Afrique

Stratfor : Les sanctions de la CEDEAO contre le Mali risquent de renforcer sa dépendance à l’égard de la Russie

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La Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest, la CEDEAO, a décidé dimanche 9 janvier, d’imposer des sanctions sévères à l’encontre du Mali. Un acte inattendu qui intervient 10 jours après l’annonce des autorités maliennes de transition de la mise en place d’un nouveau calendrier électoral qui repousse l’organisation des élections à décembre 2025 au lieu de février 2022 comme initialement prévu. Cependant le fond de crise est essentiellement sécuritaire et géostratégique. La tension a émergé après l’annonce du retrait de l’armée française du Sahel ayant perdu tout contrôle sur la région. Un vide immédiatement remplacé par les mercenaires russes de Wagner qui assurent désormais la sécurité de la junte militaire malienne. Dans son «snapshot» du 10 janvier, la société d’intelligence économique et de renseignement, Stratfor, analyse les risques de l’opération d’asphyxie du Mali. Le rapport estime que les sanctions de la CEDEAO réduiraient davantage l’influence française au profit d’une influence russe. Du pain béni pour Moscou qui pourrait jouer la carte de la promotion d’une stabilité accrue indépendamment d’une transition démocratique du Mali.

Lundi 10 janvier, les autorités de transition maliennes étaient encore sous le choc de la décision surprise annoncée dimanche par les pays de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest, la CEDEAO, de fermer leurs frontières, de rompre leurs relations diplomatiques, d’imposer des sanctions économiques sévères, de suspendre les transactions financières non essentielles et de geler des avoirs de l’Etat malien dans les banques commerciales de l’organisation panafricaine.

Un porte-parole du président malien par intérim a déclaré que ces sanctions étaient illégales et illégitimes et que le report des élections était dû à la violence de l’insurrection islamiste. Et qu’en réponse, le Mali fermerait ses frontières terrestres avec les États voisins de la CEDEAO (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Niger et Sénégal).

De leur part, les responsables de la CEDEAO ont déclaré qu’ils ne lèveraient pas les sanctions à moins que les responsables maliens ne proposent un calendrier électoral acceptable.

Il s’agit de la deuxième vague de sanctions contre le Mali par la CEDEAO depuis le coup d’État de 2020. Elle avait suspendu l’adhésion du pays, gelé les actifs de l’autorité de transition, imposé des interdictions de voyager, fermé les frontières et interrompu les flux financiers vers le pays. Les importations du Mali en provenance de ses deux principaux partenaires commerciaux, le Sénégal et la Côte d’Ivoire, ont fortement diminué à la suite de ces mesures, entraînant des pénuries de carburant et de médicaments dans le pays.

Les principales importations du Mali sont les produits pétroliers raffinés, le coton et les médicaments conditionnés.

La nouvelle décision de la CEDEAO a été soutenue par les États-unis qui dans un communiqué publié moins de 24h plus tard «saluent les actions [l’organisation] pour défendre la démocratie et la stabilité au Mali à la suite de son Sommet extraordinaire du 9 janvier 2022».

Le «statement» du département d’Etat américain était clair et sans ambiguïté au sujet de la situation au Mali et la présence des militaires du groupe russe Wagner.

«Nous partageons la profonde déception de la CEDEAO face au manque d’action ou de progrès du gouvernement de transition du Mali dans l’organisation d’élections, comme il s’était engagé à le faire après le coup d’État d’août 2020. Nous soutenons la décision de la CEDEAO d’imposer des sanctions économiques et financières supplémentaires pour inciter le gouvernement de transition à tenir sa promesse au peuple malien de ramener son pays à la démocratie», déclare Ned Price porte-parole du département d’Etat.

Et d’alerter : «Nous nous faisons également l’écho des préoccupations de la CEDEAO quant à l’impact déstabilisant probable des forces du groupe Wagner soutenues par la Russie au Mali. Comme indiqué dans la déclaration du Département du 15 décembre 2021, ces forces n’apporteront pas la paix au Mali et détourneront des ressources de la lutte contre le terrorisme menée par les forces armées maliennes

Stratfor : l’isolement du Mali est profitable à la Russie

Quelques semaines après le retrait de la France de sa dernière base militaire au Mali, située à Tombouctou, un porte-parole militaire malien a confirmé la présence de troupes russes le 6 janvier. Les responsables n’ont pas donné de détails sur le nombre de forces de sécurité russes présentes sur la base de Tombouctou, mais ont déclaré qu’elles participaient à la formation sur place des équipements militaires russes récemment acquis. Cette présence militaire au Mali en plus de celle en Centre d’Afrique, est en passe de reconfigurer les équilibres géostratégiques au Sahel. Surtout avec une junte militaire aux abois.

«Les sanctions de la CEDEAO vont exacerber l’isolement du Mali vis-à-vis des États de la région et de la France, alors que les troupes françaises sont en train de se retirer du pays et que des troupes russes ont été récemment déployées à Tombouctou», écrit la société d’intelligence économique et de renseignement Stratfor dans un snapshot en date du 11 janvier 2022.

«L’isolement régional résultant des sanctions accélérera le passage du Mali d’une dépendance à l’égard de la France à une dépendance à l’égard de la Russie en matière de soutien militaire et de sécurité, car Moscou n’a pas les mêmes attentes en matière d’élections et de gouvernance démocratique que la CEDEAO ou Paris», analyse Stratfor.

La rupture du Mali avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) va probablement renforcer sa dépendance à l’égard de la Russie, ce qui réduira encore la probabilité d’élections démocratiques imminentes, augmentera les difficultés économiques et posera des risques pour les opérations antiterroristes en cours dans le pays.

Stratfor, 11 janvier 2022

Au Mali, souligne Startfor, la détresse économique supplémentaire provoquée par les sanctions de la CEDEAO aggravera le mécontentement populaire à l’égard du maintien de l’autorité de transition au-delà de son mandat initial, ce qui entraînera probablement une diminution des importations et des pénuries de produits de base.

N’étant plus contraint par les partenariats avec les démocraties régionales ou la France, le président malien Assimi Goita – qui s’est emparé du pouvoir pour la deuxième fois lors d’un coup d’État en mai 2021 – sera peu enclin à ne pas répondre aux troubles par des mesures de sécurité.

«Le recul politique et économique augmentera probablement aussi les risques pour les opérations antiterroristes au Mali. Si la présence militaire russe s’étend pour inclure l’introduction de groupes paramilitaires russes comme Wagner, et si ces groupes déploient une force aveugle contre les civils (ce que Wagner a la réputation de faire dans des pays comme la République centrafricaine), cela pourrait favoriser le recrutement de militants et saper les missions anti-insurrectionnelles existantes au Mali et dans l’ensemble de la région». écrit Stratfor.

L’influence russe visera très probablement à promouvoir une stabilité accrue indépendamment d’une transition démocratique, bien que les contraintes de capacité et les menaces d’insurrection de longue date empêcheront probablement le succès.

Stratfor, 11 janvier 2022

Aux Nations Unies, la Russie décrie les ingérences étrangères au Mali

Mardi 11 janvier, Représentant spécial du Secrétaire général pour le Mali et Chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali, El-Ghassim Wane a présenté devant le Conseil de sécurité le rapport trimestriel du Secrétaire général sur la situation au Mali. Seule la Russie a condamné les sanctions de la CEDEAO, décriant des ingérences étrangères excessives « qui ne font que compliquer la situation ».

En effet, la Chine a invité les deux parties à trouver un terrain d’entente et les trois pays africains membres du Conseil -les A3 (Ghana, Gabon et Kenya)- ont exhorté le Conseil de sécurité à accueillir favorablement le communiqué final du Sommet de la CEDEAO et à appuyer les sanctions prises.

De leurs parts, la France, l’Albanie et les États-Unis ont fustigé la présence des forces russes sur le sol malien y voyant même une menace pour la MINUSMA et le peuple malien.

La France a en effet déploré le fait que les autorités de transition utilisent des fonds publics déjà limités pour rétribuer des mercenaires étrangers au lieu de soutenir les forces nationales et les services publics au bénéfice du peuple malien.  Le représentant français a fermement condamné le déploiement sur le territoire malien de mercenaires du groupe Wagner, assurant qu’ils sont « connus pour menacer les civils, violer le droit international et la souveraineté des États ».  

La terre malienne mérite mieux qu’être un terrain de règlements de comptes politiques et d’affrontement des puissances mondiales

Mme ADAM DICKO,  (AJCAD)- Conseil de Sécurité 11/01/2022

Le gouvernement malien a confirmé pour la première fois la présence de troupes russes dans le pays le 25 décembre, mais le 6 janvier a marqué la première confirmation de la présence de ces troupes à Tombouctou. Des paramilitaires déployés par Wagner qui selon un rapport daté du e 27 octobre 2021 par le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme ont commis des abus en République centrafricaine, notamment les détentions arbitraires, la torture, les disparitions, les exécutions sommaires et les violences sexuelles.

Double jeu de l’Algérie

Alger par le biais de son président a publié un communiqué très ambiguë sur la situation malienne. Une ambiguïté qui semble être résultat d’une pression de l’Élysée qui s’est précipité à communiquer sur une «triple pression» de la France, les Etats-unis et l’Algérie sur la junte.

Quand on lit le communiqué de Tebboune il n’en est absolument rien. L’Algérie propose sa médiation, qualifie les sanctions de la CEDEAO de porter des «risques graves et d’épreuve» pour le pays et exprime son «attachement indéfectible de l’Algérie à la souveraineté, à l’unité et l’intégrité territoriale de la République du Mali».

«Le Président de la République a réitéré l’attachement indéfectible de l’Algérie à la souveraineté, à l’unité et l’intégrité territoriale de la République du Mali, et a encouragé les dirigeants de la transition à l’adoption d’une attitude responsable et constructive», poursuit le communiqué de Tebboune.

«Devant les risques graves et les épreuves que portent en elle la panoplie de sanctions massives annoncées par le sommet extraordinaire des chefs d’Etat de la CEDEAO ce 9 janvier à Accra, ainsi que les contre-mesures annoncées par le gouvernement de la République du Mali, l’Algérie appelle toutes les parties à la retenue et au réengagement dans le dialogue en vue d’éviter à la région un engrenage de la tension et une exacerbation de la crise», précise la même source.

Pour comprendre la position de l’Algérie il faut regarder de plus prés sa longe relation ainsi que son son principal parti politique, le FLN, avec la Russie, qui remonte à l’époque soviétique.

Les bonnes relations entre les deux pays se traduisent notamment par la livraison à l’Algérie d’équipements militaires russes dans un contexte de tension entre Alger et Rabat. A la fin des années 1970, 90% du matériel militaire algérien était d’origine russe. Les relations algéro-soviétiques vont au-delà des livraisons d’armes. Moscou contribue au développement du secteur minier en Algérie et ouvre ses centres de formation et ses universités aux jeunes diplômés algériens. De nombreux cadres, ingénieurs et officiers de la jeune république algérienne bénéficient de la formation soviétique, qui s’accompagne de rapprochements matrimoniaux (mariages mixtes) et culturels (apprentissage des langues).

Si l’influence russe est peu palpable sur des secteurs comme l’énergie, et plus précisément du géant pétrolier Sonatrach fondé en 1963, sa présidence est régulièrement confiée à des ingénieurs formés aux Etats-Unis (Chakib Khelil, notamment), les cadres formés en Russie sont en revanche bien représentés dans l’état-major de l’armée. L’actuel chef d’état-major, Saïd Chengriha, a été formé à l’académie russe de Vorochilov dans les années 1970. Son prédécesseur, Ahmed Gaïd Salah (décédé fin 2019), homme fort du pouvoir algérien après les premiers mois du soulèvement populaire (Hirak) et artisan de l’éviction d’Abdelaziz Bouteflika, a également été formé en Union soviétique. De tous les centres du pouvoir algérien, l’armée – qui reste le premier d’entre eux – semble être celui où l’influence russe dure le plus longtemps.

Comme mentionné ci-dessus, l’Algérie est un client précieux de l’industrie militaire russe. Après l’Inde (25% des exportations russes) et la Chine (16%), l’Algérie est le troisième client de Moscou (14%). À elle seule, l’Algérie achète environ la moitié des armes russes exportées vers le continent africain. Avec 67% des importations algériennes, la Russie est de loin le principal fournisseur de l’Algérie.

Les ambitions russes en Afrique centrale et au Sahel et la présence de forces paramilitaires non conventionnelles offrent une opportunité inespérée à l’Algérie pour tirer profit du choc des hyperpuissances dans la région. Surtout que le retour d’expérience de la Libye a démontré comment la Turquie, membre de l’Otan, a mis fin aux ambitions russes mais également au rôle que souhaitait jouer l’Algérie dans le processus de paix libyen.

Mandat d’arrêt international contre l’ex-président tunisien Moncef Marzouki

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Un mandat d’amener international a été émis par la justice tunisienne contre l’ancien président de la République, Moncef Marzouki, a indiqué, jeudi, un communiqué du bureau de presse du Tribunal de première instance de Tunis, publié par l’agence de presse officielle TAP.

C’est le juge d’instruction en charge du dossier de l’affaire Moncef Marzouki qui a émis un mandat d’arrêt international suite aux déclarations de l’ancien président sur le plateau de France24 se félicitant d’avoir été en cause du report du sommet de la francophonie qui devait se dérouler à Djerba.

Durant cette intervention télévisée, en date du 12 octobre dernier, Moncef Marzouki s’est félicité de la proposition du Conseil permanent de la Francophonie de reporter le XVIIe Sommet de la Francophonie, qui était prévu les 20 et 21 novembre à Djerba, en Tunisie.

«Je suis fier d’avoir œuvré au report du Sommet de la Francophonie», a-t-il dit au journaliste de la chaîne France 24.

Deux jours plus tard, rapporte l’agence de presse tunisienne, le président Kaïs Saïed a demandé, au cours de la réunion du Conseil des ministres, à la ministre de la Justice d’ouvrir une enquête judiciaire contre «ceux qui complotent contre la Tunisie à l’étranger». «La dignité du peuple tunisien est au dessus de toute autre considération», a-t-il dit.

«Celui qui porte atteinte aux intérêts fondamentaux de la Tunisie depuis l’étranger doit être accusé de complot contre la sûreté de l’Etat», a-t-il menacé.

Les avantages accordés aux personnes ayant sollicité des parties étrangères pour porter atteinte aux intérêts du pays seront retirés, a-t-il ajouté.

A ce titre, Kaïs Saïed a annoncé qu’il allait demander le retrait du passeport diplomatique dont bénéficie l’ancien président Moncef Marzouki.

Le 15 octobre, une enquête a été ouverte au sujet des déclarations faites par Moncef Marzouki en France, a indiqué le porte-parole de la Cour d’appel de Tunis, Habib Torkhani.

Moncef Marzouki a été le premier président élu après la «révolution de Jasmin» qui a renversé l’autocrate Zine el Abidine Ben Ali en janvier 2011. Il a dirigé la Tunisie jusqu’en 2014.

Algérie : Mort soudaine du chef de la guerre électronique, le Général-major Bedjghit

En Algérie, les généraux de l’armée ont pris la fâcheuse habitude de mourir d’une manière subite et inattendue. Le phénomène qui a démarré avec le général Ahmed Gaïd Salah se poursuit aujourd’hui avec la mort du chef du Département transmissions, systèmes d’Information et guerre électronique du ministère de la Défense nationale algérienne, le général-major Farid Bedjghit.

C’est l’un des piliers de la Défense algérienne qui s’en est allé ce mercredi. Il s’agit du général-major Farid Bedjghit, chargé du très stratégique département transmissions, systèmes d’Information et guerre électronique, mort dans des conditions suspectes à l’image des responsables du corps de l’armée algériens.

Selon la version officielle, Farid Bedjghit est décédé à l’hôpital central de l’armée, l’hôpital militaire Aïn Naâdja à Djasr Kasentina d’Alger, suite «à un malaise après sa guérison du coronavirus».

https://twitter.com/AgenciaEpsilon/status/1455853942970191873

Le président algérien s’est empressé à présenter ses condoléances à la famille du général. «J’ai appris avec une grande affliction la disparition du général-major Farid Bedjghit, Chef du Département transmissions, systèmes d’information et guerre électronique au ministère de la Défense nationale, des suites d’un malaise après sa guérison du coronavirus (Covid-19)», a écrit Tebboune.

Le général-major Farid Bedjghit avait remplacé, le 16 août 2020, le général-major Abdelkader Lachkhem, limogé par Tebboune dans le cadre du démantèlement des réseaux de Gaïd Salah dans l’armée. Bedjghit dirigeait jusqu’alors l’École supérieure des transmissions de Koléa.

Farid Bedjghit, l’un des rares officiers algériens à s’être formé sur les systèmes de communication militaires, a été promu du grade de colonel au grade de général en juin 2014, puis il sera à nouveau promu en 2018 au grade de général major.

Inclusion socio-économique des jeunes : Mohamed Amine Zariat affiche ses ambitions africaines

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Mohamed Amine Zariat acteur de référence dans l’insertion professionnelle, l’entreprenariat social et l’empowerment par le sport, change de dimension et pense désormais continent africain. L’annonce a été faite ce samedi à l’occasion du lancement de la nouvelle saison 2021-2022 de son ONG TIBU.

Mohamed Amine Zariat, Président de Tibu Maroc, est l’un des rares acteurs sociaux issus de la région Mena à avoir été coopté par la prestigieuse ONG internationale Ashoka pour son engagement durant une décennie dans la promotion du développement social des jeunes et de lutte contre l’exclusion à travers la pratique sportive.

Ce jeune trentenaire a en effet réussi à bâtir grâce à son énergie, sa motivation et sa determination et un noyau dur de partenaires institutionnels et économiques une machine à espoir et à réussite. Son succès et tel qu’il est identifié désormais premier partenaire du Ministère de l’Education Nationale pour l’école de la deuxième chance.

Tibu Maroc couvre l’ensemble du territoire marocain avec une présence sur les 12 régions du Royaume, touchant pas moins de 250.000 jeunes et femmes. Une envergure qui a naturellement poussé l’ONG à s’intéresser au phénomème migratoire en déployant le programme SAME destiné à l’intégration socioéconomique par le sport des personnes issues de la diaspora subsaharienne.

Ce contact quotidien avec les migrants subsahariens semble avoir donné des idées à notre serial entrepreneur social. A l’occasion d’une conférence de presse tenue ce samedi à Casablanca à l’occasion du lancement de saison 2021-2022, Mohamed Amine Zariat a surpris l’assistance en évoquant l’engagement de son organisation dans à la contribution et à la réalisation des fameux ODD 2030 onusiens et l’Agenda 2063 relatif à l’Afrique.

«Notre organisation est engagée plus que jamais à la contribution et à la réalisation des 17 Objectifs de Développement Durable à l’horizon 2030, et à l’Agenda 2063 relatif à l’Afrique. La construction d’un continent fort par sa jeunesse requiert l’affleurement des modèles d’intervention innovants, réalistes et à fort impact. Au sein de TIBU, nous croyons très fort à la force du sport comme outil qui apporte des solutions à des enjeux sociaux importants dans le continent» a-t-il déclaré.

Dans le communiqué de presse distribué à l’issue de cette rencontre, TIBU explique sa vision et son plan d’action pour sa démarche Onusienne et Africaine.

L’ambition de Mohamed Amine Zariat est claire et sans équivoque : «Devenir la locomotive du sport pour le développement en Afrique est la vision 2030 de l’organisation TIBU». Pour cela il aspire à faire émerger une génération épanouie, brillante et capable d’évoluer face à la complexité des défis du 21ème siècle. Sa cible est également bien identifiée. Elle est composée des jeunes filles, des migrants, des réfugiés, des personnes à mobilité réduite, des jeunes sans emploi et des femmes.

Pour mettre en oeuvre sa vision africaine, TIBU annonce le lancement d’un plan d’actions 2022 – 2025 englobant une série de programmes, incluant plusieurs pays africains. D’ailleurs, durant cet été, l’ONG aurait entamé les premières démaches pour son installation en Côte d’Ivoire.

Une saison très riche pour TIBU Maroc

Si l’ambition africaine de Mohamed Amine Zariat a constitué le point culminant de sa conférence de presse, le détail des programmes planifiés pour la saison 2021-2022 démontre de sa volonté de faire passer son ONG à un niveau encore plus important. Ci-après les points saillants de son programme annuel:

  • Global Sports Entrepreneurship Week : Inspiré du Global Entrepreneurship Week (GSEW) pour célébrer le monde des entreprises et les entrepreneurs, TIBU organise au Maroc du 11 au 14 novembre 2021, le Global Sports Entrepreneurship Week avec la participation de plusieurs délégations de jeunes entrepreneurs sociaux venant de la Tunisie, la Jordanie, le Danemark, les États-Unis, la Libye et le Maroc. Le Global Sports Entrepreneurship Week vise à fédérer les différents acteurs du domaine entrepreneurial et social par le sport au Maroc, en Afrique et dans le monde autour d’un programme riche en conférences, Master Classes, ateliers de réflexion et de plaidoyer, des Hackathons et pleines d’autres initiatives.
  • Écoles de la 2ème chance – Nouvelle Génération – Orientée métiers du sport : Après le lancement du projet pilote en partenariat avec le Ministère de l’éducation nationale, TIBU lancera en coordination avec les académies régionales de l’éducation et de la formation de nouvelles écoles de la 2ème chance axées sur des métiers inclusifs et innovants dans le sport.
  • Déploiement des centres d’éducation par le sport : Depuis 2015, TIBU a lancé en partenariat avec le secteur privé, avec l’Ambassade des États-Unis au Maroc ainsi qu’avec l’appui du Ministère de l’éducation nationale 24 centres d’éducation par le sport situés dans 18 villes dans le royaume.
  • Inauguration de nouveaux centres : El Jadida, Oujda, Jerrada, Zghanghen, Derb Sultan (Casablanca), Midelt et Sidi Ifni. 
  • Élargissement de sa présence au niveau des provinces du Sud en créant de nouveaux centres axés sur le développement des compétences motrices, cognitives et socioaffectives des enfants et des filles adolescentes. 
  • Lancement des initiatives axées sur les filles et les femmes dans sport : Mama Fit, Strong Girls – Strong World, les centres d’émancipation des jeunes filles adolescentes dans les zones rurales par le football et autres programmes seront déployés dans l’ensemble du territoire national à partir du 11 octobre prochain à l’occasion de la journée mondiale de la fille adolescente.
  • Lancement d’un incubateur axé sur l’accompagnement des associations locales, nationales et africaines qui s’intéressent au développement de la pratique sportive. L’intervention de TIBU consiste à accompagner les associations sélectionnées à développer un modèle économique fort et pérenne et les encourager à favoriser l’atteinte des 17 Objectifs de Développement Durable en utilisant la force du sport. 

Israël redevient membre de l’Union africaine avec un statut d’observateur après l’avoir quitté en 2002

Israël a obtenu le statut d’observateur à l’Union africaine, qu’il réclamait depuis des années. Jusqu’en 2002, Israël était membre observateur de l’Organisation de l’unité africaine, jusqu’à ce qu’elle soit dissoute et remplacée par l’Union africaine.

Avec Agences

L’ambassadeur israélien Aleli Admasu a présenté jeudi ses lettres de créances au président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, selon des communiqués de l’organisation panafricaine et de la diplomatie israélienne. «Cela corrige une anomalie qui a perduré pendant près de deux décennies et représente une partie importante du renforcement des relations extérieures d’Israël», s’est félicité dans un communiqué le ministre israélien des Affaires étrangères Yaïr Lapid.

Israël entretient des relations diplomatiques avec 46 pays africains «et a des partenariats de grande ampleur et des coopérations dans de nombreux domaines, y compris le commerce et l’aide», selon le texte. Israël avait ce statut d’observateur au sein de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) jusqu’à sa transformation en Union africaine en 2002. La Palestine bénéficie déjà de ce statut d’observateur à l’UA, où elle compte d’importants soutiens, notamment dans le conflit israélo-palestinien.

« C’est un jour de fête pour les relations israélo-africaines », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid. « Cet exploit diplomatique est le résultat des efforts du ministère des Affaires étrangères, de la division africaine et des ambassades israéliennes sur le continent. Il s’agit d’une mesure corrigeant l’anomalie qui a prévalu pendant près de deux décennies et constitue un élément important du renforcement du tissu des relations étrangères d’Israël. »

Des appels à l’expulsion de l’Algérie de l’UA

Après l’annonce de l’établissement établissement officiel du statut d’observateur d’Israël auprès de l’Union Africaine, les réactions sur twitter de diplomates, journalistes et activistes israéliens se sont enchainées.

Outre les tweets de satisfaction de cet «exploit diplomatique», quelques leaders d’opinion particulièrement suivis sur le réseaux sociaux ont toutefois pas ménagé leurs critiques à l’égard de l’Algérie qui a toujours été chef de fil de l’opposition contre le retour d’Israël en Union Africaine.

Attijariwafa bank intéressée par l’acquisition d’Union Bank of Nigeria

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Key Points

  • Attijariwafa bank a soumis une offre pour l’acquisition de 49,97% du capital de l’Union Bank of Nigeria Plc, basée à Lagos, au Nigeria.
  • L’offre a été déposée auprès de l’actionnaire de référence de l’Union bank of Nigeria, la société de services financiers, Atlas Mara, dirigée par l’ancien président de Barclays, Bob Diamond.
  • Atlas Mara, en difficultés, se désengage de l’ensemble des actifs africains.
  • Aux côtés d’Attijariwafa bank, d’autres prétendants africains ont manifesté leur intérêt, notamment les banques du Nigéria, Zenith Bank Plc et Access Bank.
  • Certains acheteurs potentiels du Moyen-Orient seraient prêts de racheter tous les actifs restants d’Atlas Mara en Afrique, qui comprendraient ceux au Zimbabwe, rapporte Bloomberg.

Ce que l’on sait

L’agence Bloomberg a révélé dans la soirée du mercredi qu’Atlas Mara Ltd., un groupe bancaire panafricain créé par l’ancien patron de la banque britannique Barclays, Bob Diamond, a reçu plusieurs offres pour l’acquisition de sa participation de 49,97% dans Union Bank of Nigeria Plc, (UBN) basée à Lagos.

Selon la source de Bloomberg qui a souhaité garder l’anonymat, le groupe financier panafricain marocain, Attijariwafa bank, les banques nigérianes Zenith Bank Plc et Access Bank Plc du Nigéria font partie des prétendants qui ont manifesté leur intérêt. Certaines offres incluaient l’acquisition des actifs restants d’Atlas Mara en Afrique, y compris la filiale au Zimbabwe.

https://twitter.com/NigeriaDaiily/status/1390255897105076227

Atlas Mara a travaillé avec Rothschild & Co. pour envisager des options pour sa participation dans l’Union Bank, a rapporté Bloomberg News. Aucune décision finale n’a été prise et il n’ya aucune certitude que les délibérations aboutiront à une transaction, indique la même source.

Les représentants d’Atlas Mara et de Zenith Bank n’ont pas répondu aux sollicitations de Bloomberg. De son côté, le directeur général délégué d’Attijariwafa Bank, Ismail Douiri, approché par le journaliste de l’agence de presse américaine Souhail Karam, a refusé de commenter cette information à l’image du représentant d’Access Bank​​.

Ce que vous devriez savoir

La crise sanitaire a accentué les difficultés du groupe Atlas Mara et a accéléré la mise en œuvre de son plan de restructuration et de repositionnement de ses opérations. Fait marquant, le cours de l’action s’est effondré de 96% depuis son introduction à la Bourse de Londres en 2013. D’ailleurs, le plan de sauvetage a démarré dès avril 2019, quand Atlas Mara avait décidé de se désengager de quatre pays africains.

En effet, en une seule transaction, l’entreprise, dont le siège est à Dubaï, a cédé au kényan Equity Bank, le plus grand groupe bancaire du Kenya, contre une part de 6,3 % de son capital, 62 % de la Banque populaire du Rwanda, et 100 % du capital de l’African Banking Corporation, une banque britannique d’outre-mer, qui détient trois filiales, au Mozambique, en Tanzanie et en Zambie.

Atlas Mara a également déclaré :

  • avoir prolongé un accord de statu quo avec ses créanciers jusqu’au 17 mai pour compléter la documentation nécessaire. Il est toujours en litige avec deux créanciers, TLG et Norsad.
  • avoir obtenu l’approbation réglementaire pour la cession de ses activités au Botswana et au Mozambique.
  • avoir reçu des offres dans d’autres actifs, sans entrer dans les détails.

Il est à noter que la participation d’Atlas Mara UBN, la sixième plus grande banque du Nigéria en termes de valeur marchande, est son investissement le plus important. Il est considérée comme un point d’ancrage dans la nation la plus peuplée du continent. Un accord de cession d’UBN signerait à ce titre, la fin de partition de l’incursion africaine d’Atlas Mara après que Bob Diamond, l’ancien PDG de Barclays Plc, ait mal évalué la concurrence sur le continent et surpayé les acquisitions.

The big picture

L’Union Bank of Nigeria constitue une excellente opportunité pour Attijariwafa bank pour renforcer son maillage continental. Outre l’intérêt économique et commercial certain du pays le plus peuplé d’Afrique, le Nigéria s’est hissé comme un allié stratégique du Royaume chérifien. L’excellence et la solidité des relations entre le roi Mohammed VI et le président Muhammadu Buhari, en atteste.

Deux projets phares consolident se partenariat stratégique, le premier eu cours d’achèvement, la construction d’une l’usine d’engrais et d’ammoniaque au Nigeria pour un investissement de 1,3 milliard de dollars. Le second en cours d’étude, la construction d’une gazoduc long de 5600 kilomètres reliant le Nigeria, premier gisement africain, vers les quinze pays de la CEDEAO, la Mauritanie, le Maroc, et jusqu’à l’Europe.

Google abandonne le «projet Loon», l’internet pour tous en ballon

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Alphabet Inc, société mère de Google, ferme Loon, sa division qui fournit Internet à partir de ballons gonflés à l’hélium et placés dans la stratosphère. Voulu comme alternative aux tours de téléphonie cellulaire, le dispositif Loon testé en Nouvelle-Zélande, à Porto-Rico au Pérou et au Kenya s’est avéré être économiquement non viable.

Après neuf ans de recherche, le géant américain Google annonce l’abandon de son projet Loon qui visait à connecter le monde entier à Internet par l’intermédiaire de ballons évoluant à haute latitude.

C’est dans un billet publié sur la plateforme de blogging, Medium, que le responsable du projet, Alastair Westgarth, a annoncé la nouvelle.

« On parle beaucoup de comment connecter le prochain milliard d’utilisateurs, mais la réalité, c’est que Loon a cherché à résoudre le plus gros problème qui soit de la connexion : le dernier milliard d’utilisateurs, les communautés dans des zones trop difficiles à atteindre », écrit le responsable de X, la division de Google chargée de la recherche et du développement sur le long terme.

« Nous avons trouvé un certain nombre de partenaires consentants en cours de route, mais nous n’avons pas trouvé le moyen d’obtenir des coûts suffisamment bas pour construire une entreprise durable à long terme’» a–t-il souligné.

« Dans les mois à venir, nous commencerons à mettre fin à nos activités et ce ne sera plus un « other bets » (autres paris) d’Alphabet » a annoncé Alastair Westgarth.

Dévoilé en 2013, Projet Loom ambitionnait de connecter à Internet des zones reculées ou victimes de catastrophes naturelles. Pour cela, a déployé des ballons gonflés à l’hélium, de la taille d’un terrain de tennis, à 20 km d’altitude, en pleine stratosphère, deux fois plus haut qu’un vol commercial. Ces ballons, alimentés à l’énergie solaire, avaient une autonomie de cinq mois.

Premier service commercial au Kenya

Les premiers ballons Loon ont été déployés dans les zones touchées par des catastrophes naturelles, à Porto Rico à la suite de l’ouragan Maria en 2017 et au Pérou à la suite d’un tremblement de terre en 2019.

Il fallait attendre juillet 2020 pour que la société lance son premier service Internet commercial au Kenya. En lien avec Telkom Kenya, Loon a lancé dans les stratosphères 35 ballons pour couvrir en 4G une région de 50.000m².

Cette offre commerciale va cesser avec la fermeture de Loon. «Un petit groupe de salariés va s’occuper de la gestion de la fin de nos opérations, et s’assurer que cela est fait de manière sûre et efficace», précise Astro Teller. Les autres salariés de Loon devraient être redéployés au sein du groupe Google.

Loon n’est pas le seul «moonshot» qu’Alphabet a arrêté. En effet le géant américain a mis fin à Makani, qui visait à utiliser des éoliennes attachées à des cerfs-volants pour créer de l’énergie renouvelable en 2020 ainsi que Foghorn, un projet de recherche sur du carburant propre avec de l’eau de mer, classé en 2016.

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