Premier grand format avec Al Jazeera : Bourita affirme la clarté et l’indépendance de la diplomatie marocaine

Dans son premier grand format avec la chaîne panarabe Al Jazeera, le ministre marocain des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita, était l’invité, mercredi soir, de l’émission phare et à grande audience, «bila houdoud» [Sans frontières]. La crise entre les pays du Golfe, l’Iran, le Yemen, le Sahara, la relation avec l’Algérie, l’Afrique, la Syrie et la question palestinienne, tels sont les principaux sujets discutés lors de cette rencontre qui a duré une quarantaine de minutes.

Concernant la crise qui secoue les pays du CCG, Nasser Bourita a expliqué que la position de neutralité conduite par le Maroc ne signifiait pas indifférence. Mais au contraire, ce statut a permis au Maroc de jouer son rôle de missi dominici en tentant de rapprocher les points de vue entre les différents protagonistes à l’aune d’une relation historique et exceptionnelle qui lie les familles régnantes au Maroc et en Arabie saoudite. L’impasse du Maroc dans la tournée maghrébine du prince héritier saoudien, MBS, n’est pas synonyme de crise entre Rabat et Riyadh mais il s’agissait d’une question d’agenda.


Pour ce qui est de la rupture des relations diplomatiques avec l’Iran, le chef de la diplomatie marocaine a expliqué que la sécurité du Maroc et son Sahara sont des lignes rouges. Et l’appui de Téhéran et son allié le Hezbollah libanais au polisario était la ligne à ne pas franchir.

Sur le Yémen, Nasser Bourita a affirmé que le Maroc avait fait «évoluer » sa participation après une réévaluation de la participation des FAR, tant sur la forme que de la teneur. De plus, Nasser Bourita a insisté sur l’importance pour le Maroc de l’intégrité territoriale du Yémen et exprimé sa profonde tristesse quant à la situation humanitaire dramatique que traverse ce pays.

Concernant l’affaire du Sahara, le ministre des Affaires étrangères a rappelé que le référentiel du Maroc à ce sujet est constant et basé sur la recherche d’une solution réaliste, concrète et opérationnelle et pérenne. D’où la proposition de l’autonomie qui fait l’unanimité du Conseil de sécurité de l’ONU. Autonomie, dans le cadre de la souveraineté du Maroc, en tant qu’espace où les populations de la région bénéficient de leurs droits et exercent leurs obligations par leur engagement dans le développement local et régional via une représentativité qui leur est propre.

Pour cela, insista le ministre Bourita, le Maroc et l’Algérie sont condamnés par la géographie au vivre ensemble, et Alger doit assumer ses responsabilités et répondre à la main tendue par le roi Mohammed VI pour discuter et trouver, sur le plan bilatéral, des solutions idoines au blocage qui paralyse la construction maghrébine.

Sur une éventuelle reprise des relations diplomatiques avec la Syrie, le chef de la diplomatie marocaine a rappelé que Rabat et Damas ne les ont jamais rompues mais uniquement redéployé leurs personnels diplomatiques. Tout en reconnaissant qu’il existe bel et bien des changements importants sur le théâtre des opérations en Syrie, Nasser Bourita a remis toute réouverture des ambassades respectives à l’agenda des pays de la Ligue arabe avec lesquels ce processus doit être coordonné.
Enfin, par rapport au dossier palestinien, Nasser Bourita a réitéré la centralité de cette cause dans la politique étrangère du Maroc tout en rappelant le rôle constant du roi Mohammed VI et du Maroc à la tête du Comité Al-Qods et de Bayt Mal-AlQuds.

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