L’Egypte prépare une offensive en Libye

En Libye, il y a aujourd’hui trois gouvernements: celui basé à Tripoli, issu du congrès général national, celui issu de la chambre des représentants de Tobrouk et enfin celui soutenu par l’ONU et qui a également pris ses quartiers dans la capitale Tripoli dirigé par Fayez Al-Sarraj. Il faut aussi noter qu’il y deux banques centrales dans le pays, une d’entre elles cherche même à frapper sa propre monnaie. Dans ce capharnaüm, l’Egypte fait solennellement son entrée dans le conflit libyen pour faire face à l’interventionnisme présumé du Qatar et de la Turquie.

En coordination avec l’armée égyptienne, l’armée nationale libyenne autoproclamée, dirigée par le général Khalifa Haftar, est sur le point de lancer une offensive contre les groupes terroristes dans la ville de Derna. Cette opération militaire est jugée stratégique par Le Caire afin de bloquer la route des groupes armés en fuite vers le sol égyptien.  Dans ce contexte, des sociétés égyptiennes ont été autorisées à participer à la reconstruction des zones dévastées par le conflit en Libye.

De son côté, le président du Parlement de Tobruk s’en est violemment pris à la Turquie et au Qatar. Pour lui, l’interventionnisme de ces deux pays dans les affaires intérieures libyennes est inadmissible. Aguila Saleh Issa  a également eu des mots très durs envers l’Italie et le gouvernement central de Tripoli. Selon lui, l’intervention italienne dans son pays est inadmissible : il a fait savoir à Fayez Al-Sarraj qu’il n’avait ni le droit ni les prérogatives pour conclure des accords ou engager le pays à l’international.

Piégé dans le bourbier du Sinaï, le maréchal Abdelfattah Al-Sissi, appuyé par Israël, veut profiter du front libyen pour se refaire une virginité politique à quelques semaines d’élections présidentielles qualifiées de véritable mascarade par l’opposition multiple qui lui fait face.

Le plus surprenant est que le président du Parlement de Tobruk, Aguila Saleh Issa, ne fait jamais allusion à l’intervention avérée des Emirats arabes unis dans le conflit libyen dont la complexité plonge davantage le pays dans l’inconnu.

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