Nawfal Laarabi

Intelligence analyst. Reputation and influence Strategist
20 années d’expérience professionnelle au Maroc / Spécialisé dans l’accompagnement des organisations dans la mise en place de stratégies de communication d’influence.

Qui est Roy Shaposhnik, l’israélien qui a compromis le demi-frère du roi Abdallah II

/

C’est l’homme le plus googlé de la soirée du dimanche de Pâques. Roy Shaposhnik, est l’israélien qui a été accusé par le gouvernement jordanien d’être impliqué dans l’affaire de déstabilisation de la sécurité du Royaume Hachémite. Amman a fait fuiter plus tôt dans la journée, l’identité et la fonction de celui qui a proposé une opération de l’exfiltration de la famille du demi-frère dissident du Roi, Hamza ben Hussein. C’est agent du Mossad écrit le journal proche des services de renseignement jordanien, Ammon. Roy Shaposhnik, décide de sortir de l’ombre et répond à ces accusations en publiant un communiqué sur Associated Press et en répondant aux questions de son compatriote le journaliste Ravid Barak. «Oui j’ai contacté mon amie la Princesse Basmah Bani Ahmad. Non je ne suis pas un agent du Mossad», a-t-il déclaré. Mais qui est ce fameux Roy Shaposhnik dont l’appel téléphonique a compromis davantage Hamza ben Hussein?

Roy Shaposhnik, un soldat de Tsahal, qui pilonnait avec sa Merkava les positions du Hezbollah durant la deuxième guerre du Liban en juillet 2006

Parmi les rares traces sur la toile de Roy Shapshnik figure un interview qu’il avait donné à la presse le 14 août 2006, commentant la «défaite» israélienne face au Hezbollah dans la guerre de Juillet de la même année. Il était soldat réserviste et était âgé de 27 ans.

« « Nous sommes un peu confus car nous n’avons rien obtenu du tout du cessez-le-feu« , a déclaré le lieutenant de l’armée israélienne Roy Shaposhnik, 27 ans, réserviste, appelé la semaine dernière avec son ancienne unité de chars. « Je pense que c’est la première fois qu’Israël perd une guerre. » », peut-on encore lire sur des journaux américains du 14 août 2016 tels que The Miami Herald ou The Sacraento Bee.

Le journal local américain MCCLATCHY WASHINGTON BUREAU publiera pour sa part l’intégralité de son témoignage au sujet de cette guerre :

« Les Israéliens interrogés le long de la frontière nord ont offert un mélange de perplexité et de colère face à ce que le pays avait tiré d’un mois de guerre déclenché le 12 juillet par la capture par le Hezbollah de deux soldats en Israël.

« Nous sommes un peu confus parce que nous n’avons rien obtenu du tout du cessez-le-feu« , a déclaré le lieutenant de l’armée israélienne Roy Shaposhnik, 27 ans, réserviste appelé dans la semaine dernière avec son ancienne unité de chars. « Je pense que c’est la première fois qu’Israël perd une guerre. »

(…) Shaposhnik a déclaré qu’Israël n’aurait pas dû accepter un accord qui n’incluait pas le retour des deux soldats, qui ont été arrachés lors d’une audacieuse incursion du Hezbollah lors de leur dernier jour de service de réserve.

« Personne ne veut entrer au Liban, mais si vous y réfléchissez, nous avons eu plus de 30 jours de combats et je ne peux pas vraiment comprendre ce que nous avons accompli« , a-t-il déclaré. »

Le témoignage du soldat Roy Shaposhnik qui exprimait les fractures au sein de l’armée israélienne après la décision du cessez le feu, ne figure nul part sur la presse israélienne.

Après la guerre, le dialogue avec les palestiniens

Roy Shaposhnik reparait dans la presse deux années plus tard. Il a laissé tombé son treillis et a rejoint Kadima, le parti d’Ariel Sharon, de Tzipi Livni et d’Ehud Olmert alors premier ministre.

Shaposhnik participait en 2008 à une réunion de jeunes dirigeants politiques européens, israéliens et palestiniens qui ont travaillé ensemble au Parlement européen du 25 au 28 mai 2008. Il représentait de la délégation israélienne et donnera la déclaration suivante à l’issue de ce meeting : « des questions normalement non soulevées ont été débattues, telles que les options pour Jérusalem

Sur son compte Linkedin, on apprend qu’à cette période il occupait le poste de Conseiller principal au bureau du Premier ministre Ehud Olmert. Il était en charge entre autres de l’élaboration d’initiatives de coopération internationale avec les pays voisins «dans la poursuite du développement économique en tant que moteur de la stabilité régionale». C’est dire que les Abrahams Accords sont le fruits d’une stratégie qui ne datait pas d’hier!


Lire aussi : Gouvernement jordanien : des puissances étrangères manipulaient le demi-frère du Roi Abdallah II


Retour sur le terrain de la guerre en tant Conseiller stratégique d’Erik Prince, fondateur de la controversée armée privée Black Waters

Sentant la fin d’Ehud Olmert, le jeune Roy Shaposhnik, probablement initié, se décide de se focaliser à 100% sur l’Afrique. Il crée alors une société de relations publiques «Faith Based Endeavours», littéralement «Efforts basés sur la foi».

Selon sa présentation sur Linkedin, FBE Ltd. est un « cabinet de conseil international dont l’objectif est de permettre un développement commercial de qualité dans le monde avec un accent sur l’Afrique, tout en adhérant à des normes morales élevées». Depuis 2008, FBE aide les clients de divers secteurs à naviguer dans les environnements politiques, commerciaux et médiatiques souvent difficiles de l’Afrique subsaharienne.

En 2011, il crée une deuxième société RS Logistical Solutions Ltd. (RSLS) qui opère dans les domaines de l’assistance vie et mission, de la logistique, de l’aviation et de l’assistance en escale, des relations gouvernementales et de l’intelligence d’affaires. RSLS intervient dans divers territoires, notamment en Afrique de l’Ouest, en Israël, en Palestine et aux États-Unis.

Derrière ces activités affichées sur Linkedin, les digital footprints de Roy Shaposhnik révèlent une autre discrète activité, que l’intéressé n’a pas caché dans sa déclaration de ce dimanche au journaliste Ravid Barak. Shaposhnik est un proche collaborateur d’Erik Prince, fondateur de l’armée privée Black Waters, accusés de crimes contre l’humanité durant la guerre du Golfe.

Erik Prince, ancien membre de la Navy SEALs, la principale force spéciale de la marine de guerre des États-Unis, a fondé en 1997 une société militaire privée américaine qui portera le nom de Blackwater. Empêtrée dans le meurtre de civils iraquiens elle sera rebaptisée XE Services en 2009.

Aujourd’hui la société a plusieurs visages et plusieurs noms, Academi, Constellis Group et Oliv group.

Olive Group, vaisseau amiral d’Erik Prince a installé son siège social à Abu Dhabi. Ami intime de Mohammed ben Zayed, l’ancien marine est considéré comme le véritable ministre de Guerre du prince héritier émirati.

Conseiller de l’ombre de Donald Trump, il a été associé entre autres par le FBI au piratage des comptes d’Hillary Clinton et aux contacts secrets entre le président sortant et Vladimir Poutine. D’ailleurs, les anciens collaborateurs de Blackwater, impliqués dans les meurtres d’Irakiens en 2007 ont été gracié fin décembre par Trump. L’un de ces gardes de sécurité, Nicholas Slatten, a été condamné à une peine de prison à vie.

C’est chez Constellis Group, société mère d’Oliv Group, que Shaposhnik a trouvé sa place en tant que Conseiller stratégique. Son terrain d’action était essentiellement en Irak.

Dans le cadre d’un effort américain pour promouvoir le développement économique en Irak et obtenir une influence dans le pays après la fin de la lutte contre l’État islamique, le gouvernement américain a aidé à négocier un accord entre l’Irak et Oliv Group d’Erik Prince, pour établir et sécuriser la première autoroute à péage du pays.
Des soldats Constellis Group devant l’ambassade américaine, à Bagdad, en Irak, le mercredi 1er janvier 2020, sécurisant le bâtiment assiégé par des manifestants pro-iraniens. (Photo AP / Nasser Nasser)

Fournisseurs de services au département d’Etat américain et à Erik Prince

Sous la casquette RS Logistical Solutions, Roy Shaposhnik a fourni durant des années des services au Département d’État américain et à d’autres gouvernements du monde entier.

Il ne cache pas d’ailleurs avoir eu comme client Olive Group d’Erik Prince qui formait des soldats irakiens en Jordanie.

«C’est à ce moment-là qu’il a rencontré le prince Hamzah par l’intermédiaire d’un ami commun. Le couple et leurs familles sont devenus des amis proches.», révèle en exclusivité Ravid Barak.

Et parait-il c’est dans ce cadre qu’il a noué son amitié avec l’ancien prince héritier de Jordanie, Hamza ben Hussein.

Après la logistique dans les territoires de guerre, la cybersécurité dans les Balkans

Le 15 septembre 2020, Roy Shaposhnik se laisse prendre en photo dans le bureau du Ministre du développement scientifique et technologique, de l’enseignement supérieur de Bosnie-Herzégovine, le serbe Milorad Dodik.

Shaposhnik représentait la société israélienne «ELTA Systems» à l’occasion de la signature d’une convention avec la république serbe de Bosnie visant à la création d’une académie de Cybersécurité à la capitale Banja Luka.

ELTA Systems, l’un des plus grands fabricants israéliens de radars, de systèmes basés sur des capteurs électromagnétiques, d’autres types d’équipements militaires et des fournisseurs de services de surveillance électronique et de cybersécurité et de défense, s’est engagée à former des profils de cybersécurité et de défense.

ELTA est une branche du groupe Israel Aerospace Industries (IAI), leader mondial dans le développement et la mise en œuvre de cyber-systèmes nationaux. Chef de file d’IC3, le consortium israélien des entreprises cybernétiques, et d’IAC3, le consortium israélien des cyberentreprises aéronautiques, tous deux créés sous les auspices du ministère israélien de l’Économie.

Sur la photo (de droite à gauche): Roy Shaposhnik, Elta, Milorad Dodik, président de la Bosnie-Herzégovine, et Srdan Rajcevic, ministre du Développement scientifique et technologique.

Par instruction du Mossad ou par pure amitié, l’appel téléphonique Shaposhnik a enfoncé davantage le prince dissident

Après la lecture de ce CV particulièrement fourni, il serait naïf de croire que M. Roy Shaposhnik est une personnalité ordinaire. Ancien soldat, ancien homme politique et homme de contacts et de logistique opérant dans les endroits les plus dangereux du monde sait très bien ce qu’il fait.

Qu’il soit agent du célèbre Mossad ou pas n’est pas important. Lieutenant réserviste, il répondra toujours présent aux sollicitations de son pays.

L’appel téléphonique, qu’il a reconnu, à l’épouse du prince jordanien accusé de comploter contre son pays a davantage compromis son ami. Une communication présentée comme preuve de trahison suprême et d’intelligence avec «l’ennemie» dans un pays peuplé à 75% de palestiniens.

Un appel qui a également impliqué l’Etat hébreux et ses services de renseignement, mettant en équation les avancées enregistrées durant l’année écoulée sur le plan de la confiance entre les pays arabes et Israël.

Gouvernement jordanien : des puissances étrangères manipulaient le demi-frère du Roi Abdallah II

/

Le vice-Premier ministre jordanien Ayman Al-Safadi, a déclaré dans une conférence de presse tenue ce dimanche à Amman que les services de renseignement ont intercepté des communications entre le prince Hamza et des parties étrangères qui annonçaient «l’heure zéro». Un ancien haut responsable jordanien pointe du doigt Israël.

Que se passe-t-il ?

Le gouvernement jordanien a organisé une conférence de presse à Amman, vingt-quatre heures après l’opération sécuritaire menée sur le territoire du Royaume Hachémite qui s’est soldée par l’arrestation de seize personnes en plus de deux membres de la famille royale, le demi-frère du roi Abdallah II et ancien prince héritier, Hamza ben Hussein et son cousin par alliance, Charif Hassan ben Zaid.

C’est le ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre jordanien Ayman Al-Safadi qui a été désigné pour mettre fin à la cacophonie qui a secoué toute la région suite aux rumeurs de coup d’Etat contre le Roi Abdallah II.

Les deux vidéos publiées dans la soirée du samedi par le principal protagoniste dans cette affaire, l’ancien prince héritier, Hamza ben Hussein, dénonçant la corruption et la mauvaise gestion du pays et réfutant toute tentative de déstabilisation du Royaume, ont compliqué davantage la lecture de la situation politique et sécuritaire du pays.

Ce que nous devons retenir de la version officielle de la Jordanie :

  1. Le demi-frère du roi Abdallah II et ancien prince héritier, Hamza ben Hussein est bel et bien impliqué dans un complot de déstabilisation du Royaume hachémite.
  2. Il n’y a pas eu de coup d’Etat mais une préparation de complot de déstabilisation qui a été tué dans l’œuf.
  3. En raison de la sensibilité de la position du prince Hamza ben Hussein, le Roi Abdallah II souhaite régler cette affaire en famille mais n’exclue pas d’appliquer la loi à son encontre.
  4. La mouvement présidé par Hamza ben Hussein comprenait également, un autre membre de la famille royal, Charif Hassan ben Zaid et l’ancien chef de la cour royale jordanienne, Bassem Awadallah.
  5. Les protagonistes étaient sous surveillance depuis longtemps par les services de sécurité et les renseignement du pays.
  6. Informé des activités suspectes de son demi-frère, le roi Abdallah II a décidé de parler directement avec le prince Hamzah afin que l’affaire soit réglée au sein de la famille hachémite pour tenter de le décourager.
  7. Les services de renseignement ont intercepté des messages audios envoyés par l’ancien prince héritier à Bassem Awadallah qui s’apprêtait à quitter la Jordanie à bord d’un avion privé. Des messages envoyés à 2h:22.
  8. Les enquêtes auraient prouvé que des personnes proches du prince Hamza ont transmis des informations à des parties externes et à l’opposition basée à l’étranger. L’enquête a également noté des activités sociales du princes durant lesquels il incitait des membres des tribus jordaniennes à proférer des actes déstabilisant la sécurité et la stabilité du pays.
  9. Bassem Awadallah a noué des relations avec l’opposition installée à l’étranger et complotait pour affaiblir la stabilité de la Jordanie.
  10. Un agent du Mossad aurait contacté samedi soir l’épouse du prince héritier Hamzah ben Hussein.

La situation aujourd’hui en Jordanie et la suivante :

  1. L’ancien prince héritier Hamza ben Hussein est sous résidence surveillée avec sa femme et ses enfants. Il est privé de tout moyen de communication.
  2. Les deux principaux protagonistes et proches du prince Hamza, Sharif Hassan bin Zaid et Bassem Awadallah sont en prison ainsi que 14 à 16 autres personnes.
  3. Des rumeurs évoquent l’implication de généraux de l’armée.
  4. Le roi Abdallah II a eu un large soutien des États-Unis en premier lieu puis des principales capitales arabes.
  5. Le roi Mohammed VI a été le premier dirigeant à appeler son homologue Jordanie au téléphone.
  6. La Jordanie a informé Israël samedi soir que la situation sécuritaire était sous contrôle.

The Big Picture

Des médias israéliens avaient été les premiers a parlé d’un coup d’Etat avorté en Jordanie. Sur les réseaux sociaux, le disruptif influenceur israélien Edy Cohen, qui ne porte pas particulièrement le Roi Abdallah II dans son cœur, a influencé une grande partie des conversations en accentuant ses critiques envers le monarque.

https://twitter.com/EdyCohen/status/1378405383652392960
https://twitter.com/EdyCohen/status/1378684346622705664

Avant la conférence de presse tenue par Ayman Al-Safadi, l’opinion publique arabe qui s’est exprimée sur l’ensemble des réseaux, Twitter, YouTube ou Facebook, s’orientait vers une théorie complotiste qui voyait la main invisible des Emirats arabes unis et de l’Arabie Saoudite. Une théorie qui se base sur la proximité de l’état-major du complot mené par le prince Hamza, à savoir Charif Hassan bin Zaid et Bassem Awadallah avec l’entourage de MBS et MBZ.

Il est donc important d’en savoir un peu plus des deux acolytes du prince qui convoite le trône du Roi Abdallah II.

A gauche, Sharif Hassan bin Zaid et à droite, Bassem Awadallah deux personnalités jordaniennes accusées de tentatives de déstabilisation de l’Etat jordanien

Qui est Charif Hassan ben Zaid :

Sharif Hassan bin Zaid est l’un des «chorfas» de Hachémites. Descendant de la famille royale, Il est le fils de Sharif Hasan Ibn Zayd Al Nasser et réside en Arabie Saoudite dont il détient la nationalité en plus de sa nationalité jordanienne.

Charif Hassan occupait auparavant le poste d’envoyé du roi Abdallah II en Arabie saoudite.

Il est également le frère du capitaine Sharif Ali bin Zaid, tué en 2010 alors qu’il participait aux missions des forces armées jordaniennes en Afghanistan.

Qui est Bassem Awadallah

Bassem Awadallah, formé aux États-Unis, confident de longue date du roi, était un acteur clé dans l’élaboration de la politique économique du pays et a été chef de la Cour royale hachémite jusqu’à sa démission en 2008.

Banquier d’investissement de profession, il était considéré comme un économiste compétent, qui a accédé au poste de conseiller économique du Premier ministre dans les années 1990, après avoir obtenu un doctorat de la London School of Economics.

Il briguera rapidement des postes clés au sien du gouvernement jordanien, notamment celui de ministre du Plan et de la Coopération internationale en 2001 et celui de ministre des Finances en 2005, avant d’assumer des fonctions consultatives auprès de la cour royale.

Partisan des réformes économiques, Awadallah a longtemps été confronté à la résistance farouche d’une vieille garde et d’une bureaucratie enracinée qui a prospéré pendant des années grâce aux avantages du gouvernement.

Bassem Awadallah est également membre du conseil d’administration d’un certain nombre de sociétés ayant pignon sur rue aux Émirats arabes unis, au Bahreïn, en plus d’être le PDG de Tomoh Advisory, un cabinet conseil en finance et en stratégie basé à Dubaï. Ces dernières années, Awadallah est devenu un conseiller personnel du prince héritier saoudien Mohammad ben Salman.

Sur les réseaux sociaux de vieilles vidéos et de liens d’articles ont resurgis ces dernières vingt quatre heures dans lesquels Bassem Awadallah a été accusé d’avoir adopté des politiques financières qui ont nui à l’économie jordanienne au cours des 20 dernières années, y compris la privatisation d’un certain nombre d’entreprises publiques.

De plus, une vidéo est devenue virale depuis samedi du journaliste jordanien Nahed Hattar, assassiné en 2016, dans laquelle il accusait Awadallah d’être corrompu et d’être un agent d’Israël en Jordanie.

Netanyahu, Abdallah II : inimitié au grand jour

Les relations tendues entre Netanyahu et Abdallah II on éclaté au grand jour, quand le roi Hachémite a fait capoter LA visite historique sur laquelle comptait fortement le premier israélien pour sceller le résultat des quatrième élections législatives d’Israël. Après tous les efforts consentis et les risques pris par Bibi, quoique plus juste que de se prendre en photo aux cotés de MBZ brandissant aux israéliens le chèque de 10 milliards de dollars d’investissement émirati dans l’économie de l’Etat hébreux. C’était sans compter sur le volteface du Roi Abdallah II.

En effet, au moment du décollage du jet privé appartenant au «pote à Bibi», le milliardaire Udi Angel, les autorités jordaniennes lui refusent l’autorisation de survol de l’espace aérien du royaume hachémite. Un épisode qui suscité un tollé en Israël accusant le candidat Netanyahu de dilapider les succès géopolitiques des accords d’Abraham et d’utiliser le chef du Mossad sortant, Yossi Cohen, dépêché secrètement à Abu Dhabi pour organiser la rencontre, sans en informer le marocain Meir Ben-Shabbat, pour relancer sa campagne électorale.

Suite à cet incident diplomatique, la presse jordanienne se félicite ouvertement que le pays lui ait mis des bâtons dans les roues.

Dans la tête de Netanyahu, le Roi Abdallah II serait en partie responsable des difficultés dont il fait face aujourd’hui Netanyahu à former un gouvernement.

D’ailleurs, les israéliens se seraient impliqués dans cette affaire. En effet, selon les révélations du site jordanien d’intelligence Ammon de ce dimanche, un agent des renseignements israélien portant le nom de Roy Shaposhnik aurait proposé à l’épouse du prince Hamzah ben Hussein de l’exfiltrer de Jordanie vers Israël par voie aérienne.

Ce prétend agent aurait pris contact avec Princess Basmah Bani Ahmad, seconde épouse du Prince Hamza et lui aurait proposé de l’évacuer elle, ses enfant et son mari. L’information a été donnée au journal par une source jordanienne de haut rang.

Le même site web d’information, Ammon, citant un ancien Chef de cabinet royal jordanien, Jawad Anani, pointe du doigt Israël l’accusant d’être derrière le groupe Hamza ben Hussein.

Biden, Abdallah II : lune de miel

Un évènement majeur s’est produit ces dernières semaines en Jordanie et qui a soulevé des controverses dans le pays ce début de mois d’avril.

Le gouvernement jordanien a court-circuité le Parlement et approuvé un accord controversé signé entre la Jordanie et les États-Unis qui réglemente le statut des forces américaines présentes dans le royaume Hachémite.

En effet, le 31 janvier, la Jordanie et les États-Unis ont signé un accord de coopération en matière de défense. Il a été approuvé par le gouvernement jordanien le 17 février puis par un décret royal publié le 16 mars au Journal officiel, avec effet immédiat, sans être présenté au parlement ou à l’Assemblée nationale, qui est composée de la Chambre des représentants et le Sénat.

Les Jordaniens ont été choqués qu’un tel accord ait été approuvé quelques jours seulement après que le département d’État américain et l’ambassade américaine en Jordanie aient émis une alerte de niveau 3 le 10 mars, mettant en garde les citoyens américains contre les déplacements dans plusieurs endroits du royaume en raison du COVID-19. pandémie et les dangers de ce qu’elle a appelé «terrorisme et crime».

«L’accord vise à encadrer la coopération dans le domaine de la défense et à renforcer le soutien des Etats-Unis aux programmes de défense et à la sécurité et la stabilité du royaume grâce à l’obtention de formations et d’équipements militaires», avait déclaré à l’AFP le ministre des Affaires étrangères Ayman Safadi. Ce dernier a révélé également que les Etats-Unis fournissaient une aide militaire annuelle de 425 millions de dollars au royaume.

Les termes de l’accord publiés sur le site d’information jordanien Ammon, stipulent que «les forces américaines peuvent posséder et circuler avec des armes sur le territoire jordanien dans l’exercice de leurs fonctions».

L’accord précise que «les forces et le personnel américains, ainsi que leurs avions et navires sont autorisés à entrer et sortir librement sur le territoire jordanien et transporter et stocker leur équipement et matériel de défense».

The Bottom line

Clé de voute de la sécurité dans la région, la Jordanie sera-t-elle la clé de la nouvelle stratégie de Biden pour le Moyen-Orient.

Si on compile les éléments que nous avons à date d’aujourd’hui à savoir 1) distance assumée de Biden vis-vis Netanyahu et MBS; 2) nouveau pacte militaire avec la Jordanie; 3) Durcissement du langage avec la Russie; 4) Dialogue avec l’Iran, l’équipe diplomatique et de renseignement de Biden semble vouloir rebalancer les équilibres de force pour pouvoir négocier à armes égales avec l’écosystème Trump enraciné dans la région.

Il est possible que Biden ait remercié le Roi Abdallah II d’avoir assurer le passage en force au Parlement de la nouvelle loi favorisant la liberté de mouvement des forces américaines, en lui livrant sur un plateau d’or, son demi-frère qui aurait très probablement confié à Washington ses visées sur le trône de la Jordanie.

D’une pierre milles coups, Abdallah II s’est débarrassé également des deux personnalités devenues trop proches des régimes saoudien et émirati et qui pourraient se proposer comme alternative à une succession du pourvoir. Surtout que la Jordanie passe depuis 10 ans par des une multitudes de crises qui fragilisent mois après mois la position du Roi Abdallah II. De la crise syrienne, passant par le boycott du Qatar, l’impact des Accords d’Abraham sur les communautés palestiniennes et la terrible crise économique due au Covid.

Il est temps de libérer Akhannouch du fardeau de la politique

Le ministre et candidat à la chefferie de gouvernement, Aziz Akhannouch, nous a gratifié cette fin de semaine de deux belles sorties médiatiques. Il n’en fallait pas d’ailleurs plus pour donner du grain à moudre aux réseaux sociaux situés en dehors de l’influence du magnat du pétrole. Des buzz inutiles et improductifs qui remettent au grand jour ce gâchis qui est le patriote M. Aziz Akhannouch. La toute jeune promotion de journalistes qui porte désormais le nom de notre commis de l’Etat, ne sait probablement pas qu’elle avait posé hier avec la personnalité préférée des marocains … en 2011. Si Benkirane n’existait pas ou était moins machiavélique, il aurait été sans aucun doute choisi à sa place comme chef de gouvernement. Il était apprécié par les marocains qui le connaissaient, et sa richesse ne posait pas de problème, car disait-on, c’était un homme qui faisait du bien autour de lui. Akhannouch était également adulé et aimé par ses collaborateurs, qui louaient sa générosité, sa disponibilité, sa simplicité, sa confiance et son indulgence. Il était même à l’écoute des doléances des employés de son épouse qui avait la réputation d’être particulièrement colérique et capricieuse. Aussi a-t-il éduqué ses enfants sur la discrétion, d’ailleurs à date d’aujourd’hui, on leur accorde des qualités de simplicité et de gentillesse.

Toutefois, la campagne de boycott a laissé des séquelles irréversibles sur Aziz Akhannouch. Il doute de tout et de tout le monde, avance comme sur un champs de mines et son aversion au risque s’est démultipliée. Une posture qui met en équation tout le potentiel de l’écosystème politique et économique qu’il représente. Des femmes et des hommes qui lui sont affiliés directement ou indirectement et qui peuvent, dans d’autres circonstances, créer la différence dans la célérité de la mise en œuvre des chantiers les plus complexes. Sans le fardeau de la politique, Aziz Akhannouch aurait été très utile pour créer des débouchés aux jeunes marocains ou pour consolider son business afin d’en faire une locomotive nationale au profit du rayonnement du Maroc à l’international.

Après la énième communication malheureuse de cette fin de semaine, de grâce, libérez Aziz Akhannouch du fardeau de la politique, il ne sait pas faire.

Dans sa course aux élections, Aziz Akhnnouch, le plus initié que n’importe quel autre homme politique, a multiplié ses dernières semaines ses sorties après des mois de confinement dans son petit palais de Marrakech.

Il a été le premier chef de parti à réagir sur le débat de la légalisation du cannabis, en usant de sa casquette de ministre de l’agriculture pur visiter, pour la première fois, la région de Chefchaouen.

Ce vendredi, toujours dans l’objectif de devancer ces adversaires, il décide du surprendre le paysage politique en parrainant la toute dernière promotion de Institut Supérieur de Journalisme et de Communication de Casablanca, qui porte désormais son nom. Le mal aimé de la presse, lassé du bashing systématique de la presse, décide d’aller cultiver son image à la source.

«J’espère que cette promotion œuvrera à promouvoir et défendre le pays. Notre pays a besoin de journalistes professionnels, objectifs et crédibles » peut-on lire en darija sur tous les comptes officiels de Aziz Akhannouch, commentant la photo de groupe.

Par cette photo des jeunes lauréats entourant Akhannouch et ces quelques mots l’équipe de communication a réussi l’exploit de se mettre toute la profession des journalistes sur le dos. N’a-t-elle pas sous entendu que les journalistes marocains n’étaient ni objectifs ni professionnels et ne défendaient pas assez leur patrie ?

L’autre soucis avec ce naming de la promotion de journalistes, c’est la casquette avec laquelle Akhannouch s’est vu accorder ce privilège. Est-ce celle de ministre, de candidat aux élections, de Président d’Akwa, de patron du groupe de presse Caractères ou de mécène ?

La cérémonie qui ne respectait pas la distanciation sociale a vu la participation de Moahmed Rahal (candidat RNI), la chanteuse du RNI Saida Charaf, et plusieurs acteurs du monde sportif , Boudrika, Haddaoui et Naybet. Un meeting électoral qui ne dit pas son nom.

Juste après cette polémique, une vidéo surgira et deviendra virale. On y voit et on y entend Aziz Akhannouch entourée d’une armada de gendarmes, s’adressant à un jeune homme : « Tant que tu as le soutien du ministre n’est peur de rien». Une petite phrase qui rappelle celle de Driss Jettou alors qu’il quittait le parlement « Dis lui que Ssi Jettou m’a envoyé, cela suffira».

Aziz Akhannouch était probablement sérieux dans son intention d’aider ce jeune entrepreneur en faisant cette déclaration devant les responsables de l’administration tout en prenant en témoin la caméra. Mais cette déclaration dévoile la culture toujours ancrée chez nos responsables, à savoir le piston, le népotisme et l’interventionnisme comme clés indispensables à faire avancer la machine administrative.

Nous sommes dans le droit de nous interroger si à cause de cette déclaration malheureuse, un autre citoyen n’ayant pas le soutien du ministre verra-t-il son tour remplacé par celui de ce jeune, devenu subitement pistonné ? N’aurait-il pas été plus intelligent de s’adresser au responsable et de l’inviter de respecter la loi et les procédures pour que tous les citoyens en règle peuvent profiter du service public en question?

Libérez Aziz Akhannouch du fardeau de la politique

En acceptant la mission d’animation politique après l’échec d’Ilyas El Omari, Aziz Akhannouch a été d’abord flatté par cette considération puis convaincu d’avoir sacrifié son image et sa quiétude au service de l’Etat.

Mais depuis la première vidéo enregistrée en Tanzanie, la tâche s’est avérée très difficile. En pilotant le parti depuis le siège d’Akwa, les ennuis n’ont fait que se suivre et se succéder. La campagne de boycott l’a rendu paranoïaque le poussant à se renfermer sur son premier cercle de confiance.

Les mois passèrent, son dispositif s’avère aujourd’hui stérile et inefficace. Pire autodestructeur. La politique a besoin de liberté de mouvement et de pensée. Un luxe auquel ne peut prétendre Aziz Akhannouch et que ses adversaires en jouissent publiquement, Nizar Baraka et Abdellatif Ouhabi, pour ne pas les citer. D’ailleurs ce dernier a surpris plus d’un, lors de son dernier passage à l’émission 3issaba de Ridouane Erramdani. Il n’a fallu que quelques mois, pour que celui qui a été destiné à mimer Mohamed Ziane, prenne de la bouteille et s’ajuste dans son costume d’un chef de parti responsable. Certes, il reste toujours désaxé au paysage et à l’ADN de son parti, si on le compare au studieux et sérieux Nizar Baraka, mais il a réussi à ressouder le PAM et à le mettre en ordre de bataille pour les élections, tout en développement un discours politique cohérent.

Aziz Akhannouch aurait pu devenir le Jack Ma marocain, grâce à son empire du Retail. Libre, il n’aurait pas laisser son épouse excentrique gaspiller des milliards dans de l’apparat et aurait par exemple créé le plus grand écosystème du e-commerce en Afrique. Ses liens de sang avec Maersk auraient pu lui procurer une supply chain de niveau mondial capable de faire émerger une plateforme logistique digne de celle d’Amazon. L’impact sur l’emploi, la production locale et l’intégration sud-sud aurait été un cas d’école.

Si Aziz Akhannouch était libéré de la politique, il aurait investit massivement dans la R&D chez MOX et Afriquia pour se positionner sur LE marché qui a le vent en poupe depuis quelques mois, celui de de hydrogène décarboné. A l’image de son concurrent Air Liquide. Aussi n’aurait-il pas été catalyseur d’un champion africain dans la technologie agricole. Une JV avec OCP et CAM bombardée par le savoir-faire technologique israélien, Akhannouch aurait doté le Royaume d’un soft power supplémentaire puissant.

Au lieu de ça, Ssi Aziz perd son temps à exécuter des plans de communication foireux, de répéter des éléments de langages stériles, de stigmatiser l’Etat et de laisser ses affaires en pilotage automatique. Personne n’est gagnant dans cette affaire.

Ceci est un appel pour préserver un homme d’affaires qui pèse lourd dans le paysage économique et social. S’il accède à la fonction de Chef de gouvernement, parce qu’il aurait mobilisé plus de moyens que les autres partis, nous vivrons cinq autre années caricaturales. Le pays a besoin d’un exécutif fort pour accompagner la sortie de crise post-Covid.

Libérez le soldat Aziz!

Probité et lutte contre la Corruption : Saad Dine El Otmani s’auto-attribue la vision et les décisions du Roi Mohammed VI

Les dernières nominations royales touchant des organes juridictionnels vitaux, annonciatrices de l’avènement du «Big Shift» tant attendu, ont donné espoir aux marocains et des insomnies à Saad Dine El Otmani, le Chef de Gouvernement le plus décrié et le plus faible de l’histoire du Royaume.

Ce lundi 29 mars au petit matin, le secrétaire général en sursis du PJD, s’est réveillé en sursaut par les notifications WhatsApp et la peur d’avoir raté le S’hour de la journée du jeûne de la mi-Cha’abane. Premier reflexe il prend son téléphone et découvre un message de Benkirane : « Journée Bénite, tout de même 💔». «Qu’Allah accepte 😭 🙏» lui a-t-il répondu.

Le nœud eu ventre, répétant sans cesse «Bakkoury en disgrâce, Bakkoury!!» et ne pouvant pas attendre jusqu’au levée du soleil, il envoie un WhatsApp à son conseiller de lui trouver une idée de communication pour marquer le coup ce début de semaine et profiter des «awacher», moment propice aux sermons des fquihs.

Il avale trois date et boit d’un trait son verre de thé et se précipite pour faire ses ablutions, qu’il doit refaire plus de trois fois. Sa tête est ailleurs. Perturbé par les notifications des Ikhwane et des akhawates qui envoient leurs prières matinales, il expédie rapidement la prière d’Al Fajr et se précipite sur son téléphone.

« Excellence, M. le Chef de Gouvernement, nous avons constaté que la campagne de simplification des procédures administratives #tabsite, a très bien fonctionné sur les réseaux sociaux et Benchaaboun nous a passé la loi loi n°19.46. Pourquoi, ne pas en profiter est récupérer rapidement LE message qui fait mouche auprès de nos électeurs : la probité et la lutte contre la corruption ?».

«Très bien. Les partisans du PJD avant même nos électeurs doivent être convaincus que nous avons réussi à combattre l’impunité. Je veux un draft sur mon bureau avant 11h».

«Tenez, M. le Chef de Gouvernement a corrigé le texte du communiqué lui-même. Ces instruction sont claires, il faut l’envoyer immédiatement à la MAP et le publier sur notre site web dans 30 minutes tapantes».

«Pardon Madame, Ssi Saad vous a-t-il expliqué pourquoi il retiré toute référence à Sa Majesté e roi que Dieu L’Assiste du communiqué ?».

«Il dit qu’il sait ce qu’il fait et que dans tous les cas il n’a plus aucune chance d’être reconduit ni au gouvernement ni au parti. Entre nous il m’a dit texto : Je me sacrifie pour le PJD».

Que s’est-il passé ?

Si la scène ci-dessus, est de la pure imagination, il n’en demeure pas moins vrai que Saad Dine El Otmani a bel et bien publié sur le site de la chefferie de gouvernement un communiqué écrit de manière journalistique, repris par la MAP. Lequel article dresse un bilan élogieux de «ses efforts concrets et ses résultats probants en faveur de la bonne gouvernance, la probité et la lutte contre la corruption».

La particularité de ce texte et qu’il est, sans aucun doute, le premier document officiel gouvernemental de l’histoire du Maroc moderne qui ignore les action et les directives royaux. C’est simple il n’y a aucune mention du roi Mohammed VI dans tous le document.

Une omission qui ne peut être qu’intentionnelle et délibérée.

En quoi est-ce significatif ?

28 Octobre 1999 Discours royal : «La moralisation de la vie publique et surtout de l’administration a toujours été une question essentielle à laquelle Nous sommes particulièrement intéressé et qui occupe une grande partie de notre pensée.»

09 Mars 2011Discours royal : « Nous avons décidé d’entreprendre une réforme constitutionnelle globale, sur la base de sept fondements majeurs : (…) Sixièmement : La consolidation des mécanismes de moralisation de la vie publique et la nécessité de lier l’exercice de l’autorité et de toute responsabilité ou mandat publics aux impératifs de contrôle et de reddition des comptes. Septièmement : La constitutionnalisation des instances en charge de la bonne gouvernance, des droits de l’Homme et de la protection des libertés. »

24 Octobre 2011Message royal à l’ONU : « … Pour faire face aux effets néfastes de la corruption, qui constitue l’entrave la plus dangereuse au progrès, surtout dans les pays en développement, il est impératif de conjuguer les efforts au niveau international afin de relever les défis que pose le fléau de la corruption dans ses manifestations les plus détestables, notamment les entraves qu’elle dresse devant la réalisation des Objectifs de Développement du Millénaire.»

29 Juillet 2016Discours royal : « Notre concept d’autorité se fonde aussi sur la lutte contre toutes les formes de corruption: dans les élections, l’Administration, la justice, etc. Le manquement au devoir est aussi une forme de corruption.»

1er Juillet 2018Message royal au sommet de l’UA à Nouakchott : « La lutte contre la corruption doit être érigée en priorité, car il s’agit du plus grand obstacle au développement économique et social et à l’épanouissement de la jeunesse ».

Ceci n’est qu’un échantillon des passages des discours et des directives du Roi Mohammed VI concernant la lutte contre la corruption et la réforme de l’administration depuis son ascension au trône. Si Saad Dine El Otmani a la mémoire courte, il n’a qu’à se rappeler des changements constitutionnels entrepris par le roi Mohammed VI, en réponse aux appels des marocains pour de nouvelles réformes démocratiques. Lesquels changements ont été consacrés dans la nouvelle Constitution, approuvée par référendum le 1er juillet 2011 et qui ont permis :

  • Le développement de l’Instance centrale pour la prévention de la corruption grâce à l’adoption d’une loi relative à l’Autorité nationale pour l’intégrité, la prévention et la lutte contre la corruption, en application des dispositions de la Constitution;
  • La création du Conseil de la concurrence pour assurer une concurrence libre et équitable et améliorer le climat des affaires et des investissements en le transformant en institution constitutionnelle;
  • La création de la Cour des comptes et des conseils régionaux des comptes;
  • Le développement de Diwan Al Madhalim par la création de l’institution du Médiateur;
  • La création du Conseil national des droits de l’homme en lieu du Conseil consultatif des droits de l’homme (dahir n ° 1.11.19 du 1er mars 2011);
  • La Création de l’Unité de Traitement du Renseignement Financier (UTRF)
  • La Création de départements spécialisés dans la lutte contre les crimes financiers;
  • La Mise en place du comité national des marchés publics;
  • La Mise en place de l’instance nationale de lutte contre la corruption.

Vingt années d’efforts et de combat du Roi Mohammed VI, effacées par un fonctionnaire qui n’a de haut que le salaire.

Le programme gouvernemental 2016-2021 requiert également une action collective et une large implication de l’ensemble des parties prenantes avec un engagement citoyen conscient et responsable pour mener à bien ces grands chantiers. – Saad Dine ElotmaniTétouan, Juillet 2016 – Le Roi Mohammed VI a souligné, dans le discours adressé à la Nation à l’occasion du 17è anniversaire de l’accession du Souverain au Trône, que la lutte contre la corruption est “l’affaire de l’Etat et de la société”. – MAP
Le gouvernement a également lancé des réformes de grande envergure telles que l’adoption de la charte de la déconcentration et sa mise en œuvre effective qui est appelée à se traduire dans les faits par une transformation profonde de la structure de l’administration et à consolider le chantier de la régionalisation avancée. -Saad Dine ElotmaniFès, Aout 2019 – Sa Majesté le Roi Mohammed VI a exhorté le gouvernement à donner la priorité à la mise en œuvre de la régionalisation avancée et de la Charte de déconcentration administrative afin de relever les défis qu’impose la nouvelle étape.
Plagiat et usurpation avérée de Saad Dine Elotmani

Lire aussi : Le digital, «arme létale» de Mohammed VI pour lutter contre la corruption et combattre l’évasion fiscale

Nous invitons le Chef de gouvernement à relire les déclarations de la cheville ouvrière du gouvernement, le ministre qui est sur tous les fronts, Mohamed Benchaâboun, le 19 Mars dernier, suite à l’approbation par la Chambre des conseillers en séance plénière et à l’unanimité du projet de loi n°19.46 relative à l’Autorité nationale pour l’intégrité, la prévention et la lutte contre la corruption.

«Le Roi Mohammed VI a souvent insisté dans ses discours sur la nécessité de renforcer l’intégrité, de créer la vie publique et de lutter contre la corruption. Le Roi avait également incité le gouvernement à faire de ce dossier une des priorités législatives afin d’établir l’intégrité et de combattre toutes les manifestations de corruption dans la vie publique.» C’est par cette reconnaissance juste et honnête que Benchaâboun avait célébré cette réalisation.

Ce réquisitoire, n’est en aucun cas un procès de crime de lèse-majesté ou d’entorse aux normes, au protocole et aux us et les coutumes de l’administration marocaine. Ceci est une indignation contre les pratiques d’un homme politique déchu et d’un parti politique agonisant.

[Analysis Paper] Ahmed Charaï plaide pour une «Biden’s own policy» libérée des poids du passé

Depuis l’installation de Joe Biden à la Maison Blanche, le monde entier suit avec attention et souvent avec appréhension, les moindres paroles, faits et gestes du président américain mais aussi de sa task-force diplomatique. Si la Chine constitue une priorité géostratégique pour les États-Unis, c’est sur le Moyen-Orient que les projecteurs sont braqués. Biden découvre une région transformée mais dont le processus de reconfiguration n’est pas totalement abouti. Les décisions se font attendre et les quelques actions entreprises souvent timides accentuent l’inquiétude de par le monde. «Biden est tiraillé par son positionnement électoral anti-Trump, par l’ombre persistante de Barack Obama et par le risque de reconduction de solutions peu adaptées au contexte actuel», analyse Ahmed Charaï dans deux éditoriaux publiés sur les prestigieuse revues américaines, National Interest et The Hill. Par ailleurs, International Crisis Group, ONG internationale à but non lucratif, dont la mission est de prévenir et d’aider à résoudre les conflits meurtriers grâce à un travail de recherche sur le terrain, des analyses et des recommandations indépendantes, et dans laquelle siège M. Charaï, a disséqué pour sa part les dernières évolutions du dossier du Sahara appelant un réengagement de l’administration Biden. Ces réflexions et productions intellectuelles «dépassionnées» est un apport important à la compréhension des enjeux géostratégiques dans notre région du monde.

  1. Ahmed Charai a publié un analysis paper sur la revue américaine «The Hill» dont laquelle il met en gade sur le risque d’une politique de Biden au Moyen-Orient marquée uniquement par de l’anti-trumpisme et/ou d’une répétition de celle d’Obama.
  2. Sur The National Interest, M. Charaï réalise une monographie de l’équipe diplomatique de Joe Biden, met en avant sa compétence incontestée et s’interroge sur le poids de son expérience passée dans ses décisions futurs concernant le Moyen-Orient.
  3. M. Charaï estime que se contenter uniquement de faire le contraire de l’administration Trump, risque de faire reculer certaines réalisations positives et d’affaiblir les États-Unis aux yeux du monde.
  4. L’éditorialiste note que la guerre au Yémen s’est nourrie des excès des deux administrations antérieures. Il s’interroge par ailleurs sur l’efficacité de la décision de retirer les Houthis de la liste des organisations terroristes du département d’État américain.
  5. Tout en reconnaissant une certaine témérité de MBS qui s’est manifestée tragiquement au Yémen ainsi que sur sa «responsabilité morale» concernant le meurtre de Khashoggi, M. Charai met en garde sur la volonté américaine de «réinitialisation» de l’Arabie Saoudite. Une pression excessive qui la pousserait à se tourner vers Moscou et Pékin.
  6. Au sujet des accords d’Abraham, l’éditorialiste présente le rapprochement entre Israël et les E.A.U comme une fusion de deux écosystèmes, donnant lieu à un modèle de modernité, d’économie diversifiée et de tolérance interreligieuse
  7. Sur le dossier du Sahara, les experts de l’International Crisis Group excluent tout revirement de Biden sur la reconnaissance de l’administration sortante de la souveraineté pleine et entière du Maroc sur le Sahara.

Le plus grand défi de l’équipe de politique étrangère de Biden: peuvent-ils adapter les solutions de leur expérience antérieure sans y être piégés?

Ahmed Charaï : «L’équipe de politique étrangère de Joe Biden est la plus expérimentée réunie par n’importe quel président»

«Les partisans de Joe Biden ont l’espoir que la nouvelle politique étrangère soit équivalente à une troisième administration d’Obama. La nomination d’anciens de l’équipe du prédécesseur de Trump semble répondre à cette aspiration.» écrit Ahmed Charaï dans The The National Interest.

En effet, à Washington il y a un courant qui pousse le candidat puis le président Biden à s’inscrire dans un projet global de revenir au statu quo ante pré-Trump, celui d’Obama.

«Un danger» selon M. Charaï qui y voit un gaspillage inutile d’énergie et de temps. «Le monde n’est pas resté immobile de 2016 à 2020, de nombreuses réalités fondamentales et vérités de terrain ont complètement changé» a-t-il écris sur «The National Interest».

L’éditorialiste marocain s’inscrit donc en faux à cette projection simpliste qui réduirait le Président Biden en un intendant de son ancien patron. « C’est oublier qu’Obama était la recrue politique et son vice-président le Washingtonien aguerri », rappelle M.Charaï.

Et d’ajouter « L’hypothèse selon laquelle les anciens piliers d’Obama qui ont été reconduit sous Biden, pousseraient à adopter les mêmes politiques, faisant fi des leçons du passé, est très peu envisageable. Des diplomates chevronnés comme Bill Burns et Tony Blinken et des professionnels de la sécurité et du renseignement comme Jake Sullivan et Avril Haines ont tous un point commun: une carrière d’ouverture et d’évolution».

«Biden dispose de l’équipe de politique étrangère la plus expérimentée jamais réunie par n’importe quel président», reconnait M. Charaï. Une dream team qui est désormais confrontée à plusieurs dossiers brûlants, notamment au Moyen-Orient : l’Iran, le Yémen, l’Arabie Saoudite et les accords d’Abrahams.

« Le monde a radicalement changé au cours des quatre dernières années, peut-être plus qu’au cours des trente dernières années. Le plus grand défi de l’équipe de politique étrangère de Biden: peuvent-ils adapter les solutions de leur expérience antérieure sans y être piégés? » s’interroge notre éditorialiste.

Homme d’état aguerri et pragmatique, Biden peut façonner sa propre politique étrangère libérée des poids du passé

«La plus grande source de préoccupation réside dans la question de savoir si le mépris pour l’héritage de Trump devient le propre guide de l’administration Biden» alerte Ahmed Charaï. « Faire le contraire de l’administration qu’elle a vaincu, risque de faire reculer certaines réalisations positives et d’affaiblir les États-Unis en montrant au monde que leurs politiques ne durent pas», poursuit-il dans son éditorial paru sur The Hill.

Selon notre analyste, au milieu des crises internationales en cascade, la nouvelle direction doit tenir compte de tous les précédents valables sans se soucier de qui les a créés, trouver des moyens d’en assurer la continuité lorsque cela est possible et tracer une voie parfaitement adaptée au moment.

M. Charai reconnait que cet exercice d’équilibriste est peu enviable. Certes, poursuit-il, les engagements envers les alliés étrangers et les promesses aux partisans américains peuvent parfois se heurter, mais d’innombrables amis des États-Unis à travers le monde pensent que Biden et son équipe sont à la hauteur du défi.

Hier comme aujourd’hui, Biden possède toute une vie d’expérience et de leadership. Le président américain a un esprit qui lui est propre, écrit M. Charaï.

Les chantiers brûlants qui attendent le président Biden au Moyen-Orient

Dans son argumentaire, le président du groupe média GMH a identifié et disséqué 4 dossiers brûlants sur le bureau de Joe Biden.

1. L’Iran : devrions-nous réduire les problèmes avec l’Iran au seul problème nucléaire ?

«Certes, l’Iran est un grand pays, une grande civilisation avec laquelle il faudrait négocier, mais devrions-nous réduire les problèmes avec l’Iran au seul problème nucléaire?», s’est interrogé Ahmed Charaï sur les colonnes de «The National Interest» au sujet de l’Iran, premier dossier traité par la nouvelle administration Biden.

L’Iran est un problème difficile, poursuit l’éditorialiste. Les responsables américains devront d’abord affronter l’avenir de l’accord nucléaire, mais tôt ou tard, Téhéran et Washington devront parler de la poussée expansionniste de l’Iran dans la région au sens large et de ses missiles balistiques.

Biden a la possibilité de tirer profit des deux politiques de ses prédécesseurs, «pression maximale» de Donald Trump et «l’accord sur le nucléaire» d’Obama.

«Si Washington renouvelle la diplomatie directe ou négociée par l’Europe avec Téhéran, les leçons de deux administrations appellent à une nouvelle approche holistique» écrit Ahmed Charaï.

«Les démocrates estiment que la politique de Trump n’a pas dissuadé les iraniens de construire leur bombe, n’empêche que celle d’Obama n’a fait qu’encourager les milices par procuration iraniennes disséminées dans toute la région créant une vive tension chez les alliés vitaux des États-Unis» analyse M. Charaï.

«Israël, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis restent méfiants à l’égard des intentions de l’Iran. Ils ont d’ailleurs signifié qu’ils ne seraient ouverts à un accord avec l’Iran que s’il allait bien au-delà du précédent – régulant son programme de missiles balistiques, son ingérence dans d’autres pays, et les milices qu’il soutient en Irak , au Liban, au Yémen et ailleurs, en plus de son programme nucléaire.» souligne M. Charaï.

«A ce titre, les États-Unis devraient faciliter et soutenir la maîtrise de l’Iran et ses proxys au Moyen-Orient en limitant leurs missiles grâce à un contrôle régional des armements et à la construction d’une architecture de sécurité régionale.» recommande M. Charaï.

2. Yémen : S’attendre à une solution facile, basée en grande partie sur les compromis américains et alliés, est une erreur

Biden a raison de vouloir mettre fin à la misère humaine au Yémen, reconnait M. Charaï. Plus d’un quart de la population nationale est déplacée. La maladie et la faim frappent les survivants de l’un des conflits les plus brutaux de la région depuis la guerre Iran-Irak des années 80.

«Mais en retirant les Houthis de la liste des organisations terroristes du département d’État américain, qu’ont-ils fait en réponse? Les rebelles houthis ont poursuivi leur offensive, mettant en péril plus d’un million de personnes, dont beaucoup étaient déjà déplacées ailleurs au Yémen, et menaçant de nouvelles catastrophes humanitaires.» s’est désolé l’éditorialiste.

S’attendre à une solution facile, basée en grande partie sur les compromis américains et alliés, est une erreur, estime M. Charaï. Ce que l’équipe chevronnée de Biden doit faire, c’est définir une position commune entre les alliés de l’Amérique et s’y tenir simplement, recommande-t-til. Finalement, l’Iran se lassera de financer sa coûteuse guerre au Yémen.

3. Arabie Saoudite : «Froideur» d’Obama, «Etreinte sans précédent» de Trump et «opération réinitialisation» de Biden

Le royaume pétrolier est un allié fidèle des États-Unis depuis près de cent ans, écrit Ahmed Charaï sur The National Interest. Ce n’est pas le pétrole qui a scellé cette alliance, mais le temps et des objectifs communs. Cependant, avoir des objectifs partagés ne veut pas nécessairement dire avoir des valeurs partagées.

«La témérité du prince héritier Mohammed ben Salmane s’est manifestée tragiquement à une échelle massive au Yémen et ailleurs dans la région, ce qui suscite de graves inquiétudes quant à ce que des décennies de son règne apporteront encore», souligne M. Charaï dans son éditorial du The Hill. Et de poursuivre, Biden a eu raison de réintroduire les principes des droits de l’homme dans la discussion de la politique saoudienne et d’envoyer un message dur à la monarchie sur le penchant de Mohammed ben Salmane pour la brutalité.

Toutefois, le réalisme oblige également les États-Unis à accepter certains faits saoudiens, affirme M. Charaï. Quel que soit le résultat d’une enquête, étrangère ou nationale, poursuit-il, le prince héritier continuera de régner et deviendra éventuellement roi lui-même. Soit l’Amérique a une relation de travail avec l’énergique jeune homme, soit elle l’évite et tente d’influencer, le poussant à se tourner vers la Chine et la Russie. Ce qui coûtera à l’Amérique un allié clé au cœur du Moyen-Orient.

«L’administration Biden doit penser à la réforme en Arabie saoudite» estime M. Charaï. Les réalités intérieures saoudiennes exigent une grande prudence de la part des États-Unis. L’administration américaine devrait à ce titre, se concentrer sur la défense de la cause des groupes saoudiens prônant la démocratie, les droits de l’homme et la tolérance religieuse.

«Riyad peut être pardonnée d’avoir été malmenée par les administrations américaines : la froideur de l’administration Obama envers le royaume a cédé la place à une étreinte sans précédent de celle Trump, puis à une nouvelle « réinitialisation saoudienne » sous Biden. Toutefois, le Royaume doit assumer sa part de responsabilité dans ces changements» synthétise M. Charaï.

4. Accord d’Abraham : Sans le soutien actif de l’administration Biden, il sera beaucoup plus difficile de forger les mêmes gains récoltés avec Abu-Dhabi dans les pays arabes les plus peuplés

«Israël et les Émirats arabes unis sont deux écosystèmes qui fusionnent» affirme M. Charaï. Cette ouverture est un élément clé de la stratégie de croissance des EAU pour ce millénaire. La pays envisage de devenir le modèle arabe de modernité, de tolérance intra-religieuse et d’une économie diversifiée.

La nouvelle administration Biden peut aider en adoptant une nouvelle approche du rétablissement de la paix qui tire les leçons de la nouvelle vague de résultats diplomatiques, considère-t-il. Il est temps de mettre à profit la promesse des nouveaux accords – pour tous leurs signataires, les Palestiniens et la région au sens large. Si la vague de rétablissement de la paix se traduit par un avantage tangible pour la jeunesse arabe, le soutien panarabe à la paix avec Israël ne fera que croître.

«Plus de 130.000 Israéliens ont visité les EAU depuis la signature des accords de paix. Les partenariats et le volume des échanges se développent à une échelle qui éclipse ceux des accords de «paix froide» ratifiés avec la Jordanie et l’Égypte le siècle dernier», recense M. Charaï.

«Il sera beaucoup plus difficile de forger les mêmes gains dans les pays arabes les plus peuplés – en particulier si l’administration Biden ne soutient pas activement le processus. Ne pas le faire, privera des millions de jeunes de la promesse d’un avenir meilleur que le partenariat avec Israël et ses alliés peut apporter» alerte-t-il.

Un appui de Biden à ces accords et à la réalisation des promesses économiques qui ont découlent, inspirera les jeunes Arabes du bassin de la mer Rouge et du Sahel, où les conditions sont mûres pour des relations diplomatiques israélo-arabe, d’exiger que leurs dirigeants rejoignent le cercle de la paix, considère M. Charaï.

Néanmoins, l’éditorialiste tire la sonnette d’alarme au cas où la Maison Blanche dédaignerait ou désavouerait les accords d’Abraham, comme le veulent certains partisans de Biden. Le retour en arrière pourrait annuler une percée historique et diminuer la crédibilité américaine dans la région.

Rapport de Crisis Group sur le Sahara : Biden ne reviendra pas sur la reconnaissance des États-Unis de la souveraineté pleine et entière du Maroc sur le Sahara.

«Réengager des efforts internationaux au Sahara occidental» est le titre d’un rapport de vingt et une pages élaboré par International Crisis Group (ICG), publié le 11 mars en trois langues. ICG est une ONG internationale à but non lucratif, dont la mission est de prévenir et d’aider à résoudre les conflits meurtriers grâce à un travail de recherche sur le terrain, des analyses et des recommandations indépendantes dont laquelle Ahmed Charaï siège depuis janvier 2019.

«Fidèle à sa vocation d’outil de réflexion pour la prévention et la résolution des conflits armés, l’International Crisis Group (ICG) a livré une analyse actualisée du conflit du Sahara, qu’il qualifie de «dormant» tout en le jugeant «menaçant». Ses experts préviennent d’une escalade entre le Maroc et le Polisario, qui aurait, selon eux, des conséquences désastreuses non seulement au Maghreb, mais dans toute la région du Sahel», résume l’Observateur du Maroc et d’Afrique la portée du rapport du très influent Think Tank américain dans son édition du 11 mars.

Le Briefing Moyen-Orient et Afrique du Nord de Crisis Group N°82 sur le Sahara a été construit autour de trois axes :

  1. Historique du conflit
  2. Menaces et opportunités
  3. Recommandations

En rapportant avec fidélité l’historique du conflit, les analystes de l’ICG ont bien identifié les parties prenantes du dossier du Sahara. A ce titre, on peut lire sur le rapport « L’administration Biden, en étroite collaboration avec la France, la Russie et l’Algérie, les principaux acteurs extérieurs du conflit, devraient inciter les deux parties à accepter une trêve et à reprendre les négociations».

Si le rôle de la Mauritanie a été reconsidéré par l’ICG après la démission soudaine à l’envoyer spécial de l’ONU de Horst Köhler en mai 2019, mettant fin aux tables de rondes de Genève, les experts du think tank ont bel et bien pointé du doigt l’ingérence militaire de l’Algérie qui risque d’intensifier la menace d’un conflit armée.

«Les combats pourraient s’intensifier au moindre incident militaire, tel qu’une ingérence algérienne – par exemple, des transferts d’armes plus importants entre Alger et le Polisario – ou un changement de tactique militaire au sein du mouvement indépendantiste», a mis en garde le rapport de Crisis Group.

«Le moment de se réengager» : l’appel de Crisis Group à l’attention de l’administration Biden et du Conseil de sécurité de l’ONU

«La faible intensité du conflit au Sahara occidental ne devrait pas justifier l’inaction. Le risque d’une forte escalade militaire entre le Maroc et le Front Polisario reste limité, mais il n’est pas négligeable pour autant», analyse le rapport.

Alors que l’administration Biden et le Conseil de sécurité semblent peu pressés à prendre en main le dossier, l’ICG met en garde la communauté internationale sur les menace du statut-quo.

«Le désintérêt de la communauté internationale pour ce conflit pourrait également avoir des conséquences à long terme pour la stabilité régionale. Sans solution diplomatique, les Sahraouis désabusés, surtout les jeunes, pourraient contraindre le Front Polisario à changer de tactique» alerte le rapport.

L’ICG revient également sur la reconnaissance des États-Unis de la souveraineté pleine et entière du Maroc sur le Sahara. Le think tank estime que l’administration Biden est réticente à Réengager des efforts internationaux au Sahara à l’idée de revenir sur la reconnaissance par l’administration Trump de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental.

Les experts de Criss Group ont évalué par ailleurs les réalisations diplomatiques du royaume. «Le Maroc a accéléré sa politique du fait accompli. La stratégie principale de Rabat était d’inviter des Etats amis d’Afrique et du Moyen-Orient à ouvrir des consulats au Sahara occidental», souligne le rapport.

Crisis Group juge cette offensive marocaine d’ouverture des consulats comme étant une résultante d’une stratégie marocaine ambitieuse visant à renforcer les liens politiques et économiques avec l’Afrique subsaharienne. Ces
dernières années, rappelle-t-il, Rabat a fortement intensifié ses investissements et ses relations commerciales avec le reste du continent, surtout avec l’Afrique de l’Ouest.

Le dossier du Sahara n’est pas moins important que d’autres sujets brûlants que la communauté internationale dirigée par le nouveau président est appelée à considérer sérieusement. A l’image de toute la stratégie américaine au Moyen-Orient, le retour au statu quo ante pré-Trump sur ce dossier, serait une erreur, pire un danger.

A la complexité politique et sécuritaire de la géopolitique mondiale s’ajoute les effets de la crise sanitaire. Biden dispose de tous les leviers et de toutes les compétences pour déployer sa propre politique étrangère. Une politique à son image, juste, éclairée et pragmatique.

Erdogan à l’opposition égyptienne : «Ne critiquez plus Al-Sisi»

KEY POINTS

  • Erdogan a fait savoir aux médias d’opposition égyptienne installés en Turquie de mettre fin au «al-Sisi-Bashing»
  • La Turquie et l’Égypte ont repris le 12 mars des contacts diplomatiques pour la première fois depuis la rupture de leurs relations en 2013 après la destitution du président égyptien Mohamed Morsi.
  • Erdogan opère des changements importants dans sa politique étrangère depuis l’arrivée de la nouvelle administration Biden.
  • L’offensive diplomatique turque a concerné également l’Union Européenne qui vient d’annoncer le gel de son intention de mettre sur liste noire plus de cadres supérieurs de la société publique turque Turkish Petroleum Corporation (TPAO).

Qu’est ce qui s’est passé ?

Al-Arabiya a créé l’évènement jeudi soir en annonçant la fin des émissions politiques anti-al-Sissi diffusées depuis la Turquie. Selon la chaine satellitaire saoudienne, les autorités turques auraient demandés aux propriétaires des chaînes Almayadeen, Elsharq TV et Watan TV d’arrêter «immédiatement» d’attaquer l’Egypte et les pays du Golfe. La même source a par la suite annoncé que des leaders des frères musulmans installés en Turquie avaient été mis en résidence surveillée en leur demandant de signer « des documents sécuritaires» pour rester dans le pays. Al-Arabiya a également annoncé que les services de renseignement turques auraient exigé la suspension de virements bancaires au profit de ces opposants.

L’information a créé une grande confusion au sein de ces chaines surtout après un tweet d’Ayman Nour propriétaire d’Elsharq TV, dans lequel il avoue l’existence de pressions.

Sur les réseaux sociaux, les rumeurs s’emballent annonçant la fin des animateurs vedettes tels que Moataz Matar, et Mohamed Nasser Ali et leur extradition en Egypte à la demande d’al-Sisi.

Factcheking

Il fallait attendre la matinée du vendredi pour en savoir davantage. Ayman Nour, cité plus haut, propriétaire de la chaine Elsharq TV et fondateur du parti d’opposition non religieux, Ghad al-Thawra, a enchainé les déclarations à Al Jazeera et à d’autres médias. Ci-après ce qu’il faut en retenir :

  1. Il confirme avoir été approché par les autorités turques au sujet du ton des chaînes.
  2. Une réunion a bien eu lieu jeudi après-midi entre des responsables turcs et des représentants de l’opposition égyptienne en Turquie.
  3. L’ordre du jour de ladite réunion a porté sur les développements récents des relations entre Le Caire Ankara ainsi que sur la ligne éditoriale des chaînes égyptiennes opérant en Turquie.
  4. Il dément les rumeurs de fermeture des chaines et d’annulation des programmes télés politiques.
  5. Il révèle que les représentants de l’opposition égyptienne comprenaient la position des responsables turcs et respectaient leur volonté de rendre le discours de ces chaînes «conforme aux codes d’honneur des médias et de la presse».
  6. Il annonce étudier la possibilité du déplacement de ces chaines pour opérer en dehors de la Turquie.

La chaine américaine en langue arabe , Al Hurra, a révélé pour sa part d’autres éléments apportés par une source proche du dossier requérant l’anonymat :

  1. Le gouvernement turc a informé la direction des chaînes d’opposition égyptiennes à Istanbul d’arrêter immédiatement les programmes politiques qu’ils diffusent, dans lesquels ils critiquent le régime égyptien et son président, Abdel Fattah al-Sisi.
  2. Un responsable turque a rencontré jeudi après-midi la direction des trois chaînes, et les a informé de la décision de fermeture immédiate, qui a été assouplie à l’issue de la réunion pour limiter les émissions politiques.
  3. Une réunion est prévue dans les jours qui suivent ( ce samedi selon Al jazeera ) pour continuer les négociations et acter les décisions.

Elsharq TV a été la première à régir à cette pression turque avec l’annulation de la diffusion de l’émission «Charie Masri» (Rue égyptienne), rapporte Al Hurra.

The Big Picture

L’arrivée au pouvoir à Washington d’une administration qui se positionne en opposition totale à sa précédente, a créé une onde de choc importante amorçant des bouleversements majeurs dans les relations internationales, principalement au Moyen-Orient et en Europe, terrains des ruptures trumpiennes.

La Turquie, à l’image de la Russie, des Emirats Arabes Unis et d’Israël ont constitué les catalyseurs principaux de la gestion des crises et dans le remodelage d’un Moyen-Orient qui fait barrage au spectre d’une Eurasie chinoise avec un minimum d’investissement humain et financier des américains.

L’administration Biden découvre une situation d’une grande complexité et tente d’imposer sa vision dans laquelle elle veut avoir la main sur l’ensemble des dossiers de la région, quitte à fâcher ses alliés.

Cette posture américaine s’accompagne par une lenteur et une hésitation qui ne laisse pas le choix aux pays sus-cités, que de chercher de nouveaux partenariats et nouvelles alliances sans attendre l’installation du nouvel ordre mondial version Biden.

A ce titre, les ennemies d’hier, la Turquie et l’Egypte, voient leurs intérêts géopolitiques se recroiser. Erdogan, dont le pays se prépare aux élections générales en juin 2023, a deux ans pour redresser une situation économique et sécuritaire menaçante en raison, entre autres, de la crise sanitaire et de la crise migratoire syrienne.

Le gaz de la méditerranée, raison principale de l’intervention de la Turquie en Lybie, serait également l’un des dossiers qui ont poussé Erdogan à revoir se politique agressive envers al-Sissi depuis la destitution du président démocratiquement élu d’Egypte, Mohamed Morsi.

Crise économique et menaces américaines obligent, Ankara estime désormais qu’un rapprochement avec Le Caire servirait les intérêts de la Turquie dans au moins deux grands dossiers : le partage des ressources gazières de la Méditerranée orientale et la situation en Libye.

Al-Sissi pour sa part n’est pas dupe. Si l’opposition égyptienne a trouvé refuge et asile politique en Turquie, la guérilla médiatique installée dans le pays est financée par des fonds des pays du Golfe, y compris de son allié Mohammed ben Zayed.

Il faut savoir que les chaînes Almayadeen, Elsharq TV et Watan TV emploient, certes, des journalistes opposants au régime égyptiens vivant sur le sol turque, mais le financement et la diffusion se font depuis Londres. C’est au Royaume-Unis que résident les hommes de paille des vrais instigateurs de l’opposition égyptienne contrôlées.

En effet, ni Ayman Nour, avocat et chef de parti en exil, ni Azmi Bishara, l’arabe israélien, membre du Knesset de père en fils et résident au Qatar, (Bishara est celui qui murmurait dans ls oreilles de Taoufik Bouachrine et des leaders du PJD marocains) n’ont les ressources suffisantes pour maintenir sur plusieurs années ces gouffres financiers qui sont les chaines satellitaires dépourvues de rentrées publicitaires.

Par ailleurs, les leaders politiques de l’opposition égyptienne ont très peu accès aux médias et al-Sissi le sait. Ces chaines installées en Turquie ont servi d’une part de maintenir la pression sur un régime militaire naissant et d’autre part à canaliser la grogne populaire égyptienne et arabe après l’échec du printemps arabe.

#Tabsite, une volonté royale transformée en choc de simplification administrative

/

Ahmed Laamoumri, est le haut responsable qui s’apprête à administrer à coup d’articles de sa loi 55.19 et de notifications de son #PNA, en guise de défibrillateurs, le choc de simplification administrative, à même de recréer le lien de confiance entre les citoyens marocains et leur administration. Un seul mot d’ordre : #Tabsite! Un vocabulaire emprunté du discours royal du 29 juillet 2019 et transformé en hashtag mobilisateur et en appel de ralliement à toutes les bonnes volontés et les bonnes énergies.

«Le secteur public doit, sans tarder, opérer un triple sursaut en termes de simplification, d’efficacité et de moralisation», un passage du discours royal du 29 juillet 2019, qui semble avoir bien résonné dans la têtes des responsables de l’administration marocaine. Il faut dire que le sujet revenait systématiquement dans presque tous les discours royaux.

«La Réforme de l’Administration et de la Fonction Publique est un chantier qui n’a que trop duré. Le Roi Mohammed VI, qui met cette reforme au cœur du projet social du Royaume, ne cesse d’ailleurs de nous rappeler l’urgence de sa mise œuvre» a déclaré Ahmed Laamoumri, Secrétaire Général du Ministère de la Fonction Publique et de la Modernisation de l’Administration, à l’occasion du rencontre d’information au sujet du lancement d’une campagne de sensibilisation sur la mise en œuvre de la loi N° 55.19 relative à la simplification des procédures et formalités administratives.

Choc de simplification

«La copie légalisée, c’est fini»

«Les double et triple copies, c’est fini»

«Le silence de l’administration, c’est fini»

«Les procédures qui n’ont aucune référence juridique, c’est fini»

«Citoyens, on va vous munir d’un outil qui va vous permettre de na pas subir les abus de certaines administrations».

Tenez-vous bien chers lecteurs, ces phrases n’émanent pas d’un politique en campagne mais bel et bien de M. le Secrétaire général, himself, depuis les bureaux de son administration et devant un parterre d’invités composés entre autres de journalistes et de créateurs de contenus.

Un ton qu’on retrouve chez l’ensemble des membres de la commission technique de simplification des procédures et formalités administratives qui ont également pris la parole pour témoigner sur l’avancement du chantier de mise en œuvre de la loi N° 55.19.

Ahmed Laamoumri n’a jamais été aussi sur de son choc de simplification et de la faisabilité de son modèle et pour cause l’impressionnant succès de l’organisation de la campagne de vaccination contre le Covid-19.

«Si notre administration a réussi, en un temps record, à mettre en place un dispositif aussi simple, aussi efficace et aussi orienté vers l’écoute de nos citoyens, c’est qu’on peut tout faire par ailleurs.» s’est exclamé le haut responsable devant ses invités.

Le Portail National de l’Administration (PNA), 1er jalon structurant du chantier de la simplification

Créée sous la présidence du Chef de gouvernement, la commission nationale de simplification des procédures et formalités administratives a adopté une feuille de route portant sur la planification stratégique des modalités de mise en œuvre des dispositions de la loi N° 55.19. Laquelle feuille de route s’articule autour de 3 phases et de 7 axes principaux à savoir:

  1. Guides d’orientation,
  2. Communication et Formation,
  3. Simplification des formalités de l’Usager,
  4. Soutien et Accompagnement,
  5. Digitalisation,
  6. Conduite du Changement,
  7. Préparation des texte d’application de la loi N° 55.19

Si la conduite de changement, la formation et la sensibilisation des agents des administrations sur l’ensemble du territoire nationale constituent un enjeu majeur pour la réussite du chantier, le jalon structurant et essentiel du dispositif reste le lancement du Portail National de l’Administration, le PNA.

1ère phase de la feuille de route, le PNA a l’objectif de devenir le référentiel national des procédures et formalités administratives. Pour cela, la commission technique s’est attelée :

  1. à recenser les décisions administratives entrant dans leur champ de compétence de chaque Administration,
  2. à les classifier,
  3. à les documenter,
  4. à les retranscrire
  5. à les soumettre à l’approbation de la Chefferie du gouvernement avant leur publication sur le PNA

«L’alimentation du PNA est un travail minutieux et fastidieux, qui a demandé un très fort engagement des différentes équipes» s’est confié M. Laamoumri. «Aujourd’hui plus de 3000 articles ont été finalisés, une grande partie sera approuvée dans les jours qui suivent par le Chef de Gouvernement», a-t-il souligné.

Au sujet du délai de la mise en ligne du portail, préalablement annoncé pour le 28 mars courant, le Secrétaire Général a annoncé que le calendrier risque d’être remanié. «Nous n’avons pas encore tranché si nous allons attendre l’exhaustivité du recensement où procéder par lots.» a-t-il déclaré.

M. Laamoumri a par la suite insisté sur l’importance de la digitalisation dans l’accélération de la simplification des procédures et formalités administratives. La célérité de ce processus dépend, selon le haut responsable, de la mise à niveau de certaines administrations dont découlerait l’interopérabilité entre l’ensemble des administrations et par conséquent un environnement propice à l’optimisation et à l’amélioration du service aux usagers et aux citoyens.

«Le bonheur pour moi en tant que citoyen, est de ne pas perdre mon temps devant une administration»

La «confiance», l’ADN du dispositif

«Le cœur du modèle de simplification que nous avons adopté est la confiance. Nous allons faire confiance au citoyen et nous le rendra par retour» a répété M. Laamoumri. «C’est à ce titre que nous avons demandé à l’ensemble des administrations de proposer un remplacement systématique de certains documents par une déclaration sur l’honneur» a-t-il souligné.

«La confiance» a d’ailleurs été placée en tête de liste de dix principes généraux de la loi 55.19. Une liste qui comprend entre autres : la transparence, la proximité, le feed-back et l’engagement.

Des principes qui ont amené les intervenants à évoquer la mesure de satisfaction des usagers dans leurs rapports avec l’administration et son impact sur la notion de bonheur, citant des exemples de pays qui ont nommé des ministres du bonheur. Une notion que M. Laamoumri a tenu à ramené au contexte de «son rêve» de voir une administration réactive et à l’écoute de l’usager (usager est un terme qui a été au centre des échanges, en raison de sa traduction difficile en arabe ).

«Le bonheur pour moi en tant que citoyen, est de ne pas perdre mon temps devant une administration» s’est-il exclamé à l’audience. «Nous n’avons pas besoin d’un ministère de confiance qui se positionnera en intermédiaire avec le citoyen» a-t-il lancé à l’audience.

A l’écoute des jeunes

A l’ère des réseaux sociaux, les classiques de la communication sont soumis à rude épreuve. Et quand une administration invite une influenceuse de moins de 30 ans qui trône sur 2,7 millions de followers, c’est s’exposer à une communauté qu’elle n’a presque jamais côtoyer.

La démonstration s’est faite en directe, quand Ihssane Benalluch, ambassadrice de bonne volonté de l’Union Européenne, a rapporté les interrogations de ses followers. «Les jeunes me demandent c’est quoi la simplification des procédures administratives ?».

M. Laamoumri n’a pas caché son étonnement après avoir profondément écouté l’intervention de la jeune créatrice de contenu. «Votre retour est déconcertant. Des choses qu’on prenait comme acquises ne le sont finalement pas.» a-t-il concéder.

Et de rajouter : «Nous nous comprenons parfaitement entre nous, nous les 1 millions d’agents de l’Administration nous avons notre propre jargon. Nous sommes conscients que nous devons améliorer notre communication avec les usagers et les citoyens. D’ailleurs c’est la raison pour laquelle nous nous sommes réunis aujourd’hui».