Ahmed Charai

Ahmed Charaï : Biden devrait prendre les devants pour relancer le processus de paix israélo-palestinien

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Depuis sa prise de fonction en janvier 2021, le président américain Joe Biden a montré peu d’engagement et beaucoup de prudence dans la poursuite de la mise en œuvre des accords de paix israélo-palestiniens enclenchés par son prédécesseur. Contrairement au dossier iranien pour lequel la nouvelle administration a affiché une forte détermination, Biden a choisi une approche «Stand Back» au sujet des «Accords d’Abrahams». Laquelle posture est devenue insoutenable avec l’éclatement du conflit armé entre israéliens et palestiniens. En effet, alors que les roquettes du Hamas pleuvaient sur les villes israéliennes, et que l’artillerie israélienne ripostait en bombardant et détruisant des bâtiments dans la bande de Gaza tuant femmes et enfants, le président Biden est resté longtemps muet face à l’escalade de la crise. «Le prolongement des combats armés à Gaza menace les fondations des accords de paix et de réconciliations naissants qui n’ont pas encore été fermement enracinés» alerte Ahmed Charaï dans son édito dans The Jerusalem Post. «Le président Biden devrait prendre les devants et chercher à mobiliser toutes les parties prenantes afin de créer une nouvelle initiative multilatérale pour relancer les efforts de paix israélo-palestiniens», recommande l’éditorialiste. Dans son autre «paper analysis» paru sur The National Interest, M. Charai, estime que le conflit armé qui se déroule actuellement en Israël est le résultat de l’impasse politique de Netanyahu, incapable de former une coalition gouvernementale solide et de la guerre par procuration que mène l’Iran via «son proxy», le Hamas.

Ahmed Charai a été l’un des premiers analystes à alerter sur la gravité de l’escalade armée entre palestiniens et israéliens et à noter la politique de retrait de Joe Biden dans sa gestion du conflit israélo-palestinien, et ce dès les premiers signes avant- coureurs de la crise qui enflamme aujourd’hui la région.

C’est dans un éditorial paru sur The Jerusalem Post et d’un «paper analysis» publié sur The National Interest le 13 mai dernier, que l’analyste a plaidé pour l’urgence d’un rôle plus activiste de Joe Biden et de son administration pour mettre fin aux affrontements meurtriers et pour préserver les accords de paix signés par son prédécesseur, ainsi que la réconciliation entre Tel-Aviv et les capitales arabes, avancée remarquable et décisive pour une coexistence pacifique entre palestiniens et israéliens.

«Le monde regarde avec détresse la souffrance des Palestiniens et des Israéliens victimes d’une autre série de conflits qui, selon toute vraisemblance, changera peu mais nuira à beaucoup» a écrit M. Charai.

«Cette fois-ci, l’affrontement est plus laid et peut s’avérer plus meurtrier que n’importe quelle conflagration précédente entre l’État hébreux et les factions armées palestiniennes», prédisait l’analyste.

Biden, la tête ailleurs

Dans des déclarations publiques, le président américain, son secrétaire d’État Antony Blinken ainsi que son ministre de défense ont répété avec force la formule américaine standard concernant le droit d’Israël à la légitime défense face aux tirs de roquettes palestiniennes.

Tout en se déclarant préoccupé par le nombre croissant de Palestiniens tués dans les frappes aériennes israéliennes, ils ont établi une «distinction claire et absolue» entre «une organisation terroriste ciblant des civils et Israël ciblant les terroristes».

Joe Biden n’a vu aucune «réaction excessive significative» dans la réponse israélienne à la pluie de missiles du Hamas, un jugement qui pourrait être compris comme un feu vert implicite pour que l’opération se poursuive, malgré les appels au calme de la communauté internationale.

Par ces déclarations ainsi que par trois vétos en une semaine contre un texte du Conseil de sécurité condamnant l’Etat hébreux, Washington donne à Israël une «carte blanche» pour répondre aux attaques des factions armées palestiniennes jusqu’au moment où il sera jugé qu’Israël aurait réussi de détruire l’infrastructure militaire du Hamas.

Mais en même temps, la nouvelle administration américaine indique clairement que ses priorités diplomatiques se situaient ailleurs. Elle continue d’imposer une approche minimaliste discrète, naviguant dans un cimetière d’initiatives de paix qu’elle a dirigée, essayant de faire le tout contraire de l’administration Trump.

Une pression ferme de Joe Biden pour empêcher une escalade majeure à Gaza

Joe Biden et son administration ont utilisé jusqu’à aujourd’hui un ton bienveillant, appelant à la désescalade de la violence et à la nécessité pour les Israéliens et les Palestiniens «d’être en mesure de vivre en sécurité» et de «jouir dans la même mesure de la liberté, de la sécurité, de la prospérité et de la démocratie», souligne M Charaï.

Toutefois, estime l’éditorialiste, l’administration Biden gagnerait à s’investir davantage pour mettre fin à cette vague d’escalade, la plus intense depuis sept ans.

Reconnaissant que les priorités de l’administration américaine en matière de politique étrangère se trouvent ailleurs, Ahmed Charaï considère qu’une posture plus «militante» pourrait commencer par «une série de petits pas qui signaleraient une volonté d’impliquer les parties locales» à savoir :

1.L’administration américaine devrait agir rapidement pour pourvoir le poste vacant d’ambassadeur américain à Jérusalem; «un tel déménagement ne coûte rien d’autre que des cables diplomatiques», précise notre analyste.
2.Biden qui avait tardé à parler avec Mahmoud Abbas, devrait donner une plus forte influence internationale au président palestinien. Un tel coup de pouce est indispensable pour que le dirigeant modéré ne soit pas éclipsé par les extrémistes du Hamas. «Même si l’éclat de l’Autorité palestinienne s’est estompé ces dernières années, elle reste néanmoins le représentant internationalement reconnu du peuple palestinien. Qui de surcroit affirme toujours l’engagement en faveur d’une solution à deux États».
3.Une pression ferme de l’administration américaine pour empêcher une escalade majeure à Gaza pourrait servir le double objectif de réaffirmer le leadership américain dans la région et de sauvegarder une nouvelle tête de pont pour la coexistence arabo-israélienne.

Un engagement volontariste de Joe Biden servira un objectif immédiat et urgent, affirme M. Charaï. Car une fois un état de calme serait rétabli, une nouvelle initiative multilatérale pour relancer les efforts de paix israélo-palestiniens s’impose. Le président américain devrait prendre les devants et chercher à mobiliser les parties prenantes à même d’assurer des résultats fructueux. Lesquelles parties prenantes devraient être constituées «des Émirats arabes unis, du Bahreïn, du Maroc, de la Jordanie, de l’Égypte et de l’Union européenne».

Guerre par procuration entre l’Iran et Israël

Avec le déplacement de la politique étrangère américaine vers la Chine, la mise en veille des «Accords d’Abraham» et la baisse considérable de la pression de la communauté internationale sur l’Iran, le régime des mollahs a profité de l’impasse électorale israélienne et des manœuvres de l’extrême droite du pays pour déplacer la guerre qui fait rage entre Tel-Aviv et Téhéran depuis l’assassinat de Qassem Soleimani, numéro 2 du régime, au cœur des territoires palestiniens.

Dans une interview diffusée sur la chaine de télévision irakienne Al-Ahd TV en date du 7 mai 2021, un haut responsable du Jihad Islamique Palestinien, Ramez Al-Halabi, a déclaré que les roquettes utilisées par la faction pour cibler Tel Aviv portent la signature de l’Iran et de Quassem Soleimani, commandant de la Force Qods du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) tué en janvier 2020 lors d’une frappe aérienne américaine à Bagdad.

Il a affirmé que les membres des factions étaient formés par le CGRI et que l’argent iranien était utilisé pour acheter des armes pour les factions armées à Gaza et au Liban. Al-Halabi a ajouté que chaque maison de Gaza a le portrait de Soleimani et que «ce sont eux [l’Iran] qui nous soutiennent avec des armes, de l’argent et de la nourriture».

L’Iran fournit nos missiles, armes, fonds et nourriture, nos hommes armés «ont été formés par nos frères dans le GRI»; Sans l’aide de l’Iran, nous ne serions pas en mesure de tirer des roquettes sur Tel Aviv. Qassem Soleimani a personnellement supervisé le transfert de roquettes vers Gaza.

Entre l’axe Jérusalem et Beyrouth, l’axe Jérusalem et Bagdad, l’axe Jérusalem et Damas, l’axe Jérusalem et Sanaa, l’axe entre Jérusalem Téhéran, est l’axe victorieux.

Ramez Al-Halabi Haut responsable du Jihad Islamique palestinien

Dans une interview du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, en date du 27 décembre 2020, ce dernier a révélé que les avions israéliens avaient bombardé des usines d’armes au Soudan, car ils disposaient d’entrepôts d’armes, de munitions et de missiles qui seront envoyés plus tard, par des moyens divers, dans la bande de Gaza.»

Dans une autre déclaration cette fois-ci de Mahmoud Al-Zahar, en date du 28 décembre 2020, le haut responsable du Hamas a remercié l’Iran sur la fourniture du missile antichar russe le Kornet. Al-Zahar a affirmé que ce missile est devenu nécessaire à la lutte contre l’Etat d’occupation car il lui sera difficile de s’approcher des frontières de Gaza.

Aujourd’hui, il y a donc plus aucun doute sur les responsabilités de Téhéran dans l’approvisionnement continu en matériel de guerre en faveur à la fois des milices armée palestiniens et également au profit des rebelles chiites houthis du Yémen. D’ailleurs, la stratégie des «attaques en essaim» avec des batteries mobiles activées simultanément afin d’atteindre la saturation des batteries israéliennes du système d’interception «Iron Dome» est la même qui a été utilisée contre l’Arabie Saoudite et son système de défense antiaérien Patriot, endommageant entre autres une installation stratégique d’Aramco.

Le Hamas a réussi à lancer plus de 3000 missiles et roquettes en une semaine atteignant des fois une portée de plus de 250 km. Une artillerie en quantité et en qualité incroyables à travers laquelle Téhéran a réussi à mener une guerre par procuration au cœur d’Israël.

«Comme dans chaque cycle de conflit israélo-palestinien, le combat entre les deux parties est transmis et amplifié à travers la région, alimentant encore plus d’animosité envers les Israéliens dans le monde arabe», indique Ahmed Charaï.

L’Iran profite de cette dynamique négative et de cet environnement empoisonné. Le recours à la violence aveugle est assimilé à du courage, donnant l’illusion aux yeux de nombreux Palestiniens, que le Hamas était la seule force disposée à «tenir tête à Israël» et à «défendre al-Aqsa» contre l’empiétement israélien.

Ce machiavélisme iranien isole jour après jour les Palestiniens et autres Arabes sympathisants de la paix et de la réconciliation. Ils sont confrontés à la marginalisation ou sont qualifiés de traîtres. Cela s’étend même à ceux, comme le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, avec de longs antécédents d’opposition à la politique israélienne, s’indigne M. Charaï.

Et d’ajouter, une confrontation prolongée menacerait sûrement la stabilité sociale en Cisjordanie, qui jusqu’à présent a été une oasis de calme.

Une sévère crise politique en toile de fond

Quatre élections en moins de deux ans et toujours pas de majorité claire pouvant constituer le gouvernement israélien. Après l’échec de Benjamin Netanyahu à former une coalition, le président israélien Reuven Rivlin a donné, mercredi 5 mai jusqu’au 2 juin, mandat au chef de l’opposition, Yaïr Lapid, de former un gouvernement.

Quelques jours après, Itamar Ben-Gvir, chef du parti extrémiste Otzma Yehudit (Force juive), allié de Netanyahu, va mettre un coup de pression en participant aux affrontements à Cheikh Jarrah et autour du mont du Temple. Deux évènements déclencheurs de l’actuel escalade meurtrière.

Ces évènements vont certainement peser sur la gauche qui a suspendu ses négociations pour former un gouvernement. Son échec donnerait à Netanyahu, en procès pour corruption, une nouvelle chance à travers une cinquième élection. Mais à quel prix. Le Hamas financé par le Qatar et armé par l’Iran se positionne en défenseur de Gaza avec 2 millions de Palestiniens pris en otage. L’organisation islamo-nationaliste réussi à fédérer une large frange des musulmans de par le monde ainsi que le mouvement palestinien en mal de leadership et sans horizon politique, en prétendant incarner la défense de Jérusalem et plus particulièrement de la mosquée al-Aqsa.

«Il est à peine besoin de dire que la paralysie politique en Israël au cours des deux dernières années a largement contribué à cette impasse» écrit Ahmed Charai dans son analyse parue sur The National Interest.

«La plupart des dirigeants du pays s’attachent étroitement à survivre aux épreuves politiques de l’époque, ne laissant aucune place à l’empathie stratégique à long terme sans laquelle Israël ne peut établir des relations amicales et pacifiques avec ses voisins palestiniens. Pour le bien de l’avenir de leur pays, ils doivent travailler pour transcender ces deux épreuves – et leurs propres ego conflictuels – pour parvenir à un cessez-le-feu.» conclut-il.


M. Ahmed Charai est éditorialiste et éditeur de presse, Administrateur de Plusieurs Think tank à Washington – Membre du Conseil d’Administration du “Center for Strategic and International Studies” à Washington, – – Membre du Directoire de l’ONG “Search for Common Ground” à Washington, – Membre du Conseil du Directoire de ” The Atlantic Council of United States” à Washington – Membre du Conseil Editorial Consultatif de “The National Interest’s Magazine” à Washington. – Membre du Conseil d’Administration du “The Foreign Policy Research Institute” à Philadelphia– Membre du Conseil d’Administration du International Crisis Group. Mr Charai est aussi membre du conseil Consultatif de Gatestone Institute à New York. Mr Charai, s’exprime souvent dans de grands journaux et médias américains dont le Wall Street Journal, New York Times, Le Monde, Fox News, National Interest Magazine, Huffington Post.

Ahmed Charai : la néo-opposition numérique bafoue les intérêts supérieurs de la Nation

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Une nouvelle forme d’opposition s’est installée dans le paysage numérique marocain qui transcende les codes des mouvements de protestation politique et sociale qu’a connu le pays depuis son indépendance. La nature du véhicule de l’expression de l’opposition, à savoir les réseaux sociaux, complique l’analyse de ce phénomène et favorise les dépassements en terme de valeurs, d’éthique et des coutumes de la société marocaine. Le diktat de l’audience pousse les créateurs de contenu (texte, images ou vidéos) à aller encore plus loin et encore plus bas. «Même dans l’adversité absolue, l’opposition politique post indépendance, intense et parfois violente, était attachée aux intérêts supérieurs de la Nation» souligne Ahmed Charai dans un édito paru sur L’Observateur du Maroc et d’Afrique. «Ni Abderrahim Bouabid, ni Ali Yata, ni Bensaïd Aït Idder, unanimes sur la marocanité du Sahara, n’ont abandonné pour autant la lutte pour la démocratie et les droits de l’homme», rappelle-t-il. Et d’ajouter : «Aujourd’hui, les réseaux sociaux nous offrent un spectacle affligeant. Les néo-opposants sont désormais d’un autre genre. Il y a un flot d’inepties, de contre-vérités, d’ignorance qui circule et qui est piteux». A qui incombe la responsabilité ? M. Charai pointe du doigt «l’inertie des Oulemas, l’inconscience des politiques et le silence des intellectuels».

Quand est-ce que s’arrête l’opposition constructive et quand est-ce que commence l’adversité destructive ? Quand est est-ce que un Youtubeur passe du statut de créateur de contenu, à activiste puis à opposant politique rémunéré par Adsense ? Un Rubicon qu’on peut aisément franchir depuis l’avènement des réseaux sociaux.

Dans un édito publié sur L’Observateur du Maroc et d’Afrique en date du 07 mai 2021 au titre : «Opposition low-cost», Ahmed Charai analyse les dérives de cette nouvelle opposition numérique.

«Le Maroc est un pays où la vie politique post indépendance a été intense et parfois violente. Mais nous avions une opposition qui avait un projet sociétal, politique», écrit M. Charai.

Même dans l’adversité absolue, cette opposition était attachée aux intérêts supérieurs de la Nation. La question du Sahara qui a enclenché une unanimité qui a permis la récupération des territoires du Sud est le fruit de cette osmose patriotique. Mais ni Abderrahim Bouabid, ni Ali Yata, ni Bensaïd Aït Idder n’ont abandonné la lutte pour la démocratie et les droits de l’homme, atteste M. Charai.

Aujourd’hui, poursuit-il, les réseaux sociaux, mais pas uniquement, nous offrent un spectacle affligeant. Les opposants d’aujourd’hui sont désormais d’un autre genre. Il y a un flot d’inepties, de contre-vérités, d’ignorance qui circule et qui est affligeant.

L’autre problématique devenue persistante est celle relative aux accointances que peuvent développer ces néo-opposants avec des puissances étrangères. Dans le vacarme des attaques et des contrattaques, des accusations qui fusent de part et d’autre, il est devenu difficile de démêler le vrai du faux, le patriote du traitre.

«Certains cherchent l’appui de l’étranger, du statut de réfugié, se mettant au service de volontés d’influence externe. C’est juste désolant. Ces épiphénomènes cachent un environnement plus important, celui de l’intolérance, y compris chez les pseudo-opposants» s’indigne Ahmed Charai.

Terrorisme intellectuel

La néo-opposition numérique n’est pas seulement des prises de positions politiques contre les institutions du pays mais surtout un référentiel sémantique violent, et un étiquetage destructeur.

«Cela pourrit le débat public» se désole M. Charai. «Des gens craignent de prendre la parole et de se voir livrés à cette vindicte fascisante. Du coup, les débats fondamentaux disparaissent, qu’ils soient politiques, sociaux, ou sociétaux, par peur des campagnes haineuses, construites autour du vide» alerte-t-il.

«Le drame est endogène. Dès qu’un Alem s’émancipe de leurs théories ignares, il est l’objet de fatwas takfiristes; dès qu’un journaliste défend des positions rationnelles, il est accusé de travailler pour les services secrets, « l’horrible » Makhzen. Les partis politiques ne sont pas mieux traités, même dans leur diversité.» affirme l’éditorialiste.

«C’est un véritable terrorisme intellectuel qui agit sur la toile. Mais il n’aurait aucune chance, s’il y avait une réaction pour défendre le débat public, les vrais idéaux démocratiques», soutient-il.

Responsabilité historique des oulémas, partis politiques et intellectuels

«Les oulémas, y compris ceux grassement payés par le contribuable, ne réagissent qu’à la demande. Les partis politiques préfèrent ignorer ces phénomènes qu’ils considèrent marginaux. Quant aux intellectuels, ils sont aux abonnés absents» fustige l’analyste.

M. Charai insiste sur l’obligation de défendre de la liberté d’expression : « Il y a bien évidemment des youtubeurs et des youtubeuses qui sont attachés à leur pays, dont on peut ne pas toujours partager la pertinence des points de vue, mais dont il faut absolument défendre la liberté d’expression».

«Les élites marocaines ont le choix entre défendre un projet sociétal, bâti autour de consensus nécessaires et de divergences clairement identifiées, ou se soumettre aux diktats d’incultes qui font du bruit sur la toile». a-t-il conclut.

«Ben Batouche, le fugitif» – Dossier Evènement de l’Observateur du Maroc

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L’hebdomadaire L’Observateur du Maroc et d’Afrique a consacré la Une de son dernier numéro au secrétaire général du Front Polisario, le fugitif Brahim Ghali. Hospitalisé dans un hôpital de Logrones, près de
Saragosse en Espagne sous la fausse identité d’un algérien répondant au nom de Mohamed Ben Batouche, pour échapper à la justice. Le chef des séparatistes a eu droit à tout un dossier taillé sur mesure et orné d’un festival de qualificatifs qui lui vont si bien : Violeur, tortionnaire, indésirable, trafiquant, dictateur et criminel de guerre.

«Brahim Ben Batouche, LE FUGITIF» est le titre choisi par la rédaction de l’hebdomadaire l’Observateur du Maroc pour la première de couverture de son dernier numéro paru ce mercredi. Une «Couv» qui annonce la couleur du dossier détonant sur le scandale de l’hospitalisation clandestine du chef des séparatistes en Espagne où il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt pour des crimes commis avec le polisario.

Scandale d’État

Perpétrée par des passeurs présidentiels algériens, l’opération clandestine du transfert de Brahim Ghali vers l’Espagne a-t-elle été menée avec la complicité des autorités espagnoles ? s’interroge la rédaction de l’Observateur.

«Les appels se multiplient pour la comparution de celui qu’on surnomme désormais le fugitif Brahim Ben Batouche devant la justice en Espagne où de nombreuses plaintes sont déposées contre lui pour viol, torture et d’autres crimes. Tandis que des parlementaires et des militants associatifs espagnols dénoncent le «scandale d’État» provoqué par Ben Batouche et réclament des explications à leur gouvernement» peut-on lire sur la page 3 de l’hebdomadaire.

Le plat de résistance du spécial «Ben Batouche LE FUGITIF» se dévore ensuite en 11 bouchées :

  1. Justice espagnole Curva peligrosa*!

Mohamed Ben Batouche est devenu une personnalité célèbre sans rien faire et sans même bouger de sa bourgade à Batna en Algérie. C’est juste son passeport qui a pris l’avion pour se rendre en Espagne.

  1. Brahim Ben Batouche violeur

La jeune Khadijatou Mahmoud, qui a déjà déposé plainte en Espagne contre le chef du polisario pour viol, demande à la justice de ce pays d’interpeller Brahim Ghali puisqu’il se trouve sur le sol espagnol.

  1. Brahim Ben Batouch tortionaire

La justice espagnole doit montrer son indépendance et ouvrir une enquête sur les nombreux crimes génocidaires commis par le chef du Polisario Brahim Ghali, comme le réclament les organisations et les associations sahraouies des victimes des violations des droits de l’homme à Tindouf.

  1. Ben Batouche l’indésirable

Des représentants d’associations marocaines de la région andalouse ont appelé, lundi 26 avril, la justice espagnole à procéder à l’arrestation du « criminel Brahim Ghali ».

  1. Brahim Ben Batouche trafiquant

Il y a déjà près d’un an, le Forum de soutien aux autonomistes de Tindouf (Forsatin) avait mis à nu le chef du Polisario. Les preuves fournies suffisent pour envoyer Brahim Ben Batouche non seulement devant l’Audience nationale espagnole, mais même devant le Tribunal pénal international

  1. Brahim Ben Batouche dictateur

Le Mouvement Sahraoui pour la Paix (MSP) a vu le jour, il y a un an pour dénoncer les crimes du Polisario et de son chef autoproclamé. Plaidant en faveur de la paix, aujourd’hui encore, son fondateur, Hach Ahmed Bericalla revient à la charge.

  1. La Chambre des conseillers interpelle la Justice espagnole sur le cas Brahim Ghali

Les membres de la commission des affaires étrangères, de la défense nationale et des Marocains résidant à l’étranger à la Chambre des conseillers ont appelé hier, mardi, les autorités judiciaires espagnoles à interagir positivement avec les plaintes déposées par de nombreuses victimes contre le chef des séparatistes du “polisario”, le dénommé Brahim Ghali et d’engager la procédure d’arrestation à son encontre

  1. Pedro Sanchez, la déception

Le quotidien espagnol La Razón a publié, mardi 27 avril, une analyse d’Ahmed Charaï sur l’immobilisme du chef du gouvernement espagnol qui nuit dangereusement aux relations maroco-espagnoles. L’analyste rappelle, au passage, certains crimes commis par le chef du polisario que le voisin ibérique accueille sur son sol et tente de le protéger.

  1. Appels au jugement de Brahim Ghali en Espagne pour viol et autres crimes

Des défenseurs des droits de l’Homme multiplient les appels pour que le chef du Polisario, se trouvant actuellement Espagne, soit interpellé et jugé dans ce pays pour les nombreux crimes qu’il avait commis.

  1. Le gouvernement espagnol n’a pas mesuré les conséquences de son attitude

Le gouvernement espagnol n’a pas bien mesuré l’ampleur des conséquences de sa décision d’accueillir le chef des séparatistes du polisario, le dénommé Brahim Ghali, poursuivi en Espagne pour des crimes de génocide, meurtre,
torture et disparitions forcées, souligne le magazine espagnol “Atalayar”.

  1. Le Syndicat national de la presse marocaine accuse

Pour le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM), l’affaire Brahim Ghali est révélatrice de la partialité dont font preuve des médias espagnols et français.

Ahmed Charaï : Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez «a échoué sur tous les plans»

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Rien ne va plus au sommet de l’Etat espagnol, au point de menacer le fragile équilibre politique et social, difficilement trouvé après les tensions entre Madrid et les séparatistes au pouvoir en Catalogne qui ont plongé le pays durant plusieurs mois dans sa plus grave crise politique depuis son retour à la démocratie en 1977. Tous les doigts pointent vers le premier ministre, Pedro Sánchez, pour l’inertie pathologique qui caractérise son action gouvernementale. Les médias espagnols n’hésitent plus à qualifier ses échecs à répétition «d’humiliation» de toute l’Espagne. Dans son édition du 15 avril, le journal espagnol ABC a fustigé la communication triomphaliste de Pedro Sánchez dans un édito au titre sans équivoque : “Un échec dramatique”. «Cette exaltation exagérée du premier ministre sur la IIe république est une fumisterie», a écrit le journal. Et de rajouter « Une fois de plus Pedro Sánchez revendique comme un succès une expérience politique qui s’est malheureusement soldée par un échec dramatique, la droite comme la gauche ayant violé les lois-mêmes de la République». Le premier ministre espagnol a aussi failli à maitriser sa coalition gouvernementale. A ce titre, il a été incapable de gérer la crise des scandales liés à la fortune cachée de l’ex roi Juan Carlos. Donnant ainsi l’occasion au leader de Podemos et ses proches de ressortir le drapeau républicain et d’attaquer la royauté, ravivant les ambitions des mouvements séparatistes. La contre-performance de Pedro Sánchez a également touché les relations maroco-espagnoles. «Le Premier ministre espagnol a plusieurs fois rappelé la profondeur des relations entre le Maroc et l’Espagne, et pourtant il a échoué sur tous les plans», analyse Ahmed Charai dans un article publié sur le journal espagnol La Razón ce mardi 27 avril. L’éditorialiste marocain, a mis le doigt sur le mal qui ronge l’action du Pedro Sanchèz : «l’immobilisme». M. Charai décrit une forme de torpeur qui caractérise l’action du responsable espagnol vis-à-vis le Maroc et qui s’étend à tous les niveaux, diplomatiques, économiques et sécuritaires. «Une déception», s’est-il désolé.

Premier partenaire commercial du Royaume, partenaire privilégié en matière de contrôle de sécurité et de l’immigration clandestine, l’Espagne a su entretenir durant des années une confiance mutuelle et installer une coopération multidimensionnelle avec son voisin du sud. Un modèle dans tout le pourtour méditerranéen.

Toutefois cette dynamique positive et créatrice de valeur semble s’estomper jour après jour, et ce depuis la montée au pouvoir de Pedro Sánchez.

En effet, dans un article paru ce mardi 27 avril sur le journal espagnol La Razon, Ahmed Charai a décortiqué l’action du premier ministre ibérique en ce qui concerne les relations bilatérales entre le Maroc et l’Espagne. D’emblée, il plante le décor : «Le Premier ministre espagnol a plusieurs fois rappelé la profondeur des relations entre le Maroc et l’Espagne, et pourtant il a échoué sur tous les plans. La relation entre les deux pays est arrivée à une situation de tension, qui finira certainement par s’apaiser, parce que les intérêts des deux peuples l’imposent».

Il faut dire que les dossiers brulants s’accumulent sur le bureau du premier ministre espagnol, suscitant agacement et colère de son partenaire du sud : 1) Gèle des réunions de haut niveau entre les deux pays; 2) Mutisme sur les développements historiques du dossier du Sahara; 3) Silence radio sur le lancement du chantier des applications industrielles et pharmaceutiques du cannabis; 4) Indifférence sur la coopération sécuritaire et la coordination sur les sujets communs des mouvements séparatistes.

Reconnaissance US de la souveraineté du Royaume sur son Sahara : une inertie incompréhensible et un manque de courage politique manifeste

Le gouvernement Sanchez brille par son immobilisme sur l’affaire du Sahara, affirme Ahmed Charai.

«Après la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine, les diplomaties européennes font, discrètement, pression pour aller vers la solution d’une autonomie large, dans le cadre de la souveraineté marocaine. Mais l’Espagne, on ne l’entend pas» révèle M. Charaï.

Et de poursuivre : «en sa qualité d’ancienne puissance colonisatrice, elle connaît l’histoire, elle sait que le Maroc s’est soulevé contre le projet franquiste de créer un Etat croupion au Sahara, et qu’il n’y avait pas de Polisario à l’époque. Madrid sait qu’elle n’a pas colonisé une terra nullius mais un territoire dont la population avait une allégeance à la monarchie marocaine».

M. Charai a tenu également à rappeler au lectorat initié du journal La Razon, des vérités historiques sur la marocanité du Sahara que le gouvernement et le peuple espagnol ne peuvent nier.

«Le Sahara faisait partie du territoire marocain avant la colonisation française et espagnole. Même pendant la période du protectorat espagnol, Tétouan était la véritable capitale du Sahara» a-t-il affirmé.

Cela est compréhensible car les Khalifas, précise M. Charai, les Caïds et les juges qui étaient à Tanger et à Tétouan avaient leurs adjoints respectifs à Tarfaya et à Laâyoune et toutes ces nominations dépendaient du Sultan du Maroc. Ils dépendaient du sultan parce que le territoire du Sahara faisait partie du Maroc.

En dépit de cette réalité factuelle, M. Charai, déplore l’immobilisme du premier ministre espagnol.

«Mais monsieur Sanchez a préféré l’immobilisme, parce qu’il a un allié encombrant, le parti Podemos, et qu’il préfère mettre la poussière sous le tapis», s’est-il indigné.

Traiter en catimini avec un criminel de guerre

Le criminel de guerre en question n’est autre que le dénommé Brahim Ghali, chef des séparatistes du Polisario, reçu et hospitalisé en catimini en Espagne après une négociation au plus haut niveau avec l’Algérie. Une information confirmée par La Razon dans son édition du lundi 26 avril.

«L’histoire de Brahim Ghali est controversée. Ce monsieur a certes le droit à des soins. Mais le fait que les autorités espagnoles acceptent un faux passeport, pour éviter que justice soit faite est une violation de l’Etat de droit», déplore Ahmed Charai.

«Les crimes dont Ghali et d’autres sont accusés sont le génocide, le meurtre, les blessures, le terrorisme, la détention illégale, la torture et les disparitions. Il a été convoqué à témoigner le 19 novembre 2016 mais ne s’était jamais présenté» a-t-il souligné.

Ce sont des faits graves qui ébranlent la crédibilité du gouvernement, poursuit M. Charai. «Il s’agit d’une atteinte à l’institution judiciaire espagnole et Sanchez devra en répondre devant ses concitoyens» assure-t-il.

M. Charaï rappelle que depuis 2012, il y a eu des actions contre une vingtaine de membres du Front Polisario devant la Cour nationale espagnole.

Sur les réseaux sociaux, la gestion de l’hospitalisation du chef des séparatistes a ridiculisé l’Espagne. «Ben Battouche», le nom d’emprunt utilisé par ce dernier est l’objet de toutes les moqueries. De plus les hashtags #Spain_Protect_Criminal et #GhaliGate ont touché pas moins de 2 millions de personnes sur Twitter et Facebook. Un badbuzz inédit dans l’histoire du pays.

Incapable de maintenir la tenue des réunions de haut niveau avec le Maroc

«Sur le plan économique, rien ne bouge non plus» souligne Ahmed Charai. Certes la crise sanitaire est passée par là mais la déficience politique est claire et son effet sur les échanges économiques se ressent déjà par la communauté des affaires.

D’ailleurs, Le premier ministre espagnol a été incapable de fixer un calendrier de l’un des rendez-vous clés pour dynamiser les relations entre les deux pays, à savoir la réunion de haut niveau entre les deux pays.

«Ce dangereux immobilisme est tel que le Groupe parlementaire du Parti populaire (PP) s’en inquiète et vient de demander aux autorités espagnoles de convenir, en urgence, avec le Maroc d’une date pour la tenue de la réunion de haut niveau entre les deux pays.» note M. Charaî.

Les parlementaires espagnols, poursuit-il, rappellent au président Sánchez le rôle qu’il pourrait jouer dans la question du Sahara. Ils regrettent aussi qu’il n’ait pas encore échangé avec Joe Biden. Depuis son élection, le président américain s’est déjà entretenu avec 23 dirigeants étrangers, mais pas avec le président espagnol. Le Groupe parlementaire se demande alors si l’Espagne n’a pas déjà perdu son influence sur la scène internationale.

Selon Ahmed Charaï, l’immobilisme décrié fait également le lit des mouvements terroristes en nuisant considérablement à l’excellente relation liant les services espagnols à leurs homologues marocains.

«C’est d’ailleurs grâce à cette relation exemplaire que des actes terroristes ont pu être évités sur le sol espagnol, mais Pedro Sánchez semble l’oublier», s’alarme-t-il.

Légalisation du cannabis, Pedro Sánchez tourne le dos à une révolution économique et sociale

Alors que le Maroc s’est engagé sur la voie du cannabis médical, une révolution sociale, culturelle et économique dans le pays, le premier ministre espagnol est aux abonés absents.

«Même sur des questions plus terre à terre, le président espagnol n’est pas au rendez-vous. Le Maroc autorise les applications industrielles et pharmaceutiques du cannabis, cela résout le problème des agriculteurs du Rif et contribue à éloigner les trafiquants de la ressource.», souligne Ahmed Charai.

«On aurait pu imaginer un enthousiasme de Madrid en faveur des entreprises espagnoles. Nada !»

Soutenir l’émiettement du Maroc m’est insupportable!

Ahmed Charai

Combattre le séparatisme à la catalogne et encourager le séparatisme au Rif et au Sahara, une aberration espagnole

Alors que la crise catalane continue de miner l’unité espagnole et tout son équilibre politique, le gouvernement Sanchez semble garder un relent du passé colonisateur de son pays en encourageant ou en laissant faire ce qu’il craint et combat quotidiennement sur son territoire. Une attitude qui ne passe plus au Maroc ni ailleurs.

A ce sujet, Ahmed Charaï, a troqué sa casquette d’observateur et d’analyste politique pour celle de patriote et de citoyen marocain, défenseur des intérêts et de l’unité de son pays.

M. Charaï fera le parallèle entre le mouvement séparatiste de la catalogne qui assoit sa légitimité sur une volonté populaire manifeste et celui du Rif marocain.

«Le Rif qui a certes connu des mouvements de protestations, mais ont été d’ordre socio-économiques. C’est un cas avéré de mauvaise gestion et de l’échec de la régionalisation sans ressources humaines adéquates. Quatre ministres ont été limogés par le Roi Mohammed VI parce que leur département n’a pas suivi les objectifs annoncé», a-t-il rappelé.

«Mais, dans ce magma il y a aussi des mouvements séparatistes, loin d’être majoritaires mais qui existent», reconnait Ahmed Charaï, avant de conclure : «J’ai défendu l’unité de l’Espagne contre le séparatisme catalan, qui bénéficie, lui, d’un vrai soutien des électeurs, voire des médias espagnols. Soutenir l’émiettement du Maroc m’est insupportable».

[Analysis Paper] Ahmed Charaï plaide pour une «Biden’s own policy» libérée des poids du passé

Depuis l’installation de Joe Biden à la Maison Blanche, le monde entier suit avec attention et souvent avec appréhension, les moindres paroles, faits et gestes du président américain mais aussi de sa task-force diplomatique. Si la Chine constitue une priorité géostratégique pour les États-Unis, c’est sur le Moyen-Orient que les projecteurs sont braqués. Biden découvre une région transformée mais dont le processus de reconfiguration n’est pas totalement abouti. Les décisions se font attendre et les quelques actions entreprises souvent timides accentuent l’inquiétude de par le monde. «Biden est tiraillé par son positionnement électoral anti-Trump, par l’ombre persistante de Barack Obama et par le risque de reconduction de solutions peu adaptées au contexte actuel», analyse Ahmed Charaï dans deux éditoriaux publiés sur les prestigieuse revues américaines, National Interest et The Hill. Par ailleurs, International Crisis Group, ONG internationale à but non lucratif, dont la mission est de prévenir et d’aider à résoudre les conflits meurtriers grâce à un travail de recherche sur le terrain, des analyses et des recommandations indépendantes, et dans laquelle siège M. Charaï, a disséqué pour sa part les dernières évolutions du dossier du Sahara appelant un réengagement de l’administration Biden. Ces réflexions et productions intellectuelles «dépassionnées» est un apport important à la compréhension des enjeux géostratégiques dans notre région du monde.

  1. Ahmed Charai a publié un analysis paper sur la revue américaine «The Hill» dont laquelle il met en gade sur le risque d’une politique de Biden au Moyen-Orient marquée uniquement par de l’anti-trumpisme et/ou d’une répétition de celle d’Obama.
  2. Sur The National Interest, M. Charaï réalise une monographie de l’équipe diplomatique de Joe Biden, met en avant sa compétence incontestée et s’interroge sur le poids de son expérience passée dans ses décisions futurs concernant le Moyen-Orient.
  3. M. Charaï estime que se contenter uniquement de faire le contraire de l’administration Trump, risque de faire reculer certaines réalisations positives et d’affaiblir les États-Unis aux yeux du monde.
  4. L’éditorialiste note que la guerre au Yémen s’est nourrie des excès des deux administrations antérieures. Il s’interroge par ailleurs sur l’efficacité de la décision de retirer les Houthis de la liste des organisations terroristes du département d’État américain.
  5. Tout en reconnaissant une certaine témérité de MBS qui s’est manifestée tragiquement au Yémen ainsi que sur sa «responsabilité morale» concernant le meurtre de Khashoggi, M. Charai met en garde sur la volonté américaine de «réinitialisation» de l’Arabie Saoudite. Une pression excessive qui la pousserait à se tourner vers Moscou et Pékin.
  6. Au sujet des accords d’Abraham, l’éditorialiste présente le rapprochement entre Israël et les E.A.U comme une fusion de deux écosystèmes, donnant lieu à un modèle de modernité, d’économie diversifiée et de tolérance interreligieuse
  7. Sur le dossier du Sahara, les experts de l’International Crisis Group excluent tout revirement de Biden sur la reconnaissance de l’administration sortante de la souveraineté pleine et entière du Maroc sur le Sahara.

Le plus grand défi de l’équipe de politique étrangère de Biden: peuvent-ils adapter les solutions de leur expérience antérieure sans y être piégés?

Ahmed Charaï : «L’équipe de politique étrangère de Joe Biden est la plus expérimentée réunie par n’importe quel président»

«Les partisans de Joe Biden ont l’espoir que la nouvelle politique étrangère soit équivalente à une troisième administration d’Obama. La nomination d’anciens de l’équipe du prédécesseur de Trump semble répondre à cette aspiration.» écrit Ahmed Charaï dans The The National Interest.

En effet, à Washington il y a un courant qui pousse le candidat puis le président Biden à s’inscrire dans un projet global de revenir au statu quo ante pré-Trump, celui d’Obama.

«Un danger» selon M. Charaï qui y voit un gaspillage inutile d’énergie et de temps. «Le monde n’est pas resté immobile de 2016 à 2020, de nombreuses réalités fondamentales et vérités de terrain ont complètement changé» a-t-il écris sur «The National Interest».

L’éditorialiste marocain s’inscrit donc en faux à cette projection simpliste qui réduirait le Président Biden en un intendant de son ancien patron. « C’est oublier qu’Obama était la recrue politique et son vice-président le Washingtonien aguerri », rappelle M.Charaï.

Et d’ajouter « L’hypothèse selon laquelle les anciens piliers d’Obama qui ont été reconduit sous Biden, pousseraient à adopter les mêmes politiques, faisant fi des leçons du passé, est très peu envisageable. Des diplomates chevronnés comme Bill Burns et Tony Blinken et des professionnels de la sécurité et du renseignement comme Jake Sullivan et Avril Haines ont tous un point commun: une carrière d’ouverture et d’évolution».

«Biden dispose de l’équipe de politique étrangère la plus expérimentée jamais réunie par n’importe quel président», reconnait M. Charaï. Une dream team qui est désormais confrontée à plusieurs dossiers brûlants, notamment au Moyen-Orient : l’Iran, le Yémen, l’Arabie Saoudite et les accords d’Abrahams.

« Le monde a radicalement changé au cours des quatre dernières années, peut-être plus qu’au cours des trente dernières années. Le plus grand défi de l’équipe de politique étrangère de Biden: peuvent-ils adapter les solutions de leur expérience antérieure sans y être piégés? » s’interroge notre éditorialiste.

Homme d’état aguerri et pragmatique, Biden peut façonner sa propre politique étrangère libérée des poids du passé

«La plus grande source de préoccupation réside dans la question de savoir si le mépris pour l’héritage de Trump devient le propre guide de l’administration Biden» alerte Ahmed Charaï. « Faire le contraire de l’administration qu’elle a vaincu, risque de faire reculer certaines réalisations positives et d’affaiblir les États-Unis en montrant au monde que leurs politiques ne durent pas», poursuit-il dans son éditorial paru sur The Hill.

Selon notre analyste, au milieu des crises internationales en cascade, la nouvelle direction doit tenir compte de tous les précédents valables sans se soucier de qui les a créés, trouver des moyens d’en assurer la continuité lorsque cela est possible et tracer une voie parfaitement adaptée au moment.

M. Charai reconnait que cet exercice d’équilibriste est peu enviable. Certes, poursuit-il, les engagements envers les alliés étrangers et les promesses aux partisans américains peuvent parfois se heurter, mais d’innombrables amis des États-Unis à travers le monde pensent que Biden et son équipe sont à la hauteur du défi.

Hier comme aujourd’hui, Biden possède toute une vie d’expérience et de leadership. Le président américain a un esprit qui lui est propre, écrit M. Charaï.

Les chantiers brûlants qui attendent le président Biden au Moyen-Orient

Dans son argumentaire, le président du groupe média GMH a identifié et disséqué 4 dossiers brûlants sur le bureau de Joe Biden.

1. L’Iran : devrions-nous réduire les problèmes avec l’Iran au seul problème nucléaire ?

«Certes, l’Iran est un grand pays, une grande civilisation avec laquelle il faudrait négocier, mais devrions-nous réduire les problèmes avec l’Iran au seul problème nucléaire?», s’est interrogé Ahmed Charaï sur les colonnes de «The National Interest» au sujet de l’Iran, premier dossier traité par la nouvelle administration Biden.

L’Iran est un problème difficile, poursuit l’éditorialiste. Les responsables américains devront d’abord affronter l’avenir de l’accord nucléaire, mais tôt ou tard, Téhéran et Washington devront parler de la poussée expansionniste de l’Iran dans la région au sens large et de ses missiles balistiques.

Biden a la possibilité de tirer profit des deux politiques de ses prédécesseurs, «pression maximale» de Donald Trump et «l’accord sur le nucléaire» d’Obama.

«Si Washington renouvelle la diplomatie directe ou négociée par l’Europe avec Téhéran, les leçons de deux administrations appellent à une nouvelle approche holistique» écrit Ahmed Charaï.

«Les démocrates estiment que la politique de Trump n’a pas dissuadé les iraniens de construire leur bombe, n’empêche que celle d’Obama n’a fait qu’encourager les milices par procuration iraniennes disséminées dans toute la région créant une vive tension chez les alliés vitaux des États-Unis» analyse M. Charaï.

«Israël, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis restent méfiants à l’égard des intentions de l’Iran. Ils ont d’ailleurs signifié qu’ils ne seraient ouverts à un accord avec l’Iran que s’il allait bien au-delà du précédent – régulant son programme de missiles balistiques, son ingérence dans d’autres pays, et les milices qu’il soutient en Irak , au Liban, au Yémen et ailleurs, en plus de son programme nucléaire.» souligne M. Charaï.

«A ce titre, les États-Unis devraient faciliter et soutenir la maîtrise de l’Iran et ses proxys au Moyen-Orient en limitant leurs missiles grâce à un contrôle régional des armements et à la construction d’une architecture de sécurité régionale.» recommande M. Charaï.

2. Yémen : S’attendre à une solution facile, basée en grande partie sur les compromis américains et alliés, est une erreur

Biden a raison de vouloir mettre fin à la misère humaine au Yémen, reconnait M. Charaï. Plus d’un quart de la population nationale est déplacée. La maladie et la faim frappent les survivants de l’un des conflits les plus brutaux de la région depuis la guerre Iran-Irak des années 80.

«Mais en retirant les Houthis de la liste des organisations terroristes du département d’État américain, qu’ont-ils fait en réponse? Les rebelles houthis ont poursuivi leur offensive, mettant en péril plus d’un million de personnes, dont beaucoup étaient déjà déplacées ailleurs au Yémen, et menaçant de nouvelles catastrophes humanitaires.» s’est désolé l’éditorialiste.

S’attendre à une solution facile, basée en grande partie sur les compromis américains et alliés, est une erreur, estime M. Charaï. Ce que l’équipe chevronnée de Biden doit faire, c’est définir une position commune entre les alliés de l’Amérique et s’y tenir simplement, recommande-t-til. Finalement, l’Iran se lassera de financer sa coûteuse guerre au Yémen.

3. Arabie Saoudite : «Froideur» d’Obama, «Etreinte sans précédent» de Trump et «opération réinitialisation» de Biden

Le royaume pétrolier est un allié fidèle des États-Unis depuis près de cent ans, écrit Ahmed Charaï sur The National Interest. Ce n’est pas le pétrole qui a scellé cette alliance, mais le temps et des objectifs communs. Cependant, avoir des objectifs partagés ne veut pas nécessairement dire avoir des valeurs partagées.

«La témérité du prince héritier Mohammed ben Salmane s’est manifestée tragiquement à une échelle massive au Yémen et ailleurs dans la région, ce qui suscite de graves inquiétudes quant à ce que des décennies de son règne apporteront encore», souligne M. Charaï dans son éditorial du The Hill. Et de poursuivre, Biden a eu raison de réintroduire les principes des droits de l’homme dans la discussion de la politique saoudienne et d’envoyer un message dur à la monarchie sur le penchant de Mohammed ben Salmane pour la brutalité.

Toutefois, le réalisme oblige également les États-Unis à accepter certains faits saoudiens, affirme M. Charaï. Quel que soit le résultat d’une enquête, étrangère ou nationale, poursuit-il, le prince héritier continuera de régner et deviendra éventuellement roi lui-même. Soit l’Amérique a une relation de travail avec l’énergique jeune homme, soit elle l’évite et tente d’influencer, le poussant à se tourner vers la Chine et la Russie. Ce qui coûtera à l’Amérique un allié clé au cœur du Moyen-Orient.

«L’administration Biden doit penser à la réforme en Arabie saoudite» estime M. Charaï. Les réalités intérieures saoudiennes exigent une grande prudence de la part des États-Unis. L’administration américaine devrait à ce titre, se concentrer sur la défense de la cause des groupes saoudiens prônant la démocratie, les droits de l’homme et la tolérance religieuse.

«Riyad peut être pardonnée d’avoir été malmenée par les administrations américaines : la froideur de l’administration Obama envers le royaume a cédé la place à une étreinte sans précédent de celle Trump, puis à une nouvelle « réinitialisation saoudienne » sous Biden. Toutefois, le Royaume doit assumer sa part de responsabilité dans ces changements» synthétise M. Charaï.

4. Accord d’Abraham : Sans le soutien actif de l’administration Biden, il sera beaucoup plus difficile de forger les mêmes gains récoltés avec Abu-Dhabi dans les pays arabes les plus peuplés

«Israël et les Émirats arabes unis sont deux écosystèmes qui fusionnent» affirme M. Charaï. Cette ouverture est un élément clé de la stratégie de croissance des EAU pour ce millénaire. La pays envisage de devenir le modèle arabe de modernité, de tolérance intra-religieuse et d’une économie diversifiée.

La nouvelle administration Biden peut aider en adoptant une nouvelle approche du rétablissement de la paix qui tire les leçons de la nouvelle vague de résultats diplomatiques, considère-t-il. Il est temps de mettre à profit la promesse des nouveaux accords – pour tous leurs signataires, les Palestiniens et la région au sens large. Si la vague de rétablissement de la paix se traduit par un avantage tangible pour la jeunesse arabe, le soutien panarabe à la paix avec Israël ne fera que croître.

«Plus de 130.000 Israéliens ont visité les EAU depuis la signature des accords de paix. Les partenariats et le volume des échanges se développent à une échelle qui éclipse ceux des accords de «paix froide» ratifiés avec la Jordanie et l’Égypte le siècle dernier», recense M. Charaï.

«Il sera beaucoup plus difficile de forger les mêmes gains dans les pays arabes les plus peuplés – en particulier si l’administration Biden ne soutient pas activement le processus. Ne pas le faire, privera des millions de jeunes de la promesse d’un avenir meilleur que le partenariat avec Israël et ses alliés peut apporter» alerte-t-il.

Un appui de Biden à ces accords et à la réalisation des promesses économiques qui ont découlent, inspirera les jeunes Arabes du bassin de la mer Rouge et du Sahel, où les conditions sont mûres pour des relations diplomatiques israélo-arabe, d’exiger que leurs dirigeants rejoignent le cercle de la paix, considère M. Charaï.

Néanmoins, l’éditorialiste tire la sonnette d’alarme au cas où la Maison Blanche dédaignerait ou désavouerait les accords d’Abraham, comme le veulent certains partisans de Biden. Le retour en arrière pourrait annuler une percée historique et diminuer la crédibilité américaine dans la région.

Rapport de Crisis Group sur le Sahara : Biden ne reviendra pas sur la reconnaissance des États-Unis de la souveraineté pleine et entière du Maroc sur le Sahara.

«Réengager des efforts internationaux au Sahara occidental» est le titre d’un rapport de vingt et une pages élaboré par International Crisis Group (ICG), publié le 11 mars en trois langues. ICG est une ONG internationale à but non lucratif, dont la mission est de prévenir et d’aider à résoudre les conflits meurtriers grâce à un travail de recherche sur le terrain, des analyses et des recommandations indépendantes dont laquelle Ahmed Charaï siège depuis janvier 2019.

«Fidèle à sa vocation d’outil de réflexion pour la prévention et la résolution des conflits armés, l’International Crisis Group (ICG) a livré une analyse actualisée du conflit du Sahara, qu’il qualifie de «dormant» tout en le jugeant «menaçant». Ses experts préviennent d’une escalade entre le Maroc et le Polisario, qui aurait, selon eux, des conséquences désastreuses non seulement au Maghreb, mais dans toute la région du Sahel», résume l’Observateur du Maroc et d’Afrique la portée du rapport du très influent Think Tank américain dans son édition du 11 mars.

Le Briefing Moyen-Orient et Afrique du Nord de Crisis Group N°82 sur le Sahara a été construit autour de trois axes :

  1. Historique du conflit
  2. Menaces et opportunités
  3. Recommandations

En rapportant avec fidélité l’historique du conflit, les analystes de l’ICG ont bien identifié les parties prenantes du dossier du Sahara. A ce titre, on peut lire sur le rapport « L’administration Biden, en étroite collaboration avec la France, la Russie et l’Algérie, les principaux acteurs extérieurs du conflit, devraient inciter les deux parties à accepter une trêve et à reprendre les négociations».

Si le rôle de la Mauritanie a été reconsidéré par l’ICG après la démission soudaine à l’envoyer spécial de l’ONU de Horst Köhler en mai 2019, mettant fin aux tables de rondes de Genève, les experts du think tank ont bel et bien pointé du doigt l’ingérence militaire de l’Algérie qui risque d’intensifier la menace d’un conflit armée.

«Les combats pourraient s’intensifier au moindre incident militaire, tel qu’une ingérence algérienne – par exemple, des transferts d’armes plus importants entre Alger et le Polisario – ou un changement de tactique militaire au sein du mouvement indépendantiste», a mis en garde le rapport de Crisis Group.

«Le moment de se réengager» : l’appel de Crisis Group à l’attention de l’administration Biden et du Conseil de sécurité de l’ONU

«La faible intensité du conflit au Sahara occidental ne devrait pas justifier l’inaction. Le risque d’une forte escalade militaire entre le Maroc et le Front Polisario reste limité, mais il n’est pas négligeable pour autant», analyse le rapport.

Alors que l’administration Biden et le Conseil de sécurité semblent peu pressés à prendre en main le dossier, l’ICG met en garde la communauté internationale sur les menace du statut-quo.

«Le désintérêt de la communauté internationale pour ce conflit pourrait également avoir des conséquences à long terme pour la stabilité régionale. Sans solution diplomatique, les Sahraouis désabusés, surtout les jeunes, pourraient contraindre le Front Polisario à changer de tactique» alerte le rapport.

L’ICG revient également sur la reconnaissance des États-Unis de la souveraineté pleine et entière du Maroc sur le Sahara. Le think tank estime que l’administration Biden est réticente à Réengager des efforts internationaux au Sahara à l’idée de revenir sur la reconnaissance par l’administration Trump de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental.

Les experts de Criss Group ont évalué par ailleurs les réalisations diplomatiques du royaume. «Le Maroc a accéléré sa politique du fait accompli. La stratégie principale de Rabat était d’inviter des Etats amis d’Afrique et du Moyen-Orient à ouvrir des consulats au Sahara occidental», souligne le rapport.

Crisis Group juge cette offensive marocaine d’ouverture des consulats comme étant une résultante d’une stratégie marocaine ambitieuse visant à renforcer les liens politiques et économiques avec l’Afrique subsaharienne. Ces
dernières années, rappelle-t-il, Rabat a fortement intensifié ses investissements et ses relations commerciales avec le reste du continent, surtout avec l’Afrique de l’Ouest.

Le dossier du Sahara n’est pas moins important que d’autres sujets brûlants que la communauté internationale dirigée par le nouveau président est appelée à considérer sérieusement. A l’image de toute la stratégie américaine au Moyen-Orient, le retour au statu quo ante pré-Trump sur ce dossier, serait une erreur, pire un danger.

A la complexité politique et sécuritaire de la géopolitique mondiale s’ajoute les effets de la crise sanitaire. Biden dispose de tous les leviers et de toutes les compétences pour déployer sa propre politique étrangère. Une politique à son image, juste, éclairée et pragmatique.

L’Observateur du Maroc et The Jerusalem Post scellent un partenariat stratégique et organisent un évènement «historique» en 2021

«Ce partenariat témoigne de la vague de paix qui déferle actuellement dans toute la région» ainsi a qualifié Yaakov Katz, l’annonce de la signature du partenariat stratégique entre The Jerusalem Post dont il est le Rédacteur en Chef et L’Observateur du Maroc, fondé et dirigé par Ahmed Charaï.

Suite à la signature de la Déclaration Conjointe entre le Maroc, les États-Unis et Israël, mardi, au palais royal de Rabat, annonçant l’engagement des trois pays à œuvrer pour la paix au Moyen-Orient et la prospérité économique dans le territoire du Sahara et en Afrique subsaharienne, plusieurs accords structurants ont été signés entre le gouvernement marocain, le gouvernement israélien et l’agence de développement américaine, DFC. Plus de 8 milliards de dollars d’investissement ont été ainsi engagés pour l’ouverture d’une ère nouvelle dans les relations entre le Royaume du Maroc et l’Etat d’Israël.

Cette feuille de route ambitieuse ne pouvait être complète sans un accompagnement médiatique à même d’informer, d’expliquer et de rapprocher les idées entre les dirigeants et l’opinion publique des deux rives.

C’est à ce tire qu’une s’inscrit le partenariat stratégique signé ce mercredi 23 décembre entre l’un des médias les plus influents en Israël et dans le monde, The Jerusalem Post et L’Observateur du Maroc, hebdomadaire francophone, du groupe media influent Global Media Holding (GMH), dirigé par Ahmed Charaï, l’un des fins observateurs et analystes marocains des scènes politiques américaine et israélienne.

«The Jerusalem Post et L’Observateur du Maroc, deux des organisations médiatiques les plus en vue d’Israël et du Maroc, ont annoncé mercredi la mise en place d’un nouveau partenariat stratégique.» indique le communiqué de presse publié par le journal israélien.

JP et L’Obs Maroc annoncent une conférence conjointe «HISTORIQUE» en 2021

«À l’issue de la normalisation récemment annoncée des relations entre les deux pays, le partenariat entre The Jerusalem post et L’Observateur du Maroc consistera en une syndication et un échange de contenu, ainsi qu’en organisant une conférence conjointe historique.» annonce le communiqué.

«Nous sommes ravis de cette opportunité de nous associer à l’une des principales organisations de presse marocaines», a déclaré le Rédacteur en Chef du Jerusalem Post, Yaakov Katz, à l’annonce du partenariat.

«C’est un témoignage de la vague de paix qui déferle actuellement dans toute la région et il n’y a pas de meilleur moyen d’illustrer cela que de faire en sorte que deux organisations de presse établies comme les nôtres travaillent ensemble.» poursuit M. Katz.

«Je suis heureux de ce partenariat, qui témoigne de notre engagement en tant que groupe médiatique pour les valeurs de tolérance et de paix entre les peuples», a déclaré Ahmed Charai, président de Global Media Holdings (GMH) éditeur de l’Observateur du Maroc.

«J’espère que cela aidera à briser les barrières invisibles» poursuit M. Charaï.

L’annonce de ce partenariat a été partagé par l’assistant personnel de Donald Trump et son représentant spécial pour les relations internationales, Avi Berkowitz, sur son compte Twitter.

https://twitter.com/aviberkow45/status/1341707435204030465?s=20

The Jerusalem Post est un quotidien israélien en langue anglaise créé en 1932 sous le nom de Palestine Post. Il a adopté son nom actuel en 1950. Il est actuellement le plus grand quotidien de langue anglaise du pays et son portal web est le site d’information en langue anglaise le plus visité en Israël.

Journal du matin paru tous les jours sauf samedi, The JPost a traditionnellement mis l’accent sur les informations étrangères, en accordant une attention particulière aux relations arabo-israéliennes.

Au début du 21e siècle, son tirage quotidien s’élevait à environ 11 000 exemplaires en Israël et 26 000 aux États-Unis. Une édition hebdomadaire en langue française a touché 3 000 lecteurs en France. L’édition populaire du week-end du journal sert de base à une édition internationale intitulée The Jerusalem Post Weekly.

Le Journal est connu pour organiser des évènements importants depuis 10 ans. Sa conférence annuelle à New York a été l’une des principales plates-formes pour aborder les problèmes critiques auxquels Israël et le monde juif sont confrontés.

Jared Kushner : «Nous avons été en contact permanent avec le roi Mohammed VI et son équipe, depuis le Iftar de 2019»

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L’interview évènement de Jared Kushner et de Meir Ben-Shabbat, accordé à Ahmed Charai, vient d’être mis en ligne sur les supports du groupe média que dirige l’éditorialiste. A quelques heures de l’atterrissage du vol EL AL LY555, en provenance de Tel-Aviv, transportant la délégation conjointe américano-israélienne, les déclarations des deux responsables offrent des clés de lectures au public marocain pour mieux cerner les enjeux de la reprise des relations entre Rabat et Tel-Aviv. Ci-après quelques passages.

Dans son interview exclusif donné à M. Charaï, Jared Kushner a défendu le bilan de Trump sur le Moyen-Orient. « Lorsque le Président Trump est entré en fonction pour la première fois, la région était en désordre. L’EI était endémique, l’Iran et ses mandataires faisaient des ravages, et nos alliés et partenaires étaient aliénés. Nous avons travaillé dur pour rétablir la confiance avec nos partenaires régionaux et identifier les intérêts communs, en les éloignant des conflits du passé.» a-t-il répondu à une question de Moulay Ahmed.

Interpellé sur les coulisses de l’accord avec le Maroc, Kushner déclare que le roi Mohammed VI lui a prodigué d’excellents conseils et qu’il avait gardé un contact permanent avec le souverain et son équipe.

Au sujet du Sahara, le Conseiller spécial de Donald Trump, affirme que les États-Unis estiment que le plan d’autonomie du Maroc est la seule option réaliste pour parvenir à une solution juste, durable et mutuellement acceptable du différend sur le Sahara.

Meir Ben-Shabbat : «Nos pères ont vécu au Maroc dans la sécurité, la sérénité et la prospérité»

Le président du Conseil national de sécurité de l’Etat d’Israël, Meir Ben-Shabbat, et chef de la délégation israélienne en visite demain au Maroc, a insisté lors de son entretien avec Ahmed Charai sur les relations culturelles séculaires entre le peuple juif et le Royaume tout en rappelant ses origines marocaines.

«Plusieurs citoyens israéliens d’origine marocaine espéraient ce moment», s’est-il félicité.

Et d’ajouter : «Plusieurs enfants de la deuxième et troisième génération de juifs marocains, qui ont émigré en Israël, dont moi-même, conservons toutes nos traditions juives marocaines. Nous les vivons dans nos maisons».

«Les relations profondes entre la monarchie et le peuple marocain sont connues à travers le monde. Elles seront un pont entre nos deux pays et les fondations de la paix entre les deux peuples.» a affirmé le conseiller à la sécurité nationale de Netanyahu.

A la question de l’inauguration du premier vol commercial entre Tel-Aviv et Rabat, M. Ben-Shabbat confie à M. Charaï, que «ce jour est exceptionnel et pas uniquement pour son aspect diplomatique».

«Mon regretté père le rabbin Makhlouf Khalifa et ma mère Aziza, que Dieu lui accorde longue vie ainsi que mes grands frères sont tous nés au Maroc. C’est là qu’ils ont grandi et fait leurs premiers apprentissages avant d’arriver en Israël.» a-t-il poursuivit.

D’autres révélations inédites sont à découvrir sur les supports du groupe média présidé par M. Charai, notamment sur L’Observateur et Al Ahdath.

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