Après celle de la région, les instances du PAM réclament une démission écrite de Ilyas El Omari

Si la démission de Ilyas El Omari de ses fonctions de Secrétaire général du Parti authenticité et modernité n’a pas eu de réel retentissement sur la classe politique nationale vu le timing dans lequel elle s’est produite, à cause de la situation tendue dans le Rif et les vacances d’été, le microcosme du PAM, quant à lui, est totalement bouleversé, comme si un cataclysme l’avait touché. Et même si les cadres du parti tentent d’en atténuer l’impact arguant que la démission de leur secrétaire général est un acte de courage et de bravoure politique, et un précédent dans l’histoire du royaume (alors que ce n’en est pas un), l’événement se veut être le nouveau maillon d’une recomposition en profondeur de la classe politique marocaine après l’arrivée de Aziz Akhannouch à la tête du RNI et de, bientôt, Mohamed Hassad à la tête du Mouvement Populaire. Il était donc nécessaire, voire urgent, de chercher un autre profil pour gérer les affaires du PAM.

Peu habitués à des rebondissements de la sorte, les militants du PAM se retrouvent orphelins du jour au lendemain. Et pour parer à toute éventualité et lever tout équivoque, les instances du parti ont demandé à Ilyas El Omari de soumettre sa démission par écrit et ne pas se limiter à ses déclarations orales lors de la tenue du bureau politique le lundi 7 août et de la conférence de presse organisée le lendemain matin. Car tant que la démission n’est pas notifiée par écrit selon les règlements en vigueur, elle demeure nulle et non avenue.

C’est la présidente du Conseil national du PAM, Fatima-Zahra Mansouri, qui est chargée d’accuser réception de ce document pour le soumettre aux membres du conseil dont elle préside aux destinées.

D’autre part, l’on apprend de sources concordantes que Ilays El Omari a également remis sa démission de la présidence de la région du Nord et qu’elle ne sera pas rendue publique tant que la ville de Tanger, qui rentre dans son périmètre de commandement, accueille des invités de marque de Mohammed VI, comme le Roi d’Arabie saoudite Salmane Ben Abdelaziz et les multiples convives qui se relaient pour rendre visite au souverain saoudien.

Démissionnaire ou démis ?

Le débat qui secoue aujourd’hui le landerneau politique est de savoir si Ilyas El Omari a démissionné de son propre chef ou a-t-il été débarqué ? Des éléments d’agenda et d’activités protocolaires de l’intéressé nous permettent d’affirmer que Ilyas El Omari a maintenu ses rendez-vous jusqu’au bout sans en annuler aucun. Quelques heures seulement avant son “départ” du navire PAM, il recevait le nouvel ambassadeur de Chine à Rabat qui lui rendait une visite de courtoisie. Ni Ilyas El Omari allait s’engager et recevoir l’ambassadeur d’une superpuissance mondiale membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU s’il se savait partant dans la soirée même, ni le chef de mission diplomatique chinois allait rendre visite au premier cité s’il était informé par ses services d’un départ imminent. C’est que le départ, à juste titre, s’est décidé, en toute vraisemblance, juste après la rencontre avec l’ambassadeur de Chine.

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Abdellah El Hattach

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