Les 15.000 appelés au service militaire se sont confinés chez-eux, loin des casernes

Par mesure de précaution et pour éviter les scénarios des paras «Hadar», de la base militaire de Benguerir et des éléments de la Garde royale, touchés par le Covid-19, les appelés au service militaire et les stagiaires des Forces auxiliaires ont été prié de se confiner chez eux, loin des casernes, croit savoir Maghreb Intelligence.

Le 10 août 2019, un an après l’adoption de la loi rétablissant le service militaire obligatoire pour les hommes et femmes âgés de 19 à 25 ans, le premier groupe des jeunes assujettis au service militaire ont rejoint les casernes, pour suivre une formation de 12 mois. Depuis ce sont pas moins de 15.000 appelés qui ont regagné 14 centres de formation à travers le pays. Une opération qui a coûté à l’Administration de la Défense nationale, au titre de 2019, des budgets de l’ordre de 780 millions de dirhams.

Cependant, à peine que cette première promotion d’appelés ait terminé ses quatre mois de formation commune de base (FCB) et entamé le cursus de spécialisation, le Maroc décrète l’état d’urgence sanitaire et les 15.000 jeunes ont été priés de rentrer chez eux durant toute la période de confinement.

Maghreb Intelligence qui a révélé l’information rapporte que d’autres corps militaires et sécuritaires ont décidé de renvoyer momentanément leurs stagiaires à l’annonce de la crise sanitaire. Ceux des Forces auxiliaires, par exemple, continuent à être suivis à distance. Un enseignement qui ne concerne pas la formation militaire proprement dite, rapporte la même source.

Ces révélations surviennent après la découverte de foyers au sein de quelques corps des Forces Armées Royale. Le premier a été celui de la caserne de Benguerir où plusieurs paras «Hadar» ont été testé positifs au Covid-19 et le second au sein de la Garde royale et qui a couté la place à son Commandant, le Général de division, Mimoun Mansouri, en, poste depuis plus de 45 années.

Le Général de Brigade Abdelaziz Chatar, nouveau Commandant de la Garde Royale

Le Général de Brigade, infanterie, Abdelaziz Chatar, vient d’être nommé nouveau Commandant de la prestigieuse Garde Royale. Il succède ainsi au Général de division Mimoun Mansouri, qui dirige ce corps d’armée depuis plus de quarante ans. Un changement attendu depuis le mouvement de rajeunissement de l’état -major des Forces Armées Royales, et qui aurait été précipité par la pandémie du Coronavirus qui aurait touché, selon des sources médiatiques, plusieurs éléments de la Garde Royale.

Clap de fin pour le Général de division Mimoun Mansouri, 74 ans, l’un des derniers généraux emblématiques des Forces Armées Royales, héritage militaire du défunt Roi Hassan II.

Il dirige depuis la fin des années 1970, le plus ancien corps militaire au monde toujours en activité, la Garde royale. Il a succédé au Général Abdeslam Sefrioui (héros de la guerre du Golan en 1973).

Général de Division Mimoun Mansouri

Après l’accession au trône du Roi Mohammed VI, Mimoun Mansouri, alors Général de brigade, survivra au « nettoyage » auquel a procédé le jeune roi et commandant suprême et chef d’Etat-major général des Forces Armées Royales. Il sera même promu en 2002, général de division et confirmé dans son poste de Commandant de la Garde royale, une marque de pleine et totale confiance du souverain.

Il est à noter que le général Mimoun Mansouri, est issu d’une grande famille de commis de l’Etat, originaire d’El Aroui dans la province de Nador. Il est en effet le frère de Benali Mansouri, chargé de mission au Cabinet royal et ancien ministre des Transports et de Mustapha Mansouri, actuel ambassadeur du Maroc en Arabie saoudite et ancien président de la Chambre des représentants et du Rassemblement national des indépendants.

Coronavirus a précipité le changement

Après le départ en retraite du puissant homme de pouvoir, le Général Hosni Benslimane et le remplacement des généraux incontournables Abdelaziz Bennani et Bouchaib Arroub, les Forces Armées Royales ont entamé un processus de modernisation et de rajeunissement du commandement supérieur de l’armée marocaine.

« Il fallait passer de l’armée de Hassan II à celle de Mohammed VI, jeune, moderne et ouverte sur le monde », avait déclaré un ancien haut gradé à la retraite à notre confrère Maghreb Intelligence à l’annonce, en octobre 2017, de mise ne retraite de plus d’une quarantaine de généraux et de colonels, par l’Inspecteur général des Forces Armées Royales, le général de Corps d’armée Abdelfatah Louarak, 9 mois seulement après sa nomination.

Une opération «mains propres» spectaculaire pilotée de très près par le Roi Mohammed VI qui a ouvert la voie à une nouvelle génération d’officiers aux commandes des FAR.

Trois généraux de l’ancienne garde avaient été épargnés par cette mutation de l’armée marocaine. Il s’agit, du général Abdelkébir Benyaïch, Commandant de la sécurité des Palais, le général Bénachir Sourallah, Commandant de la 1ere Brigade d’Infanterie Parachutiste, qui est de tous les déplacements royaux et le général Mimoun Mansouri.

Selon des informations relayées par nos confrères d’Al Alam et Maghreb Intelligence, un foyer de coronavirus a été découvert dans trois quartiers de la capitale Rabat. Parmi les cas de Covid-19 confirmés, figurent plusieurs éléments de la Garde royale et leurs familles.

Ces sources médiatiques avancent le chiffre de 128 cas avérés qui seraient actuellement pris en charge à l’hôpital militaire Mohammed V de Rabat. Alors que 600 autres personnes, entre membres de la Garde royale et leurs familles, attendent toujours les résultats des tests des autorités sanitaires militaires marocaines.

Suite à cette grave défaillance dans la gestion de la pandémie au sein de la Garde Royale, un corps militaire sensible et fortement symbolique, le Roi Mohammed VI aurait ordonné le remplacement immédiat du Général Mimoun Mansouri, par le Général Abdelaziz Chatar.

Juillet 2017 : Abdelaziz Chatar, promu Général de Brigade, infanterie

Le nouveau Commandant de la Garde royale fait partie de cette nouvelle génération d’officiers supérieurs qui a pour mission de porter la vision du Roi Mohammed VI d’une armée jeune et moderne.

Le Général Abdelaziz Chatar est peu connu du public. Son nom apparait officiellement en juillet 2017, à l’occasion d’une dépêche sur sa promotion de sept autres officiers des FAR. Il sera en effet promu général de brigade au moment même où Abdelfatah Louarak passera Général de Corps d’armée.

On retrouve le nom de Abdelaziz Chatar, dans la liste des officiels accrédités par les Nations unies à l’occasion de la tenue de la COP22 à Marrakech. M. Chatar est désigné comme «chargé de mission au Palais Royal».

Abdelaziz Chatar apparait également dans la liste de personnalités ayant reçu la plus haute distinction honorifique décernée par le Pérou, «L’ordre du Soleil». Il a été désigné par les officiels péruviens comme «Protocole du Palais royal». Cette décoration a été décernée en 2006, soit deux ans après la visite historique du roi Mohammed VI à Lima et Amérique du sud en novembre 2004.

La Garde Royale, un corps d’armée prestigieux

La Garde royale est un corps à part entière relevant des Forces Armées Royales mais dont la charge historique et culturelle fait de lui une «organisation» à part. Etant le plus ancien corps militaire au monde toujours en activité, la Garde royale puise ses origines dans la prestigieuse garde noire créée au XIème siècle par Youssef Ibn Tachfine pour assurer sa propre protection.

Connue par sa cavalerie émérite, son bataillon musical unique et son incroyable maniement des armes, la Garde royale, et comme son nom l’indique, veille à la sécurité des résidences et de la famille royales.

Elle rend les honneurs à l’occasion des visites officielles, défile lors des fêtes nationales ou religieuses, escorte le souverain lors de ses déplacements à l’intérieur du royaume.

D’ailleurs le monde entier garde en souvenir les images historiques du défunt Roi Hassan II, dans sa dernière apparition en public, regardant fièrement défiler la Garde royale sur les Champs-Elysées au son de la Marche Verte, le 14 juillet 1999.

Si certaines de ses unités gardent par exemple le Mausolée Mohammed V à Rabat en tenue traditionnelle, ses unités d’élite, en treillis et béret rouge, sont en revanche constamment opérationnelles dotées d’armes automatiques modernes.

Contre les fake news sur ses responsables administratifs, Medi1TV réagit

Medi1TV, la chaîne de télévision panafricaine, dément catégoriquement les allégations et calomnies infondées, relayées par des confrères de la presse électronique et les accuse de déformer et de mal interpréter une note de communication interne du Président Hassan Khyar.

En ligne avec sa stratégie de communication interne et sa politique de transparence, Hassan Khyar, PDG de la chaine panafricaine Medi1TV, a diffusé lundi 4 mai, une note interne dans laquelle, il a tenu à rendre hommage à la mobilisation exemplaire de l’ensemble des équipes de la chaîne pour informer l’opinion publique, sensibiliser et accompagner les téléspectateurs sur l’évolution du coronavirus et la situation exceptionnelle au Maroc et en Afrique. M. Khyar a partagé par la même occasion, une évaluation de l’impact de la pandémie de nouveau coronavirus, qui frappe de plein fouet l’économie mondiale, sur les activités de la chaîne et sur la gestion de certaines affaires financières.

Certains confrères de la presse électronique qui ont pris connaissance de ce document interne, et qui faute d’avoir une vue d’ensemble, ont interprété cette communication du top management de Médi1TV comme un «warning» sur le devenir de la chaîne tout en laissant entendre à ses collaborateurs à «s’attendre à des décisions désagréables»

Quelques articles ont même pris à partie les responsables administratifs de la chaîne en leur attribuant des chiffres mirobolants de salaire et d’indémnités.

Face à ces attaques, la chaîne tangéroise a publié, mardi 5 mai, un communiqué cinglant, démentant catégoriquement ces allégations et se réservant le droit de recourir à la justice.

«La chaîne “Medi 1 TV” dément toutes les allégations publiées par ces sites électroniques, qui devaient s’assurer de la véracité des informations avant de les relayer et d’exercer leurs missions médiatiques dans le respect des lois en vigueur et conformément à l’éthique de la profession» a souligné la chaîne dans son communiqué.

La même source affirme que la chaîne se donne droit de recourir aux procédures légales à même de réhabiliter sa réputation et son image, pour lesquelles, son personnel ne «ménage aucun effort pour être à la hauteur des attentes des citoyens».

Au sujet de la note interne, objet de cette polémique, le communiqué précise que le président, Hassan Khyar, tenait à travers cet exercice de communication RH, à remercier les collaborateurs de Médi1TV et à les informer des éventuelles difficultés que pourrait rencontrer la chaîne dans la gestion de certaines affaires financières, eu égard de la pandémie du Covid-19.

En rappelant l’engagement total de la chaîne «à payer les salaires de tous les travailleurs qui ont été contraints, par les mesures de protection préventive, à prendre un congé ou à faire du télétravail», Medi1TV se désole que certaine presse électronique n’avait respecté les règles de la déontologie professionnelle en faisant une «lecture erronée» de la note de communication interne adressée par Hassan Khyar.

«Ces sites Web ont recouru à des titres sensationnalistes, rédigés d’une manière qui suscite des interrogations sur les motifs réels derrière leur publication, qui affirment que “la chaine est proche de la faillite”, et que “MEDI 1 TV est devenue une chaîne sinistrée”, et que “la note laisse entendre aux employés qu’ils doivent s’attendre à des décisions désagréables”. Des qualificatifs et des expressions qui s’inscrivent dans le cadre des fausses informations.» fustige la même source.

Medi1TV assure à cet égard que certains organes de presse électronique ont relayés ces informations se basant uniquement sur «une mauvaise et fausse interprétation» du communiqué interne publié par le PDG de la chaîne le lundi 04 mai, dans le cadre de sa communication avec le personnel durant cette «période exceptionnelle que connaît notre pays».

La chaîne réfute également les chiffres avancés par ces sites web d’information, attribués à la rémunération des responsables administratifs de la chaîne. Elle rappelle à ce propos que tous les comptes et les transactions financières de l’entreprise font l’objet d’un examen minutieux de la part des organes de gouvernance et de contrôle qui exercent leurs fonctions à cet égard conformément à la loi.

«Dans leurs calomnies et leurs affabulations, les articles de ces sites sont allés jusqu’à inventer des salaires et des primes perçus par les responsables administratifs de la chaîne, sur la base de chiffres sans fondement que ne peut assimiler un esprit sain, ainsi que d’autres allégations mensongères prétendant une dilapidation présumée des ressources financières de la chaîne», s’indigne le communiqué.

Medi1TV rappelle enfin que le conseil d’administration de la chaîne avait approuvé, lors de sa réunion du 26 mars, les comptes arrêtés jusqu’au 31 décembre 2019 et «félicité» le président et le personnel de la chaîne pour les efforts déployés et les résultats obtenus, «se réjouissant» des réalisations qui sont en harmonie avec les objectifs de développement de la chaîne et ses plans futurs et qui lui ont permis de jouer un «rôle de leadership et de rayonner aux niveaux local, régional et continental».

Crise sanitaire : Ahmed Charaï appelle les politiques à prendre leur responsabilité face aux scientifiques en mal de data

Dans une tribune parue dans la revue américaine The National Interest et dans un dossier spécial de l’Observateur du Maroc, Ahmed Charaï s’est interrogé sur le rôle des politiques face aux scientifiques dans la gestion de la crise sanitaire du Coronavirus. Et il n’y va pas par quatre chemins : «Sommes-nous otages des scientifiques ? », «Les politiques ont-il abdiqué face à la communauté scientifique, fortement liée, aux intérêts de puissants laboratoires ?» s’est-il indigné.

Ahmed Charaï qui avait fustigé dans un édito paru sur le quotidien espagnol «La Razón», au tout début de la pandémie, la panique et l’égoïsme des pays européens dans leur gestion de la crise, appelle aujourd’hui les politiques à ne plus se cacher derrière les scientifiques et à prendre leur responsabilité dans un contexte économique et social mondial très inquiétant.

L’éditorialiste estime que la communauté scientifique, au lieu de rassurer, «renforce les incertitudes, crée le désarroi, la panique» et qu’elle est encore dans le stade de compilation des flots de données. Il a dans ce sens souligné que le rôle des dirigeants politiques est de rassurer le public en fixant des normes et en arbitrant entre une santé publique efficace et une économie saine et non pas d’annihiler un risque sanitaire qu’ils ne peuvent gérer.

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Maghreb Confidentiel disparait et se fond dans une nouvelle marque : «Africa Intelligence»

Maghreb Confidentiel, la newsletter hebdomadaire adossée à l’un des dispositifs de veille le plus complet du continent africain, disparaît. Indigo publication a annoncé, ce lundi, avoir mis fin à ses cinq marques, à savoir «La Lettre du Continent», «La Lettre de l’océan Indien», «Africa Energy Intelligence», «Africa Mining Intelligence» et «Maghreb Confidentiel» en les regroupant sous un seul et nouveau produit : «Africa Intelligence». L’autre décision stratégique du groupe de presse est le passage à un rythme quotidien soit une newsletter confidentielle tous les matins de la semaine à 5h GMT.

Le confinement semble avoir donné des idées à Maurice Botbol, fondateur et président du groupe de presse Indigo Publications. Le patron de presse a décidé de regrouper les cinq rédactions qui traitent le continent africain en une seule : «Africa Intelligence».

Si vous essayez d’accèder par exemple aux publications de Maghreb confidentiel, un lien vous redirigera vers une nouvelle landing page, https://www.africaintelligence.fr/, qui ne met plus l’accent uniquement sur les régions.

Désormais, le site offre une navigation à quatre dimensions :

  • Par pays
  • par régions
  • par secteurs
  • Dossiers «Grandes enquêtes»

Africa Intelligence, le nouveau «quotidien du continent»

Dans la rubrique «Actualités» du site du groupe de presse Indigo Publications, un communiqué de presse explique ce changement stratégique par les limites de son ancien modèle basé sur une périodicité hebdomadaire et une vision segmentée des régions du continent au moment où «les relations interafricaines se sont considérablement étendues aux plans économique, politique, diplomatique ou encore sécuritaire».

«Nous avons estimé que des publications paraissant toutes les semaines ou tous les 15 jours, centrées chacune sur une seule région ou un seul secteur économique, ne permettaient plus d’appréhender pleinement ces nouvelles réalités», précise le communiqué de presse.

Africa Intelligence devient donc un «quotidien» dont les nouvelles publications seront désormais disponibles, tous les matins de la semaine à 5h GMT.

Maurice Botbol, fondateur et président du groupe de presse Indigo Publications

Africa Intelligence ambitionne de continuer à ausculter avec précision le cœur du pouvoir politique dans chaque pays d’Afrique et de fournir «100% d’informations exclusives sur la politique nationale de ces pays».

Habillement rédigé, le communiqué évince l’idée que ce nouveau positionnement serait dû à de difficultés économiques suite à la crise sanitaire provoquée par l’épidémie de coronavirus.

En effet, le groupe d’édition annonce avoir recruté de nouveaux journalistes pour accompagner cette nouvelle phase de développement.

« Grâce à une rédaction renforcée par de nouveaux journalistes, Africa Intelligence poursuit le traitement des secteurs stratégiques ,Pétrole et gaz et Industries minières, tout en créant de nouvelles rubriques à dimension continentale : “Infrastructures et électricité”, “Défense et sécurité”, “Banques et finance”», souligne le communiqué.

Offre commerciale adaptée

Indigo Publication a été l’un des premiers acteurs à adopter un modèle économique payant. Avant la démocratisation du web, les différentes éditions étaient distribuées par voie postale à des abonnées qui s’acquittaient d’un montant annuel qui différaient selon le produit. Les formes d’abonnement ont évolué avec le temps jusqu’à l’offre wallet qui permet au lecteur de choisir les articles qu’il souhaite lire .

En anticipation de la pertubation des habitudes des lecteurs suite à la fusion de cinq lettres confidentielles en une seule, Indigo publication se veut rassurante et annonce un abonnement simplifié et de nouveaux services améliorant le confort de lecture.

«Cette nouvelle formule éditoriale s’accompagne d’une nouvelle offre commerciale : un unique abonnement permet désormais l’accès à l’intégralité des articles d’Africa Intelligence. Un tarif fortement dégressif est établi en fonction du nombre de lecteurs dans un même organisme» a précisé Indigo publication.

L’entreprise face au COVID-19 : «Quels rôles de la fonction Ressources Humaines ?» par Kamal Fahmi, Directeur Général de Progress Consulting

Depuis l’éclatement de la crise sanitaire du Covid-19, la fonction RH est sur tous les fronts : mise en place de mesures de protection des collaborateurs, organisation du travail à distance, gestion administrative des impératifs des organismes de sécurité sociale et surtout le maintien d’une communication interne permanente. Bref, les responsables des ressources humaines sont au coeur de la crise, jonglant au mieux entre obligations et prévention. Kamal Fahmi, un professionnel des ressources humaines, Risk Management et RSE, Directeur Général du cabinet conseil Progress Consulting, nous livre dans une tribune, les mesures clés qu’il préconise aux responsables des ressources humaines pour faire face à cette situation inédite.

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Covid-19 : A partir du jour d’après, une société se jugera à l’état de ses hôpitaux

« Le Monde ne sera jamais plus pareil ». Cette incantation post-apocalyptique, entendue à chaque fois que l’Humanité est marquée par une crise globale soudaine et inattendue, semble raisonner de nouveau dans nos esprits, tel un écho sans fin, dans ce double contexte de chaos sanitaire mondiale et de grave récession économique. Rien, absolument rien, et encore moins les outils de coopération issus des mécanismes multilatéraux post Bretton Woods, n’a pu empêcher la propagation, aujourd’hui planétaire, d’un virus né en Chine ébranlant sur son passage toutes les idées reçues et les certitudes que nous nous faisions sur la réalité de notre Monde. Rien, absolument rien, et encore moins les leçons censées avoir été retenues des expériences passées du SRAS, du MERS, du H1N1 et d’Ebola, n’a permis d’endiguer, de limiter ou de maitriser l’inévitable propagation mondiale d’un virus parti de Chine.

C’est cette mondialisation, sous ses différentes formes dont la libre circulation, certes contrôlée, qui en découle, qui est pointée du doigt et qui est, trop souvent, clouée aux piloris par les observateurs. Il est indéniable que l’effet papillon – un badaud qui se nourri vraisemblablement d’un pangolin acheté sur le marché de Wuhan entraine la mort de milliers de personnes à travers le monde, ou plutôt l’effet domino, causé par une épidémie partie de Chine devenue une pandémie présente dans plus de 170 pays, reflètent l’interdépendance économique induite par la mondialisation. Or de tous temps, c’est cette même interdépendance économique qui a causé les pandémies les plus meurtrières de l’Histoire. Si les tenants du discours un peu trop facile, admettons-le, de la nécessaire démondialisation risquent d’avoir encore de beaux jours devant eux grâce au nouveau Coronavirus, il n’en reste pas moins que la mondialisation, telle qu’on la connait aujourd’hui, telle qu’on la vit, doit être fortement repensée. Nous nous pensions à l’abris d’un tel questionnement, seulement effleuré lors de la crise financière de 2008 et si vite oublié depuis, mais le Covid-19 nous démontre, tous les jours davantage, que les socles sur lesquels repose depuis des décennies notre société de consommation présentent d’importantes fragilités. Cette pandémie nous révèle leur ampleur tout autant qu’elle souligne les limites d’une absence de régulation du marché ou d’économies trop interdépendantes et trop interconnectées, y compris lorsqu’il s’agit de santé publique.

En 2008, c’est la crise des « subprimes » qui avait conduit à la faillite de Leman Brothers puis à la crise du système financier international, ayant par la suite engendré une crise économique ayant principalement impacté les pays membres de l’OCDE. Les Etats (riches) ont choisi de manière coordonnée de sauver leur système financier en injectant de l’argent dans les banques, sans faire évoluer d’un iota les principes macroéconomiques, notamment budgétaires et monétaires, et sans bouleverser les paradigmes financiers.

le Covid-19 nous démontre, tous les jours davantage, que les socles sur lesquels repose depuis des décennies notre société de consommation présentent d’importantes fragilités

En 2020, c’est une crise sanitaire mondiale sans précédent, donc une crise qui touche l’Homme, qui bouleverse les lois du marché, à savoir l’offre et la demande, mais également les principes de base de l’économie ; le capital et le travail. En l’absence de traitement et de vaccin contre le Covid-19, le confinement obligatoire, qui reste à ce jour le seul dogme préventif pour lutter contre la propagation du virus afin d’empêcher la saturation des systèmes nationaux de santé, réduit considérablement l’offre (l’activité productive est au ralenti en Chine, usine du monde et également l’un de ses principaux marchés, mais aussi dans les principales puissances industrielles) et entraine un très fort ralentissement de la demande, qui se focalise essentiellement désormais sur les produits de toute première nécessité. Pour l’ensemble de ces raisons, la crise sanitaire actuelle risque, dans les prochaines semaines, d’avoir des répercussions économiques et sociales au moins toutes aussi importantes dans leur impact que celles vécues lors de la crise de 1929.

Le Coronavirus a brisé les chaines de production et d’approvisionnement mondiales, y compris dans le domaine sanitaire, engendrées par la globalisation et la division internationale du travail. Cette crise, au-delà de ses graves répercussions économiques, à court et à moyen termes, met également en lumière l’absence de souveraineté nationale en matière de produits dits stratégiques ou vitaux pour un Etat. Et c’est sans doute essentiellement dans ce domaine, au-delà des répercussions économiques, sociales ou encore psychologiques, qu’il y aura nécessairement un « avant » et un « après » Covid-19. En effet, cette crise laissera une trace telle dans les esprits que plus jamais une Nation, qui a les moyens de se prémunir contre les risques de pénuries de médicaments, d’appareils de santé, de produits sanitaires ou encore de tests de dépistages, ne se permettra de continuer à sous-traiter ou à déléguer à d’autres son approvisionnement sur le plan de la santé publique. Les stocks sanitaires publiques, jadis décriés voire même caricaturés, seront désormais encouragés et deviendront la norme. Les investissements publics dans le secteur de la santé, qui doit pouvoir relever, au même titre que la défense ou de la sécurité, du domaine régalien de l’Etat se démultiplieront.

La crise sanitaire actuelle risque, dans les prochaines semaines, d’avoir des répercussions économiques et sociales au moins toutes aussi importantes dans leur impact que celles vécues lors de la crise de 1929

Sauver l’économie ou sauver des vies ? Telle est l’équation ou le dilemme auxquels font face quotidiennement de très nombreux dirigeants à travers le monde, d’où le tâtonnement ou les contradictions qui peuvent parfois être relevés dans les discours de certains décideurs politiques occidentaux. Deux doctrines s’affrontent : Celle, d’abord, qui consiste à libérer les Etats en temps de crise, ou en temps de guerre sanitaire contre le Coronavirus, de leur orthodoxie budgétaire en laissant filer les déficits pour faire face aux effets du confinement obligatoire, en venant massivement en aide aux entreprises, en préservant les emplois et en assurant un large éventail de prestations sociales. Elle peut être résumée à l’expression du Président Macron « quoi qu’il en coute ». Selon l’Insee, l’institut de prospective et de statistiques français, chaque mois de confinement coûtera au moins trois points de PIB en moins à la fin de l’année.

Par opposition à cette expression du Président français on pourrait retenir la déclaration du Président Trump « We can’t let the cure be worse than the problem », autrement dit la solution – à savoir le confinement et l’arrêt partiel de l’économie qui en découle est potentiellement destructeur pour la première puissance économique mondiale – ne peut être pire que le problème, à savoir la crise sanitaire. Le Président Trump qui s’oppose à un « lockdown » général du pays, au moment où plus d’une vingtaine d’Etats, dont ceux de New York et de Californie, sont en confinement obligatoire, souhaite « rouvrir » le pays à l’échéance du 12 avril, au moment où l’OMS prédit que les Etats-Unis seront le prochain épicentre de la pandémie. Le rebond des marchés financiers, conséquence de cette déclaration et l’approche de l’échéance électorale du mois de Novembre conforteront davantage le Président américain dans cette position, à moins que la multiplication des contaminations et des décès liés au Covid-19 dans ce pays ainsi qu’une détérioration rapide de la situation sanitaire ne conduisent le Président Trump, qui assure que les Etats-Unis ont les moyens de démultiplier rapidement et efficacement la capacité de réponse de leur système de santé face à la multiplication des cas à venir, à faire de nouveau évoluer sa position. Il n’en serait alors pas à sa première volte-face.

Les investissements publics dans le secteur de la santé, qui doit pouvoir relever, au même titre que la défense ou de la sécurité, du domaine régalien de l’Etat se démultiplieront.

Les hésitations de Boris Johnson qui ont précédé la mise en place du confinement en Grande-Bretagne ou encore le choix de l’Allemagne de miser sur la distanciation sociale mais pas encore sur le confinement obligatoire démontrent la réticence de certaines des principales puissances économiques à mettre en place le confinement obligatoire au risque de déstabiliser fortement leur économie.  Si la France a fait le choix assumé du confinement obligatoire, on assiste en parallèle à l’émergence d’un discours officiel de mobilisation autour du patriotisme économique qui consiste à promouvoir le « consommer français » ou à inviter les français à « aller dans les champs » pour aider les agriculteurs au mépris des règles actuelles de confinement.

Plus globalement, les Etats, pendant que la majorité d’entre eux s’interrogent sur la pertinence du confinement ou sur la nécessité de le lever au plus tôt, ont choisi, au-delà des mesures sanitaires, d’injecter plus de 6000 milliards de dollars (dont 5000 milliards de dollars à travers le G20), soit beaucoup plus qu’en 2008, pour mettre fin à cette crise sanitaire ou pour réduire son impact économique. La crise de 2008 et celle de 1929 venaient de la finance, soit du système économique lui-même. La crise économique actuelle, issue d’un choc sanitaire, n’est pas systémique, même si elle met en lumière de nombreuses fragilités. D’ailleurs l’économie, fortement appuyée par les Etats, repartira sans doute d’elle-même, tout aussi vite qu’elle s’est arrêtée. Les experts prévoient, d’ailleurs, une croissance de l’ordre de 6 ou 7% en 2021.

Mais en l’absence de concertation internationale, au moment où chaque pays, sans doute légitimement, joue sa propre partition, on est en droit de nous interroger sur le caractère obsolète des mécanismes du multilatéralisme face à un tel défi venu se présenter au Monde de manière totalement imprévisible, qui voit non seulement le système international être totalement exsangue et incapable d’endiguer la propagation d’une telle pandémie, mais tout aussi incapable à ce jour de réunir l’ensemble de la communauté international autour d’une base commune de réponses concertées à apporter. Alors qu’il n’y a eu à ce jour aucune réunion du Conseil de Sécurité de l’ONU, aucune réunion du G7, seulement qu’un Conseil européen tenu en vidéoconférence qui nous parait déjà si lointain et qu’un Sommet virtuel du G20, tenu somme toute assez tardivement dans la chronologie de cette crise, seule la lueur de l’OMS, qui doit être aujourd’hui considérée davantage comme un organe d’autorité sanitaire plutôt qu’une organisation de concertation et de coopération internationale, continue à scintiller dans le ciel bien sombre du multilatéralisme.

La crise économique actuelle, issue d’un choc sanitaire, n’est pas systémique

Au moment où l’Europe est l’actuel épicentre de la pandémie, c’est bien entendu l’Union Européenne, ou plutôt son absence, qui cristallise tous les questionnements. Déjà fragilisée par le Brexit, l’UE, qui s’est doublement construite sur le principe de solidarité d’après-guerre et d’après chute du bloc de l’Est, semble se défaire par son absence de solidarité face cette crise européenne sans précédent. L’appel à l’aide de l’Espagne, qui vient de dépasser la Chine dans le décompte macabre du nombre de morts causées par le Covid-19, à l’OTAN, la Chine qui vient en aide à l’Italie, où les images de remplacement du drapeau européen par le drapeau chinois se multiplient, ou encore le détournement en République Tchèque des masques chinois censés être livrés à l’Italie resteront dans les esprits comme les marqueurs de la faillite de l’Europe. Cette crise mondiale et l’explosion de cette pandémie réduit l’UE à son plus simple appareil, à savoir un mécanisme de concertation budgétaire, monétaire et financier. Et encore, avec l’explosion des déficits à venir dans les Etats membres et la mise en suspens du Pacte de Stabilité ou alors avec l’impossibilité pour la BCE de baisser davantage son taux directeur compte tenu des taux d’intérêts déjà négatifs, que peut-il rester aux institutions financières et monétaires européennes ? Sans doute la capacité certaine de pouvoir sortir le chèque pour financer les plans de relance économique (mais aussi les filets sociaux) une fois la crise sanitaire terminée dans le Vieux Continent, mais nous n’en sommes pas encore là.

Nous l’avons vu plus haut, l’interdépendance dans un Monde globalisé a été un facteur de propagation de la pandémie et d’accélération de la récession économique, or dans ce Monde qui restera in fine globalisé, avec des ajustements qui s’imposeront d’eux-mêmes, seule une réponse globale et concertée pourra contribuer à sortir dans six mois, ou peut-être plus, de la crise sanitaire et dans un an, ou peut-être plus, de la crise économique, de la récession ou, pire encore de la dépression. « C’est à travers la mondialisation de la recherche médicale et à travers le multilatéralisme, la coopération entre Nations, que les maux du Covid-19 seront combattus ». Telle était ma conviction, exprimée, il y a quelques semaines, dans une précédente Tribune. Celle-ci est confortée aujourd’hui malgré l’absence d’avancées en termes de coopération internationale.

C’est, en effet, ce multilatéralisme réinventé qui nous permettra de sortir du spectre du paradigme de la gestion évolutive, seule réelle politique mise en place actuellement dans de nombreux pays. Comment peut-il vraiment en être autrement d’ailleurs ? Deux priorités, plus que toutes autres, semblent être inévitables et doivent pouvoir s’imposer, au plus vite, dans un agenda de concertation globale :

– D’abord, en l’absence de traitement validé par la communauté médicale et de vaccin, il est impératif que les stratégies de sortie du confinement généralisé soient coordonnées à l’échelle internationale. Rien ne pourrait être, en effet, plus grave pour l’économie mondiale qu’une sortie graduelle dans le temps et à géographie variable des Etats de leur confinement obligatoire sans concertation internationale. Si la courbe de la contagion des patients atteints du Coronavirus doit être étalée dans le temps pour préserver les systèmes nationaux de santé et éviter ainsi une situation de saturation désastreuse sur le plan sanitaire, il serait catastrophique pour l’économie mondiale d’observer en corolaire un aplanissement dans le temps de la courbe de la baisse exponentielle de l’activité et de la production industrielle. Cela aurait comme effet d’empêcher un « reboot » complet du système, à moins que les pays qui lèvent leur confinement mettent à profit la relance de leur activité productive pour venir en aide aux Nations toujours en confinement dans un esprit de solidarité et d’interdépendance vertueuse, d’autant plus qu’il sera bénéfique pour leur propre économie.

– Ensuite, la concertation internationale, donc le multilatéralisme, sera évidemment essentielle dans la mise en place d’un plan de relance multidimensionnel de l’économie mondiale. Il faudra aller bien entendu, tant la récession sera globale, au-delà et de la panoplie de mesures efficaces de soutien à l’économie mondiale et à la finance internationale mise en place à travers le G20 lors de la crise de 2008. Ce plan global de relance, contrairement à celui de 2008, ne devrait pas uniquement concerner les économies de l’OCDE mais plutôt celle de l’ensemble des pays touchés par le Covid-19 et par ses conséquences économiques et sociales potentiellement dramatiques. Comme d’habitude le continent africain sera en première ligne des besoins et une attention particulière devra être accordée au soutien des économies africaines (et aux différents systèmes de santé nationaux) dont certaines sont habituées à être confrontées à des crises sanitaires majeures telles qu’Ebola ou le VIH. L’Afrique, qui selon de nombreux experts devrait être le dernier épicentre ou foyer de la pandémie de Covid-19, risque fortement et malgré elle, faute de moyens d’appliquer un confinement généralisé stricte et en l’absence de système de santé capable d’absorber un flux continu de patients, de devenir un réel laboratoire du principe de l’immunité collective – un temps cher à Boris Johnson et toujours appliqué au Pays-Bas et dans une moindre mesure dans certains pays scandinaves – mais au prix d’un désastre humanitaire sans nom. Un de plus.

La concertation et la coopération entre Etats, déjà observées sur le plan médical et scientifique à travers la recherche de vaccin, la mise en place à grand échelle d’essais cliniques de traitement – incluant l’essai européen « Discovery » qui teste actuellement quatre traitements et cinq molécules, dont la fameuse et prometteuse chloroquine – mais aussi la simplification des tests de dépistages, pourraient être élargie à la réflexion autour de la définition d’une procédure de sortie de confinement suffisamment efficace pour annihiler les risques de rebond de la pandémie. Le benchmark chinois s’impose bien entendu, mais le cas coréen peut également être pertinent. Partant de ces deux exemples et du postulat de l’absence prolongée de vaccin ou de traitements disponibles, les confinements généralisés imposés dans de nombreux pays doivent à la fois permettre d’éviter la saturation des systèmes de santé mais aussi de laisser le temps aux différents gouvernements d’être en mesure de proposer une démultiplication des tests de dépistage, qui reste en définitive, sans réponses médicales ou cliniques avérées, la seule mesure permettant de lever le confinement une fois le pic de contamination de la population atteint.

Le dépistage à lui seul ne peut empêcher la diffusion et la propagation massive du virus. Il ne peut pas non plus permettre d’éviter le confinement. Il peut, cependant, lorsqu’il est accompagné d’un contrôle strict et d’une traçabilité complète des déplacements et des contacts des individus testés positifs – qui sont dès lors invités à s’isoler – permettre d’accompagner la levée du confinement obligatoire. Pour éviter d’en arriver là, les coréens qui disposaient d’une importante capacité de production de tests, héritée de l’expérience de ce pays lors des épidémies du SRAS et du MERS, ont accepté de restreindre leur droit à la vie en privée en permettant aux autorités d’avoir accès, à travers l’utilisation des données de leurs smartphones, de leurs informations bancaires et de la méthode de « back tracking », à l’ensemble des personnes avec qui ils sont entrés directement ou indirectement en contact. Ce « tracking » est rendu d’autant plus efficace qu’il est également accompagné de l’utilisation massive en Corée du Sud de caméras de vidéosurveillance.

La Chine, qui sort progressivement du confinement, met en place des mesures similaires pour éviter un redémarrage de l’épidémie. En l’absence de solution sanitaire pour combattre le Covid-19, la restriction des libertés, dans un esprit de contribution volontariste à un effort collectif, semble être, pour le moment, le seul système de réponse valable et efficace. Au-delà des sacrifices économiques et des nombreuses pertes en vies humaines, cette crise sanitaire sans précédent impose aujourd’hui une restriction momentanée des déplacements et des contacts et imposera sans doute demain, dans les pays les mieux organisés et les mieux équipés, une limitation, sans doute plus durable, du droit à la vie privée. C’est le lourd tribut à payer lors de cette guerre mondiale, sans feu nourri, contre un ennemi, sans bannière, sournois et invisible.

Gouverner c’est prévoir, mais face à l’imprévisible gouverner devient agir

A situation exceptionnelle, sacrifices exceptionnels donc. Mais, tout autant, à situation évolutive, gestion évolutive et solutions évolutives. Si la propagation du virus n’est pas figée, donnant l’impression d’avoir toujours une longueur d’avance sur les décideurs politiques, ce qui pourrait d’ailleurs expliquer les hésitations et les improvisations de certains d’entre eux, la doctrine pour faire face à cette crise n’est pas, non plus, figée, tant la vérité du jour peut être différente de celle du lendemain. Gouverner c’est prévoir, mais face à l’imprévisible gouverner devient agir. Face à cette crise il n’existe pas de bonnes ou de mauvaises décisions mais seulement des décisions nécessaires, prises en conscience et en responsabilité dans un soucis de préserver l’intérêt général. A travers cette crise, comme nul autre événement récent, le décideur public remet naturellement l’Humain au centre de ses actions et de ses décisions.

« Le Monde ne sera jamais plus pareil ». Oui, dans le bon sens, à condition, comme trop souvent par le passé, que nous n’ayons pas la mémoire courte. Mais, au cœur de la tempête, il est tout de même rassurant, même pour les plus libéraux d’entre nous, de voir se dessiner les contours d’un Etat Nation, d’un Etat Social, d’un Etat interventionniste, d’un Etat dirigiste, d’un Etat Protecteur et d’un Etat indépendant dans la nécessaire interdépendance. Ce que nous voyons actuellement du Maroc, sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI, j’y reviendrai plus longuement dans un prochaine Tribune, correspond, malgré les craintes et les angoisses légitimes liées à la Pandémie du Covid-19, à ce que nous sommes en droit d’imaginer d’un Modèle de développement plus juste, plus solidaire et plus équilibré, où l’Etat, garant des équilibres sociaux, des prestations sociales et des services publics, serait le maître du jeu au bénéfice du citoyen.

Pour conclure, je voudrais adapter au contexte actuel une expression de Camus qui me vient naturellement à l’esprit. Une société se jugera désormais à l’état de ses hôpitaux, donc à la performance de son système de santé.

Brahim Fassi Fihri

Président Fondateur de l’Institut Amadeus