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Poignardée dans le dos, Leila Benali lâche Aziz Akhannouch

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Nos honorables élus sont restés bouches-bée, ce lundi, après le retournement de veste de la ministre de la Transition énergétique et du développement durable au sujet de La Samir. Leila Benali a balayé d’un revers de main, ses déclarations du 29 juin dernier où elle affirmait sur 2M, sans cligner des yeux, que «le Maroc n’avait pas besoin d’une raffinerie de pétrole». La jeune ministre promet désormais des «solutions prochaines» aux problèmes de LaSamir. La presse et les commentateurs ont lié ce revirement brutal à la violente campagne populaire contre la cherté des carburants, qui a éclaté la semaine dernière et qui est loin de s’affaiblir.

Selon nos informations, après avoir été poignardée dans le dos par des membres de son parti, Mme Benali a décidé de prendre ses distances avec son Chef de Gouvernement, qui lui imposait de dire que le Royaume n’avait pas besoin de La Samir.

Voilà une jeune femme, talentueuse, polyglotte, bien formée et dotée d’une solide expérience dans les géostratégies des hydrocarbures, domaine peu couvert par notre économie, qui se fait broyer par le système d’incompétence et de prédation de Aziz Akhannouch.

Dès l’installation de la jeune ministre, le patron d’Afriquia Gaz a tout fait pour la «maîtriser» elle ainsi que son département, en dépit du fait qu’elle ne soit pas de son parti. Dans le brief qu’Akhannouch lui a donné, elle se devait de se tenir à trois lignes directrices :

  1. L’ONEE et l’Interieur sont un frein pour le développement du secteur.
  2. L’approvisionnement en énergie se fera exclusivement en direct ( en l’occurence, via Afriquia).
  3. Oublier La Samir. Ça vous dépasse.

D’emblée, et suivant les recommandations de son Chef du Gouvernement elle se fait deux ennemies de taille, le dirigeant de l’ONEE et le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit himself.

Sa première sortie parlementaire l’a consacrée à l’archaïsme de l’ONEE. Piqué au vif, le DG de l’office Abderrahim El Hafidi monte au créneau. Il mobilise, immédiatement, tous ses troupes et une bonne partie de la presse pour dénoncer les propos de la ministre. Une campagne qu’il a mené assidûment durant des semaines.

Leila Benali ne baisse pas pour autant les bras. Lors d’une réunion avec le ministre de l’Intérieur, elle tient un discours tellement inapproprié, qu’elle en sera étrillée de la belle manière.

Soutenue par Aziz Akhannouch contre Abdelouafi Laftit, Mme Benali est plus que jamais fidèle au Chef du cartel des hydrocarbures et prête à tout pour défendre le business d’Afriquia. Contre vents et marées, elle va s’investir dans une seul mission : « Signer l’arrêt de mort symbolique de la Samir».

Une taupe d’Akhannouch au bureau politique du PAM ?

Si nos lecteurs ne le savent pas encore, le PAM a vécu un mois de juin et juillet particulièrement mouvementés. Son SG, Abdellatif Ouhabi, a été à deux doigts d’être limogé, avant qu’il soit décider de l’envoyer au Hajj. Une sorte de jubilé qui marque la fin de sa carrière politique.

Durant l’un des houleux réunions du bureau politique du PAM, Leila Benali est interpellée sur le sujet du moment à savoir la problématique énergétique du pays. Naïvement et se sentant en confiance, la ministre va présenter la réalité des choses sans pour autant se tenir aux éléments de langage de Aziz Akhannouch.

A peine sorti de sa réunion partisane qu’elle reçoit un coup de fil de Aziz Akhannouch. «Je veux te voir tout de suite» lui-a-t-il ordonné.

Quelle sera sa surprise quand ce dernier lui passe un savon monumental. ll savait tout ce qui s’était dit quelques minutes plus tôt, au bureau politique du PAM.

Outrée, Leila Benali, se plaint aux membres de son parti, qui au lieu de la soutenir se sont déchainés contre elle, considérant ses accusations, une insulte et une offense aux membres du bureau politique du tracteur.

Leina Benali, lâche Aziz Akhannouch

Novice en politique et peu habituée aux coups bas et aux manoeuvres, Leila Benali, se résigne, après cette douloureuse expérience, de prendre ses distances avec Aziz Akhannouch.

La campagne populaire #Dégage_Akhannouch, alimentée par l’envolée insoutenable des prix des carburants, a également pesé sur cette décision de la ministre.

Ce lundi, elle profite de la séance plénière hebdomadaire consacrée aux questions orales à la Chambre des représentants, pour afficher son nouveau positionnement.

Leila Benali a déclaré devant les parlementaires, que son ministère était conscient de l’importance de La Samir et tout son écosystème pour la ville de Mohammedia et ses habitants, promettant d’explorer les pistes des solutions possibles à ce problème.

«Ce dossier doit être traité de manière raisonnable, avec la nécessité de développer une vison claire en matière de gestion et de prise en compte des intérêts de l’Etat marocain comme investisseur potentiel, de la main d’œuvre de la société et des habitants de la ville de Mohammedia» a-t-elle assuré.

Pour rappel, la même ministre avait déclaré lors de l’émission de Abdellah Tourabi sur 2M «Confidences de presse» diffusée le 29 juin dernier, que le Maroc «n’a pas besoin aujourd’hui de raffinerie».

La ministre préfère donc les critiques d’un revirement de 180 degrés que la descente aux enfers qui attend Aziz Akhannouch.

Aziz Akhannouch, dos au mur

Le milliardaire et Chef du cartel des hydrocarbures n’a plus d’appui ni de soutien. A commencer par la presse, en qui il a injecté du cash à ne plus compter, qui n’arrive plus à pouvoir défendre l’indéfendable.

En second lieu, vient son alliance gouvernementale qui s’est complètement effritée, après la disgrâce de son principale allié Abdelatif Ouahbi et la guerre fratricide entre le clan Nizar Baraka et celui des Ould Rachid. Ces derniers, voulaient retenter le coup de Mhamed Douiri et Abdelhamid Chabat pour prendre le contrôle total du parti et des ministrables.

Puis, l’échec de son putsch contre le ministère de l’intérieur a signé son arrêt de mort politique.

Enfin, son incompétence vérifiée et son handicap chronique de communication ont clairement convaincu l’ensemble des marocains qu’il n’était absolument pas apte à diriger un gouvernement.

Aziz Akhannouch a réussi de mettre d’accord jeunes et seniors qu’il était un danger pour le peuple marocain. A l’image de ces témoignages spontanés publiés sur les réseaux sociaux.

Ni Morale, Ni Éthique, Ni Citoyenneté, Akhannouch recrute un harceleur sexuel notoire pour relancer son groupe de presse

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Après avoir protégé un «digital strategist» accusé de viol. Après avoir placé à la tête de sa campagne électorale, un journaliste qui appuie les thèses des séparatistes. Après avoir engagé une agence de Relations Publiques qui appelle à l’insurrection contre les règles sanitaires dans les endroits fermés. Le voilà Aziz Akhannouch qui recrute, pour relancer son groupe de presse, un homme limogé de son ancien emploi pour harcèlement sexuel. Un journaliste aux mains baladeuses qui s’était illustré en 2012 en s’adressant avec insolence à la personne du Roi Mohammed VI.

C’est cela, le vrai visage de Aziz Akhannouch, le protecteur des cartels (terme choc utilisé par Ahmed Lahlimi) qui siphonnent le Maroc, un homme sans morale, sans éthique et surtout sans citoyenneté.

Quelle est le point commun entre Azaitar et Akhannouch ? La réponse la plus pertinente que l’on puisse trouver est cette formulation exceptionnelle d’un papier publié sur Hespress le 28 mai dernier : «montrer qu’ils sont à l’épicentre du pouvoir et que, par conséquent, rien ne saurait leur être interdit (..) puis contribuer à banaliser les emblèmes de la monarchie et donc à rendre le « mythe » moins fort, moins présent et moins ancré dans la réalité». 

Si les Azaitar se sont fabriqués un trône aux emblèmes de la monarchie sous forme de «donut gonflable», Aziz Akhannouch s’est constitué, quant à lui, un détachement d’une Garde d’honneur en carton pour l’accueillir lors de ses déplacements.

La scène kafkaïenne s’est déroulée ce vendredi à Agadir. Aziz Akhannouch, toujours bien conseillé et bien inspiré, décide d’inaugurer lui même son propre festival musical et un téléférique, alors que le pays est en feu et en flammes. Le nord du Maroc, proie de violents incendies ravageant de centaines d’hectares et une population aux abois, prise au dépourvu par la cherté de la vie qui crient à tue-tête : #Dégage_Akhannouch.

Le Chef du gouvernement, n’a pas fait le déplacement tout seul. Il était accompagné du ministre de la Culture ainsi que sa BFF, la ministre du tourisme, Fatima-Zahra Ammor, qui débarquait avec son mari tout juste de son domicile … au Luxembourg.

Nos confrères de Le360 nous ont immortalisé la mégalomanie et la psychose arrivée à l’état de délire de Aziz Akhannouch. Les images surréalistes du site d’information, nous montrent qu’à sa descente de voiture, un détachement de ce qui ressemblerait à une «Garde d’honneur», d’un ridicule absolu, parfaitement grotesque, lui rendait les «honneurs» !

La Garde d’honneur en carton de Aziz Akhannouch – Agadir 16 juillet 2022 (source Le360)

« La folie des grandeurs. Il se prend pour un chef d’Etat. Heureusement que la loi ne lui donne pas la main sur la garde municipale. Sinon, il se ferait accueillir par elle à chaque déplacement » a commenté un haut responsable.

Ce n’est pas la première fois, qu’Aziz Akhannouch se prend pour le Chef de l’Etat. Rappelez-vous la mise en scène de sa première et dernière intervention télévisée, où il avait mimé jusqu’à la boite de kleenex, le décor du salon royal.

«Des armoiries au trône, en passant par la photographie officielle du souverain, les attributs qui façonnent le Maroc et sa royauté séculaire font l’objet d’une instrumentalisation et d’une déformation aujourd’hui synonyme de caricature. C’est à un véritable déclassement des symboles sur lesquels est adossé le trône auquel assistent, impuissants, les Marocains» a écrit si justement Hespress.

Ce qui devient problématique, c’est que l’absence de réponse dissuasive à ces agissements génère une anarchie, rendant fou les marocains, qui ont toujours sacralisé la monarchie.

En effet, il n’y a qu’à voir le tollé provoqué par Younes Sekkouri avec son «Khitab» et par Abdellatif Ouhabi et son cortège composé de 40 voitures qui l’a accompagné pour l’inauguration d’un centre de justice dans le village perdu d’Abzou.

Akhannouch confie la relance de son groupe de presse à un homme accusé d’harcèlement sexuel

Le mouvement #MeToo a imposé la question du harcèlement sexuel et des violences envers les femmes partout ailleurs : dans la sphère publique et politique, au sein des entreprises, dans les écoles et dans les couples. Sauf chez le milliardaire et Chef de Gouvernement Aziz Akhannouch.

Retour en février 2020, LeDesk lançait une véritable bombe : «Accusé de viol par une journaliste, Ali Bedar, «digital strategist» du RNI a été placé en détention préventive à la prison de Oukacha dans l’attente de son prcè fixé au 3 mars. Selon nos informations, des lieutenants d’Akhannouch avaient été mis au courant de l’affaire quelques temps avant le déclenchement de l’action judiciaire. Ont-ils tenté de faire diversion dans la presse ? »

«Face aux graves accusations dont il fait face, Ali Bedar a ensuite fait publier, pour se disculper, un message confirmant une relation avec l’intéressée mais «niant tout viol». La réalité des faits, a plaidé le prévenu dans sa publication est «totalement à l’opposé» de ce qui circule. D’après plusieurs sources, la victime présumée aurait séjourné plusieurs jours à l’hôpital, mais n’a porté plainte qu’après les exhortations de son entourage. L’expertise médicale a confirmé le viol.» rapporte Barlamane.com

Après ces révélation, c’est silence radio. Plus aucune suite n’a été donné à cette arrestation, ni aucune apparition de l’accusé.

Il fallait attente jusqu’au 9 septembre 2021, au lendemain de l’annonce des résultats des élections, Ali Bedar refais surface et donne des déclarations à la presse internationale.

«Au premier étage du siège du parti à Rabat, les jeunes de l’équipe digitale du Rassemblement national des indépendants (RNI) se congratulent à l’annonce de la victoire de leur candidat Aziz Akhannouch, au petit matin du 9 septembre. Ce succès est aussi la leur après trois années passées à construire l’architecture numérique de la formation» écrit l’Opinion France.

« Le président du RNI a compris très tôt l’importance de la communication digitale», confie Ali Bedar, responsable de la campagne numérique du parti au même journal !!!

Que Aziz Akhannouch ait intervenu ou pas dans l’étouffement du scandal ou la libération de son protégé, importe peu. Mais qu’il décide de le garder dans son équipe de campagne, c’est que l’individu fait preuve d’une absence totale de référentiel de valeurs éthiques ou morales.

Cette affaire nous renvoie à un accident qui a ruiné les rêves de Aziz Akhannouch de mettre la main sur le secteur de la santé au Maroc.

En effet, Akhannouch avait tout planifié pour placer un ministre à lui à la santé. Parmi les CV que lui proposent ses équipes, un médecin, Hicham Najmi. Il le place en 2018, Secrétaire général du ministre de Ait Taleb. Il prend immédiatement les couleurs du RNI et participe à tous les meetings du président.

«Je vous promets de solliciter le portefeuille de la santé que nous remportions les élections en 2021 ou non. Notre parti a des compétences, c’est vous», ainsi Aziz Akhannouch, s’est-il exprimé, juillet dernier, devant 800 professionnels de la santé, en marge du 1er Forum national du RNI sur la gouvernance du secteur.

Sauf que, à un an des élections et peu avant l’éclatement de la pandémie, Hicham Najmi, en état d’ébriété avancé, arrive à un hôtel d’Agadir accompagnée de deux femmes. Il se présente à la réception sous une fausse identité. Une fois dans la chambre d’hôtel, l’une des deux femmes, se jette de la fenêtre.

Hicham Najmi est interpellé après sa fuite. Il sera poursuivit par le parquet pour allégations mensongères et non-assistance à personne en danger. Puis condamné à deux mois de prison avec sursis.

Aït Taleb le vire sur le champ de son poste de SG. Il sera nommé par la suite chef du service des urgences de l’hôpital Al-Razi à Marrakech.

Aujourd’hui, selon les information de LeDesk, Aziz Akhannouch récidive et rappelle un journaliste licencié une première fois pour offense à la personne du Roi Mohammed VI puis une deuxième fois suite à plusieurs plaintes d’harcèlement sexuel.

En effet, après avoir été sommé de licencier immédiatement son journaliste pour offense au Souverain, Aziz Akhannouch va intervenir auprès de l’associé de sa femme, Miriem Bensalah, pour le caser à la CGEM qu’elle présidait.

« Nous avons amassé plus d’une centaine de messages graveleux et plusieurs témoignages de harcèlement sexuel. Il avait institué au sein de la confédération le « Droit de cuissage » et la « promotion canapé », témoigne un membre de la CGEM sous couvert d’anonymat.

Fac à l’horreur des récits des femmes agressées, le Conseil d’Administration de la CGEM, soucieux de préserver l’intégrité et la bonne image de la confédération n’a pas souhaité révéler au grand jour ce scandal sexuel. La version officielle donnée au licenciement de l’acheteur : « départ programmé, motivé par une incompatibilité d’humeur avec la nouvelle équipe dirigeante ».

Alors Ssi Aziz, à votre avis qui a vraiment besoin d’une bonne éducation ?

Timitar : Le RNIste Rachid Boukhanfer arrêté en état d’ébriété

Le site d’information Barlamane.com a appris de source sûre que les forces de l’ordre ont appréhendé, samedi matin, le vice-président RNIste du Conseil de la région d’Agadir, Rachid Boukhanfer, pour ivresse publique manifeste et provocation de troubles sur la voie publique. Refusant d’obtempérer, le protégé de Aziz Akhannouch a résisté à son arrestation, puis s’en est pris et blessé un agent de la police.

L’afterparty du festival du Chef du Gouvernement Aziz Akhannouch, Timitar, a dû être bien arrosée. Samedi, au petit matin, une patrouille de la police, contrôle un homme en état d’ébriété manifeste au niveau de la rue Hassan II au centre ville d’Agadir. Après vérification de son identité, l’individu s’est avéré être Rachid Boukhanfer, le troisième vice-président du Conseil de la région de Souss-Massa et coordinateur régional du RNI à Agadir.

Comme tout protégé de Aziz Akhannouch qui se respecte, Rachid Boukhanfer aurait résisté au contrôle des forces de l’ordre au point d’agresser un agent de police et de lui tordre la cheville. Ce dernier a été transféré à l’hôpital régional Hassan II d’Agadir, où il a reçu les soins nécessaires, affirme Barlamane.com.

Face à la gravité de ses actes, le RNIste a accusé la patrouille de police de l’avoir maltraité. Son état d’ébriété manifeste et sa violence lors de son interpellation justifiait bel et bien qu’il soit appréhendé et placé en garde à vue.

Aziz Akhannouch se déleste d’Ichrak Moubsit, l’attaché de presse qui lui a ruiné sa réputation

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C’est la fin d’une idylle. Il y a treize ans, Ichrak Moubsit, 3 ans et demi de journalisme dans le compteur, rejoignait le ministre de l’agriculture Aziz Akhannouch en tant que conseillère en communication et relations presse. En 2021, c’est la consécration. Elle est propulsée «Strategic Communication & PR» du nouveau et victorieux Chef du Gouvernement. Elle est même considérée comme sa DirCab defacto. (lire A Glasgow, Ichrak Moubsit s’impose à la tête de l’équipe Akhannouch – Africa Intelligence). Le compte de fée ne va durer que deux mois. Elle sera tenue responsable du naufrage télévisé de son patron, tourné au ridicule devant le monde entier.

Le premier milliardaire du Maroc, s’est subitement rendu compte qu’il se devait de professionnaliser sa communication et de tourner la page à l’amateurisme de sa conseillère. Akhannouch, a réalisé, après 14 ans de pratique politique et au prix le plus fort, que gérer l’organisation du SIAM, ou le lancement de Yan & One n’avait absolument rien à voir avec la gestion de la communication de la Chefferie d’un gouvernement en plus de celle d’un parti politique.

Fait aggravant, Ichrak Moubsit a installé la pratique de la relation de presse dite de «l’enveloppe». Une pratique amplifiée par les budgets pharaoniques qu’Akhannouch avait mis à sa disposition pour les élections de 2021. La multiplication des situations de crise et le contexte socio-économique tendu que traverse le Maroc à l’image de toute la planète, met en échec ce modèle, menaçant même l’écroulement de tout le gouvernement.

La décision est donc prise, Akhannouch renforce son équipe de Com’ par une professionnelle de la Communication Institutionnelle et des Relations Publiques, Meriem Alaoui, débauchée de Centrale Danone, puis d’une chargé des Affaires Publiques & E-réputation, Lamia Bouzbouz, débauchée quant à elle de Inwi.

Ichrak Moubsit est poussée à la porte. La version officielle est qu’elle se mettait à son compte en lançant son cabinet de relations publiques avec l’aide de Aziz Akhannouch. En effet, en juin elle créé «P.A Bridge», une SARL à associé unique, enregistrée à Casablanca et pourvue d’un capital de 100.000 dhs.

Annonce légale de la création de P.A Brigde

S’agit-il d’une prise de conscience tardive ou bien du fameux phénomène des rats qui quittent le navire quand le bateau commence à couler ?

La galaxie d’Aziz Akhannouch, une hécatombe

Le 26 septembre 2021, Jeune Afrique, publiait un article, ou plutôt un publi-reportage signé par toute l’équipe de rédacteurs de la campagne électorale prêtée par le journal panafricain, au titre élogieux : «Maroc : communicants, stratèges, éminences grises… La galaxie d’Aziz Akhannouch».

Neuf mois après, la galaxie d’Aziz Akhannouch s’est effondrée en un trou noir.

MHE, la politique… plus jamais !

MHE, étiqueté «Business Angel», divorce publiquement de la politique et son legs politique et ministériel se fait dilapidé au vu d’oeil par les guerres et les querelles de Mohcine Jazouli et Ryad Mezzour.

Moulay Hafid constituait un véritable danger politique pour Aziz Akhannouch. S’il était «Business Angel» pour plusieurs entrepreneurs marocains, pour l’actuel Chef de gouvernement, c’était le «Death Angel». C’est pour cela, qu’Akhannouch a tout fait pour l’éliminer du paysage politique.

Mbarka Bouaida, quel gâchis cette fille!

Mbarka Bouaida, qualifiée par Jeune Afrique de «la patronne du Sud», a été sacrifiée avant même qu’elle puisse exercer ses fonctions. La responsabilité incombe entièrement à Akhannouch et au du SG du PAM Abdellatif Ouahbi, qui ont géré de manière calamiteuse le drame «Abdelouahed Belfkih». Mbarka, un HiPo gâché par Mezouar, va ternir davantage son image en cédant aux pressions de son parti et accorde un marché d’une valeur de 14 millions de dirhams, en pleine crise économique, au cabinet conseil SouthBridge. Lequel cabinet est détenu par un ancien membre du bureau politique du RNI, Hassan Belkhayat.

Mustapha Baïtas, zéro pointé !

«Mustapha Baïtas, l’avenir», titrait Jeune Afrique. Une blague qui s’est vérifiée dès les premiers points de presse du gouvernement. De l’avis général, le porte-parole du gouvernement n’arrive pas au niveau du dernier chef de service de son département.

Wafaa Jamali, secrétaire générale du gouvernement, une hérésie !

Wafaa Jamali, secrétaire particulière d’Akhannouch et sa femme de confiance, se retrouve subitement Secrétaire Générale du Gouvernement. Une hérésie totale, au vu des profils qui se sont succédés à ce poste depuis l’indépendance du Royaume. Sa seule qualité pour ce poste, sa discrétion et sa loyauté totale à son bienfaiteur.

Mohamed Aujjar, «Smer Ya Nmer» !

Jeune Afrique estimait que le seul ami sur qui Aziz Akhannouch pouvait compter au sein du parti du RNI était Mohamed Aujjar. L’ancien ministre de la justice, un fin politique, a vite désenchanté. La horde d’opportunistes, d’affairistes et de lèche-culs qui entourent en permanence Akhannouch, l’a dissuadé ainsi que son clan bien constitué au sein du parti, de se mouiller pour son «ami». La politique d’Aujjar depuis les premiers mois de l’investiture est «Wait & See».

Youssef Aït Akdim, le team leader des rigolos

Youssef Aït Akdim était sensé être le stratège de la communication politique d’Akhannouch. Il a d’ailleurs été le team leader de la «Journalist & content squad» de la campagne.

Le problème est que ce journaliste n’a jamais assumé son rôle. Son personnal branding bâti, durant le printemps arabe, autour du mythe de la plume libre qui lui ouvrait les colonnes de quelques supports français notamment LeMonde, était en danger.

L’offre d’Akhannouch était tellement alléchante, qu’il a décidé de troquer sa pensée «dite libre» et critique contre le cigare du directeur de communication du premier milliardaire marocain.

C’est le jackpot de sa vie.

Youssef Aï Akdim, s’est fait tellement de tunes qu’il n’aurait pu amasser durant toutes sa carrière de journaliste. De plus, le job était tellement facile, il était entouré de rigolos, prêts à le suivre au casse-pipe. Et ça na pas raté.

Les scandales vont se succéder, jusqu’à ce qu’il va être pris la main dans le sac suite à la publication d’une tribune signée par Aziz Akhannouch, mais écrite par un Think-tank constitué de petits rigolos et d’imposteurs.

Complètement cramé au Maroc et en France après les dénonciations de l’islamologue Rachid Benzine et du célèbre sociologue Edgar Morin, Youssef Aït Akdim panique et cherche à tout prix de se racheter une virginité auprès de LeMonde. Le cahier de charge est clair, s’attaquer aux institutions du Royaume.

Aït Akdim s’exécute et publie un tweet dans ce sens. Akhannouch se précipite de faire disparaître son protégé des radars. Officiellement, Ait Akdim quitte la Com’ de la campagne d’Akhannouch et s’exile en France. Officieusement, il perçoit toujours sa rémunération et travail en distanciel pour le Chef du Gouvernement.

Ali Bedar, #MeToo

Ali Bedar, est membre de la galaxie Akhannouch, que Jeune Afrique a choisi de taire le nom. Et pour cause, le jeune homme si fière de sa moustache bien taillée, a été accusé de viol d’une journaliste française. Akhannouch et Aït Akdim ont essayé d’étouffer l’affaire. Une gestion de crise chaotique, qui leur a pété à la gueule. Décidément, Ssi Aziz a le don de choisir ses collaborateurs.

Amina Benkhadra, omerta sur l’autre plus grand scandal de conflit d’intérêt de la carrière d’Akhannouch

Une autre personne clé de la galaxie Akhannouch, que Jeune Afrique a «oublié» de mentionner dans son «publié-reportage» est Amina Benkhadra. Cet «oubli» est volontaire, car il mettrait à nu la triste vérité. Celle de l’autre plus grand scandal de conflit d’intérêt dont lequel Aziz Akhannouch est empêtré jusqu’au cou. Au même titre sinon plus grave que l’entente sur les prix du carburant.

Amina Benkhadra, membre du bureau politique du RNI et présidente de l’organisation des femmes du RNI, n’est autre que la DG de l’ONHYM. L’unique personne qui délivre les permis d’exploration et d’exploitation des gisements d’hydrocarbures du pays. Alors que l’un des principaux bénéficiaires de ces permis est Sound Energy, la société dont laquelle est actionnaire, Aziz Akhannouch à hauteur de 10% et à laquelle il vient d’octroyer à travers Afriquia un prêt de 18 millions de dollars.

Que fait-on également du délit d’initié ? Que penserait les sociétés opérant des recherches au Maroc, s’ils se rendent compte du risque de fuite d’information vers leur concurrent, Sound Energy ?

Hégémonique, Akhannouch ne se contente pas de s’assurer des services d’Amina Benkhadra, il recrute l’ex DRH de la Samir, Mohamed Ghiat, et le propulse président du groupe parlementaire du RNI. Une date morale et politique qui alimente la polémique et les soupçons d’interférence d’Akhannouch dans l’affaire «La Samir».

Amina Benkhadra participe aux côté d’akhennouch en sa qualité du SG du RNI au congrès du Parti populaire européen à Rotterdam -Juin 2022

Ichrak Moubsit, une deepfake

Quand les journalistes d’Africa Intelligence et de Jeune Afrique, louent «le rôle central» de Ichrak Moubsit dans la victoire du RNI aux élections du 8 septembre, c’est ou bien ils ont été payés pour l’écrire ou bien ils ignorent complètement la vérité. Le fait est que cette jeune femme sans aucune expérience autre que le doux cocon aseptisé de l’univers Akhannouch, a sous-traité l’intégralité de la communication aussi bien du ministère de l’agriculture que du RNI à Fatim Zohra Outaghani, l’agence PR Média.

Nos lecteurs doivent savoir que l’entourage proche de Aziz Akhannouch, est un véritable panier à crabes. Des individus souvent faibles en compétence qui se haïssent et cherchent systématiquement à se nuire les uns les autres. Ils sont grassement payés, souvent mieux que des ministres et vivent dans le faste de leur bienfaiteur, le milliardaire Akhannouch.

Au premier vol dans le Jet privé personnel du patron, la perversion s’installe, poussant progressivement ces individus à la transgression des limites de la loi morale, juridique et symbolique.

Exemple concret de l’état d’esprit des membres de l’équipe Akhannouch, est ce message laissé par Ichrak Moubsit sur le mur de la compagnie aérienne Air France. Outre le fait qu’une simple conseillère dans un cabinet ministériel, dont le salaire officiel ne dépasserait pas 10.000 dh, puisse se payer un billet aller-retour, Casa-Paris-New York- San Francisco, cette interaction avec la compagnie française est la parfaire illustration de cette perversion qui gangrène la galaxie Akhannouch.

Cette ambiance de faste, de paillette, de gabegie, de luxe et de jets privés, contrastait avec le sérieux de l’agence d’image historique d’Akhannouch, Arietis. Ichrak Moubsit ne pouvait supporter le gap intellectuel et métier manifeste de la fondatrice de cabinet, Mouna Yacoubi. Un sentiment d’infériorité, qui a donné lieu au recrutement de PR Média, l’agence de Yan & One et d’Afriquia. L’agence de la copine à Mme Akhannouch.

L’entrée en scène de PR Média, va chambouler la communication du ministre Akhannouch. Progressivement, Fatim Zohra Outaghani va installer une machine de propagande et d’événementiel. Exit la stratégie, la politique et la retenue, welcome aux paillettes et aux influenceurs.

C’est ainsi, que nous avons assister à des aberrations de communication, quand des bimbos d’Instagram alternaient une story sur le dernier arrivage mascara Yan & One, un «3acha Aziz Akhannouch» et la vente privée de l’étage luxe du Morocco Mall.

PR Média a gagné beaucoup d’argent grâce à Aziz Akhannouch et à Ichrak Moubsit. Rien que pour le contenu du site web du ministère de l’agriculture, le contribuable marocain a décaissé pas moins de 4 millions de dhs. Sic!

Quand au déploiement terrain de la campagne électorale, c’est Amine Faris, le numéro 2 de PR Média qui va gérer toute la campagne d’Akhannouch. Laissant Ichrak Moubsit vaquer à ses occupations personnelles, notamment le dépôt de la marque «Morocco Heritage» avec le co-fondateur d’Africa Advisors, Belrhiti Talal, pour la commercialisation de tous les produits qui rentrent sous tutelle du Ministère de l’agriculture.

D’ailleurs, tout l’engagement électoral de Moubsit se résume en ces orphelins posts Facebook.

L’euphorie de l’action et la proximité quotidienne avec les équipes d’Akhannouch ont fini par pervertir davantage PR Média.

Être l’agence officielle du parti du futur Chef de Gouvernement, de son ministère et de tous ses business, ça monte vite à la tête.

En effet, en plein crise sanitaire, Amine Fares, gonflé à mort par les réunions avec Akhannouch, l’ami du Roi, s’est mis dans la tête de mener une campagne médiatique hostile contre les forces de l’ordre et les autorités de Casablanca. Un propriétaire de l’un bars huppés de la ville, a mandaté PR Média pour dénoncer dans la presse les descentes des autorités qui contrôlaient le respect des règles sanitaires dans les endroits fermés.

On marche sur la tête. PR Média, l’agence du futur Chef du gouvernement appel à l’insurrection et au non respect de l’urgence sanitaire !

Chouf TV se charge d’adresser le carton jaune à l’agence d’Akhannouch et signifie clairement à Fatim Zahra Outagani et à Amine Fares le terrain glissant sur lequel ils se sont engagés.

PR Média réagit à cette alerte avec le même esprit d’indifférence et de suffisance d’Aziz Akhannouch dans sa gestion des affaires de l’Etat.

Quelques semaines plus tard, toujours grâce à la proximité d’Akhannouch, PR Média décroche, dans des conditions encore confuses, le marché de la campagne nationale de sensibilisation à la vaccination contre le Covid-19 .

Amine Fares prend le téléphone et appelle les supports de presse concernés par la campagne. La condescendance et le ton hautin du numéro deux de PR Média vont finir par irriter les directeurs de publication des journaux les plus influents de la place.

Ainsi, pour la première fois de l’histoire du Royaume, la presse se met en ordre de bataille et annonce son refus catégorique d’adhérer à une campagne nationale de l’Etat. «Il faut d’abord combattre PR Média avant de combattre le Covid» écrit Driss Chahtane dans un édito assassin sur Chouf TV.

La réaction saine de la presse a eu son effet immédiat. Le marché est officiellement retiré à PR Média.

Ichrak Moubsit n’a pas seulement pervertit PR Média et Amine Faris mais également la pratique journaliste dans le pays. Des montants astronomiques ont été déversés dans la presse tout le long des quatre années de la campagne d’Akhannouch. On parle d’une enveloppe de 500 millions de dirhams qui aurait été mise sur la table. L’effet anesthésiant de cette montagne d’argent a atténué la critique et a saturé le paysage avec du contenu pro-Akhannouch.

La stratégie de l’enveloppe est devenue la règle.

Pour avoir une idée sur les budgets dont disposaient Ichrak Moubsit et PR Média durant la campagne électorale, nous vous invitons à revenir à l’un des vidéos de Mayssa Salama Naji. La virulente opposante au Chef du Gouvernement, déclare avoir été contactée par Amine Fares qui lui a proposé 1 millions de dirhams uniquement pour qu’elle se taise!!

Mais le premier test qui va révéler au grand jour la supercherie Ichraq Moubsit est l’organisation de la première sortie médiatique du Chef du Gouvernement, sommé par l’opinion publique de sortir de son terreau et de présenter son bilan des 100 jours. Le résultat est un naufrage médiatique et politique monumental.

Pire, Ichrak Moubsit va ruiner la réputation de Aziz Akhannouch. Elle va tellement l’exposer aux journalistes, payés au prix fort pour l’aider à préparer l’interview, qu’une fois l’entretien est diffusé, les langues vont se délier. Ce qui nous a été remonté est scandaleux. «Trois jours qu’on répète, il n’a rien retenu. Il est vraiment …» a confié l’un des coachs.

Ichrak Moubsit a également été l’architecte de la plus grande humiliation d’un parti politique dans l’histoire du pays. Elle a eu l’ingénieuse idée de regrouper l’ensemble des parlementaires du RNI après la fin de la 1ère session parlementaire pour des ateliers de formation et de média training.

Sauf que, ces parlementaires souvent transfuges d’autres partis, se sont retrouvés face à des journalistes qui leur apprenaient le béaba de la pratique politique et leur tirer les oreilles sur leur manque d’engagement pour le parti. Puis face au directeur stratégie de PR Média, un gamin reconverti en donneur de leçon et de marketing politique.

Au bout de trois journées logés, nourris, et insultés, dans de grands palaces, ils ont eu droit à la question fatidique «Pourquoi vous ne défendez pas notre Président? », puis à la consigne et l’objectif premier de cette rencontre «Il faut désormais défendre Aziz Akhannouch».

Morale de l’histoire, Aziz Akhannouch n’est pas apte à gérer le pays. Il doit présenter sa démission et doit surtout rendre des comptes.

Exclusif : Entretien avec Ronen Tzur, le faiseur des rois en Israël

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Retenez bien son nom! Ronen Tzur, car vous risquez d’entendre parler de lui dans un futur très proche. De par le monde, nombreux sont ceux qui, dans les arts, les affaires ou la politique, cherchent le soutien de cet expert international en gestion de crise. Il est israélien, de mère marocaine. Il était en visite privée au Maroc et s’est livré dans un entretien exceptionnel à le1.ma.

Ronen Tzur est l’«Olivia Pope» israélien. L’homme que tout Israël courtise pour bénéficier de ces talents et de son expertise de «réparateur» d’image et de faiseur de rois des affaires et de la politique.

À 52 ans, Ronen Tzur est à la tête de la plus importante agence de Relations Publiques de l’Etat hébreu. Il réunit actuellement près de 300 clients dans son portefeuille. Parmi eux, on retrouve à la fois des entreprises publiques, semi-publiques et privées israéliennes et américaines, des hommes politiques de tout bord ainsi que des hommes d’affaires et décideurs du monde entier.

Parmi eux, on retrouve la Fondation Rothschild, Bombardier, Oracle Israel, ainsi que le célèbre producteur hollywoodien, Arnon Milchan, qu’on lui doit des films cultes, tels que «Pretty Woman», «Fight Club» ou «Bohemian Rhapsody».

Ronen Tzur est connu pour être un excellent conseil aux politiques. Plusieurs responsables du paysage politique israélien lui doivent leur succès, notamment l’ancien président Moshe Katsav et l’actuel ministre de Défense israélien, Benny Gantz. Ce dernier, lui a confié la gestion de son lancement dans la politique avec la création de son parti Bleu et blanc et la direction de ses trois dernières campagnes électorales face à Netanyahu.

Puissant et redoutablement efficace, Ronen Tzur est une personnalité qui a forgé sa carrière politique dans la discrétion. Une stratégie qui s’est avérée payante quand il a pris en charge des missions complexes et sensibles qui avaient largement occupé l’opinion publique israélienne. Des crises hautement médiatisées qui lui ont valu le surnom de «l’homme des situations impossibles».

Engagement politique de centre-gauche

Ronen Tzur avait 21 ans quand il rejoint le Parti travailliste, une formation politique de centre-gauche couramment appelé HaAvoda. Il a été coordinateur de la faction travailliste de la Knesset durant le mandat de Premier ministre d’Yitzhak Rabin.

Tzur a également été Directeur général du «Mouvement pour l’insertion des soldats démobilisés», Conseiller de Raanan Cohen, membre de la Knesset et ancien secrétaire général du Parti travailliste, Président de la jeune équipe du Parti travailliste et Conseiller du ministre de la Défense Benjamin Ben-Eliezer et Yuli Tamir, ministre de l’Intégration.

Un homme déterminé et intransigeant

Tous ceux qui l’ont côtoyé, proches, responsables politiques et journalistes le décrivent comme «très déterminé» et «un stratège de la communication de crise».

Ils le dépeignent aussi comme très exigent et particulièrement intransigeant.

«Les gens nous qualifient d’agressifs et de cyniques. C’est bien. C’est notre statut sur le marché. Nous n’embrassons pas ce statut tous les jours, mais c’est la réalité», avait déclaré Ronen Tzur au Jerusalem Post en 2007, défendant son client, l’ancien président israélien Moshe Katsav.

Quelques mois plus tard, il rompt son contrat avec ce dernier, pour «non-respect de la feuille de route proposée par son agence». Katsav avait tenu à organiser une conférence de presse malgré les objections de son conseiller. Depuis, la réputation de Tzur n’a cessé de grandir, franchissant les frontières de son pays.

Toujours sur les colonnes du Jerusalem Post, un de ses anciens collaborateurs témoigne d’une autre facette de sa personnalité : créativité et «Sky is not the limit».

« Ronen Tzur était mon mentor. Il m’a chargé de gérer la crise des importateurs de voitures au sujet de la taxe verte, puis plus tard la crise des ingénieurs, que d’aucun n’en voulait. Avec lui j’ai appris que la créativité et l’esprit d’analyse sont les maîtres mots du jeu et que le ciel n’est pas la limite », s’est-il confié.

Ashkénaze de naissance, Marocain de coeur

Ronen Tzur est né en Israël le 27 juillet 1969 de père polonais, un juif Ashkénaze, et d’une mère marocaine séfarade. Ses origines maternelles vont influencer sa vie personnelle, puisqu’il choisit pour son premier et son second mariage, des épouses marocaines.

«Il est ashkénaze mais son coeur est Marocain», explique un de ses proches amis qu’il l’accompagnait durant sa dernière visite à Marrakech et à Rabat.

Tzur est père d’une fille. Il vit à actuellement à Ramat Hasharon, une ville de la banlieue nord de Tel Aviv, située entre Tel Aviv et Herzliya, Fondée en 1923 par des immigrants venus de Pologne.

Entretien exclusif avec Ronen Tzur

Nous avons rencontré, Ronen Tzur à Rabat autour d’un dîner organisé par une personnalité marocaine de confession juive, de renommée internationale.

L’humeur était celle d’un calme stoïque, en grande partie influencée par l’aura très particulière que dégage notre hôte ainsi que la posture de son invité israélien.

Il faut dire que Ronen Tzur a un physique qui ne laisse pas indifférent : taille haute, silhouette athlétique et longiligne, visage tranchant, illuminé d’un regard d’acier.

Une allure qui contraste avec la simplicité et la disponibilité dont il a fait preuve suite à notre sollicitation d’interview.

> Le1.ma : Bonsoir M. Tzur. Merci d’avoir accepté de répondre à nos questions.

Alors, on va commencer tout de suite si vous le voulez bien. Est-ce la première fois que vous voyagez au Maroc ?

Ronen Tzur : En effet, c’est ma première visite au Maroc pour quelques jours et pour des réunions importantes. C’est une visite passionnante en raison du contexte familial et personnel et du fait que ma mère est née au Maroc, à Casablanca. J’ai découvert un pays et des gens chaleureux et intelligents et avec une forte force intérieure. J’en garde une grande impression. C’est sur, je reviendrai pour de nombreuses autres visites au Maroc.

> Le1.ma : Quel est l’objet de votre visite ? Êtes-vous venus en vacance ou en Affaires ?

Ronen Tzur : Je suis venu au Maroc à l’invitation de mes bien-aimés et chers frères, Rabbi Josiah Pinto et Rabbi Menachem Pinto qui sont comme une famille pour moi et ma famille. J’ai rencontré ici des personnes chères et impliquées dans la vie communautaire et le monde des affaires, afin d’explorer comment renforcer la coopération économique entre les entreprises leaders en Israël et les entreprises leaders du Maroc. J’ai constaté qu’il y a un très grand intérêt pour les partenariats, mais aussi un énorme manque de connaissances et de contacts personnels, et j’ai l’intention de me consacrer à ces aspects.

> Le1.ma : L’énergie, le dessalement d’eau, l’agriculture et les nouvelles technologies sont autant de secteurs qui attirent les investisseurs étrangers au Maroc. Pourtant, les échanges économiques avec Israël n’ont pas dépassé les 130 millions de dollars. A votre avis quels sont les freins aux échanges commerciaux entre les deux pays ?

Ronen Tzur : Il est incroyable que le volume des échanges entre les deux pays soit si faible. Il y a des entrepreneurs talentueux et intelligents des deux pays qui ne se sont pas encore rencontrés, qui n’ont pas été exposés aux différentes options et c’est pourquoi les collaborations sont si peu développées. Je suis sûr qu’ensemble, guidés par la vision éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et avec la bénédiction du Rabbin Pinto et son fort désir de voir le Maroc réussir et se développer, nous pouvons changer cette réalité.

> Le1.ma : Le Royaume du Maroc sous l’impulsion du Roi Mohammed VI et son engagement personnel s’est imposé comme un hub économique entre l’Afrique et le monde. Pourquoi le tissus économique israélien ne s’y est pas encore investi ?

Ronen Tzur : En vérité, je n’ai pas de réponse précise à cette question. Il arrive que le potentiel soit découvert tardivement et j’ai le sentiment que nous sommes à la veille d’une percée significative. Dans les conversations que j’ai eues récemment, il m’est apparu clairement que les dirigeants des principales entreprises d’Israël sont très intéressés à venir au Maroc et à ouvrir des centres d’affaires communs. Il ne fait aucun doute que Sa Majesté le Roi Mohammed VI a fait du Maroc un pays très influent et important sur la scène internationale et les entrepreneurs israéliens ont un grand intérêt pour le Maroc.

> Le1.ma : Quelles est votre évaluation de la reprise des relations diplomatiques enter Rabat et Tel-Aviv dans le cadre de l’accord tripartite Maroc-USA-Israël ?

Ronen Tzur : D’après ce que je sais des dirigeants israéliens, ils ont un grand intérêt à améliorer les relations avec le Maroc et je n’ai aucun doute sur le fait que les choses progressent de manière responsable et graduelle, en tenant compte des différentes sensibilités.

> Le1.ma : Le paysage politique israélien est très instable depuis 2019. La pays va vivre son 5e scrutin législatif en trois ans et demi. Pensez-vous que Netanyahu a des chances de revenir au pouvoir ?

Ronen Tzur : La structure politique en Israël souffre d’une grande instabilité en raison de la multiplicité des partis et des désaccords entre les différents acteurs qui composent le parlement. Nous sommes très proches d’une décision finale. Si Netanyahou forme un gouvernement, il aura encore quelques années au pouvoir, après quoi, il devra se retirer. S’il ne parvient pas à former à nouveau un gouvernement, il n’aura d’autre choix que de démissionner et la stabilité politique reviendra alors. Personnellement, je ne vois pas la possibilité qu’il obtienne une majorité pour former un gouvernement.

> Le1.ma : Ayelet Shaked et Benny Gantz ont été chaleureusement accueillis au Maroc. Pensez-vous que le Maroc est devenu un pays qui compte dans le jeu politique israélien ? A votre avis, lesquels des deux candidats a plus de chance de diriger le prochain gouvernement ?

Ronen Tzur : Il ne fait aucun doute que les principaux dirigeants politiques d’Israël considèrent le Maroc comme un axe central dans la région et, en l’honneur du Roi, comme le dirigeant qui peut servir de médiateur et aider à résoudre les conflits régionaux. Pour le moment, la candidature de Bnei Gantz semble plus forte mais il est encore loin de former un gouvernement. La situation de Shaked est plus problématique et pour le moment, il n’est pas certain qu’elle soit élue au Parlement.

> Le1.ma : Dernière question, les femmes qui comptent dans votre vie sont toutes marocaines. Est-ce l’expression de votre côté marocain ?

Ronen Tzur, esquissant un large sourire : Il est vrai que ma mère est née à Casablanca, et la mère de ma fille est d’origine marocaine et ma fille est en fait d’origine marocaine presque complète. Et j’ai un secret pour vous : mon père est né en Pologne, mais sa personnalité est complètement marocaine, donc nous soupçonnons qu’il ne nous dit pas toute la vérité.

Entretien réalisé par Nawfal Laarabi à Rabat – Juin 2022

INSS : La visite de Joe Biden au Moyen-Orient, une occasion en or!

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Il aura fallu près de dix-huit mois au président Joe Biden, qui arrive ce mercredi à Jérusalem au début d’un court voyage régional au Moyen-Orient, pour programmer une visite dans la ville sainte d’Al Qods. Il se rendra ensuite en Arabie saoudite. Son prédécesseur, Donald Trump, avait fait de Jérusalem l’une de ses premières destinations étrangères, s’y rendant quatre mois après son installation à la Maison Blanche. Pour se différencier de Trump, Biden s’est efforcé d’atténuer l’intensité de l’attitude de l’administration précédente à l’égard d’Israël et de rééquilibrer les relations avec les Palestiniens. Dans ce contexte, les chercheurs de l’Institute for National Security Studies (INSS) de l’université de Tel-Aviv, ont publié un rapport sur cette importante visite. Selon l’étude, le voyage du président Biden en Israël, qui vise à souligner l’engagement des États-Unis en faveur de la sécurité d’Israël, offre «une occasion en or pour Jérusalem» sur des questions telles que l’Iran, la campagne de l’entre-deux-guerres et l’Arabie saoudite. Le plus riche pays arabe figure également sur l’itinéraire de Joe Biden durant lequel le président tentera d’obtenir des gains économiques immédiats.

The Institute for National Security Studies (INSS) est classé premier groupe de réflexion en Israël, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Dirigé par l’ancien chef de la direction du renseignement militaire de l’armé israélienne (Tsahal), le général de division Tamir Hayman, l’INSS concentre ses recherches et ses travaux sur la sécurité et les affaires militaires et stratégiques au Moyen-Orient, ainsi que sur la cyberguerre.

Le général de division, Tamir Hayman, Directeur Général de l’INSS.

Dans l’un de ses derniers rapports rendus publics, le centre de recherche explique dans le détail les enjeux de la visite tant attendue du président américain au Moyen-Orient. Joe Biden ayant programmé deux escales importantes, la première en Israël et la seconde en Arabie saoudite, INSS analyse avec beaucoup de pragmatisme l’objectif de chacune de ces escales.

«La prochaine visite du président Biden en Israël reflète son désir de démontrer une fois de plus son engagement exceptionnel envers Israël, tandis que sa visite en Arabie saoudite vise à faire avancer les intérêts américains immédiats : influencer les prix du pétrole, restaurer la position des États-Unis au Moyen-Orient et étendre la coordination militaire régionale vis-à-vis de l’Iran», explique d’emblée le tank tank.

Lors de ses rencontres avec les dirigeants palestiniens, le président réitérera son engagement en faveur d’une solution à deux États, mais on ne s’attend pas à une percée politique, affirme l’INSS. Dans le changement d’approche de l’administration vis-à-vis de l’Arabie saoudite, il existe une opportunité pour Israël de démontrer son potentiel en tant qu’atout et de bénéficier des possibilités qui en découlent.

L’Iran sera au centre de la visite du président dans la région, souligne le rapport. L’avenir de l’accord nucléaire n’est toujours pas clair, et l’administration est consciente de la nécessité de se préparer à une réalité où il n’y aurait pas d’accord et où l’Iran poursuivrait un programme nucléaire actif.

Une coordination étroite entre Israël et les États-Unis est impérative, alertent les rédacteurs du rapport. Israël devrait s’efforcer avec l’administration Biden de définir des lignes rouges, et des réponses politiques, économiques et militaires si elles sont franchies. En outre, Israël devrait s’assurer du soutien continu des États-Unis à la «campagne entre les guerres» et, en coordination avec les États arabes, souligner la valeur de la présence américaine en Irak et en Syrie.

INSS ne croit à aucun développement de la question palestinienne

Le président américain Joe Biden s’envole ce mercredi au Moyen-Orient pour une visite de trois jours du 13 au 16 juillet 2022. Il se rendra en Israël et sur le territoire de l’Autorité palestinienne, puis s’envolera directement pour Djeddah, en Arabie saoudite, où il rencontrera les dirigeants saoudiens et assistera à un sommet du CCG+3, composé des dirigeants du Conseil de coopération du Golfe, auxquels se joindront les chefs d’états égyptiens, jordaniens et irakiens.

INSS estime qu’au vu de la conjoncture internationale et de la fragilité du paysage politique israélien, Biden ne compte pas à arracher une quelconque avancée sur le dossier palestinien.

La décision de Biden de se rendre en Israël, prise il y a quelques mois et avant que l’Arabie saoudite ne soit ajoutée à l’itinéraire, reflète avant tout son désir de souligner une fois de plus son engagement personnel exceptionnel envers Israël, et sa volonté de «renforcer l’engagement inébranlable des États-Unis envers la sécurité et la prospérité d’Israël», écrit INSS.

«L’importance de la visite réside dans son occurrence même, d’où son intention de faire le voyage malgré les développements politiques en Israël» analyse le rapport.

Lors des réunions avec les dirigeants palestiniens, l’administration réitérera son engagement en faveur d’une solution à deux États, mais il n’y a aucune attente d’une percée politique.

Visiter Israël, une importance personnelle de Biden. Visiter l’Arabie saoudite, une priorité pour son administration

Si la visite en Israël est importante pour Biden sur le plan personnel, souligne le rapport de l’INSS, l’administration américaine, attache par contre beaucoup d’importance à la réussite de la visite en Arabie saoudite.

Le président a accepté cette visite après de longues délibérations et conscient des critiques considérables qu’elle suscite, principalement sur la scène intérieure américaine, compte tenu de la position ferme de Joe Biden concernant l’implication du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane dans le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi.

Cependant, la réalité géostratégique émergente pousse l’administration à privilégier une approche réaliste plutôt que «l’attachement aux valeurs». La crise économique mondiale, causée en partie par la guerre en cours en Ukraine, affecte directement les États-Unis, faisant atteindre de nouveaux sommets à l’inflation et renforçant les craintes d’une grave récession.

Les élections de mi-mandat au Congrès en novembre 2022 et le risque palpable de perdre la majorité démocrate ont fait comprendre à l’administration Biden qu’un changement d’approche est nécessaire, notamment dans la stratégie concernant le Moyen-Orient, afin d’avoir un impact positif sur les prix du pétrole. Néanmoins, il est encore trop tôt pour évaluer si cela représente un renversement des priorités de l’administration et une nouvelle volonté et capacité à investir des ressources dans la région.

Objectifs de la rencontre Biden-MBS

De nombreuses questions figurent à l’ordre du jour américano-saoudien et il est peu probable qu’il soit possible de toutes les résoudre au cours de la visite, estime l’INSS.

Toujours selon le Think tank, les objectifs de la visite sont les suivants :

Baisse des prix du pétrole

Joe Biden cherche à obtenir une baisse des prix du pétrole grâce à un engagement clair de l’Arabie saoudite à augmenter sa production au fil du temps.

Selon l’administration Biden, un tel engagement, même s’il n’a pas d’impact immédiat sur les prix, véhiculera une stabilité qui aura un impact positif à long terme.

Restaurer la position des États-Unis au Moyen-Orient

L’administration Biden veut restaurer la position des États-Unis au Moyen-Orient et faire comprendre aux pays arabes, et en particulier aux pays du Golfe, qu’ils peuvent compter sur les États-Unis comme principal allié. Cela remettrait en cause l’idée qui s’est développée au cours de l’année écoulée selon laquelle les États-Unis se déconnectent du Moyen-Orient, et l’intention consécutive des pays de la région de se tourner vers l’Est, notamment vers la Chine.

Alignement sur le dossier iranien

Biden souhaite établir un plan pour étendre la coopération avec les pays du Golfe et d’autres pays arabes sur la question de l’Iran, autant que possible en coordination avec Israël.

«Il est clair pour l’administration Biden que dans un contexte où les perspectives de renouvellement de l’accord nucléaire sont minces et où l’Iran continue de progresser dans son programme nucléaire – et même si un accord est conclu – les pays de la région attendent des États-Unis qu’ils présentent un plan d’action qui préservera leurs intérêts», souligne le rapport de l’INSS.

Et d’ajouter : «Il semble que l’administration ait également intérêt à partager la charge du traitement de l’Iran avec les États de la région et à les empêcher de prendre des directions qui ne correspondent pas aux intérêts américains».

Normalisation entre l’Arabie saoudite et Israël

Selon l’INSS, l’administration américaine voudrait faire progresser les mesures de normalisation régionale, notamment entre l’Arabie saoudite et Israël.

À ce sujet, le think tank rapporte les déclarations de personnalités américaines faisant état d’une feuille de route pour la normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite, qu’aurait préparer l’administration Biden.

De hauts responsables de la défense d’Israël et d’Arabie saoudite se seraient récemment rencontrés en Égypte sous les auspices des États-Unis, révèle l’INSS.

«Il a également été rapporté que, lors de sa visite, le président Biden discuterait avec ses hôtes d’une vision pour une défense antimissile et navale intégrée» affirme la même source.

Une dossier que les rédacteurs de l’INSS croient être d’une grande importance pour le président Biden. Il est primordial qu’avant les élections de mi-mandat, il soit crédité de l’avancement de cette mesure politique réussie, ont-ils écrit.

Recommandations pour Israël

  1. Faire comprendre à la région que les États-Unis ne se désengagent pas de la sécurité d’Israël

La visite du président Biden en Israël est une étape importante qui devrait contribuer de manière significative à faire comprendre dans la région et au-delà que les États-Unis continuent de soutenir Israël et que les dirigeants américains sont engagés dans la sécurité et le bien-être d’Israël.

Ce message revêt une importance particulière à l’heure actuelle, étant donné le sentiment dominant que l’administration est désireuse de se déconnecter de la région. Même si la visite est principalement symbolique, elle s’inscrit dans une longue série d’entretiens tenus au cours de l’année écoulée qui symbolisent la direction que l’administration esquisse et l’importance qu’elle accorde au dialogue permanent à tous les niveaux avec le gouvernement israélien.

  1. Garder de bonnes relations avec l’administration Biden

Israël a un intérêt évident à maintenir le pragmatisme et l’intimité qui caractérisent les relations actuelles, d’autant plus que l’administration Biden a pris soin de ne pas utiliser les désaccords comme un moyen de pression. Pour sa part, Israël doit veiller à ce que sa conduite se poursuive dans cet esprit.

«Le dialogue discret engagé entre Israël et les Etats-Unis depuis un an a permis une présentation franche des positions, même contrastées».

Sans faire référence à la méthode de Benjamin Netanyahu dans la conduite des relations avec Washington, INSS recommande au gouvernement israélien de maintenir le dialogue avec l’administration Biden tout adoptant des positions fermes quand à l’intérêt suprême d’Israël.

«Les deux pays (Israël et les Etats-unis, ndlr) doivent comprendre clairement les intérêts partagés et divergents. Ils doivent se doter de la capacité de surmonter les désaccords et de formuler une politique commune est dans l’intérêt suprême d’Israël» souligne le rapport du Think tank.

Dans ce contexte, il est recommandé que les décideurs en Israël aient une image claire des intérêts et des priorités de l’administration américaine, notamment dans le contexte de la concurrence avec la Chine et de la guerre en Ukraine, et que la politique israélienne tienne compte de ces intérêts autant que possible.

«L’objectif est de renforcer la compréhension de l’administration, et du Congrès, qu’Israël est un allié des États-Unis tout comme les États-Unis sont un allié d’Israël», précise la même source.

  1. Imposer ses lignes rouge à Biden vis-à-vis l’Iran

La question de l’Iran sera au centre de la visite du président dans la région. Malgré la reprise des négociations sur l’accord nucléaire, il est loin d’être certain qu’un accord sera conclu.

L’administration Biden est consciente qu’elle doit se préparer à une réalité où il n’y aurait pas d’accord, alors qu’un programme nucléaire actif se poursuit en Iran.

Une coordination étroite entre Israël et les États-Unis est impérative, et avec l’administration, Israël devrait s’efforcer de définir des lignes rouges ainsi que de convenir à l’avance de réponses politiques, économiques et militaires si elles sont franchies.

En parallèle, il est essentiel d’analyser les risques et les opportunités si l’accord est renouvelé. En même temps, la visite de Joe Biden devrait refléter la poursuite de la planification conjointe concernant une campagne contre l’Iran.

Même si Israël peut développer la capacité d’agir de manière indépendante, il est très important de renforcer la coordination avec les États-Unis dans la sphère opérationnelle et le soutien américain aux actions israéliennes, en partie comme levier sur l’Iran.

La guerre en Ukraine a prouvé qu’il existe sur la scène internationale une intolérance à l’égard des agressions militaires unilatérales (et c’est ainsi que toute opération militaire en Iran sera perçue par ceux qui la regardent depuis les coulisses).

INSS

Que l’accord nucléaire soit renouvelé ou non, la visite du président Biden vise également à renforcer la coordination régionale face aux efforts continus de l’Iran pour s’implanter dans toute la région et pour étendre son utilisation de missiles et de drones. Sur cette question, il est important d’assurer le maintien du soutien américain à la «campagne d’entre-deux-guerres» d’Israël et, en coordination avec les pays arabes, de souligner au président l’intérêt de maintenir la présence américaine en Irak et en Syrie.

Priorité pour la normalisation avec l’Arabie saoudite. L’Otan Moyen-oriental peut attendre

«La visite de Joe Biden a le potentiel d’approfondir la tendance à la normalisation entre Israël et les pays arabes en général, et l’Arabie saoudite en particulier» affirme le rapport de l’INSS.

Même si les chances d’établir une alliance régionale de l’OTAN sont faibles, la formulation d’une feuille de route pour des relations plus étroites entre Israël et l’Arabie saoudite est stratégiquement importante pour toutes les parties.

Pour sa part, Israël ferait bien de s’attacher à trouver des idées de mesures secrètes et publiques qui permettraient aux Saoudiens de franchir plus facilement le Rubicon et de faire progresser les relations bilatérales à un rythme qui leur convient. Une percée dans les relations israélo-saoudiennes serait considérée comme un juste retour des choses pour les efforts du président Biden, recommande l’INSS.

«La visite du président Biden en Israël et dans la région est l’occasion de renforcer la sécurité nationale d’Israël sur la base d’une démonstration claire et prononcée de l’engagement des États-Unis à son égard. Le changement d’approche de l’administration à l’égard de l’Arabie saoudite – bien qu’il soit le résultat de nouvelles circonstances internationales – comprend une opportunité pour Israël de démontrer son potentiel en tant qu’atout et de bénéficier des possibilités que ce changement implique» conclut le rapport.

Les six commandements d’Ahmed Charaï pour forcer Poutine à quitter l’Ukraine

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Comment faudrait-il mettre fin à la guerre qui s’éternise ? Fissuré, le front atlantiste peut-il forcer la Russie de Poutine à quitter l’Ukraine sans escalade aucune ? Des questions qui nous taraudent l’esprit et auxquelles, le directeur de publication du The Jerusalem Strategic Tribune, M. Ahmed Charaï propose une batterie de recommandations. Articulée autour de six axes, la vision de M. Charaï défend le principe d’unité internationale pour soutenir une Ukraine indépendante, souveraine et démocratique. Il plaide également pour un rôle plus engagé et une politique étrangère cohérente des États-unis pour maintenir et promouvoir un ordre international juste et durable.

Lorsque la Russie de Poutine a envahi l’Ukraine le 24 février dernier, elle espérait s’emparer du pays en une attaque éclair qui ne durerait que quelques jours ou quelques semaines. De nombreux analystes occidentaux le pensaient aussi.

Il n’y a pas eu de victoire rapide pour les puissantes forces du président russe Vladimir Poutine, pas de déroute qui permettrait au Kremlin de contrôler la majeure partie de l’Ukraine et d’établir un gouvernement.

Au lieu de cela, les troupes russes se sont enlisées dans les faubourgs de Kiev et d’autres grandes villes, au milieu de défenses ukrainiennes très solides. Les convois de blindés russes semblaient bloqués sur de longs tronçons d’autoroute. Les troupes se sont retrouvées à court de fournitures et d’essence, devenant des cibles faciles.

Un peu plus d’un mois après l’invasion, la Russie a effectivement reconnu l’échec de son blitz et a retiré ses troupes des zones proches de Kiev, déclarant un changement d’orientation vers la région industrielle orientale du Donbas, où les séparatistes soutenus par Moscou combattent les forces ukrainiennes depuis 2014.

«La guerre a commencé, dans l’esprit du président russe Vladimir Poutine, par deux grandes idées fausses. La paix ne viendra que lorsque le dirigeant russe admettra qu’il s’est trompé à leur sujet» entame Ahmed Charaï son analyse parue ce jeudi sur la revue américaine The National Interest.

«Poutine pensait pouvoir s’emparer de Kiev en deux jours. Il croyait que l’Ukraine était essentiellement une grande Biélorussie, où le nationalisme est tiède et désorganisé, et où l’incursion armée de Poutine, en faveur d’une marionnette russe impopulaire, était plus courte que la plupart des vacances européennes», poursuit l’éditorialiste.

M. Charaï affirme que le président russe s’attendait à ce que ses forces allait rencontrer une résistance symbolique en Ukraine et que son commandement total allait prendre peu de temps à s’établir.

«Si la résistance de l’Ukraine était farouche, il s’attendait à une répétition de la prise de la Crimée en 2014 – une guerre sanglante mais brève où l’Occident n’a tiré que des démarches diplomatiques, plutôt que d’expédier des roquettes et des obus d’artillerie à la tonne», souligne-t-il.

Les paris ratés de Poutine

Poutine imaginait également que son impressionnant et terrible déploiement de force intimiderait ou disperserait l’Union européenne et, par extension, l’OTAN. Les exportations de gaz de la Russie, il le savait, étaient vitales pour certains membres de l’UE, en particulier l’Allemagne, la plus grande économie d’Europe continentale et son bloc le plus important au Parlement européen.

La maître du Kremlin, écrit M. Charaï, a bâti sa stratégie d’invasion sur des paris qui se sont tous avérés perdants:

  • Enérgie

Poutine a parié sur le fait que les Européens ne reviendraient jamais sur la fermeture de leurs centrales nucléaires et à charbon, qu’ils n’augmenteraient pas leurs importations de gaz naturel en provenance des États-Unis et du Qatar et qu’ils ne prévoiraient pas de nouveaux pipelines en provenance d’Afrique du Nord ou du Proche-Orient.

«Il pensait que les sentiments pro-environnementaux de l’Europe rendaient ces changements impensables», affirme M. Charaï.

  • Militarisation de l’Allemagne et du Japon

Le plus choquant pour la pensée d’avant-guerre de Poutine a dû être le renversement abrupt de plus de soixante-dix ans de consensus sur les dépenses militaires en Allemagne et dans le lointain Japon. Longtemps soucieux de montrer au monde qu’ils ne seraient jamais des puissances militaires du type de celles de la Seconde Guerre mondiale, ces deux pays ont soudainement annoncé des budgets plus importants pour leurs forces armées, notamment les augmentations les plus fortes observées depuis la fin de la guerre froide.

Alors, comment le monde peut-il influencer Poutine pour qu’il se retire et non pour qu’il y ait une escalade ?

Les six commandments d’Ahmed Charaï

  1. Unité Internationale

La stratégie occidentale au début de l’invasion russe était essentiellement axée sur le fait de faire payer cher à Poutine sa guerre, car on le croyait pouvoir arracher rapidement une victoire. Cependant la résistance ukrainienne, fortement soutenue médiatiquement, financièrement et militairement par les États-Unis, le Royaume-Unis et d’autres pays de l’OTAN, a changé la donne. Poutine a été obligé de procéder à un retrait humiliant pour concentrer ses frappes dans l’Est et le sud du pays.

La guerre se prolonge et les crises alimentaires et énergétiques éclatent. C’est à ce moment là que les fissures dans le « bloc occidental » ont commencé à apparaître.

Deux groupes de pays au sein de l’UE vont émergés. La « nouvelle Europe », nom donné par Donald Rumsfeld, ancien secrétaire d’Etat nord-américain, au groupe de la Pologne et des pays baltes et la « vielle Europe » composée de la France, de l’Italie et de l’Allemagne.

Les États de la « nouvelle Europe » qui comptent sur le soutien de Washington ont adopté une posture très dure à l’égard de Poutine et voient dans l’invasion de l’Ukraine une menace directe pour leur sécurité. Les États-Unis utilisent, d’ailleurs, cette position pour poursuivre ses objectifs propres.

Si ce premier groupe fait de la défaite de Poutine un objectif, l’autre bloc européen estime que la Russie russe ne devrait pas être humiliée. l’axe Paris-Berlin-Rome, souhaite la victoire de l’Ukraine mais ne conçoit pas Moscou en dehors de tout nouvel ordre de sécurité construit en Europe.

C’est précisément cette désunion de l’Europe et d’autres pays de la planète que M. Ahmed Charaï estime être l’un des freins à la fin de la guerre.

« Le monde doit s’unir pour soutenir l’Ukraine en tant que pays indépendant, souverain et démocratique. L’annonce récente par l’Allemagne de son soutien à l’intégrité territoriale de l’Ukraine, y compris la Crimée, devrait mettre un terme à toute discussion sur l’échange de territoires contre la paix » écrit l’éditorialiste.

  1. Un plan Marshall pour la reconstruction de l’Ukraine

M. Charaï affirme que la croissance militaire et économique de l’Ukraine doit être encouragée et renforcée.

«Une Ukraine faible et vulnérable ne fera qu’inviter à une nouvelle agression russe. La reconstruction de l’Ukraine nécessitera des investissements considérables de la part du secteur privé. Mais les investissements du secteur privé dépendent d’un environnement généralement sûr» souligne-t-il.

Les États-Unis, poursuit M. Charaï, ont une occasion historique de construire avec leurs alliés la meilleure dissuasion contre une future agression russe et de contribuer à lutter contre la culture endémique de la corruption en Ukraine grâce à un mini plan Marshall bien conçu.

  1. Une politique étrangère américaine cohérente

C’est d’une constante du plaidoyer de M. Ahmed Charaï dans ses différentes interventions et analyses. Il s’agit de l’impact négatif sur l’ordre mondial de l’érosion de l’engagement des dirigeants américains en matière de politique étrangère.

«Ce qui s’érode depuis quelques années, c’est l’engagement des dirigeants américains à défendre, maintenir et promouvoir un ordre international dans lequel les nations observent des règles et des normes communes, adoptent des systèmes économiques libéraux, renoncent à la conquête territoriale, respectent la souveraineté nationale et adoptent des systèmes de gouvernement participatifs et démocratiques» insiste-t-il.

Et de poursuivre : «Dans un environnement mondial de plus en plus complexe, les États-Unis ne peuvent atteindre cet objectif qu’en tirant parti de leur force grâce à une politique étrangère cohérente qui répond aux défis posés par la Russie et la Chine. Pour ce faire, ils doivent délibérément renforcer et cultiver des relations productives avec leurs alliés, partenaires et autres nations ayant des intérêts communs».

  1. Adresser une offre attrayante pour contenir l’influence de la Chine

Les décideurs américains, toutes tendances politiques confondues, n’ont pas donné la priorité aux pays africains et de l’espace indopacifique, dans les plans de politique étrangère des États-Unis. Au contraire, l’intérêt limité de Washington pour l’Afrique principalement a manqué de coordination et est maintenant souvent perturbé par un concept mal défini «d’influence chinoise».

A ce titre, Washington a tout intérêt à s’attacher à développer une vision positive de l’avenir de leur rôle en Afrique et de l’espace indopacifique plutôt que de s’en tenir à critiquer l’engagement de la Chine sur ces régions du monde.

«Les États-Unis doivent offrir des alternatives politiques, économiques et sécuritaires attrayantes à l’influence de la Chine dans la région indo-pacifique, en Afrique et au-delà», recommande Ahmed Charaï.

  1. Maintenir le dialogue stratégique avec la Chine

Dans son dernier rapport sur Dialogue stratégique et économique entre les États-Unis et la Chine, le Comité national pour la politique étrangère américaine (NCAFP) révèle que que les processus de dialogue officiels ont permis d’atteindre bien plus de résultats qu’on ne le pense souvent et qu’ils constituent un moyen peu coûteux de faire progresser les intérêts américains de manière pacifique.

«Les États-Unis et la Chine continueront d’être en désaccord sur des questions fondamentales, mais devraient utiliser le dialogue direct pour exprimer ces préoccupations et réduire les malentendus et les perceptions erronées qui freinent la coopération sur le changement climatique mondial et le traitement et le rétablissement des pandémies», souligne le document.

Un an après, les relations entre les États-Unis et la Chine restent très tendues, malgré une politique moins ferme de la part de l’administration Biden. Une situation qui selon M. Charaï n’arrange pas le contexte international.

« L’administration américaine doit maintenir un dialogue stratégique productif avec la Chine permettant une communication claire des préoccupations essentielles des États-Unis tout en aidant les dirigeants américains à comprendre les intérêts et les objectifs de la Chine», affirme-t-il.

  1. Equilibrer entre les principes universels et les particularités régionales

Ce qui a toujours fait l’exception américaine, c’est cette politique chère à Henry Kissinger, celle d’aligner les stratégies des États-Unis sur les principes universels, au moment le reste de la planète se contentait à la promotion des intérêts nationaux.

«Les principes universels peuvent être combinés avec la reconnaissance de la réalité des histoires, des cultures et des perspectives des autres régions sur leur sécurité», recommande Ahmed Charaï.

Kissinger en avait d’ailleurs fait le fer de lance de sa vision de l’ordre mondial dans son livre publié en 2014 (World Order). « La célébration des principes universels doit aller de pair avec la reconnaissance de la réalité des histoires, des cultures et des points de vue d’autres régions sur leur sécurité.» a-t-il écrit.

« Nous devrions tirer les leçons de ces sages paroles et éviter de nous méprendre sur nos propres grandes fausses idées.» conclut M. Charaï son analyse parue sur The National Interest.

Ahmed Charai est l’éditeur de The Jerusalem Strategic Tribune. Il est membre du conseil d’administration de nombreux groupes de réflexion, dont l’Atlantic Council, l’International Crisis Group, le Center for Strategic and International Studies, le Foreign Policy Research Institute et le Center for the National Interest.

L’USAID prône une nouvelle révolution mondiale de la dignité

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A l’occasion d’un événement co-organisé par le National Press Club et Freedom House, le 7 juin dernier à Washington, Samantha Power, administratrice de l’USAID, a appelé a étendre «une révolution de la dignité dans le monde entier». Il est à rappelé que cette ancienne ambassadrice américaine aux Nations unies, milite depuis plus de vingt ans pour le droit d’ingérence dans les pays dits autocratiques.

Ci-après, les cinq points saillants de ce discours qui annoncent la volonté des États-unis à réimaginer l’approche de l’USAID en matière de soutien à la démocratie dans le monde.

L’administratrice de l’USAID, Samantha Power, a prononcé le 7 juin dernier, au Ballroom du National Press Club à Washington, un discours de politique générale d’une importance majeure.

L’ex-ambassadrice à l’ONU Samantha Power et militante de la diplomatie humanitaire, nommée par Biden à la tête de l’agence chargée de l’aide publique au développement USAID, a déroulé une feuille de route en cinq points pour le renouveau démocratique dans le monde.

L’administratrice de l’USAID a expliqué que, malgré les tendances au recul de la démocratie et à la montée des autocraties, le moment est venu pour les États-Unis et les autres partisans de la démocratie de s’unir dans la poursuite d’un monde plus libre et plus prospère.

«Pour étendre une révolution de la dignité dans le monde entier, nous devons réimaginer notre approche pour renforcer la démocratie mondiale» a-t-elle souligné.

Samantha Power, annonce également que dans le cadre de l’Initiative présidentielle pour le renouveau démocratique, l’USAID a lancé une série d’efforts en matière de politique et d’assistance étrangère afin «d’étendre et de moderniser la manière dont les États-Unis soutiennent la démocratie, défendent les droits de l’homme et combattent la corruption à l’étranger».

«En dépit de 16 années de déclin démocratique et de la montée de l’autoritarisme dans le monde, le moment présent offre une occasion cruciale d’inverser ces tendances et de créer un avenir plus démocratique, pacifique et prospère» a-t-elle poursuivit.

Power a expliqué comment les «nations libres» du monde, les institutions multilatérales, les partenaires du secteur privé et les sociétés civiles peuvent démontrer que les démocraties sont à la hauteur de ce que «les autocraties ne pourront jamais faire», et relever les défis auxquels nous sommes confrontés, de l’insécurité alimentaire au changement climatique en passant par le COVID-19.

Voici cinq points saillants tirés de son discours sur la façon dont l’USAID compte soutenir les pays du monde entier en réinventant les règles du jeux standards de la démocratie.

1. Prouver que les démocraties sont efficaces

Nous avons là une importante opportunité à saisir. Les preuves que nous recherchons, qui attestent que les autocraties sont plus faibles et moins capables que les démocraties, ne figurent pas seulement dans les publications universitaires sur lesquelles nous travaillons… elles se déroulent sous nos yeux.

– Samantha Power

Dans son discours, l’administratrice de l’USAIF Samantha Power a cité des exemples tels que la guerre brutale de Poutine contre l’Ukraine et la réponse de la République populaire de Chine à la pandémie de COVID-19 pour souligner qu’aujourd’hui, l’histoire révèle que les autocraties sont plus faibles, moins capables et moins aptes à servir leur peuple que les démocraties.

Mme Power a assuré que les partenariats pour le développement démocratique de l’USAID iront au-delà de l’aide traditionnelle à la démocratie, en s’associant à des gouvernements «réformistes» pour intégrer les pratiques démocratiques dans les efforts de développement et répondre aux besoins matériels les plus pressants de la population locale afin de contribuer à démontrer que la démocratie peut apporter des avantages tangibles.

2. Mettre en évidence les «points forts» de la démocratie

Nous devons cimenter les progrès dans les points lumineux démocratiques qui existent en ce moment, aider les gens à lutter contre l’autoritarisme numérique, et mettre en lumière les oligarques et les autocrates qui cachent leurs biens mal acquis dans des coins sombres, et ce avec une grande sophistication.

– Samantha Power

«En Afrique du Sud, des élections démocratiques ont permis de surmonter des décennies d’apartheid écrasant. En Corée du Sud, une guerre beaucoup plus courte mais tout aussi dévastatrice a laissé place à des réformes modernes et démocratiques» a affirmé Samantha Power. Et plus récemment, les citoyens moldaves ont élu leur première femme présidente en 2020 et se sont attachés à élire des dirigeants pro-démocratie et anti-corruption au sein de leur parlement.

«Au lieu de voir les démocraties naissantes s’élever puis vaciller – pensez au Soudan ou à de nombreux pays du printemps arabe de 2011 – l’USAID prévoit de soutenir ces démocraties naissantes par des actions qui aideront les réformateurs à agir rapidement et à montrer des résultats concrets» affirme l’administratrice.

«Il s’agit notamment d’alléger la dette, d’intervenir d’urgence dans le domaine de la santé, de mettre en place un solide filet de sécurité sociale et d’injecter des compétences bureaucratiques» explique-t-elle.

Et d’ajouter : «L’USAID a l’intention d’attirer l’attention sur ces démocraties et, avec ses partenaires, de soutenir ces réussites et de partager les stratégies avec d’autres pays qui cherchent à suivre la même voie».

3. Combattre la désinformation par la démocratie numérique

Nous devons aider les gens à lutter contre la propagande numérique et les systèmes de surveillance que les autocraties et les démocraties moins bien établies utilisent pour agresser les citoyens à l’intérieur et à l’extérieur de leurs frontières.

– Samantha Power

L’USAID et la New America Foundation vont réunir des technologues, des universitaires, des experts de la société civile et d’autres personnes pour élaborer un code d’éthique qui donne des instructions sur le respect des valeurs démocratiques et des droits de l’homme, et que devraient suivre ceux qui promeuvent la démocratie dans la sphère numérique.

«De la même manière que les médecins s’engagent à ne pas nuire, les technologues doivent développer un ensemble d’idéaux communs qui leur sont chers», a-t-elle déclaré.

La nouvelle initiative «Advancing Digital Democracy» de l’USAID et la Coalition for Securing Election Integrity auront pour objectif d’aborder cette question, alors que les autoritaires font de la technologie et des données un champ de bataille dans la lutte pour la démocratie.

4. Soutenir les journalistes d’investigation

L’automne dernier, nous avons annoncé la création d’un fonds d’assurance pour les journalistes d’investigation, «Reporters Mutual». Ce que nous avons appris par une étude actuarielle depuis le lancement, c’est que les choses étaient pires que nous le soupçonnions.

– Samantha Power

Les journalistes d’investigation sont trois fois plus souvent poursuivis en justice que les autres journalistes, ce qui les rend inassurables sur le marché commercial. L’USAID apporte son expertise et des fonds de démarrage pour lancer «Reporters Mutual», un fonds mondial destiné à protéger les journalistes d’investigation contre les poursuites pour diffamation. Le fonds, qui sera opérationnel l’année prochaine, fournira une assurance pour couvrir le coût de la défense des journalistes contre les poursuites visant à réduire au silence leurs reportages.

5. Réinventer les règles du jeu

Nous devons faire la lumière sur les coins sombres où la corruption prospère et où les oligarques cachent leurs richesses volées. …Cette nouvelle réalité exige que l’USAID transforme son travail de lutte contre la corruption pour être plus avisé et moins cloisonné par pays. Nous construisons des coalitions de réformateurs au-delà des frontières, des secteurs et des idéologies.

– Samantha Power

Dans le cadre de l’initiative présidentielle pour le renouveau démocratique du Sommet 2021 pour la démocratie, l’USAID a lancé une série d’efforts en matière de politique et d’assistance à l’étranger pour étendre et moderniser la manière dont les États-Unis soutiennent la démocratie, défendent les droits de l’homme et combattent la corruption à l’étranger.

L’Agence élabore actuellement un guide de dékleptification – un manuel destiné à aider les pays à effectuer la difficile transition de la kleptocratie (définie comme un gouvernement qui utilise la corruption pour obtenir et exercer le pouvoir politique) vers la démocratie. S’inspirant des exemples de la Roumanie, de la République dominicaine et de l’Afrique du Sud, le guide fournira des conseils aux réformateurs sur la manière d’éradiquer la corruption et de mettre en œuvre des mesures radicales de transparence et de responsabilité dans des fenêtres d’opportunité historiques, rendant ces réformes plus difficiles à inverser.

Samantha Power : la théoricienne d’Obama du droit d’ingérence et de l’interventionnisme armé

Samantha Power est considérée comme le leader des « faucons libéraux », ces démocrates favorables à des interventions militaires tous azimuts afin d’affirmer la suprématie des États-Unis sur le reste du monde. Une sorte d’alter-égo des « néo-conservateurs » dans la promotion de l’interventionnisme de « l’Empire américain ». Durant une audition devant le Sénat américain, en juillet 2013, elle fait une déclaration qui marquera à jamais sa doctrine. Après avoir dénoncé «la discrimination dont Israël fait l’objet à l’ONU» et en promettant de «travailler sans relâche pour le défendre», elle dit : «Ce pays est le plus grand pays du monde. Je ne m’excuserai jamais pour l’Amérique». ( Lire article The Samantha Power Doctrine par sur The New Yorker, le 15 décembre 2014).

Diplômée de droit à Yale, elle entame sa carrière en tant que journaliste sportif à CNN. Elle intègre plus trad Carnegie Endowment for International Peace comme assistante de Morton Abramowitz, qui siégeait en tant qu’administrateur de la National Endowment for Democracy, la face légale de la CIA.

Durant la guerre de Bosnie-Herzégovine elle devient reporter bénévole pour le Boston Globe, The Economist, New Republic et U.S. News and World Report.

Après la guerre, elle reprend ses études à Harvard, à l’École Kennedy de Gouvernement, où elle crée, en 1998, le Centre Carr pour la politique des Droits de l’homme.

Elle remporte le prestigieux Prix Pulitzer pour son livre de 2002 Un problème de l’enfer : l’Amérique et l’âge du génocide (A problem from Hell : America and the Age of Genocide), dans lequel elle critique la timidité américaine face aux génocides dans le monde et théorise le droit d’ingérence.

Samantha Power a rejoint l’équipe de transition du département d’État de Barack Obama à la fin du mois de novembre 2008. Elle a été assistante spéciale du président et directrice principale des affaires multilatérales et des droits de l’homme au Conseil de sécurité nationale de janvier 2009 à février 2013.

En avril 2012, Obama l’a choisie pour présider un conseil de prévention des atrocités nouvellement créé.

En tant qu’ambassadrice des Nations unies, Power s’est concentrée sur des questions telles que la réforme des Nations unies, les droits des femmes et les droits des LGBT, la liberté de religion et les minorités religieuses, les réfugiés, la traite des êtres humains, les droits de l’homme et la démocratie, notamment au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, au Soudan et au Myanmar.

On considère qu’elle a été une figure clé de l’administration Obama en persuadant le président d’intervenir militairement en Libye.

En 2016, elle a été classée par Forbes comme la 41e femme la plus puissante du monde.

En janvier 2021, Joe Biden l’a nomme à la tête de l’USAID. Sa nomination a été confirmée par le Sénat américain le 28 avril 2021.

#MDTalks – #LesImpériales – #Morocco21 : trois évènements, un dénominateur commun, le #NMD

Chakib Benmoussa ne devrait pas être mécontent de voir, en une semaine, une aussi forte concentration d’évènements et d’initiatives insufflées par les recommandations de la Commission spéciale pour le modèle de développement qu’il présidait. Surtout que l’exécutif semble s’en être détourné en raison, entre autres, de la conjoncture internationale. Des MDTalks, passant par les Impériales au Morocco21, décideurs, acteurs économiques, chercheurs et journalistes ont pu se soustraire de la morosité économique et politique ambiante pour se projeter dans un future meilleur, un Maroc de l’innovation, un Maroc de la connaissance, un Maroc prospère.

La profusion des événements ces derniers semaines constituent un appel d’air salutaire pour le morale des acteurs actifs de la société marocaine, confrontés à une série de mauvaises nouvelles économiques après deux années de pandémie. Ils étaient nombreux à vouloir s’informer, écouter des voix positives et bienveillantes et même à s’exprimer sur le Maroc de demain.

Trois évènements organisés la semaine écoulée se sont distingués de par leur dénominateur commun, à savoir le nouveau modèle de développement (NMD).

MDTalks : La digitalisation, levier stratégique du NMD

Souad Mekkaoui, cofondatrice du magazine Maroc Diplomatique aux côtés de Hassan Alaoui et initiatrice des «MDTalks», cycle de conférence de réflexion stratégique africaine et internationale, affiche un large sourire de satisfaction. La première conférence de l’édition 2022 sur la digitalisation est un franc succès, aussi bien sur le plan institutionnel, que sur la qualité des intervenants que des retombées médiatiques.

Sur le plan institutionnel, Mme Mekkaoui a réussi à décrocher le Haut Patronage Royal ainsi que de solides partenaires. Il faut dire que le sérieux et la bienveillance de la maison, la consistance du programme de la conférence et la qualité des panélistes plaident en la faveur de cette confiance.

Chakib Benmoussa «himself» a répondu présent à l’invitation de l’organisatrice. Sa présence, sa ponctualité légendaire et son intervention à l’ouverture des travaux de la conférence ont donné une certaine solennité à l’évènement. Le président de la CSMD était entouré par Ryad Mezzour, Ministre de l’Industrie et du Commerce et Aawatif Hayar, Ministre de la Solidarité, de l’Insertion sociale et de la Famille.

En dépit du poids de l’héritage de My Hafid Elalamy, Ryad Mezzour réussi à imposer son style. Ouvert, souriant et dynamique, il réussi à interpeller l’assistance et projeter une image positive du pays.

La surprise de cette ouverture «ministérielle» a été l’intervention de Aawatif Hayar. Très à l’aise avec le sujet, la ministre de la Solidarité a développé, de l’avis de tous, l’une de ses meilleurs allocutions depuis sa nomination.

Sur le plan technique, les principaux acteurs de la digitalisation étaient présents:

  • Mohammed Drissi Melyani, DG de l’ADD.
  • Chakib Achour, Directeur marketing et stratégies Huawei Maroc.
  • Idriss Elasri, Président du Capgemini Morocco Country Board & Managing Director Engineering.
  • Mamoun Tahri Joutei, Directeur du Centre d’Intelligence économique de Bank Of Africa.
  • Yahya Sefraoui, Directeur de la Transformation digitale INWI.
  • Lamiae Benmakhlouf, Directrice générale du Technopark.
  • Meriem Zairi, Présidente de la Commission Startup & Transformation digitale à la CGEM.
  • Mohamed Saad, Directeur Général Adjoint chargé du pôle Ressources à la Bourse de Casablanca

L’assistance a été à l’image des intervenants, notamment :

  • Li Changlin, Ambassadeur de la République populaire de Chine au Maroc.
  • Mahamat Abdelrassoul, Ambassadeur du Tchad au Maroc.
  • Lezin Issha Boussougou, Consul Général intérimaire de la République du Gabon à Laâyoune.
  • Plusieurs représentants des Forces Armées Royales.
Li Changlin, Ambassadeur de Chine et Chakib Achour Directeur Marketing et Stratégies Huawei

Les Impériales : Morocco Tomorrow

L’hôtel Le Casablanca a réuni, ce jeudi, le gotha de la Communication, du Marketing, des médias et du digital à l’occasion de la révélation de la thématique, dates et programmes de la cinquième édition du forum annuel «Les Impériales» prévue pour le mois de septembre.

L’évènement était très attendu. Et pour cause, le secteur qui pesait en 2019, 12 milliards de dirham, a été frappé de plein fouet par la pandémie du Covid. Ce sont les budgets de communication qui ont sauté en premier dès l’annonce de la pandémie tandis que les agences d’événementielle se sont retrouvées en chômage technique durant plusieurs mois.

Il a fallu plus de 80 heures de réunions, de débats et de brainstorming des membres de l’association «Les Impériales», pour élaborer leur vision et leur plaidoyer afin de porter au mieux la voix de l’ensemble des acteurs de l’écosystème de la Communication, du Marketing, des médias et du digital.

Organisés en comités, scientifiques et éthiques, les professionnels de la Com’ venus de tout bord, agences, annonceurs, producteurs, médias et influenceurs ont décidé d’aller au delà du #MoroccoNow pour explorer et dessiner le #MoroccoTomorrow, le Maroc de demain. Pour cela, la base de leur travail a été le rapport du Nouveau Modèle de Développement de Chakib Benmoussa.

« Les Impériales reviennent en 2022, avec une thématique d’actualité, qui s’inscrit délibérément dans la droite ligne du nouveau modèle de développement : valoriser les compétences, les talents et les savoir-faire nationaux », affirme Anouar Sabri Président de l’association Les Impériales.

L’affiche de la thématique #MoroccoTomorrow révélé lors de cette conférence, « Morocco Tomorrow : Brands ⦁ Culture ⦁ Talents ⦁ Tech », porte en elle tout le bien que veulent les professionnels de la Com’ et du Marketing pour leur pays. Innovation, modernité, digitalisation, partage, savoir et optimisme autant de marqueurs inspirés entre autres par les perspectives tracées par le NMD.

Anouar Sabri, Président de l’association «Les Impériales» révèle la trémations des #LI2022 : Morocco Tomorrow

Morocco21 : L’économie de la connaissance

La volonté d’accompagner la mise en oeuvre du Nouveau Modèle de Développement, a constitué la raison du lancement en octobre 2021 du cycle de conférences «Morocco 21» par Omar Dahbi, cofondateur de la société de développement des médias et de la communication, News Com Africa Holding.

«Au cœur de cet événement, se trouve le nouveau modèle de développement, chantier lancé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI et dont l’objectif est de permettre à la société marocaine de réaliser son plein potentiel face aux défis et aux opportunités de ce 21ème siècle» écrit NCA Holding.

«Ce nouveau rendez-vous permettra d’enrichir le débat avec un savoir-faire international de haut niveau dans la perspective de mettre en œuvre les recommandations proposées dans le rapport de la Commission Spéciale pour le Modèle de Développement (CSMD)» souligne la société de l’ancien Directeur Central des Rédactions de MEDI1TV.

Ce vendredi 3 juin, Morocco21 tenait sa troisième conférence qui a traité le sujet de l’économie de la connaissance. La rencontre a été animée par le directeur du College of Management de l’École Polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) en Suisse, Dominique Foray.

Le chercheur et auteur helvétique a brisé, le temps de cette conférence, le fameux secret suisse en dévoilant la recette du succès mondial du système d’éducation de son pays, considéré comme le 2ème au monde en termes de qualité d’enseignement primaire et le 1er pays du monde en termes de qualité d’enseignement supérieur.

«L’économie du savoir doit être considérée comme un véritable investissement dans la création de valeur en se focalisant sur une infrastructure solide de recherche et d’innovation, un budget, un système efficient des subventions, le leadership et l’autonomie des universités, une bonne gouvernance, les salaires, les valeurs de la société, l’excellence des enseignants et des apprenants, l’implication du secteur privé (PME)», préconise le professeur d’économie et de gestion de l’innovation.

Dominique Foray a insisté sur deux leviers en particulier pour devenir une économie de la connaissance : 1) la mise en place d’un système solide de formation professionnelle; 2)l’accès des PME à la connaissance technique. Il a par ailleurs alerté sur la difficulté de l’acquisition des connaissance par le bas de la pyramide des compétences, principalement quand il s’agit de déploiement des nouvelles technologies.

La conference a vu la participation remarquée des équipes de communication et d’intelligence économique de Bank of Africa, de divers acteurs des secteurs publics et privés ainsi que d’universitaires.

Ahmed Charaï : Face à la crise, Akhannouch doit s’engager «plus personnellement» dans la recherche d’investisseurs

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L’économie mondiale est en crise. La plus grave du genre depuis la Seconde Guerre mondiale. Elle a trouvé naissance avec la crise financière de 2008, pour s’amplifier avec le Covid et s’intensifier avec le choc de la guerre en Ukraine. Face à cette conjoncture exceptionnelle qui fait vaciller les économies les plus stables, l’action de l’exécutif marocain est jugée par bon nombre d’observateurs «d’improductive». Dans son dernier éditorial, Ahmed Charaï s’est préoccupé du fait que le gouvernement reste davantage sous l’emprise de la politique politicienne que mobilisé pour résorber le chômage et améliorer le quotidien des gens.

L’économie mondiale est désormais sur le pied de guerre. Exacerbée par un militarisme croissant, la crise économique ne ressemble pas à une autre depuis la Seconde Guerre mondiale. Tous les voyants sont au rouge écarlate: inflation record, crises alimentaires et énergétiques mondiales, perturbations de la chaîne d’approvisionnement…

Une situation que rappelle Ahmed Charaï dans son dernier édito paru sur «L’Observateur du Maroc & d’Afrique» : «La pandémie a déstructuré les circuits d’approvisionnement ; le cycle inflationniste, très violent, fait vaciller les économies réputées les plus stables. La peur d’une récession n’est pas un fantasme, la conjonction de plusieurs phénomènes, chute de la consommation, renchérissement des matières premières etc…peuvent impacter négativement l’économie mondiale».

Alors que les défis colossaux de cette conjoncture inédite pèsent sur toute la planète, M. Charaï constate que la réponse des États démocratiques a été des choix claires et assumés de politiques économiques.

Pour illustrer ses propos, l’éditorialiste cite les choix économiques qui se sont imposés comme le principal déterminant du jeu politique dans deux grands pays du G20, la France et l’Australie.

«Alors que des observateurs mettaient en avant des sujets comme l’émigration, l’insécurité, c’est sur la question du pouvoir d’achat que se sont jouées les élections en France», souligne M. Charaï. Quand aux travaillistes australiens, pour conquérir le pouvoir de l’ile-continent, «ils ont proposé une relance par le soutien de la demande et le renforcement des services publics» a-t-il poursuivit.

L’analyse de l’éditorialiste aboutit à la conclusion que «l’économie s’impose désormais comme le sujet principal de l’action politique et élague la politique politicienne qui paraît de plus en plus éloignée des préoccupations des citoyens, d’une jeunesse de plus en plus exigeante et bien informée».

La transition est toute faite par l’analyste pour aborder le cas Maroc.

Appel du pied au «capitaine d’industrie» Aziz Akhannouch

M. Charaï n’a pas caché sa préoccupation quand à la fragilité de la situation socio-économique des «couches populaires» et la posture improductive du gouvernement Akhannouch, affichée jusqu’à ce jour.

«L’inflation, même maîtrisée, érode le pouvoir d’achat, surtout des couches populaires.» s’est-il alarmé.

Et d’ajouter : «L’exécutif a des atouts. Il devrait les jouer pleinement pour renforcer l’attractivité du pays au lieu de s’enfermer dans les schémas de basse politique et se soustraire à ces méandres médiocres et improductifs».

M. Charaï estime que l’économie doit primer sur le reste. A ce propos, il fustige les mesures courtermistes prises par le gouvernement, dépouillées de toute stratégie d’investissement.

«Les réponses conjoncturelles, bien que nécessaires, ne peuvent être l’alpha et l’oméga des politiques publiques. C’est l’investissement qui est la clé de l’émergence, de la création d’emplois et donc de l’amélioration du niveau de vie.» a-t-il écrit.

Et de poursuivre : « le Chef du Gouvernement, fort de sa stature de capitaine d’industrie, ce qui est une force et non une tare, doit s’engager plus personnellement dans la recherche d’investisseurs. Il serait utile au pays dans cette posture ».

La conclusion du plaidoyer d’Ahmed Charaï sonne comme une piqûre de rappel sur les conséquences politiques de l’inefficacité économique du gouvernement Akhannouch : «Au final, ce gouvernement sera jugé sur sa capacité à résorber le chômage et améliorer le quotidien des gens. Le reste n’est que palabre sans intérêt réel pour les citoyens.»