suffisamment de combustible pour garder les lumières allumées et les maisons chaudes en hiver.

L’Union européenne, qui reçoit environ 40 % de son gaz par des gazoducs russes, tente de réduire rapidement sa dépendance à l’égard des hydrocarbures russes en réponse à l’offensive menée par le président Vladimir Poutine en Ukraine depuis plusieurs mois.

Les spécialistes de l’énergie s’accordent à dire que le risque d’une interruption temporaire est élevé, d’autant que les flux de gaz russe ont déjà chuté d’environ 60 % ces derniers mois.

Le géant russe de l’énergie Gazprom, soutenu par l’État, a invoqué le retour tardif des équipements réparés par l’entreprise allemande Siemens Energy au Canada pour expliquer la réduction des flux.

Le Canada a déclaré ce week-end qu’il allait renvoyer une turbine à gaz réparée à l’Allemagne pour qu’elle soit utilisée dans le gazoduc Nord Stream 1, tout en élargissant les sanctions contre le secteur énergétique russe.

L’Ukraine a réagit à cette annonce du Canada, en l’appelant à l’annulation le retour de la turbine en Allemagne.

Les ministères ukrainiens de l’énergie et des affaires étrangères ont déclaré qu’ils étaient «profondément déçus» par la décision du Canada de restituer à l’Allemagne une turbine Siemens réparée utilisée pour le gazoduc Nord Stream 1.

La Russie a déclaré la semaine dernière qu’elle augmenterait ses livraisons de gaz à l’Europe si la turbine réparée au Canada était renvoyée. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a également rejeté les allégations selon lesquelles la Russie utilise le pétrole et le gaz pour exercer une pression politique sur l’Europe, rapporte Reuters.

Pression maximale de Poutine

Les analystes du cabinet de conseil en risques politiques Eurasia Group ont déclaré que si Vladimir Poutine orchestrait une interruption totale des approvisionnements en gaz au-delà de la fin prévue des travaux de maintenance du gazoduc Nord Stream 1, l’Allemagne serait probablement contrainte de passer au niveau trois de son plan d’urgence en trois étapes.

À ce niveau, l’autorité de régulation allemande, la Bundesnetzagentur, devrait décider de la manière de distribuer les fournitures de gaz dans tout le pays.

Henning Gloystein, directeur de l’énergie, du climat et des ressources chez Eurasia Group, a déclaré à CNBC que cette décision représenterait un scénario de «guerre économique maximale».

«L’Allemagne est devenue un point critique pour l’ensemble de l’UE», a déclaré Gloystein. «L’Allemagne a la plus grande population d’Europe, c’est la plus grande économie, c’est le plus grand consommateur de gaz, c’est le plus grand importateur unique de gaz russe, et elle a neuf frontières terrestres. Donc, tout ce qui se passe en Allemagne se répercute sur le reste de l’Europe.»

La Russie a coupé les livraisons de gaz à plusieurs pays européens qui ont refusé de se conformer à la demande de paiement de gaz contre des roubles de Poutine.

«C’est en fait la raison pour laquelle … nous pensons que la Russie va faire machine arrière», a déclaré Gloystein. «Ils veulent avoir une petite monnaie d’échange au cas où les Européens renforceraient encore les sanctions, de sorte que les Russes puissent riposter avec cela

Un porte-parole du ministère fédéral allemand de l’économie et de l’action climatique a déclaré à CNBC la semaine dernière que le gouvernement surveillait de près la situation du marché du gaz avant les travaux de maintenance prévus.

«La sécurité d’approvisionnement est actuellement toujours garantie, mais la situation est grave», a déclaré le porte-parole.

«Actuellement, les quantités peuvent être achetées sur le marché, mais à des prix élevés. Le stockage se poursuit également à l’heure actuelle. Nous sommes en échange étroit à ce sujet avec les négociants, qui se préparent à cette date», ont-ils ajouté.

L’Europe sur le qui-vive

Outre le risque de couverture des besoins en énergie durant l’hiver prochain, un autre risque plane sur l’Allemagne en cas d’arrêt des flux de gaz russe: la récession. Le coup porté à l’économie pourrait être de 193 milliards d’euros au cours du second semestre de cette année, selon les données de l’association industrielle «The vbw» de l’État de Bavière, publiées le mois dernier.

«L’arrêt brutal des importations de gaz russe aurait également un impact significatif sur la main-d’œuvre en Allemagne… Environ 5,6 millions d’emplois seraient touchés par ces conséquences», a déclaré Bertram Brossardt, directeur général de vwb.

Les effets seraient encore plus étendus. Un arrêt complet maintiendrait plus longtemps les prix du gaz en Europe à un niveau élevé, alors que l’industrie et les ménages en ont déjà fait les frais.

Les prix de gros du gaz néerlandais, la référence européenne, ont augmenté de plus de 400 % depuis juillet dernier.

«Si Nord Stream est coupé, ou si l’Allemagne perd toutes ses importations russes, alors l’effet se fera sentir sur tout le nord-ouest de l’Europe», a déclaré le ministre néerlandais de l’énergie, Rob Jetten.

Dans une interview accordée à Reuters jeudi, il a déclaré que le champ gazier néerlandais de Groningen pourrait encore être appelé à aider les pays voisins en cas d’arrêt complet des approvisionnements russes, mais que l’augmentation de la production risquerait de provoquer des tremblements de terre.

Le ministère des finances russe avait déclaré en juin qu’il s’attendait à recevoir 393 milliards de roubles (6,4 milliards de dollars) de recettes pétrolières et gazières de plus que prévu dans sa planification budgétaire.

Pour juillet, il s’attend à recevoir 259 milliards de roubles de plus que ce que prévoyait son plan budgétaire.

Selon Goldman Sachs, la prolongation des travaux de maintenance pourrait également entraîner un plus grand nombre d’arrêts de la production de gaz russe, par rapport à la baisse de 9 % en glissement annuel de la production de Gazprom signalée jusqu’à présent cette année.

Benkhadra : Le Maroc «idéalement» positionné pour saisir les opportunités énergétiques offertes par Israël

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Le Maroc est «idéalement» positionné en matière d’énergie pour saisir les différentes opportunités offertes par Israël, a indiqué, mercredi à Casablanca, la Directrice générale de l’Office national des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM), Amina Benkhadra.

MAP

«Le Maroc, avec sa dynamique de développement durable, son important potentiel en énergies renouvelables, sa proximité avec les marchés européens et la dynamique d’innovation et la politique climatique ambitieuse impulsées par le Roi Mohammed VI, est idéalement positionné pour saisir les opportunités offertes et pour construire des partenariats gagnant-gagnant, notamment avec Israël», a ditAmine Benkhadra qui intervenait lors du Forum «Morocco-israel : Connect to Innovate».

Elle a, dans ce sens, relevé que le Maroc, pays faible émetteur mais vulnérable aux effets du changement climatique, a pris très tôt ses responsabilités en préparant progressivement sa vision pour répondre aux problèmes de sécurité énergétique, de rareté de l’eau, de désertification, d’inondations et d’élévation du niveau de la mer.

«Le Maroc, sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, s’est engagé dans le développement global durable tant sur les plans économique que social, soit un engagement qui ne date pas d’aujourd’hui et traduit l’intérêt suprême que le Souverain accorde au développement durable et à la préservation de l’environnement», a fait remarquer la DG de l’ONHYM.

Elle a, par ailleurs, affirmé que le Royaume dispose d’atouts considérables pour réaliser la transition énergétique et notamment les énergies renouvelables et l’hydrogène où il peut se positionner en précurseur, en plus de se positionner comme une véritable plateforme de production et d’exportation régionale de premier ordre, au carrefour de l’Europe et de l’Afrique et du Moyen-Orient.

Et de soutenir que le pays ambitionne de devenir dans les prochaines années, sur les choix qu’il a fait, la base industrielle «la plus compétitive» au monde et parmi les 5 les plus innovantes, ainsi que la base industrielle de référence décarbonée de la région, puisque le pays dispose de l’un des potentiels les plus importants en énergies renouvelables.

Dans le même sillage, Kamal Htoute, directeur stratégie et planning à l’ONEE branche électricité, a souligné que le Maroc a commencé sa transition énergétique en 2009 en définissant des objectifs visant avant tout à augmenter la part des énergies renouvelables dans son mix énergétique d’ici 2030, avec pour optique d’atteindre une part d’énergies renouvelables de 52% dans le mix énergétique national.

Il s’agit d’une vision qui permet, selon lui, de promouvoir les ressources énergétiques locales, qu’elles soient solaires éoliennes ou encore hydrauliques.

S’attardant sur les défis de transition énergétique, Htoute a expliqué que l’augmentation de la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique caractérisé par leur variabilité et dont la part dans la capacité totale installée, qui sera de 40% à la fin de 2022, devrait dépasser 52% d’ici 2030.

Il a également noté que la demande croissante de l’électricité devrait augmenter davantage dans les années à venir avec en particulier la tendance à l’électrification de plusieurs secteurs économiques, dont notamment ceux du transport et de l’industrie.

Pour sa part, Yosef Abramowitz, président directeur général d’Energiya Global et l’un des six pionniers de l’écologie au monde selon CNN, n’a pas manqué de préciser que le Maroc et Israël ont dans ces domaines de l’énergie et du développement durable les ingrédients pour une forte collaboration et coopération.

Il a aussi mis en avant les moult opportunités de collaboration immenses, entre les deux pays qui font face aux mêmes défis énergétiques.

Initié conjointement par Start-Up Nation Central et Consensus Public Relations, ce Forum se veut un événement unique réunissant les leaders marocains et israéliens, des secteurs privés et publics, autour du thème de l’innovation technologique dans les domaines de l’agro-alimentaire, l’eau, la logistique, l’énergie et le développement durable.

Cet événement comprend une série d’ateliers, de séances d’affaires, de rendez-vous B2B et de rencontres de networking. Organisation à but non lucratif, Start-up Nation Central œuvre à promouvoir l’écosystème israélien de l’innovation dans le monde.

Choc énergétique en Grande-Bretagne : les factures vont augmenter de 42 %

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Key points :

  • Le Directeur Général du bureau des marchés du gaz et de l’électricité, l’Ofgem, lance un avertissement sévère aux députés britanniques sur la crise énergétique.
  • 12 millions de ménages pourraient être plongés dans la pauvreté énergétique.
  • L’inflation a atteint son niveau le plus élevé depuis 40 ans.

Bloomberg

Les consommateurs britanniques vont devoir faire face à une nouvelle hausse brutale de leurs factures d’électricité et de gaz juste avant l’hiver, s’ajoutant à la flambée des coûts de presque tout, de la nourriture à l’essence.

Les prix de l’énergie devraient atteindre le niveau record de 3 499 $ en octobre, a déclaré Jonathan Brearley, directeur général de l’Ofgem, à un panel de député ce mardi. Cela enverra environ 12 millions de ménages en situation de pauvreté énergétique.

Cette hausse va accroître la pression sur le chancelier de l’Échiquier et Second lord du Trésor, Rishi Sunak, pour qu’il aide les consommateurs à faire face à la pire compression du pouvoir d’achat depuis les années 1950. Même avec les 12 milliards de dolars d’aide annoncés jusqu’à présent, ce ne sera pas suffisant pour alléger le fardeau de l’inflation qui atteint son niveau le plus élevé depuis 40 ans.

Le directeur général de l’Ofgem écrira à M. Sunak pour le prévenir de l’augmentation imminente de plus de 1.000 $ de la facture annuelle d’environ 22 millions de ménages.

«On compte actuellement environ 6,5 millions de ménages en situation de précarité énergétique, mais ce chiffre pourrait doubler après la hausse d’octobre», a-t-il ajouté. Selon le site Web de comparaison des prix Uswitch, environ un quart des consommateurs sont déjà endettés pour leurs factures d’énergie.

Gouvernement divisé

Le gouvernement Britanique est divisé quand à l’introduction d’une taxe exceptionnelle sur les bénéfices des producteurs d’électricité ainsi que sur les producteurs de pétrole et de gaz afin de collecter des fonds pour aider les consommateurs. La pression s’est accrue sur le Premier ministre Boris Johnson pour qu’ils appliquent cette taxe, mais de nombreux ministres du gouvernement se sont ouvertement opposés à une telle mesure, estimant qu’elle découragerait les investissements.

M. Sunak «est instinctivement contre une taxe exceptionnelle, mais s’il estime que des temps extraordinaires appellent des mesures extraordinaires, alors c’est à lui de décider», a déclaré le secrétaire d’État aux affaires et à l’énergie, Kwasi Kwarteng, devant les parlementaires mardi. Il a déclaré que le gouvernement devrait se concentrer sur la croissance de l’économie afin d’aider à réduire les coûts énergétiques.

«L’ampleur et la profondeur de la crise du coût de la vie en Grande-Bretagne signifient que le gouvernement doit de toute urgence fournir une aide supplémentaire significative», a déclaré Jonny Marshall, économiste principal au groupe de réflexion Resolution Foundation.

Compression du pouvoir d’achat
Les Britanniques sont confrontés à la deuxième plus mauvaise année jamais enregistrée en matière de niveau de vie.

Income Squeeze

Source : Banque d’Angleterre
Note : Ressources totales disponibles des ménages déflatées par le déflateur des dépenses de consommation.

Les fournisseurs s’effondrent

Plus de deux douzaines de fournisseurs d’énergie ont fait faillite depuis le mois d’août en raison de la flambée des prix de gros de l’énergie. La plupart de ces entreprises, dont certaines ne comptent que quelques centaines de clients, sont le résultat d’une déréglementation du marché qui a permis à n’importe qui de créer une société de fourniture d’énergie, rapporte Bloomberg. Au bout du compte, ce sont les contribuables qui en supporteront le poids, souligne la même source.

«Il y a des leçons importantes à tirer de cette crise et il faut absolument changer la façon dont nous régulons le marché de détail», a déclaré le directeur général de l’Ofgem. «Les variations de prix que nous avons observées sur le marché du gaz sont véritablement un événement unique en son genre qui n’a pas été vu depuis la crise pétrolière des années 1970.»

Ahmed Rahhou bloque la loi Rabbah sur le Gaz Naturel

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C’est un niet officiel du successeur de Driss Guerraoui à la tête du Conseil de la Concurrence au sujet du projet de loi n° 94.17 relatif au secteur aval du gaz naturel. Lequel projet de loi avait été initié par Aziz Rabbah, il y a exactement cinq ans. L’ancien ministre PJDiste voulait donner à une seul et unique société privée le monopole du transport gazier et de limiter le droit d’importation de cet hydrocarbure à l’ONEE et aux distributeurs (Afriquia, Vivo Energy et Total entre autres).

Neuf mois après sa nomination, Ahmed Rahhou s’attaque à l’un des dossiers brulants que lui a laissé son prédécesseur, débarqué manu militari pour «très mauvaise gestion» de l’affaire de l’entente sur les prix des hydrocarbures. Le dossier en question est le projet de loi n° 94.17 relatif à la régulation du secteur aval du gaz naturel.

Il faut revenir au contexte de l’élaboration de ce texte de loi fin 2017. Le Maroc venait d’organiser la COP22, un évènement qui représentait le fruit d’une décennie d’investissement et d’engagement en matière de transition énergétique et d’énergie propre. De plus, le marché des hydrocarbures constatait une offre abondante du GNL (Gaz Naturel Liquéfié), favorisée, entre autres, par la rentrée en opération de nouvelles capacités de liquéfaction et d’exportation, principalement en Australie, aux Etats Unis et en Russie. Une situation que le Roi Mohammed VI avait anticipé en mettant la pression sur le gouvernement Benkirane II pour élaborer un plan national pour le développement du gaz naturel. Et last but not least, le Royaume voulait disposer de sources alternatives d’importation du gaz en provenance d’Algérie dont les contrats expiraient en 2021.

Aziz Rabbah, alors ministre de l’Energie et des Mines, présente le 08 décembre 2017, le projet de loi n° 94.17 sensé régulé et organisé ce nouveau secteur juteux. Dans la note d’information de ladite loi, le ministre rappelle le contexte de son élaboration et ses objectifs.

«En raison des grands changements qui se produisent au niveau international en matiere d’approvisionnement énergétique et de protection de l’environnement, notre pays a adopté une stratégie visant la sécurisation de son approvisionnement en énergie au moindre cout, tout en assurant sa transition énergétique avec prévoyance et pragmatisme», ainsi a été exprimée l’introduction de la note d’information.

«A cet égard, et afin d’assurer les besoins croissants en énergie le Maroc s’est fixé comme objectif, en plus du développement des energies renouvelables, la diversification des combustibles, en augmentant la part du gaz naturel dans le mix énergétique» poursuit le document. Et ce, pour les principales raisons suivantes :

  • Disposer de sources alternatives d l’importation du gaz en provenance d’Algérie a travers Ie Gazoduc Maghreb Europe. Les contrats et accords qui encadrent cette importation arriveront à échéances en 2021 ;
  • Répondre aux besoins croissants du pays en électricité a moyen et long termes, et qui évoluent avec un taux de croissance annuel de près de 6%;
  • Diversifier ie mix électrique, ou sa production est actuellement dominée par l’utilisation du charbon;
  • Répondre aux contraintes techniques resultant de la montée en puissance des energies renouvelables dans la production d’électricité étant donné Ie manque de régularité naturelle de ces energies ;
  • Assurer la stabilité du système électrique national en utilisant les technologies de cycle combiné consommant Ie gaz naturel, ce qui permet une plus grande souplesse ;

La note d’information rappelle «l’approbation par le Souverain de la feuille de route du plan national pour le développement du gaz naturel lancée le 16 Décembre 2014. Lequel plan visait, entre autres, la réalisation d’un projet intégré appelé « Gas To Power » comprenant un terminal à Jorf Lasfar pour l’importation de gaz naturel liquéfié (GNL) pour alimenter les centrales électriques et fournir certaines industrie».

Rabbah voulait verrouiller le marché du gaz naturel au profit de quelques «happy few»

Dans sa conception de la régulation du secteur aval du gaz naturel, Aziz Rabbah prévoyait de donner sa gestion à une seule et unique société privée qui porterait le nom de la Société de Transport du Gaz Naturel (STGN) et à limiter l’importation du gaz et sa vente à à l’ONEE aux distributeurs gaziers dont les leaders Afriquia, Vivo Energy et Total, qui concentrent à eux trois près de 60 % de parts de marché avaient «plaidé coupable» dans le scandale de entente sur les prix des carburants.

En effet, dans les articles 8, 10, 11, 12 et 13 du projet de loi n° 94.17, Aziz Rabbah instaurait le monopole de la STGN sur le transport du gaz naturel. La SGTN qui, en vertu d’une concession attribuée par l’Etat, d’une durée de 25 ans renouvelable une seule fois, devait assurer le développement, le financement, la construction, l’exploitation et la maintenance de tout ouvrage de transport de gaz naturel sur l’ensemble du territoire. Le texte prévoyait aussi, une possible participation étatique au capital de la SGTN en apportant ses actifs constitués par les gazoducs existants appartenant à l’État.

Tandis que l’article 9 stipulait que « l’exercice des activités d’importation du gaz naturel ou du gaz naturel liquéfié et d’achat du gaz naturel auprès des producteurs locaux sont réservés exclusivement aux distributeurs et à l’Office National de l’Electricité et de I’Eau Potable ».

Ahmed Rahhou : «Établir des monopoles et octroyer des exclusivités auront un impact négatif sur le développement du secteur», REFAITES VOTRE COPIE !

Le nouveau président du Conseil de la Concurrence, Ahmed Rahhou, six jours après s’être exprimé, avec des pincettes certes, sur un autre sujet délicat, les huiles de tables, un secteur qui connait fort bien, vient de publier ce jeudi son avis sur la loi° 94-17. Et il est défavorable.

Politiquement, M. Rahhou sait qu’il est sur un terrain glissant, en raison de la grosse polémique qui a concerné, aussi, les hydrocarbures et qui a couté la place à son prédécesseur. Une affaire qui s’est transformée en une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête de l’actuel Chef de Gouvernement, avec tout son lot de mauvaise presse, entachant l’image de l’institution dont Rahhou tient aujourd’hui les rênes.

Le communiqué de Rahhou, repris dans une dépêche de la MAP, a été clair et sans ambiguïté : «le Conseil de la concurrence recommande la reprise de la rédaction du projet de loi en vue de l’harmoniser avec les règles relatives au libre jeu de la concurrence, telles qu’édictées par la loi n° 104.12 relative à la liberté des prix et de la concurrence». Et bien sur dans la ligne de mire du Conseil figurent les articles sus-cités, stipulant le monopole de la distribution et l’exclusivité à l’approvisionnement et à la vente.

«Étant donné que le secteur du gaz naturel n’est pas encore établi, il est impératif de profiter des bienfaits de la concurrence sur ce marché et d’éviter, dès la mise en place initiale de ce secteur, de figer des positions, d’établir des monopoles et d’octroyer des exclusivités qui auront un impact négatif sur le développement du secteur», souligne le Conseil.

Ahmed Rahhou a également pointé du doigt le manque de visibilité et la prévisibilité du projet de loi° 94-17. Il a recommandé à ce titre de clarifier et de préciser certaines dispositions « en vue de disposer d’un cadre juridique stable, équitable et attractif et de renforcer sa prévisibilité afin d’adresser des signaux rassurants aux investisseurs nationaux et étrangers dans le secteur du gaz naturel ».

Le Conseil a tenu à souligner l’importance de «garantir le libre jeu de la concurrence sur le segment transport et stockage», estimant «qu’il ne serait pas indiqué d’hypothéquer le développement du marché du gaz naturel par la seule technologie de transport via les gazoducs».

En conséquence, le Conseil de Rahhou «recommande de ne pas octroyer le monopole sur la totalité des prestations et des moyens de transport car il portera atteinte à la concurrence sur un marché embryonnaire et empêchera le développement rapide du secteur du gaz naturel au Maroc».

«Il est question, en outre, de garantir le libre jeu de la concurrence sur le segment distribution, en évitant d’octroyer des exclusivités de distribution régionales et en encourageant les opérateurs à réaliser les ouvrages de distribution» martèle l’avis du Conseil de la Concurrence.

Par ailleurs, les équipes de Rahhou ont émis d’autres recommandations d’ordre technique, juridique et organisationnel, notamment le risque de chevauchement des prérogatives entre le Conseil de la Concurrence et l’ANRE :

  • Remplacer le système d’autorisation par un système de déclaration,
  • Permettre au producteur local d’être exempté de l’autorisation d’importation,
  • Veiller au respect du principe de séparation des activités,
  • Garantir l’indépendance du ou des gestionnaires de Réseau de Transport (GRT) et des infrastructures lourdes (le stockage) vis-à-vis des structures de fourniture et de production,
  • Harmoniser de la loi n° 21.90 portant code des hydrocarbures avec le projet de loi relatif au gaz naturel,
  • Mettre en place une régulation ex-ante forte et éviter les chevauchements de compétences entre l’Agence Nationale de Régulation de l’Électricité (ANRE) et le Conseil de la concurrence,
  • Revoir en profondeur la rédaction du projet de loi concernant les compétences de l’ANRE,
  • Consacrer la protection des droits des consommateurs,
  • Concilier entre les impératifs liés aux contrats à long terme des concessions conclus en vertu de la loi n° 21.90 portant code des hydrocarbures et le respect de l’ordre public concurrentiel et garantir à tous les utilisateurs l’accès non-discriminatoire et transparent au réseau de transport.

La balle est maintenant dans le camp de l’exécutif et du législatif pour sortir enfin cette loi qui aurait dû voir le jour il y a des années. Entre la vision du Roi Mohammed VI exprimée publiquement en 2014 et aujourd’hui, sept années se sont écoulées. Le marché du GNL sature et depuis moins de deux années, une nouvelle compétition énergétique globale s’intensifie : la course à l’hydrogène décarboné.

L’hydrogène décarboné est aujourd’hui au cœur des initiatives de recherche publiques et privées des grandes puissances. Car il répond à l’ensemble des enjeux environnementaux, technologiques et économiques du moment.

Nous constatons avec regret, l’inertie de notre machine à légiférer qui fait perdre au pays des années de croissance et de développement. Nous ne pouvons qu’espérer que notre nouveau Chef de Gouvernement, Aziz Akhannouch, soit plus alerte et plus performant que ses prédécesseurs sur le sujet crucial de la souveraineté énergétique du Royaume.

Le Mozambique dit ne pas être informé des projets GNL d’Exxon/Total

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L’Institut national du pétrole du Mozambique (INP) a déclaré vendredi ne pas avoir été informé de l’intention d’ExxonMobil et de Total de renégocier les termes de leur implication dans les projets de gaz naturel liquéfié (GNL) qu’ils ont lancés dans le pays.

Reuters

Reuters, citant trois sources, a rapporté mercredi dernier que les deux groupes cherchaient à prélever davantage de ressources dans un gisement exploité en commun au Mozambique, qui est évalué à 50 milliards de dollars (41,8 milliards d’euros) afin de réduire les coûts.

L’aval des autorités mozambicaines est nécessaire pour toute modification de l’accord de partage entre les deux groupes, qui stipule le volume de gaz prélevé.

Sollicité par courriel sur le sujet, Carlos Zacarias, le président de l’INP, l’organe qui régit le développement énergétique au Mozambique, a déclaré qu’il n’avait “pas encore été informé” des discussions entre les deux géants pétroliers et qu’il n’avait pris part à aucune négociation.

Suez s’engage à choyer ses actionnaires pour contrer Veolia

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Suez s’est engagé mardi à doubler la valeur de son titre pour ses actionnaires d’ici à 2022, à travers notamment un dividende exceptionnel ou des rachats d’actions, lors d’une série d’annonces en forme de plaidoyer en faveur de l’indépendance du groupe face au projet de rachat porté par Veolia.

Reuters

Le spécialiste de l’eau et des déchets a précisé dans un communiqué que ses nouvelles ambitions reposaient sur une accélération de son plan stratégique, avec un total de 4 milliards d’euros de cessions d’actifs visé dès début 2021 – au lieu de 3 à 4 milliards à fin 2023 précédemment – et 1,2 milliard d’économies annuelles à l’horizon 2023, contre un milliard annoncés à l’automne 2019.

Suez indique aussi que le retour à ses actionnaires pourrait atteindre au moins deux milliards d’euros d’ici à fin 2022, dont un milliard environ au titre du dividende ordinaire – à 0,65 euro par action en 2021 et 0,70 euro en 2022 – auquel s’ajoutera au moins un milliard de dividende exceptionnel ou de rachats d’actions «dès que possible et au plus tard au premier semestre 2021».

En complément, un milliard d’euros «pourrait venir renforcer les investissements dans la croissance organique et inorganique, en fonction des opportunités et en accord avec notre stricte discipline financière, ou faire l’objet d’une distribution extraordinaire».

Suez vise en outre un chiffre d’affaires supérieur à 16 milliards d’euros en 2021 et à 17 milliards en 2022 (contre 18 milliards en 2019), un résultat d’exploitation (Ebit) d’environ 1,35 à 1,50 milliard en 2021 et 1,7 milliard en 2022 (contre 1,4 milliard en 2019) et un résultat net récurrent par action compris entre 0,75 et 0,80 euro en 2021 et de 0,90 à 1,0 euro en 2022.

Le groupe, qui a aussi confirmé ses prévisions 2020 annoncées fin juillet, prévoit des investissements de croissance d’au moins 4,5 milliards d’euros de juin 2020 à décembre 2022, avec un renforcement dans ses métiers prioritaires et à forte croissance via «des opérations de croissance externe sélectives», pour près de 1,5 milliard.

Suez veut s’adresser à tous ses actionnaires

Il estime afficher désormais un «profil de croissance renforcé» à l’horizon 2022, avec notamment une rentabilité en hausse (progression de la marge d’Ebitda de 100 à 300 points de base), une nette amélioration de son retour sur capitaux employés (entre 6,5% et 7% en 2022 contre 4,9% en 2019) et une génération de flux de trésorerie récurrente supérieure à 500 millions d’euros par an.

Suez s’engage en outre à «amplifier» son actionnariat salarié sur les deux prochaines années.

Réitérant qu’il considérait l’approche de Veolia comme «hostile», le directeur général de Suez Bertrand Camus a estimé lors d’une conférence téléphonique que le groupe devait s’adresser à «tous ses actionnaires» afin qu’ils disposent d’un “même niveau d’information” et bénéficient d’un «traitement équitable».

L’addition de la croissance de l’Ebitda de Suez, des dividendes ordinaires et des dividendes exceptionnels ou des rachats d’actions envisagés représente «entre 12 et 13 euros par action de valeur supplémentaire pour les actionnaires d’ici 2022», a de son côté précisé le directeur financier Julian Waldron, le directeur financier.

Lundi soir, l’action Suez a clôturé sur un cours de 14,835 euros. Il était stable mardi dans les premiers échanges.

Veolia a proposé fin août de racheter l’essentiel de la participation d’Engie dans Suez (29,9% sur un total de 32%) pour 15,50 euros par action, soit un montant de 2,9 milliards d’euros, avant de lancer une offre sur le reste du capital de son concurrent afin de créer un champion français du traitement de l’eau et des déchets.

Le conseil d’administration d’Engie a mandaté jeudi son président Jean-Pierre Clamadieu pour obtenir de Veolia une offre de rachat améliorée tandis que Suez, qui s’oppose depuis le départ au projet de son rival, n’a de son côté pas été en mesure de proposer une alternative pour le moment.

Trump a menacé MBS de perdre le soutien militaire américain s’il ne réduisait pas la production de pétrole

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En lançant une guerre des prix contre la Russie et en inondant les marchés de pétrole, Mohammed ben Salmane a fini par agacer Donald Trump, qui selon Reuters a pris le téléphone le 2 avril pour menacer le téméraire prince héritier de retirer ses marines du royaume s’il ne se décidait pas de réduire la production du pétrole. Le ton du président américain était tel que MBS a ordonné à ses collaborateurs de le laisser seul pour poursuivre sa communication.

«Si l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ne commence pas à réduire sa production de pétrole, je ne pourrais pas empêcher les législateurs américains d’adopter une loi en faveur du retrait des troupes américaines stationnées dans le royaume» a menacé Trump, MBS lors d’un appel téléphonique le 2 avril, rapporte Reuters que quatre sources proches du dossier.

Mohammed ben Salmane aurait été tellement surpris par la menace qu’il a ordonné à ses collaborateurs de quitter la salle afin qu’il puisse poursuivre la discussion en privé, selon une source américaine qui a été informée de la discussion par de hauts responsables de l’administration.

Trump a transmis le message au prince héritier 10 jours avant l’annonce faite par l’OPEP+ de réduire plus de 10% la production du pétrole. Pour se résultat, le président américain n’a hésité à mettre sur la balance une alliance stratégique de 75 ans. Et pour la demande mondiale s’effondrait à cause de la pandémie de coronavirus mettant en péril le lobby des pétrolier à quelques mois des élections présidentielles.

Un haut responsable américain a déclaré à Reuters que l’administration avait informé les dirigeants saoudiens que, sans réduction de la production, « il n’y aurait aucun moyen d’empêcher le Congrès américain d’imposer des restrictions qui pourraient conduire à un retrait des forces américaines ». Le haut responsable a résumé la situation, à travers divers canaux diplomatiques, en disant aux dirigeants saoudiens : « Nous défendons votre industrie pendant que vous détruisez la nôtre. »

Interrogé sur le sujet par Reuters à l’occasion du points de presse quotidien sur le coronavirus de ce mercredi, Trump a répondu: «Je n’ai pas eu à le lui dire.» « Je pensais que lui et le président Poutine étaient très raisonnables, d’ailleurs, ils sont parvenus à un accord lors de cette conversation téléphonique », a-t-il ajouté.

Reuters rapporte qu’elle n’a pas pu avoir une conformation du côté de Riyadh, mais a pu avoir une déclaration d’un responsable saoudien, qui a requis l’anonymat.

« L’Arabie saoudite, les États-Unis et la Russie ont joué un rôle important dans l’accord OPEP+ sur les coupes pétrolières, mais sans la coopération des 23 pays qui ont pris part à l’accord, cela ne serait pas arrivé », a-t-il déclaré.

MBS s’est fait rouler par Poutine

Au terme de deux mois de guerre de prix avec la Russie, et obtenant un accord historique de baisse de production, MBS se targuait d’avoir gagner son pari. Mais le marché va vite le ratrraper. En effet, malgré l’accord visant à réduire un dixième de la production mondiale, les prix du pétrole ont continué de chuter à des niveaux historiquement bas. Les contrats à terme sur le pétrole américain sont tombés en dessous de 0 $ la semaine dernière.

MBS est tombé dans le piège de Poutine en se mettant à dos le puissant lobby pétrolier américain. D’ailleurs, les sénateurs américains représentant le Texas et le Dakota se sont mis à réclamer des sanctions contre l’Arabie saoudite

En effet, une semaine avant l’appel entre Donald Trump et MBS, les sénateurs républicains américains Kevin Cramer et Dan Sullivan ont déposé une loi visant à retirer du royaume toutes les troupes américaines, les missiles Patriot et les systèmes de défense antimissiles, à moins que l’Arabie saoudite ne réduise la production de pétrole.

Kevin Cramer, le sénateur républicain du Dakota du Nord, a déclaré à ce sujet à qu’il avait parlé à Donald Trump de la législation en question concernant l’Arabie saoudite le 30 mars, trois jours avant que le président n’appelle MBS.

Le secrétaire américain à l’Énergie, Dan Brouillette, a déclaré pour sa part à Reuters que le président se réservait le droit d’utiliser tous les outils pour protéger les producteurs américains, y compris «notre soutien à leurs besoins de défense».

Soixante-quinze ans après l’accord de Quincy, assurant la protection militaire américaine en échange de l’accès aux réserves de pétrole en Arabie saoudite, environ trois mille soldats américains sont stationnés dans le royaume.