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COP28 : Leila Benali s’offre une tribune au journal émirati «Attaqa»

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Leila Benali, la ministre marocaine chargée de la transition énergétique et du développement durable, a publié une tribune dans la plateforme spécialisée émirati Attaqa, quelques jours avant le démarrage des travaux de la COP28. Dans cet article, Mme Benali a a exploré l’équilibre entre le développement économique et social et les exigences de la durabilité environnementale, en réponse aux défis mondiaux actuels tels que les crises sanitaires, énergétiques et géopolitiques.

L’experte a mis l’accent sur l’engagement ferme du Maroc en faveur d’un avenir où les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, et l’intégration régionale jouent un rôle clé, tout en contribuant activement à la lutte mondiale contre le changement climatique.

Dans une tribune parue dans le magazine spécialisé Attaqa, notre ministre de la Transition Énergétique, Leila Benali, expose les défis auxquels le Maroc est confronté dans le contexte des crises sanitaires, énergétiques, environnementales et géopolitiques mondiales récentes.

Mme Benali souligne l’urgence de trouver un équilibre entre le développement économique et social, et les impératifs de durabilité et de protection de l’environnement. Elle met l’accent sur la nécessité d’adopter un modèle socio-économique plus flexible et résilient, tout en accélérant la transition vers un développement plus durable, en particulier dans le domaine de l’énergie.

La ministre en charge du Développement Durable décrit les projets ambitieux du Maroc dans les énergies nouvelles et renouvelables, ainsi que les initiatives clés qui reflètent l’engagement du pays en faveur du développement durable.

L’article aborde également la stratégie de transition énergétique du Maroc, qui repose sur une vision royale ambitieuse axée sur trois piliers principaux : les énergies renouvelables; l’efficacité énergétique; le renforcement de l’intégration régionale.

Benali souligne le rôle crucial du Maroc dans la lutte contre le changement climatique, mettant en évidence sa participation active aux efforts internationaux dans ce domaine. Elle met l’accent sur l’importance de la collaboration avec les partenaires internationaux pour atteindre l’objectif ambitieux de plus de 52% d’énergie renouvelable dans le mix électrique national d’ici 2030, soulignant les progrès déjà réalisés avec plus de 40% du mix énergétique actuel provenant des énergies renouvelables.

Dans le cadre de son engagement à fournir une énergie à faible teneur en carbone, le Maroc adopte une approche holistique, intégrant le gaz naturel comme carburant de transition et envisageant de renforcer l’infrastructure gazière. En parallèle, le pays vise une réduction de 20% de sa consommation énergétique d’ici 2030 grâce à environ 80 mesures concrètes.

Benali mentionne également les efforts du Maroc dans la contribution déterminée au niveau national (NDC), alignée sur l’objectif de 1,5 degré Celsius de l’accord de Paris sur le climat, visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre de plus de 45% d’ici 2030. Sous la direction du roi Mohammed VI, le Maroc s’engage à intégrer la durabilité dans ses projets de société et élabore une stratégie de développement durable à l’horizon 2035.

Le Maroc travaille également sur des programmes d’adaptation au changement climatique, nécessitant un budget d’environ 40 milliards de dollars. L’article conclut en soulignant l’importance de la coopération internationale et du financement transfrontalier pour promouvoir le développement durable à l’échelle mondiale, réaffirmant l’engagement du Maroc à collaborer avec toutes les nations pour relever les défis environnementaux globaux.


Texte integral de la tribune de Leila Benali


La ministre Leila Benali écrit pour “Attaqa”: Le Maroc vers un avenir durable

Stratégies de développement et transition énergétique face aux défis mondiaux

Les économies nationales ont subi une épreuve difficile suite à la succession de crises sanitaires, énergétiques, environnementales et géopolitiques ces dernières années. Il est donc devenu plus impératif d’atteindre un équilibre entre le développement économique et social et les exigences de durabilité et de protection de l’environnement.

Nous avons besoin d’un modèle socio-économique plus flexible et, en même temps, nous devons accélérer la transition vers un chemin de développement plus durable. Cette transition est particulièrement cruciale dans le domaine de l’énergie.

Cela se manifeste à travers une série de projets ambitieux dans les énergies nouvelles et renouvelables, ainsi que des initiatives significatives à tous les niveaux reflétant la détermination du Maroc à atteindre un développement durable conformément à une vision stratégique et durable. L’objectif est d’assurer notre sécurité énergétique à un coût raisonnable et équitable pour notre société, de réduire notre dépendance aux produits importés grâce à une gestion rationnelle et durable des ressources, et de compter sur notre potentiel considérable en énergies renouvelables.

Notre stratégie de transition énergétique repose sur une vision ambitieuse du roi, basée principalement sur trois axes, qui sont actuellement les piliers de nos principaux projets structurels :

  1. Les énergies renouvelables.
  2. L’efficacité énergétique.
  3. Le renforcement de l’intégration régionale.

Nous avons compris tôt qu’il fallait adopter une approche rigoureuse et réaliste avec nos partenaires pour atteindre notre objectif de dépasser 52% d’énergies renouvelables dans notre mix électrique national d’ici 2030.

Le Maroc a investi massivement dans ces domaines au cours des deux dernières décennies, et la part des énergies renouvelables dépasse actuellement 40% de notre mix énergétique. Notre objectif est de fournir à notre pays une énergie à faible teneur en carbone, renouvelable et disponible.

Que signifie l’approche globale pour la transition énergétique vers le développement durable ?

Nous croyons en une approche constante, cohérente, intégrée et évolutive. Par exemple, nous considérons le gaz naturel comme un carburant de transition ayant un rôle important à jouer dans notre futur système énergétique compétitif, à faible teneur en carbone et en coûts.

Nous prévoyons également de renforcer notre infrastructure gazière, avec des stations de regazéification et des pipelines pour le transport du gaz et, plus tard, de l’hydrogène vert. Cette étape est également la première phase d’un très important pipeline gazier entre le Nigeria et le Maroc, qui renforcera à son tour notre intégration régionale après avoir connecté le Maroc à l’Europe, électriquement et par gaz, dans les deux sens.

Nous savons aussi que nous avons l’un des meilleurs systèmes fiscaux et conditions fiscales au monde pour l’exploration et la production de ressources fossiles et minières.

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Il en va de même pour le secteur minier et les minéraux stratégiques. Le Maroc dispose désormais en grande quantité de ces minéraux qui sont importants pour la transition énergétique. Nous cherchons également à fournir des minéraux stratégiques spécifiques et vitaux pour la fabrication de turbines éoliennes, de panneaux solaires, de véhicules électriques et de batteries de stockage, ainsi que pour le transport et la distribution de l’énergie. Une meilleure gouvernance permet de réussir la transition à toutes les étapes de la chaîne de valeur.

Nous avons également lancé de nouvelles initiatives, dont la plus importante est l’entrée du Maroc sur le marché du gaz naturel liquéfié. Nous développons actuellement l’offre marocaine en hydrogène vert et nous nous efforçons d’établir une industrie sans émissions, de dessaler l’eau de mer en utilisant des énergies renouvelables, et de développer la recherche et l’innovation dans ces domaines.

Le Maroc et ses efforts dans la lutte contre le changement climatique

Si les questions de changement climatique et de préservation de l’environnement sont parmi les défis les plus importants auxquels le monde est confronté, le Royaume du Maroc figure en tête de liste des pays qui accordent une attention particulière à la lutte contre le changement climatique.

Nous avons été parmi les premiers pays à définir notre contribution déterminée au niveau national (CDN) pour qu’elle soit en adéquation avec l’objectif de 1,5 degré Celsius, et pour atteindre l’objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre de plus de 45% d’ici 2030 par rapport au scénario de référence.

En termes d’adaptation, nous travaillons à la mise en œuvre de programmes visant à renforcer la capacité des communautés les plus affectées à s’adapter au changement climatique, ce qui nécessite un budget estimé à environ 40 milliards de dollars américains. Nous travaillons également sur nos programmes sectoriels de décarbonisation dans le cadre de notre stratégie pour des émissions à faible teneur en carbone.

À travers ces stratégies, le Maroc réaffirme son engagement à relever les défis du développement durable et à continuer de travailler avec la communauté internationale, aux niveaux mondial et régional, en adoptant un véritable projet social, le nouveau modèle de développement, qui place la protection de l’environnement et le développement durable parmi les priorités nationales.

Avant d’être nommée ministre de la Transition énergétique, Mme Benali occupait le poste de principale économiste au Forum international de l’énergie, conseillère principale du Secrétaire général, des ministres et du Conseil exécutif en matière d’orientation stratégique et de marchés de l’énergie.

À l’approche de la conférence COP 28, nous avons eu un nouveau rendez-vous avec l’histoire à Marrakech après la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques COP22. Le Maroc a accueilli des réunions de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international pour discuter des questions de subventions, des marchés du carbone volontaires, de la stimulation des investissements des gouvernements et du secteur privé, des mécanismes de financement et de la transparence des coûts pour le climat et la transition énergétique, ainsi que des solutions pour un financement équitable et transparent.

Nous croyons aux incitations qui doivent être transfrontalières et permettre au Sud d’accéder à ces fonds, en plus de nos partenariats avec les États-Unis, l’Union européenne et de nombreux autres pays. Cela peut bénéficier de la réduction de l’inflation et de l’accord vert.

Ainsi, la conférence COP 28 à Dubaï, aux Émirats arabes unis, est une étape importante pour discuter du changement climatique, où les pays se rencontrent pour discuter et définir des plans et des engagements. Cela intervient dans un contexte où il est nécessaire que les pays développés respectent leur engagement de soutien de 100 milliards de dollars promis lors de la conférence COP 26 à Glasgow, en Écosse, en 2021.

La clé de la transition énergétique mondiale

La clé d’une transition rapide réside dans la rapidité du développement des technologies de batteries et de stockage, ainsi que la baisse rapide des coûts. Pour y parvenir au XXIe siècle, nous devons nous assurer que les marchés du carbone jouent un rôle crucial dans le succès de la transformation et de la transition énergétique, grâce aux technologies innovantes, modernes et durables.

Plus important encore, nous devons continuer à construire la confiance, gouvernements, acteurs et particuliers, afin de stimuler l’investissement et le financement des projets de manière inclusive, sans exclure aucune technologie ou combustible qui pourrait être important pour l’avenir.

Après notre participation à la COP 28, nous aurons une autre réunion en février 2024 avec les membres de l’Assemblée générale des Nations Unies pour l’environnement, présidée par le Maroc depuis environ deux ans, lors de la sixième session de l’Assemblée générale des Nations Unies pour l’environnement, organisée sous le thème «Actions efficaces, inclusives et durables pour lutter contre le changement climatique, la perte de biodiversité et la pollution».

Nous sommes satisfaits du travail accompli lors des consultations qui nous ont permis d’adopter ce sujet, et nous continuons à travailler avec tous les pays et autres parties pour faire de cette session une autre occasion de restaurer la confiance et de réaffirmer le rôle vital du multilatéralisme et de la coopération internationale, en soulignant l’importance du financement transfrontalier pour renforcer le développement durable à l’échelle mondiale, et l’importance de la synergie entre les accords environnementaux globaux, et de la solidarité dans l’appel à l’action pratique pour faire face à la crise environnementale mondiale triple en vue de préserver la planète Terre et d’assurer la durabilité de ses ressources pour les générations futures, en particulier face aux défis et crises.

En travaillant dur, je crois qu’il y a de l’espoir pour un avenir plus durable, car «une mer calme ne fait pas de bons marins».

Dr Leïla Benali, Ministre de la Transition Énergétique et du Développement Durable du Royaume du Maroc.

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