fbpx

Abdelilah Benkirane

Le ministère de l’intérieur s’insurge contre les allégations malveillantes de Abdelilah Benkirane

/

Les marocains ne pardonnent pas le mensonge, l’hypocrisie et la manipulation. Ils ont, encore une fois, fait mordre la poussière à Abdelilah Benkirane et son parti le PJD. Cette fois-ci à l’occasion des élections partielles à  Al Hoceima, Meknès et Mediouna. Le pestiféré des islamistes, l’homme politique le plus détesté par les marocains après Aziz Akhannouch, n’a pas eu le courage d’assumer sa défaite personnelle. Donnant libre cours à sa réthorique habituelle : «les agents de l’Intérieurs seraient responsables de sa déconfiture».

Le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, n’a pas voulu laissé passer cette énième attaque de l’individu, au risque de porter atteinte à la crédibilité de l’opération électorale. Un communiqué de presse cinglant du Ministère, publié ce lundi, a étrillé le Secrétaire Général du PJD sans le citer nommément, l’accusant de véhiculer des allégations infondées en place et lieu de recourir aux institutions constitutionnelles compétentes pour contester les résultats électoraux.

La malédiction Benkirane commence à peser lourd sur le PJD. Son double langage et ses plans machiavéliques ne passent plus ni auprès de sa base partisane ni auprès des marocains. Celui qui rêve d’une V2.0 du printemps arabe pour espérer refaire le coup du sauveur, n’hésite pas à ménager Aziz Akhannouch, l’ennemie numéro 1 des marocains, pour rester rester dans ses bonnes grâces, et de s’en prendre frontalement à la technostructure de l’intérieur. Laquelle administration qui absorbe les contrecoups de l’incompétence de la galaxie Akhannouch et les manoeuvres et guet-apents de tout genre.

A l’approche des élections partielles du jeudi 21 juillet 2022, Abdelilah Benkirane jouait sur les deux tableaux : celui des hashtags contre la cherté de la vie, tout en épargnant Aziz Akhannouch, son complice dans la dégradation du pouvoir d’achat des marocains. De plus, paraît-il, Mustapha El Khalfi, l’un de ses fidèles lieutenants espère toujours être nommé ambassadeur.

Mais les résultats du scrutin ont confirmé la déconfiture historique du PJD le 8 septembre 2021. Le parti de Abdelilah Benkirane ne fait plus le poids face à ses anciens concurrents, le PAM, l’USFP, le PI et le RNI.

Le ministère de l’Intérieur nie catégoriquement les allégations malveillantes de la direction d’un parti prétendant que le vote était orienté par des agents d’autorité

Dans un communiqué, le ministère a souligné que «la direction d’un parti politique ayant participé aux élections législatives partielles du 21 juillet 2022 a tenté, de manière délibérée, de porter atteinte à la crédibilité de cette opération électorale, en faisant la propagande d’informations erronées prétendant que le vote aurait été orienté par certains agents d’autorité, en proférant à leur encontre des propos diffamatoires qui ne sont pas à la hauteur du discours politique sérieux dont doit faire preuve le secrétaire général d’un parti politique».

Le ministère d’Abdelouafi Laftit a également relevé que ces «allégations malveillantes et inacceptables ont pour objet de porter atteinte à cette étape électorale et semer le doute sur son déroulement d’une manière méthodique et délibérée, à l’instar de la ligne politique adoptée par le parti lors des échéances électorales du 8 septembre 2021».

Tout en se disant étonné par la justification de cet échec pour le mettre sur le dos des agents d’autorité qui ont contribué d’une manière patriotique au succès de ces élections partielles, le ministère de l’Intérieur note que ces accusations qui se répètent à l’occasion de chaque échéance électorale sont «une forme de dénigrement des acquis démocratiques réalisés par notre pays et de tous les efforts déployés par tous, gouvernement, institutions constitutionnelles, partis politiques responsables et médias professionnels.» Pire, il s’agit ni plus, ni moins que d’un mépris et d’un refus de la volonté des électeurs qui ont choisi en toute liberté et responsabilité leurs représentants dans la gestion de la chose publique nationale, déplore-t-on de même source.

D’où, le nécessaire rappel qu’il s’agit de faire en soulignant que le pays a veillé à réunir toutes les garanties juridiques, judiciaires et politiques assurant un déroulement transparent des échéances électorales, relève la même source, ajoutant que tous ceux qui ne sont pas de cet avis ont la possibilité de recourir aux institutions constitutionnelles compétentes pour contester les résultats électoraux, laquelle démarche est une pratique démocratique bien ancrée dans l’expérience électorale marocaine, au lieu de véhiculer des accusations infondées.

Fact-checking : le PJD a-t-il caché la rupture du contrat du Gazoduc Medgaz, comme l’affirme Aziz Akhannouch ?

Alors qu’il fait face depuis des mois à une impopularité record, le Chef de Gouvernement Aziz Akhannouch semble prêt à tout pour sauver sa peau, jusqu’à accuser son adversaire le PJD d’avoir délibérément caché aux marocains la rupture du contrat du Gazoduc Maghreb-Europe. Pour y voir plus clair nous avons fact-checké les propos du Chef du Gouvernement. Résultat : Il n’en est rien, Aziz Akhannouch était bel et bien au courant de la menace, au moins depuis 2014.

Les faits :

Ce lundi 18 avril, le Chef du Gouvernement était devant le Parlement, lors d’une séance plénière et s’est s’exprimé pour la première fois sur la hausse des prix des denrées alimentaires et des carburants. Refusant de reconnaitre toute responsabilité dans cette situation, Aziz Akhannouch a accusé le PJD d’être à l’origine de la cherté de la vie, pointant du doigt la réforme qui faisait la fierté du parti islamiste : la libéralisation du secteur des hydrocarbures.

Dans sa lancée, Akhannouch a poussé le bouchon encore plus loin, en accusant ses prédécesseurs, Abdelilah Benkirane et Saad Dine El Otmani, d’avoir volontairement caché aux marocains l’information de la rupture du contrat du Gazoduc Maghreb-Europe.

«Marocains, je vous vous dire la vérité. C’est ce parti (PJD, ndlr) qui a augmenté tous les prix. C’est lui qui a libéralisé les hydrocarbures. Durant 10 ans, ils gouvernaient et ils étaient incapables de doter le Maroc d’un stock stratégique des hydrocarbures. Ce parti qui parle de la souveraineté énergétique, c’est lui-même qui nous a laissé jusqu’au dernier moment pour annoncer que le contrat de Gaz avec l’Algérie a été rompu.» a-t-il déclaré.

Qu’en est-il vraiment de ces très graves accusations du Chef du Gouvernement ?

Fack-cheking : Akhannouch était au courant de la menace algérienne depuis 2014

Le 16 décembre 2014, le Roi Mohammed VI approuve la feuille de route du Plan national de développement du gaz naturel liquéfié, présentée par le ministre PJDiste de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement, Abdelkader Amara.

Dans la communication du lancement de ce plan, le ministre a bien pris soin de mentionner la date d’expiration du contrat du Gazoduc Maghreb-Europe à savoir novembre 2021.

En effet, dans une dépêche publiée sur l’agence de presse officielle MAP, le ministre PJDiste a déclaré : «Il a également pour objectif de satisfaire la demande électrique nationale, réduire notre dépendance énergétique vis-à-vis de l’extérieur et des combustibles fossiles, à travers la montée en puissance des énergies renouvelables et la valorisation de nos ressources énergétiques locales, et sécuriser l’approvisionnement de nos centrales électriques à cycle combiné gaz-turbine (CCGT) fonctionnant au gaz naturel, notamment après expiration en novembre 2021 de la validité de la convention de transit du gaz algérien par le gazoduc Maghreb-Europe (GME) et du contrat de fourniture de gaz naturel par la Sonatrach» peu-on lire dans une dépêche de la MAP en date du 16 décembre 2014.

Capture d’écran de la dépêche de la MAP

Réagissant à cette annonce, LaVieEco, hebdomadaire propriété de Aziz Akhannouch, publie un long article sur le sujet en prenant soin de consacrer un paragraphe au titre sans ambiguïté : «Vers une indépendance vis-vis du gaz algérien».

«Actuellement, le contrat signé par l’ONEE et la Sonatrach et les redevances en nature de l’Etat sur le gazoduc transportant le gaz algérien vers l’Europe sont les principales sources d’approvisionnement du Maroc en GNL. Or, ces deux contrats arrivent à expiration en novembre 2021. Pour anticiper cela, le ministère compte consacrer les premiers mois de 2015 à l’exploration de nouvelles pistes d’approvisionnement chez les pays producteurs autres que l’Algérie.» a écrit le journaliste salarié de Aziz Akhannouch le 23 décembre 2014.

LaVieEco – 23/12/2014

Le 08 décembre 2017, Aziz Rabbah, alors ministre de l’Energie et des Mines, présente le projet de loi n° 94.17 sensé régulé et organisé le secteur aval du gaz naturel. Dans la note d’information de ladite loi, le ministre rappelle le contexte de son élaboration et ses objectifs.

«(..) afin d’assurer les besoins croissants en énergie le Maroc s’est fixé comme objectif, en plus du développement des énergies renouvelables, la diversification des combustibles, en augmentant la part du gaz naturel dans le mix énergétique» poursuit le document. Et ce, pour les principales raisons suivantes :

  • Disposer de sources alternatives d l’importation du gaz en provenance d’Algérie a travers Ie Gazoduc Maghreb Europe. Les contrats et accords qui encadrent cette importation arriveront à échéances en 2021 ;
  • (…)

Rappelons, qu’Akhannouch a été membre de toutes délégations officielles qui ont accompagné le Souverain en Russie, au Nigéria et au Qatar. Des pays avec lesquels le Royaume a signé des accords sur les hydrocarbures dans un seul et unique but : «diversifier les partenaires internationaux en vue de se libérer de la dépendance du gaz algérien».

Outre le fait qu’il a été l’indéboulonnable ministre de l’agriculture de tous les gouvernements depuis 2007, Aziz Akhannouch agit comme s’il n’était pas à la tête de la première société pétrolière opérant dans les hydrocarbures du Royaume.

Conclusions :

1. Le PJD n’a pas caché l’éventualité du non renouvellement du contrat signé par l’ONEE et la Sonatrach et les redevances en nature de l’Etat marocain sur le gazoduc transportant le gaz algérien vers l’Europe.

2. Aziz Akhannouch n’était pas seulement au courant de la menace de l’arrêt du gazoduc Maghreb-Europe mais il avait accès à de l’information privilégiée sur le secteur des hydrocarbures du pays. Du fait d’être à la tête du premier groupe pétrolier du pays, d’avoir comme membre du bureau politique de son parti la DG de l’ONHYM Amina Benkhadra et d’être le deuxième actionnaire de la junior britannique Sound Energy, qui prospecte les concessions gazières de Tendrara et Meridja.

3. Décrié par tous les marocains en raison de sa gestion de la crise, Aziz Akhannouch n’a pas voulu porté seul le chapeau. Il a voulu trainer dans sa chute le PJD en attaquant la réforme de la caisse de compensation, principale réalisation du parti islamiste durant les deux mandats à la tête du gouvernement.

Stratégie de communication suicidaire

Les déclarations de Aziz Akhannouch au parlement ont été bel et bien préméditées. Ses conseillers lui ont transcrit en arabe dialectale tout le paragraphe contre le PJD sur une fiche que le Chef du gouvernement a lu sans lever les yeux.

Cette stratégie de communication a eu certes un effet immédiat en détournant temporairement l’opinion publique du sujet des flambées de prix et en arrachant 24h de répit mais lourdes seront les conséquences sur le moyen et long terme :

a- Atteinte à l’image du pays

Aziz Akhannouch a clairement affirmé que le pays a été surpris par la rupture du contrat du Gazoduc Maghreb-Europe et qu’il ne s’y était pas préparé. C’est d’autant plus inexcusable, que cette affirmation très grave sortie de la bouche d’un Chef de Gouvernement est complètement fausse.

Le Maroc, Sous l’impulsion du Roi Mohammed VI, mène depuis 2013 une diplomatie disruptive au service de sa souveraineté et de ses intérêts économiques. A ce titre, le Royaume ne tolère plus aucune attaque ou concession y compris de ses partenaires historiques avant même le voisin qui ne nous veut pas de bien. L’Etat marocain, sous la conduite du Roi Mohammed VI n’a jamais surpris par la décision du régime algérien. Au contraire, il l’a transformé en sa faveur. La nouvelle position historique de l’Espagne envers le Maroc en est la preuve irréfutable.

Enfin, les propos irresponsables d’Akhannouch décrédibilisent toutes les déclarations minimisant l’impact de l’arrêt de Medgaz sur le Maroc. Cela confirme le manque de lucidité du Chef du gouvernement et son état avancé de désespoir et d’incapacité à mener à bien son mandat.

b- Réveiller l’animosité du PJD

Aziz Akhannouch qui a réussi à configurer un parlement complètement soumis, n’a plus aucune tolérance à l’opposition structurée. Il se devait de faire taire le seul député qui s’est permis de critiquer le gouvernement.

En s’attaquant frontalement à Abdelilah Benkirane, Aziz Akhannouch s’est tiré une balle dans le pied car le Chef du PJD fait tout pour retenir sa base, qui n’arrive pas encore à digérer la déconfiture de septembre 2021.

c- Exposer davantage Afriquia Gaz

Abdelilah Benkirane et le PJD, dans un souci de gagner la confiance de l’Etat, des opérateurs économiques et des organisations internationales ont usé du discours religieux pour faire passer «crème» les réformes les plus impopulaires et les plus difficiles. Benkirane s’en est sorti avec une très confortable et inespérée retraite mais au prix de la destruction de son parti.

Si l’Etat marocain a réussi à soulager significativement ses finances grâce aux réformes assumées par le PJD, Aziz Akhannouch a vu sa fortune doublée depuis la libéralisation des hydrocarbures.

Le milliardaire marocain a dit vrai quand il a pointé du doigt Benkirane comme étant celui qui a permis une telle flambée des prix du gasoil, mais il a omis de dire que c’est lui qui prenait l’argent des poches des marocains pour s’enrichir davantage.

En 2015, l’année de l’entrée en vigueur de la réforme de la Caisse de compensation et la libéralisation du secteur des hydrocarbure, Afriquia Gaz a levé un emprunt obligataire de 600 millions de dirhams. Dans la note d’information relative à cette émission, la société pétrolière de Aziz Akhannouch rassure les souscripteurs sur l’impact des fluctuations des cours de pétrole et du gaz naturel sur ses résultat en écrivant noir sur blanc que «ces fluctuations sont répercutées sur les clients».

Dans le paragraphe VI de la partie «Facteurs de risques» de ladite note d’information, il est écrit :

«Les cours de GPL sur les marchés internationaux subissent des fluctuations importantes liées aux cours du pétrole brute et du gaz naturel. Les prix du propane étant libéralisés, AFRIQUIA GAZ est exposée, à l’instar des autres acteurs de GPL, dans le cadre de ses importations, aux fluctuations des cours de GPL à l’international. Ces fluctuations sont généralement répercutées sur les clients mais peuvent, rarement, avoir une incidence sur les résultats de la société liée à l’impact de ces variations sur le chiffre d’affaires « Propane » ».

Capture d’écran de la Note d’information d’une émission obligataire d’Afriquia Gaz

Stock stratégique : Akhannouch est-il à l’origine du retard de la construction d’un terminal méthanier et du statu quo de l’affaire La Samir ?

Lors de son intervention au parlement, Aziz Akhannouch a accusé le PJD d’avoir été incapable de doter le Maroc d’un stock stratégiques d’hydrocarbures, tout en évoquant l’affaire La Samir.

«Durant 10 ans, ils gouvernaient et ils étaient incapables de doter le Maroc d’un stock stratégique des hydrocarbures (…) Si seulement on pouvait trouver quelqu’un pour reprendre La Samir. L’Etat n’a pas arrêté La Samir. L’Etat a un problème juridique avec un monsieur qui s’appelle ( ne le nomme pas ) dans tribunaux internationaux», a-t-il déclaré.

Encore une fois, le Chef du Gouvernement et le patron d’Afriquia Gaz n’a pas dit toute la vérité. Car Aziz Akhannouch a été le premier à s’intéresser à la raffinerie. Selon nos sources, il aurait fait plusieurs tentatives, la dernière en date est une offre qui l’aurait faite via un proxy irakien. Les enjeux géopolitiques ont fini par le dissuader, pour le moment.

Idem, pour le stock stratégique des hydrocarbures. Si Amara et Rebbah ont effectivement n’ont pas réalisé la pléthore d’annonces de constructions de structures de stockages, tantôt à Jorf, tantôt à Safi, tantôt sur la Méditerranée, c’est qu’ils devaient faire face à un lobbying intense de Aziz Akhannouch lui même via la Fédération de l’Energie et de l’ONHYM mais également des américains et des russes.

En effet, Abdelkader Amara, ministre de l’énergie PJDiste et son successeur du même parti Aziz Rebbah ont fait beaucoup d’annonces au sujet du stockage et du GNL, sans aucun résultat concret.

Le premier, a lancé le Plan national de développement du gaz naturel liquéfié puis à coordonné avec l’ONEE le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt concernant la phase «Gas to power» pour la réalisation des infrastructures gazières et électriques. Aucun port gazier n’a vu le jour et les appels d’offre n’ont pas été exécutés.

Aziz Rebbah ne fera pas mieux. Il dévoile en décembre 2017, le projet de loi 94.17 relative au secteur aval du Gaz Naturel, qui restera dans les tiroirs. Et à deux semaines des élections de 2021 il publie en catimini une nouvelle feuille de route nationale pour le développement du gaz naturel 2021-2030.

Il faut attendre janvier 2022, pour que le Conseil de la concurrence s’exprime sur le projet de loi 94.17 de Rebbah. Ahmed Rahhou envoie aux calendes grecques ce texte en recommandant la reprise de sa rédaction en vue de l’harmoniser avec les règles relatives au libre jeu de la concurrence.

Rahhou estime qu’il «est impératif de profiter des bienfaits de la concurrence sur ce marché et d’éviter, dès la mise en place initiale de ce secteur, de figer des positions, d’établir des monopoles et d’octroyer des exclusivités qui auront un impact négatif sur le développement du secteur».

Aziz Akhannouch accuse le PJD du retard pris pour le développement d’infrastructures de stockage d’hydrocarbures mais omet de dire que ce sont les deux présidents du Conseil de la Concurrence qui ont mis fin à ses stratégie hégémoniques.

Aziz Akhannouch est en partie en cause du retard pris pour le développement du secteur gazier dans le pays, puisqu’il est principal accusé dans l’affaire de l’entente sur les prix du carburant, portant atteinte à la concurrence sur un marché. D’autant plus, qu’il s’est investit avec un autre opérateur, Sound Energy en l’occurence, pour se positionner sur la prospection et le stockage du gaz dans le pays.

Sound Energy est détenue à hauteur de 26,1% par des capitaux marocains, 16,3% par Oil & Gas Investment Fund S.A. (OGIF), le fonds repreneur de Maghreb Petroleum Exploration et 9,8% par Afriquia Gaz SA. Sound Energy, est une société qui vit uniquement sur les effets d’annonces et de la patiente des institutionnels qui siègent au Conseil de son actionnaire marocain OGIF.

Prétextant, un redressement fiscal pour justifier les retards de ses projets notamment celui du GNL, Sound Energy a trouvé dans notre Chef du Gouvernement le prêteur idéal puisqu’il lui a renfloué ses caisses de 18 millions de dollars. Étalé sur 12 ans, le généreux prêt d’Afrique Gaz, au taux fixe de 6%, servirait au développement de la concession de production de Tendrara.

Secteur de l’Energie : en manque de Gouvernance

La gouvernance du secteur de l’énergie au Maroc n’a jamais été aussi fragile en raison de :

  • la surexposition politique de Aziz Akhannouch,
  • la disgrâce de Mustapha Bakkoury et son impact sur les activités de MASEN,
  • la guerre des tranchées entre la nouvelle ministre de la transition énergétique Laila Benali et le DG de l’ONEE Abderrahim El Hafidi,
  • le naufrage annoncé de l’ONEE,
  • le conflit d’intérêt de la position d’Amina Benkhadra au parti du Chef du Gouvernement et patron d’Afrique Gaz et actionnaire de Sound Energy par rapport à ses responsabilités à l’ONHYM.

Nous devons repenser notre modèle, définir une nouvelle vision énergétique et renforcer notre gouvernance pour faire face à la crise mondiale et garantir un accès à des énergies bon marché pour contenir l’inflation et soutenir nos exportations.

Références

Saad Dine Elotmani : la signature des Accords d’Abraham était un «moment douloureux» et «très difficile»

En dépit de l’impopularité grandissante du gouvernement Akhannouch, le PJD n’arrive pas encore à se relever de la déconfiture électorale de septembre dernier qui lui a couté la perte de 113 sièges au parlement. Abdelilah Benkirane, de retour à la tête du parti, tente tant bien que mal de maintenir sous sédatif les mécontents en appelant à une introspection saine et salvatrice et un retour aux valeurs religieuses. Toutefois, le responsable de la situation du parti islamiste semble être tout désigné : Saad Dine Elotmani.

La dernière sortie médiatique du Chef du bureau de liaison israélien au Maroc, David Govrin, a remué le couteau dans la plaie toujours béante du parti déchu le PJD. Le diplomate a déclaré dans une interview donnée à Jewish Insider que «les voix les plus fortes opposées à la normalisation avec l’État hébreu – les islamistes – sont désormais sur la touche». Piqué au vif, le secrétariat général du PJD a inscrit dans l’ordre du jour de son bureau, la déclaration de Govrin et a consacré deux paragraphes sur le sujet dans son communiqué paru le 1er avril.

Le premier paragraphe a été consacré aux déclarations provocatrices du diplomate israélien :

« Le Secrétariat général a exprimé son rejet des « déclarations dangereuses » du représentant de « l’entité d’occupation sioniste » à travers desquelles il a visé le Parti de la justice et du développement en faisant référence aux résultats des récentes élections, et les a considérées comme une « ingérence ignoble » dans les affaires politiques nationales et les affaires intérieurs de notre pays. Le Secrétariat général rappelle à cette occasion que la cause palestinienne est un enjeu national sacré pour tous les Marocains et que le statut de la sainte mosquée Al-Aqsa fait partie de leur foi, et que leurs positions de soutien et de défense du peuple palestinien sont bien connues et bien établie».

Dans le deuxième paragraphe dudit communiqué, Abdelilah Benkirane qui a présidé la réunion va jeter en pâture son collègue et son ancien Chef du Gouvernement Saad Dine Elotmani, signataire des Accords d’Abraham :

«Le Secrétariat général affirme « la position claire et ferme du parti contre la normalisation et la précipitation vers l’entité sioniste » et son rejet de certains déclarations « irresponsables et provocatrices » de certains responsables et rappelle la « position du parti contre l’occupation israélienne et sa politique basée sur l’accaparement des terres, vol de propriété, la judaïsation de Jérusalem et l’agression contre le peuple palestinien« , et affirme son soutien à la résistance nationale palestinienne dans sa lutte légitime pour réaliser les aspirations du peuple palestinien à la libération et à l’établissement de son État palestinien indépendant avec Al-Qods Al- Sharif comme capitale».

Saad Dine Elotmani «soulage sa conscience»

Le jour même de la publication du communiqué du PJD suscité, LeSiteinfo diffuse une interview de l’ancien numéro 1 du parti, Saad Dine Elotmani, dans lequel il revient pour l première fois sur son mandat de Chef de Gouvernement. Une prise de parole inédite, car il s’était abstenu depuis sa défaite aux élections, de faire tout commentaire sur la politique du pays. Il s’était limité à médiatiser la réouverture de son cabinet psychiatrique et à débattre de la théologie.

Elotmani a saisi la perche tendue par la journaliste du site d’information, Naima Lembarki, pour tenter de se «dégazer» du poids de sa signature apposée sur les accords de normalisation avec Israël.

L’ancien Chef de Gouvernement devait se sentir en confiance tant la formulation de la question de la journaliste lui a balisé le terrain. En effet, Mme Lembarki a qualifié la normalisation avec Israël de «problème» qui va à «l’encontre du coeur et des valeurs d’Elotmani».

«Vous vous êtes retrouvés en tant que Chef de gouvernement dans des positions dans lesquelles vous étiez obligé d’agir à l’encontre de votre coeur et de vos valeurs. La plus connue de ces positions est le problème de la normalisation. Lors de la signature de l’accord tripartite entre le Maroc, les État-unis et Israël, tout le monde était focalisé sur Saad Dine Elotmani et sa signature. Comment l’aviez-vous vécu ?» a questionné Naima Lembarki.

Saad Dine Elotmani réplique immédiatement : «C’était un moment douloureux» «C’était un moment douloureux et très difficile» a-t-il insisté.

Avant de reprendre : «Toutefois, je remercie Sa majesté le Roi d’avoir accepter qu’on accueille plus tard la délégation de Hamas et qu’on accueille le Chef de son bureau politique (Ismaël Haniyeh, ndlr) et leur accorder l’accueil qu’ils méritent pour montrer que le Maroc soutient le peuple palestinien et la résistance palestinienne. Nous les avons invité au nom du PJD. On leur a affirmé que notre soutient allait se poursuivre. Notre position par rapport à la question palestinienne n’a pas changé ainsi que notre rejet des attaques sionistes contre les Palestiniens et les terres palestiniennes en général et à Al-Quds Al-Sharif et à la mosquée Al-Aqsa, et les tentatives de judaïsation qui se poursuivent toujours, en particulier.»

«C’était un moment douloureux. C’était un moment douloureux. Des douleurs qui persistent jusqu’à ce jour», conclut Elotmani.

Les maladresses à répétition de David Govrin

Le seul adversaire de David Govrin au Maroc est David Govrin lui même. Toutes les polémiques qui ont touché la mission israélienne depuis la signature des Accords d’Abraham, il en a été la source.

Ses déclarations à Jewish Insider s’ajoutent à une longue liste de bourdes médiatiques, dont on peut citer entre autres, sa sortie désastreuse dans une dépêche de l’agence de presse espagnole EFE au sujet du Sahara marocain, son auto-proclamation ambassadeur d’Israël au Maroc et sa mauvaise gestion de ses RP.

Par ailleurs, nous avons à plusieurs occasions invité M. Govrin à changer de logiciel pour une lecture juste du paysage socio-politique marocain. Ce spécialiste des relations israélo-égyptiennes arrive à peine à nuancer le contexte marocain de l’égyptien. Une prise de conscience qu’il a partagé dans son dernier entretien publié par Jewish Insider.

«Il faut garder à l’esprit qu’Israël et l’Égypte se sont engagés dans cinq guerres, il n’en va pas de même pour Israël et le Maroc. De puissants pans de la société égyptienne – les nasséristes et les islamistes – sont restés un obstacle à la capacité de l’Égypte à développer de meilleurs liens personnels avec Israël. Il n’y a pas non plus de relations culturelles entre Israël et l’Égypte. C’est regrettable, car ce sont les relations culturelles qui rapprochent vraiment les peuples». a-t-il déclaré.

Si David Govrin arrive enfin à saisir la particularité de la société marocaine et les liens culturels ancestraux qui lient musulmans et juifs marocains, il n’a malheureusement pas encore la bonne lecture du paysage politique national et les us et coutumes des intitutions du pays.

En dévaluant le PJD, Govrin s’est tiré une balle dans le pied, car il a attaqué le parti signataire des accords d’Abraham et dont les ministres avaient reçu leurs homologues israéliens, suscitant ainsi des réactions négatives contre le processus de normalisation.

Le Chef de la mission israélienne s’est trompé sur toute la ligne car comme l’a rappelé Yabiladi, il s’est focalisé «sur le PJD alors que la contestation du rétablissement des relations avec Israël est menée essentiellement par les islamistes d’Al Adl wal Ihsane et certaines mouvances d’extrême gauche. Les deux parties contrôlent, d’ailleurs, le Front marocain de soutien à la Palestine et contre la normalisation, créé en mars 2021».

Le doigt d’honneur du PJD aux marocains, serait-il le dernier ?

Il n’y a plus aucun doute le PJD est fini. Peut être pas en tant que formation partisane mais en tant qu’idée et projet politique et social. Au grand dam de ses électeurs, le parti à «référentiel islamique» fondé par l’emblématique Abdelkrim al-Khatib, a rejoint officiellement le club non fermé des «tous pourris».

Le mérite de cette «performance» revient principalement à ses leaders, Benkirane, El Otmani et Ramid. Alors que le premier s’en sortait plutôt bien en camouflant ses acquaintances avec le monde des affaires qu’il protégeait, la faiblesse du second et le machiavelisme du troisième ont fini par enterrer une fois pour toute l’espoir qui les a fait porter au pouvoir à savoir la lutte contre la corruption, les passe-droits, l’enrichissement illicite et l’économie de rente.

A quelques mois des élections, l’échec cuisant du PJD à moraliser l’action publique, accentue davantage la problématique de la représentation politique au Maroc et amplifie la défiance des citoyens vis à vis les élites.

Tous les regards sont, désormais, tournés vers le Souverain seul à pouvoir enclencher un cercle vertueux d’un changement libérateur.

C’est un doigt d’honneur magistral qu’a adressé le parti au pouvoir et la chefferie de gouvernement aux marocains. Dans un communiqué publié ce vendredi, le PJD a odieusement soutenu ses deux ministres El Mostafa Ramid et Mohamed Amekraz, pris la main dans le sac dans une double affaire de non-déclaration des salariés de leurs bureaux d’avocat respectifs, à la Caisse nationale de sécurité sociale, la CNSS.

« les frères Ramid et Amekraz n’ont pas enfreint les règles d’intégrité et de transparence liées à la gestion des affaires publiques et les dispositions de prise en charge de leurs responsabilités publiques », a publié le secrétariat générale du PJD dans un communiqué qui fait état d’un soit-disant compte rendu des délibérations de la commission d’éthique et de transparence du parti.

Le PJD s’est même permis de féliciter les deux fauteurs, l’un pour avoir «rapidement corrigé son erreur et s’être conformé à la loi» et l’autre pour avoir apporté «une assistance financière conséquente à son assistante décédée» et jamais déclaré au fisc.

Cette sortie médiatique a suscité un tollé général et une avalanche d’articles et de commentaires sarcastiques : «Affaires Ramid-Amekraz: quand le PJD lave plus blanc» a titré Le360, « Fraudez la CNSS, mais surtout pas de photo devant le Moulin rouge» a réagit mohamed Ezzouak sur Yabiladi, «PJD. Ramid et Amekraz ont fauté mais ils sont honnêtes» a ironisé L’Observateur.

Ramid, le maître chanteur

La première fois que Ramid allait révéler son véritable visage, c’était durant l’affaire du pédophile Daniel Galvin. Il va déployer un procédé, le N.M.R : Nier, Monnayer, Retourner sa veste, qu’il va perpétuer jusqu’à ce jour.

Pour faire simple, quand n’importe quelle affaire éclate, il se précipite à nier en bloc toute responsabilité, sans jamais passer par les canaux officiels du gouvernement ou de son parti. Il ne fait confiance qu’à sa page Facebook. Puis il se terre et laisse monter la pression, jusqu’à ce qu’il arrive à négocier une contrepartie et c’est là qu’il va se montrer pour prononcer ce qu’il aurait dû faire ou dire tout simplement dés le début en tant que responsable.

On retrouve d’ailleurs le même schéma dans le scandale de la CNSS. Sa première réaction a été bien évidemment la publication d’un post Facebook où il nie tout. Il va avoir un moment de panique quand il va se faire lyncher sur les réseaux sociaux après avoir obligé la famille de son assistante à signer une déclaration sur l’honneur et à la faire légaliser un jour de congé. Il va par la suite profiter d’un moment de répit suite à l’éclatement de l’affaire de son collègue Amekraz, car la pression s’est déplacée vers le camps du Chef de parti et du gouvernement.

Et que sera la surprise générale quand notre maître chanteur va se montrer en sa qualité de Ministre des Droits de l’Homme aux côtés du porte-parole du gouvernement et du ministre des affaires étrangères, lors du point de presse sur l’affaire Amnesty International. Mais la surprise va se dissiper quand quelques heures plus tard quand le PJD va balancer le communiqué de la honte, qui absout Ramid de ses péchés. Un double doigt d’honneur aux marocains.

«Nous ne sommes ni au Japon ni en Suède pour que je démissionne» avait-il lancé à la figure des parlementaires. Être avocat et enfreindre la loi, être ministre des droits de l’homme et bafouer le droit de travail, être homme politique et ne pas croire en les institutions de l’Etat en l’occurence la CNSS, c’est réduire à néant tout les efforts consentis pour faire du Maroc un pays de droit et de loi.

Le PJD est tombé trop bas et trop vite dans le marécage des compromissions dans le seul et unique but de rester au pouvoir.

Durant la première phase de son mandat, le PJD à travers Benkirane va tout faire pour protéger le lobby des affairistes. L’exemple des pétroliers est criant. Depuis l’indépendance, jamais le secteur des hydrocarbures marocain n’a gagné autant d’argent. Puis aux premières secousses du hirak du Rif, le PJD va servir de paravent pour la fuite des capitaux. Depuis l’indépendance, jamais le pays n’a enregistré un si important transfert des capitaux vers l’étranger au point de pousser à l’indignation le gouverneur de Bank Al Maghrib.

Les scandales de détournement de biens publics se sont multipliés à un rythme infernal tel que le président de la Cour des comptes s’est indigné à son tour devant l’immobilisme du gouvernement face à ses rapports qui ont sombré sous la poussière des tiroirs aux oubliettes du PJD. Le parti «don du ciel», comme a essayé de nous le faire avaler Abdelilah Benkirane, n’a pas été capable d’en juger un seul cas. Ses boys nous ont balancé à la figure, tout au début du mandat, des listes de noms incriminés, non pour les sanctionner, mais toujours dans le cadre de la fameuse politique N.M.R, la politique de chantage et de monétisation dans le but de rester le plus longtemps possible au pouvoir.

La chute du PJD risque d’entraîner la vie politique vers un précipice dont elle ne se relèvera pas de sitôt si l’on continue à couvrir et à subir les affres de cette formation politique honteuse et décevante.

Enfin, il est essentiel de rappeler à Ramid et ses compères que la sécurité nationale et la paix sociale sont garanties par les institutions du pays et ne peuvent jamais être objet de chantage. L’avenir nous le montrera.

H1N1 et fièvre aphteuse : Quand les départements de Akhannouch et Doukkali ont tenté de flouer les marocains

Il n’a fallu que quelques jours pour que deux des plus importants départements ministériels du royaume se fassent décrédibiliser auprès de l’ensemble de la population marocaine. Pire encore, le manque de courage de leurs responsables respectifs et leur irresponsabilité ont fait plonger l’ensemble des marocains dans une psychose sanitaire alarmante et qu’on aurait pu éviter avec un minimum de lucidité et de sens de l’Etat. Cette situation nous renvoie à cette incapacité de l’Exécutif actuel à gérer le pays dans un environnement et un monde mouvants et dangereux .

Lire ici

Benkirane : «Un juif droit» vaut mieux qu’un «musulman dépravé»

Devant un parterre de Conseillers parlementaires de sa formation politique, le Secrétaire général du PJD, Abdelilah Benkirane, s’est fendu d’un «juif droit» vaut mieux qu’un «musulman malhonnête» qui fait sa prière nuit et jour : ce dernier est «un ennemi, un ennemi, un ennemi…!» s’est-il écrié devant une assistance restée coi, ne saisissant pas le sens profond de ces propos.

 

LE1

 

 

Abdelilah Benkirane : Le Maroc est menacé de «disparition» ou de «colonisation»

Dans une allocution prononcée devant les Conseillers parlementaires du PJD, le Secrétaire général du parti, Abdelilah Benkirane, a fustigé aujourd’hui la dépravation qui ronge l’administration et la société marocaines.

Pour l’ancien Chef du gouvernement, la malhonnêteté et la dépravation «sont les causes de la déliquescence qui gangrène la société» et, pire, «ont constitué les fondements et les origines de l’occupation étrangère.»

Abdelilah Benkirane, qui tentait de défendre son bilan à la tête de l’exécutif, a mis en garde contre la poursuite de ces phénomènes de perversion, notamment dans le milieu des jeunes et des étudiants, lesquels phénomènes, s’ils venaient à se poursuivre, induiraient directement à une intervention étrangère, prenant en exemple les Etats-Unis d’Amérique qui, dans un temps pas très lointain, auraient pu «occuper le Maroc» et que, «grâce à Dieu, ça ne s’est pas réalisé».

Pour le Secrétaire général du PJD, si «les marocains, le pays et l’Etat ne retrouvent pas le droit chemin», ils «disparaîtront».

Cette sortie iconoclaste et pour le moins menaçante de l’ex-Chef du gouvernement, n’a pas encore fait réagir une classe politique ankylosée et affaiblie.

LE1

Qatar, un choix cornélien

/

En décidant, aujourd’hui, de maintenir ses vols vers Doha tels qu’ils sont opérés normalement, soit cinq vols directs par semaine entre Casablanca et la capitale du Qatar, la compagnie aérienne nationale Royal Air Maroc nous a, dans un sens, donné le cap de ce que sera l’avenir des relations entre Rabat et Doha depuis l’annonce de l’embargo sur le Qatar par l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Bahreïn et l’Egypte.

A l’arrivée au pouvoir du Cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani en 2013, les relations entre les deux pays ont évolué positivement, tant sur le plan politique qu’économique, avec une accélération à compter de 2015. En revanche, l’entrée du PJD au gouvernement avec à sa tête Abdelilah Benkirane, applaudi par Doha, n’était pas du goût de Ryadh, d’Abu Dhabi et du Caire. D’où le froid qui s’est abattu sur les relations entre le Maroc et ces trois pays, notamment après les élections législatives d’octobre 2016 qui ont vu le PJD rempiler pour un second mandat.

La crise qui secoue les pays du Golfe est suivie de très près par les autorités marocaines qui gèrent les contrecoups de ce véritable séisme en essayant d’en amortir l’impact. Le Maroc subit indubitablement des pressions de la part de Ryadh et Abu Dahbi en vue de s’aligner sur leur position vis-à-vis de Doha. Rabat n’est certainement pas contre l’idée de rejoindre cette «Nouvelle Alliance» mais le pays a ses spécificités et, surtout, ses conditions. Dans la terminologie usitée, on parle de l’Arabie saoudite et «ses alliés». Et le Maroc est tout sauf un pays satellite. Le Maroc, à travers son histoire contemporaine, a su garder une certaine équidistance avec les pays composant le Conseil de coopération du Golfe, en consacrant une diplomatie souveraine. Jamais le Maroc ne s’est immiscé dans les affaires intérieures d’un autre pays, frère de surcroît, et n’accepterait nullement que l’on s’ingère dans les siennes. Et surtout lorsqu’il s’agit des résultats des urnes, expression suprême de la souveraineté nationale.

Si, sur le plan politique, le Maroc a bien défini les règles du jeu, la réalité sur le plan des échanges économiques a subi les retentissements de ce «froid». Avec 70% d’investissements directs en moins, les pays du CCG boudent de plus en plus le Maroc comme destination privilégiée de leurs placements. Par contre, le Qatar est resté fidèle à ses engagements sur tous les projets socio-économiques décidés sur le Maroc ainsi que sur le partenariat stratégique en terme de sécurité énergétique. Par ailleurs, si la RAM a décidé aujourd’hui de maintenir ses vols vers Doha, c’est un gage de «bonne santé» dans les relations bilatérales entre les deux pays. Sachant que Qatar Airways cherche à entrer dans le capital de la compagnie aérienne nationale. Cela dit, avec le blocus imposé par Ryadh et ses alliés, et les répercussions sur la santé financière de la compagnie qatarie, tous ces plans pourraient être révisés, voire annulés en cas d’escalade ou de conflit armé.

Le cas échéant, le Maroc a des intérêts vitaux à défendre. Et ne pas agir pourrait avoir des conséquences fâcheuses sur le plan interne, en terme de paix sociale et des risques sécuritaires. Sans oublier l’importante diaspora marocaine au Qatar qui risque d’être menacée. Se mettre à dos le Qatar pourrait, éventuellement, mettre fin à la trêve de la chaîne Al Jazeera concernant certains sujets déplaisants. Il faut reconnaître que la gestion du dossier n’est pas aisée. D’où le rôle fondamental que doit jouer notre diplomatie en tentant de rapprocher les points de vue des «belligérants» et d’apaiser les velléités des uns et des autres. Rabat pourrait proposer ses bons offices, soit à sa propre initiative soit en partenariat avec la France qui partage des d’intérêts stratégiques avec le Qatar. La visite, la semaine prochaine, au Maroc, du président français Emmanuel Macron, permettra d’y voir plus clair.

Abdellah EL HATTACH

Benkirane musèle les militants du PJD

Suite au limogeage de Abdelilah Benkirane, déchargé de ses fonctions par le Roi Mohammed VI, le désormais ancien Chef du gouvernement a, dans une « orientation » publiée ce soir sur le site officiel du PJD, appelé les militants du parti à ne pas réagir au communiqué du Cabinet royal et à n’exprimer aucune forme de commentaire sur la décision de choisir un nouveau Chef du gouvernement dans les rangs du PJD.

Jusqu’à la rédaction de ces lignes, le parti Justice et Développement n’a publié aucun communiqué officiel au sujet de la décision royale.

LE1

Limogeage de Benkirane: Traduction du communiqué du Cabinet royal tel que publié par MAP

Le Cabinet Royal a rendu public, mercredi soir, un communiqué dont voici la traduction telle que publiée par la MAP :


”Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, avait pris l’initiative, 48 heures après l’annonce des résultats des élections législatives du 07 octobre 2016, de désigner M. Abdelilah Benkirane, Chef du Gouvernement.

A rappeler que SM le Roi avait exhorté, à plusieurs reprises, le Chef du Gouvernement désigné, d’accélérer la formation du nouveau gouvernement.

Après le retour au pays de SM le Roi, que Dieu Le préserve, au terme de la tournée qui a conduit le Souverain dans plusieurs pays africains frères, Sa Majesté le Roi a pris connaissance que les consultations menées par le Chef du Gouvernement désigné, pendant plus de cinq mois, n’ont pas abouti jusqu’à ce jour à la formation de la majorité gouvernementale, en plus de l’absence de signaux qui augurent de sa prochaine formation.

En vertu des prérogatives constitutionnelles de Sa Majesté le Roi, en Sa qualité de garant de la Constitution et de la bonne marche des Institutions, et de défenseur des intérêts suprêmes de la Nation et des citoyens, et partant du souci de Sa Majesté de dépasser la situation d’immobilisme actuelle, Sa Majesté le Roi, que Dieu Le préserve, a décidé de désigner une autre personnalité politique du parti de la Justice et du développement en tant que nouveau Chef du gouvernement.

SM le Roi a opté pour cette Haute décision, parmi toutes les autres options que Lui accordent la lettre et l’esprit de la Constitution, en concrétisation de Sa volonté sincère et de Son souci permanent de consolider le choix démocratique et de préserver les acquis réalisés par notre pays dans ce domaine.

Sa Majesté le Roi, que Dieu L’assiste, recevra dans le délai le plus proche, cette personnalité et la chargera de former le nouveau gouvernement.

Sa Majesté le Roi a tenu à saluer le haut sens de responsabilité et de patriotisme sincère dont a fait preuve M. Abdelilah Benkirane, tout au long de la période pendant laquelle il a assumé la présidence du gouvernement, en toute efficacité, compétence et abnégation’’.

MAP