Le doigt d’honneur du PJD aux marocains, serait-il le dernier ?

Il n’y a plus aucun doute le PJD est fini. Peut être pas en tant que formation partisane mais en tant qu’idée et projet politique et social. Au grand dam de ses électeurs, le parti à «référentiel islamique» fondé par l’emblématique Abdelkrim al-Khatib, a rejoint officiellement le club non fermé des «tous pourris».

Le mérite de cette «performance» revient principalement à ses leaders, Benkirane, El Otmani et Ramid. Alors que le premier s’en sortait plutôt bien en camouflant ses acquaintances avec le monde des affaires qu’il protégeait, la faiblesse du second et le machiavelisme du troisième ont fini par enterrer une fois pour toute l’espoir qui les a fait porter au pouvoir à savoir la lutte contre la corruption, les passe-droits, l’enrichissement illicite et l’économie de rente.

A quelques mois des élections, l’échec cuisant du PJD à moraliser l’action publique, accentue davantage la problématique de la représentation politique au Maroc et amplifie la défiance des citoyens vis à vis les élites.

Tous les regards sont, désormais, tournés vers le Souverain seul à pouvoir enclencher un cercle vertueux d’un changement libérateur.

C’est un doigt d’honneur magistral qu’a adressé le parti au pouvoir et la chefferie de gouvernement aux marocains. Dans un communiqué publié ce vendredi, le PJD a odieusement soutenu ses deux ministres El Mostafa Ramid et Mohamed Amekraz, pris la main dans le sac dans une double affaire de non-déclaration des salariés de leurs bureaux d’avocat respectifs, à la Caisse nationale de sécurité sociale, la CNSS.

« les frères Ramid et Amekraz n’ont pas enfreint les règles d’intégrité et de transparence liées à la gestion des affaires publiques et les dispositions de prise en charge de leurs responsabilités publiques », a publié le secrétariat générale du PJD dans un communiqué qui fait état d’un soit-disant compte rendu des délibérations de la commission d’éthique et de transparence du parti.

Le PJD s’est même permis de féliciter les deux fauteurs, l’un pour avoir «rapidement corrigé son erreur et s’être conformé à la loi» et l’autre pour avoir apporté «une assistance financière conséquente à son assistante décédée» et jamais déclaré au fisc.

Cette sortie médiatique a suscité un tollé général et une avalanche d’articles et de commentaires sarcastiques : «Affaires Ramid-Amekraz: quand le PJD lave plus blanc» a titré Le360, « Fraudez la CNSS, mais surtout pas de photo devant le Moulin rouge» a réagit mohamed Ezzouak sur Yabiladi, «PJD. Ramid et Amekraz ont fauté mais ils sont honnêtes» a ironisé L’Observateur.

Ramid, le maître chanteur

La première fois que Ramid allait révéler son véritable visage, c’était durant l’affaire du pédophile Daniel Galvin. Il va déployer un procédé, le N.M.R : Nier, Monnayer, Retourner sa veste, qu’il va perpétuer jusqu’à ce jour.

Pour faire simple, quand n’importe quelle affaire éclate, il se précipite à nier en bloc toute responsabilité, sans jamais passer par les canaux officiels du gouvernement ou de son parti. Il ne fait confiance qu’à sa page Facebook. Puis il se terre et laisse monter la pression, jusqu’à ce qu’il arrive à négocier une contrepartie et c’est là qu’il va se montrer pour prononcer ce qu’il aurait dû faire ou dire tout simplement dés le début en tant que responsable.

On retrouve d’ailleurs le même schéma dans le scandale de la CNSS. Sa première réaction a été bien évidemment la publication d’un post Facebook où il nie tout. Il va avoir un moment de panique quand il va se faire lyncher sur les réseaux sociaux après avoir obligé la famille de son assistante à signer une déclaration sur l’honneur et à la faire légaliser un jour de congé. Il va par la suite profiter d’un moment de répit suite à l’éclatement de l’affaire de son collègue Amekraz, car la pression s’est déplacée vers le camps du Chef de parti et du gouvernement.

Et que sera la surprise générale quand notre maître chanteur va se montrer en sa qualité de Ministre des Droits de l’Homme aux côtés du porte-parole du gouvernement et du ministre des affaires étrangères, lors du point de presse sur l’affaire Amnesty International. Mais la surprise va se dissiper quand quelques heures plus tard quand le PJD va balancer le communiqué de la honte, qui absout Ramid de ses péchés. Un double doigt d’honneur aux marocains.

«Nous ne sommes ni au Japon ni en Suède pour que je démissionne» avait-il lancé à la figure des parlementaires. Être avocat et enfreindre la loi, être ministre des droits de l’homme et bafouer le droit de travail, être homme politique et ne pas croire en les institutions de l’Etat en l’occurence la CNSS, c’est réduire à néant tout les efforts consentis pour faire du Maroc un pays de droit et de loi.

Le PJD est tombé trop bas et trop vite dans le marécage des compromissions dans le seul et unique but de rester au pouvoir.

Durant la première phase de son mandat, le PJD à travers Benkirane va tout faire pour protéger le lobby des affairistes. L’exemple des pétroliers est criant. Depuis l’indépendance, jamais le secteur des hydrocarbures marocain n’a gagné autant d’argent. Puis aux premières secousses du hirak du Rif, le PJD va servir de paravent pour la fuite des capitaux. Depuis l’indépendance, jamais le pays n’a enregistré un si important transfert des capitaux vers l’étranger au point de pousser à l’indignation le gouverneur de Bank Al Maghrib.

Les scandales de détournement de biens publics se sont multipliés à un rythme infernal tel que le président de la Cour des comptes s’est indigné à son tour devant l’immobilisme du gouvernement face à ses rapports qui ont sombré sous la poussière des tiroirs aux oubliettes du PJD. Le parti «don du ciel», comme a essayé de nous le faire avaler Abdelilah Benkirane, n’a pas été capable d’en juger un seul cas. Ses boys nous ont balancé à la figure, tout au début du mandat, des listes de noms incriminés, non pour les sanctionner, mais toujours dans le cadre de la fameuse politique N.M.R, la politique de chantage et de monétisation dans le but de rester le plus longtemps possible au pouvoir.

La chute du PJD risque d’entraîner la vie politique vers un précipice dont elle ne se relèvera pas de sitôt si l’on continue à couvrir et à subir les affres de cette formation politique honteuse et décevante.

Enfin, il est essentiel de rappeler à Ramid et ses compères que la sécurité nationale et la paix sociale sont garanties par les institutions du pays et ne peuvent jamais être objet de chantage. L’avenir nous le montrera.

Nawfal Laarabi

Nawfal Laarabi

Intelligence analyst at UBERAL
Social media strategist / Intelligence analyst. 20 années d’expérience professionnelle au Maroc / Spécialisé dans l’accompagnement des organisations dans la mise en place de stratégies de communication d’influence.
Nawfal Laarabi

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