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Nasser Bourita

Suite au message du Roi Mohammed VI, le Kenya décide de révoquer la reconnaissance du Polisario et d’entamer les étapes pour la fermeture de sa représentation à Nairobi

Suite au message du Roi Mohammed VI au nouveau président de la République du Kenya, William Ruto, la République du Kenya a décidé de révoquer la reconnaissance de la pseudo “RASD” et d’entamer les étapes pour la fermeture de sa représentation à Nairobi.

MAP

Un communiqué conjoint, dont des passages ont été rendus public par le site web du Palais d’Etat de la République du Kenya (State House), à la suite de la remise, ce mercredi, d’un message de Roi Mohammed VI au chef de l’Etat kényan, indique que «la République du Kenya a décidé de révoquer sa reconnaissance de la pseudo «RASD» et d’entamer les étapes pour la fermeture de sa représentation dans le pays.»

«Par respect du principe d’intégrité territoriale et de non-ingérence, le Kenya apporte son soutien total au plan d’autonomie sérieux et crédible proposé par le Royaume du Maroc, en tant que solution unique basée sur l’intégrité territoriale du Maroc, pour résoudre ce différend», souligne le communiqué conjoint.

«Le Kenya soutient le cadre des Nations Unies en tant que mécanisme exclusif pour parvenir à une solution politique durable et permanente au différend sur la question du Sahara», ajoute la même source.

Dans son message, le Roi Mohammed VI félicite William Samoei Ruto pour son élection en tant que 5ème président de la République du Kenya et salue l’achèvement réussi des élections démocratiques dans le pays en août 2022, soulignant que ces échéances consolident la position du Kenya en tant que pays phare en matière de démocratie au niveau du continent.

Le Souverain salue en outre la promesse du président kényan de renforcer et d’approfondir les relations bilatérales actuelles entre son pays et divers États d’Afrique et d’ailleurs.

Pour sa part, William Ruto a exprimé sa volonté et son engagement à travailler avec le souverain pour le renforcement des relations entre les deux pays, saluant le leadership du Roi Mohammed VI dans la promotion de politiques de tolérance et d’accommodement au niveau de la région du Maghreb, ainsi que Sa contribution à la paix et à la sécurité mondiales.

Les deux pays se sont engagés à hisser leurs relations diplomatiques bilatérales au niveau de partenariat stratégique dans les 6 prochains mois, souligne le communiqué, ajoutant que la République du Kenya s’est engagée à ouvrir son Ambassade à Rabat.

De même, il a été convenu d’accélérer immédiatement les relations économiques, commerciales et sociales entre les deux pays, notamment dans les domaines de la pêche et de l’agriculture et la sécurité alimentaire (importation d’engrais).

Il s’agit également des domaines de la santé, du tourisme, des énergies renouvelables, de la collaboration en matière de sécurité, ainsi que des échanges culturels, religieux et interpersonnels.

Le message Royal a été remis par une délégation conduite par le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, M. Nasser Bourita.

Al Ahdath Al Maghribia : Bourita et Akhannouch représenteront le Maroc au Sommet arabe d’Alger

Al Ahdath Al Maghribia met fin au suspens au sujet de la participation du Maroc au 31e sommet de la Ligue arabe, prévu les 1er et 2 novembre prochain à Alger. Citant une source autorisée ayant requis l’anonymat, le quotidien arabophone confirme la participation du Royaume avec une délégation de haut niveau présidée par le Chef du Gouvernement Aziz Akhannouch et le Chef de la diplomatie Nasser Bourita. Jeune Afrique avait annoncé ce lundi que le Roi Mohammed VI en personne prendrait part personnellement à ce sommet.

Bourita annonce la tenue à Dakhla d’un forum Maroc-Communauté des Caraïbes fin 2022

La ville de Dakhla abritera, avant la fin de l’année, le forum Maroc-Communauté des Caraïbes (CARICOM), a annoncé mercredi à Rabat, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita.

MAP

Ce forum, qui réunira le Maroc et les 14 pays de la CARICOM, devra constituer un cadre d’échange sur les domaines de la coopération régionale et le renforcement de la coordination entre ces pays, a affirmé Bourita lors d’un point de presse conjoint avec le ministre des Affaires étrangères, du Commerce et de la Coopération internationale du Suriname, Albert Ramdin.

Il a assuré que le Maroc est fier de voir la République du Suriname présider la CARICOM à partir de juillet prochain, émettant l’espoir de voir la présidence par le Suriname de ce forum marquer un nouveau palier dans la coopération entre le Royaume du Maroc et ce groupement régional.

Le ministre a souligné que l’ouverture jeudi à Dakhla d’un consulat général du Suriname, qui traduit la position constante de ce pays à l’égard de la question de l’intégrité territoriale du Royaume, s’inscrit dans le cadre de la dynamique importante que connaissent les relations entre le Maroc et les pays de la région des Caraïbes.

Bourita a rappelé que jusqu’en 2009 l’ensemble des 14 pays des Caraïbes reconnaissaient la république fantomatique, à l’exception des Bahamas qui soutenaient l’intégrité territoriale du Royaume, précisant que 12 des 14 pays de ce groupement ont aujourd’hui changé leur position en faveur de l’intégrité territoriale du Maroc et de sa souveraineté sur ses provinces du Sud, grâce aux hautes instructions du Roi Mohammed VI soulignant l’impératif de renforcer la coopération avec les Etats des Caraïbes et à la mobilisation de tous les mécanismes nationaux de la coopération Sud-Sud que le Souverain n’a cessé de réaffirmer.

Et de conclure que tous les éléments sont désormais réunis pour créer un partenariat fort entre le Maroc et l’ensemble des pays des Caraïbes dans le cadre de la CARICOM.

Le Roi Mohammed VI reçoit le Président du Gouvernement Espagnol Pedro Sanchez

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Le Roi Mohammed VI a reçu ce jeudi, au Palais Royal de Rabat, Pedro Sanchez, Président du Gouvernement Espagnol, qui effectue, à l’invitation du Souverain, une visite au Maroc dans le cadre d’une nouvelle étape de partenariat entre les Royaumes du Maroc et d’Espagne, indique un communiqué du Cabinet royal.

Cette audience, qui s’inscrit dans le prolongement de l’entretien téléphonique intervenu le 31 mars entre le Roi Mohammed VI et le Président du Gouvernement Espagnol, vient en concrétisation de la lettre adressée le 14 mars par Monsieur Pedro Sanchez au Roi dans laquelle le Gouvernement espagnol s’engage à inaugurer une nouvelle phase dans les relations entre les deux Royaumes, basée sur la transparence et le respect mutuel.

Cette nouvelle dynamique se veut un écho à l’appel du Roi Mohammed VI lors du Discours du 20 août 2021 à inaugurer une étape inédite dans les relations entre les deux pays.

Au cours de cette audience, Pedro Sanchez, a tenu à réaffirmer la position de l’Espagne sur le dossier du Sahara, considérant l’initiative marocaine d’autonomie comme la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour la résolution du différend.

A cette occasion, le Roi Mohammed VI et le Président du Gouvernement Espagnol ont réitéré la volonté d’ouvrir une nouvelle étape dans les relations entre les deux pays, fondée sur le respect mutuel, la confiance réciproque, la concertation permanente et la coopération franche et loyale.

À cet égard, il a été notamment convenu la mise en œuvre d’actions concrètes dans le cadre d’une feuille de route couvrant l’ensemble des domaines du partenariat, intégrant toutes les questions d’intérêt commun.

Par ailleurs, l’audience accordée au Chef de l’exécutif espagnol a été l’occasion de passer en revue les différents volets d’intérêt commun dans leurs composantes politique, économique, sécuritaire et culturelle. Les questions régionales et internationales ont également été au menu de ces entretiens.

Ont assisté à cette audience du côté espagnol, le ministre des Affaires étrangères, de l’Union Européenne et de la Coopération, José Manuel Albares, l’ambassadeur d’Espagne à Rabat, M. Ricardo Diez-Hochleitner, et du côté marocain, le Conseiller du Roi, M. Fouad Ali El Himma, le Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, M. Nasser Bourita, et l’ambassadeur de SM le Roi à Madrid, Mme Karima Benyaich.

Édito évènement de Khalil Hachimi Idrissi : «la guerre d’Ukraine est l’expression crue de l’incapacité de l’Occident à inclure la Russie dans leur schéma sécuritaire»

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C’est la première fois depuis l’invasion russe en Ukraine, qu’un officiel explique en toute clarté la position du Royaume vis-à-vis ce conflit. C’est Khalil Hachimi Idrissi, patron de l’agence de presse nationale, qui s’est prêté à l’exercice dans un édito paru sur son mensuel «BAB». Sans détour, l’éditorialiste se prononce pour le dialogue. Une négociation globale et sérieuse qui inclurait entre autres la neutralité de l’Ukraine et l’étude de «l’autonomie de toutes les minorités». Et tout en prenant le soin de ne pas reprendre les mêmes mots du président français, Emmanuel Macron, Hachimi Idrissi qualifie l’OTAN d’«organisation d’un autre âge, voire quasi obsolète». Rien que ça!

Tous ceux qui connaissent Khalil Hachimi Idrissi savent pertinemment, que l’homme dispose d’une bonne maitrise de sa plume et de ses mots. Quand il s’agit du stratégique, il sait quoi écrire, comment et quand.

Connaissant l’impact du papier, KHI a choisi de prendre la parole au sujet du conflit en Ukraine sur son mensuel BAB, distribué à toutes les chancelleries et aux sièges de tous les décideurs politiques et économiques du pays. Le moment est grave, la situation est confuse et les mots et le ton de l’éditorialiste ne manqueront pas de solennité et de clarté.

Hachimi Idrissi fait le choix d’un tire consensuel : «Une paix immédiate». D’emblée, il ne veut pas éliminer les réfractaires des deux camps belligérants et de leurs «fans» respectifs. Puis, il décide de ce mouiller en se prononçant au nom de la position marocaine. «La seule solution possible au conflit ukrainien est comme la position marocaine l’a signifié par deux fois, dans la clarté, est dans le dialogue, la diplomatie, la négociation et le respect de l’intégrité territoriale des nations», a-t-il souligné.

Ensuite, avant d’attaquer le plat de résistance, il fait valoir l’horreur de la guerre, devenue malheureusement un contenu de propagande entre les mains de l’occident alimentant davantage les démons de la violence.

«Cette guerre doit s’arrêter impérativement. Trop de victimes innocentes. Trop de réfugiés. Trop de malheur. Trop de souffrance. Et trop de violence illégitime contre des civils démunis», s’est-il ému.

Ecouter les minorités du Donbass et considérer les besoins de sécurité de Poutine

Alors que Joe Biden et son administration s’acharnent à vouloir imposer une fragilité sécuritaire à la Russie en ne laissant aucun choix aux pays européens, Khalil Hachimi Idrissi s’y inscrit en faux en appelant à un dialogue ouvert aux doléances de Poutine pour éviter le danger d’une troisième guerre mondiale.

«Si le chemin de la paix immédiate passe par une meilleure prise en considération des besoins de sécurité de la Russie par les Européens et l’OTAN, il faut passer par là» a-t-il souligné. Et d’ajouter «Si le chemin de la paix immédiate passe par une neutralité – à inventer – de l’Ukraine dans ses frontières intègres et reconnues, il faut passer par là». Il s’agit de l’une des demandes qu’exige le président russe pour mettre la fin à son «opération spéciale».

«Si les chemins de la paix immédiate passent par un meilleur respect des droits culturels. Une autonomie, de toutes les minorités, il faut, aussi, passer par là», insiste-t-il en faisant allusion à l’autonomie des minorités du Donbass pro-russe, Donetsk et Louhansk.

Il faut se mettre autour d’une table et démarrer une vraie négociation globale et sérieuse sur la sécurité des uns et des autres qui éloignerait le danger d’une troisième guerre mondiale et le spectre d’un affrontement nucléaire généralisé, poursuit-il.

La mort cérébrale de l’OTAN

Par ailleurs, Khalil Hachimi Idrissi pointe du doigt l’impuissance de l’Union européenne à se mettre d’accord sur une politique de défense commune indépendante du diktat de l’OTAN qui inclurait la Russie.

«La guerre d’Ukraine est l’expression crue de l’incapacité des Occidentaux à trouver un nouveau paradigme sécuritaire en Europe qui inclurait la Russie et la rassurerait sur sa sécurité nationale», a-t-il affirmé.

Bien au contraire, explique-t-il, l’OTAN – une organisation d’un autre âge, voire quasi obsolète – a continué à justifier son existence en empêchant le Vieux Continent de se doter d’une défense indépendante, efficiente et autonome, et en antagonisant la Russie en absorbant avec gourmandise presque tous les ex-pays satellites de l’URSS.

L’Ukraine le «proxy» des «vrais» protagonistes

Khalil Hachimi Idrissi ne va pas y aller de main morte pour décrire les postures des occidentaux dans le conflit ukrainien.

«Ce qui devait arriver arriva. De reniements en impostures, de coups tordus en coups de Jarnac, l’Ours russe, quand il a repris quelques forces, s’est rebiffé», estime-t-il.

Pour le patron de la MAP, les européens sont des procrastinateurs chroniques, lents, hésitants et tatoueurs. L’OTAN quand à elle fanfaronne , bluffe et vantardise, tandis que à Joe Biden, il ne fait que pétitionner.

Dans sa lancée, Khalil Hachimi Idrissi fait allusion, à demi-mot, sur le fait que l’Europe n’est finalement que le terrain de guerre entre les «véritables» protagonistes : l’alliance anglo-saxonne et l’héritier de l’URSS.

«Si rien ne justifie l’invasion de l’Ukraine par la Russie, ni les atermoiements de l’Europe, ni les rodomontades de l’OTAN, ni les pétitions de principes de l’Américain Joe Biden, cette guerre, dont les vrais protagonistes utilisent un «proxie» – l’Ukraine en l’occurrence – pour en découdre, est condamnable, comme toute guerre par ailleurs», soutient-il.

Se battre jusqu’au dernier Ukrainien vivant

La folle escalade soutenue par l’alliance anglo-saxonne et porté par l’homme de spectacle, Volodymyr Zelensky, fait fi de l’avenir de l’Ukraine et de la vie des ukrainiens. L’opinion occidentale quand a elle se planque derrières TikTok, Instagram et Twitter sans aucune conscience des horreurs de la guerre dont la responsabilité est autant partagée entre les russes et les européens.

«Personne en Occident n’est capable de mourir pour les Ukrainiens. Ou plutôt, ils sont prêts à se battre jusqu’au dernier Ukrainien vivant. Mais cela ne le fait pas, comme on dit aujourd’hui», fait observer l’éditorialiste, assurant que «personne ne veut la destruction totale de ce pays et l’épuration cynique et criminelle de ses citoyens».

Pour M. Hachimi Idrissi, «tout le monde sait qu’une victoire russe serait fatalement une victoire à la Pyrrhus. Dramatique et dérisoire».

Décrédibilisé, Akhannouch cède sa place à Bourita pour rassurer les acteurs économiques

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Fait inédit dans l’histoire du Maroc moderne. Le Chef de la diplomatie se réunit avec les acteurs économiques du pays pour les écouter, les rassurer et leur proposer des solutions pour faire face à la conjoncture actuelle! Discrédit total du Chef de gouvernement Aziz Akhannouch devenu en seulement 6 mois partie intégrante de la crise sociale-économique sévère dont fait face le Royaume.

C’est une dépêche de la MAP qui restera gravée dans l’histoire du pays. Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération Africaine et des Marocains Résidant à l’Etranger, Nasser Bourita, et la ministre de l’Economie et des Finances, Nadia Fettah Alaoui, ont présidé, jeudi à Rabat, une réunion de travail avec :

  • Bank Al-Maghrib,
  • Tamwilcom,
  • Office des Changes
  • Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM)
  • Groupement Professionnel des Banques du Maroc (GPBM)

L’objet de cette réunion de Nasser Bourita avec les représentants du secteur privé et financier du pays, comme l’a défini la dépêche de la MAP est de :

  1. Prendre connaissance de la situation économique et financière nationale,
  2. Examiner les impacts potentiels de la crise ukrainienne sur l’économie marocaine,
  3. Proposer des solutions aux opérateurs économiques pour faire face à la conjoncture actuelle.

Le tact et la rigueur de Nasser Bourita ont été déterminant dans la réussite de cette concertation avec un écosystème économique et financier qui navigue à vue en raison de l’inertie et la torpeur du Chef du gouvernement Aziz Akhannouch. D’autant plus que ce dernier est un acteur économique majeur du Maroc et pas n’importe lequel. Il est le premier fournisseur des hydrocarbures du pays, secteur sous tension depuis des mois et source des risques d’inflations et de baisse de pouvoir d’achat des marocains. Il est de facto un boulet à tout dialogue gouvernemental avec le tissu économique, car il en sera juge et partie.

La communication maitrisée de Nasser Bourita et sa crédibilité auprès des citoyens ainsi que le sérieux de Nadia Fettah ont rassuré les opérateurs économiques qui ont demandé à ce que ce cadre de concertation soit maintenu. A ce titre, Bourita s’est engagé pour en apporter l’appui du ministère des Affaires étrangères de la Coopération Africaine et des Marocains Résidant à l’Etranger.

Décisions actées

Eu égard aux résultats favorables réalisés dans le cadre de la mise en œuvre des programmes d’appui au financement des entreprises, notamment les dispositifs covid-19, et afin de renforcer l’appui au financement du cycle d’exploitation et la relance de l’investissement des entreprises, il a été décidé à l’issue de cette rencontre de relever les plafonds de garantie au titre de l’offre classique «Tamwilcom» afin d’augmenter le potentiel d’offre de crédits de trésorerie et de rééchelonner les crédits «Oxygène et relance» pour une durée pouvant atteindre 3 ans.

Ukraine, Sahara et Droits de l’homme : Wendy Sherman la «Renarde Argentée» confronte Nasser Bourita le «Lion de l’Atlas»

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Wendy Sherman, alias «Silver Fox» (la renarde argentée), l’une des diplomates les plus puissantes du monde a rencontré ce mardi à Rabat le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita. Notre «Lion de l’Atlas» le bien nommé, savait que l’administration Biden a envoyé son négociateur le plus expérimenté pour démêler la position de neutralité assumée de Rabat au sujet de la crise en Ukraine. La «confrontation» s’est couronnée par un communiqué conjoint davantage favorable au Maroc. Sherman a imposé la question des droits de l’homme en haut du pavé et Bourita a arraché pour sa part, le rappel de la déclaration tripartite incluant Israël, signée le 22 décembre 2020. Le «Lion de l’Atlas» arrive même à reléguer la question ukrainienne à la toute dernière place, bien après celle du Sahel et de la Libye.

Wendy Sherman, 72 ans, est la deuxième diplomate d’importance des États-Unis. Son voyage au Maroc est considéré comme la visite officielle du plus haut niveau effectuée par un responsable américain à Rabat depuis plusieurs mois.

Connue à Washington pour ses manières acerbes, Mme. Sherman a traité à plusieurs reprises des sujets des plus difficiles. La diplomate a habilement géré des situations de crise pendant trois décennies. Elle a conclu des accords avec la Corée du Nord pendant l’ère Bill Clinton, et a dirigé les négociations nucléaires avec l’Iran sous la présidence de Barack Obama en 2011.

Surnommée la «Silver Fox» – Renarde Argentée-, en raison de sa chevelure grise acier et de sa capacité à arracher des concessions, Wendy Sherman a contribué à la conclusion d’un accord nucléaire historique en 2015 entre Téhéran et les États membres du P5 + 1, à savoir les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Chine, la Russie et l’Allemagne.

Et c’est elle que Joe Biden a chargé en janvier 2022 pour négocier avec les Russes dans l’objectif de dissuader Poutine de ne pas envahir l’Ukraine.

La «Renarde Argentée» : le Joker de la diplomatie américaine

Le surnom de Wendy Sherman lui vient des Iraniens avec qui elle a passé de longues heures de négociations. Ils ont commencé à l’appeler «la Renarde» en raison de son approche malicieuse durant les pourparlers.

Son teint pâle, ses cheveux gris acier coupés en brosse et son allure toujours soignée en dépit de la nature exténuante des négociations, ont fini par convaincre ses collègues du département d’État américain d’adopter le surnom des iraniens auquel ils ont ajouté «Argentée». Ils étaient tellement fascinée par elle qu’ils ont commencé à porter durant les réunions de négociation des tee-shirts sur lesquels était marqué le qualificatif : «Silver Fox».

«Ses collègues l’observent avec admiration, et parfois avec un peu de crainte, lorsqu’elle s’engage dans les discussions internationales», écrit la BBC.

«Elle est rapide et très intense », affirme l’ancien ambassadeur des États-Unis en Turquie, James Jeffrey.

La carrière de diplomate de Wendy Sherman n’était pas par choix. Au tout début de sa carrière professionnelle, elle a été militante, travaillant comme assistante sociale à Baltimore, oeuvrant à rendre les logements abordables aux moins aisés.

Quelques années plus tard, la secrétaire d’État Hilary Clinton, avec l’accord du président Barack Obama, l’a nomme sous-secrétaire d’État aux affaires politiques, devenant ainsi la première femme à occuper ce poste.

Ce parcours, combiné à sa forte implication dans le processus de négociation de l’accord nucléaire de 2015 avec l’Iran, a fait d’elle l’objet d’une forte suspicion de la part des républicains. Toutefois, son expérience et son sang-froid les ont suffisamment convaincu pour qu’elle soit confirmée par le Sénat au poste de secrétaire d’État adjointe, par 56 voix contre 42.

La «Silver Fox» face au «Lion de l’Atlas» : un combat sérré

Nasser Bourita peut désormais se targuer d’avoir eu affaire dans sa carrière de diplomate et dans un contexte de guerre mondiale à une légende : Wendy Sherman, la négociatrice américaine inflexible et sans état d’âme.

Le Chef de la diplomatie marocaine savait à quoi s’attendre mais contrairement aux apparences, il était loin d’être dans une position de faiblesse.

En effet, L’invasion de l’Ukraine par la Russie a apporté une certaine clarté aux réalignements régionaux et aux partenariats stratégiques en Afrique du Nord, en Europe et au Moyen-Orient.

La crise a en effet révélé au grand jour, l’évolution intéressante des relations entre les États-Unis, d’une part, et le Maroc, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Israël d’autre part.

«Après quatorze jours d’affrontements militaires en Ukraine, une chose est devenue claire : les partenaires de Washington en Afrique du Nord et au Moyen-Orient sont de plus en plus confiants dans leur volonté d’adopter une ligne de conduite indépendante, sans lien avec Washington – et sans doute en la défiant – et en coordination les uns avec les autres» affirme le politologue Thanassis Cambanis.

Cette divergence s’est manifestée surtout par le refus des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole Plus, OPEP+, d’augmenter rapidement leur production de pétrole dans un contexte de hausse des prix des carburants, malgré la pression exercée par l’administration sur l’Arabie saoudite. Ce grand pays arabe, premier producteur de pétrole dans le monde va faire encore mieux. Son dirigeant de facto Mohammed ben Salmane ira jusqu’à explicitement menacer de réduire les investissements de son pays aux États-unis au profit de la Chine.

Depuis son élection, Joe Biden a tout fait pour mettre sur la touche les princes héritiers MBS et MBZ. En contrepartie il n’a cessé de valoriser l’émir du Qatar en lui confiant la gestion du dossier des Talibans puis en le consacrant du statut d’«Allié majeur de l’OTAN». Le président américain l’a aussi désigné comme «backup» officiel de l’approvisionnement du gaz pour l’Europe en cas de guerre en Ukraine.

La même divergence s’est également manifestée par un double refus d’Israël de demandes persistantes de la Maison Blanche. Le premier refus a concerné le soutien du projet de résolution américain contre la Russie au Conseil de Sécurité de l’ONU. Le second est le refus catégorique de Tel Aviv de l’envoi des batteries du système de défense «Dôme de Fer» en Ukraine. Une décision justifiée par la crainte que ce transfert ne nuise aux relations d’Israël avec la Russie.

Il est à rappeler que les Russes d’Israël forment la plus grande communauté juive du pays, soit plus de 25% de la population.

Le Pakistan a brillé davantage dans sa défiance à Joe Biden avec la visite officielle qu’a entrepris au Kremlin son premier ministre Imran Khan, le jour même de l’invasion de l’Ukraine. Khan a rencontré simultanément, Vladimir Poutine et le leader tchétchène Ramzan Kadyrov.

Enfin, plusieurs États de la région y compris le Maroc se sont abstenus de voter la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies condamnant l’invasion russe, au grand dam de la Maison Blanche.

En parallèle de cette résistance contre le diktat américain, l’Arabie saoudite a voté en faveur de la résolution de l’ONU condamnant l’invasion russe, tandis qu’Israël s’est impliqué fortement dans un rôle de médiation entre l’Ukraine et la Russie. Au point que le très pratiquant Naftali Bennett a dû transgresser Shabbat pour s’envoler secrètement à Moscou, où il a passé trois heures avec Poutine, sans prendre l’avis des États-unis.

Ces démarches d’apparence incohérentes, soulignent le fait que les gouvernements du Moyen-Orient ne se considèrent plus comme des partenaires subalternes des États-Unis et ne se sentent plus obligés, comme ils l’ont peut-être fait par le passé, de suivre les directives de Washington dans une crise majeure de sécurité internationale.

L’indépendance d’Israël en matière de politique étrangère devenait palpable durant les dernières années de Benjamin Netanyahu. Par contre, la position du Maroc et certains membres du CCG par rapport à la guerre en Ukraine est un fait tout à fait nouveau. Cela suggère l’émergence d’un nouveau niveau de confiance et d’autonomie par rapport aux États-Unis, en dépit du fait que Washington reste la garante de la sécurité de la région.

La posture de ces pays est d’ailleurs compréhensible, compte tenu de la décision des administrations américaines, depuis Obama de se retirer du Moyen-Orient. Du coup, le Maroc, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Israël ont intérêt à maintenir de bonnes relations diplomatiques, économiques et militaires avec la Russie.

Rabat, à l’image de ses alliés dans la région ne cherche par à abandonner complètement les liens avec Washington, mais plutôt de les équilibrer en nouant des relations solides avec d’autres puissances qui exercent une influence considérable sur les questions économiques et de sécurité régionales, comme la Russie, mais aussi la Chine. Deux pays qui ont d’ailleurs massivement investi en présence économique et militaire en Afrique subsaharienne, prolongement naturel du Royaume.

A la lumière de ces éléments, on cerne mieux les raisons qui ont poussé l’administration américaine, qui refuse de nommer un ambassadeur au Maroc depuis le départ de Dwight Bush en 2017, à dépêcher une diplomate de la trempe de Wendy Sherman.

Trois communiqués, trois nuances !

Si le cadre officiel de la rencontre entre notre «Lion de l’Atlas» et la «Renarde Argentée» est le «Dialogue stratégique Maroc-USA», la déclaration du porte-parole du département d’Etat américain Ned Price nous fait prendre conscience que la machine diplomatique américaine n’a qu’une seule urgence en ce moment : «l’Ukraine».

Dans son point de presse qui a suivi la rencontre entre les diplomates des deux pays, Ned Price a hiérarchisé les points discutés entre les deux parties en fonction des priorités de son ministère :

  1. Les moyens de renforcer davantage les relations bilatérales de longue date entre les États-Unis et le Maroc, y compris les intérêts communs en matière de paix, de sécurité et de prospérité régionales;
  2. Les développements internationaux, y compris «la guerre préméditée, non provoquée et injustifiée» de Poutine contre l’Ukraine;
  3. Le ferme soutien des deux parties à l’envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies, Staffan de Mistura, qui cherche à redynamiser le processus politique pour le «Sahara occidental», dirigé par les Nations Unies;
  4. Le plan d’autonomie du Maroc est considéré comme sérieux, crédible et réaliste, et comme une approche potentielle pour satisfaire les aspirations du «peuple du Sahara occidental»;
  5. L’importance de la protection des droits de l’homme, y compris la liberté d’expression, en s’appuyant sur le dialogue productif entre les États-Unis et le Maroc sur les droits de l’homme de septembre 2021.

Notons que sur le communiqué conjoint approuvé par Bourita et Sherman, «la guerre en Ukraine» n’était cité qu’en fin du document et le qualificatif «la guerre préméditée, non provoquée et injustifiée» n’y figurait pas du tout.

De plus, l’appellation «Sahara Occidentale» que Price a répété deux fois, elle n’a été cité qu’une seule fois dans la version en anglais du communiqué, publié aussi bien sur le site du département d’Etat américain que celui du ministère des affaires étrangères marocain.

Sur les versions française et arabe du communiqué, l’appellation «Sahara Occidentale» y est absente et la précision «consacrant la reconnaissance américaine de la pleine souveraineté du Royaume sur son Sahara» a été ajoutée dans le paragraphe réservé au rappel de l’accord tripartite avec Israël.

Opération de charme de la «Silver Fox»

Faisant honneur à sa réputation de consacrer une attention méticuleuse aux détails, la «Silver Fox» a bien préparé son voyage au Maroc. Son arrivée, coïncidant avec la journée internationale de la femme, elle charge l’ambassade au Maroc de lui trouver une occasion de prise de parole sur le sujet.

David Green, Chargé d’Affaires à la mission diplomatique, sponsorise un évènement de l’Association des Femmes chefs d’Entreprises du Maroc, AFEM, célébrant la journée du 8 mars. Mme Sherman en sera l’invitée d’honneur.

Arrivée à la conférence au Hyatt Regency vers 17h30, Wendy Ruth Sherman a été accueillie par la Ministre de la Solidarité, de l’Insertion Sociale et de la Famille Awatif Hayar, puis s’est fondue dans la masse des invités en toute simplicité et sans un dispositif protocolaire lourd.

Assise entre David Green et de Leila Doukali, présidente de l’AFEM, M. Sherman a patiemment écouté le discours «plat» de Mme Hayar avant de monter sur scène.

Après avoir constaté l’absence de la première maire femme de la ville de Casablanca, Nabila Rmili (occupée au Lycée français Lyautey), la «Silver Fox» entame son allocution par l’inévitable sujet :«l’Ukraine». Les éléments de langage sont verrouillés et pour le storytelling elle n’avait qu’à répéter celui d’Antony Blinken prononcé le jour même en Estonie.

«Je veux me faire l’écho de ce que le secrétaire d’État Tony Blinken a dit plus tôt dans la journée en Estonie, à savoir qu’en cette Journée internationale de la femme, j’ai pour ma part, et je suis sûr que vous tous, une pensée pour les femmes d’Ukraine», a-t-elle dit.

Plus de 1,7 million d’Ukrainiens, poursuit-elle, principalement des femmes et des enfants, ont fui la guerre que Vladimir Poutine a déclenchée dans leur pays, laissant souvent leurs maris derrière eux pour combattre.

Puis elle enfonce le clou : «Les femmes ukrainiennes accouchent dans des stations de métro transformées en abris anti-bombes. Elles s’occupent d’enfants atteints de cancer dans les sous-sols d’hôpitaux pour se protéger des missiles. Elles prennent les armes aux côtés des hommes ukrainiens pour lutter pour leur démocratie et défendre leur patrie. Les femmes d’Ukraine, comme vous toutes, incarnent la force, la résilience et le courage intrépide des femmes du monde entier – et nos cœurs sont avec elles aujourd’hui et chaque jour».

Maniant le bâton et la carotte, Wendy Sherman ne va pas se montrer tendre avec la situation de la femme marocaine dans la vie active, avant de proposer l’aide de son pays.

«(…) Cependant, malgré ces progrès (la Moudawana, constitution 2011, législation contre la violence envers la femme, ndlr), le pourcentage de femmes marocaines dans la population active reste assez faible, l’un des plus bas au monde – et il est en fait plus bas qu’il y a vingt ans» a-t-elle souligné.

La responsable américaine s’appuiera sur les recommandations du NMD pour annoncer l’engagement de son pays à accompagner le Maroc dans ses objectifs d’autonomisation des femmes.

«Le Nouveau modèle de développement du Maroc – une priorité du roi Mohammed VI – a placé l’augmentation de la participation des femmes à l’économie au premier plan de la stratégie de croissance économique du Maroc. Les États-Unis veulent aider le Maroc à atteindre son objectif de porter la participation des femmes à la main-d’œuvre à 45 % en 2035, contre 22 % aujourd’hui. Nous sommes fiers d’être un partenaire du Maroc et des femmes marocaines en faisant progresser les opportunités économiques des femmes et en soutenant les femmes entrepreneurs, notamment par le biais du programme POWER du Département d’Etat». a-t-elle déclaré.

Un proche de Wendy Ruth Sherman l’a décrite sur les colonnes du Time, comme suit : «La rationalité règne dans le monde de Wendy Sherman. La secrétaire d’État adjointe examine le terrain et les acteurs, pèse le bâton et la carotte, les compromis et les conséquences, puis fait le meilleur choix dans son propre intérêt. Le sentimentalisme et la nostalgie ne sont pas pour elle».

Vladimir Poutine remercie le Maroc pour sa neutralité à l’ONU

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La non-participation du Maroc au vote à l’Assemblée générale de l’ONU au sujet de la crise russo-ukrainienne a pris de court tant l’opinion publique que les observateurs internationaux. Contre toute attente, cette décision a été accueillie avec satisfaction par le peuple marocain mais également par une opinion arabe, éreintée par les guerres qui ont meurtri la «Oumma» depuis les années 90.

Rabat va s’engager davantage dans l’expression de la souveraineté de sa décision en entreprenant l’augmentation des dessertes Casablanca-Moscou. Au moment où le monde occidental ferme son espace aérien aux citoyens russes et à leurs compagnies aériennes. Cette position, pragmatique, pacifiste et neutre n’a pas échappée à Vladimir Poutine qui selon les informations de Maghreb Intelligence à envoyer un message de remerciement aux autorités marocaines.

«La non-participation du Maroc au vote à l’Assemblée générale de l’ONU au sujet de la crise russo-ukrainienne est une décision souveraine, qui ne peut être interprétée comme un désalignement stratégique ou comme une position contre le droit international et l’intégrité territoriale des Etats», a déclaré Nasser Bourita dans un communiqué publié juste après la clôture de l’AG le mercredi 2 mars 2022.

Ce communiqué a eu l’effet d’une bombe au Maroc. L’opinion publique est habituée au rôle du bon élève du pays au sein des instances internationales. Se positionner en dehors de la communauté internationale occidentale est un évènement inédit, ou presque. En effet, avec du recul cette posture du Maroc est tout à faut cohérente avec la stratégie disruptive de la diplomatie marocaine adoptée ces deux dernières années.

Le Maroc ne fait plus dans l’hypocrisie. Il suit une politique étrangère moins complaisante et plus conforme à ses intérêts. Surtout que les changements de fond que connait l’ordre mondial a rendu les alliés et partenaires historiques du Royaume en état de constante fébrilité. D’ailleurs dans ce conflit qui a éclaté le 24 février dernier en Ukraine, il est malheureux de constater que l’hypocrisie et le double langage brouillent davantage la terrible réalité de la guerre.

D’une part nous avons les Etats-unis et le Royaume-uni qui continuent de s’approvisionner en gaz russe au même moment où ils ont tout fait pour le bloquer en Europe et ailleurs. Tandis que Washington oublie tout le mal qu’elle pense du Venezuela et Cuba et profite de la crise en Russie pour reprendre discrètement les relations avec les deux pays.

La France quand à elle se positionne en leader de l’Union européenne et soutient et encourage toutes les sanctions contre Moscou. Mais dans les coulisses, c’est un autre langage qui prévaut, celui des intérêts économiques et diplomatique. Vendredi dernier, Emmanuel Macron s’est réuni avec les principaux groupes français pour «leur recommander» de ne pas se précipiter à se désengager de Russie.

Israël et les E.A.U ont voté en faveur de la résolution américaine condamnant l’invasion russe mais dans les faits ils maintiennent leurs relations intactes avec Poutine. Yair Lapid, ministre des affaires étrangères israélien a informé Moscou de sa décision de voter pour la résolution onusienne et a demandé au Kremlin de ne pas en tenir rigueur. Et Dubai constitue actuellement le point central de la connexion aérienne de la Russie avec le monde occidental.

La neutralité du Maroc se démarque de cette cette hypocrisie ambiante. Une position contrée par une opinion publique très favorable. Les qualificatifs de cette décision dans les discussions privés, les réactions sur les réseaux sociaux et les articles de presse vont de courageuse à sage et satisfaisante.

59% de la planète n’a pas voté pour la résolution américaine contre la Russie

Cinquante six (56) pays n’ont pas voté le mercredi 2 mars 2022 à l’Assemblée générale des Nations-Unies en faveur de la résolution américaine condamnant l’invasion russe de l’Ukraine.

50% de ces pays sont africains, 38% asiatiques, 10% d’Amérique du Sud et 2% d’Europe de l’Est.

Pas votéVoté contreAbstenus
1. Azerbaijan1. Biélorussie1. Algérie
2. Burkina Faso2. Corée du Nord2. Angola
3. Cameroun3. Érythrée3. Arménie
4. Eswatini4. Russie4. Bangladesh
5. Ethiopie5. Syrie5. Bolivie
6. Guinée6. Burundi
12. Guinée Bissau7. Centrafrique
13. Maroc8. Chine
14. Togo9. Congo
15. Turkmenistan10. Cuba
16. Uzbekistan11. Salvador
17. Venezuela12. Guinée équatoriale
13. Inde
14. Iran
15. Iraq
16. Kazakhstan
17. Kirghizistan
18. Laos
19. Madagascar
20. Mali
21. Mongolie
22. Mozambique
23. Namibie
24. Nicaragua
25. Pakistan
26. Sénégal
27. Afrique du Sud
28. Soudan du Sud
29. Sri Lanka
29. Soudan
30. Tajikistan
31. Uganda
32. Tanzanie
33. Vietnam
34. Zimbabwe

Quand on pondère ces 56 pays par rapport à leur poids démographique, on réalise que 59% des populations de la planète n’a pas voté pour la résolution américaine. Si on rajoute ceux qui ont voté uniquement en «demoiselles d’honneur», le nombre de citoyens du monde qui n’ont pas souhaité suivre la pression américaine dans sa lutte d’influence avec la Russie en Europe, atteindrait les 70% de la planète.

Poutine félicite discrètement Rabat

Selon les sources de Maghreb-Intelligence, Vladimir Poutine n’a pas attendu longtemps pour exprimer sa satisfaction quant à la neutralité du Maroc lors du vote à l’AG de l’ONU. Il a ainsi adressé un message de remerciements aux autorités marocaines par les canaux diplomatiques. Un échange tenu secret jusqu’à ce jour.

«Ce message de remerciement n’a pas été officialisé, ni par Moscou, ni par Rabat» précise le journal électronique.

Rappelons que le Maroc à travers son ministère des affaires étrangères a exprimé ses regrets suite à l’escalade militaire qui a fait des centaines de morts et des milliers de blessés et qui a causé des souffrances humaines des deux côtés.

Le Maroc, Israel, l’Arabie saoudite, les EAU, l’Irak et le Koweït appellent leurs ressortissants à quitter l’Ukraine

L’Ambassade du du Maroc à Kiev a recommandé samedi aux citoyens marocains se trouvant en Ukraine de quitter le pays pour leur sécurité via les vols commerciaux disponibles. La mise en garde du Maroc vient plusieurs heures après celles des Émirats arabes unis, d’Israël, d’Arabie saoudite, d’Irak et du Koweït de quitter l’Ukraine immédiatement.

Vers 17h00 heure marocaine, l’agence de presse MAP a publié un communiqué de l’Ambassade du Royaume du Maroc à Kiev qui «recommande» aux citoyens marocains se trouvant en Ukraine de quitter le pays pour leur sécurité via les vols commerciaux disponibles. Des numéros de téléphones ont été mis à à disposition de tous les marocains se trouvant dans ce pays de l’Europe de l’Est que la Russie risque d’envahir à n’importe quel moment.

L’Ambassade appelle également les citoyens marocains désireux de se rendre en Ukraine à reporter leur voyage à l’heure actuelle, selon la même source.

SI le Maroc s’est contenté de diffuser un communiqué laconique, Israël a pris la menace russe très au sérieux en tenant ce samedi une réunion présidée par le premier ministre à laquelle ont participé le Chef de la diplomatie et les Chefs de la sécurité nationale et intérieur. Ce comité de crise a décidé d’organiser les conditions de rapatriement des diplomates mais également des israéliens présents en Ukraine. Ainsi, la compagnie aérienne Arkia a été mobilisée pour programmer des vols spéciaux, et un renfort de fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères ont été envoyé en renfort au consulat de Kiev pour gérer le flux des demandes de documents de voyage en Israël.

Par ailleurs, les Émirats arabes unis ont été les premiers à appeler ses ressortissants à quitter l’Ukraine immédiatement, suivi par l’Irak, le Koweït et l’Arabie saoudite.

Irina et Touhfa attisent «les feux du désamour» entre Biden et MBZ devant notre porte

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Le 17 janvier dernier, Abu Dhabi fut le théâtre d’une attaque par drones des rebelles houthis du Yémen faisant trois victimes civiles. Un coup très dur, porté aux Émirats Arabes Unis qui puisent leur puissance du dynamisme de leur place financière et de la sécurité de leurs terres. Inattendue et spectaculaire cette agression a fait couler beaucoup d’encre. Pour plusieurs analystes, cet évènement est la confirmation du désamour chronique entre Joe Biden et Mohammed Ben Zayed. Ce dernier, se retrouve pour la première fois menacé et son pays non protégé. MBZ ne se faisait pas d’illusion sur la politique de la nouvelle administration américaine envers son régime. Avant même son investiture, Biden a déclenché les hostilités en arrêtant son lobbyeur Thomas Barrack et son conseiller George Nader, en bloquant le contrat de vente des F35 et en supportant le Qatar.

Il n’était que question de temps pour que ces vives tensions deviennent publiques et que leurs répliques arrivent jusqu’à notre pays. Aujourd’hui, tout porte à croire que nous y sommes.

Après des rumeurs sur l’échec de la dernière visite de Aziz Akhannouch à Abu Dhabi, deux phénomènes des réseaux sociaux se sont subitement mis à parler. Il s’agit de l’israélienne Irina Tsukerman et du YouTubeur marocain «Touhfa». Appartenant à deux mondes parallèles, rien ne semble les lier. Pourtant la semaine écoulée, ils se sont synchronisés pour que chacun de son côté tire à l’arme lourde sur les relations entre le Maroc et Israël d’une part et le Maroc et les Émirats Arabes Unis d’autre part. Irina Tsukerman s’en est pris à Nasser Bourita et Jared Kushner, tandis que Touhfa s’est chargé de Mansour ben Zayed et Tahnoun ben Zayed, deux hauts responsables émiratis. Une double-campagne lancée le jour même de part et d’autre, soit le 24 janvier 2022, et neuf jours avant l’annonce de la visite officielle d’une délégation ministérielle menée par le Chef de Gouvernement marocain à Doha.

Ces épiphénomènes sont ce qu’on appelle dans le jargon de la communication, des signaux faibles d’une crise en devenir. Ils peuvent être également des escarmouches de gens bien informés sur les orientations stratégiques du Royaume. Seule certitude est que le monde, assiégé par la pandémie, s’engage davantage dans la voie de la guerre que celle de la paix où plus rien n’est acquis et où plus rien n’est permanent.

Comme Donald Trump, Mohammed Ben Zayed doit se demander nuit et jour, pourquoi est-il traité de la sorte par l’administration américaine et d’une partie du gouvernement israélien. Lui qu’il a fait pour l’Etat hébreu ce que jamais un autre émir de son pays ou de tout le Golfe n’a réalisé.

Après avoir sauvé la face à Netanyahu et Trump, qui ont échoué à mettre sur pied un accord de paix définitif entre palestiniens et israéliens, en soutenant les accords d’Abraham, MBZ n’a reçu en retour que des déceptions.

George Nader, conseiller de MBZ, arrêté pour pédophilie puis accusé de complot contre les États-unis

Avant même son ascension au pouvoir, Joe Biden, dans sa guerre contre Donald Trump, a fait tomber l’un des principaux conseillers et lobbyeurs de MBZ auprès de la Maison Blanche, l’homme d’affaires américano-libanais George Nader.

Interrogé une première fois par le procureur spécial Robert Mueller en sa qualité de témoin sur l’ingérence de la Russie dans l’élection de présidentielle américaine de 2016, George Nader s’est enfui à Abu Dhabi, avant d’être arrêté le 4 juin 2018 à l’aéroport JFK de New York pour possession d’images pédopornographiques. Il sera condamné fin juin 2020 à 10 ans de prison ferme pour trafic de sexe et de pornographie enfantine.

La pression sur l’ancien conseiller de MBZ ne va baisser avec l’arrivée de Biden. Le 16 janvier 2022, George Nader, plaide coupable pour le rôle qu’il a joué en aidant les Émirats arabes unis à donner des millions de dollars de contributions de campagne illégales dans le système politique américain pendant l’élection présidentielle de 2016.

Tom Barrack, le milliardaire et ami de Trump arrêté pour avoir travaillé secrètement pour MBZ

Le milliardaire américain et ami de Donald Trump a été arrêté en juillet 2021 pour «avoir tenté d’influencer la politique étrangère lors de la campagne présidentielle de Trump en 2016 et pendant les premières années de l’administration Trump».

Sept chefs d’inculpation ont été retenus contre Thomas Barrack, accusé de s’être servi de son accès à Trump pour promouvoir les objectifs de politique étrangère des Émirats arabes unis.

L’acte d’inculpation stipule que Barrack et deux autres individus agissaient et conspiraient en vue d’agir comme des agents des Émirats entre avril 2016 et avril 2018.

Les investigation ont également révélé que la société d’investissement immobilier et privé de Tom Barrack a reçu environ 1,5 milliard de dollars de la part de l’Arabie saoudite et des EAU juste entre la période allant de l’investiture de Trump à Juin 2021.

Biden et Bennett bloquent la vente des F35, MBZ dépité, claque 19 milliards de dollars dans le plus grand deal d’achat de Rafales de l’histoire de la France

MBZ tenait à ses F35. Ces avions dernière génération que les alliés des États-unis s’arrachent, tellement ils apporteraient une suprématie aérienne manifeste. L’acquisition de ces appareils, était d’ailleurs une des conditions que le prince héritier des E.A.U avait imposé à Donald Trump pour signer les accords d’Abraham. Netanyahu avait signifié clairement son désaccord mais l’ancien président américain avait réussi à décrocher le feu vert du Congress.

Arrivé au pouvoir, Biden ne dira pas non à la vente des F35 à MBZ mais pose de nouvelles conditions: Les Émirats n’en auront qu’une version sous-équipée tout en se soumettant à l’obligation systématique d’un accord du Pentagone avant toute utilisation.

MBZ rejète l’offre et signifie son irritation pour non respect d’engagement de l’accord ratifié par l’administration Trump. La riposte du dirigeant émirien sera à la hauteur de sa colère. Le 3 décembre 2021, à l’occasion de la visite d’Emmanuel Macron à Abu Dhabi, MBZ offre au président-candidat le plus grand bon de commande de l’histoire du constructeur français Dassault. «80 avions de chasse pour Abu Dhabi, soit une commande d’environ 19 milliards de dollars sans les armements, c’est du jamais-vu pour Dassault et une somme exceptionnelle pour l’industrie française. » avait titré LesEchos.

Avec cet accord, MBZ n’a pas réussi qu’à faire perdre au Pentagone 19 milliards de dollars mais à faire gagner Emmanuel Macron le double de la marge nette qu’il allait constaté en vendant ses sous-marins à l’Australie. Ce fameux «deal du siècle» de la marine française, capoté à la dernière minute par l’alliance AUKUS, l’alliance militaire entre l’Australie, les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

Le Qatar, l’allié préféré des démocrates au Moyen-Orient, propulsé nouvel allié majeur de l’OTAN

Les démocrates ont cultivé depuis l’ère Obama une affinité particulière avec le Qatar. La puissante influence médiatique de la péninsule a joué un rôle décisif durant le printemps arabe et a constitué un relais efficace aux médias pro-démocrates dans la guerre du Yemen et les affaires Khashoggi et Pagasus.

C’est aussi au régime du Qatar que Biden a confié le rôle d’intermédiation et de gestion du retour des Taliban au pouvoir, excluant de facto le parrain historique du mouvement l’Arabie Saoudite ainsi que les Émirats arabes unis.

L’avènement du conflit en Ukraine va positionner davantage Doha sur la scène internationale en sa qualité d’allié indéfectible de Washington. D’ailleurs pour rassurer l’Allemagne, Biden a demandé au Qatar de se préparer à fournir du gaz naturel à l’Europe en cas de déclenchement de guerre avec la Russie. La concurrence entre Tamim et MBZ n’en a fait que s’amplifier.

En effet, au moment où le président israélien visitait Dubaï, l’Émir du Qatar Tamim ben Hamad était reçu par Joe Biden à la Maison Blanche. Le président démocrate le couvre d’éloges, le qualifie de «bon ami» et le désigne officiellement «allié majeur de l’OTAN». Une désignation qui a été refusée auparavant à l’Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis.

Pour enfoncer le clou et montrer une autre preuve de son désamour pour MBZ, Biden annonce en présence de Tamim et devant les caméras la signature d’un contrat de vente de 50 Boeing 737 MAX au Qatar. Et comme dans la politique la vengeance est toujours un plat qui se mange froid, le montant de ce juteux «deal» annoncé par le président américain s’élève à 20 milliards de dollars. Soit 1 milliard de dollars de plus que la contrat des Rafales signé entre Mohammed Ben Zayed et Emmanuel Macron, deux mois plus tôt.

«Abu-Dhabi n’est plus protégée»

Pour la troisième fois depuis le début du mois de janvier et en deux semaines seulement, les Émirats arabes unis ont été la cible d’attaques de drones et de missiles lancés par les rebelles houthis du Yémen. Ce lundi 31 janvier, un missile balistique visant Abu Dhabi a certes été intercepté par le système de défense aérien du pays, sans faire aucune victime humaine ni de dégât matériel, mais le timing de son lancement est crucial. L’agression a coïncidé avec la visite «historique» du président israélien, Isaac Herzog, aux Émirats.

Longtemps épargné, le régime MBZ se sent pour la première fois menacé et son territoire «non protégé». Rappelons que la première attaque en date du 17 janvier 2022, revendiquée par les Houthis, a fait trois morts, des travailleurs asiatiques, un Pakistanais et deux Indiens.

La réaction officielle des États-unis, outre la condamnation de l’attaque, a été de mettre en garde ses citoyens contre les risques liés aux voyages aux Émirats arabes unis.

«Reconsidérez votre voyage en raison de la menace d’attaques de missiles ou de drones», a publié le département d’État américain sur son site Web.

La pire chose qu’on pourrait faire à MBZ. Qui pour éviter que son pays soit touché par les guerres en Syrie et au Yémen entretenait des relations directe avec l’Iran en dépit de sa position officielle anti-mollahs. Parait-il, le sujet iranien a été un des points traités lors de la visite non annoncée de Naftali Bennett à Abu Dhabi le 13 décembre 2021.

Dommages collatéraux en Egypte et crispation au Maroc

Egypte : al-Sissi met fin à la rébellion des hommes de paille d’Abu Dhabi

Le désamour entre Biden et MBZ a eu des répercussions immédiates en Egypte. Abdelfattah al-Sissi, se préparant à s’émanciper de l’emprise des pays du Golfe sur son pays, a du gérer la pression des démocrates sur la question des droits de l’homme et faire face à une rébellion synchronisée des hommes de paille des Émirats arabes unis dans son pays.

Au sujet des revendications des ONG américaines, al-Sissi a mené une grande campagne de «cosmétique» sur les prisonniers politiques et leurs conditions d’incarcération. Quand à la montée au créneau d’homme d’affaires critiquant l’hégémonie économique des militaires, le «Raiss» a réglé le sujet en direct devant les caméras puis a disqualifié les meneurs, notamment le promoteur milliardaire Naguib Sawiris et le magnat des médias Mohamed Al-Amin. Ce dernier sera même inculpé d’agression sexuelle sur jeunes filles mineurs de son orphelinat.

Les relations entre Biden et al-Sissi restent fortes, en dépit de la pression qu’exercent quelques sénateurs démocrates au sujet des droits de l’homme en Égypte. L’administration américaine vient d’approuver la vente de radars de défense aérienne et d’avions C-130 Super Hercules au Caire pour une valeur combinée de plus de 2,5 milliards de dollars. Al-Sissi a su gagner la confiance de Biden grâce à sa gestion de sa bonne distance avec MBZ et à sa médiation, en avril de l’an dernier, pour aider à mettre fin aux hostilités entre Israël et les militants du Hamas.

Maroc : Les relations avec Israël battent de l’aile, volte-face d’Irina Tsukerman et Touhfa accuse les Émirats d’espionnage

Les répliques des tensions entre les États-unis et les Émirats arabes unis commencent à se faire ressentir au Maroc. Une secousse aurait à ce titre touché le Chef de Gouvernement, Aziz Akhannouch, lors de sa dernière visite à Abu Dhabi. «Elle se serait mal passée» croit savoir un observateur. «D’ailleurs depuis son retour, il semble être en disgrâce» poursuit notre source.

Si c’est le cas, Akhannouch devrait se rattraper lors de son voyage prévu ce weekend au Qatar à la tête d’une délégation ministérielle. Cette visite qui survient au lendemain de la rencontre entre Biden et Tamim, verra la signature de plusieurs conventions bilatérales avec le gouvernement qatari.

L’autre dommage collatéral des tensions USA/E.A.U sont les accords d’Abraham. Mohammed Ben Zayed étant l’un des initiateurs du deal, s’est retrouvé du jour au lendemain sans relais à la Maison Blanche et face à un gouvernement Naftali Bennett, qui tient plus à regagner la confiance de l’administration américaine, que de faire plaisir à son allié arabe.

Les accords d’Abraham se retrouvent ainsi au point mort. Le processus de normalisation entre le Maroc et Israël également.

D’ailleurs, mis à part l’accueil chaleureux réservé au ministre de la défense israélienne, le Général Benny Gantz, Rabat n’a fait aucun pas vers le renforcement des relations diplomatiques avec Tel-Aviv. Le chargé d’affaires israélien David Govrin, dont les sorties médiatiques désastreuses l’ont rendu peu fréquentable, a beaucoup de peine à faire bouger les lignes. Govrin fonctionne avec un logiciel déformé de par les contextes jordaniens et égyptiens dans lesquelles il a évolué depuis le début de sa carrière. De plus, il se retrouve désarmé face à la condition sine qua non du Royaume pour des relations «normales» avec l’Etat hébreu: «la reconnaissance da la marocanité du Sahara».

Ce contexte particulièrement tendu est resté une affaire de coulisses et de diplomates, jusqu’à ce que deux «influenceurs» s’emmêlent. Ils appartiennent certes à deux mondes parallèles mais partagent par contre la même mission celle de propagandistes.

Irina Tsukerman se lâche sur notre «héros national», Nasser Bourita

Depuis le 24 janvier 2022, c’est l’incompréhension totale et la stupéfaction générale sur le Twitter marocain. Irina Tsukerman, fervente défenseur de la cause nationale et des relations maroco-israéliennes s’est mise subitement à s’en prendre à «l’héros national» Nasser Bourita.

Ce n’est pas moins de 114 tweets assassins que l’avocate et propagandiste israélienne a posté en rafale et en 4 salves sur 7 jours.

Méthodique, elle prenait en cible une personnalité et un sujet et disait systématiquement tout le mal qu’elle pensait de Bourita et du Qatar.

Irina Tsukerman : Ses principaux sujets de prédilection

Les 114 tweets s’articulent tous autour de trois principaux «topics» :

  1. Pegassus
  2. Les Houthis
  3. Le Qatar

Irina Tsukerman : Ses cibles à abattre

  1. Jamal Benomar : Elle l’accuse d’espionnage pour le Qatar et d’être pro-Houthis,
  2. Nasser Bourita : Elle l’accuse d’avoir couvert Jamal Benomar et d’avoir mal défendu le Maroc des attaques de l’administration américaine et de l’Elysée,
  3. Jared Kushner : Elle l’accuse d’avoir saboter les Accords d’Abraham en imposant aux E.A.U l’accord d’Al-Ula,
  4. Yariv El Baz : Elle l’accuse de n’avoir d’autres objectifs que de s’enrichir sur le dos des Accords d’Abraham,
  5. Richard Attias : Elle l’accuse d’avoir profiter du Maroc, de l’Arabie saoudite et des E.A.U tout en fermant les yeux sur la campagne de diffamation du journal Le Monde contre ces mêmes pays.

Irina Tsukerman : Ses lignes rouges

  1. Le Roi Mohammed VI
  2. Israël

Irina Tsukerman : Son plaidoyer

L’avocate et propagandiste israélienne affirme que les Accords d’Abraham se désagrégaient et que les relations entre le Maroc et les Etat-unis et Israël allaient dans le mauvais sens. Alarmiste jusqu’au bout, elle prédit une prise de position négative de Joe Biden au sujet du Sahara.

Irina Tsukerman blâme en premier lieu le ministre des Affaires étrangères marocain Nasser Bourita pour :

  1. avoir subit la pression des États-unis sur les droits de l’homme sans montrer aucune résistance ni déployer une stratégie de défense,
  2. n’avoir pas bien exploité les liens prouvés liant le Hezbollah, les Houthis et les séparatistes du Polisario,
  3. avoir été sous l’influence de l’ancien envoyé spécial de l’ONU au Yémen, le marocain Jamal Benomar, accusé d’espionnage pour le Qatar et d’acquaintance avec les Houthis. Une influence qui aurait poussé Bourita à ne pas s’engager dans une campagne anti-yéménite,
  4. avoir laissé faire Richard Attias en faisant appel à son agence de communication Publicis sans lui demander des comptes sur la campagne de diffamation contre le Maroc lancée par le journal LeMonde. Notamment au sujet de l’affaire Pegasus. Une information basée sur un fait qu’elle rapporte affirmant l’existence d’un lien d’actionnariat entre Lagardère, Publicis et LeMonde. Ce qui est faux.

L’influenceuse israélienne s’est également lâchée sur le groupe composé de Jared Kushner, Yariv El Baz et Richard Attias en les accusant «d’escroquerie». Pour elle, cette «clique» aurait vidé les accords d’Abrahams de tout leur sens en cherchent uniquement à s’enrichir.

Pour le gendre de Donald Trump, les accusations de Tsukerman vont plus loin. Elle estime que Kushner a torpillé les Accords d’Abraham le jour même où il a fait pression sur MBZ et MBS au nom de Trump pour lever l’embargo sur Tamim.

«Le Sommet d’Al-Ula qui a débouché sur une reprise complète des relations diplomatiques entre l’Arabie saoudite, l’Égypte, les Émirats, le Bahreïn et le Qatar, a donné l’occasion à ce dernier de mener une opération de sabotage des accords de normalisation entre Israël et les pays arabes», affirme-t-elle.

Irina Tsukerman va consacrer autant de tweets injurieux contre le Qatar que contre Nasser Bourita. Un pays qu’elle tient pour responsable de la campagne mondiale contre Pegasus dans le but de «ruiner un pan entier de l’industrie israélienne» et tuer dans l’oeuf les Accords d’Abraham. Elle accuse également Doha d’encourager les Houthis dans leurs attaques contre les Emirats arabes unis.

Le YouTubeur Touhfa : «Les émiratis espionnent les marocains à travers Hespress»

Un autre influenceur, un autre environnement et d’autres éléments de langages. Ce YouTubeur installé en Floride aux Etat-unis qui brasse dans son sillage une large frange des marocains résidents à l’étranger avec une forte audience féminine, s’est engagé dans une campagne anti-émirats. Curieusement, sa première vidéo sur le sujet a été postée exactement le même jour que la première salve de tweets d’Irina Tsukerman, le 24 janvier 2022.

Le plaidoyer de Touhfa est plus simple. Le ministre des Affaires Étrangères des E.A.U, Mansour ben Zayed et le maître-espion d’Abou Dhabi, Tahnoon ben Zayed utilisent des proxies notamment le site web d’information Hespress, racheté en 2019 par les Emirats, pour «espionner et attaquer le Maroc».

Ce sont pratiquement les mêmes accusations portées contre le site d’information quatre années plus tôt. En cette période, les relations entre Rabat et Abu Dhabi étaient au plus bas et Hespress avait adopté une ligne éditoriale anti-Qatar.

Sauf que cette fois-ci, Touhfa va impliquer les cheikhs sus-cités, deux des plus hauts responsables émiratis après MBZ et Ben Rachid. Pour le YouTubeur, Mansour ben Zayed, ministre des Affaires étrangères serait aigri de ne pas avoir accès au Roi Mohammed VI. Cela l’aurait poussé à manoeuvrer contre les intérêts du Maroc en soutenant entre autres l’Algérie et en «espionnant les hauts responsables du pays», notamment à travers Hespress.

Rapprochement avec le Qatar en marche !

L’annonce ce mardi de la visite officielle d’une délégation ministérielle menée par Aziz Akhannouch, au lendemain de la rencontre importante entre Joe Biden et Tamim ben Hamad est un signal fort donné par le Maroc sur sa nouvelle orientation stratégique de sa diplomatie. C’est aussi sans aucun doute une conséquence de l’isolement de MBZ sur la scène internationale suite à son bras de fer avec Biden.

Rappelons que le Prince hériter émirati avait réussi à froisser son ancien ami, Mohammed ben Salmane qui s’est mis dans la tête de mener une guerre économique avec les E.A.U afin de réaliser les objectifs de sa vision 2030.

Concernant ce nouveau rapprochement avec le Qatar, Akhannouch qui entretient de bonnes relations avec le père de Tamim, aura sans aucun doute plus de facilité à mener à bien cette mission.

Un monde de tous les dangers

Depuis la crise financière de 2008, la planète est entrée dans une zone de turbulence avec des cycles de crises relativement longs. Les pays se doivent de piloter leur économie et leur sécurité avec peu de visibilité en prenant beaucoup de risques.

Les grandes démocraties vacillent. On l’a vu durant l’assaut du Capitole et on le voit aujourd’hui avec ce spectacle dramatique que nous offrent les présidentielles françaises ainsi qu’avec cet émerveillement prononcé de l’intelligentsia allemande et française devant la montée en puissance du nouveau Tsar russe Vladimir Poutine.

La fragilité et la versatilité sont devenues l’une des principales caractéristiques des relations internationales de notre époque. Nos dirigeants s’y adaptent, les citoyens les subissent.

Seul remède à ses gueules de bois à répétition est de rester unis autour d’un projet de société et autour de notre leader.

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