Sur les traces du Roi Salmane, Netanyahu en visite officielle en Chine

Quelques jours après la fin de la tournée officielle du Roi Salmane d’Arabie Saoudite dans plusieurs pays Asie, dont une visite importante à Pékin, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, s’est envolé dimanche pour la république populaire de Chine. Au menu de cette visite, la négociation d’un de libre-échange entre Tel Aviv et Pékin, la participation à un forum sur l’innovation Forum ainsi que la signature de contrats conséquents de coopération dans les domaines de l’aviation, de l’éducation, des sciences, de la santé et de l’environnement.

Annoncée par les médias israéliens samedi dernier, Benyamin Netanyahu a atterri dimanche après-midi à l’aéroport international de Pékin-Capitale. Il était accompagné d’une importante délégation composée de plusieurs ministres- Zeev Elkin, ministre de l’environnement,  Eli Cohen,  ministre de l’économie et de l’Industrie, Ofir Akunis, ministre des Sciences, des Technologies et de l’Espace, Yaakov Litzman, ministre de la Santé et Uri Yehuda Ariel Ministre de l’Agriculture – ainsi que plus de 90 acteurs économiques, ce qui en fait le groupe d’affaires le plus important jamais se joignant à un premier ministre israélien lors d’un voyage à l’étranger.

« Nous sommes venus en Chine pour une visite officielle marquant 25 années de relations sino-israéliennes, ainsi que pour renforcer la coopération entre les deux pays », « Accueil chaleureux en Chine » telles sont les deux phrases publiées le premier ministre israélien sur son compte twitter dès son arrivée à l’aéroport de Pékin, commentant par-là les photos de sa descente d’avion accompagné de son épouse Sara Ben-Artzi.

La première activité du Premier ministre israélien en Chine était l’organisation d’un petit déjeuner avec les dirigeants des 11 plus grandes entreprises chinoises dont chacune ayant un chiffre d’affaires de plusieurs dizaines de milliards de dollars. Parmi les conviés, se trouvaient les présidents des géants chinois Wanda, Alibaba, Wahaha, Lenovo et Baidu.

Une rencontre immortalisée par un selfie de Netanyahu pris avec Jack Ma le fondateur de Alibaba.

La délégation officielle israélienne s’est rendue par la suite à l’Israeli Prime Minister’s Business and innovation Summit, un forum des affaires et de l’innovation qui a vu la participation de plus de 600 hommes d’affaires israéliens et chinois. Organisée sous l’égide de l’Institut des Exportations de l’Etat hébreux, la délégation israélienne était composée de dizaines d’hommes d’affaires issus de divers secteurs d’activités (IDE, Bank Leumi, Bank Hapoalim, Tnuva, NaanDanJain et autres) lorgnant le marché chinois. Benjamin Netanyahu a profité de l’occasion pour appeler les entrepreneurs chinois à adopter la technologie israélienne « afin de continuer à élever le niveau de vie des chinois ».

Puis de rajouter : «Je viens de rencontrer 11 dirigeants des plus grandes entreprises en Chine, dont une grande partie investit en Israël et une grande partie d’entre elles investira en Israël, ce qui signifie [la création] d’emplois, le développement des entreprises et un lien avec les principaux marchés chinois. Ceci est bon pour les citoyens d’Israël et pour l’économie israélienne (…) Je leur ai dit que dans le monde d’aujourd’hui les principales concentrations de la technologie sont aux Etats unis et en Israël, et qu’Israël est ouverte pour développer des affaires avec la Chine.»

Reçu à la Grande Salle du Peuple, Benjamin Netanyahu s’est entretenu avec le Premier ministre chinois Li Keqiang promettant de faire progresser la coopération en matière d’innovation et dans les domaines de la science de base, l’agriculture moderne, l’énergie propre et la biomédecine, et d’accélérer la mise en place d’une zone bilatérale de libre-échange.

La Chine est le plus grand partenaire commercial d’Israël en Asie et son troisième plus important partenaire au monde, avec un volume d’échanges commerciaux dépassant 11 milliards de dollars par an, plus de 200 fois supérieur à celui de 1992 l’année à laquelle ont été établies des relations diplomatiques entre les deux pays.

A l’issue de cette rencontre, Netanyahu a déclaré qu’Israël est disposé à renforcer la coopération en matière d’innovation avec la Chine dans des domaines tels que les véhicules intelligents, les soins de santé modernes, l’énergie propre, les télécommunications, la pêche maritime, l’agriculture et la conservation de l’eau.

«La coopération économique et commerciale n’a pas atteint ses limites et il y a encore un grand potentiel de croissance », a déclaré Wan Gan le ministre chinois des sciences et des technologies, ajoutant que l’initiative « One Belt et One Road » est une extension des liens économiques et commerciaux bilatéraux.

«Israël est un membre fondateur de la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (Asian Infrastructure Investment Bank, ou AIIB), ce qui montre l’importance avec laquelle Israël considère l’initiative « One Belt et One Road », toujours d’après Wan Gan.

Israël aimerait participer à des projets dans le cadre de cette initiative et espère que la «Chine contribuera avec son expérience dans le développement des infrastructures comme les ports et les projets ferroviaires légers pour aider à promouvoir la stabilité et le développement économique au Moyen-Orient» a déclaré Alexander B. Pevzner, directeur fondateur du Centre des médias chinois de l’université de Management en Israël.

Coopération au Moyen-Orient, le Roi Salmane est passé par là

La rencontre des premiers ministres israélien et chinois est intervenue juste après la visite récente du roi Salmane d’Arabie Saoudite. Une visite qui a été couronnée par un partenariat stratégique entre la Chine et l’Arabie saoudite, ainsi que la signature de contrats dont la valeur dépasse les 65 milliards de dollars.

«Les visites du Premier ministre israélien et du roi saoudien montrent que les deux pays espèrent lier leur développement avec l’initiative One Belt, One Road », a déclaré le premier ministre chinois. Il a par la suite informé Netanyahu que des négociations de libre-échange de son pays s’accéléreraient avec le Conseil de coopération du Golfe, composé de l’Arabie Saoudite, du Koweït, des Emirats Arabes Unis, du Qatar, du Bahreïn et d’Oman.

Israël ne veut pas du qualificatif « stratégique » dans son partenariat avec la Chine

Les deux pays ont clairement convenu d’éviter d’appeler le partenariat “stratégique”, car Israël souhaite rester prudente eu égard aux relations particulière entre les États-Unis et la Chine d’une part et les États-Unis et les autres pays du Moyen-Orient d’autre part.

En tant qu’ami mutuel d’Israël et de Palestine, la Chine n’a aucun intérêt particulier à froisser cet équilibre, et espère voir se dessiner une réelle coexistence entre palestiniens et israéliens, a déclaré le premier ministre chinois, tout en incitant les deux parties à adhérer à la feuille de route de la solution de deux Etats, les encourageant à reprendre les pourparlers de paix dès que possible.

La position de la Chine envers les crises du Moyen-Orient est de rechercher une pleine stabilité ainsi que des avantages mutuels et des bénéfices partagés, au lieu de prendre position avec telle ou telle autre partie : « La Chine fait pression pour l’instauration d’une paix au Moyen-Orient en stimulant le développement de la région en manque de développement» a conclu le premier ministre chinois.

Cette rencontre s’est soldée par la signature de quatre accords de partenariats entre Israël et la Chine dans les domaines de l’économie, la science, le commerce et l’aviation civile.

 

Nawfal LAARABI

 

Abdellah El Hattach

Abdellah El Hattach

Directeur de publication at LE1
Directeur de publication du www.le1.ma . Consultant en relations publiques . Editorialiste et analyste politique . Ancien journaliste au sein des publications arabophones Al-Massae et Al-Akhbar, et ancien Directeur de la Rédaction de l’hebdomadaire francophone PUCE MAGAZINE . Ancien correspondant de plusieurs agences de presse internationales
Abdellah El Hattach
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Directeur de publication du www.le1.ma . Consultant en relations publiques . Editorialiste et analyste politique . Ancien journaliste au sein des publications arabophones Al-Massae et Al-Akhbar, et ancien Directeur de la Rédaction de l’hebdomadaire francophone PUCE MAGAZINE . Ancien correspondant de plusieurs agences de presse internationales

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