Chine

Un jeune australien est devenu la cible de la colère de Pékin

Un étudiant australien peu suivi sur les réseaux sociaux et qui n’a jamais mis les pieds en Chine est devenu la cible improbable de la colère de Pékin, alors que les relations bilatérales se détériorent.

Lorsqu’un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères s’en est pris personnellement à Drew Pavlou, lors d’une conférence de presse, la campagne menée à son encontre a franchi un nouveau cap.

Dans un premier temps, ce jeune homme de 21 ans s’est lui-même placé dans le collimateur de Pékin en organisant en juillet 2019 un petit rassemblement à l’université du Queensland, où il étudiait, pour protester contre la politique du gouvernement chinois.

Depuis, le Global Times, un tabloïd nationaliste chinois, a publié une série d’articles le stigmatisant.

Qualifié «d’émeutier opposé à la Chine», il l’a présenté comme celui qui incarne le racisme à l’encontre des Chinois en Australie.

L’étudiant en philosophie déclare avoir fait l’objet de menaces de mort après avoir été qualifié de “séparatiste” par des représentants chinois en Australie.

En août, il a été pris pour cible par le ministère des Affaires étrangères à Pékin quand le porte-parole a été interrogé sur une photo devenue virale montrant un diplomate chinois en train de marcher sur le dos d’habitants de Kiribati, un pays du Pacifique.

Il a accusé alors Drew Pavlou d’avoir révélé cette photo. «Cette personne a toujours été contre la Chine pour des raisons politiques», a affirmé le porte-parole, bien que M. Pavlou ne soit pas l’auteur de ce cliché et qu’il n’a pas été le premier à le partager.

L’étudiant dit avoir été «profondément choqué» par ces propos.

«C’est étrange pour une super puissance de se focaliser sur un étudiant australien de 21 ans, un Australien qui est fondamentalement très stupide et fait beaucoup de choses stupides», a déclaré M. Pavlou à l’AFP.

Parfois, son militantisme controversé s’est retourné contre lui.

Il a ainsi été accusé de racisme après avoir posé, au début de la pandémie de coronavirus, devant l’Institut Confucius de son université, financé par la Chine, avec une pancarte «risque biologique Covid-19».

Corde sensible

Aujourd’hui, il dit regretter cette farce mais soutient ne toujours pas comprendre pourquoi il demeure dans la ligne de mire de Pékin.

Une des explications est qu’il a touché une corde sensible.

En plus d’accuser Pékin de répression à Hong Kong, dans le Xinjiang et au Tibet, M. Pavlou a attiré l’attention sur les relations entre les universités australiennes et chinoises.

Ces liens font désormais l’objet d’une enquête de la part des autorités australiennes qui redoutent que l’afflux d’argent chinois puisse avoir compromis l’intérêt national.

Elaine Pearson, directrice de la section australienne de l’organisation Human Rights Watch, a souligné que cela n’a fait qu’attirer d’avantage l’attention de Pékin, particulièrement «susceptible», sur le jeune homme.

Les plaisanteries de M. Pavlou ont également conduit l’Université du Queensland à constituer un dossier pour des manquements disciplinaires. Ces derniers vont de messages incendiaires sur les médias sociaux à l’utilisation, dans un magasin du campus, d’un stylo sans le payer.

En mai, après une audience à huis clos, il a été exclu de l’Université pour deux ans. Sa peine a été réduite en appel à une suspension jusqu’à fin 2020.

L’étudiant a décidé de poursuivre l’université, son chancelier et son vice-chancelier, réclamant 3,5 millions de dollars australiens (2,20 millions d’euros) pour rupture de contrat et diffamation.

L’université a fait l’objet de critiques au sujet de la gestion de cette affaire, notamment de la part de l’ancien Premier ministre Kevin Rudd, qui a affirmé qu’elle pourrait être considérée comme “s’étant agenouillée devant Pékin”.

Comme de nombreux établissements d’enseignement supérieur australiens, l’université du Queensland est devenue très dépendante des frais de scolarité des étudiants étrangers pour financer la recherche et les places d’étudiants australiens.

En 2019, environ 182.000 étudiants chinois étaient inscrits dans les universités australiennes, ce qui représente une véritable manne pour l’économie du pays.

Une porte-parole de l’Université du Queensland a nié toute «motivation politique» dans cette sanction disciplinaire contre M. Pavlou.

Ce dernier, qui ne semble pas être intimidé par Pékin, affirme n’avoir jamais «souhaité être un militant politique» et s’être contenté d’organiser une seule manifestation «pour perturber le campus».

Coronavirus: Un vaccin pourrait être prêt en Chine en novembre

Les potentiels vaccins contre le coronavirus actuellement en développement en Chine pourraient être disponibles pour le grand public dès début novembre, a déclaré lundi soir une représentante du Centre chinois de prévention et de contrôle des maladies.

Reuters

Quatre vaccins candidats développés en Chine sont entrés dans l’ultime phase des essais cliniques.

Des doses d’au moins trois vaccins expérimentaux ont été proposés aux travailleurs essentiels dans le cadre d’un programme d’urgence lancé en juillet.

La “phase 3” des essais cliniques se déroule sans accroc et les vaccins pourraient être prêts pour la population en novembre ou décembre, a déclaré Guizhen Wu lors d’un entretien à la télévision publique.

Elle a dit avoir elle-même reçu en avril un vaccin expérimental, sans préciser lequel, et ajouté ne pas avoir connu de symptômes anormaux au cours des derniers mois.

Rapatriement de la dépouille de l’ambassadeur de Chine en Israël

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La dépouille de l’ambassadeur de Chine en Israël, retrouvé mort dans sa résidence, a été remise mercredi aux autorités chinoises lors d’une cérémonie spéciale à l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv.

Masque sanitaire barrant leur visage, casquette blanche vissée sur la tête, treillis kaki et brassard orange, des membres de la police militaire israélienne ont transporté le cercueil en bois du diplomate recouvert d’un drapeau rouge et jaune de la Chine, rapporte l’AFP.

Le cercueil a été déposé sur une table-autel avec à son pied des couronnes de fleurs blanches lors de cette cérémonie organisée avant le rapatriement de la dépouille vers la Chine.

L’ambassadeur Du Wei, 57 ans, a été retrouvé dimanche sans vie dans sa villa à Herzliya, au nord de Tel-Aviv, probablement décédé de causes naturelles, selon Pékin.

La police israélienne a déclaré qu’il n’y avait «pas d’enquête» sur ce décès, écartant ainsi l’hypothèse criminelle.

«Le premier diagnostic est que l’ambassadeur Du Wei est décédé soudainement en raison d’un problème de santé. De plus amples vérifications doivent être faites», a indiqué à Pékin un porte-parole de la diplomatie, Zhao Lijian.

Une source médicale citée par le journal israélien Haaretz a évoqué un possible arrêt cardiaque.

Le diplomate était entré en fonction en février et sa mission s’inscrivait dans le cadre d’un accroissement des investissements chinois en Israël, contraignant l’Etat hébreu à un difficile exercice d’équilibre en pleine guerre commerciale entre Pékin et Washington, son principal allié.

Le nouveau chef de la diplomatie israélienne Gabi Ashkenazi, entré officiellement en fonction au lendemain du décès du diplomate chinois, a offert ses condoléances à la famille de l’ambassadeur à la suite de son «décès soudain et tragique».

Trump : Pékin est responsable d’une «tuerie de masse mondiale»

Le président américain Donald Trump a encore haussé le ton mercredi sur la gestion du coronavirus par la Chine, affirmant qu’elle portait la responsabilité d’une «tuerie de masse mondiale».

Le locataire de la Maison Blanche martèle depuis plusieurs semaines que le lourd bilan du Covid-19 — plus de 320.000 morts à travers le monde, dont plus de 92.000 aux Etats-Unis — aurait pu être évité si Pékin avait mieux réagi dès l’apparition du virus dans la ville de Wuhan.

Mais l’escalade verbale prend chaque jour un ton plus acrimonieux.

«Un cinglé en Chine vient de publier un communiqué accusant tout le monde à l’exception de la Chine pour le virus qui a tué des centaines de milliers de personnes», a tweeté Donald Trump mercredi matin.

«Merci d’expliquer à cet abruti que c’est “l’incompétence de la Chine”, et rien d’autre, qui a provoqué cette tuerie de masse mondiale!», a-t-il ajouté, sans préciser à qui il faisait référence.

Il y a une semaine, le 45e président des Etats-Unis avait menacé de rompre toute relation avec le géant asiatique et assuré qu’il ne souhaitait plus, pour l’heure, parler à son homologue Xi Jinping.

Pékin assure de son côté avoir transmis le plus vite possible toutes les informations à l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le différend entre les deux premières économies mondiales s’est en particulier concentré sur l’attitude de l’agence onusienne face à cette crise sanitaire d’une ampleur inédite.

Accusant l’OMS d’être une «marionnette de la Chine», le président américain Donald lui a donné un mois pour engager des réformes et obtenir des résultats significatifs. Avec, à défaut, la menace de quitter cet organe dont les Etats-Unis étaient traditionnellement le premier contributeur.

Pékin a répliqué en accusant Trump de chercher à «se soustraire à ses obligations» envers l’organisation.

Riposte verbale chinoise

Zhao Lijian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a vivement critiqué l’attitude des Etats-Unis, accusés de «salir les efforts de la Chine face à l’épidémie».

M. Zhao a exhorté Washington à «cesser de rejeter la faute» sur son pays et à se concentrer plutôt sur l’endiguement du virus sur son territoire, où plus de 1,5 million de personnes ont été contaminées.

«Il y eu des erreurs et des lacunes du côté américain, leurs mensonges sont toujours plus nombreux», a-t-il asséné, dénonçant avec virulence «ces hommes politiques américains adeptes de la manipulation».

Mi-mars, ce même porte-parole s’était fait l’écho, sans le moindre élément concret à l’appui, d’une théorie selon laquelle l’armée américaine aurait importé le virus en Chine.

Lors d’un point de presse mercredi matin, Mike Pompeo, chef de la diplomatie américaine, a estimé que la crise du Covid-19 marquait la fin des illusions de Washington sur le tissage de liens étroits avec la Chine.

«Nous avons largement sous-estimé à quel point Pékin est, idéologiquement et politiquement, hostile aux pays libres», a-t-il déclaré, martelant que le géant asiatique était dirigé par “un régime brutal, autoritaire”.

«La réponse du Parti communiste chinois à l’épidémie de Covid-19 dans le Wuhan a permis de mieux comprendre la réalité de la Chine communiste», a-t-il ajouté, déplorant, entre autres, «la censure» concernant la pandémie au sein de ce pays.

Avec AFP

Escalade : La Chine sanctionne l’Australie qui avait demandé l’ouverture d’une enquête sur le Covid-19

La Chine a suspendu mardi les importations de boeuf australien de quatre grand fournisseurs dans un contexte de tension politique avec Canberra, qui réclame l’ouverture d’une enquête sur la façon dont Pékin a géré la crise du nouveau coronavirus.

L’Australie s’est jointe aux Etats-Unis pour demander l’ouverture d’une enquête sur la manière dont la pandémie de Covid-19, qui a vu le jour dans le centre de la Chine fin 2019, s’est propagée à travers la planète.

Ils accusent notamment la Chine de ne pas avoir réagi de manière efficace dans les premières semaines de l’épidémie et d’avoir minimisé ses conséquences sur son territoire.

Dans une notice publiée sur leur site internet, les Douanes chinoises ont annoncé la suspension des importations de viande de quatre fournisseurs australiens à compter de ce mardi. La durée de la suspension n’a pas été précisée et les Douanes n’ont fourni aucun motif.

Selon le ministre australien du Commerce, Simon Birmingham, les suspensions sont liées à des infractions techniques «mineures» liées aux exigences chinoises en matière de santé et d’étiquetage.

Les quatre fournisseurs représentent environ 35% des exportations de boeuf australien vers la Chine, pour une valeur marchande estimée à 1,7 milliard de dollars australiens (1 milliard d’euros environ), selon le groupe audiovisuel australien ABC.

Fin avril, l’ambassadeur de Chine à Canberra, Cheng Jingye, avait averti que la demande d’enquête australienne sur le Covid-19 était «dangereuse» et pourrait entraîner un boycott de la part des consommateurs chinois.

«La population chinoise est mécontente, consternée et déçue par ce que fait actuellement l’Australie», avait alors déclaré l’ambassadeur chinois au quotidien économique Australian Financial Review.

«Peut-être que les gens diront, Pourquoi boire du vin australien? Manger du boeuf australien?», avait fait remarquer l’ambassadeur dans une menace à peine voilée.

Cheng Jingye avait également laissé planer une menace sur le nombre de Chinois qui, à terme, pourraient venir étudier dans les universités australiennes et qui constituent une source importante de revenus pour ces établissements.

La Chine est le principal partenaire commercial de l’Australie. Mais les deux pays sont à couteaux tirés depuis l’exclusion faite au géant chinois des télécoms Huawei de construire le réseau 5G en Australie sur fond de soupçons d’espionnage.

La Chine envoie un vaisseau inhabité dans l’espace

C’est une étape cruciale vers une prochaine grande station spatiale chinoise sur le modèle de l’ISS et un passeport pour des vols habités vers la Lune: la Chine a lancé mardi un nouveau vaisseau spatial.

L’engin a été propulsé depuis la base de Wenchang, sur l’île de Hainan (sud) à l’aide d’une fusée Longue-Marche 5B, la plus puissante du pays et dont c’était aussi le vol inaugural, a annoncé l’agence de presse Chine nouvelle.

Par sécurité, personne n’avait pris place à bord du vaisseau en raison de son caractère expérimental. Sa principale utilité: acheminer des astronautes vers la future station spatiale et réaliser des vols habités vers la Lune.

Le vaisseau s’est placé sur l’orbite voulue après huit minutes de vol, selon Chine nouvelle.

Son retour sur Terre est prévu vendredi après une série de tests, a indiqué lors d’une conférence de presse Ji Qiming, de l’agence spatiale chinoise.

Le chef du centre de contrôle de la mission, Zhang Xueyu, a assuré que le lancement avait «renforcé la confiance et la détermination» pour les prochaines étapes du programme spatial chinois.

«Ce vol est une étape importante», souligne Chen Lan, analyste indépendant pour le site internet GoTaikonauts.com, spécialisé dans le programme spatial chinois.

«Ce nouveau vaisseau va donner un avantage à la Chine sur le Japon et l’Europe en termes de voyage habité dans l’espace».

Pékin a lancé depuis 1999 plusieurs véhicules spatiaux «Shenzhou», construits sur le modèle des fameux «Soyouz» russes.

Réputé plus sûr, le vaisseau lancé mardi est plus rapide, plus résistant à la chaleur, plus long (8,8 mètres) et plus lourd (21,6 tonnes). L’engin pourra également transporter davantage d’astronautes (jusqu’à six au lieu de trois) et devrait être partiellement réutilisable.

La future station spatiale chinoise (CSS) portera le nom de «Palais céleste»

Des caractéristiques qui ouvrent à la Chine de nouveaux horizons.

«Tout dépend des ambitions du programme spatial chinois, mais des missions au-delà de la Lune seront possibles», souligne Carter Palmer, spécialiste des questions spatiales au cabinet américain Forecast International.

Aller loin dans l’espace nécessite deux choses principales: une vitesse très rapide pour s’arracher aux forces de gravitation, et une meilleure protection face aux températures extrêmes – des caractéristiques dont bénéficie a priori ce nouveau vaisseau chinois.

L’actuelle mission d’essai testera notamment son bouclier thermique et sa capacité à rentrer dans l’atmosphère.

La future station spatiale chinoise (CSS), appelée en mandarin Tiangong (“Palais céleste”) comprendra trois parties: un module principal long de près de 17 mètres (lieu de vie et de travail) et deux modules annexes (pour les expériences scientifiques).

Son assemblage dans l’espace devrait débuter cette année et s’achever en 2022.

Elle pourrait un temps devenir la seule station opérationnelle après l’arrêt de la station spatiale internationale (ISS).

Autre nouveauté de la mission de mardi: la fusée Longue-Marche 5B. D’un diamètre de 5 mètres, d’un poids de 849 tonnes et d’une longueur de 54 mètres, elle peut envoyer dans l’espace des charges de 22 tonnes.

C’est elle qui sera utilisée pour lancer les différentes parties de la future station spatiale.

L’Amérique toujours première

Cette réussite de mardi rassure sur le programme spatial chinois, après les échecs cette année du lancement d’un satellite indonésien (en avril) et de celui d’une fusée Longue-Marche 7 (en mars).

La Chine investit des milliards d’euros dans l’espace. Elle place de nombreux satellites en orbite, pour son compte (observation de la Terre, télécommunications, système de géolocalisation Beidou) ou pour d’autres pays.

Début 2019, elle est devenue la première nation au monde à faire atterrir une sonde sur la face cachée de la Lune. Elle espère envoyer un homme sur l’astre lunaire dans une dizaine d’années et y avoir une base.

La Chine prévoit également de lancer une sonde vers Mars courant 2020. L’objectif est de faire atterrir l’engin sur la planète rouge et d’y faire évoluer un petit robot téléguidé.

Pour autant, est-elle au niveau des Américains?

«La Chine a rattrapé les Etats-Unis dans certains domaines spatiaux comme l’observation de la Terre et la navigation», note Chen Lan.

«Mais il y a toujours de grands écarts en matière d’exploration de l’espace lointain et des vols habités», souligne l’analyste, pour qui l’Amérique reste «la principale puissance spatiale».

Mike Pompeo : « nous disposons d’un nombre significatif de preuves que le Coronavirus provient d’un labo de Wuhan »

Après avoir déjà menacé cette semaine la Chine de taxes punitives, les Etats-Unis ont encore durci le ton dimanche en affirmant disposer d’un “nombre significatif de preuves” que le nouveau coronavirus provient d’un laboratoire de la ville de Wuhan, berceau de la pandémie.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo n’a pas pris de gants pour faire monter d’un cran supplémentaire l’escalade verbale à l’encontre de Pékin.

«Il existe des preuves immenses que c’est de là que c’est parti», a déclaré le secrétaire d’Etat sur la chaîne ABC, à propos de l’Institut de virologie de Wuhan.

«Ce n’est pas la première fois» que la Chine met ainsi «le monde en danger» à cause de «laboratoires ne respectant pas les normes», a-t-il insisté, sans vouloir dire s’il pensait que le nouveau coronavirus avait été libéré intentionnellement par Pékin.

Mike Pompeo s’était montré plus prudent jeudi en admettant ne pas savoir si le virus provenait du laboratoire de Wuhan, d’un marché en plein air de la ville, «ou même d’un autre endroit».

Le président Donald Trump venait alors pour la première fois, sans s’étendre sur le sujet, de lier le virus au laboratoire, et de menacer la Chine de «taxes douanières punitives», comme lors du conflit commercial que se sont livré pendant des mois les deux premières économies mondiales.

Five Eyes : «La Chine a détruit les preuves »

Les déclarations du milliardaire républicain et de son secrétaire d’Etat vont au-delà de l’analyse des services de renseignement américains.

Ces derniers ont annoncé jeudi être parvenus à la conclusion que le nouveau coronavirus n’avait pas été créé par l’homme ou modifié génétiquement. Mais qu’ils ne disposaient pas encore d’informations suffisantes «pour déterminer si l’épidémie a commencé par un contact avec des animaux infectés ou si elle a été le résultat d’un accident de laboratoire à Wuhan».

Ancien directeur de la CIA, Mike Pompeo a encore dénoncé dimanche le manque de coopération des responsables chinois afin de faire la lumière sur l’origine exacte de la pandémie.

«Ils continuent d’empêcher l’accès aux Occidentaux, aux meilleurs médecins», a-t-il dit sur ABC. «Il faut que nous puissions aller là-bas. Nous n’avons toujours pas les échantillons du virus dont nous avons besoin».

Un rapport de l’alliance «Five Eyes» entre agences de renseignement anglo-saxonnes (Etats-Unis, Royaume-Uni, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande), obtenu par le Daily Telegraph australien, avance que la Chine a sciemment détruit des preuves sur l’origine du nouveau coronavirus.

Selon le journal, le document de 15 pages indique que le gouvernement chinois a fait taire ou «disparaître» les médecins s’étant exprimé sur le sujet, et refusé de partager des échantillons avec la communauté scientifique internationale, quand bien même cela mettait «les autres pays en danger».

Vives tensions sino-américaines

Coordinatrice de la cellule de crise de la Maison Blanche sur le coronavirus, le Dr Deborah Birx a aussi regretté dimanche que les autorités chinoises aient tardé à communiquer sur l’épidémie, partie en décembre de Wuhan.

«Il leur a fallu jusqu’à la mi-janvier pour même évoquer une transmission de l’homme à l’homme», a déclaré sur Fox News la spécialiste, pour qui ce manque de transparence «a contribué à propager le virus à travers le monde».

Donald Trump s’en est souvent pris à la Chine depuis le début de la pandémie, qui a considérablement affaibli l’économie américaine, dont la vigueur devait être l’un des principaux arguments de sa campagne de réélection.

Dès fin janvier, le président américain avait annoncé l’interdiction d’entrée aux Etats-Unis des voyageurs étrangers en provenance de Chine.

Il a aussi provoqué la colère de Pékin en revendiquant haut et fort l’expression «virus chinois» pour désigner le nouveau coronavirus.

Mike Pompeo avait accusé à l’époque le Parti communiste chinois de semer des «rumeurs abracadabrantes» sur le fait que l’armée américaine ait pu introduire le virus dans son pays.

Cette première guerre des mots avait conduit en mars à l’expulsion de journalistes américains en Chine, et à la réduction du nombre de Chinois autorisés à travailler pour des médias de Pékin aux Etats-Unis.

Donald Trump, qui accuse régulièrement la Chine de mentir sur son bilan humain, a également récemment évoqué la possibilité de lui demander de payer des milliards de dollars de réparations pour les dommages causés par l’épidémie.

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