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Orange se retirera-t-elle du Maroc ?

Des rumeurs persistantes font état d’un éventuel départ du Maroc de l’opérateur télécom français Orange. Raison évoquée, la dégradation des relations en Rabat et Paris.

«Autrefois la France jouait avec les gouvernements locaux (Afrique de l’Ouest, ndlr) comme on jouait avec des cubes. Depuis, elle a perdu la main, l’envie et le savoir-faire» affirme Vincent Hervouet, Chef du service « Étranger » de LCI.

Au Maroc, le constat est le même. L’Etat français a perdu la main, l’envie et le savoir-faire de coopérer en intelligence avec le Royaume, devenu libre et émancipé des derniers résidus nocifs du diktat colonial.

Les dossiers qui fâchent s’empilent: les tergiversations de l’Elysée sur le Sahara marocain, le rapprochement sécuritaire et militaire entre Rabat et Tel-Aviv, la crise silencieuse de l’affaire Pegasus, l’accueil et la médiatisation de Youtubeurs marocains, le ralliement du Maroc à l’alliance américaine et anti-française «Africa Focus Group», la basse attaque du Magazine Elle proche de Brigitte Macron, le soutien du Maroc au gouvernement de transition malien et la tentative de manipulation judiciaire du parquet français du décès de la touriste française à Tiznit.

Jamais les relations entre le Maroc et la France ne se sont aussi dégradée. La seule variante dans l’histoire est le déclassement de la France en Afrique et un manque de lucidité d’une intelligentsia française dépassée et sans repères.

Si l’Elysée tente de faire pression sur le Maroc en retirant ses investissements du pays notamment Orange, le Royaume n’en sera que très satisfait. Nos champions nationaux n’attendaient que cette opportunité pour se développer davantage. Dan sa folie, Emmanuel Macron est bien capable à quelques mois de la fin de son mandat, et pour avoir le contrôle de l’opérateur téléphonique, de provoquer un effet de boule de neige avec la «Trafalgar posthume» pour Bernard Tapie poussant à la démission le président d’Orange Stéphane Richard, éclaboussé.

La politique de la terre brulée de la France de Macron

Emmanuel Macron se venge de l’échec de sa strategie du maintien par la force de l’influence française en Afrique de l’Ouest en optant pour la stratégie de la terre brûlée, chère à l’Allemagne nazie.

En retirant subitement ses troupes du Sahel, Emmanuel a déclenché une réaction en chaîne dans les trois pays les plus fragiles de la région, le Tchad, le Mali et tout récemment le Burkina Faso.

Au Burkina, le crime est signé. Le président malien Roch Marc Christian Kaboré s’est fait renversé, arrêté et retenu par des putschistes dont le Chef a fait l’École de Guerre à Paris, au moment où les forces spéciales françaises étaient basées à l’aéroport de Ouagadougou. Et LeMonde de fêter l’opération en titrant : «Au Burkina Faso, un coup d’état militaire salué par la rue».

«Ce coup d’Etat au Burkina Faso montre l’étendue de son échec, d’abord la multiplication des coups d’Etats au Sahel enterrent tous les discours sur la bonne gouvernance, l’Etat de droit qu’on répète comme des perroquets depuis Mitterand», fustige Vincent Hervouet.

Le colonisateur français qui sommeille dans l’appareil d’Etat français, ne supporte pas cette vague continentale et populaire anti-française. Au Mali, le Chef de la junte au pouvoir a réussi à fissurer le blocus international sur son pays, en organisant des manifestations monstres nourries par un sentiment anti-français largement partagé. En Centrafrique et au Burkina, le phénomène, s’amplifie. Paris cris à la manipulation russe.

«Contre les putschistes maliens, Paris avait tendu un cordon sanitaire. Les frontières sont bouclées, l’Union africaine et la CEDEAO ont pris des sanctions, ça n’a pas dissuadés leurs camarades du Burkina d’en faire autant.» souligne M.Hervouet.

Et de poursuivre, «Au Sahel, La France est embourbée. Elle n’a pas empêché la contagion du Jihad, la contagion du putsch. Son aide n’a pas consolider des États fragiles, c’est même le contraire».

«Le monde a bien changé. A force d’enterrer la Françafrique, elle est bien morte est enterrée», Conclut -il.

APEBI : Report des élections, Hassan Bahej favori des «Sages»

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Les «Sages» de l’APEBI ont décidé de reporter le processus de renouvellement des instances dirigeantes de la fédération suite aux divers scandales de son ancien vice-président et candidat à la présidence, Mehdi Alaoui. Cette instance de gouvernance privilégie pour la reprise en main de l’APEBI, l’actuel Président Directeur Général d’IBM Maroc, Hassan Bahej.

Enfin une bonne nouvelle après cette folle semaine polluée par les scandales. Les «Sages» de la Fédération des Technologies de l’information et des Télécommunications, APEBI, ont décidé de reprendre les choses en main.

En plus de la décision du gel du processus de renouvellement des instances dirigeantes de la fédération, que l’ancien Vice-Président, Mehdi Alaoui, a tenté de détourner, le Conseil des Sages veut appuyer la candidature du PDG d’IBM Maroc, Hassan Bahej.

Le candidat des «Sages» est un ancien de la maison puisqu’il a occupé la vice-présidence de la Fédération de 2016 à 2019 en charge de la commission des relations institutionnelles.

Hassan Bahej a «roulé sa bosse» dans plusieurs multinationales technologiques. Il est passé par Alcatel Lucent, Juniper Networks, Satec et Cisco avant de prendre les rennes de IBM Maroc. Il sera l’architecte de Teal Technologies Services, fruit d’une JV entre le Groupe OCP et IBM, destinée à fournir les services numériques et informatiques pour les entreprises africaines de tous les secteurs d’activité, de l’agriculture à l’industrie.

Pour rappel le «Conseil des Sages» de l’APEBI est constitué d’anciens présidents de la Fédération, écoutés et respectés par la profession. Ces membres actuels sont :

Hassan AMOR

MICRODATA

Abdelghani BENDIAR

INDRA SISTEMAS MAGREB

Abdellah DEGUIG

Creativity at Work

Khalid EL HARIRY

LBO

Mohammed HORANI

HPS

Bachir RACHDI

INVOLYS

Akhannouch pousse Nada Biaz à la présidence de l’Universite Hassan II pour consolider sa mainmise sur Casablanca

Cette candidature de l’épouse Hassan Benomar, membre du bureau politique du parti du Chef du Gouvernement le RNI, suscite les plus grandes réserves du corps professorale de l’Université Hassan II.

Le Chef du Gouvernement Aziz Akhannouch, aurait selon nos informations, proposé la candidature de Nada Biaz, directrice générale du groupe ISCAE au poste de Présidente de l’Université Hassan II. « C’est une candidature de dernière minute qui a été imposée par Akhannouch», nous confie une source proche du dossier. «Et ce, alors même que beaucoup de mises en garde ont été faites contre une telle candidature qui va soulever des passions à l’Université» ajoute-t-il. Et de poursuivre : «Elle n’a jamais enseigné dans une université et son parcours académique s’arrête à un Bac+4 ISCAE. Si elle prend la présidence du l’Université, ça serait une première dans l’histoire du pays».

Nada Biaz, n’est pas à son premier «coup de pouce» du RNI, le parti politique de son mari Hassan Benomar.

En 2015, elle bénéficie du «sponsoring» de Salaheddine Mezouar pour décrocher le poste de Directrice Générale à l’ISCAE. Au terme de son mandat, elle reçoit une deuxième fois le soutien du Ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Économie numérique et membre du RNI, Moulay Hafid Elalamy.

«Mais les dès ne sont pas jetés», rétorque notre source. «Il n’est pas sur qu’Akhannouch puisse convaincre le ministre pamiste, Abdellatif Miraoui, en charge de l’enseignement supérieur

Rappelons, que le mari de Nada Biaz, Hassan Benomar traine plusieurs casseroles. En 2021, il a été accusé par dix élus de détournement de fonds de la commune de Ain Sebba qu’il présidait.

Mainmise sur Casablanca

Contrôler Casablanca a été l’un des premiers objectifs de Aziz Akhannouch depuis son élection en septembre 2021.

Contrairement aux apparences, Akhnnaouch ne gère pas de la métropole via Nabila Rmili, mais bel est bien à travers Mohamed Boussaid. Sans attribution officielle aucune, l’ancien Wali de Casablanca, ne chôme pas. Il règne en roi sur la plus grande région du royaume.

«Toutes les décisions du conseil de la ville sont traitées d’abord par Boussaid. Nabila Rmili, fait de la figuration», nous confie un élu de la ville.

Nada Biaz président de l’Université de Hassan II, consoliderait la mainmise du RNI et de Boussaid sur la ville. Une revanche silencieuse de celui qui est sorti des affaires par la petite porte suite à une colère royale.

#MoroccoTechGate : Ghita Mezzour #BeBold et #Dégage

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Il est dur ce titre Madame la ministre déléguée, n’est-ce pas? Vous vous sentez insultée et vous le prenez personnellement sur vous, c’est ça ? Savez-vous que nous nous sommes aussi sentis insultés par votre attitude et votre marque à la noix ? Vous avez insulté, Madame la ministre déléguée notre intelligence, insulté notre patriotisme, insulté celles et ceux qui ont durement et avec coeur pensé et élaboré notre nouveau modèle de l’espoir.

Nous nous voulions pas en arriver à cela. Nous voulions vous laisser le bénéfice du doute. Vous laissez le temps pour y voir plus clair. Et vous avez tout ruiné par votre bêtise devenue chronique. Vous avez choisi la fuite en avant et la piste du mensonge. Votre prise de parole hier sur les colonnes de notre confrère Médias24 a confirmé nos doutes et nos craintes. Vous êtes officiellement complice de My El Mehdi Aalaoui Hasani, Vice-Président de l’APEBI et usurpateur de la marque «La Factory», qui a tenté d’influencer une politique publique à des fins mercantiles et de détourner une marque nationale.

Notre déception et notre colère sont immenses à la hauteur de notre amour pour notre pays et l’estime que nous portant pour notre Roi.

Nous avons cru en votre nomination, voulu le changement et espéré une dynamique nouvelle.

Qu’avons nous eu en retour : de l’incompétence, du copinage, du cosmétique, de la condescendance, de l’opportunisme et du mensonge.

Le serment que vous avez prêté devant Mohammed VI n’est pas seulement un simple rituel cérémonial, il est l’expression solennelle de votre engagement de servir avec honneur le pays. Vous avez trahi votre serment et par conséquent trahi notre Dieu, notre Roi et notre Patrie. Vous avez déshonoré votre fonction. Vous devez en assumez les conséquences.

C’est dit. On ne peut plus clair, direct et assumé.

L’Apebi est devenue aujourd’hui une mascarade, une association sans âme, tombée entre les mains d’un escroc notoire. Ses fondateurs n’y peuvent plus rien. Ils sont blasés et sont dépassés par l’ère digital. Ils sont d’un autre siècle où le Maroc avait besoin d’ordinateurs, de serveurs et de licences. Nous réitérons notre appel à dissoudre l’Apebi, mais cette fois-ci nous appelons à l’émergence d’une nouvelle alliance fédératrice qui regroupe les industriels du digital qui bâtissent avec humilité et dans la discrétion le Maroc numérique d’aujourd’hui et de Demain.

Ci-après Madame la Ministre le détail de vos méfaits :

  1. Vous avez été prises Madame la ministre la main dans le sac quand nous avons révélé que le manifeste de votre initiative #MoroccoDigital n’était pas le produit de votre génie mais un copier-coller du label français #FrenchTech lancé par François Hollande en 2013. Un manifeste rédigé par Hatim Benjelloun, le prestataire des relations presse de l’APEBI.
  2. Vous avez été prises la main dans le sac quand nous avons fustigé le fait que #MoroccoTech ne reprenait aucun point du nouveau modèle de développement.
  3. Vous avez été prises la main dans le sac quand nous avons révélé que vous n’avez pas pris la peine de vérifier le dépôt de la marque et la disponibilité de l’extension souveraine .ma et que MoroccoTech.ma était la propriété d’une société de droit publique marocaine.
  4. Vous avez été prises la mains dans le sac quand nous avons révélé que le nom de domaine MoroccoTech.org était la propriété de la société Media Mobility appartenant au Vice-Président de l’APEBI My El Mehdi Aaloui Hasani. Une société fantôme qui doit au fisc 585.211 dirhams.
  5. Vous avez été prises la main dans le sac quand nos confrères de LeDesk ont révélé que l‘APEBI a tenté de déposer la marque #MoroccoTech auprès de l’OMPIC. Laquelle demande a été refusée.
  6. Vous avez été prises la main dans le sac quand nous avons révélé qu’après l’éclatement de ce scandal, vous avez fait pression sur l’Ompic pour couvrir les traces de votre incompétence. Vous avez obligé l’Office à remplacer sa décision de refus, déposée par l’Apebi par une décision «En cours d’examen» et en remplaçant l’APEBI par votre ministère. Pour votre défense, vous avez opté pour le mensonge par omission, affirmant que la marque MoroccoTech était «bel est bien déposée au nom du ministère», que «vous n’allez pas utiliser le .ma» et que vous comptez héberger au Maroc un nouveau site en cours développement.
  7. Vous avez été prises la main dans le sac quand nous avons révélé que Mehdi Alaoui vous tenait en otage, vous-même et votre prétendue marque. Considérant que #MoroccoTech était son idée, que la «stratégie» était écrite par son ami qui le paye de la caisse de l’APEBI et que l’évènement qui vous a permis de «briller» n’aurait jamais eu lieu sans «lui» et que c’est «lui» qui a fait déplacer les invités qui sont venus pour «lui». Il vous tient en otage car jusqu’au jour d’aujourd’hui MoroccoTech.Org est la propriété de l’Apebi.
  8. Vous avez été prises la main dans le sac quand vous avez défendu ceux qui vous ont entrainé dans ce marécage boueux et nauséabond d’arnaques et de mensonges. Vous avez défendu un malfrat, condamné par la justice pour usurpation de la marque LaFactory.

Ce qui suit ne vous concerne pas madame la ministre. Ce qui suit est adressé à l’écosystème numérique marocain. Un écosystème qui bouillonne d’énergie, d’intelligence, d’innovation, d’espoir et de patriotisme. Tout ce qui vous manque.

Tout ce vacarme, ces polémiques et ses révélations ont du bon. Nous avons pu nous même nous rendre compte de par les divers réactions et interactions de nos révélations de l’écart abyssale entre ce que propose le gouvernement et ce que pense et réalise l’écosystème digital marocain.

Le scandal #MoroccoTech a eu le seul et unique mérite de grossir les handicaps qui freinent l’émergence d’une économie numérique efficiente et le rayonnement de nos compétences et nos talents.

Nous regroupons ces handicaps en trois axes :

1) Vision et feuille de route

2) Numérique et développement de l’entrepreneuriat-jeunes

3) Gouvernance.

1. Vision et feuille de route

Le gouvernement Aziz Akhannouch a donné de mauvais signaux quand à sa vision du numérique marocain. Il nous a démontré qu’il a tout sauf une vision claire, réfléchie, inclusive et souveraine sur le sujet.

Pourtant, le gouvernement dispose d’une base de travail remarquable qui s’appelle le nouveau modèle de développement. Et puis, il a à porté de main, des professionnels du numérique de facture internationale.

Pour expliquer à nos chers lecteurs peu familiers avec le mots savants et techniques du digital, que le monde a entamé depuis au moins cinq années sa révolution industrielle 4.0. C’est l’équivalent des révolutions industrielles du 19ème siècle. Hier nous avions besoin de routes, d’autoroutes, d’infrastructures portuaires, d’énergie, de systèmes d’assainissement, d’usines etc. Aujourd’hui, nous avons les mêmes besoins pour le nouveau monde digital.

Loin de nous, les discussions de café inutiles autour de l’intelligence artificielle du machine Learning, etc. A ce titre, l’exemple français est intéressant. Le gouvernement ne s’est investit dans ce qu’on appel communément le «DeepTeh» qu’après avoir mis en place, entre autres, tous les préalables cités ci-dessous.

Nous sommes certes bien dotés d’infrastructures de télécommunications très performantes mais nous restons très dépendants de l’international. Pour l’exemple, aucun data center marocain ne peut assurer un fonctionnement sans failles d’une super application mondiale. Les opérateurs qui traitent des millions de données par jours sont obligés de faire appel aux géants comme Amazon. Une situation qui se complique avec la démocratisation du Cloud. Rares sont les systèmes et applications cloud utilisées par nos entreprises et nos établissements publics, hébergés au Maroc.

La souveraineté de nos données ne concernent pas uniquement le soucis de les protéger mais surtout de les exploiter à notre profit. L’émergence du Big Data fait de nos données une ressource nationale. Tel le pétrole, il s’agit d’une ressource brute à affiner.

Une des décisions phares que le Maroc devrait prendre serait de bâtir le TangerMed du numérique, ce projet que le Roi Mohammed VI a eu le génie et la clairvoyance de lancer au bon moment. Avoir le plus grand service cloud d’Afrique est un chantier qui pourrait transformer notre pays et démultiplier son attractivité et son influence numérique.

Le Bahreïn l’a fait en 2019 et les E.A.U tentent de le rattraper. Le gouvernement de Manama a vu grand, très grand. Il sont fait appel au géant américain Amazon (AWS) pour fournir à la région, Arabie saoudite, Emirats, Qatar et Koweit des technologies cloud avancées avec une faible latence.

L’absence de l’expression «innovation» dans le lexique de l’offre actuelle du gouvernement est révélatrice de la complexité de la transformation de ce mot en actions. Le cas d’Israël est à suivre. Ce pays qui a été le premier dans le monde à inventer la notion de «Strat-up Nation » assimile le numérique à l’innovation.

Chez nous, le numérique est un outil que nous exploitons et des services que nous consommons. Dès qu’on touche à l’innovation, d’autres problèmes surgissent, l’éducation, la recherche, la R&D et le financement.

Le seul moyen d’y arriver est à notre sens la spécialisation. Trois secteurs dans lesquels nous sommes bien positionnés peuvent constituer le premier socle de nos signatures souveraines d’innovation technologique : l’AgriTech, la BioTech et la FinTech.

Nous sommes le premier exportateur mondiale des phosphates et leader africain des engrais le choix est évident.

Ismail Douiri, haut dirigeant d’Attijariwafa bank, l’un des plus grands groupes financiers panafricains, s’est exprimé à l’occasion du lancement du #MoroccoTech et a évoqué les menaces et les opportunités de la FinTech. Prendre le leadership africain sur le sujet trouve tout son sens, surtout avec la déférante des cryptomonnaies.

La très stratégique et opérationnelle décision du Roi Mohammed VI d’engager le Maroc dans la Biotech est un «Game Changer». La pandémie a accéléré la rupture avec la pharmacie chimique et l’émergence de la Biotech. Toute notre industrie pharmaceutique nationale, héritée du colonialisme français, est appelée à disparaitre. L’émergence d’un champion national dans la production de vaccins devrait être le noyau dur d’un écosystème d’innovation dans les métiers de santé.

Le dernier point important que nous traitons dans cet axe «Vision et feuille de route» est la cybersécurité et la cyberdéfense. Le sujet est pris très, très au sérieux, au niveau de nos Forces Armées et de nos divers agences souveraines de sécurités. A contrario, au niveau gouvernemental et au niveau des acteurs économiques il règne un tel niveau d’ignorance des risques, que d’après les spécialistes tous nos systèmes exposées à internet sont de véritables passoires. «Si les hackers chinois savaient qu’il y avait Internet au Maroc, nous n’aurions aucun système qui fonctionne» ironise un expert non sans dépit.

2. Numérique et développement de l’entrepreneuriat-jeunes

A la relecture des discours royaux depuis au moins six années, le conviction que le numérique ouvrait des portes à entrepreneuriat-jeunes était forte et le mot d’ordre était clair : « Aidez les jeunes auto-entrepreneurs et les TPE, ouvrez leur les vannes de financement».

Attijariwafa bank a été le premier établissement bancaire à répondre à l’appel du souverain. Rien qu’en 2016 la banque alloue 20 milliards de dirhams à la TPME. Depuis, on ne compte plus les milliards injectés annuellement dans le tissus de la toute petite entreprises.

En 2017, le CCG lance le fonds «Innovation Invest» et en 2019, le Roi lance la troisième phase de l’INDH. Un petit tour sur les réseaux sociaux, Facebook et Intsagram vous donnera une idée sur l’impact de la volonté royale, qui a mis en branle une machine qui s’investit dans l’autonomisation social-économique des jeunes.

Le gouvernement Aziz Akhannouch, contrairement à ses prédécesseur qui ont dû faire face au printemps arabe et aux mouvements sociaux d’Al Hoceima et de Jerrada, hérite sur un plateau d’or de mécanismes multiples qui ne faut que structurer, optimiser, contrôler et orienter.

Nous avons mis la lumière dans un autre article sur les graves pratiques qui se sont installées au fil des mois concernant l’accompagnement et le financement de l’entrepreneuriat-jeunes. Des pratiques que tout le monde savait et que personne ne pouvait ou ne voulait les décrier.

Le cas ci-après est interessant, car il met en lumière les difficultés qu’ont les structures publiques à éviter les éventuels écarts de leur démarche. Le caractère social et urgent de leur mission leur impose une forme d’agilité et de prise de risque que des esprits malveillants utilisent pour détourner les fonds publiques.

Nous avons dénoncé le cas de La Factory, que la Caisse Centrale de Garantie a labellisé en 2017 pour accompagner les jeunes porteurs de projet à bénéficier de financement de son fonds «Innov Invest».

Première inattention de la CCG est d’avoir participer sans qu’elle le sache à la volonté intentionnée de My El Mehdi Aalaoui Vice-Président de l’APEBI à l’usurpation de la marque «La Factory». Pourtant un jugement a été prononcé contre l’accusé. La CCG a même cofinancé une émission de télévision proposée par La Factory, lui donnant une audience nationale. Malheureusement, ma marque usurpée en question, trône toujours sur le site de la CCG.

Deuxième inattention de la Caisse est de n’avoir pas mis de garde-fous ni de procédures de contrôle pour qualifier et auditer ses partenaires. Une inattention qui a laissé s’installer une pratique mafieuse, une extorsion en règle : «le jeune qui souhaite que son dossier soit financer par la CCG doit verser une part conséquente de son finalement à La Factory ou lui donner 30% du capital».

Une témoignage reçu sur twitter affirme qu’une autre société labellisée CCG a installé un système tarifaire connu de tous. Pour 500 Kdh de financement, elle exigerait 180 Kdh de commissions !

Le gouvernement Akhannouch a démontré son ignorance totale de ce sui se passe sur le terrain du numérique. Il ne s’est pas rendu compte que sa précipitation et l’incompétence de sa ministre l’a conduit à tomber dans les filets d’un usurpateur et d’un escroc. Aziz Akhannouch allait donner davantage de puissance à une sangsue qui pompe, à dose homéopathique, le sang de la fine fleur de notre société.

Aujourd’hui, nous avons une volonté royale affichée, des mécanismes de financement multiples et des jeunes nés dans le «digital age» qui ne jurent et ne rêvent que du numérique et ne cherchent qu’à libérer leur potentiels.

3. La gouvernance

Le #MoroccoTechGate relance le débat sur la gouvernance du numérique au Maroc. Nous sommes tous d’accord que Aziz Akhannouch s’est trompé de manière magistrale sur le profil du responsable de la transition numérique de son gouvernement.

La décision de son remplacement dépend de qui est de droit, nous n’avons rien à y faire pour le moment.

Par contre, la transition numérique n’est pas l’apanage d’une femme ou d’un homme providentiels. C’est d’abord l’affaire de tous les acteurs de l’écosystème numérique qui doivent défendre leur bout de pain.

Les acteurs historiques du secteur des NTIC ont été le ministère de l’Industrie et du Commerce- MICNT, l’APEBI et l’AUSIM.

Avant l’ère digital, l’APEBI représentait les acteurs qui ont accompagné le Maroc dans la construction des premières infrastructures technologiques de télécommunications, équipé les administrations, les banques et les entreprises privés de réseaux informatiques et de logiciels de gestion. L’APEBI a toujours été discrète mais influente. Ses présidents l’étaient également.

Le digital déferle sans crier garde et les sages de l’APEBI se muent dans un silence total, au vu du droit de réserve que leur imposent leurs nouveaux statuts à chacun, laissant la porte ouverte au premier escroc venu.

Le 14 septembre 2017, le duo Moulay Hafid Elalamy et Othman El Ferdaous créent l’Agence de Développement du Digital (ADD). L’attente était forte et l’optimisme au rendez-vous :«enfin on va s’occuper du digital». L’écosystème va vite se désenchanter, de télescopage politique à un autre, il se décide de nommer un DG neutre et équidistant de toutes les influences. Puis il ne se passe plus rien.

Avec la nouvelle configuration gouvernementale, la gouvernance du numérique va se compliquer, l’ancien MICNT ce retrouve pour la première fois de son histoire sans département nouvelles technologies.

Résumons la situation : 1) Ministère de la transition numérique : déboussolé; 2) Ministère de l’industrie et du Commerce : hors jeu; 3) ADD : sans cap ni orientation stratégique ; 4)APEBI : dépassée et vidée; 5) AUSIM : observe et s’adapte.

Si la situation est tellement confuse, qui alors développe et commercialise tous ces systèmes numériques que nous consommons ? Ces applications mobiles que nous utilisons chaque jour pour consulter un compte bancaire ou payer une facture téléphonique ?

La réponse à cette interrogation nous ramène à notre appel à la dissolution de l’Apebi. Hormis les hackatons de Mehdi Alaoui et son émission sur 2M, rares sont les membres de la fédération qui arrivent encore à influencer notre quotidien.

Les chefs de chantiers de la transformation digitale du pays sont des acteurs peu connus du grand public. Il travaillent dans la discrétion la plus totale et se nomment Algo, Devoteam, Netopia et MedTech.

Si vous achetez un billet de train ou un ticket de tram, se sont eux. Si vous recevez vos SMS de vaccination, se sont eux. Si vous payez aussi agréablement et facilement vos factures Maroc Telecom, se sont eux.

S’ajoute à ces vaisseaux amiraux du digital, des acteurs insoupçonnés, qu’on croyait toujours occupés de pondre des powerpoint de stratégies sectorielles. Ils sont les grands cabinets conseils tel que McKinsey, BCG et EY. Et ils sont bien présents au Maroc et connaissent bien Aziz Akhannouch, car l’un de ces trois cabinets a travaillé sur la transformation numérique du groupe Akwa.

Quelques ESN multinationales sont également très actives sur le marché, il s’agit de Inetum (exGFI), Cap Gemini et Atos. Et pour compléter la cartographie du secteur, se sont des milliers d’autres entreprises marocaines qui survivent tant bien que mal dans un environnement très concurrentiel.

Tout ce beau monde n’est représenté nulle part. Et on se demande pourquoi la transition numérique du pays ne décolle pas.

Nous appelons à l’émergence d’une nouvelle alliance de la transformation numérique qui va porter la voix de tout cet écosystème encore éparpillé. Une alliance qui aura la légitimité, la capacité et l’influence nécessaire pour conseiller et aider les acteurs politiques à prendre les bons choix stratégique du pays.

Une alliance qui devrait aisément faire adhérer à sa structure des géants mondiaux comme Salesforce, Amazon, OVH, Ali Baba, Google et Meta qui préfèrent s’installer en Egypte ou à Dubaï.

L’autre niveau de la gouvernance du numérique au Maroc serait celui en charge de l’écosystème Start-up. Nous avons aujourd’hui de très belles signatures : Technopark et le 1337, auxquelles doivent s’arrimer l’INDH et la CCG.

Nés avec l’avènement de l’ère numérique et acteurs clés du changement, les jeunes marocains de moins de 35% représentent un tiers de la population. Le digital est une chance pour le pays, un accélérateur de l’histoire et un créateur de nouvelles opportunités de développement. Il n’est pas trop tard de s’arrimer au mouvement mondial et d’éviter la fracture numérique qui risque d’être lourde de conséquences.

#MoroccoTechGate, #APEBIGate, #LaFactoryGate : My El Mehdi AALAOUI HASANI, serial usurpateur

Le #MoroccoTechGate, le plus grand scandal de l’histoire de la Fédération Marocaine des Technologies de l’Information APEBI, que nous avons révélé à l’opinion publique cette semaine, nous a réservé encore bien d’autres surprises. Mehdi Alaoui, tête pensante de la manoeuvre de maquignonnage, n’était pas à son premier coup d’usurpation. Nous avons pu retrouver les traces, entre autres, celle d’une tentative d’appropriation de la marque LaFactory, appartenant à une Start-up installée à Marrakech. Une tentative que la vigilance de l’OMPIC rendit inutile. Mais la plus grande arnaque par laquelle, il a réussi à rouler tout le Maroc dans la farine, y compris la Caisse Centrale de Garantie, c’est son statut d’étendard de l’écosystème des Start-ups. Telle une sangsue, pompe, à dose homéopathique, le sang de la fine fleur de notre société, celui de nos jeunes qui ont cru aux messages creux de nos politiques et au mirage du digital marocain.

Comme tous les prédateurs qui savent comment approcher leurs victimes en gagnant leur confiance, Mehdi Alaoui candidat à la présidence de la l’APEBI 2022-2024 a su s’imposer à coups d’arnaques, comme l’interlocuteur principal et privilégié de l’écosystème Start-up marocain auprès de plusieurs institutions du pays.

Durant des années, Mehdi Alaoui a caché son esprit torturé de serial arnaqueur derrière une façade de normalité construite avec soin.

La longue et pompeuse biographie qu’il arbore sur son profil Linkedin de : «Serial Tech Entrepreneur, Startup Evangelist, Investor & Expert on : Mobile App, Advertising, Innovation, Startups», est dans les fait est à résumer en une seule description : «Serial Usurpateur». Vous allez comprendre pourquoi.

#Arnaque N°1 : Media Mobility

En 2007, Mehdi Alaoui, de son vrai nom My El Mehdi Aalaoui Hasani, crée Media Mobility France, une société par action simplifiée, dotée d’un capital de 37000€ . Il l’a domicilie virtuellement chez la société de domiciliation ABCLIV, à une adresse qui ne s’invente pas «23 rue du départ».

Associé unique, il nomme comme président de la société une dame au foyer, Mme Abdelkaoui Latifa. Une expérience que cette dernière a oublié de mentionner sur son profil Linkedin. La période allant du 3 août 2007 au 02 février 2011 date de sa sortie des statuts en tant que mandataire de Media Mobility France, Mme Abdelakaoui, la qualifie de «Je suis dispo»!

Février 2011, Mehdi Alaoui se nomme président de Media Mobility France et change la domiciliation de sa société à la même adresse de son logement parisien. Une année après, 22 février 2012, il met la clé sous la porte est ferme la société.

Et curieusement, à l’image de sa prétendue présidente, il efface lui aussi toute trace de Media Mobility France, de toutes ses bios. Pourtant, c’est cette entreprise qui va lui permettre de percer l’écosystème numérique marocain.

Statuts de Media Mobility France en date du 17/01/2012

Le bilan de Media Mobility France est peu reluisant. En six années d’exercice, deux bilans ont été déposés, celui de 2008 et de 2010. Le dernier chiffre d’affaire déclaré par la société est de 86 187 € avec aucun salarié dans cette structure.

Par ailleurs, My El Mehdi Aalaoui Hasani, de son vrai nom, déclare sur son CV, qu’avant la création de Media Mobility France, il a occupé, du mois d’avril 2003 à Juin 2006, le poste d’ingénieur mobile dans l’une des plus grandes agences web internationales sur Paris, Avance Multimédia. Il affirme que cette agence a été rachetée par le groupe Publicis.

Nous avons cherché et nous n’avons trouvé aucune trace de cette supposée agence internationale. Aucun article, aucune archive de ses réalisations.

Les incohérences de son parcours se multipliaient au fur et à mesure que nous décortiquions le CV.

Dans cette supposée agence internationale, Avance Multimédia, qu’il présente comme étant spécialisée dans les services web et la publicité de luxe, il affirme qu’il avait comme mission de concevoir et développer un prototype réseau social mobile pour les rencontres, nommé «Play&Meet».

Et rajoute curieusement, avoir créé concomitamment, une société de rencontre sur réseaux mobile qui lui aurait donné le même nom du prototype sur lequel il travaillait chez son employeur à savoir «Meet & Play», .

Sachant que durant cette période, Facebook venait de voir le jour, la notion de réseaux sociaux était un concept non encore démocratisé et le plus important de tout cela c’est que le monde était encore connecté en 2G et l’Iphone qui allait révolutionner les smartphones quelques années pus tard, n’était pas encore commercialisé. Comment donc Mehdi Alaoui peut se targuer d’avoir travailler sur un réseaux social de rencontre ?!

Deux choses l’une, soit il a menti sur son CV, soit il dit vrai et dans ce cas, c’est encore plus grave. Travailler sur un prototype d’un client, puis se l’approprier illégalement, ça s’appelle de la malhonnêteté, du vol et de l’usurpation de marque.

Nous n’étions pas au bout de nos surprises ! Car en cherchant vainement ce fameux réseau mobile de rencontre «Meet & Play», nous sommes tombés sur l’unique CV disponible sur Internet de notre homme.

Le candidat à la présidence de l’APEBI, inscrit comme Freelance sur la plateforme ProgOnline, a déclaré des informations bien différentes que celles qu’on trouve dans la biographie destinée à la consommation marocaine.

Sur la page de son profil qu’il vient de consulter le 19/11/2021, on découvre que «Play & Meet» devient «PlayMeet» et que «Avance Multimedia» devient «AV Mobility (5 personnes)» filiale de «Avence».

Que cherche-t-il à dissimuler ?

Au Maroc il créé mi-2006 la société Media Mobility de droit marocain sous le RC 153593, soit une année avant Media Mobility France, le 03 Août 2007.

La dates de la création de cette société collent cette fois-ci avec son CV. Notre ingénieur mobile, ainsi se présentait-il, débarque au Maroc durant l’été 2006, il fait le tour du marché et se rend compte que se déclarer filiale d’une entreprise française allait lui ouvrir plus facilement des portes et surtout de facturer eu euro.

Il lance comme cité ci-dessus sa boite française et il l’a fait référencer sur plusieurs sites notamment dans le répertoire de l’incubateur «Telecom ParisTech».

Le stratagème marche. La présidente au foyer Mme Latifa Abdelkaoui assure la crédibilité de l’arnaque et Media Mobility accède à des clients comme Maroc Telecom, Méditel et Menara. Un coup chacun et puis il disparait.

Mais le marché va subitement se retourner. L’arrivée des smartphones, de l’iOS, de l’Android, de l’AppStore puis du Google Play Store va transformer l’ingénierie mobile. Mehdi Alaoui va tenter de s’y mettre lui aussi mais va très vite déchanter.

L’une des expériences clients qui vont détruire son image sur le marché et le pousser à effacer toute trace de Media Mobility de la mémoire collective est celle avec 2M.

Il s’agit de la toute première application mobile de la chaine de télévision 2M. Le jour de la mise en ligne de l’appli, le management de 2M se tire les cheveux tellement le résultat était médiocre et lui demande de revoir sa copie. Mehdi Alaoui montre à ce moment là son vrai visage et passe en mode menaces.

2M décide de faire appel à un autre prestataire pour corriger le tir.

L’individu se rend compte qu’il ne pourrait jamais assurer le développement mobile sur mesure et multiplateformes et de plus il traine des arriérés d’impôts de 585 211 dhs . Il décide de se lancer dans une nouvelle arnaque à laquelle il donnera le nom de ScreenDy. Un véritable escroc.

Feuille d’impôt de Media Mobility accrochée au Technopark

#Arnaque N°2 : ScreenDy

Du jour au lendemain, Media Mobility disparait du Maroc et de la France. Et comme sa situation fiscale à Paris n’est pas nette, il décide de se concentrer sur le pays où il est trop facile de tourner au bourriquet le premier venu surtout quand on arrive à placer deux phrases de suite en français parisien.

Le serial arnaqueur va flairer un filon qui a fait de lui ce qu’il est aujourd’hui : l’écosystème naissant des start-ups.

Comme le développement sur mesure d’applications mobile était trop compliqué, nécessitant des compétences plus poussées que l’envoi de SMS, il se lance dans un nouveau projet, ScreenDy, une application web qui permet de transformer un site web WordPress on une application mobile.

Pourquoi uniquement WordPress, cet CMS plutôt utilisé par les TPE ? Pourquoi se priver d’autres plateformes ? Tout simplement il n’avait aucune intention de le faire marcher. Démonstration.

Armé d’une présentation powerpoint, il commence à pitcher un peu partout. Il se rend compte que sans aucun effort, ni aucune innovation, ni aucun produit ou service qui fonctionne, il pouvait avoir des prix, du financement à fonds perdus, des voyages et l’accès à tous les médias.

Mehdi Alaoui fera la une des journaux et représentera la Strat-up marocaine à la Silicone Valley avec un produit qui n’a jamais fonctionné. Personne n’a jamais eu l’idée d’essayer de se connecter sur ScreenDay et tester payer le service en dollars. Il a empoché des centaines de milliers de dirhams entre prix et aides avec une page web statique.

ScreenDy n’a pas de statut juridique. Un nom de domaine et une page bidon. La seule société connue de Mehdi Alaoui est Media Mobility qui n’a déposé qu’un seul bilan à ce jour et dont le site pointe depuis 2015 vers celui de ScreenDy.

Après avoir épuisé tout ce qu’il pouvait tirer de ScreenDay en tant que «Startupper», il réalise que l’organisation d’évènements autour du digital commençait à lui rapporter plus. Les hackathons et les digital factories devenant à la mode, il décide de s’y mettre exclusivement. C’est comme ça que lui vint l’idée de «LaFactory».

#Aranque N°3 : La Factory

Passé le printemps arabe et la peur viscérale des décideurs marocains des réseaux sociaux et du numérique, nos valeureux managers quinqua, sexa et septua ne pouvaient espérer mieux que Mehdi Alaoui pour leur vulgariser le digital.

De 2017 à 2020, Mehdi Alaoui est devenu la coqueluche du digital. Tout le Maroc se l’arrachait pour organiser un hackathon ou pour monter une digital factory.

Comme il n’est pas à une arnaque près, son ambition passe subitement de consultant en la mise en place des digital factories à la Factory des factories du Royaume, «LaFactory by ScreenDy».

Le «by ScreenDy» n’est pas anodin. Il applique le même procédé qu’avec Media Mobility. Il garde momentanément l’ancienne marque, le temps que les abrutis des médias et des décideurs marocains assimilent la nouvelle.

Qui retient aujourd’hui ScreenDy et les chimères de l’application à 1 milliards de dollars ? Personne!

L’écosystème n’a d’yeux que pour LaFactory de Moulay El Mehdi.

L’autre intérêt du «by ScreenDy», est d’éviter de créer une nouvelle structure juridique. LaFactory by ScreenDy, elle même by Media Mobility.

Mais il y a «un os dans le fromage». Notre individu se rend compte que la marque Lafactory est déjà prise. Il s’agit d’une société marocaine bien installée à Marrakech depuis 2013, spécialisée dans le conseil pédagogique. Une structure qui a bien pris la peine de réserver le nom de domaine LaFactory.ma et de déposer la marque à l’OMPIC en 2015.

My El Mehdi Aalaoui Hasani, de son vrai nom, estimant que LaFactory.ma de Marrakech était loin des yeux et loin de l’axe Casablanca-Rabat, va tout simplement tenter de mettre la main sur la marque. Et il va réussir à se l’approprier virtuellement, grâce à son tapage médiatique, la saturation des réseaux sociaux, sa présence au coeur du Technopark et la complicité douteuse de la Caisse Centrale de Garantie, la CCG. Aujourd’hui LaFactory c’est Mehdi Alaoui.

Nos amis de Marrakech vont s’énerver et vont le menacer à plusieurs reprises de l’attaquer en justice, surtout après qu’il ait obtenu la labélisation de la CCG.

Cette labélisation, douteuse, va propulser LaFactory en haut de la pyramide de l’écosystème à coups de communications, d’évènement et de budgets. Le succès est tel que Mehdi Alaoui décide encore une fois de réorienter sa trajectoire. Son nouvel filon : «le roi des Startuppers».

Il décide alors de remplacer LaFactory par un nouvelle arnaque «La Startup Factory». Et tenez-vous bien, pour ne plus être menacé par la société de Marrakech, il dépose auprès de l’Ompic, le 8 novembre 2019, une demande «intuitu personae» de propriété industrielle de cette nouvelle appellation. L’Organisme a flairé le pot aux roses et a signifié son opposition à cette demande.

C’est ce refus qui va le pousser deux ans plus tard à passer via l’APEBI pour mettre la main sur le fameux label digital national #MoroccoTech.

Fort de l’argent de la CCG et de ses sujets otages (porteurs de projet qu’il gère pour la CCG), le nouveau roi des Startuppers se met dans la tête d’envahir la citadelle APEBI.

#Arnaque N°4 : APEBI

Avec LaFactory, Mehdi Alaoui est passé en seulement deux ans, du porteur de projet qui mendie les prix et les subventions à la référence nationale de l’écosystème Startup. L’Apebi vieillissante, blasée et en déficit chronique de visibilité laisse entrer le loup dans la bergerie.

Saloua Karkri Belkeziz préparait sa sortie et ne pouvait ignorer ce phénomène du digital. L’Agence de Développement du Digital, ADD était en cours de lancement et elle ne devrait surtout pas se retrouver hors jeu.

Mehdi Alaoui ne lui a pas offert que des occasions de selfies, il lui a donné en offrande la liste des jeunes entrepreneurs qu’il tient en laisse via LaFactory. Il les fait adhérer à l’Apebi puis se met à guetter patiemment son heure.

Un mandat à l’Apebi ça passe très vite. Début janvier 2020, il se présente et gagne les élections du bureau de la fédération en tant que vice-président et place comme président une marionnette, manipulable à souhait, un inconnu du bataillon, Amine Zarouk.

Comme tout arnaqueur et opportuniste, Mehdi Alaoui n’a plus de limite. Il signe une convention de partenariat entre l’APEBI et «sa Factory» tout en sachant que quand on est membre statutaire c’est plutôt interdit par la loi.

Deux ans plus tard, l’Apebi touche le fond. Le poids du Zarouk/AAlaoui et leur gestion calamiteuse profitera au secteur de l’offshoring qui décide de sortir de l’Apebi. Ce secteur pèse 14 milliards de dirhams de chiffre d’affaire et reçoit annuellement 5 millions dhs de subvention de l’Etat.

La pilule ne passe pas. Mehdi Alaoui et son acolyte, seuls maitres à bord, font la sourde oreille et maintiennent le terme Offshoring dans la dénomination de la fédération. Et ce malgré la cooptation annoncée par la CGEM le 22 février 2021 du secteur et le lancement de sa propre fédération : «la Fédération Marocaine de l’Externalisation des Services».

Le mandat du bureau de l’Apebi arrivant à son terme ce janvier 2022, le duo décide de rempiler. Mehdi Alaoui prend le contrôle publiquement cette fois-ci et organise une OPA sur les élections.

Il annonce l’ouverture des candidatures pour le renouvellement du bureau dans un email envoyé exclusivement à ses soutiens. Ne laissant que moins de quatre jours pour les membres intéressés de postuler, résultat des courses, aucune candidature n’a été envoyée. Peu avant le deadline qui s’est lui même fixé, il dépose sa candidature pour le poste de président de l’Apebi.

Mehdi Alaoui, n’aurait jamais oser une telle manoeuvre s’il n’avait pas assurer ses arrières. C’est là où rentre en scène sa nouvelle arnaque, #MoroccoTech.

#Arnaque N°5 : #MoroccoTech

Ce qui est devenu connu sous le nom de #MoroccoTechGate est digne de la très célèbre série à succès « La casa de papel».

L’histoire remonte à 2019. Moulay Hafid Elalamy reçoit un projet de la création d’un label digital national qui porterait toute la stratégie numérique du pays, #MoroccoTech.

Un projet que l’ancien puissant ministre va refuser. Les raisons sont multiples :

  1. Le nouveau modèle de développement était en cours d’élaboration et toute éventuelle stratégie numérique du pays devait tenir compte des recommandations de la Commission Spéciale sur le Modèle de Développement.
  2. La création de l’Agence de Développement du Digital, ADD, a compliqué la gouvernance du numérique. Les appétits se sont singulièrement accrus et les luttes d’influence en sein de son Conseil d’administration ont ralenti tout le processus voulu par le ministre.
  3. MHE a pris probablement en compte l’idée persistance de la mise en place d’un ministère en charge du numérique avec un champ d’action transversal. Une perpective qui selon nos sources hantait quelques responsables du ministère qui tenaient aux 400 millions dh du budget de l’ADD.
  4. Le projet MoroccoTech étant une copie conforme du label français #FrenchTech lancé en 2013, n’apportait aucune réponse au contexte national.

Arrive décembre 2021. La pression sur le Chef du Gouvernement est à son paroxysme. Le bilan de ses 100 jours est très maigre et les critiques et les impatiences se multiplient. Il secoue ses ministres et leur demandent de se bouger le derrière.

Ghita Mezzour, qui ne connait du digital que ce que lui a raconté Mehdi Alaoui, décide de présenter le fameux projet du label #Moroccotech que notre Raspoutine lui a déterré et lui présenté comme étant l’idée du siècle.

Aux abois, Aziz Akhannouch qui ne connait du digital qu’Instagram et Kenz’up, approuve illico presto. Combien ça va couter ? aurait-il demandé, selon la légende urbaine.

L’instinct prédateur de Mehdi Alaoui se réveil. Les meilleurs arnaques se font qu’on a en face, un pigeon qui a le feu aux ailes. Et dans le cas d’espèce il en avait une volée bien cramée.

L’opportunité est belle pour la rater, #MoroccoTech une «Casa de papel» au bout des doigts. Les rôles sont vites distribués : Mehdi Alaoui, le cerveau, s’attribut le rôle du « Professeur», Amine Zarouk celui de « Berlin » et Ghita Mezzour, «Lisbonne» qui comme dans la série passe d’agent de l’autorité à complice.

Chronologie des méfaits :

  1. Mehdi Alaoui se précipite pour acheter le nom de domaine MoroccoTech.org au nom de son entreprise fantôme Media Mobility,
  2. Vu ses antécédents avec l’Ompic, il charge une salarié de l’Apebi pour déposer la marque #MoroccoTech au nom de la fédération,
  3. Il développe un site jetable, une simple template d’évènement, et l’héberge sur un serveur OVH en France,
  4. Il finance par l’argent des cotisations des membre un studio d’enregistrement de l’évènement. Entre AAlaoui et Mezzour c’est du donnant-donnant,
  5. Il devient le partenaire officiel et privilégié du label #MoroccoTech.

Tout cela sans en informer les membres de l’Apebi. Il sont tous découverts de la presse.

Le scandal éclate quand nous même dans cette rédaction avons démontré la supercherie. La crise prend une nouvelle tournure quand nos confrères du LeDesk révèlent a décision de l’Ompic de refuser le dépôt de la marque #MoroccoTech par l’Apebi.

Comment a réagi notre Raspoutine durant les 24 heures qui ont suivi le plus grand scandal de l’histoire de la Fédération Marocaine des Technologies de l’Information ?

  1. Le déni : Il passe le vendredi à répéter à qui veut l’entendre que tout ceci était un coup tordu des losers qui envient son succès.
  2. Effacement des traces :
    • Première action, vendredi : Il conseille à Ghita Mezzour de faire pression sur l’Ompic pour changer le statut du dépôt de la marque. Le demandeur (APEBI ndlr) a été remplacé par le Ministère de la Transition Numérique et de la Réforme de l’Administration
    • Deuxième action, samedi : il change le propriétaire du nom de domaine de Media Mobility à APEBI ( il le fait faire par le développeur de l’APEBI. Il l’a mouillé comme ce qu’il a fait avec la directrice de la fédération.
    • Trosième action, samedi : Bien préciser sur le footer du site web MoroccoTech.org que les droits de marque ont été déposés. Ce qui est une supercherie.

Deux question nous taraudaient l’esprit en faisant nos recherches. De quoi vivait-il avant 2015 sachant que ses affaires tournaient au cauchemar ? Quel est le business modèle de LaFactory qui allait lui donner tout cet aura ?

Deux interrogations, deux arnaques.

#Arnaque N°6 : Pub Online

Pub Online est l’une des premières régies publicitaires web et mobile du pays. Lancée par une passionnée du digital, Sophia Assad en 2007, elle sera rachetée huit années plus tard par Régie3.

Mehdi Alaoui se présentera à Sophi Assad comme un spécialiste des «Ad Severs» (serveur publicitaires) et le recrute en tant que DSI. Pour l’intéresser, elle lui donne des parts de la société sans qu’il ne verse le moindre dirham.

Sophia Assad se rend compte des limites de son DSI qui de plus se montrait très occupé avec ses propres affaires. Le ton monte, les relations se dégradent et sa présence dans le capital devenait un véritable problème pour le développement de l’entreprise.

Le jour où elle va lui signifier qu’il devait quitter Pubonline et céder ses parts, Mehdi Alaoui sort encore une fois son vrai visage. Menaces et extorsions ont été le quotidien de Assad durant des mois.

Elle arrive tant bien que mal de se débarrasser de lui. Grillé sur le marché, il ne peut plus jamais mettre le petit doigt dans secteur de la pub en ligne.

#Arnaque N°7 : La Caisse Centrale de Garantie ( neo Tamwilcom )

En 2017, la Caisse Centrale de Garantie (CCG) et à travers son fonds «Innov Invest» labélise curieusement LaFactory, au même titre que la très sérieuse et respectable association internationale «Réseaux Entreprendre».

Une structure labellisée par la CCG est une structure qui reçoit de l’argent public de la Caisse pour accompagner les porteurs de projets avec un objectif annuel de vingt projets financés.

Sans références, sans expérience aucune, comment une application web «ScreenDy» pouvait être considérée comme incubateur de Start-ups? Mystère !!

Comment la CCG a pu faire confiance à une marque usurpée, LaFactory !!!?

Comme il n’y a pas de crime parfait, un sois-disant lobyyeur va révéler l’existence d’une réserve de la CCG au sujet de la structure LaFactory.

En effet, dans un article paru en octobre 2018 sur Economie & Entreprises on lit le passage suivant : «Quant à LaFactory, fondée par Mehdi Alaoui courant 2017, elle s’est adaptée en moins de 4 mois aux exigences d’Innov Invest. La jeune structure connaît à présent une affluence bien plus importante grâce à la campagne de communication de la CCG. L’avantage que nous avons avec la CCG, c’est que chaque structure labellisée est libre d’implémenter le programme à sa manière, explique Mehdi Alaoui, fondateur et président de LaFactory».

Cet article douteux a été placé par Hatim Benjelloun, à qui Hassan Alaoui directeur de publication de Economie & Entreprises a cédé sa société de relations publiques Pass. Notons que Hatim Benjelloun qui s’est lié d’amitié avec Mehdi Alaoui, l’a accompagné en RP durant les élections APEBI 2020, et sera récompensé après leur victoire en devenant l’agence de relations publique de la fédération.

Au delà des doutes sur les conditions de l’octroi de cette labélisation, Mehdi Alaoui va installer des pratiques qui vont devenir légion dans l’écosystème.

Le mot d’ordre pour pouvoir décrocher un financement CCG auprès certaines structures labélisées serait l’obligation d’accepter de donner en contrepartie une part de son capital. Les plus connus dans secteur pour ces pratiques frauduleuses sont H-Seven et LaFactory : 30% du capital, ou pas de financement .

A l’image des membres de l’Apebi, de la ministre Ghita Mezzour, les dirigeants de la CCG sont responsables de la dégradation exponentielle que connait l’écosystème du numérique. Les meilleurs talents et les meilleurs potentiels, quittent le pays, dégoutés de voir des bandes de malfrat faire barrage à leur évolution.

Comment la CCG a pu faire confiance à une société qui traine 585.211 dhs d’impôts impayés et lui donner de surcroît de l’argent à distribuer aux jeunes entrepreneurs ? A-t-elle des complices au sein de la CCG ?

Sur quelle base le prédécesseur du nouveau Directeur général de la CCG M Hicham Zanati Serghini, a osé mettre sur le même piédestal, une structure fantôme et une marque usurpé, Lafactory, et une organisation internationale «Réseaux Entreprendre» où des Top managers de tout secteurs confondus donnent de leur temps et de leur expérience bénévolement aux jeunes ?

M. Zanati Serghini devrait savoir que cet individu utilise l’argent de la CCG pour tenir en laisse les jeunes entrepreneurs. Une communauté qu’il utilise tantôt pour les élections de l’APEBI tantôt comme menace. Une rame qui va utiliser contre la Directrice Générale du Technopark Lamiae Benmakhlouf. Pour ne pas payer ses arriérés de loyers qui s’accumulait il va «ordonner» oui ordonner à ces jeunes de se constituer en groupement pour arrêter de payer les leurs. Puis il a utilisé sa casquette de VP APEBI pour s’exprimer dans la presse et prendre la défense des pauvres Startuppers, lui inclus.

Nous nous garderons bien de nous prononcer sur le chemin que pourrait emprunter ces révélations. Par contre, nous refusons de participer, par un silence complice ou collaboration active, à la propagation de ce cancer qu’est l’opportunisme, la malhonnêteté et la l’improbité qui rongent notre pays.

Akhannouch sur la télé : un naufrage médiatique et politique

Pour son premier grand oral à la télévision publique depuis sa nomination, Aziz Akhannouch n’a pas réussi ni à rassurer les marocains ni à les convaincre du bilan de ses 100 jours à la tête du gouvernement. Coincé dans un décor exigu, inconfortable et vieillot, déstabilisé par un duo de journalistes hétérogène, le Chef de gouvernement a livré un discours titubant, hésitant, fragile et imprécis dans une langue non articulée, un débit haché et des phrases truffées de francisime. Un naufrage médiatique et politique en différé qui n’annonce rien de bon.

Ce qui était sensé être le grand oral du Chef du Gouvernement, 129 jours après sa nomination, s’est transformé en un naufrage médiatique. L’interview a en effet a suscité un sarcasme général sur les réseaux sociaux et dans les salons privés. Les réactions ont été unanimes, une prestation médiocre et un exercice de communication complaisant et un journalisme couché.

Le rendez-vous tant attendu était déjà mal parti, quand des fuites ont révélé que l’entretien n’allait pas être en direct et que l’enregistrement était prévu pour la veille de la diffusion. Un détail que les chaines concernées ont omis de mentionner.

D’ailleurs, dans un post Facebook du journaliste Abdellah Tourabi annonçant l’entretien qu’il allait mener avec son confère d’Al Aoula, les 143 commentaires qu’il a reçu donnaient un aperçu réel du pouls de la rue.

Lumière, montage, fauteuil, disposition, cadre, Akhanouch a eu tout faux

C’est un retour en arrière assez consternant. La lumière, l’espace et la disposition de l’interviwé et des journalistes ont installé une ambiance où il flottait comme un « petit parfum » des années soixantes. Quand à l’arrière plan, les murs, le fauteuil et la petite table ont formé une pâle et indécente copie du décor des audiences royales.

Le culte de la personne, la mégalomanie et l’incompétence des conseillers ont ruiné d’emblée l’image de celui qui veut réformer et modérniser le pays.

Par ailleurs, quand bien même l’émission était enregistrée, son montage a curieusement laissé passer des plans en défaveur du Chef de gouvernement et des journalistes. A plusieurs reprises la caméra montrait Akhannouch relire son anti-sèche et fixer les journalistes d’une drôle de manière et gardait un grand plan sur Abdellah Tourabi souvent agacé par l’immaturité de son confrère.

Yassine El Idrissi, une erreur de casting

Ce parachuté à la tête de la direction de l’information à Al Aoula, à la place de la journaliste chevronnée Fatima El Baroudi, a démontré hier qu’il n’a rien compris à sa mission et qu’il ne pigeait absolument rien en communication politique.

Son visage et sa posture de bisounours inoffensif, sa voix suave, sa bonne maitrise de la langue arabe et son débit fluide ont certainement dû jouer en sa faveur pour être choisi par un Akhannouch tétanisé. Et c’est là où a résidé le piège dans lequel est tombé le Chef du gouvernement et son équipe de communication.

Ssi Aziz n’avait pas besoin qu’on le caresse dans le sens du poile.

Ssi Aziz avait besoin de crédibilité, de puissance et d’assurance. Tout le contraire de ce que ne lui a apporté le journaliste d’Al Aoula.

Yassine El Idrissi a surtout manqué d’humilité. Il voulait briller face au Chef du gouvernement et imposer sa stature de directeur.

Ses moues approbateurs, l’abscence de contradiction, les perches tendues à répétition ont vidé l’exercice de toute crédibilité. Normal, il vient d’une école du journalisme de déférence où l’idée d’un questionnement incisif n’est pas du tout dans ses mœurs professionnelles. Tout le contraire de son ainé Abdellah Tourabi, un professionnel de la communication politique, qui sait gérer les distances, placer les curseurs et adopter un ton dynamique et crédible.

Dans une séquence embarrassante, El Idrissi, porté par son ambition et pensant détendre l’atmosphère, va s’aventurer dans un exercice qui va déstabiliser Akhannouch et lui faire perdre le fil de ses idée.

Voulant marquer son territoire et démontrer qui menait le jeu dans cet entretien et qui était le plus gradé des deux, il va se précipiter pour poser sa question de génie :«Que pensez-vous de la performance de l’équipe nationale à la CAN ?».

Ça n’a pas raté. Le Chef du gouvernement qui était entrain de relire une dernière fois son anti-sèche, répond certes mais rate son entrée dans le sujet de son bilan, en balbutiant la phrase que ses conseillers lui sont demandé de dire pour qualifier ses 100 premiers jours de son action gouvernementale.

Yassine El Idrissi a été contre-productif. Une erreur de casting qu’Akhannouch a payé au prix fort.

Du candidat conquérant au Chef de Gouvernement impuissant

Aziz Akhannouch a fait une campagne électorale presque sans faute. Fruit de quatre années de préparation, le candidat s’est montré surtout dans la dernière ligne droite avant le scrutin, confiant, conquérant et transformé.

Un état de fait vérifiable dans son intervention dans l’émission «Studio Intikhabate» de Ridouane Erramdani. Un passage qui a d’ailleurs pesé dans la course électorale.

Depuis, Aziz Akhannouch fuit les médias. Surtout après l’éclatement de plusieurs polémiques dès les premières semaines de l’installation de son gouvernement: la claque royale de la destitution de Nabila Rmili; népotisme des ministres et des élus; limitation d’âge de l’accès aux métiers d’enseignement; pass sanitaire; gabegie de son amie Fatim-Zahra Ammor en Espagne.. etc.

129 jours après, on s’attendait à ce que le Chef de Gouvernement fasse preuve de combativité, de résilience et de leadership à l’occasion de ce qu’on pensait aller être son grand oral. Il n’en est rien de tout cela.

L’intervention de Aziz Akhannouch avait pour but de rassurer les Marocains angoissés à l’idée de ne pas savoir où va le pays, dans un contexte d’accumulation de menaces exogènes et endogènes et ce depuis l’avènement de la pandémie. Mais également renouveler l’appel à la responsabilité de toutes les forces vives pour réussir la reprise économique.

Cet entretien a probablement contribué à l’exact l’inverse tant le Chef de Gouvernement est apparu titubant, hésitant, fragile et imprécis. Contrairement à son passage chez Erramdani il y a 4 mois et demi, il n’a à aucun moment imposé son rythme. Il s’est laissé enfermer dans le doux piège de l’impuissance, que lui a a tendu Yassine El Idrissi.

Qu’est donc t-il arrivé à Akhannouch ?

A-t-il perdu la foi ? Se sent-il menacé ? A-t-il été violemment secoué par le palais suite à ses contreperformances ? Ou tout simplement s’est-t-il rendu comte qu’il n’avait pas les épaules pour assumer ses responsabilités gouvernementales ?

Des interrogations légitimes au vu des énormités qu’il a formulé ce mercredi soir.

D’emblée, première question, première grosse bourde de communication et premier signe de l’état d’incertitude mentale du Chef du Gouvernement. Au sujet du bilan des 100 jours, il déclare «Nous avons donné le signal que nous allons être un gouvernement qui respecte ses engagements» Sic!

Un constat d’échec qui constituera le fil rouge de tout l’entretien.

Par ailleurs, alors que nous avons cru que le temps des mesquineries, de la victimisation et des messages empoisonnés à destination du palais était révolu avec le fin de l’ère Benkirane, voilà que Aziz Akhannouch s’y met lui aussi.

Moment le plus critique de plus d’une heure d’émission, et qui ne manquera pas d’alimenter les discussion des salons fermés, c’est quand il est interrogé par Abdellah Tourabi sur le sujet de la fermeture des frontières qui commence à peser sur l’économie, il répond par ceci : «Au gouvernement nous nous posons les mêmes questions que vous (pourquoi garder les frontières fermées, ndlr). Mais mois je reçois les directives de la commission scientifique et de la commission ministérielle que je suis obliger d’appliquer sans avoir d’explications».

Clairement, Aziz Akhannouch dit sur deux chaines nationales, qu’il ne fait qu’exécuter, sans être forcément d’accord et sans se poser de questions, les directives du palais.

Durant l’entretien, le Chef de Gouvernement a implicitement exprimé sa propre compréhension de sa mission en répétant à maintes reprises qu’il était là pour appliquer la loi.

Une conviction qui va lui interdire de répondre de manière positive et constructive sur une interpellation des journalistes au sujet de la crise des enseignants. En effet, alors qu’il venait de signer le jour même, un important accord avec les syndicats grâce au travail laborieux de Chakib Benmoussa, il a choisi la piste défensive : «Les gens ont le droit de manifester contre une décision gouvernementale. Ça se passe partout pareil dans le monde entier. Mais nous, nous sommes là pour applique la loi».

Primo, il a raté l’occasion de surfer sur sa réalisation phare de son gouvernement et qui touche le dialogue social après celle de l’adoption de la loi des finances dans les délais, et de driver l’entretien tout en gagnant de précieuses minutes sur un sujet positif.

Secundo, la mission principale de l’exécutif élu n’est pas de faire appliquer la loi, c’est d’agir sur la loi, créer la loi, améliorer la loi. Exercer le pouvoir n’est pas le bâton. Le pouvoir du mandat du Chef du Gouvernement est d’élaborer les politiques publiques et de les mettre en place. De collecter les impôts, construire des budgets et les administrer. Faire appliquer la loi est le métier de MM Hammouchi , Abdennabaoui et Daki.

Akhannouch arrivera-t-il au bout de son mandat ?

Interrogé par Abdellah Tourabi sur le déficit de communication du gouvernement durant ses 100 premiers jours, Akhannouch, sur la défensive, va sortir cette absurdité : « On sortait d’une campagne électorale lourde qui pour la première fois a concentré aussi bien les municipales que les législatives. Je devais de surcroît juste après ma nomination de former le gouvernement, travailler sur la loi des finances et sur la charte gouvernementale. Ça nous a pris 2 mois».

Le Chef de Gouvernement avoue que les élections l’ont épuisé et qu’il s’est consacré exclusivement durant deux mois à l’installation de son gouvernement. Sachant qu’à date d’aujourd’hui il n’a pas encore réussi à faire nommer ses ministres délégués.

Dans son argumentaire et sans se rendre compte, il va livrer des indices sur les raisons de l’échec de sa communication.

Akhannouch était convaincu, que les points de presse hebdomadaires du Conseil du gouvernement, ses interventions au parlement et ses activités partisanes suffisaient pour communiquer sur ses réalisations. Il ne voyait pas d’utilité de risquer de s’adresser aux médias en dehors de ces cadres de communications officiels.

Ce n’est qu’après la levée des boucliers médiatiques et la pression totale qu’il a eu pour communiquer sur son bilan, qu’il a poussé ses ministres à se montrer, a fait taire son porte-parole et a lancé une nouvelle stratégie de communication digitale.

Aziz Akhannouch a subit la pression au lieu de la gérer

Comme l’a écrit le journaliste Khalid Tritki sur son compte Twitter, les 100 jours est une bid3a occidentale que le Chef de gouvernement fallait aborder sans pression.

«Une vérité à ne pas oublier: les seules réalisations du gouvernement sont: la gestion de la pandémie et la loi des finances. Nous n’avons pas au Maroc les mêmes mécanismes de fonctionnement que les régimes démocratiques et surtout leur célérité d’exécution.» a-t-il écrit.

Et de poursuivre «le grand problème de ce gouvernement est son choix de communication. Il fait l’autruche quand il faut être visible et sort avec fracas pour ne rien dire. Et tout ce que je peux lui conseiller, pour le salut de mes concitoyens fragiles et naïfs, et surtout pour gagner la confiance des sceptiques et indécis, est de changer de stratégie, contenant et contenu.»

D’autres commentaires se sont focalisés notamment sur le bilan et les réalisations. Omar El Hyani élu FGD a posté une liste de huit mesures qu’il estime que le gouvernement aurait du prendre. Parmi elles, figurent entre autres la grâce pour les détenus dits politiques, annulation des agréments de transport et de pêche, et retour à l’Heure légale du Royaume (GMT).

https://twitter.com/Omar_H_/status/1484105604042039297

Entre la CAN, Omicron, le francisime d’Akhannouch et l’insipidité de Yassine El Idrissi, il est certain que l’entretien du Chef du Gouvernement constitue un non-évènement chez le Marocain moyen.

Toutefois, auprès des lettrés, des leaders d’opinion des chancelleries internationales, le doute sur la capacité de l’actuel gouvernement à mener à bien son mandat s’est confirmé.

Passé la période de grâce, le Roi Mohammed VI viendra-t-il au secours du Chef du Gouvernement par un énième coup de pouce ? La nomination des secrétaires d’Etat sera-t-elle l’occasion d’opérer un remaniement ministériel ? Aziz Akhannouch réussira-t-il à se relever après ce faux départ ?

L’avenir nous le dira.

Aziz Akhannouch incapable de s’adresser aux marocains en direct

Selon Telquel Arabi, Aziz Akhannouch a été incapable de défendre son bilan des 100 jours en direct sur la télé. L’interview qui passera ce soir sur 2M et Al Aoula a été préalablement enregistré.

«Le Premier ministre Aziz Akhannouch n’a pas été en mesure de mener l’interview en direct, dont la diffusion est prévue ce mercredi soir à 22h sur Al Aloula et 2M One», rapporte Telquel Arabi.

La source du magazine a précisé que «le Chef de Gouvernement a enregistré l’émission mardi soir à 18h00, aux studios Dar El Brihi, à Rabat».

Le PJD se frotte les mains

Comme l’a rappelé Telquel Arabi, l’ancien Premier ministre, Saad Eddine El Othmani, et avant lui, Abdelilah Benkirane, optaient toujours aux directs quand il s’agissait de s’adresser aux citoyens.

Un état de fait que le PJD via son canal officiel a commenté non sans ironie.

«Si l’information est vraie, cela confirmera sans aucun doute que notre estimé premier ministre souffre d’une crise de communication chronique. Une crise qui constitue le titre le plus important du bilan des 100 jours. Les polémique dont a fait face le gouvernement, comme la limitation de l’âge de recrutement des enseignants, la vaccination obligatoire, le retrait de la loi sur l’enrichissement illicite, la fermeture de l’espace aérien en autres, nécessitent une communication directe du Chef de Gouvernement avec les citoyens».

Cette stérilité de la communication d’Akhannouch, s’ajoute au fait qu’il s’est débiné à plusieurs reprises de la séance mensuelle relative à la politique publique, n’y assistant qu’une seule fois en trois mois.

Excédée par les fermetures à répétition, Ryanair quitte définitivement le Maroc

La compagnie aérienne low-cost irlandaise Ryanair a décidé de se retirer définitivement du Maroc à compter du mois de mai prochain, rapporte Maghreb Intelligence. L’annonce coïncide avec la très tardive décision de la ministre du tourisme Fatim-Zahra Ammor de lancement d’un plan d’urgence de 2 MMDH pour le soutien du secteur touristique.

Ryanair reproche au Maroc «les fermetures successives, et injustifiées à leurs yeux, de l’espace aérien empêchant Ryanair d’honorer ses engagements vis-à-vis des dizaines de milliers des passagers qui empruntent ses lignes», souligne Maghreb Intelligence.

Excédée par une nouvelle et énième fermeture des airs marocains, Ryanair avait décidé, mi décembre 2021, de suspendre ses vols au Maroc jusqu’au 1er février. Mais les signaux envoyés ces dernières 24 heures par le ministre de la Santé Khalid Ait Taleb, laissant croire qu’Omicron devrait persister jusqu’en février, jettent des doutes sur réouvertures des frontières fin janvier 2022. Une situation économiquement intenable pour une compagnie aérienne dont Toutes les stratégies de yield management reposent principalement sur des prévisions concernant l’offre et la demande et sur une planification sur plusieurs mois.

Les relations entre le top management de Ryanair et les autorités marocaines sont très tendues depuis pratiquement le début de la pandémie au Royaume en mars 2019, rappelle Maghreb Intelligence..

«Un manque de clarté et de communication de la part des autorités marocaines sur ce à quoi il faut s’attendre au-delà de leur décision initiale d’interdiction de voyager du 13 décembre», avaient accusé les dirigeants de la compagnie low-cost qui disent déplorer de grosses pertes.

À titre d’exemple, Ryanair affirme qu’à fin novembre 2021, les annulations de vols décidées par le Maroc ont eu un impact sur 160.000 de ses clients et que 230.000 passagers supplémentaires se trouvent confrontés à des perturbations de leurs projets de voyage pour le reste de l’année 2021.

Un plan de relance tardif et insuffisant sans ouverture des frontières

Le gouvernement a annoncé ce mardi l’approbation d’un plan d’urgence d’un montant de 2 milliards de dirhams pour le soutien du tourisme et qui comprend cinq mesures:

  1. 1. Prolongement du versement de l’indemnité forfaitaire de 2000 dirhams durant le premier trimestre 2022
  2. Report des charges dues à la CNSS pendant 6 mois.
  3. moratoire relatif aux échéances bancaires. Les intérêts intercalaires seront pris en charge par l’État
  4. Prise en charge par l’État de la taxe professionnelle due par les hôteliers en 2020 et en 2021
  5. Octroi d’une subvention de l’État au secteur de l’hôtellerie, pour un montant global de 1 MMDH.

Sur son compte Twitter, le président de du Conseil régional du tourisme (CRT) de Casablanca-Settat, Othman Cherif Alami, a estimé que le lancement du plan d’urgence est très important mais que 2 millards dirhams sur 140 millards dirhams non rapatriés en deux années ne sont pas suffisants. Nous attendons toujours la date d’ouverture des frontières, a-t-il lancé.

Stratfor : Les sanctions de la CEDEAO contre le Mali risquent de renforcer sa dépendance à l’égard de la Russie

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La Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest, la CEDEAO, a décidé dimanche 9 janvier, d’imposer des sanctions sévères à l’encontre du Mali. Un acte inattendu qui intervient 10 jours après l’annonce des autorités maliennes de transition de la mise en place d’un nouveau calendrier électoral qui repousse l’organisation des élections à décembre 2025 au lieu de février 2022 comme initialement prévu. Cependant le fond de crise est essentiellement sécuritaire et géostratégique. La tension a émergé après l’annonce du retrait de l’armée française du Sahel ayant perdu tout contrôle sur la région. Un vide immédiatement remplacé par les mercenaires russes de Wagner qui assurent désormais la sécurité de la junte militaire malienne. Dans son «snapshot» du 10 janvier, la société d’intelligence économique et de renseignement, Stratfor, analyse les risques de l’opération d’asphyxie du Mali. Le rapport estime que les sanctions de la CEDEAO réduiraient davantage l’influence française au profit d’une influence russe. Du pain béni pour Moscou qui pourrait jouer la carte de la promotion d’une stabilité accrue indépendamment d’une transition démocratique du Mali.

Lundi 10 janvier, les autorités de transition maliennes étaient encore sous le choc de la décision surprise annoncée dimanche par les pays de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest, la CEDEAO, de fermer leurs frontières, de rompre leurs relations diplomatiques, d’imposer des sanctions économiques sévères, de suspendre les transactions financières non essentielles et de geler des avoirs de l’Etat malien dans les banques commerciales de l’organisation panafricaine.

Un porte-parole du président malien par intérim a déclaré que ces sanctions étaient illégales et illégitimes et que le report des élections était dû à la violence de l’insurrection islamiste. Et qu’en réponse, le Mali fermerait ses frontières terrestres avec les États voisins de la CEDEAO (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Niger et Sénégal).

De leur part, les responsables de la CEDEAO ont déclaré qu’ils ne lèveraient pas les sanctions à moins que les responsables maliens ne proposent un calendrier électoral acceptable.

Il s’agit de la deuxième vague de sanctions contre le Mali par la CEDEAO depuis le coup d’État de 2020. Elle avait suspendu l’adhésion du pays, gelé les actifs de l’autorité de transition, imposé des interdictions de voyager, fermé les frontières et interrompu les flux financiers vers le pays. Les importations du Mali en provenance de ses deux principaux partenaires commerciaux, le Sénégal et la Côte d’Ivoire, ont fortement diminué à la suite de ces mesures, entraînant des pénuries de carburant et de médicaments dans le pays.

Les principales importations du Mali sont les produits pétroliers raffinés, le coton et les médicaments conditionnés.

La nouvelle décision de la CEDEAO a été soutenue par les États-unis qui dans un communiqué publié moins de 24h plus tard «saluent les actions [l’organisation] pour défendre la démocratie et la stabilité au Mali à la suite de son Sommet extraordinaire du 9 janvier 2022».

Le «statement» du département d’Etat américain était clair et sans ambiguïté au sujet de la situation au Mali et la présence des militaires du groupe russe Wagner.

«Nous partageons la profonde déception de la CEDEAO face au manque d’action ou de progrès du gouvernement de transition du Mali dans l’organisation d’élections, comme il s’était engagé à le faire après le coup d’État d’août 2020. Nous soutenons la décision de la CEDEAO d’imposer des sanctions économiques et financières supplémentaires pour inciter le gouvernement de transition à tenir sa promesse au peuple malien de ramener son pays à la démocratie», déclare Ned Price porte-parole du département d’Etat.

Et d’alerter : «Nous nous faisons également l’écho des préoccupations de la CEDEAO quant à l’impact déstabilisant probable des forces du groupe Wagner soutenues par la Russie au Mali. Comme indiqué dans la déclaration du Département du 15 décembre 2021, ces forces n’apporteront pas la paix au Mali et détourneront des ressources de la lutte contre le terrorisme menée par les forces armées maliennes

Stratfor : l’isolement du Mali est profitable à la Russie

Quelques semaines après le retrait de la France de sa dernière base militaire au Mali, située à Tombouctou, un porte-parole militaire malien a confirmé la présence de troupes russes le 6 janvier. Les responsables n’ont pas donné de détails sur le nombre de forces de sécurité russes présentes sur la base de Tombouctou, mais ont déclaré qu’elles participaient à la formation sur place des équipements militaires russes récemment acquis. Cette présence militaire au Mali en plus de celle en Centre d’Afrique, est en passe de reconfigurer les équilibres géostratégiques au Sahel. Surtout avec une junte militaire aux abois.

«Les sanctions de la CEDEAO vont exacerber l’isolement du Mali vis-à-vis des États de la région et de la France, alors que les troupes françaises sont en train de se retirer du pays et que des troupes russes ont été récemment déployées à Tombouctou», écrit la société d’intelligence économique et de renseignement Stratfor dans un snapshot en date du 11 janvier 2022.

«L’isolement régional résultant des sanctions accélérera le passage du Mali d’une dépendance à l’égard de la France à une dépendance à l’égard de la Russie en matière de soutien militaire et de sécurité, car Moscou n’a pas les mêmes attentes en matière d’élections et de gouvernance démocratique que la CEDEAO ou Paris», analyse Stratfor.

La rupture du Mali avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) va probablement renforcer sa dépendance à l’égard de la Russie, ce qui réduira encore la probabilité d’élections démocratiques imminentes, augmentera les difficultés économiques et posera des risques pour les opérations antiterroristes en cours dans le pays.

Stratfor, 11 janvier 2022

Au Mali, souligne Startfor, la détresse économique supplémentaire provoquée par les sanctions de la CEDEAO aggravera le mécontentement populaire à l’égard du maintien de l’autorité de transition au-delà de son mandat initial, ce qui entraînera probablement une diminution des importations et des pénuries de produits de base.

N’étant plus contraint par les partenariats avec les démocraties régionales ou la France, le président malien Assimi Goita – qui s’est emparé du pouvoir pour la deuxième fois lors d’un coup d’État en mai 2021 – sera peu enclin à ne pas répondre aux troubles par des mesures de sécurité.

«Le recul politique et économique augmentera probablement aussi les risques pour les opérations antiterroristes au Mali. Si la présence militaire russe s’étend pour inclure l’introduction de groupes paramilitaires russes comme Wagner, et si ces groupes déploient une force aveugle contre les civils (ce que Wagner a la réputation de faire dans des pays comme la République centrafricaine), cela pourrait favoriser le recrutement de militants et saper les missions anti-insurrectionnelles existantes au Mali et dans l’ensemble de la région». écrit Stratfor.

L’influence russe visera très probablement à promouvoir une stabilité accrue indépendamment d’une transition démocratique, bien que les contraintes de capacité et les menaces d’insurrection de longue date empêcheront probablement le succès.

Stratfor, 11 janvier 2022

Aux Nations Unies, la Russie décrie les ingérences étrangères au Mali

Mardi 11 janvier, Représentant spécial du Secrétaire général pour le Mali et Chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali, El-Ghassim Wane a présenté devant le Conseil de sécurité le rapport trimestriel du Secrétaire général sur la situation au Mali. Seule la Russie a condamné les sanctions de la CEDEAO, décriant des ingérences étrangères excessives « qui ne font que compliquer la situation ».

En effet, la Chine a invité les deux parties à trouver un terrain d’entente et les trois pays africains membres du Conseil -les A3 (Ghana, Gabon et Kenya)- ont exhorté le Conseil de sécurité à accueillir favorablement le communiqué final du Sommet de la CEDEAO et à appuyer les sanctions prises.

De leurs parts, la France, l’Albanie et les États-Unis ont fustigé la présence des forces russes sur le sol malien y voyant même une menace pour la MINUSMA et le peuple malien.

La France a en effet déploré le fait que les autorités de transition utilisent des fonds publics déjà limités pour rétribuer des mercenaires étrangers au lieu de soutenir les forces nationales et les services publics au bénéfice du peuple malien.  Le représentant français a fermement condamné le déploiement sur le territoire malien de mercenaires du groupe Wagner, assurant qu’ils sont « connus pour menacer les civils, violer le droit international et la souveraineté des États ».  

La terre malienne mérite mieux qu’être un terrain de règlements de comptes politiques et d’affrontement des puissances mondiales

Mme ADAM DICKO,  (AJCAD)- Conseil de Sécurité 11/01/2022

Le gouvernement malien a confirmé pour la première fois la présence de troupes russes dans le pays le 25 décembre, mais le 6 janvier a marqué la première confirmation de la présence de ces troupes à Tombouctou. Des paramilitaires déployés par Wagner qui selon un rapport daté du e 27 octobre 2021 par le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme ont commis des abus en République centrafricaine, notamment les détentions arbitraires, la torture, les disparitions, les exécutions sommaires et les violences sexuelles.

https://twitter.com/UN_MINUSMA/status/1480894491007537154

Double jeu de l’Algérie

Alger par le biais de son président a publié un communiqué très ambiguë sur la situation malienne. Une ambiguïté qui semble être résultat d’une pression de l’Élysée qui s’est précipité à communiquer sur une «triple pression» de la France, les Etats-unis et l’Algérie sur la junte.

https://twitter.com/JTAtv5monde/status/1480999778611826690

Quand on lit le communiqué de Tebboune il n’en est absolument rien. L’Algérie propose sa médiation, qualifie les sanctions de la CEDEAO de porter des «risques graves et d’épreuve» pour le pays et exprime son «attachement indéfectible de l’Algérie à la souveraineté, à l’unité et l’intégrité territoriale de la République du Mali».

«Le Président de la République a réitéré l’attachement indéfectible de l’Algérie à la souveraineté, à l’unité et l’intégrité territoriale de la République du Mali, et a encouragé les dirigeants de la transition à l’adoption d’une attitude responsable et constructive», poursuit le communiqué de Tebboune.

«Devant les risques graves et les épreuves que portent en elle la panoplie de sanctions massives annoncées par le sommet extraordinaire des chefs d’Etat de la CEDEAO ce 9 janvier à Accra, ainsi que les contre-mesures annoncées par le gouvernement de la République du Mali, l’Algérie appelle toutes les parties à la retenue et au réengagement dans le dialogue en vue d’éviter à la région un engrenage de la tension et une exacerbation de la crise», précise la même source.

Pour comprendre la position de l’Algérie il faut regarder de plus prés sa longe relation ainsi que son son principal parti politique, le FLN, avec la Russie, qui remonte à l’époque soviétique.

Les bonnes relations entre les deux pays se traduisent notamment par la livraison à l’Algérie d’équipements militaires russes dans un contexte de tension entre Alger et Rabat. A la fin des années 1970, 90% du matériel militaire algérien était d’origine russe. Les relations algéro-soviétiques vont au-delà des livraisons d’armes. Moscou contribue au développement du secteur minier en Algérie et ouvre ses centres de formation et ses universités aux jeunes diplômés algériens. De nombreux cadres, ingénieurs et officiers de la jeune république algérienne bénéficient de la formation soviétique, qui s’accompagne de rapprochements matrimoniaux (mariages mixtes) et culturels (apprentissage des langues).

Si l’influence russe est peu palpable sur des secteurs comme l’énergie, et plus précisément du géant pétrolier Sonatrach fondé en 1963, sa présidence est régulièrement confiée à des ingénieurs formés aux Etats-Unis (Chakib Khelil, notamment), les cadres formés en Russie sont en revanche bien représentés dans l’état-major de l’armée. L’actuel chef d’état-major, Saïd Chengriha, a été formé à l’académie russe de Vorochilov dans les années 1970. Son prédécesseur, Ahmed Gaïd Salah (décédé fin 2019), homme fort du pouvoir algérien après les premiers mois du soulèvement populaire (Hirak) et artisan de l’éviction d’Abdelaziz Bouteflika, a également été formé en Union soviétique. De tous les centres du pouvoir algérien, l’armée – qui reste le premier d’entre eux – semble être celui où l’influence russe dure le plus longtemps.

Comme mentionné ci-dessus, l’Algérie est un client précieux de l’industrie militaire russe. Après l’Inde (25% des exportations russes) et la Chine (16%), l’Algérie est le troisième client de Moscou (14%). À elle seule, l’Algérie achète environ la moitié des armes russes exportées vers le continent africain. Avec 67% des importations algériennes, la Russie est de loin le principal fournisseur de l’Algérie.

Les ambitions russes en Afrique centrale et au Sahel et la présence de forces paramilitaires non conventionnelles offrent une opportunité inespérée à l’Algérie pour tirer profit du choc des hyperpuissances dans la région. Surtout que le retour d’expérience de la Libye a démontré comment la Turquie, membre de l’Otan, a mis fin aux ambitions russes mais également au rôle que souhaitait jouer l’Algérie dans le processus de paix libyen.

Abraham Accords : Cela ne s’est pas passé comme vous le croyez – (Partie 1)

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Vous a-t-il traversé l’esprit, un instant, que les Accords d’Abraham avaient été décidés presque par accident ? Et que Netanyahu n’en voulait pas du tout ? Que Trump considère Mahmoud Abbas comme son père et en veut à mort à l’ancien premier ministre israélien ? Que Jared Kushner a jeté l’ambassadeur israélien à Washington, Ronald Dermer, hors de son bureau ? Que le Royaume-Uni a menacé Trump de reconnaitre la Palestine ? Probablement non! Sauf si vous aviez lu le livre explosif du journaliste israélien, Barak Ravid, intitulé « La paix de Trump : les Accords d’Abraham et la refonte du Moyen-Orient » sorti le 8 décembre 2021.

Le livre de Barak Ravid est le récit inédit des coulisses souvent incroyables des négociations qu’ont mené l’ancien président américain, son gendre Jared Kushner et le jeune Avi Berkowitz, donnant lieu aux accords de normalisation entre Israël et quatre pays arabes. Sa sortie a été accompagnée par la diffusion de quelques enregistrements audio de Donald Trump interviewé par l’auteur. Lesquels enregistrements ont suscité de vives réactions, notamment celles de la communauté juive-américaine que l’ancien président accuse de détester Israël. Ce présent livre est un document pour l’histoire qui impactera sans aucun doute la suite des négociations de paix entre palestiniens et israéliens mais également le retour aux affaires de Trump et de Netanyahu. Le récit captivant de Barak Ravid perce le voile doré et scintillant qui magnifiait les relations israélo-américaines pour laisser apparaitre une réalité moins idyllique, présageant une ère d’incertitudes.

Dans cet article, nous avons essayé de synthétiser les révélations clés et inédites dont regorge le livre de Barak Ravid. Dans l’absence d’une version anglaise ou française, car le livre est paru en hébreu, nous avons épluché toutes les interventions de l’auteur, les articles parus sur les principaux journaux israéliens et britanniques, la synthèse disponible sur Amazon éditée par Washington press et surtout trois podcasts essentiels auxquels a participé le journaliste.

Ce que vous devez retenir

  1. Les accords d’Abraham signés en grandes pompes sur le perron de la Maison Blanche sont nés des cendres du deal du siècle avorté par Netanyahu lorsqu’il a annoncé son attention d’annexer la Cisjordanie.
  2. C’est Mohammed Ben Zayed qui a sauvé la mise, à un moment où la relation entre Tel-Aviv et Washington était au plus bas de l’histoire au point de menacer leur alliance historique.
  3. Le deal du siècle de Donald Trump prévoyait d’octroyer à Israël le tiers de la Cisjordanie. Une offre jamais proposée aux israéliens que Netanyahu a tout simplement ignoré.
  4. Donald Trump s’est rendu compte à l’image de Barak Obama et de Bill Clinton que Netanyahu ne voulait pas d’accord de paix avec les palestiniens.
  5. Netanyahu en complicité avec l’ambassadeur américain en Israël, David Friedman, et celui d’Israël à Washington Ronald Dremer, ont essayé de forcer la main à Trump, en annonçant l’annexion de colonies israéliennes de la Cisjordanie.
  6. L’annonce de Netanyahu a suscité la colère de Trump mais aussi du Royaume-uni. L’envoyé britannique aux États-Unis a menacé ses homologues américains de reconnaitre la Palestine ainsi que d’autres pays si Trump autorise le plan d’annexion de l’ancien premier ministre israélien.
  7. Pour dissuader Netanyahu, empêtré dans ses affaires judiciaires et ses échecs électoraux, de mettre à exécution sa menace d’annexion de la Cisjordanie à la date butoir du 1er juillet 2020 que lui même à fixer, Trump a du le menacer de lui retirer tout le soutien international.
  8. Mohammed Ben Zayed, ne faisant pas confiance en Netanyahu, a exigé qu’Israël s’engage envers les américains et non Anvers son pays pour sceller la normalisation.
  9. Le 12 août 2020, à j-1 de l’annonce publique de l’accord de normalisation entre les E.A.U et Israël, Netanyahu a tenté de le faire capoter. Il a exigé des américains la présence d’au moins deux autres pays arabes aux côtés des Émirats.
  10. Toujours à j-1 de l’annonce, les accords n’avaient pas encore de nom. C’est le général Miguel Correa, directeur principal au Conseil national de sécurité, qui a proposé l’appelation «Accords d’Abraham».
  11. Après l’annonce par Trump des Accords d’Abraham, le Bahrein prend attache avec la Maison Blanche par le bias de son ministre des Finances et annonce son souhait de faire partie des signataires. Le ministre Bahreïni s’est confié à Jared Kushner : «La décision des E.A.U est la couverture dont on avait besoin pour révéler publiquement les relations de notre pays entretenait secrètement avec Israël».
  12. Donald Trump savait qu’on reconnaissant Jerusalem comme capitale d’Israël allait fâcher les palestiniens. Il pensait convaincre de prime abord les deux partis en mettant la main dans la poche et miroiter les dollars. Il voulait appâter les israéliens avec des annonces fortes, puis consacrer son deuxième mandat à faire revenir les palestiniens sur la table des négociations.
  13. Trump s’est investi autant dans le dossier israélo-palestinien pour deux raisons. La première est électorale. Trump voulait absolument séduire les électeurs évangéliques. La seconde est la grande influence qu’exerçait son principal soutien financier, Sheldon Adelson. Ce multimilliardaire, magnat de l’immobilier et des casinos, était le véritable architecte de la reconnaissance de Jérusalem capitale d’Israël.
  14. Les relations entre Netanyahu et Trump se sont beaucoup détériorées quand ce dernier s’est rendu compte que l’ancien premier ministre israélien l’utilisait et ne se souciait nullement de son ambition de briquer un deuxième mandat. Dans son interview à Barak Ravid, Trump n’a pas hésité à lancer un «qu’il aille se faire foutre» à l’encontre de Netanyahu.
  15. L’assassinat du général iranien, Qassem Soleimani, en janvier 2020, présentée au monde entier comme le point culminant de la coopération et l’alliance israélo-américaine, s’est transformée rapidement en un point de tension majeur entre les deux pays.
  16. Selon Trump, d’aucuns de son entourage ne croit à un possible accord de paix entre palestiniens et israéliens. Les deux parties cultivent trop de haine de part et d’autre. Cette conviction est également partagé par l’auteur du livre Barak Ravid, qui estime à son tour qu’il n’y aurait pas de son vivant un accord de paix entre israéliens et palestiniens.

Le pitch

Le 15 septembre 2020, les pelouses de la Maison Blanche ont vu la signature des «Accords d’Abraham» qui ont changé la configuration géopolitique du Moyen-Orient. Négociés par Donald Trump, ces traités inédits visent à instaurer de relations officielles entre Israël et un certain nombre d’États arabes. A ce jour, quatre pays au total ont ratifié ces accords avec l’Etat hébreu sous l’égide de l’administration américaine : les Emirats arabes unis, le Bahreïn, le Maroc et le Soudan.

Un an après, alors que les pays signataires fêtent le 1er anniversaire de ces traités, le plus connecté et l’un des plus respectés journalistes du Moyen-Orient, Barak Ravid, créé l’évènement avec la publication de son livre « La paix de Trump : les Accords d’Abraham et la refonte du Moyen-Orient ».

Le journaliste israélien retrace la naissance de ces accords en apportant ses propres témoignages ainsi que ceux de dizaines de hauts responsables de tout bord, impliqués dans le processus de négociations, y compris Donald Tump lui-même. L’entretien avec l’ancien Président américain a suscité un fort engouement des médias et des réseaux sociaux et ce dès la sortie du livre. Des passages sonores de l’interview de Trump ont fait le tour du monde donnant un coup du publicité inattendu à cet ouvrage.

« Au cours des quatre années de sa présidence, Trump a changé la face du Moyen-Orient : il s’est retiré de l’accord nucléaire avec l’Iran, a déplacé l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, a reconnu le plateau du Golan comme faisant partie d’Israël, a présenté un plan pour résoudre le conflit israélien. -Le conflit palestinien et le point culminant – les accords de paix et la normalisation.» peut-on lire sur la quatrième de couverture du livre.

« Les accords d’Abraham ont été la plus grande avancée du processus de paix au Moyen-Orient au cours des 25 dernières années. Ils ont totalement reconfiguré les relations au sein de la région et un groupe de personnes vraiment improbables les ont rendus possibles. Malgré les échecs de Trump dans les affaires internationales et toutes les décisions controversées comme le retrait de l’accord de Paris sur le climat et l’accord sur le nucléaire iranien, dans ce domaine, de nombreux républicains et démocrates pensent qu’il a eu raison.» a affirmé Barak Ravid dans un podcast du site d’information américain Axios.

Jared Kushner, un problème à Washington, un atout au Moyen-Orient

Jared Kushner, le gendre devenu redoutable conseiller de Trump à la Maison Blanche, a été la cible de critiques acerbes et d’attaques multiples de la sphère politique de Washington dès les premiers jours de sa nomination.

Promoteur immobilier et fils de promoteur immobilier comme son beau-père, Kushner est arrivé à la Maison Blanche avec un mépris assez profond pour le style, la politique et la diplomatie de Washington.

Selon Barak Ravid, il était plein de confiance, venant tout juste de la campagne Trump. A cause de sa mine de papier glacé, il paraissait aux yeux de ses collègues être habité par une arrogance inébranlable.

«Les gens avec qui il discutait, pensaient qu’ils avait affaire à quelqu’un qui venait d’ingurgiter un tas de livres de management et de commerce de la Silicone Valley. Il évoquait souvent sa volonté de rendre la Maison Blanche complètement différente en apportant davantage l’esprit du secteur privé à Washington et la culture start-up» écrit le journaliste. «Ces stéréotypes et ces reprsentations que Kushner avait de la chose politique, ont très probablement influencé la façon dont les choses se sont déroulées durant le mandat de son beau-père» poursuit-il.

Ce que les gens ne savaient pas, c’est que Kushner a appris de la presse la nature de la mission que le nouveau président comptait lui confier.

En effet, avant-même son investiture, Donald Trump dans un brief au New York Times et lors d’une séance d’enregistrement, a annoncé que Jared Kushner, son gendre, allait «diriger les efforts diplomatiques de la Maison Blanche pour parvenir à la paix au Moyen-Orient».

Barak Ravid qui s’est entretenu aussi bien avec Donald Trump que son gendre, affirme que ce dernier n’en savait absolument rien. Kushner avoue même qu’il «n’y connaissait rien du dossier israélo-palestinien, qu’il n’avait aucune expérience sur cette question et qu’il ne pensait même pas qu’il allait s’en occuper». «Je suis un gars de l’immobilier, pas un diplomate» a-t-il insisté.

Quand Kushner arrive à la Maison Blanche, poursuit Barak Ravid, il lance une plaisanterie à son équipe : « Je pense que le président ma confié cette mission parce qu’il ne m’aime pas vraiment».

L’auteur du livre explique dans le podcast d’Axios ( voir ci-dessus) que Jared Kushner a géré le conflit israélo-palestinien comme une affaire immobilière. La nomination de Kushner a été très critiquée à Washington, poursuit-il. Toutefois au Moyen-Orient, sa nomination a été perçue différemment.

Pour de nombreux pays de la région, y compris Israël, parler à quelqu’un qui faisait partie de la famille du président américain avait du sens et du poids.

«Kushner voulait éviter de «re-continguer l’histoire», mais lorsque l’on traite du conflit israélo-palestinien ce n’est pas une option possible . L’histoire est partout et est vite devenue l’obstacle ultime à ce qu’ils essayaient de faire», reconnait Barak Ravid.

Après sa nomination au poste de Conseiller Spécial du président élu, Jared Kushner et Donald Trump ont commencé par mettre en place une équipe en charge du processus de paix. Ils vont ainsi constitué un cercle de conseillers qui allaient de «très pro Israël» à «très très très très pro Israël», souligne le journaliste.

L’une des personnalités clés qui vont peser sur le cours des choses était David Friedman, l’avocat de Trump spécialisé dans les faillites, que le nouveau président a nommé ambassadeur en Israël.

Trump, le plus pro-palestinien de son administration

Le plus drôle, révèle Barak Ravid, commentant l’équipe en charge du «deal du siècle» ainsi constituée, c’est que déjà au tout début de leurs échanges, la personne qui semblait se soucier le plus du côté palestinien était Trump lui-même !

Et ce que beaucoup de gens ne savent pas, signale l’auteur, c’est qu’en réalité, dans la première année de sa présidence, et Trump me l’a dit, sa relation avec le président palestinien Mahmoud Abbas était très très bonne.

Trump a été surpris par les sentiments positifs qu’il éprouvait à son égard, rapporte-t-il.

« Avant de les rencontrer tous les deux (Mahmoud Abbas et Netanyahu, ndlr). Je pensais que les Palestiniens étaient impossibles, et les Israéliens feraient n’importe quoi pour faire la paix et aboutir à un accord. J’ai trouvé que ce n’était pas vrai. C’était exactement le contraire. », s’est confié Donald Trump à Barak Ravid.

Toujours sur sa relation avec le Chef de l’Autorité Palestinienne, Trump confit : «C’était presque comme un père. Il était si gentil. Il n’aurait pas pu être plus gentil.»

Mais cette relation chaleureuse ne va pas durer très longtemps.

En effet, explique M. Ravid, face au manque de sérieux de Netanyahu, et pour faire aboutir son deal du siècle Donald Trump va prendre de court tout le monde en annonçant le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem. Trump pensait, poursuit l’auteur du livre, que ce coup politique pousserait Israël à accepter un plan de paix avec les palestiniens en leur cédant le tiers des territoires occupés.

Finalement sa prise de risque n’a pas servi son dessein de paix, les palestiniens quittèrent la table des négociations et Netanyahu poussera le bouchon encore plus loin.

Dans son podcast Axios, Barak Ravid est interpellé par son co-animateur Jonaythan Swan : « Il est surprenant que, comme Obama et Bill Clinton, Trump soit également arrivé à la conclusion que Bibi (surnom de Netanyahu) n’était pas sincère dans sa volonté de paix avec les Palestiniens ».

En réponse, Barak Ravid cite une déclaration de Donald Trump qu’il lui a fait sur le sujet :

«Je pense qu’il nous a juste fait la pression, beaucoup de pression. Je ne pense pas que Bibi ait jamais voulu faire la paix», a affirmé l’ancien président.

Malgré l’attitude de Trump envers Abbas et Netanyahu à l’époque, la décision de Trump de déplacer l’ambassade américaine à Jérusalem et de reconnaitre Jérusalem comme la capitale d’Israël était inattendue. C’est un tournant important dans l’histoire et c’est aussi un énorme doigt d’honneur aux Palestiniens.

Israël et les Palestiniens considèrent tous deux que Jérusalem est leur capitale. Reconnaître Jérusalem revient donc à prendre parti sur une question qui a fait l’objet de plusieurs cycles de négociations de paix au cours des 25 dernières années.

Pour Trump, cette décision était politique, explique M. Ravid. Il l’a fait pour sa base électorale. Trump et ses conseillers savaient que le transfert de l’ambassade nuirait à leur effort de paix, mais ils pensaient que Jérusalem ne serait qu’une «bombe sur la route». Cela s’est avéré être une énorme erreur de calcul.

Les Palestiniens ont pris connaissance de la décision du président américain lorsqu’une délégation de l’autorité palestinienne s’est déplacée à la Maison Blanche vers la fin de 2017. Jared Kushner a informé le négociateur en chef, feu Saeb Erekat, que l’ambassade allait déménager à Jérusalem. Rabougri, Erekat a dit à Kushner que «si vous faites cela, vous vous seriez disqualifié de tout rôle dans ce processus de paix». Kushner a rétorqué en criant: «Ne me menacez pas ! C’est notre affaire, c’est notre politique». Eurekat a répondu, «si vous faites cela, vous amènerez les Israéliens et les Palestiniens au point de désastre».

Les Palestiniens avaient perdu l’une des choses qui comptait le plus pour eux, écrit Barak Ravid. Ils étaient tellement en colère qu’ils sont sortis de la Maison Blanche et ne sont jamais revenus.

Un peu plus tard, Trump a appelé Mahmoud Abbas, nous informe le journaliste. Il lui a dit de ne pas s’inquiéter, qu’il obtiendrait quelque chose de grand par la suite. Mais Abbas était très en colère. Trump a fait un long monologue pour essayer de le calmer. A un moment donné, il s’est rendu compte que la ligne était coupée et qu’il parlait tout seul depuis plusieurs minutes. L’opérateur a demandé au président s’il voulait reprendre l’appel, Trump a répondu qu’il l’appellerait un autre jour.

Ce fut la dernière fois qu’ils se sont parlés. C’était le mardi 5 décembre 2017.

Le lendemain, Trump fait la grande annonce de sa décision de déplacer l’ambassade américaine à Jerusalem.

«Israël se réjouissait et les Palestiniens étaient furieux», explique le M. Ravid.

Mais survient un autre incident qui va envenimer davantage les relations entre Trump et Abbas.

En janvier 2018, ce dernier présidait une réunion avec les dirigeants palestiniens à Ramallah. Durant son discours, Abbas surpris l’auditoire et maudit le président américain en déclarant en arabe : «que sa maison soit détruite.»

La phrase arrive aux oreilles de Donald Trump, et on lui explique qu’il s’agit de la pire chose qu’on puisse souhaiter à son ennemie «Yekhreb bitak».

Trump ripostera. Dans les mois qui suivent cet incident, il coupe presque toutes les aides aux palestiniens. Il ferme le bureau de l’OLP à Washington ainsi que le consulat américain à Jérusalem qui accueillait la mission diplomatique américaine auprès de l’autorité palestinienne.

Les ponts ont été coupés pour de bon et les Palestiniens ne reviendront plus jamais à la table des négociations.

«Trump a sapé ses propres efforts en vue d’un accord de paix lorsqu’il a reconnu, en décembre 2017, Jérusalem comme capitale d’Israël et a déclaré que l’ambassade des États-Unis y déménagerait», affirme Barak Ravid.

L’auteur rapporte par ailleurs que l’équipe de Kushner s’inquiétait des retombées de la décision de Trump sur l’éventualité d’un accord avec les Palestiniens. «Cela s’est avéré être beaucoup plus grave, devenant la pire crise entre les États-Unis et les Palestiniens depuis au moins 15 ans», écrit-il.

Lorsqu’on lui a demandé s’il pouvait comprendre la colère des Palestiniens, Trump a répondu : «Nous allions faire quelque chose pour eux dans une autre partie de Jérusalem. J’ai dit : Écoutez, Israël vient de gagner un point. Le prochain point sera le leur. Ils vont obtenir quelque chose de très grand qu’ils veulent’. Je le leur ai fait savoir.».

Trump a également concédé que la réduction de l’aide aux Palestiniens n’avait pas été efficace pour les ramener à la table des négociations. «Ce sont des gens endurcis», a-t-il déclaré.

L’ancien président américain voulait à tout prix être celui qui a réussi à signer un accord de paix entre palestiniens et israéliens malgré la réticence de tout son entourage. A ce sujet, Trump va se confier au journaliste en ces termes :

« Tout le monde m’a dit que ce n’était pas possible. Sheldon Adelson a dit que ce n’était pas faisable. La haine est si grande entre les Palestiniens et les Israéliens. Ils apprennent dès qu’ils sont en capacité d’ouvrir des livres à se détester les uns les autres, surtout les Palestiniens envers Israël. Sheldon m’a raconté les choses horribles sur le peuple juif qu’ils enseignent aux enfants dès leur jeune âge».

Et poursuit : «Sheldon Adelson qui était un de mes amis et sa femme Myriam est une femme fantastique, et qui était reconnu pour être un grand négociateur, il dit aussi que c’est impossible. Mais moi j’y suis allé. Ne connaissez-vous pas l’adage : Qu’est-ce que vous avez à perdre ? Essayez !»

Trump : Netanyahu est déloyal et ne veux pas la paix, «qu’il aille se faire foutre»!

Barak Ravid s’est entretenu avec Donald Trump à deux reprises en 2021, dans le cadre de ses recherches pour son livre sur les accords d’Abraham. Décrivant l’une de ces rencontres : « Nous nous sommes juste assis là seuls. C’était même un peu touchant ».

M. Ravid ne savait pas encore que les enregistrements sonores de l’interview de l’ancien président américain allaient faire autant de bruit. Deux passages créeront l’évènement, celui sur les relations avec Netanyahu d’une part et sa théorie sur les juifs américains et Israël d’autre part.

Au sujet de l’ancien premier ministre israélien, le journaliste affirme que Trump a critiqué Netanyahu à plusieurs reprises lors des deux interviews.

«Bibi ne voulait pas faire d’accord», a déclaré Trump à Barak Ravid.

«Même plus récemment, lorsque nous sommes arrivés avec les cartes et tout, il a dit : C’est bien, c’est bien. Tout était toujours génial, mais il ne voulait pas faire d’accord. Je pensais que les [Palestiniens] étaient impossibles et que les Israéliens feraient tout pour faire la paix et conclure un accord. J’ai découvert que ce n’était pas vrai….. Je ne pense pas que Bibi ait jamais voulu faire la paix, je pense qu’il nous a mis la pression, juste mis la pression, mis la pression, mis la pression…. Bibi ne voulait pas faire la paix, il ne l’a jamais fait.»

Trump a également eu le sentiment d’avoir contribué à assurer la survie politique de Netanyahu, mais n’a pas obtenu la même chose en retour, assure Barak Ravid. Il ne sera d’ailleurs pas au bout des surprises quand Trump lâche à l’encontre de Netanyahu un «Fuck him».

En effet, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase pour Trump a été lorsque Netanyahu a félicité le président élu Biden pour sa victoire électorale alors que Trump contestait encore le résultat.

«J’aimais bien Bibi. J’aime toujours Bibi. Mais j’aime aussi la loyauté. La première personne à féliciter Biden a été Bibi. Et non seulement il l’a félicité, mais il l’a fait sur une vidéo».

«Je ne lui ai pas parlé depuis», a ajouté Trump, «qu’il aille se faire foutre».

Frappe contre le Général Soleimani, Trump estime qu’il a été utilisé et qu’Israël «n’avait pas fait ce qu’il fallait»

L’assassinat du commandant iranien Qasem Soleimani en janvier 2020 semblait être l’apogée de la coopération sécuritaire et diplomatique entre les États-Unis et Israël. La vérité est que cet assassinat est devenu un point de tension majeur entre les alliés, écrit Barak Ravid.

Donald Trump s’attendait, selon ses déclarations, à ce qu’Israël joue un rôle plus actif dans l’attaque. «Mais Israël n’a pas fait ce qu’il fallait» s’est-il plaint.

Et de menacer : «Je ne peux pas parler de cette histoire. Mais j’ai été très déçu par Israël ayant à voir avec cet événement. … Les gens entendront parler de cela au bon moment».

Même si la partie israélienne (Un haut responsable de Tsahal) assure qu’elle avait proposé un rôle plus actif pour les forces israéliennes, et que les États-Unis avaient insisté pour que ce soit eux qui exécutent la frappe, M. Ravid justifie l’exaspération de Trump par son sentiment ainsi que celui de son administration d’être constamment utilisé par Netanyahu.

L’ancien président américain a d’ailleurs illustré la situation par une phrase d’un haut responsable de la Maison Blanche : «Benjamin Netanyahu, était prêt à combattre l’Iran jusqu’au dernier soldat américain».

Trump était foncièrement convaincu qu’aussi bien l’Otan ou Israël, les alliés voulaient systématiquement que les États-Unis combattent à leur place.