Notes

Il est temps de libérer Akhannouch du fardeau de la politique

Le ministre et candidat à la chefferie de gouvernement, Aziz Akhannouch, nous a gratifié cette fin de semaine de deux belles sorties médiatiques. Il n’en fallait pas d’ailleurs plus pour donner du grain à moudre aux réseaux sociaux situés en dehors de l’influence du magnat du pétrole. Des buzz inutiles et improductifs qui remettent au grand jour ce gâchis qui est le patriote M. Aziz Akhannouch. La toute jeune promotion de journalistes qui porte désormais le nom de notre commis de l’Etat, ne sait probablement pas qu’elle avait posé hier avec la personnalité préférée des marocains … en 2011. Si Benkirane n’existait pas ou était moins machiavélique, il aurait été sans aucun doute choisi à sa place comme chef de gouvernement. Il était apprécié par les marocains qui le connaissaient, et sa richesse ne posait pas de problème, car disait-on, c’était un homme qui faisait du bien autour de lui. Akhannouch était également adulé et aimé par ses collaborateurs, qui louaient sa générosité, sa disponibilité, sa simplicité, sa confiance et son indulgence. Il était même à l’écoute des doléances des employés de son épouse qui avait la réputation d’être particulièrement colérique et capricieuse. Aussi a-t-il éduqué ses enfants sur la discrétion, d’ailleurs à date d’aujourd’hui, on leur accorde des qualités de simplicité et de gentillesse.

Toutefois, la campagne de boycott a laissé des séquelles irréversibles sur Aziz Akhannouch. Il doute de tout et de tout le monde, avance comme sur un champs de mines et son aversion au risque s’est démultipliée. Une posture qui met en équation tout le potentiel de l’écosystème politique et économique qu’il représente. Des femmes et des hommes qui lui sont affiliés directement ou indirectement et qui peuvent, dans d’autres circonstances, créer la différence dans la célérité de la mise en œuvre des chantiers les plus complexes. Sans le fardeau de la politique, Aziz Akhannouch aurait été très utile pour créer des débouchés aux jeunes marocains ou pour consolider son business afin d’en faire une locomotive nationale au profit du rayonnement du Maroc à l’international.

Après la énième communication malheureuse de cette fin de semaine, de grâce, libérez Aziz Akhannouch du fardeau de la politique, il ne sait pas faire.

Dans sa course aux élections, Aziz Akhnnouch, le plus initié que n’importe quel autre homme politique, a multiplié ses dernières semaines ses sorties après des mois de confinement dans son petit palais de Marrakech.

Il a été le premier chef de parti à réagir sur le débat de la légalisation du cannabis, en usant de sa casquette de ministre de l’agriculture pur visiter, pour la première fois, la région de Chefchaouen.

Ce vendredi, toujours dans l’objectif de devancer ces adversaires, il décide du surprendre le paysage politique en parrainant la toute dernière promotion de Institut Supérieur de Journalisme et de Communication de Casablanca, qui porte désormais son nom. Le mal aimé de la presse, lassé du bashing systématique de la presse, décide d’aller cultiver son image à la source.

«J’espère que cette promotion œuvrera à promouvoir et défendre le pays. Notre pays a besoin de journalistes professionnels, objectifs et crédibles » peut-on lire en darija sur tous les comptes officiels de Aziz Akhannouch, commentant la photo de groupe.

Par cette photo des jeunes lauréats entourant Akhannouch et ces quelques mots l’équipe de communication a réussi l’exploit de se mettre toute la profession des journalistes sur le dos. N’a-t-elle pas sous entendu que les journalistes marocains n’étaient ni objectifs ni professionnels et ne défendaient pas assez leur patrie ?

L’autre soucis avec ce naming de la promotion de journalistes, c’est la casquette avec laquelle Akhannouch s’est vu accorder ce privilège. Est-ce celle de ministre, de candidat aux élections, de Président d’Akwa, de patron du groupe de presse Caractères ou de mécène ?

La cérémonie qui ne respectait pas la distanciation sociale a vu la participation de Moahmed Rahal (candidat RNI), la chanteuse du RNI Saida Charaf, et plusieurs acteurs du monde sportif , Boudrika, Haddaoui et Naybet. Un meeting électoral qui ne dit pas son nom.

Juste après cette polémique, une vidéo surgira et deviendra virale. On y voit et on y entend Aziz Akhannouch entourée d’une armada de gendarmes, s’adressant à un jeune homme : « Tant que tu as le soutien du ministre n’est peur de rien». Une petite phrase qui rappelle celle de Driss Jettou alors qu’il quittait le parlement « Dis lui que Ssi Jettou m’a envoyé, cela suffira».

Aziz Akhannouch était probablement sérieux dans son intention d’aider ce jeune entrepreneur en faisant cette déclaration devant les responsables de l’administration tout en prenant en témoin la caméra. Mais cette déclaration dévoile la culture toujours ancrée chez nos responsables, à savoir le piston, le népotisme et l’interventionnisme comme clés indispensables à faire avancer la machine administrative.

Nous sommes dans le droit de nous interroger si à cause de cette déclaration malheureuse, un autre citoyen n’ayant pas le soutien du ministre verra-t-il son tour remplacé par celui de ce jeune, devenu subitement pistonné ? N’aurait-il pas été plus intelligent de s’adresser au responsable et de l’inviter de respecter la loi et les procédures pour que tous les citoyens en règle peuvent profiter du service public en question?

Libérez Aziz Akhannouch du fardeau de la politique

En acceptant la mission d’animation politique après l’échec d’Ilyas El Omari, Aziz Akhannouch a été d’abord flatté par cette considération puis convaincu d’avoir sacrifié son image et sa quiétude au service de l’Etat.

Mais depuis la première vidéo enregistrée en Tanzanie, la tâche s’est avérée très difficile. En pilotant le parti depuis le siège d’Akwa, les ennuis n’ont fait que se suivre et se succéder. La campagne de boycott l’a rendu paranoïaque le poussant à se renfermer sur son premier cercle de confiance.

Les mois passèrent, son dispositif s’avère aujourd’hui stérile et inefficace. Pire autodestructeur. La politique a besoin de liberté de mouvement et de pensée. Un luxe auquel ne peut prétendre Aziz Akhannouch et que ses adversaires en jouissent publiquement, Nizar Baraka et Abdellatif Ouhabi, pour ne pas les citer. D’ailleurs ce dernier a surpris plus d’un, lors de son dernier passage à l’émission 3issaba de Ridouane Erramdani. Il n’a fallu que quelques mois, pour que celui qui a été destiné à mimer Mohamed Ziane, prenne de la bouteille et s’ajuste dans son costume d’un chef de parti responsable. Certes, il reste toujours désaxé au paysage et à l’ADN de son parti, si on le compare au studieux et sérieux Nizar Baraka, mais il a réussi à ressouder le PAM et à le mettre en ordre de bataille pour les élections, tout en développement un discours politique cohérent.

Aziz Akhannouch aurait pu devenir le Jack Ma marocain, grâce à son empire du Retail. Libre, il n’aurait pas laisser son épouse excentrique gaspiller des milliards dans de l’apparat et aurait par exemple créé le plus grand écosystème du e-commerce en Afrique. Ses liens de sang avec Maersk auraient pu lui procurer une supply chain de niveau mondial capable de faire émerger une plateforme logistique digne de celle d’Amazon. L’impact sur l’emploi, la production locale et l’intégration sud-sud aurait été un cas d’école.

Si Aziz Akhannouch était libéré de la politique, il aurait investit massivement dans la R&D chez MOX et Afriquia pour se positionner sur LE marché qui a le vent en poupe depuis quelques mois, celui de de hydrogène décarboné. A l’image de son concurrent Air Liquide. Aussi n’aurait-il pas été catalyseur d’un champion africain dans la technologie agricole. Une JV avec OCP et CAM bombardée par le savoir-faire technologique israélien, Akhannouch aurait doté le Royaume d’un soft power supplémentaire puissant.

Au lieu de ça, Ssi Aziz perd son temps à exécuter des plans de communication foireux, de répéter des éléments de langages stériles, de stigmatiser l’Etat et de laisser ses affaires en pilotage automatique. Personne n’est gagnant dans cette affaire.

Ceci est un appel pour préserver un homme d’affaires qui pèse lourd dans le paysage économique et social. S’il accède à la fonction de Chef de gouvernement, parce qu’il aurait mobilisé plus de moyens que les autres partis, nous vivrons cinq autre années caricaturales. Le pays a besoin d’un exécutif fort pour accompagner la sortie de crise post-Covid.

Libérez le soldat Aziz!

Avec seulement 8.000 morts sur 12 mois de pandémie, le Maroc n’a pas besoin de vaccin contre le Covid mais contre l’incompétence et la médiocrité

Tout un pays à l’arrêt, des centaines de milliers d’acteurs économiques agonisent, des millions de femmes, hommes et enfants s’enlisent dans les marécages de la précarité, de la misère et de la violence et un gouvernement qui s’empiffre, cumulant crapulerie, incompétence et mensonge, misant tout sur un père noël d’origine incertaine et changeante, tantôt chinoise, tantôt indienne. Le Messie au bonnet rouge, qui selon la légende nous sauverait tous de l’enfer du Covid par un simple picotement de seringue magique, se fait désirer. Les marocains, que bon nombre d’entre eux n’ont pas pris de bain chaud depuis 9 mois, scrutent le ciel, se grattent, traquent les vols-cargos asiatiques, se grattent, et s’occupent en tricotant des bonnets d’ânes à la taille des melons du Chef de gouvernement et de ses bras cassés.

> Le Maroc a enregistré depuis le début de la pandémie, soit 12 mois, 8.011 morts du Covid.

> La France a pleuré 71.482 morts du Covid.

> L’Inde a enterré 152.419 morts tombés dans la guerre contre le coronavirus.

 

> Combien pèse le Maroc sur l’échiquier économique mondial par rapport aux pays précités?

 

> Tout esprit sensé, tout chef de gouvernement compétent ayant pris en compte ces données n’aurait pas du :

  1. baser toute sa stratégie de relance, et de survie sur un seul facteur : la vaccination,
  2. croire que le Conseil d’administration de la planète, ferait passer le Maroc avant d’autres actionnaires (en PIB) plus impactés,
  3. fermer l’économie durant 12 mois et fermer les hammams durant 9 mois.

Il faut bosser dur pour mériter le paradis

Qu’est-ce que le gouvernement a fait depuis un an pour qu’on mérite de sortir de l’enfer de la pandémie?

Presque rien.

Pour se rafraichir la mémoire, rappelons-nous les décisions stratégiques qu’il a pris durant cette crise, hypothéquant la vie de 34 millions de marocains :

DécisionEfficaceInutileCatastrophique
Fermer très rapidement les frontièresX
Fabriquer les masquesX
Prolonger le confinement après avrilX
Autoriser l’AidX
Confiner les villes sans CovidX
Annuler les vacances de l’AidX
Ne pas rapatrier les marocains bloqués à l’étrangerX
Ne pas sévir contre Lydec et Amendis après le scandale des surfacturationsX
Ne pas autoriser les respirateursX
Imposer les cours en distancielX
Fermer l’économie après la rentréeX
Laisser partir les ministres et les responsables en vacances en aoutX
Ne pas mettre en place de dispositif de confinement des voyageursX
Ne pas avoir limogé le ministre de la santé après les scandales des kits de test, des appels d’offre et de la pénurie des médicamentsX
Ne pas profiter du fonds Covid comme accélérateur de l’histoire de l’économie nationaleX
Ne pas fournir à temps une ambulance équipée à Salah Eddine El GhomariX
Cacophonie dans la stratégie de sensibilisation de vaccinationX
Ne pas dissoudre le gouvernementX

Après un top départ presque sans faute du Royaume dans sa gestion de la pandémie, les vieux démons qui habitent notre pays ont très vite repris le dessus.

Premier vice qui nous a plombé notre modèle de développement et qui s’est manifesté en premier, ce conjugue en trois mots : avidité, cupidité et voracité.

«Mon téléphone n’arrête pas depuis les premiers jours de la pénurie des masques. Il n’y a pas un milliardaire qui cherchait le moyen d’en importer et de les vendre au gouvernement» avait confié un responsable.

Ces mêmes milliardaires se sont précipités dès le premier mois de la pandémie à licencier ou au mieux à gruger le fonds Covid. Le cas le plus médiatisé de ce phénomène a été le scandale des rentiers des écoles privées.

Le caractère d’urgence aidant, plusieurs administrations ont transformé leur budget en open bar. Les pus initiés vivaient la Casa de Papel au moment où des jeunes rêveurs, discutaient à longueur de journée dans les lives Zoom, le monde merveilleux post-Covid.

D’autres, fonctionnaires, ont profité de la peur des premiers jours, pour vendre leurs services au plus offrant. A l’image de cette déléguée soutenue par son chef de parti et qui a été prise la main dans le sac après des interventions privées au profit de la communauté hébraïque à Casablanca, touchée en premier de plein fouet par le virus.

Après l’ivresse de la solidité nationale et des coupures de presse et des publications Facebook louant la réussite du modèle marocain, LE cas d’école planétaire dans la gestion de la pandémie, la gueule de bois va prendre le dessus.

Et c’est Nasser Bourita et Saad Eddine El Otmani qui vont nous faire sortir de cette ivresse en premier. Les deux compères vont se déresponsabiliser publiquement du dossier des marocains bloqués à l’étranger. Il a fallu attendre quatre mois pour que les exilés et laissé pour compte commencent à voir le bout du tunnel. Bourita et El Otmani, vont battre le record du dernier pays au Monde à rapatrier ses citoyens.

Mohammed Benchaboun, nous a fait, pour sa part, descendre sur terre quand El Othmani, sous influence totale de Khalid ait Taleb qui est lui même pantin d’un groupe de pression, avait décidé de prolonger le confinement jusqu’au mois d’août. L’ancien patron de la BCP, ose alors un putsch, et annonce devant les parlementaires et les caméras d’Al Oula le chiffre qui fait froid dans le dos : Chaque jour de confinement coûte au Maroc 1 Millard de dirhams!

Depuis cette date, la cacophonie va prendre le dessus et le gouvernement va se diviser en au moins 4 clans : Le clan de Casa, le clan des affairistes, le clan des glandeurs et le ministère de l’Intérieur qui jouera à l’arbitre. Le département de Laftit, va systématiquement débrancher le disjoncteur de l’économie et de la vie sociale à chaque fois que les voyants rouges annonçant la surchauffe du système s’allument.

2021 : vivre ou mourir

L’année encours est une année encore plus difficile et encore plus dangereuse que celle écoulée, pour la simple raison que le gouvernement a épuisé toutes ses cartouches économiques, politiques, sociales et psychologiques.

Nous avons malheureusement opté pour une stratégie très couteuse face à la pandémie. Si la France, par la voix de son président a promis aux français un soutien économique qui se prolongerait jusqu’à une années après la pandémie, le Maroc a annoncé avoir consommé ses réserves, alertant qu’il était presque impossible d’envisager le renouvèlement du mécanisme d’aide de 2020.

Rompre avec la politique du père noël où l’on fait croire aux populations que par une annonce et/ou par son effet , leurs problèmes allaient être réglés, devient une urgence nationale.

Si nous ne pouvons pas fournir les vaccins, améliorons la prise en charge sanitaire, ouvrons les frontières, les hôtels et les restaurants tout en imposant des dispositifs de sécurité sanitaire. D’autres pays l’ont fait, pourquoi alors se contenter de copier et de mimer le plus médiocre sur le sujet, la France en l’occurrence.

Nous n’avons pas les moyens de perdre du temps avec un gouvernement incompétent, épuisé et impopulaire.

Nous n’avons pas les moyens de maintenir l’organisation des élections durant cette année charnière.

Nos 8 milles morts, que Dieu ait leurs âmes, ne devraient pas nous coûter d’autres victimes de la précarité et de la faillite économique et qui se comptent par millions. Le Maroc et beaucoup de pays d’Afrique restent assez épargnés par la pandémie. Il faut en profiter et prendre de l’avance à des zones économique plus touchées.

Les marocains ont été beaucoup plus respectueux des directives gouvernementales que d’autres populations de la planète

Contrairement à ce que nous faisait croire Salaheddine El Ghomari, les marocains ont fait preuve de beaucoup de patience. Au premier appel du souverain, 34 millions d’âmes, se sont confinées en quelques heures.

D’ailleurs les clusters les plus dangereux n’ont pas été découverts dans les Hammas, mais bel bien chez les riches et les rentiers; Aziz Akhannouch dans les locaux d’Afriquia à El Jadida, Said Alj dans l’une de ses usines agroalimentaires de Safi et le scandale des usines de conditionnement de fraises à Lalla Mimouna.

De plus, durant l’été, alors que la plus grande majorité des marocains s’est résignée à passer les vacances entre quatre murs, suivant l’appel au confinement du gouvernement, les mêmes privilégiés se filmaient sur les yachts dans les plages interdites à leur concitoyens.

Remède : Unité, confiance et démission d’El Otmani

Les marocains ont plus que jamais besoin de retrouver leur unité et de se sentir écouté et bien représenté.

Saad Eddine El Othmani a perdu tout ce qui lui restait de légitimité ainsi que toute sa crédibilité. Les erreurs sont multiples, irréparables et les dissensions entre les clans de son gouvernement sont prégnantes.

Seule issue est que le secrétaire générale du PJD assume son échec, cherche du courage quelque part au fond de son âme, le prend à deux mains et démissionne. Peut-être sauverait-il le peu de dignité qu’il lui reste.

Pour l’encourager à prendre le pas, nous l’invitons à consacrer une petite heure pour visionner les centaines de vidéos publiées chaque jour sur les chaînes YouTube de ChoufTV et Al Wajiha, entre autres, qui dévoilent au monde entier la précarité, la pauvreté et la misère massive et très inquiétante des marocains, et surtout des marocaines de toute âge. Une situation dont il est en grande partie responsable.

M. le Chef de gouvernement, s’il vous plait, PARTEZ !

«Mariage de raison», l’appel d’Ahmed Charai, sur El Mundo, pour des relations hispano-marocaines pragmatiques et sereines

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C’est sur El Mundo, le deuxième quotidien le plus lu en Espagne, après le sportif Marca, qu’Ahmed Charai a publié une radioscopie des relations maroco-espagnoles dans un éditorial sous le titre «Mariage de raison». L’éditorialiste marocain s’est adressé à une opinion publique ibérique qui a subit durant plusieurs semaines une avalanche de fake-news et une stratégie de désinformation d’un groupuscule séparatiste qui terrorise le peuple sahraoui, viole les résolutions onusiennes et qui tente de saboter les relations économiques marocaines et espagnoles séculaires avec l’Afrique subsaharienne.

C’est une plaidoirie que tout patriote animé par la défense de la cause nationale et la promotion de l’image d’un Maroc moderne, responsable, fiable, ambitieux et respectueux du droits international et des accords bilatéraux devrait lire et en extraire les éléments de langages qui donnent à tout discours, sérénité, sagesse et puissance.

Il faut revenir au contexte dans lequel intervient l’éditorial d’Ahmed Charai, le patron de presse marocain actif dans plusieurs centres de réflexions notamment aux États-Unis.

Aujourd’hui, les marocains ne sont pas peu fiers de l’habilité, la fermeté, l’intelligence, la retenue avec laquelle le pays sous la direction du Roi Mohammed VI a réussi à mettre à nu devant l’opinion publique internationale «une alliance du mal», composée de mercenaires hors la lois et un régime militaire en décomposition. Le temps est désormais révolu où certains pays et certains groupe de pression refusaient de reconnaitre le développement économique et social des populations des provinces du sud marocaines, sous le roi Mohammed VI.

Les investissements dans les infrastructures depuis au moins 2015 et phénoménal et les projets économiques font pâlir d’envie l’alliance du mal et ne cessent d’attirer investisseurs, diplomates et compétences. Outre la présence symbolique de la franchise du fast-food américaine, McDonalds, au cœur de la ville de Laâyoune, la France a ouvert deux bureaux de sa Chambre d’Industrie et de Commerce, plusieurs entreprises européennes, turques, et chinoises veulent s’implanter dans les zones industrielles en cours de réalisation dans les 3 régions du sud et les bailleurs de fonds internationaux participent au financement des grands projets structurants notamment le port de Dakhla.

La réalité économique, politique et sociale sur le terrain a renforcé la position du royaume sur le Sahara dans le concert des nations éprises de paix et de démocratie. Un succès qui s’est matérialisé par l’ouverture de plusieurs représentations diplomatiques à Laayoune et à Dakhla. Les pays africains avec qui le Maroc entretient des relations fortes et durables, arrivent en tête avec pas moins de quinze consulats ouverts en moins de 12 mois.

L’Espagne qui n’est pas totalement remise du séisme provoqué par la crise sécessionniste catalane, a tenu une position ambiguë sur le sujet du passage frontalier de Guerguerat, en dépit de l’impact économique qu’ont subit les entreprises espagnoles à cause de l’obstruction du trafic commercial terrestre entre l’Europe et l’Afrique de l’Ouest par les mercenaires financés par l’armée algérienne.

Une position qui trouve son explication par l’instabilité politique qui est loin d’être réglée deux ans et demi après le référendum d’autodétermination de la catalogne du 1er octobre 2017.

Une ambiguïté qui donne peu de crédit au gouvernement de Madrid qui tout en qualifiant l’indépendantisme catalan d’illégal, laisse faire cette même mouvance séparatiste qui fait du dossier Sahara marocain, une caisse de résonnance au projet similaire du polisario au cœur du pays membre de l’Union Européenne.

Ahmed Charai sur El Mundo : «Les relations hispano-marocaines, essentielles pour la géostratégie mondiale»

«Le monde des émotions mettent en péril l’empire de la raison». Ces mots, ce sont ceux de l’éditorialiste marocain Ahmed Charaï, écrits dans les colonnes du quotidien centriste «El Mundo». Un appel à la raison et au pragmatisme dans un contexte international dangereux.

Une situation géopolitique dont il fait référence dès l’introduction de son article d’opinion : «L’Espagne et le monde entier traversent un moment délicat dans lequel il semble que des valeurs et des principes, inconditionnellement assumés jusqu’à présent, soient remis en question.»

Ce contexte, poursuit l’auteur, fait courir le risque d’une mauvaise lecture des enjeux géostratégiques, ce qui impacterait des relations hispano-marocaines, «essentielles pour les deux pays, bien sûr, mais aussi essentielles en termes géostratégiques mondiaux; essentielles pour l’Europe et essentielles pour l’Afrique».

Ahmed Charaï rappelle que les relations entre Rabat et Madrid ont la particularité d’être stables depuis des décennies et ceci quel que soit le détenteur de la majorité parlementaire en Espagne.

Cette stabilité a pour moteur de puissantes «raisons» objectives mais que la complexité du contexte géopolitique, économique et sanitaire dans le monde risque de mettre en équation à cause des relents du monde des émotions qu’occasionne la crise.

«Cependant, émanent des sentiments qui correspondent davantage au monde des émotions qui mettent en péril l’empire de la raison et qui continuent à empêcher l’extension de cette coopération à des domaines importants tels que le social et la culture, ce qui permettrait une humanisation de la relation.», souligne M. Charaï.

«Dans les années 1970, les économies du Maroc et de l’Espagne étaient à égalité. Aujourd’hui, cela est de l’Histoire» – Ahmed Charaï

Pour illustrer la nature des relations hispano-marocaines, l’éditorialiste va faire la part entre l’économique, le sécuritaire et le socio-culturel.

M. Charaï va étayer l’évolution de l’économie espagnole qui est passée d’une économie comparable à celle du Maroc à une position qui dispute la première place du principal partenaire économique du Royaume.

«Dans les années 1970, les deux économies étaient à égalité. Les productions industrielles apportaient très peu de valeur, tandis que l’agriculture et la pêche étaient très compétitives, notamment par rapport au marché européen.» a-t-il rappelé.

Mais entre temps le dialogue entre les deux pays est passé par des moments complexes surtout après l’entrée de l’Espagne en Europe, souligne l’article. Un dialogue qui se limitait à la pêche hauturière, car le Maroc s’est retrouvé en position désavantageuse face à une l’Espagne privilégiée par l’accord d’association avec l’UE.

«C’était une période très complexe où les deux pays, qui étaient à la recherche d’une voie vers la modernisation structurelle de leurs économies et du système politique, ont été submergés par la faiblesse de leurs économies respectives et la lutte contre la pauvreté, en particulier pour l’Espagne forcée d’atteindre les niveaux du marché européen.» affirme, M. Charaï.

«Mais tout cela est déjà de l’Histoire . Les mutations de l’économie marocaine ont été telles que l’Espagne est désormais en concurrence avec la France pour le rôle de principal partenaire économique.» constate-t-il.

«Le Maroc se montre comme un partenaire très fiable dans le domaine de la sécurité. Ce sont les dirigeants espagnols eux-mêmes qui l’affirment depuis le début de ce siècle» – Ahmed Charai

Même durant les périodes de froid diplomatique, la coopération sécuritaire entre Rabat et Madrid est resté constamment stable. Une fiabilité et une responsabilité que les responsables espagnols reconnaissent devant l’Union européenne où ils s’érigent en tant que défenseur du royaume.

«Les deux pays sont nécessairement préoccupés par la sécurité, la lutte contre le terrorisme, le trafic international de drogue et l’immigration clandestine. Le Maroc se montre comme un partenaire très fiable. Ce sont les dirigeants espagnols eux-mêmes qui l’affirment depuis le début de ce siècle.» rappelle M. Charaï.

La position géostratégique du Royaume s’est davantage renforcée grâce à l’incroyable dynamique enclenchée par le Roi Mohammed VI depuis au moins 2008. Le succès de la stratégie royale a imposé le Royaume comme un leader incontesté du continent.

«L’Espagne, le pays le plus proche de l’Afrique, en est très conscient et promeut par conséquent la coopération bilatérale dans ce sens» assure M. Charaï.

«La politique culturelle déployée depuis Madrid reste trop timide» – Ahmed Charaï

«Il est incompréhensible que les relations culturelles soient à un niveau aussi bas» s’indigne M. Charaï en évoquant le troisième volet de la coopération hispano-marocaine.

Une timidité qui se reflète sur le terrain avec des initiatives qui se comptent sur le bout des doigts et qui ne reflètent pas la hauteur de ce que représente le passé des deux nations, avec un patrimoine fortement basé sur la civilisation islamique et la renaissance européenne.

Pour palier à ce déficit, M. Charaï recommande: 1) le développent d’un système de bourses pour les étudiants marocains, 2) l’amélioration de l’image des émigrants marocains, 3) le renforcement de la présence linguistique, 4) la simplifications des échanges, 5) l’implications des universités, des partis politiques, des médias et des agences gouvernementales.

«Oublier et vouloir changer le fait que le Sahara fait partie de la nation marocaine serait un véritable cataclysme» – Ahmed Charai

Partenaire économique de premier plan; partenaire sécuritaire, fiable, responsable et indispensable; voisin avec des liens historiques et culturels séculaires; terre ferme la plus proche du continent «avenir de la planète», sont des fait qui font perdre à la question du Sahara beaucoup de sa pertinence, auprès de l’ancienne puissance coloniale qui connaît très bien la dossier.

«Madrid a rejoint le processus politique, a soutenu la proposition du Maroc pour une autonomie élargie, la qualifiant de sincère et crédible et le Maroc en a pris note. Que le parti Podemos puisse continuer avec ses positions idéologiques anciennes et usées n’est pas pertinent.» écrit M. Charaï.

«Oublier et vouloir changer le fait que le Sahara fait partie de la nation marocaine serait un véritable cataclysme.» poursuit-il. Car d’une part ceci annoncerait des troubles et des conflits sans fin dans une région du sud de la Méditerranée où le Maroc et l’Espagne sont deux nations très attachées à leur unité et à leur intégrité territoriale.

D’autres part, cette région ne peut se permettre aucun effondrement économique. Bien au contraire affirme M. Charaï : «elle a besoin de plus d’intégration, d’un marché plus profond, pour assurer son décollage et satisfaire les aspirations de sa population majoritairement jeune

Des arguments qui trouvent toute leur pertinence dans l’affaire El Guergarat qui a été un laboratoire de gestion de crise où ont été testés et approuvées, la retenue du Royaume du Maroc, son rôle de défenseur actif de la stabilité régionale, sa position névralgique pour le commerce Nord-Sud, ses efforts de lutte contre la banditisme et le terrorisme ainsi que son soft power»

« L’Espagne en convient et cela renforce la permanence et le renforcement de ce mariage de raison », conclut Ahmed Charaï une analyse et une plaidoirie qui restera sans aucun doute une référence dans la timeline des relations hispano-marocaines.


M. Ahmed Charai est éditorialiste et éditeur de presse, Administrateur de Plusieurs Think tank à Washington – Membre du Conseil d’Administration du “Center for Strategic and International Studies” à Washington, – – Membre du Directoire de l’ONG “Search for Common Ground” à Washington, – Membre du Conseil du Directoire de ” The Atlantic Council of United States” à Washington – Membre du Conseil Editorial Consultatif de “The National Interest’s Magazine” à Washington. – Membre du Conseil d’Administration du “The Foreign Policy Research Institute” à Philadelphia– Membre du Conseil d’Administration du International Crisis Group. Mr Charai est aussi membre du conseil Consultatif de Gatestone Institute à New York. Mr Charai, s’exprime souvent dans de grands journaux et médias américains dont le Wall Street Journal, New York Times, Le Monde, Fox News, National Interest Magazine, Huffington Post.

Khalid Ait Taleb, le Croque-morts

Khalid Ait Taleb, s’est tellement acclimaté avec la mort que les pertes en vies humaines du Covid ne lui suffisent plus. Et c’est dans les gémissements de notre économie agonisante qu’il cherche désormais l’enivrance. Tel le Nahash, il a commencé à suppurer la peur et le désarroi dans l’exécutif, faisant perdre à l’économie nationale 1 milliards de dirhams par jour de confinement. Puis il se mue en un Croque-morts affairiste de la peur et de la mort : des millions de dirhams de masques hors prix importés en devises, des kits de diagnostic du Covid aux prix les plus chers de la planète, des commandes de traitement 20% plus élevées que les prix du marché…etc. Toutefois, le ministre a laissé passer un juteux business qui lui est resté à travers la gorge : le business de la réanimation. Lits et respirateurs ont été très vites investis par l’effort national de nos chercheurs et de nos industriels au moment où notre Croque-morts avait la tête ailleurs, trop occupé par la signature des commandes de grès-à-grès. Le temps d’un confinement nous étions un modèle pour la planète. Le monde entier chantait les louanges de l’ingéniosité de la recherche marocaine à l’Université Mohammed VI Polytechnique et de la réactivité de notre industrie nationale. Mais notre ministre «n’a que foutre» de l’image ni de l’économie du pays tant que lui et son parrain ne se sont pas gavés. Pour assouvir sa vengeance, le Nashash choisi le moment précis de la remontada de la peur, suscitée par la nouvelle vague de la pandémie, pour mettre fin au rêve de l’industrie nationale : «Vous parlez de quels lits, et de quels respirateurs ? » a-t-il osé déclaré non dans un conseil de gouvernement mais à la presse. Le bilan de la gestion de la pandémie se fera tôt ou tard. Les dégâts sont trop importants pour que celui qui a consommé la plus grande part du fonds Covid instauré par le roi Mohammed VI ne soit ni inspecté, ni jugé.

Une vidéo virale circule sur les réseaux sociaux depuis ce lundi met à nu le double language de Khalid Ait Taleb. Vue par plus d’1 million de marocains, elle montre le ministre de la peur félicitant et encourageant un industriel marocain qui s’est hasardé dès le début de la pandémie à s’investir dans la fabrication de respirateurs marocains.

Khalid Ait Taleb, devant les caméras, s’était adressé à notre industriel avec les mots suivants :

«Aujourd’hui nous assistons quand même avec prouesse l’effet de la solidarité marocaine.»

«Le respirateur aujourd’hui a connu des améliorations incroyables en un peu de temps, pour qu’il soit, bien sur, utiliser demain sur le terrain. Là c’est un respirateur qui s’adapte avec le patient.»

«Les réanimateurs sont là aujourd’hui pour certifier, homologuer, valider et tester et demain il sera utiliser. Je demanderai bien sûr à ces potentialités d’encourager la production marocaine. C’est une opportunité pour pouvoir l’utiliser dans le domaine de la réanimation. Je vous dis merci beaucoup, vous êtes la fierté de la national il faudrait que vous soyez quand même un exemple à multiplier et à dupliquer à l’échelle territorial.»

Ah! Quel ministre formidable, patriote et de surcroît doublement pieux si l’on se fie aux deux exemplaires du Saint Coran qui ornent son bureau ministériel.

Mais ce que nous avons appris avec le PJD, c’est que les signes ostentatoires de piété ne garantissent pas systématiquement une parfaite congruence ni avec les actes ni avec le comportement.

Comme par hasard et à une semaine de l’annonce d’un reconfinement en France et dans plusieurs pays européens qui font remonter le baromètre de la peur et de l’angoisse chez les populations, Khalid Ait Taleb trouve le temps de faire le tour de la presse nationale pour dire tout le contraire de ce qu’il a déclaré devant les caméras un 12 mai 2020.

«Il ne suffit pas de sortir un lit et un respirateur. Mais leur utilisation requiert un certain degré de responsabilité important parce qu’il y va de la sécurité du patient » Sic!

« Vous parlez de quel lit de réanimation ? Ni le lit de réanimation ni le respirateur marocains ne sont encore homologués à ce jour. Il faudrait qu’on éclaircisse la situation » Sacrebleu !

Oui, chers lecteurs, vous n’êtes pas atteint de myopie et nous n’avons pas  inventé ces mots, vous pouvez vous en assurer sur le site de nos confrères Maroc Hebdo et Assabah.

Infographie : Le double langage de Khalid Ait Taleb au sujet de la fabrication locale des respirateurs et des lits de réanimation

On aurait pu comprendre ces propos, si les industriels avaient survendu leur capacité au ministre de la santé ou s’ils n’avaient pas fait preuve de sérieux. Mais ce n’est pas le cas. Nous empruntons pour l’occasion l’excellente investigation de notre confrère Le360 sur sujet et qui retrace toutes les tentatives d’homologation avortée par -je cite la même source- «la bureaucratie du ministère de la Santé».

Chronologie de l’industrialisation de la première version du respirateur artificiel 100% marocain

8 avril 2020: lancement de la phase d’industrialisation de la première version du respirateur artificiel 100% marocain. Les approvisionnements ont été réalisés de sorte à honorer la première commande reçue du ministère de la Santé, portant sur un volume initial de 400 respirateurs. Le fabricant en a produit 500.

13 avril 2020: une délégation de médecins militaires fait une visite à la fabrique du respirateur marocain, installée au cœur de l’usine de la SERMP, située dans l’Aéropôle, la zone industrielle de l’aéroport Mohammed V à Casablanca. Selon un témoin présent sur place, la visite a été concluante.

25 avril 2020: la nouvelle version du respirateur a été testée sur une brebis. 

Entre temps, pour valider le respirateur, le ministère de la Santé a installé un Comité scientifique, composé de 10 réanimateurs représentant 10 CHU du Royaume.

12 mai 2020: présentation concluante au siège de la SERMP du respirateur devant le Comité scientifique, en présence du ministre de la Santé, Khalid Aït Taleb et du ministre de l’Industrie, Moulay Hafid Elalamy.

5 juin 2020: le ministère de la Santé annule une cérémonie initialement prévue pour réceptionner les premiers respirateurs. Contre toute attente, le département de Aït Taleb invite le collectif à suivre la procédure d’enregistrement du respirateur en tant que dispositif médical. «Nous aurions pu lancer cette procédure dès fin avril si le ministère nous avait prévenus», déplore un membre du collectif. 

Motivé par l’intérêt manifesté par certains donneurs d’ordre à l’étranger, le collectif a ensuite entamé la procédure de certification «CE médical» pour se tourner vers l’export.  

20 juillet 2020: après un mois et demi de tests auprès des deux centres techniques CETIEV et CERIMME, le respirateur marocain a finalement reçu la certification «CE médical».

28 juillet 2020: le ministère de la Santé trouve encore une fois le moyen d’éterniser la procédure. Cette fois-ci, les équipes de Ait Taleb demandent aux promoteurs du projet d’enregistrer l’entreprise SERMP en tant qu’entreprise médicale avant d’enregistrer le respirateur.

3 août 2020: lancement des démarches pour enregistrer la SERMP auprès des services du ministère.

17 août 2020: le ministère de la Santé impose à la SERMP une nouvelle procédure digitalisée pour obtention d’une autorisation provisoire. L’entreprise a ensuite déposé une nouvelle demande via le canal digital.

A date d’aujourd’hui la SERMP n’est toujours pas enregistrée.  Khalid Ait Taleb a demandé à l’entreprise d’apporter de nouveaux documents avant de vouloir définitivement enterrer le projet en déclarant à la presse : «vous parlez de quel lit de réanimation ? Ni le lit de réanimation ni le respirateur marocains ne sont encore homologués à ce jour». 

Scandaleux!

C’est tellement flagrant qu’on se pose la question fatidique : «qui c’est ce parrain qui guide les pas de Khalid Ait Taleb?»

Réveillez Saad Eddine El Otmani!

Pendant tout ce temps là, le Chef de Gouvernement sensé animer, réguler, suivre et décider les actions du gouvernement est aux abonnés absents. Peut-être est-il entrain de s’émerveiller de la magie du robinet d’eau? Rappelez-vous comment il était excité en expliquant aux marocains comment contrôler le débit de l’eau avec un robinet. Du coup, pour qu’il sache de quoi parle l’industriel des respirateurs il faudrait attendre quelques années.

Nous avons tous constaté que la pandémie a dévoilé les réelles capacités de notre exécutif et du chef de gouvernement. Les cacophonies à répétition ont touché tous les marocains sans exception et ont terni l’image du Royaume à l’international. Mais aujourd’hui ce n’est pas une question d’image, c’est l’avenir de notre pays qui est en jeu. Je vous invite à lire les excellents papiers de Nadia Salah et de Aziz Boucetta, qui ont fustigé chacun de son angle la gravité des actes de Khalid Ait Taleb.

La fondatrice du premier quotidien économique du Royaume, l’Économiste, ne va pas y aller de main morte : «Encore une fois, il (Ait Taleb) a manqué à sa fonction tout en marquant son mépris pour ses collègues. On a en mémoire le pataquès des masques, où son département a fait des pieds et des mains pour empêcher la fabrication puis la distribution locale. Devant ce comportement, des observateurs se sont dits persuadés qu’il y avait d’autres motivations».

Nadia Salah a également résumé le danger que constitue des responsables tels que Khalid Ait Taleb sur les aspirations des marocains et à leur tête le souverain d’un Maroc développé et prospère en donnant l’exemple de l’Inde : «Il y a dix ans le PIB/tête indien était de 998 dollars. Aujourd’hui il est de 2.002 dollars. Dans 7 ans, il dépassera celui du Maroc. Il n’y a pas de miracle».

Aziz Boucetta, pour sa part, a demandé dans son édito des éclaircissements sur qui des Elalamy ou Aït Taleb mentait aux marocains. «Alors, avec plus de 30.000 cas actifs (officiellement recensés) et près de 3.500 morts (qui seront vite dépassés), ne sommes-nous donc pas en droit, voire en devoir, de nous interroger sur qui ment, des deux ministres», s’est-il indigné.

Toutefois, le directeur de publication de Panorapost fait le constat suivant : «Aït Taleb semble avoir oublié ses serments d’Hippocrate ou de technocrate qu’il a prêtés… car, dégât collatéral, par la grâce du ministre de la Santé, voilà une activité à l’export brillamment avortée dans l’œuf.»

Enfin il n’y a pas meilleure conclusion pour que cette chute du même Aziz Boucetta : «Inutile de demander au chef du gouvernement d’intervenir, il est (occupé) ailleurs, mais un jour, une fois que l’on aura arrêté le décompte des morts Covid – et pourquoi pas, avant ? –, le Professeur Khalid Aït Taleb risquera bien de rendre des comptes, et de boire le calice jusqu’à la lie. A notre Santé !»

De la Chair à canon

Si les amis et les proches d’Omar Radi pensent que par une Couv, un article et un tweet de médias français réussiraient à faire pression sur le chef de l’Etat pour libérer le journaliste, ils sont bien crédules. Bientôt ils se rendront compte que les tireurs de ficelles qui ont suggéré cette stratégie ont plus intérêt à voir Omar derrière les barreaux que libre. «Omar Radi le martyre», «Omar Radi l’icône de la répression du pouvoir» a plus de valeur qu’un Omar Radi souriant et trinquant à sa liberté retrouvée. Aussi se rendront-ils compte que ces même tireurs de ficelle, les ont piégé en jetant en pâture la palignante, Hafsa Boutahar, la femme qui aurait servi à l’accusé d’objet de vengeance contre le «Makhzen». Dans un ordre mondial dominant, oligopolistique, fondamentalement injuste et inégal, les idéalistes et les femmes ne sont finalement que de la chair à canon de la lutte de pouvoir entre seigneurs de guerre.

Le comité de soutien de Omar Radi a voulu frapper fort la veille de la comparution du journaliste en détention préventive depuis fin juillet, devant le juge d’instruction de la chambre criminelle de la cour d’appel de Casablanca, dans une double affaire de viol et d’espionnage. Le dit comité a choisi de marquer les esprits et d’espérer se faire entendre en optant pour un titre provocateur et une couverture acrimonieuse associant l’affaire Radi au Roi. Ainsi Mediapart, a pris le parti d’un titre qui suggère que Omar Radi serait devenue ligne rouge au même titre que le Sahara ou le Roi, tandis que l’Humanité a offert sa Une à la «cause» en l’ornant du portrait du roi Mohammed VI.

https://twitter.com/aborifi/status/1308358800689201152

Stratégie dépassée et contre productive

Après des mois de push britanico-qatari, principalement via brookings Institute, le comité de soutien de Omar Radi a voulu changer de fusil d’épaule en s’orientant vers les leaders d’opinion français. D’une pierre plusieurs coups: fermer la porte à la rhétorique d’intelligence avec le MI6, attirer l’attention de l’élite francophone marocaine et s’offrir aisément une couverture plein page.

Cependant, déplacer le ring de Doha à Paris, c’est replacer son adversaire dans son terrain de jeu favori, dans sa zone de confort. Attaquer frontalement le monarque, c’est réveiller l’instinct de survie des marocains. Faire signer des articles par des français et des algériens, c’est attiser l’animosité avérée de l’opinion publique vi-à-vis la France et déchainer son patriotisme à l’encontre des ennemies de l’intégrité territoriale du Royaume.

Entre Mohammed VI et Omar Radi, les marocains choisiront leur roi et les analystes les plus médiatisés diront que Macron fait de la pression sur Rabat au sujet du Sahel, de la Libye et au sujet de la normalisation des relations avec Israël. Voilà comment l’affaire Omar Radi sera mise aux oubliettes en 48 heures avant que Chouf TV ne drive l’opinion dans les semaines à venir.

Le pouvoir marocain que nous nommons communément le Makhzen, est rompue depuis l’indépendance à la pression médiatique de l’Elysée. Faire la Une, d’un quotidien communiste en mal de lecteurs n’excite que les whatsapp des quelques francophones que nous sommes et les amis de Omar.

Si Hassan II a géré Mitterrand, Mohammed VI a géré le printemps arabe. Pour preuve, j’invite les stratèges du comité de soutien à naviguer dans Facebook et YouTube pour se rendre compte que le pouvoir et la monarchie se sont adaptés «royalement» au nouveau monde cruel des réseaux sociaux qui est de loin plus dévastateur que la couverture d’un journal papier qui est en passe de disparaître.

Omar Radi a opté dès le début de son affaire pour une stratégie de provocation tout azimut. Ces armes étaient des tweets cinglants et des posts Instagram narguants. Il y tenait d’ailleurs tellement qu’il s’était permis de briser l’accord qu’il avait avec son avocat, Me Benjelloun, l’homme qui s’était investi personnellement dans sa libération janvier dernier. Les doigts d’honneur, les «fuck Moukhabarat» qui ont suivi sa libération ont, entre autres, poussé le pouvoir à montrer son «ugly face», en l’occurrence les chroniques d’Abou Wail Rifi.

Omar Radi ne lâchera pas prise et va internationaliser son affaire en provoquant un tsunami d’articles hostiles au Maroc ainsi que des campagne de guérillas sur twitter pilotés par des cabinets internationaux de veille et d’intelligence stratégique. La machine Makhzen va s’emballer, Radi sera poussé dans ses derniers retranchements, abattra toutes ses cartes, réduisant comme une peau de chagrin les possibilités de médiation.

Si la volonté du comité de soutien était de libérer Omar Radi et de le laver de toutes accusations, la stratégie de provocation adoptée jusque là et sans aucun doute une stratégie contre productive. Le résultat on le voit aujourd’hui, Omar est en prison depuis le 29 juillet et sa liberté provisoire vient d’être rejetée.

Hafsa Boutahar, la femme objet

Ce n’est pas l’intelligence avec le MI6 qui a placé Omar Radi derrière les barreaux mais c’est bel et bien une plainte pour agression sexuelle déposée par une de ses collègues au sein du trés repectable LeDesk, l’un des rares médias libres du Royaume. Pour se défendre, Omar Radi avoue avoir eu des relations consentantes avec sa collègue dans la demeure même de leur employeur transformée en bureaux, crise sanitaire oblige. On lui conseillera de prendre les devants et de diffuser sur les réseaux sociaux les échanges qu’il avait eu avec la plaignante juste avant le passage à l’acte. Le nom et l’identité de la collègue seront ainsi être dévoilés au grand jour.

Violemment attaquée, Hafsa Boutahar décidera de donner sa version des faits à la presse sans attendre la fin de l’enquête. Une épreuve particulièrement sensible et éprouvante dans une société comme la nôtre. Car d’aucuns ne peut imaginer la pression que subissent les femmes dans notre pays quand elles parlent à visage découvert d’agression sexuelle. Innocentes ou coupables, elles endurent pour très longtemps les affres du jugement et du harcèlement aussi bien de leur entourage privé que professionnel.

Depuis l’éclatement de l’affaire, Hafsa Boutahar, se bat pour se faire entendre. A part quelques articles ici et là, sa voix reste inaudible face à un comité de soutien de Omar Radi plus agressif, plus réactif et mieux organisé. Jugée d’avance par ses collègues qui ne lui accordent même pas le bénéfice de doute, Hafsa tente tant bien que mal de répondre à ses détracteurs. Elle vient à ce propos de lancer comme une bouteille à la mer le hashtag #WeBelieveHafsa.

Pour quelles raisons dirait-on? Parce que l’affaire Bouachrine a fait trop de dégât chez les plaignantes. Parce que Omar a un grand capital sympathie. Parce c’est une femme, et une femme n’a pas de libre arbitre, elle est toujours l’objet d’un mâle.

Et c’est à ce propos que la défense agressive du comité de soutien de Omar Radi a probablement mis en danger le journaliste tout en risquant d’éclabousser le journal et la rédaction qu’ils l’ont toujours soutenu.

En effet, répéter à tout va qu’il «s’est fait» la «makhzanienne», la «khabachiste», – référence à Mohamed Khabachi Directeur de publication de Barlmane.com-, Omar Radi avouerait donc avoir utiliser une femme comme trophée de guerre dans sa lutte contre le pouvoir. De plus, en souillant une collègue, en la traitant d’objet du Makhzen et en exposant l’intimité de la vie professionnelle de sa rédaction, Radi met en danger la réputation d’un des derniers îlot de liberté d’expression du pays, LeDesk.

Omar Radi et ses amis n’auraient-ils pas dû écouter profondément les déclarations de la plaignante, le temps de détecter d’éventuelles incohérences, puis bâtir une stratégie plus sereine et plus réfléchie ? N’auraient-ils pas dû attendre les déclarations de Ali Amar avant de le mettre dans l’embarras et devant le fait accompli ?

Chair à canon

Depuis la crise financière de 2008, l’événement annonciateur des ruptures sans précédent dans l’ordre mondial depuis la chute du mur de Berlin, les seigneurs de guerre qui ont découvert le digital le graal tant convoité, se sont fait une spécialité de créer et de détruire des icônes. Leurs candidats sont principalement les jeunes idéalistes rêvant d’un monde nouveau. Ainsi la décennie a vu naître une génération de néo militants : lanceurs d’alertes, icônes de révolution, porte-drapeaux d’écologie, etc. qui dans l’euphorie des likes, des vues et de retweets se persuadent être des véritables acteurs de changement. Malheureusement, l’histoire nous a montré qu’ils ne sont finalement que des outils périssables entre les mains des véritables détenteurs du pouvoir. Assange, Snowden, Wael ghoneim .. ne sont plus que l’ombre d’un passé déjà lointain. Tandis que Soros, fondateur d’Open Society, Clayton Swisher, le corbeau d’Al Jazeera et Azmi Bishara, l’idéologue de la gauche israélienne et ancien parrain de B20 sont toujours libres et seront toujours actifs tant que le monde regorge encore de jeunes rêveurs, stock intarissable de chair à canon.

Omar Radi a emboîté les pas d’autres confrères et militants. Son cas n’est pas sans rappeler celui de Hamid El Mahdaoui, Nasser Zefzafi, Taoufik Bouachrine, Souleiman Raissouni qui ont tous cru bon de suivre les chuchotements des tireurs de ficelles qui leur miroitaient le mirage de l’influence et de puissance et les ont emmuré dans une lutte contre des élites périphériques puis entre quatre murs d’une cellule.

Alors qu’ils payent leur crédulité par leur chair, les princes My Hicham, les Ilyas El Omari et les Maati Mounjib continueront à défendre la liberté d’expression depuis M’diq, Marbella ou Paris, devant une bonne côte de boeuf saignante et du bon vin rouge.

Le doigt d’honneur du PJD aux marocains, serait-il le dernier ?

Il n’y a plus aucun doute le PJD est fini. Peut être pas en tant que formation partisane mais en tant qu’idée et projet politique et social. Au grand dam de ses électeurs, le parti à «référentiel islamique» fondé par l’emblématique Abdelkrim al-Khatib, a rejoint officiellement le club non fermé des «tous pourris».

Le mérite de cette «performance» revient principalement à ses leaders, Benkirane, El Otmani et Ramid. Alors que le premier s’en sortait plutôt bien en camouflant ses acquaintances avec le monde des affaires qu’il protégeait, la faiblesse du second et le machiavelisme du troisième ont fini par enterrer une fois pour toute l’espoir qui les a fait porter au pouvoir à savoir la lutte contre la corruption, les passe-droits, l’enrichissement illicite et l’économie de rente.

A quelques mois des élections, l’échec cuisant du PJD à moraliser l’action publique, accentue davantage la problématique de la représentation politique au Maroc et amplifie la défiance des citoyens vis à vis les élites.

Tous les regards sont, désormais, tournés vers le Souverain seul à pouvoir enclencher un cercle vertueux d’un changement libérateur.

C’est un doigt d’honneur magistral qu’a adressé le parti au pouvoir et la chefferie de gouvernement aux marocains. Dans un communiqué publié ce vendredi, le PJD a odieusement soutenu ses deux ministres El Mostafa Ramid et Mohamed Amekraz, pris la main dans le sac dans une double affaire de non-déclaration des salariés de leurs bureaux d’avocat respectifs, à la Caisse nationale de sécurité sociale, la CNSS.

« les frères Ramid et Amekraz n’ont pas enfreint les règles d’intégrité et de transparence liées à la gestion des affaires publiques et les dispositions de prise en charge de leurs responsabilités publiques », a publié le secrétariat générale du PJD dans un communiqué qui fait état d’un soit-disant compte rendu des délibérations de la commission d’éthique et de transparence du parti.

Le PJD s’est même permis de féliciter les deux fauteurs, l’un pour avoir «rapidement corrigé son erreur et s’être conformé à la loi» et l’autre pour avoir apporté «une assistance financière conséquente à son assistante décédée» et jamais déclaré au fisc.

Cette sortie médiatique a suscité un tollé général et une avalanche d’articles et de commentaires sarcastiques : «Affaires Ramid-Amekraz: quand le PJD lave plus blanc» a titré Le360, « Fraudez la CNSS, mais surtout pas de photo devant le Moulin rouge» a réagit mohamed Ezzouak sur Yabiladi, «PJD. Ramid et Amekraz ont fauté mais ils sont honnêtes» a ironisé L’Observateur.

Ramid, le maître chanteur

La première fois que Ramid allait révéler son véritable visage, c’était durant l’affaire du pédophile Daniel Galvin. Il va déployer un procédé, le N.M.R : Nier, Monnayer, Retourner sa veste, qu’il va perpétuer jusqu’à ce jour.

Pour faire simple, quand n’importe quelle affaire éclate, il se précipite à nier en bloc toute responsabilité, sans jamais passer par les canaux officiels du gouvernement ou de son parti. Il ne fait confiance qu’à sa page Facebook. Puis il se terre et laisse monter la pression, jusqu’à ce qu’il arrive à négocier une contrepartie et c’est là qu’il va se montrer pour prononcer ce qu’il aurait dû faire ou dire tout simplement dés le début en tant que responsable.

On retrouve d’ailleurs le même schéma dans le scandale de la CNSS. Sa première réaction a été bien évidemment la publication d’un post Facebook où il nie tout. Il va avoir un moment de panique quand il va se faire lyncher sur les réseaux sociaux après avoir obligé la famille de son assistante à signer une déclaration sur l’honneur et à la faire légaliser un jour de congé. Il va par la suite profiter d’un moment de répit suite à l’éclatement de l’affaire de son collègue Amekraz, car la pression s’est déplacée vers le camps du Chef de parti et du gouvernement.

Et que sera la surprise générale quand notre maître chanteur va se montrer en sa qualité de Ministre des Droits de l’Homme aux côtés du porte-parole du gouvernement et du ministre des affaires étrangères, lors du point de presse sur l’affaire Amnesty International. Mais la surprise va se dissiper quand quelques heures plus tard quand le PJD va balancer le communiqué de la honte, qui absout Ramid de ses péchés. Un double doigt d’honneur aux marocains.

«Nous ne sommes ni au Japon ni en Suède pour que je démissionne» avait-il lancé à la figure des parlementaires. Être avocat et enfreindre la loi, être ministre des droits de l’homme et bafouer le droit de travail, être homme politique et ne pas croire en les institutions de l’Etat en l’occurence la CNSS, c’est réduire à néant tout les efforts consentis pour faire du Maroc un pays de droit et de loi.

Le PJD est tombé trop bas et trop vite dans le marécage des compromissions dans le seul et unique but de rester au pouvoir.

Durant la première phase de son mandat, le PJD à travers Benkirane va tout faire pour protéger le lobby des affairistes. L’exemple des pétroliers est criant. Depuis l’indépendance, jamais le secteur des hydrocarbures marocain n’a gagné autant d’argent. Puis aux premières secousses du hirak du Rif, le PJD va servir de paravent pour la fuite des capitaux. Depuis l’indépendance, jamais le pays n’a enregistré un si important transfert des capitaux vers l’étranger au point de pousser à l’indignation le gouverneur de Bank Al Maghrib.

Les scandales de détournement de biens publics se sont multipliés à un rythme infernal tel que le président de la Cour des comptes s’est indigné à son tour devant l’immobilisme du gouvernement face à ses rapports qui ont sombré sous la poussière des tiroirs aux oubliettes du PJD. Le parti «don du ciel», comme a essayé de nous le faire avaler Abdelilah Benkirane, n’a pas été capable d’en juger un seul cas. Ses boys nous ont balancé à la figure, tout au début du mandat, des listes de noms incriminés, non pour les sanctionner, mais toujours dans le cadre de la fameuse politique N.M.R, la politique de chantage et de monétisation dans le but de rester le plus longtemps possible au pouvoir.

La chute du PJD risque d’entraîner la vie politique vers un précipice dont elle ne se relèvera pas de sitôt si l’on continue à couvrir et à subir les affres de cette formation politique honteuse et décevante.

Enfin, il est essentiel de rappeler à Ramid et ses compères que la sécurité nationale et la paix sociale sont garanties par les institutions du pays et ne peuvent jamais être objet de chantage. L’avenir nous le montrera.

Amzazi ouvre les portes des universités marocaines au très controversé équipementier télécom chinois Huawei

Le jour même où le Pentagone américain épingle Huawei en le déclarant être sous le contrôle de l’armée chinoise, notre ministre de l’Education nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Saaïd Amzazi, reçoit en grandes pompes le Directeur Général de Huawei Technologies, Zhao Guohui pour lui dérouler le tapis rouge devant des portes grandes ouvertes des universités marocaines, afin d’y installer, entre autres, un système d’éducation cloud dont les serveurs sont hébergés en Chine.

Le gouvernement marocain, à travers son porte parole, a-t-il officiellement décidé de choisir le camps chinois malgré les pressions de l’administration Trump? Ou s’agit-il d’une énième preuve de la déliquescence du gouvernement Saad Eddine El Otmani qui n’arrête pas de briller par son cafouillage et son manque de cohérence laissant les départements ministériels proies faciles aux lobbies économiques et politiques?

L’autre danger d’un gouvernement aussi faible que celui de Saad Eddine El Otmani c’est qu’il ouvre l’appétit aux lobbies pour arracher une loi, un appel d’offre ou une position géopolitique. Le phénomène a été constaté au ministère de la Santé au sujet des équipements médicaux puis plus récemment concernant le projet d’amendement de l’article 29 de la loi 17.04 régissant la prescription du médicament générique.

Mercredi dernier, le porte-parole du gouvernement en sa qualité de ministre de l’Education nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique a publié un communiqué sur sa page Facebook, repris par l’agence de presse gouvernementale MAP, dans lequel il annonce fièrement avoir tenu un point d’étape sur l’avancement de la coopération avec Huawei Technologies.

Le ministre Amzazi nous informe «qu’en présence du directeur général de Huawei Technologies, Zhao Guohui, lundi à Rabat, la lumière a été jetée sur les 14 ICT Academy installés dans les Universités, les 700 étudiants et les quelque 90 enseignants-chercheurs formés».

Il nous apprend également que «43 stagiaires issus des universités ont été retenus chez Huawei, après 35 roadshows dans 17 établissements universitaires qui ont donné lieu à la présélection de 2.000 étudiants. (Imaginez la data collectée!)

Après cette mise en bouche censée nous rassurer sur le sérieux et l’engagement de Huawei, la MAP va nous développer l’argumentaire «Relations Publiques» du géant chinois et nous expliquer son engagement social au Maroc et sa contribution à la lutte contre les effets de la pandémie. Un argumentaire qui bien évidement va contenir l’acronyme magique : «5G».

«Par ailleurs, dans le cadre du lancement du processus d’enseignement à distance, à la lumière de la propagation de la Covid-19, Huawei ICT Academy Maroc a lancé la campagne “GO Digital” de formation des étudiants à distance, a relevé Huawei Technologies dans un communiqué.» écrit l’agence gouvernementale.

«Ainsi, différents outils ont été déployés, notamment le site de l’académie, des groupes Facebook, des échanges avec les enseignants ou encore des Moocs.» poursuit la même source.

«En outre, et compte tenu de la situation particulière liée à la Covid-19, Huawei a également renforcé son programme de formations certifiantes pour les enseignants, explique l’entreprise chinoise, précisant que 81 formations ont été organisées pour la période allant d’avril à novembre 2020»…. Battement de tambour … : «Ainsi, pour le mois de juin, 44 enseignants ont été formés en 5G, 20 en Cloud Computing, 20 en Cloud Service et 6 en sécurité, conclut le communiqué», conclut la MAP.

Rencontre avec le ministre, post Facebook, dépêche MAP, photos à l’appui, la ou le responsable relations publiques de Huwaei peut demander une augmentation à Xi Jinping.

Contexte géopolitique

Le monde vit depuis le deuxième mandat de Barack Obama le début d’une guerre froide qui ne dit pas son nom. Une rivalité stratégique entre la superpuissance mondiale, les États-unis et l’outsider, la Chine.

Avec l’arrivée de Donald Trump l’affrontement est monté d’un cran. Le nouveau locataire de la Maison blanche va enchainer déclarations de guerre commerciale et pressions médiatiques.

En difficulté depuis l’éclatement de la pandémie du Covid-19, Trump va faire de la dénonciation de la Chine son principal argument électoral pour la présidentielle de novembre prochain. Il va également pousser son administration à exiger de l’ensemble de ses partenaires dans le monde de se prononcer officiellement sur le camps qu’ils vont choisir : Washington ou Pékin.

Mais la pandémie du Coronavirus semble avoir joué en faveur de la Chine. En effet, la crise économique majeure qui se profile et l’accélération du virage digital imposé par la propagande de l’industrie #StayHome, ont rendu les gouvernements peu chauds à signer un chèque en blanc à Washington. Surtout qu’elle persiste et signe qu’elle était décidée à prioriser le «Make America Great Again» au dépens de la coopération internationale.

Toutefois une dépendance technologique forte à la Chine, la 5G par exemple, couplée à la dépendance industrielle actuelle représentent une menace réelle à l’ensemble des économies du globe. Les gouvernements sont tiraillés entre l’apport évident de la 5G et d’autres équipements chinois sur la croissance mondiale et les risques de cyber-conflictualité et de guerre de l’information.

Dans le cadre de cette lutte, le Pentagon va pousser le bouchon encore plus loin en déclarant, ce mercredi, que Huawei et quatre autres sociétés chinoises avaient des liens directs avec l’armée chinoise. Washington va officiellement soupçonner l’entreprise de télécommunications d’espionnage au profit des autorités chinoises.

Au Canada par exemple, les dénonciations ont fusé dès la publication de l’information. Un ancien agent du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), s’est confié à la presse de son pays pour fustiger son gouvernement : « Le gouvernement canadien est coupable de n’avoir jamais sensibilisé le secteur privé aux dangers des vols d’informations que font régulièrement les Chinois», a-t-il déclaré.

« Est-ce que le réseau wifi du train et les caméras auront des portes cachées pour épier les passagers ? C’est une opportunité en or pour les services secrets chinois », a prévenu un autre spécialiste en cybersécurité Steve Waterhouse, réagissant au marché gagné par le fabricant chinois CRRC pour la livraison de wagons de trains.

En Europe, la Belgique a annoncé le jour même, sans la nommer, que Huawei sera exclue du cœur de notre futur réseau 5G. Sachant qu’en janvier 2019, l’Union Européenne avait mis en place une « boîte à outils » devant permettre aux États membres de poser les bons choix « dans les meilleures conditions de sécurité possible » en matière de 5G.

L’inquiétude s’étend aussi aux universités désormais identifiées aux États-unis comme un maillon faible de la sécurité nationale. « L’utilisation de collecteurs non traditionnels, en particulier dans le milieu universitaire – qu’il s’agisse de professeurs, de scientifiques ou d’étudiants – se retrouve dans presque tous les bureaux locaux du FBI », a déclaré le directeur du FBI, Christopher Wray, lors d’une audience du Comité sénatorial du renseignement en 2019.

Qu’en est-il du Maroc ?

Rabat a choisi de gérer avec prudence sa relation avec Pékin. Au moment où les relations diplomatiques et la coopération militaire ses sont renforcées avec Washington, les autorités marocaines ont décidé de ne pas intervenir dans les décisions des opérateurs économiques privés tout en gardant la bonne distance écologique qui s’avère être salutaire.

Sur la 5G par exemple le secteur privé à l’image des opérateurs télécoms ont annoncé depuis plusieurs mois être prêts pour adopter la technologie chinoise.

Concernant les acteurs publics, l’investissement dans la technologie Huawei n’est pas encore tranchée. Le cas de l’Administration des Douanes et Impôts Indirects est très parlant. En effet, même si elle a déjà opéré des tests pour adopter la technologie 5G pour profiter des économies et de la valeur ajoutée que pourrait lui procurer la mise en oeuvre de l’internet des objets, la décision finale sera politique. Huawei compte pour faire pencher la balance en sa faveur et se positionner sur les grands chantiers de transformation digitale du Royaume sur son partenaire Said Rkaibi, patron de MedTech Group, d’Omnidata et de Dial Technologies qui distribue dans depuis 2017 ses outils de vidéosurveillance.

Notons aussi que les grands projets chinois annoncés en grandes pompes n’ont pas encore vu le jour. On peut en citer, la Cité Mohammed VI Tanger Tech et la deuxième ligne à grande vitesse Marrakech-Agadir.

C’est dans ce contexte national et international particulièrement tendu et complexe que le porte-parole du gouvernement, qui jouit d’une bonne presse malgré un démarrage difficile, s’affiche et défend Huawei Technologies, objet de toutes les controverses.

Huawei a pour sa part réussi à marquer un point face à un Trump déchainé, en publiant son communiqué dans le fil des dépêches de l’agence de presse gouvernementale, MAP, le mercredi, le jour où elle est attaquée par le Pentagon. Sachant que la réunion avec Amzazi s’est déroulée deux jours plutôt.

Est-ce que Amzazi est dans son rôle ? Oui dirait-on. N’ayant aucun background politique, ni d’affiliation partisane et ne recevant aucune note, ni recommandation, ni de son Chef de gouvernement ni de son collègue aux affaires étrangères, oui il est tout à fait dans son rôle de ministre de trouver des solutions pour un secteur sinistré tel que l’Éducation.

Toutefois, comment a-t-il pu trouver du temps pour un sujet aussi peu prioritaire, à quelques jours des épreuves du bac ?

Pourquoi Driss Ouaouicha, ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, n’a pas assisté à la réunion alors qu’il est le premier concerné ? Américanophile, serait-il en désaccord avec son ministre sur le projet Huawei ICT Academy Maroc ?

Malheureusement il est peu probable qu’on sache davantage sur ce sujet. La communication n’est pas le fort de ce gouvernement et le parlement censé contrôler l’action gouvernementale ne joue plus son rôle depuis bien longtemps.

Vivement le changement!

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