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Abdelfattah al-Sissi

Vilain pied de nez d’al-Sissi à Biden : la Russie lance la construction de la première centrale nucléaire d’Égypte

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Après le sommet Poutine, Erdogan et Raïssi à Téhéran, le président américain Joe Biden reçoit un autre affront au lendemain de sa tournée au Moyen-Orient. Cette fois-ci d’Abdelfatah al-Sissi. Ce dernier a donné, ce mercredi, le coup d’envoi de la construction du premiers réacteur nucléaire de son pays, confiée à Rosatom, une société contrôlée par l’État russe.

Avec Bloomberg

C’est un vilain pied de nez du président égyptien donné à la tournée de Joe Bien au Moyen-Orient. Les cause sont à chercher dans l’échec de la réconciliation avec Mohammed Ben Salmane; le choix d’une présence virtuelle de Mohammed Ben Zayed, marquant une forme distance avec la nouvelle administration américaine; les vives tensions économiques et sociales provoquées par le va-t-en-guerre contre la Russie et la mollesse de la réponse américaine au programme nucléaire iranien.

Les présidents iranien Ebrahim Raïssi (au centre), russe Vladimir Poutine (à gauche) et turc Recep Tayyip Erdogan posant pour une photo lors de leur sommet tripartite à Téhéran, en Iran, le 19 juillet 2022. Photo AFP

En effet, dans l’objectif d’apporter une forme d’équilibre avec le Kremlin et ses alliés occidentaux qui ont sanctionné Moscou pour sa guerre en Ukraine, Al-Sissi a donné le coup d’envoi des travaux de la première centrale nucléaire d’Egypte.

Il s’agit de la première des quatre unités de puissance de 1 200 mégawatts qui seront construites à El Dabaa, à 300 kilomètres au nord-ouest du Caire, selon un communiqué de la société publique Rosatom. Cette dernière est le plus grand fournisseur mondial de combustible nucléaire et de réacteurs. Elle n’a pas été visée par les sanctions américaines ou européennes contre Vladimir Poutine.

La Russie a l’habitude de mener des projets énergétiques à grande échelle en Égypte, souvent dans le cadre d’un effort plus large visant à contester l’influence politique, militaire et économique des États-Unis. Pour rappel, la défunte URSS avait participé à la construction du haut barrage d’Assouan dans les années 1960.

Le président russe Vladimir Poutine et son homologue égyptien Abdel-Fattah El-Sisi étaient présents lorsque les pays ont signé un accord pour la construction de ces quatre réacteurs en 2017.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi à droite, et son homologue russe Vladimir Poutine à gauche, applaudissent alors que le ministre égyptien de l’électricité et des énergies renouvelables, Mohamed Shaker, serre la main d’Alexei Likkhachev, le directeur général de la société russe de l’énergie atomique Rosatom, après avoir signé un accord bilatéral au Caire en 2017. AFP

Le coût du projet était estimé à 30 milliards de dollars, dont une grande partie devait être financée par un prêt de Moscou. Rosatom fournira quand à elle du combustible nucléaire à chacun des quatre réacteurs tout au long de la vie opérationnelle de la centrale. Tandis que trois entreprises égyptiennes présélectionnées participeront à la construction de la centrale située sur la côte méditerranéenne.

https://twitter.com/EgyProjects/status/1549747421462380544

L’Égypte a développé des liens économiques plus forts avec la Russie depuis qu’al-Sissi a arraché le pouvoir en 2014, tout en conservant des liens historiques avec des partenaires occidentaux. Cette année, Le Caire a participé au Forum économique international de Saint-Pétersbourg, a acheté des quantités substantielles de blé à la Russie, tout en signant un accord avec Israël pour stimuler les ventes de gaz à l’Union européenne, qui cherche à réduire sa dépendance aux importations énergétiques de Moscou.

Le projet Rosatom a été retardé après l’attentat à la bombe de 2015 contre un avion de ligne russe au-dessus de l’Égypte, qui a tué 224 touristes. Les vols entre les deux pays n’ont repris que l’année dernière, offrant une aubaine à l’industrie touristique égyptienne qui avait auparavant attiré un grand nombre de visiteurs russes.

L’invasion de l’Ukraine par la Russie et les sanctions américaines et européennes qui ont suivi n’ont guère contribué à décourager l’intérêt international pour la technologie de Rosatom. Outre l’Égypte, la société contrôlée par le Kremlin a fait avancer des projets en Hongrie et au Myanmar depuis le début du conflit.

Biden suspend 130 millions de dollars d’aide militaire à l’Égypte en raison de la situation des droits de l’homme

L’administration Biden s’apprête à refuser 130 millions de dollars d’aide militaire à l’Égypte pour des raisons de droits de l’homme, ont déclaré vendredi 28 janvier 2022, des responsables du département d’État américain, une sanction rare à l’encontre d’un allié clé, même si elle ne satisfait pas les attentes des groupes de défense des droits.

Avec Reuters

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a déclaré en septembre de l’année dernière que l’aide militaire à l’Égypte serait suspendue si Al-Sissi ne répondait pas aux conditions spécifiques liées aux droits de l’homme que Washington a fixées. Les militants de droits de l’homme avaient exigés la libération des prisonniers politiques.

Les groupes de défense des droits avaient demandé à l’administration de bloquer la totalité des 300 millions de dollars de financement militaire étranger destinés au gouvernement égyptien d’Abdel Fattah al-Sisi.

Le dictateur préféré de Trump avait évincé dans le sang les Frères musulmans en 2013 du pouvoir et a mené une dure répression de la dissidence.

«Bien qu’Antony Blinken n’ait pas encore pris une décision finale, s’il n’y a pas de développements majeurs au cours des deux prochains jours, il reprogrammera les 130 millions de dollars vers d’autres priorités de sécurité nationale, comme il l’a prévu en septembre», a déclaré un responsable du département d’État lors d’un appel téléphonique avec des journalistes.

La partie de l’aide retenue représente 10 % des 1,3 milliard de dollars qui ont été alloués à l’Égypte pour l’année fiscale 2020. Ce montant est affecté annuellement à l’Égypte depuis 2017.

Les défenseurs des droits de l’homme sur leur faim

Cependant, l’annonce de vendredi intervient après que l’administration ait approuvé en début de semaine la vente potentielle de radars de défense aérienne et d’avions C-130 Super Hercules à l’Égypte pour une valeur combinée de plus de 2,5 milliards de dollars, ce qui soulève des doutes quant à l’impact du montant objet de la suspension.

«C’était la bonne décision. Le bilan atroce de l’Égypte en matière de droits de l’homme ne devrait laisser aucune place à des compromis de la part du gouvernement américain. Mais nous avons également vu 2,5 milliards de dollars de ventes d’armes américaines à l’Égypte notifiés cette même semaine….. Compte tenu de ces aides, ce n’est guère plus qu’une tape sur les doigts», a déclaré Sarah Holewinski, directrice de Human Rights Watch à Washington.

Intérêts supérieurs des Etats-unis

Les responsables américains affirment que les relations avec l’Égypte sont complexes. Le pays arabe le plus peuplé est un allié vital de Washington qui s’engage toujours à le soutenir pour ses «besoins légitimes de défense».

«La vente de 2,5 milliards de dollars est une opération qui sert essentiellement les intérêts américains» a déclaré à Reuters l’un des responsables du département d’État.

Le sénateur américain Chris Murphy, démocrate et allié du président Joe Biden, s’est félicité de cette décision et a déclaré qu’Al-Sissi n’avait pas satisfait les «conditions tout à fait réalisables en matière de droits de l’homme» fixées par l’administration américaine.

«Cela envoie le message important qui consiste à maintenir notre engagement en faveur des droits de l’homme par des actions. L’époque où les dictateurs recevaient des chèques à blanc des Etats-unis est révolue», a déclaré Murphy dans un communiqué.

Il n’existe pas de chiffres officiels sur les détenus, mais les groupes de défense des droits de l’homme estiment que des dizaines de milliers d’entre eux ont été emprisonnés pour des motifs liés à la sécurité.

Lors d’un forum de la jeunesse ce mois-ci, Al-Sissi a qualifié les critiques contre son pays au sujet des droits de l’homme constituait une attaque contre l’Égypte. Il a déclaré que ces critiques ne reflétaient pas la réalité sur le terrain, tout affirmant que son gouvernement a essayé d’assurer le bien-être économique après avoir surmonté les troubles consécutifs au soulèvement de 2011.

Biden s’est engagé à placer les droits de l’homme au cœur de sa politique étrangère et les défenseurs des droits ont poussé Washington à se montrer plus sévère envers Al-Sissi, même si les liens avec l’Égypte se sont améliorés après la médiation du Caire pour aider à mettre fin aux hostilités en avril entre Israël et les militants du Hamas.

Erdogan à l’opposition égyptienne : «Ne critiquez plus Al-Sisi»

KEY POINTS

  • Erdogan a fait savoir aux médias d’opposition égyptienne installés en Turquie de mettre fin au «al-Sisi-Bashing»
  • La Turquie et l’Égypte ont repris le 12 mars des contacts diplomatiques pour la première fois depuis la rupture de leurs relations en 2013 après la destitution du président égyptien Mohamed Morsi.
  • Erdogan opère des changements importants dans sa politique étrangère depuis l’arrivée de la nouvelle administration Biden.
  • L’offensive diplomatique turque a concerné également l’Union Européenne qui vient d’annoncer le gel de son intention de mettre sur liste noire plus de cadres supérieurs de la société publique turque Turkish Petroleum Corporation (TPAO).

Qu’est ce qui s’est passé ?

Al-Arabiya a créé l’évènement jeudi soir en annonçant la fin des émissions politiques anti-al-Sissi diffusées depuis la Turquie. Selon la chaine satellitaire saoudienne, les autorités turques auraient demandés aux propriétaires des chaînes Almayadeen, Elsharq TV et Watan TV d’arrêter «immédiatement» d’attaquer l’Egypte et les pays du Golfe. La même source a par la suite annoncé que des leaders des frères musulmans installés en Turquie avaient été mis en résidence surveillée en leur demandant de signer « des documents sécuritaires» pour rester dans le pays. Al-Arabiya a également annoncé que les services de renseignement turques auraient exigé la suspension de virements bancaires au profit de ces opposants.

L’information a créé une grande confusion au sein de ces chaines surtout après un tweet d’Ayman Nour propriétaire d’Elsharq TV, dans lequel il avoue l’existence de pressions.

Sur les réseaux sociaux, les rumeurs s’emballent annonçant la fin des animateurs vedettes tels que Moataz Matar, et Mohamed Nasser Ali et leur extradition en Egypte à la demande d’al-Sisi.

Factcheking

Il fallait attendre la matinée du vendredi pour en savoir davantage. Ayman Nour, cité plus haut, propriétaire de la chaine Elsharq TV et fondateur du parti d’opposition non religieux, Ghad al-Thawra, a enchainé les déclarations à Al Jazeera et à d’autres médias. Ci-après ce qu’il faut en retenir :

  1. Il confirme avoir été approché par les autorités turques au sujet du ton des chaînes.
  2. Une réunion a bien eu lieu jeudi après-midi entre des responsables turcs et des représentants de l’opposition égyptienne en Turquie.
  3. L’ordre du jour de ladite réunion a porté sur les développements récents des relations entre Le Caire Ankara ainsi que sur la ligne éditoriale des chaînes égyptiennes opérant en Turquie.
  4. Il dément les rumeurs de fermeture des chaines et d’annulation des programmes télés politiques.
  5. Il révèle que les représentants de l’opposition égyptienne comprenaient la position des responsables turcs et respectaient leur volonté de rendre le discours de ces chaînes «conforme aux codes d’honneur des médias et de la presse».
  6. Il annonce étudier la possibilité du déplacement de ces chaines pour opérer en dehors de la Turquie.

La chaine américaine en langue arabe , Al Hurra, a révélé pour sa part d’autres éléments apportés par une source proche du dossier requérant l’anonymat :

  1. Le gouvernement turc a informé la direction des chaînes d’opposition égyptiennes à Istanbul d’arrêter immédiatement les programmes politiques qu’ils diffusent, dans lesquels ils critiquent le régime égyptien et son président, Abdel Fattah al-Sisi.
  2. Un responsable turque a rencontré jeudi après-midi la direction des trois chaînes, et les a informé de la décision de fermeture immédiate, qui a été assouplie à l’issue de la réunion pour limiter les émissions politiques.
  3. Une réunion est prévue dans les jours qui suivent ( ce samedi selon Al jazeera ) pour continuer les négociations et acter les décisions.

Elsharq TV a été la première à régir à cette pression turque avec l’annulation de la diffusion de l’émission «Charie Masri» (Rue égyptienne), rapporte Al Hurra.

The Big Picture

L’arrivée au pouvoir à Washington d’une administration qui se positionne en opposition totale à sa précédente, a créé une onde de choc importante amorçant des bouleversements majeurs dans les relations internationales, principalement au Moyen-Orient et en Europe, terrains des ruptures trumpiennes.

La Turquie, à l’image de la Russie, des Emirats Arabes Unis et d’Israël ont constitué les catalyseurs principaux de la gestion des crises et dans le remodelage d’un Moyen-Orient qui fait barrage au spectre d’une Eurasie chinoise avec un minimum d’investissement humain et financier des américains.

L’administration Biden découvre une situation d’une grande complexité et tente d’imposer sa vision dans laquelle elle veut avoir la main sur l’ensemble des dossiers de la région, quitte à fâcher ses alliés.

Cette posture américaine s’accompagne par une lenteur et une hésitation qui ne laisse pas le choix aux pays sus-cités, que de chercher de nouveaux partenariats et nouvelles alliances sans attendre l’installation du nouvel ordre mondial version Biden.

A ce titre, les ennemies d’hier, la Turquie et l’Egypte, voient leurs intérêts géopolitiques se recroiser. Erdogan, dont le pays se prépare aux élections générales en juin 2023, a deux ans pour redresser une situation économique et sécuritaire menaçante en raison, entre autres, de la crise sanitaire et de la crise migratoire syrienne.

Le gaz de la méditerranée, raison principale de l’intervention de la Turquie en Lybie, serait également l’un des dossiers qui ont poussé Erdogan à revoir se politique agressive envers al-Sissi depuis la destitution du président démocratiquement élu d’Egypte, Mohamed Morsi.

Crise économique et menaces américaines obligent, Ankara estime désormais qu’un rapprochement avec Le Caire servirait les intérêts de la Turquie dans au moins deux grands dossiers : le partage des ressources gazières de la Méditerranée orientale et la situation en Libye.

Al-Sissi pour sa part n’est pas dupe. Si l’opposition égyptienne a trouvé refuge et asile politique en Turquie, la guérilla médiatique installée dans le pays est financée par des fonds des pays du Golfe, y compris de son allié Mohammed ben Zayed.

Il faut savoir que les chaînes Almayadeen, Elsharq TV et Watan TV emploient, certes, des journalistes opposants au régime égyptiens vivant sur le sol turque, mais le financement et la diffusion se font depuis Londres. C’est au Royaume-Unis que résident les hommes de paille des vrais instigateurs de l’opposition égyptienne contrôlées.

En effet, ni Ayman Nour, avocat et chef de parti en exil, ni Azmi Bishara, l’arabe israélien, membre du Knesset de père en fils et résident au Qatar, (Bishara est celui qui murmurait dans ls oreilles de Taoufik Bouachrine et des leaders du PJD marocains) n’ont les ressources suffisantes pour maintenir sur plusieurs années ces gouffres financiers qui sont les chaines satellitaires dépourvues de rentrées publicitaires.

Par ailleurs, les leaders politiques de l’opposition égyptienne ont très peu accès aux médias et al-Sissi le sait. Ces chaines installées en Turquie ont servi d’une part de maintenir la pression sur un régime militaire naissant et d’autre part à canaliser la grogne populaire égyptienne et arabe après l’échec du printemps arabe.

Macron remercie Sissi de son soutien après la «campagne de haine» anti-française dans le monde musulman

Le président français Emmanuel Macron a remercié le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, «président d’un très grand pays arabe et musulman» de sa visite à Paris, après une «campagne de haine» anti-française dans le monde musulman.

AFP

France et Egypte sont «unies» pour construire un «espace de civilisation» dans lequel «il n’y a pas de place pour les condamnations à mort et les discours de haine quand s’expriment simplement les libertés», a affirmé M. Macron.

La France a récemment fait l’objet d’appels au boycott et de manifestations dans le monde musulman après que M. Macron eut défendu la liberté de caricaturer, suite à l’assassinat par un islamiste en octobre d’un enseignant français qui avait montré des caricatures de Mahomet dans un cours sur la liberté d’expression.

Rebondissant sur une question d’un journaliste égyptien, les deux chefs d’Etat se sont ensuite lancés dans des explications détaillées, M. Macron défendant les libertés dont le droit de critiquer une religion, tandis que M. al-Sissi a souligné le caractère «sacré» de la religion qui a, selon lui, « la suprématie sur les valeurs humaines ».

Le président égyptien a rappelé que l’Egypte a condamné l’assassinat du professeur Samuel Paty par un réfugié russe tchétchène radicalisé, comme Le Caire «condamne n’importe quel attentat terroriste».

Il a reconnu que «les hommes ont le droit d’avoir la religion qu’ils veulent et de refuser ce qu’ils veulent».

Mais il s’est dit inquiet du risque, en «rendant égales les valeurs humaines que nous acceptons et respectons et les valeurs de la religion», de «blesser des millions de personnes».

M. Macron lui a alors répondu en rappelant qu’en France, «nous considérons que rien ne peut être au-dessus de l’homme et du respect de la dignité de la personne humaine», soulignant que «c’est l’apport de la philosophie des Lumières».

Il a reconnu qu’il peut y avoir «un débat sur la décence» et sur «ce qui peut choquer l’un, l’autre dans le rapport entre êtres humains».

Mais, «aucune religion parce qu’on se moque d’elle n’a le droit de déclarer la guerre», a poursuivi M. Macron, en rappelant la stricte séparation en France entre le religieux et le politique.

Jugeant «très important le débat que nous avons là», il a aussi souligné que la vision des pays occidentaux est que le religieux ne «supplante pas le politique», «c’est une base, c’est un principe démocratique sinon c’est autre chose, ce sont des théocraties».

Un sommet Netanyahu al-Sissi au Caire dans le pipe

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu préparerait une visite officielle en Égypte dans les prochaines semaines, sur invitation du président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi.

Avec Anadolu Agency

Le journal israélien Maariv a révélé dans un article publié lundi que «des responsables des deux pays ont entamé actuellement des pourparlers avant la visite officielle du Premier ministre, Benjamin Netanyahu au Caire, dans les semaines à venir».

Le journal a souligné que les discussions entre les deux dirigeants seront centrées sur les questions économiques.

«Une réunion bilatérale aura lieu entre les délégations économiques israélienne et égyptienne, au cours de laquelle il sera question des projets économiques conjoints et du renforcement des relations commerciales entre les deux pays». précise la même source.

Maariv a rappelé que Netanyahu et Al-Sissi se sont rencontrés secrètement en Égypte, en mai 2018.

Et de conclure : «Cette fois, selon des sources politiques, Netanyahu a l’intention de se rendre ouvertement au Caire et de traiter principalement des questions économiques.»

Un espion égyptien démasqué en Allemagne

La police a allemande a indiqué jeudi avoir ouvert une enquête contre un espion égyptien présumé travaillant pour le service de presse de la chancelière Angela Merkel. L’homme est soupçonné « d’avoir travaillé pendant des années pour le compte d’un service de renseignement égyptien », a souligné le Renseignement intérieur allemand dans un rapport, précisant que l’enquête ouverte en décembre 2019 « se poursuit » aujourd’hui.

Il n’a pas donné d’informations sur son identité ou sur son sort au cours des derniers mois, parlant seulement de « mesures » prises par la police à son encontre.

Selon le quotidien allemand Bild, l’homme est un employé de la fonction publique allemande « de grade intermédiaire », hiérarchiquement à un niveau plus élevé que les débutants mais ne faisant pas partie de la haute fonction publique.

Il travaillait notamment au service des visites du centre de presse fédéral allemand, le Bundespresseamt, un service chargé notamment de la communication sur les activités de la chancellerie. Cette affaire est en conséquence très embarrassante pour Angela Merkel.

L’espion présumé s’occupait notamment dans ce cadre d’accueillir les visiteurs. Selon Bild, il pourrait en particulier avoir par ce biais surveillé des journalistes égyptiens.

Selon le rapport du Renseignement intérieur allemand, tant le service d’espionnage extérieur égyptien (GIS) que son service de renseignement intérieur (NSS) sont actifs en Allemagne.

Leur objectif est notamment de collecter des informations sur des opposants au régime égyptien du président Abdel Fattah al-Sissi qui vivent dans le pays. Et en particulier des sympathisants de la confrérie des Frères musulmans, interdite depuis 2013 en Égypte.

Les services égyptiens s’intéressent aussi aux membres de la communauté chrétienne des Coptes et tentent de recruter des ressortissants égyptiens comme espions. « Ils profitent pour cela des déplacements qu’effectuent ces personnes dans les représentations diplomatiques égyptiennes en Allemagne ou des voyages qu’ils effectuent » dans leur pays d’origine, souligne le rapport.

Avec AFP

Encouragé par Paris et Abu Dhabi, Sissi menace d’intervenir directement en Libye si Erdogan avance sur Syrte

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a prévenu samedi que toute avancée des forces du Gouvernement d’union nationale (GNA), soutenues par Ankara, vers la ville stratégique de Syrte, en Libye, pourrait mener à une intervention «directe» du Caire.

Avec l’appui d’Ankara, les forces loyales au GNA –basé à Tripoli et reconnu par l’ONU– ont engrangé d’importantes victoires depuis début juin, reprenant le contrôle de l’ensemble du nord-ouest de la Libye.

Les troupes rivales du maréchal Khalifa Haftar soutenu par la France, les Emirats Arabes Unis et l’Egypte, n’ont pas cessé de reculer ces dernières semaines, essuyant des revers sur le terrain qui ont signé l’échec de leur offensive sur Tripoli lancée en avril 2019.

Les forces du GNA restent néanmoins freinées dans leur avancée vers la ville côtière de Syrte, verrou stratégique vers l’Est et sous contrôle du maréchal Haftar.

Ville natale de l’ex-dictateur Mouammar Kadhafi –déchu et tué en 2011–, Syrte, ainsi qu’Al-Joufra plus au sud, représentent une «ligne rouge», a averti le président egyptien, lors d’un discours retransmis à la télévision.

Si cette ligne est franchie, la sécurité de l’Egypte, qui partage une frontière poreuse avec la Libye, nécessitera une «intervention directe» des forces égyptiennes dans le pays, a-t-il déclaré.

«Toute intervention directe de l’Egypte est devenue légitime au niveau international, que ce soit au regard de la charte de l’ONU sur la légitime défense ou qu’elle se base sur la seule autorité légitime élue par le peuple libyen: le Parlement libyen» basé dans l’Est, a affirmé le président égyptien.

«Si le peuple libyen nous demande d’intervenir, c’est un signal envoyé au monde que l’Egypte et la Libye partagent (…) des intérêts communs, la sécurité et la stabilité», a-t-il ajouté.

Pour le GNA, il s’agit d’une «ingérence dans les affaires (internes) et une menace grave pour la sécurité nationale de la Libye» et la «paix internationale», a déclaré Mohamad Amari Zayed, membre du Conseil présidentiel du GNA.

«Il ne peut y avoir de lignes rouges à l’intérieur de nos frontières et sur nos terres», a-t-il clamé. «Aucune partie étrangère n’aura d’autorité sur son peuple

Trêve sous condition

Ankara a de son côté exigé samedi le retrait des troupes du maréchal Haftar de la ville de Syrte comme condition préalable à toute trêve.

«Un cessez-le-feu doit être viable (…) ce qui veut dire que les forces de Haftar doivent se retirer de Syrte et d’al-Joufra», a déclaré le porte-parole de la présidence turque, Ibrahim Kalin, lors d’un entretien avec l’AFP à Istanbul.

Ces avertissements successifs interviennent après l’invitation lancée par Le Caire, et refusée vendredi soir par le GNA, d’assister à une réunion d’urgence sur la Libye de la Ligue arabe, dont le siège est basé dans la capitale égyptienne.

Le GNA et la Turquie ont fait part de leur scepticisme, considérant l’initiative égyptienne comme une manière de faire gagner du temps au maréchal Haftar, qui est aussi soutenu par les Emirats arabes unis et la Russie.

Les Emirats arabes unis ont affirmé samedi être «au côté de l’Egypte pour toutes les mesures qu’elle prend pour assurer la sécurité et la stabilité» face au conflit en Libye, selon le ministère des Affaires étrangères. Le ministère des Affaires étrangères d’Arabie saoudite a lui aussi manifesté son «soutien à l’Egypte quant à son droit à défendre ses frontières et son peuple contre l’extrémisme, les milices terroristes et leurs soutiens dans la région».

Ankara –qui discute également avec Moscou dans le but de parvenir à un nouveau cessez-le-feu en Libye après l’échec de plusieurs trêves précédentes– a tancé la France, accusée de soutenir le maréchal.

«Le gouvernement français soutient un chef de guerre illégitime», a dénoncé le porte parole de la présidence turque. «Malgré tout cela, ils (les responsables français, NDLR) continuent de nous critiquer. Mais nous travaillons avec les acteurs légitimes et c’est la France qui travaille avec les mauvais acteurs.»

Mercredi, lors d’une réunion en visioconférence des ministres de la Défense de l’Otan –dont Ankara et Paris sont membres–, la France avait reproché à la Turquie son comportement «extrêmement agressif» contre une de ses frégates en Méditerranée et martelé que l’implication d’Ankara sapait tout effort de trêve en Libye.

Sur un autre front diplomatique, le chef du GNA, Fayez al-Sarraj a rencontré samedi à Alger le président Abdelmadjid Tebboune, qui cherche à jouer un rôle de médiateur dans le dossier libyen.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011 après une révolte populaire, la Libye est plongée dans le chaos et une guerre protéiforme, complexifiée par la présence accrue d’acteurs internationaux.

Avec AFP

Sissi, le dictateur préféré de Donald Trump

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«Où est mon dictateur préféré?», ainsi s’est exprimé Donald Trump, à l’encontre du président égyptien Abdelfattah al-Sissi, à quelques minutes de la rencontre des deux dirigeants en marge du sommet annuel du G7, qui s’est tenu à Biarritz le 24 août dernier. Une révélation qui accentue la pression politico-médiatique sur le président égyptien qui vient de passer la pire semaine depuis son élection, après le buzz provoqué par des vidéos en ligne l’accusant de corruption.

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C’est fait, Abdel Fattah Al-Sissi restera au pouvoir jusqu’en 2030

Les électeurs égyptiens ont approuvé à 88,8 % des voix les amendements constitutionnels qui pourraient permettre au président Abdel Fattah Al-Sissi de se maintenir au pouvoir jusqu’en 2030, a annoncé mardi soir la commission électorale.

La participation électorale à ce référendum organisé sur trois jours, de samedi à lundi, ressort à 44,33 % des quelque 61 millions d’électeurs inscrits.

La réforme constitutionnelle, approuvée la semaine dernière par 531 voix contre 22 au Parlement, fait passer la durée du mandat présidentiel de quatre à six ans et ne tient pas compte de ceux que Sissi a déjà accomplis, ce qui lui permettrait de rester au pouvoir jusqu’en 2030.

L’ancien chef d’état-major des forces armées a accédé à la tête du pays en 2014, à la suite du renversement par les militaires du président islamiste Mohamed Morsi à l’été 2013.

Un amendement confère par ailleurs au président de nouvelles prérogatives en matière de nomination des juges et des procureurs; d’autres prévoient que l’armée a le devoir de protéger « la Constitution, la démocratie, la cohésion fondamentale du pays et sa nature civile » et élargissent les compétences des tribunaux militaires.

Les soutiens de Sissi considèrent que les changements proposés sont indispensables pour que le président puisse parvenir à boucler des projets de développement majeurs ainsi que les réformes économiques. Ses détracteurs y voient une bascule vers un régime autoritaire.

Reuters

OTAN arabe : L’alliance judéo-sunnite pour combattre le chiisme

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Soucieux de réduire la présence des forces américaines et leur budget dans le Moyen-Orient, Donald Trump pousse de toutes se forces en faveur de la création d’un OTAN arabe qui comprendrait la Jordanie, l’Égypte, le Bahreïn, le Qatar, le Koweït, les Émirats arabes unis, Oman et l’Arabie saoudite. L’idée de départ, formulée par Barack Obama était de créer une alliance judéo-sunnite pour combattre le chiisme, mais pas seulement. Toutefois, ce projet a peu de chances d’aboutir.

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