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Kenya

Suite au message du Roi Mohammed VI, le Kenya décide de révoquer la reconnaissance du Polisario et d’entamer les étapes pour la fermeture de sa représentation à Nairobi

Suite au message du Roi Mohammed VI au nouveau président de la République du Kenya, William Ruto, la République du Kenya a décidé de révoquer la reconnaissance de la pseudo “RASD” et d’entamer les étapes pour la fermeture de sa représentation à Nairobi.

MAP

Un communiqué conjoint, dont des passages ont été rendus public par le site web du Palais d’Etat de la République du Kenya (State House), à la suite de la remise, ce mercredi, d’un message de Roi Mohammed VI au chef de l’Etat kényan, indique que «la République du Kenya a décidé de révoquer sa reconnaissance de la pseudo «RASD» et d’entamer les étapes pour la fermeture de sa représentation dans le pays.»

«Par respect du principe d’intégrité territoriale et de non-ingérence, le Kenya apporte son soutien total au plan d’autonomie sérieux et crédible proposé par le Royaume du Maroc, en tant que solution unique basée sur l’intégrité territoriale du Maroc, pour résoudre ce différend», souligne le communiqué conjoint.

«Le Kenya soutient le cadre des Nations Unies en tant que mécanisme exclusif pour parvenir à une solution politique durable et permanente au différend sur la question du Sahara», ajoute la même source.

Dans son message, le Roi Mohammed VI félicite William Samoei Ruto pour son élection en tant que 5ème président de la République du Kenya et salue l’achèvement réussi des élections démocratiques dans le pays en août 2022, soulignant que ces échéances consolident la position du Kenya en tant que pays phare en matière de démocratie au niveau du continent.

Le Souverain salue en outre la promesse du président kényan de renforcer et d’approfondir les relations bilatérales actuelles entre son pays et divers États d’Afrique et d’ailleurs.

Pour sa part, William Ruto a exprimé sa volonté et son engagement à travailler avec le souverain pour le renforcement des relations entre les deux pays, saluant le leadership du Roi Mohammed VI dans la promotion de politiques de tolérance et d’accommodement au niveau de la région du Maghreb, ainsi que Sa contribution à la paix et à la sécurité mondiales.

Les deux pays se sont engagés à hisser leurs relations diplomatiques bilatérales au niveau de partenariat stratégique dans les 6 prochains mois, souligne le communiqué, ajoutant que la République du Kenya s’est engagée à ouvrir son Ambassade à Rabat.

De même, il a été convenu d’accélérer immédiatement les relations économiques, commerciales et sociales entre les deux pays, notamment dans les domaines de la pêche et de l’agriculture et la sécurité alimentaire (importation d’engrais).

Il s’agit également des domaines de la santé, du tourisme, des énergies renouvelables, de la collaboration en matière de sécurité, ainsi que des échanges culturels, religieux et interpersonnels.

Le message Royal a été remis par une délégation conduite par le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, M. Nasser Bourita.

Forbes : Protestations contre l’inflation au Sri Lanka, en Albanie, en Argentine, au Panama, au Kenya, au Ghana – Combien de temps avant qu’elles ne touchent les États-Unis ?

Forbes a publié, ce lundi 11 juillet, un article alarmant sur le mouvement massif de protestation populaires qui ont émergé ces derniers jours sur presque tous les continents du globe. La baisse du pouvoir d’achat est arrivé à un point où les ménages n’arrivent plus à suivre la hausse brutale des prix de l’énergie et des denrées alimentaires. Le journal s’interroge sur le temps qui reste aux États-unis avant d’être gagné par le même phénomène.

Le Sri Lanka n’est pas le seul pays où les budgets des ménages sont tendus jusqu’au point de rupture. Dans de nombreux pays, l’inflation élevée a augmenté le coût de la vie, et les protestations éclatent à un rythme rapide.

Sri Lanka

Au Sri Lanka, l’inflation a atteint 54,6 % en juin, tandis que la banque centrale a relevé ses taux d’intérêt à 15,5 %. Cela signifie que les travailleurs sri-lankais perdent leurs économies à la seconde, tandis que les remboursements de dettes ont augmenté, mettant à mal le budget des ménages. Le gouvernement n’a pas honoré sa dette extérieure et le FMI a exigé qu’il augmente les impôts et combatte la corruption comme condition pour recevoir un prêt de sauvetage.

Albanie

Des milliers d’Albanais ont défilé à Tirana la semaine dernière, exigeant la démission du gouvernement en raison de la corruption présumée et d’une augmentation massive des prix à la consommation. La banque centrale albanaise a annoncé une augmentation de 1,25 % des taux d’intérêt, alors que l’inflation officielle de juin était de 6,7 %.

Argentine

Des milliers d’Argentins ont défilé à Buenos Aires la semaine dernière pour protester contre la hausse du coût de la vie. Avec des taux d’intérêt directeurs de 52 % et une inflation de 60,7 % en mai, les manifestants ont exhorté le gouvernement à démissionner tout en rejetant les prêts du FMI qui s’accompagnent de conditions toujours plus dures pour les citoyens.

Panama

Les manifestations contre le gouvernement du Panama ont commencé le 1er juillet, exigeant du gouvernement de résoudre le problème du coût élevé de la vie dans le pays. Les manifestants réclament une hausse des salaires, une baisse des prix des produits de base et la suppression des goulets d’étranglement dans la chaîne d’approvisionnement. Alors que l’inflation reste faible dans ce pays fortement monétaire, les problèmes de la chaîne d’approvisionnement mondiale ont eu un impact sur les recettes du canal de Panama, réduisant les recettes et les projections du gouvernement.

Kenya

Le coût des denrées alimentaires de base est monté en flèche au Kenya et des centaines de manifestants ont défilé samedi à Nairobi, exhortant le gouvernement à réduire les prix des denrées alimentaires. Les manifestants ont affirmé que le coût élevé de la vie était dû aux emprunts excessifs de l’État et à la corruption endémique. Le taux d’inflation officiel du Kenya est de 7,91 %, tandis que les taux d’intérêt sont de 7,50 %.

Ghana

Les Ghanéens sont descendus dans la rue en juin pour protester contre le coût élevé de la vie. Le gouvernement a pu négocier un renflouement par le FMI après que l’inflation ait atteint 27,6 % et que l’augmentation des taux d’intérêt à 19 % n’ait pas semblé fonctionner. L’économie ghanéenne a flirté avec une crise de la dette en raison d’emprunts excessifs.

Vinci décroche au Kenya son premier partenariat public-privé en Afrique

Le groupe Vinci a annoncé jeudi avoir signé un accord avec le Kenya pour la construction d’une autoroute, précisant qu’il s’agit du premier partenariat public-privé (PPP) conclu par Vinci Concessions en Afrique.

Reuters

Le projet chiffré à environ 1,3 milliard d’euros sur 30 ans consiste à transformer une route existante en une autoroute à 2×2 voies sur 175 kilomètres entre Nairobi et les villes de Nakuru et Mau Summit, à travers la vallée du Rift, avec exploitation et maintenance de la nouvelle autoroute pendant 30 ans.

L’accord a été signé mercredi à Paris en présence d’Emmanuel Macron et de son homologue kényan Uhuru Kenyatta.

Les travaux de construction sont prévus pour durer 42 mois. Le closing financier du projet devrait intervenir d’ici fin 2021, précise Vinci dans un communiqué.

Plusieurs milliards de dollars investis dans les Énergies renouvelables, partis en fumée. Une bérézina planétaire

Le plus prestigieux des hebdomadaires allemands, Der Spiegel, a consacré la couverture de son premier numéro du mois de mai à l’échec du plus grand projet planétaire de transition énergétique, Energiewende. On y apprend que malgré que l’Allemagne ait dépensé, depuis 2010, plus de 240 milliards de dollars en énergies renouvelables, ses émissions de gaz à effet de serre sont restées au même niveau… qu’en 2009. En fait le grand gagnant de cette mobilisation mondiale de la transition énergétique s’est avéré être le GNL, Gaz Naturel liquéfié, ainsi que l’armada des méthaniers américains qui irriguent depuis 5 ans, en toute discrétion, toute la planète en Gaz de schiste. Le monde a changé depuis le célèbre documentaire d’Al Gore «Une vérité qui dérange» diffusé en 2006. Les climatosceptiques logent à la Maison Blanche, les mines de charbon reprennent leurs activités de plus belle, les découvertes des gisements de pétroles et de gaz n’ont jamais été aussi nombreuses et d’aucuns n’envisagent d’arrêter le nucléaire. La transition vers les énergies renouvelables est vouée à l’échec car les industriels modernes ne veulent tout simplement pas pas retourner à la vie prémoderne.

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Kenya : L’OCP lavé de tout soupçon

Le bras de fer entre les autorités kenyanes et l’OCP est fini. Un accord a été trouvé entre les parties. L’office sort blanchi des accusations calomnieuses portées contre lui. En juin dernier, l’OCP avait été accusée par certaines parties au Kenya d’exporter des engrais non-conformes à la réglementation locale. Aujourd’hui, il est lavé de tout soupçon.

Le 9 mai dernier, Noordin Haji, Procureur général Kenyan a classé l’affaire contre la société marocaine d’engrais OCP (K) et quatre de ses responsables. Selon le journal kenyan, le Daily Nation, le directeur des poursuites pénales kényan a également ordonné la libération inconditionnelle du chargement d’engrais qui a été consigné dans un entrepôt appartenant au groupe Bolloré, dans le port de Mombasa à l’est du pays. Selon le directeur adjoint du parquet Alexander Muteti, cette décision survient après la conclusion d’un accord de négociation de plaidoyer. Rappelons que si les premières analyses menées par les autorités kenyanes s’étaient révélées non conformes, la justice a ordonné d’en effectuer d’autres de manière indépendante.

Certaines agences kenyanes ont trainé des pieds pour ne pas effectuer d’autres tests

En février 2019, l’avocat représentant l’OCP Kenya a accusé certaines agences gouvernementales à Mombasa d’avoir négligé l’ordonnance d’un tribunal concernant la collecte de nouveaux échantillons d’engrais importés par la filiale du groupe marocain OCP. Cette dernière avait estimé que les tests effectués en juin 2018 «avaient été menés par une équipe multi-agences en l’absence» de ses responsables, ce qui constitue une violation. L’OCP a d’ailleurs exprimé son étonnement face aux accusations portées contre lui. « OCP Kenya a toujours scrupuleusement observé les procédures et les normes de conformité imposées par la réglementation kényane», avait rappelé à l’époque l’OCP dans un communiqué. Aujourd’hui, l’OCP est réhabilité et peut disposer en toute liberté de l’intégralité des 5.800 tonnes d’engrais saisies. L’affaire, qui remonte à janvier 2018, trouve ainsi son épilogue. L’OCP avait décidé en juillet dernier de suspendre temporairement ses importations vers le Kenya. Le dénouement de cette affaire et du bras de fer de l’OCP avec les autorités kenyanes, pourrait augurer d’un retour rapide à la normale.

Le groupe OCP salue la décision de la justice kenyane

Dans un communiqué de presse publié ce samedi par l’agence de presse MAP, le groupe OCP a salué la décision des autorités du kenyanes.  « La justice du Kenya a reconnu, après l’examen rigoureux des arguments et évidences présentés par OCP incluant des tests de laboratoires internationaux, la parfaite conformité des engrais mis en cause, démontrant ainsi qu’OCP Kenya et ses administrateurs ont toujours observé consciencieusement le respect des standards de qualité de la réglementation kenyane », souligne le communiqué.

Ces engrais adaptés aux spécificités des sols et des cultures ont été développés en partenariat avec des laboratoires et instituts de recherche locaux au profit des agriculteurs kenyans, a rappelé la même source.

Cette décision rendant justice «traduit l’exigence et la rigueur du Groupe OCP en matière de qualité répondant aux réglementations nationales et internationales, ainsi que son engagement permanent en faveur d’une fertilisation raisonnée pour le développement d’une agriculture durable et responsable», a conclu le groupe.

Kenya – L’ambassadeur d’Iran à Nairobi impliqué dans une tentative d’exfiltration de détenus iraniens

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Il s’agit d’une scabreuse affaire de réseaux terroristes digne d’un film d’espionnage dans laquelle serait impliqué le corps diplomatique iranien accrédité à l’étranger. Ainsi, après l’expulsion par le Koweït en juillet 2017 de diplomates iraniens et la fermeture de leur ambassade suite à la condamnation de membres d’une cellule terroriste et l’expulsion par la France d’un diplomate espion en octobre 2018 qui préparait un attentat visant le rassemblement d’opposants iraniens dans la banlieue parisienne le même scénario s’est répété avec les Pays-Bas, la Belgique ou l’Albanie. Et c’est autour aujourd’hui de l’ambassadeur iranien à Nairobi, Hadi Farajhand, d’être piégé et pris la main dans le sac par les services Kenyans dans une opération cherchant à libérer deux suspects condamnés pour terrorisme visant des intérêts américains, britanniques et israéliens.

Selon un article paru dimanche 24 février dans le quotidien Kenyan The Nation, l’histoire concerne deux ressortissants iraniens, Ahmad Abolfathi Mohammed et Sayed Mansour Mousavi, soupçonnés par les services de sécurités kenyanes d’être membres de la Force Qods, une unité d’élite des gardiens de la révolution iranienne qui effectue des missions secrètes à l’étranger, notamment des attaques terroristes.

Ils seraient rentrés dans le pays le 12 juin 2012 et se seraient rendus le même jour, en qualité de touristes, dans la ville portuaire de Mombassa où ils auraient pris possession d’un puissant explosif militaire de type RDX alias hexogène ou cyclotriméthylène trinitramine, qui aurait servi à des attentats à la bombe le 6 mai 2013.

Les deux suspects ont été condamnés à vie, peine réduite par la suite à 15 ans en appel.

Arrêtés, jugés et condamnés, les autorités iraniennes ont cherché depuis à les faire libérer et récupérer par tous les moyens. Ce qui laisse entendre leur importance au sein de l’appareil sécuritaire iranien.

Le chemin le plus court pour arriver à les libérer, est celui de la corruption. En juin dernier déjà, Interpol avait déjà alerté le gouvernement kenyan que des responsables iraniens avaient tenté de compromettre des employés clés du gouvernement de Nairobi et des magistrats en vue de leur libération.

L’échec de cette tentative a poussé l’ambassadeur d’Iran à Nairobi à approcher de hauts responsables du ministère kényan de l’intérieur, en mesure de garantir la libération des deux iraniens, via une opération d’exfiltration. Mais la puissante Direction des enquêtes criminelles (DCI) a réussi à arrêter deux suspects qui ont passé le week-end en garde à vue avant d’être traduits ce lundi devant la justice.

L’ambassadeur berné était tellement sûr de son coup qu’il est allé le 8 février courant dans un bureau de la compagnie aérienne sur Riverside Drive, avec un diplomate de son ambassade, pour réserver trois billets – le sien et ceux des deux détenus à exfiltrer – pour quitter Nairobi par l’aéroport international Jomo Kenyatta.

Selon le journal The Nation des images de vidéosurveillance obtenues par les enquêteurs le montreraient entrant et sortant du bureau de réservation. Mais quand il s’est aperçu que les choses ont tourné au fiasco, il a annulé les billets. La « grande évasion » a capoté mais le feuilleton judiciaire continue en attendant quelle tournure diplomatique prendra cette affaire.

Baie du Bouregreg : La Tour BMCE sort de terre

Ce jeudi, 1er novembre 2018, sera donné le premier coup de pioche de la tour BMCE Bank Of Africa, qui est une des composantes essentielles du programme « Rabat ville lumière, capitale marocaine de la culture », lancé par le roi Mohammed VI en mai 2014. Le projet de construction de la tour BMCE Bank of Africa, lancé lui aussi par le souverain en mars 2016, sera porté par un consortium d’entreprises de renommée nationale et internationale. Les adjudicataires ont signé un contrat dans ce sens pour la réalisation de ce projet, porté par Othman Benjelloun, et qui devrait donner une autre stature à la rive droite du Bouregreg. Ce vaste projet d’aménagement urbain englobe, outre la tour, de grands projets urbains structurants, notamment le Grand Théâtre de Rabat, la Maison des Arts et de la Culture, et d’autres équipements hôteliers de grand luxe.

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Pâques juives : Les mises en garde de voyage incluent le Maroc, l’Egypte et la Jordanie

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Le Bureau israélien du contre-terrorisme a publié sa dernière mise à jour des avertissements de voyage mettant en garde les israéliens pour la période des vacances de printemps, citant les pays qui pourraient être des cibles terroristes.

Les autorités israéliennes mettent en garde contre les « terroristes [qui] pourraient mener des attaques contre des cibles israéliennes et juives » pendant cette période en particulier. Lire ici

Des officiers de l’Afrique de l’est en formation au Maroc

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A l’instigation de l’ambassadeur du Maroc à Nairobi, El Mokhtar Ghambou, le Consul honoraire du Kenya à Casablanca, Ali Bajaber, accompagne une délégation militaire kényane de hauts gradés venue participer à une formation ad hoc à l’invitation de l’Etat-Major marocain.


Conduite par le Colonel Juma S.Mwinyikal et le Colonel John N-Njenga, la délégation militaire du Kenya bénéficiera de modules spécifiques pour se familiariser et s’acclimater avec les notions et organisations sociopolitiques, économiques et militaires du Royaume.

Des participants venant de plusieurs autres pays africains voisins du Kenya ont également pris part à ce programme de formation. On citera l’Ouganda, le Rwanda, l’Egypte et la Tanzanie.

En marge de leur formation académique, les officiers représentant les États-majors des cinq pays africains ont pu visiter des institutions militaires et des installations économiques à Rabat, Kenitra, Tanger, Marrakech et Casablanca.

Ce roadtrip militaire a été rendu possible grâce aux efforts et à la mobilisation du ministère marocain des Affaires étrangères et de la coopération internationale, de l’Administration de la Défense nationale, et des ambassades du Kenya au Caire et du Maroc au Kenya.

L’engagement de la Chine en Afrique : ce que nous apprend en 2018 la mobilisation de 60 milliards de dollars

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Il s’agit d’un point de vue tiré du chapitre six du rapport Prospective Afrique 2018 de l’Institut Brookings, une organisation à but non lucratif basée à Washington. Sa mission est de mener des recherches approfondies qui mènent à de nouvelles idées pour résoudre les problèmes auxquels la société est confrontée aux niveaux local, national et mondial.  Le rapport en question explore six thèmes généraux offrant des opportunités pour l’Afrique de surmonter les obstacles et stimuler la croissance inclusive. Lire ici le chapitre dans son intégralité en Anglais sur le changement de la nature des relations extérieures de l’Afrique. Vu l’intérêt de cette analyse postée sur le site de Brookings Institution le 30 janvier dernier pour les décideurs politiques et économiques et dans un souci de vulgarisation, Le 1.ma a jugé utile de la traduire pour ses lecteurs.

Sa publication coïncide avec la tenue ce mardi mars à Rabat de la conférence des experts sur la coopération Sino-africaine Co-organisée par l’Institut Amadeus avec l’ambassade de la République populaire de Chine au Maroc dans la perspective du 6ème Sommet du Forum sur la coopération Afrique-Chine.

Voici donc la traduction de ce décryptage.

Le FOCAC, la diplomatie de prestige du Président Xi Jinping

Depuis l’an 2000, six sommets FOCAC (Forum sur la coopération Chine-Afrique) ont été tenus à 3 ans d’intervalle avec le prochain prévu pour 2018 en Chine si la tradition doit continuer.

FOCAC a été la plateforme institutionnelle fondamentale et le mécanisme pour la coopération entre la Chine et les Etats africains. Faisant probablement partie de la diplomatie de prestige du Président Xi Jinping, le niveau d’engagement que la Chine a fait au sommet 2015 à Johannesburg était étonnamment élevé.

Les 60 milliards de dollars de financement promis ont triplé l’engagement précédent de 20 milliards de dollars pris lors du sommet FOCAC 2012 tenu en juillet à Pékin.

Ces financements sont prévus pour aider à résoudre le goulot d’étranglement de l’économie africaine et du développement social.

En 2015, Xi avait annoncé 10 plans complets et ambitieux couvrant entre autres, l’industrialisation, la modernisation de l’agriculture, le commerce et l’investissement, la santé publique.

La mise en œuvre de ces engagements chinois au cours des deux dernières années est révélatrice de la priorité et de la cadence de l’engagement de la Chine en 2018 au cas où la Chine doit les achever avant le prochain sommet FOCAC.

Les zones prioritaires de l’engagement de la Chine du sommet FOCAC 2015 : industrialisation, modernisation de l’agriculture et infrastructure

La Chine a été ambitieuse en s’engageant en Afrique. En 2018, la Chine continuera à promouvoir le développement des parcs industriels et à leur attirer les investisseurs comme étant ses programmes de fonctionnalité pour l’industrialisation africaine.

La Chine a également mis l’accent sur la coopération dans le domaine du partenariat industriel et de capacité industrielle en Afrique, s’engageant à faciliter l’investissement privé chinois et à former au moins 200.000 travailleurs locaux.

Déjà en Ethiopie, la Chine a achevé le parc industriel de Hawassa d’un coût de 250 millions de dollars en neuf mois entre 2015 et 2016.

Selon les officiels chinois, le parc a attiré 15 grandes entreprises de textile et d’habillement dont six exportent déjà sur le marché international.

La compagnie de construction et de génie civil chinoise (CCECC) construit trois autres parcs industriels dans le pays, financés également par des investissements et des prêts chinois.

Au Kenya, le groupe chinois Guangdong New South Group a ouvert le premier parc industriel privé du pays à Uasin Gishu en juillet 2017 pour un coût de 2 milliards de dollars. Ce parc constituera un élément important de la zone économique spéciale de Zhujiang (ZES) du Kenya, qui s’inspire partiellement du modèle de développement des ZES en Chine. En 2018, la Chine continuera de promouvoir le développement de parcs industriels pour soutenir l’industrialisation de l’Afrique.

L’une des principales caractéristiques de l’aide agricole chinoise à l’Afrique a été les centres de démonstration de technologies agricoles, qui s’intègrent aux industries agricoles locales, mais visent également à créer des points d’ancrage solides pour les entreprises chinoises sur les nouveaux marchés.

La Chine a ciblé l’amélioration des capacités et de la productivité agricoles africaines principalement par le partage d’expériences, le transfert de technologie, l’encouragement des investissements agricoles chinois en Afrique et la mise en place de nouveaux cadres et programmes d’échange pour amener des experts chinois à ces pays africains. L’une des principales caractéristiques de l’aide agricole chinoise à l’Afrique a été les centres de démonstration de technologies agricoles, qui s’intègrent aux industries agricoles locales, mais visent également à créer des bases solides pour les entreprises chinoises sur les nouveaux marchés. En 2017, 23 centres de démonstration opèrent à travers le continent. En plus des centres de démonstration, la Chine a récemment accepté de consentir de nouveaux prêts concessionnels à la Zambie pour améliorer sa capacité agricole ainsi que la formation professionnelle et l’augmentation des investissements chinois dans le secteur. Avec l’Afrique du Sud, la Chine a signé de nouveaux accords relatifs au secteur agricole visant à faciliter l’échange d’experts et de technologie entre les deux pays. Des accords similaires ont également été conclus avec le Nigeria. Il est prévisible que la Chine fera du développement agricole un élément clé de son agenda en 2018 et, espérons-le, sur l’ensemble du continent plutôt que sur quelques pays prioritaires.

L’intérêt de la Chine pour les infrastructures va au-delà d’une augmentation du commerce et du flux de population par le trafic, mais aussi de l’amélioration de la capacité de trafic aérien, des réseaux électriques, des réseaux de télécommunication et de la formation des ressources humaines. Il est important de noter que l’engagement de la Chine en matière d’infrastructures pour 2015 se concentre sur la coopération dans les projets ferroviaires, routiers et portuaires à travers une variété de méthodes de financement. Le lancement réussi en mai 2017 du chemin de fer à voie standard Mombasa-Nairobi (le Madaraka Express) au Kenya ne se poursuivra que dans les années à venir: Si les choses se passent bien, la ligne Mombasa-Nairobi reliera finalement le Kenya et la Tanzanie, l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi et même le Soudan du Sud et l’Ethiopie.

À l’horizon 2018, les infrastructures chinoises se diversifieront de plus en plus dans le domaine de la production et du transport d’électricité. En effet, sans énergie électrique, un plan d’industrialisation ne restera qu’un plan. Associée à la pénurie d’électricité, la Chine semble faire écho à l’appel des pays africains pour le développement des énergies renouvelables comme source alternative, ce qui pourrait être contre-intuitif compte tenu de l’approche pragmatique et très attentive aux investissements en Afrique.

Est-ce que les chiffres s’accordent?

La question la plus intrigante dans l’évaluation de la réalisation par la Chine de l’engagement du FOCAC 2015 réside dans les chiffres: Quelle part du financement engagé a été déboursée? La réponse à cette question déterminera le niveau et le rythme du financement chinois en 2018. Malgré les progrès impressionnants que la Chine a accomplis sur plusieurs fronts, les statistiques du côté chinois sont vagues et peu concluantes. Par exemple, selon le Quotidien du Peuple, 243 accords de coopération ont été signés entre décembre 2015 et juillet 2016, pour un montant total de 50,7 milliards de dollars, dont 46 milliards de dollars pour les investissements directs et commerciaux des entreprises chinoises. En interprétant les chiffres, le vice-ministre chinois des Affaires étrangères n’a pas expliqué quel pourcentage des 50,7 milliards de dollars provenait de l’engagement officiel de 60 milliards de dollars de financement du gouvernement chinois. Au lieu de cela, l’explication officielle est que l’engagement de 60 milliards de dollars du gouvernement chinois avait eu un effet multiplicateur en inspirant les capitaux privés et les financiers commerciaux. Aussi positif que cela puisse paraître, il ne répond pas à la question.

Certaines statistiques de la Chine sont moins inspirantes. Le Fonds de coopération Chine-Afrique pour la capacité industrielle, rapidement établi après l’annonce de Xi à Johannesburg et avec le capital de démarrage de 10 milliards de dollars du gouvernement chinois, a démarré ses opérations en janvier 2016. Cependant, après 18 mois de fonctionnement officiel, le fonds n’a approuvé que six projets dont l’investissement total s’élevait à 542 millions de dollars, parmi lesquels seulement quatre ont reçu un investissement décaissé de 248 millions de dollars. Selon ses responsables, le fonds privilégie la gestion des risques et les investissements en actions à moyen et court terme sur la vitesse et le volume des investissements. En particulier, le fonds a cité l’investissement en baisse en Afrique sub-saharienne et les intérêts en chute libre des sociétés chinoises en raison du ralentissement économique domestique comme étant les facteurs clés influençant le rythme du fonds. Au rythme actuel, le Fonds de coopération Chine-Afrique pour la capacité industrielle ne devrait pas atteindre l’objectif d’un financement de 10 milliards de dollars d’ici la fin de 2018. La Chine pourrait jouer le jeu des mots en soulignant que le capital est effectivement versé au fonds et compte à peine comme le financement fourni à l’Afrique.

Compte tenu de la popularité du PPP dans la discussion sur les investissements étrangers en Chine, comme dans le cas de l’initiative One Belt, One Road, il serait très intéressant que la Chine expérimente davantage avec le PPP en 2018.

Les statistiques sur les prêts concessionnels engagés de 35 milliards de dollars sont encore moins disponibles. Lors de la Conférence des coordonnateurs de la mise en œuvre des réalisations du FOCAC à Beijing six mois plus tard, il a été révélé que la Banque chinoise d’import-export avait approuvé 4,3 milliards de dollars de prêts concessionnels à l’Afrique après le Sommet du FOCAC. À ce rythme, la Chine devrait être en mesure d’atteindre le seuil de 35 milliards de dollars d’ici la fin de 2018.

Un problème qui mérite d’être observé en 2018 est la manière dont la Chine applique et rend compte du modèle PPP (partenariat public-privé) pour de nouveaux investissements dans des projets d’infrastructure en Afrique. Les acteurs chinois ont pris note des intérêts de divers gouvernements africains dans le modèle PPP pour combler le déficit de financement dans le développement des infrastructures. Cependant, au-delà de la simple observation, la participation réelle des entreprises chinoises à de tels projets n’a pas encore pris de vitesse. Cependant, étant donné la popularité du PPP pour la discussion sur les investissements étrangers en Chine, comme pour l’initiative One Belt, One Road (La nouvelle route de la soie ou la Ceinture et la Route), il sera très intéressant que la Chine expérimente davantage avec le PPP en 2018.

2018 sera la dernière année pour la Chine à remplir ses engagements de Johannesbourg. La Chine a fait des progrès constants dans la réalisation de ses promesses de financement dans des domaines tels que l’industrialisation, le développement agricole et les infrastructures. Compte tenu de son rythme actuel, le respect de l’engagement de financement de 60 milliards de dollars devrait être en bonne voie. Cependant, la Chine devra faire des progrès substantiels dans des catégories spécifiques, telles que le Fonds de coopération Chine-Afrique pour la capacité industrielle en 2018, pour tenir ses promesses. De nouveaux axes, tels que la production, la transmission d’énergie et le modèle PPP seront des domaines intéressants à observer en 2018 pour identifier les prochaines étapes de la priorité de la Chine en Afrique.


Texte original paru sur Brookings Institution (Point de vue) par Yun Sun, membre non résident de l’Africa Growth Initiative, qui se concentre sur les relations de la Chine avec l’Afrique et la coopération entre les États-Unis et la Chine sur le continent. Traduit par la rédaction de Le1.ma.