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Un avion militaire français franchit l’espace aérien algérien malgré l’interdiction

Un utilisateur israélien sur Twitter a identifié, ce mardi 7 décembre, un avion militaire français, un Falcon Dassault F900 portant le numéro d’immatriculation CTM0256, franchissant l’espace aérien algérien. L’avion a survolé Boumerdès jusqu’à Daïra de Bordj Okhriss pour virer à gauche direction El Harmilia avant de reprendre son retour vers le nord passant au dessus de Daira Tamalous.

Le 3 octobre dernier, l’Algérie a interdit le survol de son territoire aux avions militaires français, qui empruntent d’habitude son espace aérien pour rejoindre ou quitter la bande sahélo-saharienne. Depuis, l’armée de l’air française emprunte l’espace aérien marocain, jusqu’à ce mardi 7 décembre où le Falcon F900 a été autorisé par l’Algérie à franchir son ciel.

Avant son retour en France, le F900 portant l’immatriculation CTM0256 a suscité quelques commentaires sur les réseaux sociaux. Les uns y voyaient la levée de l’interdiction de survol de l’espace algérien tandis d’autres spéculaient sur le caractère médical de la mission de cet avion militaire français.

Toutefois, le tracé de l’itinéraire montre que l’avion n’avait traversé tout le territoire algérien en ne dépassant le nord du pays. Le mystère de ce vol CTM0256 reste complet.

Tourisme : Fatim-Zahra Ammor, une énième erreur de casting

Depuis l’échec du plan Azur, s’est succédé sur le tourisme au Maroc des ministres ayant pour point commun, l’erreur de casting. Après Boussaid, Sajid, Haddad, c’est autour de Fatim-Zahra Ammor, une protégée de Aziz Akhannouch, de s’ajouter à cette longue liste de responsables qui acceptent des mandats en décalage avec leurs compétences. La nouvelle ministre est désormais pointée du doigt pour son manque d’écoute à un secteur sinistré, ses voyages injustifiés et coûteux et last but not least son mépris pour les Marocains et la Loi.

En Mars 2019, bien avant le Covid, Médias24 avait publié un article au titre sans équivoque «Tourisme : Mohamed Sajid, une erreur de casting ?». Notre confrère expliquait comment l’ancien maire de Casablanca causait par l’absence de leadership et de réformes un profond malaise au sein de la profession.

Trois mois après la nomination Fatim-Zahra Ammor, le malaise est encore plus grand au sein du secteur. Cette ancienne directrice marketing du groupe Akwa et directrice générale du festival Timitar de Aziz Akhannouch donne depuis le premier jour des signes alarmants au sujet de sa capacité à prendre en main un secteur aussi sinistré que le Tourisme.

« Alors que les hôteliers et autres professionnels du tourisme sont à genoux, la ministre multiplie les déplacements inutiles (Dubaï et Madrid) et snobe les opérateurs », s’est confié un grand hôtelier à la rédaction de Maghreb Intelligence. C’est d’ailleurs ce même support qui a révélé le double scandale du dernier voyage de la ministre du Tourisme en Espagne.

La chouchoute de Aziz Akhannouch a fait fi de la décision des autorités marocaines de suspendre pour deux semaines les liaisons aériennes et maritimes avec l’étranger pour contrer la propagation du variant Omicron et s’est envolée à Madrid le 29 novembre à la tête d’une délégation de 52 personnes pour assister à l’assemblée générale de l’OMT, le jour même de l’entrée en vigueur de la décision de fermeture des frontières.

Il n’y a pas d’autres qualificatifs à ce comportement de la ministre que celui de mépris de la loi et des Marocains. Surtout qu’elle était consciente que ni elle ni ses accompagnateurs ne pouvaient rentrer par voie normale au pays.

Toujours selon, le site d’information Maghreb Intelligence, la ministre du Tourisme Fatim-Zahra Ammor et sa délégation (une cinquantaine de personnes) qui l’a accompagnée à Madrid ont pu être rapatriés au frais du contribuable entre le samedi et le dimanche derniers. Au moment où des milliers de Marocains se sont retrouvés piégés à l’étranger dans un silence coupable du gouvernement Akhannouch.

Cet incident a dévoilé au grand jour le fonctionnement de l’entourage Akhannouch habitués aux privilèges, aux passe-droits et aux gabegies. A ce titre, la ministre du Tourisme, a séjourné durant tout une semaine dans les plus grands hôtels de la capitale ibérique, se permettant le luxe d’offrir un dîner pour 500 personnes à Madrid, dans le mépris total envers le contribuable et les règles sanitaires.

«La ministre a même raté l’habituel conseil du gouvernement du jeudi où elle devait présenter pour approbation un décret concernant l’exercice des métiers de l’artisanat», indique Maghreb Intelligence.

Fatim-Zahra Ammor : ni vision, ni stratégie, ni plan d’action, ni écoute des professionnels

Alors le que le Tourisme passe par la plus grave crise de son histoire, que la saison des fêtes de fin d’année a été ruinée par la décision du gouvernement de fermer les frontières du pays, que les premiers opérateurs du low-cost EasyJet et Ryanair ont décidé de suspendre leurs activité au Royaume, Aziz Akhannouch impose au secteur une dame qui a géré le marketing d’Afriquia Gaz et l’organisation d’un festival annuel. Ne fallait-il pas un profil à même de répondre aux doléances des opérateurs agonisants et imaginer des pistes de sortie?

Que fait Fatim-Zahra Ammor à Madrid ? Pourquoi a-t-elle organisé l’AG de l’ONMT en Espagne et pas au Maroc? Les centaines de milliers d’euros dépensés dans les hôtels et restaurants espagnols n’auraient-ils pas été salvateurs pour les opérateurs nationaux ?

«La crise du Covid-19 était une opportunité pour le secteur» a-t-elle dit devant ses 500 invités du luxueux hotel madrilène. C’est plus qu’un écart de langage ou une maladresse c’est de l’ignorance, du mépris et de l’incompétence.

Les professionnels du secteur du tourisme avaient tiré la sonnette d’alarme suite à la présentation par la ministre de son budget 2022. Se confiant à Médias24, de grands opérateurs ont jugé la réponse du Fatim-Zahra Ammor décalée à la gravité de la situation.

« En réalité, nous avons besoin d’avoir un plan qui répondra à deux questions simples, à savoir comment sauver ce qui peut l’être et comment provoquer une véritable reprise d’activité, car une fois encore, ce qui a été proposé par la ministre aurait pu l’être en 2017 ou 2018. Au final, ce plan manque d’ambition et de moyens financiers ; ils ne sont pas du tout à la hauteur de notre réalité qui a besoin urgemment d’un vrai plan Marshall, alors qu’on lui propose un simple ectoplasme qui ne fera qu’aggraver la situation du secteur », s’est désolé l’opérateur sollicité par Médias24.

Aziz Akhannouch dépassé par la évènements

Le Royaume fait face à d’importants et multiples défis. Aziz Akhannouch donne des signes d’un homme dépassé par les évènements.

Piloter un gouvernement et espérer mettre en oeuvre un nouveau modèle de développement, demande de la sagesse, de l’écoute, de la célérité d’exécution et surtout des femmes et des hommes compétents et disciplinés travaillant en équipe.

Avant d’aller chercher une hypothétique cohésion auprès des partenaires politiques de sa majorité gouvernementale, Akhannouch aurait du appliquer, tout d’abord, une cohérence entre la position diplomatique et militaire de son pays et son business avec les algériens, et d’instaurer la cohésion entre des ministres de son propre parti.

Les Unes qui signent la «rupture stratégique» de la géopolitique du Royaume

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Contrairement à la froideur qui a accompagné, en août dernier, la visite au Maroc du Chef de la diplomatie israélienne Yaïr Lapid, le déplacement de son collègue à la Défense Benny Gantz, 3 mois plus tard, a bénéficié d’une importante couverture médiatique nationale et internationale. Le plus marquant des traitements journalistiques de cet évènement a été celui réalisé par les supports du groupe Global Média Holding, notamment L’Observateur du Maroc et d’Afrique et Al Ahdath Al Maghribya. Si ce dernier s’est adressé à une large audience arabophone hétéroclite et souvent anti-normalisation, en arborant sur toute la longueur de sa «Une» la photo du ministre israélien devant le tombeau de feu le Roi Mohammed V, L’Obs M&A a réussi à décrocher la publication d’une tribune de Benny Gantz «himself» dont la photo a occupé toute la «Couv» du magazine, une première dans l’ensemble du monde arabo-musulman. Ces «Unes» disruptives du très influent groupe média marocain sont le reflet de la «rupture stratégique» dont laquelle s’est engagé le Royaume chérifien pour assurer sa paix et sa stabilité. Une réponse aux tendances géopolitiques lourdes qui se manifestent, surtout après la «surprise stratégique» de la sortie de la France du Sahel motivée entre autres par son adversité à la néo-alliance anglo-saxonne.

Finalement, l’annonce de l’ouverture de nouvelles routes aériennes entre le Maroc et Israël le 9 novembre dernier était bel bien un signe du réchauffement des relations entre Rabat et Tel-Aviv après une période de brouille silencieuse qui dure depuis l’été. Un froid qui s’est manifesté par l’«optimisation» de la visite du officielle du ministre des Affaires étrangères Yaïr Lapid en août dernier, le «ralentissement» de l’opérationnalisation du bureau de liaison israélien, la suspension des vols directs vers le Maroc de la compagnie El Al et les sorties médiatiques «hasardeuses» et «impatientes» de l’ambassadeur David Gorvin.

Dix mois après sa signature, la normalisation entre le Royaume du Maroc et l’État hébreu n’a pas été un fleuve tranquille. Rabat semble avoir imposé son propre tempo aux relations diplomatiques avec un gouvernement Bennett aussi pressé que celui de Netanyahu et aussi peu audacieux et peu regardant sur les équilibres géostratégiques régionaux et les intérêts immédiats et à long terme du Maroc.

Israël est à placer aux côtés de la France dans la case des «partenaires» interpellés par le Roi Mohammed VI le 6 novembre dernier dans un discours des plus déterminants du dossier du Sahara. Le souverain a en effet appelé  les partenaires du Maroc à formuler «des positions autrement plus audacieuses et plus nettes au sujet de l’intégrité territoriale du Royaume» à l’image de la position claire et assumée de l’administration américaine.

Bennett et Lapid subissent la complexité et l’inconfort de leur deal politique, à savoir une rotation sur le poste du premier ministre tous les deux ans. Cette forte pression temporelle, ne leur a pas permis de s’accorder avec l’intemporalité de la monarchie. Toutefois, Benny Gantz, émissaire de l’institution la plus stable d’Israël, semble détenir les codes historiques nécessaires à l’instauration d’une forme de confiance dans le processus de formalisation et de médiatisation des relations entre Rabat et Tel-Aviv.

Et ces codes minutieusement présentés par Benny Gantz ont été fidèlement rapportés par les supports de presse du groupe Global Média Holding couvrant la visite historique du ministre du Défense israélien.

Al Ahdath Al Maghribia : « La Nation juive rendra éternellement hommage aux Rois du Maroc»

Photo géante devant le tombeau de feu Mohammed V de la délégation Benny Gantz, un grand titre évoquant l’éternelle hommage de la «Oumma» Juive aux rois du Maroc, et un sous titre soulignant le courage du Roi Mohammed VI dans la préservation de l’Histoire des Juifs marocains, c’est ainsi comment Al Ahdath Al Maghribia a méthodiquement «marketé» la visite du ministre de la défense israélien au Maroc. Une mise en bouche qui sera suivie par un édito du rédacteur en Chef qui sur un ton offensif s’est adressé aux anti-normalisation les appelant à plus de pragmatisme.

Il est à rappeler que ce même quotidien arabophone s’était adressé avec des mots durs à Benjamin Netanyahu qui sous le feu de ses multiples échecs de formation de gouvernement avait maladroitement trop pressé le Royaume pour lui soutirer un soutien politique et diplomatique. Al Ahdath avait même menacé Bibi d’appeler les centaines de milliers de citoyens juifs marocains de voter pour son adversaire, un certain Benny Gantz.

Al Ahdath Al Maghribya – édition du 6 férvier 2020

L’Observateur du Maroc et d’Afrique : « Benny Gantz – La plus importante des batailles est celle pour la paix et la stabilité »

Si Al Ahdath Al Maghribia avait comme défi de répondre à l’incompréhension et la défiance d’une opinion publique qui s’acclimate tant bien que mal avec la normalisation des relations avec Israël matérialisée par l’accueil du Chef de la guerre de Gaza de 2014, L’Observateur du maroc et d’Afrique, le magazine hebdomadaire du même groupe s’est attelé à fournir les clés de lecture géopolitiques de cet évènement.

Grâce au dense réseau de son directeur de publication, Ahmed Charaï, le Magazine va taper fort en décrochant une tribune exclusive du ministre le défense israélien. Une première dans le monde arabo-musluman qui a suscité l’étonnement de la presse israélienne.

A ce titre, la chaîne d’information continue i24, s’adressant au directeur général de l’Observateur, Hakim Arif, s’est interrogée si la Couv’ Gantz avait choqué les marocains.

Quand à sa tribune publiée dans le magazine marocain, Benny Gantz a tout dit et dans le respect des « codes » historiques, émotionnels et pragmatiques cités ci-dessus.

Le ministre a entamé sa plaidoirie en faisant honneur aux rois du Maroc protecteurs de leurs sujets de confession juive. «Si le défunt roi Mohammed V a sauvé ses sujets juifs des affres du nazisme», son descendant continue à les protéger à l’image de Rabbin israélien Elhadad, «ayant rendu son dernier soupir lors d’une visite touristique au Maroc, sur lequel a veillé personnellement le Roi Mohammed VI» a écrit Benny Gantz.

Le storytelling du haut responsable israélien est parfait : « Un jour, dans un avenir pas si lointain, je m’assoirai dans mon salon avec mes petits-enfants et je leur raconterai l’histoire de ma visite au Maroc (…) Je leur dirai que même si les liens maroco-israéliens sont souvent liés aux accords révolutionnaires d’Abraham, notre Histoire a commencé il y a longtemps et s’est ancrée dans l’héritage de la communauté juive marocaine».

Si le reste de la tribune colle aux éléments de langage de l’esprit des Accords d’Abraham tels qu’ils sont été présentés par Jared Kushner à savoir paix, prospérité et relations économiques, aériennes et touristiques, Benny Gantz a ajoutée deux nouveaux éléments : «Stabilité de la région et du monde» et «menaces frontalières et aériennes».

L’édito du Directeur de Publication Ahmed Charaï va cadrer implicitement les enjeux et la position du Royaume qui se superposaient aux lots de messages confus véhiculés par cette visite, notamment ceux en lien avec la formalisation de la coopération militaire avec Israël.

Pour M. Charaï, la visite de Gantz au Maroc ne constitue pas de surprise mais le résultat d’une doctrine clairement énoncée qui cadre l’action du Royaume au niveau International.

«Rabat tient à avoir des relations équilibrées avec toutes les puissances. Si les liens avec les USA et l’Europe sont très anciens, le Maroc a aussi développé sa coopération avec la Chine, la Russie, l’Inde, Israël ainsi que d’autres puissances moyennes» a-t-il écrit.

Dans son analyse M. Charaï met en avant les atouts du Maroc en dehors des jeux d’influence avec les hyperpuissances mondiales à savoir son action sur son environnement continental notamment sa stratégie proactive et historique dans le co-développement avec l’Afrique subsaharienne et son rôle moteur dans plusieurs domaines tels que l’environnement ou la sécurité.

L’éditorialiste alerte ainsi les lecteurs et les observateurs sur le pragmatisme du Royaume quand aux risques des manoeuvres géopolitiques des superpuissances. «La sérénité de la vision Royale portée par la diplomatie marocaine est une exception dans le désordre actuel des relations internationales» a-t-il souligné.

Si le chaos est profitable aux pays nucléaires, «le Maroc pragmatique s’inscrit dans la sérénité et la durée», a-t-il insisté. Un pragmatisme assumé qui donne une clarté au positionnement géopolitique du Maroc : «le pays se veut être fiable dans ses partenariats sur les questions sécuritaires et migratoires. Il développe ses partenariats économiques et s’intégrant définitivement à l’économie mondiale globalisée».

«Rabat est considérée comme un facteur de stabilité et de paix dans le monde» a-t-il conclut. C’est justement ces mêmes éléments de langage qu’on retrouve dans la tribune de Benny Gantz.

Rupture stratégique

Il faut céder à la facilité pour juger la coopération militaire maroc-israélienne du prisme des dernières tensions qui ont éclaté avec le voisin algérien. En vérité, la menace algérienne est incomparable à la menace française ou espagnole et au tendance lourdes qui se dessinent au Mali et au détroit de Gibraltar.

L’alliance anglo-saxonne est passée à l’offensive pour reprendre le contrôle de l’ordre mondial. Si les Etats-unis s’occupent de la Chine, la Grande Bretagne pour sa part se charge de contenir l’influence russe grandissante en Europe, en Afrique et en Méditerranée et par la même occasion du parapluie nucléaire de l’Europe que représente la France.

Menacée, l’establishment français n’a plus le choix que de «jouer offensif» pour ne pas perdre définitivement son influence sur ses anciennes colonies, qui pourraient se transformer en cauchemar économique, social et migratoire si leur obédience mue vers une autre puissance.

Paris a vu l’alliance italo-américaine lui «voler» tout son investissement en Libye, a partagé avec amertume la Tunisie avec le Pentagone qui contrôle désormais son armée, a comptabilisé de lourdes pertes au Sahel et avale la couleuvre de la présence renforcée des britanniques et des israéliens dans l’ouest de la Méditerranée et au détroit de Gibraltar.

En réaction, la France joue les trouble-fête en gelant les processus démocratiques en Tunisie et en Libye, en se retirant du Sahel tout en remettant le flambeau aux suédois, ouvrant grande ouverte la porte aux russes et en laissant monter la tension entre le Maroc et l’Algérie.

Dans le corpus doctrinal officiel français en matière de sécurité et de défense, le comportement de Paris est une «Surprise Stratégique» ( événement majeur qui n’avait pas été prévu) et l’action de Rabat est une «Rupture Stratégique» ( qui se définit dans l’acception qui nous intéresse par ses effets majeurs, de nature à transformer profondément la sphère de sécurité et de défense).

C’est avec ce prisme de profonds et lourds changements dans la physionomie des pouvoirs et influences dans notre région du monde qu’on devrait observer et essayer de lire les décisions stratégiques du Royaume et de ses voisins.

Le Maroc ne veut pas de guerre mais doit imposer la paix de par une bonne lecture des menaces et le choix de ses alliances. Sa stabilité qui fait sa distinction dans la région n’est pas uniquement profitable qu’à ses citoyens mais à l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest et de l’Europe de l’Ouest. D’ailleurs, la seule route commerciale stable et sécurisée du continent est celle qui relie Tanger à Abuja. Un fait qui n’aurait eu lieu sans la souveraineté du Royaume sur son Sahara.

«Optimisme dans la Responsabilité» tel est le chemin tracé par le Roi Mohammed VI pour la nouvelle législature

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Key Points :

  • Ce vendredi 8 octobre le roi Mohammed VI a adressé un discours au Parlement à l’occasion de l’ouverture de l’année législative qui coïncide avec la nomination d’un nouveau gouvernement issu des élections du 8 septembre.
  • Le discours royal dénote par son ton optimiste et son appel au rassemblement et à la mutualisation des efforts autour des priorités stratégiques en ce qui concerne le développement et la souveraineté.
  • Le souverain a donné un diagnostic positif et encourageant concernant la gouvernance du pays et de sa résilience face à la pandémie tout en alertant les marocains sur la conjoncture internationale qui «charrie dans son sillage défis, risques et menaces».
  • Le roi a utilisé le terme «sécurité stratégique» pour qualifier les risques d’approvisionnement des produits alimentaires, sanitaires et énergétiques et a appelé à la création d’un dispositif national intégré pour s’en prémunir.
  • Alors que le nouveau Chef de gouvernement avait qualifié durant sa campagne le nouveau modèle de développement de projet sur le long-terme préférant mettre en avant son programme électoral, le roi Mohammed a tenu à recadrer le gouvernement Akhannouch en appelant l’actuelle législature «à marquer le départ d’une dynamique volontariste ambitieuse incarnant l’intelligence collective des Marocains, en relation avec l’opérationnalisation du NMD».
  • Le sujet du Haut-Commissariat au Plan a été mis sur la table par le souverain appelant à sa refonte substantielle et à sa modernisation. Serait-il un signal de la fin du règne de l’indéboulonnable Ahmed Lahlimi sur cet institution, source de querelles interminables avec le gouvernement et Bank Al-Maghrib.

L’évènement

Le Roi Mohammed VI accompagné du Prince Héritier Moulay El Hassan et du Prince Moulay Rachid, a adressé, vendredi, un discours au Parlement à l’occasion de l’ouverture de la 1ère session de la 1ère année législative de la 11ème législature. Un discours très attendu au lendemain de la nomination du nouveau gouvernement présidé par Aziz Akhannouch.

Le souverain va donner le ton en décidant le non port du masque durant le discours par les princes Moulay El Hassan et Moulay Rachid. Une première depuis le début de la pandémie en mars 2020 tout en choisissant des versets du Coran qui s’apparentent plus à des prières de succès et de réussite qu’à des paroles moralisatrices.

Le roi Mohammed VI va d’emblée se féliciter du succès des dernières élections que se soit en terme d’organisation, et cela concerne le travail d’Abdelouafi Laftit, qu’en terme de taux de participation et d’alternance politique. Le roi a qualifié ce scrutin de «victoire du choix démocratique fait par le Maroc, ainsi que la normalité des alternances dans la gestion des affaires publiques».

A cet égard, Nous tenons à saluer la bonne organisation des dernières élections : elles se sont déroulées dans un climat positif et ont été marquées par une large participation, notamment dans nos Provinces du Sud.

Roi Mohammed VI

A ce titre, le roi a tenu à souligner son équidistance des formations politiques et sa neutralité quand au jeu politique : «Nous, ce qui importe, ce n’est pas que telle formation ou telle autre remporte les élections : Nous accordons en effet un intérêt équivalent à tous les partis.» a-i-il insisté.

Point focal : Trois priorités stratégiques

Tout en gardant un ton positif, le roi Mohammed VI a néanmoins tenu, sans tomber dans l’alarmisme, à dessiner les contours des défis qui attendent le nouveau gouvernement et le nouveau parlement. Fait important, le souverain a évoqué une «phase nouvelle» dans laquelle le Maroc s’engage désormais en mettant en avant deux axes : le processus de développement et les défis extérieurs.

«Cette législature s’amorce à un moment où le Maroc entre dans une phase nouvelle qui requiert la mutualisation des efforts autour des priorités stratégiques. Ainsi, notre pays sera plus apte encore à poursuivre son processus de développement et à relever les défis extérieurs» a soutenu le roi.

Des défis que le souverain a structuré autour de trois priorités stratégiques :

  1. Consolidation de la place occupée par le Maroc et la défense impérieuse de ses intérêts supérieurs
  2. Gestion de la crise pandémique et la poursuite de la relance économique
  3. Opérationnalisation du modèle de développement et au lancement d’une nouvelle génération de projets et de réformes intégrés

1 – Défense impérieuse des intérêts supérieurs du Royaume

Le premier volet prioritaire cité par le roi Mohammed VI dans son discours est celui de la Souveraineté. Un thème qui revient en force, selon le souverain, dans le contexte de la crise pandémique.

«De fait, la crise pandémique a révélé le retour en force du thème de la Souveraineté. Qu’elle soit sanitaire, énergétique, industrielle, alimentaire ou autre, sa préservation est devenue l’enjeu d’une véritable compétition qui suscite des réactions fébriles chez certains», a noté le roi.

Toutefois, poursuit le souverain, le Maroc a réussi, lui, à gérer ses besoins en la matière et à assurer un approvisionnement normal et suffisant de ses marchés.

Face à cette situation, le roi a appelé à la création d’un dispositif national intégré dans le but de consolider la sécurité stratégique du Maroc.

«Afin de consolider la sécurité stratégique du pays, Nous appelons à la création d’un dispositif national intégré ayant pour objet la réserve stratégique de produits de première nécessité, notamment alimentaires, sanitaires et énergétiques et à la mise à jour continue des besoins nationaux en la matière» a dit le roi.

2 – Gestion de la crise pandémique et la poursuite de la relance économique

2.1 – Gestion de la pandémie : Acquis solides et responsabilité des citoyens

Le roi Mohammed VI s’est félicité des «acquis solidement engrangés» en termes de protection de la santé des citoyens et de soutien aux secteurs et aux catégories touchés par la pandémie.

Rappelant l’effort de l’État dans sa lutte contre le Covid en assurant la gratuité du vaccin, en dépit du coût qui se chiffre en milliards, le roi appelé la responsabilité des citoyens à se protéger et à prémunir leurs familles en se faisant vacciner et en se protégeant.

2.2 – Economie nationale : Réalisme, responsabilité et patriotisme

Le souverain a mis en exergue l’embellie significative de l’économie nationale, grâce aux mesures adoptées sous son impulsion, en dépit des effets inédits générés par la crise et le repli de l’économie mondiale. Une embellie qu’il a argumenté par des chiffres de croissance de l’année :

  • +5,5% de taux de croissance en 2021
  • +17% de croissance du secteur primaire
  • +16% des IDE à fin août
  • +46% des transferts des MRE
  • + 7 mois d’importation des réserves de change
  • 1% taux d’inflation

«Tous ces indicateurs, Dieu soit loué, portent à l’optimisme et à l’espoir, renforçant la confiance des citoyens et des ménages et stimulant l’esprit d’initiative chez les opérateurs économiques et les investisseurs» s’est-il félicité.

Le roi Mohammed VI a assuré à ce titre que l’État poursuivra l’effort national, notamment à travers l’investissement public, l’appui apporté aux entreprises et l’adoption de mesures incitatives en leur faveur.

Face à cet optimiste et ce contexte positif le roi a insisté sur le fait de garder le cap avec responsabilité et patriotisme sans tomber dans le négativisme.

Dans ce contexte positif, nous devons demeurer réalistes et poursuivre notre action avec responsabilité et patriotisme, loin de tout pessimisme et à l’écart d’une certaine rhétorique négativiste

Roi Mohammed VI

3 – Opérationnalisation du nouveau modèle de développement

Le roi Mohammed VI a réservé la dernière partie de son discours à l’opérationnalisation du nouveau modèle de développement (NMD). S’adressant au parlement et au gouvernement, il a rappelé l’esprit du NMD et le sens du «Pacte national pour le Développement» qui symbolise l’engagement national souscrit envers le roi et à l’égard des Marocains.

«L’actuelle législature devrait marquer le point de départ d’une dynamique volontariste ambitieuse incarnant l’intelligence collective des Marocains, en relation avec l’opérationnalisation du Nouveau modèle du développement (NMD) et le lancement d’une nouvelle génération de projets et de réformes intégrés» a-t-il souligné. 

Le roi a ensuite appelé le gouvernement à pousuivre la mise en oeuvre des grands projets encours, notamment celui de la généralisation de la protection sociale.

«Il incombe au gouvernement également de parachever les grands projets déjà lancés, au premier rang desquels le chantier de généralisation de la protection sociale auquel Nous accordons une sollicitude toute particulière», a-t-il dit.

Dans la liste des chantiers prioritaires, le roi a cité :

  • La Santé, appelant à une synergie entre le public et le privé,
  • La réforme des entreprises et établissements publics,
  • La réforme fiscale, qu’il convient de conforter, avec la plus grande célérité, par une nouvelle charte compétitive de l’investissement,
  • La refonte substantielle du HCP

Concernant ce dernier point, le roi s’est attardé sur sa volonté de faire du Haut-commissariat au plan un «mécanisme d’aide à la coordination stratégique des politiques de développement et d’accompagnement de la mise en œuvre du modèle de développement».

A ce titre, il a recommandé à ce que cette institution soit «adossée à des normes rigoureuses et à des outils modernes de suivi et d’évaluation».

Ce qu’on doit retenir : «Optimisme dans la Responsabilité»

Le discours royal de cette rentrée législative s’est achevé par le même optimisme avec lequel il a été entamé, en plus d’un appel solennel à la responsabilité collective et individuelle.

L’«optimisme» royal a été exprimé à l’endroit des parlementaires et des membres du gouvernement par ces mots : «Le début de la présente législature intervient dans une conjoncture qui s’annonce prometteuse pour l’essor de notre pays». Des mots qui seront suivies par le thème de la «responsabilité» qui occupera l’ensemble de la suite du discours

«Votre responsabilité, au gouvernement comme au Parlement, en tant que majorité et au sein de l’opposition, est d’œuvrer de concert avec toutes les institutions et les forces vives de la Nation pour le succès de cette étape.

À cette fin, vous devez faire preuve d’esprit d’initiative et d’engagement responsable.

Soyez donc, que Dieu vous garde, à la hauteur de la lourde responsabilité nationale qui est la vôtre, car la charge de représenter les citoyens et de gérer les affaires publiques, aux niveaux local, régional et national, nous incombe à tous.

“Et quiconque aura fait de bonnes œuvres tout en étant croyant, ne craindra ni injustice ni oppression”. Véridique est la parole de Dieu.» a conclut le roi.

En axant son discours sur l’optimisme et la responsabilité, le roi Mohammed VI s’est adressé en même temps à une nation qui est passée par l’épreuve de la pandémie, les tensions de la campagne électorale et la guerre médiatiques des adversaires du pays, mais également à une communauté internationale qui scrute les moindres faits et gestes d’un pays qui connait une dynamique exceptionnelle dans un contexte mondial mouvementé.

Contrairement à d’autres Chefs d’Etats qui dans leur démarche stérile font systématiquement recours à la victimisation, et à la recherche des boucs-émissaires, le roi Mohammed VI a choisi la responsabilité qui exige à d’abord prendre beaucoup sur soi, à ne pas se défausser sur les autres dans une posture d’exemplarité, de sérénité et d’optimisme qui fera sans aucun doute tâche sur l’ensemble du Maroc et des marocains.

Législatives au Maroc : frappe chirurgicale de haute précision dans un contexte régional explosif

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Du plus haut sommet de l’Etat en passant par de simples citoyens, le constat était unanime: «l’offre politique marocaine est faible». Le lancement du processus électoral a placé le Maroc durant des mois dans l’expectative et la crainte de l’incapacité des acteurs politiques de faire le job. Mais étonnamment, la victoire écrasante de Aziz Akhannouch dans le scrutin du 8 septembre a apporté soulagement et apaisement. De plus, la déconfiture inattendue du PJD a été accueillie avec une grande satisfaction par l’ensemble des marocains. Et pour cause, en plus d’avoir été pris en flagrant délit de mensonge et de manipulation, le parti dit islamiste, porté par le printemps arabe, avait fini par démanteler ce qui restait du fragile équilibre du paysage politique marocain, dans sa quête prédatrice du pouvoir.

Pendant ce temps là, la planète a accéléré le pas vers l’inconnu. L’hyperpuissance américaine a mis en branle sa grande artillerie pour reprendre le contrôle de l’ordre mondial : recadrage du Moyen-Orient, des relations américano-israéliennes et des accords d’Abraham, réhabilitation des talibans, marginalisation de l’Union Européenne, domination informationnelle et logistique de la crise du Covid et, last but not least, déclaration d’hostilité directe envers la Chine. Quand on superpose ces calques géopolitiques et sécuritaires et qu’on y rajoute l’état d’hystérie et de rage de la France après le plus grand affront jamais infligé à ce membre du conseil de sécurité par les États-unis, l’éjectant de tout influence militaire et d’intelligence du Pacifique, on ne peut que reconnaitre que la tenue des élections marocaines était en elle-même une grande prouesse. Le Maroc aurait pu réagir comme son voisin et mettre le pays sous cloche. Il ne l’a pas fait, sachant que tout le poussait à le faire. En effet, alors que le scrutin battait son plein, Paris était prête à incendier le Maghreb. «Vous m’avez éjecté du Pacifique, je vais vous éjecter de mon Maghreb !». En une semaine, la Tunisie s’enfonce dans l’inconnu, le processus démocratique libyen se gèle, des routiers marocains sont tués au Mali, les mercenaires de Wagner s’invitent au Sahel avec la bénédiction de l’Elysée, Alger et Paris se laissent couler des petites larmichettes sur les harkis et lancent conjointement une série d’attaques hostiles contre les intérêts économiques marocains visant entre autres l’OCP et la RAM.

Les législatives au Maroc ont été menées telle une frappe chirurgicale de haute precision. La hauteur de la monarchie a été déterminante pour ne pas précipiter le pays dans une hyperfebrilité improductive le préservant du scénario sanguinaire égyptien et de la dilettante suicidaire tunisienne. Il faut reconnaitre aussi, que Aziz Akhannouch a réussi tant bien que mal le pari de la constance durant cette campagne électorale à haut risque. Cela a été déterminant.

Les rangs resserrés, la cohérence retrouvée, le mélanome Benkirane extirpé, les marocains ont tout à gagner en faisant confiance à leurs institutions, car la guerre de survie ne fait que commencer.

Aziz Akhannouch a fait le job

Loin des commentaires puérils des bisounours et des herbivores de la politique, la Maroc à travers Aziz Akhannouch a réussi l’essentiel. Le personnage a finalement été capable de dérouler une campagne électorale dans la constance et sans écarts significatifs. Son poids dans l’appareil de l’Etat, son réseau de femmes et d’hommes et ses moyens financiers ont permis de mettre fin à toutes les tergiversations qui avaient altéré durant une décennie la construction d’une coalition gouvernementale cohérente et resserrée.

Akhannouch n’a pas eu que des cadeaux. Des medias outlets dits proches du deep state à l’image de Barlmane.com n’ont pas cessé de mettre en doute sa capacité à former un gouvernement. Abdellatif Ouahbi, Secrétaire général de la deuxième formation politique du Royaume a eu des mots très durs et parfois très graves à l’encontre de celui qui deviendra après son Chef de gouvernement.

De plus, Akhannouch est parti à la conquête de la chefferie du gouvernement avec un parti démembré. Mis à part les technocrates, Moulay Hafid Elalamy, Mohamed Benchaaboun et Nadia Fettah, tous les anciens ministres du RNI étaient complètement «cramés». Malgré cela, il les a impliqués dans la campagne à l’image de Rachid Talbi Alami et Mohamed Boussaid.

Aziz Akhannouch a réussi également à désactiver le roi du blocage et de l’incohérence des alliances politiques, à savoir Driss Lachgar, SG du parti de l’USFP. Le nuisible trouble fête et maître chanteur a capitulé après le dramatique suicide d’un de ses anciens lieutenants Abdelouahab Belfquih.

Le nouveau Chef de Gouvernement sera-t-il à la hauteur de la fonction ? Pourra-t-il naviguer dans les eaux troubles d’un monde devenu très dangereux ? Réussira-t-il à preserver la confiance de la monarchie ? Le temps nous le dira.

Bataille économique et bataille sécuritaire

La faillite des états est devenue la nouvelle manifestation de l’expression du malaise géopolitique mondial. Si, durant la vague du printemps arabe, le soulèvement de la rue était le point culminant des stratégies de ruptures ciblant des régimes en particulier, aujourd’hui c’est la banqueroute couplée à un vide institutionnel chronique qui placent une région du monde sous haute tension.

Deux pays sont actuellement en mode faillite dans le laboratoire du nouvel ordre mondial, le Liban et la Tunisie. Leur spectre plane sur l’ensemble des pays émergents dont les économies ont connu un arrêt brutal à cause du Covid. Le voisin algérien n’est pas mieux loti. La crise économique et institutionnelle est telle que le pays vit sous le risque d’une implosion imminente. D’ailleurs plusieurs rapports internes algériens prévoient un afflux massif de migrants algériens vers la frontière est marocaine en cas de la chute du régime.

Côté marocain, la tache reste très importante également. Au delà du renforcement de la sécurité alimentaire et énergétique, le gouvernement Aziz Akhannouch aura la lourde mission de relancer une économie très affaiblie par la crise sanitaire.

Une bataille économique qui s’inscrit dans un nouveau jeu d’alliance stratégique du Royaume. Repositionné dans l’échiquier international, le Maroc est passé à un mode dynamique de gestion de sa diplomatie et de sa souveraineté sur ses territoires.

Le rapprochement avec Israël est un fait indéniable. Un «Game Changer» qui n’est absolument pas au goût de l’Europe franco-allemande. Les fruits de cette dynamique ont été efficaces et immédiats: succès historique sur le dossier du Sahara, terrassement du polisario et du régime algérien, mise à niveau technologique et tactique décisive sur le plan militaire et de renseignement, négociation d’égal à égal avec se partenaires européens, etc.

D’ailleurs, il n’est pas anodin que la nouvelle ère Akhannouch soit synonyme de la nomination d’un nouvel inspecteur général des Force Armées Royales, en la personne du Général de Corps d’Armée, Belkhir El Farouk, en remplacement de Abdelfattah Louarak nommé après les élections de 2016.

Héros de la gestion de la crise de Guerguarat et architecte des manœuvres militaires avec les États-unis, «Africa lions 2021», Belkhir El Farouk incarne le marocain conquérant, intransigeant et décisif.

La déception française

Le pays qui se voit en 2050 le Liban de l’Europe et qui envisagerait de déporter 5 millions de musulmans s’ils ne changent pas de prénom n’a trouvé de bon durant les legislatives marocaines que de mettre en branle sa machine à salir. Même la chute du PJD ne semblait pas satisfaire le régime macronien, qui voit dans le succès du RNI un danger pour la stabilité du Maroc et dans le phosphate marocain un danger pour l’environnement mondial et dans l’accord de construction militaire avec Israël un danger sur ses intérêts en Algérie.

A sept mois des élections, Emmanuel Macron a pris l’affront anglo-saxon à l’encontre du poids de son pays dans l’échiquier international et le silence complice de la communauté internationale de manière très personnelle. Il ne cache plus qu’il utiliserait tous les moyens pour rétablir les rapports de forces, notamment en jouant les troubles fêtes au Maghreb et en Europe en attaquant les intérêts américains et britanniques dans notre région du monde.

Les américains ne semblent pas très pressés de calmer Emmanuel Macron. Ils tablent probablement sur sa défaite dans les présidentielles pour sceller les alliances occidentales en vue de l’affrontement imminent avec l’empire chinois.

«Nous reconnaissons que la réconciliation avec Paris prendra du temps et beaucoup de travail», a d’ailleurs déclaré le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken lors d’une conférence de presse en marge de l’Assemblée générale annuelle de l’ONU à New York tenue cette semaine.

Les marocains ne comprennent absolument pas la posture condescendante de la France et sa haine envers leur pays.

Les marocains ne supportent plus et n’acceptent plus ces chantages médiatiques sales et basses, pratiques désuètes d’un autre siècle.

Le régime algérien doit prendre au sérieux l’ultime main tendue du Roi Mohammed VI

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Le discours du trône de cette année a été très attendu. Libéré du complexe de «Vira Lata», le Maroc a imposé à la communauté internationale son propre agenda, priorisant ses intérêts souverains. Une stratégie de rupture qui a déchaîné les passions et a dévoilé au grand jour les relents colonialistes et impérialistes des premiers partenaires européens du Royaume. L’attente du discours a été récompensée. Le Roi Mohammed VI décide de prendre de la hauteur par rapport à tous les débats et les polémiques médiatiques et prône le pragmatisme et la bienveillance envers le régime algérien. Il ne fallait pas attendre la fin du discours pour que les commentaires affluent de tous bords. Les premières lectures précipitées ont fait état d’un rétropédalage du Maroc face à sa fermeté affichée vis-à-vis l’Algérie. C’est faux. Le Roi Mohammed VI n’a pas rompu avec le changement du paradigme dans la diplomatie marocaine. Le souverain a tenu à donner une dernière chance aux locataires du palais d’El Mouradia  en prenant à témoin les peuples marocains et algériens et la communauté internationale. Le régime algérien est devant ses choix, soit jouer propre et trouver une solution pérenne au dossier Sahara dans un esprit de fraternité et de bon voisinage, soit se renfermer dans sa posture suicidaire et replonger dans ses actes hostiles et malveillants, auquel cas il devra en assumer les conséquences.

Les régimes algériens qui se sont succédés ont priorisé l’obédience idéologique au communisme à l’esprit de bon voisinage et de fraternité. Sur plus de quarante années, ils ont mené une propagande nationale et internationale contre le Maroc dans le seul objectif de le diviser et de le déstabiliser. Ils ont fait du mal au Maroc en finançant, soutenant, accueillant  et armant un groupe de séparatistes. Gare à toute voix dissonante qui appelle à la réconciliation entre les deux pays, elle est systématiquement exécutée. À l’image du valeureux président Mohamed Boudiaf, assassiné en public pour qu’il serve d’exemple.

Face aux réussites économiques spectaculaires du Maroc, pays non pétrolier, diaboliser le voisin est devenu le cache misère des gouvernements et des militaires algériens. La propagande médiatique a assuré le service après vente mais sans résultats probants, il fallait fermer les frontières avec le Maroc et couper toute relation qui pouvait occasionner la comparaison.

Pour sa part, le Maroc n’a jamais souhaité du mal à son pays frère. Il a défendu durant 45 ans ses territoires libérés du colonialisme espagnol avec sagesse et retenue. Au moment où l’Algérie jouait le jeu de l’ancien colonisateur, qui n’a jamais oublié comment le défunt Hassan II lui a fait avaler la couleuvre avec l’organisation de la marche verte.

Une vérité historique qui s’exprime par la chaleur de l’accueil des algériens au Maroc, qu’ils soient artistes, politiques ou de simples citoyens.

D’ailleurs, le Roi Mohammed VI s’est appuyé sur cette réalité ancrée dans la croyance collective des peuples marocains et algériens dan son discours du trône de ce samedi.

«Je rassure Nos frères en Algérie : vous n’aurez jamais à craindre de la malveillance de la part du Maroc qui n’est nullement un danger ou une menace pour vous. En fait, ce qui vous affecte nous touche et ce qui vous atteint nous accable.» a assuré le souverain.

« Aussi, Nous considérons que la sécurité et la stabilité de l’Algérie, et la quiétude de son peuple sont organiquement liées à la sécurité et à la stabilité du Maroc. Corollairement, ce qui touche le Maroc affecte tout autant l’Algérie ; car les deux pays font indissolublement corps. » a-t-il affirmé.

Le Maroc n’est ni dupe, ni faible. Il a conscience de la légitimité du leadership royal et du consensus national au sujet du dossier du Sahara. Le monde entier le sait aujourd’hui : le Sahara est une ligne rouge pour les marocains. Demandez aux leaders d’opinion sur les réseaux sociaux de n’importe quel pays, il vous décriront comment ils se font lynchés quand le fameux trait s’affiche sur la carte du pays.

Dans un geste que seuls les Rois en connaissent le secret, Mohammed VI a exprimé toute sa bienveillance et sa fraternité, donnant encore une fois la chance au régime algérien, malgré son adversité maladive, repoussant le rubicon à ne pas franchir, tout en prenant à témoin l’ensemble du peuple algérien en premier lieu, son peuple et la communauté internationale.

Le Roi Mohammed VI a été clair et précis dans son appel à la raison envers le régime algérien : « Nous appelons à faire prévaloir la sagesse et les intérêts supérieurs de nos deux pays. Nous pourrons ainsi dépasser cette situation déplorable qui gâche les potentialités de nos deux pays, au grand dam de nos deux peuples et des liens d’affection et de fraternité qui les unissent ». Si après cette main tendue royale, le palais d’El Mouradia persiste dans sa stratégie de provocation et poursuit ses atteintes aux intérêts suprêmes du Royaume, d’aucun ne blâmera le Maroc de défendre bec et ongles le moindre millimètre carré de son territoire.

Le Maroc de Mohammed VI veut en finir avec «le grincement culturel» appelé sous d’autres cieux le complexe de «Vira Lata». Grace à des micros décisions, le pays a réussi à casser le plafond de verre de l’aliénation culturelle et s’investit à mettre fin à ce processus de dévalorisation systématique qui caractérise les pays émergents. Il s’agit là de l’unique façon de faire bouger les lignes et de sortir des schémas de cercles vicieux destructeurs.

Israël – Les 7 défis immédiats du nouveau gouvernement Bennet-Lapid

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The Institute for Policy and Strategy (IPS), le think tank organisateur de la série de conférences annuelles Herzliya en Israël, le grand raout annuel des responsables militaires et économiques de l’Etat hébreu, vient de publier un Policy Paper sur les défis immédiats auxquels doit faire face le nouveau gouvernement israélien Bennett-Lapid. L’intérêt de cette note est qu’elle livre des clés de lecture de l’impact de la rupture occasionnée par l’éviction du couple Trump/Netanyahu sur les équilibres géopolitiques mondiaux. Sept défis ont été ainsi identifiés : 1) Gaza et Cisjordanie; 2) Gestion budgétaire; 3) Nucléaire iranien; 4) Relations juifs-arabes; 5) Rétablir le statut d’Israël aux États-Unis; 6) Covid-19; 7) Jordanie. Aucune allusion n’a été faite aux accords d’Abraham.

«Quelques semaines après l’investiture du nouveau gouvernement israélien, les défis immédiats auxquels il doit faire face de manière urgente et vigoureuse apparaissent clairement», indique le rapport de l’IPS.

1. Préparation à une nouvelle campagne militaire contre Gaza & gouvernance en Cisjordanie

Selon l’influent think tank israélien, la dernière opération à Gaza n’a pu réaliser aucune dissuasion significative vis-à-vis le Hamas. Pire, l’opération israélienne «Gardien des murailles» a eu l’effet inverse, un rebond spectaculaire de la popularité du Hamas auprès de l’opinion publique palestinienne aux dépens du Fatah et d’Abbas Abou Mazen. Les chefs de l’organisation, dirigée par Yahya Sinwar, s’en réjouissent et n’hésitent pas à menacer Israël à visage découvert.

IPS alerte également sur l’extrême fragilité de l’équilibre sécuritaire dans la bande de Gaza en raison des ballons incendiaires, ainsi que l’aggravation de la détresse intérieure.

2. Budget et plan pluriannuel

Face à l’éventualité qu’Israël soit contraint, dans un proche avenir, de lancer une autre offensive militaire contre Gaza, le gouvernement Bennett-Lapid est mains liées sur le plan budgétaire. Surtout que l’opération «Gardien des murailles» a révélé au grand jour les lacunes dans la préparation du front intérieur aux situations d’urgence.

3. Le choc du retour à l’Accord de Vienne sur le nucléaire iranien

Les négociations entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni, auxquels s’ajoute l’Allemagnes et l’Iran à Vienne entrent dans leur phase finale. A ce stade la capacité d’Israël d’influencer sur les clauses finales de l’accord est limitée, souligne l’IPS.

L’administration américaine est impatiente de revenir à l’accord nucléaire. A ce titre, elle est prête à faire des concessions de grande envergure dans le cadre d’un programme stratégique mondial qui cherche à «sécuriser ses flancs et à se tourner vers la lutte contre la Chine pour des considérations d’ordre mondial et de suprématie, qu’elle considère comme historiques».

IPS estime qu’Israël devrait se préparer au « lendemain » de l’accord nucléaire, ce qui lui fera gagner du temps, entre autres pour consolider ses forces afin d’empêcher une future percée iranienne vers des matières nucléaires de qualité militaire. Le think tank recommande au gouvernement israélien d’œuvrer pour restaurer la confiance vis-à-vis de l’administration Biden en passant d’une diplomatie d’opposition bruyante à un dialogue intime et discret.

4. Relations arabo-juives dans les territoires palestiniens

«Les violences qui ont éclaté dans le nord d’Israël (Deir el Assad en Galilée) et le conflit meurtrier de la famille Jarushi, qui continue de faire des victimes, ont démontré que le problème de gouvernance dans la société arabe et la profonde fracture dans les relations arabo-juives sont loin d’être résolus», indique le policy paper de l’IPS. C’est une bombe à retardement qui menace stratégiquement l’État d’Israël en tant qu’État fonctionnant sous la primauté du droit, alerte la même source.

L’IPS suggère au gouvernement Bennett d’adopter une ligne dure et sans compromis pour rétablir l’ordre (renseignements, arrestations, actions en justice, sanctions dissuasives). Au cœur de cet effort, les dirigeants locaux devrait être encouragés et soutenus, et les processus d’intégration avec la société juive et les institutions étatiques accélérés, recommande le think tank.

5. Rétablir le statut d’Israël aux États-Unis

L’escalade à Gaza a révélé la détérioration du statut d’Israël aux États-Unis et l’érosion continue inquiétante de son consensus bipartite, qui est l’un de ses atouts les plus importants aux États-Unis, constate l’IPS.

A ce titre, le think tank propose au gouvernement Bennett de mettre en place un plan national global pour le rétablissement de son statut bipartite aux États-Unis, ainsi que ses relations avec les Juifs américains et le Parti démocrate.

6. Menaces des variants du Covid

Le Covid-19 est toujours à écrit l’IPS, ses variants pourraient nuire à tout le travail fait concernant la pandémie et menaceraient l’efficacité du vaccin.

7. Les relations avec la Jordanie sont au niveau le plus bas

Les mesures prises par Israël ces dernières années, telles que le plan d’annexion, le différend sur les quotas d’eau, les conflits sur Jérusalem et la préoccupation (fondée) de la Jordanie concernant l’érosion de son statut dans les sites sacrés en faveur de l’Arabie saoudite ont eu un effet néfaste sur les relations d’Israël avec le royaume, sapant l’accord de paix avec lui. La stabilité du Royaume hachémite a également été mise à l’épreuve dans l’ombre de la pandémie et de la récente escalade à Gaza.

Selon l’IPS, la Jordanie est irremplaçable en tant que facteur de sécurité d’Israël. Le gouvernement israélien doit prendre en charge le rétablissement de ses relations avec la Jordanie comme un projet spécial. Il est nécessaire d’aider le Royaume hachémite de toute urgence avec les vaccinations et les quotas d’eau, de renouveler sa reconnaissance du statut spécial de la Jordanie dans les sites sacrés de Jérusalem et de l’aider à recueillir une aide régionale et internationale, recommande le think tank israélien.

Brahim Fassi-Fihri : le Maroc, pays souverain et indépendant, n’obéit à aucun diktat

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Les réactions se sont multipliées suite à l’adoption par le Parlement européen, ce jeudi 10 juin, d’une résolution condamnant le rôle du Maroc dans la crise migratoire à Sebta. Brahim Fassi-Fihri président du Think tank Institut Amadeus, a publié sur sa page Facebook, ses remarques sur cette résolution qu’il a qualifié d’une résolution bric-à-brac. Ci après le texte intégral de l’analyse.

Un texte à portée déclarative et non contraignant

Ce texte, qui n’a qu’une portée déclarative et qui n’est en rien contraignant, est avant toute chose le résultat d’une volonté espagnole d’européaniser une crise diplomatique bilatérale dans une tentative de l’instrumentaliser à des fins politiques.

La question migratoire est un prétexte utilisé par le gouvernement espagnol, mais aussi par les eurodéputés qui ont porté le projet de résolution, pour détourner la crise actuelle du véritable fond du problème, à savoir la rupture de confiance avec le Maroc, partenaire important de l’UE et de l’Espagne qui n’assume pas les conséquences d’une crise qu’elle a créé de toutes pièces et dont elle est la seule responsable.

Avec cette résolution, appuyée par des eurodéputés proches de la majorité au pouvoir en Espagne, le gouvernement de ce pays cherche à contraindre l’UE à choisir entre l’un de ses Etats membres et un partenaire privilégié membre de son voisinage immédiat ;

Manque de cohésion de l’UE en matière de politique étrangère

L’esprit de ce texte, qui a certes subi une série d’amendements par rapport à sa mouture initiale, est en totale contradiction avec les déclarations récentes d’apaisement de responsables européens (Commission et Service européen pour l’action extérieure) qui ont loué la qualité des relations stratégiques entre le Maroc et l’UE.

Le texte fait apparaitre une absence évidente de cohérence entre le bras exécutif de l’Union et son bras législatif, qui illustre, une fois encore, le manque de cohésion entre les différentes institutions de l’UE en matière de politique étrangère ;

Manifestation certaine d’un relent colonialiste

Le contenu de ce texte, qui lie « les frontières extérieures » de l’UE à la ville de Sebta et qui « rappelle que l’atteinte à la souveraineté territoriale des États membres ne saurait être tolérée », est à la fois une manifestation certaine d’un relent colonialiste, mais aussi un comble lorsqu’il s’agit d’une part de considérer que des présides occupés, enracinés au Maroc, relèveraient de l’intégrité territoriale de l’Europe et de l’autre de renier le droit au Royaume, partenaire stratégique de l’UE, de considérer que l’Espagne, en agissant dans son dos et en portant atteinte à sa propre souveraineté sur son Sahara, ait agi de manière déloyale et condamnable à son endroit.

Il est d’ailleurs nécessaire de rappeler que le Maroc a, de tout temps dans ses relations avec l’UE et dans chaque accord qui le lie à l’Europe, émis des réserves claires et sans équivoque sur le statut de Sebta et de Melilla, qui ne sont pas des territoires Schengen contrairement à l’Espagne ;

Une époque révolue

Sur la forme, une institution d’une organisation régionale, fût-elle le Parlement européen, ne saurait prendre parti unilatéralement pour l’un de ses Etats-membres en faisant fi des arguments d’un état indépendant et souverain, qui n’est ni membre de cette organisation ni contraint, au moyen d’un instrument juridique et/ou d’un quelconque mécanisme politique, d’être son supplétif en matière migratoire. Interpeller le Royaume de la sorte relève d’une époque révolue et démontre non seulement que les eurodéputés se sont laissé berner par un discours de victimisation loin de la réalité, mais surtout de leur profonde méconnaissance du rôle charnière joué par le Maroc dans la nouvelle dynamique euroafricaine, plus que jamais stratégique pour l’Europe ;

Le Royaume défend légitimement ses intérêts supérieurs

Le Maroc a aujourd’hui une relation totalement décomplexée avec l’UE. Le temps du paternalisme ou celui où l’Europe pouvait, debout sur son piédestal, délivrer des bons ou des mauvais points est, depuis longtemps, révolu. Le temps où l’Europe s’octroyait le droit de remettre des certificats de bonne conduite ou des mentions d’excellence à ses partenaires du Sud de la Méditerranée l’est tout autant.

Le Royaume défend légitimement ses intérêts supérieurs au moment où ils ont été sciemment bafoués par un État membre de l’UE, sans doute celui qui a le plus besoin du Maroc.

Ce n’est pas cette résolution du Parlement européen qui fera changer le Maroc d’un iota, le Royaume ne faisant pas de compromission lorsqu’il s’agit de ses intérêts supérieurs, et plus particulièrement de son intégrité territoriale. Par contre, ce texte voté par le Parlement européen illustre le jusqu’au-boutisme, mais surtout le manque de crédibilité du gouvernement espagnol qui, embourbé dans une crise diplomatique bilatérale, ne cherche en dernier ressort qu’à se réfugier sous le parapluie protecteur de l’UE.

Le Maroc, pays souverain et indépendant, n’obéit à aucun diktat, encore moins à celui du Parlement européen

Bien au-delà de ce texte voté aujourd’hui, dont le contenu est dépourvu d’une vision d’ensemble, pourtant indispensable en pareilles circonstances, et dont la nature est purement contextuelle, l’UE doit comprendre que ses propres intérêts et ceux du Royaume se confondent et convergent. Tout autre raisonnement de la part de l’Europe serait naïf et contre-productif, d’autant plus que le Maroc, pays souverain et indépendant, n’obéit à aucun diktat, encore moins à celui du Parlement européen, dont la logique, à travers cette résolution, est strictement politico-politicienne.

France au Sahel : Emmanuel Macron met fin à l’opération Barkhane

Lors d’une conférence de presse sur les questions internationales, tenue ce jeudi 10 juin, le président français Emmanuel Macron a évoqué la «transformation profonde» de la présence militaire française au Sahel.

Une semaine après l’annonce de l’arrêt de la coopération militaire bilatérale entre le France et le Mali, Emmanuel Macron a annoncé «la fin de l’opération Barkhane en tant qu’opération extérieure pour permettre une opération d’appui, de soutien et de coopération aux armées des pays de la région qui le souhaitent». Les modalités exactes et le calendrier de cette transformation seront présentés dans un premier temps lors d’un rassemblement de la coalition au Sahel, qui doit «se réunir très prochainement», selon le président français.

Emmanuel Macron devrait probablement communiquer à nouveau sur ce sujet avant la fin du mois de juin.

«La poursuite de notre engagement au Sahel ne se fera pas dans un cadre constant», a expliqué Macron en annonçant une «transformation profonde de la présence militaire de la France» dans la région.

«La présence durable dans le cadre d’opérations extérieures de la France ne peut pas se substituer au retour de l’Etat et des services de l’Etat à la stabilité politique et au choix des Etats souverains», a également déclaré le président français.

Opération Barkhane, une course était perdue d’avance

La fin de l’opération Barkhane était un secret de polichinelle. Une analyse publiée par l’Institut Montaigne en date du 17 novembre 2020, avait choisi comme l’intitulé, l’affirmation : Vers la fin de l’opération Barkhane. L’étude prospective ne cachait pas le goût amer de l’échec de l’opération militaire principal acte militaire du règne d’Emmanuel Macron.

«Le problème est qu’avec les faibles moyens déployés dès le début dans l’opération Barkhane, en concurrence avec ceux des autres opérations engagées au même moment, en particulier Sentinelle, et les problèmes structurels des États locaux, cette course était perdue d’avance.» souligne l’étude.

«Barkhane a bien cumulé les succès tactiques au cours des années, mais ceux-ci sont restés insuffisants en nombre pour, au niveau opérationnel, empêcher les organisations ennemies de se renforcer, s’étendre et se diversifier», affirme l’Institut.

Et de recommander : « Le moins que l’on puisse faire dans le nouveau contexte qui peut se dessiner est de défendre nos intérêts sécuritaires et diplomatiques au moindre coût dans la durée».

Brakhane est également un gouffre financier. Emmanuel Macron a essayé d’impliquer l’Europe dans sa conquête du Sahel en s’appuyant sur l’Allemagne, premier contributeur de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma).

Face à ses échecs à répétition, il utilisera la crise au sein des pays du Golfe pour monnayer son soutien à l’Arabie Saoudite contre un financement partiel de Barkhane. Il se mettra même l’Otan à dos, en lobbyant pour la création d’une armée européenne en pleine crise du Brexit.


Lire aussi : Macron, Chef de guerre


Macron a fait de l’opération Brakhane le moyen de prendre la contrôle de l’Etat-major des armées

12 jours seulement après la prise de ses fonctions en tant que président, Emmanuel Macron s’est rendu à Gao au Mali pour sa première visite à des troupes françaises à l’étranger.

Lors de cette visite, Emmanuel Macron a endossé son costume de chef des armées qui chérit tant et s’est adressé aux 1 600 soldats déployés dans le cadre de l’opération «Barkhane». Il va y passer près de 7 heures.

Premier chef des armées de la Ve République sans aucune expérience militaire, Emmanuel Macron sera obnubilé durant tout son mandat par son ascendant sur l’armée. Dès les premières semaines, il met dans le viseur le chef d’état-major des armées, le général Pierre de Villiers, qui va démissionné avec fracas le 19 juillet 2017. Une première dans la Ve République.

«Une querelle brève et violente s’est nouée entre deux hommes que tout oppose, un président neuf venu du monde des finances, Emmanuel Macron, et un général d’expérience issu de la pure tradition militaire» avait écrit Le Monde.

En 2021, le président français a dû faire face à une levée des boucliers des généraux de l’armée, qui lui ont adressé à semaines d’intervalles deux lettres ouvertes dans lesquelles ils dénoncent « le chaos et la violence » qui frappent le pays en délitement et appellent Macron, les ministres, parlementaires et officiers généraux à assurer la « survie du pays ».  

Les signataires de ces tribunes ont également alerté le président français du risque de l’éclatement d’une guerre civile.

« Si une guerre civile éclate, l’armée maintiendra l’ordre sur son propre sol, parce qu’on le lui demandera », ont écrit les généraux.

Jean-Paul Carteron : l’Espagne et l’Allemagne menacent gravement la Paix

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Depuis un certain temps, le dogmatisme semble avoir envahi le paysage de la diplomatie internationale ; les ministères des affaires étrangères sont souvent devenus des ONG qui se contentent de gérer l’actualité du jour dans un cadre militant. Ils n’imaginent même plus que la politique étrangère existe !

La politique étrangère c’est d’abord une vision mais une vision structurée sur le long terme, mise en oeuvre dans un espace temps qui ne saurait se concilier avec le tumulte et la précipitation des réseaux sociaux et le désir omni présent d’être sans cesse visible partout et sur n’importe quel sujet.

La diplomatie c’est d’abord, avec courtoisie et respect, s’occuper de ses propres affaires, s’abstenir de se mêler de celles des autres et surtout de donner des leçons ! Respecter l’autre dans ses spécificités et ses sensibilités c’est la base d’une coexistence pacifique et constructive.

Il semblerait pourtant que certains pensent détenir la vérité en toutes choses, porter des valeurs définitives qu’ils seraient missionnés à exporter voire imposer. Il y aurait dans le monde ceux qui savent et ont toujours raison et les autres, méprisables car non alignés sur des valeurs qui leur sont pourtant étrangères ?

Quelle est la justification de Berlin pour s’agiter et tenter d’imposer – en vain d’ailleurs – jusqu’au Conseil de sécurité sa position autoritaire quant à la défense d’un prétendu statut quo ante d’une province marocaine qui ne la concerne en rien et lutter contre une décision américaine qui lui est totalement étrangère. Seul le chaos peut résulter du fait de se mêler systématiquement des affaires des autres – avant de s’occuper des siennes qui sont rarement brillantes – et le monde ne peut que s’en porter mal.

L’Espagne quant à elle est dans une position que l’on peine à comprendre. Lorsque les Espagnols ont débarqué au Rio de Oro, ils savaient très bien qu’ils colonisaient des terres marocaines. Quand ils en sont partis ces terres ne pouvaient revenir qu’à leur propriétaire historique, le Maroc, et ce fut le cas.

Quand on agite le fait que le « Sahara Occidental » serait encore inscrit sur la liste des Nations Unies des territoires à décoloniser, on oublie souvent que c’est le Roi Hassan II lui-même qui demanda cette inscription…dans le but de faire partir les Espagnols !

Aujourd’hui l’Espagne, qui a pourtant bien d’autres sujets urgents de préoccupation, a choisi d’accueillir le chef du Polisario, officine patentée antimarocaine de l’Algérie, pour recevoir des soins médicaux. Il s’agit, de notoriété
mondiale, de l’ennemi implacable du Royaume. Celui-ci est poursuivi, en Espagne même, pour des crimes très graves que l’on semble avoir mis entre parenthèses. Lui dérouler un tapis rouge, même sanitaire, est une offense pure et simple faite au Maroc alors qu’à Alger se trouvent des hôpitaux certainement très performants. De surcroît, il aurait été accepté qu’il utilisât un faux nom et un faux passeport ce qui légitimerait déjà une, arrestation, une poursuite pénale et une sérieuse peine de prison pour vous ou moi !

Voilà un bel exemple de très « mauvaise diplomatie » – si l’on peut encore parler de diplomatie – et de dysfonctionnement complet de la machine gouvernementale. Au mieux d’ailleurs, car si en plus cela était délibéré, il s’agirait d’une rupture violente et définitive des relations de confiance sans lesquelles notamment, la coopération sécuritaire ne pourrait plus exister entre les deux pays.

D’un côté l’Espagne a un besoin vital de sa coopération avec Maroc pour tout ce qui touche notamment à sa sécurité et de l’autre elle l’offense ouvertement. Alors où est la logique ? Espérons qu’il ne s’agit que d’incompétence…

Cet exemple n’est pas unique. Notre monde connait quotidiennement de telles situations et se trouve mis en danger par des « diplomates » qui sont en fait des militants de causes perdues. Ils s’amusent avec des allumettes, se rêvent en
bâtisseurs d’un monde à leur manière mais, en fait, ils menacent gravement la Paix.

Le ministre marocain des affaires étrangères, M. Nasser Bourita, a réagi avec force devant cette situation ubuesque mais gravissime. Il a raison. Aujourd’hui, on doit exiger avec vigueur le respect, le réalisme, l’honnêteté et la transparence dans les relations internationales. On appartient à un cercle d’amitié et de confiance ou pas.

C’est pour toutes ces raisons que le Forum de Crans Montana a créé la World Diplomatic Academy, soutenue par un nombre déjà impressionnant de personnalités internationales. Dans son objet et parmi d’autres buts il y a notamment celui de réinventer la diplomatie en y insufflant le concept de l’élégance…


Jean-Paul Carteron est l’Ambassadeur des Iles Salomon auprès de l’UNESCO et de la FAO et, depuis 2015, le Président du Cercle des Ambassadeurs à Paris qui rassemble le plus grand nombre des chefs de mission diplomatique en fonction dans la capitale française.
Fondateur du Forum de Crans Montana en 1989, à la chute du communisme, il s’impliqua notamment, à la demande de Itzaak Rabin, dans le processus de paix israélo-palestinien, puis à la demande de Richard Holbrooke dans les tentatives de règlement de la question chypriote et la dissolution de la Yougoslavie. Il travailla enfin durant de longues années à la stabilisation démocratique de l’Europe centrale et de l’est puis dès 1988 à l’intégration mondiale de l’Afrique.

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