Aziz Akhannouch

Ahmed Rahhou bloque la loi Rabbah sur le Gaz Naturel

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C’est un niet officiel du successeur de Driss Guerraoui à la tête du Conseil de la Concurrence au sujet du projet de loi n° 94.17 relatif au secteur aval du gaz naturel. Lequel projet de loi avait été initié par Aziz Rabbah, il y a exactement cinq ans. L’ancien ministre PJDiste voulait donner à une seul et unique société privée le monopole du transport gazier et de limiter le droit d’importation de cet hydrocarbure à l’ONEE et aux distributeurs (Afriquia, Vivo Energy et Total entre autres).

Neuf mois après sa nomination, Ahmed Rahhou s’attaque à l’un des dossiers brulants que lui a laissé son prédécesseur, débarqué manu militari pour «très mauvaise gestion» de l’affaire de l’entente sur les prix des hydrocarbures. Le dossier en question est le projet de loi n° 94.17 relatif à la régulation du secteur aval du gaz naturel.

Il faut revenir au contexte de l’élaboration de ce texte de loi fin 2017. Le Maroc venait d’organiser la COP22, un évènement qui représentait le fruit d’une décennie d’investissement et d’engagement en matière de transition énergétique et d’énergie propre. De plus, le marché des hydrocarbures constatait une offre abondante du GNL (Gaz Naturel Liquéfié), favorisée, entre autres, par la rentrée en opération de nouvelles capacités de liquéfaction et d’exportation, principalement en Australie, aux Etats Unis et en Russie. Une situation que le Roi Mohammed VI avait anticipé en mettant la pression sur le gouvernement Benkirane II pour élaborer un plan national pour le développement du gaz naturel. Et last but not least, le Royaume voulait disposer de sources alternatives d’importation du gaz en provenance d’Algérie dont les contrats expiraient en 2021.

Aziz Rabbah, alors ministre de l’Energie et des Mines, présente le 08 décembre 2017, le projet de loi n° 94.17 sensé régulé et organisé ce nouveau secteur juteux. Dans la note d’information de ladite loi, le ministre rappelle le contexte de son élaboration et ses objectifs.

«En raison des grands changements qui se produisent au niveau international en matiere d’approvisionnement énergétique et de protection de l’environnement, notre pays a adopté une stratégie visant la sécurisation de son approvisionnement en énergie au moindre cout, tout en assurant sa transition énergétique avec prévoyance et pragmatisme», ainsi a été exprimée l’introduction de la note d’information.

«A cet égard, et afin d’assurer les besoins croissants en énergie le Maroc s’est fixé comme objectif, en plus du développement des energies renouvelables, la diversification des combustibles, en augmentant la part du gaz naturel dans le mix énergétique» poursuit le document. Et ce, pour les principales raisons suivantes :

  • Disposer de sources alternatives d l’importation du gaz en provenance d’Algérie a travers Ie Gazoduc Maghreb Europe. Les contrats et accords qui encadrent cette importation arriveront à échéances en 2021 ;
  • Répondre aux besoins croissants du pays en électricité a moyen et long termes, et qui évoluent avec un taux de croissance annuel de près de 6%;
  • Diversifier ie mix électrique, ou sa production est actuellement dominée par l’utilisation du charbon;
  • Répondre aux contraintes techniques resultant de la montée en puissance des energies renouvelables dans la production d’électricité étant donné Ie manque de régularité naturelle de ces energies ;
  • Assurer la stabilité du système électrique national en utilisant les technologies de cycle combiné consommant Ie gaz naturel, ce qui permet une plus grande souplesse ;

La note d’information rappelle «l’approbation par le Souverain de la feuille de route du plan national pour le développement du gaz naturel lancée le 16 Décembre 2014. Lequel plan visait, entre autres, la réalisation d’un projet intégré appelé « Gas To Power » comprenant un terminal à Jorf Lasfar pour l’importation de gaz naturel liquéfié (GNL) pour alimenter les centrales électriques et fournir certaines industrie».

Rabbah voulait verrouiller le marché du gaz naturel au profit de quelques «happy few»

Dans sa conception de la régulation du secteur aval du gaz naturel, Aziz Rabbah prévoyait de donner sa gestion à une seule et unique société privée qui porterait le nom de la Société de Transport du Gaz Naturel (STGN) et à limiter l’importation du gaz et sa vente à à l’ONEE aux distributeurs gaziers dont les leaders Afriquia, Vivo Energy et Total, qui concentrent à eux trois près de 60 % de parts de marché avaient «plaidé coupable» dans le scandale de entente sur les prix des carburants.

En effet, dans les articles 8, 10, 11, 12 et 13 du projet de loi n° 94.17, Aziz Rabbah instaurait le monopole de la STGN sur le transport du gaz naturel. La SGTN qui, en vertu d’une concession attribuée par l’Etat, d’une durée de 25 ans renouvelable une seule fois, devait assurer le développement, le financement, la construction, l’exploitation et la maintenance de tout ouvrage de transport de gaz naturel sur l’ensemble du territoire. Le texte prévoyait aussi, une possible participation étatique au capital de la SGTN en apportant ses actifs constitués par les gazoducs existants appartenant à l’État.

Tandis que l’article 9 stipulait que « l’exercice des activités d’importation du gaz naturel ou du gaz naturel liquéfié et d’achat du gaz naturel auprès des producteurs locaux sont réservés exclusivement aux distributeurs et à l’Office National de l’Electricité et de I’Eau Potable ».

Ahmed Rahhou : «Établir des monopoles et octroyer des exclusivités auront un impact négatif sur le développement du secteur», REFAITES VOTRE COPIE !

Le nouveau président du Conseil de la Concurrence, Ahmed Rahhou, six jours après s’être exprimé, avec des pincettes certes, sur un autre sujet délicat, les huiles de tables, un secteur qui connait fort bien, vient de publier ce jeudi son avis sur la loi° 94-17. Et il est défavorable.

Politiquement, M. Rahhou sait qu’il est sur un terrain glissant, en raison de la grosse polémique qui a concerné, aussi, les hydrocarbures et qui a couté la place à son prédécesseur. Une affaire qui s’est transformée en une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête de l’actuel Chef de Gouvernement, avec tout son lot de mauvaise presse, entachant l’image de l’institution dont Rahhou tient aujourd’hui les rênes.

Le communiqué de Rahhou, repris dans une dépêche de la MAP, a été clair et sans ambiguïté : «le Conseil de la concurrence recommande la reprise de la rédaction du projet de loi en vue de l’harmoniser avec les règles relatives au libre jeu de la concurrence, telles qu’édictées par la loi n° 104.12 relative à la liberté des prix et de la concurrence». Et bien sur dans la ligne de mire du Conseil figurent les articles sus-cités, stipulant le monopole de la distribution et l’exclusivité à l’approvisionnement et à la vente.

«Étant donné que le secteur du gaz naturel n’est pas encore établi, il est impératif de profiter des bienfaits de la concurrence sur ce marché et d’éviter, dès la mise en place initiale de ce secteur, de figer des positions, d’établir des monopoles et d’octroyer des exclusivités qui auront un impact négatif sur le développement du secteur», souligne le Conseil.

Ahmed Rahhou a également pointé du doigt le manque de visibilité et la prévisibilité du projet de loi° 94-17. Il a recommandé à ce titre de clarifier et de préciser certaines dispositions « en vue de disposer d’un cadre juridique stable, équitable et attractif et de renforcer sa prévisibilité afin d’adresser des signaux rassurants aux investisseurs nationaux et étrangers dans le secteur du gaz naturel ».

Le Conseil a tenu à souligner l’importance de «garantir le libre jeu de la concurrence sur le segment transport et stockage», estimant «qu’il ne serait pas indiqué d’hypothéquer le développement du marché du gaz naturel par la seule technologie de transport via les gazoducs».

En conséquence, le Conseil de Rahhou «recommande de ne pas octroyer le monopole sur la totalité des prestations et des moyens de transport car il portera atteinte à la concurrence sur un marché embryonnaire et empêchera le développement rapide du secteur du gaz naturel au Maroc».

«Il est question, en outre, de garantir le libre jeu de la concurrence sur le segment distribution, en évitant d’octroyer des exclusivités de distribution régionales et en encourageant les opérateurs à réaliser les ouvrages de distribution» martèle l’avis du Conseil de la Concurrence.

Par ailleurs, les équipes de Rahhou ont émis d’autres recommandations d’ordre technique, juridique et organisationnel, notamment le risque de chevauchement des prérogatives entre le Conseil de la Concurrence et l’ANRE :

  • Remplacer le système d’autorisation par un système de déclaration,
  • Permettre au producteur local d’être exempté de l’autorisation d’importation,
  • Veiller au respect du principe de séparation des activités,
  • Garantir l’indépendance du ou des gestionnaires de Réseau de Transport (GRT) et des infrastructures lourdes (le stockage) vis-à-vis des structures de fourniture et de production,
  • Harmoniser de la loi n° 21.90 portant code des hydrocarbures avec le projet de loi relatif au gaz naturel,
  • Mettre en place une régulation ex-ante forte et éviter les chevauchements de compétences entre l’Agence Nationale de Régulation de l’Électricité (ANRE) et le Conseil de la concurrence,
  • Revoir en profondeur la rédaction du projet de loi concernant les compétences de l’ANRE,
  • Consacrer la protection des droits des consommateurs,
  • Concilier entre les impératifs liés aux contrats à long terme des concessions conclus en vertu de la loi n° 21.90 portant code des hydrocarbures et le respect de l’ordre public concurrentiel et garantir à tous les utilisateurs l’accès non-discriminatoire et transparent au réseau de transport.

La balle est maintenant dans le camp de l’exécutif et du législatif pour sortir enfin cette loi qui aurait dû voir le jour il y a des années. Entre la vision du Roi Mohammed VI exprimée publiquement en 2014 et aujourd’hui, sept années se sont écoulées. Le marché du GNL sature et depuis moins de deux années, une nouvelle compétition énergétique globale s’intensifie : la course à l’hydrogène décarboné.

L’hydrogène décarboné est aujourd’hui au cœur des initiatives de recherche publiques et privées des grandes puissances. Car il répond à l’ensemble des enjeux environnementaux, technologiques et économiques du moment.

Nous constatons avec regret, l’inertie de notre machine à légiférer qui fait perdre au pays des années de croissance et de développement. Nous ne pouvons qu’espérer que notre nouveau Chef de Gouvernement, Aziz Akhannouch, soit plus alerte et plus performant que ses prédécesseurs sur le sujet crucial de la souveraineté énergétique du Royaume.

Tourisme : Fatim-Zahra Ammor, une énième erreur de casting

Depuis l’échec du plan Azur, s’est succédé sur le tourisme au Maroc des ministres ayant pour point commun, l’erreur de casting. Après Boussaid, Sajid, Haddad, c’est autour de Fatim-Zahra Ammor, une protégée de Aziz Akhannouch, de s’ajouter à cette longue liste de responsables qui acceptent des mandats en décalage avec leurs compétences. La nouvelle ministre est désormais pointée du doigt pour son manque d’écoute à un secteur sinistré, ses voyages injustifiés et coûteux et last but not least son mépris pour les Marocains et la Loi.

En Mars 2019, bien avant le Covid, Médias24 avait publié un article au titre sans équivoque «Tourisme : Mohamed Sajid, une erreur de casting ?». Notre confrère expliquait comment l’ancien maire de Casablanca causait par l’absence de leadership et de réformes un profond malaise au sein de la profession.

Trois mois après la nomination Fatim-Zahra Ammor, le malaise est encore plus grand au sein du secteur. Cette ancienne directrice marketing du groupe Akwa et directrice générale du festival Timitar de Aziz Akhannouch donne depuis le premier jour des signes alarmants au sujet de sa capacité à prendre en main un secteur aussi sinistré que le Tourisme.

« Alors que les hôteliers et autres professionnels du tourisme sont à genoux, la ministre multiplie les déplacements inutiles (Dubaï et Madrid) et snobe les opérateurs », s’est confié un grand hôtelier à la rédaction de Maghreb Intelligence. C’est d’ailleurs ce même support qui a révélé le double scandale du dernier voyage de la ministre du Tourisme en Espagne.

La chouchoute de Aziz Akhannouch a fait fi de la décision des autorités marocaines de suspendre pour deux semaines les liaisons aériennes et maritimes avec l’étranger pour contrer la propagation du variant Omicron et s’est envolée à Madrid le 29 novembre à la tête d’une délégation de 52 personnes pour assister à l’assemblée générale de l’OMT, le jour même de l’entrée en vigueur de la décision de fermeture des frontières.

Il n’y a pas d’autres qualificatifs à ce comportement de la ministre que celui de mépris de la loi et des Marocains. Surtout qu’elle était consciente que ni elle ni ses accompagnateurs ne pouvaient rentrer par voie normale au pays.

Toujours selon, le site d’information Maghreb Intelligence, la ministre du Tourisme Fatim-Zahra Ammor et sa délégation (une cinquantaine de personnes) qui l’a accompagnée à Madrid ont pu être rapatriés au frais du contribuable entre le samedi et le dimanche derniers. Au moment où des milliers de Marocains se sont retrouvés piégés à l’étranger dans un silence coupable du gouvernement Akhannouch.

Cet incident a dévoilé au grand jour le fonctionnement de l’entourage Akhannouch habitués aux privilèges, aux passe-droits et aux gabegies. A ce titre, la ministre du Tourisme, a séjourné durant tout une semaine dans les plus grands hôtels de la capitale ibérique, se permettant le luxe d’offrir un dîner pour 500 personnes à Madrid, dans le mépris total envers le contribuable et les règles sanitaires.

«La ministre a même raté l’habituel conseil du gouvernement du jeudi où elle devait présenter pour approbation un décret concernant l’exercice des métiers de l’artisanat», indique Maghreb Intelligence.

Fatim-Zahra Ammor : ni vision, ni stratégie, ni plan d’action, ni écoute des professionnels

Alors le que le Tourisme passe par la plus grave crise de son histoire, que la saison des fêtes de fin d’année a été ruinée par la décision du gouvernement de fermer les frontières du pays, que les premiers opérateurs du low-cost EasyJet et Ryanair ont décidé de suspendre leurs activité au Royaume, Aziz Akhannouch impose au secteur une dame qui a géré le marketing d’Afriquia Gaz et l’organisation d’un festival annuel. Ne fallait-il pas un profil à même de répondre aux doléances des opérateurs agonisants et imaginer des pistes de sortie?

Que fait Fatim-Zahra Ammor à Madrid ? Pourquoi a-t-elle organisé l’AG de l’ONMT en Espagne et pas au Maroc? Les centaines de milliers d’euros dépensés dans les hôtels et restaurants espagnols n’auraient-ils pas été salvateurs pour les opérateurs nationaux ?

«La crise du Covid-19 était une opportunité pour le secteur» a-t-elle dit devant ses 500 invités du luxueux hotel madrilène. C’est plus qu’un écart de langage ou une maladresse c’est de l’ignorance, du mépris et de l’incompétence.

Les professionnels du secteur du tourisme avaient tiré la sonnette d’alarme suite à la présentation par la ministre de son budget 2022. Se confiant à Médias24, de grands opérateurs ont jugé la réponse du Fatim-Zahra Ammor décalée à la gravité de la situation.

« En réalité, nous avons besoin d’avoir un plan qui répondra à deux questions simples, à savoir comment sauver ce qui peut l’être et comment provoquer une véritable reprise d’activité, car une fois encore, ce qui a été proposé par la ministre aurait pu l’être en 2017 ou 2018. Au final, ce plan manque d’ambition et de moyens financiers ; ils ne sont pas du tout à la hauteur de notre réalité qui a besoin urgemment d’un vrai plan Marshall, alors qu’on lui propose un simple ectoplasme qui ne fera qu’aggraver la situation du secteur », s’est désolé l’opérateur sollicité par Médias24.

Aziz Akhannouch dépassé par la évènements

Le Royaume fait face à d’importants et multiples défis. Aziz Akhannouch donne des signes d’un homme dépassé par les évènements.

Piloter un gouvernement et espérer mettre en oeuvre un nouveau modèle de développement, demande de la sagesse, de l’écoute, de la célérité d’exécution et surtout des femmes et des hommes compétents et disciplinés travaillant en équipe.

Avant d’aller chercher une hypothétique cohésion auprès des partenaires politiques de sa majorité gouvernementale, Akhannouch aurait du appliquer, tout d’abord, une cohérence entre la position diplomatique et militaire de son pays et son business avec les algériens, et d’instaurer la cohésion entre des ministres de son propre parti.

Akhannouch : le Maroc connaît une abondance de denrées alimentaires et une stabilité des prix des produits locaux

Le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a affirmé, jeudi à Rabat lors d’un Conseil de gouvernement tenu en visioconférence, que le Maroc connaît une abondance de denrées alimentaires et enregistre une stabilité des prix des matières produites localement, voire même une baisse dans certains cas.

MAP

Le ministre délégué chargé des Relations avec le parlement, Porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, a déclaré lors d’une conférence de presse à l’issue de ce Conseil, que Aziz Akhannouch avait précisé que «ces matières sont nombreuses et variées, comme le sucre, la farine, les légumes, les fruits, la viande et le lait».

«D’autres produits, qui dépendent de matières premières dépendant des cours internationaux, connaissent des fluctuations dues à la situation mondiale», a souligné le Chef du gouvernement.

«Le gouvernement est soucieux de fournir les produits et de surveiller leurs prix», a expliqué Akhannouch, appelant les ministres concernés à intensifier les procédures de surveillance et de contrôle afin d’assurer l’approvisionnement des produits dans des conditions saines et sans dysfonctionnements.

«Tous les pays du monde assistent à une reprise économique, après la période de stagnation de l’économie mondiale due à la pandémie, qui a entraîné une augmentation de la demande ayant affecté considérablement l’abondance des produits et les cours sur le marché mondial», a noté M. Akhannouch.

«Optimisme dans la Responsabilité» tel est le chemin tracé par le Roi Mohammed VI pour la nouvelle législature

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Key Points :

  • Ce vendredi 8 octobre le roi Mohammed VI a adressé un discours au Parlement à l’occasion de l’ouverture de l’année législative qui coïncide avec la nomination d’un nouveau gouvernement issu des élections du 8 septembre.
  • Le discours royal dénote par son ton optimiste et son appel au rassemblement et à la mutualisation des efforts autour des priorités stratégiques en ce qui concerne le développement et la souveraineté.
  • Le souverain a donné un diagnostic positif et encourageant concernant la gouvernance du pays et de sa résilience face à la pandémie tout en alertant les marocains sur la conjoncture internationale qui «charrie dans son sillage défis, risques et menaces».
  • Le roi a utilisé le terme «sécurité stratégique» pour qualifier les risques d’approvisionnement des produits alimentaires, sanitaires et énergétiques et a appelé à la création d’un dispositif national intégré pour s’en prémunir.
  • Alors que le nouveau Chef de gouvernement avait qualifié durant sa campagne le nouveau modèle de développement de projet sur le long-terme préférant mettre en avant son programme électoral, le roi Mohammed a tenu à recadrer le gouvernement Akhannouch en appelant l’actuelle législature «à marquer le départ d’une dynamique volontariste ambitieuse incarnant l’intelligence collective des Marocains, en relation avec l’opérationnalisation du NMD».
  • Le sujet du Haut-Commissariat au Plan a été mis sur la table par le souverain appelant à sa refonte substantielle et à sa modernisation. Serait-il un signal de la fin du règne de l’indéboulonnable Ahmed Lahlimi sur cet institution, source de querelles interminables avec le gouvernement et Bank Al-Maghrib.

L’évènement

Le Roi Mohammed VI accompagné du Prince Héritier Moulay El Hassan et du Prince Moulay Rachid, a adressé, vendredi, un discours au Parlement à l’occasion de l’ouverture de la 1ère session de la 1ère année législative de la 11ème législature. Un discours très attendu au lendemain de la nomination du nouveau gouvernement présidé par Aziz Akhannouch.

Le souverain va donner le ton en décidant le non port du masque durant le discours par les princes Moulay El Hassan et Moulay Rachid. Une première depuis le début de la pandémie en mars 2020 tout en choisissant des versets du Coran qui s’apparentent plus à des prières de succès et de réussite qu’à des paroles moralisatrices.

Le roi Mohammed VI va d’emblée se féliciter du succès des dernières élections que se soit en terme d’organisation, et cela concerne le travail d’Abdelouafi Laftit, qu’en terme de taux de participation et d’alternance politique. Le roi a qualifié ce scrutin de «victoire du choix démocratique fait par le Maroc, ainsi que la normalité des alternances dans la gestion des affaires publiques».

A cet égard, Nous tenons à saluer la bonne organisation des dernières élections : elles se sont déroulées dans un climat positif et ont été marquées par une large participation, notamment dans nos Provinces du Sud.

Roi Mohammed VI

A ce titre, le roi a tenu à souligner son équidistance des formations politiques et sa neutralité quand au jeu politique : «Nous, ce qui importe, ce n’est pas que telle formation ou telle autre remporte les élections : Nous accordons en effet un intérêt équivalent à tous les partis.» a-i-il insisté.

Point focal : Trois priorités stratégiques

Tout en gardant un ton positif, le roi Mohammed VI a néanmoins tenu, sans tomber dans l’alarmisme, à dessiner les contours des défis qui attendent le nouveau gouvernement et le nouveau parlement. Fait important, le souverain a évoqué une «phase nouvelle» dans laquelle le Maroc s’engage désormais en mettant en avant deux axes : le processus de développement et les défis extérieurs.

«Cette législature s’amorce à un moment où le Maroc entre dans une phase nouvelle qui requiert la mutualisation des efforts autour des priorités stratégiques. Ainsi, notre pays sera plus apte encore à poursuivre son processus de développement et à relever les défis extérieurs» a soutenu le roi.

Des défis que le souverain a structuré autour de trois priorités stratégiques :

  1. Consolidation de la place occupée par le Maroc et la défense impérieuse de ses intérêts supérieurs
  2. Gestion de la crise pandémique et la poursuite de la relance économique
  3. Opérationnalisation du modèle de développement et au lancement d’une nouvelle génération de projets et de réformes intégrés

1 – Défense impérieuse des intérêts supérieurs du Royaume

Le premier volet prioritaire cité par le roi Mohammed VI dans son discours est celui de la Souveraineté. Un thème qui revient en force, selon le souverain, dans le contexte de la crise pandémique.

«De fait, la crise pandémique a révélé le retour en force du thème de la Souveraineté. Qu’elle soit sanitaire, énergétique, industrielle, alimentaire ou autre, sa préservation est devenue l’enjeu d’une véritable compétition qui suscite des réactions fébriles chez certains», a noté le roi.

Toutefois, poursuit le souverain, le Maroc a réussi, lui, à gérer ses besoins en la matière et à assurer un approvisionnement normal et suffisant de ses marchés.

Face à cette situation, le roi a appelé à la création d’un dispositif national intégré dans le but de consolider la sécurité stratégique du Maroc.

«Afin de consolider la sécurité stratégique du pays, Nous appelons à la création d’un dispositif national intégré ayant pour objet la réserve stratégique de produits de première nécessité, notamment alimentaires, sanitaires et énergétiques et à la mise à jour continue des besoins nationaux en la matière» a dit le roi.

2 – Gestion de la crise pandémique et la poursuite de la relance économique

2.1 – Gestion de la pandémie : Acquis solides et responsabilité des citoyens

Le roi Mohammed VI s’est félicité des «acquis solidement engrangés» en termes de protection de la santé des citoyens et de soutien aux secteurs et aux catégories touchés par la pandémie.

Rappelant l’effort de l’État dans sa lutte contre le Covid en assurant la gratuité du vaccin, en dépit du coût qui se chiffre en milliards, le roi appelé la responsabilité des citoyens à se protéger et à prémunir leurs familles en se faisant vacciner et en se protégeant.

2.2 – Economie nationale : Réalisme, responsabilité et patriotisme

Le souverain a mis en exergue l’embellie significative de l’économie nationale, grâce aux mesures adoptées sous son impulsion, en dépit des effets inédits générés par la crise et le repli de l’économie mondiale. Une embellie qu’il a argumenté par des chiffres de croissance de l’année :

  • +5,5% de taux de croissance en 2021
  • +17% de croissance du secteur primaire
  • +16% des IDE à fin août
  • +46% des transferts des MRE
  • + 7 mois d’importation des réserves de change
  • 1% taux d’inflation

«Tous ces indicateurs, Dieu soit loué, portent à l’optimisme et à l’espoir, renforçant la confiance des citoyens et des ménages et stimulant l’esprit d’initiative chez les opérateurs économiques et les investisseurs» s’est-il félicité.

Le roi Mohammed VI a assuré à ce titre que l’État poursuivra l’effort national, notamment à travers l’investissement public, l’appui apporté aux entreprises et l’adoption de mesures incitatives en leur faveur.

Face à cet optimiste et ce contexte positif le roi a insisté sur le fait de garder le cap avec responsabilité et patriotisme sans tomber dans le négativisme.

Dans ce contexte positif, nous devons demeurer réalistes et poursuivre notre action avec responsabilité et patriotisme, loin de tout pessimisme et à l’écart d’une certaine rhétorique négativiste

Roi Mohammed VI

3 – Opérationnalisation du nouveau modèle de développement

Le roi Mohammed VI a réservé la dernière partie de son discours à l’opérationnalisation du nouveau modèle de développement (NMD). S’adressant au parlement et au gouvernement, il a rappelé l’esprit du NMD et le sens du «Pacte national pour le Développement» qui symbolise l’engagement national souscrit envers le roi et à l’égard des Marocains.

«L’actuelle législature devrait marquer le point de départ d’une dynamique volontariste ambitieuse incarnant l’intelligence collective des Marocains, en relation avec l’opérationnalisation du Nouveau modèle du développement (NMD) et le lancement d’une nouvelle génération de projets et de réformes intégrés» a-t-il souligné. 

Le roi a ensuite appelé le gouvernement à pousuivre la mise en oeuvre des grands projets encours, notamment celui de la généralisation de la protection sociale.

«Il incombe au gouvernement également de parachever les grands projets déjà lancés, au premier rang desquels le chantier de généralisation de la protection sociale auquel Nous accordons une sollicitude toute particulière», a-t-il dit.

Dans la liste des chantiers prioritaires, le roi a cité :

  • La Santé, appelant à une synergie entre le public et le privé,
  • La réforme des entreprises et établissements publics,
  • La réforme fiscale, qu’il convient de conforter, avec la plus grande célérité, par une nouvelle charte compétitive de l’investissement,
  • La refonte substantielle du HCP

Concernant ce dernier point, le roi s’est attardé sur sa volonté de faire du Haut-commissariat au plan un «mécanisme d’aide à la coordination stratégique des politiques de développement et d’accompagnement de la mise en œuvre du modèle de développement».

A ce titre, il a recommandé à ce que cette institution soit «adossée à des normes rigoureuses et à des outils modernes de suivi et d’évaluation».

Ce qu’on doit retenir : «Optimisme dans la Responsabilité»

Le discours royal de cette rentrée législative s’est achevé par le même optimisme avec lequel il a été entamé, en plus d’un appel solennel à la responsabilité collective et individuelle.

L’«optimisme» royal a été exprimé à l’endroit des parlementaires et des membres du gouvernement par ces mots : «Le début de la présente législature intervient dans une conjoncture qui s’annonce prometteuse pour l’essor de notre pays». Des mots qui seront suivies par le thème de la «responsabilité» qui occupera l’ensemble de la suite du discours

«Votre responsabilité, au gouvernement comme au Parlement, en tant que majorité et au sein de l’opposition, est d’œuvrer de concert avec toutes les institutions et les forces vives de la Nation pour le succès de cette étape.

À cette fin, vous devez faire preuve d’esprit d’initiative et d’engagement responsable.

Soyez donc, que Dieu vous garde, à la hauteur de la lourde responsabilité nationale qui est la vôtre, car la charge de représenter les citoyens et de gérer les affaires publiques, aux niveaux local, régional et national, nous incombe à tous.

“Et quiconque aura fait de bonnes œuvres tout en étant croyant, ne craindra ni injustice ni oppression”. Véridique est la parole de Dieu.» a conclut le roi.

En axant son discours sur l’optimisme et la responsabilité, le roi Mohammed VI s’est adressé en même temps à une nation qui est passée par l’épreuve de la pandémie, les tensions de la campagne électorale et la guerre médiatiques des adversaires du pays, mais également à une communauté internationale qui scrute les moindres faits et gestes d’un pays qui connait une dynamique exceptionnelle dans un contexte mondial mouvementé.

Contrairement à d’autres Chefs d’Etats qui dans leur démarche stérile font systématiquement recours à la victimisation, et à la recherche des boucs-émissaires, le roi Mohammed VI a choisi la responsabilité qui exige à d’abord prendre beaucoup sur soi, à ne pas se défausser sur les autres dans une posture d’exemplarité, de sérénité et d’optimisme qui fera sans aucun doute tâche sur l’ensemble du Maroc et des marocains.

Passation de pouvoirs entre Saad Dine El Otmani et le nouveau Chef du gouvernement Aziz Akhannouch

La cérémonie de passation de pouvoirs entre Saad Dine El Otmani et Aziz Akhannouch, nommé chef du gouvernement par le Roi Mohammed VI, a eu lieu vendredi matin.

Avec MAP

Dans une allocution à cette occasion, El Otmani a félicité M. Akhannouch pour la confiance placée en lui par le Souverain, souhaitant au nouvel Exécutif plein succès dans l’accomplissement de sa mission.

Il a également exprimé à Aziz Akhannouch ses voeux de pleine réussite dans ses nouvelles fonctions au cours des prochaines années au service du Royaume, pour réaliser d’excellents résultats au vu des grands défis à relever, notamment ceux liés à la Covid-19.

De son côté, Akhannouch a loué les qualités d’El Otmani, saluant le sérieux ayant marqué l’action de la majorité gouvernementale en dépit des difficultés que peut affronter tout Exécutif, aussi bien politiques, conjoncturelles que celles liées à la pandémie.

Il a aussi félicité El Otmani pour la réussite des actions du gouvernement sortant qui ont donné lieu à de grands résultats, notant que l’ancien Exécutif s’est attelé à la mise en oeuvre de plusieurs chantiers socio-économiques et de développement sous la conduite du Roi Mohammed VI.

Gouvernement Akhannouch : Découvrez la liste des nouveaux ministres nommés par le Roi Mohammed VI

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C’est un gouvernement resserré composé de 25 ministres dont 7 femmes que le Roi Mohammed VI a nommé ce jeudi 07 octobre 2021. Finalement, Abdelouafi Laftit et Nasser Bourita gardent leur portefeuille tandis que Moulay Hafid Elalamy et Mohamed Benchaâboun perdent les leurs. Les fidèles de Aziz Akhannouch ont été récompensés, à l’image de Mohamed Sadiki, Nabila Rmili, Mustapha Baitas, Fatim-Zahra Ammor et Mohcine Jazouli. Le PAM récompense également ses jeunes les qui ont accompagné la naissance du parti à savoir Fatima Ezzahra El Mansouri, Younes Sekkouri et Mehdi Bensaid. Par ailleurs, l’architecte du nouveau modèle de développement, l’ambassadeur du Royaume à Paris, Chakib Benmoussa, fait son grand retour au gouvernement en prenant en charge le très sensible portefeuille de l’Education auquel il lui a été rattaché le Sport. L’autre particularité du gouvernement Akhannouch est la rebaptisation de deux ministères. Ainsi, le «Ministère de l’Energie et des Mines» devient celui de la «Transition énergétique et du Développement durable » et le «Ministère du Travail et de l’Insertion professionnelle» devient celui de «l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences». Enfin, la transformation digitale a été rattachée au Chef du Gouvernement au même titre que la réforme administrative.

Le Roi Mohammed VI accompagné du Prince Héritier Moulay El Hassan et du Prince Moulay Rachid, a présidé, jeudi 07 octobre 2021 au Palais Royal à Fès, la cérémonie de nomination des membres du nouveau gouvernement.

Voici la composition du nouveau gouvernement:

Chef du gouvernement :

  1. Aziz Akhannouch:

Ministres femmes :

  1. Nadia Fettah Alaoui, ministre de l’Economie et des Finances
  2. Nabila Rmili : ministre de la Santé et de la Protection sociale.
  3. Fatima Ezzahra El Mansouri : ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville.
  4. Fatim-Zahra Ammor : ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Economie sociale et solidaire.
  5. Leila Benali : ministre de la Transition énergétique et du Développement durable.
  6. Aouatif Hayar : ministre de la Solidarité, de l’Insertion sociale et de la Famille.
  7. Ghita Mezzour : ministre délégué auprès du chef du gouvernement chargé de la Transition numérique et de la Réforme administrative.

Ministres jeunes :

  1. Ryad Mezzour : ministre de l’Industrie et du Commerce.
  2. Younes Sekkouri : ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences.
  3. Mohamed Mehdi Bensaid : ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication.
  4. Mohamed Abdeljalil : ministre du Transport et de la Logistique.

Ministres régaliens :

  1. Abdelouafi Laftit : Ministre de l’Intérieur.
  2. Nasser Bourita: Ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger.
  3. Ahmed Toufiq: Ministre des Habous et des Affaires islamiques.
  4. Abdellatif Loudiyi : ministre délégué auprès du Chef du gouvernement chargé de l’administration de la Défense nationale.

Ministres fidèles d’Akhannouch :

  1. Mohamed Sadiki : ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts.
  2. Mustapha Baitas : ministre délégué auprès du chef du gouvernement chargé des Relations avec le parlement, Porte-parole du gouvernement
  3. Mohcine Jazouli : ministre délégué auprès du chef du gouvernement chargé de l’Investissement, de la Convergence et de l’évaluation des Politiques publiques.

Ministres techniques :

  1. Abdellatif Ouahbi : Ministre de la Justice.
  2. Nizar Baraka, ministre de l’Equipement et de l’Eau.
  3. Chakib Benmoussa : ministre de l’Education nationale, du Préscolaire et des Sports.
  4. Faouzi Lekjaa, ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des Finances, chargé du Budget.
  5. Mohamed Hajoui : Secrétaire général de gouvernement.
  6. Abdellatif Miraoui : ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation.

Selon le communiqué du Cabinet Royal, il sera procédé ultérieurement à la nomination de secrétaires d’Etat dans certains départements ministériels.

Cette cérémonie s’est déroulée en présence également du chambellan du Roi, Sidi Mohammed El Alaoui.

Législatives au Maroc : frappe chirurgicale de haute précision dans un contexte régional explosif

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Du plus haut sommet de l’Etat en passant par de simples citoyens, le constat était unanime: «l’offre politique marocaine est faible». Le lancement du processus électoral a placé le Maroc durant des mois dans l’expectative et la crainte de l’incapacité des acteurs politiques de faire le job. Mais étonnamment, la victoire écrasante de Aziz Akhannouch dans le scrutin du 8 septembre a apporté soulagement et apaisement. De plus, la déconfiture inattendue du PJD a été accueillie avec une grande satisfaction par l’ensemble des marocains. Et pour cause, en plus d’avoir été pris en flagrant délit de mensonge et de manipulation, le parti dit islamiste, porté par le printemps arabe, avait fini par démanteler ce qui restait du fragile équilibre du paysage politique marocain, dans sa quête prédatrice du pouvoir.

Pendant ce temps là, la planète a accéléré le pas vers l’inconnu. L’hyperpuissance américaine a mis en branle sa grande artillerie pour reprendre le contrôle de l’ordre mondial : recadrage du Moyen-Orient, des relations américano-israéliennes et des accords d’Abraham, réhabilitation des talibans, marginalisation de l’Union Européenne, domination informationnelle et logistique de la crise du Covid et, last but not least, déclaration d’hostilité directe envers la Chine. Quand on superpose ces calques géopolitiques et sécuritaires et qu’on y rajoute l’état d’hystérie et de rage de la France après le plus grand affront jamais infligé à ce membre du conseil de sécurité par les États-unis, l’éjectant de tout influence militaire et d’intelligence du Pacifique, on ne peut que reconnaitre que la tenue des élections marocaines était en elle-même une grande prouesse. Le Maroc aurait pu réagir comme son voisin et mettre le pays sous cloche. Il ne l’a pas fait, sachant que tout le poussait à le faire. En effet, alors que le scrutin battait son plein, Paris était prête à incendier le Maghreb. «Vous m’avez éjecté du Pacifique, je vais vous éjecter de mon Maghreb !». En une semaine, la Tunisie s’enfonce dans l’inconnu, le processus démocratique libyen se gèle, des routiers marocains sont tués au Mali, les mercenaires de Wagner s’invitent au Sahel avec la bénédiction de l’Elysée, Alger et Paris se laissent couler des petites larmichettes sur les harkis et lancent conjointement une série d’attaques hostiles contre les intérêts économiques marocains visant entre autres l’OCP et la RAM.

Les législatives au Maroc ont été menées telle une frappe chirurgicale de haute precision. La hauteur de la monarchie a été déterminante pour ne pas précipiter le pays dans une hyperfebrilité improductive le préservant du scénario sanguinaire égyptien et de la dilettante suicidaire tunisienne. Il faut reconnaitre aussi, que Aziz Akhannouch a réussi tant bien que mal le pari de la constance durant cette campagne électorale à haut risque. Cela a été déterminant.

Les rangs resserrés, la cohérence retrouvée, le mélanome Benkirane extirpé, les marocains ont tout à gagner en faisant confiance à leurs institutions, car la guerre de survie ne fait que commencer.

Aziz Akhannouch a fait le job

Loin des commentaires puérils des bisounours et des herbivores de la politique, la Maroc à travers Aziz Akhannouch a réussi l’essentiel. Le personnage a finalement été capable de dérouler une campagne électorale dans la constance et sans écarts significatifs. Son poids dans l’appareil de l’Etat, son réseau de femmes et d’hommes et ses moyens financiers ont permis de mettre fin à toutes les tergiversations qui avaient altéré durant une décennie la construction d’une coalition gouvernementale cohérente et resserrée.

Akhannouch n’a pas eu que des cadeaux. Des medias outlets dits proches du deep state à l’image de Barlmane.com n’ont pas cessé de mettre en doute sa capacité à former un gouvernement. Abdellatif Ouahbi, Secrétaire général de la deuxième formation politique du Royaume a eu des mots très durs et parfois très graves à l’encontre de celui qui deviendra après son Chef de gouvernement.

De plus, Akhannouch est parti à la conquête de la chefferie du gouvernement avec un parti démembré. Mis à part les technocrates, Moulay Hafid Elalamy, Mohamed Benchaaboun et Nadia Fettah, tous les anciens ministres du RNI étaient complètement «cramés». Malgré cela, il les a impliqués dans la campagne à l’image de Rachid Talbi Alami et Mohamed Boussaid.

Aziz Akhannouch a réussi également à désactiver le roi du blocage et de l’incohérence des alliances politiques, à savoir Driss Lachgar, SG du parti de l’USFP. Le nuisible trouble fête et maître chanteur a capitulé après le dramatique suicide d’un de ses anciens lieutenants Abdelouahab Belfquih.

Le nouveau Chef de Gouvernement sera-t-il à la hauteur de la fonction ? Pourra-t-il naviguer dans les eaux troubles d’un monde devenu très dangereux ? Réussira-t-il à preserver la confiance de la monarchie ? Le temps nous le dira.

Bataille économique et bataille sécuritaire

La faillite des états est devenue la nouvelle manifestation de l’expression du malaise géopolitique mondial. Si, durant la vague du printemps arabe, le soulèvement de la rue était le point culminant des stratégies de ruptures ciblant des régimes en particulier, aujourd’hui c’est la banqueroute couplée à un vide institutionnel chronique qui placent une région du monde sous haute tension.

Deux pays sont actuellement en mode faillite dans le laboratoire du nouvel ordre mondial, le Liban et la Tunisie. Leur spectre plane sur l’ensemble des pays émergents dont les économies ont connu un arrêt brutal à cause du Covid. Le voisin algérien n’est pas mieux loti. La crise économique et institutionnelle est telle que le pays vit sous le risque d’une implosion imminente. D’ailleurs plusieurs rapports internes algériens prévoient un afflux massif de migrants algériens vers la frontière est marocaine en cas de la chute du régime.

Côté marocain, la tache reste très importante également. Au delà du renforcement de la sécurité alimentaire et énergétique, le gouvernement Aziz Akhannouch aura la lourde mission de relancer une économie très affaiblie par la crise sanitaire.

Une bataille économique qui s’inscrit dans un nouveau jeu d’alliance stratégique du Royaume. Repositionné dans l’échiquier international, le Maroc est passé à un mode dynamique de gestion de sa diplomatie et de sa souveraineté sur ses territoires.

Le rapprochement avec Israël est un fait indéniable. Un «Game Changer» qui n’est absolument pas au goût de l’Europe franco-allemande. Les fruits de cette dynamique ont été efficaces et immédiats: succès historique sur le dossier du Sahara, terrassement du polisario et du régime algérien, mise à niveau technologique et tactique décisive sur le plan militaire et de renseignement, négociation d’égal à égal avec se partenaires européens, etc.

D’ailleurs, il n’est pas anodin que la nouvelle ère Akhannouch soit synonyme de la nomination d’un nouvel inspecteur général des Force Armées Royales, en la personne du Général de Corps d’Armée, Belkhir El Farouk, en remplacement de Abdelfattah Louarak nommé après les élections de 2016.

Héros de la gestion de la crise de Guerguarat et architecte des manœuvres militaires avec les États-unis, «Africa lions 2021», Belkhir El Farouk incarne le marocain conquérant, intransigeant et décisif.

La déception française

Le pays qui se voit en 2050 le Liban de l’Europe et qui envisagerait de déporter 5 millions de musulmans s’ils ne changent pas de prénom n’a trouvé de bon durant les legislatives marocaines que de mettre en branle sa machine à salir. Même la chute du PJD ne semblait pas satisfaire le régime macronien, qui voit dans le succès du RNI un danger pour la stabilité du Maroc et dans le phosphate marocain un danger pour l’environnement mondial et dans l’accord de construction militaire avec Israël un danger sur ses intérêts en Algérie.

A sept mois des élections, Emmanuel Macron a pris l’affront anglo-saxon à l’encontre du poids de son pays dans l’échiquier international et le silence complice de la communauté internationale de manière très personnelle. Il ne cache plus qu’il utiliserait tous les moyens pour rétablir les rapports de forces, notamment en jouant les troubles fêtes au Maghreb et en Europe en attaquant les intérêts américains et britanniques dans notre région du monde.

Les américains ne semblent pas très pressés de calmer Emmanuel Macron. Ils tablent probablement sur sa défaite dans les présidentielles pour sceller les alliances occidentales en vue de l’affrontement imminent avec l’empire chinois.

«Nous reconnaissons que la réconciliation avec Paris prendra du temps et beaucoup de travail», a d’ailleurs déclaré le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken lors d’une conférence de presse en marge de l’Assemblée générale annuelle de l’ONU à New York tenue cette semaine.

Les marocains ne comprennent absolument pas la posture condescendante de la France et sa haine envers leur pays.

Les marocains ne supportent plus et n’acceptent plus ces chantages médiatiques sales et basses, pratiques désuètes d’un autre siècle.

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