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La Chine envoie un vaisseau inhabité dans l’espace

C’est une étape cruciale vers une prochaine grande station spatiale chinoise sur le modèle de l’ISS et un passeport pour des vols habités vers la Lune: la Chine a lancé mardi un nouveau vaisseau spatial.

L’engin a été propulsé depuis la base de Wenchang, sur l’île de Hainan (sud) à l’aide d’une fusée Longue-Marche 5B, la plus puissante du pays et dont c’était aussi le vol inaugural, a annoncé l’agence de presse Chine nouvelle.

Par sécurité, personne n’avait pris place à bord du vaisseau en raison de son caractère expérimental. Sa principale utilité: acheminer des astronautes vers la future station spatiale et réaliser des vols habités vers la Lune.

Le vaisseau s’est placé sur l’orbite voulue après huit minutes de vol, selon Chine nouvelle.

Son retour sur Terre est prévu vendredi après une série de tests, a indiqué lors d’une conférence de presse Ji Qiming, de l’agence spatiale chinoise.

Le chef du centre de contrôle de la mission, Zhang Xueyu, a assuré que le lancement avait «renforcé la confiance et la détermination» pour les prochaines étapes du programme spatial chinois.

«Ce vol est une étape importante», souligne Chen Lan, analyste indépendant pour le site internet GoTaikonauts.com, spécialisé dans le programme spatial chinois.

«Ce nouveau vaisseau va donner un avantage à la Chine sur le Japon et l’Europe en termes de voyage habité dans l’espace».

Pékin a lancé depuis 1999 plusieurs véhicules spatiaux «Shenzhou», construits sur le modèle des fameux «Soyouz» russes.

Réputé plus sûr, le vaisseau lancé mardi est plus rapide, plus résistant à la chaleur, plus long (8,8 mètres) et plus lourd (21,6 tonnes). L’engin pourra également transporter davantage d’astronautes (jusqu’à six au lieu de trois) et devrait être partiellement réutilisable.

La future station spatiale chinoise (CSS) portera le nom de «Palais céleste»

Des caractéristiques qui ouvrent à la Chine de nouveaux horizons.

«Tout dépend des ambitions du programme spatial chinois, mais des missions au-delà de la Lune seront possibles», souligne Carter Palmer, spécialiste des questions spatiales au cabinet américain Forecast International.

Aller loin dans l’espace nécessite deux choses principales: une vitesse très rapide pour s’arracher aux forces de gravitation, et une meilleure protection face aux températures extrêmes – des caractéristiques dont bénéficie a priori ce nouveau vaisseau chinois.

L’actuelle mission d’essai testera notamment son bouclier thermique et sa capacité à rentrer dans l’atmosphère.

La future station spatiale chinoise (CSS), appelée en mandarin Tiangong (« Palais céleste ») comprendra trois parties: un module principal long de près de 17 mètres (lieu de vie et de travail) et deux modules annexes (pour les expériences scientifiques).

Son assemblage dans l’espace devrait débuter cette année et s’achever en 2022.

Elle pourrait un temps devenir la seule station opérationnelle après l’arrêt de la station spatiale internationale (ISS).

Autre nouveauté de la mission de mardi: la fusée Longue-Marche 5B. D’un diamètre de 5 mètres, d’un poids de 849 tonnes et d’une longueur de 54 mètres, elle peut envoyer dans l’espace des charges de 22 tonnes.

C’est elle qui sera utilisée pour lancer les différentes parties de la future station spatiale.

L’Amérique toujours première

Cette réussite de mardi rassure sur le programme spatial chinois, après les échecs cette année du lancement d’un satellite indonésien (en avril) et de celui d’une fusée Longue-Marche 7 (en mars).

La Chine investit des milliards d’euros dans l’espace. Elle place de nombreux satellites en orbite, pour son compte (observation de la Terre, télécommunications, système de géolocalisation Beidou) ou pour d’autres pays.

Début 2019, elle est devenue la première nation au monde à faire atterrir une sonde sur la face cachée de la Lune. Elle espère envoyer un homme sur l’astre lunaire dans une dizaine d’années et y avoir une base.

La Chine prévoit également de lancer une sonde vers Mars courant 2020. L’objectif est de faire atterrir l’engin sur la planète rouge et d’y faire évoluer un petit robot téléguidé.

Pour autant, est-elle au niveau des Américains?

«La Chine a rattrapé les Etats-Unis dans certains domaines spatiaux comme l’observation de la Terre et la navigation», note Chen Lan.

«Mais il y a toujours de grands écarts en matière d’exploration de l’espace lointain et des vols habités», souligne l’analyste, pour qui l’Amérique reste «la principale puissance spatiale».

Mike Pompeo : « nous disposons d’un nombre significatif de preuves que le Coronavirus provient d’un labo de Wuhan »

Après avoir déjà menacé cette semaine la Chine de taxes punitives, les Etats-Unis ont encore durci le ton dimanche en affirmant disposer d’un « nombre significatif de preuves » que le nouveau coronavirus provient d’un laboratoire de la ville de Wuhan, berceau de la pandémie.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo n’a pas pris de gants pour faire monter d’un cran supplémentaire l’escalade verbale à l’encontre de Pékin.

«Il existe des preuves immenses que c’est de là que c’est parti», a déclaré le secrétaire d’Etat sur la chaîne ABC, à propos de l’Institut de virologie de Wuhan.

«Ce n’est pas la première fois» que la Chine met ainsi «le monde en danger» à cause de «laboratoires ne respectant pas les normes», a-t-il insisté, sans vouloir dire s’il pensait que le nouveau coronavirus avait été libéré intentionnellement par Pékin.

Mike Pompeo s’était montré plus prudent jeudi en admettant ne pas savoir si le virus provenait du laboratoire de Wuhan, d’un marché en plein air de la ville, «ou même d’un autre endroit».

Le président Donald Trump venait alors pour la première fois, sans s’étendre sur le sujet, de lier le virus au laboratoire, et de menacer la Chine de «taxes douanières punitives», comme lors du conflit commercial que se sont livré pendant des mois les deux premières économies mondiales.

Five Eyes : «La Chine a détruit les preuves »

Les déclarations du milliardaire républicain et de son secrétaire d’Etat vont au-delà de l’analyse des services de renseignement américains.

Ces derniers ont annoncé jeudi être parvenus à la conclusion que le nouveau coronavirus n’avait pas été créé par l’homme ou modifié génétiquement. Mais qu’ils ne disposaient pas encore d’informations suffisantes «pour déterminer si l’épidémie a commencé par un contact avec des animaux infectés ou si elle a été le résultat d’un accident de laboratoire à Wuhan».

Ancien directeur de la CIA, Mike Pompeo a encore dénoncé dimanche le manque de coopération des responsables chinois afin de faire la lumière sur l’origine exacte de la pandémie.

«Ils continuent d’empêcher l’accès aux Occidentaux, aux meilleurs médecins», a-t-il dit sur ABC. «Il faut que nous puissions aller là-bas. Nous n’avons toujours pas les échantillons du virus dont nous avons besoin».

Un rapport de l’alliance «Five Eyes» entre agences de renseignement anglo-saxonnes (Etats-Unis, Royaume-Uni, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande), obtenu par le Daily Telegraph australien, avance que la Chine a sciemment détruit des preuves sur l’origine du nouveau coronavirus.

Selon le journal, le document de 15 pages indique que le gouvernement chinois a fait taire ou «disparaître» les médecins s’étant exprimé sur le sujet, et refusé de partager des échantillons avec la communauté scientifique internationale, quand bien même cela mettait «les autres pays en danger».

Vives tensions sino-américaines

Coordinatrice de la cellule de crise de la Maison Blanche sur le coronavirus, le Dr Deborah Birx a aussi regretté dimanche que les autorités chinoises aient tardé à communiquer sur l’épidémie, partie en décembre de Wuhan.

«Il leur a fallu jusqu’à la mi-janvier pour même évoquer une transmission de l’homme à l’homme», a déclaré sur Fox News la spécialiste, pour qui ce manque de transparence «a contribué à propager le virus à travers le monde».

Donald Trump s’en est souvent pris à la Chine depuis le début de la pandémie, qui a considérablement affaibli l’économie américaine, dont la vigueur devait être l’un des principaux arguments de sa campagne de réélection.

Dès fin janvier, le président américain avait annoncé l’interdiction d’entrée aux Etats-Unis des voyageurs étrangers en provenance de Chine.

Il a aussi provoqué la colère de Pékin en revendiquant haut et fort l’expression «virus chinois» pour désigner le nouveau coronavirus.

Mike Pompeo avait accusé à l’époque le Parti communiste chinois de semer des «rumeurs abracadabrantes» sur le fait que l’armée américaine ait pu introduire le virus dans son pays.

Cette première guerre des mots avait conduit en mars à l’expulsion de journalistes américains en Chine, et à la réduction du nombre de Chinois autorisés à travailler pour des médias de Pékin aux Etats-Unis.

Donald Trump, qui accuse régulièrement la Chine de mentir sur son bilan humain, a également récemment évoqué la possibilité de lui demander de payer des milliards de dollars de réparations pour les dommages causés par l’épidémie.

Coronavirus : Trump envisage des taxes punitives contre la Chine

Donald Trump a dit jeudi envisager des taxes punitives contre Pékin après avoir acquis la certitude que le nouveau coronavirus proviendrait d’un laboratoire chinois, menaçant d’ajouter une crise diplomatique à une catastrophe sanitaire et économique mondiale.

Sans détailler les éléments dont il disposerait, le président américain a répondu «oui» à un journaliste à la Maison Blanche qui lui demandait: «Avez-vous vu jusqu’ici des choses qui vous permettent de croire sérieusement que l’Institut de virologie de Wuhan est à l’origine» de la pandémie?

Donald Trump a ensuite avancé l’idée d’imposer des «taxes douanières» en rétorsion, après avoir ces dernières semaines accusé Pékin de dissimulation de données cruciales sur l’épidémie. Trump veut lever 1 trillion $ de ces sanctions.

L’ampleur du désastre social et financier provoqué par le nouveau coronavirus s’est par ailleurs confirmée jeudi aux Etats-Unis et en Europe, où l’on s’engage progressivement, malgré le risque sanitaire, vers un déconfinement très attendu.

Les statistiques maussades s’enchaînent pour la première économie mondiale. Après avoir annoncé mercredi un net recul de leur PIB au premier trimestre, les Etats-Unis continuent de voir leur nombre de chômeurs exploser.

Plus de 30 millions d’Américains au total ont fait une demande d’allocation depuis la mi-mars et le début de la crise du Covid-19 dans le pays, qui n’a de toute son histoire jamais indemnisé autant de personnes sans emploi.

De l’autre côté de l’Atlantique, une litanie de chiffres est également venue confirmer jeudi les plus sombres prévisions en Europe, dont les principales places boursières ont terminé dans le rouge.

La France a annoncé un effondrement de 5,8% de son PIB au premier trimestre, l’Espagne de 5,2%, l’Italie de 4,7%, et l’Allemagne un bond de 13,2% du nombre des chômeurs. A l’échelle de la zone euro, l’activité a chuté de 3,8%, selon l’institut Eurostat, qui prévient que le deuxième trimestre s’annonce encore pire.

Le bilan humain de la pandémie est tout aussi morose. Elle a fait à ce jour au moins 230.000 morts dans le monde depuis l’apparition du nouveau coronavirus en Chine en décembre, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles.

Les Etats-Unis sont de loin le pays le plus touché, avec plus d’un million de cas recensés et près de 62.000 décès. Mais l’Europe a payé le plus lourd tribut à la maladie, avec 27.967 morts en Italie, 26.711 au Royaume-Uni, 24.543 en Espagne et 24.376 en France.

Londres a passé le pic

Le Vieux Continent s’achemine pourtant vers un déconfinement par étapes, avec l’Allemagne en tête de pont.

Fort de son succès dans la lutte contre la pandémie, qui permet «d’assouplir progressivement» les restrictions, le gouvernement allemand a adopté un catalogue de nouvelles mesures vers la levée du confinement.

Sous condition de garantir les habituelles «mesures barrières» et de distanciation, églises et mosquées vont pouvoir rouvrir leurs portes, de même que les musées, salles d’exposition, zoos et mémoriaux.

Cafés et restaurants restent néanmoins fermés, au moins jusqu’au 6 mai, et la chancelière allemande Angela Merkel a indiqué que la question d’une ouverture des frontières avec les pays européens n’était « pas au programme » pour le moment, en raison des risques persistants d’une recrudescence de la contamination.

Le Royaume-Uni, deuxième pays le plus touché par le virus en Europe avec désormais 26.711 morts, a passé le pic de l’épidémie, a affirmé jeudi le Premier ministre Boris Johnson. «Nous sommes sur une pente descendante», a-t-il assuré lors de sa première conférence de presse depuis son rétablissement du Covid-19.

Accusé d’avoir tardé à prendre la mesure de la pandémie et à instaurer le confinement, le dirigeant conservateur, sous pression désormais pour programmer le déconfinement, a comparé la situation au passage d’un «énorme tunnel des Alpes», et promis de dévoiler une «feuille de route» la semaine prochaine.

Prudence en Italie

Un temps épicentre de la pandémie, l’Italie a annoncé jeudi son intention de rouvrir la semaine prochaine deux aéroports importants. Mais son Premier ministre Giuseppe Conte a appelé à la prudence afin que « tous les efforts accomplis ne l’aient pas été en vain ».

Les dirigeants européens doivent garder un oeil envieux sur la situation en Corée du Sud, qui n’a enregistré aucun nouveau cas de coronavirus pour la première fois depuis que la maladie est apparue dans le pays il y a plus de deux mois.

D’autres régions d’Asie, notamment Hong Kong et Taïwan, semblent également être en passe de maîtriser l’épidémie, dont l’origine exacte continue d’interroger.

La Russie trinque

Longtemps épargnée, la Russie a accumulé les mauvaises nouvelles. Son Premier ministre Mikhaïl Michoustine a annoncé jeudi à la télévision avoir été testé positif au virus. Le pays a officiellement passé la barre des 1.000 morts, pour un record de plus 106.000 contaminations, en majorité à Moscou, dans sa région et à Saint-Pétersbourg, deuxième ville du pays. Avec en plus une résurgence de l’alcoolisme.

D’après le décompte de l’AFP, ces chiffres placent la Russie au 8e rang des pays comptant le plus de contaminations, devant la Chine, où avait commencé l’épidémie, et l’Iran.

Dans un monde pressé de pouvoir compter sur un remède efficace, les Instituts de santé américains (NIH) ont fait souffler un vent d’espoir en annonçant que le médicament expérimental remdesivir du laboratoire Gilead avait accéléré le rétablissement de malades, à défaut de faire baisser la mortalité.

Il existe actuellement une centaine de projets de vaccins anti-Covid-19, dont une dizaine en phase d’essais cliniques, selon la London School of Hygiene & Tropical Medicine.

Pendant la pandémie, les affaires continuent néanmoins pour certains.

Interpol a lancé l’alerte jeudi sur un nouveau mode opératoire des trafiquants qui utilisent des services de livraison à domicile de pizzas et autres denrées pour transporter cocaïne, marijuana, kétamine et ecstasy dans un nombre croissant de pays soumis au confinement: c’est le cas notamment en Espagne, Irlande, Malaisie, et au Royaume-Uni.

La Chine se dit prête pour la production à grande échelle d’un vaccin contre le Covid-19, baptisé «Coronavac»

Il tient peut-être le remède tant attendu. Dans un laboratoire du nord de Pékin, un homme en blouse blanche exhibe un tube du «Coronavac», l’un des tout premiers vaccins expérimentaux contre le nouveau coronavirus.

Sinovac Biotech, l’un des quatre labos chinois autorisés à engager des essais cliniques, voit grand. Même si son vaccin n’a pas encore fait ses preuves, le groupe privé se dit prêt à produire 100 millions de doses par an pour combattre le virus, apparu en Chine fin 2019 avant de se répandre dans le monde entier.

Le pharmacien peut se montrer confiant. En 2009, il avait coiffé ses concurrents sur le poteau en devenant le premier au monde à mettre sur le marché un vaccin contre la grippe porcine H1N1.

Dans ses vastes installations de Changping, en grande banlieue de la capitale, des laborantins contrôlent la qualité du vaccin expérimental, à base de pathogènes inertes, déjà produit à des milliers d’exemplaires. Dans sa boîte blanche et orange, il porte même un nom: «Coronavac».

Le sérum a été administré à 144 volontaires

Même si le traitement est encore loin d’une homologation, le fabricant doit montrer qu’il est capable de le produire à grande échelle et soumettre des lots au contrôle des autorités. D’où le lancement de la production avant même la fin des essais cliniques.

Si plus d’une centaine de laboratoires mondiaux rivalisent pour être le premier à mettre au point un vaccin, moins d’une dizaine ont pour l’heure engagé des essais sur l’être humain, selon l’Ecole d’hygiène et de médecine tropicale de Londres.

C’est le cas de Sinovac, qui assure avoir obtenu des résultats encourageants chez le singe, avant d’administrer son sérum pour la première fois à 144 volontaires à la mi-avril dans le Jiangsu (est).

Mais le labo fondé en 2001 ne se prononcera pas sur la date à laquelle son injection d’un demi-millilitre pourra éventuellement être commercialisée.

«C’est la question que tout le monde se pose…», reconnaît Liu Peicheng, directeur de la marque.

D’après l’OMS, la fabrication d’un vaccin peut prendre entre 12 et 18 mois.

Résultats des essais fin juin

Sinovac, qui emploie un millier de salariés, espère obtenir fin juin de premiers résultats quant à la sécurité de son produit, dans le cadre des essais de phase 1 et 2, explique à l’AFP Meng Weining, directeur des affaires internationales.

Ces essais consistent simplement à vérifier que le vaccin n’est pas dangereux pour l’homme. Pour s’assurer qu’il est efficace, il faut engager un essai de phase 3 auprès de porteurs du virus.

Problème: désormais, «seulement quelques cas sont signalés en Chine chaque jour», souligne Meng Weining. A moins d’une deuxième vague épidémique sur le sol chinois, le groupe va donc devoir tester des personnes positives à l’étranger.

«Nous sommes actuellement en contact avec plusieurs pays d’Europe et d’Asie», précise-t-il.

«Un essai de phase 3 comprend normalement plusieurs milliers de personnes. Ce n’est pas facile d’obtenir ces chiffres, dans aucun pays», prévoit-il.

Une revanche pour la Chine

Le groupe n’en a pas moins engagé au sud de Pékin la construction d’un site de production d’une capacité de 100 millions de doses, qui doit pouvoir fonctionner avant la fin de l’année.

«Nous travaillons jour et nuit, nous faisons les trois-huit, ce qui signifie que nous ne perdons pas une minute», assure M. Meng.

Rapporté à la population mondiale, un éventuel vaccin Sinovac ne suffirait pas à protéger la planète. Mais Meng assure que son groupe, coté au Nasdaq, est prêt à «des collaborations» avec ses partenaires étrangers, auxquels il vend ses vaccins existants contre la grippe ou l’hépatite.

Etre la première à offrir un vaccin contre le Covid-19 serait une revanche pour la Chine, désireuse de faire oublier que la pandémie a pris naissance chez elle.

«Nous recevons beaucoup d’appui de la part du gouvernement chinois», témoigne M. Meng. «Pas tant d’argent que ça», mais des coopérations avec des instituts publics auprès desquels Sinovac s’approvisionne en souches virales.

Outre Sinovac, Pékin a approuvé l’essai clinique de trois autres vaccins expérimentaux: l’un lancé par l’Ecole militaire des sciences médicales et le groupe de biotechnologie CanSino; l’autre par l’Institut de produits biologiques et l’Institut de virologie de Wuhan, la ville où le coronavirus a fait son apparition; et un dernier par le groupe China Biotics, qui a engagé des essais mardi auprès de 32 volontaires.

La Chine rejette les critiques de Paris et Berlin sur le Xinjiang et Hong Kong

Le gouvernement chinois a rejeté jeudi les critiques de la France et de l’Allemagne à propos de la situation des musulmans ouïghours et des manifestations de Hong Kong en faveur de la démocratie.

D’après des organisations de défense des droits de l’Homme, plus d’un million de musulmans sont détenus au Xinjiang (nord-ouest de la Chine) dans des camps de rééducation politique.

Pékin récuse ce chiffre et évoque des «centres de formation professionnelle» destinés à lutter contre la radicalisation islamiste, en réaction à une série d’attentats sanglants attribués ces dernières années à des militants de l’ethnie ouïghoure, majoritaire au Xinjiang.

«Les affaires du Xinjiang relèvent entièrement des affaires intérieures de la Chine», a rétorqué le porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang, interrogé sur des propos tenus la veille par la chancelière allemande Angela Merkel et le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

«Nous nous opposons résolument aux ingérences dans les affaires intérieures de la Chine à propos du Xinjiang par qui que ce soit ou quelque puissance que ce soit», a-t-il ajouté devant la presse.

Devant des parlementaires allemands, Angela Merkel a souligné mercredi l’importance de critiquer les violations des droits de l’homme et a félicité les électeurs hongkongais de s’être exprimés lors du scrutin local de dimanche, qui a donné la victoire à l’opposition hostile à l’influence de Pékin.

Le Drian a appelé de son côté Pékin à fermer «les camps d’internement» au Xinjiang et à autoriser une visite de l’ONU sur place.

«Nous suivons avec une grande attention l’ensemble des témoignages et documents relayés par la presse» concernant le «système répressif mis en place dans cette région», a ajouté le ministre, évoquant les fuites de documents officiels publiées dimanche par un consortium de 17 médias du monde entier.

A propos de Hong Kong, Le Drian a fait observer que le résultat des élections avait «marqué un revers à l’égard des autorités de Pékin».

«Le discours qui est tenu aujourd’hui par Pékin sur la rupture entre l’opinion et les manifestants n’était pas juste», a-t-il ajouté devant la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.

A ce propos, le porte-parole chinois a martelé qu’aucun «gouvernement étranger, organisation ou individu n’a le droit de s’ingérer» dans les affaires de Hong Kong.

Avec AFP

Disparition du patron d’Interpol à Pékin, véritable casse tête chinois

Le président d’Interpol, l’organisation internationale de police criminelle, le chinois Meng Hongwei, est porté disparu suite à son déplacement le 29 septembre dans son pays natal. Il n’a plus donné signe de vie à sa femme et à ses enfants restés à Lyon, siège de cette institution.

Inquiète de ne pas pouvoir rejoindre son mari, son épouse a alerté les autorités françaises qui ont ouvert une enquête, et Paris se dit préoccupé tout en affirmant qu’il n’était pas disparu sur son sol. L’information a fait l’effet d’une bombe et les médias du monde entier s’en sont emparés.

Toutefois, c’est le quotidien South China Morning Post de Hong Kong qui a enquêté et mis sur son site un article relatant les péripéties de cette scabreuse affaire.

Il affirme que Meng Hongwei, 64 ans et également vice-ministre au ministère chinois de la Sécurité publique a été « enlevé » après son arrivée en Chine la semaine dernière par avion, car il fait actuellement l’objet d’une enquête dans son pays.

Selon les sources du journal, il a été « emmené » pour interrogatoire par les autorités de la discipline « dès qu’il a atterri en Chine » la semaine dernière, en soulignant qu’il n’est pas encore clair pourquoi Meng fait l’objet d’une enquête ni où exactement il est détenu.

«Le siège du Secrétariat général d’Interpol ne fera plus de commentaires», déclare-t-on à Lyon : Meng a été vu pour la dernière fois en France le 29 septembre, selon des sources policières. Au début, on ne savait pas quand et où Meng avait disparu, mais une source a déclaré au «South China Morning Post» qu’il avait été «emmené» après son retour en Chine la semaine dernière mais ni le ministère de la Sécurité publique, ni le ministère des Affaires étrangères en Chine n’ont répondu aux demandes de commentaires.

Les sources averties précisent qu’en vertu de la loi chinoise sur la surveillance, la famille du suspect et son employeur doivent être informés dans les 24 heures suivant l’arrestation, sauf dans les cas où cela entraverait une enquête. Il semble que la femme de Meng n’a pas été informée.

Bien que Meng figure sur le site Web du ministère chinois de la Sécurité publique en tant que vice-ministre, il a perdu son siège au sein du comité du parti communiste, son véritable organe de décision, en avril dernier. Selon sa propre page sur le site, le dernier engagement officiel de Meng remonte au 23 août, lorsqu’il a rencontré Lai Chung Han, deuxième secrétaire permanent de Singapour. Meng a été nommé à la tête d’Interpol en 2016. Il devait rester en poste jusqu’en 2020, relève South China Morning Post tout en soulignant que sa nomination a inquiété les universitaires et les défenseurs des droits de l’homme, qui craignaient qu’il abuse du pouvoir d’Interpol de rapatrier de force les dissidents et les fugitifs chinois : La liste rouge publique sur le site Web de l’organisation compte actuellement 44 personnes recherchées par la Chine !

Ainsi et après la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi en se rendant mercredi au consulat de son pays à Istanbul et celle du patron d’Interpol, une profonde inquiétude s’installe chez les plus hauts dignitaires qui se voient ainsi facilement vulnérables et atteignables malgré leurs immunités qui, apparemment, ne servent plus à grand chose de nos jours.

Bientôt en Afrique du Sud, BMCE Bank of Africa scelle un partenariat avec China Africa Business Council

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En marge du sommet Chine-Afrique tenu à Pékin du 3 au 4 septembre suivi du Forum de la Coopération Sino-africaine dans le secteur privé organisé le 6 septembre à Hangzhou, BMCE Bank of Africa a signé une convention de partenariat avec China-Africa Business Council. L’objectif affiché est de faciliter et d’accompagner les investisseurs chinois au Maroc et plus largement en Afrique, indique un communiqué de BOA parvenu à Le1.ma.

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