Hamid Chabar

El Otmani et Mohamed Yassine Mansouri à Nouakchott

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La capitale mauritanienne, Nouakchott, abritera, le jeudi 6 décembre 2018, une conférence internationale qui réunira les bailleurs et partenaires du groupe G5-Sahel. Accueilli à l’aéroport international de Nouakchott Oumtousnsy par son homologue mauritanien, Mohamed Salem Ould El Bechir, le chef du gouvernement marocain, Saad Eddine El Otmani, est accompagné du directeur général de la DGED, Mohamed Yassine Mansouri. Il s’agit de la première réunion des donateurs qui se tient dans un pays membre du G5-sahel.

La première réunion de ce type, tenue à Bruxelles au mois de février dernier, avait permis de mobiliser 414 millions de dollars en faveur de la force commune du G5. Et la présence d’une importante délégation marocaine à ce rendez-vous, conduite par le chef de l’exécutif et le patron du renseignement extérieur marocain, et en présence de l’influent Hamid Chabar, ambassadeur du Maroc à Nouakchott, est un signal fort envoyé aux bailleurs internationaux, à leur tête la France et l’Union européenne, pour convaincre d’autres donateurs.

La Mauritanie, le pays hôte, le Mali, le Niger, le Burkina Faso et le Tchad, seront représentés par leurs chefs d’Etat respectifs. On attend aussi la participation du président sénégalais, Macky Sall, du maréchal libyen Khalifa Haftar, du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian et du ministre saoudien des Affaires africaines, Ahmed Ben Abdelaziz Qattan. Des sources évoquent la possible venue d’Emmanuel Macron, non confirmée par l’Elysée.

L’objectif de ce sommet, qui réunit experts et bailleurs de fonds, est de permettre au G5 de boucler son budget pour faire face aux multiples besoins en matière d’équipements et pour venir à bout des groupes terroristes.

Le Maroc baisse son niveau de représentation au Sommet africain de Nouakchott

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Les travaux du 31e Sommet de l’Union africaine se sont ouverts dimanche à Nouakchott sous la présidence de Mohamed Ould Abdelaziz qui a repris le flambeau de son homologue rwandais Paul Kagamé. C’est la première fois dans l’histoire de l’organisation panafricaine que la Mauritanie en organise le sommet. Axée sur le renforcement de l’intégration continentale, la réunion rassemble une quarantaine de chefs d’Etat africains. Le Maroc a décidé de revoir à la baisse son niveau de représentation et c’est le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita, qui conduit la délégation marocaine.

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Nouveau roadshow Africain pour Mounia Boucetta : après Valyans pour la première tournée, quel cabinet aura le privilège de rédiger le second rapport ?

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La secrétaire d’État à la Coopération internationale, Mounia Boucetta, est actuellement en tournée dans trois pays d’Afrique, à la tête d’une importante délégation. Le déplacement conduira l’équipe Boucetta au Gabon, au Ghana et au Nigeria. Il s’agit de la phase II de sa mission de supervision de l’état d’avancement des travaux des nombreux projets et accords lancés et signés par le Maroc avec quinze pays d’Afrique depuis 2014. La phase I de la mission, qui avait conduit Mounia Boucetta en Ethiopie, au Rwanda, en Tanzanie, à Madagascar, en Zambie, en Guinée et au Sénégal, s’était achevée par un réel scandale quand le ministère des Affaires étrangères et de la coopération internationale a décidé de faire rédiger le rapport de ce roadshow, en contrepartie de trois millions de dirhams, par Valyans Consulting, un cabinet privé choisi par la Secrétaire d’Etat herself.

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Beaucoup d’encre a coulé depuis que ce scandale a éclaté mais bien sûr, comme nombre d’autres au Maroc, aucune enquête n’a été ouverte ni aucune inspection instruite.

Hier à Libreville, aujourd’hui à Accra –en présence notamment de Hamid Chabar, futur ambassadeur du Maroc en Mauritanie mais toujours en poste au Ghana en raison d’un souci d’accréditation- et demain à Lagos, Mounia Boucetta est accompagnée de six hauts fonctionnaires en plus de la mobilisation des diplomates marocains en poste dans ces trois capitales, ainsi que le travail de support assumé par le service central à Rabat engageant au moins une direction générale et trois directions du MAECI avec, dans la foulée, deux ou trois ambassadeurs réquisitionnés à temps plein pour cette mission ad hoc.

Mounia Boucetta va-t-elle, de nouveau, offrir sur un  plateau d’or la mission de la rédaction du rapport final de la tournée au cabinet Valyans Consulting ? Ou bien jettera—elle son dévolu sur une autre agence ?

Avec tous les moyens humains et logistiques mis à la disposition de la Secrétaire d’Etat, il serait irresponsable qu’elle fasse appel à un cabinet privé pour rédiger un rapport qui se veut confidentiel et relevant de la sécurité nationale du pays.

Le MAECI regorge de bonnes compétences, des centaines d’ambassadeurs, ministres plénipotentiaires, conseillers, secrétaires des Affaires étrangères tant au niveau central que dans le réseau diplomatique à travers le monde qui disposent des talents nécessaires pour rédiger un rapport en bonne et due forme.

Depuis qu’elle les a côtoyés quand elle exerçait en tant secrétaire générale du ministère du Commerce et de l’Industrie, on peut comprendre que Madame Boucetta ait des affinités intellectuelles avec Valyans Consulting –ils font sans aucun doute du bon travail-, mais il s’agit là d’une question de principe, de bonne gouvernance et, surtout, d’éthique.

LE1

L’ambassade du Maroc au Ghana refuse de renouveler son visa au vice-président du patronat togolais

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L’ambassade du Royaume à Accra a refusé de renouveler le visa d’entrée au Maroc au vice-président du Conseil national du patronat au Togo chargé du Commerce et du secteur informel, Yiva Badohu. Pour d’obscures considérations «administratives», il s’est vu notifier une fin de non recevoir et un délai de sept jours pour récupérer le fameux sésame.

L’homme d’affaires togolais, patron, entre autres, du géant de l’agroalimentaire TOGO-FOOD, a présenté sa demande le 24 août dernier auprès des services consulaires relevant de l’ambassade du Maroc à Accra, au Ghana, dont dépend également le Togo. Yiva Badohu devait se rendre au Maroc pour une mission d’affaires.

Paradoxe de ce refus, c’est que Yiva Badohu, qui se trouve également être le vice-président de la Chambre de commerce et d’industrie du Togo, n’est pas à sa première visite au Maroc. En juin 2015, ce proche du président de la République, Faure Gnassingbe, faisait partie de la délégation ministérielle togolaise conduite par le ministre des affaires étrangères de son pays qui s’est rendue en visite officielle au Maroc pour développer les relations économiques entre les deux pays.

Pis, au mois d’avril 2017, Yiva Badohu, Franc-maçon et responsable des relations extérieures au sein de Grande Loge nationale togolaise, a bénéficié d’un visa marocain de trois mois à entrées multiples.

Il y a moins d’un mois, le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita, réunissait les consuls généraux du Maroc à travers le monde auxquels il a rappelé les directives royales énoncées dans le discours du Trône qui a mis le doigt sur les carences de l’administration laquelle «souffre d’une faible gouvernance et d’une productivité insuffisante». Lors de cette réunion, Nasser Bourita a appelé les services consulaires à fournir des réponses rapides aux requêtes des citoyens et, surtout, à mettre fin aux dysfonctionnements qu’ils connaissent.

D’autre part, un projet de décret est actuellement à l’étude au Secrétariat général du gouvernement visant à réduire la durée des congés annuels dont bénéficie le personnel des affaires étrangères pour le ramener de 45 à 22 jours ouvrables et ce dans le but de mieux rationaliser le rapport entre le temps réel travaillé par l’agent consulaire et sa productivité tangible au service du citoyen.

LE1

Bourita, un ministre sacrément seul

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Nasser Bourita a retardé son déplacement officiel à Washington de quelques semaines pour une seule raison : il devait connaître auparavant l’identité du nouvel ambassadeur américain à Alger et celle du secrétaire adjoint pour les affaires africaines au Département d’Etat. Si la nomination de John Desrocher comme nouveau CMD à Alger, en remplacement de Joan Polaschik, en poste depuis août 2014, n’affectera en rien la position de Rabat quant à ses relations avec Washington, en revanche la désignation de Donald Yamamoto en tant que monsieur Afrique au sein du Département d’Etat, si elle n’inquiète pas, elle impose un certain statu quo que le Maroc voulait voir évoluer. En effet, la diplomatie marocaine tablait sur la nomination de Peter Pham, un «ami» du Maroc, mais le puissant lobbying du sénateur de l’Oklahoma, James Inhofe, proche de l’Algérie, a fait obstruction à cette nomination que le Polisario considérait comme trop favorable au Maroc. D’ailleurs, Donald Yamamoto qui connaît très bien l’Afrique pour avoir dirigé auparavant ce bureau, a été rappelé de sa douce retraite en vue de combler ce vide, pour au moins une année, en attendant que l’administration Trump y voit plus clair dans ses relations avec l’Afrique.

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C’est en concomitance avec la nomination de ce polyglotte –Yamamoto parle en effet couramment le chinois, le japonais, l’arabe, le français, en plus de l’anglais-, que Nasser Bourita a effectué sa première visite aux Etats-Unis d’Amérique en tant que ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale du gouvernement El Othmani.

L’administration américaine, qui lui a déroulé le tapis rouge, a d’emblée souligné son attachement au renforcement du partenariat stratégique avec le Maroc et le rôle de celui-ci dans les questions liées au monde arabe, à l’Afrique, à la paix et à la sécurité internationales.

Sur deux jours, Nasser Bourita a ainsi eu des discussions politiques marathons avec le Secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, le sous-secrétaire d’état chargé des affaires du Proche-Orient, David Satterfield, l’envoyé présidentiel adjoint auprès de la coalition internationale de lutte contre Daesh, Terry Wolff, ainsi qu’avec les Présidents des commissions des Affaires étrangères au Sénat et à la Chambre des représentants du Congrès US, respectivement Bob Corker et Ed Royce.

Ces discussions, qui ont porté sur le partenariat stratégique multiforme entre Rabat et Washington, ont confirmé la volonté des deux pays de consolider davantage leurs relations sur les plans politique, économique, de la sécurité et de lutte contre le terrorisme. Les entretiens ont également abordé la situation au Maghreb, notamment le dossier libyen, au Sahel ainsi que la question du Sahara.

Plus tard, à la Maison-Blanche, Nasser Bourita a été reçu par Jared Kushner, conseiller principal du président Donald Trump et son homme de confiance, en présence de Dina Powell, conseiller adjoint à la sécurité nationale, de Jason Greenblatt, assistant du président Trump et représentant spécial pour les négociations internationales, ainsi que de Cyril Sartor, ancien de la CIA et désormais directeur principal pour l’Afrique au Conseil national de sécurité.

S’il est vrai que, durant sa mission, Nasser Bourita était régulièrement briefé par le service central à Rabat par quelques notes, en plus de l’excellent travail d’intelligence et de prospective des services de la DGED, nous avons à vu à Washington un ministre seul. Pas épaulé. Sans soutien. Aucun des directeurs généraux du ministère des Affaires étrangères n’a accompagné le ministre et, fait curieux, les différentes audiences avec les hautes personnalités américaines se sont déroulées en l’absence de l’ambassadeur du Maroc à Washington.

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Et cela se répète assez souvent. Nasser Bourita qui dirigeait sous l’ancien gouvernement, et avec brio, tout le département des Affaires étrangères (alors que Mezouar en récoltait les fruits sans réel valeur ajoutée mis-à-part une capacité importante à la restitution), donne l’impression aujourd’hui de tout centraliser à son niveau et de ne déléguer que très rarement ses prérogatives, alors qu’il dirige un département immense, un mastodonte administratif, tant au niveau central qu’au niveau du dense réseau diplomatique à travers le monde. Ayant gagné la confiance du Roi Mohammed VI et l’appui du conseiller Fouad Ali El Himma, qui ont personnellement piloté les dossiers géopolitiques les plus chauds ces trois dernières années, Bourita hérite d’un département non encore homogène ni au fait de tous les dossiers. Architecte du plus vaste mouvement dans les rangs des ambassadeurs dans l’histoire diplomatique du Royaume, Bourita a besoin d’au moins trois ou quatre secrétaires d’Etat à ses côtés, avec des prérogatives bien précises et des dossiers clairs à gérer. Le monde bouillonne, l’information circule à la vitesse de la lumière, les foyers de tension sont légion, et pour gérer tout cela, un ministre ne peut pas demeurer seul.

Le Maroc n’a pas des voisins faciles que ce soit au nord, à l’est ou au sud. La Mauritanie, par exemple, semble ne pas vouloir valider l’accréditation de Hamid Chabar, nouvel ambassadeur du Maroc à Nouakchott. Avec l’Algérie, c’est la mort clinique. Avec l’Espagne, c’est mi-figue, mi-raisin, surtout après le quiproquo de la nomination de Fadel Benyaïch à Bucarest. Les relations du Maroc avec les pays du CCG sont en dents de scie et la crise du Qatar ne fait que compliquer la donne. L’offensive israélienne en Asie, en Afrique et aujourd’hui en Amérique latine chamboule la donne géopolitique classique. Comment est-ce qu’un ministre, super-puissant soit-il, peut-il gérer tous ces volets s’il n’est pas armé d’une équipe étoffée, compétente et polyvalente à l’instar des David Satterfield, Dina Powell, Jason Greenblatt entre autres Cyril Sartor ou Terry Wolff que le ministre a rencontrés à Washington.

Le gouvernement marocain est tenu de soutenir ce jeune ministre travailleur et militant, une compétence que le pays ne peut pas se permettre de griller pour cause de défaut de ressources, de moyens et d’appui.

Car avec une seule secrétaire d’Etat et des directeurs centraux sans prérogatives, la diplomatie marocaine ne peut aller correctement de l’avant ni être performante. De plus, l’affaire Valyans est venue fragiliser le travail de Nasser Bourita qui se retrouve seul aux manettes face aux différents défis : sa mésaventure à Maputo en est la triste illustration.

Abdellah El Hattach

Nasser Bourita marque de son empreinte la nomination des nouveaux ambassadeurs

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Lors du Conseil des ministres tenu à Casablanca le dimanche 25 juin 2017, le Roi Mohammed VI a approuvé la nomination de 13 nouveaux ambassadeurs désignés dans plusieurs capitales du monde. Des chancelleries vacantes ont été pourvues, d’autres renforcées et des missions créées. Cette nouvelle valse de nominations porte l’empreinte du nouveau ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita.

Dans le cadre de la nouvelle politique africaine menée par le royaume et le retour du Maroc au sein de l’Union africaine, il était nécessaire de donner une nouvelle impulsion à cette dynamique par la nomination des profils adéquats aux postes diplomatiques sensibles. Rabat vient ainsi de créer une nouvelle mission diplomatique, à savoir la représentation permanente du royaume auprès de l’union africaine, indépendante de l’ambassade du Maroc à Addis Abeba. Elle a été confiée à Mohamed Arrouchi, actuel consul général du Maroc à Strasbourg, qui a longtemps roulé sa bosse au sein du service central du ministère des Affaires étrangères et dans les missions diplomatiques du royaume à Vienne, New York et Genève

De son côté, la mission du Maroc en Mauritanie est demeurée vacante depuis le décès de Abderrahmane Benomar. Le poste est revenu à l’ambassadeur du Maroc au Ghana, Hamid Chabar, plusieurs fois Wali et ambassadeur. Poste hautement sensible, Chabar dispose du profil diplomatico-sécuritaire idoine afin de remplir la mission pour laquelle il a été affecté. Ancien gouverneur et Wali dans les provinces du sud, directeur central au ministère de l’Intérieur, numéro 2 de la mission du Maroc à New York, Hamid Chabar aura la difficile tâche de remettre sur les rails les relations entre Rabat et Nouakchott. Il lègue son poste à Akkra à Mohamed Ferhat, ancien second d’ambassade à Pékin et à Paris et ancien chef de division à la direction Afrique au service central.

L’ancien bras droit de Lalla Joumala à Londres, Othmane Bahnini, est propulsé ambassadeur à Lisbonne, au Portugal. Il y succède à Karima Benyaïch désignée chef de la mission diplomatique du Maroc à Madrid en lieu et place de son frère, Fadel, muté à Bucarest en tant qu’ambassadeur plénipotentiaire et extraordinaire du royaume auprès de la Roumanie. D’aucuns parleront de disgrâce pour l’ancien chargé de mission au Cabinet Royal, mais l’apparition de ce dernier aux côtés des conseillers royaux lors de la présentation des vœux de l’Aid al-Fitr prouve que le choix du camarade de classe de Mohammed VI pour Bucarest relève d’un redéploiement en force de la diplomatie marocaine en direction de l’Europe de l’Est et non pas une sanction à l’encontre du fils de feu le docteur Benyaïch, médecin particulier de Hassan II.

La mission du Maroc à Genève, laissée vacante depuis la nomination de Mohamed Aujjar à la tête du ministère de la Justice dans le gouvernement El Othmani, a désormais un locataire. Omar Zniber, diplomate de carrière, ancien ambassadeur à Berlin et Vienne, est le nouveau représentant permanent du royaume auprès du bureau des Nations unies à Genève. Compétent et affable, Omar Zniber diligentera, à l’international, tous les aspects politiques et juridiques ayant trait aux droits de l’homme au Maroc.

La grande surprise nous vient de Pékin. Le nouvel ambassadeur du Maroc en Chine, qui a roulé sa bosse dans les plus grandes capitale du monde, coulait des jours heureux et tranquilles dans sa retraite. Aziz Mekouar, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a fait presque toute sa carrière diplomatique à l’extérieur du royaume. Ambassadeur à Luanda, Lisbonne, Rome et Washington, il a été admis il y a quelques années à faire valoir ses droits à la retraite. Repêché par  son oncle maternelle Othmane Benjelloun, il est administrateur de BMCE Bank et conseiller du président. En 2016, à l’occasion de la tenue de la COP22 à Marrakech, Salaheddine Mezouar fait appel à ses services en qualité d’ambassadeur chargé des négociations multilatérales. Sa double casquette de « diplomate-banquier » est une chance pour le Maroc en vue de booster les relations économiques entre Rabat et Pékin. Et avec plus de 40 ans d’expérience dans le circuit diplomatique à son actif, les autorités chinoises n’auront certainement aucun mal à collaborer avec ce chevronné de la négociation.

Par ailleurs, il était nécessaire de faire fondre la glace entre Rabat et Ryad dont les relations bilatérales, sur le plan diplomatique s’entend, ne sont pas au beau fixe. Le choix de Mustapha Mansouri est éminemment politique. Membre du bureau politique du RNI, ancien ministre, ancien Président de la Chambre des représentants, ancien patron du parti de Aziz Akhannouch, et proche de ce dernier, la nomination de Mansouri en Arabie saoudite fera l’unanimité à Ryad qui considérera ce choix comme un signe de bonne volonté de la part de Rabat et une main tendue pour une normalisation des relations bilatérales. Le poste ne pouvait pas demeurer vacant depuis le départ à la retraite de Abdeslam Baraka, surtout après la nomination d’un nouveau prince héritier, en la personne de Mohamed Ben Salmane, nouvel homme fort de l’Arabie saoudite. Il était nécessaire et urgent de combler ce vide, et Mustapha Mansouri dispose des qualités personnelles et subjectives pour cette mission hautement stratégique. Frère de Mansouri Benali, chargé de mission au Cabinet royal et du général Mimoun Mansouri, patron de la Garde royale, lui-même beau-père de Abdelaziz Alaoui, frère du Chambellan du Roi, Sidi Mohamed Alaoui, Mustapha Mansouri est un pur produit de l’Establishment.

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