«FinCEN Files»: Les banques mondiales mises en cause dans la circulation d’argent sale

Au moins 2.000 milliards de dollars de transactions suspectes ont été réalisées entre 2000 et 2017 par plusieurs grandes banques mondiales, selon des documents bancaires obtenus par le média en ligne BuzzFeed News et qui ont fait l’objet d’une enquête au sein de l’ICIJ (Consortium international des journalistes d’investigation) dévoilée dimanche.

Avec Reuters

Déjà à l’origine des «Panama Papers», l’ICIJ a constitué une équipe de plus de 400 journalistes travaillant pour 110 organes de presse dans 88 pays, dont la cellule investigation de Radio France et Le Monde.

L’enquête repose sur des «suspicious activity reports» (SAR, rapports d’activités suspectes) envoyés par les banques américaines lorsqu’elles détectent des transferts de fonds douteux. Les SAR sont destinés au service de renseignement financier américain FinCEN (Financial Crimes Enforcement Network), au cœur du système mondial de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Baptisés «FinCEN Files», ces documents ont permis d’identifier au moins 2.000 milliards de dollars de transactions suspectes réalisées entre 2000 et 2017, dont 514 milliards de dollars concernent la banque JPMorgan, et 1.300 milliards de dollars la Deutsche Bank, rapporte dimanche soir France Info.

«Les FinCEN Files montrent le rôle central des grandes banques systémiques dans la circulation des flux d’argent sale liés à la fraude, la corruption, le crime organisé et le terrorisme», explique de son côté Le Monde, qui cite également les banques HSBC, Standard Chartered Bank et Bank of New York Mellon.

En réaction au «FinCEN Files», Deutsche Bank a expliqué dimanche dans un communiqué «avoir consacré d’importantes ressources au renforcement de ses contrôles».

La banque a précisé que les informations dévoilées par l’ICIJ portaient sur des faits passés déjà connus des régulateurs.

Dans des déclarations à Reuters, HSBC, Standard Chartered et Bank of New York Mellon ont assuré chacune de leurs efforts pour combattre le crime financier et respecter les législations en vigueur.

JPMorgan n’était pas disponible dans l’immédiat pour un commentaire. Dans une déclaration adressée à BuzzFeed, la banque américaine a déclaré que «des milliers d’employés et des centaines de millions de dollars sont consacrés au soutien des efforts de maintien de l’ordre et de sécurité nationale».

Les actions européennes ont vécu leur pire journée depuis juin

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Les Bourses européennes ont terminé en forte baisse lundi, les craintes d’un retour au confinement au moins partiel dans plusieurs pays ayant déclenché un mouvement de repli sur les valeurs refuges, comme le dollar ou les emprunts d’Etat.

Avec Reuters

À Paris, le CAC 40 a perdu 186,14 points, soit 3,74%, sa plus forte baisse en pourcentage depuis le 11 juin, pour finir à 4.792,04 points, son plus bas niveau de clôture depuis le 1er juin.

A Londres, le FTSE 100 a cédé 3,46% et à Francfort, le Dax a reculé de 4,37%. L’indice EuroStoxx 50 a abandonné 3,74%, le FTSEurofirst 300 3,23% et le Stoxx 600 3,24%, sa plus mauvaise performance sur une séance depuis le 11 juin également.

L’accélération de la hausse des cas d’infection par le coronavirus dans plusieurs pays et le retour en confinement, qu’il soit général en Israël ou partiel à Madrid, font craindre un nouveau coup d’arrêt à l’activité économique, l’une des pires menaces du moment aux yeux de nombreux observateurs et investisseurs.

Banques : Accusations de blanchiment

Aucun secteur de la cote européenne n’a été épargné par le regain de défiance vis-à-vis des actions mais les replis les plus marqués ont touché d’un part le compartiment du tourisme et des loisirs, dont l’indice Stoxx a chuté de 5,2%, et d’autre part celui des banques (-5,70%).

Ce dernier a souffert à la fois des craintes liées au COVID-19 et des informations du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) sur les flux d’argent sale dans le secteur.

Cités à ce sujet par plusieurs médias, HSBC (-5,26%)et Standard Chartered (-5,82%) ont vu leur cours tomber à son plus bas niveau depuis 25 ans. A Francfort, Deutsche Bank a cédé 8,76% et à Paris, BNP Paribas a abandonné 6,66% et Société générale 7,33%.

La journée a été rude aussi pour le secteur du transport aérien, entre les craintes de retour aux restrictions et l’annonce de nouvelles mesures d’économie par Lufthansa. La compagnie allemande a cédé 9,46%, Air France-KLM 7,63% et IAG 12,08%.

Changes

La baisse marquée des actions a favorisé le repli sur les monnaies jugées les plus sûres, le yen mais surtout le dollar, en hausse de 0,9% face à un panier de référence au moment de la clôture européenne.

L’euro a ainsi touché son plus bas niveau depuis le 12 août face au billet vert à 1,1732, plus de 2,2% en dessous de son pic du début du mois à 1,2011.

Wall Street dans le rouge, redoute de nouveaux confinements et des turbulences politiques

La Bourse de New York a fini en net recul lundi, souffrant comme les marchés européens des inquiétudes relatives à la crise sanitaire et des craintes d’un possible retour à des mesures de confinement.

Reuters

A la cloche, l’indice Dow Jones a cédé 509,72 points, soit – 1,84%, à 27.147,7. Le S&P-500, plus large, a perdu 38,41 points, soit -1,16%, à 3.281,06. Le Nasdaq Composite, où les valeurs technologiques sont très présentes, a limité les pertes, reculant de 14,48 points (-0,13%) à 10.778,80 points.

Incertitude politique

L’incertitude politique à six semaines de l’élection présidentielle, et après le décès vendredi de Ruth Bader Ginsburg, l’une des neuf membres de la Cour suprême, ajoutent à la tendance baissière sur les marchés américains.

Pour de nombreux observateurs en effet, le bras de fer prévisible entre républicains et démocrates sur la nomination d’un nouveau juge complique la recherche d’un compromis sur de nouvelles mesures de relance.

«L’idée que nous aurions un nouveau paquet de mesures de soutien budgétaire avant l’élection semble désormais exclue», dit Ed Campbell, gestionnaire de porte-feuille et directeur général de QMA à Newark, New Jersey.

«Les élections nous donnent aussi des sueurs froides, avec la possibilité d’une issue contestée ou différée», ajoute-t-il.

Dès les premiers échanges, les trois principaux indices de Wall Street étaient dans le rouge et ont creusé leurs pertes au fil de la séance. A un peu plus d’une heure, le Dow Jones plongeait de 3,06%, le S&P-500 cédait 2,49%, le Nasdaq limitant pour sa part la casse à -1,65%.

La dernière heure de cotation a amorti le recul, permettant notamment au Nasdaq de revenir pratiquement à la stabilité.

Contrairement aux précédentes séances, la semaine dernière, les valeurs technologiques ont un peu redressé le cap. Ainsi Zoom Video Communications, la plateforme de visioconférence ou de réunions amicales à distance dont l’activité s’est envolée pendant les semaines de confinement, finit sur un bon de 6,78%.

En revanche, parmi les valeurs les plus exposées aux retombées économiques de mesures de confinement, le géant de l’hôtellerie Marriott perd 6,87% et l’exploitant de casino Wynn Resorts 6,95%.

Les compagnies aériennes ont également été tourmentés.

L’enquête «FinCEN Files» ébranle les grandes banques mondiales

Dans le secteur bancaire, l’impact des révélations du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) sur les flux d’argent sale dans de nombreux établissements s’ajoute à celui des craintes liées à la crise sanitaire: JPMorgan Chase finit sur un recul de 3,1% et la Bank of New York Mellon de 4,04%.

Risques de reconfinement et renforcement du dollar plombent les prix de l’or noir

Sur le marché des matières premières, le pétrole a lui aussi souffert des craintes liées à la crise sanitaire et à ses conséquences sur l’activité économique.

Le contrat à terme sur le baril de Brent a terminé en baisse de 3,96% à 41,44 dollars. Le brut léger américain (West Texas Intermediate) achève la journée sur un recul plus marqué encore de 4,38% et repasse sous les 40 dollars, à $39,31 le baril.

La Bourse de Paris s’enfonce plus de 3% sur fond de craintes sanitaires

AFP

La Bourse de Paris creusait ses pertes lundi en fin de matinée (-3,23%), gagnée par la nervosité en raison de la recrudescence des cas de contamination de coronavirus en Europe.

A 12H16 (10H16 GMT), l’indice CAC 40 cédait 160,69 points à 4.817,49 points. Vendredi, la place parisienne avait reculé de 1,22%.

A Paris comme en Europe, où les autres places boursières comme Londres ou Francfort perdaient également plus de 3% à la mi-journée, “la pandémie est revenue sur le devant de la scène en raison de la forte augmentation des nouveaux cas de Covid-19”, note Milan Cutkovic, analyste d’AxiCorp.

Cette résurgence est venue aggraver le sentiment du marché, déjà “déçu” par le manque d’annonces de la Banque centrale européenne puis de la réserve fédérale américaine au cours des 10 jours précédents, selon M. Cutkovic.

Aucune valeur ne résistait à la tendance, et toutes étaient dans le rouge de plus de 1% à la mi-journée.

Lourde chute des banques européennes en bourse

Plusieurs grands noms européens du secteur bancaire, comme Deutsche Bank DBK-8,37% et HSBC , figurent parmi les principaux établissements mis en cause dans la dernière enquête de l’ICIJ sur les “FinCen Files” concernant des transactions suspectes liées à de l’argent sale.

Dans leur sillage, ce sont toutes les valeurs bancaires qui trinquent en bourse. À Bruxelles, ING INGA-8,65% est lanterne rouge tandis que KBC KBC-3,57% résiste un peu mieux.

Ainsi que les banques françaises se sont écroulées, Société Générale -6,98% , BNP Paribas -6,50% et Crédit Agricole -6,03%.

Un civil tué accidentellement par l’armée française au Mali

L’armée française a tué accidentellement mardi un civil dans le nord-est du Mali en effectuant des tirs de sommation contre un bus qui circulait à vive allure en sens inverse d’un convoi de la force Barkhane, a annoncé l’état-major français. L’incident s’est produit à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Gao.

Avec Reuters

Trois passagers ont été touchés par des ricochets des tirs de sommation, dont un mortellement, a précisé l’état-major.

« Le blessé grave a été évacué par hélicoptère vers l’hôpital de la force “Barkhane” à Gao » mais « est mort des suites de ses blessures », poursuit la même source. « La force “Barkhane” présente ses sincères condoléances aux proches de la victime décédée », conclut l’état-major français, en précisant que « toutes les mesures ont été prises pour établir les circonstances exactes de cet événement », en collaboration avec la gendarmerie malienne.

Coup d’État au Mali : Le président et le Premier ministre arrêtés

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta et son Premier ministre Boubou Cissé ont été arrêtés mardi en fin d’après-midi par des militaires en révolte, dont des éléments ont ensuite fraternisé avec des manifestants qui réclament depuis des mois le départ du chef de l’Etat.

En quelques heures, la mutinerie qui a éclaté dans la matinée dans la garnison de Kati s’est muée en tentative de coup d’Etat, condamnée par la communauté internationale, et notamment la France, qui a déployé 5.100 militaires au Sahel, et notamment au Mali, dans le cadre de l’opération antijihadiste Barkhane.

«Nous pouvons vous dire que le président et le Premier ministres sont sous notre contrôle. Nous les avons arrêtés chez lui» (au domicile du chef de l’Etat à Bamako), a déclaré à l’AFP un des chefs de la mutinerie, qui a requis l’anonymat.

Des propos confirmés par le directeur de la communication du chef du gouvernement malien, Boubou Doucouré: le président et le Premier ministre «ont été conduits par les militaires révoltés dans des véhicules blindés à Kati», où se trouve le camp Soundiata Keïta, à une quinzaine de kilomètres de Bamako.

Les mutins ont ensuite pris le contrôle du camp et des rues adjacentes, avant de se diriger en convoi vers le centre de la capitale, selon un correspondant de l’AFP.

Dans Bamako, ils ont été acclamés par des manifestants rassemblés pour réclamer le départ du chef de l’Etat aux abord de la place de l’Indépendance, épicentre de la contestation qui ébranle le Mali depuis plusieurs mois, avant de se diriger vers la résidence du président Keïta, selon la même source.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a appelé à la «libération immédiate et sans conditions» du président malien et au «rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel».

Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira mercredi en urgence au sujet de la crise au Mali, à la demande de la France et du Niger, qui préside actuellement la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

Emmanuel Macron condamne la mutinerie

Le président français Emmanuel Macron a exprimé «son plein soutien aux efforts de médiation en cours des Etats d’Afrique de l’Ouest».

Son chef de la diplomatie Jean-Yves Le Drian avait auparavant affirmé que la France condamnait «avec la plus grande fermeté cette mutinerie».

Le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a condamné «énergiquement» l’arrestation du président malien.

«Ceci ne peut en aucun cas être une réponse à la profonde crise socio-politique qui frappe le Mali depuis plusieurs mois», a souligné le chef de la diplomatie de l’Union européenne Josep Borrell.

Peu avant son arrestation par les militaires, le Premier ministre Boubou Cissé leur avait demandé dans un communiqué de «faire taire les armes», se disant prêt à engager avec eux un «dialogue fraternel afin de lever tous les malentendus».

«Les mouvements d’humeur constatés traduisent une certaine frustration qui peut avoir des causes légitimes», avait estimé M. Cissé, sans plus de détails sur les raisons de la colère des militaires.

Le Mali est confronté à une grave crise socio-politique qui préoccupe la communauté internationale.

Une coalition hétéroclite d’opposants politiques, de guides religieux et de membres de la société civile multiplie les manifestations pour réclamer le départ du président Keïta, accusé de mauvaise gestion.

Troubles meurtriers

A cela s’ajoute une «situation sociale délétère», selon la dirigeante syndicale Sidibé Dédéou Ousmane.

Le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des Forces patriotiques du Mali (M5-RFP), qui mène la contestation, a refusé jeudi dernier une rencontre avec le président Keïta, fixant notamment comme préalable la fin de la “répression” contre ses militants.

Le weekend du 10 juillet, une manifestation à l’appel du Mouvement du 5 juin a dégénéré en trois jours de troubles meurtriers.

C’est du camp de Kati, le 21 mars 2012, alors que les rebelles touareg avaient lancé une offensive majeure dans le nord du Mali et que les jihadistes affluaient en provenance des pays voisins, que des soldats s’étaient mutinés contre l’inaptitude du gouvernement à faire face à la situation.

Ils avaient chassé le président Amadou Toumani Touré.

Le coup d’Etat avait précipité la chute du nord du Mali aux mains de groupes islamistes armés, qui ont occupé cette région pendant neuf mois avant d’en être en partie chassés par une intervention militaire internationale lancée par la France en janvier 2013 et toujours en cours.

Sous la pression internationale, la junte avait fini par céder le pouvoir à des autorités civiles intérimaires jusqu’à l’élection en 2013 d’Ibrahim Boubacar Keïta.

Malgré les interventions étrangères, les violences jihadistes, souvent mêlées à des conflits communautaires et à du banditisme, se poursuivent et se sont même étendues depuis 2015 au centre du Mali et aux pays voisins, Burkina Faso et Niger.

Avec AFP

Algérie: quatre ans de prison requis contre le journaliste Khaled Drareni

Le parquet algérien a réclamé quatre ans de prison ferme contre le journaliste indépendant Khaled Drareni, devenu un symbole du combat pour la liberté de la presse en Algérie, et ses deux co-accusés, dont le procès s’est ouvert lundi à Alger.

Le procureur du tribunal de Sidi M’hamed a requis quatre ans ferme et une lourde amende à l’encontre des trois accusés, ainsi que la privation de leurs droits civiques, a-t-on appris de source judiciaire.

«Consternant et choquant! 4 ans de prison ferme requis par le procureur de la République contre notre correspondant en #Algérie», a protesté Reporters sans frontières (RSF) dans un tweet.

«@khaleddrareni n’a fait qu’exercer son droit à l’information. @RSF_inter appelle à son acquittement immédiat».

Le verdict a été renvoyé au lundi 10 août, selon les avocats et des journalistes sur place.

Âgé de 40 ans, Khaled Drareni dirige le site d’information en ligne Casbah Tribune et travaille comme correspondant en Algérie de la chaîne de télévision française Tv5 Monde et de RSF.

Il est accusé «d’incitation à un attroupement non armé et d’atteinte à l’intégrité du territoire national» après avoir couvert le 7 mars à Alger une manifestation du «Hirak», le soulèvement populaire qui a secoué l’Algérie pendant plus d’un an jusqu’à sa suspension il y a quelques mois en raison de l’épidémie de Covid-19.

Le journaliste est jugé par visio-conférence depuis le centre pénitentiaire de Kolea, près d’Alger, où il a été placé en détention préventive le 29 mars.

Journaliste indépendant

Au cours de l’audience, il a rejeté les accusations, assurant n’avoir fait que son «travail en tant que journaliste indépendant», selon un reporter sur place.

Khaled Drareni est jugé en compagnie de deux figures du «Hirak», Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche, également arrêtés le 7 mars à Alger, qui eux étaient présents dans la salle du tribunal.

Sous le coup des mêmes charges, ces deux derniers ont bénéficié le 2 juillet d’une remise en liberté provisoire, alors que Drareni avait été maintenu en prison.

«Nous sommes optimistes quant à la libération provisoire de Khaled. Les avocats vont demander sa sortie de prison et le report du procès à septembre», a déclaré à l’AFP M. Benlarbi avant l’audience.

Tous les procès sont censés se dérouler à huis clos en raison de la pandémie de Covid-19.

Plusieurs ONG de défense des droits humains et de la liberté de la presse, algériennes et internationales, ont exhorté ces derniers mois les autorités à libérer Khaled Drareni et à mettre fin au “harcèlement ciblé des médias indépendants”.

RSF, qui mène une campagne internationale en sa faveur, a appelé lundi à l’abandon de toutes les charges pesant contre lui.

«Il faut libérer Khaled Drareni, par fidélité aux idéaux de l’indépendance algérienne», avaient écrit Pierre Audin, fils du militant anticolonial Maurice Audin, et le secrétaire général de RSF Christophe Deloire, dans une tribune publiée jeudi par le quotidien Le Monde.

La justice algérienne a multiplié les poursuites judiciaires et les condamnations de militants du “Hirak”, d’opposants politiques, de journalistes et de blogueurs.

D’autres reporters emprisonnés

La semaine dernière, le journaliste Moncef Aït Kaci, ex-correspondant de France 24, et le caméraman Ramdane Rahmouni, ont été arrêtés et placés en détention préventive pendant 24 heures avant d’être libérés devant le tollé général.

Plusieurs journalistes algériens sont en prison et des procès sont en cours.

Abdelkrim Zeghileche, militant pro-«Hirak» et directeur d’une radio algérienne diffusée sur Internet, Radio-Sarbacane, a été à nouveau incarcéré le 24 juin à Constantine (nord-est).

Un autre journaliste proche du «Hirak», Ali Djamel Toubal, correspondant du groupe de médias privé Ennahar, a lui été condamné le 14 juillet à 15 mois de prison ferme par la cour d’appel de Mascara (nord-ouest) notamment pour avoir diffusé des images montrant des policiers malmenant des manifestants antirégime.

Egalement derrière les barreaux, Belkacem Djir, journaliste de la chaîne TV d’information privée Echourouk News, a écopé le 28 juin d’une peine de trois ans de prison dans une affaire de droit commun liée à son travail d’investigation.

L’Algérie figure à la 146e place (sur 180) du classement mondial de la liberté de la presse 2020 établi par RSF. Elle a dégringolé de 27 places par rapport à 2015 (119e).

AFP