fbpx

MBS

Bras de fer entre MBS et Biden : MBS gagne et arrache l’immunité américaine dans l’affaire Khashoggi

//

Revirement surprise de Joe Biden dans sa politique envers celui qu’il traitait de paria, le Prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane. En effet, tard dans la soirée du jeudi au vendredi, le département d’État américain a déclaré que le nouveau statut de Premier ministre de MBS, lui conférait l’immunité contre les poursuites judiciaires pour son rôle présumé dans l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi. « En accordant l’immunité diplomatique au prince héritier saoudien Mohammed ben Salman, Joe Biden a trahi sa propre rhétorique» a réagi la fiancée de nationalité turque de Khashoggi, Hatice Cengiz.

L’administration Biden a déclaré que le prince héritier Mohammed ben Salman d’Arabie saoudite devrait bénéficier de l’immunité dans le cadre d’une procédure judiciaire américaine concernant son rôle dans le meurtre du dissident saoudien Jamal Khashoggi, bloquant ainsi une tentative de tenir le dirigeant de facto du royaume pétrolier responsable de ce crime.

Khashoggi était un journaliste saoudien bien connu qui a fui l’Arabie saoudite pour les États-Unis et a publié des chroniques sur les colonnes du Washington Post critiquant les politiques du nouveau prince héritier MBS. En octobre 2018, il a été tué et démembré par une équipe d’agents saoudiens à l’intérieur du consulat du royaume à Istanbul, où il s’était rendu pour obtenir les papiers dont il avait besoin pour épouser sa fiancée turque. Les services de renseignement américains ont conclu que le prince Mohammed ben Salmane aurait ordonné l’opération.

Le département d’État américain a qualifié jeudi cette décision de protéger le prince héritier saoudien des tribunaux américains de «purement juridique». Toutefois, malgré sa recommandation à la cour, le département d’État a déclaré «ne pas prendre position sur le bien-fondé du présent procès et réitère sa condamnation sans équivoque du meurtre odieux de Jamal Khashoggi».

L’explication officielle de cet octroi d’immunité à un homme que la CIA soupçonne d’être complice du meurtre de Khashoggi est que le statut du prince héritier saoudien a officiellement changé en septembre lorsqu’il a été nommé premier ministre. Une explication qui convainc peu.

En effet, en Arabie saoudite, le pouvoir appartient au roi, au prince héritier et aux membres de la famille royale liés par le sang. MBS est le véritable dirigeant du pays dès sa nomination en tant que prince héritier en 2017.

D’aucuns ne pouvait imaginer un jour que les États-Unis, en tant que partenaire stratégique et fournisseur d’armes de l’Arabie saoudite, faciliteraient l’arrestation de MBS.

Par ailleurs, en lui accordant ainsi l’immunité, c’est toute la cour royale saoudienne en place qui est soulagée. En contrepartie, il faudrait s’attendre à une tempête de protestations de la part des groupes de défense des droits de l’homme ainsi que de la fiancée de Khashoggi.

A ce titre, la secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard, a réagi violemment sur Twitter en déclarant : «C’est une profonde trahison. Une autre. D’abord méprisé par le Président Trump. Puis le coup de poignard du président Biden. Il y a eu des accords tout au long. Aujourd’hui c’est l’immunité. Tout cela s’ajoute à l’impunité. A tout moment, ils avaient d’autres choix».

La fiancée de Khashoggi, Hatice Cengiz, a pour sa part multiplié les publications sur les réseaux sociaux et les déclarations aux médias contre la décision américaine.

«Biden a sauvé le meurtrier en lui accordant l’immunité. Il a sauvé le criminel et s’est impliqué dans le crime lui-même. Voyons voir qui vous sauvera dans l’au-delà ?» a-t-elle écrit sur Twitter s’adressant à Biden.

«Le département d’État américain a accordé l’immunité à #MBS. Ce n’était pas une décision que tout le monde attendait. Nous pensions qu’il y aurait peut-être une lueur d’espoir pour la justice des États-Unis, mais encore une fois, l’argent est passé en premier. C’est un monde que Jamal ne connaît pas et moi… !» a-t-elle martelé.

«Jamal est encore mort aujourd’hui #injustice #JamalKhashoggi», s’est désolée la fiancé de Khashoggi.

Rencontre Biden / Xi Jinping au G20 et les Midterms modèrent l’agressivité diplomatique de Washington

Le désir de Washington d’améliorer ses mauvaises relations avec les dirigeants saoudiens est sous-jacent à cette décision d’immunité.

Ce n’est un secret pour personne que MBS et le président Biden ne s’apprécient pas et le récent refus des Saoudiens de pomper davantage de pétrole pour faire baisser les prix des carburants aux États-Unis a été pris comme une énième affront à Washington. En outre, les Saoudiens entretiennent des relations de plus en plus chaleureuses avec la Russie et la Chine.

Pour rappel, durant toute sa campagne électorale et dès son installation, Joe Biden affichait sa distance avec MBS. Si la raison affichée de cette position et l’affaire Khashoggi, n’empêche que les démocrates n’ont jamais accepté l’accès au pouvoir du jeune prince sans leur bénédiction, ni avalé d’ailleurs la reconfiguration du Moyen-Orient autour d’une alliance arabo-israélienne mettant hors jeu l’Iran. Lequel état, a joué un rôle central dans la stratégie des démocrates visant à vaciller les monarchies du Golfe.

Mohammed ben Salmane de son côté, n’a pas baissé pour autant les bras face à la pression de Washington. Au paroxysme de la guerre ukrainienne, il va maintenir la pression sur les prix des hydrocarbures, en refusant d’augmenter la production des membres de l’Opep. Une situation qui a créé une inflation mondiale et plombé le bilan économique et social positif engrangé en 2021.

Aujourd’hui, Joe Biden semble réévaluer sa stratégie diplomatique à quelques semaines de l’anniversaire de l’éclatement de la guerre en Ukraine.

Sa rencontre en tête-à-tête de cette semaine avec son homologue chinois Xi Jinping a été le principal signal du changement de la politique américaine. La réunion de trois heures sur l’île balnéaire indonésienne de Bali en marge du G20 a été l’occasion pour un apaisement des tensions. Sans pour autant arrêter la lente érosion des liens financiers et économiques entre les États-Unis et la Chine.

Trois points essentiels à retenir du sommet Biden-Xi :

  1. Le retour à un engagement diplomatique régulier est un pas modeste mais significatif.
  2. Biden et Xi sont d’accord sur le fait qu’une « guerre nucléaire ne devrait jamais être menée et ne peut jamais être gagnée. »
  3. La rencontre Biden-Xi n’était qu’un élément d’une vaste campagne diplomatique alors que Xi revient sur la scène internationale pour entamer son troisième mandat.

Les d’entreprises et les hommes d’affaires ont été les premiers à applaudir Biden et Xi pour avoir pris du recul par rapport à une confrontation ouverte et d’avoir stopper la course vers la rupture de leur relation et rejeter l’idée d’un affrontement inévitable.

Le premier impact de cet apaisement serait un probable fin de la guerre en Ukraine. D’une part, la Chine s’est dite prête «d’approfondir» ses échanges avec la Russie «à tous les niveaux» et affirme son «soutient résolue» à Moscou dans les difficultés. D’autre part, l’administration Biden s’attend à avoir moins de liberté d’action au niveau de la Chambre des représentants et du Sénat pour financer la guerre. A tout cela s’ajoute, les signes inquiétants de grave crise économiques et sociale en Europe.

Le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane nommé Premier ministre

Le roi d’Arabie saoudite Salmane ben Abdelaziz a nommé son fils et prince héritier Mohammed ben Salman au poste de premier ministre du royaume et son deuxième fils, le prince Khalid, au poste de ministre de la défense, selon un décret royal publié mardi.

Le roi d’Arabie saoudite, âgé de 86 ans, a nommé son fils, le prince héritier Mohammed ben Salmane, pour le remplacer au poste de premier ministre, poursuivant ainsi un transfert progressif du pouvoir.

Dirigeant de facto de l’Arabie saoudite, cette nomination officialise le prince Mohammed ben Salmane comme chef du gouvernement du royaume. Connu sous ses initiales MBS, le prince héritier, âgé de 37 ans, supervisait déjà un grand nombre des principaux portefeuilles de l’Arabie saoudite, notamment le pétrole, la défense, la politique économique et la sécurité intérieure – tandis que son père, le roi Salman ben Abdelaziz, reste chef de l’État.

Le remaniement a promu Khalid ben Salmane, frère cadet du prince héritier, au poste de ministre de la défense. Il en était le vice-ministre. L’autre fils de Salmane, le prince Abdelaziz, a été maintenu au poste de ministre de l’énergie.

Le ministre des affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhan Al Saud, le ministre des finances, Mohammed al-Jadaan, le ministre de l’intérieur, le prince Abdelaziz ben Saud ben Nayef ben Abdelaziz et le ministre de l’investissement, Khalid al-Falih, ont gardé leurs portefeuilles, selon le décret royal.

Le roi Salman continuera de présider les réunions du cabinet auxquelles il assiste, indique le décret.

INSS : La visite de Joe Biden au Moyen-Orient, une occasion en or!

/

Il aura fallu près de dix-huit mois au président Joe Biden, qui arrive ce mercredi à Jérusalem au début d’un court voyage régional au Moyen-Orient, pour programmer une visite dans la ville sainte d’Al Qods. Il se rendra ensuite en Arabie saoudite. Son prédécesseur, Donald Trump, avait fait de Jérusalem l’une de ses premières destinations étrangères, s’y rendant quatre mois après son installation à la Maison Blanche. Pour se différencier de Trump, Biden s’est efforcé d’atténuer l’intensité de l’attitude de l’administration précédente à l’égard d’Israël et de rééquilibrer les relations avec les Palestiniens. Dans ce contexte, les chercheurs de l’Institute for National Security Studies (INSS) de l’université de Tel-Aviv, ont publié un rapport sur cette importante visite. Selon l’étude, le voyage du président Biden en Israël, qui vise à souligner l’engagement des États-Unis en faveur de la sécurité d’Israël, offre «une occasion en or pour Jérusalem» sur des questions telles que l’Iran, la campagne de l’entre-deux-guerres et l’Arabie saoudite. Le plus riche pays arabe figure également sur l’itinéraire de Joe Biden durant lequel le président tentera d’obtenir des gains économiques immédiats.

The Institute for National Security Studies (INSS) est classé premier groupe de réflexion en Israël, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Dirigé par l’ancien chef de la direction du renseignement militaire de l’armé israélienne (Tsahal), le général de division Tamir Hayman, l’INSS concentre ses recherches et ses travaux sur la sécurité et les affaires militaires et stratégiques au Moyen-Orient, ainsi que sur la cyberguerre.

Le général de division, Tamir Hayman, Directeur Général de l’INSS.

Dans l’un de ses derniers rapports rendus publics, le centre de recherche explique dans le détail les enjeux de la visite tant attendue du président américain au Moyen-Orient. Joe Biden ayant programmé deux escales importantes, la première en Israël et la seconde en Arabie saoudite, INSS analyse avec beaucoup de pragmatisme l’objectif de chacune de ces escales.

«La prochaine visite du président Biden en Israël reflète son désir de démontrer une fois de plus son engagement exceptionnel envers Israël, tandis que sa visite en Arabie saoudite vise à faire avancer les intérêts américains immédiats : influencer les prix du pétrole, restaurer la position des États-Unis au Moyen-Orient et étendre la coordination militaire régionale vis-à-vis de l’Iran», explique d’emblée le tank tank.

Lors de ses rencontres avec les dirigeants palestiniens, le président réitérera son engagement en faveur d’une solution à deux États, mais on ne s’attend pas à une percée politique, affirme l’INSS. Dans le changement d’approche de l’administration vis-à-vis de l’Arabie saoudite, il existe une opportunité pour Israël de démontrer son potentiel en tant qu’atout et de bénéficier des possibilités qui en découlent.

L’Iran sera au centre de la visite du président dans la région, souligne le rapport. L’avenir de l’accord nucléaire n’est toujours pas clair, et l’administration est consciente de la nécessité de se préparer à une réalité où il n’y aurait pas d’accord et où l’Iran poursuivrait un programme nucléaire actif.

Une coordination étroite entre Israël et les États-Unis est impérative, alertent les rédacteurs du rapport. Israël devrait s’efforcer avec l’administration Biden de définir des lignes rouges, et des réponses politiques, économiques et militaires si elles sont franchies. En outre, Israël devrait s’assurer du soutien continu des États-Unis à la «campagne entre les guerres» et, en coordination avec les États arabes, souligner la valeur de la présence américaine en Irak et en Syrie.

INSS ne croit à aucun développement de la question palestinienne

Le président américain Joe Biden s’envole ce mercredi au Moyen-Orient pour une visite de trois jours du 13 au 16 juillet 2022. Il se rendra en Israël et sur le territoire de l’Autorité palestinienne, puis s’envolera directement pour Djeddah, en Arabie saoudite, où il rencontrera les dirigeants saoudiens et assistera à un sommet du CCG+3, composé des dirigeants du Conseil de coopération du Golfe, auxquels se joindront les chefs d’états égyptiens, jordaniens et irakiens.

INSS estime qu’au vu de la conjoncture internationale et de la fragilité du paysage politique israélien, Biden ne compte pas à arracher une quelconque avancée sur le dossier palestinien.

La décision de Biden de se rendre en Israël, prise il y a quelques mois et avant que l’Arabie saoudite ne soit ajoutée à l’itinéraire, reflète avant tout son désir de souligner une fois de plus son engagement personnel exceptionnel envers Israël, et sa volonté de «renforcer l’engagement inébranlable des États-Unis envers la sécurité et la prospérité d’Israël», écrit INSS.

«L’importance de la visite réside dans son occurrence même, d’où son intention de faire le voyage malgré les développements politiques en Israël» analyse le rapport.

Lors des réunions avec les dirigeants palestiniens, l’administration réitérera son engagement en faveur d’une solution à deux États, mais il n’y a aucune attente d’une percée politique.

Visiter Israël, une importance personnelle de Biden. Visiter l’Arabie saoudite, une priorité pour son administration

Si la visite en Israël est importante pour Biden sur le plan personnel, souligne le rapport de l’INSS, l’administration américaine, attache par contre beaucoup d’importance à la réussite de la visite en Arabie saoudite.

Le président a accepté cette visite après de longues délibérations et conscient des critiques considérables qu’elle suscite, principalement sur la scène intérieure américaine, compte tenu de la position ferme de Joe Biden concernant l’implication du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane dans le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi.

Cependant, la réalité géostratégique émergente pousse l’administration à privilégier une approche réaliste plutôt que «l’attachement aux valeurs». La crise économique mondiale, causée en partie par la guerre en cours en Ukraine, affecte directement les États-Unis, faisant atteindre de nouveaux sommets à l’inflation et renforçant les craintes d’une grave récession.

Les élections de mi-mandat au Congrès en novembre 2022 et le risque palpable de perdre la majorité démocrate ont fait comprendre à l’administration Biden qu’un changement d’approche est nécessaire, notamment dans la stratégie concernant le Moyen-Orient, afin d’avoir un impact positif sur les prix du pétrole. Néanmoins, il est encore trop tôt pour évaluer si cela représente un renversement des priorités de l’administration et une nouvelle volonté et capacité à investir des ressources dans la région.

Objectifs de la rencontre Biden-MBS

De nombreuses questions figurent à l’ordre du jour américano-saoudien et il est peu probable qu’il soit possible de toutes les résoudre au cours de la visite, estime l’INSS.

Toujours selon le Think tank, les objectifs de la visite sont les suivants :

Baisse des prix du pétrole

Joe Biden cherche à obtenir une baisse des prix du pétrole grâce à un engagement clair de l’Arabie saoudite à augmenter sa production au fil du temps.

Selon l’administration Biden, un tel engagement, même s’il n’a pas d’impact immédiat sur les prix, véhiculera une stabilité qui aura un impact positif à long terme.

Restaurer la position des États-Unis au Moyen-Orient

L’administration Biden veut restaurer la position des États-Unis au Moyen-Orient et faire comprendre aux pays arabes, et en particulier aux pays du Golfe, qu’ils peuvent compter sur les États-Unis comme principal allié. Cela remettrait en cause l’idée qui s’est développée au cours de l’année écoulée selon laquelle les États-Unis se déconnectent du Moyen-Orient, et l’intention consécutive des pays de la région de se tourner vers l’Est, notamment vers la Chine.

Alignement sur le dossier iranien

Biden souhaite établir un plan pour étendre la coopération avec les pays du Golfe et d’autres pays arabes sur la question de l’Iran, autant que possible en coordination avec Israël.

«Il est clair pour l’administration Biden que dans un contexte où les perspectives de renouvellement de l’accord nucléaire sont minces et où l’Iran continue de progresser dans son programme nucléaire – et même si un accord est conclu – les pays de la région attendent des États-Unis qu’ils présentent un plan d’action qui préservera leurs intérêts», souligne le rapport de l’INSS.

Et d’ajouter : «Il semble que l’administration ait également intérêt à partager la charge du traitement de l’Iran avec les États de la région et à les empêcher de prendre des directions qui ne correspondent pas aux intérêts américains».

Normalisation entre l’Arabie saoudite et Israël

Selon l’INSS, l’administration américaine voudrait faire progresser les mesures de normalisation régionale, notamment entre l’Arabie saoudite et Israël.

À ce sujet, le think tank rapporte les déclarations de personnalités américaines faisant état d’une feuille de route pour la normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite, qu’aurait préparer l’administration Biden.

De hauts responsables de la défense d’Israël et d’Arabie saoudite se seraient récemment rencontrés en Égypte sous les auspices des États-Unis, révèle l’INSS.

«Il a également été rapporté que, lors de sa visite, le président Biden discuterait avec ses hôtes d’une vision pour une défense antimissile et navale intégrée» affirme la même source.

Une dossier que les rédacteurs de l’INSS croient être d’une grande importance pour le président Biden. Il est primordial qu’avant les élections de mi-mandat, il soit crédité de l’avancement de cette mesure politique réussie, ont-ils écrit.

Recommandations pour Israël

  1. Faire comprendre à la région que les États-Unis ne se désengagent pas de la sécurité d’Israël

La visite du président Biden en Israël est une étape importante qui devrait contribuer de manière significative à faire comprendre dans la région et au-delà que les États-Unis continuent de soutenir Israël et que les dirigeants américains sont engagés dans la sécurité et le bien-être d’Israël.

Ce message revêt une importance particulière à l’heure actuelle, étant donné le sentiment dominant que l’administration est désireuse de se déconnecter de la région. Même si la visite est principalement symbolique, elle s’inscrit dans une longue série d’entretiens tenus au cours de l’année écoulée qui symbolisent la direction que l’administration esquisse et l’importance qu’elle accorde au dialogue permanent à tous les niveaux avec le gouvernement israélien.

  1. Garder de bonnes relations avec l’administration Biden

Israël a un intérêt évident à maintenir le pragmatisme et l’intimité qui caractérisent les relations actuelles, d’autant plus que l’administration Biden a pris soin de ne pas utiliser les désaccords comme un moyen de pression. Pour sa part, Israël doit veiller à ce que sa conduite se poursuive dans cet esprit.

«Le dialogue discret engagé entre Israël et les Etats-Unis depuis un an a permis une présentation franche des positions, même contrastées».

Sans faire référence à la méthode de Benjamin Netanyahu dans la conduite des relations avec Washington, INSS recommande au gouvernement israélien de maintenir le dialogue avec l’administration Biden tout adoptant des positions fermes quand à l’intérêt suprême d’Israël.

«Les deux pays (Israël et les Etats-unis, ndlr) doivent comprendre clairement les intérêts partagés et divergents. Ils doivent se doter de la capacité de surmonter les désaccords et de formuler une politique commune est dans l’intérêt suprême d’Israël» souligne le rapport du Think tank.

Dans ce contexte, il est recommandé que les décideurs en Israël aient une image claire des intérêts et des priorités de l’administration américaine, notamment dans le contexte de la concurrence avec la Chine et de la guerre en Ukraine, et que la politique israélienne tienne compte de ces intérêts autant que possible.

«L’objectif est de renforcer la compréhension de l’administration, et du Congrès, qu’Israël est un allié des États-Unis tout comme les États-Unis sont un allié d’Israël», précise la même source.

  1. Imposer ses lignes rouge à Biden vis-à-vis l’Iran

La question de l’Iran sera au centre de la visite du président dans la région. Malgré la reprise des négociations sur l’accord nucléaire, il est loin d’être certain qu’un accord sera conclu.

L’administration Biden est consciente qu’elle doit se préparer à une réalité où il n’y aurait pas d’accord, alors qu’un programme nucléaire actif se poursuit en Iran.

Une coordination étroite entre Israël et les États-Unis est impérative, et avec l’administration, Israël devrait s’efforcer de définir des lignes rouges ainsi que de convenir à l’avance de réponses politiques, économiques et militaires si elles sont franchies.

En parallèle, il est essentiel d’analyser les risques et les opportunités si l’accord est renouvelé. En même temps, la visite de Joe Biden devrait refléter la poursuite de la planification conjointe concernant une campagne contre l’Iran.

Même si Israël peut développer la capacité d’agir de manière indépendante, il est très important de renforcer la coordination avec les États-Unis dans la sphère opérationnelle et le soutien américain aux actions israéliennes, en partie comme levier sur l’Iran.

La guerre en Ukraine a prouvé qu’il existe sur la scène internationale une intolérance à l’égard des agressions militaires unilatérales (et c’est ainsi que toute opération militaire en Iran sera perçue par ceux qui la regardent depuis les coulisses).

INSS

Que l’accord nucléaire soit renouvelé ou non, la visite du président Biden vise également à renforcer la coordination régionale face aux efforts continus de l’Iran pour s’implanter dans toute la région et pour étendre son utilisation de missiles et de drones. Sur cette question, il est important d’assurer le maintien du soutien américain à la «campagne d’entre-deux-guerres» d’Israël et, en coordination avec les pays arabes, de souligner au président l’intérêt de maintenir la présence américaine en Irak et en Syrie.

Priorité pour la normalisation avec l’Arabie saoudite. L’Otan Moyen-oriental peut attendre

«La visite de Joe Biden a le potentiel d’approfondir la tendance à la normalisation entre Israël et les pays arabes en général, et l’Arabie saoudite en particulier» affirme le rapport de l’INSS.

Même si les chances d’établir une alliance régionale de l’OTAN sont faibles, la formulation d’une feuille de route pour des relations plus étroites entre Israël et l’Arabie saoudite est stratégiquement importante pour toutes les parties.

Pour sa part, Israël ferait bien de s’attacher à trouver des idées de mesures secrètes et publiques qui permettraient aux Saoudiens de franchir plus facilement le Rubicon et de faire progresser les relations bilatérales à un rythme qui leur convient. Une percée dans les relations israélo-saoudiennes serait considérée comme un juste retour des choses pour les efforts du président Biden, recommande l’INSS.

«La visite du président Biden en Israël et dans la région est l’occasion de renforcer la sécurité nationale d’Israël sur la base d’une démonstration claire et prononcée de l’engagement des États-Unis à son égard. Le changement d’approche de l’administration à l’égard de l’Arabie saoudite – bien qu’il soit le résultat de nouvelles circonstances internationales – comprend une opportunité pour Israël de démontrer son potentiel en tant qu’atout et de bénéficier des possibilités que ce changement implique» conclut le rapport.

Rencontre confirmée entre Biden et MBS en juillet en Arabie saoudite

//

Le président américain Joe Biden rencontrera le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et des dirigeants de près d’une douzaine de pays lors d’un voyage au Moyen-Orient le mois prochain. L’information a été confirmée ce mardi par des sources officielles saoudiennes et américaines.

Le président américain Joe Biden se rendra en Arabie saoudite le mois prochain pour des entretiens bilatéraux et rencontrera le dirigeant de facto du pays, le prince héritier Mohammed ben Salmane, dans le cadre d’un itinéraire qui comprendra Israël et la Cisjordanie, a déclaré de hauts responsables de l’administration américaine.

«À l’invitation du Gardien des deux saintes mosquées… Le président des États-Unis d’Amérique se rendra au Royaume d’Arabie saoudite les 15 et 16 juillet 2022, au cours de laquelle il rencontrera le Gardien des deux saintes mosquées et SAR le prince héritier», a déclaré l’agence de presse officielle saoudienne.

«Au programme de la visite, le président Biden participera à un sommet conjoint, convoqué par le gardien des deux saintes mosquées, avec les dirigeants du Conseil de coopération du Golfe, le roi de Jordanie, le président égyptien et le premier ministre irakien», poursuit la même source.

Rétropédalage de Joe Biden

Cette annonce de la rencontre entre Biden et MBS officialise la volte-face de président américain vis-à-vis de l’Arabie saoudite, qu’il considérait comme «un État paria» alors qu’il faisait campagne pour la présidence, après le meurtre en 2018 du journaliste Jamal Khashoggi.

Biden va enfoncer le clou en déclarant après son entrée à la Maison-Blanche, «qu’il s’engagerait auprès du roi Salman, et non du prince Mohammed, contrairement à l’ancien président Donald Trump».

Cependant, la hausse des prix du pétrole, l’inflation élevée et le désir de Washington de voir l’Arabie saoudite s’aligner sur sa position envers la Russie et la Chine ont contribué à alimenter des mois d’efforts diplomatiques visant à recadrer les liens.

«Alors que nous recalibrons les relations, nous ne cherchons pas à les rompre, car l’Arabie saoudite est un partenaire stratégique des États-Unis depuis huit décennies», a déclaré un haut responsable de l’administration Biden. «Nous partageons une multitude d’intérêts avec l’Arabie saoudite, qu’il s’agisse de contenir l’Iran, de lutter contre le terrorisme ou d’aider à protéger son territoire.» souligne la même source.

Neuf chefs d’États arabes à Djeddah

À Djeddah, Joe Biden rencontrera les chefs d’État des six membres du Conseil de coopération du Golfe – Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Oman, Koweït, Qatar et Bahreïn – ainsi que les dirigeants de l’Égypte, de l’Irak et de la Jordanie.

Avant la visite, les pays de l’OPEP+ ont accepté d’accélérer la production de pétrole et l’Arabie saoudite a contribué à prolonger la trêve au Yémen. Ils ont promis davantage de développements dans les semaines à venir.

Israël-E.A.U-Inde : nouveau groupement diplomatique

Biden s’arrêtera en Israël, en Cisjordanie occupée et en Arabie saoudite au cours de sa visite du 13 au 16 juillet, où il se concentrera notamment sur la sécurité régionale et énergétique et sur le développement de l’intégration d’Israël dans la région, a déclaré Karine Jean-Pierre, porte-parole de la Maison Blanche.

Le président rencontrera des dirigeants israéliens et palestiniens et réitérera son soutien à une solution à deux États au conflit israélo-palestinien.

Biden tiendra également un sommet virtuel en Israël avec les dirigeants d’Israël, de l’Inde et des Émirats arabes unis dans ce que le haut fonctionnaire de l’administration a décrit comme un nouveau groupement diplomatique. Les Émirats arabes unis sont devenus le premier pays du Golfe à officialiser ses relations avec Israël lorsqu’ils ont accepté d’établir des liens diplomatiques complets avec l’État juif en 2020.

Flambée des prix du pétrole : Biden dos au mur, MBS et MBZ font la sourde oreille

//

CNN a levé le voile ce vendredi, sur d’intenses et très discrètes manoeuvres diplomatiques d’une task force de l’administration Biden visant à contourner les relations exécrables entre le président américain et les princes héritiers, d’Arabie Saoudite et des E.A.U, dans le but de contenir la flambée des prix du pétrole suite à la guerre en Ukraine. Étant donné que les hydrocarbures représentent le talent d’Achille de l’alliance anti-russe, Joe Biden s’est retrouvé dos au mur quand Mohammed Ben Salmane a refusé de lui parler tout en se gardant d’influer sur l’OPEP pour augmenter la production mondiale. Au point que le locataire de la Maison Blanche s’est mis dans la tête de réhabiliter le régime de Maduro au Venezuela pour augmenter l’offre mondiale en énergie. Comme le président démocrate n’a pas encore montré de volonté à traiter «convenablement» MBS et MBZ, il n’est pas sur qu’il puisse compter sur leur soutien face à sa guerre personnelle en Ukraine.

CNN a publié un rapport ce vendredi où il est expliqué comment l’administration Biden s’intéresse discrètement aux relations avec l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis pour compenser la flambée des prix du pétrole.

Joe Biden a annoncé dés les premiers jours de sa nomination qu’il ne reconnaissait en Arabie saoudite que le roi Salmane. Assumant tout le MBS bashing des démocrates au sujet de l’affaire Khashoggi entre autres. Idem pour MBZ, dirigeant de facto des E.A.U, Biden le considère comme l’allié de Donald Trump. Il a d’ailleurs tout fait pour le mettre sur la touche au profit de son ennemi juré, Tamim Ben Hamad, l’émir du Qatar.

Mais l’évolution de la guerre en Ukraine a replacé ces deux pays au centre de l’échiquier mondial. Bien que les sanctions visant les hydrocarbures aient été délibérément écartées par Biden dans le but de protéger ses alliés occidentaux, en particulier ceux de l’Union européenne, contre les chocs déstabilisants des prix, les sanctions financières et logistiques ont ébranlé un marché où la Russie en est le deuxième exportateur mondial.

«Les producteurs russes, dans le sillage des sanctions, ont eu du mal à conclure de nouvelles commandes de pétrole, les acheteurs se rebiffent en raison de leur méfiance quant à l’étendue et à la portée des sanctions visant la banque centrale du pays et ses principales institutions financières» écrit CNN.

L’appel de Poutine à MBS vs l’appel de Biden au roi Salmane

Parmi les révélations de CNN, le refus de Mohammed ben Salmane de parler à Joe Biden. Le prince héritier a dit à la Maison Blanche : « Comment votre président ne reconnait que le roi Salmane, alors il n’a qu’à parler à mon père ». 

«Lorsque les responsables américains ont finalement abordé la possibilité d’un appel entre Biden et MBS fin janvier, les responsables saoudiens ont proposé à la place de mettre Biden au téléphone avec son père de 86 ans, le roi Salman, le dirigeant officiel du royaume – et la personne que Biden avait identifiée au début de sa première année comme son homologue direct» affirme CNN.

«Ce serait leur première conversation en 12 mois», souligne la même source.

Toujours, selon la chaine américaine, MBS, qui devait se rendre à Pékin pour les cérémonies d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver, a annulé son voyage pour pouvoir assister à l’appel téléphonique entre son père et Biden.

«Bien qu’il ne soit pas clair s’il était dans la pièce, MBS a écouté l’appel, mais n’a pas parlé» souligne CNN.

Le ministère chinois des affaires étrangères avait justifié l’absence du prince héritier saoudien à la cérémonie d’ouverture des JO  par des «raisons de calendrier».

CNN, citant les responsables de ces négociations, considère que cette prise de contact avec le roi Salmane a ouvert une fenêtre «sur une relation qui, tout en restant complexe, a montré des signes de stabilisation à un moment critique». 

Selon un responsable américain, la conversation du 9 février a porté sur la nécessité de garantir la stabilité de l’approvisionnement mondial en pétrole et a déclenché un voyage en Arabie saoudite de deux hauts responsables de Biden.

Trois jours plus tard, Brett McGurk et Amos Hochstein, les principaux émissaires de Biden pour la sécurité nationale et l’énergie dans la région, se sont rendus à Riyad, la capitale saoudienne, pour une réunion en tête-à-tête de plusieurs heures avec MBS et de hauts responsables saoudiens, dont le frère de MBS, le prince Abdel Aziz ben Salman, ministre de l’énergie du royaume.

«Nous n’avons pas demandé explicitement l’augmentation de la production du pétrole lors de cette réunion» ont précisé les deux responsables.

Contrairement à l’optimisme de ces négociateurs, d’autres responsables américains reconnaissent que les relations sont loin d’être aussi solides qu’elles l’étaient autrefois et qu’elles nécessiteront une attention plus soutenue de la part de l’administration Biden, écrit CNN.

Par ailleurs, le président russe Vladimir Poutine s’est entretenu par téléphone avec MBS et le cheikh Mohammed bin Zayed al Nahyan des Émirats arabes unis.

Poutine a clairement indiqué qu’il ne serait pas favorable à une augmentation de la production, qui se ferait en grande partie aux dépens de son pays.

Les membres de l’OPEP+ ont choisi de s’en tenir au calendrier d’approvisionnement convenu lors de leur réunion du 2 mars, une décision qui n’a pas surpris les responsables américains à l’époque.

Pourtant, les retombées économiques qui ont suivi ont entraîné une rupture d’approvisionnement tangible. Les entreprises mondiales du secteur de l’énergie ayant boudé la Russie, même si sa production de pétrole s’est maintenue, une grande partie de ces barils russes n’a pas été commercialisée.

L’administration Biden sous pression

Au début de la semaine, les États-Unis ont pris l’initiative d’interdire les importations de pétrole russe aux États-Unis, ce qui ne représente qu’une petite partie des exportations totales de la Russie, mais constitue une autre mesure qui a jeté un froid sur le marché et contribué à faire monter les prix.

Il s’agit d’une réalité douloureuse qui a mis en lumière des mois d’efforts discrets, mais urgents, des responsables américains pour obtenir une augmentation de la production d’énergie de la part de l’industrie et des pays du monde entier.

Dirigée par Hochstein, l’envoyé du département d’État pour l’énergie, et McGurk, cette action a consisté en des contacts au Moyen-Orient, en Asie et en Afrique du Nord, ainsi qu’en des discussions intensives avec les producteurs américains.

Au fur et à mesure que la hausse des prix se poursuivait, la nature discrète de ces efforts a fait place à une communication publique directe.

«Nous voulons davantage d’approvisionnement en pétrole dans le monde», a déclaré Daleep Singh, conseiller adjoint de Joe Biden pour la sécurité nationale, chargé de l’économie internationale.

«Nous voulons que cela vienne des producteurs qui ont des capacités de constituer des réserves». Singh a explicitement noté que l’Arabie saoudite était l’un de ces producteurs.

Par ailleurs, des responsables de Biden ont eu, ce mois ci, des entretiens diplomatiques au Venezuela, pays riche en pétrole, bien que l’administration ait depuis minimisé l’idée d’une augmentation de la production de ce pays lourdement sanctionné.

De plus, l’éventualité d’un accord nucléaire imminent avec l’Iran pourrait éventuellement relancer une vague de pétrole iranien sanctionné sur le marché, mais cela n’est pas considéré comme une solution à court terme par la Maison Blanche.

En réalité, la majeure partie de la capacité pétrolière de réserve envisagée par les responsables américains de l’énergie provient du Moyen-Orient. Les responsables et les acteurs du marché estiment que le moyen le plus rapide de mettre le plus de pétrole sur le marché est d’augmenter la production de l’Arabie saoudite en particulier.

Pour cela, les responsables américains sont conscients qu’ils doivent s’attaquer aux relations très tendues entre le président Joe Biden et le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane, le dirigeant de facto du royaume. Depuis les premiers jours de l’administration Biden, les Saoudiens se sont sentis personnellement lésés par ce qu’ils disent avoir été la décision du président de calibrer toute la relation autour du meurtre en 2018 du journaliste du Washington Post Jamal Khashoggi.

«Il est difficile d’arriver à une bon résultat sans traiter avec MBS», a expliqué un responsable américain à CNN. «Il n’y a pas d’autre moyen de le faire».

Test de résistance de MBZ

«Les Émirats arabes unis font partie de ces producteurs qui disposent de capacités pétrolières inutilisées. Mais c’est aussi un allié traditionnel qui entretient des relations de plus en plus tendues avec les États-Unis depuis l’entrée en fonction de Biden» affirme CNN.

Le pays s’est senti particulièrement lésé par les États-Unis lorsqu’il n’a pas bénéficié d’un soutien massif après l’attaque meurtrière par drone perpétrée en janvier aux Émirats arabes unis par les Houthis soutenus par l’Iran, a expliqué un responsable américain.

Ils craignent également qu’un éventuel nouvel accord sur le nucléaire iranien soit trop faible renforçant la nuisibilité du Corps des gardiens de la révolution islamique.

Quand Biden a envoyé ses principaux collaborateurs en Arabie saoudite, son coordinateur pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord au Conseil de sécurité nationale a fait une halte aux Émirats arabes unis. McGurk a mis l’accent sur le Yémen, notamment en soulignant le soutien des États-Unis à la défense territoriale du pays contre les attaques de missiles et de drones menées par l’Iran, indique CNN.

Il est à rappeler que les Émirats arabes unis se sont abstenus lors de l’adoption d’une résolution par les États-Unis visant à condamner l’invasion de l’Ukraine par la Russie au Conseil de sécurité des Nations unies, en grande partie en raison de la frustration suscitée par le Yémen.

L’ambassadeur émirati à Washington Yousef Al Otaiba s’est plaint de la dynamique instable dans les déclarations publiques de la Maison Blanche, notant que la relation entre son pays et l’administration Biden «connait des jours où la relation est très saine et des jours où la relation est remise en question».

«Aujourd’hui, nous traversons un test de résistance, mais je suis convaincu que nous nous en sortirons et que nous arriverons à un meilleur endroit», a-t-il ajouté.

Les déclarations du diplomate sur le volonté des E.A.U d’augmenter la production du pétrole, nuancées dans la foulée par son ministre de l’énergie ont eu un effet de yoyo sur les marchés.

«Les Émirats arabes unis sont attachés à l’accord OPEP+ et à son mécanisme d’ajustement mensuel de la production», a déclaré Suhail Al Mazrouei sur Twitter dans ce qui semble être un effort pour rassurer les autres membres.

La prochaine réunion de l’OPEP+ est prévue pour le 31 mars.

Ukraine, Sahara et Droits de l’homme : Wendy Sherman la «Renarde Argentée» confronte Nasser Bourita le «Lion de l’Atlas»

///

Wendy Sherman, alias «Silver Fox» (la renarde argentée), l’une des diplomates les plus puissantes du monde a rencontré ce mardi à Rabat le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita. Notre «Lion de l’Atlas» le bien nommé, savait que l’administration Biden a envoyé son négociateur le plus expérimenté pour démêler la position de neutralité assumée de Rabat au sujet de la crise en Ukraine. La «confrontation» s’est couronnée par un communiqué conjoint davantage favorable au Maroc. Sherman a imposé la question des droits de l’homme en haut du pavé et Bourita a arraché pour sa part, le rappel de la déclaration tripartite incluant Israël, signée le 22 décembre 2020. Le «Lion de l’Atlas» arrive même à reléguer la question ukrainienne à la toute dernière place, bien après celle du Sahel et de la Libye.

Wendy Sherman, 72 ans, est la deuxième diplomate d’importance des États-Unis. Son voyage au Maroc est considéré comme la visite officielle du plus haut niveau effectuée par un responsable américain à Rabat depuis plusieurs mois.

Connue à Washington pour ses manières acerbes, Mme. Sherman a traité à plusieurs reprises des sujets des plus difficiles. La diplomate a habilement géré des situations de crise pendant trois décennies. Elle a conclu des accords avec la Corée du Nord pendant l’ère Bill Clinton, et a dirigé les négociations nucléaires avec l’Iran sous la présidence de Barack Obama en 2011.

Surnommée la «Silver Fox» – Renarde Argentée-, en raison de sa chevelure grise acier et de sa capacité à arracher des concessions, Wendy Sherman a contribué à la conclusion d’un accord nucléaire historique en 2015 entre Téhéran et les États membres du P5 + 1, à savoir les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Chine, la Russie et l’Allemagne.

Et c’est elle que Joe Biden a chargé en janvier 2022 pour négocier avec les Russes dans l’objectif de dissuader Poutine de ne pas envahir l’Ukraine.

La «Renarde Argentée» : le Joker de la diplomatie américaine

Le surnom de Wendy Sherman lui vient des Iraniens avec qui elle a passé de longues heures de négociations. Ils ont commencé à l’appeler «la Renarde» en raison de son approche malicieuse durant les pourparlers.

Son teint pâle, ses cheveux gris acier coupés en brosse et son allure toujours soignée en dépit de la nature exténuante des négociations, ont fini par convaincre ses collègues du département d’État américain d’adopter le surnom des iraniens auquel ils ont ajouté «Argentée». Ils étaient tellement fascinée par elle qu’ils ont commencé à porter durant les réunions de négociation des tee-shirts sur lesquels était marqué le qualificatif : «Silver Fox».

«Ses collègues l’observent avec admiration, et parfois avec un peu de crainte, lorsqu’elle s’engage dans les discussions internationales», écrit la BBC.

«Elle est rapide et très intense », affirme l’ancien ambassadeur des États-Unis en Turquie, James Jeffrey.

La carrière de diplomate de Wendy Sherman n’était pas par choix. Au tout début de sa carrière professionnelle, elle a été militante, travaillant comme assistante sociale à Baltimore, oeuvrant à rendre les logements abordables aux moins aisés.

Quelques années plus tard, la secrétaire d’État Hilary Clinton, avec l’accord du président Barack Obama, l’a nomme sous-secrétaire d’État aux affaires politiques, devenant ainsi la première femme à occuper ce poste.

Ce parcours, combiné à sa forte implication dans le processus de négociation de l’accord nucléaire de 2015 avec l’Iran, a fait d’elle l’objet d’une forte suspicion de la part des républicains. Toutefois, son expérience et son sang-froid les ont suffisamment convaincu pour qu’elle soit confirmée par le Sénat au poste de secrétaire d’État adjointe, par 56 voix contre 42.

La «Silver Fox» face au «Lion de l’Atlas» : un combat sérré

Nasser Bourita peut désormais se targuer d’avoir eu affaire dans sa carrière de diplomate et dans un contexte de guerre mondiale à une légende : Wendy Sherman, la négociatrice américaine inflexible et sans état d’âme.

Le Chef de la diplomatie marocaine savait à quoi s’attendre mais contrairement aux apparences, il était loin d’être dans une position de faiblesse.

En effet, L’invasion de l’Ukraine par la Russie a apporté une certaine clarté aux réalignements régionaux et aux partenariats stratégiques en Afrique du Nord, en Europe et au Moyen-Orient.

La crise a en effet révélé au grand jour, l’évolution intéressante des relations entre les États-Unis, d’une part, et le Maroc, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Israël d’autre part.

«Après quatorze jours d’affrontements militaires en Ukraine, une chose est devenue claire : les partenaires de Washington en Afrique du Nord et au Moyen-Orient sont de plus en plus confiants dans leur volonté d’adopter une ligne de conduite indépendante, sans lien avec Washington – et sans doute en la défiant – et en coordination les uns avec les autres» affirme le politologue Thanassis Cambanis.

Cette divergence s’est manifestée surtout par le refus des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole Plus, OPEP+, d’augmenter rapidement leur production de pétrole dans un contexte de hausse des prix des carburants, malgré la pression exercée par l’administration sur l’Arabie saoudite. Ce grand pays arabe, premier producteur de pétrole dans le monde va faire encore mieux. Son dirigeant de facto Mohammed ben Salmane ira jusqu’à explicitement menacer de réduire les investissements de son pays aux États-unis au profit de la Chine.

Depuis son élection, Joe Biden a tout fait pour mettre sur la touche les princes héritiers MBS et MBZ. En contrepartie il n’a cessé de valoriser l’émir du Qatar en lui confiant la gestion du dossier des Talibans puis en le consacrant du statut d’«Allié majeur de l’OTAN». Le président américain l’a aussi désigné comme «backup» officiel de l’approvisionnement du gaz pour l’Europe en cas de guerre en Ukraine.

La même divergence s’est également manifestée par un double refus d’Israël de demandes persistantes de la Maison Blanche. Le premier refus a concerné le soutien du projet de résolution américain contre la Russie au Conseil de Sécurité de l’ONU. Le second est le refus catégorique de Tel Aviv de l’envoi des batteries du système de défense «Dôme de Fer» en Ukraine. Une décision justifiée par la crainte que ce transfert ne nuise aux relations d’Israël avec la Russie.

Il est à rappeler que les Russes d’Israël forment la plus grande communauté juive du pays, soit plus de 25% de la population.

Le Pakistan a brillé davantage dans sa défiance à Joe Biden avec la visite officielle qu’a entrepris au Kremlin son premier ministre Imran Khan, le jour même de l’invasion de l’Ukraine. Khan a rencontré simultanément, Vladimir Poutine et le leader tchétchène Ramzan Kadyrov.

Enfin, plusieurs États de la région y compris le Maroc se sont abstenus de voter la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies condamnant l’invasion russe, au grand dam de la Maison Blanche.

En parallèle de cette résistance contre le diktat américain, l’Arabie saoudite a voté en faveur de la résolution de l’ONU condamnant l’invasion russe, tandis qu’Israël s’est impliqué fortement dans un rôle de médiation entre l’Ukraine et la Russie. Au point que le très pratiquant Naftali Bennett a dû transgresser Shabbat pour s’envoler secrètement à Moscou, où il a passé trois heures avec Poutine, sans prendre l’avis des États-unis.

Ces démarches d’apparence incohérentes, soulignent le fait que les gouvernements du Moyen-Orient ne se considèrent plus comme des partenaires subalternes des États-Unis et ne se sentent plus obligés, comme ils l’ont peut-être fait par le passé, de suivre les directives de Washington dans une crise majeure de sécurité internationale.

L’indépendance d’Israël en matière de politique étrangère devenait palpable durant les dernières années de Benjamin Netanyahu. Par contre, la position du Maroc et certains membres du CCG par rapport à la guerre en Ukraine est un fait tout à fait nouveau. Cela suggère l’émergence d’un nouveau niveau de confiance et d’autonomie par rapport aux États-Unis, en dépit du fait que Washington reste la garante de la sécurité de la région.

La posture de ces pays est d’ailleurs compréhensible, compte tenu de la décision des administrations américaines, depuis Obama de se retirer du Moyen-Orient. Du coup, le Maroc, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Israël ont intérêt à maintenir de bonnes relations diplomatiques, économiques et militaires avec la Russie.

Rabat, à l’image de ses alliés dans la région ne cherche par à abandonner complètement les liens avec Washington, mais plutôt de les équilibrer en nouant des relations solides avec d’autres puissances qui exercent une influence considérable sur les questions économiques et de sécurité régionales, comme la Russie, mais aussi la Chine. Deux pays qui ont d’ailleurs massivement investi en présence économique et militaire en Afrique subsaharienne, prolongement naturel du Royaume.

A la lumière de ces éléments, on cerne mieux les raisons qui ont poussé l’administration américaine, qui refuse de nommer un ambassadeur au Maroc depuis le départ de Dwight Bush en 2017, à dépêcher une diplomate de la trempe de Wendy Sherman.

Trois communiqués, trois nuances !

Si le cadre officiel de la rencontre entre notre «Lion de l’Atlas» et la «Renarde Argentée» est le «Dialogue stratégique Maroc-USA», la déclaration du porte-parole du département d’Etat américain Ned Price nous fait prendre conscience que la machine diplomatique américaine n’a qu’une seule urgence en ce moment : «l’Ukraine».

Dans son point de presse qui a suivi la rencontre entre les diplomates des deux pays, Ned Price a hiérarchisé les points discutés entre les deux parties en fonction des priorités de son ministère :

  1. Les moyens de renforcer davantage les relations bilatérales de longue date entre les États-Unis et le Maroc, y compris les intérêts communs en matière de paix, de sécurité et de prospérité régionales;
  2. Les développements internationaux, y compris «la guerre préméditée, non provoquée et injustifiée» de Poutine contre l’Ukraine;
  3. Le ferme soutien des deux parties à l’envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies, Staffan de Mistura, qui cherche à redynamiser le processus politique pour le «Sahara occidental», dirigé par les Nations Unies;
  4. Le plan d’autonomie du Maroc est considéré comme sérieux, crédible et réaliste, et comme une approche potentielle pour satisfaire les aspirations du «peuple du Sahara occidental»;
  5. L’importance de la protection des droits de l’homme, y compris la liberté d’expression, en s’appuyant sur le dialogue productif entre les États-Unis et le Maroc sur les droits de l’homme de septembre 2021.

Notons que sur le communiqué conjoint approuvé par Bourita et Sherman, «la guerre en Ukraine» n’était cité qu’en fin du document et le qualificatif «la guerre préméditée, non provoquée et injustifiée» n’y figurait pas du tout.

De plus, l’appellation «Sahara Occidentale» que Price a répété deux fois, elle n’a été cité qu’une seule fois dans la version en anglais du communiqué, publié aussi bien sur le site du département d’Etat américain que celui du ministère des affaires étrangères marocain.

Sur les versions française et arabe du communiqué, l’appellation «Sahara Occidentale» y est absente et la précision «consacrant la reconnaissance américaine de la pleine souveraineté du Royaume sur son Sahara» a été ajoutée dans le paragraphe réservé au rappel de l’accord tripartite avec Israël.

Opération de charme de la «Silver Fox»

Faisant honneur à sa réputation de consacrer une attention méticuleuse aux détails, la «Silver Fox» a bien préparé son voyage au Maroc. Son arrivée, coïncidant avec la journée internationale de la femme, elle charge l’ambassade au Maroc de lui trouver une occasion de prise de parole sur le sujet.

David Green, Chargé d’Affaires à la mission diplomatique, sponsorise un évènement de l’Association des Femmes chefs d’Entreprises du Maroc, AFEM, célébrant la journée du 8 mars. Mme Sherman en sera l’invitée d’honneur.

Arrivée à la conférence au Hyatt Regency vers 17h30, Wendy Ruth Sherman a été accueillie par la Ministre de la Solidarité, de l’Insertion Sociale et de la Famille Awatif Hayar, puis s’est fondue dans la masse des invités en toute simplicité et sans un dispositif protocolaire lourd.

Assise entre David Green et de Leila Doukali, présidente de l’AFEM, M. Sherman a patiemment écouté le discours «plat» de Mme Hayar avant de monter sur scène.

Après avoir constaté l’absence de la première maire femme de la ville de Casablanca, Nabila Rmili (occupée au Lycée français Lyautey), la «Silver Fox» entame son allocution par l’inévitable sujet :«l’Ukraine». Les éléments de langage sont verrouillés et pour le storytelling elle n’avait qu’à répéter celui d’Antony Blinken prononcé le jour même en Estonie.

«Je veux me faire l’écho de ce que le secrétaire d’État Tony Blinken a dit plus tôt dans la journée en Estonie, à savoir qu’en cette Journée internationale de la femme, j’ai pour ma part, et je suis sûr que vous tous, une pensée pour les femmes d’Ukraine», a-t-elle dit.

Plus de 1,7 million d’Ukrainiens, poursuit-elle, principalement des femmes et des enfants, ont fui la guerre que Vladimir Poutine a déclenchée dans leur pays, laissant souvent leurs maris derrière eux pour combattre.

Puis elle enfonce le clou : «Les femmes ukrainiennes accouchent dans des stations de métro transformées en abris anti-bombes. Elles s’occupent d’enfants atteints de cancer dans les sous-sols d’hôpitaux pour se protéger des missiles. Elles prennent les armes aux côtés des hommes ukrainiens pour lutter pour leur démocratie et défendre leur patrie. Les femmes d’Ukraine, comme vous toutes, incarnent la force, la résilience et le courage intrépide des femmes du monde entier – et nos cœurs sont avec elles aujourd’hui et chaque jour».

Maniant le bâton et la carotte, Wendy Sherman ne va pas se montrer tendre avec la situation de la femme marocaine dans la vie active, avant de proposer l’aide de son pays.

«(…) Cependant, malgré ces progrès (la Moudawana, constitution 2011, législation contre la violence envers la femme, ndlr), le pourcentage de femmes marocaines dans la population active reste assez faible, l’un des plus bas au monde – et il est en fait plus bas qu’il y a vingt ans» a-t-elle souligné.

La responsable américaine s’appuiera sur les recommandations du NMD pour annoncer l’engagement de son pays à accompagner le Maroc dans ses objectifs d’autonomisation des femmes.

«Le Nouveau modèle de développement du Maroc – une priorité du roi Mohammed VI – a placé l’augmentation de la participation des femmes à l’économie au premier plan de la stratégie de croissance économique du Maroc. Les États-Unis veulent aider le Maroc à atteindre son objectif de porter la participation des femmes à la main-d’œuvre à 45 % en 2035, contre 22 % aujourd’hui. Nous sommes fiers d’être un partenaire du Maroc et des femmes marocaines en faisant progresser les opportunités économiques des femmes et en soutenant les femmes entrepreneurs, notamment par le biais du programme POWER du Département d’Etat». a-t-elle déclaré.

Un proche de Wendy Ruth Sherman l’a décrite sur les colonnes du Time, comme suit : «La rationalité règne dans le monde de Wendy Sherman. La secrétaire d’État adjointe examine le terrain et les acteurs, pèse le bâton et la carotte, les compromis et les conséquences, puis fait le meilleur choix dans son propre intérêt. Le sentimentalisme et la nostalgie ne sont pas pour elle».

MBS : l’Arabie Saoudite pourrait réduire ses investissements aux États-unis

/

Dans une interview accordée au magazine américain The Atlantic, le prince héritier saoudien a menacé de réduire l’investissement de son pays aux États-unis et le renforcer en Chine. Dans cet entretien MBS s’est défendu sur l’affaire Khashoggi, a défendu sa vision 2030 et la solidité de son économie, a critiqué la politique de l’administration Biden concernas son pays, a qualifié Israël d’«allié potentiel» et l’Iran de «voisin» avec lequel il devrait cohabité tout revendiquant la légitimité de son régime basé sur la «monarchie absolue».

L’Arabie saoudite a la possibilité de réduire ses investissements aux États-Unis, a déclaré jeudi le prince héritier Mohammed Bin Salman, dans une longue interview paru ce jeudi 3 mars sur le magasin amarina The Atlantic.

Les propos de MBS ont également été rapportés par l’agence de presse officielle saoudienne SPA.

«De la même manière que nous avons la possibilité de renforcer nos intérêts, nous avons la possibilité de les réduire», a-t-il déclaré, en parlant des investissements saoudiens aux États-Unis qui, selon SPA, s’élèvent à 800 milliards de dollars.

Interrogé sur le fait Biden se méprenait sur un aspect de sa personne, MBS a répondu : «Tout simplement, cela m’est égal». S’aliéner la monarchie saoudienne, a-t-il suggéré, nuirait à la position de Biden. «C’est à lui de penser aux intérêts de l’Amérique». Puis il a haussé les épaules.

Mohamed Bin Salmane a également souligné que les investissements saoudiens en Chine ne dépassaient pas les 100 milliards de dollars. Toutefois ils se développent très rapidement.

«L’Arabie saoudite évolue au sein du G20 et notre ambition est de franchir la barre des 15 d’ici 2030» a-t-il affirmé.

L’Arabie saoudite fait partie des pays dont la croissance est la plus rapide au monde et notre économie connaîtra une croissance de 7 % l’année prochaine, a soutenu le prince héritier saoudien. «Nous disposons de deux des dix plus importants fonds du monde et d’un emplacement stratégique par lequel transite 27 % du commerce mondial» poursuit-il.

MBS a soutenu également sa vision 2030 dont les principaux axes sont le développement de la ville de Neom et la transformation culturelle de la société.

«Il y a ceux qui veulent faire échouer la Vision 2030… et nous leur adressons le message suivant : Notre projet n’échouera jamais.» a-t-il fermement déclaré.

Neom compte attirer des milliards de dollars d’investissements et des millions de résidents, saoudiens et étrangers, d’ici 10 à 20 ans, a confié MBS à Atlantic. «Dubaï s’est développé à un rythme similaire dans les années 1990 et 2000» a-t-il souligné.

A propos de la concurrence avec Dubaï Mohamed Bin Salmane a tenu à préciser que Neom n’est «pas une copie de quoi que ce soit d’autre», pas une photocopie de Dubaï. Mais il a plus en commun avec le grand courant mondialisé qu’avec n’importe quoi dans l’histoire d’un pays qui, jusqu’à récemment, a remarquablement réussi à protéger sa culture traditionnelle des flatteries de la modernité.

L’Arabie saoudite est basée sur une «monarchie absolue»

MBS a rejeté la suggestion du journaliste de «The Atlantic» selon laquelle ce système de gouvernance était dépassé et pourrait être remplacé par une monarchie constitutionnelle – où les citoyens ont des droits affranchis qui ne sont pas accordés par un monarque ou un demi-monarque. «Non», a-t-il répondu. «L’Arabie saoudite est fondée sur la monarchie absolue» et lui, en tant que prince héritier, préserverait le système. S’en retirer reviendrait à trahir toutes les monarchies et tous les Saoudiens qui lui sont assujettis. «Je ne peux pas organiser un coup d’État contre 14 millions de citoyens» a-t-il dit.

Israël un «allié potentiel» et pas un mot sur les Accords d’Abraham

Dans son interview avec The Atlantic MBS a fait passer subtilement la nature de ses relations avec Israël. Une première fois en critiquant l’attitude des États-unis envers sa politique et la seconde défendant son projet Neom.

«L’Amérique doit maintenant décider si cette vision vaut la peine d’être encouragée. Il y a vingt ans, si vous m’aviez dit qu’en 2022, le futur roi d’Arabie saoudite entretiendrait des relations avec Israël, traiterait les femmes comme des membres à part entière de la société, punirait la corruption, même dans sa propre famille, endiguerait le flux de djihadistes, diversifierait et libéraliserait son économie et sa société, et encouragerait le monde à voir son pays et son pays à voir le monde – que le wahhabisme soit maudit – je vous aurais répondu que votre machine à remonter le temps fonctionnait mal et que vous aviez visité 2052 au plus tôt. Maintenant que MBS est au pouvoir, toutes ces choses se produisent. Mais l’effet n’est pas aussi agréable que je l’avais espéré.» a-t-il martelé.

«Même l’emplacement de Neom est suggestif» écrit The Atlantic. Il est loin de l’endroit où vivent réellement les Saoudiens. Au lieu de cela, il est blotti dans un coin pratiquement vide, comme s’il cherchait sa subsistance et son inspiration en Jordanie et en Israël.

Conditions de l’interview

«Lors de nos rencontres, le prince héritier était charmant, chaleureux, informel et intelligent» écrit Graeme Wood, le journaliste qui a conduit les interview du prince héritier saoudien. «Mais même lorsqu’elle est la plus affable, la monarchie absolue ne peut échapper à la bizarrerie» poursuit-il.

Le journaliste raconte le périple de sa première rencontre : «Pour notre première rencontre, MBS nous a convoqués dans un palais isolé au bord de la mer Rouge, le bunker COVID de sa famille. Les protocoles étaient multiples : une succession de tests PCR par des infirmières des cliniques royales ; un jet Gulfstream au milieu de la nuit en provenance de Riyad ; un convoi à partir d’une piste d’atterrissage déserte ; une remise d’appareils électroniques ; une escale dans une mystérieuse maison d’hôtes visible sur les photos satellite mais non indiquée sur Google Maps. Il nous a invités dans son palais vers 1 h 30 du matin, et nous avons parlé pendant près de deux heures».

Pour la deuxième rencontre, dans son palais de Riyad, écrit Graeme Wood, on nous a demandé d’être prêts pour 10 heures. Les salles étaient en effervescence. Le prince héritier venait de rentrer après près de deux ans de travail à distance, et les assistants et les ministres arpentaient les tapis rouges à la recherche d’une rencontre, le première depuis des mois, avec le patron.

«Des paquets et des documents négligés s’étaient empilés sur les bureaux et les tables de son bureau, qui était vaste mais pas très luxueux. La concession la plus évidente au bon goût était un télescope démodé sur un trépied, dont l’altitude était suffisamment basse pour qu’il semble pointer non pas vers le ciel mais vers Riyad, la métropole désertique tentaculaire et inesthétique d’où la famille Saoud a régné pendant la majeure partie des trois derniers siècles», décrit-il.

«Au début des deux conversations, MBS s’est dit attristé que la pandémie l’empêche de nous embrasser» rapporte le journaliste. Il s’est excusé du fait que nous devions tous porter des masques. (Chaque réunion a été suivie par de multiples princes, principalement silencieux, portant des robes blanches et des masques identiques, ce qui nous laisse incertains, à ce jour, de savoir qui était exactement présent). Le prince héritier a laissé sa tunique déboutonnée au col, dans un style décontracté désormais privilégié par les jeunes hommes saoudiens, et il a donné des réponses détendues, non psychopathes, aux questions sur ses habitudes personnelles. Il essaie de limiter son utilisation de Twitter. Il prend son petit-déjeuner tous les jours avec ses enfants. Pour le plaisir, il regarde la télévision, en évitant les émissions, comme House of Cards, qui lui rappellent le travail. Au lieu de cela, a-t-il dit sans ironie apparente, il préfère regarder des séries qui l’aident à échapper à la réalité de son travail, comme Game of Thrones.

Avant les réunions, le journaliste de The Atlantic a demandé à l’un des conseillers de MBS s’il y avait des questions qu’il pouvait poser à son patron et que lui-même ne pouvait pas poser. «Aucune», a-t-il répondu, sans faire de pause – «et c’est ce qui le rend différent de tous les princes héritiers qui l’ont précédé». «On m’a dit qu’il tirait son énergie du fait d’être mis au défi» a écrit Graeme Wood, visiblement très impressionné.

Chine : Biden boycotte les JO 2022, MBZ, MBS et TBH s’y rendent personnellement

//

Malgré l’appel au boycott diplomatique de Joe Biden des JO 2022 de Pékin, les dirigeants des trois pays les plus riches du Moyen-Orient se sont envolés ce vendredi, afin d’assister à la cérémonie d’ouverture de ces jeux d’hiver. C’est le signe révélateur du malaise diplomatique entre l’administration Biden et les pays du Golfe. C’est également la manifestation de l’interdépendance des économies de ces pays avec celle de la Chine.

Les Etats-Unis ont appelé le 6 décembre dernier au boycott diplomatique envers la Chine pour les Jeux d’hiver 2022. Neuf pays ont suivi le mouvement et ont annoncé qu’aucun membre de leur gouvernement ne se rendrait à Pékin. Il s’agit du Royaume-Uni, l’Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande, la Lituanie, le Japon, le Danemark et les Pays-Bas.

La Maison Blanche avait justifié ce choix en raison du « génocide et des crimes contre l’humanité en cours à Xinjiang ». Une cause partagé par l’alliance anglo-saxonne composée du Royaume-Uni, l’Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande.

Tokyo explique sa décision par le fait « qu’il est important que les valeurs communes partagées par la communauté internationale, telles que la liberté, les droits de l’Homme et l’État de droit, soient également respectées en Chine». Copenhague dénonce pour sa part la situation des droits humains dans le pays. Quand à Amsterdam, elle évoque la situation épidémiologique.

Tibet, Ouïghours, Mongolie, Hongkong et Taïwan, les griefs de Washington

En réaction à l’annonce des pays sus-cités du boycott diplomatique des Jeux olympiques d’hiver de Pékin, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Wenbin a menacé qu’ils «en paieraient le prix». Il a accusé les États-Unis d’utiliser les JO 2022 à des fins de manipulation politique et a promis de prendre des «contre-mesures résolues».

«Le recours des Etats-Unis, de l’Australie, du Royaume-Uni et du Canada à la scène des Jeux olympiques à des fins de manipulation politique est impopulaire et revient à s’isoler soi-même. Ils paieront inévitablement le prix de ce mauvais coup», a promis Wang.

«Le sport n’a rien à voir avec la politique. Les Jeux olympiques sont un grand rassemblement d’athlètes et d’amoureux des sports, pas une scène pour que les politiciens se donnent en spectacle», a-t-il ajouté. 

Il est à noter qu’une coalition des groupes de défense des droits des Tibétains, des Ouïghours, des Mongols du Sud, des Hongkongais et des Taïwanais s’est constituée pour composer une campagne digitale anti-JO : #NoBeijing2022.

Emmanuel Macron a voulu impliquer l’Europe mais a échoué

Le président français Emmanuel Macron avait tenté dès les premiers jours de l’appel au boycott de Biden de se cacher derrière l’Europe. « Avec les partenaires européens et en lien avec le Comité international olympique (CIO),  on verra la décision qu’il convient de prendre dans les prochaines semaines », a-t-il dit lors de sa conférence de presse consacrée à la présidence française de l’UE. «Je pense qu’il ne faut pas politiser ce sujet surtout si c’est pour prendre des mesures toutes petites et symboliques » a-t-il souligné.

Et comme l’Union n’est plus que l’ombre d’elle même et aux premiers signes d’hésitation de quelques capitales, Macron pousse son ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, Jean-Michel Blanquer, de prendre rapidement position contre le boycott. «Il n’y aurait pas de boycott diplomatique de la France » a-t-il affirmé. Il annonce qu’il n’allait pas se déplacer à Pékin, mais enverrait, Roxana Maracineanu, la ministre déléguée aux Sports.

MBZ, MBS et TBH répondent présents à l’invitation de Xi Jinping

Ils ont tous décollé ce vendredi matin pour Pékin pour assister à la cérémonie d’ouverture des JO 2022 aux côtés de l’empereur du commerce mondial, Xi Jinping.

Mohammed Ben Zayed, au delà des solides relations économiques qu’il entretient avec la Chine, a une dent contre le successeur de Donald Trump. Et pour cause, Biden préfère «dealer» avec l’Emir du Qatar au point de le désigner «allié majeur» de l’Otan, un statut refusé aussi bien pour les E.A.U que l’Arabie saoudite.

Mohammed Ben Salmane, plus docile que son allié MBZ, fait également les frais de l’inimitié des démocrates à son égard. N’ayant pas reçu le feu vert pour accéder au trône, il s’efforce de maintenir un équilibre diplomatique et commercial entre Pékin et Washington.

https://twitter.com/OKAZ_online/status/1488960847879753735

Quand à Tamim ben Hamad, TBH, le nouveau chouchou de Biden, il peut se permettre quelques libertés mais il sait pertinemment que la politique de la chaise vide donnerait l’occasion à son ennemi juré MBZ de manoeuvrer contre lui sur la scène internationale.

Au lendemain de sa rencontre avec MBS, Macron autorise l’arrestation d’un suspect du meurtre de Khashoggi

L’un des suspects du meurtre du journaliste Jamal Khashoggi en 2018 a été arrêté en France mardi 7 décembre à l’aéroport Roissy Charles de Gaulle. Réagissant à cette arrestation, l’ambassade saoudienne à Paris a démenti l’implication de son ressortissant dans le meurtre du journaliste Khashoggi et demande sa libération.

Le suspect, un citoyen saoudien a présenté mardi un passeport au nom de Khalid Alotaibi, 33 ans. Il s’apprêtait à embarquer pour Riyad, quand il a été interpellé par la police aux frontières.

Cet ancien membre de la Garde royale d’Arabie Saoudite, qui était sous le coup d’un mandat d’arrêt international pour assassinat émis par la Turquie, a été placé en rétention judiciaire en attendant de savoir si le parquet général décide ou non de son extradition.

Il est soupçonné d’être un des membres présumé du commando qui a assassiné le journaliste saoudien au consulat d’Arabie saoudite en Turquie, à Istanbul.

Selon la presse française, des vérifications étaient toujours en cours pour s’assurer de l’identité de l’interpellé.

Passeport du supect Khalid Alotaibi

L’ambassade d’Arabie Saoudite s’insurge

L’ambassade saoudienne a réagi mardi soir en publiant sur Twitter un démenti de l’implication de son ressortissant dans l’affaire Khashoggi.

«Le citoyen en question qui a été arrêté n’a aucun lien avec l’affaire» a écrit ce mardi soir sur Twitter l’ambassade d’Arabie Saoudite.

«L’ambassade du Royaume d’Arabie Saoudite à Paris tient à préciser que les informations diffusées dans les médias, concernant l’arrestation d’un citoyen saoudien suspecté dans le cadre de l’affaire Khashoggi, sont inexactes», écrit l’ambassade, qui demande «sa libération immédiate.»

«L’ambassade souhaite également préciser que la justice saoudienne a rendu son verdict envers les coupables du meurtre du citoyen saoudien Jamal Kashoggi, que Dieu lui fasse miséricorde, et que ces derniers purgent actuellement leurs peines respectives», a-t-elle affirmé.

Macron-MBS, une rencontre très contestée en France

Trois ans après le meurtre du journaliste dissident Jamal Khashoggi, Emmanuel Macron est le premier dirigeant occidental à rencontrer le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane.

Fustigé par la presse de don pays, le président français a été obligé de se justifier en affirmant que sa rencontre avec MBS était pour aider le Liban et veiller à la stabilité dans le Golfe.

Macron a également assuré avoir « parlé de tout, absolument sans aucun tabou » avec son interlocuteur, lors d’un échange « direct » et « efficace » sur les questions de droits de l’homme, mais sans prononcer le nom de l’ancien chroniqueur du Washington Post assassiné dans l’ambassade saoudienne en Turquie.

https://twitter.com/guillaumedaret/status/1467129731292274692?s=21

Les Émiratis travailleront désormais le vendredi

Les Émirats arabes unis ont annoncé ce mardi 7 décembre l’adoption d’une semaine de travail de quatre jours et demi et du déplacement du week-end à samedi et dimanche. La mesure qui entrera en vigueur à partir du début de l’année prochaine permettra au pays d’aligner son économie sur les marchés mondiaux. Le changement est significatif, étant donné que le vendredi est depuis longtemps un jour sacré pour les fidèles de l’Islam. La plupart des pays du Golfe ont des week-ends du vendredi au samedi. Cette décision pourrait augmenter l’attrait des E.A.U auprès des investisseurs étrangers qui subissent depuis plusieurs mois une pression importante de l’Arabie saoudite qui s’est décidée à concurrencer son allié en décrétant une loi obligeant les entreprises à avoir un siège social régional sur son sol pour pouvoir bénéficier des commandes de secteur public.

Les Emirats arabes unis auront à partir du 1er janvier 2022 une semaine de travail de quatre jours et demi, tandis que le week-end commencera le vendredi après-midi et se prolongera jusqu’au dimanche.

Le gouvernement fédéral émirati a déclaré que cette décision « garantirait des transactions financières, commerciales et économiques sans heurts avec les pays qui suivent un week-end du samedi au dimanche, facilitant ainsi le renforcement des liens commerciaux internationaux et des opportunités pour des milliers d’entreprises multinationales et basées aux Émirats arabes unis ».

Il est à noter qu’au cours de l’année écoulée, les Émirats arabes unis ont pris des mesures pour rendre leur économie plus attrayante pour les investissements et les talents étrangers pour faire face à la rivalité économique croissante avec l’Arabie saoudite voisine.

Qualité de vie

La semaine à 4 jours et demi offrant un long week-end aux salariés et aux fonctionnaires facilitera vraisemblablement l’acceptation de l’opinion publique de ce changement. D’ailleurs le communiqué du gouvernement fédéral insiste sur le fait que la nouvelle organisation du temps de travail «améliorerait l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée des employés».

«Les heures de travail du vendredi seront de 7h30 à 12h00 et ceux du lundi au jeudi commenceront à 7h30 et se termineront à 15h30» a indiqué le bureau des médias du gouvernement

«L’adoption d’un système de travail agile permettra aux Émirats arabes unis de réagir rapidement aux changements émergents, augmenter la productivité et améliorer et d’améliorer le bien-être sur le lieu de travail et l’équilibre travail-vie personnelle», a souligné l’agence de presse officielle WAM.

Le pays espère également que cette décision stimulera «non seulement les opportunités commerciales, mais ajoutera également au mode de vie flexible, sûr et agréable que les Émirats arabes unis offrent à leurs citoyens et résidents», selon la même source.

Révolution silencieuse

Le vendredi est un jour férié hebdomadaire dans de nombreux pays à majorité musulmane. La circulaire du gouvernement a noté que plusieurs, comme l’Indonésie et le Maroc, ont des week-ends du samedi au dimanche.

Abdulkhaleq Abdulla, professeur de sciences politiques à la retraite basé aux Émirats arabes unis, a déclaré à CNBC que cette décision était largement attendue et conforme au plan du pays de se mondialiser.

«Les Emirats Arabes Unis du 21e siècle ne sont pas les mêmes que les Emirats Arabes Unis du 20e siècle», a déclaré Abdullah, décrivant le changement comme une «révolution» silencieuse.

Il est à rappeler que les Émirats arabes unis ont commencé par libéraliser les lois concernant la cohabitation avant le mariage, la consommation de l’alcool et les lois sur les libertés individuelles, en plus de l’introduction de visas à plus long terme pour attirer les entreprises et les talents.

1 2 3 5