Incertitude en Côte d’Ivoire après la mort du Premier ministre

La Côte d’Ivoire est entrée jeudi dans une période d’incertitude après le décès soudain du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, qui va obliger le parti au pouvoir à se trouver un nouveau champion pour la présidentielle d’octobre, une nouvelle candidature du président Alassane Ouattara étant même envisagée.

Un deuil national de huit jours a été décrété, du 10 au 17 juillet, à l’issue duquel la dépouille de Gon Coulibaly sera inhumée à Korhogo, sa ville natale et son fief politique, dans le nord.

«Il était revenu de sa maladie, je croyais qu’il allait bien», s’est étonnée Johanne Ibo Kouakou, une commerçante, qui comme la plupart des Ivoiriens avait vu les images du retour en grande pompe au pays d’AGC la semaine dernière après deux mois passés en France pour des problèmes cardiaques.

«C’est une surprise. Amadou, il était comme notre père», a commenté Mahamadi Sawadogo, vigile à Abidjan. «Ca nous a choqué vraiment (…) c’est lui qu’on attendait pour parachever l’œuvre du président Alassane Ouattara», a témoigné Ibrahim Dembele, un ébéniste.

Korhogo, la grande agglomération du nord de la Côte d’Ivoire, était aussi désemparée.

Dans la cour familiale des “Gon Madou” (le grand-père du Premier ministre), les délégations de toute la région se sont succédé pour les condoléances dans une atmosphère lourde, a constaté un journaliste de l’AFP.

«La Côte d’Ivoire en état de choc» (L’inter), «Coup de tonnerre» (Soir Info), les titres de la presse reflétaient la stupéfaction au sein de la population.

Après une vague d’hommages de la majorité comme de l’opposition mercredi, les éloges des responsables politiques se sont poursuivis jeudi.

«La Côte d’Ivoire perd un digne fils, un grand serviteur. Tu demeureras un modèle pour moi», a écrit sur Twitter le ministre de la Défense Hamed Bakayoko, dit «Hambak», qu’on a souvent opposé au Premier ministre au sein du camp présidentiel.

Hambak avait assuré l’intérim à la tête du gouvernement pendant ses soins en France et pourrait être candidat à sa succession.

L’ex-chef de la rébellion et candidat à la présidentielle Guillaume Soro, brouillé avec le pouvoir et qui vit en exil en France pour éviter des poursuites judiciaires, a affirmé avoir «partagé une longue fraternité» avec «AGC», originaire du nord de la Côte d’Ivoire comme lui.

Alassane Ouattara unique candidat du RHDP

Au niveau international, le président français Emmanuel Macron a salué «la mémoire et le dévouement d’un grand serviteur de la Côte d’Ivoire, artisan de son redressement économique et ami fidèle de la France», l’ancienne puissance coloniale.

Les chefs d’Etat des autres pays d’Afrique de l’Ouest ont aussi exprimé leurs condoléances.

Le président nigérien Mahamadou Issoufou a fait part de sa «grande émotion», le président burkinabè Roch Kabore de sa «tristesse» et leur homologue sénégalais Macky Sall de sa «peine».

Sur le plan politique, le président Ouattara et son parti le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) sont dans l’embarras, Gon Coulibaly ayant été désigné en mars candidat pour la présidentielle d’octobre.

«AGC était plus qu’important dans le dispositif : il était le dispositif», estime le politologue Jean Alabro.

Pour le remplacer, «toutes les options sont sur la table, y compris une nouvelle candidature du président Ouattara», a déclaré Adama Bictogo, le directeur exécutif du RHDP, à son arrivée à une réunion du conseil politique du parti jeudi après-midi.

Elu en 2010, puis réélu en 2015, Alassane Ouattara, 76 ans, avait annoncé en mars ne pas vouloir se représenter, afin de «transférer le pouvoir à une jeune génération», puis fait investir comme candidat Amadou Gon Coulibaly.

La Constitution ivoirienne limite à deux le nombre des mandats présidentiels. Mais le chef de l’Etat estime que le changement de Constitution en 2016 (après sa réélection) lui donne légalement le droit de se présenter, l’opposition soutenant que l’esprit de la Constitution le lui interdit.

Autre choix possible, Hamed Bakayoko, mais «il est mal perçu par une partie de la population pour son rôle dans la rébellion (des années 2000). Et dans son camp, les pro-Gon ne verraient pas d’un bon oeil» que sa mort profite à “son ennemi”, estime M. Alabro.

«Reporter la présidentielle pour des motifs de pandémie de coronavirus ou des problèmes d’enrôlement électoral pourrait être une bonne option» pour le parti au pouvoir, selon lui.

Modeste Goran, professeur de l’université Félix Houphouet Boigny d’Abidjan, souligne l’importance de la machine électorale du RHDP, qui maille tout le territoire ivoirien : «Il a un poids, une notoriété et une activité qui peuvent permettre à un nouveau leader de l’emporter».

Avec AFP

Côte d’Ivoire: décès du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly après un malaise en plein Conseil des ministres

Le Premier ministre, ministre du Budget et du Portefeuille de l’Etat, Amadou Gon Coulibaly, est décédé le mercredi 8 juillet 2020 à Abidjan, a annoncé le secrétaire général de la Présidence, Patrick Achi, selon l’agence de presse ivoirienne. le défunt avait été désigné pour être le candidat du parti au pouvoir RHDP à la présidentielle du 31 octobre prochain.

Alors qu’il était en plein Conseil des ministres, le Premier ministre, âgé de 61 ans, a été pris d’un malaise. Il a été conduit pour des soins dans une clinique où il a succombé.

Amadou Gon Coulibaly est rentré le jeudi 02 juillet de France. Il y était depuis le 02 mai pour des soins, notamment un examen des coronaires.

Le Président Alassane Ouattara a rendu hommage à un fils, un jeune frère, son plus proche collaborateur depuis 30 ans.

«Je salue la mémoire d’un homme d’État, de grande loyauté, de dévouement et d’amour pour la patrie. Il a incarné cette jeune génération de cadres Ivoiriens de grande compétence et d’extrême loyauté à la nation. Avec la disparition d’Amadou Gon Coulibaly, la Côte d’Ivoire perd un modèle pour la jeunesse, un exemple de compétence, d’ardeur au travail et d’abnégation», a indiqué le chef de l’Etat dans le communiqué lu par le secrétaire général de la Présidence.

Il est à noter qu’Amadou Gon Coulibaly s’était rendu début mai à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, pour un suivi médical suite à une greffe du cœur subie il y a 8 ans. Son état a exigé la pose d’un stent et une convalescence qui a duré deux mois passée en France.

Il était rentré au pays vendredi et avait été accueilli en grande pompe par le président Ouattara lui-même, la première dame, et plusieurs officiels et ministres. «Il était apparu fatigué, marchant lentement» ont observé les médias.

Lors d’une déclaration aux personnes venues l’accueillir dans le pavillon présidentiel de l’aéroport, il avait expliqué qu’il se sentait en forme et qu’il entendait reprendre le travail immédiatement, ce qu’il a fait, rappelle RFI.

Quelques semaines plus tôt, mi-mars, le Premier ministre qui occupait cette fonction depuis 2017 avait été désigné candidat du parti au pouvoir, le RHDP, pour la présidentielle prévue en octobre cette année.

Avec Agences

Les investisseurs rassurés sur l’économie et le commerce

Reuters – Les Bourses européennes ont terminé en hausse mardi, des chiffres meilleurs qu’attendu sur la reprise de l’activité économique en Europe étant venus s’ajouter aux déclarations rassurantes de l’administration Trump sur l’accord commercial liant les Etats-Unis et la Chine.

Les premiers résultats des enquêtes mensuelles d’IHS Markit auprès des directeurs d’achats (PMI) en Europe, qui suggèrent une reprise de l’activité plus rapide qu’anticipé, ont été le principal moteur de la hausse du jour.

«Les chiffres des PMI d’aujourd’hui suggèrent une atténuation marquée du rythme de contraction de l’activité économique», résument les économistes de Barclays dans une note, tout en maintenant leur prévision d’une chute de 13,4% du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro au deuxième trimestre “avant une reprise graduelle jusqu’à la fin d’année”.

Aux Etats-Unis, le PMI flash composite est remonté à 46,8 après 37,0 en mai.

Autre facteur positif aux yeux des investisseurs: les déclarations de l’administration Trump réaffirmant la validité de l’accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine, un démenti aux propos de Peter Navarro, conseiller de Donald Trump, selon lequel cet accord était «terminé».

Remaniement partiel en Algérie sur fond de chute des revenus de la Sonatrach

Six mois après sa composition, le gouvernement algérien n’a pas résisté au choc de la pandémie du Coronavirus. Le président algérien a annoncé mardi soir le remaniement partiel de son gouvernement en nommant Abdelmadjid Attar, ancien dirigeant de la compagnie publique pétrolière Sonatrach, ministre de l’Énergie, et le gouverneur de la Banque centrale, Ayman Benabderrahmane, ministre des Finances.

La pandémie de coronavirus a accentué le mouvement de recul des recettes que l’Algérie tire de ses réserves de pétrole et de gaz observé depuis des années. Depuis 2014, le pays a consommé plus de la moitié de ses réserves en devises étrangères.

Le président Abdelmadjid Tebboune, qui a exclu au nom de la souveraineté nationale de contracter des prêts auprès du FMI et des organismes financiers internationaux, a lui-même reconnu la vulnérabilité de l’économie algérienne en raison de la négligence des gouvernements pendant des décennies à la libérer de la rente pétrolière.

Selon des prévisions du FMI, l’Algérie devrait connaître une récession en 2020 (- 5,2 %) ainsi qu’un déficit budgétaire parmi les plus élevés de la région.

C’est dans ce contexte qu’un remaniement partiel a été opéré mardi soir qui a consacré l’ancien ancien dirigeant de la compagnie publique pétrolière Sonatrach, Abdelmadjid Attar, ministre de l’Énergie. Il remplace Mohamed Arkab, recasé au poste de ministre des Mines.

Ayman Benabderrahmane qui a passé 7 mois seulement en tant que gouverneur de la banque centrale algérienne et qui partage la même vision que le président Tebboune au sujet du FMI a été nommé ministre des Finances.

Liste des nouveaux ministres :

  1. Ministre des Finances : Aymen Abderrahmane
  2. Ministre de l’Energie : Abdelmadjid Attar
  3. Ministre de la Transition énergétique et des énergies renouvelables : Chemssedine Chitour
  4. Ministre de l’Agriculture et du Développement rural : Abdelhamid Hamdane
  5. Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique : Abdelbaki Benziane
  6. Ministre des Transports : Lazhar Hani
  7. Ministre du Tourisme, de l’Artisanat et du Travail familial. : Mohamed Hamidou
  8. Ministre de la Pêche : Sid Ahmed Ferroukhi
  9. Ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de la communauté algérienne à l’étranger : Samir Chaâbna
  10. Ministre de la Numérisation et des Statistiques : Khaled Mounir Berrah
  11. Secrétaire d’Etat chargée du sport d’élite : Salima Souakri

Tunisie: reprise des heurts entre policiers et manifestants dans le Sud

Des heurts ont repris lundi entre forces de l’ordre et manifestants à Tataouine dans le sud de la Tunisie, en proie depuis un mois à des troubles sociaux sur fond de chômage et de marginalisation de cette région.

La police a procédé à d’intenses tirs de gaz lacrymogène pour disperser dans la matinée des centaines de manifestants dans le centre de cette ville (500 km au sud de Tunis), a constaté un journaliste de l’AFP.

Dimanche déjà, les policiers avaient tenté de disperser à coups de gaz lacrymogènes des manifestants réclamant des emplois et la libération de Tarek Haddad, une figure de ce mouvement qui exige l’application d’accords signés en 2017 pour une meilleure répartition des richesses.

Ce militant est «recherché par la justice», selon le gouverneur de Tataouine, Adel Ouergui, qui n’a pas donné plus de précision.

Après son arrestation, des «sympathisants» ont bloqué la voie publique et tenté d’attaquer un local des forces de sécurité avec des cocktails Molotov. Dix personnes ont été interpellées, a ajouté le ministère de l’Intérieur dans un communiqué publié dimanche.

Après des échauffourées ayant duré jusque dans la nuit, l’armée a été déployée lundi devant les établissements de l’Etat, a indiqué porte-parole du ministère de la Défense, Mohamed Zekri.

Dénonçant un recours à la force «excessive et injustifiée» contre les manifestants, la puissante centrale syndicale UGTT a appelé à une grève générale lundi à Tataouine.

Les commerces étaient ouverts, mais les services publics et institutions étatiques sont restés fermés, en réponse à cet appel, selon les correspondants de l’AFP.

Les manifestants réclament l’application d’un accord conclu après des mois de sit-in ainsi que des heurts en 2017, prévoyant d’employer des milliers de chômeurs dans les sociétés de production d’hydrocarbures de la région de Tataouine.

Face à des promesses «non tenues» par l’Etat, les protestations ont repris depuis quelques semaines dans cette zone marginalisée.

Des manifestants ont érigé des tentes et bloqué la route aux camions appartenant à des sociétés d’exploitation de gaz et de pétrole implantées sur le site d’El Kamour, à 160 kilomètres plus loin, en plein désert.

L’accord de 2017, favorisé par une médiation de l’UGTT, prévoyait également que l’Etat investisse 80 millions de dinars (quelque 27 millions d’euros) chaque année dans la région de Tataouine, sans que cela ne se soit concrétisé.

Ces troubles interviennent alors que la Tunisie, largement épargnée par la pandémie de Covid-19, fait face à d’importants tiraillements politiques au sein de la coalition gouvernementale, et aux retombées sociales des restrictions sanitaires, qui ont accentué les inégalités.

Avec AFP

Farid Bennis reprend les rênes du laboratoire pharmaceutique Laprophan

Neuf ans après sa décision de prendre du recul quant à la gestion opérationnelle du laboratoire pharmaceutique Laprophan, Farid Bennis revient en force et se voit accorder la confiance de son Conseil d’administration en le nommant Président Directeur Général, succédant ainsi à son frère, Ali Bennis, décédé en octobre dernier.

Le Conseil d’administration du laboratoire pharmaceutique, réuni le lundi 15 juin dernier, a décidé d’effectuer un remaniement de son top management et de son équipe de direction et ce en vue des défis et des impératifs de santé que pose la pandémie du Covid-19 et des ambitions fortes de Laprophan à la hauteur de son rôle pionnier et de son histoire industrielle nationale, annonce un communiqué de la société.

Ainsi, le Conseil a décidé de nommer Dr. Farid Bennis aux fonctions de Président Directeur Général.

Farid Bennis Président Directeur Général de Laprophan

Farid Bennis a été à l’origine, en tant pharmacien responsable et administrateur de Laprophan, du lancement en 2004 d’un nouveau centre de distribution intelligent doté des nouvelles technologies de l’information et de logistique du laboratoire. Il a été président du Conseil de l’ordre des pharmaciens fabricants et répartiteurs (COPFR), ancien vice président du Conseil national de l’ordre des pharmaciens et ancien vice-président de l’Association marocaine de l’industrie pharmaceutique l’Amip. Farid Bennis est président d’honneur du COPFR et membre de la Société française des docteurs en pharmacie.

A propos de Laprophan

Créé en 1949, par feu Abderrahim Bennis, Président Fondateur, Laprophan est la première entreprise de l’Industrie Pharmaceutique créée au Maroc.

Laprophan s’est distingué depuis le début comme le premier laboratoire pharmaceutique marocain à disposer d’un Centre R&D, couronné par l’obtention de cinq (5) brevets nationaux et internationaux d’invention et d’innovation. De plus, il dispose d’une large gamme de produits pharmaceutiques, plus de 400 spécialités, couvrant un grand nombre de classes thérapeutiques, à la fois sous nos propres marques ainsi que sous licence de plusieurs laboratoires pharmaceutiques internationaux partenaires : PFIZER, NOVARTIS, BMS, BAXTER, MEDA, P&G, SANOFI, DANONE, NOVO NORDISK, MERCK, MUNDIPHARMA et ASTELLAS.

Laprophan exporte dans pas moins de 30 pays dans la région MENA et en Afrique.

Le Crédit Agricole du Maroc mobilisé auprès des agriculteurs de la région Fès-Meknès

Fidèle à son rôle d’outil de l’Etat pour l’accompagnement de l’agriculture et du monde rural et en parfaite cohérence avec sa mission de service public, le Crédit Agricole du Maroc se mobilise pour accompagner les mesures préconisées par le Ministère de l’Agriculture , de la Pêche Maritime , du Développement Rural et des Eaux et Forêts afin de faire face aux dégâts causés par la tempête de grêle au niveau de la région de Fès-Meknès.

Le Crédit Agricole du Maroc annonce la mise en place d’un dispositif spécifique pour apporter l’appui nécessaire à l’ensemble des agriculteurs sinistrés par la tempête de grêle au niveau de la région Fès-Meknès, qu’ils soient clients ou non-clients de la banque. L’institution financière dirigée par Tariq Sijilmassi s’active pour permettre aux opérateurs agricoles de dépasser cette conjoncture difficile en les accompagnant pour la continuité et le développement de leur activité.

Ce dispositif s’appuie sur deux volets essentiels : le traitement de l’endettement et l’accès au financement, et prend en compte les spécificités de chaque catégorie d’agriculteurs.

Ainsi, pour les producteurs clients de la Banque, le CAM prévoit, selon les cas :

  • Soit un report des échéances des crédits de campagne ;
  • Soit un report avec décalage des échéances des crédits MLT ;
  • Soit une consolidation de l’encours ;
  • Un financement des nouveaux investissements et du besoin en fond de roulement ;
  • Le financement de la prochaine campagne.

Ces mesures pourraient être cumulées en fonction du degré de sinistralité constaté.

Pour les agriculteurs sinistrés qui ne sont pas clients de la Banque, le CAM étudiera la possibilité de les accompagner pour le renouvellement de leurs investissements avec financement du besoin en fond de roulement ainsi que le financement de leur prochaine campagne.

Par ce dispositif, le Groupe Crédit Agricole du Maroc, banque citoyenne et responsable, réitère, encore une fois, son engagement indéfectible à accompagner les agriculteurs et le monde rural en toutes circonstances.