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Ahmed Charai

Ahmed Charaï : La démocratie est le legs le plus précieux de la reine Elizabeth II à notre civilisation

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La reine Elizabeth II s’est éteinte jeudi 8 septembre en Écosse, à l’âge de 96 ans. Les hommages se sont succédés depuis, pour saluer la mémoire de cette reine qui aura marqué l’histoire. Chez nous, rares sont les personnalités marocaines qui se sont attelées à cet exercice sans tomber dans l’emphase ou la réthorique plébéienne.

Ahmed Charaï sort du lot avec une tribune publiée sur The National Interest, sous le prisme, de la géopolitique, la souveraineté et la démocratie. L’éditorialiste explique comment le legs le plus précieux de la reine Elizabeth à notre civilisation a été la démocratie. Une démocratie qui n’a jamais été autant menacée, l’ordre et le droit internationaux jamais autant mis en péril.

«La démocratie est le cadeau exceptionnel et unique de la Grande-Bretagne à notre monde. Elle mérite d’être préservée» a écrit M. Charaï.

Ci-après le texte intégral de cette analyse publié ce prestigieux magazine américain, sous le titre : « En mémoire de la dernière leçon de la reine Elizabeth II ».

Le cercueil du plus ancien monarque du Royaume-Uni a quitté aujourd’hui son château bien-aimé de Balmoral et a entamé son long voyage vers Londres. Tout au long du trajet, des milliers de personnes assisteront à la dernière procession de la reine Elizabeth II.

Leur chagrin spontané est réel, tout comme la douleur de la fin d’une ère.

Comme le monde entier le constate aujourd’hui, le peuple britannique est émotionnellement lié à sa reine, qui était une constante en des temps turbulents. Elle était la seule chose qui n’a pas bougé des années 1950 à aujourd’hui, et des millions de personnes ont trouvé cette constance réconfortante.

La mort de la reine n’est pas seulement importante pour les Britanniques, mais pour le monde entier.

Ahmed charaï – the national interest

La mort de la reine n’est pas seulement importante pour les Britanniques, mais pour le monde entier. Elle a supervisé la transition pacifique de l’empire au Commonwealth, libérant près d’un quart de la planète de la domination britannique. Aucun autre empire dans l’histoire ne s’est jamais dissous sans guerre civile, invasion ou effondrement financier. Plus d’un tiers de la population mondiale doit sa liberté à une femme qui a relevé l’un des plus grands défis de l’histoire.

À sa naissance, elle n’était même pas en lice pour la couronne, qui était portée par le frère de son père et devait revenir à ses enfants. Pourtant, une série d’événements improbables, dont une abdication historique, la propulse sur le trône en 1952. Elle aurait pu se contenter de présider des événements ritualisés et de profiter de ses châteaux et de ses pavillons de chasse. Mais elle ne l’a pas fait. Elle est devenue la plus grande ambassadrice de la Grande-Bretagne, gagnant la sympathie des côtes africaines et des îles du Pacifique. Elle a apporté la constance qui a rendu le changement possible, pour mettre fin à l’Empire britannique d’une manière différente de celle des empires français, néerlandais ou espagnol – avec la paix, le libre-échange et le maintien (dans de nombreux endroits) de la common law anglaise ( Jurisprudence anglaise ).

Aucun autre empire dans l’histoire ne s’est jamais dissous sans guerre civile, invasion ou effondrement financier

Ahmed charaï – the national interest

Son héritage comprend également un triomphe qui semblait impossible dans les années 1960 et 1970, le sauvetage de l’institution de la monarchie elle-même. À l’époque, les classes instruites considéraient la couronne comme une relique médiévale et débattaient ouvertement de sa disparition. Elles ont été étonnées, en juin 1977, lors du jubilé d’argent de la reine, par les grandes foules et les défilés qui ont été spontanément organisés dans toute la Grande-Bretagne et, plus surprenant, dans tout le Commonwealth. La reine bénéficiait d’un énorme soutien émotionnel, ont-ils appris. Finalement, toutes les discussions sur la fin de la monarchie se sont estompées.

La Grande-Bretagne est la plus ancienne démocratie du monde à fonctionner sans interruption. Elle n’a pas de constitution écrite mais des règles immuables qui ont peu changé au cours des siècles. La monarchie n’a pas de pouvoir exécutif, mais le Souverain incarne la Nation. Ce pouvoir symbolique peut avoir des répercussions sur le monde réel.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le soutien affiché du roi George au Premier ministre Winston Churchill et ses appels répétés à la résistance contre le nazisme ont façonné l’image indélébile de ce peuple vaillant, qui a affronté la barbarie seul et pendant des années. La reine Élisabeth II a fait preuve de la même constance et de la même efficacité.

L’héritage de la reine Elizabeth comprend également un triomphe qui semblait impossible dans les années 1960 et 1970, le sauvetage de l’institution de la monarchie elle-même

Ahmed Charaï – the national interest

Ces règles immuables reposent sur des traditions fortes qui, loin d’être folkloriques, donnent un sens à la monarchie. Ainsi, lorsque le Conseil du Trône proclame Charles III, roi d’Angleterre, c’est plus qu’un cérémonial. C’est la signature d’un contrat entre le souverain et le gouverné. Le souverain prête serment sur les engagements, qui sont les siens par tradition. Il protégera l’Église en tant que chef de la Communion anglicane, une union mondiale de croyants qui constitue le deuxième groupe le plus important du christianisme. Il maintiendra l’unité de la nation et, par-dessus tout, il s’engage à la servir toute sa vie. Il ne fait aucun doute qu’Elizabeth II a pris son serment au sérieux et son héritage repose sur cette simple vérité.

Elizabeth II a chéri la démocratie et rappelé à ses sujets sa valeur incomparable

Ahmed Charaï – The national interest

La reine avait également des leçons essentielles à donner. Élisabeth II est le dernier chef d’État à avoir connu la Seconde Guerre mondiale et ses atrocités. Lorsqu’Elizabeth est montée sur le trône, l’Union soviétique était sous la férule de Joseph Staline et la Chine était dirigée par Mao Zedong. Tout cela lui a appris où mène toujours la dictature, à la misère pour la majorité. Elle l’a vu de ses propres yeux.

Elle a donc chéri la démocratie et rappelé à ses sujets sa valeur incomparable.

La démocratie doit être constamment défendue, comme le montre l’invasion russe en Ukraine. Elle est fragile et, pour ses ennemis, elle semble souvent divisée, faible et peu sûre d’elle-même.

Et c’est là la dernière leçon d’Elizabeth II, la plus universelle : l’Occident doit retrouver sa foi en lui-même, comme la reine n’a jamais manqué de le faire, et en la démocratie elle-même. C’est pour cela que les Ukrainiens se battent et meurent. La démocratie est le cadeau unique de la Grande-Bretagne à notre monde. Elle mérite d’être préservée.


M. Ahmed Charai est le président-directeur général d’un groupe de médias et conseiller pour le Moyen-Orient aux États-Unis et à l’étranger. Il siège au conseil d’administration de nombreux groupes de réflexion et ONG, dont Atlantic Council, the International Center for Journalists, International Crisis Group, et le Jerusalem Institute for Strategy and Security. Ses articles sont parus dans des publications américaines et israéliennes de premier plan.

Ahmed Charaï : L’Espagne devrait s’impliquer davantage dans le rapprochement entre le Maroc et l’Algérie

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La position constante du Roi Mohammed VI quant à de relations fraternelles avec le voisin algérien est une leçon de realpolitik infligée au régime militaire sur place et à ses sponsors. Malgré toutes les attaques ignobles proférées contre le Maroc et la personne du Roi, le souverain n’a pas fait bouger d’un iota sa posture. Sans faillir, il a relevé et gagné les défis militaires, sécuritaires, économiques et diplomatiques de la relation exécrable que nourrie le palais d’El Mouradia, avec une détermination à toute épreuve tout en conservant une hauteur royale et toute la dignité des marocains.

Afin d’éclairer le lectorat espagnol, un des publics concernés par le discours du Roi Mohammed VI, prononcé, ce 30 juillet 2022, à l’occasion la fête du trône, l’éditorialiste marocain Ahmed Charaï a signé une tribune sur le quotidien madrilène La Razón, sous le titre «Supprimer les obstacles». M. Charaï démontre avec gravité que des relations fraternelles entre le Maroc et l’Algérie, souhaitées par le Roi, sont vitales pour l’avenir de l’Espagne et de toute l’Europe.

Une fois de plus, le roi du Maroc Mohammed VI, dans un discours prononcé à l’occasion de la fête du trône, a évoqué la nécessité de relations fraternelles entre le Maroc et l’Algérie et a rejeté toute tentative de créer des passions destructrices entre les deux peuples, écrit Ahmed Charaï dans une tribune publiée sur le journal espagnol La Razón.

Relations désastreuses et mauvaise fois algérienne

Ahmed Charaï brosse un tableau noir des relations Maroc-Algérie : « Aujourd’hui, les relations entre les deux pays sont bloquées, désastreuses, mettant en cause les intérêts des deux peuples. Les frontières sont fermées depuis un quart de siècle, les déclarations fracassantes sont monnaie courante et le choc des deux nationalismes est important».

Une dégradation nourrie essentiellement par l’animosité de la partie algérienne. «Dès que le Maroc prend une initiative dans le sens de l’apaisement, Alger répond par une virulence accrue et un rejet tonitruant», se désole l’éditorialiste.

Coût économique très élevé

«Cette situation de tension permanente est coûteuse et empêche l’émergence d’un marché fluide entre les deux grands pays de la région» affirme M. Charaï.

Le Maroc et l’Algérie ont des populations très jeunes. Les taux de croissance actuels ne permettent pas de réduire significativement le chômage. Dans ces conditions, les investissements étrangers ne sont pas un luxe mais sont absolument nécessaires et permettent la création de richesses, d’emplois et, en définitive, de bien-être pour les deux nations, souligne-t-il.

Alors que la Chine et la Russie envahissent l’Afrique, l’Europe a besoin d’un plan compact pour le sud de la Méditerranée.

Amhed Charaï – La Razón, 02/08/2022

La situation économique n’a jamais été aussi favorable. L’Europe, Espagne en tête, assure que le vieillissement de sa population limite les perspectives de croissance. Les possibilités résident dans le continent africain, dont l’Afrique du Nord est la porte d’entrée. Dans tous les secteurs – agriculture, industrie, tourisme – cette région est attractive.

«Mais les relations entre le Maroc et l’Algérie constituent un véritable obstacle» affirme M. Charaï.

Les économistes s’accordent à dire que les deux pays perdent 2 à 3 points de croissance chaque année, ce qui est énorme et semble suicidaire quand on sait que chaque point de croissance équivaut à des centaines de milliers d’emplois, poursuit l’éditorialiste.

La normalisation des relations Maroc-Algérie, un enjeu géostratégique

«Une normalisation entre Rabat et Alger permettrait un partenariat plus poussé avec la Tunisie et la Mauritanie et faciliterait la stabilisation de la Libye. Cela ne peut que renforcer le poids de ce groupe sur la scène internationale», analyse M. Charaï.

Le gouvernement Sánchez en Espagne s’inscrit dans cette vision qui ambitionne d’instaurer des relations pacifiques, réalistes et bénéfiques avec ses deux voisins, affirme-t-il.

M. Charaï rappelle l’importance du sud de la Méditerranée que le gouvernement espagnol considère comme une région vitale pour son pays. Toutefois, il appelle ce même gouvernement à s’engager de manière plus soutenue à apaiser les tensions.

«Il faut espérer que la diplomatie de Madrid s’implique davantage dans le processus de normalisation entre ses deux voisins, qu’elle considère comme des partenaires indispensables», insiste-t-il.

Il est dans l’intérêt de toutes les parties de s’orienter vers une coopération plus étroite entre les deux rives de la Méditerranée, poursuit M. Charaï.

Les dirigeants algériens viendront, plus ils seront nombreux, mieux ce sera, a-t-il renchéri.

Et de conclure : «Les enjeux géostratégiques dans cette région sont élevés. Alors que la Chine et la Russie envahissent l’Afrique, l’Europe a besoin d’un plan compact pour le sud de la Méditerranée. C’est une évidence qui s’applique à tous».

Les six commandements d’Ahmed Charaï pour forcer Poutine à quitter l’Ukraine

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Comment faudrait-il mettre fin à la guerre qui s’éternise ? Fissuré, le front atlantiste peut-il forcer la Russie de Poutine à quitter l’Ukraine sans escalade aucune ? Des questions qui nous taraudent l’esprit et auxquelles, le directeur de publication du The Jerusalem Strategic Tribune, M. Ahmed Charaï propose une batterie de recommandations. Articulée autour de six axes, la vision de M. Charaï défend le principe d’unité internationale pour soutenir une Ukraine indépendante, souveraine et démocratique. Il plaide également pour un rôle plus engagé et une politique étrangère cohérente des États-unis pour maintenir et promouvoir un ordre international juste et durable.

Lorsque la Russie de Poutine a envahi l’Ukraine le 24 février dernier, elle espérait s’emparer du pays en une attaque éclair qui ne durerait que quelques jours ou quelques semaines. De nombreux analystes occidentaux le pensaient aussi.

Il n’y a pas eu de victoire rapide pour les puissantes forces du président russe Vladimir Poutine, pas de déroute qui permettrait au Kremlin de contrôler la majeure partie de l’Ukraine et d’établir un gouvernement.

Au lieu de cela, les troupes russes se sont enlisées dans les faubourgs de Kiev et d’autres grandes villes, au milieu de défenses ukrainiennes très solides. Les convois de blindés russes semblaient bloqués sur de longs tronçons d’autoroute. Les troupes se sont retrouvées à court de fournitures et d’essence, devenant des cibles faciles.

Un peu plus d’un mois après l’invasion, la Russie a effectivement reconnu l’échec de son blitz et a retiré ses troupes des zones proches de Kiev, déclarant un changement d’orientation vers la région industrielle orientale du Donbas, où les séparatistes soutenus par Moscou combattent les forces ukrainiennes depuis 2014.

«La guerre a commencé, dans l’esprit du président russe Vladimir Poutine, par deux grandes idées fausses. La paix ne viendra que lorsque le dirigeant russe admettra qu’il s’est trompé à leur sujet» entame Ahmed Charaï son analyse parue ce jeudi sur la revue américaine The National Interest.

«Poutine pensait pouvoir s’emparer de Kiev en deux jours. Il croyait que l’Ukraine était essentiellement une grande Biélorussie, où le nationalisme est tiède et désorganisé, et où l’incursion armée de Poutine, en faveur d’une marionnette russe impopulaire, était plus courte que la plupart des vacances européennes», poursuit l’éditorialiste.

M. Charaï affirme que le président russe s’attendait à ce que ses forces allait rencontrer une résistance symbolique en Ukraine et que son commandement total allait prendre peu de temps à s’établir.

«Si la résistance de l’Ukraine était farouche, il s’attendait à une répétition de la prise de la Crimée en 2014 – une guerre sanglante mais brève où l’Occident n’a tiré que des démarches diplomatiques, plutôt que d’expédier des roquettes et des obus d’artillerie à la tonne», souligne-t-il.

Les paris ratés de Poutine

Poutine imaginait également que son impressionnant et terrible déploiement de force intimiderait ou disperserait l’Union européenne et, par extension, l’OTAN. Les exportations de gaz de la Russie, il le savait, étaient vitales pour certains membres de l’UE, en particulier l’Allemagne, la plus grande économie d’Europe continentale et son bloc le plus important au Parlement européen.

La maître du Kremlin, écrit M. Charaï, a bâti sa stratégie d’invasion sur des paris qui se sont tous avérés perdants:

  • Enérgie

Poutine a parié sur le fait que les Européens ne reviendraient jamais sur la fermeture de leurs centrales nucléaires et à charbon, qu’ils n’augmenteraient pas leurs importations de gaz naturel en provenance des États-Unis et du Qatar et qu’ils ne prévoiraient pas de nouveaux pipelines en provenance d’Afrique du Nord ou du Proche-Orient.

«Il pensait que les sentiments pro-environnementaux de l’Europe rendaient ces changements impensables», affirme M. Charaï.

  • Militarisation de l’Allemagne et du Japon

Le plus choquant pour la pensée d’avant-guerre de Poutine a dû être le renversement abrupt de plus de soixante-dix ans de consensus sur les dépenses militaires en Allemagne et dans le lointain Japon. Longtemps soucieux de montrer au monde qu’ils ne seraient jamais des puissances militaires du type de celles de la Seconde Guerre mondiale, ces deux pays ont soudainement annoncé des budgets plus importants pour leurs forces armées, notamment les augmentations les plus fortes observées depuis la fin de la guerre froide.

Alors, comment le monde peut-il influencer Poutine pour qu’il se retire et non pour qu’il y ait une escalade ?

Les six commandments d’Ahmed Charaï

  1. Unité Internationale

La stratégie occidentale au début de l’invasion russe était essentiellement axée sur le fait de faire payer cher à Poutine sa guerre, car on le croyait pouvoir arracher rapidement une victoire. Cependant la résistance ukrainienne, fortement soutenue médiatiquement, financièrement et militairement par les États-Unis, le Royaume-Unis et d’autres pays de l’OTAN, a changé la donne. Poutine a été obligé de procéder à un retrait humiliant pour concentrer ses frappes dans l’Est et le sud du pays.

La guerre se prolonge et les crises alimentaires et énergétiques éclatent. C’est à ce moment là que les fissures dans le « bloc occidental » ont commencé à apparaître.

Deux groupes de pays au sein de l’UE vont émergés. La « nouvelle Europe », nom donné par Donald Rumsfeld, ancien secrétaire d’Etat nord-américain, au groupe de la Pologne et des pays baltes et la « vielle Europe » composée de la France, de l’Italie et de l’Allemagne.

Les États de la « nouvelle Europe » qui comptent sur le soutien de Washington ont adopté une posture très dure à l’égard de Poutine et voient dans l’invasion de l’Ukraine une menace directe pour leur sécurité. Les États-Unis utilisent, d’ailleurs, cette position pour poursuivre ses objectifs propres.

Si ce premier groupe fait de la défaite de Poutine un objectif, l’autre bloc européen estime que la Russie russe ne devrait pas être humiliée. l’axe Paris-Berlin-Rome, souhaite la victoire de l’Ukraine mais ne conçoit pas Moscou en dehors de tout nouvel ordre de sécurité construit en Europe.

C’est précisément cette désunion de l’Europe et d’autres pays de la planète que M. Ahmed Charaï estime être l’un des freins à la fin de la guerre.

« Le monde doit s’unir pour soutenir l’Ukraine en tant que pays indépendant, souverain et démocratique. L’annonce récente par l’Allemagne de son soutien à l’intégrité territoriale de l’Ukraine, y compris la Crimée, devrait mettre un terme à toute discussion sur l’échange de territoires contre la paix » écrit l’éditorialiste.

  1. Un plan Marshall pour la reconstruction de l’Ukraine

M. Charaï affirme que la croissance militaire et économique de l’Ukraine doit être encouragée et renforcée.

«Une Ukraine faible et vulnérable ne fera qu’inviter à une nouvelle agression russe. La reconstruction de l’Ukraine nécessitera des investissements considérables de la part du secteur privé. Mais les investissements du secteur privé dépendent d’un environnement généralement sûr» souligne-t-il.

Les États-Unis, poursuit M. Charaï, ont une occasion historique de construire avec leurs alliés la meilleure dissuasion contre une future agression russe et de contribuer à lutter contre la culture endémique de la corruption en Ukraine grâce à un mini plan Marshall bien conçu.

  1. Une politique étrangère américaine cohérente

C’est d’une constante du plaidoyer de M. Ahmed Charaï dans ses différentes interventions et analyses. Il s’agit de l’impact négatif sur l’ordre mondial de l’érosion de l’engagement des dirigeants américains en matière de politique étrangère.

«Ce qui s’érode depuis quelques années, c’est l’engagement des dirigeants américains à défendre, maintenir et promouvoir un ordre international dans lequel les nations observent des règles et des normes communes, adoptent des systèmes économiques libéraux, renoncent à la conquête territoriale, respectent la souveraineté nationale et adoptent des systèmes de gouvernement participatifs et démocratiques» insiste-t-il.

Et de poursuivre : «Dans un environnement mondial de plus en plus complexe, les États-Unis ne peuvent atteindre cet objectif qu’en tirant parti de leur force grâce à une politique étrangère cohérente qui répond aux défis posés par la Russie et la Chine. Pour ce faire, ils doivent délibérément renforcer et cultiver des relations productives avec leurs alliés, partenaires et autres nations ayant des intérêts communs».

  1. Adresser une offre attrayante pour contenir l’influence de la Chine

Les décideurs américains, toutes tendances politiques confondues, n’ont pas donné la priorité aux pays africains et de l’espace indopacifique, dans les plans de politique étrangère des États-Unis. Au contraire, l’intérêt limité de Washington pour l’Afrique principalement a manqué de coordination et est maintenant souvent perturbé par un concept mal défini «d’influence chinoise».

A ce titre, Washington a tout intérêt à s’attacher à développer une vision positive de l’avenir de leur rôle en Afrique et de l’espace indopacifique plutôt que de s’en tenir à critiquer l’engagement de la Chine sur ces régions du monde.

«Les États-Unis doivent offrir des alternatives politiques, économiques et sécuritaires attrayantes à l’influence de la Chine dans la région indo-pacifique, en Afrique et au-delà», recommande Ahmed Charaï.

  1. Maintenir le dialogue stratégique avec la Chine

Dans son dernier rapport sur Dialogue stratégique et économique entre les États-Unis et la Chine, le Comité national pour la politique étrangère américaine (NCAFP) révèle que que les processus de dialogue officiels ont permis d’atteindre bien plus de résultats qu’on ne le pense souvent et qu’ils constituent un moyen peu coûteux de faire progresser les intérêts américains de manière pacifique.

«Les États-Unis et la Chine continueront d’être en désaccord sur des questions fondamentales, mais devraient utiliser le dialogue direct pour exprimer ces préoccupations et réduire les malentendus et les perceptions erronées qui freinent la coopération sur le changement climatique mondial et le traitement et le rétablissement des pandémies», souligne le document.

Un an après, les relations entre les États-Unis et la Chine restent très tendues, malgré une politique moins ferme de la part de l’administration Biden. Une situation qui selon M. Charaï n’arrange pas le contexte international.

« L’administration américaine doit maintenir un dialogue stratégique productif avec la Chine permettant une communication claire des préoccupations essentielles des États-Unis tout en aidant les dirigeants américains à comprendre les intérêts et les objectifs de la Chine», affirme-t-il.

  1. Equilibrer entre les principes universels et les particularités régionales

Ce qui a toujours fait l’exception américaine, c’est cette politique chère à Henry Kissinger, celle d’aligner les stratégies des États-Unis sur les principes universels, au moment le reste de la planète se contentait à la promotion des intérêts nationaux.

«Les principes universels peuvent être combinés avec la reconnaissance de la réalité des histoires, des cultures et des perspectives des autres régions sur leur sécurité», recommande Ahmed Charaï.

Kissinger en avait d’ailleurs fait le fer de lance de sa vision de l’ordre mondial dans son livre publié en 2014 (World Order). « La célébration des principes universels doit aller de pair avec la reconnaissance de la réalité des histoires, des cultures et des points de vue d’autres régions sur leur sécurité.» a-t-il écrit.

« Nous devrions tirer les leçons de ces sages paroles et éviter de nous méprendre sur nos propres grandes fausses idées.» conclut M. Charaï son analyse parue sur The National Interest.

Ahmed Charai est l’éditeur de The Jerusalem Strategic Tribune. Il est membre du conseil d’administration de nombreux groupes de réflexion, dont l’Atlantic Council, l’International Crisis Group, le Center for Strategic and International Studies, le Foreign Policy Research Institute et le Center for the National Interest.

Israël : Bennett ouvre une autoroute électorale à Benny Gantz, l’ex-général que «personne ne déteste vraiment»

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Alors que le couple Bennett-Lapid annonçait l’effondrement de leur coalition et la dissolution du Knesset, le ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, était l’invité, ce lundi 20 juin, du Conseil d’Administration du «The Jerusalem Strategic Tribune», le média américain inédit fondé et présidé par le marocain Moulay Ahmed Charaï.

Ce n’est pas un hasard que Gantz a tenu à médiatiser «ce briefing» sur son compte Twitter. Cet ex-général que «personne ne déteste vraiment», s’érige désormais comme l’homme politique israélien suffisamment armé pour faire barrage à Netanyahu.

Et, ce qui devait arriver finalement arriva, le destin inéluctable, le couperet de la crise politique ouverte, l’effondrement de la coalition gouvernementale Bennett-Lapid et la dissolution du parlement, la Knesset.

Ce fut d’ailleurs la coalition la plus improbable de toute l’Histoire d’Israël réunie autour de même objectif: «le tout sauf Bibi» (Bibi, surnom de Benjamin Netanyahu). Elle (la coalition) a tenté, selon Bennett, «d’instaurer une gouvernance éclairée et de rétablir le sentiment de dignité nationale avec les huit partis qui la formaient», jusqu’à ce qu’il décide de la sacrifier sur l’autel de la vengeance.

La nuit des longs couteaux pour Bennett

La Société de radiodiffusion publique israélienne KAN a commenté la décision surprise de la dissolution de la Knesset dans un article au titre lapidaire : «La nuit des longs couteaux pour Bennett, l’opportunité inespérée pour Lapid».

«Bennett a sorti de longs couteaux aujourd’hui, tout a été arraché», écrit le journaliste de KAN, Michael Shemesh. «Tous les rebelles et tous ceux qui ont cligné un instant des yeux sur la possibilité de quitter le gouvernement, y sont passés».

Selon la même source, Naftali Bennett a visé en premier lieu celle qui avait donné le premier coup de semonce pour la coalition gouvernementale, la ministre de l’Intérieur et la numéro 2 de son parti, Ayelet Shaked.

«Le premier ministre a choisi le jour où cette dernière s’envolait pour le Maroc pour faire son annonce de dissolution du parlement» a-t-il affirmé.

«Elle ne savait pas quel accueil allait-on lui réserver dans ce pays chaud (Maroc, ndlr). Une telle cruauté n’existe qu’en politique» souligne le journaliste.

Et de poursuivre : «Bennett est furieux de la conduite de ses partenaires. Aujourd’hui, l’annonce de la dissolution du parlement a pris des tournures de vengeance froide et douce contre Ayelet Shaked, Abir Kara et Nir Orbach», écrit Shemesh.

Bennett a menée une bataille sanglante jusqu’à la dernière minute, révèle la même source. Il en est sorti meurtri et blessé. Bennett s’est senti trahi et humilié, et aucun des membres de son parti – à l’exception de Matan Kahana – n’a été mis au courant des manœuvres, révèle l’article de KAN. Bennett est furieux de la conduite de ses partenaires, de leurs négociations avec le Likoud, de leur discours sur la dissolution du gouvernement et surtout du fait qu’ils n’ont pas accepté un seul instant le fait qu’il soit Premier ministre.

«Un seul coup de fil, puis plus de gouvernement, plus d’élections, plus de parti, plus de contacts, plus de promesses, plus de premier ministre, tout le monde s’est retrouvé sans rien» dramatise le journaliste.

Opportunité inespérée pour Lapid

«Jamais Yair Lapid n’aurait été élu Premier ministre d’Israël», assure Michael Shemesh. Plus de dix ans et d’innombrables tours d’élections l’ont prouvé : l’électeur israélien ne s’intéresse pas à lui comme premier ministre.

Lapid ne s’est pas «porté candidat au poste de Premier ministre», c’est juste un concours de circonstance. Bennett qui s’est interdit toute entourloupe ou coup bas contre son partenaire, lui offre ainsi l’opportunité de sa vie on lui permettant d’assurer le poste de premier ministre.

En effet, selon l’accord de rotation entre Bennett et Lapid, dès que la Knesset sera dissoute et que des élections seront organisées, Lapid deviendra le Premier ministre par intérim.

Lapid continuera également à être ministre des affaires étrangères, tandis que Bennett deviendra le premier ministre suppléant et occupera le dossier de l’Iran dans le gouvernement intérimaire. Bien que des sources proches du Premier ministre affirment qu’il envisage de se retirer complètement de la politique.

Gantz invité spécial du Conseil d’administration du «The Jerusalem Strategic Tribune»

Le ministre de la Défense, Benny Gantz, était l’invité d’un «briefing» organisé avec le conseil d’administration de «The Jerusalem Strategic Tribune» à la Knesset, ce lundi 20 juin. Gantz était accompagné de la ministre de l’Innovation, des Sciences et de la Technologie, Orit Farkash-Hacohen, de son chef de cabinet et de plusieurs députés du parti Bleu et Blanc.

La séance était organisée pour marquer la sortie du quatrième numéro du «The Jerusalem Strategic Tribune», une publication indépendante fondée et publiée par Ahmed Charai, président et PDG de Global Media Holding, un groupe d’édition et de radiodiffusion, et conseiller pour le Moyen-Orient à Washington.

Immédiatement après la rencontre, Benny Gantz publie sur son compte twitter sa photo avec M. Charai et les membres du Conseil de JST.

«C’était un plaisir de rencontrer le conseil d’administration du The Jerusalem Strategic Tribune pour une discussion sur les défis stratégiques, avec en tête l’agression régionale de l’Iran, ainsi que sur les possibilités de renforcer les alliances régionales avant la visite prévue du président américain Biden au Moyen-Orient». s’est-il félicité.

Pour sa part, Ahmed Charaï, cité par The Jerusalem Post, a déclaré lors de ce briefing que « la prochaine visite du président Biden en Israël et en Arabie saoudite constituera un jalon dans la diplomatie américaine pour les années à venir. Une visite qui représente peut-être la plus grande opportunité de sa présidence de réaliser un accomplissement positif et historique ».

M. Charai a ajouté que les accords d’Abraham ont un grand potentiel pour faire évoluer le Moyen-Orient pour le mieux et a déclaré que «la dynamique de normalisation induite par les accords d’Abraham pourrait enfin conduire l’État juif à coexister pleinement avec les Arabes dans toutes les dimensions : culture, science, santé, sport, affaires, armée, religion et diplomatie. Il est dans l’intérêt d’Israël et des États-Unis de réaliser cette intégration

Malgré le soutien de longue date des partis ultra-orthodoxes au leader de l’opposition Benjamin Netanyahou, la faction du Judaïsme unifié de la Torah pourrait se retrouver à soutenir un accord avec le leader du Kahol Lavan et actuel ministre de la défense Benny Gantz.

Dans une interview accordée à la radio de l’armée mardi, Uri Maklev, un député du parti ultra-orthodoxe Yahadout HaTorah et législateur de la coalition anti-Netanyahu, a mis en doute la capacité de Netanyahu à former un gouvernement alors qu’Israël se dirige vers sa cinquième élection en trois ans.

«Je ne pense pas que Netanyahu réussira à établir un gouvernement. J’espère que ce ne sera pas le cas, je ne veux pas ouvrir la bouche. Ce n’est pas une bonne chose. Mais si c’est le cas, nous parlons dans quatre ou cinq mois encore, et qu’il ne réussit pas et que Gantz est capable de le mettre en place… Je pense qu’il peut aussi s’adapter aux partis de droite», a déclaré Maklev.

Par ailleurs, Benny Gantz compte maintenir son influence sur l’armée. En effet, il a annoncé qu’il ne laisserait pas la crise politique actuelle empêcher la nomination d’un chef militaire permanent.

Le ministre de la Défense Benny Gantz, rapporte i24News, a expliqué sa décision d’accélérer le processus de nomination du prochain commandant des Forces de défense israéliennes comme une tentative d’éviter que l’armée ne soit entraînée dans la tourmente politique du pays.

«Je ne permettrai pas que les forces de Tsahal deviennent prisonnières du système politique», a déclaré Benny Gantz lors d’une récente conversation privée, selon la chaine de télévision Channel 12.

Cette determination de Gantz de nommer le commandant de l’armée est de l’avis d’observateurs une manière de couper l’herbe sous les pieds de Netanyahu qui avait façonner les hauts responsables de la sécurité israélienne.

Enfin, dans le cadre de la visite de Joe Biden au Moyen Orient, qui donnerait le feu vert à l’intronisation de Mohammed ben Salmane et la création d’une nouvelle alliance régionale, Benny Gantz se positionne comme la personne clé à même d’accompagner l’inexorable bouleversement de la géostratégie mondiale.

Gantz prend de la hauteur et le fait savoir : « L’année dernière, avec mes collègues du Pentagone et de l’administration, nous avons promu un vaste programme visant à renforcer la coopération entre Israël et les pays de la région sous les auspices américains. Ce plan est déjà opérationnel et a contrecarré les tentatives iraniennes de défier Israël et d’autres pays du Moyen-Orient» s’est-il félicité sur Twitter.

Puis, il ne cache plus ses ambitions politiques en annonçant, ce mardi, dans une allocution devant les partisans de son parti «Bleu et blanc» sa volonté de gagner les élections.

«Nous irons aux urnes la tête haute. Nous maintiendrons la sécurité, nous préserverons la société israélienne et nous continuerons à gérer le pays pour tous ses citoyens – ceux qui voteront pour nous et ceux qui ne voteront jamais pour nous. Telle est notre voie» s’est-il exclamé.

«J’entends des voix de désespoir, et je cherche à faire entendre des voix d’espoir – on peut gagner et rester ensemble, et on doit gagner et rester ensemble», a scandé Benny Gantz.

Ayelet Shaked au Maroc, un évènement en Israël

Ayelet Shaked n’est pas uniquement la ministre de l’Intérieur d’Israël et figure de l’ultranationalisme israélien. Elle est celle par qui le processus de la dissolution du parlement de son pays s’est enclenché.

La femme de fer israélienne a fini par céder aux avances de Bibi et plaide désormais pour la constitution d’un gouvernement de droite alternatif dirigé par le Likoud de Netanyahu.

Ce contexte a fait de la visite de Shaked à Rabat, un évènement de taille à Tel-Aviv. Tous les yeux étaient rivés sur celle qui a fait sauter la coalition de son compagnon d’arme Naftali Bennett.

Interrogée sur les rebondissements de la décision du premier ministre de la dissolution de la Knesset, Ayelet Shaked a répondu dans un ton ironique depuis Rabat : «J’ai entendu dire que certaines choses se passent en Israël. Je continue cette visite comme si de rien n’était. J’ai une mission, celle de faire venir des travailleurs étrangers en Israël pour les domaines des soins infirmiers et de la construction

Shaked est arrivée lundi au Maroc, où elle a rencontré son homologue, ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit et le Chef de la diplomatie, Nasser Bourita.

Ahmed Charaï : Face à la crise, Akhannouch doit s’engager «plus personnellement» dans la recherche d’investisseurs

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L’économie mondiale est en crise. La plus grave du genre depuis la Seconde Guerre mondiale. Elle a trouvé naissance avec la crise financière de 2008, pour s’amplifier avec le Covid et s’intensifier avec le choc de la guerre en Ukraine. Face à cette conjoncture exceptionnelle qui fait vaciller les économies les plus stables, l’action de l’exécutif marocain est jugée par bon nombre d’observateurs «d’improductive». Dans son dernier éditorial, Ahmed Charaï s’est préoccupé du fait que le gouvernement reste davantage sous l’emprise de la politique politicienne que mobilisé pour résorber le chômage et améliorer le quotidien des gens.

L’économie mondiale est désormais sur le pied de guerre. Exacerbée par un militarisme croissant, la crise économique ne ressemble pas à une autre depuis la Seconde Guerre mondiale. Tous les voyants sont au rouge écarlate: inflation record, crises alimentaires et énergétiques mondiales, perturbations de la chaîne d’approvisionnement…

Une situation que rappelle Ahmed Charaï dans son dernier édito paru sur «L’Observateur du Maroc & d’Afrique» : «La pandémie a déstructuré les circuits d’approvisionnement ; le cycle inflationniste, très violent, fait vaciller les économies réputées les plus stables. La peur d’une récession n’est pas un fantasme, la conjonction de plusieurs phénomènes, chute de la consommation, renchérissement des matières premières etc…peuvent impacter négativement l’économie mondiale».

Alors que les défis colossaux de cette conjoncture inédite pèsent sur toute la planète, M. Charaï constate que la réponse des États démocratiques a été des choix claires et assumés de politiques économiques.

Pour illustrer ses propos, l’éditorialiste cite les choix économiques qui se sont imposés comme le principal déterminant du jeu politique dans deux grands pays du G20, la France et l’Australie.

«Alors que des observateurs mettaient en avant des sujets comme l’émigration, l’insécurité, c’est sur la question du pouvoir d’achat que se sont jouées les élections en France», souligne M. Charaï. Quand aux travaillistes australiens, pour conquérir le pouvoir de l’ile-continent, «ils ont proposé une relance par le soutien de la demande et le renforcement des services publics» a-t-il poursuivit.

L’analyse de l’éditorialiste aboutit à la conclusion que «l’économie s’impose désormais comme le sujet principal de l’action politique et élague la politique politicienne qui paraît de plus en plus éloignée des préoccupations des citoyens, d’une jeunesse de plus en plus exigeante et bien informée».

La transition est toute faite par l’analyste pour aborder le cas Maroc.

Appel du pied au «capitaine d’industrie» Aziz Akhannouch

M. Charaï n’a pas caché sa préoccupation quand à la fragilité de la situation socio-économique des «couches populaires» et la posture improductive du gouvernement Akhannouch, affichée jusqu’à ce jour.

«L’inflation, même maîtrisée, érode le pouvoir d’achat, surtout des couches populaires.» s’est-il alarmé.

Et d’ajouter : «L’exécutif a des atouts. Il devrait les jouer pleinement pour renforcer l’attractivité du pays au lieu de s’enfermer dans les schémas de basse politique et se soustraire à ces méandres médiocres et improductifs».

M. Charaï estime que l’économie doit primer sur le reste. A ce propos, il fustige les mesures courtermistes prises par le gouvernement, dépouillées de toute stratégie d’investissement.

«Les réponses conjoncturelles, bien que nécessaires, ne peuvent être l’alpha et l’oméga des politiques publiques. C’est l’investissement qui est la clé de l’émergence, de la création d’emplois et donc de l’amélioration du niveau de vie.» a-t-il écrit.

Et de poursuivre : « le Chef du Gouvernement, fort de sa stature de capitaine d’industrie, ce qui est une force et non une tare, doit s’engager plus personnellement dans la recherche d’investisseurs. Il serait utile au pays dans cette posture ».

La conclusion du plaidoyer d’Ahmed Charaï sonne comme une piqûre de rappel sur les conséquences politiques de l’inefficacité économique du gouvernement Akhannouch : «Au final, ce gouvernement sera jugé sur sa capacité à résorber le chômage et améliorer le quotidien des gens. Le reste n’est que palabre sans intérêt réel pour les citoyens.»

Ahmed Charaï : Les États-unis doivent chercher à comprendre pourquoi 100 nations n’ont pas soutenu l’Ukraine à l’ONU

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L’Assemblée générale des Nations unies s’est réunie le 7 avril dernier, pour la troisième fois depuis le début de la guerre en Ukraine, pour adopter une nouvelle résolution qui suspend la Russie du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Si le monde occidental a largement condamné l’invasion russe, voire a pris de sévères sanctions contre Moscou, Vladimir Poutine n’est pas pour autant totalement isolé dans le conflit. En effet, 100 États sur 193 ont préféré ne pas soutenir le dernier vote onusien. Un phénomène peu commenté par la communauté internationale, probablement du fait que les pays concernés sont africains, arabes et asiatiques.

Dans le vacarme des bruits de bottes qui sature l’atmosphère fébrile de la guerre, une voix marocaine s’est levée pour attirer l’attention sur le déni occidental face à cette unité de l’ONU qui se fissure. Dans une tribune publiée sur la plateforme de réflexion et d’analyse américaine «The Jerusalem Strategic Tribune», Ahmed Charaï estime que la stratégie adoptée par les dirigeants occidentaux dans le conflit ukrainien favorise davantage l’émergence d’un désordre mondial. L’éditorialiste fustige le réflexe de vouloir condamner systématiquement les nations qui se sont abstenues de voter contre la Russie. «Les États-unis doivent chercher à comprendre pourquoi ces nations ont pensé que s’abstenir de voter était leur meilleure option» a-t-il souligné.

«Dans le siège emblématique de l’ONU à New York, le monde a voté au sujet de la plus grande invasion de la Russie depuis la Seconde Guerre mondiale – révélant les fractures et les fissures du soutien mondial à la démocratie», ainsi qa entamé Ahmed Charaï sa tribune publiée sur le journal américain «The Jerusalem Strategic Tribune», pour laquelle il a choisi le titre : «Nouveau désordre mondial : Ce que le vote de l’ONU sur la Russie révèle réellement sur la politique mondiale».

La suspension de la Russie du Conseil des droits de l’homme des Nations unies était techniquement la question soumise aux délégués. Mais chaque diplomate savait qu’il s’agissait en réalité d’un vote contre l’agression russe en Ukraine, nuance l’éditorialiste.

M. Charaï affirme que le résultat du vote a révélé la fragilité du consensus en faveur de la démocratie et de l’autodétermination. Car seuls 93 États (sur 193) ont voté en faveur du retrait de la Russie du comité des droits de l’homme, et donc de la condamnation de ses actions contre son voisin plus petit et plus faible

«Vingt-quatre autres pays (dont la Chine) ont voté en faveur de la Russie», précise-il. Et d’ajouter : «Plus inquiétant encore, 58 pays se sont abstenus, refusant de prendre parti dans ce que beaucoup considèrent comme un duel entre les grandes puissances».

M. Charaï souligne que le reste des pays craignent que les prix de l’énergie, des denrées alimentaires et des engrais ne continuent à grimper si le conflit s’intensifie. La Russie et l’Ukraine étant d’importants producteurs de pétrole, de gaz, de blé et de fertilisants, des produits vitaux pour les pays en développement.

«C’est une question de vie ou de mort. La peur et la nourriture sont plus importantes pour de nombreux pays en développement que les idéaux démocratiques», insiste l’éditorialiste, avant de faire le constat suivant : «Les décideurs américains et européens devront faire face à une dure vérité : si la Russie est isolée sur le plan diplomatique, elle n’est pas totalement seule, et de nombreux pays ne sont pas du côté de l’Ukraine et de ses espoirs démocratiques».

M. Charaï, souligne le fait que ce n’est pas par ignorance que les délégués de l’ONU se sont abstenus, mais que les grands idéaux et le désespoir des ukrainiens n’ont rien pu faire face la dure réalité économique et politique de ces pays.

«La vue depuis les décombres de la banlieue de Kiev n’est pas pleine d’espoir. Les dirigeants démocratiquement élus de l’Ukraine savent qu’ils peuvent être capturés, blessés ou tués. Et ils savent aussi que l’histoire des sanctions, l’arme de prédilection de la coalition occidentale, montre qu’elles échouent presque toujours à dompter les envahisseurs. Tous ces faits étaient connus des délégués de l’ONU. En effet, ils les auraient entendus directement de la bouche des diplomates ukrainiens. Mais les grands idéaux et le désespoir réel ne les ont pas fait bouger», constate-t-il.

Les raisons pour lesquelles 100 nations ont décidé de ne pas soutenir l’Ukraine lors du vote des Nations unies

Ahmed Charaï a regroupé les 100 nations qui ont décidé de ne pas soutenir l’Ukraine lors du vote des Nations unies en cinq groupes : 1) Afrique; 2) Amérique latine; 3) Chine; 4) Inde; 5) Pays arabes et Israël.

Pour chaque groupe, l’éditorialiste a apporté avec précision les considérations endogènes et exogènes qui ont poussé à cette prise de distance vis-à-vis le conflit ukrainien.

1. Afrique

En Afrique, la Russie a noué des relations de longue date avec la Libye, la République démocratique du Congo et le Mali, et déploie souvent un schéma postcolonial, qui suggère que la Russie soutient les nations indépendantes et émergentes par rapport à leurs anciens colonisateurs. Cette ligne rhétorique est une continuation du thème promu à l’époque de l’Union soviétique, en particulier à partir des années 1950.

2. Amérique latine

En Amérique latine, une forme d’antiaméricanisme parmi les classes instruites s’est traduite par une réticence à critiquer ouvertement Poutine. Ce phénomène est amplifié par les messages propagés ouvertement par Cuba et le Venezuela.

3. Chine

L’abstention initiale de la Chine est davantage perçue comme un signe d’embarras face aux visées belliqueuses de son partenaire russe, que comme une preuve de son intérêt pour un rapprochement avec l’Occident.

Dans les capitales occidentales, beaucoup veulent croire que Pékin a tout intérêt à ce que le cessez-le-feu intervienne rapidement, afin de ne pas entraver sa croissance économique. En réalité, la Chine ne voit aucune raison de mettre en colère la Russie, un important fournisseur de pétrole, de gaz et de charbon, d’autant plus que les nations occidentales découragent la production des combustibles fossiles dont la Chine a précisément besoin. Les cercles d’élaboration des politiques à Pékin ne sont pas peuplés d’idéalistes, et ses décisions sont invariablement intéressées et pragmatiques.

4. Inde

L’Inde, pour sa part, est un allié de longue date de la Russie, l’un de ses principaux fournisseurs d’armes. New Delhi estime qu’elle aura besoin de ces armes face au renforcement militaire chinois dans la région, ainsi que face aux problèmes non résolus avec le Pakistan.

5. Pays arabes & Israël

Les nations arabes n’ont pas l’intention d’abandonner leurs relations avec la Russie, qui s’est imposée comme une force avec laquelle il faut compter lorsqu’elle a sauvé le président syrien Bachar el-Assad par son intervention militaire, ni avec la Chine, le plus gros acheteur de pétrole et de gaz de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis.

En effet, les dirigeants arabes sont mécontents de l’administration Biden pour son retrait précipité d’Afghanistan l’année dernière, ses négociations en cours avec le régime menaçant de l’Iran, et son laxisme face aux attaques terroristes et aux tirs de roquettes des Houthis au Yémen. Pour la première fois, les dirigeants arabes s’interrogent, publiquement, sur la viabilité du système politique américain et sur la cohérence de la politique étrangère américaine.

Sur le dossier nucléaire iranien, Israël, l’un des plus fermes alliés des Etats-Unis dans la région, craint que l’administration Biden ne veuille à tout prix conclure un accord avec le régime iranien sans tenir compte de l’impact possible sur l’agression régionale de Téhéran. Le ministre israélien de la défense a même appelé à la mise en place d’un «plan B solide» pour faire face au programme nucléaire iranien.

En conséquence, ni les Arabes ni les Israéliens n’étaient enthousiastes à l’idée de soutenir les États-Unis à l’ONU – même s’ils ont fini par s’aligner.

Pour la première fois, les dirigeants arabes s’interrogent, publiquement, sur la viabilité du système politique américain et sur la cohérence de la politique étrangère américaine.

Ahmed Charaï , The Jerusalem Strategic Tribune

Érosion de la défense de l’ordre mondial

Faute de pouvoir s’en prendre à l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, les pays occidentaux ont déportés les votes en Assemblée générale. Deux scrutins sans conséquence pratique sur la Russie ont pourtant révélé la fragilité de l’unité de l’ONU. Une fragilité à laquelle s’ajoute un autre constat qu’Ahmed Charaï a pointé du doigt : l’érosion de l’engagement des États-unis à défendre, maintenir et faire progresser l’ordre international .

«Ce qui s’érode depuis quelques années, c’est l’engagement des dirigeants américains à défendre, maintenir et faire progresser un ordre international dans lequel les États observent des règles et des normes communes, adoptent des systèmes économiques libéraux, renoncent aux conquêtes territoriales, respectent la souveraineté des gouvernements nationaux et adoptent des réformes démocratiques» a-t-il souligné.

Dans l’environnement mondial de plus en plus complexe d’aujourd’hui, poursuit le Directeur de publication, les États-Unis ne peuvent atteindre leurs objectifs qu’en «tirant parti de leur force grâce à une politique étrangère cohérente qui répond aux défis posés par la Russie et la Chine». Pour ce faire, les États-Unis doivent délibérément renforcer et cultiver des relations productives avec leurs alliés, partenaires et autres nations ayant des intérêts communs.

Dans son analyse M. Charaï, s’attarde sur le cas de la Chine, que Biden a érigé en priorité de son administration et que tous les observateurs s’accordent à dire qu’il s’agit du plus grand défi du siècle pour les américains. L’éditorialiste appelle à un dialogue stratégique constructif et à l’étude d’alternatives à l’influence de la Chine dans l’indo-pacifique.

«Les États-Unis doivent proposer des alternatives politiques, économiques et sécuritaires attrayantes à l’influence de la Chine dans la région indo-pacifique, en Afrique et au-delà. Parallèlement, Washington doit maintenir un dialogue stratégique productif avec Pékin, en communiquant clairement les préoccupations américaines et en s’efforçant de comprendre les intérêts et les objectifs chinois.» recommande-t-il.

Les États-unis doivent revoir leur copie

Les principes universels doivent être combinés à la réalité des perspectives des autres régions. Les dirigeants occidentaux doivent reconnaître que les dirigeants non occidentaux ne vivent pas seulement dans un autre endroit, mais qu’ils viennent d’un autre endroit intellectuellement, affirme M. Charaï.

Pour conforter ses propos, l’éditorialiste cite une déclaration de l’ancien ministre des Affaires étrangères américain Henry Kissinger qui s’était exprimé avec franchise à l’intention de Barack Obama, dans un billet publié sur les colonnes du Wall Street Journal en 2014, la veille d’un voyage de l’ancien président américain pour l’Europe.

Kissinger a écrit : « De vastes régions du monde n’ont jamais partagé la conception occidentale de cet ordre ( ordre mondial, ndlr) et n’y ont seulement consenti. Ces réserves deviennent à présent explicites, par exemple, dans la crise en Ukraine et le sud de la Mer de Chine. L’ordre établi et proclamé par l’Ouest [après la Seconde Guerre mondiale] se trouve à un tournant [.] La célébration des principes universels ont besoin d’aller de paire avec la reconnaissance de la réalité des histoires et des cultures des autres régions, ainsi que leurs points de vue en matière de sécurité».

Le vote de l’ONU a montré que les principes universels ne sont pas encore tout à fait universels. Plutôt que de condamner les nations qui se sont abstenues de voter contre la Russie, l’Amérique doit chercher à comprendre pourquoi elles ont pensé que s’abstenir de voter était leur meilleure option. Ensuite, l’Amérique doit indiquer clairement qu’elle soutient toujours l’État de droit et l’idéal de la démocratie et de blinder ses idéaux, conclut Ahmed Charaï sa tribune.


M. Ahmed Charai est le président-directeur général d’un groupe de médias et conseiller pour le Moyen-Orient aux États-Unis et à l’étranger. Il siège au conseil d’administration de nombreux groupes de réflexion et ONG, dont Atlantic Council, the International Center for Journalists, International Crisis Group, et le Jerusalem Institute for Strategy and Security. Ses articles sont parus dans des publications américaines et israéliennes de premier plan.

The Jerusalem Strategic Tribune (JST) est une plateforme de réflexion et d’analyse américaine co-fondée par Ahmed Charai en Aout 2021. Une plateforme qui se veut cosmopolite et et inclusive. Son conseil d’administration réuni républicains et démocrates américains, gauche et droite israélienne se côtoient aussi bien dans le conseil d’administration.

JST se veut une plateforme médiatique ouverte au grand public pouvant permettant la compréhension des relations américano-israéliennes.

JST parvient à attirer des contributeurs prestigieux à l’image de l’ancien Conseiller à la sécurité nationale d’Israël, Yaakov Amidror ; les anciens Sous-Secrétaires d’Etat américains à la Défense, Dov Zakheim et John Hamre ; l’ancien conseiller d’Obama sur les questions chinoises, Ryan Hass ; l’ancien directeur général du ministère singapourien des Affaires étrangères, Bilahari Kausikan…

Les Unes qui signent la «rupture stratégique» de la géopolitique du Royaume

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Contrairement à la froideur qui a accompagné, en août dernier, la visite au Maroc du Chef de la diplomatie israélienne Yaïr Lapid, le déplacement de son collègue à la Défense Benny Gantz, 3 mois plus tard, a bénéficié d’une importante couverture médiatique nationale et internationale. Le plus marquant des traitements journalistiques de cet évènement a été celui réalisé par les supports du groupe Global Média Holding, notamment L’Observateur du Maroc et d’Afrique et Al Ahdath Al Maghribya. Si ce dernier s’est adressé à une large audience arabophone hétéroclite et souvent anti-normalisation, en arborant sur toute la longueur de sa «Une» la photo du ministre israélien devant le tombeau de feu le Roi Mohammed V, L’Obs M&A a réussi à décrocher la publication d’une tribune de Benny Gantz «himself» dont la photo a occupé toute la «Couv» du magazine, une première dans l’ensemble du monde arabo-musulman. Ces «Unes» disruptives du très influent groupe média marocain sont le reflet de la «rupture stratégique» dont laquelle s’est engagé le Royaume chérifien pour assurer sa paix et sa stabilité. Une réponse aux tendances géopolitiques lourdes qui se manifestent, surtout après la «surprise stratégique» de la sortie de la France du Sahel motivée entre autres par son adversité à la néo-alliance anglo-saxonne.

Finalement, l’annonce de l’ouverture de nouvelles routes aériennes entre le Maroc et Israël le 9 novembre dernier était bel bien un signe du réchauffement des relations entre Rabat et Tel-Aviv après une période de brouille silencieuse qui dure depuis l’été. Un froid qui s’est manifesté par l’«optimisation» de la visite du officielle du ministre des Affaires étrangères Yaïr Lapid en août dernier, le «ralentissement» de l’opérationnalisation du bureau de liaison israélien, la suspension des vols directs vers le Maroc de la compagnie El Al et les sorties médiatiques «hasardeuses» et «impatientes» de l’ambassadeur David Gorvin.

Dix mois après sa signature, la normalisation entre le Royaume du Maroc et l’État hébreu n’a pas été un fleuve tranquille. Rabat semble avoir imposé son propre tempo aux relations diplomatiques avec un gouvernement Bennett aussi pressé que celui de Netanyahu et aussi peu audacieux et peu regardant sur les équilibres géostratégiques régionaux et les intérêts immédiats et à long terme du Maroc.

Israël est à placer aux côtés de la France dans la case des «partenaires» interpellés par le Roi Mohammed VI le 6 novembre dernier dans un discours des plus déterminants du dossier du Sahara. Le souverain a en effet appelé  les partenaires du Maroc à formuler «des positions autrement plus audacieuses et plus nettes au sujet de l’intégrité territoriale du Royaume» à l’image de la position claire et assumée de l’administration américaine.

Bennett et Lapid subissent la complexité et l’inconfort de leur deal politique, à savoir une rotation sur le poste du premier ministre tous les deux ans. Cette forte pression temporelle, ne leur a pas permis de s’accorder avec l’intemporalité de la monarchie. Toutefois, Benny Gantz, émissaire de l’institution la plus stable d’Israël, semble détenir les codes historiques nécessaires à l’instauration d’une forme de confiance dans le processus de formalisation et de médiatisation des relations entre Rabat et Tel-Aviv.

Et ces codes minutieusement présentés par Benny Gantz ont été fidèlement rapportés par les supports de presse du groupe Global Média Holding couvrant la visite historique du ministre du Défense israélien.

Al Ahdath Al Maghribia : « La Nation juive rendra éternellement hommage aux Rois du Maroc»

Photo géante devant le tombeau de feu Mohammed V de la délégation Benny Gantz, un grand titre évoquant l’éternelle hommage de la «Oumma» Juive aux rois du Maroc, et un sous titre soulignant le courage du Roi Mohammed VI dans la préservation de l’Histoire des Juifs marocains, c’est ainsi comment Al Ahdath Al Maghribia a méthodiquement «marketé» la visite du ministre de la défense israélien au Maroc. Une mise en bouche qui sera suivie par un édito du rédacteur en Chef qui sur un ton offensif s’est adressé aux anti-normalisation les appelant à plus de pragmatisme.

Il est à rappeler que ce même quotidien arabophone s’était adressé avec des mots durs à Benjamin Netanyahu qui sous le feu de ses multiples échecs de formation de gouvernement avait maladroitement trop pressé le Royaume pour lui soutirer un soutien politique et diplomatique. Al Ahdath avait même menacé Bibi d’appeler les centaines de milliers de citoyens juifs marocains de voter pour son adversaire, un certain Benny Gantz.

Al Ahdath Al Maghribya – édition du 6 férvier 2020

L’Observateur du Maroc et d’Afrique : « Benny Gantz – La plus importante des batailles est celle pour la paix et la stabilité »

Si Al Ahdath Al Maghribia avait comme défi de répondre à l’incompréhension et la défiance d’une opinion publique qui s’acclimate tant bien que mal avec la normalisation des relations avec Israël matérialisée par l’accueil du Chef de la guerre de Gaza de 2014, L’Observateur du maroc et d’Afrique, le magazine hebdomadaire du même groupe s’est attelé à fournir les clés de lecture géopolitiques de cet évènement.

Grâce au dense réseau de son directeur de publication, Ahmed Charaï, le Magazine va taper fort en décrochant une tribune exclusive du ministre le défense israélien. Une première dans le monde arabo-musluman qui a suscité l’étonnement de la presse israélienne.

A ce titre, la chaîne d’information continue i24, s’adressant au directeur général de l’Observateur, Hakim Arif, s’est interrogée si la Couv’ Gantz avait choqué les marocains.

Quand à sa tribune publiée dans le magazine marocain, Benny Gantz a tout dit et dans le respect des « codes » historiques, émotionnels et pragmatiques cités ci-dessus.

Le ministre a entamé sa plaidoirie en faisant honneur aux rois du Maroc protecteurs de leurs sujets de confession juive. «Si le défunt roi Mohammed V a sauvé ses sujets juifs des affres du nazisme», son descendant continue à les protéger à l’image de Rabbin israélien Elhadad, «ayant rendu son dernier soupir lors d’une visite touristique au Maroc, sur lequel a veillé personnellement le Roi Mohammed VI» a écrit Benny Gantz.

Le storytelling du haut responsable israélien est parfait : « Un jour, dans un avenir pas si lointain, je m’assoirai dans mon salon avec mes petits-enfants et je leur raconterai l’histoire de ma visite au Maroc (…) Je leur dirai que même si les liens maroco-israéliens sont souvent liés aux accords révolutionnaires d’Abraham, notre Histoire a commencé il y a longtemps et s’est ancrée dans l’héritage de la communauté juive marocaine».

Si le reste de la tribune colle aux éléments de langage de l’esprit des Accords d’Abraham tels qu’ils sont été présentés par Jared Kushner à savoir paix, prospérité et relations économiques, aériennes et touristiques, Benny Gantz a ajoutée deux nouveaux éléments : «Stabilité de la région et du monde» et «menaces frontalières et aériennes».

L’édito du Directeur de Publication Ahmed Charaï va cadrer implicitement les enjeux et la position du Royaume qui se superposaient aux lots de messages confus véhiculés par cette visite, notamment ceux en lien avec la formalisation de la coopération militaire avec Israël.

Pour M. Charaï, la visite de Gantz au Maroc ne constitue pas de surprise mais le résultat d’une doctrine clairement énoncée qui cadre l’action du Royaume au niveau International.

«Rabat tient à avoir des relations équilibrées avec toutes les puissances. Si les liens avec les USA et l’Europe sont très anciens, le Maroc a aussi développé sa coopération avec la Chine, la Russie, l’Inde, Israël ainsi que d’autres puissances moyennes» a-t-il écrit.

Dans son analyse M. Charaï met en avant les atouts du Maroc en dehors des jeux d’influence avec les hyperpuissances mondiales à savoir son action sur son environnement continental notamment sa stratégie proactive et historique dans le co-développement avec l’Afrique subsaharienne et son rôle moteur dans plusieurs domaines tels que l’environnement ou la sécurité.

L’éditorialiste alerte ainsi les lecteurs et les observateurs sur le pragmatisme du Royaume quand aux risques des manoeuvres géopolitiques des superpuissances. «La sérénité de la vision Royale portée par la diplomatie marocaine est une exception dans le désordre actuel des relations internationales» a-t-il souligné.

Si le chaos est profitable aux pays nucléaires, «le Maroc pragmatique s’inscrit dans la sérénité et la durée», a-t-il insisté. Un pragmatisme assumé qui donne une clarté au positionnement géopolitique du Maroc : «le pays se veut être fiable dans ses partenariats sur les questions sécuritaires et migratoires. Il développe ses partenariats économiques et s’intégrant définitivement à l’économie mondiale globalisée».

«Rabat est considérée comme un facteur de stabilité et de paix dans le monde» a-t-il conclut. C’est justement ces mêmes éléments de langage qu’on retrouve dans la tribune de Benny Gantz.

Rupture stratégique

Il faut céder à la facilité pour juger la coopération militaire maroc-israélienne du prisme des dernières tensions qui ont éclaté avec le voisin algérien. En vérité, la menace algérienne est incomparable à la menace française ou espagnole et au tendance lourdes qui se dessinent au Mali et au détroit de Gibraltar.

L’alliance anglo-saxonne est passée à l’offensive pour reprendre le contrôle de l’ordre mondial. Si les Etats-unis s’occupent de la Chine, la Grande Bretagne pour sa part se charge de contenir l’influence russe grandissante en Europe, en Afrique et en Méditerranée et par la même occasion du parapluie nucléaire de l’Europe que représente la France.

Menacée, l’establishment français n’a plus le choix que de «jouer offensif» pour ne pas perdre définitivement son influence sur ses anciennes colonies, qui pourraient se transformer en cauchemar économique, social et migratoire si leur obédience mue vers une autre puissance.

Paris a vu l’alliance italo-américaine lui «voler» tout son investissement en Libye, a partagé avec amertume la Tunisie avec le Pentagone qui contrôle désormais son armée, a comptabilisé de lourdes pertes au Sahel et avale la couleuvre de la présence renforcée des britanniques et des israéliens dans l’ouest de la Méditerranée et au détroit de Gibraltar.

En réaction, la France joue les trouble-fête en gelant les processus démocratiques en Tunisie et en Libye, en se retirant du Sahel tout en remettant le flambeau aux suédois, ouvrant grande ouverte la porte aux russes et en laissant monter la tension entre le Maroc et l’Algérie.

Dans le corpus doctrinal officiel français en matière de sécurité et de défense, le comportement de Paris est une «Surprise Stratégique» ( événement majeur qui n’avait pas été prévu) et l’action de Rabat est une «Rupture Stratégique» ( qui se définit dans l’acception qui nous intéresse par ses effets majeurs, de nature à transformer profondément la sphère de sécurité et de défense).

C’est avec ce prisme de profonds et lourds changements dans la physionomie des pouvoirs et influences dans notre région du monde qu’on devrait observer et essayer de lire les décisions stratégiques du Royaume et de ses voisins.

Le Maroc ne veut pas de guerre mais doit imposer la paix de par une bonne lecture des menaces et le choix de ses alliances. Sa stabilité qui fait sa distinction dans la région n’est pas uniquement profitable qu’à ses citoyens mais à l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest et de l’Europe de l’Ouest. D’ailleurs, la seule route commerciale stable et sécurisée du continent est celle qui relie Tanger à Abuja. Un fait qui n’aurait eu lieu sans la souveraineté du Royaume sur son Sahara.

Ahmed Charaï : Biden devrait prendre les devants pour relancer le processus de paix israélo-palestinien

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Depuis sa prise de fonction en janvier 2021, le président américain Joe Biden a montré peu d’engagement et beaucoup de prudence dans la poursuite de la mise en œuvre des accords de paix israélo-palestiniens enclenchés par son prédécesseur. Contrairement au dossier iranien pour lequel la nouvelle administration a affiché une forte détermination, Biden a choisi une approche «Stand Back» au sujet des «Accords d’Abrahams». Laquelle posture est devenue insoutenable avec l’éclatement du conflit armé entre israéliens et palestiniens. En effet, alors que les roquettes du Hamas pleuvaient sur les villes israéliennes, et que l’artillerie israélienne ripostait en bombardant et détruisant des bâtiments dans la bande de Gaza tuant femmes et enfants, le président Biden est resté longtemps muet face à l’escalade de la crise. «Le prolongement des combats armés à Gaza menace les fondations des accords de paix et de réconciliations naissants qui n’ont pas encore été fermement enracinés» alerte Ahmed Charaï dans son édito dans The Jerusalem Post. «Le président Biden devrait prendre les devants et chercher à mobiliser toutes les parties prenantes afin de créer une nouvelle initiative multilatérale pour relancer les efforts de paix israélo-palestiniens», recommande l’éditorialiste. Dans son autre «paper analysis» paru sur The National Interest, M. Charai, estime que le conflit armé qui se déroule actuellement en Israël est le résultat de l’impasse politique de Netanyahu, incapable de former une coalition gouvernementale solide et de la guerre par procuration que mène l’Iran via «son proxy», le Hamas.

Ahmed Charai a été l’un des premiers analystes à alerter sur la gravité de l’escalade armée entre palestiniens et israéliens et à noter la politique de retrait de Joe Biden dans sa gestion du conflit israélo-palestinien, et ce dès les premiers signes avant- coureurs de la crise qui enflamme aujourd’hui la région.

C’est dans un éditorial paru sur The Jerusalem Post et d’un «paper analysis» publié sur The National Interest le 13 mai dernier, que l’analyste a plaidé pour l’urgence d’un rôle plus activiste de Joe Biden et de son administration pour mettre fin aux affrontements meurtriers et pour préserver les accords de paix signés par son prédécesseur, ainsi que la réconciliation entre Tel-Aviv et les capitales arabes, avancée remarquable et décisive pour une coexistence pacifique entre palestiniens et israéliens.

«Le monde regarde avec détresse la souffrance des Palestiniens et des Israéliens victimes d’une autre série de conflits qui, selon toute vraisemblance, changera peu mais nuira à beaucoup» a écrit M. Charai.

«Cette fois-ci, l’affrontement est plus laid et peut s’avérer plus meurtrier que n’importe quelle conflagration précédente entre l’État hébreux et les factions armées palestiniennes», prédisait l’analyste.

Biden, la tête ailleurs

Dans des déclarations publiques, le président américain, son secrétaire d’État Antony Blinken ainsi que son ministre de défense ont répété avec force la formule américaine standard concernant le droit d’Israël à la légitime défense face aux tirs de roquettes palestiniennes.

Tout en se déclarant préoccupé par le nombre croissant de Palestiniens tués dans les frappes aériennes israéliennes, ils ont établi une «distinction claire et absolue» entre «une organisation terroriste ciblant des civils et Israël ciblant les terroristes».

Joe Biden n’a vu aucune «réaction excessive significative» dans la réponse israélienne à la pluie de missiles du Hamas, un jugement qui pourrait être compris comme un feu vert implicite pour que l’opération se poursuive, malgré les appels au calme de la communauté internationale.

Par ces déclarations ainsi que par trois vétos en une semaine contre un texte du Conseil de sécurité condamnant l’Etat hébreux, Washington donne à Israël une «carte blanche» pour répondre aux attaques des factions armées palestiniennes jusqu’au moment où il sera jugé qu’Israël aurait réussi de détruire l’infrastructure militaire du Hamas.

Mais en même temps, la nouvelle administration américaine indique clairement que ses priorités diplomatiques se situaient ailleurs. Elle continue d’imposer une approche minimaliste discrète, naviguant dans un cimetière d’initiatives de paix qu’elle a dirigée, essayant de faire le tout contraire de l’administration Trump.

Une pression ferme de Joe Biden pour empêcher une escalade majeure à Gaza

Joe Biden et son administration ont utilisé jusqu’à aujourd’hui un ton bienveillant, appelant à la désescalade de la violence et à la nécessité pour les Israéliens et les Palestiniens «d’être en mesure de vivre en sécurité» et de «jouir dans la même mesure de la liberté, de la sécurité, de la prospérité et de la démocratie», souligne M Charaï.

Toutefois, estime l’éditorialiste, l’administration Biden gagnerait à s’investir davantage pour mettre fin à cette vague d’escalade, la plus intense depuis sept ans.

Reconnaissant que les priorités de l’administration américaine en matière de politique étrangère se trouvent ailleurs, Ahmed Charaï considère qu’une posture plus «militante» pourrait commencer par «une série de petits pas qui signaleraient une volonté d’impliquer les parties locales» à savoir :

1.L’administration américaine devrait agir rapidement pour pourvoir le poste vacant d’ambassadeur américain à Jérusalem; «un tel déménagement ne coûte rien d’autre que des cables diplomatiques», précise notre analyste.
2.Biden qui avait tardé à parler avec Mahmoud Abbas, devrait donner une plus forte influence internationale au président palestinien. Un tel coup de pouce est indispensable pour que le dirigeant modéré ne soit pas éclipsé par les extrémistes du Hamas. «Même si l’éclat de l’Autorité palestinienne s’est estompé ces dernières années, elle reste néanmoins le représentant internationalement reconnu du peuple palestinien. Qui de surcroit affirme toujours l’engagement en faveur d’une solution à deux États».
3.Une pression ferme de l’administration américaine pour empêcher une escalade majeure à Gaza pourrait servir le double objectif de réaffirmer le leadership américain dans la région et de sauvegarder une nouvelle tête de pont pour la coexistence arabo-israélienne.

Un engagement volontariste de Joe Biden servira un objectif immédiat et urgent, affirme M. Charaï. Car une fois un état de calme serait rétabli, une nouvelle initiative multilatérale pour relancer les efforts de paix israélo-palestiniens s’impose. Le président américain devrait prendre les devants et chercher à mobiliser les parties prenantes à même d’assurer des résultats fructueux. Lesquelles parties prenantes devraient être constituées «des Émirats arabes unis, du Bahreïn, du Maroc, de la Jordanie, de l’Égypte et de l’Union européenne».

Guerre par procuration entre l’Iran et Israël

Avec le déplacement de la politique étrangère américaine vers la Chine, la mise en veille des «Accords d’Abraham» et la baisse considérable de la pression de la communauté internationale sur l’Iran, le régime des mollahs a profité de l’impasse électorale israélienne et des manœuvres de l’extrême droite du pays pour déplacer la guerre qui fait rage entre Tel-Aviv et Téhéran depuis l’assassinat de Qassem Soleimani, numéro 2 du régime, au cœur des territoires palestiniens.

Dans une interview diffusée sur la chaine de télévision irakienne Al-Ahd TV en date du 7 mai 2021, un haut responsable du Jihad Islamique Palestinien, Ramez Al-Halabi, a déclaré que les roquettes utilisées par la faction pour cibler Tel Aviv portent la signature de l’Iran et de Quassem Soleimani, commandant de la Force Qods du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) tué en janvier 2020 lors d’une frappe aérienne américaine à Bagdad.

Il a affirmé que les membres des factions étaient formés par le CGRI et que l’argent iranien était utilisé pour acheter des armes pour les factions armées à Gaza et au Liban. Al-Halabi a ajouté que chaque maison de Gaza a le portrait de Soleimani et que «ce sont eux [l’Iran] qui nous soutiennent avec des armes, de l’argent et de la nourriture».

L’Iran fournit nos missiles, armes, fonds et nourriture, nos hommes armés «ont été formés par nos frères dans le GRI»; Sans l’aide de l’Iran, nous ne serions pas en mesure de tirer des roquettes sur Tel Aviv. Qassem Soleimani a personnellement supervisé le transfert de roquettes vers Gaza.

Entre l’axe Jérusalem et Beyrouth, l’axe Jérusalem et Bagdad, l’axe Jérusalem et Damas, l’axe Jérusalem et Sanaa, l’axe entre Jérusalem Téhéran, est l’axe victorieux.

Ramez Al-Halabi Haut responsable du Jihad Islamique palestinien

Dans une interview du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, en date du 27 décembre 2020, ce dernier a révélé que les avions israéliens avaient bombardé des usines d’armes au Soudan, car ils disposaient d’entrepôts d’armes, de munitions et de missiles qui seront envoyés plus tard, par des moyens divers, dans la bande de Gaza.»

Dans une autre déclaration cette fois-ci de Mahmoud Al-Zahar, en date du 28 décembre 2020, le haut responsable du Hamas a remercié l’Iran sur la fourniture du missile antichar russe le Kornet. Al-Zahar a affirmé que ce missile est devenu nécessaire à la lutte contre l’Etat d’occupation car il lui sera difficile de s’approcher des frontières de Gaza.

Aujourd’hui, il y a donc plus aucun doute sur les responsabilités de Téhéran dans l’approvisionnement continu en matériel de guerre en faveur à la fois des milices armée palestiniens et également au profit des rebelles chiites houthis du Yémen. D’ailleurs, la stratégie des «attaques en essaim» avec des batteries mobiles activées simultanément afin d’atteindre la saturation des batteries israéliennes du système d’interception «Iron Dome» est la même qui a été utilisée contre l’Arabie Saoudite et son système de défense antiaérien Patriot, endommageant entre autres une installation stratégique d’Aramco.

Le Hamas a réussi à lancer plus de 3000 missiles et roquettes en une semaine atteignant des fois une portée de plus de 250 km. Une artillerie en quantité et en qualité incroyables à travers laquelle Téhéran a réussi à mener une guerre par procuration au cœur d’Israël.

«Comme dans chaque cycle de conflit israélo-palestinien, le combat entre les deux parties est transmis et amplifié à travers la région, alimentant encore plus d’animosité envers les Israéliens dans le monde arabe», indique Ahmed Charaï.

L’Iran profite de cette dynamique négative et de cet environnement empoisonné. Le recours à la violence aveugle est assimilé à du courage, donnant l’illusion aux yeux de nombreux Palestiniens, que le Hamas était la seule force disposée à «tenir tête à Israël» et à «défendre al-Aqsa» contre l’empiétement israélien.

Ce machiavélisme iranien isole jour après jour les Palestiniens et autres Arabes sympathisants de la paix et de la réconciliation. Ils sont confrontés à la marginalisation ou sont qualifiés de traîtres. Cela s’étend même à ceux, comme le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, avec de longs antécédents d’opposition à la politique israélienne, s’indigne M. Charaï.

Et d’ajouter, une confrontation prolongée menacerait sûrement la stabilité sociale en Cisjordanie, qui jusqu’à présent a été une oasis de calme.

Une sévère crise politique en toile de fond

Quatre élections en moins de deux ans et toujours pas de majorité claire pouvant constituer le gouvernement israélien. Après l’échec de Benjamin Netanyahu à former une coalition, le président israélien Reuven Rivlin a donné, mercredi 5 mai jusqu’au 2 juin, mandat au chef de l’opposition, Yaïr Lapid, de former un gouvernement.

Quelques jours après, Itamar Ben-Gvir, chef du parti extrémiste Otzma Yehudit (Force juive), allié de Netanyahu, va mettre un coup de pression en participant aux affrontements à Cheikh Jarrah et autour du mont du Temple. Deux évènements déclencheurs de l’actuel escalade meurtrière.

Ces évènements vont certainement peser sur la gauche qui a suspendu ses négociations pour former un gouvernement. Son échec donnerait à Netanyahu, en procès pour corruption, une nouvelle chance à travers une cinquième élection. Mais à quel prix. Le Hamas financé par le Qatar et armé par l’Iran se positionne en défenseur de Gaza avec 2 millions de Palestiniens pris en otage. L’organisation islamo-nationaliste réussi à fédérer une large frange des musulmans de par le monde ainsi que le mouvement palestinien en mal de leadership et sans horizon politique, en prétendant incarner la défense de Jérusalem et plus particulièrement de la mosquée al-Aqsa.

«Il est à peine besoin de dire que la paralysie politique en Israël au cours des deux dernières années a largement contribué à cette impasse» écrit Ahmed Charai dans son analyse parue sur The National Interest.

«La plupart des dirigeants du pays s’attachent étroitement à survivre aux épreuves politiques de l’époque, ne laissant aucune place à l’empathie stratégique à long terme sans laquelle Israël ne peut établir des relations amicales et pacifiques avec ses voisins palestiniens. Pour le bien de l’avenir de leur pays, ils doivent travailler pour transcender ces deux épreuves – et leurs propres ego conflictuels – pour parvenir à un cessez-le-feu.» conclut-il.


M. Ahmed Charai est éditorialiste et éditeur de presse, Administrateur de Plusieurs Think tank à Washington – Membre du Conseil d’Administration du “Center for Strategic and International Studies” à Washington, – – Membre du Directoire de l’ONG “Search for Common Ground” à Washington, – Membre du Conseil du Directoire de ” The Atlantic Council of United States” à Washington – Membre du Conseil Editorial Consultatif de “The National Interest’s Magazine” à Washington. – Membre du Conseil d’Administration du “The Foreign Policy Research Institute” à Philadelphia– Membre du Conseil d’Administration du International Crisis Group. Mr Charai est aussi membre du conseil Consultatif de Gatestone Institute à New York. Mr Charai, s’exprime souvent dans de grands journaux et médias américains dont le Wall Street Journal, New York Times, Le Monde, Fox News, National Interest Magazine, Huffington Post.

Ahmed Charai : la néo-opposition numérique bafoue les intérêts supérieurs de la Nation

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Une nouvelle forme d’opposition s’est installée dans le paysage numérique marocain qui transcende les codes des mouvements de protestation politique et sociale qu’a connu le pays depuis son indépendance. La nature du véhicule de l’expression de l’opposition, à savoir les réseaux sociaux, complique l’analyse de ce phénomène et favorise les dépassements en terme de valeurs, d’éthique et des coutumes de la société marocaine. Le diktat de l’audience pousse les créateurs de contenu (texte, images ou vidéos) à aller encore plus loin et encore plus bas. «Même dans l’adversité absolue, l’opposition politique post indépendance, intense et parfois violente, était attachée aux intérêts supérieurs de la Nation» souligne Ahmed Charai dans un édito paru sur L’Observateur du Maroc et d’Afrique. «Ni Abderrahim Bouabid, ni Ali Yata, ni Bensaïd Aït Idder, unanimes sur la marocanité du Sahara, n’ont abandonné pour autant la lutte pour la démocratie et les droits de l’homme», rappelle-t-il. Et d’ajouter : «Aujourd’hui, les réseaux sociaux nous offrent un spectacle affligeant. Les néo-opposants sont désormais d’un autre genre. Il y a un flot d’inepties, de contre-vérités, d’ignorance qui circule et qui est piteux». A qui incombe la responsabilité ? M. Charai pointe du doigt «l’inertie des Oulemas, l’inconscience des politiques et le silence des intellectuels».

Quand est-ce que s’arrête l’opposition constructive et quand est-ce que commence l’adversité destructive ? Quand est est-ce que un Youtubeur passe du statut de créateur de contenu, à activiste puis à opposant politique rémunéré par Adsense ? Un Rubicon qu’on peut aisément franchir depuis l’avènement des réseaux sociaux.

Dans un édito publié sur L’Observateur du Maroc et d’Afrique en date du 07 mai 2021 au titre : «Opposition low-cost», Ahmed Charai analyse les dérives de cette nouvelle opposition numérique.

«Le Maroc est un pays où la vie politique post indépendance a été intense et parfois violente. Mais nous avions une opposition qui avait un projet sociétal, politique», écrit M. Charai.

Même dans l’adversité absolue, cette opposition était attachée aux intérêts supérieurs de la Nation. La question du Sahara qui a enclenché une unanimité qui a permis la récupération des territoires du Sud est le fruit de cette osmose patriotique. Mais ni Abderrahim Bouabid, ni Ali Yata, ni Bensaïd Aït Idder n’ont abandonné la lutte pour la démocratie et les droits de l’homme, atteste M. Charai.

Aujourd’hui, poursuit-il, les réseaux sociaux, mais pas uniquement, nous offrent un spectacle affligeant. Les opposants d’aujourd’hui sont désormais d’un autre genre. Il y a un flot d’inepties, de contre-vérités, d’ignorance qui circule et qui est affligeant.

L’autre problématique devenue persistante est celle relative aux accointances que peuvent développer ces néo-opposants avec des puissances étrangères. Dans le vacarme des attaques et des contrattaques, des accusations qui fusent de part et d’autre, il est devenu difficile de démêler le vrai du faux, le patriote du traitre.

«Certains cherchent l’appui de l’étranger, du statut de réfugié, se mettant au service de volontés d’influence externe. C’est juste désolant. Ces épiphénomènes cachent un environnement plus important, celui de l’intolérance, y compris chez les pseudo-opposants» s’indigne Ahmed Charai.

Terrorisme intellectuel

La néo-opposition numérique n’est pas seulement des prises de positions politiques contre les institutions du pays mais surtout un référentiel sémantique violent, et un étiquetage destructeur.

«Cela pourrit le débat public» se désole M. Charai. «Des gens craignent de prendre la parole et de se voir livrés à cette vindicte fascisante. Du coup, les débats fondamentaux disparaissent, qu’ils soient politiques, sociaux, ou sociétaux, par peur des campagnes haineuses, construites autour du vide» alerte-t-il.

«Le drame est endogène. Dès qu’un Alem s’émancipe de leurs théories ignares, il est l’objet de fatwas takfiristes; dès qu’un journaliste défend des positions rationnelles, il est accusé de travailler pour les services secrets, « l’horrible » Makhzen. Les partis politiques ne sont pas mieux traités, même dans leur diversité.» affirme l’éditorialiste.

«C’est un véritable terrorisme intellectuel qui agit sur la toile. Mais il n’aurait aucune chance, s’il y avait une réaction pour défendre le débat public, les vrais idéaux démocratiques», soutient-il.

Responsabilité historique des oulémas, partis politiques et intellectuels

«Les oulémas, y compris ceux grassement payés par le contribuable, ne réagissent qu’à la demande. Les partis politiques préfèrent ignorer ces phénomènes qu’ils considèrent marginaux. Quant aux intellectuels, ils sont aux abonnés absents» fustige l’analyste.

M. Charai insiste sur l’obligation de défendre de la liberté d’expression : « Il y a bien évidemment des youtubeurs et des youtubeuses qui sont attachés à leur pays, dont on peut ne pas toujours partager la pertinence des points de vue, mais dont il faut absolument défendre la liberté d’expression».

«Les élites marocaines ont le choix entre défendre un projet sociétal, bâti autour de consensus nécessaires et de divergences clairement identifiées, ou se soumettre aux diktats d’incultes qui font du bruit sur la toile». a-t-il conclut.

«Ben Batouche, le fugitif» – Dossier Evènement de l’Observateur du Maroc

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L’hebdomadaire L’Observateur du Maroc et d’Afrique a consacré la Une de son dernier numéro au secrétaire général du Front Polisario, le fugitif Brahim Ghali. Hospitalisé dans un hôpital de Logrones, près de
Saragosse en Espagne sous la fausse identité d’un algérien répondant au nom de Mohamed Ben Batouche, pour échapper à la justice. Le chef des séparatistes a eu droit à tout un dossier taillé sur mesure et orné d’un festival de qualificatifs qui lui vont si bien : Violeur, tortionnaire, indésirable, trafiquant, dictateur et criminel de guerre.

«Brahim Ben Batouche, LE FUGITIF» est le titre choisi par la rédaction de l’hebdomadaire l’Observateur du Maroc pour la première de couverture de son dernier numéro paru ce mercredi. Une «Couv» qui annonce la couleur du dossier détonant sur le scandale de l’hospitalisation clandestine du chef des séparatistes en Espagne où il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt pour des crimes commis avec le polisario.

Scandale d’État

Perpétrée par des passeurs présidentiels algériens, l’opération clandestine du transfert de Brahim Ghali vers l’Espagne a-t-elle été menée avec la complicité des autorités espagnoles ? s’interroge la rédaction de l’Observateur.

«Les appels se multiplient pour la comparution de celui qu’on surnomme désormais le fugitif Brahim Ben Batouche devant la justice en Espagne où de nombreuses plaintes sont déposées contre lui pour viol, torture et d’autres crimes. Tandis que des parlementaires et des militants associatifs espagnols dénoncent le «scandale d’État» provoqué par Ben Batouche et réclament des explications à leur gouvernement» peut-on lire sur la page 3 de l’hebdomadaire.

Le plat de résistance du spécial «Ben Batouche LE FUGITIF» se dévore ensuite en 11 bouchées :

  1. Justice espagnole Curva peligrosa*!

Mohamed Ben Batouche est devenu une personnalité célèbre sans rien faire et sans même bouger de sa bourgade à Batna en Algérie. C’est juste son passeport qui a pris l’avion pour se rendre en Espagne.

  1. Brahim Ben Batouche violeur

La jeune Khadijatou Mahmoud, qui a déjà déposé plainte en Espagne contre le chef du polisario pour viol, demande à la justice de ce pays d’interpeller Brahim Ghali puisqu’il se trouve sur le sol espagnol.

  1. Brahim Ben Batouch tortionaire

La justice espagnole doit montrer son indépendance et ouvrir une enquête sur les nombreux crimes génocidaires commis par le chef du Polisario Brahim Ghali, comme le réclament les organisations et les associations sahraouies des victimes des violations des droits de l’homme à Tindouf.

  1. Ben Batouche l’indésirable

Des représentants d’associations marocaines de la région andalouse ont appelé, lundi 26 avril, la justice espagnole à procéder à l’arrestation du « criminel Brahim Ghali ».

  1. Brahim Ben Batouche trafiquant

Il y a déjà près d’un an, le Forum de soutien aux autonomistes de Tindouf (Forsatin) avait mis à nu le chef du Polisario. Les preuves fournies suffisent pour envoyer Brahim Ben Batouche non seulement devant l’Audience nationale espagnole, mais même devant le Tribunal pénal international

  1. Brahim Ben Batouche dictateur

Le Mouvement Sahraoui pour la Paix (MSP) a vu le jour, il y a un an pour dénoncer les crimes du Polisario et de son chef autoproclamé. Plaidant en faveur de la paix, aujourd’hui encore, son fondateur, Hach Ahmed Bericalla revient à la charge.

  1. La Chambre des conseillers interpelle la Justice espagnole sur le cas Brahim Ghali

Les membres de la commission des affaires étrangères, de la défense nationale et des Marocains résidant à l’étranger à la Chambre des conseillers ont appelé hier, mardi, les autorités judiciaires espagnoles à interagir positivement avec les plaintes déposées par de nombreuses victimes contre le chef des séparatistes du “polisario”, le dénommé Brahim Ghali et d’engager la procédure d’arrestation à son encontre

  1. Pedro Sanchez, la déception

Le quotidien espagnol La Razón a publié, mardi 27 avril, une analyse d’Ahmed Charaï sur l’immobilisme du chef du gouvernement espagnol qui nuit dangereusement aux relations maroco-espagnoles. L’analyste rappelle, au passage, certains crimes commis par le chef du polisario que le voisin ibérique accueille sur son sol et tente de le protéger.

  1. Appels au jugement de Brahim Ghali en Espagne pour viol et autres crimes

Des défenseurs des droits de l’Homme multiplient les appels pour que le chef du Polisario, se trouvant actuellement Espagne, soit interpellé et jugé dans ce pays pour les nombreux crimes qu’il avait commis.

  1. Le gouvernement espagnol n’a pas mesuré les conséquences de son attitude

Le gouvernement espagnol n’a pas bien mesuré l’ampleur des conséquences de sa décision d’accueillir le chef des séparatistes du polisario, le dénommé Brahim Ghali, poursuivi en Espagne pour des crimes de génocide, meurtre,
torture et disparitions forcées, souligne le magazine espagnol “Atalayar”.

  1. Le Syndicat national de la presse marocaine accuse

Pour le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM), l’affaire Brahim Ghali est révélatrice de la partialité dont font preuve des médias espagnols et français.