Nasser Bourita marque de son empreinte la nomination des nouveaux ambassadeurs

Lors du Conseil des ministres tenu à Casablanca le dimanche 25 juin 2017, le Roi Mohammed VI a approuvé la nomination de 13 nouveaux ambassadeurs désignés dans plusieurs capitales du monde. Des chancelleries vacantes ont été pourvues, d’autres renforcées et des missions créées. Cette nouvelle valse de nominations porte l’empreinte du nouveau ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita.

Dans le cadre de la nouvelle politique africaine menée par le royaume et le retour du Maroc au sein de l’Union africaine, il était nécessaire de donner une nouvelle impulsion à cette dynamique par la nomination des profils adéquats aux postes diplomatiques sensibles. Rabat vient ainsi de créer une nouvelle mission diplomatique, à savoir la représentation permanente du royaume auprès de l’union africaine, indépendante de l’ambassade du Maroc à Addis Abeba. Elle a été confiée à Mohamed Arrouchi, actuel consul général du Maroc à Strasbourg, qui a longtemps roulé sa bosse au sein du service central du ministère des Affaires étrangères et dans les missions diplomatiques du royaume à Vienne, New York et Genève

De son côté, la mission du Maroc en Mauritanie est demeurée vacante depuis le décès de Abderrahmane Benomar. Le poste est revenu à l’ambassadeur du Maroc au Ghana, Hamid Chabar, plusieurs fois Wali et ambassadeur. Poste hautement sensible, Chabar dispose du profil diplomatico-sécuritaire idoine afin de remplir la mission pour laquelle il a été affecté. Ancien gouverneur et Wali dans les provinces du sud, directeur central au ministère de l’Intérieur, numéro 2 de la mission du Maroc à New York, Hamid Chabar aura la difficile tâche de remettre sur les rails les relations entre Rabat et Nouakchott. Il lègue son poste à Akkra à Mohamed Ferhat, ancien second d’ambassade à Pékin et à Paris et ancien chef de division à la direction Afrique au service central.

L’ancien bras droit de Lalla Joumala à Londres, Othmane Bahnini, est propulsé ambassadeur à Lisbonne, au Portugal. Il y succède à Karima Benyaïch désignée chef de la mission diplomatique du Maroc à Madrid en lieu et place de son frère, Fadel, muté à Bucarest en tant qu’ambassadeur plénipotentiaire et extraordinaire du royaume auprès de la Roumanie. D’aucuns parleront de disgrâce pour l’ancien chargé de mission au Cabinet Royal, mais l’apparition de ce dernier aux côtés des conseillers royaux lors de la présentation des vœux de l’Aid al-Fitr prouve que le choix du camarade de classe de Mohammed VI pour Bucarest relève d’un redéploiement en force de la diplomatie marocaine en direction de l’Europe de l’Est et non pas une sanction à l’encontre du fils de feu le docteur Benyaïch, médecin particulier de Hassan II.

La mission du Maroc à Genève, laissée vacante depuis la nomination de Mohamed Aujjar à la tête du ministère de la Justice dans le gouvernement El Othmani, a désormais un locataire. Omar Zniber, diplomate de carrière, ancien ambassadeur à Berlin et Vienne, est le nouveau représentant permanent du royaume auprès du bureau des Nations unies à Genève. Compétent et affable, Omar Zniber diligentera, à l’international, tous les aspects politiques et juridiques ayant trait aux droits de l’homme au Maroc.

La grande surprise nous vient de Pékin. Le nouvel ambassadeur du Maroc en Chine, qui a roulé sa bosse dans les plus grandes capitale du monde, coulait des jours heureux et tranquilles dans sa retraite. Aziz Mekouar, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a fait presque toute sa carrière diplomatique à l’extérieur du royaume. Ambassadeur à Luanda, Lisbonne, Rome et Washington, il a été admis il y a quelques années à faire valoir ses droits à la retraite. Repêché par  son oncle maternelle Othmane Benjelloun, il est administrateur de BMCE Bank et conseiller du président. En 2016, à l’occasion de la tenue de la COP22 à Marrakech, Salaheddine Mezouar fait appel à ses services en qualité d’ambassadeur chargé des négociations multilatérales. Sa double casquette de “diplomate-banquier” est une chance pour le Maroc en vue de booster les relations économiques entre Rabat et Pékin. Et avec plus de 40 ans d’expérience dans le circuit diplomatique à son actif, les autorités chinoises n’auront certainement aucun mal à collaborer avec ce chevronné de la négociation.

Par ailleurs, il était nécessaire de faire fondre la glace entre Rabat et Ryad dont les relations bilatérales, sur le plan diplomatique s’entend, ne sont pas au beau fixe. Le choix de Mustapha Mansouri est éminemment politique. Membre du bureau politique du RNI, ancien ministre, ancien Président de la Chambre des représentants, ancien patron du parti de Aziz Akhannouch, et proche de ce dernier, la nomination de Mansouri en Arabie saoudite fera l’unanimité à Ryad qui considérera ce choix comme un signe de bonne volonté de la part de Rabat et une main tendue pour une normalisation des relations bilatérales. Le poste ne pouvait pas demeurer vacant depuis le départ à la retraite de Abdeslam Baraka, surtout après la nomination d’un nouveau prince héritier, en la personne de Mohamed Ben Salmane, nouvel homme fort de l’Arabie saoudite. Il était nécessaire et urgent de combler ce vide, et Mustapha Mansouri dispose des qualités personnelles et subjectives pour cette mission hautement stratégique. Frère de Mansouri Benali, chargé de mission au Cabinet royal et du général Mimoun Mansouri, patron de la Garde royale, lui-même beau-père de Abdelaziz Alaoui, frère du Chambellan du Roi, Sidi Mohamed Alaoui, Mustapha Mansouri est un pur produit de l’Establishment.

LE1

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