Sahara

Ahmed Charaï : Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez «a échoué sur tous les plans»

/

Rien ne va plus au sommet de l’Etat espagnol, au point de menacer le fragile équilibre politique et social, difficilement trouvé après les tensions entre Madrid et les séparatistes au pouvoir en Catalogne qui ont plongé le pays durant plusieurs mois dans sa plus grave crise politique depuis son retour à la démocratie en 1977. Tous les doigts pointent vers le premier ministre, Pedro Sánchez, pour l’inertie pathologique qui caractérise son action gouvernementale. Les médias espagnols n’hésitent plus à qualifier ses échecs à répétition «d’humiliation» de toute l’Espagne. Dans son édition du 15 avril, le journal espagnol ABC a fustigé la communication triomphaliste de Pedro Sánchez dans un édito au titre sans équivoque : “Un échec dramatique”. «Cette exaltation exagérée du premier ministre sur la IIe république est une fumisterie», a écrit le journal. Et de rajouter « Une fois de plus Pedro Sánchez revendique comme un succès une expérience politique qui s’est malheureusement soldée par un échec dramatique, la droite comme la gauche ayant violé les lois-mêmes de la République». Le premier ministre espagnol a aussi failli à maitriser sa coalition gouvernementale. A ce titre, il a été incapable de gérer la crise des scandales liés à la fortune cachée de l’ex roi Juan Carlos. Donnant ainsi l’occasion au leader de Podemos et ses proches de ressortir le drapeau républicain et d’attaquer la royauté, ravivant les ambitions des mouvements séparatistes. La contre-performance de Pedro Sánchez a également touché les relations maroco-espagnoles. «Le Premier ministre espagnol a plusieurs fois rappelé la profondeur des relations entre le Maroc et l’Espagne, et pourtant il a échoué sur tous les plans», analyse Ahmed Charai dans un article publié sur le journal espagnol La Razón ce mardi 27 avril. L’éditorialiste marocain, a mis le doigt sur le mal qui ronge l’action du Pedro Sanchèz : «l’immobilisme». M. Charai décrit une forme de torpeur qui caractérise l’action du responsable espagnol vis-à-vis le Maroc et qui s’étend à tous les niveaux, diplomatiques, économiques et sécuritaires. «Une déception», s’est-il désolé.

Premier partenaire commercial du Royaume, partenaire privilégié en matière de contrôle de sécurité et de l’immigration clandestine, l’Espagne a su entretenir durant des années une confiance mutuelle et installer une coopération multidimensionnelle avec son voisin du sud. Un modèle dans tout le pourtour méditerranéen.

Toutefois cette dynamique positive et créatrice de valeur semble s’estomper jour après jour, et ce depuis la montée au pouvoir de Pedro Sánchez.

En effet, dans un article paru ce mardi 27 avril sur le journal espagnol La Razon, Ahmed Charai a décortiqué l’action du premier ministre ibérique en ce qui concerne les relations bilatérales entre le Maroc et l’Espagne. D’emblée, il plante le décor : «Le Premier ministre espagnol a plusieurs fois rappelé la profondeur des relations entre le Maroc et l’Espagne, et pourtant il a échoué sur tous les plans. La relation entre les deux pays est arrivée à une situation de tension, qui finira certainement par s’apaiser, parce que les intérêts des deux peuples l’imposent».

Il faut dire que les dossiers brulants s’accumulent sur le bureau du premier ministre espagnol, suscitant agacement et colère de son partenaire du sud : 1) Gèle des réunions de haut niveau entre les deux pays; 2) Mutisme sur les développements historiques du dossier du Sahara; 3) Silence radio sur le lancement du chantier des applications industrielles et pharmaceutiques du cannabis; 4) Indifférence sur la coopération sécuritaire et la coordination sur les sujets communs des mouvements séparatistes.

Reconnaissance US de la souveraineté du Royaume sur son Sahara : une inertie incompréhensible et un manque de courage politique manifeste

Le gouvernement Sanchez brille par son immobilisme sur l’affaire du Sahara, affirme Ahmed Charai.

«Après la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine, les diplomaties européennes font, discrètement, pression pour aller vers la solution d’une autonomie large, dans le cadre de la souveraineté marocaine. Mais l’Espagne, on ne l’entend pas» révèle M. Charaï.

Et de poursuivre : «en sa qualité d’ancienne puissance colonisatrice, elle connaît l’histoire, elle sait que le Maroc s’est soulevé contre le projet franquiste de créer un Etat croupion au Sahara, et qu’il n’y avait pas de Polisario à l’époque. Madrid sait qu’elle n’a pas colonisé une terra nullius mais un territoire dont la population avait une allégeance à la monarchie marocaine».

M. Charai a tenu également à rappeler au lectorat initié du journal La Razon, des vérités historiques sur la marocanité du Sahara que le gouvernement et le peuple espagnol ne peuvent nier.

«Le Sahara faisait partie du territoire marocain avant la colonisation française et espagnole. Même pendant la période du protectorat espagnol, Tétouan était la véritable capitale du Sahara» a-t-il affirmé.

Cela est compréhensible car les Khalifas, précise M. Charai, les Caïds et les juges qui étaient à Tanger et à Tétouan avaient leurs adjoints respectifs à Tarfaya et à Laâyoune et toutes ces nominations dépendaient du Sultan du Maroc. Ils dépendaient du sultan parce que le territoire du Sahara faisait partie du Maroc.

En dépit de cette réalité factuelle, M. Charai, déplore l’immobilisme du premier ministre espagnol.

«Mais monsieur Sanchez a préféré l’immobilisme, parce qu’il a un allié encombrant, le parti Podemos, et qu’il préfère mettre la poussière sous le tapis», s’est-il indigné.

Traiter en catimini avec un criminel de guerre

Le criminel de guerre en question n’est autre que le dénommé Brahim Ghali, chef des séparatistes du Polisario, reçu et hospitalisé en catimini en Espagne après une négociation au plus haut niveau avec l’Algérie. Une information confirmée par La Razon dans son édition du lundi 26 avril.

«L’histoire de Brahim Ghali est controversée. Ce monsieur a certes le droit à des soins. Mais le fait que les autorités espagnoles acceptent un faux passeport, pour éviter que justice soit faite est une violation de l’Etat de droit», déplore Ahmed Charai.

«Les crimes dont Ghali et d’autres sont accusés sont le génocide, le meurtre, les blessures, le terrorisme, la détention illégale, la torture et les disparitions. Il a été convoqué à témoigner le 19 novembre 2016 mais ne s’était jamais présenté» a-t-il souligné.

Ce sont des faits graves qui ébranlent la crédibilité du gouvernement, poursuit M. Charai. «Il s’agit d’une atteinte à l’institution judiciaire espagnole et Sanchez devra en répondre devant ses concitoyens» assure-t-il.

M. Charaï rappelle que depuis 2012, il y a eu des actions contre une vingtaine de membres du Front Polisario devant la Cour nationale espagnole.

Sur les réseaux sociaux, la gestion de l’hospitalisation du chef des séparatistes a ridiculisé l’Espagne. «Ben Battouche», le nom d’emprunt utilisé par ce dernier est l’objet de toutes les moqueries. De plus les hashtags #Spain_Protect_Criminal et #GhaliGate ont touché pas moins de 2 millions de personnes sur Twitter et Facebook. Un badbuzz inédit dans l’histoire du pays.

Incapable de maintenir la tenue des réunions de haut niveau avec le Maroc

«Sur le plan économique, rien ne bouge non plus» souligne Ahmed Charai. Certes la crise sanitaire est passée par là mais la déficience politique est claire et son effet sur les échanges économiques se ressent déjà par la communauté des affaires.

D’ailleurs, Le premier ministre espagnol a été incapable de fixer un calendrier de l’un des rendez-vous clés pour dynamiser les relations entre les deux pays, à savoir la réunion de haut niveau entre les deux pays.

«Ce dangereux immobilisme est tel que le Groupe parlementaire du Parti populaire (PP) s’en inquiète et vient de demander aux autorités espagnoles de convenir, en urgence, avec le Maroc d’une date pour la tenue de la réunion de haut niveau entre les deux pays.» note M. Charaî.

Les parlementaires espagnols, poursuit-il, rappellent au président Sánchez le rôle qu’il pourrait jouer dans la question du Sahara. Ils regrettent aussi qu’il n’ait pas encore échangé avec Joe Biden. Depuis son élection, le président américain s’est déjà entretenu avec 23 dirigeants étrangers, mais pas avec le président espagnol. Le Groupe parlementaire se demande alors si l’Espagne n’a pas déjà perdu son influence sur la scène internationale.

Selon Ahmed Charaï, l’immobilisme décrié fait également le lit des mouvements terroristes en nuisant considérablement à l’excellente relation liant les services espagnols à leurs homologues marocains.

«C’est d’ailleurs grâce à cette relation exemplaire que des actes terroristes ont pu être évités sur le sol espagnol, mais Pedro Sánchez semble l’oublier», s’alarme-t-il.

Légalisation du cannabis, Pedro Sánchez tourne le dos à une révolution économique et sociale

Alors que le Maroc s’est engagé sur la voie du cannabis médical, une révolution sociale, culturelle et économique dans le pays, le premier ministre espagnol est aux abonés absents.

«Même sur des questions plus terre à terre, le président espagnol n’est pas au rendez-vous. Le Maroc autorise les applications industrielles et pharmaceutiques du cannabis, cela résout le problème des agriculteurs du Rif et contribue à éloigner les trafiquants de la ressource.», souligne Ahmed Charai.

«On aurait pu imaginer un enthousiasme de Madrid en faveur des entreprises espagnoles. Nada !»

Soutenir l’émiettement du Maroc m’est insupportable!

Ahmed Charai

Combattre le séparatisme à la catalogne et encourager le séparatisme au Rif et au Sahara, une aberration espagnole

Alors que la crise catalane continue de miner l’unité espagnole et tout son équilibre politique, le gouvernement Sanchez semble garder un relent du passé colonisateur de son pays en encourageant ou en laissant faire ce qu’il craint et combat quotidiennement sur son territoire. Une attitude qui ne passe plus au Maroc ni ailleurs.

A ce sujet, Ahmed Charaï, a troqué sa casquette d’observateur et d’analyste politique pour celle de patriote et de citoyen marocain, défenseur des intérêts et de l’unité de son pays.

M. Charaï fera le parallèle entre le mouvement séparatiste de la catalogne qui assoit sa légitimité sur une volonté populaire manifeste et celui du Rif marocain.

«Le Rif qui a certes connu des mouvements de protestations, mais ont été d’ordre socio-économiques. C’est un cas avéré de mauvaise gestion et de l’échec de la régionalisation sans ressources humaines adéquates. Quatre ministres ont été limogés par le Roi Mohammed VI parce que leur département n’a pas suivi les objectifs annoncé», a-t-il rappelé.

«Mais, dans ce magma il y a aussi des mouvements séparatistes, loin d’être majoritaires mais qui existent», reconnait Ahmed Charaï, avant de conclure : «J’ai défendu l’unité de l’Espagne contre le séparatisme catalan, qui bénéficie, lui, d’un vrai soutien des électeurs, voire des médias espagnols. Soutenir l’émiettement du Maroc m’est insupportable».

Votre Briefing du Jeudi

#1 – Couvre-feu Ramadanien : les marocains résignés à moitié

La communication déplorable du gouvernement a mis les marocains en émoi à l’annonce du couvre-feu nocturne durant le Ramadan. Le vide laissé par le Chef de gouvernement Saad Dine El Otmani et le ministres des affaires religieuses, Ahmed Toufiq, a créé une grande confusion profitant à des mouvements répertoriés extrémistes. Du pain béni pour Hassan al-Kettani, qui entre deux posts sur les tarawih, glisse une menace de déstabilisation à la Jordanienne. Cette troisième vague semble mal supportée par les populations, de par le monde, lassées et épuisée des mesures de restriction sanitaires et les contradictions générées par le grand écarts des gouvernements impuissants devant l’ampleur de la menace économique, sociale et sécuritaire.

Au Maroc, la campagne de vaccination et une grande flexibilité des autorités acquise au fil du temps, ont certes amélioré les libertés de circulation et la vie sociale en comparaison avec les pays européens, mais la menace économique est très importante. Dans l’absence d’aides directes, de plan volontariste et puissant de relance Saad Dine El Otmani, a fini par grippé à la machine de production au risque de mettre en équation la paix sociale du pays.

Fait insolite en relation avec le couvre-feu Ramadanien, le président de la Commune de Louta, près d’Al Hoceïma, Mekki El Hannoudi, a annoncé sur sa page Facebook, qu’il allait permettre aux habitants de sa commune qu’il allait les laisser sortir jusqu’à onze heure du soir et qu’il en assumerait les conséquences. A des fins purement électoralistes, cet usfpéiste prend le risque de créer un mouvement de désobéissance au niveau national.

#2 – Les images des arrestations violentes des jeunes manifestantes émeuvent les femmes au Maroc

Les autorités publiques perdent pour la seconde fois la bataille de l’image face à un mouvement des enseignants contractuels, de plus en plus organisé et de plus en plus imprévisible. Les vidéos de l’arrestation ciblée de deux jeunes femmes , identifiées comme leaders du mouvement ont choqué de par leur violence. Des scènes que les féministes n’ont pas voulu laisser passer. Elles rappellent que trop les violences quotidiennes dont sont victimes les femmes marocaines. Militantes de gauche, actrices ou collectif Masaktach ont exprimé sur les réseaux sociaux leur colère et ont demandé la libération immédiate de ces jeunes femmes dont Nezha Majdi qui avait dénoncé le harcèlement et les agressions sexuelles des forces de l’ordre dans une précédente manifestation.

20 manifestants sont tours en état d’arrestation.

#3 – Cryptomonnaie : Benchaaboun calme les ardeurs de Jouahri

Le Benkirane de l’économie et des finance, Abdellatif Jouahri, qui à force de vouloir vulgariser Keynes, sa langue a fourché le mardi 24 mars en traduisant «Souverain» par «Moul Chi» créant une dangereuse confusion sur un dossier aussi sensible que celui des ententes des pétroliers, s’est fait corriger par Mohammed Benchaaboun sur les cryptomonnaies.

«La crise a démontré que le digital et le numérique vont prendre de plus en plus d’importance, pas uniquement dans les domaines du commerce et des échanges, mais également sur le plan monétaire. J’ai dis à mes équipes que nous devons absolument être agiles et proactifs», avait déclaré tout sourire le gouverneur de la banque centrale.

Notre Binebine de l’économie avait également assuré les médias qu’il avait mis sur pied un comité, «en bonne et du forme, dont les membres se dédient à cette problématique, avec pour mission d’identifier et d’analyser les avantages».

Mais, comme les transformations consomment beaucoup de bande passante, un luxe que le Ministre de l’Economie et de Finance semble ne pas en disposer pour le moment, vu les montagne de problèmes plus urgentes à traiter, Benchaaboun décide de mettre fin au débat par une vidéo postée sur les réseaux sociaux.

Une vidéo sur laquelle les logos du Ministère et celui de BAM ont bien été mis en évidence, une voix off nous explique la dangerosité de l’investissement dans la cryptomonnaie.

«Intaha Al Kalam».

#4 – Le Maroc dézingue, Moul El Bendir, le Chef de la gendarmerie des séparatistes … par le biais d’un drone de combat chinois

Le héros national s’appelle désormais, Wing Loong 1, un drone de combat d’altitude de croisière moyenne et de longue autonomie (MALE), construit par l’entreprise chinoise China Aviation Industry Corporation.

Dah El Bendir, le chef du corps de la «gendarmerie» du groupe séparatiste du Polisario, qui tentait une incursion dans la région de Touizgui en territoire marocain, en tête d’une milice armée, a été abattue mardi 7 avril par les Forces Armées Royales par le drone Wing Loong 1.

Il s’agit de la première opération du genre à être médiatisée en raison du grade de la cible.

La presse officielle a pleuré Dah El Bendir, le qualifiant de martyre.

#5 – La séduction à la française, salie par #MeToo

Depuis le début de l’année, rappel The New York Times, un certain nombre d’hommes puissants dans certains des domaines les plus importants de la France ont fait l’objet d’accusations directes et publiques d’abus sexuels et d’insecte. La plupart de ces accusations ont surgi après des années de silence. L’effet a été immédiat, des enquêtes officielles lancées, des accusés ont perdu leur poste et d’autres ont été purement et simplement bannis de la vie publique.

La liste des noms est déjà longue et s’allonge : Gérard Depardieu, la plus grande star de cinéma française, Gérald Darmanin, le puissant ministre de l’Intérieur, Olivier Duhamel, un intellectuel éminent, Richard Berry, un acteur célèbre et PPDA, ancien roi des JT.

Ces accusations ont également conduit à repenser la masculinité française, y compris l’archétype des Français en tant que séducteurs irrésistibles, souligne Natasha Frost, journaliste au NYT.

#6 – Une large campagne appelant au boycott des E.A.U trouve son échos en Arabie Saoudite

Le hashtag مقاطعه_الامارات# ( Boycott des Emirats ) est un trending twitter dans plusieurs arabes depuis mardi 6 avril. Il s’agit de la première campagne digitale de boycott d’un pays arabes jamais lancée sur les réseaux sociaux. Israël et la France ont souvent fais les frais de mobilisations de ce genre.

Les lanceurs de cette campagne ont trouvé le liant idéal : la Palestine et le rapprochement entre MBZ et Netanyahu. Mais les véritables raisons sont d’ordre géopolitique et économique.

Le plus surprenant et que l’analyse de cette campagne révèle que plus de 60% des utilisateurs avaient des adresses IP saoudiennes. Le Yémen, la Libye, l’Algérie et le Koweït viennent après.

La crise en Jordanie, les difficultés dans lesquels est confronté Sissi en Egypte, la reconsidération du dossier iranien sont des signaux d’une reconfiguration en cour de la géopolitique de la région MENA.

[Analysis Paper] Ahmed Charaï plaide pour une «Biden’s own policy» libérée des poids du passé

Depuis l’installation de Joe Biden à la Maison Blanche, le monde entier suit avec attention et souvent avec appréhension, les moindres paroles, faits et gestes du président américain mais aussi de sa task-force diplomatique. Si la Chine constitue une priorité géostratégique pour les États-Unis, c’est sur le Moyen-Orient que les projecteurs sont braqués. Biden découvre une région transformée mais dont le processus de reconfiguration n’est pas totalement abouti. Les décisions se font attendre et les quelques actions entreprises souvent timides accentuent l’inquiétude de par le monde. «Biden est tiraillé par son positionnement électoral anti-Trump, par l’ombre persistante de Barack Obama et par le risque de reconduction de solutions peu adaptées au contexte actuel», analyse Ahmed Charaï dans deux éditoriaux publiés sur les prestigieuse revues américaines, National Interest et The Hill. Par ailleurs, International Crisis Group, ONG internationale à but non lucratif, dont la mission est de prévenir et d’aider à résoudre les conflits meurtriers grâce à un travail de recherche sur le terrain, des analyses et des recommandations indépendantes, et dans laquelle siège M. Charaï, a disséqué pour sa part les dernières évolutions du dossier du Sahara appelant un réengagement de l’administration Biden. Ces réflexions et productions intellectuelles «dépassionnées» est un apport important à la compréhension des enjeux géostratégiques dans notre région du monde.

  1. Ahmed Charai a publié un analysis paper sur la revue américaine «The Hill» dont laquelle il met en gade sur le risque d’une politique de Biden au Moyen-Orient marquée uniquement par de l’anti-trumpisme et/ou d’une répétition de celle d’Obama.
  2. Sur The National Interest, M. Charaï réalise une monographie de l’équipe diplomatique de Joe Biden, met en avant sa compétence incontestée et s’interroge sur le poids de son expérience passée dans ses décisions futurs concernant le Moyen-Orient.
  3. M. Charaï estime que se contenter uniquement de faire le contraire de l’administration Trump, risque de faire reculer certaines réalisations positives et d’affaiblir les États-Unis aux yeux du monde.
  4. L’éditorialiste note que la guerre au Yémen s’est nourrie des excès des deux administrations antérieures. Il s’interroge par ailleurs sur l’efficacité de la décision de retirer les Houthis de la liste des organisations terroristes du département d’État américain.
  5. Tout en reconnaissant une certaine témérité de MBS qui s’est manifestée tragiquement au Yémen ainsi que sur sa «responsabilité morale» concernant le meurtre de Khashoggi, M. Charai met en garde sur la volonté américaine de «réinitialisation» de l’Arabie Saoudite. Une pression excessive qui la pousserait à se tourner vers Moscou et Pékin.
  6. Au sujet des accords d’Abraham, l’éditorialiste présente le rapprochement entre Israël et les E.A.U comme une fusion de deux écosystèmes, donnant lieu à un modèle de modernité, d’économie diversifiée et de tolérance interreligieuse
  7. Sur le dossier du Sahara, les experts de l’International Crisis Group excluent tout revirement de Biden sur la reconnaissance de l’administration sortante de la souveraineté pleine et entière du Maroc sur le Sahara.

Le plus grand défi de l’équipe de politique étrangère de Biden: peuvent-ils adapter les solutions de leur expérience antérieure sans y être piégés?

Ahmed Charaï : «L’équipe de politique étrangère de Joe Biden est la plus expérimentée réunie par n’importe quel président»

«Les partisans de Joe Biden ont l’espoir que la nouvelle politique étrangère soit équivalente à une troisième administration d’Obama. La nomination d’anciens de l’équipe du prédécesseur de Trump semble répondre à cette aspiration.» écrit Ahmed Charaï dans The The National Interest.

En effet, à Washington il y a un courant qui pousse le candidat puis le président Biden à s’inscrire dans un projet global de revenir au statu quo ante pré-Trump, celui d’Obama.

«Un danger» selon M. Charaï qui y voit un gaspillage inutile d’énergie et de temps. «Le monde n’est pas resté immobile de 2016 à 2020, de nombreuses réalités fondamentales et vérités de terrain ont complètement changé» a-t-il écris sur «The National Interest».

L’éditorialiste marocain s’inscrit donc en faux à cette projection simpliste qui réduirait le Président Biden en un intendant de son ancien patron. « C’est oublier qu’Obama était la recrue politique et son vice-président le Washingtonien aguerri », rappelle M.Charaï.

Et d’ajouter « L’hypothèse selon laquelle les anciens piliers d’Obama qui ont été reconduit sous Biden, pousseraient à adopter les mêmes politiques, faisant fi des leçons du passé, est très peu envisageable. Des diplomates chevronnés comme Bill Burns et Tony Blinken et des professionnels de la sécurité et du renseignement comme Jake Sullivan et Avril Haines ont tous un point commun: une carrière d’ouverture et d’évolution».

«Biden dispose de l’équipe de politique étrangère la plus expérimentée jamais réunie par n’importe quel président», reconnait M. Charaï. Une dream team qui est désormais confrontée à plusieurs dossiers brûlants, notamment au Moyen-Orient : l’Iran, le Yémen, l’Arabie Saoudite et les accords d’Abrahams.

« Le monde a radicalement changé au cours des quatre dernières années, peut-être plus qu’au cours des trente dernières années. Le plus grand défi de l’équipe de politique étrangère de Biden: peuvent-ils adapter les solutions de leur expérience antérieure sans y être piégés? » s’interroge notre éditorialiste.

Homme d’état aguerri et pragmatique, Biden peut façonner sa propre politique étrangère libérée des poids du passé

«La plus grande source de préoccupation réside dans la question de savoir si le mépris pour l’héritage de Trump devient le propre guide de l’administration Biden» alerte Ahmed Charaï. « Faire le contraire de l’administration qu’elle a vaincu, risque de faire reculer certaines réalisations positives et d’affaiblir les États-Unis en montrant au monde que leurs politiques ne durent pas», poursuit-il dans son éditorial paru sur The Hill.

Selon notre analyste, au milieu des crises internationales en cascade, la nouvelle direction doit tenir compte de tous les précédents valables sans se soucier de qui les a créés, trouver des moyens d’en assurer la continuité lorsque cela est possible et tracer une voie parfaitement adaptée au moment.

M. Charai reconnait que cet exercice d’équilibriste est peu enviable. Certes, poursuit-il, les engagements envers les alliés étrangers et les promesses aux partisans américains peuvent parfois se heurter, mais d’innombrables amis des États-Unis à travers le monde pensent que Biden et son équipe sont à la hauteur du défi.

Hier comme aujourd’hui, Biden possède toute une vie d’expérience et de leadership. Le président américain a un esprit qui lui est propre, écrit M. Charaï.

Les chantiers brûlants qui attendent le président Biden au Moyen-Orient

Dans son argumentaire, le président du groupe média GMH a identifié et disséqué 4 dossiers brûlants sur le bureau de Joe Biden.

1. L’Iran : devrions-nous réduire les problèmes avec l’Iran au seul problème nucléaire ?

«Certes, l’Iran est un grand pays, une grande civilisation avec laquelle il faudrait négocier, mais devrions-nous réduire les problèmes avec l’Iran au seul problème nucléaire?», s’est interrogé Ahmed Charaï sur les colonnes de «The National Interest» au sujet de l’Iran, premier dossier traité par la nouvelle administration Biden.

L’Iran est un problème difficile, poursuit l’éditorialiste. Les responsables américains devront d’abord affronter l’avenir de l’accord nucléaire, mais tôt ou tard, Téhéran et Washington devront parler de la poussée expansionniste de l’Iran dans la région au sens large et de ses missiles balistiques.

Biden a la possibilité de tirer profit des deux politiques de ses prédécesseurs, «pression maximale» de Donald Trump et «l’accord sur le nucléaire» d’Obama.

«Si Washington renouvelle la diplomatie directe ou négociée par l’Europe avec Téhéran, les leçons de deux administrations appellent à une nouvelle approche holistique» écrit Ahmed Charaï.

«Les démocrates estiment que la politique de Trump n’a pas dissuadé les iraniens de construire leur bombe, n’empêche que celle d’Obama n’a fait qu’encourager les milices par procuration iraniennes disséminées dans toute la région créant une vive tension chez les alliés vitaux des États-Unis» analyse M. Charaï.

«Israël, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis restent méfiants à l’égard des intentions de l’Iran. Ils ont d’ailleurs signifié qu’ils ne seraient ouverts à un accord avec l’Iran que s’il allait bien au-delà du précédent – régulant son programme de missiles balistiques, son ingérence dans d’autres pays, et les milices qu’il soutient en Irak , au Liban, au Yémen et ailleurs, en plus de son programme nucléaire.» souligne M. Charaï.

«A ce titre, les États-Unis devraient faciliter et soutenir la maîtrise de l’Iran et ses proxys au Moyen-Orient en limitant leurs missiles grâce à un contrôle régional des armements et à la construction d’une architecture de sécurité régionale.» recommande M. Charaï.

2. Yémen : S’attendre à une solution facile, basée en grande partie sur les compromis américains et alliés, est une erreur

Biden a raison de vouloir mettre fin à la misère humaine au Yémen, reconnait M. Charaï. Plus d’un quart de la population nationale est déplacée. La maladie et la faim frappent les survivants de l’un des conflits les plus brutaux de la région depuis la guerre Iran-Irak des années 80.

«Mais en retirant les Houthis de la liste des organisations terroristes du département d’État américain, qu’ont-ils fait en réponse? Les rebelles houthis ont poursuivi leur offensive, mettant en péril plus d’un million de personnes, dont beaucoup étaient déjà déplacées ailleurs au Yémen, et menaçant de nouvelles catastrophes humanitaires.» s’est désolé l’éditorialiste.

S’attendre à une solution facile, basée en grande partie sur les compromis américains et alliés, est une erreur, estime M. Charaï. Ce que l’équipe chevronnée de Biden doit faire, c’est définir une position commune entre les alliés de l’Amérique et s’y tenir simplement, recommande-t-til. Finalement, l’Iran se lassera de financer sa coûteuse guerre au Yémen.

3. Arabie Saoudite : «Froideur» d’Obama, «Etreinte sans précédent» de Trump et «opération réinitialisation» de Biden

Le royaume pétrolier est un allié fidèle des États-Unis depuis près de cent ans, écrit Ahmed Charaï sur The National Interest. Ce n’est pas le pétrole qui a scellé cette alliance, mais le temps et des objectifs communs. Cependant, avoir des objectifs partagés ne veut pas nécessairement dire avoir des valeurs partagées.

«La témérité du prince héritier Mohammed ben Salmane s’est manifestée tragiquement à une échelle massive au Yémen et ailleurs dans la région, ce qui suscite de graves inquiétudes quant à ce que des décennies de son règne apporteront encore», souligne M. Charaï dans son éditorial du The Hill. Et de poursuivre, Biden a eu raison de réintroduire les principes des droits de l’homme dans la discussion de la politique saoudienne et d’envoyer un message dur à la monarchie sur le penchant de Mohammed ben Salmane pour la brutalité.

Toutefois, le réalisme oblige également les États-Unis à accepter certains faits saoudiens, affirme M. Charaï. Quel que soit le résultat d’une enquête, étrangère ou nationale, poursuit-il, le prince héritier continuera de régner et deviendra éventuellement roi lui-même. Soit l’Amérique a une relation de travail avec l’énergique jeune homme, soit elle l’évite et tente d’influencer, le poussant à se tourner vers la Chine et la Russie. Ce qui coûtera à l’Amérique un allié clé au cœur du Moyen-Orient.

«L’administration Biden doit penser à la réforme en Arabie saoudite» estime M. Charaï. Les réalités intérieures saoudiennes exigent une grande prudence de la part des États-Unis. L’administration américaine devrait à ce titre, se concentrer sur la défense de la cause des groupes saoudiens prônant la démocratie, les droits de l’homme et la tolérance religieuse.

«Riyad peut être pardonnée d’avoir été malmenée par les administrations américaines : la froideur de l’administration Obama envers le royaume a cédé la place à une étreinte sans précédent de celle Trump, puis à une nouvelle « réinitialisation saoudienne » sous Biden. Toutefois, le Royaume doit assumer sa part de responsabilité dans ces changements» synthétise M. Charaï.

4. Accord d’Abraham : Sans le soutien actif de l’administration Biden, il sera beaucoup plus difficile de forger les mêmes gains récoltés avec Abu-Dhabi dans les pays arabes les plus peuplés

«Israël et les Émirats arabes unis sont deux écosystèmes qui fusionnent» affirme M. Charaï. Cette ouverture est un élément clé de la stratégie de croissance des EAU pour ce millénaire. La pays envisage de devenir le modèle arabe de modernité, de tolérance intra-religieuse et d’une économie diversifiée.

La nouvelle administration Biden peut aider en adoptant une nouvelle approche du rétablissement de la paix qui tire les leçons de la nouvelle vague de résultats diplomatiques, considère-t-il. Il est temps de mettre à profit la promesse des nouveaux accords – pour tous leurs signataires, les Palestiniens et la région au sens large. Si la vague de rétablissement de la paix se traduit par un avantage tangible pour la jeunesse arabe, le soutien panarabe à la paix avec Israël ne fera que croître.

«Plus de 130.000 Israéliens ont visité les EAU depuis la signature des accords de paix. Les partenariats et le volume des échanges se développent à une échelle qui éclipse ceux des accords de «paix froide» ratifiés avec la Jordanie et l’Égypte le siècle dernier», recense M. Charaï.

«Il sera beaucoup plus difficile de forger les mêmes gains dans les pays arabes les plus peuplés – en particulier si l’administration Biden ne soutient pas activement le processus. Ne pas le faire, privera des millions de jeunes de la promesse d’un avenir meilleur que le partenariat avec Israël et ses alliés peut apporter» alerte-t-il.

Un appui de Biden à ces accords et à la réalisation des promesses économiques qui ont découlent, inspirera les jeunes Arabes du bassin de la mer Rouge et du Sahel, où les conditions sont mûres pour des relations diplomatiques israélo-arabe, d’exiger que leurs dirigeants rejoignent le cercle de la paix, considère M. Charaï.

Néanmoins, l’éditorialiste tire la sonnette d’alarme au cas où la Maison Blanche dédaignerait ou désavouerait les accords d’Abraham, comme le veulent certains partisans de Biden. Le retour en arrière pourrait annuler une percée historique et diminuer la crédibilité américaine dans la région.

Rapport de Crisis Group sur le Sahara : Biden ne reviendra pas sur la reconnaissance des États-Unis de la souveraineté pleine et entière du Maroc sur le Sahara.

«Réengager des efforts internationaux au Sahara occidental» est le titre d’un rapport de vingt et une pages élaboré par International Crisis Group (ICG), publié le 11 mars en trois langues. ICG est une ONG internationale à but non lucratif, dont la mission est de prévenir et d’aider à résoudre les conflits meurtriers grâce à un travail de recherche sur le terrain, des analyses et des recommandations indépendantes dont laquelle Ahmed Charaï siège depuis janvier 2019.

«Fidèle à sa vocation d’outil de réflexion pour la prévention et la résolution des conflits armés, l’International Crisis Group (ICG) a livré une analyse actualisée du conflit du Sahara, qu’il qualifie de «dormant» tout en le jugeant «menaçant». Ses experts préviennent d’une escalade entre le Maroc et le Polisario, qui aurait, selon eux, des conséquences désastreuses non seulement au Maghreb, mais dans toute la région du Sahel», résume l’Observateur du Maroc et d’Afrique la portée du rapport du très influent Think Tank américain dans son édition du 11 mars.

Le Briefing Moyen-Orient et Afrique du Nord de Crisis Group N°82 sur le Sahara a été construit autour de trois axes :

  1. Historique du conflit
  2. Menaces et opportunités
  3. Recommandations

En rapportant avec fidélité l’historique du conflit, les analystes de l’ICG ont bien identifié les parties prenantes du dossier du Sahara. A ce titre, on peut lire sur le rapport « L’administration Biden, en étroite collaboration avec la France, la Russie et l’Algérie, les principaux acteurs extérieurs du conflit, devraient inciter les deux parties à accepter une trêve et à reprendre les négociations».

Si le rôle de la Mauritanie a été reconsidéré par l’ICG après la démission soudaine à l’envoyer spécial de l’ONU de Horst Köhler en mai 2019, mettant fin aux tables de rondes de Genève, les experts du think tank ont bel et bien pointé du doigt l’ingérence militaire de l’Algérie qui risque d’intensifier la menace d’un conflit armée.

«Les combats pourraient s’intensifier au moindre incident militaire, tel qu’une ingérence algérienne – par exemple, des transferts d’armes plus importants entre Alger et le Polisario – ou un changement de tactique militaire au sein du mouvement indépendantiste», a mis en garde le rapport de Crisis Group.

«Le moment de se réengager» : l’appel de Crisis Group à l’attention de l’administration Biden et du Conseil de sécurité de l’ONU

«La faible intensité du conflit au Sahara occidental ne devrait pas justifier l’inaction. Le risque d’une forte escalade militaire entre le Maroc et le Front Polisario reste limité, mais il n’est pas négligeable pour autant», analyse le rapport.

Alors que l’administration Biden et le Conseil de sécurité semblent peu pressés à prendre en main le dossier, l’ICG met en garde la communauté internationale sur les menace du statut-quo.

«Le désintérêt de la communauté internationale pour ce conflit pourrait également avoir des conséquences à long terme pour la stabilité régionale. Sans solution diplomatique, les Sahraouis désabusés, surtout les jeunes, pourraient contraindre le Front Polisario à changer de tactique» alerte le rapport.

L’ICG revient également sur la reconnaissance des États-Unis de la souveraineté pleine et entière du Maroc sur le Sahara. Le think tank estime que l’administration Biden est réticente à Réengager des efforts internationaux au Sahara à l’idée de revenir sur la reconnaissance par l’administration Trump de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental.

Les experts de Criss Group ont évalué par ailleurs les réalisations diplomatiques du royaume. «Le Maroc a accéléré sa politique du fait accompli. La stratégie principale de Rabat était d’inviter des Etats amis d’Afrique et du Moyen-Orient à ouvrir des consulats au Sahara occidental», souligne le rapport.

Crisis Group juge cette offensive marocaine d’ouverture des consulats comme étant une résultante d’une stratégie marocaine ambitieuse visant à renforcer les liens politiques et économiques avec l’Afrique subsaharienne. Ces
dernières années, rappelle-t-il, Rabat a fortement intensifié ses investissements et ses relations commerciales avec le reste du continent, surtout avec l’Afrique de l’Ouest.

Le dossier du Sahara n’est pas moins important que d’autres sujets brûlants que la communauté internationale dirigée par le nouveau président est appelée à considérer sérieusement. A l’image de toute la stratégie américaine au Moyen-Orient, le retour au statu quo ante pré-Trump sur ce dossier, serait une erreur, pire un danger.

A la complexité politique et sécuritaire de la géopolitique mondiale s’ajoute les effets de la crise sanitaire. Biden dispose de tous les leviers et de toutes les compétences pour déployer sa propre politique étrangère. Une politique à son image, juste, éclairée et pragmatique.

Maroc-Israël : La Déclaration tripartite de Rabat à l’ordre du jour du conseil ministériel israélien de ce dimanche

//

Keys points

  • Un conseil ministériel présidé par Netanyahu discutera ce dimanche de la déclaration tripartite fixant les termes de la reprise des relations diplomatiques entre Rabat et Tel-Aviv.
  • Compte tenu de l’importance de la déclaration commune, le ministère des Affaires étrangères israélien approuve la soumission de la déclaration conjointe à la Knesset pour approbation.
  • Le ministère de la Justice a confirmé également que rien n’empêchait de soumettre la déclaration conjointe à la Knesset pour approbation.
  • Le texte sujet d’approbation contient bien la reconnaissance des États-Unis de la souveraineté du Maroc sur «l’ensemble du Sahara occidental» et son soutien à la proposition «sérieuse, crédible et réaliste d’autonomie du Maroc comme seule base, pour une solution juste et durable au conflit du Sahara Occidental».
  • Il mentionne également «la position ferme du Royaume du Maroc à l’égard de la question palestinienne» ainsi que son importance.
  • La note explicative en annexe de l’ordre du jour révèle qu’il y a eu un différend concernant la réouverture des bureaux de communication à Tel-Aviv et Rabat.
  • Le conseiller juridique du gouvernement précise que la Déclaration commune sur l’établissement de relations diplomatiques, de paix et d’amitié avec le Royaume du Maroc «est une déclaration historique d’une grande importance politique».
  • En vue de l’urgence de la décision, le conseiller juridique souligne l’importance de l’achèvement les procédures de ratification avant fin janvier 2021.
  • Le Procureur général du Ministère des affaires étrangères et le Département du droit international des conseils et de la législation du ministère de la Justice affirment «qu’il n’existe aucun obstacle juridique à l’approbation de la résolution proposée».

The News :

Le bureau du premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a publié samedi sur le site du gouvernement l’ordre du jour du Conseil ministériel No40, via Zoom, du dimanche 24.01.2021 dans lequel figure l’approbation de la déclaration conjointe signée le 22 décembre à Rabat par Israël, les États-Unis et le Maroc.

Le document de neuf pages et constitué de l’annonce de l’ordre du jour, d’une note explicative ainsi que du scan de la déclarations tripartite signée devant le roi Mohammed VI en anglais et en hébreu.

La note explicative révèle que le gouvernement israélien n’a émit aucune objection juridique, politique ou budgétaire de cette déclaration, tout en soulignant l’urgence de sa ratification avant fin janvier 2021. Le seul point qui n’a pas été traité par les médias jusqu’à aujourd’hui, c’est l’existence de différend sur le point relatif à l’ouverture des bureaux de liaison. D’ailleurs, la note explicative ne donne aucun détail.

La déclaration qui sera très probablement approuvée ce dimanche par le Conseil ministériel sera présentée dans un deuxième temps pour approbation par la Knesset, le parlement monocaméral d’Israël.

Dans les coulisses :

Il a fallu quatre jours après l’investiture de Joe Biden pour qu’il ait eu le premier contact officiel entre la Maison Blanche Biden et le bureau du Premier ministre israélien.

Pendant la transition, l’équipe de Biden s’est abstenue de parler aux gouvernements étrangers.

En effet, le conseiller américain à la sécurité nationale Jake Sullivan s’est entretenu au téléphone ce samedi avec son homologue israélien Meir Ben Shabbat. Les deux responsables ont évoqué entre autres, le dossier iranien et les accords de paix entre Israël et les pays arabes.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ne cache pas sa préoccupation par l’objectif déclaré du président Biden d’essayer de reprendre l’accord nucléaire avec l’Iran. Une telle décision pourrait entraîner des tensions entre l’administration Biden et le gouvernement israélien, malgré une forme de prudence du secrétaire d’État «désigné» Tony Blinken qui avait souligné lors de son audience par le Sénat américain que les États-Unis consulteront Israël et les États du Golfe avant de prendre des décisions.

Driving the news :

Deux évènements importants en relation avec le dossier de la normalisation entre le Maroc et Israël ont survenu samedi:

  1. Conseil national du PJD avec un seul ordre du jour : Normalisation avec Israël

La tenue du Conseil national du Parti de la justice et du développement, PJD, parti islamique qui dirige le gouvernement marocain. Un conseil provoqué par la jeunesse du parti qui accuse son secrétaire général et Chef de Gouvernement de traitrise après sa signature de la déclaration conjointe annonçant la reprise des relations diplomatique entre Rabat et Tel-Aviv.

Les leaders du PJD ont tenu un discours ambigu, laissant croire que Saad Eddine El Otmani avait ratifié la déclaration de la normalisation avec Israël, non par conviction mais par devoir de Chef de gouvernement. «Ce n’est pas le Chef du parti qui avait signé mais le Chef de gouvernement» a-t-il laissé entendre.

Driss El Azami, membre du bureau politique du PJD, maire de la ville Fès, et dernier soutien de l’ancien Secrétaire Générale du Parti et ancien Chef de Gouvernement, Abdelilah Benkirane, a été encore plus ambigu en soulignant sa fierté de cette «victoire stratégique, décisive et historique du Maroc» et en affirmant son soutien inconditionnel et son appui ferme à la lutte et à la lutte de l’héroïque peuple palestinien contre «l’ennemi , l’occupant, le brut.». Un double discours qui caractérise l’ADN de ce parti dont le discours religieux n’a été que marketing et propagande.

  1. Manœuvres algériennes et fake news

La propagande algéro-polisarienne tente vainement de montrer une «zone de guerre», à travers des fake news, des «communiqués de guerre», des dépêches et des reportages quotidiens sur des «accrochages imaginaires».

Dans la soirée du samedi, le front séparatiste déboutée par la position de l’administration Trump, a fait publier un communiqué annonçant une attaque militaire contre le passage douanier de Guergarate situé entre le Maroc et la Mauritanie.

Rabat a réagit à cette communication en affirmant que malgré les harcèlements sans incidents des milices du «Polisario», la situation à Guerguarate était calme et normale, et que le trafic routier entre le Maroc et la Mauritanie, et au-delà vers l’Afrique subsaharienne, «n’est aucunement perturbé».

L’Algérie, qui vit une vacance de pouvoir enfant jour après jour le pays dans l’incertitude, tente tant bien que mal de faire pression sur la nouvelle administration américaine en créant une situation de crise armée.

La Proclamation américaine sur la marocanité du Sahara distribuée aux 193 Etats membres de l’ONU

Le texte de la Proclamation émise par le Président américain Donald Trump reconnaissant la souveraineté pleine et entière du Maroc sur son Sahara a été distribué aux 193 Etats membres des Nations-Unies, en tant que document officiel du Conseil de sécurité, dans les six langues officielles de l’ONU.

Dans une lettre accompagnant le texte de la Proclamation américaine, l’ambassadrice, Représentante permanente des Etats-Unis auprès des Nations-Unies, Kelly Craft, précise que le 10 décembre 2020, par cette Proclamation, le Président Donald J. Trump a reconnu que «l’intégralité du territoire du Sahara occidental fait partie du Royaume du Maroc».

Dans cette lettre, adressée au président du Conseil de sécurité et dont copie avait été aussi envoyée au Secrétaire général de l’ONU, Mme Craft souligne que la Proclamation américaine affirme que la proposition marocaine d’autonomie est «le seul fondement d’une solution juste et durable au différend portant sur le territoire du Sahara occidental».

En effet, la Proclamation réaffirme le soutien des Etats-Unis à «la proposition d’autonomie sérieuse, crédible et réaliste du Maroc comme seule base pour une solution juste et durable au différend sur le territoire du Sahara Occidental».

«Les États-Unis estiment qu’un Etat sahraoui indépendant n’est pas une option réaliste pour résoudre le conflit et qu’une véritable autonomie sous souveraineté marocaine est la seule solution possible», lit-on dans ce document historique.

«Nous exhortons les parties à engager des discussions sans délai, en utilisant le plan d’autonomie du Maroc comme seul cadre pour négocier une solution mutuellement acceptable», souligne encore la Proclamation américaine.

«Pour faciliter la réalisation de cet objectif, les États-Unis encourageront le développement économique et social avec le Maroc, notamment sur le territoire du Sahara occidental et, à cette fin, ouvriront un consulat sur le territoire du Sahara occidental, à Dakhla, afin de promouvoir les perspectives économiques et commerciales pour la région», ajoute-t-on.

La publication de la lettre de l’ambassadrice américaine intervient au lendemain de la tenue de la Conférence ministérielle de soutien à l’Initiative d’autonomie sous la souveraineté du Maroc, qui a été présidée par le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, et le Secrétaire d’État adjoint US en charge des questions du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord, David Schenker, avec la participation de 40 pays dont 27 au niveau ministériel.

Cette conférence a été l’occasion pour la communauté internationale d’exprimer, une fois de plus, son soutien fort et franc à l’initiative marocaine d’autonomie pour mettre fin au différend artificiel autour du Sahara marocain.

David T. Fischer : «Ce fut l’honneur de ma vie d’être l’Ambassadeur des États-Unis au Maroc»

Celui dont le nom restera à jamais gravé dans la mémoire collective des Marocains et dans les annales de l’histoire, David T. Fischer, quitte ses fonctions ce mercredi 20 janvier après une mission des plus euphoriques de sa carrière de diplomate. «Ce fut l’honneur de ma vie d’être l’Ambassadeur des États-Unis au Maroc, l’un des pays les plus merveilleux, les plus beaux et les plus hospitaliers du monde» a -t-il déclaré avec beaucoup d’émotion lors de son dernier point de presse tenu mardi à Rabat. Si les mandats de Samuel L. Kaplan et de Dwight L. Bush Sr. étaient intenses et difficultueux par moments, David T. Fischer est entré dans l’histoire en étant la haute personnalité américaine qui a apposé sa signature sur la carte complète du Royaume, rétablissant ainsi la vérité occultée par les néo-colonialistes et leurs sbires : la légitimité et la souveraineté complète du Maroc sur ses provinces du Sud, sur Son Sahara.

«Merci à tous d’être avec nous aujourd’hui. Le 20 janvier, dans deux jours à peine, mon mandat d’ambassadeur des États-Unis au Maroc arrive à son terme» a déclaré David T. Fischer, devant un parterre de journalistes venus immortaliser les adieux du haut diplomate américain qui s’est pleinement investi dans le rapprochement stratégique entre les deux pays alliés. Lequel rapprochement a été couronné par la reconnaissance des États-Unis de la souveraineté du Royaume du Maroc sur ses provinces du Sud, matérialisée par l’adoption d’une carte complète du Maroc par le gouvernement américain et par l’inauguration d’un consulat dans la ville de Dakhla.

«Ce fut l’honneur de ma vie d’être l’Ambassadeur des États-Unis au Maroc. Le Maroc est l’un des pays les plus merveilleux, les plus beaux et les plus hospitaliers du monde – et l’un des amis les plus importants et les plus anciens des États-Unis d’Amérique.» a poursuivi l’ambassadeur.

M. Fischer a par la suite défendu le bilan de son mandat qui a enregistré un bond historique dans les relations américano-marocaines. Intensité, richesse, défis, efficacité et satisfaction sont autant de qualificatifs qui décrivent l’action de l’ambassadeur en seulement 12 mois.

En effet M. Fischer a prêté serment en tant qu’Ambassadeur des Etats-Unis au Royaume du Maroc le 16 janvier 2020, et est arrivé au Maroc le 21 janvier 2020.

«Je suis arrivé au Maroc il y a exactement un an. Mon tout premier jour ici, j’ai eu l’honneur de rencontrer Sa Majesté le Roi Mohamed VI. Cette réunion a donné le ton à tout ce qui a suivi. Je tiens à remercier Sa Majesté pour les bases qu’il a jetées pour guider l’amitié américano-marocaine vers un partenariat toujours plus étroit», s’est-il félicité.

Et de poursuivre, «Ce partenariat est vieux de plusieurs siècles, à commencer par une étape incroyablement audacieuse et visionnaire du Maroc, lorsqu’il est devenu le premier pays au monde à reconnaître les États-Unis d’Amérique naissants».

«J’ai passé l’année écoulée à rendre la pareille, renforçant cette amitié au profit des deux pays» a reconnu l’ambassadeur américain.

Mon gouvernement a redessiné notre carte officielle pour reconnaître les véritables frontières du Maroc

La chaleur et la joie exprimées par les marocains à la suite de la décision de l’administration américaine de reconnaitre la souveraineté du Maroc sur son Sahara semble avoir marqué l’ambassadeur américain. Un moment d’union nationale qu’il a tenu à souligner lors de ce point de presse.

«L’histoire s’est de nouveau faite cette année lorsque je suis devenu le premier ambassadeur des États-Unis à visiter le Sahara marocain, après que mon gouvernement ait redessiné notre carte officielle pour reconnaître les véritables frontières du Maroc», s’est-il-félicité.

«Ce fut un immense honneur de visiter les provinces du sud. J’ai un profond respect pour la place spéciale qu’occupe le Sahara dans le cœur de tous les Marocains», reconnait M. Fischer.

Lorsque j’ai visité le sud du Maroc, a-t-il poursuivit, j’ai déclaré devant la presse que je souhaiterais acheter une villa à Dakhla. Je plaisantais à l’époque, mais maintenant que tout le monde me pose des questions sur ce sujet… Vous savez, ce n’est peut-être finalement pas une mauvaise idée.

«Le Maroc nous tient à cœur et le restera toujours. C’est un pays dont il est facile de tomber amoureux. La chaleur de ses habitants est tout simplement inégalée.» a déclaré M. Fischer

Et c’est non sans émotion que l’ambassadeur a avoué que le Maroc et les marocains allaient lui manquer.

«Le Maroc, nos amis marocains et la vie que nous avons faite ici nous manqueront, mais nous partons heureux, sachant que l’avenir du partenariat américano-marocain est devenu inébranlable et ne peut que se renforcer».

Avec Biden, les relations entre le Maroc et les USA seront entre de bonnes mains

M. Fischer s’est montré par la suite rassurant quant à l’impact de l’arrivée de l’administration Biden sur les avancées réalisées avec l’administration sortante.

«L’avenir du partenariat américano-marocain est aujourd’hui plus fort que jamais, et ne peut que se renforcer davantage», s’est réjoui l’ambassadeur.

«Alors que nous nous préparons à quitter le Maroc, je veux que vous sachiez que l’avenir des relations américano-marocaines sera entre de bonnes mains» a-t-il souligné.

«Je suis sûr à 100% que la nouvelle administration Biden nommera une personne hautement qualifiée pour occuper ce poste d’ambassadeur, quelqu’un qui s’appuiera sur tout ce que nous avons fait ensemble, et que les relations bilatérales ne feront que croître et prospérer ensemble comme elles l’ont fait pendant plus de deux siècles» a affirmé l’ambassadeur américain.

Coopération Sécurité Défense Maroc-USA : une feuille de route de 10 ans

Désormais, c’est une feuille de route de 10 ans qui structure les relations américano-marocaines. Signée en octobre 2020, elle représente le socle et le symbole du partenariat stratégique à long terme entre les deux pays.

«Au cours de l’année écoulée, le Maroc et les États-Unis sont devenus des partenaires encore plus proches sur une série de questions de sécurité» a déclaré M. Fischer.

2 Octobre 2020 – Le Maroc et les Etats-Unis signent un mémorandum d’entente dans le domaine de la coopération sécuritaire, qui a paraphé par le ministre délégué auprès du Chef du gouvernement chargé de l’Administration de la Défense nationale, Abdellatif Loudiyi, et le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper.

Cet engagement durable des États-Unis dans ses relations bilatérales avec le Maroc a été aussi matérialisé par un investissement de 312 millions dollars pour la construction d’un nouveau consulat dans le nouveau quartier résidentiel et d’affaires de la capitale économique, Casablanca et dont la pose de la première pierre s’est déroulée le 3 décembre 2020.

L’inauguration de ce nouveau consulat «démontre également notre soutien à l’avenir du Maroc en tant que porte d’entrée pour toute l’Afrique. Le Maroc est bien placé pour tirer parti de ses nombreux atouts importants, et les États-Unis sont fiers d’investir dans cet avenir» a souligné l’ambassadeur américain.

M. Fischer a annoncé dans le même registre que son pays prévoit de célébrer en 2021 le 200e anniversaire du don du Maroc de l’unique bâtiment historique américain hors des Etats-Unis, la «Légation américaine de Tanger». Il s’agit de la plus ancienne représentation diplomatique des Etats-Unis dans le monde dont l’édifice a été offert en 1821 par le Sultan Moulay Slimane.

M. Fischer a tenu par ailleurs à illustrer la qualité de coopération entre les deux pays en dévoilant le partenariat réussi dans la sécurisation de Tanger-Med.

« J’ai eu l’occasion de voir de mes propres yeux comment le Maroc et les États-Unis travaillent ensemble pour sécuriser le port Tanger-Med, l’un des plus grands ports à conteneurs au monde. J’ai visité l’installation portuaire et observé l’une des deux unités mobiles de numérisation, que les États-Unis ont fait don au Maroc en 2017 pour un coût de 4,5 millions de dollars. Ces unités aident désormais à inspecter les conteneurs et les véhicules de tourisme, assurant la sécurité du Maroc et la fluidité de son commerce» a-t-il révélé.

Réconciliation entre le Maroc et Israël

L’ambassadeur américain a évoqué dans son allocution la reprise des relations entre Rabat et Tel-Aviv sous l’égide du président américain Donald Trump. Un évènement qu’il a qualifié d’historique qui devrait contribuer à la stabilité de la région et la création de nouvelles opportunités commerciales.

«L’histoire entre nos deux pays est remplie d’événements importants, et je crois que nous avons encore fait l’histoire cette année, plusieurs fois’est-il félicité.

«Nous avons favorisé une réconciliation entre le Maroc et un autre de nos plus proches alliés, Israël. Le président Trump a fait cette annonce il y a seulement un mois, le 10 décembre, et beaucoup de choses se sont produites depuis lors.» a-t-il rappelé.

M. Fischer a précisé que le Maroc et Israël ont rouvert leurs bureaux commerciaux, qui deviendront bientôt des ambassades à part entière.

«Les hommes d’affaires et les investisseurs en Israël s’adressent déjà à leurs homologues marocains, cherchant à faire des affaires ici. Bien sûr, le tourisme en provenance d’Israël fleurira», s’est-il réjouit.

Covid, Culture, langue anglaise, entreprenariat, Competencies, Capabilities et ALE les principaux axes d’actions de coopération

Dans le tableau des réalisations de David T. Fischer et de ses équipes figurent les divers projets qui s’inscrivent dans le soutien apporté par les États-Unis au Maroc dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la formation professionnelle et l’entreprenariat.

M. Fischer a rappelé dans ce sens que le gouvernement américain a investi, par le biais de l’Agence américaine pour le développement international (USAID), plus de 9,5 millions de dollars dans la réponse du Maroc à la pandémie COVID-19.

«Lorsque le COVID-19 est arrivé au Maroc, j’ai immédiatement donné la priorité à aider le Royaume à faire face de la pandémie, avec une assistance ciblée pour soutenir les personnes les plus vulnérables du Maroc» a déclaré l’ambassadeur.

M. Fischer révèle que l’USAID a travaillé avec le ministère de la Santé et d’autres partenaires pour sensibiliser le public au COVID-19, pour former des agents de santé et pour fournir du matériel d’hygiène et du matériel de laboratoire.

«Le Département d’État américain et le Département de la défense ont également acheté des équipements de protection pour les laboratoires nationaux du Maroc. Je suis fier d’avoir soutenu le Maroc dès le début, dans sa bataille réussie contre la pandémie.» s’est-il félicité.

Au cours de l’année écoulée, j’ai visité presque tous les coins du Maroc, à la recherche de moyens d’améliorer notre coopération et de renforcer les liens entre nos deux grandes nations. Mon objectif a été de faire comprendre au Maroc que l’Amérique investit massivement dans cette amitié et croit fermement en notre avenir.

David T. Fischer, ambassadeur des etats-unis au Maroc

L’ambassadeur s’est également arrêté sur la coopération bilatérale dans les domaines de l’éducation et de la culture, rappelant que les deux parties ont oeuvré ensemble pour préserver «le patrimoine culturel inégalé du Maroc», notamment la signature d’un accord visant à protéger «les objets culturels marocains contre le vol et la contrebande».

«La culture marocaine est incroyablement riche, et les États-Unis sont fiers d’aider les générations futures à vivre l’histoire culturelle du Maroc dans son intégralité», a dit le diplomate.

Sur le plan de l’éducation, M. Fischer dit avoir écouté les attentes des marocains pour l’apprentissage de la langue anglaise et d’avoir agi. Il affirme à ce sujet, que grâce à un partenariat étroit avec le ministère de l’Éducation, l’USAID a pu obtenir un montant record de financement pour l’enseignement de l’anglais dans les écoles publiques au Maroc.

«Je suis également fier d’avoir soutenu le pacte de 450 millions de dollars de la Millennium Challenge Corporation avec le Maroc. Ce partenariat renforce la sécurité foncière et l’éducation des futures générations de Marocains et crée 12 nouvelles zones industrielles.» a-t-il poursuivit.

David et Jennifer Fischer chez Abdellatif Hammouchi

Après cette conférence de presse, David T. Fischer accompagné de son épouse Jennifer Fischer a tenu à faire ses adieux en personne à Abdellatif Hammouchi, directeur général de la DGSN et de la DGST.

Lors de cette entrevue qui s’est déroulée au siège de la DGSN à Rabat, l’ambassadeur a tenu à exprimer «son profond respect et sa grande reconnaissance envers le corps sécuritaire marocain pour sa forte contribution à la consolidation de la coopération américano-marocaine, en particulier dans le domaine de la lutte contre le terrorisme».

L’ambassadeur a réitéré par la même occasion sa fierté pour le rôle qu’il a lui-même pu jouer dans le dossier du Sahara marocain et pour l’appui qu’il a pu apporter au plan d’autonomie proposé par le Royaume.

Il est à rappeler que M. Fischer avait préparé avec M. Hammouchi la visite haute en symbole du Secrétaire d’Etat américain et ancien Directeur de la CIA Mike Pompeo au siège de la DGST. Une rencontre qui avait réuni de hauts responsables des deux parties.

Reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur son Sahara : Les États-Unis poursuivent leur engagement

/

Conformément à la proclamation de l’administration américaine sur la reconnaissance de la souveraineté du Royaume du Maroc sur le Sahara, le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, a annoncé le début effectif du processus d’ouverture d’un consulat américain à Dakhla, avec l’inauguration «immédiate» d’un poste de présence virtuelle.

Le 10 décembre dernier à l’issue d’un entretien téléphonique entre Donald Trump et le Roi Mohammed VI, le Président américain a annoncé la décision historique des Etats-Unis de reconnaître la souveraineté pleine et entière du Royaume sur son Sahara, matérialisée par l’ouverture d’un consulat américain à Dakhla.

Pour affirmer sa détermination et son engagement, l’administration américaine, par le biais de son département d’État, annonce le mercredi 24 décembre le démarrage du processus d’ouverture du consulat US à la ville de Dakhla situé au cœur du Sahara Marocain.

«Conformément à la proclamation du président Trump sur la reconnaissance de la souveraineté du Royaume du Maroc sur le Sahara, le département d’État annonce qu’il a entamé le processus de création d’un consulat américain dans la région», a indiqué le Secrétaire d’Etat américain, Pompeo dans un communiqué.

«Avec effet immédiat, nous inaugurons un poste de présence virtuelle», a affirmé le chef de la diplomatie américaine, notant que ce poste, qui sera axé sur la promotion du développement économique et social, sera bientôt suivi d’un consulat pleinement opérationnel.

Ce poste de présence virtuelle sera géré par l’ambassade des États-Unis à Rabat, a-t-il précisé.

Mike Pompeo a, d’autre part, souligné que les États-Unis attendent avec intérêt cet engagement accru et continueront à soutenir les négociations politiques pour résoudre les problèmes entre le Maroc et le polisario dans le cadre du plan marocain d’autonomie.

Réagissant à l’annonce de Mike Pompeo, le représentant spécial pour les relations internationales de Trump, Avi Berkowitz et qui a fait partie de la délégation américano-israélienne reçue par le Roi Mohammed VI a écrit sur Twitter : «Ravi pour l’ouverture prochaine du bureau du consulat à Dakhla au Maroc. Notre voyage au Maroc a été un moment important dans les relations américano-marocaines ».

https://twitter.com/aviberkow45/status/1342483098710269954
1 2 3 15