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La nouvelle Première ministre britannique Liz Truss : «Je suis une très grande sioniste»

La nouvelle Première ministre du Royaume-uni, Liz Truss, a déclaré lors d’une réception organisée par le groupe d’influence « Les Amis Conservateurs d’Israël -CFI» qu’elle était «une grande sioniste et une grande partisane d’Israël» et a une fois de plus promis qu’elle ferait en sorte que «les relations entre le Royaume-Uni et Israël soient de plus en plus fortes».

La première ministre britannique Liz Truss a déclaré qu’elle était une «grande sioniste» et une «grande partisane d’Israël», dans une vidéo partagée à de nombreuses reprises sur les plateformes de médias sociaux.

Truss s’exprimait lors d’un événement des Amis conservateurs d’Israël (CFI) pendant la conférence d’automne de son parti qui s’est tenu ce dimanche à Birmingham.

Elle a déclaré : «Je suis tellement heureuse d’être ici pour la première fois à l’événement CFI en tant que votre premier ministre».

«Comme vous le savez, je suis une grande sioniste, je suis une grande partisane d’Israël et je sais que nous pouvons renforcer les relations entre le Royaume-Uni et Israël.»

La Cheffe de gouvernement britannique a également exprimé ses inquiétudes quant aux ambitions nucléaires de l’Iran.

«Croyez-moi, le Royaume-Uni ne permettra jamais – avec nos alliés – à l’Iran de se doter de l’arme nucléaire» a-t-elle affirmée.

Le Premier ministre a été rejoint par de nombreux ministres qui ont tous pris la parole lors de l’événement des Amis conservateurs d’Israël à la conférence annuelle du parti conservateur à Birmingham.

La conférence du parti se terminera mercredi 5 octobre. Les Conservateurs étaient sous le choc de l’annulation par Truss d’une décision de réduction du taux d’imposition maximal après une forte opposition de son propre parti et de pertes historiques pour la livre sterling.

En 2017, l’organisation Conservative Friends of Israel (CFI) – « Les Amis Conservateurs d’Israël» a été la cible de virulentes accusations d’être au service de l’influence israélienne sur le Parti conservateur britannique.

L’ancien Premier ministre David Cameron avait déclaré que la politique étrangère britannique était « prise en otage par l’influence israélienne au cœur de notre politique ».

« Depuis des années, les CFI et les LFI « Amis travaillistes d’Israël » travaillent avec – et même pour – l’ambassade d’Israël pour promouvoir la politique israélienne et contrecarrer la politique du gouvernement britannique et les actions des ministres qui tentent de défendre les droits des Palestiniens. »

Urgent : Israël croit avoir tué tous les hauts responsables de la sécurité du Jihad islamique à Gaza

Le chef de la direction des opérations militaires israélienne, le général de division Oded Basiuk, a annoncé ce samedi soir que selon «toutes les informations disponibles», Israël a tué les hauts gradés du Jihad islamique palestinien.

«Cette organisation a tenté de mener une attaque meurtrière contre des citoyens israéliens et des soldats de Tsahal en lançant un missile guidé antichar, pour tuer des civils et des soldats», déclare Basiuk lors d’une conférence de presse.

«Nous avons frappé et déjoué la chaîne [qui cherchait à] exécuter cette attaque», dit-il, faisant référence à l’assassinat de Tayseer Jabari, le commandant du groupe terroriste dans le nord de Gaza, et de Khaled Mansour, l’équivalent dans le sud de Gaza.

Jabari a été tué par une frappe aérienne israélienne vendredi après-midi, et Mansour il y a quelques heures.

«D’après toutes les informations dont nous disposons, [Mansour] a été [frappé] avec d’autres», dit-il.

«Tous les hauts responsables de l’aile militaire du PIJ à Gaza ont été [frappés]», ajoute Basiuk.

24 morts dont six enfants palestiniens

Vingt-quatre personnes dont six enfants sont mortes dans la bande de Gaza depuis le début de la flambée de violences entre Israël et le groupe Jihad islamique, a annoncé samedi le ministère de la Santé dans l’enclave palestinienne.

INSS : La visite de Joe Biden au Moyen-Orient, une occasion en or!

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Il aura fallu près de dix-huit mois au président Joe Biden, qui arrive ce mercredi à Jérusalem au début d’un court voyage régional au Moyen-Orient, pour programmer une visite dans la ville sainte d’Al Qods. Il se rendra ensuite en Arabie saoudite. Son prédécesseur, Donald Trump, avait fait de Jérusalem l’une de ses premières destinations étrangères, s’y rendant quatre mois après son installation à la Maison Blanche. Pour se différencier de Trump, Biden s’est efforcé d’atténuer l’intensité de l’attitude de l’administration précédente à l’égard d’Israël et de rééquilibrer les relations avec les Palestiniens. Dans ce contexte, les chercheurs de l’Institute for National Security Studies (INSS) de l’université de Tel-Aviv, ont publié un rapport sur cette importante visite. Selon l’étude, le voyage du président Biden en Israël, qui vise à souligner l’engagement des États-Unis en faveur de la sécurité d’Israël, offre «une occasion en or pour Jérusalem» sur des questions telles que l’Iran, la campagne de l’entre-deux-guerres et l’Arabie saoudite. Le plus riche pays arabe figure également sur l’itinéraire de Joe Biden durant lequel le président tentera d’obtenir des gains économiques immédiats.

The Institute for National Security Studies (INSS) est classé premier groupe de réflexion en Israël, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Dirigé par l’ancien chef de la direction du renseignement militaire de l’armé israélienne (Tsahal), le général de division Tamir Hayman, l’INSS concentre ses recherches et ses travaux sur la sécurité et les affaires militaires et stratégiques au Moyen-Orient, ainsi que sur la cyberguerre.

Le général de division, Tamir Hayman, Directeur Général de l’INSS.

Dans l’un de ses derniers rapports rendus publics, le centre de recherche explique dans le détail les enjeux de la visite tant attendue du président américain au Moyen-Orient. Joe Biden ayant programmé deux escales importantes, la première en Israël et la seconde en Arabie saoudite, INSS analyse avec beaucoup de pragmatisme l’objectif de chacune de ces escales.

«La prochaine visite du président Biden en Israël reflète son désir de démontrer une fois de plus son engagement exceptionnel envers Israël, tandis que sa visite en Arabie saoudite vise à faire avancer les intérêts américains immédiats : influencer les prix du pétrole, restaurer la position des États-Unis au Moyen-Orient et étendre la coordination militaire régionale vis-à-vis de l’Iran», explique d’emblée le tank tank.

Lors de ses rencontres avec les dirigeants palestiniens, le président réitérera son engagement en faveur d’une solution à deux États, mais on ne s’attend pas à une percée politique, affirme l’INSS. Dans le changement d’approche de l’administration vis-à-vis de l’Arabie saoudite, il existe une opportunité pour Israël de démontrer son potentiel en tant qu’atout et de bénéficier des possibilités qui en découlent.

L’Iran sera au centre de la visite du président dans la région, souligne le rapport. L’avenir de l’accord nucléaire n’est toujours pas clair, et l’administration est consciente de la nécessité de se préparer à une réalité où il n’y aurait pas d’accord et où l’Iran poursuivrait un programme nucléaire actif.

Une coordination étroite entre Israël et les États-Unis est impérative, alertent les rédacteurs du rapport. Israël devrait s’efforcer avec l’administration Biden de définir des lignes rouges, et des réponses politiques, économiques et militaires si elles sont franchies. En outre, Israël devrait s’assurer du soutien continu des États-Unis à la «campagne entre les guerres» et, en coordination avec les États arabes, souligner la valeur de la présence américaine en Irak et en Syrie.

INSS ne croit à aucun développement de la question palestinienne

Le président américain Joe Biden s’envole ce mercredi au Moyen-Orient pour une visite de trois jours du 13 au 16 juillet 2022. Il se rendra en Israël et sur le territoire de l’Autorité palestinienne, puis s’envolera directement pour Djeddah, en Arabie saoudite, où il rencontrera les dirigeants saoudiens et assistera à un sommet du CCG+3, composé des dirigeants du Conseil de coopération du Golfe, auxquels se joindront les chefs d’états égyptiens, jordaniens et irakiens.

INSS estime qu’au vu de la conjoncture internationale et de la fragilité du paysage politique israélien, Biden ne compte pas à arracher une quelconque avancée sur le dossier palestinien.

La décision de Biden de se rendre en Israël, prise il y a quelques mois et avant que l’Arabie saoudite ne soit ajoutée à l’itinéraire, reflète avant tout son désir de souligner une fois de plus son engagement personnel exceptionnel envers Israël, et sa volonté de «renforcer l’engagement inébranlable des États-Unis envers la sécurité et la prospérité d’Israël», écrit INSS.

«L’importance de la visite réside dans son occurrence même, d’où son intention de faire le voyage malgré les développements politiques en Israël» analyse le rapport.

Lors des réunions avec les dirigeants palestiniens, l’administration réitérera son engagement en faveur d’une solution à deux États, mais il n’y a aucune attente d’une percée politique.

Visiter Israël, une importance personnelle de Biden. Visiter l’Arabie saoudite, une priorité pour son administration

Si la visite en Israël est importante pour Biden sur le plan personnel, souligne le rapport de l’INSS, l’administration américaine, attache par contre beaucoup d’importance à la réussite de la visite en Arabie saoudite.

Le président a accepté cette visite après de longues délibérations et conscient des critiques considérables qu’elle suscite, principalement sur la scène intérieure américaine, compte tenu de la position ferme de Joe Biden concernant l’implication du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane dans le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi.

Cependant, la réalité géostratégique émergente pousse l’administration à privilégier une approche réaliste plutôt que «l’attachement aux valeurs». La crise économique mondiale, causée en partie par la guerre en cours en Ukraine, affecte directement les États-Unis, faisant atteindre de nouveaux sommets à l’inflation et renforçant les craintes d’une grave récession.

Les élections de mi-mandat au Congrès en novembre 2022 et le risque palpable de perdre la majorité démocrate ont fait comprendre à l’administration Biden qu’un changement d’approche est nécessaire, notamment dans la stratégie concernant le Moyen-Orient, afin d’avoir un impact positif sur les prix du pétrole. Néanmoins, il est encore trop tôt pour évaluer si cela représente un renversement des priorités de l’administration et une nouvelle volonté et capacité à investir des ressources dans la région.

Objectifs de la rencontre Biden-MBS

De nombreuses questions figurent à l’ordre du jour américano-saoudien et il est peu probable qu’il soit possible de toutes les résoudre au cours de la visite, estime l’INSS.

Toujours selon le Think tank, les objectifs de la visite sont les suivants :

Baisse des prix du pétrole

Joe Biden cherche à obtenir une baisse des prix du pétrole grâce à un engagement clair de l’Arabie saoudite à augmenter sa production au fil du temps.

Selon l’administration Biden, un tel engagement, même s’il n’a pas d’impact immédiat sur les prix, véhiculera une stabilité qui aura un impact positif à long terme.

Restaurer la position des États-Unis au Moyen-Orient

L’administration Biden veut restaurer la position des États-Unis au Moyen-Orient et faire comprendre aux pays arabes, et en particulier aux pays du Golfe, qu’ils peuvent compter sur les États-Unis comme principal allié. Cela remettrait en cause l’idée qui s’est développée au cours de l’année écoulée selon laquelle les États-Unis se déconnectent du Moyen-Orient, et l’intention consécutive des pays de la région de se tourner vers l’Est, notamment vers la Chine.

Alignement sur le dossier iranien

Biden souhaite établir un plan pour étendre la coopération avec les pays du Golfe et d’autres pays arabes sur la question de l’Iran, autant que possible en coordination avec Israël.

«Il est clair pour l’administration Biden que dans un contexte où les perspectives de renouvellement de l’accord nucléaire sont minces et où l’Iran continue de progresser dans son programme nucléaire – et même si un accord est conclu – les pays de la région attendent des États-Unis qu’ils présentent un plan d’action qui préservera leurs intérêts», souligne le rapport de l’INSS.

Et d’ajouter : «Il semble que l’administration ait également intérêt à partager la charge du traitement de l’Iran avec les États de la région et à les empêcher de prendre des directions qui ne correspondent pas aux intérêts américains».

Normalisation entre l’Arabie saoudite et Israël

Selon l’INSS, l’administration américaine voudrait faire progresser les mesures de normalisation régionale, notamment entre l’Arabie saoudite et Israël.

À ce sujet, le think tank rapporte les déclarations de personnalités américaines faisant état d’une feuille de route pour la normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite, qu’aurait préparer l’administration Biden.

De hauts responsables de la défense d’Israël et d’Arabie saoudite se seraient récemment rencontrés en Égypte sous les auspices des États-Unis, révèle l’INSS.

«Il a également été rapporté que, lors de sa visite, le président Biden discuterait avec ses hôtes d’une vision pour une défense antimissile et navale intégrée» affirme la même source.

Une dossier que les rédacteurs de l’INSS croient être d’une grande importance pour le président Biden. Il est primordial qu’avant les élections de mi-mandat, il soit crédité de l’avancement de cette mesure politique réussie, ont-ils écrit.

Recommandations pour Israël

  1. Faire comprendre à la région que les États-Unis ne se désengagent pas de la sécurité d’Israël

La visite du président Biden en Israël est une étape importante qui devrait contribuer de manière significative à faire comprendre dans la région et au-delà que les États-Unis continuent de soutenir Israël et que les dirigeants américains sont engagés dans la sécurité et le bien-être d’Israël.

Ce message revêt une importance particulière à l’heure actuelle, étant donné le sentiment dominant que l’administration est désireuse de se déconnecter de la région. Même si la visite est principalement symbolique, elle s’inscrit dans une longue série d’entretiens tenus au cours de l’année écoulée qui symbolisent la direction que l’administration esquisse et l’importance qu’elle accorde au dialogue permanent à tous les niveaux avec le gouvernement israélien.

  1. Garder de bonnes relations avec l’administration Biden

Israël a un intérêt évident à maintenir le pragmatisme et l’intimité qui caractérisent les relations actuelles, d’autant plus que l’administration Biden a pris soin de ne pas utiliser les désaccords comme un moyen de pression. Pour sa part, Israël doit veiller à ce que sa conduite se poursuive dans cet esprit.

«Le dialogue discret engagé entre Israël et les Etats-Unis depuis un an a permis une présentation franche des positions, même contrastées».

Sans faire référence à la méthode de Benjamin Netanyahu dans la conduite des relations avec Washington, INSS recommande au gouvernement israélien de maintenir le dialogue avec l’administration Biden tout adoptant des positions fermes quand à l’intérêt suprême d’Israël.

«Les deux pays (Israël et les Etats-unis, ndlr) doivent comprendre clairement les intérêts partagés et divergents. Ils doivent se doter de la capacité de surmonter les désaccords et de formuler une politique commune est dans l’intérêt suprême d’Israël» souligne le rapport du Think tank.

Dans ce contexte, il est recommandé que les décideurs en Israël aient une image claire des intérêts et des priorités de l’administration américaine, notamment dans le contexte de la concurrence avec la Chine et de la guerre en Ukraine, et que la politique israélienne tienne compte de ces intérêts autant que possible.

«L’objectif est de renforcer la compréhension de l’administration, et du Congrès, qu’Israël est un allié des États-Unis tout comme les États-Unis sont un allié d’Israël», précise la même source.

  1. Imposer ses lignes rouge à Biden vis-à-vis l’Iran

La question de l’Iran sera au centre de la visite du président dans la région. Malgré la reprise des négociations sur l’accord nucléaire, il est loin d’être certain qu’un accord sera conclu.

L’administration Biden est consciente qu’elle doit se préparer à une réalité où il n’y aurait pas d’accord, alors qu’un programme nucléaire actif se poursuit en Iran.

Une coordination étroite entre Israël et les États-Unis est impérative, et avec l’administration, Israël devrait s’efforcer de définir des lignes rouges ainsi que de convenir à l’avance de réponses politiques, économiques et militaires si elles sont franchies.

En parallèle, il est essentiel d’analyser les risques et les opportunités si l’accord est renouvelé. En même temps, la visite de Joe Biden devrait refléter la poursuite de la planification conjointe concernant une campagne contre l’Iran.

Même si Israël peut développer la capacité d’agir de manière indépendante, il est très important de renforcer la coordination avec les États-Unis dans la sphère opérationnelle et le soutien américain aux actions israéliennes, en partie comme levier sur l’Iran.

La guerre en Ukraine a prouvé qu’il existe sur la scène internationale une intolérance à l’égard des agressions militaires unilatérales (et c’est ainsi que toute opération militaire en Iran sera perçue par ceux qui la regardent depuis les coulisses).

INSS

Que l’accord nucléaire soit renouvelé ou non, la visite du président Biden vise également à renforcer la coordination régionale face aux efforts continus de l’Iran pour s’implanter dans toute la région et pour étendre son utilisation de missiles et de drones. Sur cette question, il est important d’assurer le maintien du soutien américain à la «campagne d’entre-deux-guerres» d’Israël et, en coordination avec les pays arabes, de souligner au président l’intérêt de maintenir la présence américaine en Irak et en Syrie.

Priorité pour la normalisation avec l’Arabie saoudite. L’Otan Moyen-oriental peut attendre

«La visite de Joe Biden a le potentiel d’approfondir la tendance à la normalisation entre Israël et les pays arabes en général, et l’Arabie saoudite en particulier» affirme le rapport de l’INSS.

Même si les chances d’établir une alliance régionale de l’OTAN sont faibles, la formulation d’une feuille de route pour des relations plus étroites entre Israël et l’Arabie saoudite est stratégiquement importante pour toutes les parties.

Pour sa part, Israël ferait bien de s’attacher à trouver des idées de mesures secrètes et publiques qui permettraient aux Saoudiens de franchir plus facilement le Rubicon et de faire progresser les relations bilatérales à un rythme qui leur convient. Une percée dans les relations israélo-saoudiennes serait considérée comme un juste retour des choses pour les efforts du président Biden, recommande l’INSS.

«La visite du président Biden en Israël et dans la région est l’occasion de renforcer la sécurité nationale d’Israël sur la base d’une démonstration claire et prononcée de l’engagement des États-Unis à son égard. Le changement d’approche de l’administration à l’égard de l’Arabie saoudite – bien qu’il soit le résultat de nouvelles circonstances internationales – comprend une opportunité pour Israël de démontrer son potentiel en tant qu’atout et de bénéficier des possibilités que ce changement implique» conclut le rapport.

Benkhadra : Le Maroc «idéalement» positionné pour saisir les opportunités énergétiques offertes par Israël

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Le Maroc est «idéalement» positionné en matière d’énergie pour saisir les différentes opportunités offertes par Israël, a indiqué, mercredi à Casablanca, la Directrice générale de l’Office national des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM), Amina Benkhadra.

MAP

«Le Maroc, avec sa dynamique de développement durable, son important potentiel en énergies renouvelables, sa proximité avec les marchés européens et la dynamique d’innovation et la politique climatique ambitieuse impulsées par le Roi Mohammed VI, est idéalement positionné pour saisir les opportunités offertes et pour construire des partenariats gagnant-gagnant, notamment avec Israël», a ditAmine Benkhadra qui intervenait lors du Forum «Morocco-israel : Connect to Innovate».

Elle a, dans ce sens, relevé que le Maroc, pays faible émetteur mais vulnérable aux effets du changement climatique, a pris très tôt ses responsabilités en préparant progressivement sa vision pour répondre aux problèmes de sécurité énergétique, de rareté de l’eau, de désertification, d’inondations et d’élévation du niveau de la mer.

«Le Maroc, sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, s’est engagé dans le développement global durable tant sur les plans économique que social, soit un engagement qui ne date pas d’aujourd’hui et traduit l’intérêt suprême que le Souverain accorde au développement durable et à la préservation de l’environnement», a fait remarquer la DG de l’ONHYM.

Elle a, par ailleurs, affirmé que le Royaume dispose d’atouts considérables pour réaliser la transition énergétique et notamment les énergies renouvelables et l’hydrogène où il peut se positionner en précurseur, en plus de se positionner comme une véritable plateforme de production et d’exportation régionale de premier ordre, au carrefour de l’Europe et de l’Afrique et du Moyen-Orient.

Et de soutenir que le pays ambitionne de devenir dans les prochaines années, sur les choix qu’il a fait, la base industrielle «la plus compétitive» au monde et parmi les 5 les plus innovantes, ainsi que la base industrielle de référence décarbonée de la région, puisque le pays dispose de l’un des potentiels les plus importants en énergies renouvelables.

Dans le même sillage, Kamal Htoute, directeur stratégie et planning à l’ONEE branche électricité, a souligné que le Maroc a commencé sa transition énergétique en 2009 en définissant des objectifs visant avant tout à augmenter la part des énergies renouvelables dans son mix énergétique d’ici 2030, avec pour optique d’atteindre une part d’énergies renouvelables de 52% dans le mix énergétique national.

Il s’agit d’une vision qui permet, selon lui, de promouvoir les ressources énergétiques locales, qu’elles soient solaires éoliennes ou encore hydrauliques.

S’attardant sur les défis de transition énergétique, Htoute a expliqué que l’augmentation de la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique caractérisé par leur variabilité et dont la part dans la capacité totale installée, qui sera de 40% à la fin de 2022, devrait dépasser 52% d’ici 2030.

Il a également noté que la demande croissante de l’électricité devrait augmenter davantage dans les années à venir avec en particulier la tendance à l’électrification de plusieurs secteurs économiques, dont notamment ceux du transport et de l’industrie.

Pour sa part, Yosef Abramowitz, président directeur général d’Energiya Global et l’un des six pionniers de l’écologie au monde selon CNN, n’a pas manqué de préciser que le Maroc et Israël ont dans ces domaines de l’énergie et du développement durable les ingrédients pour une forte collaboration et coopération.

Il a aussi mis en avant les moult opportunités de collaboration immenses, entre les deux pays qui font face aux mêmes défis énergétiques.

Initié conjointement par Start-Up Nation Central et Consensus Public Relations, ce Forum se veut un événement unique réunissant les leaders marocains et israéliens, des secteurs privés et publics, autour du thème de l’innovation technologique dans les domaines de l’agro-alimentaire, l’eau, la logistique, l’énergie et le développement durable.

Cet événement comprend une série d’ateliers, de séances d’affaires, de rendez-vous B2B et de rencontres de networking. Organisation à but non lucratif, Start-up Nation Central œuvre à promouvoir l’écosystème israélien de l’innovation dans le monde.

Soupçons d’espionnage : rude épreuve pour les relations israélo-chinoises

La radio de l’armée israélienne a rapporté ce mardi matin qu’un contrôle de sécurité de routine a révélé que l’un des nombreux mugs thermiques offerts par l’ambassade de Chine aux membres du gouvernement israélien contenait un composant suspecté d’être un dispositif d’espionnage. La nouvelle s’est répandue « comme un feu de paille » sous les yeux de l’ambassade de Chine inaudible, avant que le Shin Bet mette fin à cette crise en publiant le résultat de l’analyse des mugs incriminés, écartant la présence d’un dispositif d’écoute. 

L’ambassade chinoise à Tel-Aviv a passé ça pire matinée de son histoire après les accusations de tentative d’espionnage contre le gouvernement israélien dont elle a fait l’objet. Surtout que l’alerte a été lancée par la radio de l’armée israélienne Galeï Tsahal, puis relayée par l’ensemble de la presse israélienne et internationale.

Les accusations sérieuses de l’armée israélienne ont fait état de la découverte d’un composant métallique qui ressemble à un dispositif miniature d’écoute dans un mug offert par l’ambassade chinoise à la ministre des Sciences, de la Technologie et de l’Innovation Orit Farkash Hacohen. Une photo de l’objet incriminé a même été publié sur les réseaux sociaux de la radio de Tsahal.

Le bout du mug soupçonné d’avoir un dispositif d’écoute intégré

Le gouvernement a pris très au sérieux ces soupçons d’espionnage et a demandé à tous ses ministres de ne pas réceptionner, ni ouvrir le cadeaux des chinois.

Selon la correspondante diplomatique de la radio de l’armée, Moriah Asraf-Walberg, le Shin Bet (Agence de sécurité israélienne) a immédiatement lancé une enquête sur cette affaire surtout après la découverte d’un dispositif similaire dans un autre mug destiné au ministre des Transports.

En outre, il a été demandé à tous les départements gouvernementaux israéliens d’être extrêmement prudents lorsqu’ils reçoivent des cadeaux d’entités étrangères, car «ils peuvent contenir des dispositifs d’écoute ou des caméras».

«Certains bureaux de ministres ont été informés ce matin qu’ils devaient recevoir un cadeau de l’ambassade de Chine et ont reçu l’ordre de ne pas le réceptionner mais de le transférer à la Knesset. Le bureau du Premier ministre a également précisé les procédures de réception des cadeaux» a alerté Galeï Tsahal dans un tweet publié tôt ce matin.

Quatre longues heures d’attente avant le verdict du Shin Bet

Il a fallu attendre pas moins de quatre heures avant que les résultats de l’analyse technique du Shin Bet soient dévoilés. Un intervalle suffisamment long pour mettre à rude épreuve les relations israélo-chinoises et ébranler le capital confiance entre les deux États. 

C’est la Société de radiodiffusion publique israélienne, KAN, qui publie en premier le rapport des renseignements qui affirme «qu’aucun dispositif d’écoute n’était enfoui dans le verre thermique envoyé en cadeau par l’ambassade de Chine au bureau de la ministre de l’Innovation, des Sciences et de la Technologie Orit Farkash-HaCohen».

Les experts techniques qui ont examiné le mug ont conclut que le composant suspect était destiné à «maintenir le vide dans les parois du verre et la température du liquide qu’il contient», précise le Shin Bet.

Peu avant la publication de ce rapport, l’ambassade de Chine en Israël a publié un communiqué rejetant les accusation d’espionnage. «Les rumeurs sans fondement visent à creuser un fossé entre la Chine et Israël, à ternir l’image de la Chine et à tromper le public», a déclaré l’ambassade de Chine.

D’après la chaine publique israélienne, l’incident a suscité une tension telle entre les deux pays que la Chine a exigé des clarifications officielles et publiques de la part d’Israël. C’est pourquoi, de manière inhabituelle, le Shin Bet a publié un communiqué officiel sur les conclusion de son enquête.

Nouvelles technologies et les transports israéliens, cibles stratégiques de la Chine

Toute la communication des médias israéliens s’est focalisée sur les deux premières supposés  cibles de la tentative d’espionnage, à savoir le ministère des Sciences, de la Technologie et de l’Innovation et celui des Transports. Deux départements qui intéressent particulièrement la Chine dans sa guerre économique avec les États-unis. 

Orit Farkash-Hacohen, ministre de la Science, de la Technologie et de l’Espace.

En effet, Tel Aviv et Pékin ont vu leurs relations se réchauffer et la Chine s’intéresser de plus en plus aux innovations israéliennes, notamment dans les domaines de la technologie médicale, de la robotique, de la technologie alimentaire et de l’intelligence artificielle.

Le 24 janvier dernier, Israël et la Chine ont tenu le 5ème comité conjoint sur la coopération en matière d’innovation, dirigé par le ministre des affaires étrangères Yair Lapid et le vice-président chinois Wang Qishan. Le comité a convenu d’un plan triennal visant à réglementer la coopération et le dialogue entre les gouvernements des deux pays jusqu’en 2024.

Les données publiées par le Bureau national des statistiques israélien en janvier indiquaient qu’en 2021, la Chine est devenu la première source d’importations d’Israël, dépassant même les États-Unis.

Par ailleurs, tout en renforçant progressivement ses liens avec Pékin, le gouvernement israélien a également informé l’administration Biden qu’il tiendrait la Maison Blanche informée des accords importants conclus avec la Chine et qu’il était prêt à réexaminer ces accords si les États-Unis, l’allié le plus proche d’Israël, s’y opposaient.

Fébrilité  israélienne ou un coup des renseignements ? 

En février dernier, l’INSS, premier Think tank  en Israël et au Moyen-Orient, qui compte dans son conseil d’administration, entre autres Tzipi Livni et Meir Ben-Shabbat, a publié un rapport sur les risques de l’espionnage militaro-industrielle de la Chine. Une étude qui recommande au gouvernement Israélien de réduire le niveau d’exposition des cibles en Israël et d’entreprendre une première étape essentielle pour faire face à ce défi : «accroître la sensibilisation au risque d’espionnage et à ses implications».

L’incident des cadeaux de l’ambassade chinoise et des mugs thermiques, semble s’inscrire dans cet optique de sensibilisation des acteurs gouvernementaux contre les risques d’espionnage. Désormais, tout responsable israélien est amené à réfléchir à deux fois avant l’utilisation d’un cadeau d’un pays étranger.

Par ailleurs, des interrogation subsistent. Comment expliquer cette communication de l’armée israélienne créant un incident diplomatique avant même de s’assurer de l’existence d’un dispositif d’écoute dans les mugs chinois ?

Serait-ce une hyper-fébrillté du gouvernement israélien avec l’accumulation des menaces internes  et externes, notamment la perte de la majorité à la Knesset, la reprise des violences avec les palestiniens où bien le grand écart diplomatique dans le conflit ukrainien ?

Ce qui est sur, après neuf mois seulement de répit, Israël s’est engagé dans un vortex d’instabilité irradiant la tension en Europe et au Moyen-Orient. 

Saad Dine Elotmani : la signature des Accords d’Abraham était un «moment douloureux» et «très difficile»

En dépit de l’impopularité grandissante du gouvernement Akhannouch, le PJD n’arrive pas encore à se relever de la déconfiture électorale de septembre dernier qui lui a couté la perte de 113 sièges au parlement. Abdelilah Benkirane, de retour à la tête du parti, tente tant bien que mal de maintenir sous sédatif les mécontents en appelant à une introspection saine et salvatrice et un retour aux valeurs religieuses. Toutefois, le responsable de la situation du parti islamiste semble être tout désigné : Saad Dine Elotmani.

La dernière sortie médiatique du Chef du bureau de liaison israélien au Maroc, David Govrin, a remué le couteau dans la plaie toujours béante du parti déchu le PJD. Le diplomate a déclaré dans une interview donnée à Jewish Insider que «les voix les plus fortes opposées à la normalisation avec l’État hébreu – les islamistes – sont désormais sur la touche». Piqué au vif, le secrétariat général du PJD a inscrit dans l’ordre du jour de son bureau, la déclaration de Govrin et a consacré deux paragraphes sur le sujet dans son communiqué paru le 1er avril.

Le premier paragraphe a été consacré aux déclarations provocatrices du diplomate israélien :

« Le Secrétariat général a exprimé son rejet des « déclarations dangereuses » du représentant de « l’entité d’occupation sioniste » à travers desquelles il a visé le Parti de la justice et du développement en faisant référence aux résultats des récentes élections, et les a considérées comme une « ingérence ignoble » dans les affaires politiques nationales et les affaires intérieurs de notre pays. Le Secrétariat général rappelle à cette occasion que la cause palestinienne est un enjeu national sacré pour tous les Marocains et que le statut de la sainte mosquée Al-Aqsa fait partie de leur foi, et que leurs positions de soutien et de défense du peuple palestinien sont bien connues et bien établie».

Dans le deuxième paragraphe dudit communiqué, Abdelilah Benkirane qui a présidé la réunion va jeter en pâture son collègue et son ancien Chef du Gouvernement Saad Dine Elotmani, signataire des Accords d’Abraham :

«Le Secrétariat général affirme « la position claire et ferme du parti contre la normalisation et la précipitation vers l’entité sioniste » et son rejet de certains déclarations « irresponsables et provocatrices » de certains responsables et rappelle la « position du parti contre l’occupation israélienne et sa politique basée sur l’accaparement des terres, vol de propriété, la judaïsation de Jérusalem et l’agression contre le peuple palestinien« , et affirme son soutien à la résistance nationale palestinienne dans sa lutte légitime pour réaliser les aspirations du peuple palestinien à la libération et à l’établissement de son État palestinien indépendant avec Al-Qods Al- Sharif comme capitale».

Saad Dine Elotmani «soulage sa conscience»

Le jour même de la publication du communiqué du PJD suscité, LeSiteinfo diffuse une interview de l’ancien numéro 1 du parti, Saad Dine Elotmani, dans lequel il revient pour l première fois sur son mandat de Chef de Gouvernement. Une prise de parole inédite, car il s’était abstenu depuis sa défaite aux élections, de faire tout commentaire sur la politique du pays. Il s’était limité à médiatiser la réouverture de son cabinet psychiatrique et à débattre de la théologie.

Elotmani a saisi la perche tendue par la journaliste du site d’information, Naima Lembarki, pour tenter de se «dégazer» du poids de sa signature apposée sur les accords de normalisation avec Israël.

L’ancien Chef de Gouvernement devait se sentir en confiance tant la formulation de la question de la journaliste lui a balisé le terrain. En effet, Mme Lembarki a qualifié la normalisation avec Israël de «problème» qui va à «l’encontre du coeur et des valeurs d’Elotmani».

«Vous vous êtes retrouvés en tant que Chef de gouvernement dans des positions dans lesquelles vous étiez obligé d’agir à l’encontre de votre coeur et de vos valeurs. La plus connue de ces positions est le problème de la normalisation. Lors de la signature de l’accord tripartite entre le Maroc, les État-unis et Israël, tout le monde était focalisé sur Saad Dine Elotmani et sa signature. Comment l’aviez-vous vécu ?» a questionné Naima Lembarki.

Saad Dine Elotmani réplique immédiatement : «C’était un moment douloureux» «C’était un moment douloureux et très difficile» a-t-il insisté.

Avant de reprendre : «Toutefois, je remercie Sa majesté le Roi d’avoir accepter qu’on accueille plus tard la délégation de Hamas et qu’on accueille le Chef de son bureau politique (Ismaël Haniyeh, ndlr) et leur accorder l’accueil qu’ils méritent pour montrer que le Maroc soutient le peuple palestinien et la résistance palestinienne. Nous les avons invité au nom du PJD. On leur a affirmé que notre soutient allait se poursuivre. Notre position par rapport à la question palestinienne n’a pas changé ainsi que notre rejet des attaques sionistes contre les Palestiniens et les terres palestiniennes en général et à Al-Quds Al-Sharif et à la mosquée Al-Aqsa, et les tentatives de judaïsation qui se poursuivent toujours, en particulier.»

«C’était un moment douloureux. C’était un moment douloureux. Des douleurs qui persistent jusqu’à ce jour», conclut Elotmani.

Les maladresses à répétition de David Govrin

Le seul adversaire de David Govrin au Maroc est David Govrin lui même. Toutes les polémiques qui ont touché la mission israélienne depuis la signature des Accords d’Abraham, il en a été la source.

Ses déclarations à Jewish Insider s’ajoutent à une longue liste de bourdes médiatiques, dont on peut citer entre autres, sa sortie désastreuse dans une dépêche de l’agence de presse espagnole EFE au sujet du Sahara marocain, son auto-proclamation ambassadeur d’Israël au Maroc et sa mauvaise gestion de ses RP.

Par ailleurs, nous avons à plusieurs occasions invité M. Govrin à changer de logiciel pour une lecture juste du paysage socio-politique marocain. Ce spécialiste des relations israélo-égyptiennes arrive à peine à nuancer le contexte marocain de l’égyptien. Une prise de conscience qu’il a partagé dans son dernier entretien publié par Jewish Insider.

«Il faut garder à l’esprit qu’Israël et l’Égypte se sont engagés dans cinq guerres, il n’en va pas de même pour Israël et le Maroc. De puissants pans de la société égyptienne – les nasséristes et les islamistes – sont restés un obstacle à la capacité de l’Égypte à développer de meilleurs liens personnels avec Israël. Il n’y a pas non plus de relations culturelles entre Israël et l’Égypte. C’est regrettable, car ce sont les relations culturelles qui rapprochent vraiment les peuples». a-t-il déclaré.

Si David Govrin arrive enfin à saisir la particularité de la société marocaine et les liens culturels ancestraux qui lient musulmans et juifs marocains, il n’a malheureusement pas encore la bonne lecture du paysage politique national et les us et coutumes des intitutions du pays.

En dévaluant le PJD, Govrin s’est tiré une balle dans le pied, car il a attaqué le parti signataire des accords d’Abraham et dont les ministres avaient reçu leurs homologues israéliens, suscitant ainsi des réactions négatives contre le processus de normalisation.

Le Chef de la mission israélienne s’est trompé sur toute la ligne car comme l’a rappelé Yabiladi, il s’est focalisé «sur le PJD alors que la contestation du rétablissement des relations avec Israël est menée essentiellement par les islamistes d’Al Adl wal Ihsane et certaines mouvances d’extrême gauche. Les deux parties contrôlent, d’ailleurs, le Front marocain de soutien à la Palestine et contre la normalisation, créé en mars 2021».

Exclusif : Gaia Energy blacklistée par l’Algérie suite à son rapprochement avec l’israélien Gandyr

Le président Abdelmadjid Tebboune a saisi son ministre de l’Energie et des Mines et les responsables de la Sonatrach pour «proscrire» toute collaboration avec la filiale algérienne de la société marocaine GAIA Energy qui opère dans les énergies renouvelables. Le motif de cette missive du palais d’El Mouradia est l’entrée de la filiale du groupe israélien Gandyr dans le capital de Gaia Energy Maroc. L’information émane d’une source interne de la Sonatrach qui a fait fuiter la correspondance électronique.

Le va-t-en guerre américain en Ukraine est entrain de bouleverser toute la géostratégie au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Dans sa guerre d’usure contre le camp de l’Est, la Maison Blanche sacrifie ses alliances classiques et cherche à en créer de nouvelles dans le seul but d’isoler l’adversaire sino-russe.

En effet, depuis le mauvais signal de la réhabilitation des Talibans et la sortie chaotique des soldats américains d’Afghanistan, nous assistons à un regroupement hétéroclite de nations autour d’intérêts sécuritaires et économiques et contre les menaces de la nouvelle politique étrangère de l’hyperpuissance américaine qui occulte la géographie et l’histoire.

L’Algérie, la Tunisie, la Libye et l’Egypte constituent pour les stratèges de Joe Biden, à savoir Jake Sullivan, William Burns et Antony Blinken, le nouveau bloc d’Afrique du Nord dont la fonction stratégique est le contrôle du marché gazier mondial. Un bloc satellite à celui du Moyen-Orient composé quand à lui du Qatar, de l’Iran et de l’Irak que Washington espère stabiliser grâce à la signature d’un accord sur le nucléaire iranien.

Ce front que façonne l’administration Biden depuis son installation a suscité la formation d’une nouvelle alliance cimentée par les accords d’Abraham et les menaces de la politique américaine. Laquelle alliance réuni le Maroc, Israël, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite.

Algérie, pression intenable

Contrairement à l’Egypte, l’Algérie a du mal à gérer la pression internationale et les enjeux géostratégiques lourds objets de la guerre froide entre les camps de l’Est et de l’Ouest. Et pour cause, historiquement et depuis son indépendance, la coopération militaire est au cœur des relations entre Moscou et Alger. Tandis, que le secteur énergétique a toujours été contrôlé par Washington.

En effet, l’armée algérienne continue à être sous influence russe, à l’image de son chef d’état-major, Saïd Chengriha, formé à l’académie russe de Vorochilov, au moment où tous les dirigeants de la Sonatrach sont des ingénieurs formés aux États-Unis.

La guerre en Ukraine est un véritable cauchemar pour le régime militaire totalitaire algérien éreinté par les fronts internes et externes, de la déconfiture de l’économie du pays, au Hirak de 2019, passant par les succès diplomatiques éclatants du Royaume du Maroc.

D’autant plus que le régime se sent de plus en plus menacé par : 1) les énormes gisements gaziers découverts dans la Méditerranée de l’Est et dans le delta du Nil en Égypte, non encore exploitées; 2) les ambitions sérieuses du Maroc dans le secteur des hydrocarbures notamment avec le gazoduc Afrique atlantique; 3) la crise alimentaire mondiale; 4) la nouvelle alliance géopolitique entre Rabat et Madrid.

Dans ce contexte très complexe, l’Algérie manoeuvre dans la douleur, en usant tantôt du dossier du Sahara marocain, tantôt de la cause palestinienne et surtout de l’approvisionnement en gaz pour l’Europe. Si le pays réussi à arracher quelques victoires, il s’est trouvé par contre dos au mur face à l’Arabie saoudite, véritable centre d’influence arabo-musulman et «Market Maker» mondial des hydrocarbures fossiles.

Dans le deal proposé par l’administration Biden, Alger trouve son compte dans la reconnaissance d’un rôle par défaut dans la guerre du gaz russe, dans le rapprochement avec l’Iran, allié historique de Poutine et surtout dans l’alliance avec l’Egypte, un pays qui constitue une véritable menace sur le moyen et long terme pour son régime.

En effet, l’Egypte d’Al-Sissi est d’abord un futur géant du gaz qui de plus, à des intérêts stratégiques et de sécurité nationale en Libye. Le pays est autant important pour l’Arabie saoudite, que pour le États-unis et encore plus pour Israël.

Le dossier égyptien semble avoir été au menu des entretiens entre les responsables algériens et le secrétaire d’État américain Antony Blinken, à l’occasion de sa dernière visite le 30 Mars.

Pour preuve, au lendemain de la rencontre Tebboune-Blinken, le vice-Président Business Development & Marketing de la Sonatrach Fethi Arabi, considéré comme la boîte noire de son président Taoufik Hakkar, a demandé expressément aux membres du Comex, le Vice-Président Liquéfaction et Séparation, Nasreddine Fatouhi, le Vice-Président Transport Par Canalisation, Melaika Amine, le Vice-Président Raffinage et Pétrochimie, Batouche Boutouba, le Vice-Président Exploration – Production, Mohamed Slimani et à la Vice-Président Commercialisation Fatiha Neffah, de préparer avant le 05 avril 2022, un dossier détaillé sur les axes de coopérations avec LeCaire.

Dans le courrier électronique fuité par une source interne de la Sonatrach, Fethi Arabi évoque une importante «échéance bilatérale» dans les hydrocarbures entre l’Algérie et l’Egypte.

Gaia Energy blacklistée

Le revirement historique de l’Espagne en faveur du Maroc sur le dossier du Sahara a finit par détruire toute la doctrine du régime algérien qui en a fait son fonds de commerce de politique interne et étrangère depuis plus de quarante ans.

La neutralité négative de l’Espagne, ancien colonisateur, sur le dossier du Sahara n’était plus tenable surtout après la fermeture du gazoduc Maghreb Europe (GME). Une erreur de calcul d’Alger, car elle a poussé Madrid a diversifié son approvisionnement en hydrocarbures et se libérer de facto du chantage algérien.

En signe de représailles, Alger s’est attaqué à une entreprise marocaine, GAIA Energy opérant dans les énergies propres, depuis 2015 sur le sol algérien à travers une filiale détenue à 51% par un ressortissant local.

Dans un email envoyé le dimanche 27 mars 2022, dont nous détenons une copie, l’avocat du groupe Sonatrach, Bourbia Noureddine, a appelé l’ensemble des directeurs de la société pétrolière à arrêter toute relation avec la filiale algérienne de la société marocaine GAIA Energy.

«Nous vous informons que les services de la présidence de la République, ont saisi Monsieur le Ministre de l’Energie et des Mines au sujet de la société GAIA Energy, leader dans les énergies nouvelles et renouvelables (ENR), représentée en Algérie par son bureau de liaison créée en novembre 2015 et ayant siège sociale à Hydra» a-t-il écrit.

Et de poursuivre : «Le 24 février 2022, la société « israélienne » Marom Energy relevant du Groupe « israélien » Gandyr Energy a opéré une acquisition de (30%) du capital de la société GAIA Energy dont le président ZENIBER Mounir, actionnaire de GAIA Energy – Bureau de liaison -Algérie.»

«A cet effet, nous vous demandons de bien vouloir nous faire part, dans les plus brefs délais possibles, de tout contact où échange effectué par vos structures respectives avec la société Gaia Energy et/ou ses représentants et de proscrire à l’avenir toute relation de quelque nature qu’elle soit avec celle-ci»

«Il importe de vous informer que le délai de réponse qui nous est accordé, est fixé au plus tard le 29/03/2022» a-t-il conclu.

Ces directives ont été adressées aux responsables suivants :

  • Directeur de la Division Production, Taleb Saadi Messaoud,
  • Directeur de l’exploitation, Mourad Beldjehem,
  • Directeur de la division exploration, Badji Rabie,
  • Directeur de Division Promotion et Valorisation du Domaine Minier Hydrocarbures, Djidjeli Mahmoud,
  • Directeur des Opérations d’Exploration, Farid Belhamèche,
  • Directeur de la Division laboratoires/Activité Exploration et Production, Djamel Zeriri,
  • Directeur Finances, Mohamed Terra,
  • Chef Département Sécurité Industrielle, Ghrenoug Faouzi.

Il faut dire que l’annonce en grande pompe de l’opération de rapprochement entre les deux sociétés a eu un échos mondial. Il s’agit du plus gros investissement privé israélien au Maroc depuis la signature de l’accord tripartite entre les deux pays et les États-unis. Pas moins de 13 milliards de dirhams sont ainsi injectés dans GAIA Energy pour financer quatre projets liés aux énergies renouvelables notamment en matière d’autoproduction, d’agrivoltaïsme, d’hydrogène vert et d’export d’électricité verte en Afrique.

https://twitter.com/EyalDavid_mfa/status/1496912778552090624
https://twitter.com/kh_lorena/status/1495830507309142017

La réaction du régime algérien quand à la nationalité du nouvel associé de GAIA Energy n’a absolument rien avoir avec la cause palestinienne. Ce sont les appétits énergétiques d’Israël qui l’inquiètent sérieusement.

En 2018, Tel-Aviv a signé deux accords stratégiques et historiques autour du gaz de la Méditerranée orientale. Le premier avec Le Caire pour l’exportation du gaz israélien vers l’Égypte pendant plus de dix ans. Le deuxième avec Chypre, pour l’installation d’un câble sous-marin, permettant l’acheminement de gaz depuis Aphrodite jusqu’aux usines égyptiennes, avant d’être réexpédié vers l’Europe.

Ce qui fait d’Israël la première puissance régionale contrôlant le gaz de la Méditerranée orientale à destination de l’Europe, l’Égypte un véritable hub énergétique et le Maroc leader africain des énergies renouvelables.

Déclaration de Moundir Zniber Président de GAIA Energy sur son activité en Algérie – COP22 Marrakech 2016

Les employés de la Sonatrach endoctrinés par la propagande anti-Maroc du régime algérien

Les leaks de la messagerie électronique de la société pétrolière algérienne la Sonatrach, dont la source serait d’origine interne, révèlent également la culture de la haine installée par le régime militaire de Saïd Chengriha même au sein des entreprises publiques.

Dans un email envoyé par le Chef du Département Informatique et Telecom de TouatGaz, un groupement réunissant la Sonatrach et le britannique Neptune Energy exploitant l’usine de traitement de gaz naturel de Touat, nous avons découverts avec stupéfactions l’utilisation du mot Makhzen pour qualifier le Maroc dans un échange à caractère professionnel.

La fuite révèle en plus que la Sonatrach bloque tout accès à ses systèmes depuis les adresse IP marocaines.

«M’hamed (..) n’arrive pas à se connecter à Direct Access. Il se trouve en ce moment au Maroc. Les restrictions des adresses IP du Makhzen sont toujours en place ?(…)», peut-on lire dans cet échange entre responsables des Systèmes d’information d’un acteur économique affilié à une multinationale britannique.

MBS : l’Arabie Saoudite pourrait réduire ses investissements aux États-unis

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Dans une interview accordée au magazine américain The Atlantic, le prince héritier saoudien a menacé de réduire l’investissement de son pays aux États-unis et le renforcer en Chine. Dans cet entretien MBS s’est défendu sur l’affaire Khashoggi, a défendu sa vision 2030 et la solidité de son économie, a critiqué la politique de l’administration Biden concernas son pays, a qualifié Israël d’«allié potentiel» et l’Iran de «voisin» avec lequel il devrait cohabité tout revendiquant la légitimité de son régime basé sur la «monarchie absolue».

L’Arabie saoudite a la possibilité de réduire ses investissements aux États-Unis, a déclaré jeudi le prince héritier Mohammed Bin Salman, dans une longue interview paru ce jeudi 3 mars sur le magasin amarina The Atlantic.

Les propos de MBS ont également été rapportés par l’agence de presse officielle saoudienne SPA.

«De la même manière que nous avons la possibilité de renforcer nos intérêts, nous avons la possibilité de les réduire», a-t-il déclaré, en parlant des investissements saoudiens aux États-Unis qui, selon SPA, s’élèvent à 800 milliards de dollars.

Interrogé sur le fait Biden se méprenait sur un aspect de sa personne, MBS a répondu : «Tout simplement, cela m’est égal». S’aliéner la monarchie saoudienne, a-t-il suggéré, nuirait à la position de Biden. «C’est à lui de penser aux intérêts de l’Amérique». Puis il a haussé les épaules.

Mohamed Bin Salmane a également souligné que les investissements saoudiens en Chine ne dépassaient pas les 100 milliards de dollars. Toutefois ils se développent très rapidement.

«L’Arabie saoudite évolue au sein du G20 et notre ambition est de franchir la barre des 15 d’ici 2030» a-t-il affirmé.

L’Arabie saoudite fait partie des pays dont la croissance est la plus rapide au monde et notre économie connaîtra une croissance de 7 % l’année prochaine, a soutenu le prince héritier saoudien. «Nous disposons de deux des dix plus importants fonds du monde et d’un emplacement stratégique par lequel transite 27 % du commerce mondial» poursuit-il.

MBS a soutenu également sa vision 2030 dont les principaux axes sont le développement de la ville de Neom et la transformation culturelle de la société.

«Il y a ceux qui veulent faire échouer la Vision 2030… et nous leur adressons le message suivant : Notre projet n’échouera jamais.» a-t-il fermement déclaré.

Neom compte attirer des milliards de dollars d’investissements et des millions de résidents, saoudiens et étrangers, d’ici 10 à 20 ans, a confié MBS à Atlantic. «Dubaï s’est développé à un rythme similaire dans les années 1990 et 2000» a-t-il souligné.

A propos de la concurrence avec Dubaï Mohamed Bin Salmane a tenu à préciser que Neom n’est «pas une copie de quoi que ce soit d’autre», pas une photocopie de Dubaï. Mais il a plus en commun avec le grand courant mondialisé qu’avec n’importe quoi dans l’histoire d’un pays qui, jusqu’à récemment, a remarquablement réussi à protéger sa culture traditionnelle des flatteries de la modernité.

L’Arabie saoudite est basée sur une «monarchie absolue»

MBS a rejeté la suggestion du journaliste de «The Atlantic» selon laquelle ce système de gouvernance était dépassé et pourrait être remplacé par une monarchie constitutionnelle – où les citoyens ont des droits affranchis qui ne sont pas accordés par un monarque ou un demi-monarque. «Non», a-t-il répondu. «L’Arabie saoudite est fondée sur la monarchie absolue» et lui, en tant que prince héritier, préserverait le système. S’en retirer reviendrait à trahir toutes les monarchies et tous les Saoudiens qui lui sont assujettis. «Je ne peux pas organiser un coup d’État contre 14 millions de citoyens» a-t-il dit.

Israël un «allié potentiel» et pas un mot sur les Accords d’Abraham

Dans son interview avec The Atlantic MBS a fait passer subtilement la nature de ses relations avec Israël. Une première fois en critiquant l’attitude des États-unis envers sa politique et la seconde défendant son projet Neom.

«L’Amérique doit maintenant décider si cette vision vaut la peine d’être encouragée. Il y a vingt ans, si vous m’aviez dit qu’en 2022, le futur roi d’Arabie saoudite entretiendrait des relations avec Israël, traiterait les femmes comme des membres à part entière de la société, punirait la corruption, même dans sa propre famille, endiguerait le flux de djihadistes, diversifierait et libéraliserait son économie et sa société, et encouragerait le monde à voir son pays et son pays à voir le monde – que le wahhabisme soit maudit – je vous aurais répondu que votre machine à remonter le temps fonctionnait mal et que vous aviez visité 2052 au plus tôt. Maintenant que MBS est au pouvoir, toutes ces choses se produisent. Mais l’effet n’est pas aussi agréable que je l’avais espéré.» a-t-il martelé.

«Même l’emplacement de Neom est suggestif» écrit The Atlantic. Il est loin de l’endroit où vivent réellement les Saoudiens. Au lieu de cela, il est blotti dans un coin pratiquement vide, comme s’il cherchait sa subsistance et son inspiration en Jordanie et en Israël.

Conditions de l’interview

«Lors de nos rencontres, le prince héritier était charmant, chaleureux, informel et intelligent» écrit Graeme Wood, le journaliste qui a conduit les interview du prince héritier saoudien. «Mais même lorsqu’elle est la plus affable, la monarchie absolue ne peut échapper à la bizarrerie» poursuit-il.

Le journaliste raconte le périple de sa première rencontre : «Pour notre première rencontre, MBS nous a convoqués dans un palais isolé au bord de la mer Rouge, le bunker COVID de sa famille. Les protocoles étaient multiples : une succession de tests PCR par des infirmières des cliniques royales ; un jet Gulfstream au milieu de la nuit en provenance de Riyad ; un convoi à partir d’une piste d’atterrissage déserte ; une remise d’appareils électroniques ; une escale dans une mystérieuse maison d’hôtes visible sur les photos satellite mais non indiquée sur Google Maps. Il nous a invités dans son palais vers 1 h 30 du matin, et nous avons parlé pendant près de deux heures».

Pour la deuxième rencontre, dans son palais de Riyad, écrit Graeme Wood, on nous a demandé d’être prêts pour 10 heures. Les salles étaient en effervescence. Le prince héritier venait de rentrer après près de deux ans de travail à distance, et les assistants et les ministres arpentaient les tapis rouges à la recherche d’une rencontre, le première depuis des mois, avec le patron.

«Des paquets et des documents négligés s’étaient empilés sur les bureaux et les tables de son bureau, qui était vaste mais pas très luxueux. La concession la plus évidente au bon goût était un télescope démodé sur un trépied, dont l’altitude était suffisamment basse pour qu’il semble pointer non pas vers le ciel mais vers Riyad, la métropole désertique tentaculaire et inesthétique d’où la famille Saoud a régné pendant la majeure partie des trois derniers siècles», décrit-il.

«Au début des deux conversations, MBS s’est dit attristé que la pandémie l’empêche de nous embrasser» rapporte le journaliste. Il s’est excusé du fait que nous devions tous porter des masques. (Chaque réunion a été suivie par de multiples princes, principalement silencieux, portant des robes blanches et des masques identiques, ce qui nous laisse incertains, à ce jour, de savoir qui était exactement présent). Le prince héritier a laissé sa tunique déboutonnée au col, dans un style décontracté désormais privilégié par les jeunes hommes saoudiens, et il a donné des réponses détendues, non psychopathes, aux questions sur ses habitudes personnelles. Il essaie de limiter son utilisation de Twitter. Il prend son petit-déjeuner tous les jours avec ses enfants. Pour le plaisir, il regarde la télévision, en évitant les émissions, comme House of Cards, qui lui rappellent le travail. Au lieu de cela, a-t-il dit sans ironie apparente, il préfère regarder des séries qui l’aident à échapper à la réalité de son travail, comme Game of Thrones.

Avant les réunions, le journaliste de The Atlantic a demandé à l’un des conseillers de MBS s’il y avait des questions qu’il pouvait poser à son patron et que lui-même ne pouvait pas poser. «Aucune», a-t-il répondu, sans faire de pause – «et c’est ce qui le rend différent de tous les princes héritiers qui l’ont précédé». «On m’a dit qu’il tirait son énergie du fait d’être mis au défi» a écrit Graeme Wood, visiblement très impressionné.

Les États-Unis en colère devant la mollesse d’Israël face à la Russie au Conseil de Sécurité

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Peu après que la Russie eut opposé son veto à la résolution condamnant l’invasion de l’Ukraine, ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Linda Thomas-Greenfield a envoyé un message au Représentant permanent d’Israël auprès des Nations Unies, Gilad Erdan indiquant que l’administration Biden« était déçue de la conduite d’Israël». L’information a été rapportée par le site d’information israélien Walla! citant de hauts responsables israéliens. Cet incident vient contredire l’affirmation du premier ministre Bennett et son chef de la diplomatie Lapid selon laquelle les États-Unis comprenaient la position d’Israël face au conflit ukrainien.

L’ambassadrice américaine aux Nations Unies, Linda Thomas-Greenfield, a protesté auprès de son homologie israélien Gilad Erdan au sujet du refus d’Israël de soutenir la résolution que les États-Unis ont conduit au vote au Conseil de sécurité de l’ONU vendredi soir condamnant l’invasion russe de l’Ukraine.

Ce sont des hauts responsables israéliens qui ont ont révélé cette information au au journaliste israélien Barak Ravid du site d’information Walla!. La même source rappelle que la semaine dernière, le bureau du Premier ministre et le ministère des Affaires étrangères israéliens ont déclaré que les États-Unis comprenaient la position de l’Etat hébreu et n’avaient pas fait pression sur le gouvernement pour adopter quelconque position sur l’invasion russe de l’Ukraine. Mais les révélation de ce dimanche soir prouvent tout le contraire. Il s’avère donc que dans les coulisses, il y avait bel et bien une pression américaine et un mécontentement de la part du gouvernement Biden envers la conduite israélienne.

Israël a annoncé son soutien à l’Ukraine «sans évoquer la Russie»

Le ministère des Affaires étrangères avait déclaré dans un communiqué officiel pour la première fois depuis l’invasion russe de l’est de l’Ukraine, le 23 février dernier, «qu’Israël partageait l’inquiétude internationale concernant les mesures prises dans l’est de l’Ukraine». Et d’ajouter «qu’Israël soutenait l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Ukraine, et est prêt à transférer une aide humanitaire immédiate à l’Ukraine».

Le mot Russie n’a pas été mentionné dans la déclaration du ministère des Affaires étrangères.

Israël refuse d’exprimer son soutien à la condamnation de l’invasion russe de l’ONU

Israël a refusé de soutenir une résolution du Conseil de sécurité des États-Unis appelant la condamnation l’invasion de l’Ukraine par la Russie à envahir la Russie.

Israël a refusé d’exprimer son soutien à la résolution du Conseil de sécurité des États-Unis visant à condamner l’invasion de l’Ukraine par la Russie, malgré la demande du président Joe Biden.

Malgré qu’Israël n’est pas membre du Conseil de sécurité des Nations unies, les États-Unis l’ont approché, ainsi que des dizaines d’autres pays, pour leur demander de se joindre à la résolution en qualité de «demoiselles d’honneur», c’est-à-dire de l’a signer et d’exprimer publiquement leur soutien sans voter.

«Israël a traîné les pieds et n’a donné aucune réponse claire aux Américains jusqu’à vendredi minuit, lorsque la réunion du Conseil de sécurité a commencé» a écrit Walla!

Contrairement à Israël, plus de 80 pays qui ne sont pas membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont exprimé leur soutien à la résolution américaine. Lors du vote, 11 membres du Conseil de sécurité ont voté en faveur de la condamnation de la Russie. Trois pays – la Chine, l’Inde et les Émirats arabes unis – se sont abstenus. La décision.

La semaine prochaine, l’Assemblée générale des Nations unies devrait se prononcer sur une décision de condamnation similaire. La Russie n’ayant pas de droit de veto à l’Assemblée générale des Nations unies, la proposition de condamnation devrait être adoptée à une large majorité. On estime qu’Israël n’aura pas d’autre choix que de voter en faveur de la décision lorsqu’elle sera soumise au vote de l’Assemblée générale des Nations unies.

«Notre vote n’aurait servi et nous avons un ensemble de contraintes»

Un responsable du ministère des Affaires étrangères a déclaré à Walla ! « Israël a décidé de ne pas rejoindre la liste des pays votant la décision du Conseil de sécurité. Israël n’est pas membre du Conseil de sécurité et c’est une décision qui ne passera de toute façon pas en raison du veto russe. La position d’Israël sur le conflit en Ukraine est claire et sera reflétée dans l’arène de l’ONU».
«Nous avons clairement fait savoir aux Alliés que nous nous opposons à la démarche russe telle qu’elle est exprimée dans les déclarations du ministre des Affaires étrangères et nous avons un ensemble de contraintes dont ils sont parfaitement conscients», a-t-il conclut.

INSS : Comment la Chine espionne les États-Unis et Israël

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En juillet 2021, le groupe de réflexion américain CSIS a publié un rapport détaillant les activités d’espionnage menées par les services de renseignement chinois aux États-Unis, visant des cibles dans les secteurs du gouvernement, de la défense et du civil. Les efforts d’espionnage comprenaient l’utilisation extensive d’organismes gouvernementaux, de partis politiques, d’entreprises et d’universités chinoises. Il est fort probable que les efforts d’espionnage de la Chine soient également en cours en Israël, que la Chine considère comme une puissance technologique de premier plan. Les capacités avancées d’Israël, notamment en matière de technologie d’élite, de cybernétique, de médecine et d’agriculture, peuvent contribuer à presque tous les aspects des plans de développement de la Chine. Par conséquent, il est impératif de se tenir au courant des modèles d’activité de renseignement de la Chine et de réduire le niveau d’exposition des cibles en Israël à ces efforts.

Source : INSS

Le 14e plan quinquennal de la Chine pour les années 2021-2025 décrit ses principaux objectifs stratégiques et vise l’indépendance technologique et économique, tout en réduisant sa dépendance vis-à-vis des pays du monde. Le plan Made in China 2025 définit des objectifs pour lancer la Chine vers son accession au rang de grande puissance technologique et économique, et définit dix secteurs dans lesquels elle doit devenir un leader mondial, notamment : 

  1. les technologies de l’information,
  2. les réseaux 5G,
  3. les véhicules électriques,
  4. les «nouveaux matériaux»,
  5. l’énergie verte,
  6. la robotique,
  7. les équipements médicaux et agricoles,
  8. l’aviation.

Différents rapports provenant des États-Unis et de nombreux autres pays révèlent qu’en plus d’actions et mesures manifestes, la Chine emploie des outils secrets et dissimulés pour la collecte d’informations, et combine des partenariats civils avec diverses activités de renseignement et d’espionnage menées par ses agences de renseignement. L’effort national chinois d’espionnage et de collecte d’informations comprend l’utilisation extensive d’organismes gouvernementaux, de partis, d’entreprises et d’universités ainsi que de particuliers. Il s’agit d’un effort systématique et à long terme au service des objectifs stratégiques de la Chine, qui visent à atteindre une supériorité technologique, à renforcer sa puissance militaire et à créer une dépendance et une influence parmi les pays et les élites étrangers. Les modi operandi de la Chine – au Royaume-Uni, en Allemagne, en Australie et ailleurs – sont similaires, avec les adaptations nécessaires aux conditions locales de chaque pays. Ces observations ont également des implications pour Israël.

L’espionnage chinois aux États-Unis

En juillet 2021, le Center for Strategic and International Studies (CSIS) a publié un rapport sur les modes opératoires et les méthodes d’espionnage des services de renseignement chinois aux États-Unis. Le rapport du think tank américain fait référence à quelque 160 incidents d’espionnage survenus entre 2000 et 2021, dont les détails ont été rendus publics. Le rapport ne tient pas compte d’autres incidents d’espionnage contre des cibles et des objectifs américains dans des territoires étrangers, ni des 1 200 incidents présumés de vol de propriété intellectuelle aux États-Unis. Le rapport souligne une augmentation significative des activités d’espionnage aux États-Unis à partir de 2010, avec 76 % des incidents documentés au cours de la décennie suivante et seulement environ un quart au cours de la décennie précédente (figure 1). Cette tendance fait suite à la nomination de Xi Jinping au poste de secrétaire général du Parti communiste chinois, en 2013, date à laquelle 84 incidents ont été documentés.

Figure 1. Activités d’espionnage chinoises aux États-Unis depuis 2000 | Source : CSIS

Les cibles et les méthodes d’espionnage étaient diverses. La plupart des activités visaient des institutions gouvernementales, notamment la Maison Blanche, des organismes gouvernementaux (Département d’État, Département du commerce, Département de la défense, Sécurité intérieure, Département de l’énergie et Département du travail), des branches militaires, des agences de renseignement (CIA, FBI, DIA) et la National Aeronautics and Space Administration (NASA), ainsi que des industries de défense de premier plan (Lockheed Martin, Boeing et Raytheon). Parmi les activités d’espionnage, 34% visaient à obtenir des technologies militaires, 51% visaient à obtenir des technologies à usage civil et les 15% restants visaient à obtenir des informations sur les agences gouvernementales et les politiciens (Figure 2).

Figure 2. Cibles des activités d’espionnage documentées aux États-Unis

Parmi les cibles civiles (figure 3), le rapport cite les secteurs de la haute technologie, de l’énergie, de l’industrie automobile et de la peinture, les universités et les instituts de recherche, l’aviation, la santé, les communications, la presse et, enfin, les personnalités politiques (candidats à la présidence et au Sénat des États-Unis et autres politiciens).

Figure 3. Espionnage chinois dans le secteur civil

Le rapport montre que les services de renseignement chinois ont adopté diverses méthodes d’opération pour atteindre leurs objectifs aux États-Unis. Un effort notable a été fait pour recruter et utiliser des personnalités du gouvernement, de l’industrie et du monde universitaire pour recueillir et obtenir des informations. Certaines des personnes impliquées étaient conscientes dès le premier contact de l’activité d’espionnage et de ses implications, tandis que d’autres ont été recrutées par la ruse et la tromperie, et ont été progressivement « racolés ». Les services de renseignements chinois ont exploité les possibilités de coopération dans le secteur commercial et civil pour créer des entreprises et des sociétés détenues conjointement par des Américains et des Chinois dans le but d’avoir accès à des connaissances et à une influence précieuses. Une autre méthode principale consistait à attaquer des cibles dans le cyberespace et à obtenir l’accès à des réseaux informatiques, des bases de données, des plans de développement et d’approvisionnement et des projets classifiés. La plupart des personnes accusées dans les affaires d’espionnage étudiées dans le rapport étaient des citoyens chinois (74 %), dont 42 % étaient des fonctionnaires ou servaient dans l’armée, et 32 % n’avaient aucune affiliation organisationnelle avec le gouvernement ou l’armée. Vingt-six pour cent (26 %) des personnes accusées d’espionnage et d’avoir aidé la Chine étaient des citoyens américains (figure 4).

Figure 4. Les auteurs des activités d’espionnage aux États-Unis

 Espionnage chinois en Israël ?

Israël est considéré par la Chine comme une puissance technologique de premier plan. Les capacités avancées d’Israël dans les technologies d’élite, la cybernétique, la médecine, l’agriculture et plus encore ont le potentiel de contribuer technologiquement à presque tous les aspects des plans de renforcement de la Chine. Ainsi, Israël est une source attrayante de technologies dont la Chine a besoin, comme l’exprime explicitement le partenariat global pour l’innovation signé entre les deux pays en 2017. Par conséquent, parallèlement à l’activité manifeste et convenue, il est probable que les agences de renseignement de la Chine travaillent en Israël pour atteindre ses objectifs en matière d’espionnage, ainsi que dans d’autres pays de valeur pour elle. Comme aux États-Unis, on ne peut exclure que des ministères, des industries de défense et des entreprises civiles d’Israël aient été attaqués au service des objectifs de la Chine en matière de renseignement. Il est également probable que le système complexe de relations entre Israël et son allié, les États-Unis, constitue un important centre d’intérêt aux yeux des services de renseignement chinois.

L’establishment de la sécurité et l’Armée de défense d’Israël (Tsahal) sont probablement une cible de ces efforts de renseignement chinois, à la fois en eux-mêmes et compte tenu de leurs liens profonds avec leurs homologues aux États-Unis. 

Les objets de ces efforts comprendraient les principaux systèmes d’armes en Israël qui sont développés en coopération avec les États-Unis ou produits par eux, certaines des industries israéliennes ayant des filiales aux États-Unis, tandis que d’autres produisent des composants qui sont intégrés dans les systèmes d’armes américains. Il est probable que la technologie militaire israélienne avancée destinée à l’exportation soit également la cible des activités de renseignement chinoises, y compris sur le territoire des pays qui l’ont acquise.

Comme dans d’autres pays avancés, il est probable qu’en Israël aussi, le milieu universitaire soit une cible attrayante pour les services de renseignement chinois, en raison des nombreux partenariats de ce secteur avec l’establishment de la sécurité, ainsi qu’avec des institutions en Chine, y compris des recherches conjointes et des échanges de chercheurs. L’accès aux réseaux d’information universitaires, aux études, aux chercheurs de premier plan et aux titulaires de postes, et en particulier à ceux qui sont impliqués dans la recherche et le développement de la défense, est relativement simple. Selon les méthodes de collecte de renseignements documentées aux États-Unis, Israël est assez exposé aux cyberattaques qui visent à voler des connaissances. Cela est dû à l’utilisation intensive d’ordinateurs et d’informations numériques, à l’infrastructure de communication bien établie en Israël, ainsi qu’à la facilité relative d’accès à distance, avec peu de risques pour les attaquants. Cependant, l’espionnage basé sur les citoyens chinois est vraisemblablement moins courant en Israël qu’aux États-Unis, avec sa grande population de citoyens chinois (étudiants, enseignants et travailleurs), ainsi qu’une grande population d’Américains d’origine chinoise, qui est une cible des efforts de la Chine.

Au fil des ans, Israël s’est officiellement abstenu d’accuser la Chine ou d’autres puissances étrangères d’espionnage sur son territoire. Les informations publiques sur les activités de renseignement de la Chine en Israël proviennent principalement de publications de sources commerciales et étrangères. En août, la société internationale de cybernétique FireEye a révélé que des dizaines d’organismes privés et gouvernementaux israéliens de divers secteurs ont fait l’objet d’une cyberattaque coordonnée par un groupe d’attaque, dont l’origine se trouve probablement en Chine. L’objectif de ces attaques était l’espionnage technologique, commercial et industriel. La société a noté dans son annonce que l’incident a fait l’objet d’une enquête en coopération avec les autorités en Israël, bien que les sources officielles israéliennes n’aient pas fait état de l’incident et de ses ramifications.

Le rapport du CSIS ne traite pas directement des investissements étrangers, mais ceux-ci pourraient également servir de plate-forme pour l’acquisition de technologies et pour l’espionnage en participant à la mise en place et surtout à l’exploitation de projets d’infrastructures avancées en réseau. Le Conseil consultatif pour l’évaluation des aspects de sécurité nationale des investissements étrangers, qui a été créé en vertu d’une décision du cabinet politico-sécuritaire en octobre 2019, vise également à répondre à une telle menace de renseignement, mais ses pouvoirs sont limités aux domaines qui sont soumis à la réglementation, et il n’est pas autorisé à examiner les conséquences de sécurité des investissements étrangers dans le secteur privé. 

Conclusion et recommandations

La Chine n’est pas un ennemi de l’État d’Israël, et les relations économiques bilatérales présentent des avantages importants. Cependant, la Chine s’efforce ouvertement de devenir une puissance mondiale de premier plan, et elle déploie des efforts considérables pour obtenir les technologies dont elle a besoin par des méthodes dont la légitimité varie. Les méthodes d’opération et les capacités de renseignement et d’espionnage de la Chine, telles qu’elles sont documentées à l’étranger, constituent également un défi important pour Israël, en tant que cible attrayante et source de technologies avancées.

Il y a peu d’indications publiques réelles d’espionnage chinois en Israël, mais il est probable que la communauté du renseignement en Israël voit une image plus large et plus profonde.

L’hypothèse de travail devrait être que les efforts déployés par la Chine en Israël pour faire avancer ses objectifs économiques et technologiques ressemblent à ceux qu’elle emploie dans d’autres pays avancés, et qu’ils sont menés selon des modes opératoires similaires, avec des adaptations locales. En tenant compte des leçons tirées de l’expérience d’autres pays, il est possible d’estimer le défi qui se pose à Israël, son niveau d’exposition et la réponse nécessaire.

La menace que le renseignement fait peser sur le système militaro-industriel, en mettant l’accent sur ses relations avec les États-Unis, est particulièrement importante et exige d’être protégée et d’assurer le plus haut niveau de réponse existant, tout en coopérant et en coordonnant étroitement avec les agences de sécurité des États-Unis. En outre, il est important d’accroître la résilience des systèmes gouvernementaux, industriels, civils et universitaires face aux activités de renseignement étranger, qui entraînent des risques stratégiques et militaires et la perte de capital intellectuel et de technologie, ainsi que des dommages commerciaux et économiques.

Une première étape essentielle pour faire face à ce défi est d’accroître la sensibilisation au risque et à ses implications. Israël serait bien avisé d’observer et d’apprendre de l’expérience des autres pays du monde en ce qui concerne les mesures et les méthodes de renseignement employées par la Chine pour atteindre ses objectifs, ainsi que les moyens de réagir pour réduire leurs dommages. Ce n’est que par une gestion responsable et professionnelle des risques qu’Israël pourra continuer à entretenir des relations productives et sûres avec la Chine et renforcer ses relations stratégiques avec les États-Unis.

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** Nir Ben Moshe est chercheur invité dans le programme Israël-Chine de l’Institut d’études de sécurité nationale (INSS), et ancien directeur de la sécurité de l’établissement de défense du ministère israélien de la défense.

*** INSS, Institut d’études de sécurité nationale, est un organisme indépendant israélien spécialisé dans les domaines de la sécurité nationale des questions telles que militaires et les affaires stratégiques, le terrorisme et les conflits de faible intensité , l’équilibre militaire dans la Moyen-Orient et cyberguerre. 

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