Ouganda

Trump’s Mister Africa en tournée sur le continent

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Nommé le 17 septembre dernier, secrétaire d’État adjoint aux Affaires africaines au sein de l’administration de Donald Trump, Tibor Nagy, est arrivé aujourd’hui en Ouganda, première étape d’une tournée dans plusieurs pays africains. Et dans un geste qu’il lui a valu une levée de boucliers dans certains pays du continent, Mister Africa a choisit d’effectuer une escale à Paris, capitale de l’ancien colonisateur, avant de fouler le sol africain, où il a donné des interviews aux médias français, RFI, France 24 et Jeune Afrique. Des interviews à travers lesquels, il a fait passer des messages aux décideurs africains, notamment aux camerounais et congolais.

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Le Maroc désigne un consul honoraire à Kampala

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Le célèbre homme d’affaires ougandais, le Dr. Robert Mwesigwa Rukaari, a présenté, mercredi 16 janvier, ses accréditations au ministre des Affaires étrangères de l’Ouganda, Sam Kutesa, en sa qualité de nouveau consul honoraire du Maroc à Kampala. Le chef de la diplomatie ougandaise a remis son exequatur au nouveau représentant consulaire du royaume. A cette occasion, le ministre Ougandais des Affaires étrangères, Sam Kut, a félicité le Dr. Robert Mwesigwa Rukaari pour sa nomination et s’est engagé à travailler avec lui pour renforcer les relations bilatérales entre les deux pays.

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Des officiers de l’Afrique de l’est en formation au Maroc

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A l’instigation de l’ambassadeur du Maroc à Nairobi, El Mokhtar Ghambou, le Consul honoraire du Kenya à Casablanca, Ali Bajaber, accompagne une délégation militaire kényane de hauts gradés venue participer à une formation ad hoc à l’invitation de l’Etat-Major marocain.


Conduite par le Colonel Juma S.Mwinyikal et le Colonel John N-Njenga, la délégation militaire du Kenya bénéficiera de modules spécifiques pour se familiariser et s’acclimater avec les notions et organisations sociopolitiques, économiques et militaires du Royaume.

Des participants venant de plusieurs autres pays africains voisins du Kenya ont également pris part à ce programme de formation. On citera l’Ouganda, le Rwanda, l’Egypte et la Tanzanie.

En marge de leur formation académique, les officiers représentant les États-majors des cinq pays africains ont pu visiter des institutions militaires et des installations économiques à Rabat, Kenitra, Tanger, Marrakech et Casablanca.

Ce roadtrip militaire a été rendu possible grâce aux efforts et à la mobilisation du ministère marocain des Affaires étrangères et de la coopération internationale, de l’Administration de la Défense nationale, et des ambassades du Kenya au Caire et du Maroc au Kenya.

L’engagement de la Chine en Afrique : ce que nous apprend en 2018 la mobilisation de 60 milliards de dollars

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Il s’agit d’un point de vue tiré du chapitre six du rapport Prospective Afrique 2018 de l’Institut Brookings, une organisation à but non lucratif basée à Washington. Sa mission est de mener des recherches approfondies qui mènent à de nouvelles idées pour résoudre les problèmes auxquels la société est confrontée aux niveaux local, national et mondial.  Le rapport en question explore six thèmes généraux offrant des opportunités pour l’Afrique de surmonter les obstacles et stimuler la croissance inclusive. Lire ici le chapitre dans son intégralité en Anglais sur le changement de la nature des relations extérieures de l’Afrique. Vu l’intérêt de cette analyse postée sur le site de Brookings Institution le 30 janvier dernier pour les décideurs politiques et économiques et dans un souci de vulgarisation, Le 1.ma a jugé utile de la traduire pour ses lecteurs.

Sa publication coïncide avec la tenue ce mardi mars à Rabat de la conférence des experts sur la coopération Sino-africaine Co-organisée par l’Institut Amadeus avec l’ambassade de la République populaire de Chine au Maroc dans la perspective du 6ème Sommet du Forum sur la coopération Afrique-Chine.

Voici donc la traduction de ce décryptage.

Le FOCAC, la diplomatie de prestige du Président Xi Jinping

Depuis l’an 2000, six sommets FOCAC (Forum sur la coopération Chine-Afrique) ont été tenus à 3 ans d’intervalle avec le prochain prévu pour 2018 en Chine si la tradition doit continuer.

FOCAC a été la plateforme institutionnelle fondamentale et le mécanisme pour la coopération entre la Chine et les Etats africains. Faisant probablement partie de la diplomatie de prestige du Président Xi Jinping, le niveau d’engagement que la Chine a fait au sommet 2015 à Johannesburg était étonnamment élevé.

Les 60 milliards de dollars de financement promis ont triplé l’engagement précédent de 20 milliards de dollars pris lors du sommet FOCAC 2012 tenu en juillet à Pékin.

Ces financements sont prévus pour aider à résoudre le goulot d’étranglement de l’économie africaine et du développement social.

En 2015, Xi avait annoncé 10 plans complets et ambitieux couvrant entre autres, l’industrialisation, la modernisation de l’agriculture, le commerce et l’investissement, la santé publique.

La mise en œuvre de ces engagements chinois au cours des deux dernières années est révélatrice de la priorité et de la cadence de l’engagement de la Chine en 2018 au cas où la Chine doit les achever avant le prochain sommet FOCAC.

Les zones prioritaires de l’engagement de la Chine du sommet FOCAC 2015 : industrialisation, modernisation de l’agriculture et infrastructure

La Chine a été ambitieuse en s’engageant en Afrique. En 2018, la Chine continuera à promouvoir le développement des parcs industriels et à leur attirer les investisseurs comme étant ses programmes de fonctionnalité pour l’industrialisation africaine.

La Chine a également mis l’accent sur la coopération dans le domaine du partenariat industriel et de capacité industrielle en Afrique, s’engageant à faciliter l’investissement privé chinois et à former au moins 200.000 travailleurs locaux.

Déjà en Ethiopie, la Chine a achevé le parc industriel de Hawassa d’un coût de 250 millions de dollars en neuf mois entre 2015 et 2016.

Selon les officiels chinois, le parc a attiré 15 grandes entreprises de textile et d’habillement dont six exportent déjà sur le marché international.

La compagnie de construction et de génie civil chinoise (CCECC) construit trois autres parcs industriels dans le pays, financés également par des investissements et des prêts chinois.

Au Kenya, le groupe chinois Guangdong New South Group a ouvert le premier parc industriel privé du pays à Uasin Gishu en juillet 2017 pour un coût de 2 milliards de dollars. Ce parc constituera un élément important de la zone économique spéciale de Zhujiang (ZES) du Kenya, qui s’inspire partiellement du modèle de développement des ZES en Chine. En 2018, la Chine continuera de promouvoir le développement de parcs industriels pour soutenir l’industrialisation de l’Afrique.

L’une des principales caractéristiques de l’aide agricole chinoise à l’Afrique a été les centres de démonstration de technologies agricoles, qui s’intègrent aux industries agricoles locales, mais visent également à créer des points d’ancrage solides pour les entreprises chinoises sur les nouveaux marchés.

La Chine a ciblé l’amélioration des capacités et de la productivité agricoles africaines principalement par le partage d’expériences, le transfert de technologie, l’encouragement des investissements agricoles chinois en Afrique et la mise en place de nouveaux cadres et programmes d’échange pour amener des experts chinois à ces pays africains. L’une des principales caractéristiques de l’aide agricole chinoise à l’Afrique a été les centres de démonstration de technologies agricoles, qui s’intègrent aux industries agricoles locales, mais visent également à créer des bases solides pour les entreprises chinoises sur les nouveaux marchés. En 2017, 23 centres de démonstration opèrent à travers le continent. En plus des centres de démonstration, la Chine a récemment accepté de consentir de nouveaux prêts concessionnels à la Zambie pour améliorer sa capacité agricole ainsi que la formation professionnelle et l’augmentation des investissements chinois dans le secteur. Avec l’Afrique du Sud, la Chine a signé de nouveaux accords relatifs au secteur agricole visant à faciliter l’échange d’experts et de technologie entre les deux pays. Des accords similaires ont également été conclus avec le Nigeria. Il est prévisible que la Chine fera du développement agricole un élément clé de son agenda en 2018 et, espérons-le, sur l’ensemble du continent plutôt que sur quelques pays prioritaires.

L’intérêt de la Chine pour les infrastructures va au-delà d’une augmentation du commerce et du flux de population par le trafic, mais aussi de l’amélioration de la capacité de trafic aérien, des réseaux électriques, des réseaux de télécommunication et de la formation des ressources humaines. Il est important de noter que l’engagement de la Chine en matière d’infrastructures pour 2015 se concentre sur la coopération dans les projets ferroviaires, routiers et portuaires à travers une variété de méthodes de financement. Le lancement réussi en mai 2017 du chemin de fer à voie standard Mombasa-Nairobi (le Madaraka Express) au Kenya ne se poursuivra que dans les années à venir: Si les choses se passent bien, la ligne Mombasa-Nairobi reliera finalement le Kenya et la Tanzanie, l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi et même le Soudan du Sud et l’Ethiopie.

À l’horizon 2018, les infrastructures chinoises se diversifieront de plus en plus dans le domaine de la production et du transport d’électricité. En effet, sans énergie électrique, un plan d’industrialisation ne restera qu’un plan. Associée à la pénurie d’électricité, la Chine semble faire écho à l’appel des pays africains pour le développement des énergies renouvelables comme source alternative, ce qui pourrait être contre-intuitif compte tenu de l’approche pragmatique et très attentive aux investissements en Afrique.

Est-ce que les chiffres s’accordent?

La question la plus intrigante dans l’évaluation de la réalisation par la Chine de l’engagement du FOCAC 2015 réside dans les chiffres: Quelle part du financement engagé a été déboursée? La réponse à cette question déterminera le niveau et le rythme du financement chinois en 2018. Malgré les progrès impressionnants que la Chine a accomplis sur plusieurs fronts, les statistiques du côté chinois sont vagues et peu concluantes. Par exemple, selon le Quotidien du Peuple, 243 accords de coopération ont été signés entre décembre 2015 et juillet 2016, pour un montant total de 50,7 milliards de dollars, dont 46 milliards de dollars pour les investissements directs et commerciaux des entreprises chinoises. En interprétant les chiffres, le vice-ministre chinois des Affaires étrangères n’a pas expliqué quel pourcentage des 50,7 milliards de dollars provenait de l’engagement officiel de 60 milliards de dollars de financement du gouvernement chinois. Au lieu de cela, l’explication officielle est que l’engagement de 60 milliards de dollars du gouvernement chinois avait eu un effet multiplicateur en inspirant les capitaux privés et les financiers commerciaux. Aussi positif que cela puisse paraître, il ne répond pas à la question.

Certaines statistiques de la Chine sont moins inspirantes. Le Fonds de coopération Chine-Afrique pour la capacité industrielle, rapidement établi après l’annonce de Xi à Johannesburg et avec le capital de démarrage de 10 milliards de dollars du gouvernement chinois, a démarré ses opérations en janvier 2016. Cependant, après 18 mois de fonctionnement officiel, le fonds n’a approuvé que six projets dont l’investissement total s’élevait à 542 millions de dollars, parmi lesquels seulement quatre ont reçu un investissement décaissé de 248 millions de dollars. Selon ses responsables, le fonds privilégie la gestion des risques et les investissements en actions à moyen et court terme sur la vitesse et le volume des investissements. En particulier, le fonds a cité l’investissement en baisse en Afrique sub-saharienne et les intérêts en chute libre des sociétés chinoises en raison du ralentissement économique domestique comme étant les facteurs clés influençant le rythme du fonds. Au rythme actuel, le Fonds de coopération Chine-Afrique pour la capacité industrielle ne devrait pas atteindre l’objectif d’un financement de 10 milliards de dollars d’ici la fin de 2018. La Chine pourrait jouer le jeu des mots en soulignant que le capital est effectivement versé au fonds et compte à peine comme le financement fourni à l’Afrique.

Compte tenu de la popularité du PPP dans la discussion sur les investissements étrangers en Chine, comme dans le cas de l’initiative One Belt, One Road, il serait très intéressant que la Chine expérimente davantage avec le PPP en 2018.

Les statistiques sur les prêts concessionnels engagés de 35 milliards de dollars sont encore moins disponibles. Lors de la Conférence des coordonnateurs de la mise en œuvre des réalisations du FOCAC à Beijing six mois plus tard, il a été révélé que la Banque chinoise d’import-export avait approuvé 4,3 milliards de dollars de prêts concessionnels à l’Afrique après le Sommet du FOCAC. À ce rythme, la Chine devrait être en mesure d’atteindre le seuil de 35 milliards de dollars d’ici la fin de 2018.

Un problème qui mérite d’être observé en 2018 est la manière dont la Chine applique et rend compte du modèle PPP (partenariat public-privé) pour de nouveaux investissements dans des projets d’infrastructure en Afrique. Les acteurs chinois ont pris note des intérêts de divers gouvernements africains dans le modèle PPP pour combler le déficit de financement dans le développement des infrastructures. Cependant, au-delà de la simple observation, la participation réelle des entreprises chinoises à de tels projets n’a pas encore pris de vitesse. Cependant, étant donné la popularité du PPP pour la discussion sur les investissements étrangers en Chine, comme pour l’initiative One Belt, One Road (La nouvelle route de la soie ou la Ceinture et la Route), il sera très intéressant que la Chine expérimente davantage avec le PPP en 2018.

2018 sera la dernière année pour la Chine à remplir ses engagements de Johannesbourg. La Chine a fait des progrès constants dans la réalisation de ses promesses de financement dans des domaines tels que l’industrialisation, le développement agricole et les infrastructures. Compte tenu de son rythme actuel, le respect de l’engagement de financement de 60 milliards de dollars devrait être en bonne voie. Cependant, la Chine devra faire des progrès substantiels dans des catégories spécifiques, telles que le Fonds de coopération Chine-Afrique pour la capacité industrielle en 2018, pour tenir ses promesses. De nouveaux axes, tels que la production, la transmission d’énergie et le modèle PPP seront des domaines intéressants à observer en 2018 pour identifier les prochaines étapes de la priorité de la Chine en Afrique.


Texte original paru sur Brookings Institution (Point de vue) par Yun Sun, membre non résident de l’Africa Growth Initiative, qui se concentre sur les relations de la Chine avec l’Afrique et la coopération entre les États-Unis et la Chine sur le continent. Traduit par la rédaction de Le1.ma.

African Entrepreneurship Award, «l’Union Africaine de l’Entrepreneuriat»

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Sous l’impulsion personnelle de Othman Benjelloun et sa présence effective, et la participation de plusieurs chefs de missions diplomatiques africaines accrédités au Maroc, s’est tenue le lundi 11 décembre 2017, au siège de BMCE Bank of Africa à Casablanca, la cérémonie de remise des Prix de l’African Entrepreneurship Award.

Lancé en 2014 à l’occasion du Global Entrepreneurship Summit tenu à Marrakech, #GES2014 , l’African Entrepreneurship Award en est à sa troisième édition. L’événement, qui constitue sans conteste le plus grand programme de mentoring et d’accompagnement des jeunes entrepreneurs en Afrique, est doté d’une enveloppe de 1 millions de dollars.

Au fil des ans, l’évolution de AEAward va crescendo. En trois éditions, le programme a enregistré la participation de plus de 12 000 entrepreneurs, issus de 132 pays dont 54 africains. C’est le résultat incontesté de l’empreinte internationale de Othman Benjelloun et toute l’expérience qu’il a cumulée en plus de six décennies de carrière.

L’événement, dont le format sort du canevas franco-européen tant galvaudé, a cette caractéristique d’offrir un produit globalisé, polyglotte, non clivant, dans un style purement anglo-saxon. D’ailleurs, l’ensemble des jeunes entrepreneurs-candidats ont été, durant de longs mois, reçus et encadrés par quelques 300 mentors bénévoles originaires d’Afrique, d’Amérique du Nord, d’Amérique Latine, d’Europe, d’Asie et d’Australie.

Le maître de cérémonie et non moins président de Bank Of Africa, Brahim Benjelloun Touimi, a beaucoup insisté sur les valeurs du bénévolat et de l’engagement des mentors et autres encadrants sans la mobilisation desquels on ne pouvait espérer une telle réussite et un tel rayonnement de l’événement. L’organisation parfaite et millimétrée de AEAward, la discrétion des communicants et la régularité sans faille des différentes éditions de l’événement, démontrent la portée stratégique que constitue désormais ce rendez-vous incontournable dont le maillon fondamental demeure le président Othman Benjelloun, en sa qualité de porte-drapeau du Maroc et son ambassadeur à l’international.

La sélection des candidats, qui a été réalisée par une équipe expressément dédiée, baptisée AEAward Team, est composée de collaborateurs et consultants du Groupe BMCE Bank Of Africa, lesquels ont sillonné l’Afrique, l’Europe et l’Asie pour établir des liens de confiance avec les coaches et mentors. D’où la présence de nationalités ne relevant pas du périmètre d’influence classique du Maroc telles que l’Ouganda, la Namibie, l’Afrique du Sud ou l’Australie. La générosité qui a caractérisé cette action et le pragmatisme de l’approche de ses planificateurs ont conduit à placer l’événement dans un écosystème qui compte désormais dans le calendrier institutionnel du Maroc.

Pour une meilleure réussite d’initiatives de ce genre, il est indispensable d’en accroître les fréquences et les acteurs : l’Etat, les entreprises publiques, les entreprises privées, sont aujourd’hui tenues de s’inspirer du format de AEAward en vue de multiplier les chances et les opportunités d’installer des passerelles avec les milieux d’excellence et à forte valeur ajoutée. Les lauréats africains, jeunes et moins jeunes, via des projets de haute facture, ont démontré que l’Afrique dispose de talents exceptionnels qui n’attendent qu’écoute et accompagnement. C’est ce que leur a offert la plateforme de l’African Entrepreneurship Award qui a bénéficié de la position géopolitique unique du Maroc, non seulement en tant que hub régional, mais également et surtout en tant que maillon triangulaire, un trait-d’union économique, commercial, politique et culturel entre trois, voire quatre continents, pour honorer celles et ceux qui font le continent d’aujourd’hui et de demain.

Donald Trump vise la Chine en honorant l’Afrique

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Le président américain, Donald Trump, a offert mercredi 20 septembre 2017, à New York, un déjeuner de travail en l’honneur de plusieurs dirigeants Africains. Étaient conviés à ce repas aux relents très économiques, les présidents de la Côte d’Ivoire, d’Ethiopie, du Ghana, de la Guinée, de la Namibie, du Nigeria, du Sénégal, de l’Afrique du Sud et de l’Ouganda. Les neuf chefs d’Etat Africains ont discuté avec leur homologue américain des moyens de promouvoir la paix et la prospérité dans le continent. Pour Washington, il est question de mettre en place avec l’Afrique une stratégie pragmatique axée sur la sécurité, l’infrastructure et l’économie et d’autres intérêts communs. Mais en filigrane il faut comprendre que les Etats-Unis essaient de s’attaquer à un marché conquis par la Chine ce qui donne beaucoup de fil à retordre à Washington.

En l’absence des présidents du Gabon, Ali Bongo, et du Rwanda, Paul Kagame, pourtant présents à New York, les Alassane Ouattara, Mulatu Teshome, Nana Akufo-Addo, Alpha Condé, Hage Geingob, Muhammadu Buhari, Macky Sall, Jacob Zuma et Yoweri Museveni ont, d’une seule voix, portée par le président de Guinée, exprimé leur enthousiasme pour l’approche américaine qui tend à booster la croissance en Afrique, de donner un coup de fouet à l’emploi et combattre le terrorisme. Pour concurrencer Pékin, la politique étrangère américaine en Afrique, dominée traditionnellement par la diplomatie et le militaire, est tenue, en vue de mieux apprivoiser les marchés africains, d’adopter une approche disciplinée priorisant une politique commerciale agressive.

Le président Donald Trump salue le président nigérian Muhammadu Buhari lors d’un déjeuner de travail avec des dirigeants africains à l’Hôtel Palace à New York, le 20 septembre 2017

Le président Donald Trump a exprimé le souhait des Etats-Unis d’élargir la coopération et le commerce avec l’Afrique tant sur le plan bilatéral que global et fait état de l’intérêt de Washington à identifier de nouvelles opportunités mutuellement bénéfiques pour le commerce entre les deux parties. Sauf que la suprématie commerciale de la Chine en Afrique est une réalité. Durant sa campagne électorale et au tout début de son mandat, Donald Trump ignorait l’Afrique, réduisant d’une manière significative les aides financières de son pays à plusieurs capitales africaines.

Donald Trump a cependant surpris son assistance en invitant les dirigeants Africains qui ont partagé son repas à s’inspirer de l’exemple Sud-Africain, dont l’une des grandes société spécialisées en industrie pétrochimique envisage de procéder à des investissements de masse aux États-Unis. En effet, le géant SASOL va construire une usine en Louisiane pour 9 milliards, ce qui créera des centaines d’emplois pour la main d’œuvre américaine. Les chefs d’Etat Africains s’attendaient à entendre parler d’investissements américains dans le continent, pour créer des emplois chez les jeunes en Afrique, et non l’inverse. D’où l’annonce par le président Trump de l’intention du Secrétaire d’Etat Rex Tillerson d’ordonner au Millennium Challenge Corporation de procéder à un investissement de plusieurs centaines de millions de dollars en Côte d’Ivoire pour encourager et soutenir les réformes dans ce pays.

Parce que Washington sait pertinemment qu’elle ne peut pas concurrencer Pékin sur son théâtre de prédilection où elle dispose d’une présence ancienne avec une expérience terrain inégalable.

Il est donc improductif pour l’administration américaine de demeurer en compétition directe avec la Chine dans le continent africain, notamment dans des secteurs d’activité où le géant asiatique est confortablement installé depuis des décennies.

Washington est consciente que la domination chinoise en Afrique, notamment dans l’industrie et les BTP est un cas d’école. Les Etats-Unis sont donc tenus de s’orienter vers des secteurs où ils disposent d’un avantage concurrentiel éprouvé : les services, l’éducation, la finance, les médias, l’agrobusiness et l’ingénierie dans les énergies renouvelables.

Dans ce contexte précis, le président Trump a demandé au Département américain du Commerce de jouer un rôle central dans cette nouvelle vision des marchés africains. A l’instar de la Chine, ce département est appelé à mettre en place des programmes de formation et d’accompagnement des PME américaines en Afrique, principaux relais de croissance après l’épuisement de l’intervention des multinationales et des grands groupes.

En effet, et à la demande expresse des leaders africains conviés au déjeuner, la formation et l’enseignement demeurent les nerfs de la guerre et constituent des leviers fondamentaux à chaque niveau de la stratégie de pénétration du continent africain.

Abdellah EL HATTACH

Maroc/CEDEAO : Netanyahu le trouble-fête

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Réuni presqu’au grand complet à Monrovia pour sa 51ème édition, le sommet de la CEDEAO s’est tenu dans un contexte tendu. Si le Maroc a revu à la baisse son niveau de représentation, le Nigeria dont le président Muhammadu Buhari est souffrant, ne s’est pas fait représenter et le Niger a pour sa part réduit sa présence en signe de protestation contre la présence du premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu. Ce dernier, dont la présence n’est pas si controversée que l’on voudrait la présenter, s’est imposé en vrai guest-star dans une réunion qui devait accueillir le Maroc à bras ouverts et en grande pompe. La candidature du royaume à intégrer la CEDEAO, qui figurait à l’ordre du jour du sommet, a obtenu l’accord de principe et devrait être officiellement entérinée en décembre 2017 lors de la tenue du 52ème sommet au Togo. Israël a, pour sa part, soumis son intention d’obtenir le statut de membre observateur qui lui ouvrira la voie, à terme, à une adhésion pleine et entière.

 

A Monrovia, tous les projecteurs devaient être braqués sur le Maroc pour fêter l’intégration du royaume à la CEDEAO, mais l’invitation surprise de Benyamin Netanyahu est venue un peu gâcher cette consécration. Netanyahu ne le cache pas et le dit clairement : Israël est de retour en Afrique pour «affaiblir» cette majorité de pays africains qui vote «contre Israël» au sein des institutions internationales. En abaissant son niveau de représentation lors de ce sommet, le Maroc a-t-il fait un choix stratégique ou tactique ? Mohammed VI, qui était personnellement attendu à Monrovia, a préféré annuler sa participation pour éviter, selon le communiqué du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, tout «amalgame» ou «confusion» liés à la participation au sommet du Premier ministre israélien.

Benyamin Netanyahu, premier haut responsable non-Africain à prendre la parole devant cette organisation depuis sa création, n’est pas venu les mains vides. En effet, pendant que le Maroc offre au continent tout un éventail de projets d’infrastructures, d’approvisionnement en énergies fossile et renouvelable, d’aides au développement, d’engrais à prix abordable, de programmes de financement et de formation, le premier ministre israélien tente d’emboîter le pas à Rabat en offrant un plan d’investissement de 1 milliard de dollars sur 4 ans dans les énergies renouvelables, l’agriculture et l’irrigation. En d’autres termes, le Maroc apporte la matière première et les ressources humaines, Israël la technologie et le savoir-faire. Le détail de cette coopération devrait être dévoilé lors du sommet Israël/Afrique prévu en octobre prochain à Lomé, au Togo. On ne sait pas pour l’instant si le Maroc participera à cette rencontre mais ce qui est certain c’est qu’Israël suit exactement le chemin tracé par le Maroc en Afrique.

Il serait exagéré de dire que le Maroc et l’Etat hébreux sont en compétition dans la région, car les enjeux et approches de l’un et de l’autre ne sont pas les mêmes, mais sur beaucoup de dossiers les interconnexions sont claires et une coopération entre les deux pays n’est pas à écarter, pour éviter les conflits d’intérêt et, le cas échéant, une éventuelle tension entre les deux pays. Il ne s’agit pas là d’un appel à la normalisation mais le Maroc est tenu de faire preuve de pragmatisme face à ces nouvelles données : Israël, membre observateur de la CEDEAO, constituera le vis-à-vis de l’Afrique lors du sommet qui réunira les deux parties en octobre prochain. Car Netanyahu l’a dit solennellement : l’Afrique est une priorité nationale pour Israël. De son côté, le Maroc doit faire des choix, douloureux certes, sensibles, mais il doit les faire. Dans ce sens, Rabat est appelée à faire preuve d’un certain doigté diplomatique pour pouvoir, d’une part, consacrer l’appartenance et l’enracinement organique du pays à son continent et, d’autre part, gérer le statut du Maroc en tant que pays arabo-musulman et président du Comité Al-Qods.

Israël, qui se réunira en sommet avec toute l’Afrique au mois d’octobre à Lomé, s’intéresse ainsi à l’ensemble du continent, et comme nous le disions plus haut, conduit le chemin frayé par le Maroc depuis quelques années. En effet, en préparation du sommet de Lomé, et avant sa participation au sommet de la CEDEAO, Netanyahu avait fait en 2016 une tournée en Afrique de l’Est qui l’a conduit en Ouganda, au Kenya, au Rwanda et en Ethiopie, la première du genre pour un chef du gouvernement israélien en exercice depuis Yitzhak Rabin. Et en marge du sommet de Monrovia, Netanyahu a eu plusieurs entretiens en tête-à-tête avec des chefs d’Etat africains, parmi lesquels le président Sénégalais Macky Sall dont le pays a rétabli les relations diplomatiques avec Israël. Le Sénégal, nouveau maillon clé de la sécurité dans l’Afrique de l’Ouest, joue un rôle géostratégique majeur dans tout le continent : 1) Le pays a été choisi par Washington pour abriter le futur siège de AFRICOM ; 2) Le réseau dense de l’islam soufi dans le pays lui donne une position avant-gardiste dans la lutte contre l’extrémisme ; 3) Il est un des rares pays africains à bénéficier de relations équidistantes, et sur un pied d’égalité, avec les Etats-Unis, la France en tant qu’ancienne puissance coloniale, les pays Arabes et à leur tête l’Arabie saoudite, et désormais Israël.

A l’aune de l’émancipation du Sénégal de ses tutelles historiques, de l’affranchissement de la Mauritanie de ces mêmes “protections”, des problèmes politiques et économiques de la Côte d’Ivoire, du manque de visibilité institutionnelle au Nigeria, la fragilité du régime gabonais, l’éventuel départ de Paul Kagamé, le séisme qui a secoué les composantes du Conseil de coopération du Golfe, tous ces facteurs réunis imposent une vigilance accrue de la part de l’Etat marocain en vue de faire face aux ennemis et adversaires du pays, et ce en dotant l’administration et les pouvoirs publics des moyens humains, diplomatiques et technologiques nécessaires, et d’une certaine marge de manœuvre politique à même de relever ces défis dans un contexte géopolitique international turbulent.

Abdellah EL HATTACH