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Russie

Ahmed Charaï : Les États-unis doivent chercher à comprendre pourquoi 100 nations n’ont pas soutenu l’Ukraine à l’ONU

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L’Assemblée générale des Nations unies s’est réunie le 7 avril dernier, pour la troisième fois depuis le début de la guerre en Ukraine, pour adopter une nouvelle résolution qui suspend la Russie du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Si le monde occidental a largement condamné l’invasion russe, voire a pris de sévères sanctions contre Moscou, Vladimir Poutine n’est pas pour autant totalement isolé dans le conflit. En effet, 100 États sur 193 ont préféré ne pas soutenir le dernier vote onusien. Un phénomène peu commenté par la communauté internationale, probablement du fait que les pays concernés sont africains, arabes et asiatiques.

Dans le vacarme des bruits de bottes qui sature l’atmosphère fébrile de la guerre, une voix marocaine s’est levée pour attirer l’attention sur le déni occidental face à cette unité de l’ONU qui se fissure. Dans une tribune publiée sur la plateforme de réflexion et d’analyse américaine «The Jerusalem Strategic Tribune», Ahmed Charaï estime que la stratégie adoptée par les dirigeants occidentaux dans le conflit ukrainien favorise davantage l’émergence d’un désordre mondial. L’éditorialiste fustige le réflexe de vouloir condamner systématiquement les nations qui se sont abstenues de voter contre la Russie. «Les États-unis doivent chercher à comprendre pourquoi ces nations ont pensé que s’abstenir de voter était leur meilleure option» a-t-il souligné.

«Dans le siège emblématique de l’ONU à New York, le monde a voté au sujet de la plus grande invasion de la Russie depuis la Seconde Guerre mondiale – révélant les fractures et les fissures du soutien mondial à la démocratie», ainsi qa entamé Ahmed Charaï sa tribune publiée sur le journal américain «The Jerusalem Strategic Tribune», pour laquelle il a choisi le titre : «Nouveau désordre mondial : Ce que le vote de l’ONU sur la Russie révèle réellement sur la politique mondiale».

La suspension de la Russie du Conseil des droits de l’homme des Nations unies était techniquement la question soumise aux délégués. Mais chaque diplomate savait qu’il s’agissait en réalité d’un vote contre l’agression russe en Ukraine, nuance l’éditorialiste.

M. Charaï affirme que le résultat du vote a révélé la fragilité du consensus en faveur de la démocratie et de l’autodétermination. Car seuls 93 États (sur 193) ont voté en faveur du retrait de la Russie du comité des droits de l’homme, et donc de la condamnation de ses actions contre son voisin plus petit et plus faible

«Vingt-quatre autres pays (dont la Chine) ont voté en faveur de la Russie», précise-il. Et d’ajouter : «Plus inquiétant encore, 58 pays se sont abstenus, refusant de prendre parti dans ce que beaucoup considèrent comme un duel entre les grandes puissances».

M. Charaï souligne que le reste des pays craignent que les prix de l’énergie, des denrées alimentaires et des engrais ne continuent à grimper si le conflit s’intensifie. La Russie et l’Ukraine étant d’importants producteurs de pétrole, de gaz, de blé et de fertilisants, des produits vitaux pour les pays en développement.

«C’est une question de vie ou de mort. La peur et la nourriture sont plus importantes pour de nombreux pays en développement que les idéaux démocratiques», insiste l’éditorialiste, avant de faire le constat suivant : «Les décideurs américains et européens devront faire face à une dure vérité : si la Russie est isolée sur le plan diplomatique, elle n’est pas totalement seule, et de nombreux pays ne sont pas du côté de l’Ukraine et de ses espoirs démocratiques».

M. Charaï, souligne le fait que ce n’est pas par ignorance que les délégués de l’ONU se sont abstenus, mais que les grands idéaux et le désespoir des ukrainiens n’ont rien pu faire face la dure réalité économique et politique de ces pays.

«La vue depuis les décombres de la banlieue de Kiev n’est pas pleine d’espoir. Les dirigeants démocratiquement élus de l’Ukraine savent qu’ils peuvent être capturés, blessés ou tués. Et ils savent aussi que l’histoire des sanctions, l’arme de prédilection de la coalition occidentale, montre qu’elles échouent presque toujours à dompter les envahisseurs. Tous ces faits étaient connus des délégués de l’ONU. En effet, ils les auraient entendus directement de la bouche des diplomates ukrainiens. Mais les grands idéaux et le désespoir réel ne les ont pas fait bouger», constate-t-il.

Les raisons pour lesquelles 100 nations ont décidé de ne pas soutenir l’Ukraine lors du vote des Nations unies

Ahmed Charaï a regroupé les 100 nations qui ont décidé de ne pas soutenir l’Ukraine lors du vote des Nations unies en cinq groupes : 1) Afrique; 2) Amérique latine; 3) Chine; 4) Inde; 5) Pays arabes et Israël.

Pour chaque groupe, l’éditorialiste a apporté avec précision les considérations endogènes et exogènes qui ont poussé à cette prise de distance vis-à-vis le conflit ukrainien.

1. Afrique

En Afrique, la Russie a noué des relations de longue date avec la Libye, la République démocratique du Congo et le Mali, et déploie souvent un schéma postcolonial, qui suggère que la Russie soutient les nations indépendantes et émergentes par rapport à leurs anciens colonisateurs. Cette ligne rhétorique est une continuation du thème promu à l’époque de l’Union soviétique, en particulier à partir des années 1950.

2. Amérique latine

En Amérique latine, une forme d’antiaméricanisme parmi les classes instruites s’est traduite par une réticence à critiquer ouvertement Poutine. Ce phénomène est amplifié par les messages propagés ouvertement par Cuba et le Venezuela.

3. Chine

L’abstention initiale de la Chine est davantage perçue comme un signe d’embarras face aux visées belliqueuses de son partenaire russe, que comme une preuve de son intérêt pour un rapprochement avec l’Occident.

Dans les capitales occidentales, beaucoup veulent croire que Pékin a tout intérêt à ce que le cessez-le-feu intervienne rapidement, afin de ne pas entraver sa croissance économique. En réalité, la Chine ne voit aucune raison de mettre en colère la Russie, un important fournisseur de pétrole, de gaz et de charbon, d’autant plus que les nations occidentales découragent la production des combustibles fossiles dont la Chine a précisément besoin. Les cercles d’élaboration des politiques à Pékin ne sont pas peuplés d’idéalistes, et ses décisions sont invariablement intéressées et pragmatiques.

4. Inde

L’Inde, pour sa part, est un allié de longue date de la Russie, l’un de ses principaux fournisseurs d’armes. New Delhi estime qu’elle aura besoin de ces armes face au renforcement militaire chinois dans la région, ainsi que face aux problèmes non résolus avec le Pakistan.

5. Pays arabes & Israël

Les nations arabes n’ont pas l’intention d’abandonner leurs relations avec la Russie, qui s’est imposée comme une force avec laquelle il faut compter lorsqu’elle a sauvé le président syrien Bachar el-Assad par son intervention militaire, ni avec la Chine, le plus gros acheteur de pétrole et de gaz de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis.

En effet, les dirigeants arabes sont mécontents de l’administration Biden pour son retrait précipité d’Afghanistan l’année dernière, ses négociations en cours avec le régime menaçant de l’Iran, et son laxisme face aux attaques terroristes et aux tirs de roquettes des Houthis au Yémen. Pour la première fois, les dirigeants arabes s’interrogent, publiquement, sur la viabilité du système politique américain et sur la cohérence de la politique étrangère américaine.

Sur le dossier nucléaire iranien, Israël, l’un des plus fermes alliés des Etats-Unis dans la région, craint que l’administration Biden ne veuille à tout prix conclure un accord avec le régime iranien sans tenir compte de l’impact possible sur l’agression régionale de Téhéran. Le ministre israélien de la défense a même appelé à la mise en place d’un «plan B solide» pour faire face au programme nucléaire iranien.

En conséquence, ni les Arabes ni les Israéliens n’étaient enthousiastes à l’idée de soutenir les États-Unis à l’ONU – même s’ils ont fini par s’aligner.

Pour la première fois, les dirigeants arabes s’interrogent, publiquement, sur la viabilité du système politique américain et sur la cohérence de la politique étrangère américaine.

Ahmed Charaï , The Jerusalem Strategic Tribune

Érosion de la défense de l’ordre mondial

Faute de pouvoir s’en prendre à l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, les pays occidentaux ont déportés les votes en Assemblée générale. Deux scrutins sans conséquence pratique sur la Russie ont pourtant révélé la fragilité de l’unité de l’ONU. Une fragilité à laquelle s’ajoute un autre constat qu’Ahmed Charaï a pointé du doigt : l’érosion de l’engagement des États-unis à défendre, maintenir et faire progresser l’ordre international .

«Ce qui s’érode depuis quelques années, c’est l’engagement des dirigeants américains à défendre, maintenir et faire progresser un ordre international dans lequel les États observent des règles et des normes communes, adoptent des systèmes économiques libéraux, renoncent aux conquêtes territoriales, respectent la souveraineté des gouvernements nationaux et adoptent des réformes démocratiques» a-t-il souligné.

Dans l’environnement mondial de plus en plus complexe d’aujourd’hui, poursuit le Directeur de publication, les États-Unis ne peuvent atteindre leurs objectifs qu’en «tirant parti de leur force grâce à une politique étrangère cohérente qui répond aux défis posés par la Russie et la Chine». Pour ce faire, les États-Unis doivent délibérément renforcer et cultiver des relations productives avec leurs alliés, partenaires et autres nations ayant des intérêts communs.

Dans son analyse M. Charaï, s’attarde sur le cas de la Chine, que Biden a érigé en priorité de son administration et que tous les observateurs s’accordent à dire qu’il s’agit du plus grand défi du siècle pour les américains. L’éditorialiste appelle à un dialogue stratégique constructif et à l’étude d’alternatives à l’influence de la Chine dans l’indo-pacifique.

«Les États-Unis doivent proposer des alternatives politiques, économiques et sécuritaires attrayantes à l’influence de la Chine dans la région indo-pacifique, en Afrique et au-delà. Parallèlement, Washington doit maintenir un dialogue stratégique productif avec Pékin, en communiquant clairement les préoccupations américaines et en s’efforçant de comprendre les intérêts et les objectifs chinois.» recommande-t-il.

Les États-unis doivent revoir leur copie

Les principes universels doivent être combinés à la réalité des perspectives des autres régions. Les dirigeants occidentaux doivent reconnaître que les dirigeants non occidentaux ne vivent pas seulement dans un autre endroit, mais qu’ils viennent d’un autre endroit intellectuellement, affirme M. Charaï.

Pour conforter ses propos, l’éditorialiste cite une déclaration de l’ancien ministre des Affaires étrangères américain Henry Kissinger qui s’était exprimé avec franchise à l’intention de Barack Obama, dans un billet publié sur les colonnes du Wall Street Journal en 2014, la veille d’un voyage de l’ancien président américain pour l’Europe.

Kissinger a écrit : « De vastes régions du monde n’ont jamais partagé la conception occidentale de cet ordre ( ordre mondial, ndlr) et n’y ont seulement consenti. Ces réserves deviennent à présent explicites, par exemple, dans la crise en Ukraine et le sud de la Mer de Chine. L’ordre établi et proclamé par l’Ouest [après la Seconde Guerre mondiale] se trouve à un tournant [.] La célébration des principes universels ont besoin d’aller de paire avec la reconnaissance de la réalité des histoires et des cultures des autres régions, ainsi que leurs points de vue en matière de sécurité».

Le vote de l’ONU a montré que les principes universels ne sont pas encore tout à fait universels. Plutôt que de condamner les nations qui se sont abstenues de voter contre la Russie, l’Amérique doit chercher à comprendre pourquoi elles ont pensé que s’abstenir de voter était leur meilleure option. Ensuite, l’Amérique doit indiquer clairement qu’elle soutient toujours l’État de droit et l’idéal de la démocratie et de blinder ses idéaux, conclut Ahmed Charaï sa tribune.


M. Ahmed Charai est le président-directeur général d’un groupe de médias et conseiller pour le Moyen-Orient aux États-Unis et à l’étranger. Il siège au conseil d’administration de nombreux groupes de réflexion et ONG, dont Atlantic Council, the International Center for Journalists, International Crisis Group, et le Jerusalem Institute for Strategy and Security. Ses articles sont parus dans des publications américaines et israéliennes de premier plan.

The Jerusalem Strategic Tribune (JST) est une plateforme de réflexion et d’analyse américaine co-fondée par Ahmed Charai en Aout 2021. Une plateforme qui se veut cosmopolite et et inclusive. Son conseil d’administration réuni républicains et démocrates américains, gauche et droite israélienne se côtoient aussi bien dans le conseil d’administration.

JST se veut une plateforme médiatique ouverte au grand public pouvant permettant la compréhension des relations américano-israéliennes.

JST parvient à attirer des contributeurs prestigieux à l’image de l’ancien Conseiller à la sécurité nationale d’Israël, Yaakov Amidror ; les anciens Sous-Secrétaires d’Etat américains à la Défense, Dov Zakheim et John Hamre ; l’ancien conseiller d’Obama sur les questions chinoises, Ryan Hass ; l’ancien directeur général du ministère singapourien des Affaires étrangères, Bilahari Kausikan…

Édito évènement de Khalil Hachimi Idrissi : «la guerre d’Ukraine est l’expression crue de l’incapacité de l’Occident à inclure la Russie dans leur schéma sécuritaire»

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C’est la première fois depuis l’invasion russe en Ukraine, qu’un officiel explique en toute clarté la position du Royaume vis-à-vis ce conflit. C’est Khalil Hachimi Idrissi, patron de l’agence de presse nationale, qui s’est prêté à l’exercice dans un édito paru sur son mensuel «BAB». Sans détour, l’éditorialiste se prononce pour le dialogue. Une négociation globale et sérieuse qui inclurait entre autres la neutralité de l’Ukraine et l’étude de «l’autonomie de toutes les minorités». Et tout en prenant le soin de ne pas reprendre les mêmes mots du président français, Emmanuel Macron, Hachimi Idrissi qualifie l’OTAN d’«organisation d’un autre âge, voire quasi obsolète». Rien que ça!

Tous ceux qui connaissent Khalil Hachimi Idrissi savent pertinemment, que l’homme dispose d’une bonne maitrise de sa plume et de ses mots. Quand il s’agit du stratégique, il sait quoi écrire, comment et quand.

Connaissant l’impact du papier, KHI a choisi de prendre la parole au sujet du conflit en Ukraine sur son mensuel BAB, distribué à toutes les chancelleries et aux sièges de tous les décideurs politiques et économiques du pays. Le moment est grave, la situation est confuse et les mots et le ton de l’éditorialiste ne manqueront pas de solennité et de clarté.

Hachimi Idrissi fait le choix d’un tire consensuel : «Une paix immédiate». D’emblée, il ne veut pas éliminer les réfractaires des deux camps belligérants et de leurs «fans» respectifs. Puis, il décide de ce mouiller en se prononçant au nom de la position marocaine. «La seule solution possible au conflit ukrainien est comme la position marocaine l’a signifié par deux fois, dans la clarté, est dans le dialogue, la diplomatie, la négociation et le respect de l’intégrité territoriale des nations», a-t-il souligné.

Ensuite, avant d’attaquer le plat de résistance, il fait valoir l’horreur de la guerre, devenue malheureusement un contenu de propagande entre les mains de l’occident alimentant davantage les démons de la violence.

«Cette guerre doit s’arrêter impérativement. Trop de victimes innocentes. Trop de réfugiés. Trop de malheur. Trop de souffrance. Et trop de violence illégitime contre des civils démunis», s’est-il ému.

Ecouter les minorités du Donbass et considérer les besoins de sécurité de Poutine

Alors que Joe Biden et son administration s’acharnent à vouloir imposer une fragilité sécuritaire à la Russie en ne laissant aucun choix aux pays européens, Khalil Hachimi Idrissi s’y inscrit en faux en appelant à un dialogue ouvert aux doléances de Poutine pour éviter le danger d’une troisième guerre mondiale.

«Si le chemin de la paix immédiate passe par une meilleure prise en considération des besoins de sécurité de la Russie par les Européens et l’OTAN, il faut passer par là» a-t-il souligné. Et d’ajouter «Si le chemin de la paix immédiate passe par une neutralité – à inventer – de l’Ukraine dans ses frontières intègres et reconnues, il faut passer par là». Il s’agit de l’une des demandes qu’exige le président russe pour mettre la fin à son «opération spéciale».

«Si les chemins de la paix immédiate passent par un meilleur respect des droits culturels. Une autonomie, de toutes les minorités, il faut, aussi, passer par là», insiste-t-il en faisant allusion à l’autonomie des minorités du Donbass pro-russe, Donetsk et Louhansk.

Il faut se mettre autour d’une table et démarrer une vraie négociation globale et sérieuse sur la sécurité des uns et des autres qui éloignerait le danger d’une troisième guerre mondiale et le spectre d’un affrontement nucléaire généralisé, poursuit-il.

La mort cérébrale de l’OTAN

Par ailleurs, Khalil Hachimi Idrissi pointe du doigt l’impuissance de l’Union européenne à se mettre d’accord sur une politique de défense commune indépendante du diktat de l’OTAN qui inclurait la Russie.

«La guerre d’Ukraine est l’expression crue de l’incapacité des Occidentaux à trouver un nouveau paradigme sécuritaire en Europe qui inclurait la Russie et la rassurerait sur sa sécurité nationale», a-t-il affirmé.

Bien au contraire, explique-t-il, l’OTAN – une organisation d’un autre âge, voire quasi obsolète – a continué à justifier son existence en empêchant le Vieux Continent de se doter d’une défense indépendante, efficiente et autonome, et en antagonisant la Russie en absorbant avec gourmandise presque tous les ex-pays satellites de l’URSS.

L’Ukraine le «proxy» des «vrais» protagonistes

Khalil Hachimi Idrissi ne va pas y aller de main morte pour décrire les postures des occidentaux dans le conflit ukrainien.

«Ce qui devait arriver arriva. De reniements en impostures, de coups tordus en coups de Jarnac, l’Ours russe, quand il a repris quelques forces, s’est rebiffé», estime-t-il.

Pour le patron de la MAP, les européens sont des procrastinateurs chroniques, lents, hésitants et tatoueurs. L’OTAN quand à elle fanfaronne , bluffe et vantardise, tandis que à Joe Biden, il ne fait que pétitionner.

Dans sa lancée, Khalil Hachimi Idrissi fait allusion, à demi-mot, sur le fait que l’Europe n’est finalement que le terrain de guerre entre les «véritables» protagonistes : l’alliance anglo-saxonne et l’héritier de l’URSS.

«Si rien ne justifie l’invasion de l’Ukraine par la Russie, ni les atermoiements de l’Europe, ni les rodomontades de l’OTAN, ni les pétitions de principes de l’Américain Joe Biden, cette guerre, dont les vrais protagonistes utilisent un «proxie» – l’Ukraine en l’occurrence – pour en découdre, est condamnable, comme toute guerre par ailleurs», soutient-il.

Se battre jusqu’au dernier Ukrainien vivant

La folle escalade soutenue par l’alliance anglo-saxonne et porté par l’homme de spectacle, Volodymyr Zelensky, fait fi de l’avenir de l’Ukraine et de la vie des ukrainiens. L’opinion occidentale quand a elle se planque derrières TikTok, Instagram et Twitter sans aucune conscience des horreurs de la guerre dont la responsabilité est autant partagée entre les russes et les européens.

«Personne en Occident n’est capable de mourir pour les Ukrainiens. Ou plutôt, ils sont prêts à se battre jusqu’au dernier Ukrainien vivant. Mais cela ne le fait pas, comme on dit aujourd’hui», fait observer l’éditorialiste, assurant que «personne ne veut la destruction totale de ce pays et l’épuration cynique et criminelle de ses citoyens».

Pour M. Hachimi Idrissi, «tout le monde sait qu’une victoire russe serait fatalement une victoire à la Pyrrhus. Dramatique et dérisoire».

Dubaï nouvelle destination privilégiée aux oligarques russes

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Les oligarques russes, chassés des capitales occidentales après l’invasion de l’Ukraine par Vladimir Poutine, reçoivent un accueil chaleureux à Dubaï, ce qui met à mal la stratégie des sanctions voulue par les États-unis et ses alliés.

«La vigueur des sanctions imposées sur la Russie constitue en même temps le maillon le plus faible de la stratégie occidentale contre Poutine», a déclaré au New York Times Adam Smith, avocat et ancien conseiller du bureau du département du Trésor américain. «Tout centre financier qui est prêt à faire des affaires quand d’autres ne le sont pas peut être la source d’une brèche dans la digue et compromettre les mesures globales.» a-t-il souligné.

Posant peu de questions sur les sources de l’argent de ses invités, Dubaï est devenu ces dernières années un terrain de jeu très prisé par les fortunes russes. Au moins 38 hommes d’affaires ou responsables liés au président russe Vladimir Poutine possèdent des dizaines de propriétés à Dubaï, évaluées à plus de 314 millions de dollars, selon des données inédites compilées par le Center for Advanced Defense Studies, un organisme à but non lucratif de Washington, indique le Times.

Les oligarques de Poutine posséderaient au moins 76 propriétés à Dubaï, soit directement, soit sous le nom d’un proche parent, et probablement beaucoup plus, selon ledit centre.Parmi les propriétaires figurent un ancien gouverneur de province et directeur de centrale nucléaire, un magnat de la construction et ancien sénateur et un magnat du tabac biélorusse. Six d’entre eux ont fait l’objet de sanctions de la part des États-Unis ou de l’Union européenne, et un autre oligarque visé par de telles mesures y a un yacht amarré

Hospitalité incroyable des Émiratis

Les gouvernements des pays occidentaux imposent depuis les a première semaine de l’invasion russe en Ukraine, des sanctions radicales aux institutions financières russes et au riche cercle restreint de Poutine. Des sanctions qui ont frappé même les centres bancaires notoirement secrets comme la Suisse, Monaco et les Îles Caïmans, qui ont commencé à geler des comptes, à saisir des manoirs et à confisquer des yachts.

Parallèlement, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et l’Égypte ont ouvertement affirmé leur réticence à s’opposer à l’invasion. Appelés à la solidarité dans un moment de crise, chaque nation a plutôt donné la priorité aux relations avec Moscou. Les Émirats et l’Arabie saoudite ont balayé d’un revers de main les appels des Américains à augmenter les approvisionnements en pétrole pour apaiser les marchés de l’énergie. L’Égypte a accepté un prêt de 25 milliards de dollars de la Russie pour financer une centrale nucléaire.

Les Émirats arabes unis sont peut-être ceux dont la position est la plus manifeste, ne serait-ce que parce qu’ils occupent actuellement un siège tournant au Conseil de sécurité des Nations unies. Les Émirats se sont abstenus de voter une résolution dénonçant l’invasion, soutenue par les États-Unis, et ont refusé de critiquer la Russie. Et les responsables émiratis ont rassuré les Russes en leur disant que leurs autorités n’appliqueront pas de sanctions, sauf si elles sont mandatées par les Nations unies – où le veto de Moscou s’y oppose.

«Si nous ne violons aucune loi internationale, alors personne ne devrait blâmer Dubaï, ou les Émirats arabes unis, ou tout autre pays, d’essayer d’accueillir quiconque vient de manière légitime», a déclaré Abdulkhaleq Abdulla, un analyste politique proche des dirigeants des Émirats arabes unis. «Alors quel est le problème ? Je ne vois pas pourquoi l’Occident s’en plaindrait».

Un homme d’affaires arabe qui loue des appartements meublés haut de gamme à Dubaï a décrit une «demande incroyable» de la part des Russes depuis l’invasion. Un bail à durée indéterminée sur un appartement de trois chambres en bord de mer coûte 15 000 dollars par mois.

«Avoir un passeport russe ou de l’argent russe maintenant est très toxique – personne ne veut vous accepter, sauf dans des endroits comme Dubaï», a déclaré au New York Times un homme d’affaires russe qui s’y est réfugié, s’exprimant sous couvert d’anonymat. «Il n’y a aucun problème à être un Russe à Dubaï». Puis, il a partagé avec le journal une invitation électronique qui circule parmi les Russes de Dubaï : «un cocktail sur le toit pour les capital-risqueurs et les start-ups de crypto-monnaies».

Les registres maritimes émiratis montrent que, ces derniers jours, le yacht appartenant à l’oligarque Andrei Skoch, magnat de l’acier et membre de la Douma, a été amarré au large de Dubaï.

Par ailleurs, un avion d’affaires Bombardier appartenant à Arkady Rotenberg, un autre milliardaire russe visé par les sanctions occidentales, a atterri vendredi à Dubaï. Tandis que les avions et bateaux d’autres oligarques considérés comme des cibles potentielles du trésor américain ont également fait des allers-retours aux E.A.U.

New York Times donne le détail des mouvements des russes dans ce pays du Golfe : «Les yachts d’au moins trois autres oligarques sont actuellement amarrés à Dubaï. Un navire de 220 pieds d’un magnat russe de la métallurgie semble être en route depuis les Seychelles. Le Boeing 787 Dreamliner de Roman Abramovich, propriétaire d’origine russe de l’équipe de football britannique de Chelsea, a décollé de l’aéroport vendredi. Un superyacht de 460 pieds appartenant à un autre oligarque a pris la mer le même jour après avoir été ajouté à la liste des russes visés par les sanctions européennes mercredi».

Les dépôts en yuan remplacent le dollar et l’euro dans les banques russes

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Alors que la Russie est désormais officiellement coupée du dollar et de l’euro, la banque russe VTB, a proposé à sa clientèle d’ouvrir des comptes d’épargne en yuans chinois, rémunérés à un taux de 8 %. La deuxième banque russe, propriété à 61 % de l’Etat, a été frappée par les sanctions occidentales visant à isoler totalement la Russie sur le plan financier en raison de sa guerre en Ukraine.

«À la lumière de la hausse des taux de change du dollar et de l’euro, de nombreux clients se montrent intéressés par des investissements dans d’autres devises, et le yuan est l’une des options les plus abordables et les plus prometteuses pour investir des fonds», a déclaré la banque dans un communiqué.

Les clients existants seraient en mesure d’ouvrir des dépôts à distance sur VTB Online avec un montant minimum de 100 yuans (16 dollars). Dans les agences de la VTB, ils peuvent déposer un minimum de 500 yuans.

Selon la banque, cette dernière offre sera l’alternative la plus rentable aux dépôts dans d’autres devises étrangères. Le rendement annuel d’un dépôt de trois mois est de 8 % en dollars et de 7 % en euros.

Au même moment, un dépôt de six mois en roubles offre actuellement un rendement annuel de 21 %. La VTB a déclaré qu’au cours de la semaine dernière, les clients avaient investi plus de mille milliards de roubles (15 milliards de dollars) dans des produits d’épargne traditionnels.

Les institutions financières russes ont été soumises à une pression croissante après l’imposition des sanctions suite à l’invasion de l’Ukraine. Les banques ont dû se tourner vers la Chine pour utiliser son système UnionPay pour les cartes de crédit, après que Visa et Mastercard ont annoncé la suspension de leurs opérations dans le pays.

«Certaines banques russes ne peuvent pas avoir accès à d’autres devises, donc le yuan est probablement la meilleure autre alternative», a déclaré à Bloomberg Khoon Goh, responsable de la recherche sur l’Asie à l’Australia & New Zealand Banking Group.

«Pourtant, le moyen le plus facile pour la Russie de se procurer des yuans serait de recevoir des yuans par le biais de transactions. Les clients des banques russes qui sont des exportateurs pourraient vendre à la Chine et recevoir des renminbi en paiement.»

Le Venezuela est l’allié de la Russie, mais est prêt à vendre du pétrole aux États-Unis

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Alors que de hauts responsables américains se sont rendus au Venezuela le week-end dernier pour discuter de la production pétrolière, le ministre vénézuélien des affaires étrangères, Felix Plasencia, a déclaré que de telles visites n’avaient «rien de nouveau», tout en exhortant les États-Unis à lever les «mesures unilatérales» prises contre son pays. Le ministre vénézuélien a affirmé également que Caracas était prête à vendre à nouveau du pétrole aux États-Unis, tout en restant «loyale» envers Moscou.

S’adressant à l’agence Anadolu en marge du forum diplomatique d’Antalya, le ministre vénézuélien des affaires étrangères Felix Plasencia a déclaré : «Le fait que des responsables américains se rendent au Venezuela pour parler de la production pétrolière est important. Toutefois, ce n’est rien d’absolument inédit ou nouveau, car nous faisons des affaires avec les Américains depuis longtemps.»

Soulignant que le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole et de gaz de la planète, Plasencia a déclaré que les exportations pétrolières de son pays avec les États-Unis sont «historiques».

«Nous n’avons jamais demandé aux entreprises américaines de quitter le pays», a-t-il ajouté. «Le président Nicolas Maduro a déclaré à plusieurs reprises que le Venezuela était prêt à accueillir les compagnies des hydrocarbures américaines pour qu’elles y investissent et développent des activités pétrolières.»

Plasencia a déclaré qu’il espère que les États-Unis respecteront la souveraineté et la légitimité du gouvernement vénézuélien et lèveront les sanctions contre le Venezuela.

«Le président Nicolas Maduro est le seul président légitime du Venezuela, et s’ils respectent cela, nous pouvons faire beaucoup de choses ensemble en ce qui concerne le commerce du pétrole», a-t-il souligné.

Les États-Unis ont rompu toutes les relations avec le Venezuela en 2019 et ont reconnu le chef de l’opposition pro-américaine Juan Guaido comme «président par intérim» à la place de Maduro.

Loyauté à la Russie ?

Sur la question de l’invasion russe contre l’Ukraine, Plasencia a déclaré que « le Venezuela est toujours pour la paix. Le Venezuela est membre d’un groupe qui vise à protéger la Charte des Nations Unies, et nous visons toujours à mettre la Charte des Nations Unies au premier plan, sur laquelle il y a est un grand consensus. Nous protégeons toujours le droit international, respectons les règles du droit international et les principes de l’opinion publique internationale ».

Soulignant qu’il considère la paix comme la seule voie à suivre, Plasencia a déclaré : « Nous sommes des alliés fidèles du gouvernement russe. Nous considérons Poutine comme un chef de gouvernement responsable, nous le respectons en tant que membre de la communauté internationale. . Nous croyons qu’il fera de son mieux pour son peuple».

«Nous devrions travailler pacifiquement avec la diplomatie au lieu des sanctions» a-t-il affirmé.

De hauts responsables américains se sont rendus au Venezuela la semaine dernière pour rencontrer le gouvernement de Maduro suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Le gouvernement américain a sanctionné l’industrie pétrolière russe en réponse au conflit, provoquant une hausse des prix du gaz aux États-Unis. Washington explore depuis les possibilités de se tourner vers le Venezuela comme fournisseur alternatif de pétrole brut pour agir sur la flambée des prix des hydrocarbures.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salman et le dirigeant de facto des Émirats arabes unis Mohamed ben Zayed auraient rejeté des appels téléphoniques avec le président américain Joe Biden qui souhaitait leur demander d’augmenter la production du pétrole pour agir sur la flambée des cours.

Flambée des prix du pétrole : Biden dos au mur, MBS et MBZ font la sourde oreille

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CNN a levé le voile ce vendredi, sur d’intenses et très discrètes manoeuvres diplomatiques d’une task force de l’administration Biden visant à contourner les relations exécrables entre le président américain et les princes héritiers, d’Arabie Saoudite et des E.A.U, dans le but de contenir la flambée des prix du pétrole suite à la guerre en Ukraine. Étant donné que les hydrocarbures représentent le talent d’Achille de l’alliance anti-russe, Joe Biden s’est retrouvé dos au mur quand Mohammed Ben Salmane a refusé de lui parler tout en se gardant d’influer sur l’OPEP pour augmenter la production mondiale. Au point que le locataire de la Maison Blanche s’est mis dans la tête de réhabiliter le régime de Maduro au Venezuela pour augmenter l’offre mondiale en énergie. Comme le président démocrate n’a pas encore montré de volonté à traiter «convenablement» MBS et MBZ, il n’est pas sur qu’il puisse compter sur leur soutien face à sa guerre personnelle en Ukraine.

CNN a publié un rapport ce vendredi où il est expliqué comment l’administration Biden s’intéresse discrètement aux relations avec l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis pour compenser la flambée des prix du pétrole.

Joe Biden a annoncé dés les premiers jours de sa nomination qu’il ne reconnaissait en Arabie saoudite que le roi Salmane. Assumant tout le MBS bashing des démocrates au sujet de l’affaire Khashoggi entre autres. Idem pour MBZ, dirigeant de facto des E.A.U, Biden le considère comme l’allié de Donald Trump. Il a d’ailleurs tout fait pour le mettre sur la touche au profit de son ennemi juré, Tamim Ben Hamad, l’émir du Qatar.

Mais l’évolution de la guerre en Ukraine a replacé ces deux pays au centre de l’échiquier mondial. Bien que les sanctions visant les hydrocarbures aient été délibérément écartées par Biden dans le but de protéger ses alliés occidentaux, en particulier ceux de l’Union européenne, contre les chocs déstabilisants des prix, les sanctions financières et logistiques ont ébranlé un marché où la Russie en est le deuxième exportateur mondial.

«Les producteurs russes, dans le sillage des sanctions, ont eu du mal à conclure de nouvelles commandes de pétrole, les acheteurs se rebiffent en raison de leur méfiance quant à l’étendue et à la portée des sanctions visant la banque centrale du pays et ses principales institutions financières» écrit CNN.

L’appel de Poutine à MBS vs l’appel de Biden au roi Salmane

Parmi les révélations de CNN, le refus de Mohammed ben Salmane de parler à Joe Biden. Le prince héritier a dit à la Maison Blanche : « Comment votre président ne reconnait que le roi Salmane, alors il n’a qu’à parler à mon père ». 

«Lorsque les responsables américains ont finalement abordé la possibilité d’un appel entre Biden et MBS fin janvier, les responsables saoudiens ont proposé à la place de mettre Biden au téléphone avec son père de 86 ans, le roi Salman, le dirigeant officiel du royaume – et la personne que Biden avait identifiée au début de sa première année comme son homologue direct» affirme CNN.

«Ce serait leur première conversation en 12 mois», souligne la même source.

Toujours, selon la chaine américaine, MBS, qui devait se rendre à Pékin pour les cérémonies d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver, a annulé son voyage pour pouvoir assister à l’appel téléphonique entre son père et Biden.

«Bien qu’il ne soit pas clair s’il était dans la pièce, MBS a écouté l’appel, mais n’a pas parlé» souligne CNN.

Le ministère chinois des affaires étrangères avait justifié l’absence du prince héritier saoudien à la cérémonie d’ouverture des JO  par des «raisons de calendrier».

CNN, citant les responsables de ces négociations, considère que cette prise de contact avec le roi Salmane a ouvert une fenêtre «sur une relation qui, tout en restant complexe, a montré des signes de stabilisation à un moment critique». 

Selon un responsable américain, la conversation du 9 février a porté sur la nécessité de garantir la stabilité de l’approvisionnement mondial en pétrole et a déclenché un voyage en Arabie saoudite de deux hauts responsables de Biden.

Trois jours plus tard, Brett McGurk et Amos Hochstein, les principaux émissaires de Biden pour la sécurité nationale et l’énergie dans la région, se sont rendus à Riyad, la capitale saoudienne, pour une réunion en tête-à-tête de plusieurs heures avec MBS et de hauts responsables saoudiens, dont le frère de MBS, le prince Abdel Aziz ben Salman, ministre de l’énergie du royaume.

«Nous n’avons pas demandé explicitement l’augmentation de la production du pétrole lors de cette réunion» ont précisé les deux responsables.

Contrairement à l’optimisme de ces négociateurs, d’autres responsables américains reconnaissent que les relations sont loin d’être aussi solides qu’elles l’étaient autrefois et qu’elles nécessiteront une attention plus soutenue de la part de l’administration Biden, écrit CNN.

Par ailleurs, le président russe Vladimir Poutine s’est entretenu par téléphone avec MBS et le cheikh Mohammed bin Zayed al Nahyan des Émirats arabes unis.

Poutine a clairement indiqué qu’il ne serait pas favorable à une augmentation de la production, qui se ferait en grande partie aux dépens de son pays.

Les membres de l’OPEP+ ont choisi de s’en tenir au calendrier d’approvisionnement convenu lors de leur réunion du 2 mars, une décision qui n’a pas surpris les responsables américains à l’époque.

Pourtant, les retombées économiques qui ont suivi ont entraîné une rupture d’approvisionnement tangible. Les entreprises mondiales du secteur de l’énergie ayant boudé la Russie, même si sa production de pétrole s’est maintenue, une grande partie de ces barils russes n’a pas été commercialisée.

L’administration Biden sous pression

Au début de la semaine, les États-Unis ont pris l’initiative d’interdire les importations de pétrole russe aux États-Unis, ce qui ne représente qu’une petite partie des exportations totales de la Russie, mais constitue une autre mesure qui a jeté un froid sur le marché et contribué à faire monter les prix.

Il s’agit d’une réalité douloureuse qui a mis en lumière des mois d’efforts discrets, mais urgents, des responsables américains pour obtenir une augmentation de la production d’énergie de la part de l’industrie et des pays du monde entier.

Dirigée par Hochstein, l’envoyé du département d’État pour l’énergie, et McGurk, cette action a consisté en des contacts au Moyen-Orient, en Asie et en Afrique du Nord, ainsi qu’en des discussions intensives avec les producteurs américains.

Au fur et à mesure que la hausse des prix se poursuivait, la nature discrète de ces efforts a fait place à une communication publique directe.

«Nous voulons davantage d’approvisionnement en pétrole dans le monde», a déclaré Daleep Singh, conseiller adjoint de Joe Biden pour la sécurité nationale, chargé de l’économie internationale.

«Nous voulons que cela vienne des producteurs qui ont des capacités de constituer des réserves». Singh a explicitement noté que l’Arabie saoudite était l’un de ces producteurs.

Par ailleurs, des responsables de Biden ont eu, ce mois ci, des entretiens diplomatiques au Venezuela, pays riche en pétrole, bien que l’administration ait depuis minimisé l’idée d’une augmentation de la production de ce pays lourdement sanctionné.

De plus, l’éventualité d’un accord nucléaire imminent avec l’Iran pourrait éventuellement relancer une vague de pétrole iranien sanctionné sur le marché, mais cela n’est pas considéré comme une solution à court terme par la Maison Blanche.

En réalité, la majeure partie de la capacité pétrolière de réserve envisagée par les responsables américains de l’énergie provient du Moyen-Orient. Les responsables et les acteurs du marché estiment que le moyen le plus rapide de mettre le plus de pétrole sur le marché est d’augmenter la production de l’Arabie saoudite en particulier.

Pour cela, les responsables américains sont conscients qu’ils doivent s’attaquer aux relations très tendues entre le président Joe Biden et le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane, le dirigeant de facto du royaume. Depuis les premiers jours de l’administration Biden, les Saoudiens se sont sentis personnellement lésés par ce qu’ils disent avoir été la décision du président de calibrer toute la relation autour du meurtre en 2018 du journaliste du Washington Post Jamal Khashoggi.

«Il est difficile d’arriver à une bon résultat sans traiter avec MBS», a expliqué un responsable américain à CNN. «Il n’y a pas d’autre moyen de le faire».

Test de résistance de MBZ

«Les Émirats arabes unis font partie de ces producteurs qui disposent de capacités pétrolières inutilisées. Mais c’est aussi un allié traditionnel qui entretient des relations de plus en plus tendues avec les États-Unis depuis l’entrée en fonction de Biden» affirme CNN.

Le pays s’est senti particulièrement lésé par les États-Unis lorsqu’il n’a pas bénéficié d’un soutien massif après l’attaque meurtrière par drone perpétrée en janvier aux Émirats arabes unis par les Houthis soutenus par l’Iran, a expliqué un responsable américain.

Ils craignent également qu’un éventuel nouvel accord sur le nucléaire iranien soit trop faible renforçant la nuisibilité du Corps des gardiens de la révolution islamique.

Quand Biden a envoyé ses principaux collaborateurs en Arabie saoudite, son coordinateur pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord au Conseil de sécurité nationale a fait une halte aux Émirats arabes unis. McGurk a mis l’accent sur le Yémen, notamment en soulignant le soutien des États-Unis à la défense territoriale du pays contre les attaques de missiles et de drones menées par l’Iran, indique CNN.

Il est à rappeler que les Émirats arabes unis se sont abstenus lors de l’adoption d’une résolution par les États-Unis visant à condamner l’invasion de l’Ukraine par la Russie au Conseil de sécurité des Nations unies, en grande partie en raison de la frustration suscitée par le Yémen.

L’ambassadeur émirati à Washington Yousef Al Otaiba s’est plaint de la dynamique instable dans les déclarations publiques de la Maison Blanche, notant que la relation entre son pays et l’administration Biden «connait des jours où la relation est très saine et des jours où la relation est remise en question».

«Aujourd’hui, nous traversons un test de résistance, mais je suis convaincu que nous nous en sortirons et que nous arriverons à un meilleur endroit», a-t-il ajouté.

Les déclarations du diplomate sur le volonté des E.A.U d’augmenter la production du pétrole, nuancées dans la foulée par son ministre de l’énergie ont eu un effet de yoyo sur les marchés.

«Les Émirats arabes unis sont attachés à l’accord OPEP+ et à son mécanisme d’ajustement mensuel de la production», a déclaré Suhail Al Mazrouei sur Twitter dans ce qui semble être un effort pour rassurer les autres membres.

La prochaine réunion de l’OPEP+ est prévue pour le 31 mars.

Ukraine, Sahara et Droits de l’homme : Wendy Sherman la «Renarde Argentée» confronte Nasser Bourita le «Lion de l’Atlas»

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Wendy Sherman, alias «Silver Fox» (la renarde argentée), l’une des diplomates les plus puissantes du monde a rencontré ce mardi à Rabat le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita. Notre «Lion de l’Atlas» le bien nommé, savait que l’administration Biden a envoyé son négociateur le plus expérimenté pour démêler la position de neutralité assumée de Rabat au sujet de la crise en Ukraine. La «confrontation» s’est couronnée par un communiqué conjoint davantage favorable au Maroc. Sherman a imposé la question des droits de l’homme en haut du pavé et Bourita a arraché pour sa part, le rappel de la déclaration tripartite incluant Israël, signée le 22 décembre 2020. Le «Lion de l’Atlas» arrive même à reléguer la question ukrainienne à la toute dernière place, bien après celle du Sahel et de la Libye.

Wendy Sherman, 72 ans, est la deuxième diplomate d’importance des États-Unis. Son voyage au Maroc est considéré comme la visite officielle du plus haut niveau effectuée par un responsable américain à Rabat depuis plusieurs mois.

Connue à Washington pour ses manières acerbes, Mme. Sherman a traité à plusieurs reprises des sujets des plus difficiles. La diplomate a habilement géré des situations de crise pendant trois décennies. Elle a conclu des accords avec la Corée du Nord pendant l’ère Bill Clinton, et a dirigé les négociations nucléaires avec l’Iran sous la présidence de Barack Obama en 2011.

Surnommée la «Silver Fox» – Renarde Argentée-, en raison de sa chevelure grise acier et de sa capacité à arracher des concessions, Wendy Sherman a contribué à la conclusion d’un accord nucléaire historique en 2015 entre Téhéran et les États membres du P5 + 1, à savoir les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Chine, la Russie et l’Allemagne.

Et c’est elle que Joe Biden a chargé en janvier 2022 pour négocier avec les Russes dans l’objectif de dissuader Poutine de ne pas envahir l’Ukraine.

La «Renarde Argentée» : le Joker de la diplomatie américaine

Le surnom de Wendy Sherman lui vient des Iraniens avec qui elle a passé de longues heures de négociations. Ils ont commencé à l’appeler «la Renarde» en raison de son approche malicieuse durant les pourparlers.

Son teint pâle, ses cheveux gris acier coupés en brosse et son allure toujours soignée en dépit de la nature exténuante des négociations, ont fini par convaincre ses collègues du département d’État américain d’adopter le surnom des iraniens auquel ils ont ajouté «Argentée». Ils étaient tellement fascinée par elle qu’ils ont commencé à porter durant les réunions de négociation des tee-shirts sur lesquels était marqué le qualificatif : «Silver Fox».

«Ses collègues l’observent avec admiration, et parfois avec un peu de crainte, lorsqu’elle s’engage dans les discussions internationales», écrit la BBC.

«Elle est rapide et très intense », affirme l’ancien ambassadeur des États-Unis en Turquie, James Jeffrey.

La carrière de diplomate de Wendy Sherman n’était pas par choix. Au tout début de sa carrière professionnelle, elle a été militante, travaillant comme assistante sociale à Baltimore, oeuvrant à rendre les logements abordables aux moins aisés.

Quelques années plus tard, la secrétaire d’État Hilary Clinton, avec l’accord du président Barack Obama, l’a nomme sous-secrétaire d’État aux affaires politiques, devenant ainsi la première femme à occuper ce poste.

Ce parcours, combiné à sa forte implication dans le processus de négociation de l’accord nucléaire de 2015 avec l’Iran, a fait d’elle l’objet d’une forte suspicion de la part des républicains. Toutefois, son expérience et son sang-froid les ont suffisamment convaincu pour qu’elle soit confirmée par le Sénat au poste de secrétaire d’État adjointe, par 56 voix contre 42.

La «Silver Fox» face au «Lion de l’Atlas» : un combat sérré

Nasser Bourita peut désormais se targuer d’avoir eu affaire dans sa carrière de diplomate et dans un contexte de guerre mondiale à une légende : Wendy Sherman, la négociatrice américaine inflexible et sans état d’âme.

Le Chef de la diplomatie marocaine savait à quoi s’attendre mais contrairement aux apparences, il était loin d’être dans une position de faiblesse.

En effet, L’invasion de l’Ukraine par la Russie a apporté une certaine clarté aux réalignements régionaux et aux partenariats stratégiques en Afrique du Nord, en Europe et au Moyen-Orient.

La crise a en effet révélé au grand jour, l’évolution intéressante des relations entre les États-Unis, d’une part, et le Maroc, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Israël d’autre part.

«Après quatorze jours d’affrontements militaires en Ukraine, une chose est devenue claire : les partenaires de Washington en Afrique du Nord et au Moyen-Orient sont de plus en plus confiants dans leur volonté d’adopter une ligne de conduite indépendante, sans lien avec Washington – et sans doute en la défiant – et en coordination les uns avec les autres» affirme le politologue Thanassis Cambanis.

Cette divergence s’est manifestée surtout par le refus des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole Plus, OPEP+, d’augmenter rapidement leur production de pétrole dans un contexte de hausse des prix des carburants, malgré la pression exercée par l’administration sur l’Arabie saoudite. Ce grand pays arabe, premier producteur de pétrole dans le monde va faire encore mieux. Son dirigeant de facto Mohammed ben Salmane ira jusqu’à explicitement menacer de réduire les investissements de son pays aux États-unis au profit de la Chine.

Depuis son élection, Joe Biden a tout fait pour mettre sur la touche les princes héritiers MBS et MBZ. En contrepartie il n’a cessé de valoriser l’émir du Qatar en lui confiant la gestion du dossier des Talibans puis en le consacrant du statut d’«Allié majeur de l’OTAN». Le président américain l’a aussi désigné comme «backup» officiel de l’approvisionnement du gaz pour l’Europe en cas de guerre en Ukraine.

La même divergence s’est également manifestée par un double refus d’Israël de demandes persistantes de la Maison Blanche. Le premier refus a concerné le soutien du projet de résolution américain contre la Russie au Conseil de Sécurité de l’ONU. Le second est le refus catégorique de Tel Aviv de l’envoi des batteries du système de défense «Dôme de Fer» en Ukraine. Une décision justifiée par la crainte que ce transfert ne nuise aux relations d’Israël avec la Russie.

Il est à rappeler que les Russes d’Israël forment la plus grande communauté juive du pays, soit plus de 25% de la population.

Le Pakistan a brillé davantage dans sa défiance à Joe Biden avec la visite officielle qu’a entrepris au Kremlin son premier ministre Imran Khan, le jour même de l’invasion de l’Ukraine. Khan a rencontré simultanément, Vladimir Poutine et le leader tchétchène Ramzan Kadyrov.

Enfin, plusieurs États de la région y compris le Maroc se sont abstenus de voter la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies condamnant l’invasion russe, au grand dam de la Maison Blanche.

En parallèle de cette résistance contre le diktat américain, l’Arabie saoudite a voté en faveur de la résolution de l’ONU condamnant l’invasion russe, tandis qu’Israël s’est impliqué fortement dans un rôle de médiation entre l’Ukraine et la Russie. Au point que le très pratiquant Naftali Bennett a dû transgresser Shabbat pour s’envoler secrètement à Moscou, où il a passé trois heures avec Poutine, sans prendre l’avis des États-unis.

Ces démarches d’apparence incohérentes, soulignent le fait que les gouvernements du Moyen-Orient ne se considèrent plus comme des partenaires subalternes des États-Unis et ne se sentent plus obligés, comme ils l’ont peut-être fait par le passé, de suivre les directives de Washington dans une crise majeure de sécurité internationale.

L’indépendance d’Israël en matière de politique étrangère devenait palpable durant les dernières années de Benjamin Netanyahu. Par contre, la position du Maroc et certains membres du CCG par rapport à la guerre en Ukraine est un fait tout à fait nouveau. Cela suggère l’émergence d’un nouveau niveau de confiance et d’autonomie par rapport aux États-Unis, en dépit du fait que Washington reste la garante de la sécurité de la région.

La posture de ces pays est d’ailleurs compréhensible, compte tenu de la décision des administrations américaines, depuis Obama de se retirer du Moyen-Orient. Du coup, le Maroc, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Israël ont intérêt à maintenir de bonnes relations diplomatiques, économiques et militaires avec la Russie.

Rabat, à l’image de ses alliés dans la région ne cherche par à abandonner complètement les liens avec Washington, mais plutôt de les équilibrer en nouant des relations solides avec d’autres puissances qui exercent une influence considérable sur les questions économiques et de sécurité régionales, comme la Russie, mais aussi la Chine. Deux pays qui ont d’ailleurs massivement investi en présence économique et militaire en Afrique subsaharienne, prolongement naturel du Royaume.

A la lumière de ces éléments, on cerne mieux les raisons qui ont poussé l’administration américaine, qui refuse de nommer un ambassadeur au Maroc depuis le départ de Dwight Bush en 2017, à dépêcher une diplomate de la trempe de Wendy Sherman.

Trois communiqués, trois nuances !

Si le cadre officiel de la rencontre entre notre «Lion de l’Atlas» et la «Renarde Argentée» est le «Dialogue stratégique Maroc-USA», la déclaration du porte-parole du département d’Etat américain Ned Price nous fait prendre conscience que la machine diplomatique américaine n’a qu’une seule urgence en ce moment : «l’Ukraine».

Dans son point de presse qui a suivi la rencontre entre les diplomates des deux pays, Ned Price a hiérarchisé les points discutés entre les deux parties en fonction des priorités de son ministère :

  1. Les moyens de renforcer davantage les relations bilatérales de longue date entre les États-Unis et le Maroc, y compris les intérêts communs en matière de paix, de sécurité et de prospérité régionales;
  2. Les développements internationaux, y compris «la guerre préméditée, non provoquée et injustifiée» de Poutine contre l’Ukraine;
  3. Le ferme soutien des deux parties à l’envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies, Staffan de Mistura, qui cherche à redynamiser le processus politique pour le «Sahara occidental», dirigé par les Nations Unies;
  4. Le plan d’autonomie du Maroc est considéré comme sérieux, crédible et réaliste, et comme une approche potentielle pour satisfaire les aspirations du «peuple du Sahara occidental»;
  5. L’importance de la protection des droits de l’homme, y compris la liberté d’expression, en s’appuyant sur le dialogue productif entre les États-Unis et le Maroc sur les droits de l’homme de septembre 2021.

Notons que sur le communiqué conjoint approuvé par Bourita et Sherman, «la guerre en Ukraine» n’était cité qu’en fin du document et le qualificatif «la guerre préméditée, non provoquée et injustifiée» n’y figurait pas du tout.

De plus, l’appellation «Sahara Occidentale» que Price a répété deux fois, elle n’a été cité qu’une seule fois dans la version en anglais du communiqué, publié aussi bien sur le site du département d’Etat américain que celui du ministère des affaires étrangères marocain.

Sur les versions française et arabe du communiqué, l’appellation «Sahara Occidentale» y est absente et la précision «consacrant la reconnaissance américaine de la pleine souveraineté du Royaume sur son Sahara» a été ajoutée dans le paragraphe réservé au rappel de l’accord tripartite avec Israël.

Opération de charme de la «Silver Fox»

Faisant honneur à sa réputation de consacrer une attention méticuleuse aux détails, la «Silver Fox» a bien préparé son voyage au Maroc. Son arrivée, coïncidant avec la journée internationale de la femme, elle charge l’ambassade au Maroc de lui trouver une occasion de prise de parole sur le sujet.

David Green, Chargé d’Affaires à la mission diplomatique, sponsorise un évènement de l’Association des Femmes chefs d’Entreprises du Maroc, AFEM, célébrant la journée du 8 mars. Mme Sherman en sera l’invitée d’honneur.

Arrivée à la conférence au Hyatt Regency vers 17h30, Wendy Ruth Sherman a été accueillie par la Ministre de la Solidarité, de l’Insertion Sociale et de la Famille Awatif Hayar, puis s’est fondue dans la masse des invités en toute simplicité et sans un dispositif protocolaire lourd.

Assise entre David Green et de Leila Doukali, présidente de l’AFEM, M. Sherman a patiemment écouté le discours «plat» de Mme Hayar avant de monter sur scène.

Après avoir constaté l’absence de la première maire femme de la ville de Casablanca, Nabila Rmili (occupée au Lycée français Lyautey), la «Silver Fox» entame son allocution par l’inévitable sujet :«l’Ukraine». Les éléments de langage sont verrouillés et pour le storytelling elle n’avait qu’à répéter celui d’Antony Blinken prononcé le jour même en Estonie.

«Je veux me faire l’écho de ce que le secrétaire d’État Tony Blinken a dit plus tôt dans la journée en Estonie, à savoir qu’en cette Journée internationale de la femme, j’ai pour ma part, et je suis sûr que vous tous, une pensée pour les femmes d’Ukraine», a-t-elle dit.

Plus de 1,7 million d’Ukrainiens, poursuit-elle, principalement des femmes et des enfants, ont fui la guerre que Vladimir Poutine a déclenchée dans leur pays, laissant souvent leurs maris derrière eux pour combattre.

Puis elle enfonce le clou : «Les femmes ukrainiennes accouchent dans des stations de métro transformées en abris anti-bombes. Elles s’occupent d’enfants atteints de cancer dans les sous-sols d’hôpitaux pour se protéger des missiles. Elles prennent les armes aux côtés des hommes ukrainiens pour lutter pour leur démocratie et défendre leur patrie. Les femmes d’Ukraine, comme vous toutes, incarnent la force, la résilience et le courage intrépide des femmes du monde entier – et nos cœurs sont avec elles aujourd’hui et chaque jour».

Maniant le bâton et la carotte, Wendy Sherman ne va pas se montrer tendre avec la situation de la femme marocaine dans la vie active, avant de proposer l’aide de son pays.

«(…) Cependant, malgré ces progrès (la Moudawana, constitution 2011, législation contre la violence envers la femme, ndlr), le pourcentage de femmes marocaines dans la population active reste assez faible, l’un des plus bas au monde – et il est en fait plus bas qu’il y a vingt ans» a-t-elle souligné.

La responsable américaine s’appuiera sur les recommandations du NMD pour annoncer l’engagement de son pays à accompagner le Maroc dans ses objectifs d’autonomisation des femmes.

«Le Nouveau modèle de développement du Maroc – une priorité du roi Mohammed VI – a placé l’augmentation de la participation des femmes à l’économie au premier plan de la stratégie de croissance économique du Maroc. Les États-Unis veulent aider le Maroc à atteindre son objectif de porter la participation des femmes à la main-d’œuvre à 45 % en 2035, contre 22 % aujourd’hui. Nous sommes fiers d’être un partenaire du Maroc et des femmes marocaines en faisant progresser les opportunités économiques des femmes et en soutenant les femmes entrepreneurs, notamment par le biais du programme POWER du Département d’Etat». a-t-elle déclaré.

Un proche de Wendy Ruth Sherman l’a décrite sur les colonnes du Time, comme suit : «La rationalité règne dans le monde de Wendy Sherman. La secrétaire d’État adjointe examine le terrain et les acteurs, pèse le bâton et la carotte, les compromis et les conséquences, puis fait le meilleur choix dans son propre intérêt. Le sentimentalisme et la nostalgie ne sont pas pour elle».

Les emblématiques marques américaines Coca-Cola, Pepsi, McDonald’s et Starbucks suspendent leurs activités en Russie

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PepsiCo, Coca-Cola, McDonald’s et Starbucks ont toutes annoncées mardi qu’ils suspendaient leurs activités en Russie. Ces derniers jours, les quatre entreprises ont été critiquées pour avoir continué à opérer en Russie alors que d’autres entreprises américaines avaient annoncé la suspension de leurs activités suite à l’invasion de l’Ukraine.

PepsiCo, Coca-Cola, McDonald’s et Starbucks ont chacun déclaré mardi qu’ils suspendaient leurs activités en Russie après l’invasion de l’Ukraine par ce pays, un geste portant une forte charge symbolique de la part de quatre emblématiques marques américaines.

Pepsi vend ses produits en Russie depuis plus de six décennies, même lorsque la société a dû échanger son concentré de soda contre de la vodka Stolichnaya et des navires de guerre. Alors que McDonald’s a ouvert son premier établissement au-delà du rideau de fer à Moscou, quelques mois seulement avant l’effondrement de l’Union soviétique.

Ces derniers jours, Pepsi, Coke, McDonald’s et Starbucks ont été critiquées pour avoir poursuivi leurs activités en Russie alors que d’autres entreprises américaines annonçaient leur retrait ou la suspension de leurs opérations du pays.

Jeffrey Sonnenfeld, professeur à Yale, a dressé une liste des entreprises américaines qui se sont retirées de Russie à la suite de l’invasion du président Vladimir Poutine – et de celles qui ne l’ont pas fait. Jusqu’à mardi après-midi, Coca-Cola figurait encore parmi les marques les plus connus encore présentes en Russie.

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«Nos cœurs sont avec les personnes qui endurent des effets inadmissibles de ces événements tragiques en Ukraine», a déclaré Coca-Cola dans une brève déclaration mardi après-midi. «Nous continuerons à surveiller et à évaluer la situation à mesure que les circonstances évoluent.»

La Russie représente l’une des rares régions du monde où le rival de Coke, PepsiCo, est encore plus présent. Dans un dépôt réglementaire, Coca-Cola a déclaré que ses activités en Ukraine et en Russie ont contribué à environ 1 % à 2 % de son revenu net d’exploitation consolidé et de son bénéfice d’exploitation en 2021.

Pepsi, quant à elle, génère environ 4 % de son chiffre d’affaires annuel en Russie, bien qu’elle ne cesse pas toutes ses activités dans ce pays. La société a déclaré qu’elle continuerait à vendre certains produits essentiels, comme le lait maternisé, le lait et les aliments pour bébés.

Elle a indiqué qu’elle suspendrait les ventes en Russie de ses marques Pepsi-Cola, 7UP et Mirinda, ainsi que les investissements en capital et toutes les activités publicitaires et promotionnelles.

«En tant que société de produits alimentaires et de boissons, nous devons plus que jamais rester fidèles à l’aspect humanitaire de notre activité», a écrit le PDG de Pepsi, Ramon Laguarta, dans un mémo aux employés.

Le Wall Street Journal a rapporté plus tôt dans la journée de mardi que Pepsi étudiait différentes options pour son activité en Russie, y compris la possibilité d’en amortir la valeur. Les sanctions économiques ont considérablement compliqué le processus de cession des actifs russes.

Depuis l’invasion russe de la Crimée en 2014, de nombreuses entreprises américaines ont cherché à réduire leur exposition en Russie et en Ukraine. Certaines chaînes de restaurants, comme McDonald’s, ont vendu certains de leurs établissements détenus par l’entreprise à des franchisés locaux.

McDonald’s a annoncé mardi la fermeture temporaire de ses 850 restaurants russes. Jusqu’alors, la chaîne de restauration rapide avait gardé le silence sur la guerre, s’attirant des critiques plus vives.

Environ 84 % des restaurants McDonald’s en Russie appartiennent à la société, le reste étant exploité par des franchisés. Le fait de posséder un plus grand nombre de restaurants signifie des revenus plus importants pour l’entreprise, mais aussi un risque plus élevé en cas de troubles ou de ralentissement économique.

Starbucks est allée plus loin que McDonald’s en déclarant qu’il suspendait toute activité commerciale en Russie, y compris l’expédition de ses produits. Le PDG de Starbucks, Kevin Johnson, a condamné les attaques dans une lettre vendredi.

Des deux entreprises de restauration, McDonald’s a une plus grande présence dans le pays et reçoit un pourcentage plus élevé de son revenu global de ces ventes.

La Russie suspend les ventes de devises étrangères à ses citoyens

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La Russie a suspendu la vente de devises étrangères à ses citoyens jusqu’au 9 septembre, a annoncé mercredi la banque centrale, dans un contexte de sanctions économiques sans précédent contre le pays après son offensive en Ukraine.

La Banque centrale de Russie a fortement renforcé les restrictions monétaires dans un contexte de sanctions occidentales paralysantes liées à la guerre russe en Ukraine.

Entre le 9 mars et le 9 septembre, «les banques ne seront pas en mesure de vendre des devises étrangères aux citoyens», précise le communiqué de la Banque centrale, qui ajoute que les Russes pourront toutefois changer des devises étrangères en rouble, l’unité locale, pendant cette fenêtre.

La banque a ordonné aux banques commerciales du pays de plafonner à 10 000 dollars le montant que les clients peuvent retirer de leurs dépôts en devises fortes. Tout retrait supérieur à ce montant sera converti en roubles au taux de change en vigueur.

Elle a également demandé aux banques commerciales de cesser de vendre des devises fortes à leurs clients, une mesure qui risque de favoriser l’apparition d’un marché noir des devises étrangères.

Ces restrictions draconiennes sont sans précédent depuis l’époque soviétique, lorsque les autorités maintenaient un contrôle strict des devises fortes. La Banque centrale a indiqué que le contrôle des devises a été renforcé en raison des sanctions occidentales qui ont gelé une grande partie des réserves de devises fortes de la Banque centrale. Ce coup dur porté au système financier du pays a également empêché la Russie d’obtenir des liquidités étrangères.

Ukraine : La Pologne se dit prête de déployer tous ses jets MIG-29 en Allemagne et à les mettre à la disposition des États-Unis

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La Pologne a accepté de remettre tous ses avions de chasse MIG-29 à une base aérienne américaine «immédiatement» dans le cadre d’un plan visant à fournir des avions aux Ukrainiens.

Les autorités de la République de Pologne ont annoncé dans un communiqué après consultations entre le président et le gouvernement, elles étaient prêtes à déployer – immédiatement et sans contrepartie financière – tous leurs jets MIG-29 sur la base aérienne de Ramstein en Allemagne et à les mettre à la disposition du gouvernement des États-Unis d’Amérique. En compensation, Washington devrait leur fournir des F-16 américains.

La Pologne demande aux Etats-Unis de lui fournir des avions d’occasion avec les capacités opérationnelles correspondantes. La Pologne est prête à établir immédiatement les conditions d’achat de ces avions, poursuit le communiqué.

Le gouvernement polonais demande également aux autres Alliés de l’OTAN – disposant de jets MIG-29 – d’agir dans le même sens.

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