Nawfal Laarabi

Intelligence analyst. Reputation and influence Strategist
20 années d’expérience professionnelle au Maroc / Spécialisé dans l’accompagnement des organisations dans la mise en place de stratégies de communication d’influence.

Législatives au Maroc : frappe chirurgicale de haute précision dans un contexte régional explosif

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Du plus haut sommet de l’Etat en passant par de simples citoyens, le constat était unanime: «l’offre politique marocaine est faible». Le lancement du processus électoral a placé le Maroc durant des mois dans l’expectative et la crainte de l’incapacité des acteurs politiques de faire le job. Mais étonnamment, la victoire écrasante de Aziz Akhannouch dans le scrutin du 8 septembre a apporté soulagement et apaisement. De plus, la déconfiture inattendue du PJD a été accueillie avec une grande satisfaction par l’ensemble des marocains. Et pour cause, en plus d’avoir été pris en flagrant délit de mensonge et de manipulation, le parti dit islamiste, porté par le printemps arabe, avait fini par démanteler ce qui restait du fragile équilibre du paysage politique marocain, dans sa quête prédatrice du pouvoir.

Pendant ce temps là, la planète a accéléré le pas vers l’inconnu. L’hyperpuissance américaine a mis en branle sa grande artillerie pour reprendre le contrôle de l’ordre mondial : recadrage du Moyen-Orient, des relations américano-israéliennes et des accords d’Abraham, réhabilitation des talibans, marginalisation de l’Union Européenne, domination informationnelle et logistique de la crise du Covid et, last but not least, déclaration d’hostilité directe envers la Chine. Quand on superpose ces calques géopolitiques et sécuritaires et qu’on y rajoute l’état d’hystérie et de rage de la France après le plus grand affront jamais infligé à ce membre du conseil de sécurité par les États-unis, l’éjectant de tout influence militaire et d’intelligence du Pacifique, on ne peut que reconnaitre que la tenue des élections marocaines était en elle-même une grande prouesse. Le Maroc aurait pu réagir comme son voisin et mettre le pays sous cloche. Il ne l’a pas fait, sachant que tout le poussait à le faire. En effet, alors que le scrutin battait son plein, Paris était prête à incendier le Maghreb. «Vous m’avez éjecté du Pacifique, je vais vous éjecter de mon Maghreb !». En une semaine, la Tunisie s’enfonce dans l’inconnu, le processus démocratique libyen se gèle, des routiers marocains sont tués au Mali, les mercenaires de Wagner s’invitent au Sahel avec la bénédiction de l’Elysée, Alger et Paris se laissent couler des petites larmichettes sur les harkis et lancent conjointement une série d’attaques hostiles contre les intérêts économiques marocains visant entre autres l’OCP et la RAM.

Les législatives au Maroc ont été menées telle une frappe chirurgicale de haute precision. La hauteur de la monarchie a été déterminante pour ne pas précipiter le pays dans une hyperfebrilité improductive le préservant du scénario sanguinaire égyptien et de la dilettante suicidaire tunisienne. Il faut reconnaitre aussi, que Aziz Akhannouch a réussi tant bien que mal le pari de la constance durant cette campagne électorale à haut risque. Cela a été déterminant.

Les rangs resserrés, la cohérence retrouvée, le mélanome Benkirane extirpé, les marocains ont tout à gagner en faisant confiance à leurs institutions, car la guerre de survie ne fait que commencer.

Aziz Akhannouch a fait le job

Loin des commentaires puérils des bisounours et des herbivores de la politique, la Maroc à travers Aziz Akhannouch a réussi l’essentiel. Le personnage a finalement été capable de dérouler une campagne électorale dans la constance et sans écarts significatifs. Son poids dans l’appareil de l’Etat, son réseau de femmes et d’hommes et ses moyens financiers ont permis de mettre fin à toutes les tergiversations qui avaient altéré durant une décennie la construction d’une coalition gouvernementale cohérente et resserrée.

Akhannouch n’a pas eu que des cadeaux. Des medias outlets dits proches du deep state à l’image de Barlmane.com n’ont pas cessé de mettre en doute sa capacité à former un gouvernement. Abdellatif Ouahbi, Secrétaire général de la deuxième formation politique du Royaume a eu des mots très durs et parfois très graves à l’encontre de celui qui deviendra après son Chef de gouvernement.

De plus, Akhannouch est parti à la conquête de la chefferie du gouvernement avec un parti démembré. Mis à part les technocrates, Moulay Hafid Elalamy, Mohamed Benchaaboun et Nadia Fettah, tous les anciens ministres du RNI étaient complètement «cramés». Malgré cela, il les a impliqués dans la campagne à l’image de Rachid Talbi Alami et Mohamed Boussaid.

Aziz Akhannouch a réussi également à désactiver le roi du blocage et de l’incohérence des alliances politiques, à savoir Driss Lachgar, SG du parti de l’USFP. Le nuisible trouble fête et maître chanteur a capitulé après le dramatique suicide d’un de ses anciens lieutenants Abdelouahab Belfquih.

Le nouveau Chef de Gouvernement sera-t-il à la hauteur de la fonction ? Pourra-t-il naviguer dans les eaux troubles d’un monde devenu très dangereux ? Réussira-t-il à preserver la confiance de la monarchie ? Le temps nous le dira.

Bataille économique et bataille sécuritaire

La faillite des états est devenue la nouvelle manifestation de l’expression du malaise géopolitique mondial. Si, durant la vague du printemps arabe, le soulèvement de la rue était le point culminant des stratégies de ruptures ciblant des régimes en particulier, aujourd’hui c’est la banqueroute couplée à un vide institutionnel chronique qui placent une région du monde sous haute tension.

Deux pays sont actuellement en mode faillite dans le laboratoire du nouvel ordre mondial, le Liban et la Tunisie. Leur spectre plane sur l’ensemble des pays émergents dont les économies ont connu un arrêt brutal à cause du Covid. Le voisin algérien n’est pas mieux loti. La crise économique et institutionnelle est telle que le pays vit sous le risque d’une implosion imminente. D’ailleurs plusieurs rapports internes algériens prévoient un afflux massif de migrants algériens vers la frontière est marocaine en cas de la chute du régime.

Côté marocain, la tache reste très importante également. Au delà du renforcement de la sécurité alimentaire et énergétique, le gouvernement Aziz Akhannouch aura la lourde mission de relancer une économie très affaiblie par la crise sanitaire.

Une bataille économique qui s’inscrit dans un nouveau jeu d’alliance stratégique du Royaume. Repositionné dans l’échiquier international, le Maroc est passé à un mode dynamique de gestion de sa diplomatie et de sa souveraineté sur ses territoires.

Le rapprochement avec Israël est un fait indéniable. Un «Game Changer» qui n’est absolument pas au goût de l’Europe franco-allemande. Les fruits de cette dynamique ont été efficaces et immédiats: succès historique sur le dossier du Sahara, terrassement du polisario et du régime algérien, mise à niveau technologique et tactique décisive sur le plan militaire et de renseignement, négociation d’égal à égal avec se partenaires européens, etc.

D’ailleurs, il n’est pas anodin que la nouvelle ère Akhannouch soit synonyme de la nomination d’un nouvel inspecteur général des Force Armées Royales, en la personne du Général de Corps d’Armée, Belkhir El Farouk, en remplacement de Abdelfattah Louarak nommé après les élections de 2016.

Héros de la gestion de la crise de Guerguarat et architecte des manœuvres militaires avec les États-unis, «Africa lions 2021», Belkhir El Farouk incarne le marocain conquérant, intransigeant et décisif.

La déception française

Le pays qui se voit en 2050 le Liban de l’Europe et qui envisagerait de déporter 5 millions de musulmans s’ils ne changent pas de prénom n’a trouvé de bon durant les legislatives marocaines que de mettre en branle sa machine à salir. Même la chute du PJD ne semblait pas satisfaire le régime macronien, qui voit dans le succès du RNI un danger pour la stabilité du Maroc et dans le phosphate marocain un danger pour l’environnement mondial et dans l’accord de construction militaire avec Israël un danger sur ses intérêts en Algérie.

A sept mois des élections, Emmanuel Macron a pris l’affront anglo-saxon à l’encontre du poids de son pays dans l’échiquier international et le silence complice de la communauté internationale de manière très personnelle. Il ne cache plus qu’il utiliserait tous les moyens pour rétablir les rapports de forces, notamment en jouant les troubles fêtes au Maghreb et en Europe en attaquant les intérêts américains et britanniques dans notre région du monde.

Les américains ne semblent pas très pressés de calmer Emmanuel Macron. Ils tablent probablement sur sa défaite dans les présidentielles pour sceller les alliances occidentales en vue de l’affrontement imminent avec l’empire chinois.

«Nous reconnaissons que la réconciliation avec Paris prendra du temps et beaucoup de travail», a d’ailleurs déclaré le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken lors d’une conférence de presse en marge de l’Assemblée générale annuelle de l’ONU à New York tenue cette semaine.

Les marocains ne comprennent absolument pas la posture condescendante de la France et sa haine envers leur pays.

Les marocains ne supportent plus et n’acceptent plus ces chantages médiatiques sales et basses, pratiques désuètes d’un autre siècle.

Le régime algérien doit prendre au sérieux l’ultime main tendue du Roi Mohammed VI

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Le discours du trône de cette année a été très attendu. Libéré du complexe de «Vira Lata», le Maroc a imposé à la communauté internationale son propre agenda, priorisant ses intérêts souverains. Une stratégie de rupture qui a déchaîné les passions et a dévoilé au grand jour les relents colonialistes et impérialistes des premiers partenaires européens du Royaume. L’attente du discours a été récompensée. Le Roi Mohammed VI décide de prendre de la hauteur par rapport à tous les débats et les polémiques médiatiques et prône le pragmatisme et la bienveillance envers le régime algérien. Il ne fallait pas attendre la fin du discours pour que les commentaires affluent de tous bords. Les premières lectures précipitées ont fait état d’un rétropédalage du Maroc face à sa fermeté affichée vis-à-vis l’Algérie. C’est faux. Le Roi Mohammed VI n’a pas rompu avec le changement du paradigme dans la diplomatie marocaine. Le souverain a tenu à donner une dernière chance aux locataires du palais d’El Mouradia  en prenant à témoin les peuples marocains et algériens et la communauté internationale. Le régime algérien est devant ses choix, soit jouer propre et trouver une solution pérenne au dossier Sahara dans un esprit de fraternité et de bon voisinage, soit se renfermer dans sa posture suicidaire et replonger dans ses actes hostiles et malveillants, auquel cas il devra en assumer les conséquences.

Les régimes algériens qui se sont succédés ont priorisé l’obédience idéologique au communisme à l’esprit de bon voisinage et de fraternité. Sur plus de quarante années, ils ont mené une propagande nationale et internationale contre le Maroc dans le seul objectif de le diviser et de le déstabiliser. Ils ont fait du mal au Maroc en finançant, soutenant, accueillant  et armant un groupe de séparatistes. Gare à toute voix dissonante qui appelle à la réconciliation entre les deux pays, elle est systématiquement exécutée. À l’image du valeureux président Mohamed Boudiaf, assassiné en public pour qu’il serve d’exemple.

Face aux réussites économiques spectaculaires du Maroc, pays non pétrolier, diaboliser le voisin est devenu le cache misère des gouvernements et des militaires algériens. La propagande médiatique a assuré le service après vente mais sans résultats probants, il fallait fermer les frontières avec le Maroc et couper toute relation qui pouvait occasionner la comparaison.

Pour sa part, le Maroc n’a jamais souhaité du mal à son pays frère. Il a défendu durant 45 ans ses territoires libérés du colonialisme espagnol avec sagesse et retenue. Au moment où l’Algérie jouait le jeu de l’ancien colonisateur, qui n’a jamais oublié comment le défunt Hassan II lui a fait avaler la couleuvre avec l’organisation de la marche verte.

Une vérité historique qui s’exprime par la chaleur de l’accueil des algériens au Maroc, qu’ils soient artistes, politiques ou de simples citoyens.

D’ailleurs, le Roi Mohammed VI s’est appuyé sur cette réalité ancrée dans la croyance collective des peuples marocains et algériens dan son discours du trône de ce samedi.

«Je rassure Nos frères en Algérie : vous n’aurez jamais à craindre de la malveillance de la part du Maroc qui n’est nullement un danger ou une menace pour vous. En fait, ce qui vous affecte nous touche et ce qui vous atteint nous accable.» a assuré le souverain.

« Aussi, Nous considérons que la sécurité et la stabilité de l’Algérie, et la quiétude de son peuple sont organiquement liées à la sécurité et à la stabilité du Maroc. Corollairement, ce qui touche le Maroc affecte tout autant l’Algérie ; car les deux pays font indissolublement corps. » a-t-il affirmé.

Le Maroc n’est ni dupe, ni faible. Il a conscience de la légitimité du leadership royal et du consensus national au sujet du dossier du Sahara. Le monde entier le sait aujourd’hui : le Sahara est une ligne rouge pour les marocains. Demandez aux leaders d’opinion sur les réseaux sociaux de n’importe quel pays, il vous décriront comment ils se font lynchés quand le fameux trait s’affiche sur la carte du pays.

Dans un geste que seuls les Rois en connaissent le secret, Mohammed VI a exprimé toute sa bienveillance et sa fraternité, donnant encore une fois la chance au régime algérien, malgré son adversité maladive, repoussant le rubicon à ne pas franchir, tout en prenant à témoin l’ensemble du peuple algérien en premier lieu, son peuple et la communauté internationale.

Le Roi Mohammed VI a été clair et précis dans son appel à la raison envers le régime algérien : « Nous appelons à faire prévaloir la sagesse et les intérêts supérieurs de nos deux pays. Nous pourrons ainsi dépasser cette situation déplorable qui gâche les potentialités de nos deux pays, au grand dam de nos deux peuples et des liens d’affection et de fraternité qui les unissent ». Si après cette main tendue royale, le palais d’El Mouradia persiste dans sa stratégie de provocation et poursuit ses atteintes aux intérêts suprêmes du Royaume, d’aucun ne blâmera le Maroc de défendre bec et ongles le moindre millimètre carré de son territoire.

Le Maroc de Mohammed VI veut en finir avec «le grincement culturel» appelé sous d’autres cieux le complexe de «Vira Lata». Grace à des micros décisions, le pays a réussi à casser le plafond de verre de l’aliénation culturelle et s’investit à mettre fin à ce processus de dévalorisation systématique qui caractérise les pays émergents. Il s’agit là de l’unique façon de faire bouger les lignes et de sortir des schémas de cercles vicieux destructeurs.

Le Roi Mohammed VI amorce l’ère de la souveraineté sanitaire et industrielle du Maroc

Key points

  • Le Roi Mohammed VI a présidé ce lundi à Fès la signature d’un mémorandum relatif à la coopération pour le vaccin anti-Covid19 entre l’État marocain et le Groupe Pharmaceutique National de Chine (SINOPHARM). La délégation chinoise a participé à la cérémonie par visioconférence depuis Pékin.
  • Le Maroc s’appuie pour établir sa capacité de fabrication de vaccins sur le savoir-faire du groupe suédois Recipharm, 5ème sous-traitant mondial. Son président, Marc Funk, a fait le déplacement à Fès pour présenter le projet devant le roi.
  • Le Laboratoire marocain Sothema est partie prenante du projet en mettant à la disposition de l’État marocain ses installations de remplissage aseptiques.
  • A court terme, 5 millions de doses de vaccin anti-Covid19 seront produites par mois.
  • Le projet mobilisera un investissement global de l’ordre de 500 millions de dollars.
  • Samir Machhour, vice-président de Samsung Biologics, conseille le Maroc dans cette stratégie de fabrication et de mise en seringue au Maroc du vaccin anti-Covid19 et autres vaccins.

L’évènement

C’est à Fès que le Roi Mohammed VI, entouré de son Conseiller Fouad Ali El Himma, du Ministre des Affaires Étrangères, Nasser Bourita, du président du GPBM, Othman Benjelloun, du PDG d’Attijariwafa-Bank, Mohamed El Kettani, du PDG de la Banque Populaire, Mohamed Karim Mounir et du vice-président de Samsung Biologics, Samir Machhour, a lancé ce lundi 5 juillet un projet d’une enveloppe budgétaire de 500 millions de dollars pour le transfert de technologie visant à assurer le «fill & finish» des vaccins anti-Covid au Maroc, dernière étape de leurs fabrication (le flaconnage ou la mise en seringue).

Deux laboratoires pharmaceutiques étrangers ont été mis à contribution dans ce projet, le groupe chinois Sinopharm et le groupe suédois Recipharm. Le marocain Sothema pour sa part mettra à disposition de l’État marocain des installations de remplissage aseptiques pour la fabrication du vaccin anti-Covid19.

La cérémonie a été clôturée par la signature de trois accords devant le Roi, à savoir :

  1. Le Mémorandum relatif à la coopération pour le vaccin anti-Covid19 entre l’État marocain et le Groupe Pharmaceutique National de Chine (SINOPHARM), signé par le Ministre de la Santé, Khalid Ait Taleb, et le Président du Groupe Sinopharm, Liu Jingzhen.
  2. Le Mémorandum d’accord concernant l’établissement de capacités de fabrication de vaccins au Royaume du Maroc entre l’État marocain et la société Recipharm, signé par le Ministre de l’Économie, des Finances et de la Réforme de l’Administration, et Président du Conseil d’Administration du Fonds Mohammed VI pour l’Investissement, Mohamed Benchaâboune, le Président Directeur Général de la Société Recipharm, Marc Funk, et le représentant du consortium de banques marocaines, Othmane Benjelloun.
  3. Le Contrat de mise à disposition de l’État marocain des installations de remplissage aseptiques de la Société de Thérapeutique Marocaine (Sothema) pour la fabrication du vaccin anti-Covid19 propriété de la société Sinopharm entre l’État marocain et la société Sothema, signé par le Ministre de la Santé, Khalid Ait Taleb, et la Présidente Directrice Générale de la Sothema, Lamia Tazi.

En chiffres, le projet mis en branle ce lundi vise à démarrer à court terme avec une capacité de production mensuelle de 5 millions de doses de vaccin anti-Covid19, avant de passer à la vitesse de croisière sur le moyen terme.

Ce qu’on doit retenir

Face à la rareté des vaccins à l’échelle mondiale, aux risques sanitaires, aux dépendances extérieures et aux contingences politiques, le Roi Mohammed VI avait dès le troisième trimestre de 2020, enclenché le processus de l’établissement de capacités industrielles et biotechnologiques complètes et intégrées nationales, dédiées à la fabrication de vaccins au Maroc.

En effet le roi s’était entretenu le 31 août 2020 au téléphone avec le président chinois Xi Jinping. Les deux chefs d’État s’étaient engagés à une coopération opérationnelle bilatérale dans le cadre de la lutte contre la pandémie.

Le Maroc a été parmi les rares pays ayant participé aux essais cliniques du vaccin Sinopharm. En contrepartie, la Chine s’était engagée à opérer graduellement le transfert de son savoir faire au Royaume dans le but d’en faire une plateforme avancée d’export du vaccin anti-Covid vers l’Afrique.

Une année après, le Maroc n’a pas démérité dans sa gestion de la pandémie. Il se distingue au niveau mondial pour sa stratégie nationale de vaccination, surpassant certaines puissances européennes avec 25% de la population marocaine vaccinée, au moment où le continent africain enregistre un taux de 3% de taux de vaccination.

Aujourd’hui, Mohammed VI donne un coup d’accélérateur à la feuille de route de l’autosuffisance, la complémentarité sanitaire, en impliquant des géants mondiaux du pharmaceutique et de l’industrie biotechnologique, un acteur national dynamique et des bailleurs de fonds nationaux. Un écosystème vertueux, fruit partenariat prometteur qui amorce l’ère de la souveraineté sanitaire et industrielle du Maroc et consacre son rayonnement international.

Le Maroc s’engage ainsi dans la production, non seulement du vaccin anti-Covid, mais dans d’autres vaccins clés, de manière à faire du Maroc une plateforme de biotechnologie de premier plan à l’échelle du continent africain et du monde dans le domaine de l’industrie du «fill & finish».

Ce que vous devez observer

  1. Géopolitique : L’annonce de cet accord Maroc/Sinopharm (Chine) est d’ores et déjà reprise par l’ensemble des agences de presses internationales. Alors que le monde n’a jamais été aussi protectionniste et divisé, le Royaume du Maroc brise cet état de fait et joue la coopération internationale en impliquant trois continents : Asie, Europe et Afrique. Le monde occidental rejette la fabrication asiatique, notamment chinoise et indienne, faisant fi des besoins pressants des pays en voie de développement au moment où le Maroc persiste et signe dans sa feuille de route tracée dès le début de la pandémie en faveur d’une intégration régionale et continentale.
  2. Samir Machhour : Cet électron libre qui révèle un caractère moins introverti que celui du ministre de la santé semble plutôt bien engagé dans ce projet signé devant le souverain. Sa société MarocVax sera-t-elle parti prenante de l’écosystème industriel qui bénéficierait du savoir faire du groupe suédois Recipharm ?
  3. Sothema : Le rôle de Sothema dans la fabrication des vaccins Covid va-t-il se limiter à la mise à disposition de l’Etat de ses installations ?
  4. Pfizer/Sanofi : La mise en œuvre de cette plateforme biotechnologique, poussera-t-elle les autres fabricants mondiaux comme Pfizer ou Sanofi à signer d’autres accords similaires à ceux de Sinophram avec le Maroc ?

Urgent – Un avion des Forces Royales Air atterrit en Israël

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L’avion de transport militaire Hercules (CNA-OK) appartenant aux Forces Royales Air marocaines a atterri ce dimanche à la base aérienne de Hatzor en Israël. Selon les médias israéliens, le Maroc pourrait participer à des manœuvres militaires internationales majeures programmées cette semaine par l’Etat hébreux.

Le vol RMAF213 a atterri il y a 4 heures à Kanaf 4, la base de l’armée de l’air israélienne de Hatzor. Il s’agit d’un avion de transport de l’armée de l’air marocaine Lockheed C-130 Hercules immatriculé CNA-OK C130.

L’arrivée de cet avion militaire marocain survient en amont d’un exercice international conjoint avec l’armée de l’air israélienne et mené par les États-Unis.

Sollicité par le journaliste Barak Ravid de walla. co.il, le porte-parole de l’armée israélienne, Tsahal, a refusé de donner de détails au sujet de l’arrivée de l’avion militaire marocain, notamment sur la durée de son escale et sur l’éventuelle participation du Maroc aux manœuvres militaires aux côtés d’Israël.

« Tsahal coopère avec divers pays et armées étrangers, tout en menant des exercices, des réunions de haut niveau, des recherches et des développements conjoints. Nous ne parlerons pas de coopération avec un pays en particulier. » a-t-il souligné.

Le vol RMAF130 a été particulièrement suivi, ce dimanche matin, par les observateurs israéliens sur Twitter. Et pour cause, c’est la première fois qu’un avion militaire marocain atterrit en Israël.

https://twitter.com/ItayBlumental/status/1411624540837457920

La coopération en matière de sécurité entre Israël et le Maroc est une question politiquement très sensible, affirme le journaliste Barak Ravid. Ce dernier, rappelle l’information rapportée par l’agence de presse turque concernant la participation de navires de la marine israélienne et marocaine à un exercice international en mer Noire.

Après le départ de Netanyahu, le processus de paix entamé il y a quelques mois après la signature des accords d’Abraham, semble reprendre de plus belle. Le gouvernement Bennet-Lapid accélère depuis quelques jours avec la bénédiction de Washington la mise en œuvre desdits accords: nomination d’un ambassadeur du Bahreïn en Israël et ouverture des représentations diplomatiques à Abu Dhabi et à Dubaï en présence du ministre des affaires étrangères Yair Lapid.

African Lion 2021, les FAR rattrapent la bourde d’El Otmani

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Key Points

  • L’État-major général des Forces armées royales a dévoilé ce samedi, dans un communiqué publié sur la MAP, les dates et les lieux du déroulement de l’exercice combiné maroco-américain «African Lion 2021».
  • L’exercice «African Lion 2021» se déroulera du 07 au 18 juin 2021 dans les régions d’Agadir, Tifnit, Tan Tan, Mehbes, Tafraout, Ben Guérir et Kénitra.
  • Un tweet du Chef de Gouvernement Saad Eddine El Otmani annonçant, sans se référer aux FAR, le démarrage de ces exercices militaires au Sahara, a été largement relayé par la presse internationale, donnant l’occasion à l’Espagne et l’Algérie, de prolonger leur guerre médiatique contre le Maroc.
  • Finalement, la région Mehbes fait bel et bien partie des manœuvres militaires maroco-américaine contrairement aux déclarations attribuées à des responsables de l’Africom rapportée par la presse.
  • Pour rappel, les manouvres militaires de l’African Lion de 2020 avaient été annulé en raison du Covid.
  • L’exercice «African Lion» a été convenu en 2002 entre les «Marines» américains et les Forces armées royales marocaines. L’exercice militaire lui-même a été lancé en 2003, réunissant les deux pays ainsi que d’autres pays partenaires cherchant à améliorer l’interopérabilité et la coopération militaires.

Que ce passe-t-il

L’agence officiel marocaine MAP a publié ce samedi midi, un communiqué de l’Etat-major général des Forces armées royales annonçant les détails de l’exercice combiné maroco-américain «African Lion 2021».

«Sur hautes instructions du Roi Mohammed VI, Chef Suprême et Chef d’État-major Général des Forces Armées Royales, l’exercice combiné maroco-américain «African Lion 2021» se déroulera du 07 au 18 juin 2021 dans les régions d’Agadir, Tifnit, Tan Tan, Mehbes, Tafraout, Ben Guérir et Kénitra, impliquant de milliers de miliaires multinationaux et un nombre très important de matériel terrestre, aérien et maritime.» indique le communiqué.

Selon la même source, la 17ème édition de cet exercice connaîtra la participation, en plus des États-Unis et du Maroc de :

  • La Grande Bretagne,
  • Brésil,
  • Canada,
  • Tunisie,
  • Sénégal,
  • Pays Bas,
  • Italie,
  • Alliance Atlantique,
  • Observateurs militaires d’une trentaine de pays représentant l’Afrique, l’Europe et l’Amérique.

Les objectifs de cet exercice considéré parmi les exercices interalliés les plus importants dans le monde :

  • Renforcer les capacités manœuvrières des unités participantes;
  • Consolider l’interopérabilité entre les participants en matière de planification et de conduite d’opérations interarmées dans le cadre d’une coalition;
  • Perfectionner les tactiques, les techniques et les procédures;
  • Développer les aptitudes en matière de cyberdéfense, entraîner la composante aérienne à la conduite des opérations de chasse, d’appui et de ravitaillement en vol; consolider la coopération dans le domaine de la sécurité maritime;
  • Conduire des exercices en mer dans le domaine de la tactique navale et des luttes conventionnelles;
  • Mener des activités d’ordre humanitaire

L’exercice combiné maroco-américain «African Lion 2021», précise le communiqué, englobera, en plus des formations et des simulations aux activités du commandement et des entraînements sur les opérations de lutte contre les organismes terroristes violents, des exercices terrestres, aéroportés, aériens, maritimes et de décontamination NRBC (Nucléaire, Radiologique, Biologique et Chimique).

En marge des manœuvres militaires, des side events à vocation humanitaire, ont été également programmé. En effet, un Hôpital médicochirurgical de campagne sera déployé au niveau d’Amlen (Tafraout) où des prestations médicales et chirurgicales vont être dispensées au profit des populations locales de la région, par des équipes médicales constituées de médecins et d’infirmiers des FAR et de l’Armée américaine, a relevé l’État-major général.

17ème édition des «African Lion»

L’exercice «African Lion 2021», en tant qu’exercice multinational interarmées, fait partie des exercices majeurs organisé et dirigé conjointement par le commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM) et les Forces Armées Royales. Il a été décidé en 2002 et la première édition s’est déroulée un an après, en 2003.

L’exercice militaire vise à :

  • Consolider le niveau de coopération et de formation,
  • Accroitre l’interopérabilité,
  • Promouvoir l’échange d’expérience et de savoir entre les différentes composantes militaires,
  • Atteindre leur pleine capacité opérationnelle.

Ce qu’il faut retenir

L’Espagne a montré son vrai visage anti intégrité territoriale du royaume, surtout après la reconnaissance de l’administration américaine de la souveraineté du Maroc sur le Sahara. Les percées diplomatiques du Royaume et son affranchissement de sa réserve historique en termes de relations internationales, a réveillé les vieux démons colonialistes des régimes fascistes qu’on croyaient éteints après leur défaite dans la deuxième guerre mondiale.

Ni l’Allemagne, ni l’Espagne qui considèrent le soft power marocain et l’alignement avec Washington, comme un danger contre leurs intérêts vitaux en Afrique, ne vont participer dans l’exercice «African Lion 2021», pourtant tout ce beau monde est membre de l’Otan et de la coalition mondiale contre le terrorisme.

Ce «Caca nerveux» de ces deux pays européens confirme les déclarations de Macron, d’Erdogan et de Poutine qui avaient annoncé avant même la crise sanitaire la mort cérébrale de l’Otan.

Le Maroc est appelé à jouer dans la cour des grands. Il n’a pas le choix que de se battre contre des résidus des anciens colons. Pour cela, il se doit de renforcer sa la scène politique interne et de se délester des bras cassés, à l’image de Saad Eddine El Otmani, dont les bourdes et les ratés sont encore plus graves que les gesticulations de certains voisins.

La crise israélo-palestinienne a permis de crever l’abcès avec Biden

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Key Points :

  • Suite à la réunion du cabinet de sécurité israélien de ce jeudi 20 mai au soir, le gouvernement israélien a approuvé l’idée d’un cessez-le-feu avec le Hamas, après presque deux semaines de conflit à Gaza.
  • Le Hamas et le Jihad Islamique ont confirmé par la suite le cessez-le-feu, qui devrait débuter vendredi matin.
  • Netanyahu et Biden choisissent Al-Sissi au lieu de Tamim ou du roi Abdallah II pour jouer les intermédiaires avec le Hamas.
  • Paris et Berlin se sont particulièrement investies dans la crise israélo-palestinienne dans l’objectif de regagner de l’influence géopolitique perdue avec Trump.
  • La crise a permis à l’ensemble des parties prenantes de «crever l’abcès» avec Joe Biden et de briser la «glace sibérienne» installée par son administration.

Que se passe-t-il :

Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a confirmé dans un communiqué, publié jeudi soir, que le cabinet de sécurité israélien a approuvé à l’unanimité un cessez-le-feu à Gaza.

Le communiqué indique que les ministres ont convenu «d’accepter l’initiative égyptienne pour un cessez-le-feu mutuel sans aucune condition, qui entrera en vigueur à une heure qui sera déterminée plus tard».

Avant le vote, les responsables de la défense ( de l’Etat hébreux) ont présenté aux ministres les réalisations militaires d’Israël au cours de la campagne, dont certaines «sans précédent», indique le communiqué.

«Le cabinet (de sécurité) a accepté à l’unanimité la recommandation de l’ensemble des responsables sécuritaires (…) d’accepter l’initiative égyptienne de cessez-le-feu bilatéral sans conditions. (…) le principe de base sera «calme pour tranquillité», ont indiqué les autorités israéliennes.

Dans la bande de Gaza, le Hamas, mais aussi le Jihad Islamique, deuxième groupe armé de l’enclave, ont confirmé à Reuters l’entrée en vigueur de cette trêve dès 2 h locales vendredi (23 h GMT jeudi).

Ce qu’il faut savoir :

Les tractations diplomatiques se sont intensifiées ces dernières 48 heures, alors que l’administration Biden commençait à manifester une impatience visible malgré un soutien constent et public au droit d’Israël à se défendre.

Après trois vétos de Washington, bloquant des motions proposés par trois membres du Conseil de sécurité de l’ONU à savoir : la Norvège, la Tunisie et la Chine, qui contraignaient Israël, la France a déposé mardi soir une résolution devant ledit Conseil, en coordination avec l’Égypte et la Jordanie pour réclamer un cessez-le-feu.

En raison de la confiance dont jouit le président égyptien Abdelfattah Al-Sissi auprès de Netanyahu, ce dernier a tourné le dos à toutes les autres parties-prenantes habituées au dossier palestinien, notamment la Jordanie et le Qatar. Bibi entretient une relation exécrable avec le Roi Abdallah II et se méfie de la proximité du leader du Hamas, Ismaël Haniyeh avec l’émir Tamim ben Hamad al-Thani.

Avec cette médiation et en acceptant de rejouer le rôle de Hosni Moubarak en renouant des relations d’intelligence et de renseignement avec le mouvement Hamas, Al Sissi avale une belle couleuvre. Il a fait de l’anti-Hamas sa raison d’ascension au trône. Le régime militaire a effet mis beaucoup d’énergie à positionner le mouvement palestinien comme le mal absolu auprès de l’opinion publique égyptienne. Cette médiation couterait également à l’Egypte et ses sponsors 500 millions de dollars pour la reconstruction de Gaza.

« Deux délégations égyptiennes seront envoyées à Tel-Aviv et dans les Territoires palestiniens pour surveiller la mise en œuvre (du cessez-le-feu) et le processus pour maintenir des conditions stables de manière permanente » , ont par ailleurs indiqué à l’AFP des sources diplomatiques égyptiennes, soulignant que cette trêve « simultanée et mutuelle » avait été « négociée par l’Egypte ».

Côté européen, les médias du vieux continent se sont transformés en machines de propagande de l’ambition franco-allemande de transformer cette crise israélo-palestinienne en une opportunité de se replacer sur l’échiquier géopolitique après avoir été chassés par Trump.

Ce qu’on ne lit pas dans les dépêches de l’AFP c’est comment la machine diplomatique et médiatique israélienne s’est mobilisée durant les dernières 48h contre les tentatives de la France de faire passer une résolution plus en faveur de son influence qu’en faveur de la crise.

Dans le même registre, les dépêches de l’AFP laissent penser que l’Allemagne aurait joué un rôle décisif dans le cessez-le-feu approuvé ce jeudi, en évoquant la visite du ministres des affaires étrangères, Heiko Maas et l’appel concomitant à ce déplacement de la Chancelière Angela Merkel avec le président palestinien Mahmoud Abbas.

D’un côté, l’Allemagne ne veut absolument déroger de la ligne diplomatique occidentale, indéniablement 100% pro-Israël, soutenant les bombardements israéliens sur Gaza et de l’autre côté Angela Merkel, la sainte des saintes n’oublie pas de récupérer la très larges solidarité médiatique avec la cause palestinienne.

Ce qu’il faut suivre :

Benjamin Netanyahu a démontré sa grande capacité de résilience face à une nouvelle administration américaine qui lui est totalement hostile. Une inimitié qui s’est concrétisée par la ligne éditoriale inhabituellement critique de la chaine CNN envers les bombardements israélien de Gaza. d’ailleurs Tsahal a montré à plusieurs reprises une nervosité envers les journalistes de la célèbre chaine, qui pour rappel avait osé l’impensable, couper le micro d’un président américain en exercice, en l’occurrence Trump.

Les analystes et les médias arabes en particulier ont analyser le présent cessez-le-feu, sans aucune condition, comme un échec cuisant de Netanyahu et surtout celui d’une armée et d’un arsenal israéliens invincibles dans l’inconscient collectif des populations arabes. Croire cela, c’est ne pas voir pas plus loin que le bout de son nez.

Et pour cause, cette crise a réussi à se hisser à rang numéro 1 des évènements géopolitique, médiatique et humanitaire de la planète, surpassant la crise du Covid. Une pôle position qui a été gagnée grâce 1) aux images diffusées en directes sur tous les écrans, de la mort des femmes, enfants et combattants palestiniens; 2) des nuits illuminés par une guerre des étoiles entre le dôme de fer israélien et les barrages de roquettes iraniens; 3) de la peur et des cris des israéliens dans les rues, cherchant refuges; 4) La cerise sur le gâteau, les scènes de destruction des bureaux des médias internationaux à Gaza.

Avec un peu de recul surtout après l’annonce du cessez-le-feu, cette guerre hypermédiatisée et hyper «trending» sur l’ensemble des réseaux sociaux de la planète, a constitué l’abcès qu’il fallait crever depuis l’installation du glacial Joe Biden :

  1. C’est «grâce» à la médiatisation de ce conflit que Joe Biden et son administration a daigné se tourner vers cette région du monde bousculée par son prédécesseur. En effet, ce sont les roquettes du Hamas, les missiles et les drones israéliens qui ont finalement permis à Biden de composer le numéro de Mahmoud Abbas, d’Al-Sissi ( le dictateur préféré de Trump) et à deux reprises Netanyahu.
  2. Biden a profité de cette crise pour tenter de se libérer des contraintes que lui a laissé Trump tout en montrant au monde entier très impatient de le voir à l’œuvre, sa manière de faire les relations internationales.
  3. L’affrontement armé a dévoilé au monde entier l’arsenal très important dont dispose désormais le Hamas. Israël a profité de cet étalage de force,- considéré par les proxys iraniens comme une nouvelle capacité de dissuasion-, pour 1) «éliminer» en toute quiétude des chefs militaires de la résistance; 2) détruire des infrastructures stratégiques du mouvement Hamas; 3) Rappeler et installer durablement la peur au sein de la population israélienne contre le danger islamiste, coupant l’herbe sous la gauche chargée de constituer un gouvernement toute en renforçant les positions de ses alliés d’extrême droite. Une peur transmise également aux voisins arabes et à l’Europe, qui ne peuvent imaginer le même scénario de rafales de missiles sur leur territoires.
  4. Cette crise a été l’occasion pour l’Iran et la Russie de déplacer le terrain d’adversité contre Joe Biden sur un champ inflammable. La technologie russe et la logistique iranienne ont montré leur efficacité contre un matériel américano-britannique.
  5. Le Maroc qui a su garder une équidistance avec l’ensemble des parties prenantes du conflit, a été naturellement invité dans le dispositif géopolitique américain pour l’installation d’une stabilité durable dans la région.

La conférence de presse tenue par Benjamin Netanyahu ce mercredi 19 mai permet de déceler des clés de lectures de la situation. Particulièrement fébrile, le premier ministre israélien a réussi lors de cet exercice à transmettre un mix d’émotions négative sur l’avenir de la région sans lui et avec le Hamas.

Montrer le Hamas plus dangereux que jamais, aussi bien pour la politique palestinienne en Cisjordanie que pour la sécurité d’Israël pourrait s’avérer être plus productif pour sa carrière mais aussi pour son camp politique que les images catastrophiques des bombes au phosphore blanc utilisées en 2009 contre la même Gaza, l’année même de sa montée au pouvoir.

Ahmed Charaï : Biden devrait prendre les devants pour relancer le processus de paix israélo-palestinien

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Depuis sa prise de fonction en janvier 2021, le président américain Joe Biden a montré peu d’engagement et beaucoup de prudence dans la poursuite de la mise en œuvre des accords de paix israélo-palestiniens enclenchés par son prédécesseur. Contrairement au dossier iranien pour lequel la nouvelle administration a affiché une forte détermination, Biden a choisi une approche «Stand Back» au sujet des «Accords d’Abrahams». Laquelle posture est devenue insoutenable avec l’éclatement du conflit armé entre israéliens et palestiniens. En effet, alors que les roquettes du Hamas pleuvaient sur les villes israéliennes, et que l’artillerie israélienne ripostait en bombardant et détruisant des bâtiments dans la bande de Gaza tuant femmes et enfants, le président Biden est resté longtemps muet face à l’escalade de la crise. «Le prolongement des combats armés à Gaza menace les fondations des accords de paix et de réconciliations naissants qui n’ont pas encore été fermement enracinés» alerte Ahmed Charaï dans son édito dans The Jerusalem Post. «Le président Biden devrait prendre les devants et chercher à mobiliser toutes les parties prenantes afin de créer une nouvelle initiative multilatérale pour relancer les efforts de paix israélo-palestiniens», recommande l’éditorialiste. Dans son autre «paper analysis» paru sur The National Interest, M. Charai, estime que le conflit armé qui se déroule actuellement en Israël est le résultat de l’impasse politique de Netanyahu, incapable de former une coalition gouvernementale solide et de la guerre par procuration que mène l’Iran via «son proxy», le Hamas.

Ahmed Charai a été l’un des premiers analystes à alerter sur la gravité de l’escalade armée entre palestiniens et israéliens et à noter la politique de retrait de Joe Biden dans sa gestion du conflit israélo-palestinien, et ce dès les premiers signes avant- coureurs de la crise qui enflamme aujourd’hui la région.

C’est dans un éditorial paru sur The Jerusalem Post et d’un «paper analysis» publié sur The National Interest le 13 mai dernier, que l’analyste a plaidé pour l’urgence d’un rôle plus activiste de Joe Biden et de son administration pour mettre fin aux affrontements meurtriers et pour préserver les accords de paix signés par son prédécesseur, ainsi que la réconciliation entre Tel-Aviv et les capitales arabes, avancée remarquable et décisive pour une coexistence pacifique entre palestiniens et israéliens.

«Le monde regarde avec détresse la souffrance des Palestiniens et des Israéliens victimes d’une autre série de conflits qui, selon toute vraisemblance, changera peu mais nuira à beaucoup» a écrit M. Charai.

«Cette fois-ci, l’affrontement est plus laid et peut s’avérer plus meurtrier que n’importe quelle conflagration précédente entre l’État hébreux et les factions armées palestiniennes», prédisait l’analyste.

Biden, la tête ailleurs

Dans des déclarations publiques, le président américain, son secrétaire d’État Antony Blinken ainsi que son ministre de défense ont répété avec force la formule américaine standard concernant le droit d’Israël à la légitime défense face aux tirs de roquettes palestiniennes.

Tout en se déclarant préoccupé par le nombre croissant de Palestiniens tués dans les frappes aériennes israéliennes, ils ont établi une «distinction claire et absolue» entre «une organisation terroriste ciblant des civils et Israël ciblant les terroristes».

Joe Biden n’a vu aucune «réaction excessive significative» dans la réponse israélienne à la pluie de missiles du Hamas, un jugement qui pourrait être compris comme un feu vert implicite pour que l’opération se poursuive, malgré les appels au calme de la communauté internationale.

Par ces déclarations ainsi que par trois vétos en une semaine contre un texte du Conseil de sécurité condamnant l’Etat hébreux, Washington donne à Israël une «carte blanche» pour répondre aux attaques des factions armées palestiniennes jusqu’au moment où il sera jugé qu’Israël aurait réussi de détruire l’infrastructure militaire du Hamas.

Mais en même temps, la nouvelle administration américaine indique clairement que ses priorités diplomatiques se situaient ailleurs. Elle continue d’imposer une approche minimaliste discrète, naviguant dans un cimetière d’initiatives de paix qu’elle a dirigée, essayant de faire le tout contraire de l’administration Trump.

Une pression ferme de Joe Biden pour empêcher une escalade majeure à Gaza

Joe Biden et son administration ont utilisé jusqu’à aujourd’hui un ton bienveillant, appelant à la désescalade de la violence et à la nécessité pour les Israéliens et les Palestiniens «d’être en mesure de vivre en sécurité» et de «jouir dans la même mesure de la liberté, de la sécurité, de la prospérité et de la démocratie», souligne M Charaï.

Toutefois, estime l’éditorialiste, l’administration Biden gagnerait à s’investir davantage pour mettre fin à cette vague d’escalade, la plus intense depuis sept ans.

Reconnaissant que les priorités de l’administration américaine en matière de politique étrangère se trouvent ailleurs, Ahmed Charaï considère qu’une posture plus «militante» pourrait commencer par «une série de petits pas qui signaleraient une volonté d’impliquer les parties locales» à savoir :

1.L’administration américaine devrait agir rapidement pour pourvoir le poste vacant d’ambassadeur américain à Jérusalem; «un tel déménagement ne coûte rien d’autre que des cables diplomatiques», précise notre analyste.
2.Biden qui avait tardé à parler avec Mahmoud Abbas, devrait donner une plus forte influence internationale au président palestinien. Un tel coup de pouce est indispensable pour que le dirigeant modéré ne soit pas éclipsé par les extrémistes du Hamas. «Même si l’éclat de l’Autorité palestinienne s’est estompé ces dernières années, elle reste néanmoins le représentant internationalement reconnu du peuple palestinien. Qui de surcroit affirme toujours l’engagement en faveur d’une solution à deux États».
3.Une pression ferme de l’administration américaine pour empêcher une escalade majeure à Gaza pourrait servir le double objectif de réaffirmer le leadership américain dans la région et de sauvegarder une nouvelle tête de pont pour la coexistence arabo-israélienne.

Un engagement volontariste de Joe Biden servira un objectif immédiat et urgent, affirme M. Charaï. Car une fois un état de calme serait rétabli, une nouvelle initiative multilatérale pour relancer les efforts de paix israélo-palestiniens s’impose. Le président américain devrait prendre les devants et chercher à mobiliser les parties prenantes à même d’assurer des résultats fructueux. Lesquelles parties prenantes devraient être constituées «des Émirats arabes unis, du Bahreïn, du Maroc, de la Jordanie, de l’Égypte et de l’Union européenne».

Guerre par procuration entre l’Iran et Israël

Avec le déplacement de la politique étrangère américaine vers la Chine, la mise en veille des «Accords d’Abraham» et la baisse considérable de la pression de la communauté internationale sur l’Iran, le régime des mollahs a profité de l’impasse électorale israélienne et des manœuvres de l’extrême droite du pays pour déplacer la guerre qui fait rage entre Tel-Aviv et Téhéran depuis l’assassinat de Qassem Soleimani, numéro 2 du régime, au cœur des territoires palestiniens.

Dans une interview diffusée sur la chaine de télévision irakienne Al-Ahd TV en date du 7 mai 2021, un haut responsable du Jihad Islamique Palestinien, Ramez Al-Halabi, a déclaré que les roquettes utilisées par la faction pour cibler Tel Aviv portent la signature de l’Iran et de Quassem Soleimani, commandant de la Force Qods du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) tué en janvier 2020 lors d’une frappe aérienne américaine à Bagdad.

Il a affirmé que les membres des factions étaient formés par le CGRI et que l’argent iranien était utilisé pour acheter des armes pour les factions armées à Gaza et au Liban. Al-Halabi a ajouté que chaque maison de Gaza a le portrait de Soleimani et que «ce sont eux [l’Iran] qui nous soutiennent avec des armes, de l’argent et de la nourriture».

L’Iran fournit nos missiles, armes, fonds et nourriture, nos hommes armés «ont été formés par nos frères dans le GRI»; Sans l’aide de l’Iran, nous ne serions pas en mesure de tirer des roquettes sur Tel Aviv. Qassem Soleimani a personnellement supervisé le transfert de roquettes vers Gaza.

Entre l’axe Jérusalem et Beyrouth, l’axe Jérusalem et Bagdad, l’axe Jérusalem et Damas, l’axe Jérusalem et Sanaa, l’axe entre Jérusalem Téhéran, est l’axe victorieux.

Ramez Al-Halabi Haut responsable du Jihad Islamique palestinien

Dans une interview du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, en date du 27 décembre 2020, ce dernier a révélé que les avions israéliens avaient bombardé des usines d’armes au Soudan, car ils disposaient d’entrepôts d’armes, de munitions et de missiles qui seront envoyés plus tard, par des moyens divers, dans la bande de Gaza.»

Dans une autre déclaration cette fois-ci de Mahmoud Al-Zahar, en date du 28 décembre 2020, le haut responsable du Hamas a remercié l’Iran sur la fourniture du missile antichar russe le Kornet. Al-Zahar a affirmé que ce missile est devenu nécessaire à la lutte contre l’Etat d’occupation car il lui sera difficile de s’approcher des frontières de Gaza.

Aujourd’hui, il y a donc plus aucun doute sur les responsabilités de Téhéran dans l’approvisionnement continu en matériel de guerre en faveur à la fois des milices armée palestiniens et également au profit des rebelles chiites houthis du Yémen. D’ailleurs, la stratégie des «attaques en essaim» avec des batteries mobiles activées simultanément afin d’atteindre la saturation des batteries israéliennes du système d’interception «Iron Dome» est la même qui a été utilisée contre l’Arabie Saoudite et son système de défense antiaérien Patriot, endommageant entre autres une installation stratégique d’Aramco.

Le Hamas a réussi à lancer plus de 3000 missiles et roquettes en une semaine atteignant des fois une portée de plus de 250 km. Une artillerie en quantité et en qualité incroyables à travers laquelle Téhéran a réussi à mener une guerre par procuration au cœur d’Israël.

«Comme dans chaque cycle de conflit israélo-palestinien, le combat entre les deux parties est transmis et amplifié à travers la région, alimentant encore plus d’animosité envers les Israéliens dans le monde arabe», indique Ahmed Charaï.

L’Iran profite de cette dynamique négative et de cet environnement empoisonné. Le recours à la violence aveugle est assimilé à du courage, donnant l’illusion aux yeux de nombreux Palestiniens, que le Hamas était la seule force disposée à «tenir tête à Israël» et à «défendre al-Aqsa» contre l’empiétement israélien.

Ce machiavélisme iranien isole jour après jour les Palestiniens et autres Arabes sympathisants de la paix et de la réconciliation. Ils sont confrontés à la marginalisation ou sont qualifiés de traîtres. Cela s’étend même à ceux, comme le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, avec de longs antécédents d’opposition à la politique israélienne, s’indigne M. Charaï.

Et d’ajouter, une confrontation prolongée menacerait sûrement la stabilité sociale en Cisjordanie, qui jusqu’à présent a été une oasis de calme.

Une sévère crise politique en toile de fond

Quatre élections en moins de deux ans et toujours pas de majorité claire pouvant constituer le gouvernement israélien. Après l’échec de Benjamin Netanyahu à former une coalition, le président israélien Reuven Rivlin a donné, mercredi 5 mai jusqu’au 2 juin, mandat au chef de l’opposition, Yaïr Lapid, de former un gouvernement.

Quelques jours après, Itamar Ben-Gvir, chef du parti extrémiste Otzma Yehudit (Force juive), allié de Netanyahu, va mettre un coup de pression en participant aux affrontements à Cheikh Jarrah et autour du mont du Temple. Deux évènements déclencheurs de l’actuel escalade meurtrière.

Ces évènements vont certainement peser sur la gauche qui a suspendu ses négociations pour former un gouvernement. Son échec donnerait à Netanyahu, en procès pour corruption, une nouvelle chance à travers une cinquième élection. Mais à quel prix. Le Hamas financé par le Qatar et armé par l’Iran se positionne en défenseur de Gaza avec 2 millions de Palestiniens pris en otage. L’organisation islamo-nationaliste réussi à fédérer une large frange des musulmans de par le monde ainsi que le mouvement palestinien en mal de leadership et sans horizon politique, en prétendant incarner la défense de Jérusalem et plus particulièrement de la mosquée al-Aqsa.

«Il est à peine besoin de dire que la paralysie politique en Israël au cours des deux dernières années a largement contribué à cette impasse» écrit Ahmed Charai dans son analyse parue sur The National Interest.

«La plupart des dirigeants du pays s’attachent étroitement à survivre aux épreuves politiques de l’époque, ne laissant aucune place à l’empathie stratégique à long terme sans laquelle Israël ne peut établir des relations amicales et pacifiques avec ses voisins palestiniens. Pour le bien de l’avenir de leur pays, ils doivent travailler pour transcender ces deux épreuves – et leurs propres ego conflictuels – pour parvenir à un cessez-le-feu.» conclut-il.


M. Ahmed Charai est éditorialiste et éditeur de presse, Administrateur de Plusieurs Think tank à Washington – Membre du Conseil d’Administration du “Center for Strategic and International Studies” à Washington, – – Membre du Directoire de l’ONG “Search for Common Ground” à Washington, – Membre du Conseil du Directoire de ” The Atlantic Council of United States” à Washington – Membre du Conseil Editorial Consultatif de “The National Interest’s Magazine” à Washington. – Membre du Conseil d’Administration du “The Foreign Policy Research Institute” à Philadelphia– Membre du Conseil d’Administration du International Crisis Group. Mr Charai est aussi membre du conseil Consultatif de Gatestone Institute à New York. Mr Charai, s’exprime souvent dans de grands journaux et médias américains dont le Wall Street Journal, New York Times, Le Monde, Fox News, National Interest Magazine, Huffington Post.

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