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Russie

Après avoir accepté de laisser l’Ukraine exporter des céréales, la Russie met le port d’Odessa à feu et à sang

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L’encre de l’accord permettant à l’Ukraine de reprendre ses exportations de céréales par voie maritime venait à peine de sécher lorsque des missiles russes ont frappé le plus grand port d’Ukraine, Odessa, tôt le 23 juillet. Les Russes ont lancé quatre missiles de croisière «Kalibr» contre le port, a déclaré un responsable local. Deux d’entre eux ont touché le port, tandis que les défenses ukrainiennes ont intercepté les deux autres.

Des débris de verre jonchaient certaines rues près du front de mer d’Odessa, et on pouvait voir des équipes de secours tenter d’éteindre un incendie à l’intérieur du port. Un jeune homme qui a assisté aux frappes depuis son balcon a déclaré que les missiles venaient de la mer. Vladimir Poutine a «craché au visage» du secrétaire général de l’ONU, António Guterres, et du président turc, Recep Erdogan, a déclaré Oleg Nikolenko, porte-parole du ministère ukrainien des affaires étrangères.

La veille, Guterres et Erdogan s’étaient serrés la main à Istanbul pour sceller un accord visant à rouvrir les ports ukrainiens pour l’exportation de céréales vers un monde affamé. Alors que les prix mondiaux du blé ont chuté de plus de 6 %, revenant aux niveaux d’avant-guerre, Guterres a salué l’accord comme «un phare sur la mer Noire». L’accord ne favorise pas l’un ou l’autre camp, a-t-il insisté, mais le monde entier.

L’Ukraine est l’un des plus importants exportateurs de blé, d’orge, de maïs et d’huile de tournesol au monde. Mais elle n’a pas été en mesure d’expédier la plupart de ses récoltes depuis le début de la guerre en février. La Russie s’est emparée des ports ukrainiens de la mer d’Azov et a bloqué ceux de la mer Noire. Alors que l’Ukraine a miné ses propres eaux pour empêcher une invasion amphibie.

Selon l’ONU, 828 millions de personnes ont souffert de la faim en 2021 et 50 millions de personnes dans 45 pays sont au bord de la famine. Le reste du monde, aux prises avec une inflation élevée, espère un soulagement de la crise du la cherté de la vie.

La flèche indique la direction générale du trajet des livraisons de céréales ; elle ne représente pas un itinéraire exact.

À Istanbul, les envoyés des parties belligérantes – Sergei Shoigu, ministre russe de la défense, et Oleksandr Kubrakov, ministre ukrainien des infrastructures – se sont assis aussi loin que possible les uns des autres à une longue table, séparés par Guterres et Erdogan. Ils n’ont pas signé d’accord entre eux, mais plutôt des accords séparés avec les Nations unies. Outre l’autorisation d’expédier des denrées alimentaires depuis Odessa et deux autres ports, l’ONU affirme que l’accord facilitera également l’exportation d’engrais russes.

L’accord prévoit la création d’un «centre de coordination conjoint» à Istanbul, dont le personnel sera composé des belligérants ainsi que de la Turquie et de l’ONU. Il supervisera le passage des cargos à l’entrée et à la sortie des ports ukrainiens et les inspectera pour s’assurer qu’ils ne transportent pas de «cargaisons non autorisées» (c’est-à-dire des armes). Aucun représentant russe ne sera autorisé à entrer dans les ports ukrainiens, comme cela avait été envisagé à un moment donné. Et l’Ukraine a insisté sur le fait que les navires de guerre russes ne seraient pas autorisés à escorter les cargos.

Toutefois, des pilotes ukrainiens guideront les navires dans les eaux ukrainiennes. Les inspections des navires de transport seront effectuées dans les ports turcs. «En cas de provocations, une réponse militaire immédiate», a tweeté Mykhailo Podolyak, un conseiller du président ukrainien, Volodymyr Zelensky. L’accord est valable pour des périodes renouvelables de 120 jours.

Mais il présente de grandes lacunes. Le tracé du «corridor humanitaire maritime» n’a pas encore été fixé, pas plus que la distance minimale que les navires, avions ou drones militaires seraient tenus de respecter. On ne sait pas qui se chargerait du déminage nécessaire pour ouvrir un passage maritime vers l’Ukraine. Les Nations unies admettent qu’elles n’ont aucun moyen de faire respecter la loi.

La crise alimentaire n’est pas terminée

L’attaque d’Odessa semble violer l’engagement pris par la Russie de ne pas attaquer « les navires marchands et autres navires civils et les installations portuaires ». Même si l’accord survit aux frappes de missiles, rien n’indique qu’il débouchera sur un accord de paix plus large. Il a peut-être été rendu possible en partie par le récent changement de l’équilibre des forces navales à la suite de plusieurs événements : l’expulsion, le mois dernier, des forces russes de l’île de Snake, le naufrage du Moskva, navire amiral de la Russie en mer Noire, et le renforcement des défenses côtières ukrainiennes grâce à la livraison de missiles occidentaux.

Avec l’aide de l’Occident, l’Ukraine tente de développer d’autres voies d’exportation vers l’Europe occidentale par le Danube, le rail et la route. Mais la capacité limitée de ces routes ne peut pas compenser les ports de la mer Noire. L’Ukraine n’exporte qu’environ 2 millions de tonnes de céréales par mois, contre 5 à 6 millions par mois avant la guerre. Pire encore, les silos qui n’ont pas été détruits pendant la guerre sont à moitié remplis. Alors que l’on s’attend à ce qu’environ 60 millions de tonnes de céréales soient récoltées cette année, l’Ukraine manque de stockage pour environ 15 à 18 millions de tonnes de céréales. Si les récoltes ne peuvent être expédiées rapidement, une grande partie sera laissée à l’abandon.

L’accord d’Istanbul permettrait aux agriculteurs ukrainiens de vendre une plus grande partie de leur production et de gagner ainsi plus d’argent pour acheter des semences et des engrais pour les semis de la saison prochaine. Deux autres facteurs contribuent à faire baisser les prix mondiaux. Le premier est que la récolte dans l’hémisphère nord se déroule bien ; la Russie devrait rentrer une récolte de blé record d’environ 90 millions de tonnes. Le second est la force du dollar, qui rend les produits de base libellés en dollars plus chers pour de nombreux acheteurs et incite les agriculteurs à mettre une plus grande partie de leur récolte sur le marché.

Malgré tout, la crise alimentaire n’est pas terminée. Les prix des céréales ont certes baissé d’un tiers par rapport à leur pic du début de l’année, mais ils sont 40 % plus élevés qu’en janvier 2020. Le carburant, les engrais et les autres intrants restent chers. Et une longue guerre se profile : les combats pourraient se prolonger jusqu’en 2023. Cela soulève la question de savoir si l’accord peut vraiment tenir, et quelle quantité de nourriture l’Ukraine peut produire.

Il est difficile de savoir quand (et, à ce stade, si) les exportations de céréales reprendront. Il faudra probablement attendre un à deux mois avant que les premiers navires – qui devraient être ceux bloqués dans les ports ukrainiens depuis le début de la guerre – puissent prendre la mer. L’entrée de nouveaux navires dans les ports prendra plus de temps, car il faudra mettre en place le mécanisme de surveillance, trouver des armateurs et des équipages volontaires et négocier les assurances nécessaires.

Vilain pied de nez d’al-Sissi à Biden : la Russie lance la construction de la première centrale nucléaire d’Égypte

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Après le sommet Poutine, Erdogan et Raïssi à Téhéran, le président américain Joe Biden reçoit un autre affront au lendemain de sa tournée au Moyen-Orient. Cette fois-ci d’Abdelfatah al-Sissi. Ce dernier a donné, ce mercredi, le coup d’envoi de la construction du premiers réacteur nucléaire de son pays, confiée à Rosatom, une société contrôlée par l’État russe.

Avec Bloomberg

C’est un vilain pied de nez du président égyptien donné à la tournée de Joe Bien au Moyen-Orient. Les cause sont à chercher dans l’échec de la réconciliation avec Mohammed Ben Salmane; le choix d’une présence virtuelle de Mohammed Ben Zayed, marquant une forme distance avec la nouvelle administration américaine; les vives tensions économiques et sociales provoquées par le va-t-en-guerre contre la Russie et la mollesse de la réponse américaine au programme nucléaire iranien.

Les présidents iranien Ebrahim Raïssi (au centre), russe Vladimir Poutine (à gauche) et turc Recep Tayyip Erdogan posant pour une photo lors de leur sommet tripartite à Téhéran, en Iran, le 19 juillet 2022. Photo AFP

En effet, dans l’objectif d’apporter une forme d’équilibre avec le Kremlin et ses alliés occidentaux qui ont sanctionné Moscou pour sa guerre en Ukraine, Al-Sissi a donné le coup d’envoi des travaux de la première centrale nucléaire d’Egypte.

Il s’agit de la première des quatre unités de puissance de 1 200 mégawatts qui seront construites à El Dabaa, à 300 kilomètres au nord-ouest du Caire, selon un communiqué de la société publique Rosatom. Cette dernière est le plus grand fournisseur mondial de combustible nucléaire et de réacteurs. Elle n’a pas été visée par les sanctions américaines ou européennes contre Vladimir Poutine.

La Russie a l’habitude de mener des projets énergétiques à grande échelle en Égypte, souvent dans le cadre d’un effort plus large visant à contester l’influence politique, militaire et économique des États-Unis. Pour rappel, la défunte URSS avait participé à la construction du haut barrage d’Assouan dans les années 1960.

Le président russe Vladimir Poutine et son homologue égyptien Abdel-Fattah El-Sisi étaient présents lorsque les pays ont signé un accord pour la construction de ces quatre réacteurs en 2017.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi à droite, et son homologue russe Vladimir Poutine à gauche, applaudissent alors que le ministre égyptien de l’électricité et des énergies renouvelables, Mohamed Shaker, serre la main d’Alexei Likkhachev, le directeur général de la société russe de l’énergie atomique Rosatom, après avoir signé un accord bilatéral au Caire en 2017. AFP

Le coût du projet était estimé à 30 milliards de dollars, dont une grande partie devait être financée par un prêt de Moscou. Rosatom fournira quand à elle du combustible nucléaire à chacun des quatre réacteurs tout au long de la vie opérationnelle de la centrale. Tandis que trois entreprises égyptiennes présélectionnées participeront à la construction de la centrale située sur la côte méditerranéenne.

https://twitter.com/EgyProjects/status/1549747421462380544

L’Égypte a développé des liens économiques plus forts avec la Russie depuis qu’al-Sissi a arraché le pouvoir en 2014, tout en conservant des liens historiques avec des partenaires occidentaux. Cette année, Le Caire a participé au Forum économique international de Saint-Pétersbourg, a acheté des quantités substantielles de blé à la Russie, tout en signant un accord avec Israël pour stimuler les ventes de gaz à l’Union européenne, qui cherche à réduire sa dépendance aux importations énergétiques de Moscou.

Le projet Rosatom a été retardé après l’attentat à la bombe de 2015 contre un avion de ligne russe au-dessus de l’Égypte, qui a tué 224 touristes. Les vols entre les deux pays n’ont repris que l’année dernière, offrant une aubaine à l’industrie touristique égyptienne qui avait auparavant attiré un grand nombre de visiteurs russes.

L’invasion de l’Ukraine par la Russie et les sanctions américaines et européennes qui ont suivi n’ont guère contribué à décourager l’intérêt international pour la technologie de Rosatom. Outre l’Égypte, la société contrôlée par le Kremlin a fait avancer des projets en Hongrie et au Myanmar depuis le début du conflit.

Le nouveau concept stratégique de l’OTAN cible la Russie et la Chine

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Les chefs d’État et de gouvernement des pays de l’OTAN réunis à Madrid ont approuvé mercredi un nouveau concept stratégique pour l’alliance, désignant comme principales priorités «l’agression de la Russie», «les défis systémiques posés par la République populaire de Chine» et «l’approfondissement du partenariat stratégique» entre les deux pays.

Les dirigeants des pays de l’OTAN réunis à Madrid, en Espagne, depuis ce mardi 28 juin ont approuvé hier un document qui fixe un nouveau concept stratégique pour l’alliance.

Dans ce document, l’alliance militaire occidentale qui s’est formée après la Seconde Guerre mondiale définit la Russie comme la «menace la plus importante et la plus directe» et aborde pour la première fois les défis que Pékin pose à la sécurité, aux intérêts et aux valeurs de l’OTAN.

Mercredi, le président Joe Biden a annoncé que les États-Unis renforçaient leur présence militaire en Europe, notamment en déployant des destroyers navals supplémentaires en Espagne et en positionnant davantage de troupes ailleurs, en réponse au «changement de l’environnement sécuritaire» et pour renforcer la «sécurité collective».

Joe Biden a indiqué que les États-Unis allaient établir un quartier général permanent pour le 5e corps d’armée américain en Pologne, ajouter une brigade de rotation de 3 000 soldats et 2 000 autres personnes dont le quartier général sera en Roumanie, et envoyer deux escadrons supplémentaires d’avions de combat F-35 en Grande-Bretagne.

«Au début de l’année, nous avons envoyé 20 000 soldats américains supplémentaires en Europe pour renforcer nos lignes en réponse à l’agressivité de la Russie, ce qui a porté le total de nos forces en Europe à 100 000 soldats», a-t-il déclaré, ajoutant que les États-Unis continueront d’ajuster leur position de défense «en fonction de la menace, en étroite consultation avec nos alliés».

Mercredi également, dans un discours virtuel à l’OTAN, le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a déclaré que son pays avait besoin d’armes plus avancées et d’environ 5 milliards de dollars par mois pour se défendre.

«Il ne s’agit pas d’une guerre menée par la Russie contre la seule Ukraine. C’est une guerre pour le droit de dicter les conditions en Europe – pour ce que sera le futur ordre mondial», a déclaré M. Zelenskiyy aux dirigeants du sommet.

Les alliés de l’OTAN prévoient de continuer à apporter un soutien militaire et d’autres types de soutien à l’Ukraine pour une durée indéterminée, a déclaré Charly Salonius-Pasternak, analyste de la sécurité à l’Institut finlandais des affaires internationales.

«Ce que j’ai entendu collectivement de la part de tout le monde, c’est l’idée qu’il est important que la Russie ne gagne pas, l’idée étant que si la Russie apprend la leçon que l’utilisation généralisée de la force militaire lui rapporte quelque chose, l’Europe ne sera pas stable ou sûre à l’avenir, et donc la Russie ne doit pas gagner, l’Ukraine doit gagner», a-t-il déclaré à la presse.

Un changement important de la réthorique de l’Otan face à la Chine

Selon Stacie Goddard, professeur de sciences politiques au Wellesley College, le langage du concept stratégique de l’OTAN suggère un changement significatif de son unité et de son sens de l’urgence en ce qui concerne la rivalité entre grandes puissances. Elle a souligné l’avertissement de l’alliance concernant l’approfondissement du partenariat entre la Russie et la Chine, qui constitue un défi pour l’ordre existant.

«Certes, ce ne sont que des mots, mais la nouveauté et la clarté de la rhétorique sont frappantes», a-t-elle déclaré.

Pékin ne soutient pas militairement la guerre de la Russie en Ukraine, mais le dirigeant chinois Xi Jinping a déclaré soutenir Moscou sur les questions de «souveraineté et de sécurité». Le pays continue d’acheter des quantités massives de pétrole, de gaz et de charbon russes.

«Cela est considéré comme extrêmement menaçant, non seulement pour les États-Unis, mais aussi pour l’Europe», a déclaré Robert Daly, directeur de l’Institut Kissinger sur la Chine et les États-Unis au Woodrow Wilson Center.

Le porte-parole du Conseil national de sécurité des États-Unis, John Kirby, a déclaré mardi aux journalistes que les alliés étaient «de plus en plus préoccupés par les pratiques commerciales déloyales de la Chine, le recours au travail forcé, le vol de propriété intellectuelle et ses activités d’intimidation et de coercition, non seulement dans la région indo-pacifique, mais dans le monde entier».

Le concept stratégique de l’OTAN est une évaluation des défis de sécurité et guide les activités politiques et militaires de l’alliance. Le dernier a été adopté lors du sommet de l’OTAN à Lisbonne en 2010, et comportait ironiquement les mots suivants : «L’OTAN ne constitue pas une menace pour la Russie. Au contraire : nous voulons voir un véritable partenariat stratégique entre l’OTAN et la Russie.»

La Suède, la Finlande, l’éloge de Biden à Erdogan et le climat

Le président américain Joe Biden a fait l’éloge du président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a renoncé mardi à ses objections aux candidatures de la Suède et de la Finlande à l’adhésion à l’alliance.

«Je tiens à vous remercier tout particulièrement pour ce que vous avez fait pour organiser la situation en ce qui concerne la Finlande et la Suède, et pour tout le travail incroyable que vous faites pour essayer de sortir le grain de l’Ukraine», a déclaré Biden à Erdogan lors d’un tête-à-tête en marge du sommet.

Ankara ayant levé son veto à l’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’OTAN, Washington a apporté concomitamment son soutien à la vente potentielle d’avions de combat F-16 américains à la Turquie.

L’OTAN s’apprêtant à augmenter le nombre de ses membres, le sommet a également porté sur le renforcement des partenariats avec les pays non membres de l’Alliance. Les dirigeants de l’Australie, du Japon, de la Corée du Sud et de la Nouvelle-Zélande participent à ce sommet.

«Le président Poutine n’a pas réussi à fermer la porte de l’OTAN», a déclaré M. Stoltenberg. «Il obtient le contraire de ce qu’il veut. Il veut moins d’OTAN. Le président Poutine obtient plus d’OTAN en faisant adhérer la Suède et la Finlande à notre alliance.»

Le concept stratégique de l’OTAN indique également que le changement climatique était «un défi déterminant de notre époque.»

La Russie supprime la limite d’âge supérieure pour le service militaire

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Les législateurs russes ont adopté un projet de loi supprimant la limite d’âge supérieure pour les personnes souhaitant effectuer leur service militaire, ce qui a suscité des spéculations sur le fait que le pays cherche à renforcer ses effectifs dans le cadre de son invasion de l’Ukraine.

The Moscow Times

Le projet de loi, qui a été soumis à la Douma, la chambre basse du parlement russe, la semaine dernière et approuvé en dernière lecture mercredi, supprimerait la limite d’âge supérieure pour les premières recrues. Il doit maintenant être signé par le président russe Vladimir Poutine pour devenir officiellement une loi.

Jusqu’à ce jour, la loi russe autorisait tout citoyen âgé de 18 à 40 ans à rejoindre les forces armées en signant un contrat.

«Des spécialistes hautement professionnels sont nécessaires pour utiliser des armes de haute précision et faire fonctionner des armes et des équipements militaires», indique une note accompagnant le projet de loi.

Le changement ne s’appliquerait pas aux soldats en activité souhaitant renouveler leur contrat militaire, qui doivent toujours être âgés de moins de 50 ans.

Le projet de loi a été présenté par Andrei Kartapolov, chef de la commission de la défense de la Douma d’État et membre du parti au pouvoir Russie Unie, et son premier adjoint Andrei Krasov.

«Nous comprenons que pour certaines spécialités, l’expérience vient avec l’âge : à 40-50 ans, [une personne] a la plus grande profondeur d’expérience qui devrait être utilisée à des fins de défense», a déclaré M. Kartapolov au quotidien économique Vedomosti.

Environ 400 000 soldats sous contrat servent actuellement dans les forces armées russes. Environ 130 000 soldats sont ajoutés à ce nombre chaque année par les conscrits, qui sont enrôlés dans l’armée russe deux fois par an et peuvent être légalement déployés à l’étranger après quatre mois de formation militaire.

Selon les analystes, la Russie pourrait chercher à assouplir les exigences relatives aux soldats sous contrat dans l’espoir de renforcer ses effectifs en Ukraine sans recourir à des mesures potentiellement impopulaires comme la mobilisation massive.

La Russie va payer sa dette extérieure en roubles

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La Russie envisage de rembourser sa dette extérieure en roubles après que les États-Unis ont bloqué les dernières tentatives de Moscou de régler en dollars.

Avec Agences

Au lendemain de la décision de Washington de mettre fin à une exemption permettant à Moscou de payer ses dettes en dollars, le président de la Douma annonce ce mercredi que la Russie effectuera les paiements aux détenteurs d’obligations du pays en roubles.

«Les États-Unis veulent créer des problèmes pour Moscou en interdisant artificiellement les paiements en dollars pour le service de la dette extérieure de la Russie, mais le pays effectuera des paiements en roubles», a déclaré mercredi le président de la Douma d’État Viatcheslav Volodine, ajoutant que la Russie dispose de tous les fonds nécessaires.

«Premièrement, il y a tous les fonds nécessaires pour les paiements. Deuxièmement, les paiements seront effectués en roubles. Il s’agit d’un choix calculé par les États-Unis, qui ont eux-mêmes interdit les paiements en dollars. Le rouble s’est notablement renforcé aujourd’hui, et en ce sens, l’environnement de marché est bon pour nous», a-t-il écrit sur sa chaîne Telegram.

«Nous avons l’expérience des règlements mutuels en roubles. Les contrats gaziers l’ont montré, alors que les États-Unis et leurs satellites soutenant de telles décisions devraient s’habituer au rouble», a souligné M. Volodin.

Pousser la Russie au défaut de payement

La licence générale du département du Trésor américain autorisant la Russie à effectuer des paiements sur le service de sa dette souveraine a expiré mercredi. L’agence fédérale a déclaré mardi qu’elle ne prolongerait pas la dérogation accordée en mars, qui avait permis à Moscou de continuer à payer les intérêts et le principal et d’éviter un défaut sur sa dette publique.

En place depuis le début des sanctions occidentales contre la Russie, en représailles à la guerre en Ukraine, cette exemption avait permis à Moscou d’échapper au défaut de paiement.

Elle avait été décidée par Washington pour « permettre une transition ordonnée et aux investisseurs de vendre leurs titres », avait expliqué la secrétaire américaine au Trésor Janet Yellen la semaine dernière. La ministre de Joe Biden avait alors indiqué que cette exemption prendrait « probablement » fin.

La Russie ne pouvait déjà plus plus rembourser sa dette avec des dollars détenus dans des banques américaines, dans le cadre des sanctions renforcées prises par les Etats-Unis le 5 avril.

La gouverneure de la banque centrale russe, Elvira Nabioullina, avait reconnu le 29 avril que Moscou était confrontée à des « difficultés de paiements » mais elle s’était refusée à parler de défaut de paiement potentiel.

La dette extérieure de la Russie représente, selon son ministère des Finances, environ 4 500 à 4 700 milliards de roubles (quelque 78 à 81 milliards de dollars au taux actuel), soit 20 % de la dette publique totale.

Poutine : L’économie russe restera ouverte

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L’économie russe «restera certainement ouverte, même dans les nouvelles conditions», a déclaré mardi le président Vladimir Poutine. La Russie développera sa coopération avec les pays qui sont intéressés par un partenariat mutuellement bénéfique, a-t-il souligné.

Le président russe Vladimir Poutine a assuré que l’économie russe dans les nouvelles conditions restera ouverte.

«Dans les nouvelles conditions, l’économie russe sera certainement ouverte», a-t-il déclaré lors d’une réunion mardi.

«En outre, nous élargirons la coopération avec les pays qui sont intéressés par un partenariat mutuellement bénéfique», a souligné Poutine.

Selon le président russe, «toute une série de questions sont essentielles dans ce contexte». «Il s’agit d’organiser des infrastructures de paiement commodes en monnaies nationales, d’établir des liens scientifiques et technologiques et, bien sûr, d’augmenter la capacité des chaînes logistiques, d’accroître leur efficacité et de créer de nouvelles routes pour le transport de marchandises», a énuméré Poutine.

«Ces derniers mois, l’importance stratégique de ces travaux s’est considérablement accrue», a-t-il affirmé. Il a noté la nécessité de diversifier les flux de transport en raison de la volonté de certains pays de «fermer pour la Russie».

«Les actions de certains pays, leur volonté de se fermer pour la Russie, non pas de fermer la Russie, mais surtout de se fermer pour la Russie même à leur désavantage, ont montré combien il est important de diversifier rapidement les flux de transport de nos jours, d’élargir les corridors vers des partenaires fiables et responsables», a-t-il déclaré.

Ahmed Charaï : Les États-unis doivent chercher à comprendre pourquoi 100 nations n’ont pas soutenu l’Ukraine à l’ONU

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L’Assemblée générale des Nations unies s’est réunie le 7 avril dernier, pour la troisième fois depuis le début de la guerre en Ukraine, pour adopter une nouvelle résolution qui suspend la Russie du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Si le monde occidental a largement condamné l’invasion russe, voire a pris de sévères sanctions contre Moscou, Vladimir Poutine n’est pas pour autant totalement isolé dans le conflit. En effet, 100 États sur 193 ont préféré ne pas soutenir le dernier vote onusien. Un phénomène peu commenté par la communauté internationale, probablement du fait que les pays concernés sont africains, arabes et asiatiques.

Dans le vacarme des bruits de bottes qui sature l’atmosphère fébrile de la guerre, une voix marocaine s’est levée pour attirer l’attention sur le déni occidental face à cette unité de l’ONU qui se fissure. Dans une tribune publiée sur la plateforme de réflexion et d’analyse américaine «The Jerusalem Strategic Tribune», Ahmed Charaï estime que la stratégie adoptée par les dirigeants occidentaux dans le conflit ukrainien favorise davantage l’émergence d’un désordre mondial. L’éditorialiste fustige le réflexe de vouloir condamner systématiquement les nations qui se sont abstenues de voter contre la Russie. «Les États-unis doivent chercher à comprendre pourquoi ces nations ont pensé que s’abstenir de voter était leur meilleure option» a-t-il souligné.

«Dans le siège emblématique de l’ONU à New York, le monde a voté au sujet de la plus grande invasion de la Russie depuis la Seconde Guerre mondiale – révélant les fractures et les fissures du soutien mondial à la démocratie», ainsi qa entamé Ahmed Charaï sa tribune publiée sur le journal américain «The Jerusalem Strategic Tribune», pour laquelle il a choisi le titre : «Nouveau désordre mondial : Ce que le vote de l’ONU sur la Russie révèle réellement sur la politique mondiale».

La suspension de la Russie du Conseil des droits de l’homme des Nations unies était techniquement la question soumise aux délégués. Mais chaque diplomate savait qu’il s’agissait en réalité d’un vote contre l’agression russe en Ukraine, nuance l’éditorialiste.

M. Charaï affirme que le résultat du vote a révélé la fragilité du consensus en faveur de la démocratie et de l’autodétermination. Car seuls 93 États (sur 193) ont voté en faveur du retrait de la Russie du comité des droits de l’homme, et donc de la condamnation de ses actions contre son voisin plus petit et plus faible

«Vingt-quatre autres pays (dont la Chine) ont voté en faveur de la Russie», précise-il. Et d’ajouter : «Plus inquiétant encore, 58 pays se sont abstenus, refusant de prendre parti dans ce que beaucoup considèrent comme un duel entre les grandes puissances».

M. Charaï souligne que le reste des pays craignent que les prix de l’énergie, des denrées alimentaires et des engrais ne continuent à grimper si le conflit s’intensifie. La Russie et l’Ukraine étant d’importants producteurs de pétrole, de gaz, de blé et de fertilisants, des produits vitaux pour les pays en développement.

«C’est une question de vie ou de mort. La peur et la nourriture sont plus importantes pour de nombreux pays en développement que les idéaux démocratiques», insiste l’éditorialiste, avant de faire le constat suivant : «Les décideurs américains et européens devront faire face à une dure vérité : si la Russie est isolée sur le plan diplomatique, elle n’est pas totalement seule, et de nombreux pays ne sont pas du côté de l’Ukraine et de ses espoirs démocratiques».

M. Charaï, souligne le fait que ce n’est pas par ignorance que les délégués de l’ONU se sont abstenus, mais que les grands idéaux et le désespoir des ukrainiens n’ont rien pu faire face la dure réalité économique et politique de ces pays.

«La vue depuis les décombres de la banlieue de Kiev n’est pas pleine d’espoir. Les dirigeants démocratiquement élus de l’Ukraine savent qu’ils peuvent être capturés, blessés ou tués. Et ils savent aussi que l’histoire des sanctions, l’arme de prédilection de la coalition occidentale, montre qu’elles échouent presque toujours à dompter les envahisseurs. Tous ces faits étaient connus des délégués de l’ONU. En effet, ils les auraient entendus directement de la bouche des diplomates ukrainiens. Mais les grands idéaux et le désespoir réel ne les ont pas fait bouger», constate-t-il.

Les raisons pour lesquelles 100 nations ont décidé de ne pas soutenir l’Ukraine lors du vote des Nations unies

Ahmed Charaï a regroupé les 100 nations qui ont décidé de ne pas soutenir l’Ukraine lors du vote des Nations unies en cinq groupes : 1) Afrique; 2) Amérique latine; 3) Chine; 4) Inde; 5) Pays arabes et Israël.

Pour chaque groupe, l’éditorialiste a apporté avec précision les considérations endogènes et exogènes qui ont poussé à cette prise de distance vis-à-vis le conflit ukrainien.

1. Afrique

En Afrique, la Russie a noué des relations de longue date avec la Libye, la République démocratique du Congo et le Mali, et déploie souvent un schéma postcolonial, qui suggère que la Russie soutient les nations indépendantes et émergentes par rapport à leurs anciens colonisateurs. Cette ligne rhétorique est une continuation du thème promu à l’époque de l’Union soviétique, en particulier à partir des années 1950.

2. Amérique latine

En Amérique latine, une forme d’antiaméricanisme parmi les classes instruites s’est traduite par une réticence à critiquer ouvertement Poutine. Ce phénomène est amplifié par les messages propagés ouvertement par Cuba et le Venezuela.

3. Chine

L’abstention initiale de la Chine est davantage perçue comme un signe d’embarras face aux visées belliqueuses de son partenaire russe, que comme une preuve de son intérêt pour un rapprochement avec l’Occident.

Dans les capitales occidentales, beaucoup veulent croire que Pékin a tout intérêt à ce que le cessez-le-feu intervienne rapidement, afin de ne pas entraver sa croissance économique. En réalité, la Chine ne voit aucune raison de mettre en colère la Russie, un important fournisseur de pétrole, de gaz et de charbon, d’autant plus que les nations occidentales découragent la production des combustibles fossiles dont la Chine a précisément besoin. Les cercles d’élaboration des politiques à Pékin ne sont pas peuplés d’idéalistes, et ses décisions sont invariablement intéressées et pragmatiques.

4. Inde

L’Inde, pour sa part, est un allié de longue date de la Russie, l’un de ses principaux fournisseurs d’armes. New Delhi estime qu’elle aura besoin de ces armes face au renforcement militaire chinois dans la région, ainsi que face aux problèmes non résolus avec le Pakistan.

5. Pays arabes & Israël

Les nations arabes n’ont pas l’intention d’abandonner leurs relations avec la Russie, qui s’est imposée comme une force avec laquelle il faut compter lorsqu’elle a sauvé le président syrien Bachar el-Assad par son intervention militaire, ni avec la Chine, le plus gros acheteur de pétrole et de gaz de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis.

En effet, les dirigeants arabes sont mécontents de l’administration Biden pour son retrait précipité d’Afghanistan l’année dernière, ses négociations en cours avec le régime menaçant de l’Iran, et son laxisme face aux attaques terroristes et aux tirs de roquettes des Houthis au Yémen. Pour la première fois, les dirigeants arabes s’interrogent, publiquement, sur la viabilité du système politique américain et sur la cohérence de la politique étrangère américaine.

Sur le dossier nucléaire iranien, Israël, l’un des plus fermes alliés des Etats-Unis dans la région, craint que l’administration Biden ne veuille à tout prix conclure un accord avec le régime iranien sans tenir compte de l’impact possible sur l’agression régionale de Téhéran. Le ministre israélien de la défense a même appelé à la mise en place d’un «plan B solide» pour faire face au programme nucléaire iranien.

En conséquence, ni les Arabes ni les Israéliens n’étaient enthousiastes à l’idée de soutenir les États-Unis à l’ONU – même s’ils ont fini par s’aligner.

Pour la première fois, les dirigeants arabes s’interrogent, publiquement, sur la viabilité du système politique américain et sur la cohérence de la politique étrangère américaine.

Ahmed Charaï , The Jerusalem Strategic Tribune

Érosion de la défense de l’ordre mondial

Faute de pouvoir s’en prendre à l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, les pays occidentaux ont déportés les votes en Assemblée générale. Deux scrutins sans conséquence pratique sur la Russie ont pourtant révélé la fragilité de l’unité de l’ONU. Une fragilité à laquelle s’ajoute un autre constat qu’Ahmed Charaï a pointé du doigt : l’érosion de l’engagement des États-unis à défendre, maintenir et faire progresser l’ordre international .

«Ce qui s’érode depuis quelques années, c’est l’engagement des dirigeants américains à défendre, maintenir et faire progresser un ordre international dans lequel les États observent des règles et des normes communes, adoptent des systèmes économiques libéraux, renoncent aux conquêtes territoriales, respectent la souveraineté des gouvernements nationaux et adoptent des réformes démocratiques» a-t-il souligné.

Dans l’environnement mondial de plus en plus complexe d’aujourd’hui, poursuit le Directeur de publication, les États-Unis ne peuvent atteindre leurs objectifs qu’en «tirant parti de leur force grâce à une politique étrangère cohérente qui répond aux défis posés par la Russie et la Chine». Pour ce faire, les États-Unis doivent délibérément renforcer et cultiver des relations productives avec leurs alliés, partenaires et autres nations ayant des intérêts communs.

Dans son analyse M. Charaï, s’attarde sur le cas de la Chine, que Biden a érigé en priorité de son administration et que tous les observateurs s’accordent à dire qu’il s’agit du plus grand défi du siècle pour les américains. L’éditorialiste appelle à un dialogue stratégique constructif et à l’étude d’alternatives à l’influence de la Chine dans l’indo-pacifique.

«Les États-Unis doivent proposer des alternatives politiques, économiques et sécuritaires attrayantes à l’influence de la Chine dans la région indo-pacifique, en Afrique et au-delà. Parallèlement, Washington doit maintenir un dialogue stratégique productif avec Pékin, en communiquant clairement les préoccupations américaines et en s’efforçant de comprendre les intérêts et les objectifs chinois.» recommande-t-il.

Les États-unis doivent revoir leur copie

Les principes universels doivent être combinés à la réalité des perspectives des autres régions. Les dirigeants occidentaux doivent reconnaître que les dirigeants non occidentaux ne vivent pas seulement dans un autre endroit, mais qu’ils viennent d’un autre endroit intellectuellement, affirme M. Charaï.

Pour conforter ses propos, l’éditorialiste cite une déclaration de l’ancien ministre des Affaires étrangères américain Henry Kissinger qui s’était exprimé avec franchise à l’intention de Barack Obama, dans un billet publié sur les colonnes du Wall Street Journal en 2014, la veille d’un voyage de l’ancien président américain pour l’Europe.

Kissinger a écrit : « De vastes régions du monde n’ont jamais partagé la conception occidentale de cet ordre ( ordre mondial, ndlr) et n’y ont seulement consenti. Ces réserves deviennent à présent explicites, par exemple, dans la crise en Ukraine et le sud de la Mer de Chine. L’ordre établi et proclamé par l’Ouest [après la Seconde Guerre mondiale] se trouve à un tournant [.] La célébration des principes universels ont besoin d’aller de paire avec la reconnaissance de la réalité des histoires et des cultures des autres régions, ainsi que leurs points de vue en matière de sécurité».

Le vote de l’ONU a montré que les principes universels ne sont pas encore tout à fait universels. Plutôt que de condamner les nations qui se sont abstenues de voter contre la Russie, l’Amérique doit chercher à comprendre pourquoi elles ont pensé que s’abstenir de voter était leur meilleure option. Ensuite, l’Amérique doit indiquer clairement qu’elle soutient toujours l’État de droit et l’idéal de la démocratie et de blinder ses idéaux, conclut Ahmed Charaï sa tribune.


M. Ahmed Charai est le président-directeur général d’un groupe de médias et conseiller pour le Moyen-Orient aux États-Unis et à l’étranger. Il siège au conseil d’administration de nombreux groupes de réflexion et ONG, dont Atlantic Council, the International Center for Journalists, International Crisis Group, et le Jerusalem Institute for Strategy and Security. Ses articles sont parus dans des publications américaines et israéliennes de premier plan.

The Jerusalem Strategic Tribune (JST) est une plateforme de réflexion et d’analyse américaine co-fondée par Ahmed Charai en Aout 2021. Une plateforme qui se veut cosmopolite et et inclusive. Son conseil d’administration réuni républicains et démocrates américains, gauche et droite israélienne se côtoient aussi bien dans le conseil d’administration.

JST se veut une plateforme médiatique ouverte au grand public pouvant permettant la compréhension des relations américano-israéliennes.

JST parvient à attirer des contributeurs prestigieux à l’image de l’ancien Conseiller à la sécurité nationale d’Israël, Yaakov Amidror ; les anciens Sous-Secrétaires d’Etat américains à la Défense, Dov Zakheim et John Hamre ; l’ancien conseiller d’Obama sur les questions chinoises, Ryan Hass ; l’ancien directeur général du ministère singapourien des Affaires étrangères, Bilahari Kausikan…

Édito évènement de Khalil Hachimi Idrissi : «la guerre d’Ukraine est l’expression crue de l’incapacité de l’Occident à inclure la Russie dans leur schéma sécuritaire»

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C’est la première fois depuis l’invasion russe en Ukraine, qu’un officiel explique en toute clarté la position du Royaume vis-à-vis ce conflit. C’est Khalil Hachimi Idrissi, patron de l’agence de presse nationale, qui s’est prêté à l’exercice dans un édito paru sur son mensuel «BAB». Sans détour, l’éditorialiste se prononce pour le dialogue. Une négociation globale et sérieuse qui inclurait entre autres la neutralité de l’Ukraine et l’étude de «l’autonomie de toutes les minorités». Et tout en prenant le soin de ne pas reprendre les mêmes mots du président français, Emmanuel Macron, Hachimi Idrissi qualifie l’OTAN d’«organisation d’un autre âge, voire quasi obsolète». Rien que ça!

Tous ceux qui connaissent Khalil Hachimi Idrissi savent pertinemment, que l’homme dispose d’une bonne maitrise de sa plume et de ses mots. Quand il s’agit du stratégique, il sait quoi écrire, comment et quand.

Connaissant l’impact du papier, KHI a choisi de prendre la parole au sujet du conflit en Ukraine sur son mensuel BAB, distribué à toutes les chancelleries et aux sièges de tous les décideurs politiques et économiques du pays. Le moment est grave, la situation est confuse et les mots et le ton de l’éditorialiste ne manqueront pas de solennité et de clarté.

Hachimi Idrissi fait le choix d’un tire consensuel : «Une paix immédiate». D’emblée, il ne veut pas éliminer les réfractaires des deux camps belligérants et de leurs «fans» respectifs. Puis, il décide de ce mouiller en se prononçant au nom de la position marocaine. «La seule solution possible au conflit ukrainien est comme la position marocaine l’a signifié par deux fois, dans la clarté, est dans le dialogue, la diplomatie, la négociation et le respect de l’intégrité territoriale des nations», a-t-il souligné.

Ensuite, avant d’attaquer le plat de résistance, il fait valoir l’horreur de la guerre, devenue malheureusement un contenu de propagande entre les mains de l’occident alimentant davantage les démons de la violence.

«Cette guerre doit s’arrêter impérativement. Trop de victimes innocentes. Trop de réfugiés. Trop de malheur. Trop de souffrance. Et trop de violence illégitime contre des civils démunis», s’est-il ému.

Ecouter les minorités du Donbass et considérer les besoins de sécurité de Poutine

Alors que Joe Biden et son administration s’acharnent à vouloir imposer une fragilité sécuritaire à la Russie en ne laissant aucun choix aux pays européens, Khalil Hachimi Idrissi s’y inscrit en faux en appelant à un dialogue ouvert aux doléances de Poutine pour éviter le danger d’une troisième guerre mondiale.

«Si le chemin de la paix immédiate passe par une meilleure prise en considération des besoins de sécurité de la Russie par les Européens et l’OTAN, il faut passer par là» a-t-il souligné. Et d’ajouter «Si le chemin de la paix immédiate passe par une neutralité – à inventer – de l’Ukraine dans ses frontières intègres et reconnues, il faut passer par là». Il s’agit de l’une des demandes qu’exige le président russe pour mettre la fin à son «opération spéciale».

«Si les chemins de la paix immédiate passent par un meilleur respect des droits culturels. Une autonomie, de toutes les minorités, il faut, aussi, passer par là», insiste-t-il en faisant allusion à l’autonomie des minorités du Donbass pro-russe, Donetsk et Louhansk.

Il faut se mettre autour d’une table et démarrer une vraie négociation globale et sérieuse sur la sécurité des uns et des autres qui éloignerait le danger d’une troisième guerre mondiale et le spectre d’un affrontement nucléaire généralisé, poursuit-il.

La mort cérébrale de l’OTAN

Par ailleurs, Khalil Hachimi Idrissi pointe du doigt l’impuissance de l’Union européenne à se mettre d’accord sur une politique de défense commune indépendante du diktat de l’OTAN qui inclurait la Russie.

«La guerre d’Ukraine est l’expression crue de l’incapacité des Occidentaux à trouver un nouveau paradigme sécuritaire en Europe qui inclurait la Russie et la rassurerait sur sa sécurité nationale», a-t-il affirmé.

Bien au contraire, explique-t-il, l’OTAN – une organisation d’un autre âge, voire quasi obsolète – a continué à justifier son existence en empêchant le Vieux Continent de se doter d’une défense indépendante, efficiente et autonome, et en antagonisant la Russie en absorbant avec gourmandise presque tous les ex-pays satellites de l’URSS.

L’Ukraine le «proxy» des «vrais» protagonistes

Khalil Hachimi Idrissi ne va pas y aller de main morte pour décrire les postures des occidentaux dans le conflit ukrainien.

«Ce qui devait arriver arriva. De reniements en impostures, de coups tordus en coups de Jarnac, l’Ours russe, quand il a repris quelques forces, s’est rebiffé», estime-t-il.

Pour le patron de la MAP, les européens sont des procrastinateurs chroniques, lents, hésitants et tatoueurs. L’OTAN quand à elle fanfaronne , bluffe et vantardise, tandis que à Joe Biden, il ne fait que pétitionner.

Dans sa lancée, Khalil Hachimi Idrissi fait allusion, à demi-mot, sur le fait que l’Europe n’est finalement que le terrain de guerre entre les «véritables» protagonistes : l’alliance anglo-saxonne et l’héritier de l’URSS.

«Si rien ne justifie l’invasion de l’Ukraine par la Russie, ni les atermoiements de l’Europe, ni les rodomontades de l’OTAN, ni les pétitions de principes de l’Américain Joe Biden, cette guerre, dont les vrais protagonistes utilisent un «proxie» – l’Ukraine en l’occurrence – pour en découdre, est condamnable, comme toute guerre par ailleurs», soutient-il.

Se battre jusqu’au dernier Ukrainien vivant

La folle escalade soutenue par l’alliance anglo-saxonne et porté par l’homme de spectacle, Volodymyr Zelensky, fait fi de l’avenir de l’Ukraine et de la vie des ukrainiens. L’opinion occidentale quand a elle se planque derrières TikTok, Instagram et Twitter sans aucune conscience des horreurs de la guerre dont la responsabilité est autant partagée entre les russes et les européens.

«Personne en Occident n’est capable de mourir pour les Ukrainiens. Ou plutôt, ils sont prêts à se battre jusqu’au dernier Ukrainien vivant. Mais cela ne le fait pas, comme on dit aujourd’hui», fait observer l’éditorialiste, assurant que «personne ne veut la destruction totale de ce pays et l’épuration cynique et criminelle de ses citoyens».

Pour M. Hachimi Idrissi, «tout le monde sait qu’une victoire russe serait fatalement une victoire à la Pyrrhus. Dramatique et dérisoire».

Dubaï nouvelle destination privilégiée aux oligarques russes

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Les oligarques russes, chassés des capitales occidentales après l’invasion de l’Ukraine par Vladimir Poutine, reçoivent un accueil chaleureux à Dubaï, ce qui met à mal la stratégie des sanctions voulue par les États-unis et ses alliés.

«La vigueur des sanctions imposées sur la Russie constitue en même temps le maillon le plus faible de la stratégie occidentale contre Poutine», a déclaré au New York Times Adam Smith, avocat et ancien conseiller du bureau du département du Trésor américain. «Tout centre financier qui est prêt à faire des affaires quand d’autres ne le sont pas peut être la source d’une brèche dans la digue et compromettre les mesures globales.» a-t-il souligné.

Posant peu de questions sur les sources de l’argent de ses invités, Dubaï est devenu ces dernières années un terrain de jeu très prisé par les fortunes russes. Au moins 38 hommes d’affaires ou responsables liés au président russe Vladimir Poutine possèdent des dizaines de propriétés à Dubaï, évaluées à plus de 314 millions de dollars, selon des données inédites compilées par le Center for Advanced Defense Studies, un organisme à but non lucratif de Washington, indique le Times.

Les oligarques de Poutine posséderaient au moins 76 propriétés à Dubaï, soit directement, soit sous le nom d’un proche parent, et probablement beaucoup plus, selon ledit centre.Parmi les propriétaires figurent un ancien gouverneur de province et directeur de centrale nucléaire, un magnat de la construction et ancien sénateur et un magnat du tabac biélorusse. Six d’entre eux ont fait l’objet de sanctions de la part des États-Unis ou de l’Union européenne, et un autre oligarque visé par de telles mesures y a un yacht amarré

Hospitalité incroyable des Émiratis

Les gouvernements des pays occidentaux imposent depuis les a première semaine de l’invasion russe en Ukraine, des sanctions radicales aux institutions financières russes et au riche cercle restreint de Poutine. Des sanctions qui ont frappé même les centres bancaires notoirement secrets comme la Suisse, Monaco et les Îles Caïmans, qui ont commencé à geler des comptes, à saisir des manoirs et à confisquer des yachts.

Parallèlement, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et l’Égypte ont ouvertement affirmé leur réticence à s’opposer à l’invasion. Appelés à la solidarité dans un moment de crise, chaque nation a plutôt donné la priorité aux relations avec Moscou. Les Émirats et l’Arabie saoudite ont balayé d’un revers de main les appels des Américains à augmenter les approvisionnements en pétrole pour apaiser les marchés de l’énergie. L’Égypte a accepté un prêt de 25 milliards de dollars de la Russie pour financer une centrale nucléaire.

Les Émirats arabes unis sont peut-être ceux dont la position est la plus manifeste, ne serait-ce que parce qu’ils occupent actuellement un siège tournant au Conseil de sécurité des Nations unies. Les Émirats se sont abstenus de voter une résolution dénonçant l’invasion, soutenue par les États-Unis, et ont refusé de critiquer la Russie. Et les responsables émiratis ont rassuré les Russes en leur disant que leurs autorités n’appliqueront pas de sanctions, sauf si elles sont mandatées par les Nations unies – où le veto de Moscou s’y oppose.

«Si nous ne violons aucune loi internationale, alors personne ne devrait blâmer Dubaï, ou les Émirats arabes unis, ou tout autre pays, d’essayer d’accueillir quiconque vient de manière légitime», a déclaré Abdulkhaleq Abdulla, un analyste politique proche des dirigeants des Émirats arabes unis. «Alors quel est le problème ? Je ne vois pas pourquoi l’Occident s’en plaindrait».

Un homme d’affaires arabe qui loue des appartements meublés haut de gamme à Dubaï a décrit une «demande incroyable» de la part des Russes depuis l’invasion. Un bail à durée indéterminée sur un appartement de trois chambres en bord de mer coûte 15 000 dollars par mois.

«Avoir un passeport russe ou de l’argent russe maintenant est très toxique – personne ne veut vous accepter, sauf dans des endroits comme Dubaï», a déclaré au New York Times un homme d’affaires russe qui s’y est réfugié, s’exprimant sous couvert d’anonymat. «Il n’y a aucun problème à être un Russe à Dubaï». Puis, il a partagé avec le journal une invitation électronique qui circule parmi les Russes de Dubaï : «un cocktail sur le toit pour les capital-risqueurs et les start-ups de crypto-monnaies».

Les registres maritimes émiratis montrent que, ces derniers jours, le yacht appartenant à l’oligarque Andrei Skoch, magnat de l’acier et membre de la Douma, a été amarré au large de Dubaï.

Par ailleurs, un avion d’affaires Bombardier appartenant à Arkady Rotenberg, un autre milliardaire russe visé par les sanctions occidentales, a atterri vendredi à Dubaï. Tandis que les avions et bateaux d’autres oligarques considérés comme des cibles potentielles du trésor américain ont également fait des allers-retours aux E.A.U.

New York Times donne le détail des mouvements des russes dans ce pays du Golfe : «Les yachts d’au moins trois autres oligarques sont actuellement amarrés à Dubaï. Un navire de 220 pieds d’un magnat russe de la métallurgie semble être en route depuis les Seychelles. Le Boeing 787 Dreamliner de Roman Abramovich, propriétaire d’origine russe de l’équipe de football britannique de Chelsea, a décollé de l’aéroport vendredi. Un superyacht de 460 pieds appartenant à un autre oligarque a pris la mer le même jour après avoir été ajouté à la liste des russes visés par les sanctions européennes mercredi».

Les dépôts en yuan remplacent le dollar et l’euro dans les banques russes

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Alors que la Russie est désormais officiellement coupée du dollar et de l’euro, la banque russe VTB, a proposé à sa clientèle d’ouvrir des comptes d’épargne en yuans chinois, rémunérés à un taux de 8 %. La deuxième banque russe, propriété à 61 % de l’Etat, a été frappée par les sanctions occidentales visant à isoler totalement la Russie sur le plan financier en raison de sa guerre en Ukraine.

«À la lumière de la hausse des taux de change du dollar et de l’euro, de nombreux clients se montrent intéressés par des investissements dans d’autres devises, et le yuan est l’une des options les plus abordables et les plus prometteuses pour investir des fonds», a déclaré la banque dans un communiqué.

Les clients existants seraient en mesure d’ouvrir des dépôts à distance sur VTB Online avec un montant minimum de 100 yuans (16 dollars). Dans les agences de la VTB, ils peuvent déposer un minimum de 500 yuans.

Selon la banque, cette dernière offre sera l’alternative la plus rentable aux dépôts dans d’autres devises étrangères. Le rendement annuel d’un dépôt de trois mois est de 8 % en dollars et de 7 % en euros.

Au même moment, un dépôt de six mois en roubles offre actuellement un rendement annuel de 21 %. La VTB a déclaré qu’au cours de la semaine dernière, les clients avaient investi plus de mille milliards de roubles (15 milliards de dollars) dans des produits d’épargne traditionnels.

Les institutions financières russes ont été soumises à une pression croissante après l’imposition des sanctions suite à l’invasion de l’Ukraine. Les banques ont dû se tourner vers la Chine pour utiliser son système UnionPay pour les cartes de crédit, après que Visa et Mastercard ont annoncé la suspension de leurs opérations dans le pays.

«Certaines banques russes ne peuvent pas avoir accès à d’autres devises, donc le yuan est probablement la meilleure autre alternative», a déclaré à Bloomberg Khoon Goh, responsable de la recherche sur l’Asie à l’Australia & New Zealand Banking Group.

«Pourtant, le moyen le plus facile pour la Russie de se procurer des yuans serait de recevoir des yuans par le biais de transactions. Les clients des banques russes qui sont des exportateurs pourraient vendre à la Chine et recevoir des renminbi en paiement.»

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