Abdallah II

Qui est Roy Shaposhnik, l’israélien qui a compromis le demi-frère du roi Abdallah II

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C’est l’homme le plus googlé de la soirée du dimanche de Pâques. Roy Shaposhnik, est l’israélien qui a été accusé par le gouvernement jordanien d’être impliqué dans l’affaire de déstabilisation de la sécurité du Royaume Hachémite. Amman a fait fuiter plus tôt dans la journée, l’identité et la fonction de celui qui a proposé une opération de l’exfiltration de la famille du demi-frère dissident du Roi, Hamza ben Hussein. C’est agent du Mossad écrit le journal proche des services de renseignement jordanien, Ammon. Roy Shaposhnik, décide de sortir de l’ombre et répond à ces accusations en publiant un communiqué sur Associated Press et en répondant aux questions de son compatriote le journaliste Ravid Barak. «Oui j’ai contacté mon amie la Princesse Basmah Bani Ahmad. Non je ne suis pas un agent du Mossad», a-t-il déclaré. Mais qui est ce fameux Roy Shaposhnik dont l’appel téléphonique a compromis davantage Hamza ben Hussein?

Roy Shaposhnik, un soldat de Tsahal, qui pilonnait avec sa Merkava les positions du Hezbollah durant la deuxième guerre du Liban en juillet 2006

Parmi les rares traces sur la toile de Roy Shapshnik figure un interview qu’il avait donné à la presse le 14 août 2006, commentant la «défaite» israélienne face au Hezbollah dans la guerre de Juillet de la même année. Il était soldat réserviste et était âgé de 27 ans.

« “Nous sommes un peu confus car nous n’avons rien obtenu du tout du cessez-le-feu“, a déclaré le lieutenant de l’armée israélienne Roy Shaposhnik, 27 ans, réserviste, appelé la semaine dernière avec son ancienne unité de chars. “Je pense que c’est la première fois qu’Israël perd une guerre.” », peut-on encore lire sur des journaux américains du 14 août 2016 tels que The Miami Herald ou The Sacraento Bee.

Le journal local américain MCCLATCHY WASHINGTON BUREAU publiera pour sa part l’intégralité de son témoignage au sujet de cette guerre :

« Les Israéliens interrogés le long de la frontière nord ont offert un mélange de perplexité et de colère face à ce que le pays avait tiré d’un mois de guerre déclenché le 12 juillet par la capture par le Hezbollah de deux soldats en Israël.

Nous sommes un peu confus parce que nous n’avons rien obtenu du tout du cessez-le-feu“, a déclaré le lieutenant de l’armée israélienne Roy Shaposhnik, 27 ans, réserviste appelé dans la semaine dernière avec son ancienne unité de chars. “Je pense que c’est la première fois qu’Israël perd une guerre.”

(…) Shaposhnik a déclaré qu’Israël n’aurait pas dû accepter un accord qui n’incluait pas le retour des deux soldats, qui ont été arrachés lors d’une audacieuse incursion du Hezbollah lors de leur dernier jour de service de réserve.

Personne ne veut entrer au Liban, mais si vous y réfléchissez, nous avons eu plus de 30 jours de combats et je ne peux pas vraiment comprendre ce que nous avons accompli“, a-t-il déclaré. »

Le témoignage du soldat Roy Shaposhnik qui exprimait les fractures au sein de l’armée israélienne après la décision du cessez le feu, ne figure nul part sur la presse israélienne.

Après la guerre, le dialogue avec les palestiniens

Roy Shaposhnik reparait dans la presse deux années plus tard. Il a laissé tombé son treillis et a rejoint Kadima, le parti d’Ariel Sharon, de Tzipi Livni et d’Ehud Olmert alors premier ministre.

Shaposhnik participait en 2008 à une réunion de jeunes dirigeants politiques européens, israéliens et palestiniens qui ont travaillé ensemble au Parlement européen du 25 au 28 mai 2008. Il représentait de la délégation israélienne et donnera la déclaration suivante à l’issue de ce meeting : « des questions normalement non soulevées ont été débattues, telles que les options pour Jérusalem

Sur son compte Linkedin, on apprend qu’à cette période il occupait le poste de Conseiller principal au bureau du Premier ministre Ehud Olmert. Il était en charge entre autres de l’élaboration d’initiatives de coopération internationale avec les pays voisins «dans la poursuite du développement économique en tant que moteur de la stabilité régionale». C’est dire que les Abrahams Accords sont le fruits d’une stratégie qui ne datait pas d’hier!


Lire aussi : Gouvernement jordanien : des puissances étrangères manipulaient le demi-frère du Roi Abdallah II


Retour sur le terrain de la guerre en tant Conseiller stratégique d’Erik Prince, fondateur de la controversée armée privée Black Waters

Sentant la fin d’Ehud Olmert, le jeune Roy Shaposhnik, probablement initié, se décide de se focaliser à 100% sur l’Afrique. Il crée alors une société de relations publiques «Faith Based Endeavours», littéralement «Efforts basés sur la foi».

Selon sa présentation sur Linkedin, FBE Ltd. est un « cabinet de conseil international dont l’objectif est de permettre un développement commercial de qualité dans le monde avec un accent sur l’Afrique, tout en adhérant à des normes morales élevées». Depuis 2008, FBE aide les clients de divers secteurs à naviguer dans les environnements politiques, commerciaux et médiatiques souvent difficiles de l’Afrique subsaharienne.

En 2011, il crée une deuxième société RS Logistical Solutions Ltd. (RSLS) qui opère dans les domaines de l’assistance vie et mission, de la logistique, de l’aviation et de l’assistance en escale, des relations gouvernementales et de l’intelligence d’affaires. RSLS intervient dans divers territoires, notamment en Afrique de l’Ouest, en Israël, en Palestine et aux États-Unis.

Derrière ces activités affichées sur Linkedin, les digital footprints de Roy Shaposhnik révèlent une autre discrète activité, que l’intéressé n’a pas caché dans sa déclaration de ce dimanche au journaliste Ravid Barak. Shaposhnik est un proche collaborateur d’Erik Prince, fondateur de l’armée privée Black Waters, accusés de crimes contre l’humanité durant la guerre du Golfe.

Erik Prince, ancien membre de la Navy SEALs, la principale force spéciale de la marine de guerre des États-Unis, a fondé en 1997 une société militaire privée américaine qui portera le nom de Blackwater. Empêtrée dans le meurtre de civils iraquiens elle sera rebaptisée XE Services en 2009.

Aujourd’hui la société a plusieurs visages et plusieurs noms, Academi, Constellis Group et Oliv group.

Olive Group, vaisseau amiral d’Erik Prince a installé son siège social à Abu Dhabi. Ami intime de Mohammed ben Zayed, l’ancien marine est considéré comme le véritable ministre de Guerre du prince héritier émirati.

Conseiller de l’ombre de Donald Trump, il a été associé entre autres par le FBI au piratage des comptes d’Hillary Clinton et aux contacts secrets entre le président sortant et Vladimir Poutine. D’ailleurs, les anciens collaborateurs de Blackwater, impliqués dans les meurtres d’Irakiens en 2007 ont été gracié fin décembre par Trump. L’un de ces gardes de sécurité, Nicholas Slatten, a été condamné à une peine de prison à vie.

C’est chez Constellis Group, société mère d’Oliv Group, que Shaposhnik a trouvé sa place en tant que Conseiller stratégique. Son terrain d’action était essentiellement en Irak.

Dans le cadre d’un effort américain pour promouvoir le développement économique en Irak et obtenir une influence dans le pays après la fin de la lutte contre l’État islamique, le gouvernement américain a aidé à négocier un accord entre l’Irak et Oliv Group d’Erik Prince, pour établir et sécuriser la première autoroute à péage du pays.
Des soldats Constellis Group devant l’ambassade américaine, à Bagdad, en Irak, le mercredi 1er janvier 2020, sécurisant le bâtiment assiégé par des manifestants pro-iraniens. (Photo AP / Nasser Nasser)

Fournisseurs de services au département d’Etat américain et à Erik Prince

Sous la casquette RS Logistical Solutions, Roy Shaposhnik a fourni durant des années des services au Département d’État américain et à d’autres gouvernements du monde entier.

Il ne cache pas d’ailleurs avoir eu comme client Olive Group d’Erik Prince qui formait des soldats irakiens en Jordanie.

«C’est à ce moment-là qu’il a rencontré le prince Hamzah par l’intermédiaire d’un ami commun. Le couple et leurs familles sont devenus des amis proches.», révèle en exclusivité Ravid Barak.

Et parait-il c’est dans ce cadre qu’il a noué son amitié avec l’ancien prince héritier de Jordanie, Hamza ben Hussein.

Après la logistique dans les territoires de guerre, la cybersécurité dans les Balkans

Le 15 septembre 2020, Roy Shaposhnik se laisse prendre en photo dans le bureau du Ministre du développement scientifique et technologique, de l’enseignement supérieur de Bosnie-Herzégovine, le serbe Milorad Dodik.

Shaposhnik représentait la société israélienne «ELTA Systems» à l’occasion de la signature d’une convention avec la république serbe de Bosnie visant à la création d’une académie de Cybersécurité à la capitale Banja Luka.

ELTA Systems, l’un des plus grands fabricants israéliens de radars, de systèmes basés sur des capteurs électromagnétiques, d’autres types d’équipements militaires et des fournisseurs de services de surveillance électronique et de cybersécurité et de défense, s’est engagée à former des profils de cybersécurité et de défense.

ELTA est une branche du groupe Israel Aerospace Industries (IAI), leader mondial dans le développement et la mise en œuvre de cyber-systèmes nationaux. Chef de file d’IC3, le consortium israélien des entreprises cybernétiques, et d’IAC3, le consortium israélien des cyberentreprises aéronautiques, tous deux créés sous les auspices du ministère israélien de l’Économie.

Sur la photo (de droite à gauche): Roy Shaposhnik, Elta, Milorad Dodik, président de la Bosnie-Herzégovine, et Srdan Rajcevic, ministre du Développement scientifique et technologique.

Par instruction du Mossad ou par pure amitié, l’appel téléphonique Shaposhnik a enfoncé davantage le prince dissident

Après la lecture de ce CV particulièrement fourni, il serait naïf de croire que M. Roy Shaposhnik est une personnalité ordinaire. Ancien soldat, ancien homme politique et homme de contacts et de logistique opérant dans les endroits les plus dangereux du monde sait très bien ce qu’il fait.

Qu’il soit agent du célèbre Mossad ou pas n’est pas important. Lieutenant réserviste, il répondra toujours présent aux sollicitations de son pays.

L’appel téléphonique, qu’il a reconnu, à l’épouse du prince jordanien accusé de comploter contre son pays a davantage compromis son ami. Une communication présentée comme preuve de trahison suprême et d’intelligence avec «l’ennemie» dans un pays peuplé à 75% de palestiniens.

Un appel qui a également impliqué l’Etat hébreux et ses services de renseignement, mettant en équation les avancées enregistrées durant l’année écoulée sur le plan de la confiance entre les pays arabes et Israël.

Gouvernement jordanien : des puissances étrangères manipulaient le demi-frère du Roi Abdallah II

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Le vice-Premier ministre jordanien Ayman Al-Safadi, a déclaré dans une conférence de presse tenue ce dimanche à Amman que les services de renseignement ont intercepté des communications entre le prince Hamza et des parties étrangères qui annonçaient «l’heure zéro». Un ancien haut responsable jordanien pointe du doigt Israël.

Que se passe-t-il ?

Le gouvernement jordanien a organisé une conférence de presse à Amman, vingt-quatre heures après l’opération sécuritaire menée sur le territoire du Royaume Hachémite qui s’est soldée par l’arrestation de seize personnes en plus de deux membres de la famille royale, le demi-frère du roi Abdallah II et ancien prince héritier, Hamza ben Hussein et son cousin par alliance, Charif Hassan ben Zaid.

C’est le ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre jordanien Ayman Al-Safadi qui a été désigné pour mettre fin à la cacophonie qui a secoué toute la région suite aux rumeurs de coup d’Etat contre le Roi Abdallah II.

Les deux vidéos publiées dans la soirée du samedi par le principal protagoniste dans cette affaire, l’ancien prince héritier, Hamza ben Hussein, dénonçant la corruption et la mauvaise gestion du pays et réfutant toute tentative de déstabilisation du Royaume, ont compliqué davantage la lecture de la situation politique et sécuritaire du pays.

Ce que nous devons retenir de la version officielle de la Jordanie :

  1. Le demi-frère du roi Abdallah II et ancien prince héritier, Hamza ben Hussein est bel et bien impliqué dans un complot de déstabilisation du Royaume hachémite.
  2. Il n’y a pas eu de coup d’Etat mais une préparation de complot de déstabilisation qui a été tué dans l’œuf.
  3. En raison de la sensibilité de la position du prince Hamza ben Hussein, le Roi Abdallah II souhaite régler cette affaire en famille mais n’exclue pas d’appliquer la loi à son encontre.
  4. La mouvement présidé par Hamza ben Hussein comprenait également, un autre membre de la famille royal, Charif Hassan ben Zaid et l’ancien chef de la cour royale jordanienne, Bassem Awadallah.
  5. Les protagonistes étaient sous surveillance depuis longtemps par les services de sécurité et les renseignement du pays.
  6. Informé des activités suspectes de son demi-frère, le roi Abdallah II a décidé de parler directement avec le prince Hamzah afin que l’affaire soit réglée au sein de la famille hachémite pour tenter de le décourager.
  7. Les services de renseignement ont intercepté des messages audios envoyés par l’ancien prince héritier à Bassem Awadallah qui s’apprêtait à quitter la Jordanie à bord d’un avion privé. Des messages envoyés à 2h:22.
  8. Les enquêtes auraient prouvé que des personnes proches du prince Hamza ont transmis des informations à des parties externes et à l’opposition basée à l’étranger. L’enquête a également noté des activités sociales du princes durant lesquels il incitait des membres des tribus jordaniennes à proférer des actes déstabilisant la sécurité et la stabilité du pays.
  9. Bassem Awadallah a noué des relations avec l’opposition installée à l’étranger et complotait pour affaiblir la stabilité de la Jordanie.
  10. Un agent du Mossad aurait contacté samedi soir l’épouse du prince héritier Hamzah ben Hussein.

La situation aujourd’hui en Jordanie et la suivante :

  1. L’ancien prince héritier Hamza ben Hussein est sous résidence surveillée avec sa femme et ses enfants. Il est privé de tout moyen de communication.
  2. Les deux principaux protagonistes et proches du prince Hamza, Sharif Hassan bin Zaid et Bassem Awadallah sont en prison ainsi que 14 à 16 autres personnes.
  3. Des rumeurs évoquent l’implication de généraux de l’armée.
  4. Le roi Abdallah II a eu un large soutien des États-Unis en premier lieu puis des principales capitales arabes.
  5. Le roi Mohammed VI a été le premier dirigeant à appeler son homologue Jordanie au téléphone.
  6. La Jordanie a informé Israël samedi soir que la situation sécuritaire était sous contrôle.

The Big Picture

Des médias israéliens avaient été les premiers a parlé d’un coup d’Etat avorté en Jordanie. Sur les réseaux sociaux, le disruptif influenceur israélien Edy Cohen, qui ne porte pas particulièrement le Roi Abdallah II dans son cœur, a influencé une grande partie des conversations en accentuant ses critiques envers le monarque.

https://twitter.com/EdyCohen/status/1378405383652392960
https://twitter.com/EdyCohen/status/1378684346622705664

Avant la conférence de presse tenue par Ayman Al-Safadi, l’opinion publique arabe qui s’est exprimée sur l’ensemble des réseaux, Twitter, YouTube ou Facebook, s’orientait vers une théorie complotiste qui voyait la main invisible des Emirats arabes unis et de l’Arabie Saoudite. Une théorie qui se base sur la proximité de l’état-major du complot mené par le prince Hamza, à savoir Charif Hassan bin Zaid et Bassem Awadallah avec l’entourage de MBS et MBZ.

Il est donc important d’en savoir un peu plus des deux acolytes du prince qui convoite le trône du Roi Abdallah II.

A gauche, Sharif Hassan bin Zaid et à droite, Bassem Awadallah deux personnalités jordaniennes accusées de tentatives de déstabilisation de l’Etat jordanien

Qui est Charif Hassan ben Zaid :

Sharif Hassan bin Zaid est l’un des «chorfas» de Hachémites. Descendant de la famille royale, Il est le fils de Sharif Hasan Ibn Zayd Al Nasser et réside en Arabie Saoudite dont il détient la nationalité en plus de sa nationalité jordanienne.

Charif Hassan occupait auparavant le poste d’envoyé du roi Abdallah II en Arabie saoudite.

Il est également le frère du capitaine Sharif Ali bin Zaid, tué en 2010 alors qu’il participait aux missions des forces armées jordaniennes en Afghanistan.

Qui est Bassem Awadallah

Bassem Awadallah, formé aux États-Unis, confident de longue date du roi, était un acteur clé dans l’élaboration de la politique économique du pays et a été chef de la Cour royale hachémite jusqu’à sa démission en 2008.

Banquier d’investissement de profession, il était considéré comme un économiste compétent, qui a accédé au poste de conseiller économique du Premier ministre dans les années 1990, après avoir obtenu un doctorat de la London School of Economics.

Il briguera rapidement des postes clés au sien du gouvernement jordanien, notamment celui de ministre du Plan et de la Coopération internationale en 2001 et celui de ministre des Finances en 2005, avant d’assumer des fonctions consultatives auprès de la cour royale.

Partisan des réformes économiques, Awadallah a longtemps été confronté à la résistance farouche d’une vieille garde et d’une bureaucratie enracinée qui a prospéré pendant des années grâce aux avantages du gouvernement.

Bassem Awadallah est également membre du conseil d’administration d’un certain nombre de sociétés ayant pignon sur rue aux Émirats arabes unis, au Bahreïn, en plus d’être le PDG de Tomoh Advisory, un cabinet conseil en finance et en stratégie basé à Dubaï. Ces dernières années, Awadallah est devenu un conseiller personnel du prince héritier saoudien Mohammad ben Salman.

Sur les réseaux sociaux de vieilles vidéos et de liens d’articles ont resurgis ces dernières vingt quatre heures dans lesquels Bassem Awadallah a été accusé d’avoir adopté des politiques financières qui ont nui à l’économie jordanienne au cours des 20 dernières années, y compris la privatisation d’un certain nombre d’entreprises publiques.

De plus, une vidéo est devenue virale depuis samedi du journaliste jordanien Nahed Hattar, assassiné en 2016, dans laquelle il accusait Awadallah d’être corrompu et d’être un agent d’Israël en Jordanie.

Netanyahu, Abdallah II : inimitié au grand jour

Les relations tendues entre Netanyahu et Abdallah II on éclaté au grand jour, quand le roi Hachémite a fait capoter LA visite historique sur laquelle comptait fortement le premier israélien pour sceller le résultat des quatrième élections législatives d’Israël. Après tous les efforts consentis et les risques pris par Bibi, quoique plus juste que de se prendre en photo aux cotés de MBZ brandissant aux israéliens le chèque de 10 milliards de dollars d’investissement émirati dans l’économie de l’Etat hébreux. C’était sans compter sur le volteface du Roi Abdallah II.

En effet, au moment du décollage du jet privé appartenant au «pote à Bibi», le milliardaire Udi Angel, les autorités jordaniennes lui refusent l’autorisation de survol de l’espace aérien du royaume hachémite. Un épisode qui suscité un tollé en Israël accusant le candidat Netanyahu de dilapider les succès géopolitiques des accords d’Abraham et d’utiliser le chef du Mossad sortant, Yossi Cohen, dépêché secrètement à Abu Dhabi pour organiser la rencontre, sans en informer le marocain Meir Ben-Shabbat, pour relancer sa campagne électorale.

Suite à cet incident diplomatique, la presse jordanienne se félicite ouvertement que le pays lui ait mis des bâtons dans les roues.

Dans la tête de Netanyahu, le Roi Abdallah II serait en partie responsable des difficultés dont il fait face aujourd’hui Netanyahu à former un gouvernement.

D’ailleurs, les israéliens se seraient impliqués dans cette affaire. En effet, selon les révélations du site jordanien d’intelligence Ammon de ce dimanche, un agent des renseignements israélien portant le nom de Roy Shaposhnik aurait proposé à l’épouse du prince Hamzah ben Hussein de l’exfiltrer de Jordanie vers Israël par voie aérienne.

Ce prétend agent aurait pris contact avec Princess Basmah Bani Ahmad, seconde épouse du Prince Hamza et lui aurait proposé de l’évacuer elle, ses enfant et son mari. L’information a été donnée au journal par une source jordanienne de haut rang.

Le même site web d’information, Ammon, citant un ancien Chef de cabinet royal jordanien, Jawad Anani, pointe du doigt Israël l’accusant d’être derrière le groupe Hamza ben Hussein.

Biden, Abdallah II : lune de miel

Un évènement majeur s’est produit ces dernières semaines en Jordanie et qui a soulevé des controverses dans le pays ce début de mois d’avril.

Le gouvernement jordanien a court-circuité le Parlement et approuvé un accord controversé signé entre la Jordanie et les États-Unis qui réglemente le statut des forces américaines présentes dans le royaume Hachémite.

En effet, le 31 janvier, la Jordanie et les États-Unis ont signé un accord de coopération en matière de défense. Il a été approuvé par le gouvernement jordanien le 17 février puis par un décret royal publié le 16 mars au Journal officiel, avec effet immédiat, sans être présenté au parlement ou à l’Assemblée nationale, qui est composée de la Chambre des représentants et le Sénat.

Les Jordaniens ont été choqués qu’un tel accord ait été approuvé quelques jours seulement après que le département d’État américain et l’ambassade américaine en Jordanie aient émis une alerte de niveau 3 le 10 mars, mettant en garde les citoyens américains contre les déplacements dans plusieurs endroits du royaume en raison du COVID-19. pandémie et les dangers de ce qu’elle a appelé «terrorisme et crime».

«L’accord vise à encadrer la coopération dans le domaine de la défense et à renforcer le soutien des Etats-Unis aux programmes de défense et à la sécurité et la stabilité du royaume grâce à l’obtention de formations et d’équipements militaires», avait déclaré à l’AFP le ministre des Affaires étrangères Ayman Safadi. Ce dernier a révélé également que les Etats-Unis fournissaient une aide militaire annuelle de 425 millions de dollars au royaume.

Les termes de l’accord publiés sur le site d’information jordanien Ammon, stipulent que «les forces américaines peuvent posséder et circuler avec des armes sur le territoire jordanien dans l’exercice de leurs fonctions».

L’accord précise que «les forces et le personnel américains, ainsi que leurs avions et navires sont autorisés à entrer et sortir librement sur le territoire jordanien et transporter et stocker leur équipement et matériel de défense».

The Bottom line

Clé de voute de la sécurité dans la région, la Jordanie sera-t-elle la clé de la nouvelle stratégie de Biden pour le Moyen-Orient.

Si on compile les éléments que nous avons à date d’aujourd’hui à savoir 1) distance assumée de Biden vis-vis Netanyahu et MBS; 2) nouveau pacte militaire avec la Jordanie; 3) Durcissement du langage avec la Russie; 4) Dialogue avec l’Iran, l’équipe diplomatique et de renseignement de Biden semble vouloir rebalancer les équilibres de force pour pouvoir négocier à armes égales avec l’écosystème Trump enraciné dans la région.

Il est possible que Biden ait remercié le Roi Abdallah II d’avoir assurer le passage en force au Parlement de la nouvelle loi favorisant la liberté de mouvement des forces américaines, en lui livrant sur un plateau d’or, son demi-frère qui aurait très probablement confié à Washington ses visées sur le trône de la Jordanie.

D’une pierre milles coups, Abdallah II s’est débarrassé également des deux personnalités devenues trop proches des régimes saoudien et émirati et qui pourraient se proposer comme alternative à une succession du pourvoir. Surtout que la Jordanie passe depuis 10 ans par des une multitudes de crises qui fragilisent mois après mois la position du Roi Abdallah II. De la crise syrienne, passant par le boycott du Qatar, l’impact des Accords d’Abraham sur les communautés palestiniennes et la terrible crise économique due au Covid.

MBZ et Abdallah II félicitent Biden, Netanyahu attend les résultats officiels et MBS plus soucieux des présidentielles de Tanzanie

Après le message de félicitation de l’émir du Qatar, le roi de Jordanie Abdallah II a publié à son tour un tweet qui reconnait l’élection de Joe Biden. Onze minutes plus tard, Mohammed Ben Zayed, prince héritier des Emirats Arabes Unis, suivra les pas des deux dirigeant arabes et postera un message de félicitation au binôme élu. Au même moment, les médias israéliens rapportent que Netanyahu attendait les résultats officiels.

Le Premier ministre Netanyahu attend les résultats officiels annonçant la victoire de Joe Biden sur Donald Trump pour féliciter le gagnant, rapporte le site d’information Walla, citant des sources proches du Premier ministre israélien.

Le rapport n’indique pas clairement ce que l’on entend par résultats officiels et si cela signifie la certification des résultats de l’État ou l’élection officielle de Biden par le collège électoral.

Par ailleurs, le roi de Jordanie Abdallah II a publié un message de félicitation sur Twitter, accompagné du photo qui le réunissait avec le nouveau président élu : « Félicitations au président élu Joe Biden et à la vice-présidente élue Kamala Harris. J’ai hâte de travailler avec vous pour faire progresser le solide partenariat historique entre la Jordanie et les États-Unis, dans l’intérêt de nos objectifs communs de paix, de stabilité et de prospérité.»

Onze minutes plus tard le Prince héritier des EAU et ami proche de Donald Trump, Mohammed Bin Zayed va reconnaitre à son tour l’élection de Joe Biden dans un message publié sur Twitter : «Félicitations à Joe Biden et Kamala Harris pour avoir remporté les élections américaines. Nos vœux les plus sincères de développement et de prospérité pour le peuple américain. Les EAU et les États-Unis sont des amis et des alliés avec un solide partenariat historique que nous espérons renforcer ensemble.»

Au moment de la rédaction de ces lignes, ni le roi d’Arabie Saoudite, ni son prince héritier n’ont réagit aux résultats des élections américaines. Par contre ils ont bien pris la peine de féliciter la réélection du président de la Tanzanie.

La Jordanie récupère ses dernières terres agricoles prêtées gratuitement à Israël il y a 25 ans

Des agriculteurs israéliens ont officiellement rendu l’usage jeudi à la Jordanie des dernières terres agricoles que leur avait prêtées le royaume pendant plus d’un quart de siècle dans le cadre d’un accord de paix entre les deux pays.

Les annexes du traité de paix jordano-israélien de 1994 autorisaient la «mise à disposition gratuite» de terres dans les régions de Baqoura/Naharayim et Ghoumar/Tzofar, le long de la frontière commune, à des propriétaires privés israéliens pour une période initiale de 25 ans.

Cet accord est arrivé à échéance en novembre dernier, et la Jordanie n’a pas souhaité le reconduire.

Mais dans le cas du site de Ghoumar (sud de la frontière), les agriculteurs israéliens avaient finalement obtenu une extension au 30 avril afin de cultiver les terres qui s’étendent sur environ quatre kilomètres carrés.

Ce délai arrive à expiration ce jeudi et les forces israéliennes étaient présentes autour du site pour en bloquer l’accès aux fermiers israéliens, selon un journaliste de l’AFP sur place.

Les fermiers, qui faisaient pousser des poivrons sur ces terres, ont quitté les lieux à 14H30 (11H30 GMT), a précisé Erez Gibori, un fermier local, pour qui la reprise des terres par la Jordanie est “contraire à l’esprit de l’accord de paix” entre les deux pays.

La décision de la Jordanie de récupérer ces terrains, annoncée en octobre 2018 par le roi Abdallah II quelques jours avant le délai d’un an imparti pour dénoncer ces annexes du traité, avait eu un retentissement considérable en Israël.

https://twitter.com/simonarann/status/1255817552275660800

La Jordanie est, avec l’Egypte, l’un des deux seuls pays arabes à avoir fait la paix avec l’Etat hébreu.

A Amman, le ministère des Affaires étrangères jordanien a confirmé jeudi que le délai supplémentaire accordé aux fermiers israéliens pour cultiver des terres à Ghoumar expirait ce jour.

«Ce soir (jeudi) expire le délai supplémentaire accordé par le royaume aux fermiers israéliens pour récolter ce qu’ils avaient semé dans le secteur de Ghoumar (…)», a indiqué le ministère dans un communiqué.

Le roi Abdallah II de Jordanie avait proclamé le 10 novembre dernier devant le Parlement à Amman «la fin de la validité des annexes de l’accord de paix concernant Baqoura et Ghoumar, et le rétablissement de notre souveraineté totale sur ces territoires».

Israël avait alors dit «regretter» la décision de la Jordanie.

«Deal du Siècle» : Acculé, Jared Kushner se résout à consulter le Maroc et la Jordanie

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Jared Kushner, le très influent “conseiller spécial” du président américain, a choisi le Maroc comme première étape de sa tournée de promotion de son plan de paix palestinien, connu sous le nom du «Deal du Siècle». Il se rendra par la suite en Jordanie puis en Israël. En raison de la position commune et intransigeante des deux monarchies au sujet de la préservation des droits des palestiniens et du statut d’Al-Qods, le gendre de Donald Trump, n’a pas eu le choix que de leur consacrer une visite spéciale, car c’est sa crédibilité et son avenir politique et de celui de ses sponsors, MBS, MBZ et Netanyahu qui sont en jeux.

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Tournée royale dans le Golfe : Vers un réchauffement des relations avec l’Arabie Saoudite

Si la situation dans le monde arabe sera certainement au centre de la tournée qu’effectuera le roi Mohammed VI dans le Golfe, la qualité des relations bilatérales sera aussi à l’ordre du jour, surtout avec l’Arabie Saoudite, leader des monarchies pétrolières. Si les signes d’un réchauffement sont là, il restera à la diplomatie marocaine de définir les limites sur lesquelles le Royaume sera intraitable.

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Jordanie : un proche du roi Abdallah II impliqué dans un Complot de déstabilisation du pays

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En exil depuis 2013 en Grande Bretagne, Walid Al Kurdi, le mari de la princesse Basma bint Talal, tante du roi Abdallah II, serait impliqué dans un complot de déstabilisation de la Jordanie. Selon des informations révélées, ce jeudi, par le journal koweïtien, Al Qabas, plusieurs personnes se seraient mêlées à cette conspiration qui visait à exacerber le mécontentement populaire. Le journal électronique Alhurra, appartenant au groupe saoudien, Asharq al-Awsat, évoquait, le même jour, l’état d’urgence dans lequel serait plongée la Jordanie, à l’approche du mois de ramadan, date d’anniversaire des manifestations qui ont fait tomber, l’an dernier, le gouvernement de Hani Moulki.

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