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Mohammed Ben Salmane

Bras de fer entre MBS et Biden : MBS gagne et arrache l’immunité américaine dans l’affaire Khashoggi

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Revirement surprise de Joe Biden dans sa politique envers celui qu’il traitait de paria, le Prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane. En effet, tard dans la soirée du jeudi au vendredi, le département d’État américain a déclaré que le nouveau statut de Premier ministre de MBS, lui conférait l’immunité contre les poursuites judiciaires pour son rôle présumé dans l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi. « En accordant l’immunité diplomatique au prince héritier saoudien Mohammed ben Salman, Joe Biden a trahi sa propre rhétorique» a réagi la fiancée de nationalité turque de Khashoggi, Hatice Cengiz.

L’administration Biden a déclaré que le prince héritier Mohammed ben Salman d’Arabie saoudite devrait bénéficier de l’immunité dans le cadre d’une procédure judiciaire américaine concernant son rôle dans le meurtre du dissident saoudien Jamal Khashoggi, bloquant ainsi une tentative de tenir le dirigeant de facto du royaume pétrolier responsable de ce crime.

Khashoggi était un journaliste saoudien bien connu qui a fui l’Arabie saoudite pour les États-Unis et a publié des chroniques sur les colonnes du Washington Post critiquant les politiques du nouveau prince héritier MBS. En octobre 2018, il a été tué et démembré par une équipe d’agents saoudiens à l’intérieur du consulat du royaume à Istanbul, où il s’était rendu pour obtenir les papiers dont il avait besoin pour épouser sa fiancée turque. Les services de renseignement américains ont conclu que le prince Mohammed ben Salmane aurait ordonné l’opération.

Le département d’État américain a qualifié jeudi cette décision de protéger le prince héritier saoudien des tribunaux américains de «purement juridique». Toutefois, malgré sa recommandation à la cour, le département d’État a déclaré «ne pas prendre position sur le bien-fondé du présent procès et réitère sa condamnation sans équivoque du meurtre odieux de Jamal Khashoggi».

L’explication officielle de cet octroi d’immunité à un homme que la CIA soupçonne d’être complice du meurtre de Khashoggi est que le statut du prince héritier saoudien a officiellement changé en septembre lorsqu’il a été nommé premier ministre. Une explication qui convainc peu.

En effet, en Arabie saoudite, le pouvoir appartient au roi, au prince héritier et aux membres de la famille royale liés par le sang. MBS est le véritable dirigeant du pays dès sa nomination en tant que prince héritier en 2017.

D’aucuns ne pouvait imaginer un jour que les États-Unis, en tant que partenaire stratégique et fournisseur d’armes de l’Arabie saoudite, faciliteraient l’arrestation de MBS.

Par ailleurs, en lui accordant ainsi l’immunité, c’est toute la cour royale saoudienne en place qui est soulagée. En contrepartie, il faudrait s’attendre à une tempête de protestations de la part des groupes de défense des droits de l’homme ainsi que de la fiancée de Khashoggi.

A ce titre, la secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard, a réagi violemment sur Twitter en déclarant : «C’est une profonde trahison. Une autre. D’abord méprisé par le Président Trump. Puis le coup de poignard du président Biden. Il y a eu des accords tout au long. Aujourd’hui c’est l’immunité. Tout cela s’ajoute à l’impunité. A tout moment, ils avaient d’autres choix».

La fiancée de Khashoggi, Hatice Cengiz, a pour sa part multiplié les publications sur les réseaux sociaux et les déclarations aux médias contre la décision américaine.

«Biden a sauvé le meurtrier en lui accordant l’immunité. Il a sauvé le criminel et s’est impliqué dans le crime lui-même. Voyons voir qui vous sauvera dans l’au-delà ?» a-t-elle écrit sur Twitter s’adressant à Biden.

«Le département d’État américain a accordé l’immunité à #MBS. Ce n’était pas une décision que tout le monde attendait. Nous pensions qu’il y aurait peut-être une lueur d’espoir pour la justice des États-Unis, mais encore une fois, l’argent est passé en premier. C’est un monde que Jamal ne connaît pas et moi… !» a-t-elle martelé.

«Jamal est encore mort aujourd’hui #injustice #JamalKhashoggi», s’est désolée la fiancé de Khashoggi.

Rencontre Biden / Xi Jinping au G20 et les Midterms modèrent l’agressivité diplomatique de Washington

Le désir de Washington d’améliorer ses mauvaises relations avec les dirigeants saoudiens est sous-jacent à cette décision d’immunité.

Ce n’est un secret pour personne que MBS et le président Biden ne s’apprécient pas et le récent refus des Saoudiens de pomper davantage de pétrole pour faire baisser les prix des carburants aux États-Unis a été pris comme une énième affront à Washington. En outre, les Saoudiens entretiennent des relations de plus en plus chaleureuses avec la Russie et la Chine.

Pour rappel, durant toute sa campagne électorale et dès son installation, Joe Biden affichait sa distance avec MBS. Si la raison affichée de cette position et l’affaire Khashoggi, n’empêche que les démocrates n’ont jamais accepté l’accès au pouvoir du jeune prince sans leur bénédiction, ni avalé d’ailleurs la reconfiguration du Moyen-Orient autour d’une alliance arabo-israélienne mettant hors jeu l’Iran. Lequel état, a joué un rôle central dans la stratégie des démocrates visant à vaciller les monarchies du Golfe.

Mohammed ben Salmane de son côté, n’a pas baissé pour autant les bras face à la pression de Washington. Au paroxysme de la guerre ukrainienne, il va maintenir la pression sur les prix des hydrocarbures, en refusant d’augmenter la production des membres de l’Opep. Une situation qui a créé une inflation mondiale et plombé le bilan économique et social positif engrangé en 2021.

Aujourd’hui, Joe Biden semble réévaluer sa stratégie diplomatique à quelques semaines de l’anniversaire de l’éclatement de la guerre en Ukraine.

Sa rencontre en tête-à-tête de cette semaine avec son homologue chinois Xi Jinping a été le principal signal du changement de la politique américaine. La réunion de trois heures sur l’île balnéaire indonésienne de Bali en marge du G20 a été l’occasion pour un apaisement des tensions. Sans pour autant arrêter la lente érosion des liens financiers et économiques entre les États-Unis et la Chine.

Trois points essentiels à retenir du sommet Biden-Xi :

  1. Le retour à un engagement diplomatique régulier est un pas modeste mais significatif.
  2. Biden et Xi sont d’accord sur le fait qu’une « guerre nucléaire ne devrait jamais être menée et ne peut jamais être gagnée. »
  3. La rencontre Biden-Xi n’était qu’un élément d’une vaste campagne diplomatique alors que Xi revient sur la scène internationale pour entamer son troisième mandat.

Les d’entreprises et les hommes d’affaires ont été les premiers à applaudir Biden et Xi pour avoir pris du recul par rapport à une confrontation ouverte et d’avoir stopper la course vers la rupture de leur relation et rejeter l’idée d’un affrontement inévitable.

Le premier impact de cet apaisement serait un probable fin de la guerre en Ukraine. D’une part, la Chine s’est dite prête «d’approfondir» ses échanges avec la Russie «à tous les niveaux» et affirme son «soutient résolue» à Moscou dans les difficultés. D’autre part, l’administration Biden s’attend à avoir moins de liberté d’action au niveau de la Chambre des représentants et du Sénat pour financer la guerre. A tout cela s’ajoute, les signes inquiétants de grave crise économiques et sociale en Europe.

INSS : La visite de Joe Biden au Moyen-Orient, une occasion en or!

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Il aura fallu près de dix-huit mois au président Joe Biden, qui arrive ce mercredi à Jérusalem au début d’un court voyage régional au Moyen-Orient, pour programmer une visite dans la ville sainte d’Al Qods. Il se rendra ensuite en Arabie saoudite. Son prédécesseur, Donald Trump, avait fait de Jérusalem l’une de ses premières destinations étrangères, s’y rendant quatre mois après son installation à la Maison Blanche. Pour se différencier de Trump, Biden s’est efforcé d’atténuer l’intensité de l’attitude de l’administration précédente à l’égard d’Israël et de rééquilibrer les relations avec les Palestiniens. Dans ce contexte, les chercheurs de l’Institute for National Security Studies (INSS) de l’université de Tel-Aviv, ont publié un rapport sur cette importante visite. Selon l’étude, le voyage du président Biden en Israël, qui vise à souligner l’engagement des États-Unis en faveur de la sécurité d’Israël, offre «une occasion en or pour Jérusalem» sur des questions telles que l’Iran, la campagne de l’entre-deux-guerres et l’Arabie saoudite. Le plus riche pays arabe figure également sur l’itinéraire de Joe Biden durant lequel le président tentera d’obtenir des gains économiques immédiats.

The Institute for National Security Studies (INSS) est classé premier groupe de réflexion en Israël, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Dirigé par l’ancien chef de la direction du renseignement militaire de l’armé israélienne (Tsahal), le général de division Tamir Hayman, l’INSS concentre ses recherches et ses travaux sur la sécurité et les affaires militaires et stratégiques au Moyen-Orient, ainsi que sur la cyberguerre.

Le général de division, Tamir Hayman, Directeur Général de l’INSS.

Dans l’un de ses derniers rapports rendus publics, le centre de recherche explique dans le détail les enjeux de la visite tant attendue du président américain au Moyen-Orient. Joe Biden ayant programmé deux escales importantes, la première en Israël et la seconde en Arabie saoudite, INSS analyse avec beaucoup de pragmatisme l’objectif de chacune de ces escales.

«La prochaine visite du président Biden en Israël reflète son désir de démontrer une fois de plus son engagement exceptionnel envers Israël, tandis que sa visite en Arabie saoudite vise à faire avancer les intérêts américains immédiats : influencer les prix du pétrole, restaurer la position des États-Unis au Moyen-Orient et étendre la coordination militaire régionale vis-à-vis de l’Iran», explique d’emblée le tank tank.

Lors de ses rencontres avec les dirigeants palestiniens, le président réitérera son engagement en faveur d’une solution à deux États, mais on ne s’attend pas à une percée politique, affirme l’INSS. Dans le changement d’approche de l’administration vis-à-vis de l’Arabie saoudite, il existe une opportunité pour Israël de démontrer son potentiel en tant qu’atout et de bénéficier des possibilités qui en découlent.

L’Iran sera au centre de la visite du président dans la région, souligne le rapport. L’avenir de l’accord nucléaire n’est toujours pas clair, et l’administration est consciente de la nécessité de se préparer à une réalité où il n’y aurait pas d’accord et où l’Iran poursuivrait un programme nucléaire actif.

Une coordination étroite entre Israël et les États-Unis est impérative, alertent les rédacteurs du rapport. Israël devrait s’efforcer avec l’administration Biden de définir des lignes rouges, et des réponses politiques, économiques et militaires si elles sont franchies. En outre, Israël devrait s’assurer du soutien continu des États-Unis à la «campagne entre les guerres» et, en coordination avec les États arabes, souligner la valeur de la présence américaine en Irak et en Syrie.

INSS ne croit à aucun développement de la question palestinienne

Le président américain Joe Biden s’envole ce mercredi au Moyen-Orient pour une visite de trois jours du 13 au 16 juillet 2022. Il se rendra en Israël et sur le territoire de l’Autorité palestinienne, puis s’envolera directement pour Djeddah, en Arabie saoudite, où il rencontrera les dirigeants saoudiens et assistera à un sommet du CCG+3, composé des dirigeants du Conseil de coopération du Golfe, auxquels se joindront les chefs d’états égyptiens, jordaniens et irakiens.

INSS estime qu’au vu de la conjoncture internationale et de la fragilité du paysage politique israélien, Biden ne compte pas à arracher une quelconque avancée sur le dossier palestinien.

La décision de Biden de se rendre en Israël, prise il y a quelques mois et avant que l’Arabie saoudite ne soit ajoutée à l’itinéraire, reflète avant tout son désir de souligner une fois de plus son engagement personnel exceptionnel envers Israël, et sa volonté de «renforcer l’engagement inébranlable des États-Unis envers la sécurité et la prospérité d’Israël», écrit INSS.

«L’importance de la visite réside dans son occurrence même, d’où son intention de faire le voyage malgré les développements politiques en Israël» analyse le rapport.

Lors des réunions avec les dirigeants palestiniens, l’administration réitérera son engagement en faveur d’une solution à deux États, mais il n’y a aucune attente d’une percée politique.

Visiter Israël, une importance personnelle de Biden. Visiter l’Arabie saoudite, une priorité pour son administration

Si la visite en Israël est importante pour Biden sur le plan personnel, souligne le rapport de l’INSS, l’administration américaine, attache par contre beaucoup d’importance à la réussite de la visite en Arabie saoudite.

Le président a accepté cette visite après de longues délibérations et conscient des critiques considérables qu’elle suscite, principalement sur la scène intérieure américaine, compte tenu de la position ferme de Joe Biden concernant l’implication du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane dans le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi.

Cependant, la réalité géostratégique émergente pousse l’administration à privilégier une approche réaliste plutôt que «l’attachement aux valeurs». La crise économique mondiale, causée en partie par la guerre en cours en Ukraine, affecte directement les États-Unis, faisant atteindre de nouveaux sommets à l’inflation et renforçant les craintes d’une grave récession.

Les élections de mi-mandat au Congrès en novembre 2022 et le risque palpable de perdre la majorité démocrate ont fait comprendre à l’administration Biden qu’un changement d’approche est nécessaire, notamment dans la stratégie concernant le Moyen-Orient, afin d’avoir un impact positif sur les prix du pétrole. Néanmoins, il est encore trop tôt pour évaluer si cela représente un renversement des priorités de l’administration et une nouvelle volonté et capacité à investir des ressources dans la région.

Objectifs de la rencontre Biden-MBS

De nombreuses questions figurent à l’ordre du jour américano-saoudien et il est peu probable qu’il soit possible de toutes les résoudre au cours de la visite, estime l’INSS.

Toujours selon le Think tank, les objectifs de la visite sont les suivants :

Baisse des prix du pétrole

Joe Biden cherche à obtenir une baisse des prix du pétrole grâce à un engagement clair de l’Arabie saoudite à augmenter sa production au fil du temps.

Selon l’administration Biden, un tel engagement, même s’il n’a pas d’impact immédiat sur les prix, véhiculera une stabilité qui aura un impact positif à long terme.

Restaurer la position des États-Unis au Moyen-Orient

L’administration Biden veut restaurer la position des États-Unis au Moyen-Orient et faire comprendre aux pays arabes, et en particulier aux pays du Golfe, qu’ils peuvent compter sur les États-Unis comme principal allié. Cela remettrait en cause l’idée qui s’est développée au cours de l’année écoulée selon laquelle les États-Unis se déconnectent du Moyen-Orient, et l’intention consécutive des pays de la région de se tourner vers l’Est, notamment vers la Chine.

Alignement sur le dossier iranien

Biden souhaite établir un plan pour étendre la coopération avec les pays du Golfe et d’autres pays arabes sur la question de l’Iran, autant que possible en coordination avec Israël.

«Il est clair pour l’administration Biden que dans un contexte où les perspectives de renouvellement de l’accord nucléaire sont minces et où l’Iran continue de progresser dans son programme nucléaire – et même si un accord est conclu – les pays de la région attendent des États-Unis qu’ils présentent un plan d’action qui préservera leurs intérêts», souligne le rapport de l’INSS.

Et d’ajouter : «Il semble que l’administration ait également intérêt à partager la charge du traitement de l’Iran avec les États de la région et à les empêcher de prendre des directions qui ne correspondent pas aux intérêts américains».

Normalisation entre l’Arabie saoudite et Israël

Selon l’INSS, l’administration américaine voudrait faire progresser les mesures de normalisation régionale, notamment entre l’Arabie saoudite et Israël.

À ce sujet, le think tank rapporte les déclarations de personnalités américaines faisant état d’une feuille de route pour la normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite, qu’aurait préparer l’administration Biden.

De hauts responsables de la défense d’Israël et d’Arabie saoudite se seraient récemment rencontrés en Égypte sous les auspices des États-Unis, révèle l’INSS.

«Il a également été rapporté que, lors de sa visite, le président Biden discuterait avec ses hôtes d’une vision pour une défense antimissile et navale intégrée» affirme la même source.

Une dossier que les rédacteurs de l’INSS croient être d’une grande importance pour le président Biden. Il est primordial qu’avant les élections de mi-mandat, il soit crédité de l’avancement de cette mesure politique réussie, ont-ils écrit.

Recommandations pour Israël

  1. Faire comprendre à la région que les États-Unis ne se désengagent pas de la sécurité d’Israël

La visite du président Biden en Israël est une étape importante qui devrait contribuer de manière significative à faire comprendre dans la région et au-delà que les États-Unis continuent de soutenir Israël et que les dirigeants américains sont engagés dans la sécurité et le bien-être d’Israël.

Ce message revêt une importance particulière à l’heure actuelle, étant donné le sentiment dominant que l’administration est désireuse de se déconnecter de la région. Même si la visite est principalement symbolique, elle s’inscrit dans une longue série d’entretiens tenus au cours de l’année écoulée qui symbolisent la direction que l’administration esquisse et l’importance qu’elle accorde au dialogue permanent à tous les niveaux avec le gouvernement israélien.

  1. Garder de bonnes relations avec l’administration Biden

Israël a un intérêt évident à maintenir le pragmatisme et l’intimité qui caractérisent les relations actuelles, d’autant plus que l’administration Biden a pris soin de ne pas utiliser les désaccords comme un moyen de pression. Pour sa part, Israël doit veiller à ce que sa conduite se poursuive dans cet esprit.

«Le dialogue discret engagé entre Israël et les Etats-Unis depuis un an a permis une présentation franche des positions, même contrastées».

Sans faire référence à la méthode de Benjamin Netanyahu dans la conduite des relations avec Washington, INSS recommande au gouvernement israélien de maintenir le dialogue avec l’administration Biden tout adoptant des positions fermes quand à l’intérêt suprême d’Israël.

«Les deux pays (Israël et les Etats-unis, ndlr) doivent comprendre clairement les intérêts partagés et divergents. Ils doivent se doter de la capacité de surmonter les désaccords et de formuler une politique commune est dans l’intérêt suprême d’Israël» souligne le rapport du Think tank.

Dans ce contexte, il est recommandé que les décideurs en Israël aient une image claire des intérêts et des priorités de l’administration américaine, notamment dans le contexte de la concurrence avec la Chine et de la guerre en Ukraine, et que la politique israélienne tienne compte de ces intérêts autant que possible.

«L’objectif est de renforcer la compréhension de l’administration, et du Congrès, qu’Israël est un allié des États-Unis tout comme les États-Unis sont un allié d’Israël», précise la même source.

  1. Imposer ses lignes rouge à Biden vis-à-vis l’Iran

La question de l’Iran sera au centre de la visite du président dans la région. Malgré la reprise des négociations sur l’accord nucléaire, il est loin d’être certain qu’un accord sera conclu.

L’administration Biden est consciente qu’elle doit se préparer à une réalité où il n’y aurait pas d’accord, alors qu’un programme nucléaire actif se poursuit en Iran.

Une coordination étroite entre Israël et les États-Unis est impérative, et avec l’administration, Israël devrait s’efforcer de définir des lignes rouges ainsi que de convenir à l’avance de réponses politiques, économiques et militaires si elles sont franchies.

En parallèle, il est essentiel d’analyser les risques et les opportunités si l’accord est renouvelé. En même temps, la visite de Joe Biden devrait refléter la poursuite de la planification conjointe concernant une campagne contre l’Iran.

Même si Israël peut développer la capacité d’agir de manière indépendante, il est très important de renforcer la coordination avec les États-Unis dans la sphère opérationnelle et le soutien américain aux actions israéliennes, en partie comme levier sur l’Iran.

La guerre en Ukraine a prouvé qu’il existe sur la scène internationale une intolérance à l’égard des agressions militaires unilatérales (et c’est ainsi que toute opération militaire en Iran sera perçue par ceux qui la regardent depuis les coulisses).

INSS

Que l’accord nucléaire soit renouvelé ou non, la visite du président Biden vise également à renforcer la coordination régionale face aux efforts continus de l’Iran pour s’implanter dans toute la région et pour étendre son utilisation de missiles et de drones. Sur cette question, il est important d’assurer le maintien du soutien américain à la «campagne d’entre-deux-guerres» d’Israël et, en coordination avec les pays arabes, de souligner au président l’intérêt de maintenir la présence américaine en Irak et en Syrie.

Priorité pour la normalisation avec l’Arabie saoudite. L’Otan Moyen-oriental peut attendre

«La visite de Joe Biden a le potentiel d’approfondir la tendance à la normalisation entre Israël et les pays arabes en général, et l’Arabie saoudite en particulier» affirme le rapport de l’INSS.

Même si les chances d’établir une alliance régionale de l’OTAN sont faibles, la formulation d’une feuille de route pour des relations plus étroites entre Israël et l’Arabie saoudite est stratégiquement importante pour toutes les parties.

Pour sa part, Israël ferait bien de s’attacher à trouver des idées de mesures secrètes et publiques qui permettraient aux Saoudiens de franchir plus facilement le Rubicon et de faire progresser les relations bilatérales à un rythme qui leur convient. Une percée dans les relations israélo-saoudiennes serait considérée comme un juste retour des choses pour les efforts du président Biden, recommande l’INSS.

«La visite du président Biden en Israël et dans la région est l’occasion de renforcer la sécurité nationale d’Israël sur la base d’une démonstration claire et prononcée de l’engagement des États-Unis à son égard. Le changement d’approche de l’administration à l’égard de l’Arabie saoudite – bien qu’il soit le résultat de nouvelles circonstances internationales – comprend une opportunité pour Israël de démontrer son potentiel en tant qu’atout et de bénéficier des possibilités que ce changement implique» conclut le rapport.

Rencontre confirmée entre Biden et MBS en juillet en Arabie saoudite

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Le président américain Joe Biden rencontrera le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et des dirigeants de près d’une douzaine de pays lors d’un voyage au Moyen-Orient le mois prochain. L’information a été confirmée ce mardi par des sources officielles saoudiennes et américaines.

Le président américain Joe Biden se rendra en Arabie saoudite le mois prochain pour des entretiens bilatéraux et rencontrera le dirigeant de facto du pays, le prince héritier Mohammed ben Salmane, dans le cadre d’un itinéraire qui comprendra Israël et la Cisjordanie, a déclaré de hauts responsables de l’administration américaine.

«À l’invitation du Gardien des deux saintes mosquées… Le président des États-Unis d’Amérique se rendra au Royaume d’Arabie saoudite les 15 et 16 juillet 2022, au cours de laquelle il rencontrera le Gardien des deux saintes mosquées et SAR le prince héritier», a déclaré l’agence de presse officielle saoudienne.

«Au programme de la visite, le président Biden participera à un sommet conjoint, convoqué par le gardien des deux saintes mosquées, avec les dirigeants du Conseil de coopération du Golfe, le roi de Jordanie, le président égyptien et le premier ministre irakien», poursuit la même source.

Rétropédalage de Joe Biden

Cette annonce de la rencontre entre Biden et MBS officialise la volte-face de président américain vis-à-vis de l’Arabie saoudite, qu’il considérait comme «un État paria» alors qu’il faisait campagne pour la présidence, après le meurtre en 2018 du journaliste Jamal Khashoggi.

Biden va enfoncer le clou en déclarant après son entrée à la Maison-Blanche, «qu’il s’engagerait auprès du roi Salman, et non du prince Mohammed, contrairement à l’ancien président Donald Trump».

Cependant, la hausse des prix du pétrole, l’inflation élevée et le désir de Washington de voir l’Arabie saoudite s’aligner sur sa position envers la Russie et la Chine ont contribué à alimenter des mois d’efforts diplomatiques visant à recadrer les liens.

«Alors que nous recalibrons les relations, nous ne cherchons pas à les rompre, car l’Arabie saoudite est un partenaire stratégique des États-Unis depuis huit décennies», a déclaré un haut responsable de l’administration Biden. «Nous partageons une multitude d’intérêts avec l’Arabie saoudite, qu’il s’agisse de contenir l’Iran, de lutter contre le terrorisme ou d’aider à protéger son territoire.» souligne la même source.

Neuf chefs d’États arabes à Djeddah

À Djeddah, Joe Biden rencontrera les chefs d’État des six membres du Conseil de coopération du Golfe – Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Oman, Koweït, Qatar et Bahreïn – ainsi que les dirigeants de l’Égypte, de l’Irak et de la Jordanie.

Avant la visite, les pays de l’OPEP+ ont accepté d’accélérer la production de pétrole et l’Arabie saoudite a contribué à prolonger la trêve au Yémen. Ils ont promis davantage de développements dans les semaines à venir.

Israël-E.A.U-Inde : nouveau groupement diplomatique

Biden s’arrêtera en Israël, en Cisjordanie occupée et en Arabie saoudite au cours de sa visite du 13 au 16 juillet, où il se concentrera notamment sur la sécurité régionale et énergétique et sur le développement de l’intégration d’Israël dans la région, a déclaré Karine Jean-Pierre, porte-parole de la Maison Blanche.

Le président rencontrera des dirigeants israéliens et palestiniens et réitérera son soutien à une solution à deux États au conflit israélo-palestinien.

Biden tiendra également un sommet virtuel en Israël avec les dirigeants d’Israël, de l’Inde et des Émirats arabes unis dans ce que le haut fonctionnaire de l’administration a décrit comme un nouveau groupement diplomatique. Les Émirats arabes unis sont devenus le premier pays du Golfe à officialiser ses relations avec Israël lorsqu’ils ont accepté d’établir des liens diplomatiques complets avec l’État juif en 2020.

L’Arabie saoudite voit son déficit budgétaire se creuser face à la pandémie

L’Arabie saoudite, touchée de plein fouet par la crise sanitaire et la chute des prix de brut, a annoncé mardi un déficit budgétaire de 79 milliards de dollars (65 milliards d’euros) pour l’année 2020, un peu plus du double du précédent déficit.

«Il est prévu que le déficit budgétaire augmente à environ 298 milliards de rials à la fin 2020, et nous prévoyons de le réduire d’ici fin 2021 à 141 milliards de rials (31 milliards d’euros)», a indiqué le ministère des Finances dans un communiqué.

Le pays va tailler dans ses dépenses, qui doivent baisser d’environ 7% sur un an pour atteindre 990 milliards de rials (217 milliards d’euros) en 2021, selon le communiqué.

En décembre 2019, le royaume saoudien avait prévu un creusement de son déficit budgétaire, mais à hauteur de 50 milliards de dollars (plus de 40 milliards d’euros), sur fond déjà de baisse des prix du pétrole.

Le déficit en 2019 avait atteint environ 35 milliards de dollars (29 milliards d’euros au cours actuel).

Avant la pandémie, l’Arabie saoudite espérait un retour à l’équilibre budgétaire d’ici 2023.

Le royaume prévoit une croissance de 3,2% en 2021, après une contraction de l’économie anticipée à 3,7% cette année, toujours selon le communiqué du ministère des Finances.

En octobre, le Fonds monétaire international (FMI) avait estimé que l’économie de l’Arabie saoudite devrait se contracter de 5,4% en 2020.

Année difficile

«Cette année a été difficile à l’échelle mondiale et des mesures et des initiatives exceptionnelles ont dû être prises», a déclaré le roi Salmane d’Arabie saoudite.

Il a souligné que le budget de l’année 2021 donnerait «la priorité à la protection de la santé des citoyens et des résidents et à leur sécurité. Les efforts continueront pour freiner les effets de cette pandémie».

Plus grande économie du monde arabe et premier exportateur de brut au monde, la riche monarchie du Golfe a annoncé en mai un plan d’austérité prévoyant un triplement de la taxe sur la valeur ajoutée et la fin des allocations mensuelles à ses citoyens, en réaction à la chute historique du prix et de la demande du pétrole et à la pandémie de Covid-19.

A la même époque, le royaume a dit qu’il prévoyait d’emprunter près de 60 milliards de dollars sur l’année pour financer son déficit budgétaire.

Ryad n’a pas réussi à équilibrer ses comptes depuis la déroute des prix du pétrole de 2014, ce qui a poussé le pétro-État à emprunter ces dernières années plus de 100 milliards de dollars et à puiser dans ses réserves pour combler ces déficits.

Les revenus pétroliers génèrent plus des deux tiers des recettes publiques saoudiennes.

Selon les économistes, le pays a besoin d’un prix du brut d’environ 80 dollars le baril pour équilibrer son budget, supérieur au prix actuel (environ 50 dollars).

Pour faire face à la baisse du prix du brut, Ryad cherche à diversifier son économie, en investissant notamment dans les nouvelles technologies et dans des mégaprojets d’infrastructures.

Grâce à sa richesse pétrolière, le royaume a pu pendant des décennies se passer de taxes. Il n’a introduit une TVA à 5% qu’en 2018, dans le cadre d’un plan visant à réduire sa dépendance à l’or noir.

En raison de la pandémie, les autorités saoudiennes ont revu à la baisse le nombre de participants au hajj, le grand pèlerinage de La Mecque, qui a eu lieu cette année entre fin juillet et début août.

Seuls une dizaine de milliers de fidèles résidant en Arabie saoudite ont pu l’effectuer, contre quelque 2,5 millions de participants venus du monde entier en 2019. Et cela a privé l’Arabie saoudite d’importants revenus, alors que Ryad espérait pouvoir accueillir tous les ans 30 millions de pèlerins d’ici à 2030.

Réconciliation avec le Qatar, le cadeau de MBS à Biden

Après la défaite électorale du président américain Donald Trump, l’Arabie saoudite a intensifié ses efforts pour résoudre son différend qui dure depuis trois ans avec le Qatar, rapporte le Financial Times citant des sources biens informées.

Avec FT

La décision de mettre fin au blocus de leur voisin riche en gaz par les États du Golfe est perçue comme une tentative du prince héritier Mohammed ben Salmane de s’attirer les faveurs de la nouvelle administration Biden et de remettre un cadeau de départ à Donald Trump, écrit le Financial Times dans un article publié ce vendredi.

Le prince Mohammed Ben Salmane, le chef de facto du royaume saoudien, a noué des liens très étroits avec l’administration Trump et le président a soutenu le prince héritier dans l’une des plus graves crises qui a mis en équation son ambition d’intronisation.

Un épisode que Donald Trump rappelle à son entourage en se vantant d’avoir « sauvé la peau » du prince héritier d’Arabie saoudite, accusé par le Congrès américain d’être responsable de l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi,

« J’ai sauvé sa peau », avait lancé le 22 janvier Trump au journaliste d’investigation Bob Woodward.

« J’ai réussi à faire en sorte que le Congrès ( de majorité démocrate ) le laisse tranquille. J’ai réussi à les stopper », a-t-il ajouté. Une déclaration que le journaliste a publié dans son livre «Rage».

Toutefois la défaite de Donald Trump sonne comme un cauchemar pour le régent de l’Arabie Saoudite. L’administration entrante du président élu Joe Biden devrait être moins conciliante avec MBS qui avait suscité de virulentes critiques de la part des démocrates sur le meurtre de Khashoggi, la guerre d’Arabie saoudite au Yémen et la détention de dizaines d’activistes, d’hommes d’affaires et de membres de la famille royale saoudienne (l’affaire Ritz-Carlton).

«Le prince Mohammed Ben Salmane se sent comme dans la ligne de mire après la victoire électorale de Joe Biden et veut un accord avec le Qatar pour signaler qu’il est disposé et prêt à prendre des mesures dans ce sens» a déclaré un conseiller de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis.

«C’est un cadeau pour Biden», a-t-il ajouté .

Ali Shihabi, un analyste saoudien proche de la cour royale, a déclaré que les dirigeants des on pays étaient depuis des mois «disposés à mettre cette question sur la table». «Depuis un certain temps, ils s’activent à tourner la page de plusieurs dossiers brûlants et clairement celui-ci en est un», a-t-il déclaré.

«On pense que le différend du Qatar est l’une des questions les plus faciles à résoudre pour MBS», renchérit la même source.

C’est en juin 2017, que l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Bahreïn et l’Égypte ont rompu les relations diplomatiques et ont instauré un blocus commercial et aérien au Qatar, alléguant que Doha parrainait des groupes islamistes et serait trop proche de l’Iran.

Des allégations que le pays le plus riche du monde par habitant, nie toujours, face à des voisins qui ont jusqu’à présent refusé de faire des concessions, résistant aux pressions de Washington pour trouver une issue à la crise.

L’administration Trump craignait que le différend n’affaiblisse l’alliance arabe qu’elle a cherché à forger contre l’Iran et s’est montrée frustrée que Téhéran en profite financièrement, car l’embargo oblige les vols à destination et en provenance du Qatar à utiliser l’espace aérien iranien.

Les derniers pourparlers pour résoudre le conflit ont été menés par les États-Unis et le Koweït dans le but de jeter les bases de négociations directes entre Riyad et Doha, a déclaré un diplomate informé des pourparlers.

Le Qatar veut s’assurer qu’il y a des conditions préalables avant toutes négociations bilatérales. Celles-ci pourraient inclure une mesure de «confiance» telle que la levée de l’embargo aérien, a déclaré le diplomate.

Une autre possibilité serait d’autoriser la libre circulation des citoyens qataris vers les pays qui ont imposé l’embargo, même si Doha voudrait des garanties sur leur sécurité .

Robert O’Brien, le conseiller américain à la sécurité nationale, a déclaré ce mois-ci qu’il espérait voir Qatar Airways être en mesure de survoler les pays arabes en boycottant «dans les 70 prochains jours» avant la fin de la présidence de Trump.

Le conseiller de Riyad et d’Abou Dhabi a déclaré que les dirigeants saoudiens et émiratis voulaient que le Qatar «atténue» la ligne éditoriale du réseau de télévision Al Jazeera, qu’ils accusent d’être un outil de propagande pour Doha, et mette fin à ses critiques à l’égard de l’Arabie saoudite.

Après l’imposition de l’embargo, Riyad et Abu Dhabi ont présenté à Doha une liste de 13 demandes comprenant la fermeture d’Al Jazeera, la réduction des relations de Doha avec l’Iran et la fermeture d’une base militaire turque. Mais le conseiller de MBS et MBZ a déclaré que les médiateurs koweïtiens avaient conclu un nouvel accord pour remplacer les 13 termes «ouvrant la voie à une embrassade et une réconciliation».

Un dégel des relations entre le Qatar, premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié, et ses voisins du Golfe pourrait également inclure l’acheminement de GNL vers le Bahreïn, selon des personnes proches des négociations.

Cependant, rapporte le FT citant une personne informée de la position de Doha, qu’aucun détail des mesures de confiance n’avait été discuté. Les responsables du Golfe ont mis en garde contre toute percée significative à court terme. La même source révèle que la position de MBZ freine ce processus de réconciliation.

D’ailleurs, rien que la semaine dernière, Yousef al-Otaiba, l’ambassadeur des Émirats arabes unis à Washington, a déclaré que mettre fin au différend avec le Qatar n’était pas une priorité, soulignant les différences notables entre les deux pays sur l’orientation future du Moyen-Orient.

En dépit de ces déclarations, des responsables occidentaux et des analystes régionaux estiment que les Émirats arabes unis finiraient à suivre les pas de son plus grand allié, l’Arabie saoudite.

Google prévoit de connecter via un réseau à fibre optique l’Arabie saoudite et Israël

Google prépare le terrain pour un réseau à fibre optique qui, pour la première fois, reliera des «ennemis historiques», l’Arabie saoudite et Israël, tout en ouvrant un nouveau couloir pour le trafic Internet mondial, rapporte le Wall Street Journal. Le nouveau système de câble devrait contribuer à réduire la congestion d’Internet sur les liaisons internationales traversant l’Égypte.

Le projet reliant l’Inde à l’Europe est le dernier projet de construction Internet de Google à travers le monde. La filiale Alphabet Inc. rivalise avec Facebook Inc. pour renforcer la capacité de son réseau afin de répondre à la demande croissante des utilisateurs de vidéos, de résultats de recherche et d’autres produits.

Une connectivité étendue entre l’Europe et l’Inde aiderait Google à déployer des centres de données à l’échelle mondiale et à se développer dans le secteur du cloud computing à la demande, tout en rapprochant les services des consommateurs et des petites entreprises.

Google a nommé le projet «Blue Raman» en l’honneur du physicien indien Chandrasekhara Venkata Raman, selon le WSJ. Un projet de câble sous-marin d’une telle longueur, à plus de 5 000 miles, coûterait jusqu’à 400 millions USD, selon la société de télécommunications basée à Dubaï Salience Consulting.

Google devrait partager les coûts du projet en s’appuyant sur les opérateurs de télécommunications, notamment Omantel et Telecom Italia, qui contribuent au financement de l’itinéraire en contrepartie de l’utilisation de cette infrastructure de fibre.

L’itinéraire sera probablement composé d’un câble sous-marin entre l’Inde et l’Arabie saoudite avec des liens vers des pays voisins comme Oman. Il traverserait par voie terrestre la Jordanie et Israël, probablement via les réseaux de fibre actuels. À partir de là, Google se chargera de poser un autre câble sous-marin qui traversera la Méditerranée vers l’Europe.

Google est toujours en train d’obtenir des approbations réglementaires dans des pays dont l’Arabie saoudite.

Les Émirats Arabes Unis disloquent le Yémen

Trente ans après l’unification des anciens Etats du Nord et du Sud du Yémen en un seul pays, ce dernier semble sur le point de se disloquer, sous l’effet d’un profond désaccord entre deux alliés de la région l’Arabie saoudite et les Émirats Arabes Unis.

En 2011, dans le sillage du Printemps arabe, le Yémen qui faisait face à la montée de groupes jihadistes et à de graves difficultés économiques a subit son lot de contestations. En fin politicien, le président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis la réunification du pays en 1990, laissera sa à Abd Rabbo Mansour Hadi.

Les Houthis, un mouvement rebelle yéménite chiite, concentré dans les montagnes du nord-ouest du pays, à la frontière de l’Arabie saoudite et appuyé par l’Iran, s’engouffrent dans la brèche et prennent la capitale, Sanaa en 2014.

Les rebelles vont prendre le contrôle du palais présidentiel et de la capitale du Yémen, Sanaa. Un coup d’état qui a poussé le gouvernement dirigé par Abdrabbo Hadi, d’abord replié à Aden puis réfugié en Arabie saoudite, à demander l’aide de Riyad, son allié historique.

Mohamed ben Salmane alors fraichement nommé ministre de la défense à l’âge de trente ans et sous influence totale de Mohammed Ben Zayed, prince héritier des EAU, met en place sous son commandement une coalition de pays arabes voisins pour combattre les Houthis et soutenir les forces loyales au Président Hadi.

Le jeune ministre de la défense va déployer des moyens colossaux pour cette guerre par procuration avec l’Iran qu’il pensait finir en quelques semaines. MBS ne réalisait pas qu’il s’était embourbé dans un conflit qui allait éclater le Conseil de coopération du Golfe, épuiser les finances du Royaume et arrêter ses plus grands champs pétroliers.

L’été 2019, éclateront au grand jour les divergences profondes entre les deux principaux alliés de ce conflit, Ryadh et Abu Dhabi. Les forces militaires engagées par les Emirats arabes unis, vont bombarder et tuer pas moins de 40 soldats du gouvernement appuyé par l’Arabie saoudite. Des bombardements qui vont permettre la prise par des séparatistes du palais présidentiel à Aden, capitale provisoire du pays.

Cette bataille d’Aden avait opposé le groupe armé appelé «Cordon de sécurité», financé par Abu Dhabi et les unités loyales au président Abd Rabbo Mansour Hadi, soutenu par Ryadh. Tous sont pourtant théoriquement alliés contre les Houthis, qui contrôlent la capitale Sanaa, au nord.

Cette grave escalade qui a mis à nu la fragilité de l’alliance des deux grands pays du Golfe, a été annonciatrice selon plusieurs observateurs d’un «shift» révélateur des réelles ambitions des EAU au Yémen. Alors que MBS cherchait à se protéger de son ennemi juré l’Iran. MBZ qui entretient de très bonnes relations avec les Ayatollahs, cherche à contrôler le sud du Yémen dans le cadre de son appétence à l’hégémonie et son obsession de vouloir contrôler les principaux chokepoints maritimes de la région.

En fait, Ben Zayed a passé à l’offensive au moment où il s’était rendu compte, que le leader qu’il avait choisi pour diriger l »Arabie Saoudite n’allait pas survivre longtemps à la pression internationale et interne après la multiplication des scandales qui ont détruit la réputation du jeune réformateur de l’Arabie saoudite.

MBZ acte la division du Yémen

Le 22 mai 1990, les dirigeants de la République du Yémen du Nord et du Yémen du Sud annoncent à Sanaa, la capitale, la naissance d’un seul et unique pays dans l’euphorie générale. C’était l’aboutissement du «rêve de toute une génération de Yéménites» , témoigne le politologue Saleh al-Baidhani.

Mais aujourd’hui, ce rêve s’est envolé et le pays est empêtré dans des conflits sans fin, avec une mosaïque de zones rivales.

Sanaa et de larges zones du nord du pays sont désormais entre les mains des rebelles Houthis, tandis que le gouvernement contrôle la zone centrale de Marib et des provinces de l’est.

Le sud-ouest, lui, reste aux mains du général Tarek Saleh, neveu de l’ancien président Ali Abdallah Saleh, tandis que les séparatistes du Conseil de transition du sud (STC), qui revendiquent l’indépendance du Sud, tiennent la grande ville d’Aden et des pans de cette partie du pays.

https://twitter.com/StrategicNews2/status/1254550575267696640

Les affrontements entre les séparatistes financés par les Emirats Arabes Unis les forces progouvernementales soutenues par l’Arabie Saoudite ont entériné la fin du Yémen tel qu’il avait été imaginé en 1990.

Interrogé par l’AFP, Ali al-Sarari, conseiller du Premier ministre Maïn Abdelmalek Saïd, ne voit que deux options pour le futur: «un Yémen fragmenté ou un Yémen décentralisé et fédéral» qui naîtrait d’un accord politique.

Lequel paraît pour l’instant illusoire: le conflit au Yémen a fait depuis 2014 des milliers de morts, essentiellement des civils, selon les organisations humanitaires, et le pays est confronté à la pire crise humanitaire au monde d’après l’ONU.

Et avec la proclamation le 26 avril de l’autonomie du Sud par les séparatistes –dont des éléments étaient formés par l’allié de Ryad, les Emirats arabes unis–, la division du Yémen semble actée.

«L’unité du Yémen dans son état actuel n’existe plus», confirme Majed al-Mathhaji, à la tête d’un centre de réflexion à Sanaa. «La guerre a créé une nouvelle réalité sur le terrain.»

The New York Times : Le coronavirus frappe violemment la famille régnante saoudienne

«Coronavirus envahit le sanctuaire saoudien» titre le New York Times dans un article publié mercredi 8 avril. Pas moins de 150 membres de la famille royale saoudienne seraient atteints du Coronavirus, dont le gouverneur de la région de Riyadh, croit savoir le célèbre journal américain. L’information aurait été fuitée de l’hôpital «King Faisal Specialist Hospital» de Riyadh qui a été mis en état d’alerte maximale, mardi soir, et se préparerait à accueillir jusqu’à 500 autres malades VIP.

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Coup de théâtre en Arabie Saoudite : MBS fait arrêter son oncle et son cousin et balise le terrain pour succéder à son père agonisant

Mohammed Ben Salmane vient de consolider son pouvoir en Arabie saoudite en arrêtant ses deux rivaux pour le trône, les deux personnalités les plus éminentes du royaume, à savoir son oncle le prince Ahmed ben Abdelaziz al Saoud et son cousin le prince Mohammed bin Nayef ben Abdelaziz al Saoud.

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Signes de réchauffement entre le Qatar et l’Arabie saoudite

L’émir du Qatar n’a pas participé mardi à Ryad au sommet du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui avait été vu comme une occasion de réconcilation entre les deux voisins, mais son Premier ministre y a reçu un accueil chaleureux.

Cheikh Abdallah ben Nasser Al-Thani a été accueilli par le roi Salmane d’Arabie saoudite à l’aéroport où les deux dirigeants ont affiché un large sourire, peu avant l’ouverture du sommet qui s’est achevé dans l’après-midi.

«Bienvenue au peuple du Qatar. Bienvenue dans votre deuxième pays», a commenté de son côté la télévision publique Al-Ekhbariya dans un élan inhabituel de politesse envers l’émirat gazier généralement conspué dans les médias saoudiens.

Le chef du gouvernement qatari avait déjà représenté son pays au sommet du CCG en 2018, mais y avait reçu un accueil purement protocolaire.

L’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte ont rompu en juin 2017 leurs liens avec le Qatar, accusé de soutenir des mouvements islamistes –ce qu’il nie– et de se rapprocher de l’Iran, principal rival régional de Ryad.

Ces pays ont imposé un embargo à Doha, qui a entraîné notamment la fermeture des routes terrestres, l’interdiction de l’accès à leur espace aérien et la suspension du commerce.

«Mettre fin à la dispute dans le Golfe est un processus progressif d’engagement et de dialogue et non quelque chose qui peut se résoudre par un simple sommet», indique Kristian Ulrichsen, expert à la Rice University’s Baker Institute aux Etats-Unis.

Lorsque la semaine dernière, le roi Salmane a convié au sommet l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, des observateurs ont vu un nouveau signe d’apaisement dans la foulée d’une déclaration du chef de la diplomatie qatarie, Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani, faisant état de « progrès » pour mettre fin à la dispute.

Abou Dhabi, toujours opposé à un réchauffement des relations avec Doha

Autre signe d’un réchauffement potentiel : le Qatar vient d’accueillir la Coupe du Golfe de football à laquelle ont participé des sélections saoudienne, émiratie et bahreïnie, pour la première fois depuis le gel des relations avec Doha.

https://twitter.com/KSAMOFA/status/1204346774053433344

Vainqueurs de la compétition, les joueurs de Bahreïn ont célébré leur victoire aux côtés de l’émir du Qatar et de membres de la famille régnante de l’émirat.

En attendant, les obstacles à une éventuelle normalisation des relations sont toujours là.

Des personnes proches du dossier, dont un diplomate arabe, ont indiqué à l’AFP sous le couvert de l’anonymat qu’Abou Dhabi, principal allié de Ryad, était notamment opposé à un réchauffement des relations avec Doha.

Selon les analystes, les Emirats, plus que l’Arabie saoudite, voient le soutien du Qatar aux islamistes, en particulier les Frères musulmans, comme une menace existentielle.

De son côté, le Qatar rejette toujours les demandes formulées par le quatuor anti-Doha imposées comme conditions sine qua non à une reprise des relations.

Pour revenir sur leurs sanctions, Ryad et ses alliés avaient en effet exigé en 2017 la satisfaction par Doha de 13 requêtes, dont la révision des liens avec l’Iran, la fermeture d’une base militaire turque –Ankara ayant des relations tendues avec plusieurs pays arabes– mais également la suspension de la télévision Al-Jazeera, accusée de soutenir les islamistes et de semer le trouble dans la région.

Doha a justifié son refus en estimant que ces conditions violaient sa souveraineté. Et les autres parties n’ont pas montré de signes d’allègement de leurs positions.

«La normalisation de l’Arabie saoudite avec le Qatar pourrait se produire sans concessions majeures de Doha», estime Samuel Ramani, doctorant à l’Université d’Oxford.

«Il est possible que le Qatar puisse réduire ses liens avec les Frères musulmans, mais certainement pas avec la Turquie et l’Iran, car la confiance entre Doha et les autres pays du CCG a été gravement entamée», a-t-il indiqué à l’AFP.

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