Afrique - Page 3

Le Mozambique dit ne pas être informé des projets GNL d’Exxon/Total

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L’Institut national du pétrole du Mozambique (INP) a déclaré vendredi ne pas avoir été informé de l’intention d’ExxonMobil et de Total de renégocier les termes de leur implication dans les projets de gaz naturel liquéfié (GNL) qu’ils ont lancés dans le pays.

Reuters

Reuters, citant trois sources, a rapporté mercredi dernier que les deux groupes cherchaient à prélever davantage de ressources dans un gisement exploité en commun au Mozambique, qui est évalué à 50 milliards de dollars (41,8 milliards d’euros) afin de réduire les coûts.

L’aval des autorités mozambicaines est nécessaire pour toute modification de l’accord de partage entre les deux groupes, qui stipule le volume de gaz prélevé.

Sollicité par courriel sur le sujet, Carlos Zacarias, le président de l’INP, l’organe qui régit le développement énergétique au Mozambique, a déclaré qu’il n’avait “pas encore été informé” des discussions entre les deux géants pétroliers et qu’il n’avait pris part à aucune négociation.

L’ex-ambassadeur d’Ethiopie au Maroc décorée du Wissam alaouite de l’ordre de grand officier

L’ancien ambassadeur d’Ethiopie au Maroc, Mme Yeshi Tamrat Bitew, s’est vue remettre, jeudi soir à Addis-Abeba, le Wissam alaouite de l’ordre de grand officier qui lui a été décerné par le Roi Mohammed VI au terme de sa mission dans le Royaume.

MAP

Le Wissam Royal a été remis à Mme Yeshi Tamrat Bitew par l’ambassadeur du Maroc en Ethiopie et à Djibouti, Mme Nezha Alaoui M’Hammdi, lors d’une cérémonie qui s’est déroulée en présence de ministres d’Etat éthiopiennes, du président de la Commission des Affaires étrangères au Parlement, des membres du corps diplomatique accrédités à Addis-Abeba et de plusieurs personnalités éthiopiennes de différents horizons.

A cette occasion, Mme Nezha Alaoui M’Hammdi a souligné que cette décoration royale, l’une des plus prestigieuses du Royaume décernées à de hautes personnalités étrangères, est une reconnaissance de la contribution distinguée et significative de Mme Yeshi Tamrat Bitew au renforcement des relations entre le Maroc et l’Ethiopie.

La diplomate marocaine qui a rappelé les visites du Roi Mohammed VI en Ethiopie, a exprimé la volonté du Maroc à renforcer son partenariat avec l’Ethiopie et en faire un modèle d’autant plus que les deux pays partagent la même vision du développement de l’Afrique ainsi que de la coopération Sud-Sud.

L’ambassadeur du Maroc en Ethiopie et à Djibouti a rappelé dans ce sens le projet de construction d’une usine d’engrais à Dire Dawa par l’OCP, premier exportateur mondial de phosphate, «qui illustre bien ce partenariat étant donné que c’est le plus gros investissement de l’OCP en dehors du Maroc».

«Nous espérons que ce partenariat facilitera non seulement le dialogue politique au niveau bilatéral et au sein de l’Union africaine et des Nations Unies, mais ouvrira la voie à une coopération à vie entre nos deux pays», a-t-elle relevé.

De son côté, la diplomate éthiopienne s’est dite très honorée de recevoir la décoration que SM le Roi Mohammed VI lui a décernée et qui constitue «aussi un honneur pour l’Ethiopie et son peuple».

Mme Yeshi Tamrat Bitew a mis en avant la politique africaine du Royaume sous la conduite de SM le Roi Mohammed VI et les actions entreprises par le Souverain dans le cadre de la coopération Sud-Sud.

«Depuis mon arrivée au Maroc, j’ai constaté que Sa Majesté le Roi donne la priorité au continent africain, à la coopération africaine et à la coopération sud-sud», a souligné la diplomate éthiopienne dans une déclaration à la MAP.

La grande usine d’engrais de l’OCP à Dire Dawa qui revêt une grande importance pour l’Ethiopie, «est un grand exemple de cette coopération sud-sud», a ajouté Mme Yeshi Tamrat Bitew qui a plaidé pour un renforcement davantage de la coopération entre le Maroc et l’Ethiopie, «deux pôle économiques très important sur le continent».

Soudan: L’ancien Premier ministre Sadiq al Mahdi succombe au coronavirus

L’éminent politicien et ancien Premier ministre soudanais Sadiq al Mahdi est décédé du coronavirus, trois semaines après avoir été hospitalisé aux Emirats arabes unies, ont déclaré jeudi matin des sources proches de la famille de Mahdi et le parti dont il était le chef de file.

Reuters

Sadiq al Mahdi, âgé de 84 ans, était le dernier Premier ministre soudanais démocratiquement élu. Il fût renversé lors du coup d’Etat militaire de 1989 qui a porté au pouvoir l’ancien président Omar al Bachir.

Le parti Oumma, qu’il dirigeait, était l’une des principales formations de l’opposition durant l’ère Bachir, et Mahdi est resté une figure politique influente après que Bachir a été chassé du pouvoir l’an dernier.

Après un exil d’un an, Mahdi était revenu au Souda en décembre 2018, au moment même où les manifestations contre la crise économique et le règne de Bachir prenaient de l’ampleur. Sa fille Mariam, vice-présidente du parti Oumma, fût l’une des personnes détenues pendant le mouvement de contestation.

Ethiopie: Abiy ordonne l’offensive finale contre les autorités du Tigré à Mekele

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a ordonné jeudi à l’armée de lancer l’offensive finale contre les autorités dissidentes du Tigré à Mekele, capitale de cette région du Nord de l’Ethiopie.

L’armée a reçu l’ordre de «mener la (…) dernière phase de l’opération lancée le 4 novembre contre les dirigeants du Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF), a indiqué M. Abiy sur son compte Facebook, promettant que « tout serait mis en œuvre pour que la ville de Mekele (…) ne subisse pas de graves dégâts » et «pour protéger les civils».

«La dernière porte de sortie pacifique de la junte du TPLF a été refermée par l’arrogance de la junte», a expliqué M. Abiy, à l’expiration d’un ultimatum de 72 heures donné aux autorités tigréennes et aux membres de leurs forces pour se rendre.

«Si la clique criminelle du TPLF avait choisi de se rendre pacifiquement, la campagne (militaire) aurait pris fin avec le minimum de dégâts», a-t-il souligné, rappelant avoir donné aux dirigeants du Tigré « de multiples opportunités de se rendre pacifiquement ces dernières semaines ».

Le Premier ministre appelle «les habitants de Mekele et ses environs à déposer les armes, à se tenir à l’écart des cibles militaires et à prendre toutes les précautions nécessaires».

«Tout sera fait pour éviter de cibler les vestiges historiques, les lieux de culte, les institutions publiques et de développement, les domiciles privés», a-t-il assuré.

Fer de lance durant 15 ans de la lutte armée contre le régime militaro-marxiste du Derg, finalement renversé en 1991, le TPLF a ensuite contrôlé l’appareil politique et sécuritaire de l’Ethiopie durant presque 30 ans.

Devenu Premier ministre en 2018, sur fond de violente contestation antigouvernementale, M. Abiy a progressivement écarté le TPLF du pouvoir à Addis Abeba.

Les tensions n’ont cessé ensuite de croître entre le TPLF, retranché dans son fief du Tigré, et le gouvernement fédéral, jusqu’à l’organisation au Tigré d’un scrutin qualifié « d’illégitime » par Addis Abeba.

M. Abiy a justifié l’envoi de l’armée au Tigré en accusant le TPLF d’avoir attaqué deux bases de l’armée fédérale dans la région, ce que nient les autorités tigréennes.

Abiy Ahmed enjoint au monde de ne pas s’immiscer dans les «affaires internes» de l’Ethiopie

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a demandé mercredi à la communauté internationale de ne pas interférer dans le conflit au Tigré, à quelques heures de la fin de l’ultimatum qu’il a donné aux dirigeants de cette région pour se rendre ou subir une attaque «sans pitié» sur leur capitale.

Trois semaines après le début du conflit entre l’armée fédérale éthiopienne et les autorités dissidentes de cette région du nord du pays, la perspective d’un assaut contre Mekele fait craindre le pire pour ses quelque 500.000 habitants.

Malgré des divisions entre pays africains et européens, le Conseil de sécurité de l’ONU a tenu mardi une première réunion sur le conflit, sans déclaration commune à sa sortie. Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, les Etats-Unis et l’Union européenne (UE) appellent à la fin des combats entamés le 4 novembre.

Mais, alors que l’ultimatum de 72 heures s’achève mercredi soir, les belligérants campent sur leurs positions: le président du Tigré, Debretsion Gebremichael, affirme que les siens sont «prêts à mourir» tandis que M. Abiy, prix Nobel de la paix 2019, rejette en bloc toute « interférence dans les affaires internes » de l’Ethiopie.

«Nous enjoignons respectueusement la communauté internationale à s’abstenir de tout acte malvenu et illicite d’interférence et à respecter les principes fondamentaux de non-intervention contenus dans le droit international», écrit mercredi M. Abiy dans un communiqué.

«En tant qu’Etat souverain, l’Ethiopie est en droit de garantir et d’appliquer ses lois sur son propre territoire. Et c’est exactement ce que nous faisons», ajoute le Premier ministre qui a toujours qualifié l’offensive militaire «d’opération de maintien de l’ordre».

M. Abiy justifie l’intervention contre le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), au pouvoir dans cette région et qui défiait son autorité depuis des mois, par l’obligation de « préserver l’ordre politique et constitutionnel » de ce pays fédéral.

Les tensions de longue date entre Addis Abeba et le TPLF – qui a contrôlé durant près de trois décennies l’appareil politique et sécuritaire éthiopien avant d’être progressivement écarté du pouvoir par M. Abiy – ont culminé avec l’organisation en septembre au Tigré d’un scrutin qualifié «d’illégitime» par le gouvernement fédéral.

Le Premier ministre met également en avant les accusations déjà formulées – mais toutes deux démenties par le TPLF – selon lesquelles les forces tigréennes ont attaqué début novembre deux bases militaires fédérales au Tigré et qu’elles ont massacré, peu après le début du conflit, plus de 600 personnes dans la localité de Mai Kadra.

Appels au dialogue

La vérification sur le terrain et de source indépendante des affirmations de l’un et l’autre camp est très difficile, le Tigré étant quasiment coupé du monde depuis le début du conflit.

L’armée, qui a appelé les habitants de Mekele à fuir, assure être prête à encercler la ville avec des chars et que la bataille qui s’en suivra sera «sans pitié».

L’Union africaine (UA), dont le siège est basé dans la capitale éthiopienne, a entamé une tentative de médiation, dont elle a chargé les anciens présidents mozambicain Joaquim Chissano, libérienne Ellen Johnson-Sirleaf et sud-africain Kgalema Motlanthe.

Mais le gouvernement éthiopien a réitéré son refus à ce stade d’une telle initiative, précisant qu’il «parlerait avec ces envoyés par respect pour (…) les dirigeants africains».

Mercredi, tout juste choisi par le président élu Joe Biden, le futur conseiller américain à la Sécurité nationale Jake Sullivan a appelé les deux camps à «commencer immédiatement le dialogue» avec les médiateurs de l’UA.

Aucun bilan précis des combats, qui ont fait au moins des centaines de morts, n’est disponible. Mais le conflit a déjà poussé quelque 40.000 habitants du Tigré à se réfugier au Soudan et provoqué d’importants déplacements internes à la région, notamment vers Mekele, sans qu’on en connaisse l’ampleur exacte.

Mardi, le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, s’est entretenu avec le ministre éthiopien des Affaires étrangères, Demeke Mekonnen, de la crise humanitaire.

«Le message de l’UE est clair: nous appelons toutes les parties à mettre en place les conditions qui rendront possible l’accès sans entrave aux personnes qui en ont besoin», a souligné M. Borrel dans un communiqué.

Mali: décès de l’ex-président Amadou Toumani Touré, associé à la transition démocratique

L’ancien président malien Amadou Toumani Touré, qui a dirigé le pays sahélien de 2002 à 2012 avant d’être renversé par un coup d’Etat militaire, est décédé dans la nuit de lundi à mardi à l’âge de 72 ans en Turquie où il avait été transféré pour de raisons de santé.

AFP

«Amadou Toumani Touré est décédé dans la nuit de lundi à mardi en Turquie où il avait été évacué pour des raisons sanitaires», a annoncé à l’AFP son neveu, Oumar Touré.

Amadou Toumani Touré avait subi récemment «une opération du cœur à l’hôpital du Luxembourg de Bamako qu’il a créé. Tout semblait aller bien», a indiqué sous couvert d’anonymat un médecin de l’hôpital.

«On a décidé ensuite de l’évacuer sanitairement. Il a voyagé vers la Turquie très récemment par un vol régulier. Malheureusement il est décédé dans la nuit de lundi à mardi», a-t-il ajouté.

Le nom d’Amadou Toumani Touré, ancien militaire entré en politique, était associé à la transition démocratique du Mali du débaut des années 1990.

Devenu président en 2002, il avait été renversé en mars 2012 par un putsch de soldats entrés en mutinerie contre l’incapacité du gouvernement à arrêter l’offensive, dans le nord du pays, de rebelles touareg et l’afflux de jihadistes en provenance des pays voisins.

Le pays a sombré depuis dans une spirale de violences jihadistes et intercommunautaires qui se sont propagées au centre du pays et au Burkina Faso et au Niger voisins.

Coup d’Etat

Amadou Toumani Touré avait lui-même pris part en mars 1991, après des manifestations populaires durement réprimées par le pouvoir, à un coup d’Etat qui avait eu raison du régime de Moussa Traoré, en place depuis 1968.

Il avait pris la tête d’un comité de transition, exercé les fonctions de chef de l’Etat et dirigé l’organisation d’élections. La transition avait débouché en 1992 à l’avènement d’Alpha Oumar Konaré, premier président démocratiquement élu depuis l’indépendance.

Surnommé familièrement ATT, Amadou Toumani Touré avait à son tour été élu président en 2002 et réélu en 2007.

Loin de stopper l’avancée des indépendantistes et des jihadistes, le coup d’Etat de 2012 avait au contraire précipité la déroute de l’armée. Le nord était alors rapidement tombé sous la coupe des jihadistes avant l’intervention des forces françaises.

Les deux tiers du territoire malien échappent aujourd’hui à l’autorité centrale.

Amadou Toumani Touré disparaît alors que le Mali est à nouveau dans une période de transition, consécutive à un nouveau coup d’Etat militaire, qui a fait tomber le 18 août l’ancien président élu Ibrahim Boubacar Keïta.

Certains des officiers impliqués dans le putsch du 18 août, dont leur numéro deux, le colonel Malick Diaw, figuraient sur la photo de groupe des putschistes de 2012.

Les putschistes ont mis en place une présidence et un gouvernement de transition et se sont engagés à remettre le pouvoir à des civils élus sous 18 mois.

Côte d’Ivoire: Alassane Ouattara réélu avec 94% des voix

Le président ivoirien Alassane Ouattara, 78 ans, a été réélu pour un troisième mandat controversé sur le score fleuve de 94,27% des voix au premier tour, l’opposition ayant boycotté le scrutin, selon les résultats proclamés par la Commission électorale indépendante (CEI) mardi à l’aube.

«Est donc élu président de la République M. Alassane Ouattara», pour un nouveau mandat de cinq ans, a déclaré le président de la CEI, Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, après avoir lu les scores.

Le taux de participation est de 53,90%.

Alassane Ouattara a recueilli 3.031.483 voix sur un total de 3.215.909 suffrages exprimés à ce scrutin marqué par des violences.

17.601 bureaux des quelques 22.381 bureaux ont pu ouvrir, le nombre d’inscrits pouvant voter est donc passé de 7.495.082 à 6.066.441 inscrits. Des militants de l’opposition ont saccagé ou empêché l’ouverture de bureaux.

Selon les scores annoncés par la CEI, le candidat indépendant Kouadio Konan Bertin arrive en deuxième position avec 1,99% des voix (64.011 votes).

Les deux autres candidats avaient appelé au boycott mais ont tout de même reçu des suffrages. L’ancien président Henri Konan Bédié termine 3e avec 1,66% (53.330 voix) et l’ex-Premier ministre Pascal Affi N’Guessan quatrième avec 0,99% (31.986 voix).

La CEI a trois jours pour transmettre ces résultats au Conseil constitutionnel, qui a sept jours pour les valider.

Elu en 2010, réélu en 2015, Alassane Ouattara, 78 ans, avait annoncé en mars qu’il renonçait à une nouvelle candidature, avant de changer d’avis en août, à la suite du décès de son dauphin désigné, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly.

La loi fondamentale ivoirienne prévoit un maximum de deux mandats, mais le Conseil constitutionnel a estimé qu’avec la nouvelle Constitution adoptée en 2016, le compteur des mandats présidentiels a été remis à zéro. Ce que l’opposition conteste.

Un peu plus tôt lundi, l’opposition a annoncé qu’elle avait créé un « Conseil national de transition (…) présidé par M. Bédié » dans le but de former un « gouvernement de transition ».

Au mois 9 personnes sont mortes lors des violences lors du scrutin ou dans son sillage.

Avant l’élection, une trentaine de personnes étaient mortes dans des troubles et des violences intercommunautaires depuis le mois d’août et l’annonce de la candidature de M. Ouattara.

La crainte d’une escalade des violences est forte dans ce pays d’Afrique de l’ouest, dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui avait fait 3.000 morts.